Problème
Partie 1 - Nombre de racines positives.
Soit P un polynôme de R[X], que l’on écrit sous la forme
P = a0 + a1 X b1 + · · · + an X bn avec 0 = b0 < b1 < · · · < bn
et ak 6= 0 pour tout 0 ≤ k ≤ n. On remarquera que n est le nombre de coefficients
non nuls de degré strictement positifs.
On désigne par Z l’ensemble des racines de P et par V (P ) le nombre de change-
ments de signes parmi les coefficients de P , c’est à dire :
V (P ) = card{0 ≤ k ≤ n | ak ak+1 < 0}
On désigne par n+ (P ) le nombre de racines de P strictement positives comptées
avec multiplicités. Autrement dit, si mr est la multiplicité de la racine r alors
X
n+ (P ) = mr
r∈Z et r>0
On cherche à montrer par récurrence sur n le résultat suivant (Règle de Descartes)
Si P est un polynôme de R[X] n’admettant pas 0 pour racine alors
n+ (P ) ≤ V (P ).
Exercice 1
Dans les question 4. et 5., on supposera que, un entier n ≥ 1 étant donné, la règle
1. Soit n ∈ N, montrer qu’il existe au plus un polynôme Pn tel que de Descartes est vraie pour les polynômes avec n−1 coefficients non nuls (de degrés
non nuls).
(1) fn (z + 1 ) = z n + 1
∀z ∈ C, P
z zn 1. Montrer le théorème si n = 0 et n = 1.
2. Préciser les polynômes P0 , P1 , P2 . 2. Montrer que X b1 −1 divise P 0 . Dans toute la fin cette partie, on note Q le
3. Montrer que pour tout entier n, il existe un unique polynôme Pn vérifiant quotient de la division de P 0 par X b1 −1 et r1 < · · · < rl les racines strictement
(1). positives de P .
On pourra considérer 3. Montrer que
1 1 n+ (Q) ≥ n+ (P ) − 1
(z + )(z n + n )
z z
4. a. Montrer que pour tout entier n et tout réel t : 4. Montrer que n+ (P ) ≤ V (P ) si a0 a1 < 0.
5. On suppose dans cette question a0 a1 > 0.
P
fn (2 cos t) = 2 cos(nt)
a. Montrer que si a0 > 0, P est croissante au voisinage de 0 à droite.
b. Former, à partir de Pn un polynôme Tn tel que pour tout réel t b. Montrer que si a0 < 0, −P est croissante au voisinage de 0 à droite.
T
fn (cos t) = cos(nt) c. En déduire que Q admet une racine dans l’intervalle ]0, r1 [.
1
d. Montrer que n+ (P ) ≤ V (P ). Partie 3 - Isolement des zéros d’une fonction
6. Soit P − = P (−X) et ck = (−1)bk ak le coefficient de X bk dans P − .
a. Montrer que ck ck+1 = (−1)bk+1 −bk ak ak+1 .
b. Montrer que si ck ck+1 < 0 et si ak ak+1 < 0, alors bk+1 − bk ≥ 2.
c. On désigne par V (P, P − ) le nombre d’indice k tels que ck ck+1 < 0 et Soit I un segment de R et f une fonction définie sur I à valeurs dans R et de
ak ak+1 < 0. Montrer que classe C 2 . On suppose que f et sa dérivée f 0 n’ont pas de zéros communs. On note
n−1
Z l’ensemble des zéros de f . On note aussi
X
bn = (bk+1 − bk ) ≥ (V (P ) − V (P, P − )) + (V (P − ) − V (P, P − )) M1 = max |f 0 | et M2 = max |f 00 |
k=0 I I
−
+ 2V (P, P ) On supposera M1 et M2 strictement positifs.
(On découpera l’intervalle d’entiers [0, n − 1] en trois parties selon que 1. Justifier l’existence de M1 et M2 et le fait que l’on se limite au cas où ils sont
ak ak+1 < 0, ck ck+1 < 0 ou les deux.) strictement positifs.
d. En déduire que si P a toutes ses racines réelles, n+ (P ) = V (P ). 2. Soient a < b deux réels dans I et c = a+b
2 .
a. Montrer que si f admet un zéro dans [a, b] alors
Partie 2 - Localisation des racines.
b−a
On considère dans cette partie un polynôme P à coefficients complexes, unitaire, |f (c)| ≤ sup |f 0 (t)|
de degré n > 0 et de coefficient constant a0 non nul. 2 a≤t≤b
P = a0 + a1 X + · · · + an−1 X n−1 + X n b. Montrer que si f admet deux zéros dans [a, b] alors
On définit aussi
b−a
γ1 = 1 + max |ak | γ2 = max(1,
X
|ak |). |f 0 (c)| ≤ sup |f 00 (t)|
0≤k<n
2 a≤t≤b
0≤k<n
On suppose dans les quatre premières questions de cette partie que P est à 3. a. Montrer que les zéros de f sont isolés. C’est à dire que, pour tout zéro r
coefficients réels avec de f , il existe un εr > 0 tel que r soit le seul zéro de f dans [r−εr , r+εr ].
a0 < 0, a1 ≤ 0, · · · , an−1 ≤ 0 b. Montrer que Z est fini.
1. Montrer que P admet une unique racine strictement positive. (on pourra c. Donner un exemple de fonction g de classe C 2 , sans racine en commun
considérer Px(x)
n ou utiliser la première partie) On la note ρ. avec sa dérivée sur un intervalle borné et qui admet un nombre infini
2. Montrer que pour tout nombre complexe z, |P (z)| ≥ P (|z|). de zéros.
3. Montrer que ρ ≤ γ1 et ρ ≤ γ2 . 4. Prouver l’existence de m1 = minr∈Z |f 0 (r)|. Montrer qu’il existe une subdi-
4. Montrer que pour toute racine r de P , on a |r| ≤ min(γ1 , γ2 ). vision (ck )0≤k≤p à pas constant telle que f restreinte à [ck , ck+1 ] a au plus
5. On revient au cas général. un zéro.
a. Montrer que toute racine r de P vérifie |r| ≤ min(γ1 , γ2 ). (On considérera 5. Écrire un algorithme qui sépare les zéros.
Pn−1
Q = X n − k=0 |ak |X k .)
b. Si tous les coefficients non nuls de P sont de module 1, que peut-on dire
des racines ?