Partie II. Sommes et produits de racines.
Dans cette partie, on suppose n pair non nul avec n = 2p. On note σ1 , σ2 , · · · , σn les
polynômes symétriques élémentaires formés avec les x1 , · · · , xn . On note
Problème 1.
sn = x21 + · · · + x2n πn = x1 · · · xn
L'objet de ce problème est d'établir certaines propriétés de polynômes particuliers dits
polynômes de Tchebychev de première espèce. 1. Montrer que
On désigne par R[X] l'espace vectoriel des polynômes à coecients réels et (pour tout n p
entier naturel n) par Rn [X] le sous-espace des polynômes de degré inférieur ou égal à n.
n−1
Y X 2p
Tn = 2 (X − xk ) = X 2p−2k (X 2 − 1)k
Pour tout p ∈ R[X] et a ∈ C, on désigne par Pe(a) le résultat du remplacement de X par a k=1
2k
k=0
dans l'expression de P .
Soit (Tn )n∈N la suite de polynômes de R[X] dénie par : 2. a. Préciser les trois coecients σ1 , σ2 , σn . En déduire πn .
b. Exprimer sn en fonction des σ1 , σ2 , σn . En déduire une expression simple de sn .
T0 =1
T1 =X 3. Proposer une autre méthode pour calculer sn . On demande seulement les principes et
∀n ∈ N : Tn+2 =2XTn+1 − Tn les articulations de ce calcul sans le réaliser explicitement.
Partie I. Propriétés trigonométriques. Partie III. Minimalité.
1. a. Déterminer les polynômes T2 et T3 . Dans cette partie n est un entier non nul xé. On note Un l'ensemble des polynômes
b. Déterminer le degré, la parité et le coecient dominant de Tn pour n ∈ N. unitaires à coecients réels et de degré n.
2. Factoriser cos((n + 2)x) + cos(nx) et ch((n + 2)x) + ch(nx) pour tous n ∈ N et x ∈ R. 1. a. L'ensemble Un est-il un sous-espace vectoriel de R[X] ?
Les démonstrations devront obligatoirement utiliser des exponentielles.
b. Pour tout P ∈ R[X], on pose
3. a. Établir, pour tout nombre réel x et tout entier naturel n :
n o
T
fn (cos x) = cos(nx) T
fn (ch x) = ch(nx) N (P ) = max Pe(x) , x ∈ [−1, 1]
b. Montrer que, pour tout nombre réel u : Pourquoi peut-on le faire ? Montrer que N (P ) > 0 si P n'est pas le polynôme nul.
fn (u) ≤ 1
|u| ≤ 1 ⇒ T c. On considère maintenant
|u| > 1 ⇒ T
fn (u) > 1 mn = inf {N (P ), P ∈ Un }
4. a. Pour tout n entier naturel non nul, résoudre dans [0, π] l'équation Pourquoi peut-on le faire ?
T
fn (cos(x)) = 0 2. Montrer que mn ≤ 2−n+1 .
3. a. Déterminer les racines des polynômes Tn − 1 et Tn + 1 dans [−1, 1] sous la forme
b. Montrer que, pour n entier naturel non nul, Tn admet n racines. Préciser ces de suites croissantes y1 , y2 , · · · et z1 , z2 , · · · . Préciser les inégalités entre les yi et
racines, elles seront notées x1 , · · · , xn avec x1 < x2 < · · · < xn . les zj .
1
b. Soit P ∈ R[X] unitaire de degré n tel que N (P ) < 2−n+1 . 5. Montrer les implications suivantes puis conclure.
Montrer que l'on aboutit à une contradiction en étudiant les racines de
(a) Φ injective ⇒A ∧ B = 1
2 n−1
P − Tn (b) Φ surjective ⇒A ∧ B = 1
(c) A ∧ B = 1 ⇒Φ injective
c. En déduire : (d) A ∧ B = 1 ⇒Φ surjective
mn = 2−n+1 = min {N (P ), P ∈ Un }
Pour chaque implication, vous devrez présenter deux démonstrations diérentes.
4. a. Soient a et b deux réels avec a < b, dénir une bijection ane strictement crois- 6. Montrer que :
sante de [−1, 1] dans [a, b]. deg(A ∧ B) = α + β − rg(Φ)
b. Soit P ∈ R[X] de degré p ≥ 1 tel que |Pe(x)| ≤ 2 pour tous les x ∈ [a, b]. Montrer
que
b−a≤4
Problème 2.
Dans ce problème, α et β sont des entiers naturels non nuls. Lorsque k ∈ N, on désigne
par Ck [X] l'ensemble formé par le polynôme nul et les polynômes à coecients complexes
de degré inférieur ou égal à k.
On considère deux polynômes à coecients complexes A et B respectivement de degré α
et β . Le plus grand diviseur commun à A et B est noté A ∧ B . On dénit une fonction Φ
par :
(
Cβ−1 [X] × Cα−1 [X] →Cα+β−1 [X]
Φ:
(P, Q) →P A + QB
1. Préciser les dimensions de Cα+β−1 [X] et Cβ−1 [X] × Cα−1 [X].
2. Soit a ∈ C. On désigne par Na la partie de Cα+β−1 [X] formée par les polynômes
admettant a pour racine. Montrer que Na est un hyperplan de Cα+β−1 [X]. Quelle est
sa dimension ?
3. Soit Q ∈ Cα+β−1 [X]. On désigne par M(Q) la partie de Cα+β−1 [X] formée par les
multiples de Q. Montrer que M(Q) est un sous-espace vectoriel de Cα+β−1 [X]. Quelle
est sa dimension ?
4. Montrer que Φ est linéaire.