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UNIVERSITE D’ORAN
Faculté des Sciences Economiques Sciences de Gestion et Sciences
Commerciales
MEMOIRE de Magister
Pour l’obtention de diplôme de Magister en Sciences Economiques
Option : Economie Régionale Urbaine Appliquée
REMERCIEMENTS
En préambule à ce mémoire, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères
aux personnes qui m'ont apporté leur aide et qui ont contribué à l'élaboration de ce travail
ainsi qu’à la réussite de cette période de formation.
Je remercie aussi mes collègues pour m’avoir aidé dans la réalisation d’une partie des
analyses du troisième chapitre pour les traductions qu’il a effectuées ainsi que tous ceux que
j’aurai pu oublier et qui ce reconnaitrons dans la collaboration apportée a la réalisation de
ce travail.
Mes remerciements vont également vers tous mes proches et particulièrement à mes
parents.
HANSAL Aboubakr
DEDICACES
Introduction générale
Conclusion générale
Introduction :Problimatique – Objectifs de l’étude - Présentation du projet
Introduction
Depuis des millénaires, l’océan joue un rôle important dans l’alimentation des
hommes qui se sont contentés, pendant longtemps, de ce qu’ils pouvaient prélever sur les
plages et dans les eaux proches des rivages. C’est seulement à l’aube du XXème siècle
(1918) que la pêche maritime a connu des progrès décisifs. En effet, les captures ont
doublé tous les dix ans grâce à l’application des technologies modernes. Actuellement la
production mondiale est de 100 millions de tonnes par an dont 75 millions sont destinés à
la consommation humaine. Le reste est diversement utilisé ou plutôt gaspillé1.
En Algérie, la pêche a été longtemps négligée mais fait, actuellement, l’objet d’une
très grande attention, d'autant que le pays dispose d'une large façade sur la Méditerranée4.
Bien que la production se soit développée, on enregistre cependant partout une baisse des
rendements qui sont évalués à environ 180 mille de tonnes de poissons par an. La
1
Introduction :Problimatique – Objectifs de l’étude - Présentation du projet
consommation actuelle est environ de 5 jusqu’au 6 kg/hab./an alors que le seuil minimal
recommandé par l’OMS est de 6.2 kg/hab./an5.
Au plan des structures, la pêche avait été confiée, pendant longtemps, à un grand
ministère chargé des transports et cette situation a prévalu jusqu’en 1979 avec une seule
interruption du 2 janvier 1964 jusqu’au 23 janvier 1968 où la pêche était sous la tutelle
du Ministère de l’Agriculture et de la Réforme Agraire. La pêche est devenue un secteur
autonome en 1979 avec la création du premier Secrétariat d’État à la Pêche Maritime. Puis,
elle a été placée de nouveau sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture qui comprend un
Vice-ministre chargé de la pêche.
Aujourd’hui, ce secteur relève d'un ministère à part entière, le Ministère des pêches
et des Ressources Halieutiques (MPRH)6. Ces changements au sommet montrent, si besoin
était, l’intérêt que suscite actuellement ce secteur de l’économie que le gouvernement veut
absolument dynamiser. Dans ce cadre, et avec le changement intervenu, ce secteur a
connu un développement notable justifié par l’intérêt spécial et le soutien accordé par les
pouvoirs publics étant donné son rôle vital. Ce rôle il le joue dans :
2
Introduction :Problimatique – Objectifs de l’étude - Présentation du projet
Avec des atouts non négligeables: 1.280 kms de côtes, un plateau continental de
13.700 km² et une surface réservée à la pêche évaluée à environ 9,5 millions d'hectares, le
gouvernement mise non seulement sur la pêche mais également sur l'aquaculture et, dans le
cadre des mesures relatives au développement durable7, trois plans quinquennaux ont été
élaborés et adoptés dont un traitant spécialement de la pêche maritime et océanique8. On
note aussi, la mise en œuvre d’un Schéma directeur de Développement des Activités de la
Pêche et de l’Aquaculture à l’horizon 2025. Au total, l’activité de la pêche tend à devenir
un élément de plus en plus important de la stratégie globale du développement en Algérie.
7
Loi 03/10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l'environnement dans le cadre du développement
durable; cf. J.O. n° 43 du 20 juillet 2003, pp 6
8
Le ministère des pêches et des ressources halieutiques a adopté trois plans quinquennaux dont un est relatif
à la pêche maritime et océanique. Les deux autres sont consacrés à l'aquaculture et à la pêche artisanale ;
l'objectif de ces plans est de porter la production annuelle à 230 milles tonnes
3
Introduction :Problimatique – Objectifs de l’étude - Présentation du projet
Problématique
Partant de là, notre hypothèse centrale est que l’activité de la pêche est une activité
économique explicitement assigné à assurer la sécurité alimentaire, à créer de la richesse
et lutter contre la pauvreté, à créer des emplois et par conséquent stimuler la croissance et
les exportations hors hydrocarbures.
4
Introduction :Problimatique – Objectifs de l’étude - Présentation du projet
Objectifs de l’étude
- Enfin, de cerner le lien qui peut existe entre l’activité de la pêche et le développement
sur un plan local à travers une enquête menée au niveau de la wilaya de Mostaganem,
objet du dernier chapitre, le Chapitre III.
L’appréciation empirique de ce lien est basée sur l’exploitation d’une enquête auprès
d’un échantillon d’armateurs et de patron de pêche au niveau du port de cette wilaya.
Pour bien cerner le rôle et l’impact de l’activité de la pêche sur le développent local de la
wilaya de Mostaganem, notre étude est limitée dans le temps et dans l'espace.
Dans le temps, nous avons travaillé sur une période qui s'étend de 2000 à 2010.
Cela nous permettra d'analyser les incidences des différents programme de
développent et de soutien à cette activité dans cette wilaya.
Dans l'espace, l'étude sera limitée aux collectivités de cette wilaya au vu du rôle
socioéconomique et géographique de la pêche et par conséquent de l'importance de
cette activité dans cette zone.
5
Chapitre I :
L’activité de la pêche et le
développement local :
Quelques précisions conceptuelles
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Introduction
Dans ce chapitre et pour mieux cerner les sous bassement théoriques sous-tendant
l’activité de la pêche et le développement local nous commencerons par :
Le développement local s'exerce sur un espace déjà constitué ou à constituer donc sur
un territoire réduit. Le concept est né en France dans les années 19501 à partir d'une prise de
conscience que les politiques d'aménagement du territoire mises en œuvre pour corriger les
grands déséquilibres géographiques et socio-économiques ne pouvaient s'appuyer que sur une
1
Vers la fin des années 50, la théorie du développement endogène est exposée par John Friedmann et Walter
Stöhr. C'est une approche volontariste, axée sur un territoire restreint, qui conçoit le développement comme une
démarche partant du bas. Le développement local va réellement prendre son essor avec les politiques de
décentralisation. En effet, les réformes liées à la décentralisation vont donner de nouvelles responsabilités aux
collectivités territoriales pour mener des projets locaux et une politique d'aménagement adaptée à chaque
territoire.
De nouvelles dynamiques territoriales apparaissent dans la mise en place des projets, la gestion de proximité et la
prise en compte des territoires vécus par les habitants.
7
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
A travers une approche volontariste axée sur un territoire restreint, ils concevaient le
développement local comme une démarche partant du bas d'où l'appellation développement
par le bas, privilégiant les ressources endogènes ou locales. De même, on parle de
développement communautaire tout en insistant et en mettant en exergue les initiatives
populaires.
D'autres auteurs situent l'émergence du concept et le dateraient dans les années 1970.
Mais, il faut retenir que, l'idée de développement local est apparue en réaction aux modèles
d'analyse traditionnels (modèle de la base économique, pôle de développement...), et aux
politiques régionales axées sur les subventions pour l'implantation d'entreprises. Dés lors, il a
fallu imaginer des moyens qui permettraient de miser sur les entreprises locales et sur l'esprit
d'entreprise, ainsi que sur les capacités d'innovation du milieu afin de créer ou de renforcer les
avantages comparatifs d'une localité et d'en assurer le développement3.
Le développement local se rapporte ainsi à des actions partenariales entre des acteurs
intéressés à l'amélioration des conditions de vie dans leur environnement immédiat. Il s’agit
d’une vision « du local dans le global », où le territoire est considéré comme un système en
relation avec d'autres systèmes et acteurs. Il doit être global et multidimensionnel, basé sur
des logiques culturelles, économiques et sociales qui améliorent le bien-être d'une société.
Dans les pays en développement, le concept de développement local est aussi appelé
"développement à la base". Il peut reposer sur des actions mobilisant les initiatives locales au
2
Katalyn KOLOSY, (1996-2001) : « Le développement local : réflexion pour une définition théorique du
concept, Horizon local. [Link] [Link]/horizon-local/. (Document en ligne)
3
Marie POLEZE et Richard SHEARMURE, (2005), Economie urbaine et régionale, introduction à la
géographie économique, Economica, Paris Page 183.
4
Marie POLEZE et Richard SHEARMURE, (2005), op. Cit. Page 184
5
De façon apparemment paradoxale. Cette référence au local est devenue aujourd’hui un mot d’ordre promu urbi
et orbi par les instances internationales pour en terminer avec l’approche keynésienne qui mettait l’état au centre
du processus de développement.
8
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
niveau des petites collectivités et des habitants eux-mêmes, avec une aide extérieure
éventuelle. Exemples : construction de petites infrastructures, mise en place de coopératives
ou d'associations de microcrédit, exploitations agricoles ou artisanales tirant partie des
ressources locales.
Développement par le haut, développement par le bas :
Les initiatives se distinguent les unes des autres par la stratégie de travail qui est
adoptée. Certaines envisagent le développement local comme une affaire devant relever des
acteurs institutionnels appartenant à des réseaux nationaux (grandes entreprises, grandes
institutions publiques).
Ces initiatives orchestrent un développement local par le haut, sans accorder de droit
de regard à la communauté. L'élite se dit assez aux faits des problèmes et des moyens d'action
sans avoir besoin de recourir à une validation des démarches par la communauté. On y
préconise alors une approche [Link] qualifions également ce type de
développement local, de développement exogène. Les idées, les solutions sont parachutées sur
la communauté, sans que cette dernière ne participe réellement au processus de production et
de réalisation du plan d'action.
D'autres initiatives font reposer tout le travail de conception et de réalisation du plan
de relance sur la participation de la communauté aux différentes étapes de travail. Ces
initiatives sont contrôlées par la base et nous les qualifions de développement local par le bas.
Elles résultent nécessairement d'une prise de conscience d'une communauté désireuse de se
prendre en main et d'agir sur son devenir. L'action se fait de bas vers le haut en fonction des
besoins et des ressources de la communauté. Ce mode de développement est aussi qualifié de
développement endogène.
Nous devons surtout retenir des notions de développement par le haut et par le bas, les
aspects de participation et d'implication et le degré de maîtrise d'une communauté de son
action de développement.
9
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
6
Furtado CELSO, 1975 « Théorie du développement économique » coll. SUP, PUF, Paris, chap.1.
7
Le développement implique en plus de la croissance une meilleure satisfaction des besoins fondamentaux
(alimentation, santé, éducation ….) une réduction des inégalités du chômage et de la pauvreté comme (François
Perroux 1975) la montré ainsi il s’agit d’un « mouvement vers le haut de tout le corps social » (Gunnar Myrdal
1968) et plus précisément du « processus de hausse de revenu par habitant sur une longue période accompagnée
d’une réduction de la pauvreté et des inégalités» (Gerald Meier 1964) « le développement est un processus
cumulatif puis qu’il permet une amélioration des capacités humaines et donc une hausse de la productivité
favorable a la croissance »
8La croissance est conditionnée tout d’abord par la quantité et la qualité des facteurs de production comme les
modèles néoclassiques a la suite de Robert Solow en 1950 l’ont montré .Mais elle dépend aussi des mentalités de
la stabilité politiques et de l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre (théorie de la croissance
endogène des années 1980 Reynolds 1985 conclut ainsi son étude sur la croissance des PED depuis 1850 : la
variable explicative la plus importante est l’organisation politique et la compétence administrative du
gouvernement
9GREFFE Xavier, 1984, Territoires en France. Les enjeux économiques de la décentralisation, Paris,
Economica, p. 152.
10PAILLIART Isabelle, 1993, « Les territoires de la communication », Grenoble, Presses Universitaires de
Grenoble, pp. 8-9.
10
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Il apparaît donc que les espaces où s’ancrent des démarches de développement local
sont ceux où existe un lien social dense (relations interpersonnelles, histoire, pratiques
culturelles...) qui permet de témoigner d’une volonté de vie en commun et d’élaborer en
conséquence des stratégies collectives de développement. Si l’on considère la définition qu’en
donne l’économiste Bernard PECQUEUR, le terme de « territoires » semble dès lors
approprié pour qualifier ces espaces « dans lesquels existent des synergies ; [ces] lieux où se
développe une prise de conscience collective d’une unité et d’une cohérence ».
11TEISSERENC Pierre, 1994, Les politiques de développement social - Approche sociologique, Paris,
Economica, p. 121.
12GREFFE Xavier 1986 : « Décentraliser pour l'emploi. Les initiatives locales de développement », Paris,
Economica. Dans lequel il écrit : «le développement local met en cause des territoires dont la taille et le statut
n’ont aucune raison de coïncider a priori .les espaces sur lesquels peuvent s’édifier des projets de développement
local sont a priori des espaces vécus. Ceux que l’on parcourt et que l’on sillonne dans le cadre de la vie courante
des espaces que l’on pense c’est-a-dire ou l’on peut associer une identité culturelle et une originalité économique
.il peuvent ou non correspondre a des entités publiques existantes ce sont des espaces ou la contiguïté peut
déboucher sur la solidarité »
11
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
processus d’articulation entre les activités puissent y apparaître13 de façon significative. C’est
cet espace que nous avons appelé, après beaucoup d’autres, «espace de développement ».
Cet espace n’est pas nécessairement homogène. Il est en effet davantage délimité par la
volonté « politique » d’un certain nombre d’acteurs sociaux de mettre en place un processus
de développement commun plutôt que par les homogénéités du passé. « L’espace de
développement » sont-ils alors des réalités uniquement tournées vers l’avenir ? Certainement
pas. La formation historique de la situation actuelle y sera très présente, mais davantage
comme un test de cohérence que comme un critère majeur de délimitation.
Donc chercher à définir la notion de territoire nous amène à nous poser la question
suivante : s’agit-il d’une zone délimitée par des frontières administratives et politiques (ville,
commune, province, région...) ou d’une zone géographique déterminée par la composition du
milieu (montagne, vallée...), ou encore un espace pertinent pour la mise en œuvre de la
gouvernance et des politiques publiques ? La réponse à cette question pourrait être la
suivante : le territoire est une construction collective, basée sur la valorisation des ressources
locales et la maîtrise des différents systèmes de relations en présence, et la coopération de
l’ensemble des acteurs (entités Administratives, politiques, non gouvernementales... à
différentes échelles) ; c’est un processus multidimensionnel, qui concerne toutes les
composantes de la société locale, qui se déroule dans le temps long et dans un espace qui se
construit.
12
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Au risque de rappeler ici des évidences, on voudrait réaffirmer qu’il ne peut pas y avoir de
processus de développement sans qu’apparaisse un surplus économique qui pourra être
transformé en accumulation de capital productif. La dynamique sociale ne suffit pas pour
créer de la richesse et, sans cette dernière, il est impossible d’améliorer la satisfaction des
besoins.
Faut-il alors viser nécessairement un développement harmonieux de tous les secteurs et
donc de toutes les unités de production ? On sait que c’était là l’objectif de ce que fut le «
développement intégré16 ». On connaît les impasses auxquelles a abouti cette méthode. A
l’opposé, le développement d’un seul secteur économique au travers le plus souvent d’un seul
type d’unité de production n’a jamais pu aboutir à des processus durables. L’exemple du
secteur BTP dans les wilayas dotées d’un « programme spécial » dans les années 1970, en
Algérie, est à ce titre très significatif. Une fois les projets réalisés, il ne reste que des
réalisations « physiques » qui n’ont pas pu entraîner le développement d’autres activités.
La mise en place d’un processus durable de création d’un surplus économique
accumulateur au niveau local suppose donc nécessairement un minimum d’articulation entre
un secteur « moteur » ou « locomotive » avec les autres secteurs. Et c’est bien là qu’apparaît
la double difficulté d’un développement économique local : mettre en place des activités
créatrices de surplus et accumuler ce surplus sur place pour entraîner d’autres activités.
16
« Le développement intégré est un développement logique et rationnel, visant dans un but de croissance, tous
les aspects qui dépendent les uns des autres, de manière à n’oublier aucune des conditions nécessaires à ce
développement » MORIZE (1992).
17
La définition du développement local qui semble la plus appropriée à notre objet et au point de vue
économique que nous voulons développer ici. On sait cependant que les définitions les plus souvent rencontrées
du développement local font référence à deux phénomènes : la prise en compte d’un espace particulier comme
cadre géographique du développement et la mobilisation d’une population pour mettre en œuvre des objectifs
économiques et sociaux. C’est ainsi que beaucoup adoptent la définition élaborée par J.L. Guigou (1984)
18Guigou Jean-Louis, « Le développement local : espoirs et freins », revue Correspondance Municipale, n°246,
mars 1984.
19
GREFFE Xavier, 1984 : « Economie des politiques publiques »Paris Dalloz page 146
13
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Il s'agit en effet d'une approche, tout en étant locale, se veut « globale, intersectorielle et
participative ». En effet, il s’agit de :
• porter l'attention des autorités locales, régionales et nationales sur les problèmes les
plus criants liés à l'emploi, au manque d'infrastructures économiques et de services de
base
• construire des structures autonomes à partir d'un effort local soutenu financièrement,
au moins en partie, par l'État (sources étatiques fédérales, provinciales et municipales)
et par des sources privées ou volontaires (communautés religieuses). Mentionnons,
comme exemple type, une corporation de développement communautaire.
La stratégie de développement local mise donc sur une approche consensuelle, prise ici
dans le sens d'additionner des forces locales. Cela n'empêche pas les groupes initiant une telle
stratégie d'entrer régulièrement en conflit avec des pouvoirs extérieurs, en premier lieu le
gouvernement central lorsque celui-ci ne soutient pas concrètement ces dynamismes locaux et
régionaux. Cette stratégie nécessite, bien entendu, que quelques conditions de base soient
remplies.
20
PECQUEUR Bernard, 1989 « Le développement économique local », éd. Syros page 150.
14
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
15
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Une action de développement local ne vise pas un seul de ses objectifs mais
l’ensemble de ces objectifs
En deuxième lieu
Il s’agit de l’élaboration et le fonctionnement des projets de développement local21 qui
crée une synergie entre :
21
Bernard BRUNET 1997-1999, Le Développement local, définition/ le développement local un concept mais
aussi une pratique, http:/[Link]/.
16
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Il s’agit donc d’opérer une répartition rationnelle et intelligente des rôles sur le plan
territoriale entre les acteurs publics : gouvernement, collectivités locales, services extérieurs
des départements ministériels…[Link] les acteurs privés : Secteur privé, les organismes
professionnelles etc.…..en vue de lutter contre les déséquilibres socio-spatiaux hérités et
harmoniser spatialement les actions du développement dans le cadre d’un véritable plan
d’aménagement du territoire.
Pour la réalisation de ces objectifs, des outils, des méthodes et des métiers spécifiques
ont été développés puis affinés par l’expérience :
17
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Elle permet également de mieux adapter les procédés de gestion à la nature des
activités ; car, si pour les collectivités elle est une réalité spécifique, elle constitue pour l’Etat,
au- delà de cette réalité, un mode d’organisation du travail.
Ainsi la réalisation de la décentralisation est subordonnée au respect de trois
conditions :
1- Elle implique, en premier lieu que soit déterminée une sphère de compétence
spécifique au bénéfice des collectivités locales. Cet ensemble, qualifié d’ « affaires
locales », n’existe que si l’on peut durablement isoler, parmi les interventions
multiformes de la puissance publique, un secteur suffisamment homogène et
intrinsèques spécifique, attribué à la seule responsabilité des collectivités internes.
2- Elle suppose, en second lieu, que ces activités propres soient prises en charge par
des autorités locales indépendantes du pouvoir central, tant pour leur nomination
que pour leur révocation. Le pouvoir central a souvent peine à accepter des
structures qu’il ne contrôle pas et qu’il peut craindre concurrentes, voire
contestataires à son endroit.
3- Elle exige en troisième lieu, que la gestion des autorités locales relative à leurs
affaires propres soit autonome.
Le rôle des élus locaux est ici essentiel, pour fixer des objectifs crédibles et réalistes,
faire émerger des projets susceptibles de mobiliser des acteurs et coordonner les moyens
nécessaires. Ils doivent être aidés par des organisations publiques adaptées. Une politique de
développement local nécessite à la fois des structures chargées de la promotion de ces
politiques et la transformation des services existants. En effet, le mode de gestion des services
publics locaux et leur relation avec les usagers ont une grande importance dans l'incitation et
la mobilisation d'une démarche de développement.
Les politiques de développement local ont des formes d'intervention très diverses :
planification urbaine ou aménagement rural
aide à la création et conseil aux entreprises
transfert et innovation technologique
promotion et communication
formation et qualification des ressources humaines
insertion sociale et professionnelle des populations en voix d'exclusion
initiatives culturelles
animation socio-économique
Toutes ces interventions doivent participer à la transformation du système social local et
prendre en compte l'ensemble des aspects économiques, sociaux et culturels d'un territoire. Le
territoire étant défini " à géométrie variable " et comme un système complexe. Ces initiatives
locales sont inspirées par la mobilisation des acteurs et par les modes de gestion des politiques
de développement.
18
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
b- Un développement stratégique :
Pour devenir opérationnel le projet de territoire doit impérativement comporter des
options stratégiques. Celles-ci sont fonction à la fois des ressources identifiées, des priorités
définies, des acteurs sur lesquels il est possible de compter et des opportunités de contrats
proposés par l’Etat. Ces options dépendent également de la logistique dont dispose le
territoire en matière de structure et de services.
En bref, les options stratégiques de développement portent sur la mutation du tissu
économique, la modernisation sociale et de la ressource humaine la position du territoire dans
les grands réseaux d’échange et recherche de réponses adaptées aux nouvelles demandes
sociales par des prestations de qualité. Elle se matérialise par des projets sectoriels forts, leur
réalisation bénéficie de la compétence de structures d’appui auxquelles il est demandé de
prendre des incitatives nécessaires pour accompagner les opérations.
19
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
la part des décideurs locaux une capacité à apprécier les avantages et les inconvénients, les
atouts et les risques.
20
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
c- Le partenariat :
Le partenariat se caractérise par le rôle nouveau des pouvoirs publics. Ce rôle est celui
d’un médiateur qui rassemble les acteurs privés autour d’un projet commun, celui d’un
catalyseur qui suscite les initiatives par des mesures d’incitation.
C’est aussi celui d’un investisseur indirect qui participe activement au financement de la
formation et à la réalisation de programmes d’aménagement, est souvent même d’un
investisseur direct chaque fois que le secteur privé néglige les services nécessaires au
développement économique du territoire. En bref, le partenariat apparaît comme une des
conditions de transformation du système d’action local. Reposant sur « l’existante de
partenaires égaux dans la coopération »22 et recherchant le décloisonnement des secteurs de
compétences, des légitimités et de logique d’action, il permet de caractériser le système social
émergent.
a. Aménagement du territoire :
b. Développement de l'employabilité :
Cette dimension touche à toutes les mesures qui favorisent l'insertion, sur le marché du
travail, des populations marginalisées (femmes, jeunes, groupes ethniques, handicapés,
assistés sociaux). Les interventions comprennent ou portent sur des programmes de formation
adaptés, des stages en milieu professionnel, des entreprises d'insertion, des politiques
22
DOMMERGUES Pierre, 1988. « La société du partenariat : économie territoire et revitalisation régionale
aux Etats-Unis et en France. Paris, AFNOR -Anthropos. P.15.
23
FAVREAU, Louis et Benoît LÉVESQUE, « Développement économique communautaire, économie sociale
et intervention », Sainte-Foy, PUQ, 1996, p. 221
21
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Généralistes. Elles vont tenter de travailler sur tous les fronts à la fois : développement
de l'employabilité, aménagement du territoire, soutien à la création et au
développement des entreprises. Elles vont s'adresser à l'ensemble de la population en
identifiant quelques clientèles cibles : les sans-emploi et les petites et moyennes
entreprises par exemple.
En Algérie, les projets de développement ont longtemps été décidés au niveau central
(planification) pour le territoire national, puis déclinés au niveau local à l’échelle d’espaces
s’appuyant sur des délimitations administratives. Progressivement, on a pris conscience que le
développement local ne pouvait se réaliser qu’à l’échelle d’un territoire correspondant à un
espace de solidarité, au sein duquel les habitants ont une histoire commune et ont envie de
construire leur avenir.
22
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
- La protection de l’environnement...
- Le développement du tourisme
Pendant des millénaires, la pêche est restée limitée à des activités de subsistance
circonscrites aux eaux continentales et à la frange maritime littorale24. La pêche commerciale
hauturière (en haute mer) a commencé à se développer en Europe occidentale au cours du
Moyen Âge. La révolution industrielle lui a donné un nouvel essor grâce au développement
des marchés et des moyens de transport, à l'adoption de nouvelles techniques de propulsion,
de pêche et de conservation des produits, et à l'établissement de nouvelles bases, d'abord dans
les pays industrialisés (Amérique du Nord, Japon, Europe de l'Est), puis dans les pays
émergents (pays du Sud après leur décolonisation).
Dans les années 1970, les administrations nationales ont commencé à s'intéresser aux
pêcheries artisanales, jusque-là considérées comme une source de main-d'œuvre pour les
marines militaire et marchande et la pêche industrielle. Profitant des liaisons avec les marchés
établies par la pêche industrielle, la pêche traditionnelle est devenue rapidement une activité
commerciale.
24
La pêche, sans doute aussi vieille que l'humanité a toujours été et reste une source vitale de protéines animales
pour l'homme et une ressource économique pour de nombreux pays côtiers
23
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
24
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
De graves conflits opposèrent ces deux groupes de pays jusqu'à ce que, dans les années
1970, les seconds acceptent d'offrir des compensations en échange du droit de pêcher devant
les côtes des pays riverains. Finalement, l'extension à 200 milles des juridictions nationales
fut adoptée en 1982 à la Conférence des Nations unies de Montego Bay et formellement
ratifiée en 1994. La pêche professionnelle est de plus en plus réglementée pour protéger
efficacement les ressources.
La pêche est l'activité consistant à capturer des animaux aquatiques (poissons27, mais
aussi crustacés, mollusques...) dans leur milieu naturel (océans, mers, cours d'eau, étangs,
lacs, mares). Elle est pratiquée par les pêcheurs, comme profession ou loisir. Les techniques et
engins de pêche sont nombreux, dépendant de l'espèce recherchée et du milieu. La pêche est
le plus souvent encadrée par une réglementation qui tend à se renforcer afin de protéger au
mieux la biodiversité, l'environnement et les ressources halieutiques28
26
La croissance des volumes pêchés se heurte aujourd'hui à l'épuisement des ressources naturelles. Après un
report vers les espèces de la faune abyssale des grands-fonds, c'est la pisciculture marine ou d'eau douce qui
devra sans doute dans le futur répondre à la croissance de la demande qui accompagne l'évolution
démographique et l'augmentation du niveau de vie.
27
Les poissons sont des animaux aquatiques : ils vivent sous l'eau. Ils pondent des œufs : ce sont des ovipares. Ils
ont une colonne vertébrale et font donc partie des vertébrés.
28
Terme qui désigne la connaissance de la biologie et de l'exploitation des ressources de la pêche.
29
Statistiques [archive] de la FAO sur la pêche 2005
25
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Après cette définition on passe maintenant à dénombré les acteurs de la filière de pêche.
Intermédiaires
Transformateurs
Les pêcheurs
Les pêcheurs sont parmi les derniers acteurs professionnels à effectuer une activité de
cueillette. Considérés comme des producteurs, les pêcheurs prélèvent une part de la ressource
naturelle « poisson ». Cette ressource est renouvelable mais pas illimitée. Les pêcheurs ont
donc une responsabilité en termes de développement durable. Ils sont souvent partagés entre
la nécessité économique et sociale (nécessités individuelles) et la préservation des ressources
naturelles (nécessité collective). Ils entretiennent souvent pour cette raison des liens étroits
avec des organisations de soutien des activités de la pêche.
Les intermédiaires
Les intermédiaires sont les chaînons indispensables entre l'offre des pêcheurs et la
demande des consommateurs. Ils achètent le poisson directement aux pêcheurs, aux criés
(marchés au poisson), ou aux groupements de producteurs pour les revendre aux grossistes,
aux transformateurs, aux poissonniers détaillants, à la grande distribution, ou aux métiers de
26
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
la restauration hors domicile. Leur responsabilité est importante, dans la mesure où ils sont les
premiers maillons de la filière après les pêcheurs. Une relation économique pérenne entre
pêcheurs et intermédiaires est donc fondamentale pour un développement durable de la filière.
Les transformateurs
Les transformateurs assurent la valorisation des produits bruts issus de la pêche. La
transformation du poisson peut être plus ou moins sophistiquée. Dans sa forme la plus simple,
le poisson frais ou congelé transformé peut se présenter à l’état cru, parer, filet ou haché pour
être distribué à la grande distribution ou aux métiers de la restauration. Une première
transformation peut également être une étape préalable à une transformation ultérieure
destinée à la production de produits plus élaborés, à valeur ajoutée.
Les distributeurs
Les distributeurs constituent le dernier maillon de la filière avant les clients finaux. Ils
mettent les produits de poisson à disposition des consommateurs ou des entreprises
constituant la cible clientèle visée, et pour que ceux-ci soient incités à les acheter.
On distingue ainsi :
La grande distribution (ou grandes et moyennes surfaces), elle-même constituée de
magasins de proximité, de supermarchés (surface de vente < 2.500 m2),
d'hypermarchés (surfaces de ventes > 2.500 m2).
La restauration hors domicile, divisée entre la restauration collective (cantines
scolaires, restaurants d’entreprise, d’hôpitaux) et la restauration commerciale
(restaurants)
La connaissance mutuelle de la réalité des activités des pêcheurs et des distributeurs est
souvent un gage de Développement Durable de la filière.
Les consommateurs
Les consommateurs font partie intégrante de la filière. Ce sont eux qui vont, au final,
être responsables du développement et de la pérennité économique de cette dernière par leur
faculté à acheter des produits de poisson mis à leur disposition par les distributeurs. Leur
comportement d’achat va largement orienter les acteurs de la filière, en particulier les
pêcheurs et les transformateurs. Les consommateurs sont ainsi les acteurs les plus à même à
favoriser l’intégration de critères environnementaux, économiques, et sociaux par les
différents maillons de la filière.
Quels sont les modes et les types d’exploitations des pêcheries ?.
27
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Strictement parlant, pratiquement toutes les pêches sont commerciales, car très rares
sont celles dont aucune partie de la production n’est commercialisée (ou troquée) de quelque
manière.
Généralement, on trouve plusieurs types de pêche professionnelle.
A- La pêche artisanale :
Elle est plus diversifiée, et occupe de nombreuses personnes. Un artisan est un armateur
qui possède au maximum deux navires, d'une longueur maximale de 24 mètres. Le
patron-pêcheur est généralement le propriétaire. L'équipage est rémunéré à la part.
Selon le type de pêche, les sorties n'excèdent pas 2 semaines. La pêche artisanale
concerne donc des bateaux de petite et moyenne taille (6 à 24 mètres) et de nombreuses
techniques. En son sein, il convient de distinguer encore :
a- La pêche artisanale côtière : Elle concerne les bateaux les plus petits (6 à
16 mètres), avec 1 à 4 hommes à bord, qui font des marées courtes (de
quelques heures à 3 journées)
B- La pêche semi-industrielle :
Elle se fait à bord de navires dont la longueur peut aller jusqu'à 38 m de longueur
appartenant à des armements constitués en sociétés à capitaux. Les sorties n'excèdent
pas 2 semaines et l'équipage est rémunéré à la part avec une partie fixe garantie.
C- La pêche industrielle :
28
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
b. La grande pêche se pratique en haute mer pour des campagnes pouvant durer
plusieurs mois, sur des bateaux atteignant 110 mètres de long, avec un équipage
comptant jusqu'à 60 hommes dans le cas des navires-usines transformant le
poisson à bord.
Après cet aperçu sur l’activité de la pêche en générale nous présentons succinctement
les types de pêche pratiqués en Algérie qui sera développé dans le prochain chapitre.
- Pêche côtière :
Le plateau continental algérien, dans ses variations longitudinales et
transversales, constitue un espace maritime conséquent. Cet espace est exploité,
en règle générale, par deux (02) types de pêche, à savoir la pêche à la senne et
au chalut. L’essentiel de la ressource halieutique est située dans cette frange
côtière. Elles sont représentées par :
30
En Algérie, la pêche est essentiellement artisanale
29
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
- Pêche Hauturière :
Elle regroupe la pêche semi-industrielle (bateaux de pêche inférieurs à 35
mètres pour des zones situées entre 6 et 12 miles marins) et la pêche industrielle
(bateaux de pêche de plus de 35 mètres pour des zones situées au delà des 12
miles marins) Les ressources ciblées sont :
• les ressources pélagiques au moyen de chalutiers armés au chalut
pélagique.
• les grands migrateurs halieutiques (thonidés et espadons) au moyen de
thoniers, senneurs, palangriers et autres engins de pêche.
• les espèces démersales (crustacés et poissons blancs) au moyen d'une
flottille chalutière spécialisée.
1-2-4-2- L’Aquaculture
Les conditions géographiques et climatiques favorables et le potentiel de production
important et diversifié allant du littoral aux zones sahariennes, encouragent la réalisation de
plusieurs filières aquacoles notamment, la pisciculture marine et conchyliculture,
l'aquaculture sub-littorale et la pisciculture saharienne.
Cependant, les quelques études relatives à la flore algale algérienne et qui ont surtout
portées sur l’inventaire de la flore algale marine, restent insuffisantes, comparées à
l’importance de cette ressource. Elles ne permettent pas se savoir comment préserver et
valoriser les ressources algales marines et continentales en vue de leurs donner une portée
socioéconomique à même de générer des emplois et de la richesse. L’Algérie, à l’instar des
pays avancés dans le domaine aquacole, cherche à encourager ce créneau tant au nord que
dans le sud du pays.
Cela serait intéressant de voir sous quelles formes est consommée cette ressource
halieutique ?
30
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Le poisson joue également un rôle important dans la production de fourrage pour animaux et
de composés pour l’industrie pharmaceutique.
Source: FAO Fisheries – The State of World Fisheries and Aquaculture, 2008 PART 1: World review
of fisheries and aquaculture, p. 44
31
L’importance des pêches pour un Pays ne peut pas être uniquement jugée par sa contribution au PIB (environ
1% en Algérie), mais doit tenir compte du fait que les ressources et les produits de la pêche sont des composants
fondamentaux de l’alimentation et de l’emploi.
31
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Ainsi, l’étude de base n°19 de la FAO sur le rôle des pêches dans l’économie
alimentaire s’attache à montrer comment les ressources alimentaires que contiennent les mers
et les eaux intérieures peuvent contribuer à améliorer le régime alimentaire et le niveau des
revenus surtout dans les pays en voie de développement.
Etant donné que pour beaucoup de ces pays, poissons et crustacés jouent un rôle
important dans la nutrition, les exportations de produits dérivés du poisson vers les pays
industriels constituent parfois une source substantielle de recettes en devises. L’organisation
prévoyait déjà qu’à l’avenir on doive demander aux ressources halieutiques de couvrir une
proportion plus grande des besoins en produits alimentaires.
Dans le cas de l’Algérie on peut déjà annoncer que la contribution de la pêche au PIB
est faible (inférieure à 1%) et que la ration de consommation annuelle moyen par habitant qui
est de 6 kg est jugée insuffisante Du point de vue social, on calcule qu’il existe actuellement
66400 pêcheurs en Algérie. Sachant que chaque poste de travail en mer génère 4 à 5 postes de
travail à terre (dans l’industrie des conserves, congelés et farines, la commercialisation,
l’administration, la recherche et formation, etc.) l’on peut dire que dans les divers secteurs en
amont et en aval de la pêche en Algérie travaillent environ 270 000 personnes. Sans
exagération, on peut affirmer qu’environ un million d’algériens dépendent des activités de la
pêche, si l’on considère l’unité familiale composée d’un minimum de 3 personnes.
32
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
La pêche a toujours été et reste une source vitale de protéines animales pour l’homme et
une ressource économique pour de nombreux pays côtiers. L’augmentation de la population
humaine s’accompagnant de besoins alimentaires croissants, il apparaît clairement qu’une
gestion rigoureuse des ressources s’impose.
En effet, l'un des très grands enjeux du XXIe siècle est la diminution des ressources
naturelles disponibles par rapport aux besoins des êtres humains. C'est la raison pour laquelle
on parle de plus en plus de développement durable. Selon la définition proposée en 1987 par
le rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Rapport
Brundtland) 1987, le développement durable est : « Un développement qui répond aux
besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à
répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et
plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la
plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre
organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins
actuels et à venir. »
Au début des années 70, les économistes découvrent les ressources renouvelables et
l'environnement, la surexploitation de pêcheries en accès libre, la pollution etc., bien après des
travaux précurseurs tels que ceux de Shaeffer, Gordon, Scott (1954).
Pour une ressource renouvelable (la pêche par exemple), il s’agit de déterminer le
rythme d’exploitation compatible avec l’équilibre bioéconomique de la ressource, c’est-à-dire
avec sa régénération, d’où la nécessite d’une gestion adéquate de cette ressource
renouvelable.
33
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
La plupart des pays ont aujourd’hui des objectifs explicitement assignés au secteur des
pêches qui reflètent en général et directement les objectifs des Etats. On retrouve les objectifs
de liés à :
La sécurité alimentaire,
L’emploi,
La lutte contre la pauvreté,
Les exportations et apports de devises étrangères,
La croissance économique.
Les aspects liés au de développement local et à l’activité de la pêche étant donné, nous
essayerons dans ce qui suit de voir si ces deux notions peuvent être rapprochées.
34
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Le scepticisme des économistes devant le développement local est lui aussi bien connu.
Comme le souligne X. Greffe33, « le développement local a du mal à se débarrasser des deux
« impasses » dans lesquelles il est souvent engagé avec la systématisation de la préférence
absolue du « développement par le bas » et le rôle de solution miracle à la sortie de la crise
économique qu’on lui a souvent donné ».
Peut-être, cependant, faudrait-il rappeler alors, pour tempérer ce scepticisme, que l’on
fait surtout, là, référence au développement local « organisé 34». Or, celui-ci a surtout émergé
dans des espaces qui ont connu et connaissent encore de sérieux problèmes économiques et
sociaux. On demandera alors souvent davantage au développement local d’arrêter une
régression souvent ancienne de l’ensemble des activités économiques plutôt que d’imaginer
des alternatives à un processus de croissance que l’environnement économique a ralenti ou
arrêté.
32
Dont J.C. PERRIN, 1982 : précise le contenu dans : Economie spatiale et méso-analyse, Colloque “La
Découverte de l’Espace dans la Science Economique de Langue Française”, 13-14 septembre Namur.
33
Greffe X. 1989 « Décentraliser pour l’emploi : les initiatives locales du développement » Economica, P 296
34
C’est-à-dire celui qui a donné lieu à la mise en place d’institutions spécifiques de développement.
35
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
d’une activité qui assure les conditions de sa propre reproduction et qui peut même connaître
un certain développement.
Notre propos est de savoir le rôle que peut jouer une activité de pêche dont l’exercice
est techniquement et socialement correct – c’est-à-dire une activité qui se reproduit
effectivement, même si son niveau de productivité est faible – dans le cadre du
développement d’une zone côtière.
En d’autres termes, cela revient à se poser la question de savoir de quel type d’activité
de la pêche le développement local a besoin et, inversement, de quel type de développement
local l’activité de la pêche a besoin pour se reproduire.
Comme on peut s’en douter, il n’y a pas de réponse univoque à ces questions. On peut
même avancer qu’elles n’ont pas encore, à notre connaissance, de réponse « théorique ». En
effet, si une « théorie du développement local » a pu tout au moins être en partie élaborée par
les géographes et les sociologues, on ne peut pas en dire autant des économistes qui sont
plutôt en train de la constituer à partir d’un certain nombre d’études de terrain.
Notre démarche sera du même type. Elle s’appuiera essentiellement sur certaines
analyses concernant quelques pays méditerranéens, qui nous permettront, on l’espère de
répondre à ces interrogations.
Il apparait qu’il faut développer des activités de pêche dite "durable" pour que cela
entraine un développement local. Il ne s’agit pas, nécessairement d’une activité « développée
» au sens où on l’entend habituellement, c’est-à-dire qui est l’objet d’un processus permanent
d’augmentation de la productivité du travail par une substitution continue du capital au
travail.
- elle est dirigée par une personne qui souhaite son maintien.
Comme on le voit, cette approche combine à la fois des critères objectifs (les deux
premiers) et subjectifs (perception de l’avenir par les intéressés). De plus, elle ne réclame pas
nécessairement que l’unité de production soit engagée dans un processus de développement.
36
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
On sait en effet que seules les unités de production exclusivement orientées sur le marché
doivent adopter le « modèle de production » dominant de développement de l’activité de la
pêche correspondant à leur activité. Les autres ne sont absolument pas soumises à un tel
impératif et doivent seulement assurer la reproduction technique de leurs moyens de
production au niveau compatible avec leurs objectifs et avec les conditions de leur mise en
œuvre (temps de travail disponible, pénibilité, etc.).
Partant de ces précisions, nous allons tenter de donner des éléments de répondes aux
interrogations ci-dessus.
Quels que soient en effet les mécanismes que l’on qualifie de fondamentaux, quelles
que soient les hiérarchies que l’on voudrait proposer, tout le monde s’accorde sur le fait que
l’activité de la pêche constitue ce réservoir de surplus qui doit permettre d’amorcer une
accumulation de capital productif. Cette accumulation concernera surtout les secteurs
économiques dans les zones côtières où des collectivités ont leurs économies liées à la pêche,
en particulier dans l’industrie agroalimentaire et dans le commerce.
Cela est incontestable pour la plupart des pays industrialisés. Cela est déjà beaucoup
plus contestable pour les pays du Tiers-Monde. Cela devient très problématique lorsque l’on
traite du développement local et il s’agit de savoir comment une pêche locale peut engendrer
un processus de développement local.
1. Celles qui sont fondées sur la pêche de subsistance qui est orientée historiquement
vers l’autoconsommation. Ces pêcheurs deviennent au fur et à mesure des « pêcheurs à
surplus vivrier »
Quel type de développement local ont engendré ces deux types d’activité de pêche 35?
Une combinaison entre reproduction simple des unités de pêches et une reproduction
élargie de la dynamique économique collective (croissance économique du patrimoine
individuel, de l’unité domestique, de l’agglomération, voire de l’économie communale)36.
35
Gilles Blanchet, Bertrand Gobert, Jean-Alfred Guérédrat 2002 « la pêche aux Antilles Martinique et
Guadalupe » IRD éditions page 220
36
Cela peut signifier soit qu’il existe un surplus net dégagé de l’activité de la pêche et réinvesti ailleurs, soit que
le surplus net ne provient pas de l’unité de pêche mais d’un autre secteur
37
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Dans cette hypothèse la pêche pourrait devenir le centre d’une stratégie économique
aréolaire : à partir de l’activité halieutique se développeraient des activités connexes,
d’agroalimentaire, de commerce, de tourisme, d’hébergement, de restauration, de visites éco-
touristique de plaisance.
Cette agglomération d’activités marines autour de la pêche qui on constitue sans doute
l’axe principal induit localement une atmosphère favorable à une offre de production et de
services liée à une valorisation durable du milieu marin et à une demande croissante
régionale, nationale, et même internationale de ces mêmes biens et services.
L’activité de la pêche peut donc difficilement provoquer seule le développement local. Par
contre, elle joue dans un grand nombre de cas un rôle essentiel de « soutien » au
développement, qui prend des formes diverses. Le point de départ de la réflexion que l’on
peut faire dans ce domaine est la prise de conscience de l’importance de l’activité de la pêche
dans beaucoup de zones côtières.
37
Christophe BREUIL 1997 :« les pêches en méditerranée : éléments d’information sur le contexte halieutique
et les enjeux économiques de leur aménagement » FAO Circulaire sur les pêches N° 927 FIPP/C927 Rome,
octobre 1997
38
Chapitre I : L’activité de la pêche et le développement local : Quelques précisions conceptuelles
Partant de toutes ces précisions théoriques, nous tenterons dans le chapitre qui suit de
saisir les contours de l’activité de la pêche et son impact sur le développement local de la
wilaya de Mostaganem (objet d’étude)
39
Chapitre II
1
FAO 2010 : La situation mondiale des pêches et de l´aquaculture 2010
40
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Graphe II.1 : la Production halieutique et aquacole et pêche continentale dans le monde depuis
1950-2010
les principaux indicateurs de cette activité sur le plan mondial pour l’année 2008
apparaissent dans le tableau suivant :
41
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Types de pêcheries
En effet au Maghreb, le poisson rapporte beaucoup d’argent et la pêche emploie une main
d’œuvre importante. Au Maroc et en Tunisie, la filière, devenue industrielle, est un segment
névralgique de l’économie locale. En Algérie, elle reste à la traîne, avec une modeste
production, qui ne suffit même pas à atteindre «les minimas» de consommation par tête
d’habitant, selon les standards de la FAO. En Mauritanie, par contre, les ressources halieutiques
sont menacées par la surpêche.
2
Source: British Columbia Pauly & al., publ. 08/08 ; (FAO 2008)
3
El watan un article Écrit par Boualem Alami : Samedi, 09 juillet 2011
42
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
c- La Mauritanie
En Mauritanie, la pêche est une seconde nature des habitants. Selon des chiffres officiels.
À elle seule la Mauritanie produit l’équivalent des trois autres pays maghrébins. En moyenne la
production annuelle est estimée à plus d’un 1 million de tonnes de poisson. Globalement les
recettes d’exportation de la Mauritanie sont tirées à plus de 52% par la pêche, qui contribue
aussi à 25% dans les recettes de l’Etat mauritanien.
d- L’Algérie
Comparativement au dynamisme constaté au Maroc et en Tunisie, la filière reste peu
productive en Algérie. Jamais tournée vers l’exportation, la pêche en Algérie reste modeste,
artisanale et peu orientée vers une modernisation de la flottille. La production halieutique
nationale reste faible. En moyenne, ce sont 187.000 tonnes pêchées chaque année, et jusqu’à
220.000 tonnes les bonnes années.
Pour développer la filière, l’Etat a mis en place en 2000 un programme intégré pour
améliorer la production halieutique et la porter à 274.000 tonnes à l’orée de 2020. Ce
programme, intitulé "Plan d'orientation du développement des activités halieutiques et
d'aquaculture", compte relancer la production halieutique maritime et continentale. La
production projetée pour 2025 est d’environ 221.000 tonnes pour la pêche maritime et 53.000
tonnes pour la pêche continentale à travers les différents projets d'aquaculture.
4
Source : site d’internet [Link] [Link]
43
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Cependant, cela reste insuffisant pour améliorer la situation d’un secteur qui n’exporte
que de très faibles quantités de crevettes royales, à moins de un million de dollars par an.
L’Objectif de consommation de 8 kg/an/habitant n’est pas également atteint. Bref, la pêche en
Algérie reste un secteur à la traîne. Globalement, le secteur participe à hauteur de 1 à 5% dans
le PIB de quatre pays : Algérie, Maroc, Mauritanie et Tunisie. Bien plus que les autres secteurs,
la pêche autant côtière que continentale ainsi que celle d’élevage est un formidable gisement
d’emplois directs et indirects, en permanente expansion5.
Après cet aperçu sur la situation mondiale et maghrébine de l’activité de la pêche et
d’aquaculture, on s’intéresse maintenant de plus prés à cette activité en Algérie en tentant de
mettre en évidence le potentiel de la wilaya de Mostaganem.
L’Algérie dispose d’un littoral d’environ 1280 Km, de la frontière Algéro- Marocaine à
l’Ouest à la frontière Algéro- Tunisienne à l’Est, comme le montre la carte Figure I.3 ci après.
Ce littoral est caractérisé par un plateau continental réduit à l’exception de la région de
Ghazaouet (wilaya de Tlemcen) à l’extrême Ouest et la région d’El Kala (wilaya d’El Taref) à
l’extrême Est. La superficie maritime sous juridiction nationale algérienne offre prés de 9,5
millions d’hectares pour l’exercice de la pêche.
5
Pour savoir plus sur le secteur de la pêche au Maghreb voir : Pierre OLIVER, Ramon FRANQUESA « La
pêche en Méditerranée » Les notes d’analyse du CIHEAM N°3 – juin 2005 page 03-21
44
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
La côte Algérienne est caractérisée par deux couches d’eau superposées, l’eau Atlantique
modifiée et l’eau Méditerranéenne. En effet, l’eau Atlantique pénètre dans la mer d’Alboran où
ses caractéristiques initiales commencent à s’altérer, donnant ainsi naissance à l’eau atlantique
modifiée (Benzohra, 1993). Ce même auteur signale cette eau dans le bassin Algérien où elle
se reconnaît dans une couche superficielle de 150 m d’épaisseur, avec une température de 15 à
23°C en surface et de 13,5 à 14°C en profondeur et de salinités allant de 36,5 à 38‰.
Le long des côtes algériennes, l’eau Atlantique modifiée décrit un écoulement plus ou
moins stable avant de se diviser en deux branches. Dans le bassin algérien, l’eau atlantique
modifiée pénétrerait (Millot, 1987 ; Millot, 1993 et Benzohra, 1993) sous forme d’une veine
de courant étroite qui donne naissance à des méandres et tourbillons côtier. Ces derniers
favoriseraient une forte productivité biologique et par conséquent, augmentation des capacités
trophiques du milieu.
La configuration du littoral
La géomorphologie du littoral en Algérie offre des atouts importants pour la pêche et
l’aquaculture. En effet, le littoral algérien avec sa partie maritime présente des sites
remarquables et diversifiés de par la forme, le nombre et la nature :
Baies et criques
Zones humides littorales à eaux douces et/ou saumâtres
Fonds sableux, vaseux et graveleux.
Côtes sablonneuses et rocheuses, en plages et / ou en falaises.
Tous ces faciès et caractéristiques constituent une richesse naturelle indéniable dont jouit
et se prévaut le secteur de la pêche et des ressources halieutiques à l’instar des innombrables
richesses naturelles de notre pays. Aussi, ces conditions naturelles favorables permettent
d’offrir une multitude d’opportunités d’exploitation, de promotion et de valorisation dans les
différents domaines d’application.
6
Ministère d’État chargé des Transports, créé en 1966. Dès 1968, la pêche était confiée à une Direction de la
Marine Marchande au sein de ce ministère.
7
Le Premier Secrétariat d’État à la Pêche a été créé le 8 Mars 1979.
45
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
8
Le Secrétariat d’État à la pêche a été maintenu dans les diverses formations gouvernementales successives depuis
1979, mais il a pris la dénomination de Secrétariat d’État à la Pêche et aux Transports Maritimes. Décret du 12
janvier 1982 portant réaménagement des structures du gouvernement.
9
Le Vice Ministère de la Pêche a été créé le 20 janvier 1984 et il dépend du Ministère de l’Agriculture et de la
Pêche.
10
Décret n° 69/95 du 24 Novembre 1969, pp. 1142. l’O.N.P. avait été créé en 1963.
11
Décret n° 79/234 du 24 novembre 1979 portant dissolution de l’O.A.P. (Office Algérien des Pêches) et transfert
de son patrimoine et de l’ensemble de ses activités. L’ECOREP et L'ENAPECHE ont été créées par les décrets n°
79/235 et 79/236 du même jour. J.O.R.A. du 27 novembre 1979, pp. 928
12
EL MOUDJAHID, 19 octobre 1981, p. 12.
46
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
47
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Le secteur de la pêche a connu des mutations depuis l’indépendance comme nous l’avons
mentionné plus haut. Ce n’est qu’en l’an 2000 qu’un ministère de la pêche et des ressources
halieutiques a été installé, dont voici l’organigramme.
48
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
49
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Source : MPRH
B- La pêche maritime :
Les ports de pêche et les sites de débarquement
La côte algérienne est divisée en quatorze wilayas maritimes. Chaque wilaya renferme un
certain nombre de ports, d’abris de pêche et de plages d’échouage. Soixante quatre (64)
sites de débarquements longent la côte algérienne à savoir :
32 ports
23 plages d’échouage
04 sites d’abris aménagés
05 sites d’abris naturels
Les principaux sites de débarquements sont des ports et sont en nombre de treize (13).
50
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Centre Bouharoun
Tipaza pêche
Cherchell
de Jijel
Jijel Ziama
Mansouria pêche
C- L’aquaculture
La production aquacole algérienne est aujourd'hui en phase de décollage. Depuis 1920,
elle évoluée en capitalisant sur une expérience de quatre phases :
51
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Cependant, l’Algérie se distingue parmi les pays Méditerranéens par sa très faible
production : 476 T en 2002, même si cette dernière a atteint 2154 T en 2009. Cette production
ne peut compenser le déficit en produits de la pêche. Bien que le ratio alimentaire soit passé de
3,02 en 1999 à 5,12 kg/hab/an en 2003, et de près de 6 kg/hab/an en 2009, cela reste bien en
dessous à la moyenne mondiale qui est de 13,4 kg/hab/an. Il est à noter que le ratio de
consommation de poisson minimale à atteindre [OMS] est de 6,2kg/hab/an.
La couverture de ce déficit en poisson en Algérie ne peut être assurée par la pêche
maritime du fait de l’étroitesse de son plateau continental et par l’escarpement de sa côte.
Donc, l’Algérie devra favoriser le développement de l’aquaculture.
Les potentialités
Les conditions géographiques et climatiques favorables et un potentiel de production
important et diversifié allant du littoral aux zones sahariennes, encouragent de se lancer dans la
réalisation de plusieurs filières aquacoles notamment :
Sites potentiels
B Lacs naturels, oueds, barrages, Carpe argentée, mulet Msila, Bordj Bou Arreridj,
retenues, chott, étangs Sétif, Batna, Mila, Bouira
C Sites littoraux, eau des rejets Loup, dorade, moule Ain Defla, Médéa, Djelfa,
thermoélectriques, retenues c. Tissemsilt, Blida
D Sites littoraux, lacs naturels et Carpe argentée, carpe Relizane, Mascara, Tiaret
oueds, barrage et retenues c. royale, mulet, sandre,
truite, moule
E Sites littoraux, lacs naturels et Moule, carpe argentée, Sidi Bel Abbas, Saida,
oueds, barrage et retenues, étangs mulet Naâma
52
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Potentialités hydriques
L’Algérie dispose d’un potentiel hydrique très important, dont la quasi-totalité reste
inexploitée. Les possibilités de développement de la filière d’activité aquacole sont
considérables sur les plans des ressources naturelles et humaines. L’Algérie dispose de
potentialités naturelles significatives sur tout le territoire national (littoral et intérieur du pays).
En effet, on relève un potentiel d’environ 100 000 hectares de ressources hydriques
naturelles ou artificielles à travers les 1280 km de côte que compte notre pays. Les ressources
hydriques se repartissent comme nous donne le tableau et le schéma ci après :
POTENTIEL NATIONAL
50%
13
L’Algérie, compte actuellement 450 points d’élevages d’espèces aquatiques, selon les précisions du ministre de
pêche.
53
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Le potentiel biologique
- Les poissons nobles tels que : mérou, dorade, thon rouge, espadon…
- Les crustacés tels que : crevettes royales, langoustines, langoustes…
- Les céphalopodes tels que : poulpes, seiches, calmars…
- Les algues : (600 espèces), le zooplancton…
À l’heure actuelle, il existe plus d’une vingtaine d’animaux aquatiques avec différents
types d’élevages selon les espèces en Algérie :
La conchyliculture :
- En filière : Huîtres, moules, palourdes…
L’Algérie se distingue parmi les pays méditerranéen par sa très faible production14 qui
est en moyenne de 2154 tonnes en 2009 soit de 0.006% de la production mondiale. L’impact
de l’aquaculture sur le plan économique est négligeable si on excepte son apport en termes de
création de nouveaux d’emplois :
14
L’aquaculture dans les pays méditerranéens représente 4.9% de l’aquaculture mondiale, qui est de 14 millions
de tonnes annuellement.
54
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
A cet effet, et pour se faire, une réglementation adéquate est indispensable pour une
exploitation rationnelle des ressources biologiques, tant en ce qui concerne l’armement des
navires de pêche que les techniques et engin de pêche utilisés sans oublier les conditions
d’exercice de l’activité aquacole.
En résumé, l’accès à la ressource obéit aux multiples paramètres édictés par la loi sur la
pêche et l’aquaculture a consacrée un ensemble de principes et de dispositions devant
permettre, entre autres :
55
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Ainsi la concrétisation des objectifs contenus dans ce nouveau dispositif juridique se fera
progressivement à travers la mise en place des textes d’application qui permettra sans nul doute
de pérenniser l’activité de pêche et d’édifier un développement durable, il s’agit notamment des
textes traitants les aspects suivants :
a- L’autorisation de pêche :
C’est le Décret exécutif n° 03-481 du 19 Chaoual 1424 correspondant au 13 décembre 2003
qui fixe les conditions et les modalités d’exercice de la pêche15. Dans ce décret, il est
indiqué que l’exercice de la pêche est subordonné à l’obtention d’une autorisation ou
permis de pêche délivré par l’autorité chargé de pêche.
Un autre arrêté du 2 Rabie El Aouel 1429 correspondant au 10 mars 2008 fixe les
conditions et le contenu de l’autorisation de capture, de transport, de commercialisation et
d’introduction dans les milieux aquatiques des géniteurs et produits de la pêche et de
l’aquaculture n’ayant pas atteint la taille minimale réglementaire, destinés à l’élevage, à la
culture ou à la recherche scientifique16.
b- Les zones de pêche :
15
Recueil de textes réglementaires de pêche et aquaculture (tome 1), décembre 2004
16
Source : Journal officiel nº 29, 4 juillet 2008, p. 18 à 20.
17
Recueil de textes réglementaires de pêche et aquaculture (tome 1), décembre 2004
56
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Le décret Arrêté du 4 Rabie El Aouel 1425 correspondant au 24 avril 2004 fixe les
limitations d’utilisation des chaluts pélagiques, semi-pélagiques et du fond dans le temps et
dans l’espace18. Outre la nomenclature des engins de pêche dont l’importation, la
fabrication, la détention et la vente sont interdites dans l’article 51 de la loi cadrent du 01-
11 du 03 juillet 2001, ce décret traite les interdictions relatives à l’utilisation des chaluts
dans le temps et dans l’espace. Dans ce décret est interdit l’emploi des arts traînants
(chaluts) à l’intérieur des 3 milles marins dans la période allant du1er Mai au 31 Août de
chaque année sur tout le littoral Algérien. Sont prohibés, également, les chaluts de fond,
dont la petite maille étirée est inférieure à 40 mm et les chaluts crevettier ainsi que les
chaluts pélagiques doivent avoir une maille étirée de 20 mm.
18
Recueil de textes réglementaires de pêche et aquaculture (tome 1), décembre 2004
19
Recueil de textes réglementaires de pêche et aquaculture (tome 1), décembre 2004
57
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Tableaux II.6 : Tailles minimales marchandes des principales espèces des petits Pélagiques
e- Contrôle et surveillance
Le contrôle et la surveillance des navires de pêche, est une tache qui a été assignés au
service des gardes côtes du Ministère de la défense national. Cet organisme est chargé de
contrôler :
- La répartition des navires de pêche en mer par rapport aux zones de pêche
- les zones et périodes interdites à la pêche
- Les engins de pêche
- Les tailles minimales marchandes.
f- L’aquaculture :
Le décret exécutif nº 07-208 fixe, les conditions d'exercice de l'activité d'élevage et de
culture aquacoles, les différents types d'établissements, les conditions de leur création et les
règles de leur-exploitation20. Sont abrogées les dispositions contraires au présent décret,
notamment celles du décret exécutif n° 97-49321.
g- Les navires étrangers :
20
Date de Texte : 30/06/2007 Source : Journal officiel de la République algérienne nº 43
21
Loi nº 01-11 relative à la pêche et à l'aquaculture. 03/07/2001 1er juillet 2007, p. 17 à 19
58
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
L’année 2009 a vu également le lancement d’une étude pour l’élaboration d’un plan
d’aménagement et de gestion des pêcheries nationales, en vue de faciliter la gestion zonale de
l’effort de pêche dans un cadre durable et évaluer la biomasse marine par zone de pêche
identifiée. Un programme de réalisation de sites d’échouage pour le développement du petit
métier a été également lancé en 2009, et les travaux de certains sites (Tizi-Ouzou, Boumerdès
et El-Taref) « connaissent des taux d’avancement appréciables » lancement aussi des halles à
Colo, Zemmouri et Boudis .
Ces halles à marrées constituent des points de passage obligé pour tous les produits
halieutiques, permettant de ce fait, d’exercer de manière infaillible les missions de puissance
publique dont celle de la conservation et de la gestion des ressources à travers la collecte des
statistiques de débarquement et des données d’effort de pêche. Ces infrastructures permettront
aussi de percevoir la fiscalité générée par les activités commerciales et la régulation du marché.
Plusieurs projets inscrits dans le cadre du programme Hauts plateaux et Sud dont les
centres de pêche de Bordj Bou Arreiridj, Batna, Khenchela et de M’sila devraient être
réceptionnés au 1er trimestre de 2010 alors que 26 fermes aquacoles prévues dans ce même
programme ont été lancées en 2009.
Pour les investissements privés, le secteur a octroyé durant l’année 2008, 36 concessions
de pêche continentale et 3 concessions pour la création d’établissements aquacoles. L’année
2009 a vu aussi l’entrée en production de deux fermes de pisciculture rurale intégrée totalisant
des capacités de production de 75 tonnes/an de carpe et de mulet. Cinq autres fermes piscicoles
59
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
d’eau douce sont entrées en production (deux à Ouargla, une à Relizane, une à Saïda et une à
Ghardaïa) d’une capacité de production de 2.480 tonnes de Tilapia par an.
Une ferme d’une capacité globale de production annuelle de 1.250 tonnes de loup et de daurade
est entrée en production à Tizi-Ouzou en plus de deux autres de conchyliculture marine (100
tonnes d’huîtres et de moules par an). L’ambition visant à inscrire de façon permanente la
gestion du secteur dans la durabilité économique, environnementale et sociale « se consolide
progressivement ».
La stratégie établie par les pouvoirs publics s’appuie sur trois plans quinquennaux :
22
Le secteur de la pèche et d’aquaculture : « capacités et perspectives » : MPRH 2001 page 01-11
60
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
La volonté politique affichée par les autorités, qui consistent à ériger le secteur en tant
qu’élément dynamique de la croissance nationale et du développement local, est un plaidoyer
fort de promotion, de modernisation et de renforcement des capacités.
• des activités de production et celles de soutien, au sein d’une même composante socio-
économique sectorielle, en vue d’en améliorer les performances
• des composantes socio-économiques « pêches » et « aquaculture », par la recherche
d’un équilibre assurant un développement durable
En même temps, cette approche d’intégration doit tendre à l’insertion du secteur tant à
l’économie nationale qu’au contexte international, afin de garantir sa viabilité et sa pérennité en
tant que vecteur du développement socio-économique national. Donc l’objectif recherché à
travers l’élaboration du schéma directeur de développement des activités de la pêche et de
l’aquaculture consiste en la construction des espaces économiques et sociaux gérables et aptes à
produire des richesses durables.
23
Il faut signaler que la politique du MPRH a été légèrement changée ; désormais on parle de
« Plan quinquennal 2003-2007 » (plutôt que de « plan quinquennal 2001-2005 ») adopté lors du conseil du
gouvernement du 18 juin 2003. Il s’agit d’une réorganisation du secteur, le doublement de sa production à
l’horizon 2005, et la création d’environ 50 000 emplois directs et indirects.
24
Entretien directe à la direction de la Pêche et des Ressources halieutiques de la wilaya d’Aïn Témouchent (29
Juillet 2010), d’après une journée d’étude sur l’application du schéma directeur lié au développement des activités
de la pêche et de l’aquaculture à l’échelle nationale jusqu’à l’horizon 2025. Dont on a situé l’importance du
secteur et la contribution attendue de son développement global qui doit aller de concert avec celui durable de la
wilaya. Il a appelé tous les secteurs à s’impliquer davantage pour sa réussite.
61
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Cet objectif découle de l’exigence de définir des zones de projets, en mesure de conduire
et d’entretenir leur propre développement et de pouvoir intégrer leurs projets en cohérence avec
les autres programmes sectoriels et de développement local. À ce titre, ce schéma présente trois
(03) niveaux successifs d’intégration :
- 1er niveau :
Intégration intra-composante, qui permet d’organiser de manière cohérente, les activités
économiques de base, au sein des deux composantes principales " pêche " et "
aquaculture "
- 2ème niveau :
Intégration inter-composantes ou sectorielle, qui permet de développer de manière
équilibrée, les composantes sectorielles « pêche » et « aquaculture »
- 3ème niveau :
Intégration du schéma directeur de développement des activités de la pêche et de
l’aquaculture au Schéma national d’aménagement du territoire. Dans ce sens, La côte
algérienne sera organisée en 7 régions destinées à la gestion intégrée de la pêche et de
l’aquaculture (GIPA), implantées dans les 14 wilayas côtières, 53 régions sont
délimitées, dont deux pour une partie de l’Ouest, la première étant celle d’Oulhaça
jouxtant l’Oued Tafna et la seconde allant de Terga à Cap Falcon, sur la corniche
oranaise.
Par ailleurs, le schéma en question s’étale sur plusieurs phases de réalisation. Durant la
période allant de :
2005 à 2010, dans le cadre du renforcement du programme de relance
économique (PSRE). L’objectif reste de développer les capacités productives
halieutiques et celles de l’aquaculture. Pour ce dernier volet, 286 sites sont mis à
l’étude à l’échelle nationale, dont une centaine en milieu marin et le reste réparti
entre les élevages en eaux douces jusqu’au Sahara.
2010 à 2015, évaluation des résultats obtenus.
Puis à partir de 2016 jusqu’à 2020, se feront les analyses des objectifs assignés,
Avant de s’ouvrir à l’ère du renouvellement des flottilles de pêche. Sur le plan
économique, la commercialisation des fruits de mer et des produits de l’aquaculture nécessite la
réalisation de 47 marchés en gros. Chaque port sera équipé d’un marché de ce type à l’horizon
2010 et 18 aires de stockage seront équipées de chaînes de froid, auxquelles s’ajouteront les
réalisations de conserveries et de d’un chantier réparation et de construction navale.
Comme à l’horizon 2025, les 39 ports risquent de s’avérer insuffisants, il est question de
projeter la construction de 6 nouveaux ports de pêche, dont les sites sont localisés
respectivement à Sidi Ouchaâ (Tlemcen), Bousfer (Oran), Cap Djinet (Boumerdès), El-Kala
(Tarf), Béjaïa et Annaba.
62
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Sur le plan financier aidant à la concrétisation de ce schéma, 308,2 milliards de dinars restent à
mobiliser, dont 37,6 milliards de dinars, soit 12,2% qui constitueront la part de l’Etat pour
réaliser les structures de base. Quant aux 87,8% restants, ils seraient laissés à la charge des
investisseurs privés. En matière de production, on vise 53.089 tonnes issues annuellement de
l’aquaculture et 221.000 tonnes provenant de diverses variétés de poissons halieutiques. Pour
rappel, en 2005, la production piscicole nationale atteignait les 139.500 tonnes.
63
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Après avoir donné une image que nous espérons complète du secteur e en
algerieructurele du secteur de la peche dans notre pays on éssaye maintenat de décrir
l' de la pêche dans notre pays, nous
essayerons dans ce qui suit de démontrer l’importance socioéconomique de ce secteur.
Aussi, depuis la fin des années 1999, des politiques sectorielles mises en place s’articule
autour de quatre objectifs principaux :
25
L’apport du poisson à la ration alimentaire en protéine de la population algérien varie considérablement d’une
région à l’autre et représente 15 à 20 % des apports totaux de protéines animales (MPRH 2005).
64
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
L’activité de pêche induit des effets économiques indirects en amont (construction navale,
équipement, fourniture de carburants, secteur bancaire....) et en aval (transformation,
commercialisation, distribution...) de la filière, tant en termes de création de richesses que de
création d’emplois. Différentes méthodes d’évaluation des effets économiques du secteur de la
pêche existent, fondées sur le concept de filière (méthode des effets, analyses en termes
d’input-output...).
Cependant, la question des effets économiques induits n’est traitée dans le présent travail
que sur la base de la présentation de quelques indicateurs. Un indicateur couramment utilisé
pour évaluer les effets économiques induits par la pêche est le nombre d’emplois créés en
amont et en aval de la filière. Cette information est cependant toujours difficile à obtenir, et
pose souvent des problèmes quant à sa validité. Dans les pays où l’on a des indications, le ratio
emplois indirects / nombre de pêcheurs varie entre 20% et 80%. On peut faire une hypothèse
selon laquelle le ratio s’établit en moyenne régionale à environ 50%. En extrapolant, la filière
de la pêche en Algérie pourrait ainsi générer environ 420 000 emplois totaux, dont 64 620
emplois directs dans la production.
Un autre indicateur pertinent pour évaluer les effets économiques induits est la création
de valeur ajoutée dans les activités associées à la pêche. Les informations dans ce domaine sont
quasi-inexistantes en Algérie, ou alors très difficilement disponibles. Les études fondées sur le
concept de filière devraient être de plus en plus développées dans le domaine de la pêche, en
particulier dans le cadre de l’étude des effets économiques et sociaux induits par les mesures de
régulation de l’effort de pêche et de contrôle des capacités. En Algérie, seuls quelques centres
de recherche conduisent des travaux dans ce domaine. On peut citer par exemple les résultats
de travaux récents conduits par le CNRDPRA.
Par ailleurs, la pêche en Algérie a des retombées économiques sur des filières autres que
celles de la pêche. On peut mentionner à titre d’exemple la contribution de la pêche dans
l’aménagement du littoral et le développement de l’activité touristique. Ces effets induits sont
néanmoins difficiles à évaluer. La question du rôle socio économique de l’activité de la pêche,
nous la traitons aussi à travers la présentation de statistiques concernant ce secteur et dont
notre objectif est de mettre en relief le potentiel de la wilaya de Mostaganem objet de notre
étude.
En termes de Production:
65
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Production
totale
89818 113157 133623 134320 141528 137108 139459 157021 148842 142035 130120 44,87%
D’après ces données, on peut lire que la production totale de poisson de capture (toutes
pêcheries maritimes et continentales confondues) s’élevait à environ 130 120 t/an en 2009 soit
une augmentation de prés de 45% sur la période (1999-2009). Le schéma suivant nous permet
de mieux visualisé l’évolution de la production sur cette période 1999-2009.
66
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Dans cette production nationale, la part de la wilaya de Mostaganem est de 10%. Elle est
classée deuxième après la wilaya de Ain-Témouchent26 . Le graphe suivant visualise la part de
la production halieutique de la wilaya de Mostaganem dans la production nationale.
Par ailleurs et selon le graphe II.4, les captures des petits pélagiques constituent les apports
les plus important avec une moyenne d’environ 78% de la production totale nationale en 1998
(CNDPA, 1999) contre 22% pour les autres espèces (crustacés, mollusque, squales, espadons et
poissons demersaux). Cette dominance des petits pélagiques a été, également, signalée par
(Kadari 1984). Il a rapporté que sur 30 mille tonnes de poissons débarqués en 1982, les petits
pélagiques représentaient 80%. On peut affirmer sans risque de nous tromper que la situation
n’a guère changée de nos jours.
Cette dominance des petits pélagiques dans les débarquements, est le facteur principal qui
peut expliquer les fluctuations annuelles des débarquements totaux. En effet, l’abondance des
petits pélagiques est liée à l’abondance de la nourriture.
Figure II.5 : Répartition de la production nationale par groupe de poisson
26
La wilaya d’Ain-timouchant dispose de deux port de pêche boubjezar et benisef ce qui explique son importance
en terme de production halieutique.
67
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Production aquacole 351 454 476 225 641 368 288 404 2780 2154
totale
- Lac Mellah
- Lac Oubeira
- Lac Tanga et Mefragh
- ONDPA
- Ain Taya (Mytiliculture)
- Barrages
68
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Les principales productions de la pêche algérienne sont réalisées par une flottille réparties
en trois segments principaux à savoir :
a- Les chalutiers : Ces navires d’une jauge brute comprise entre 25 et 100 tonneaux,
utilisent les arts traînants sur des profondeurs allant de 50à 500m non accidentés.
destinés, principalement à la capture du poisson demersal (ou poisson du fond) appelé
communément «poisson blanc».
c- Les petits métiers : appellation locale qui désigne les petites embarcations moins de 12
m de longueur et d’une jauge brute allant de 01 à 05 tonneaux Ces métiers sont destinés,
principalement à la pêche de l’espadon et des Sparidés.
69
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Chalutiers 305 318 338 352 354 358 403 435 476 487 494
Corailleurs 40 46 31 18 16 14 14 12 11 11 11
Sardiniers 635 643 660 692 712 747 836 906 972 1039 1077
Petits 1484 1 545 1 663 1 836 2 210 2524 2731 2825 2972 2897 2935
Métiers
Thoniers 1 9 11 15
Total 2464 2 552 2 692 2 898 3 292 3643 3984 4179 4442 4445 4532
D’après les données du (tableau II.9), on enregistre que la flottille de pêche nationale
arrêtée à la fin de 2009 est de 4532 unités dont 494 chalutiers, 1077 sardiniers, 2935 petits
métiers et 15 Thoniers, enregistrant ainsi une légère augmentation de 2% par rapport à 2008.
Toutefois, une croissance de prés 84% a été enregistrée entre 2009 par rapport à 1999. Les
graphes suivants, nous permettront de mieux visualiser ces statistiques.
70
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
On note que l’évolution de la flottille de pèche nationale est le résultat d’une série
d’actions de développement entreprise par le ministère de la pèche et des ressources
halieutiques notamment au titre des programmes ci-dessous :
1°/ Dans le cadre de la convention de coopération établie entre le ministère de la pèche et
celui de la solidarité nationale : Le programme d’acquisition d’embarcations de pèche de
type petits métiers au profit des pécheurs les plus démunis a contribué a concurrence de
1247 unités dans l’augmentation de l’armement nationale
La wilaya de Mostaganem dispose de 424 flottilles (tous types de pêche confondus), soit
9.5% de l'ensemble de la flottille nationale. Cette flottille permet une production de 21000
tonnes/an, renouvelables tous les ans et qui fait que le secteur de la pêche peut constituer un
véritable moteur de développement économique et social dans cette wilaya.
Graphe II.7 : La part des flottilles de la wilaya de Mostaganem par rapport à la flottille nationale
71
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
72
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
En termes d’emploi :
Comme toute activité économique l’activité de la pêche contribue à l’édification de
l’économie de notre pays à travers l’offre de nombreux d’emplois, environ 66400 emplois
directs (selon la MPRH) et une population dépendante de 30 000 emplois28. Ces emplois
concernent les transformateurs de poisson, les constructeurs d’engins de pêche, les mareyeurs,
les convoyeurs... ect. Il n’a pas été possible de trouver des statistiques sur l’emploi indirect
généré par cette activité. Le tableau suivant nous donne l’emploi sans distinction :
Emplois 26500 28225 29004 30544 34046 41195 44 191 50665 53853 57600 66400
(directs et
indirects)
Par ailleurs la part du secteur des pêches dans la population active n’est connue avec
exactitude, des évaluations n’existent pas. Cependant, à titre indicatif le ratio : nombre de
pêcheurs / population active est en général inférieur ou égal à 1%. Autrement dit, l’activité de
la pêche est pourvoyeuse d’emplois directs et indirects, qui peuvent s’avérer précaires dans la
mesure où ils dépendent de la disponibilité des ressources halieutiques et aussi parfois des
conditions climatiques.
28
Les emplois induits concernent les intervenants en aval et en amont de la production. En amont, on a par
exemple les emplois liés à la fabrication des équipements tels que les pirogues et les filets, les commerçants de
matériels de pêche, etc. En aval, on a les transporteurs, les commerçants, les transformateurs, etc.
73
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 Taux de
Années croissance
moyen
Catégorie annuelle
Patrons 2 837 3 337 3 337 3 461 3516 3624 3846 3864 4284 4381 6%
Côtiers
Mécaniciens 1 443 1 585 1478 1 527 1674 1615 1772 2262 1989 2048 4.65%
Marins 20 786 21 935 22 565 24 814 24029 24422 26628 31031 32146 34354 7.24%
Pêcheurs
TOTAL 25 066 26 857 27 380 29 802 29219 29661 32246 37157 38419 40615 6.89%
Au niveau national, le collectif marin qui comptait 25066 embarqués en 2000, est passé à
environ 40615 inscrits en 2009, soit une évolution de 62% entre les deux dates.
b- Population maritime
La population maritime en 2009, a connu une nette augmentation de plus de 15% par rapport à
l’année 2008, enregistrant ainsi une création de 8800 nouveaux emplois directs et indirects.
Graphe II.9 : l’évolution de l’effectif marin a Mostaganem par rapport a l’effectif national
Les résultats obtenus ces dernières années, mettent en exergue le rôle économique que
peut jouer le secteur de part sa contribution à la création des postes d’emplois et à la création de
richesse à l’échelle nationale.
74
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Source : MPRH
75
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Ces ressources, potentiellement appréciables en termes de revenus, avec des ventes brutes
moyennes (du producteur au mandataire) estimées à 20 milliards de DA par an, constituent un
revenu non négligeable pour les villes côtières. On estime, que 100.000 familles vivent
exclusivement de la pêche en Algérie. A l’horizon 2025, avec l’apport de l’aquaculture et la
gestion optimale du stock des ressources halieutiques, la contribution sectorielle au PIB sera
plus significative. Elle pourra être évaluée après l’adoption des schémas directeurs sectoriels à
2025.
Les études sur la contribution de la pêche dans l’économie locale (ex. zone côtière) sont
rares, pourtant elle aurait été utiles pour apprécier la contribution du secteur au développement
local, bien plus qua sa contribution au PIB.
En termes d’exportation :
Avant d’aborder les exportations, nous jugeons utiles d’aborder aussi les importations qui
sont relativement importantes dans notre pays. Les statistiques sont extraites de l’Annuaire
statistique de la MPRH pour l’année 2010.
Concernant les importations, elles ont enregistré une augmentation passant de 7902
tonnes en 2000 à 28054 tonnes en 2009,donc lusp soif roist. De même la valeur des
importations est passée de 1272 millions de DA en 2000 (équivalent de 16,91 millions de
dollars) à 3894 millions de DA (équivalent de 53 millions de dollars) en 2009 (voire le tableau
ci-après).
Tableau II.15 : Les importations du secteur de la pêche
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Quantité 7 902, 9 7 893, 6 11 242, 2 21797, 7 22 902, 5 20 500,6 19 445,6 18 040,5 18 200,9 28 054, 4
(En Tonnes)
Valeur (En 1 272, 9 1 071, 5 722, 97 1 280,49 1 665,83 1 540,86 1 775,79 1 506 ,14 2 038,218 3 864, 2
Millions DA)
Valeur (En 16, 91 13, 88 8, 97 16,54 23,11 21.00 24,33 21,71 31,383 53,186
Millions $)
Source : MPRH
76
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
S’agissant des exportations, de 2000 à 2009, elles ont connu un croissement continu mais plus
faible que celui des importations, passant de 1452 tonnes (équivalent de 354 millions de DA)
en 2000 à 2124 tonnes en 2009 (équivalent de 702.064 millions de DA). Les exportations ont
donc presque doublées sur la période. Le graphe ci-dessous permet de saisir cette différence
dans le rythme des échanges avec l’extérieure sur la période 2000-2009.
Evidement, notre balance commerciale tout au longue de cette période (2000-2009) est
restée déficitaire, comme le montre le tableau II.17.
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
valeur
(Millions -685,98 -918,73 -658,68 -243,96 -747,52 -970,71 -676,62 -662,24 -1062,54 -3162,14
DA)
valeur
(Millions -12,2 -8,53 -3,06 -9,66 -12,08 -9,22 -12,41 -9,55 -16,273 -43,54
$)
Source : Statistiques des pèches 2000-2009, MPRH
77
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Tableau II.18 : Les évolutions du taux de couverture dans le secteur de la pêche (2000-2009)
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
valeur EXP. 354, 2 413, 5 479 532,9 795,1 864,2 870 843,9 975,7 702,1
monétaire
millions de
IMP. 1 272, 9 1 071, 5 722, 9 1 280,5 1 665,8 1 540,9 1 775,8 1 506 ,1 2 038,2 3 864, 2
DA
taux de 28% 39% 66% 42% 48% 56% 49% 56% 48% 18%
couverture
Source : [Link]
D’après les données de ce tableau nous pouvons conclure que l’évolution annuelle du
taux de couverture durant la période de 2000-2009, laisse apparaitre un grand écart entre les
importations et les exportations même si on observe une amélioration en 2002. Cette
amélioration n’a pas duré et on enregistre le plus mauvais taux de couverture en 2009 (18%).
Aussi, l'Algérie cherche à durcir sa surveillance sur les exportations de poissons, afin de mieux
approvisionner son marché intérieur. La priorité étant donnée à l’approvisionnement du marché
national et local.
Ce choix est dicté par la hausse de la consommation interne, qui est passée de 89 000
tonnes en 1999 à 130 000 tonnes en 2009. Cette augmentation a été satisfaite par une
augmentation des importations de poissons, comme nous mentionné plus haut.
Quant à nos exportations, elles sont destinées principalement à notre première partenaire
commerciale à savoir l'Union européenne. Elles sont passées de 1 647 tonnes en 2001 pour une
valeur de 431 millions de dinars (4,3 millions d'euros) à 2 124 tonnes en 2009, pour 713
millions de dinars (7,2 millions d'euros). A ce sujet, voir les tableaux ci-dessous qui donnent la
distribution géographique de nos échanges concernant les produits de la pêche en 201030.
29
MPRH : Statistiques des pêches page 15
30
MPRH 2010
78
Chapitre II : La place de l’activité de la pêche et de l’aquaculture en Algérie et à Mostaganem
Depuis l’indépendance, le secteur de la pêche a subi une instabilité statutaire du fait de son
rattachement à plusieurs départements ministériels. Cette situation a ainsi limité la nature
particulière de l’intervention de l’état qui s’est caractérisée par des soutiens et encadrements
conjoncturels d’où une prise en charge insuffisante du secteur de part le passé. Partant de ce
constat le gouvernement conscient de l’importance du secteur dans l’économie national de part
sa contribution socio-économique a érigé le secteur le 25 décembre 1999 en département
ministériel à part entière.
Cet aperçu sur les caractéristiques de l’activité de pêche en Algérie, nous sera
certainement utile pour exposer les caractéristiques de cette activité dans un espace donné à
savoir la wilaya de Mostaganem dans le chapitre qui suit et ce afin de tenter de saisir son rôle
en tant qu’outil de développement local de cette wilaya.
79
Chapitre III
Activité de la pêche et
développement local : cas de la wilaya
de Mostaganem
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Dans ce dernier chapitre et pour bien saisir le poids et le rôle de cette activité dans le
développement local de la wilaya de Mostaganem, objet d’étude, on va tout d’abord
commencer par présenter un diagnostic sur le potentiel socio-économique de cette wilaya pour
la faire connaitre puis nous aborderons le secteur de la pêche et sa contribution au
développement de cette wilaya..
La wilaya de Mostaganem est une wilaya qui se trouve au Nord de l'Algérie à 365 Km à
Ouest de la capitale Alger. Elle dispose d’une superficie de 2269 Km2, limitée:
81
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
1
La direction de la planification et d’aménagement de territoire de la wilaya de Mostaganem 2011 (DPAT)
82
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Mesra 4 63.923 !63 020300 Mesra, Aïn Sidi Cherif, Mansourah,Blad Touahria.
923 !203
Sidi Lakhdar 3 76.215 !76 030700 Sidi Lakhdar, Hadjadj,Abdelmalek Ramdane.
215 !307
Kheireddine 3 64.957 !64 012800 Kheireddine, Ain Boudinar, Sayada.
957 !128
Source : D.P.A.T Mostaganem 2011
Par zone d’habitation, l’agglomération du chef lieu de la wilaya englobe prés la moitie de
la population des résidents soit 46%. Et 40% se trouve au niveau des agglomérations
secondaires. Et 14% de la population se localisent dans des zones éparses. Aussi, la population
urbaine est estimée à 665162 habitants, ce qui fait qu’elle représente plus 86℅ de la population
totale.
83
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
84
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Au cours de ces dix dernières années, des efforts considérables ont été entrepris dans le
domaine de la création de l’emploi. Aussi, les différentes réformes économiques à caractère
global ou sectoriel mises en œuvre eu un impact positif en matière de création d’emploi. En
effet, la population active dans cette wilaya est estimée à 332007 actif, avec un taux
d’occupation de 91.29%, soit un taux de chômage de 8.71% inferieure à la moyenne nationale
qui est évaluée à 10% en 2010.
85
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les données du tableau III4, il apparait que le secteur du commerce et des
services occupe 30,62% de la population active de la wilaya. Cette prédominance des activités
commerciales caractérise en principe presque toutes les wilayates du Pays. On trouve en ce
qui concerne la wilaya de Mostaganem, en deuxième position le secteur de l’agriculture avec
une proportion de 20% suivi par les secteurs de BTP et d’administration respectivement avec
14.78%, 12.25% de la population active.
C’est dans ces secteurs qu’on trouve la plus grande proportion de la main d’œuvre
occupée, ce qui nous pousse à s’interroger sur la contribution de cet emploi sur la production
de ces secteurs. Le reste des secteurs en l’occurrence le transport, l’industrie, le tourisme et la
pêche, ne représente que 22.65% de la population active.
Pour mieux visualisé la situation de l’emploi selon les secteurs d’activités économique
dans la wilaya nous vous proposons de voir le graphe III.3 suivant :
Figure III.4 : Situation de l’emploi dans la wilaya par secteurs d’activités en 2010
86
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Les petites et moyennes entreprises par leurs investissements et par les emplois qu’elles
génèrent jouent un rôle primordial dans le système socio-économique. Elles constituent la base
du tissu économique et participent positivement à la croissance économique, à la création
d’emplois et au développement local. A cet effet, nous voulons analyser et illustrer le rôle de
ces PME comme acteur de développement dans cette wilaya.
Dans la wilaya de Mostaganem, les PME sont présentes dans toutes les branches
d’activité économique : agriculture et pêche, industrie, l’artisanat et le BTP, le commerces et
enfin les services qui englobent le tourisme, les communications, les transports, les services
financiers,…comme le montrent les données de tableau (Tableau III.6)
Généralement les PME activant dans cette wilaya se concentrent dans la commune chef
lieu pour 40% des PME2, le reste 60% réparti sur le reste des communes de la wilaya (voir le
tableau et graphe ci-dessous).
22Les entreprises dont le produit fabriqué est à forte valeur ajoutée se localisent dans la commune chef lieu. Surtout
dans sucrerie de cette wilaya, ainsi que l’usine de pâte à papier.
87
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Dans cette wilaya on dénombre 6099 PME exerçant dans des différents secteurs et
branches d’activités économiques et assurant l’emploi de 10,6% de la population active. Le
tableau ci-après nous donne plus de détails.
88
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les données de ce tableau, on peut dire que les PME accusent une présence très
remarquable dans le secteur des services au sens large (plus transports, communication et
commerce) avec 49.61% du totale des PME et une création de 15772 emplois soit 49.2% des
emplois créés par l’ensemble des PME. Il est suivi du secteur du BTP et matériaux de
construction 32.4% des PME et 10729 emplois soit 33.46% du total des emplois puis le secteur
de l’agriculture, de la pêche et de la chasse avec 1906 PME soit 9.66% et 3696 emplois.
Le graphe ci-dessous nous permet de mieux visualiser la situation des PME et leur
contribution à l’emploi dans cette wilaya.
89
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Le rôle socio-économique que peut jouer les PME sur un territoire donné est reconnu
par tous. En effet, elles contribuent à la création de l’emploi, entrainant une amélioration du
niveau de vie de la population grâce aux revenus générés, sans oublier son rôle dans la
dynamique du tissu productif de ce territoire. Néanmoins, la contribution des PME exerçant
dans la wilaya de Mostaganem est en deçà des potentialités que cette catégorie d’entreprise
peut développer en termes de valeur ajoutée, création d’emploi, revitalisation de cette
collectivité.
La wilaya de Mostaganem est connue sur le plan national et à l’étranger car une partie
de sa production est exportée, comme étant une wilaya côtière quantitativement et
qualitativement riche en poissons et crustacés. La partie maritime du cette wilaya s’étend de
l’embouchure de la Macta à l’Ouest au Cap Negrawa à l’Est. Elle est dotée d’une côte de 124
Km, avec une superficie de pêche de 2700 Km2 avec l’existence des infrastructures accessibles
aux embarcations dont deux ports de pêche. Le premier situé dans la commune chef- lieu
produit à lui seul 92% de la production totale de la wilaya, et le second est situé à sidi Lakhdar.
Elle dispose aussi de quelques plages d’échouage dans les autres communes maritimes.
3
La wilaya de Mostaganem dispose d’une importante surface agricole utile. Les terres utilisées par l’agriculture
sont de l’ordre de 144778 ha soit 63.81% de la superficie totale de la wilaya selon des statistiques récentes
fournies par les services de D.S.A de cette wilaya. Ce secteur représente la principale source de revenus et
d’emplois pour 22% de la population locale. Cette wilaya a un fort potentiel régional et national dans le domaine
de la viticulture, le maraîchage, les cultures fruitières, et les cultures industrielles. Aussi, l’agriculture dans cette
wilaya a été toujours un secteur de première importance et aussi un secteur stratégique pour le développement
socio-économique de la wilaya.
4
Ce secteur représente une grande opportunité pour cette wilaya côtière qui recèle des atouts non négligeables en
matière des ressources halieutiques, possède un véritable potentiel de production estimé à 21000 tonnes
annuellement. Ceci fait de ce secteur un autre atout majeur de la dynamique économique dans cette wilaya de
l'ouest du pays.
90
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Aussi, cette wilaya dispose de tous les atouts à même de lui permettre d'assumer la
fonction de pôle régional et national en matière de pêche. Ce secteur a enregistré ces dernières
années une amélioration sensible sur le plan de la production. Selon la direction de la pêche et
de l’aquaculture de Mostaganem, la production a été de 9644 tonnes de poissons de différentes
variétés en 2010.
Nous abordons dans ce qui suit, plus en détails, les caractéristiques de ce secteur.
Le port de Mostaganem :
La Wilaya de Mostaganem dispose pour son activité portuaire d’un port mixte (pêche et
commerce). Une partie du 2éme bassin est affectée à la pêche, elle comporte :
- Un quai de 250 ML
- Un appontement de 180ML
- Une flottille de 180 unités
Ce port mixte connaît un encombrement insupportable par les exerçants du secteur car
c’est à son niveau que 92% de la production totale de la wilaya est réalisé.
91
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Les poissonneries
Il existe un seul complexe pêcherie à l’intérieur du port de Mostaganem géré par la
société DELPHINE
Station d’avitaillement
Il existe une seule station d’avitaillement privé à l’intérieur du port de Mostaganem
d’une capacité de 75 000L.
Etant donné que la production de poisson est liée au parc de flottille de pêche, nous
examinons cet aspect dans ce qui suit.
La flottille de pêche dans cette wilaya :
D’après les données statistiques fournies par la direction de pêche et des ressources
halieutiques (DPRH), on trouve que la situation des flottilles de pêche s’est beaucoup améliorée
durant ces dix dernières années. Deux facteurs ont favorisé cette amélioration. L’application du
programme de soutien à la relance économique de ce secteur, et le recours à de nombreux
jeunes au Soutien de l’ANSEJ pour acquérir leur propre embarcation de pêche5. Aussi,
l’effectif du parc des flottilles locales de cette wilaya s’est renforcé par trente six (36) nouvelles
embarcations à savoir : Quatre (04) chalutiers, vint cinq (25) sardiniers et Sept (07) Petits
Métiers et (244) plaisanciers dotées d’un équipement moderne permettant une pêche hauturière
de tous types confondus.
L’examen des statistiques du tableau ci-dessous, montre que les chalutiers ont connu une
légère augmentation durant les dix dernières années. Leur nombre n’a pas trop changé durant la
période 2000-2010. Quant aux sardiniers et plaisanciers, leur nombre s’est multiplié par 2 et
2,8 respectivement. D’une manière générale, la flottille est passée de 151 unités en 2000 à 424
unités en 2010, soit (voir le Tableau III.10 ci après)
Tableau III.8 : Evolution de la Flottille sur les dix dernières années (2000/2010)
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
chalutiers 31 31 31 34 30 32 32 39 40 43 43
5
Longtemps considéré comme le parent pauvre du secteur de l’agriculture, il a bénéficié depuis la création du
ministère de la pêche et des ressources halieutiques en 1999 de programmes d’investissement et de subvention
aux pêcheurs avec la création d’un fonds spécial pour l’activité de pêche et de l’aquaculture qui a permis à un
nombre important de pêcheurs d’acquérir un bateau et rénover leurs matériels de pêche.
92
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
sardiniers 40 41 42 45 50 54 55 63 72 81 82
petits métiers 80 83 90 91 26 28 28 54 54 55 55
plaisanciers / / / 116 116 116 116 116 116 220 244
Total 151 155 163 286 222 230 231 272 282 399 424
Source : DPRH de Mostaganem, 2010
Toutes ces infrastructures de base et d’appui en amont et en aval, vont contribuer à une
création de plus de 5061 emploi. Nous abordons, plus en détails ces créations d’emploi, en
examinant l’évolution de l’effectif des marins.
93
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
La population maritime en 2010, a connu une nette augmentation de plus de 91% par
rapport à l’année 2006, enregistrant ainsi une création de 2400 nouveaux emplois directs.
Aussi, un taux de croissance de plus de 125.5% a été enregistré en 2010 par rapport à l’année
2000, soit une création de plus de 2817 nouveaux emplois. Globalement les inscrits maritimes
ont connu une augmentation de près de 11.4% annuellement due essentiellement à l’injection
des nouvelles unités de pêche. L’effectif marin en 2010 se réparti ainsi :
Etant donné que des marins pêcheurs ont besoin d’un savoir faire et d’une maîtrise des
nouvelles techniques, une formation adéquate leur est proposée. Dans ce sens la chambre de la
pêche et des ressources halieutiques a initié des cycles de formations spéciaux au profit des
marins non diplômés. Aussi, 1488 élèves dans la filière Marin ont suivi une formation au
niveau du CFPA de Mostaganem.
6
Pour mieux préserver les ressources halieutiques des côtes, un repos biologique annuel de 4mois, s’est vu imposé
du 1 er Mai au 31 Aout. Un des moyens pour la régulation de l’effort de pêche en limitant l’activité dans le temps
et dans l’espace ». Car « La gestion des ressources halieutiques induit une vérité de base : l’exploitation
94
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
économique ne doit pas mettre en péril la capacité naturelle des stocks à se renouveler ». En d’autres termes, « le
repos biologique qui est une nécessité pour une meilleure reproduction du poisson, est en soi une manière
d’assurer la pérennité du métier de la pêche ». Néanmoins, cet arrêt ne se voulait pas une totale cessation de toute
activité de pêche. Le repos biologique a concerné en particulier les chalutiers exerçant une pêche de fond à
l’intérieur des 3 miles nautiques (environ 5,4 km) à partir des lignes de référence. Période durant laquelle, les
pêcheurs en cessation d’activité se sont vus indemnisés à hauteur du SMIG, en vertu de la loi des finances 2012.
Or, la batterie de lois mise à l’effet du repos biologique, n’a pas été scrupuleusement respectée.
95
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Poisson bleu 8 183 8 559 12 336 11 860 14 666,3 18.542,4 13852,6 10.290,9 10940,7 8190,3
Crustacés 179 220 234 206 211,1 277,2 164,4 105,6 146,2 68
Total 11016 14034 16 895 14 353 16 945,1 21.233,8 16.114,7 11.647,9 12.042,5 9644,6
Malgré les efforts fournis pour booster les activités, la pêche maritime n’arrive finalement
pas à se hisser à un niveau de production suffisamment important. L’année 2010 a connue une
production de 9 500 tonnes, soit un peu plus du tiers de ce qui devrait être pêché dans la
mesure où le stock pêchable est de 25 000 tonnes/an pour une biomasse de 76 000 tonnes. Cette
production relativement faible ne reflète pas les moyens matériels conséquents dont dispose la
flottille dans sa totalité comme nous l’avons déjà mentionné plus haut.
Quant à la répartition de cette production entre les différents sites de pêche, comme nous
l’avons déjà mentionné précédemment le port de Mostaganem produit à lui seul 92% de la
production totale, suivi de celui de Sidi Lakhdar avec 7%. Le reste est réparti entre les
différents sites d’échouage à travers la wilaya. Le graphique suivant illustre cette répartition.
96
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Figure. III.6 : la production totale de poisson de la wilaya selon les sites en 2010
En ce qui concerne l'aquaculture dans la wilaya de Mostaganem, elle est encore en projet.
A ce sujet, il existe (04) quatre projets en cours de la réalisation :
7
Lachhab Mohamed est le promoteur de cette firme.
8
Bouamama Mustapha en est le promoteur
9
Ali Mostapha en est le promoteur
10
Ben Khatab en est le promoteur
97
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Ces projets sont sensés créer plus de 663 nouveaux emplois (directe et indirecte) comme
indique le tableau ci dessous :
Tableau III.12 : Impact en termes de production des programmes de soutien à l’investissement 2000-
2010
Par ailleurs, l’exécution des autres projets (ANSEJ-CNAC) concernant la pêche maritime et
l’aquaculture devrait permettre de créer environ 500 nouveaux postes d’emploi de travail.
Les principaux projets réalisés dans le but de promouvoir et d’améliorer les capacités du
secteur de la pêche dans la wilaya sont les suivants :
98
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Parmi, les contraintes et difficultés vécues par le secteur de la pêche dans la wilaya de
Mostaganem, on cite :
99
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Pour mieux saisir cet impact de l’activité de la pêche sur le développement de la wilaya,
objectif de notre recherche, et devant la difficulté d’obtenir des statistiques qui nous confortent
dans cette démarche, nous avons jugé utile de recourir à une enquête de terrain auprès de
professionnels de la pêche dans cette wilaya. Nous présentons dans ce qui suit des éléments de
cette enquête.
3-3- Enquête sur le rôle et l’impact de l’activité de la pêche sur le développement local
de la wilaya de Mostaganem
Etant donné que 92% de l’activité de la pêche s’effectue au niveau du port du chef-lieu de
la wilaya, notre enquête a concerné un échantillon de professionnels du port de Mostaganem.
Presque deux cents entreprises activent sur ce port (voir le détail plus bas). Nous avons soumis
notre questionnaire à une quarantaine d’entre elles. 30 entreprises, nous ont répondu, soit un
taux de réponse de 75%, ce qui est appréciable étant donné les réticences manifestées par nos
entreprises vis-à-vis des enquêtes.
100
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Définition de la population :
La population visée par notre enquête à savoir l’ensemble des armateurs exerçant dans le
port de Mostaganem, se répartie en trois types de métier :
1- Les chalutiers ayant des embarcations de plus de 20 mètre et un effectif de plus de 19
marins
2- Les sardiniers ayant des embarcations entre 12 et 20 mètres, avec un effectif compris
entre 15 et 20 dont l’essentiel des captures est la sardine.
3- Et enfin, les petits métiers ayant des embarcations de moins de 12 mètre et un effectif
marin d’environ 6 et plus exerçants une activité de pêche11 déterminé par la
nomenclature et carrément avoir une localisation dans la limite territoriale de la
wilaya de Mostaganem.
Les statistiques fournit par la DPRH montre que notre population est constituée de 180
armateurs (entreprise de pêche) dont :
11
C’est une pêche semi industrielle et artisanale, c'est-à-dire une pêche qui s’effectue avec des embarcations de
moins de 38 mètres utilisant des moyens de capture manœuvrés mécaniquement qui varient selon les unités de
pêche.
101
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Méthode d’échantillonnage :
Notre échantillon qui est composé de plus de 20% de la population de base a été tiré
d’une façon que nous qualifierons d’aléatoire. Nous avons choisi au hasard les entreprises
enquêtées.
Taille de l’échantillon
Il est connu que plus la taille de l’échantillon est importante, plus les résultats obtenus
seront significatifs ; cependant, nous avons pu enquêter que 20% des entreprises dont le taux
de réponse constituait 17% de la population de base étant donné aussi notre contrainte de
temps. Aussi, La réalisation de l’enquête s’est établée sur trois mois (de 09 novembre 2010 au
10 février 2011). Nous avons bénéficié de la collaboration l’entreprise Spa Dauphin qui gère la
complexe pêcherie dans le port et de la direction de la pêche et des ressources halieutique de la
wilaya.
Nous pouvons considérer que notre échantillon est représentatif dans la mesure où il est
constitué de prés de 17 % de la population de base, soit un taux supérieur au 10% exigé dans
une enquête.
Le plan de questionnaire
Le questionnaire divisé en Cinq volets, comprend:
- (19) questions concernant l’identification de l’entreprise de pêche dont six
(06) concernent l’armateur, (5) sur le personnel employé, (03) questions sur
la description du matériel et des équipements de pêches utilisées, et (02)
question concernant les charges d’exploitation, (03) dernières questions
concernent l’importance de cette activité pour lui.
- et enfin, (03) questions pour apprécier cette fois-ci les perspectives de cette
activité
102
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Le sommaire suivant donne plus détails sur le contenu des questions du questionnaire :
1- Identification de l’entreprise
- Profil de l’armateur (l’entreprise de pêche).
- Personnel et mains d’œuvre
- Matériel et équipements
- Les charges de production
- L’importance de l’activité
2- Production, transformation, et commercialisation
- Les ressources halieutiques de cette wilaya
- Estimation de l’effort de pêche et de capture
- Circuit de commercialisation
3- Environnement externe
4- Les contraintes dans la pratique de la pêche
5- Les perspectives de ce secteur
1- Identification de l’entreprise
Profil de l’armateur
12
Les résultats sur la population des marins pêcheurs sont fournit par une étude empirique faite par une étudiante
dans le cadre de son mémoire de License en sciences économiques, option économie appliquée en 2009. L’objet
de son enquête auprès des marins pêcheurs était de cerner cette activité.
103
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Les marins pêcheurs sont généralement les fils des armateurs. Les pêcheurs pensent qu’il
est préférable de transmettre leur savoir-faire à leur descendance pour deux raisons : leur
assurer un métier, surtout avec le taux de chômage dans la wilaya et pour minimiser les frais
de la main d’œuvre, pour améliorer bien évidemment leurs recettes.
Concernant le niveau scolaire des armateurs, plus de 80% ont un niveau scolaire
relativement faible; seuls 11% ont un niveau universitaire. Le graphe ci-dessous développe
plus amplement cet aspect.
Généralement, les armateurs sont des patrons de pêche. Ils ont une grande expérience
dans le domaine. Cette expérience est en moyenne de l’ordre de 21 ans, pour 79% d’entre eux.
Avant de posséder leur propre embarcation, les armateurs acquièrent une bonne
expérience en tant que marin- pêcheur, d’une durée moyenne de 12 ans. En effet, 18% des
armateurs se sont installé depuis moins de 10 ans, quant aux jeunes promoteurs (3%) ayant
bénéficié des programmes étatiques de soutien des jeunes (dont ANSEJ, CNAC,…), leur
expérience est de moins de 5 ans.
Source : enquête
104
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Concernant la situation familiale, la majorité des armateurs sont mariés (82 %) avec en
moyenne 5 enfants par foyer.
Leurs enfants sont soit scolarisés (65%), soit ils les aident dans leur activité de la pêche
(26%), soit ils exercent tout autres activités (12%)
Figure III.8 Situation familiale des armateurs Figure III.9 Nombre d’enfants des armateurs
- Les plus jeunes qui ont un âge moyen ne dépassant pas 25 ans, célibataire et
qui sont généralement, des fils d’armateurs.
- plus âgés, qui ont une grande expérience dans cette activité et qui n’ont pas
pu s’installer à leur propre compte, ils sont généralement mariés avec trois
enfants. Ils représentent 42 % de l’ensemble des marins pêcheurs.
Aussi, d’après les réponses sur l’origine de l’activité, il ressort que c’est de nouvelles
créations pour plus de 46%, une transmission pour 20%, une reprise pour 13% et enfin une
reconversion pour prés de 7% d’entre eux.
105
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
106
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’une manière générale et d’un point de vue social, d’après les statistiques de la
direction de la pêche au sein de la wilaya de Mostaganem, on recense 5061 marins pêcheurs
toutes activités confondues. Sachant que chaque poste de travail en mer génère 4 à 5 postes de
travail à terre (dans l’industrie des conserves, congelés et farines, la commercialisation,
l’administration, la recherche et la formation….) et selon une estimation faite par la FAO, on
peut avancer que dans les divers secteurs en amont et en aval de la pêche dans cette wilaya
travaillent environ 25 305 personne. Par ailleurs, Sans exagération aucune, on peut affirmer
qu’environ 91 098 personnes dans cette wilaya vivent des activités de la pêche, si l’on
considère l’unité familiale composée d’au minimum de 3 personnes.
Matériel et équipements
Les embarcations et les principaux types d’engins et filets utilisés, dépendent du type de
pêche. Dans la wilaya de Mostaganem et étant donné que l’activité de la pêche s’exerce sur les
trois types d’embarcations mentionnées précédemment :
- La flottille de pêche :
Les barques utilisées dans l’activité de la pêche sont très hétérogènes, avec des
différences au niveau de la taille et de la forme. La longueur des barques varie entre 6 m
et 35 m en fonction du type de métiers. Aussi, 7 armateurs ont des chalutiers d’une
longueur de plus de 20 mètre, 13 armateurs ont des sardiniers d’une longueur comprise
entre 12 et 20 mètres et 10 petits métiers ayant des embarcations d’une longueur
comprise entre 6 et 12.
107
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
On note aussi, que la flottille de pêche dans cette wilaya est relativement vieille, avec un
âge moyen de 24,4 ans, même si la durée de vie d’une embarcation varie
considérablement, selon la qualité de l’entretien, elle peut aller jusqu’à 50 ans.
L’embarcation représente 50% du capital investi
- Le moteur
La majorité des petit- métiers, utilisent des moteurs hors bord, d’une puissance variant
entre 4 et 15 chevaux et d’un âge moyen de 5 ans. Les embarcations de grande taille
(chalutiers ou sardiniers), utilisent des moteurs in bords, plus puissant de 138 chevaux en
moyenne, d’un âge moyen de 15 ans, donc plus vieux que les premiers.
108
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
A propos de leurs revenus, tous les armateurs estiment que ceux-ci ont baissé ces
dernières années et ils s’inquiètent de cette situation. Les raisons de la baisse s’expliquent entre
autres par la baisse de la production due à une surpêche13 au cours des dernières années, ajouté
à cela la pollution du milieu marin et la dégradation environnementale de la zone de pêche.
13
D’après la direction de la pêche de cette wilaya
109
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les armateurs, leur production de poisson en 2010 est fluctuante et d’après les
services de la pêche, celle-ci a connu une nette amélioration avec un taux de croissance
estimé à plus de 6%. Cette production d’après eux est exclusivement destinée à la
consommation, comme le montre le tableau ci-dessous. Ceci peut être explicatif de la quasi-
absence d’entreprises de transformation du poisson dans la wilaya à l’exception de l’entreprise
110
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Par ailleurs, le non recours à la transformation locale de poisson, trouve d’après nous, son
explication dans l’absence d’avantages comparatifs dans cette activité face aux importations
de conserveries de poisson du Maroc, qui reviennent beaucoup moins chères par rapport aux
produits locaux (c’est le principe de l’avantage comparatif).
14
C’est une EURL
111
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
Producteur (l’armateur)
Mandataire
Marchés de détail et
Poissonneries
Consommateur
Le tableau suivant nous fournit les prix de vente de gros aux mandataires et le prix de
détail sur le marché des espèces capturés en 2010.
112
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les données du tableau, les marges entre le prix de débarquement et le prix de
commercialisation ne sont pas exagérément élevées. Elles fluctuent entre 5 et 20%. Aussi, en
termes d’exportation, durant cette année 2010 les exportations ont avoisiné les 180 tonnes
dont 160 tonnes de poulpes et 20 tonnes de crevettes rouges. Elles sont destinées
principalement à l’Espagne, ces opérations ont été assurées par cinq opérateurs privés.
Concernant cet aspect du prix du poisson, nos entretiens avec des armateurs ont été très
instructifs. D’après eux, les prix du poisson, ne dépendent pas seulement de la disponibilité
«Certes, la ressource halieutique est en baisse mais la première cause de la cherté du poisson
est due à la désorganisation qui règne sur le marché». Un marché du poisson qui, poursuivent-
ils, «ne fonctionne pas avec de vraies règles». Dans la mesure où la poissonnerie du port n’est
pas un marché de gros mais plutôt un marché de première vente.
Pour ces professionnels, un vrai marché de gros permettra sans aucun doute de contrôler les
prix et de mettre fin à la spéculation qui sévit actuellement sur cette place et par voie de
conséquence assurer une transparence et garantir des conditions d’hygiène.
113
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
permet pas la régénération du poisson», dit-il. Il appelle ainsi à réguler l’effort de pêche afin de
«préserver cette ressource qui est en danger », dit-il, avant de préciser que la Méditerranée est
une mer où la pêche est qualitative et non pas quantitative. «Il ne peut pas y avoir de pêche
industrielle dans la Méditerranée», ajoute-il-t-il.
3- L’Environnement externe :
Ce volet de questions aborde l’action des pouvoirs publics envers le secteur de la pêche.
Des résultats du tableau ci-dessous, plus de 90% des enquêtés affirment ne pas avoir bénéficié
du soutien des pouvoirs publics dans la création de leur entreprise. Seulement 6% ont bénéficié
aussi bien d’un soutien que d’une formation dans leur activité.
Avez-vous bénéficié du soutien des pouvoirs publics dans la création de votre entreprise ?
Réponse Nombre Pourcentage
Oui 02 06.66%
Non 28 93.33%
total 30 100%
Source : Notre enquête
Avez-vous un partenariat avec les acteurs locaux ?
Réponse Nombre Pourcentage
Oui 00 0%
Non 30 100%
total 30 100%
Source : Notre enquête
Avez-vous créé votre activité dans le cadre d’un dispositif d’aide à la création d’entreprise ?
Réponse Nombre Pourcentage
Oui 02 06.66%
Non 23 76.66%
Pas de réponse 05 16.66%
total 30 100%
Source : Notre enquête
Mode de financement de votre entreprise
Réponse Nombre Pourcentage
Crédit bancaire 01 03.33%
Apport personnel 27 90.00%
Autres 02 06.66%
Total 30 100%
Source : enquête
Concernant le mode de financement de la création de leur entreprise, les enquêtés
affirment à 90% ne pas avoir recouru au crédit bancaire car ils estiment que le crédit est trop
cher (67%). Le financement s’est fait par conséquent sur des fonds propres.
114
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les réponses des armateurs sur la question des contraintes qui entravent leur
activité, bien que reconnaissant les efforts qui sont fournis par les pouvoirs publics pour
dynamiser le secteur de la pêche et en faire un catalyseur du développement local, de
nombreux problèmes subsistent. L’analyse de la situation de ce secteur a permis de mettre en
exergue un certain nombre de contraintes majeures à lever pour permettre un développement
des activités de pêche dont :
115
Chapitre III : Activité de la pêche et développement local : cas de la wilaya de Mostaganem
D’après les réponses des enquêtés, on trouve que les armateurs sont de plus en plus tentés
de quitter cette activité pour des raisons purement économiques. Ils déclarent que l’activité de
la pêche en plus d’être très dure et à haut risque, est devenue ces dernières années très peu
rentable du fait de la diminution progressive des ressources halieutiques. L'exploitation
intensive et le non-respect des zones de pêche avec une dégradation environnementale et la
disparition totale de dizaines d'espèces, en sont la raison.
Aussi, les armateurs ne cherchent pas du tout à améliorer leur équipement ou à diversifier
leurs engins de captures, ils pensent carrément à se reconvertir dans d’autres secteurs
d’activités moins risqués et plus rentables.
De cette enquête, nous pouvons conclure que cette activité de la pêche est la seule activité
pratiquée par des armateurs de sexe masculin, assez âgés, de faible niveau de formation, dont
les moyens de production (les embarcations) ne sont pas très performants dans un milieu
caractérisé par le manque d’infrastructures d’appui à leur activité. Cette situation n’a pas
empêché ce secteur de réaliser des résultats que nous pouvons considérer de positifs en termes
d’emploi pour des jeunes à travers le dispositif de l’ANSEJ-CNAC) et aussi en termes de
revenus, même si ceux-ci sont jugés insuffisants.
Cette activité qui nécessite beaucoup d’encadrement et d’incitation de la part des
pouvoirs publics est en principe une activité stratégique pour la wilaya de Mostaganem. En
effet, elle est un élément essentiel de la dynamique socio-économique de cette wilaya et un
réel facteur de son développement local et du bien être de sa population, pour peu qu’elle
bénéficie de plus de structures d’appui, de plus d’encouragement et de plus d’organisation.
116
Conclusion générale
Conclusion générale :
En Algérie, malgré les moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour promouvoir
ce secteur, les résultats ne sont pas à la hauteur et transparaissent au travers du secteur de la
pêche dans le PIB et au travers de l’étude faite sur la wilaya de Mostaganem. En effet, des
investissements colossaux ont été consentis, d’abord dans l’extension, l’aménagement et la
modernisation des ports (certains vieux de prés d’un siècle) et ce dans le cadre du plan de
relance économique.
Puis durant les plans quinquennaux, la stratégie du secteur de la pêche reposait sur
l’équipement et la mise en place d’une chaîne portuaire, conformément à la stratégie arrêtée
dans le schéma directeur du développement de la pêche et de l’aquaculture qui doit s’inscrire
et s’articuler sur les principes et les orientations du schéma directeur de l’aménagement du
territoire. Cet effort a consisté en la construction d’ouvrages de protection extérieure et en
l’aménagement des structures portuaires d’appui notamment.
Donc, en dépit de ces investissements considérables qui ont été consentis et les
mesures incitatives prises par l’Etat, ce segment d’activité économique n’arrive pas à
impacter positivement le PIB. Les faibles performances enregistrées dans l’industrie de
transformation, de conditionnement et de valorisation des produits de pêche résultent
essentiellement du manque d’efficacité et de management dans la gestion des ports dont le
mode de gestion et d’exploitation demeure inopérant et inapproprié. Aujourd’hui, force est de
constater que le développement des superstructures de soutien à la production n’arrive pas à
suivre le même rythme que celui généré par le secteur de la pêche et accuse, par voie de
conséquence, un retard affectant l’émergence des activités industrielles et commerciales,
ainsi que les autres activités connexes de la pêche pourvoyeuses d’emplois et susceptibles
d’aligner le ratio alimentaire au niveau souhaité.
115
Conclusion générale
Aussi, une prise en charge effective de ce secteur dans toutes ses dimensions est plus ce
que nécessaire quand on sait que Mostaganem produit 30% de la production halieutique de la
région Ouest et emploi 5061, donc des perspectives prometteuses existent.
116
Références
Bibliographiques
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGE :
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français » paris l’Harmattan 384p
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l’innovation » paris Éd l’Harmattan.
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GUEREDRAT 2002: « la pêche aux Antilles Martinique et Guadalupe » IRD
éditions page 220
BENKO Georges, LIPIETZ Alain 2007 : « La richesse des régions. La nouvelle
géographie socio-économique » PUF, 564 p
PUBLICATIONS DU MINISTERE :
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de la pêche et de l’aquaculture en Algérie : capacités et perspectives »
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2003: « plan
nationale de développement de la pêche et de l’aquaculture 2003-2007 »
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2009: « schéma
directeur de développement des activités de la pêche et de l’aquaculture »
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2006: « Pêche et
aquaculture en Algérie de la refondation a l’intégration économique»
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2006: « Statistiques
des pêches 2000-2005 » juillet 2006
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2008: « Schéma
directeur de développement des activités de la pêche et de l’aquaculture horizon
2025 »
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2004. Recueil de
textes réglementaires. Tome 1, pp88. pp175-198
Ministère de la Pêche et des Ressources Halieutiques MPRH 2007: « Le
Programme d'Appui à la Relance Economique ».
REVUES :
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n°26
CARROZ. J.E. 1984: « Le développement des pêches doit tenir compte des
aspects biologiques, mais aussi socio-économiques » Revue France Pêche, no
289, avril 1984, pp. 6 – 13
FERFERA. M.Y, BENABDALLAH.Y 2003: « Administration Locale,
Décentralisation Et Gouvernance » Revue IDARA n°2
GUIGOU Jean-Louis 1984 : « Le développement local : espoirs et freins » revue
Correspondance Municipale, n°246, mars 1984
PEQUEUR Bernard 2000: « le développement local » 2ème édition revue et
augmentée syros
PLASSARD François, 1986: « A la recherche d'une définition du développement
local » revue Correspondance Municipale, n° 265 février 1986
POLEZE Marie et SHEARMURE Richard, 2005 : « Economie urbaine et
régionale, introduction à la géographie économique » Economica, Paris Page
183
LECLERC.M, OLIVE cite par A. DUBERSSON et YVES-ANDRE
Fauré 2005: « la décentralisation et développement local » revues tierces monde
n°18
MEMOIRES :
SITES :
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développement local un concept mais aussi une pratique »
http:/[Link]/.
Cahiers de recherche / IREC 01-03 : « Le développement local : Contexte et
définition » Par_Paul Prévost Ph.D. document PDF sur internet
[Link]
FAO 2011. « Rapport de la vingt-neuvième session du Comité des pêches ».
Rapport sur les pêches et l’aquaculture No 973. FAO. Rome. 59 pages.
JOURNAUX OFFICIELS
Décret n° 79/234 du 24 novembre 1979 J.O.R.A. du 27 novembre 1979, pp. 928
EL MOUDJAHID, 19 octobre 1981, p. 12.
Loi 03/10 du 19 juillet 2003 relative à la protection de l'environnement dans le
cadre du développement durable; cf. J.O. n° 43 du 20 juillet 2003, pp 6
Loi nº 01-11 relative à la pêche et à l'aquaculture. 03/07/2001 1er juillet 2007, p.
17 à 19
Recueil de textes réglementaires de pêche et aquaculture (tome 1), décembre 2004
Journal officiel de la République algérienne nº 43
Journal officiel nº 29, 4 juillet 2008, p. 18 à 20
Rapport Mondial sur les pêches F.A.O. 2006
Rapport Mondial sur les pêches F.A.O. 2010
Statistiques archive de la FAO sur la pêche 2005
FAO Fisheries – The State of World Fisheries and Aquaculture, 2008 PART 1:
World review of fisheries and aquaculture, p. 44
Listes des tableaux, graphes, figures
Annexes :
Annexes
Annexe 4 : Abréviations
Annexes
Annexe : I
Le sommaire suivant détail le contenu de ces titres formant le plan de notre questionnaire :
1- Identification de l’entreprise
Profil de l’armateur (l’entreprise de pêche).
Personnel et mains d’œuvre
Matériel et équipements
Les charges de production
L’importance de l’activité
2- Production, transformation, et commercialisation
Les ressources halieutiques de cette wilaya
Estimation de l’effort de pêche et de capture
Circuit de commercialisation
3- Environnement externe
4- Les contraintes dans la pratique de la pêche
5- Les perspectives de ce secteur
Annexes
3/Avant d’être pêcheur professionnel, exerciez-vous une autre activité ? Oui Non
Si Oui, quelle était cette activité
?...................................................................................................
C- Matériel et équipements
12/Quelles sont les caractéristiques de votre embarcation ?
14/ En moyenne annuelle, quelle est la part du chiffre d’affaires de votre activité de pêche qui
vous sert à réinvestir ? ……………%
15/Quelles ont été vos charges en moyenne sur les 5 dernières années (approximativement) ?
Impôts
1-
2-
3-
4-
5-
6-
7-
8-
9-
Total (toutes espèces)
+ : Hausse; = : Stable ; - : Baisse
Circuit de commercialisation
La consommation : …%
La transformation :….%
En cas ou la repense elle est oui dans les deux dernières suggestions ?
Marché local
La région ouest
National
3- Environnement externe
1/ Avant la création de votre Ets avez-vous bénéficié du soutien et de l’orientation des acteurs publics
Oui Non
Si oui les quels ?...................
Autres (précisez) ;
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………………………
……………
2/Quelles sont actuellement vos perspectives en matière de la pêche professionnelle dans cette
wilaya ?
Transmission familiale
Départ en retraite, sans transmission
Autre (précisez)……………………..
……………………………………………………………………………………………………………
……………
3/ Quelles perspectives voyez-vous pour la pêche professionnelle dans notre wilaya, et quelles actions
(Publiques et professionnelles) vous semblent nécessaires pour maintenir ou redévelopper cette
activité ?
……………………………………………………………………………………………………………
………………………
……………………………………………………………………………………………………………
………………………
……………………………………………………………………………………………………………
………………………
……………………………………………………………………………………………………………
………………………
……………………………………………………………………………………………………………
…………………………………
Remarque :
Cette enquête fera l’objet d’une thèse de magister déclarée à l’université d’Oran.
Nous vous remercions vivement de l’intérêt que vous portez à la repense sur cet enquête.
Annexes
Annexe : II
Annexe : III
Annexe : IV
Lexique
OAP :
OMS :
ONP :
ONDPA :
Remerciements
Dédicaces
Sommaire
Introduction générale 01
b- L’Etat 15
C- Autre acteurs 16
b- Un développement stratégique 19
c- Le partenariat 21
a- Aménagement du territoire 21
b- Développement de l'employabilité 21
Généralistes 22
Spécialisées 22
Les pêcheurs 25
Intermédiaires 25
Transformateurs 26
Distributeurs 26
Consommateurs 26
A- La pêche artisanale 27
B- La pêche semi-industrielle 27
C- La pêche industrielle 28
b- La grande pêche 28
- Pêche artisanale 28
- Pêche côtière 28
- Pêche hauturière 29
1-2-3-2 Aquaculture 29
c- La Mauritanie 43
d- L’Algérie 43
La configuration du littoral 45
A- Ressources halieutiques 50
B- La pêche maritime 50
C- L’aquaculture 51
Les Potentialités 52
Sites potentiels 52
Potentialités hydriques 53
a- L’Autorisation de pêche 56
e- Contrôle et surveillance 58
f- L’aquaculture 58
En termes de Production 65
a- Les chalutiers 69
En termes d’emploi 73
a- Les catégories de professionnels dans le secteur de pêche 73
b- Population maritime 74
En termes d’exportation 78
Port de Mostaganem 90
Plages d’échouages 90
Les poissonneries 91
Station d’avitaillement 91
d- Le projet d’algoculture 95
a- objet de l’enquête 99
b- Méthodologie de l’enquête 99
Définition de la population 99
- Le moteur 106
- Les engins de pêche 106
Mots clés :
Développement local, Wilaya de Mostaganem, L’activité de la pêche,
Ressources halieutiques.
Résumé :
Le développement local constitue aujourd’hui un défi majeur pour mettre en valeur les régions de
notre pays et impulser, par là même occasion une croissance forte et durable de l’économie nationale à
travers l’exploitation de tous les atouts et ressources plurielles que recèlent nos territoires. Dans cette
perspective, l’un des principaux objectifs de notre étude est de chercher à savoir dans quelle mesure
l’activité de la pêche pourrait contribuer aux processus de développement territorial et local.
L’étude de ce secteur au niveau de la wilaya de Mostaganem pour essayer de cerner sa contribution en
termes de développement local, confirme ce constat. En effet, L’analyse des statistiques
socioéconomiques et en particulier celles de la direction des ressources halieutiques de la wilaya,
ajoutées aux résultats de l’enquête que nous avons menée auprès de professionnels atteste que ce
secteur de la pêche a un potentiel réel inexploité qui l’empêche de contribuer significativement à la
dynamique socio-économique de la wilaya et à son développement local. Aussi, une prise en charge
effective de ce secteur dans toutes ses dimensions est plus ce que nécessaire quand on sait que
Mostaganem produit 30% de la production halieutique de la région Ouest et emploi 5061, donc des
perspectives prometteuses existent.
Mots clés :