Algébre
Algébre
Cours
d’Algèbre 2
Par
Srhir Ahmed
Table des matières
1 Espaces vectoriels 2
1.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.4 Somme de sous-espaces vectoriels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.5 Familles génératrices, libres et bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.6 Dimension d’un espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2 Applications linéaires 11
2.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.2 Image et noyau d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3 Matrices 12
3.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.2 Calcul matriciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.3 Matrice d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3.4 Changement de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4 Déterminants 13
4.1 Définitions et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.2 Image et noyau d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.3 Calcul matriciel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.4 Matrice d’une application linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
4.5 Changement de bases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Chapitre 1
Espaces vectoriels
Ce premier chapitre est consacré aux espaces vectoriels. Après un brève rappel sur les vecteurs du plan,
nous donnons dans le paragraphe 2 la définition et des exemples des espaces vectoriels. Puis nous introduirons
dans le paragraphe 3 les sous-espaces vectoriels. Nous traitons ensuite dans le paragraphe 4 les familles libres,
génératrices et les bases. Nous terminons le chapitre par la dimension d’un espace vectoriel.
On désigne toujours par K le corps R ou C.
1.1 Rappel
Commençons d’abord par rappeler qu’un vecteur du plan (ou espace) usuel (P) est défini par la donnée
d’une direction, d’un sens et d’une longueur. Rappelons aussi qu’on peut faire :
• la somme de deux vecteurs #» u et #»
v et le résultat est un vecteur #»u + #»
v.
• la multiplication d’un nombre réel α par un vecteur #» u et le résultat est un vecteur α · #»
u.
#»
u + #»
v α · #»
u (α > 0)
#»
v
#»
u
#»
u
0 b 0 b
L’ensemble E des vecteurs de (P) avec ces deux opérations possède les propriétés suivantes :
1. (E, +) est un groupe commutatif.
2. ∀ #»
u , 1 · #»
u = #» u.
3. ∀ α, β ∈ R, ∀ u , α · (β · #»
#» u ) = (αβ) · #»
u.
4. ∀ α ∈ R, ∀ u , v , α · ( u + v ) = α · u + α · #»
#» #» #» #» #» v.
#» #» #» #»
5. ∀ α, β ∈ R, ∀ u , (α + β) · u = α · u + β · u .
Ces propriétés découlent directement de la définition de la somme de deux vecteurs et la multiplication d’un
vecteur par un nombre réel. Ce sont ces huit propriétés qui définissent les vecteurs dans le cas général :
2
Chapitre1: Espaces vectoriels
Notations 1– Avant de donner des exemples. Fixons d’abord quelques notations et conventions.
• Les éléments de E s’appellent des vecteurs et les éléments de K s’appellent des scalaires.
• L’élément neutre 0E pour la loi + s’appelle aussi le vecteur nul, et le symétrique d’un élément x de E pour
la loi + s’appelle l’opposé de x et se note −x.
• La multiplication du scalaire α par le vecteur x sera noté simplement par αx au lieu α · x.
Exemple 1.2.1– 1) L’ensemble E des vecteurs du plan usuel (P) est un R-espace vectoriel.
2) Le corps K est un K-espace vectoriel la loi externe étant la multiplication de K.
3) Le corps C est un R-espace vectoriel. Mais le corps R n’est pas un C-espace vectoriel.
4) L’ensemble R2 = (x, y) x ∈ R et y ∈ R est un R-espace vectoriel muni des lois suivantes :
si α ∈ R et f , g ∈ F(X, R).
7) L’ensemble R[X] des polynômes est un R-espace vectoriel muni de l’addition de deux polynômes et la
multiplication d’un nombre réel par un polynôme.
Remarque 1– Il faut faire très attention qu’on ne peut pas faire en général le produit de deux vecteurs. On ne
peut pas aussi diviser un vecteur par un autre vecteur non nul.
Exercice 1– Montrer que l’ensemble RN des suites réelles est un R-espace vectoriel.
Chapitre1: Espaces vectoriels
Proposition 1.2.2– Soit E un K-espace vectoriel. Alors pour tout α ∈ K et pour tout x ∈ E, on a :
1. α x = 0E ⇐⇒ α = 0 ou x = 0E .
2. α(−x) = −(α x) et (−α)x = −(α x).
Exercice 2– Soit E un K-espace vectoriel. Montrer que pour tout (α, β) ∈ K2 et tout (x, y) ∈ E 2, on a :
1. α(x − y) = α x − α y.
2. (α − β)x = α x − β x.
0 b 0 b
x x
4
Chapitre1: Espaces vectoriels
1. Représenter graphiquement F et G.
2. Montrer que F et G ne sont pas des sous-espaces vectoriels de R2 .
Vect(x1, . . . , xn ) = α1 x1 + · · · + αn xn α1, . . . , αn ∈ K
est le plus petit (pour l’inclusion) sous-espace vectoriel de E contant x1, . . . , xn . Il s’appelle le sous-espace
vectoriel engendré par x1, . . . , xn .
Vect(u) = αu α ∈ R
= (α, α) α ∈ R
= (x, y) ∈ R2 y = x .
Vect(1, i) = α1 + β i α, β ∈ R
= α + β i α, β ∈ R
= C.
Exercice 4– 1) Soient les deux vecteurs u = (1, 1, 1) et v = (1, −1, 0) du R-espace vectoriel R3 . Vérifier que
Vect(u, v) = (α + β, α − β, α) α, β ∈ R .
2) Soient les vecteurs 1, X, . . . , X n du R-espace vectoriel R[X]. Vérifier que Vect(1, X, . . . , X n ) = Rn [X].
F + G B x + y x ∈ F et y ∈ G ·
5
Chapitre1: Espaces vectoriels
F +G
F = (x, y) ∈ R2 y = 0 et G = (x, y) ∈ R2 x = 0 ·
Par définition de F + G, on a
w ∈ F + G ⇐⇒ w = u + v (avec u ∈ F et v ∈ G)
⇐⇒ w = (x, 0) + (0, y 0) (avec x, y 0 ∈ R)
⇐⇒ w = (x, y) (avec x, y ∈ R).
Ainsi on a F + G = R2 .
2) Soient F et G les deux sous-espaces vectoriels de R3 définis par
F = (x, y, z) ∈ R3 y = z = 0 et G = (x, y, z) ∈ R3 x = z = 0 ·
Par définition de F + G, on a
w ∈ F + G ⇐⇒ w = u + v (avec u ∈ F et v ∈ G)
⇐⇒ w = (x, 0, 0) + (0, y 0, 0) (avec x, y 0 ∈ R)
⇐⇒ w = (x, y, 0) (avec x, y ∈ R).
Ainsi on a F + G = (x, y, z) ∈ R3 z = 0 .
F = (x, y, z) ∈ R3 x = 0 et G = (x, y, z) ∈ R3 y = 0 ·
Définition 1.4.2– Soient E un K-espace vectoriel et F, G et H des sous-espaces vectoriels de E. On dit que H
est somme directe de F et G et on note H = F ⊕ G si
1. H = F + G.
2. F ∩ G = {0}.
Exemple 1.4.2– Voir l’exemple 1.4.1 ci-dessus.
Définition 1.4.3– Soient E un K-espace vectoriel et F et G des sous-espaces vectoriels de E. On dit que F et
G sont supplémentaire dans E si E = F ⊕ G. Autrement dit, si
∀ w ∈ E, ∃ !(u, v) ∈ F × G, w = u + v·
6
Chapitre1: Espaces vectoriels
∀x ∈ E, ∃λ1, . . . , λn ∈ K, x = λ1 a1 + · · · + λn an .
∀ α1, . . . , αn ∈ K, α1 a1 + · · · + αn an = 0E =⇒ α1 = . . . = αn = 0.
α1 a1 + · · · + αn an = 0E .
On dit aussi que les vecteurs a1, . . . , an sont linéairement dépendants. En particulier, une famille de E qui
contient le vecteur nul 0E est nécessairement liée.
Exemple 1.5.2– 1) La famille {1, i} du R-espace vectoriel C est libre.
2) La famille {(1, 0), (0, 1)} de R2 est libre.
3) La famille {(1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)} de R3 est libre.
4) La famille {1, X, X 2 } est une famille libre de R2 [X].
√ √
5) La famille {(3, −1), (3 2, − 2)} de R2 est liée.
7
Chapitre1: Espaces vectoriels
Exercice 6– 1) Montrer que la famille {(1, 1, −1), (0, 2, 1), (0, 0, 3)} de R3 est libre.
2) Montrer que la famille {2 − X 2, 1 − X, X + X 2 } de R2 [X] est libre.
3) La famille {2 + X, −X + 3X 2, −4 − 6X 2 } de R2 [X] est-elle libre ?
Définition 1.5.3– Soit E un K-espace vectoriel. On dit qu’une famille B = {e1, . . . , en } de E est une base de
E si elle est à la fois génératrice et libre de E. Autrement, dit si
∀ x ∈ E, ∃! (α1, . . . , αn ) ∈ Kn, x = α1 e1 + · · · + αn en .
Théorème 1.6.2– Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Alors toutes les bases de E ont le même
cardinal (fini) n qui s’appelle la dimension de E et se note dimK (E).
8
Chapitre1: Espaces vectoriels
Corollaire 1.6.4– Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n et F une famille finie vecteurs de E. Alors
les propriétés suivantes sont équivalentes :
1. F est une base de E.
2. F est une famille libre ayant n éléments.
3. F est une famille génératrice de E ayant n éléments.
Exemple 1.6.2– 1) La famille F1 = {(1, 1)} n’est pas génératrice de R2 car card(F1 ) < dim(R2 ).
√
2) La famille F2 = {(1, 0, π), (0, e, 2)} n’est pas génératrice de R3 car card(F2 ) < dim(R3 ).
3) La famille F3 = {(1, 1), (1, 0), (1, −1)} de R2 est liée car card(F3 ) > dim(R2 ).
4) La famille F4 = {(1, 1), (−1, 1)} est une base de R2 . Puisque card(F4 ) = dim(R2 ), il suffit de voir que F4 est
libre. Soient α, β ∈ R. On a
Proposition 1.6.6– Soit F un sous-espace vectoriel d’un K-espace vectoriel E de dimension finie. Alors
1. dim(F) 6 dim(E).
2. dim(F) = dim(E) si, et seulement si F = E.
Remarque 7– Soient F et G deux sous espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E de dimension finie. Alors
E = F ⊕ G si et seulement si, pour toute base B de F et toute base C de G, B ∪ C est une base de E.
Proposition 1.6.7– Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie et F et G deux sous-espaces vectoriels
de E. Alors E = F ⊕ G si, et seulement si
1. F ∩ G = {0}, et
2. dim(E) = dim(F) + dim(G).
Théorème 1.6.8– Soient F et G deux sous espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E de dimension finie.
Alors
1. dim(F + G) = dim(F) + dim(G) − dim(F ∩ G).
2. dim(F ⊕ G) = dim(F) + dim(G).
9
Chapitre1: Espaces vectoriels
Exercice 8– 1. Soient les s.e.v. de R3 définis par F = (x, x, −x) x ∈ R et G = (x, y, z) ∈ R3 x +2y −z = 0 ·
10
Chapitre 2
Applications linéaires
Le but de ce chapitre est l’étude des applications linéaires. C’est-à-dire les applications entre des espaces
vectoriels qui respectent les lois internes et externes de ces espaces vectoriels. Nous commençons d’abord le
chapitre par la définition et des exemples d’applications linéaires. Puis nous introduisons dans le paragraphe
2 les notions d’image et de noyau d’une application linéaire .
On désigne toujours dans ce chapitre par K le corps R ou C.
11
Chapitre2: Applications linéaires
12
Chapitre2: Applications linéaires
Les notions de noyau et d’image permettent de fournir une caractérisation très simple de l’injectivité et de
la surjectivité des applications linéaires :
Remarque 10– Soient E et F deux K-espaces vectoriels, {a1, . . . , an } une famille de E et f ∈ L(E, F). On a
1. Si {a1, . . . , an } est libre et f est injective. Alors { f (a1 ), . . . , f (an )} est une famille libre de F.
2. Si {a1, . . . , an } est génératrice de E et f est surjective. Alors { f (a1 ), . . . , f (an )} est génératrice de F.
En particulier, si {a1, . . . , an } est une base de E et f est bijective. Alors { f (a1 ), . . . , f (an )} est une base de F.
Définition 2.2.3– Soient E et F deux K-espaces vectoriels et f ∈ L(E, F). On appelle rang de f et on note
rang( f ), la dimension du sous-espace vectoriel Im( f ).
13
Chapitre2: Applications linéaires
Théorème 2.2.4 (théorème du rang)– Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimension finie et f une
application linéaire de E dans F. Alors on a
dim(E) = rang( f ) + dim(ker( f )).
Théorème 2.2.5– Soient E et F deux K-espaces vectoriels de même dimension finie et f ∈ L(E, F). Alors
les propriétés suivantes sont équivalentes
1. f est injective.
2. f est surjective.
2. f est bijective.
Théorème 2.2.6– Deux K-espaces vectoriels E et F de dimension finie sont isomorphes si, et seulement s’ils
ont même dimension.
14
Chapitre 3
Calcul matriciel
Ce chapitre est consacré aux matrices qui sont des tableaux de nombres. Après la définition des matrices,
le paragraphe 2 fournit quelques matrices remarquables. Le paragraphe 3 est consacré aux opérations sur les
matrices. Nous donnons dans le paragraphe 4 les matrices des applications linéaires. Les matrices de l’inverse
d’une application linéaire sont traitées dans le paragraphe 5. Nous terminons le chapitre par les matrices de
passages et changement de bases.
On désigne toujours par K le corps R ou C. Si n ∈ N∗, on note n1, no B {1, . . . , n}.
3.1 Définitions
Définition 3.1.1– Un tableau rectangulaire d’éléments de K ayant n lignes et m colonnes de la forme
a a . . . a1m
© 11 12
a21 a22 . . . a2m ®
ª
A = .. .. .. ®®
. . . ®
«an1 an2 . . . anm ¬
s’appelle une matrice d’ordre (ou de type) (n, m).
Les nombres ai j (où (i, j) ∈ n1, no × n1, mo) s’appellent les coefficients de la matrice A. L’indice i désigne le
numéro de la ligne et l’indice j celui de la colonne.
Définition 3.1.2– Deux matrices A = (ai j ) et B = (bi j ) de même ordre (n, m) sont égales si, et seulement si
∀ (i, j) ∈ n1, no × n1, mo, ai j = bi j .
1 3
Exemple 3.1.1– 1) A = est une matrice d’ordre (2, 2).
2 5
4 0 −1
2) B = est une matrice d’ordre (2, 3).
1 3 π
0 1
3) C = 2 −1® est une matrice d’ordre (3, 2).
© ª
«6 4 ¬
Notations 2– L’ensemble des matrices d’ordre (n, m) à coefficients dans K est noté Mn,m (K). Si n = m on
note tout simplement Mn (K) au lieu de Mn,n (K).
• Matrice colonne : c’est une matrice d’ordre (n, 1) (matrice admettant une seule colonne). Elle est de la
forme
a
© 11 ª
a21 ®
A = .. ®® .
. ®
«an1 ¬
• Matrice carrée : c’est une matrice d’ordre (n, n) (c’est-à-dire n = m). Le nombre de lignes de cette matrice
est égale au nombre de colonnes. Elle est dite matrice carrée d’ordre n.
a a . . . a1n
© 11 12
a21 a22 . . . a2n ®
ª
A = ..
.. .. ®® .
. . . ®
«an1 an2 . . . ann ¬
Les coefficients aii s’appellent les coefficients diagonaux de A.
• Matrice identité : c’est une matrice carrée d’ordre n de la forme particulière
1 0 ... 0
0 1 . . . ... ®
© ª
In = . .
..
®.
.. . . . 0®
®
«0 . . . 0 1 ¬
• Matrice diagonale : c’est une matrice carrée d’ordre n telle que ai j = 0 pour tout i , j.
a11 0 . . . 0
0 a22 . . . ... ®
© ª
A = . . ®.
.. . . . . . 0 ®®
« 0 . . . 0 ann ¬
On la note A = diag(aii ) = diag(a11, . . . , ann ).
• Matrice triangulaire supérieure : c’est une matrice carrée d’ordre n telle que ai j = 0 pour tout i > j.
a a . . . a1n
© 11 12
0 a22 . . . a2n ®
ª
A = .. . . . .
.. ®® .
. . . . ®
« 0 . . . 0 ann ¬
• Matrice triangulaire inférieure : c’est une matrice carrée d’ordre n telle que ai j = 0 pour tout i < j.
a11 0 ... 0
.. .. ª®
. . ®
©
a a
A = .21 .22 .. ®.
.. .. . 0®
«an1 an2 . . . ann ¬
• Matrice nulle : c’est une matrice telle que ai j = 0 pour tout (i, j) ∈ n1, no × n1, mo. On la note par 0.
• Transposée d’une matrice : Si A = (ai j ) est une matrice carrée d’ordre n. La transposée de A est la matrice
carrée d’ordre n, notée tA = (bi j ), définie par
∀ (i, j) ∈ n1, no × n1, no, bi j = a ji .
• Matrice symétrique : Une matrice carrée A = (ai j ) d’ordre n est dite symétrique si tA = A. Autrement dit,
Chapitre3: Calcul matriciel
si
∀ (i, j) ∈ n1, no × n1, no, ai j = a ji .
• Matrice antisymétrique : Une matrice carrée A = (ai j ) d’ordre n est dite antisymétrique si tA = −A.
Autrement dit, si
∀ (i, j) ∈ n1, no × n1, no, ai j = −a ji .
Exemple 3.3.1– Soient A et B les deux matrices d’ordre (2, 3) données par
0 1 e 3 −2 0
A= et B = .
π −1 7 0 5 1
Alors
3 −1 e
A+B = .
π 4 8
Proposition 3.3.2– L’addition des matrices possèdent les propriétés suivantes :
1. A + B = B + A.
2. (A + B) + C = A + (B + C).
3. A + 0 = 0 + A = A.
4. A + (−A) = (−A) + A = 0, où −A = (−ai j ).
Définition 3.3.3 (multiplication par un scalaire)– Soient A = (ai j ) une matrice d’ordre (n, m) et λ ∈ K. La
multiplication de λ par A est la matrice d’ordre (n, m) définie par λA = (λai j ).
«4 5 −2¬
Alors
6 −3 9
λA = 0 −9 3® .
© ª
«12 15 −6¬
Proposition 3.3.4– La multiplication d’une matrice par un scalaire possèdent les propriétés suivantes :
1. λ(A + B) = λA + λB.
2. (λ + µ)A = λA + µA.
3. λ(µA) = (λµ)A.
Remarque 11– L’ensemble Mn,m (K) pour les opérations précédentes est un K-espace vectoriel.
Le produit AB de deux matrices A et B est défini si, et seulement si le nombre de colonnes de A est égal
au nombre de lignes de B.
Chapitre3: Calcul matriciel
Définition 3.3.5 (Produit de deux matrices)– Soient A = (ai j ) une matrice d’ordre (n, m) et B = (bi j ) une
matrice d’ordre (m, p). Le produit de A et B est la matrice C = AB d’ordre (n, p) dont les coefficients ci j sont
définis par
m
Õ
∀ (i, j) ∈ n1, no × n1, po, ci j = aik bk j .
k=1
Définition 3.3.8 (Matrice inversible)– Soient A une matrice carrée d’ordre n. On dit que A est inversible s’il
existe une matrice carrée B d’ordre n telle que
AB = BA = In .
B s’appelle l’inverse de A et se note A−1 . Elle est unique. Dans le cas contraire, on dit que A est non inversible.
Exemple 3.3.6– 1) On remarque que In In = In . Donc In est inversible, et In−1 = In .
2) Soit A la matrice carrée d’ordre 2 donnée par
2 1
A= .
1 1
a b
Si B = . on a
c d
2a + c 2b + d
2 1 a b 1 0 1 0
AB = I2 ⇐⇒ = ⇐⇒ = .
1 1 c d 0 1 a+c b+d 0 1
Cette égalité équivaut au système :
2a + c = 1
2b + d =
a+c=0
b + d = 1.
Ce qui entraîne que a = 1, b = −1, c = −1 et d = 2. Ainsi Il existe une matrice carrée B telle que AB = I2 .
3) La matrice nulle 0 n’est inversible car pour pour toute matrice carrée A, on a 0.A = 0 , In .
Proposition 3.3.9– Soient A et B deux matrices carrées d’ordre n inversibles. Alors AB est inversible, et on a
(AB)−1 = B−1 A−1 .
Définition 3.3.10 (Puissance d’une matrice)– Soient A une matrice carrée d’ordre n. Les puissances succes-
sives de A sont définies pour tout p ∈ N par
A0 = In
Ap+1 = Ap A.
Autrement dit, Ap = AA · · · A .
| {z }
p facteurs
«0 0 1¬
Alors
1 0 2 1 0 3
A2 = 0 1 0® , A3 = 0 −1 0® .
© ª © ª
«0 0 1¬ «0 0 1¬
Proposition 3.3.11– Soient A une matrice carrée d’ordre n, et m et p deux entiers non nuls.
1. Am Ap = Am+p .
2. (Am ) p = Amp .
20
Chapitre3: Calcul matriciel
«1 0 ¬
Définition 3.4.1 (Matrice d’une application linéaire)– Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimension
finie, f ∈ L(E, F), B = {e1, . . . , en } une base de E et B 0 = {e10 , . . . , em0 } une base de F. La matrice de f par
rapport aux bases B et B 0 est la matrice d’ordre (m, n) définie par
a a12 . . . a1n
© 11
a21 a22 . . . a2n ®
ª
MatB,B0 ( f ) = .. .. .. ®® ,
. . . ®
«am1 am2 . . . amn ¬
avec
∀ j ∈ n1, no, f (e j ) = a1j e10 + · · · + amj em0 .
les cordonnées de f (e j ) dans la base B 0 .
Notation 1– Si E = F et B = B 0 . La matrice MatB,B0 ( f ) est notée MatB ( f ).
Exemple 3.4.2– 1. Soit l’application linéaire f : R2 [X] −→ R3 définie par
P 7−→ (P(0), P(1), P(2)).
Soient C = {1, X, X 2 } la base canonique de R2 [X] et B = {e1, e2, e3 } la base canonique de R3 . On a
f (1) = e1 + e2 + e3, f (X) = e2 + 2e3 et f (X 2 ) = e2 + 4e3 .
La matrice de f par rapport aux bases C et B est
1 0 0
MatC ,B ( f ) = 1 1 1® .
© ª
«1 2 4¬
2. Soit l’application linéaire f : R2 [X] −→ R2 [X] définie par
P 7−→ X P 0 .
Soit C = {1, X, X 2 } la base canonique de R2 [X]. On a
f (1) = 0, f (X) = X et f (X 2 ) = 2X 2 .
La matrice de f par rapport à la base C est
0 0 0
MatC ( f ) = 0 1 0® .
© ª
«0 0 2¬
Exercice 11– 1. Soit l’application linéaire de dérivation D : R3 [X] −→ R2 [X] définie par
P 7−→ P 0 .
Soient B1 et B2 les bases canoniques de R3 [X] et R2 [X] respectivement. Déterminer MatB1 ,B2 (D).
2. Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n, B une base de E et IdE : E −→ E l’application
identité de E définie par
x 7−→ x
Déterminer MatB (IdE ).
Proposition 3.4.2– Soient E et F deux K-espaces vectoriels de dimension m et n respectivement, B et B 0
deux bases de E et F. Alors
21
Chapitre3: Calcul matriciel
« yn ¬
Alors on a
y = f (x) ⇐⇒ Y = MatB,B0 ( f ) · X.
Remarque 14– Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, B une base de E et f ∈ L(E). Alors
MatB ( f 2 ) = MatB ( f ◦ f ) = (MatB ( f ))2 .
Plus généralement, on a
MatB ( f p ) = MatB ( f ◦ · · · ◦ f ) = (MatB ( f )) p .
22
Chapitre3: Calcul matriciel
Théorème 3.5.2 (Matrice de l’inverse)– Soient E, F deux K-espaces vectoriels de même dimension finie, B, B 0
leur base respectivement et f ∈ L(E, F). Alors f est bijective si, et seulement si MatB,B0 ( f ) est inversible.
Dans ce cas, on :
MatB0 ,B ( f −1 ) = (MatB,B0 ( f ))−1 .
1 1
PB0 ,B = 12 21 ®® .
© ª
−
« 2 2¬
2. Soit B = {1, i} la base canonique de R-espace vectoriel C. Soit d’autre part B 0 la base de C donnée par
B 0 = {1 + i, i}.
La matrice de passage de la base B à la base B 0 est
1 0
PB,B0 = .
1 1
On a 1 = 1 + i − i et i = 0(1 + i) + i. La matrice de passage de la base B 0 à la base B est
1 0
PB0 ,B = .
−1 1
23
Chapitre3: Calcul matriciel
Définition 3.6.1 (Matrice de passage)– Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n, B = {e1, . . . , en }
et B 0 = {e10 , . . . , en0 } deux bases de E. La matrice de passage de la base B à la base B 0, notée PB,B0 , est la
matrice carrée d’ordre n définie par
a a . . . a1n
© 11 12
a21 a22 . . . a2n ®
ª
PB,B0 = ..
.. .. ®®
. . . ®
«an1 an2 . . . ann ¬
avec
∀ j ∈ n1, no, e 0j = a1j e1 + · · · + an j en .
les cordonnées de e j dans la base B.
0
Corollaire 3.6.4– Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie, B, B 0 deux bases de E. Si f ∈ L(E).
Alors
MatB0 ( f ) = P−1
B,B0 · MatB ( f ) · PB,B0 .
Définition 3.6.5– Deux matrices A, B ∈ Mn (K) sont dites semblables s’il existe une matrice P ∈ Mn (K)
inversible telle que
B = P−1 AP.
Exercice 13– Soit l’application linéaire f : R3 −→ R3 définie par
(x, y, z) 7−→ (x + y, x − z, x + y + z).
Soit B la base canonique de R3 . Soit d’autre part B 0 la base de R3 donnée par
B 0 = {(1, 0, 0), (2, 1, 0), (3, 1, 2)}.
1. Donner MatB ( f ).
2. Donner PB,B0 et PB0 ,B .
3. En déduire MatB0 ( f ).
Chapitre 4
Déterminant d’une matrice
Ce dernier chapitre a pour but de traiter les déterminants des matrices carrées. Après la définition
et les propriétés des déterminants. Nous donnons dans le paragraphe 2 la méthode des comatrice pour
calculer l’inverse d’une matrice inversible. Nous traitons ensuite dans le paragraphe 3 différentes
méthodes pour résoudre un système linéaire. Nous terminons le chapitre par le rang d’une matrice.
On désigne toujours par K le corps R ou C.
Définition 4.1.3 (Cofacteur)– Soit A = (ai j ) une matrice carrée d’ordre 3. On appelle cofacteur de
l’élément ai j , et on note Ci j , le nombre
Ci j = (−1)i+j det(Ai j ),
avec Ai j est la matrice obtenue en supprimant la ligne i et la colonne j de A.
BRemarque 16– 1. Ainsi si A = (ai j ) une matrice carrée d’ordre 3. Alors
det(A) = a11 C11 + a12 C12 + a13 C13 .
C’est le développant suivant la 1re ligne de A.
2. On peut aussi développer suivant n’importe quelle autre ligne ou colonne. Par exemple, suivant
la 2e ligne, on aura
det(A) = a21 C21 + a22 C22 + a23 C23 .
Définition 4.1.4 (Déterminant d’ordre n)– Soit A = (ai j ) ∈ Mn (K) une matrice carrée d’ordre n. On
appelle déterminant de A, et on note det(A), le nombre
n
Õ
det(A) = a1j C1j
j=1
« 0 −1 −2¬
√
5 √4 1 1/2 2 1/3
1/2 2 1/3 = − 5 4 1 .
0 −1 −2 0 −1 −2
27
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
−1 2 1
!
2. Si on considère A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 3 6 0 . Alors
7 8 0
−1 2 1 2 −1 1
3 6 0 =− 6 3 0 .
7 8 0 8 7 0
Proposition 4.1.8– Soit A = (ai j ) ∈ Mn (K). Si l’on multiplie par α ∈ K tous les éléments d’une
ligne (resp.colonne) de A. Alors le déterminant de A est multiplié par α. En particulier, on a
det(αA) = α n det(A).
√
1 √1 2ª
Exemple 4.1.6– 1. Soit A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 1 2 1 ®® . Alors
©
√
« 2 1 1¬
√ √
2 √2 2 2 1 √1 2
√1 2 1 = 2 √1 2 1 .
2 1 1 2 1 1
!
1 1 2
2. Si on considère A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 1 0 1 . Alors
1 −1 0
3 1 2 1 1 2
3 0 1 =3 1 0 1 .
3 −1 0 1 −1 0
Proposition 4.1.9– Soit A = (ai j ) ∈ Mn (K). Si une ligne (resp. colonne) de A s’écrit comme une
combinaison linéaire des autres lignes (resp. colonnes). Alors le déterminant de A est nul. En
particulier, si deux lignes (resp. colonnes) sont égales. Alors le déterminant est nul.
!
1 2 3
Exemple 4.1.7– 1. Soit A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 2 −1 1 . Alors
4 −2 2
1 2 3
2 −1 1 = 0.
4 −2 2
!
3 1 2
2. Si on considère A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 7 3 4 . Alors
9 4 5
3 1 2
1 2 1 = 0.
4 3 3
Proposition 4.1.10– Soit A = (ai j ) ∈ Mn (K). Le déterminant de A ne change pas si l’on ajoute à une
ligne (resp. colonne) de A une combinaison linéaire des autres lignes (resp. colonnes).
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
!
1 1 1
Exemple 4.1.8– 1. Soit A la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 1 1 1 . Alors
1 1 1
1 1 1 1 1 1
1 1 1 = 1 1 1 ·
1 1 1 3 3 3
!
2 1 1
2. Si A est la matrice carrée d’ordre 3 donnée par A = 1 2 1 . Alors
1 1 2
2 1 1 2 1 3
1 2 1 = 1 2 3 .
1 1 2 1 1 2
Théorème 4.1.11– Soient A, B ∈ Mn (K) deux matrices carrées d’ordre n. Alors
1. det(AB) = det(A) det(B).
2. Si A et B sont semblables. Alors det(A) = det(B).
4. det(tA) = det(A).
«2 i 1¬
Corollaire 4.1.13– Soient E un K-espace vectoriel de dimension finie n, B une bases de E et f ∈ L (E)
un endomorphisme de E. Alors f est bijective si, et seulement si det(MatB ( f )) , 0.
29
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
On a !
1 0 0
MB (F ) = 2 π 0
1 −1 1
est inversible car det(MB (F )) , 0. Par suite, F est une base de R3 .
2. Soit F = {e10 , e20 , e30 } la famille de R3 donnée par :
e10 = e1 + e2 + 2e3
e2 = −e1 + 2e2 + 3e3
0
√
e30 = e2 + 3e3 .
On a
1 −1 0
MB (F ) =
©1 2 1 ª
√ ®
« 2 3 3¬
est inversible car det(MB (F )) , 0. Par suite, F est une base de R3 .
3. Soit F = {e10 , e20 , e30 } la famille de R3 donnée par :
e10 = e1 + 3e3
0
e2 = −e1 + 2e2 − e3
e 0 = 2e + 2e .
3 2 3
On a
1 −1 0
!
MB (F ) = 0 2 2
3 −1 2
n’est pas inversible car det(MB (F )) = 0. Par suite, F n’est pas une base de R3 .
30
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
31
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
32
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
−5x = −5 L2 ←− L2 − 3L1 .
La solution est donc (x, y) = (1, 0).
2. Soit le système
x + y + z = 1
y+z=1
(S)
y + 2z = 1.
Par opération élémentaire, on obtient :
x + y + z = 1 L1
y + z = 1 L2
z = 0 L3 ←− L3 − L2
La solution est donc (x, y, z) = (0, 1, 0).
33
Chapitre4: Déterminant d’une matrice
2) De même, on a rang(1, i) = 2.
3) On a aussi rang ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) = 3.
4) Mais on a rang ((1, 0, −1), (1, 1, 1), (2, 0, −2)) = 2.
Définition 4.4.2– Soit A ∈ Mn,m (K) une matrice d’ordre (n, m). On appelle rang de A, et on note
rang(A), le rang de ses m vecteurs colonnes dans Km (ou ses n vecteurs lignes dans Kn ).