MUTEBA - Thèse 2014
MUTEBA - Thèse 2014
Membres du jury
Monsieur le Professeur : FRANCIS F., Président
Messieurs les Professeurs : LEBAILLY Ph., Promoteur
NTOTO M'VUBU R., Co-Promoteur (UNIKIN/ RDC)
BURNY Ph.
MICHEL B.
PONCELET M.
KINKELA Ch. (UNIKIN/RDC)
- 2014 -
Copyright
Aux termes de la loi belge du 30 juin 1994, sur le droit d’auteur et les droits voisins, seul
l’auteur a le droit de reproduire partiellement ou complètement cet ouvrage de quelque façon
et forme que ce soit ou d’en autoriser la reproduction partielle ou complète de quelque
manière et sous quelque forme que ce soit. Toute photocopie ou reproduction sous autre
forme est donc faite en violation de la dite loi et des modifications ultérieures.
REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail qui sanctionne la fin de nos recherches doctorales, c’est pour nous, un
agréable devoir de remercier toutes les personnes physiques et morales qui ont contribué
d'une manière ou d'une autre à sa réalisation. Nous tenons à exprimer de manière particulière
nos sentiments de gratitude et nos remerciements aux personnes suivantes :
Le Professeur Philippe Lebailly, Responsable de l'Unité d'économie et développement rural
de Gembloux Agro-Bio Tech/Université de Liège, Promoteur de cette thèse, pour la confiance
témoignée à notre égard, en nous acceptant comme doctorant au sein de l'Unité d'économie et
développement rural. Ses observations, encouragements et surtout ses qualités humaines nous
ont permis d'aboutir à la réalisation de cette thèse;
Monsieur le regretté Professeur Fidèle Tshingombe Mulubay, le premier Co-Promoteur de la
présente étude, qui nous a quitté à mi-parcours de nos recherches doctorales alors que ses
interventions nous ont été déjà d'une très grande importance.
Monsieur Ntoto M'vubu Alphonse-Roger qui n'a pas hésité à répondre favorablement à la
demande lui adressée pour devenir le nouveau Co-Promoteur de la présente étude. Sa
disponibilité et ses compétences nous ont permis d'être bien encadré surtout pendant nos
recherches de séjour à Kinshasa;
Les professeurs Philippe Burny, Baudouin Michel, Marc Poncelet et Charles Kinkela pour
leurs contributions et suggestions dont les qualités scientifiques ont permis d'affiner les fruits
de nos recherches ;
Monsieur Thomas Dogot pour les orientations administratives et scientifiques ainsi que
Mesdames Nadine Stoffelen, Anne Pompier et Christine Fadeur dont l'assistance
administrative et scientifique nous a été précieuse dans la conduite de nos recherches à l'Unité
d'économie et développement rural de Gembloux Agro-Bio Tech ;
Messieurs les Professeurs de la Faculté des Sciences Agronomiques de l'Université de
Kinshasa, particulièrement ceux du département d'Economie agricole qui nous ont
constamment soutenu d'une manière ou d'une autre pendant notre formation doctorale.
Nos remerciements et gratitudes s'adressent également à : notre père Mbikayi Alphonse, notre
défunte mère Kankolongo Marie, Maman Muswamba Marie, notre épouse Ndilu Mireille, nos
enfants Muteba Princesse, Muteba Prince et Muteba Altesse, nos sœurs Kashika Detty,
Mujinga Antho, Justine Ntumba, Kapinga Clarisse, Meta Patience et Kabedi Sandrine, sans
oublier nos regrettées sœurs Ngalula Chantal et Kabishi Annie qui nous ont été très chères.
Nous pensons à tous nos cousins et cousines, neveux et nièces, oncles et tantes, beaux-frères
et belles-sœurs: Maman Mbuyi, Oncle Kabamba, Papa Tshimanga, Larose, Baron, Bellegrace,
Ketsia, Miradi, Joys, Jemira, Jesmie, Jephté, Jael, Nathan, Papy, Mamie, Esther, Papitshou,
José, Guillain, Rachel, Bongo, Michaux, Désange, Calvin, Cliping et Tshim.
Nous exprimons une profonde gratitude à l'endroit de nos amis en Belgique et en Europe dont
la marque de sympathie nous a été très fraternelle nous pensons particulièrement à Béatrice, à
son feu mari Claude Temo, ainsi qu'à leur famille.
Nous exprimons notre gratitude à tous les doctorants, étudiants, chercheurs et toute la
communauté congolaise de Gembloux dont l'accueil, le soutien moral et les conseils nous ont
permis d'avoir des séjours agréables en Belgique.
Nous pensons également à tous les serviteurs de Dieu, frères et sœurs de la communauté
Mission Chrétienne dans le Monde (MCM), à tous nos amis et collègues.
Nous tenons à remercier la Coopération Belgo-Congolaise qui nous a octroyé la bourse de
doctorat à travers la Coopération Technique Belge (CTB).
Que tous ceux dont les noms n'ont pas été cités dans ces lignes se rassurent de notre
reconnaissance envers eux, qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde gratitude.
Enfin nous rendons grâce à l'Eternel Dieu père de notre Seigneur Jésus-Christ pour son
amour, ses bénédictions et sa protection envers nous.
- ii -
Damien Muteba Kalala (2014). Caractérisation des modes de consommation alimentaire des
ménages à Kinshasa : Analyse des interrelations entre modes de vie et habitudes alimentaires
(Thèse de doctorat). Université de Liège-Gembloux-Agro-Bio Tech, Belgique, 179 p., 59
tabl., 10 fig., 4 cartes et 5 photos.
RESUME
La présente étude a été initiée au départ d’une hypothèse selon laquelle des ménages se
retrouvent dans une situation d’insécurité alimentaire lorsque leurs modes de vie et moyens
d’existence ont changé ou ne se sont pas adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un
équilibre entre un ensemble de besoins. La demande alimentaire des ménages ne peut donc
être analysée indépendamment de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie.
Pour réaliser cette étude, une méthodologie basée sur les enquêtes auprès des ménages a été
adoptée. Sur base de leur niveau présumé de richesses, trois quartiers ont été choisis ; le
Quartier Résidentiel à Limete, le quartier Mabulu à Makala et les Quartiers I et VII à N'djili.
Un échantillon de 346 ménages a été constitué. Les résultats de la première enquête sur la
caractérisation des ménages ont permis d’atteindre les trois premiers objectifs de l’étude :
- Analyser les caractéristiques socio-économiques des ménages kinois ;
- Analyser la structure des dépenses de consommation des ménages ;
- Analyser les facteurs qui influencent les pratiques alimentaires des Kinois.
La deuxième enquête a consisté en un suivi des ménages ciblés par rapport aux critères précis.
Trente ménages ont été choisis, à raison de 10 dans chacun des trois quartiers. Ils ont été
suivis d’abord en saison sèche pendant trois mois, de juin à août 2011, et par la suite en saison
pluvieuse, pendant trois mois également, entre février et avril 2012.
Les résultats issus de cette étude ont montré, entre autres, que les dépenses alimentaires sont
beaucoup plus importantes en saison pluvieuse qu'en saison sèche. Cependant, les quantités
consommées sont relativement plus élevées en saison sèche qu'en saison pluvieuse. La
quantité d’aliments consommés par personne et par jour a été estimée en saison sèche
respectivement à 1202g (dans les ménages aisés), 833g (dans les ménages moyens) et 506g
(dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse, les quantités consommées sont
respectivement dans l’ordre de 1120g (dans le quartier aisé), 801g (dans les ménages moyens)
et de 493g (dans les ménages les moins aisés).
Les apports énergétiques par personne et par jour en saison sèche sont respectivement de 2571
calories (dans les ménages aisés), 1864 calories (dans les ménages moyens) et de 1094
calories (dans les ménages pauvres). Les apports énergétiques sont également en baisse en
saison pluvieuse. Ils sont respectivement de 2452 calories (dans les ménages aisés), 1838
calories (dans les ménages moyens) et de 1130 calories (dans les ménages pauvres).
Les apports protéiques par personne et par jour ont été estimés en saison sèche respectivement
à 102g (ménages aisés), 81g (dans les ménages moyens) et 51g (dans les ménages pauvres).
En saison pluvieuse, ces apports sont également faibles. Ils sont de l’ordre de 100g dans les
ménages aisés; 80g dans les ménages moyens et 50g dans les ménages pauvres.
L’analyse de différents modes de consommation a montré que les habitudes alimentaires des
Kinois ne semblent pas rencontrer les exigences nutritionnelles. Entre les deux considérations,
les ménages ont de plus en plus de difficultés à trouver un point d’équilibre. Les éléments qui
justifient ce difficile équilibre sont notamment : la monotonie alimentaire dans les ménages, la
tendance à favoriser la consommation des aliments bon marché, le choix des aliments sans
lien avec les considérations diététiques, l’apparition de plus en plus de problèmes de santé
publique liés aux modes de consommation alimentaire. Toutefois, le déséquilibre alimentaire
dans les ménages kinois n’est pas toujours lié au revenu
- iv -
Damien Muteba Kalala (2014). Characterization of households’ food consumption features in
Kinshasa: Analysis of Lifestyle and Food Habits Interrelations. (PhD Thesis). University of
Liege-Gembloux-Agro-Bio Tech, Belguim, 179 p., 59 tabl., 10 fig., 4 maps and 5 photos.
SUMMARY
This study was initiated at the start of a hypothesis that households are in a situation of food
insecurity when their lifestyles and livelihoods have changed or have not adapted and they
have not the ability to find a balance between a set of needs. Households’ food demand
cannot be analyzed independently from all livelihoods and living conditions.
For this study, a methodology based on household surveys was adopted. Based on their
supposed wealth level, three districts were selected, the Residential Area in Limete, the
Mabulu neighbourhood in Makala and Quarters I and VII in Ndjili. A sample of 346
households was selected. The results of the first survey on the characterization of households
have achieved the first three objectives of the study.
The second survey consisted of a household monitoring defined according to specific criteria.
Thirty households were selected at the rate of 10 in each of three quarters. They were
followed first during the dry season for three months, from June to August 2011, and
subsequently in the rainy season for three months also between February and April 2012.
The results of this study show among other things that food expenditures are much higher in
the rainy season than in the dry season. However, the quantities consumed are relatively
higher in the dry season than in the rainy season. The amount of food consumed per person
per day was estimated in the dry season respectively at 1.202g (in the richest households),
833g (in average households) and 506g (in poor households). During the rainy season,
quantities consumed are respectively of 1.120g (in the richest neighborhood), 801g (in the
average households) and 493g (in less well-off households).
Energy intake per person per day in the dry season is respectively 2571 calories (in the richest
households), 1.864 calories (in average households) and 1,094 calories (in poor households).
Energy intake was also lower in the rainy season. It reaches respectively 2.452 calories (in
wealthy households), 1,838 calories (in average households) and 1,130 calories (in poor
households).
Protein intake per person per day was estimated in the dry season respectively at 102g
(wealthier households), 81g (in average households) and 51g (in poor households). During the
rainy season, these contributions are also low. They are around of 100g in the wealthier
households, 80g in the average households and 50g in poor households.
The analysis of different consumption patterns showed that the dietary habits of Kinshasa do
not seem to meet the nutritional requirements. Considerations between the two parameters
show that households are scarcely managing to find a balance. The evidence supporting this
difficult balancing includes: food monotony in households, the tendency to promote the
consumption of cheap food, food choices unrelated to dietary considerations, the appearance
of more and more public health problems related to food consumption patterns. However, the
dietary imbalance in Kinshasa households is not always linked to income.
Remerciements ............................................................................................................................. I
CHAPITRE II.
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET SOCIO-ECONOMIQUES DE LA ZONE D’ETUDE ..............39
INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 39
2.1. PRESENTATION DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO ...................................................... 39
2.1.1. Situation géographique .............................................................................................................. 39
2.1.2. Population .................................................................................................................................. 40
2.1.3. Situation socio-économique ....................................................................................................... 40
2.1.4. Etat de la sécurité alimentaire en RD Congo ............................................................................... 41
2.1.5. Contribution du secteur agricole à la sécurité alimentaire en RDC .............................................. 42
2.1.6. Importations alimentaires en RDC .............................................................................................. 43
2.2. PRESENTATION DE LA VILLE DE KINSHASA ......................................................................................... 44
2.2.1. Localisation géographique et administrative ............................................................................... 44
2.2.2. Organisation politique et administrative ..................................................................................... 45
2.2.3. Démographie et structure de la population de Kinshasa ............................................................. 45
2.2.4. Caractéristiques culturelles et socio-économiques ..................................................................... 46
2.3. PRESENTATION DE LA ZONE D’ETUDE: LIMETE, NDJILI ET MAKALA .................................................... 51
2.3.1. Justification du choix .................................................................................................................. 51
2.3.2. Situation géographique de la zone d’étude ................................................................................. 51
2.3.3. Caractéristiques spécifiques de chaque zone .............................................................................. 52
CONCLUSION PARTIELLE ........................................................................................................................... 56
CHAPITRE IV.
RESULTATS RELATIFS A LA CARACTERISATION DES MENAGES ............................................67
INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 67
4.1. CARACTÉRISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES MENAGES. .............................................................. 67
4.1.1. Profils des chefs de ménages et des conjoints ............................................................................ 68
4.1.2. Composition et caractéristiques des ménages ............................................................................ 71
4. 2. STRUCTURE DES DEPENSES DECONSOMMATION DES MENAGES. ..................................................... 73
4.2.1. Dépenses des consommations alimentaires ............................................................................... 73
4.2.2. Dépenses non alimentaires. ........................................................................................................ 85
4.2.3. Dépenses globales (alimentaires et non alimentaires) mensuelles .............................................. 87
4.3. FACTEURS INFLUENCANT LES PRATIQUES ALIMENTAIRES A KINSHASA .............................................. 88
- viii -
4.3.1. Facteurs influençant les consommations alimentaires dans les ménages.................................... 88
4.3.2. Facteur influençant l’alimentation hors ménages : durée de travail. ........................................... 91
CONCLUSION PARTIELLE ........................................................................................................................... 91
CHAPITRE V.
RESULTATS DES SUIVIS DES MENAGES RELATIFS AUX MODES DE VIE ET DE
CONSOMMATION ALIMENTAIRE .......................................................................................93
INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 93
5.1. CATEGORISATION DES MENAGES DANS L'ECHANTILLON ................................................................... 93
5.1.1. Catégorisation des ménages sur base de leurs dépenses ............................................................ 93
5.1.2. Catégorisation des ménages par rapport à la qualité de l’habitat ............................................... 95
5.1.3. Catégorisation des ménages par rapport à leur niveau d’équipements et raccordements .......... 96
5.2. CRITERES DE SELECTION DES MENAGES ET MODALITES PRATIQUES DES SUIVIS ................................ 97
5.3. MODES DE VIE, MOYENS D’EXISTENCE ET ORGANISATION DES MÉNAGES. ........................................ 98
5.3.1. Composition des ménages .......................................................................................................... 98
5.3.2. Gestion des ménages et rapport entre les membres ................................................................... 99
5.3.3. Organisation des ménages pour accéder à l’alimentation ......................................................... 101
5.3.4. Estimation des revenus des ménages dans l'échantillon ........................................................... 102
5.3.5. Organisation des repas ............................................................................................................. 103
5.4. MODES DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE DES MENAGES ............................................................ 106
5.4.1. Importance relative des aliments dans les dépenses................................................................. 106
5.4.2. Fréquences et modes de consommation des aliments .............................................................. 110
5.4.3. Estimation des quantités d’aliments consommées et des apports nutritionnels ....................... 124
CONCLUSION PARTIELLE ......................................................................................................................... 128
- ix -
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 145
BIBLIOGRAPHIE .........................................................................................................................151
ANNEXES...................................................................................................................................151
-x-
LISTE DES TABLEAUX
- xii -
LISTE DES FIGURES
- xvi -
INTRODUCTION GENERALE
1. CONTEXTE DE L’ETUDE
« Pendant les années 70, les préoccupations relatives aux conséquences à court et à long
termes de la faim et de la malnutrition ont mobilisé les organismes internationaux de
développement ainsi que de nombreux gouvernements; ils ont consacré une attention nouvelle
et des ressources additionnelles à l’amélioration de l’état nutritionnel de leurs populations.
Les pays riches tels que les Etats-Unis et la Suède et aussi pauvres que le Bangladesh, les
Philippines, le Mexique et le Sénégal développèrent les plans et des mesures conçus par les
diététiciens et fondés sur les connaissances récentes sur les besoins alimentaires de l’homme »
(Timmer et al. , 1986).
A l’heure actuelle, les questions qui touchent la consommation alimentaire se posent encore
avec acuité aussi bien dans les pays dits industrialisés que dans ceux du tiers-monde. Au
centre du débat actuel se trouve la question sur l’avenir de l’agriculture « paysanne »: sera-t-
elle encore en mesure de nourrir la planète ? Les ouvrages qui tentent de répondre à cette
question ont été très nombreux ces dernières années (Renard, 2009).
Pourtant, la question alimentaire est d’autant plus cruciale qu’il faut répondre d’ici 2050 au
défi de nourrir 9 milliards de personnes, ce qui nécessitera de doubler la production tout en
préservant la planète. Cela doit reposer sur un développement durable des agricultures locales
fondé sur une reconnaissance des enjeux environnementaux (changement climatique,
désertification, perte de biodiversité). C’est la seule stratégie responsable pour permettre un
bon approvisionnement des marchés. La crainte qui naît dans l'esprit des consommateurs n’est
pas nécessairement une pénurie alimentaire dans le sens de la prédiction de Malthus, mais
c'est plutôt la qualité des aliments qui suscite de plus en plus d’interrogations.
En effet, la qualité des produits alimentaires est devenue de nos jours une préoccupation pour
les consommateurs. Les produits de la filière agroindustrielle bon marché sont de plus en plus
consommés surtout dans le tiers-monde. « Les exportations massives et incontrôlées de
découpes de « poulet congelé », de l’Union européenne vers l’Afrique subsaharienne -
exportations bénéficiant de subventions indirectes constituent une catastrophe pour les
paysans-producteurs, les économies nationales et la santé des populations» (Horman, 2004 ).
Dès lors, la question sur la sécurité alimentaire resurgit et mérite d’être reposée. « Sécuriser
aujourd’hui l’alimentation de la planète, ce n’est pas seulement assurer une production
alimentaire suffisante, ou fournir des aliments plus sûrs, ou garantir une meilleure
accessibilité aux aliments à toutes les couches sociales, ou se préoccuper des conditions de
production des aliments et donc de la protection de l’environnement, ou encore préserver la
santé et la nutrition des populations, mais c’est tout cela (…) les systèmes alimentaires sont
partout, au Nord comme au Sud, aux prises avec des changements majeurs et très rapides,
notamment l’industrialisation de ces systèmes et l’urbanisation des populations et des modes
de vie, dans un contexte général de mondialisation» (Delpeuch, 2006)
Dans les pays développés comme la France, en 2008, pour la première fois depuis une
trentaine d’années, les Français ont boudé les achats dans les grandes surfaces, le volume de
ventes de produits de grande consommation y a reculé de 1,8%, suite à l’envolée des prix liée
à la hausse des cours des matières premières et la crise internationale. Les acheteurs font ainsi
les arbitrages dans leurs dépenses. Derrière ces indicateurs se cachent des évolutions en
profondeur des comportements des consommateurs (Papin et Pelt, 2009)
Dans les pays en voie de développement l’envolée des prix des produits alimentaires est très
redoutable. A Kinshasa par exemple, l’indice des prix pour l’alimentation est passé de 288 en
juin 2007 à 366 en juin 2008. Cette évolution à la hausse de l’indice des prix s’est accentuée
particulièrement pour les denrées alimentaires comme le témoignent les statistiques publiées
par l’observatoire des prix de la FAO. Cette variation des prix a un impact certain sur le
pouvoir d’achat de la population à cause de son incidence sur le coût du panier de la
ménagère. Si on considère la seule période comprise entre le 2 mai et le 7 juillet 2008, le coût
du panier de la ménagère a connu une augmentation de l’ordre de 42% (FAO et UNIKIN,
2008).
De ce qui précède, il apparait que la consommation alimentaire au sein des ménages a subi
des grandes évolutions. La nécessité de comprendre les évolutions des modes de
consommation, c'est-à-dire, « comment la ration alimentaire change-t-elle quand les
conditions de vie des gens sont modifiées », constitue un défi pour traiter spécifiquement et
efficacement le problème de la faim.
Avec plus de 7 millions d’habitants, Kinshasa compte 11% de la population nationale et 34%
de la population urbaine de RDC. La ville connaît une démographie galopante : la population
s’est multipliée par 7 en 40 ans et la densité de population y est très élevée (577 hab/km²)
(PNUD/RDC, 2009).
La ville de Kinshasa, connaît des grandes disparités de classes sociales au sein de la
population. Après l’indépendance du pays en 1960, la ville s'est structurée suite à la
croissance démographique et aux niveaux socio-économiques beaucoup plus différenciés de
ses habitants (Houyoux, 1973). Ces disparités sociales se traduisent par de grandes différences
de niveaux de vie au sein de la population.
Il existe plusieurs classifications de la ville de Kinshasa en se référant au niveau de
l'urbanisation et aux modes de vie des populations des différents quartiers. Déjà en 1967, la
ville de Kinshasa présentait une grande disparité représentée en six strates: les cités
résidentielles; les anciennes cités; les nouvelles cités; les cités planifiées; les extensions Sud et
les Excentriques (Houyoux, [Link]). Au fil du temps, la ville a connu de nouvelles évolutions
donnant lieu à de nouvelles classifications dont celle présentée par Delbart (2000) avec neuf
strates :
Les cités résidentielles ou cités européennes: elles comprennent les quartiers de la
commune de la Gombe, une partie de la commune de Limete.
Les anciennes cités : Barumbu, Kinshasa, Lingwala et Kitambo
Les nouvelles cités: Kasa-Vubu, Ngiri-ngiri
Les cités planifiées: Lemba, Bandalungwa, Kalamu, Matete et Ndjili.
Les cités d’extension Sud: Makala, Ngaba
Les cités d'extension à l'Est: Kimbanseke, Masina
Les cités d'extension à l'extrême-Est: Maluku et Nsele qui sont des quartiers urbano-
ruraux.
Les cités collinaires de haut standing: Ngaliema, Mont Ngafula et Lemba (Righini). Ce
sont des quartiers résidentiels. Les cités collinaires planifiées après 1970 sont représentées
par le quartier Salongo dans la commune de Lemba, la cité Maman Mobutu et la cité Verte
dans la Commune de Mont Ngafula
Les cités collinaires populeuses du Sud: Bumbu, Selembao et Kisenso
-2-
La carte 1 ci-dessous présente les différentes catégories des communes de la ville de
Kinshasa. Les qualificatifs "européens " ou indigènes" permettent de faire la différence entre
les communes habitées par les colons et celles des indigènes (populations locales) pendant la
période coloniale.
Les disparités au sein de la ville sont aussi manifestes dans la subdivision administrative et
géographique de la ville de Kinshasa en quatre districts urbains inégaux en termes de
superficie, d'effectifs démographiques, de niveau d'urbanisation, de niveau de vie et de qualité
des infrastructures de base (Lelo, 2008). Ces disparités et ces inégalités devraient être prises
en compte dans les études touchant la consommation alimentaire, car celles-ci ont une grande
incidence dans les modes de consommation alimentaire des ménages des Kinois.
En effet, la plupart des ménages kinois vivent dans des conditions précaires, dans un
environnement caractérisé par une forte crise économique. Dans les ménages, les femmes
doivent apporter leur contribution aux sources de revenus et les petits emplois souvent
informels qu’elles exercent les contraignent d’être absentes du domicile parfois jusque tard
dans la soirée. Les heures de repas et leur fréquence s’en trouvent modifiées et ceux-ci ne sont
plus dès lors préparés dans le foyer : ils sont consommés hors domicile ou des préparations
sont ramenées pour les autres membres du ménage.
Cet abandon des pratiques culinaires est d’autant renforcé dans les ménages pauvres que le
coût des combustibles ligneux (principalement le charbon de bois) est très élevé suite à la
surexploitation des zones forestières à proximité de Kinshasa.
Les habitudes alimentaires subissent de profondes modifications : on assiste, à titre
d’exemple, à une diminution de la consommation de plats traditionnels comme la
Chikwangue (bâton de manioc) en faveur du pain (préparé à base de céréales importées)
consommé à tout moment de la journée. Le succès grandissant des grandes boulangeries
installées à Kinshasa témoigne de ces nouveaux comportements en milieu urbain (Muteba et
al,2010). La finalité alimentaire du pain n’est pas la même que celle de la Chikuangue et/ou le
-3-
Fufu (pâte de manioc). En effet, la consommation de Fufu ou de la Chikwangue est ce que les
Kinois considèrent comme « avoir mangé » alors que le pain pris le matin ou à tout moment
de la journée est considéré comme casse-croûte ou pour calmer la faim.
Dans un contexte de crise tel que vécu en RDC, l’alimentation prend une connotation
essentiellement quantitative : les ménages se tournent vers les produits les moins coûteux et
d’apport calorique élevé au détriment d’aliments riches en protéines, ce qui aboutit à des
régimes déséquilibrés. Ce déséquilibre est accru par un afflux de produits importés, souvent
de qualité nutritionnelle douteuse mais à des prix très concurrentiels et répondant à de
nouvelles pratiques alimentaires des consommateurs urbains.
Si les modifications des habitudes de consommation alimentaire observées ainsi que les
stratégies individuelles ou collectives adoptées dépendent assurément du pouvoir d’achat des
ménages, elles comportent probablement des déterminants socio-culturels qu’il conviendrait
de cerner pour l’élaboration d’axes stratégiques d’une politique alimentaire durable.
L’insécurité alimentaire des ménages kinois est la résultante d’un système complexe de «
facteurs de vulnérabilité », elle est largement due à un manque de pouvoir d’achat et, face à
des crises, à la faible résilience des ménages. Des ménages se retrouvent dans une situation
d’insécurité alimentaire lorsque leurs modes de vie et moyens d’existence ont changé ou ne se
sont pas adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un équilibre entre un ensemble de
besoins (Sen, 1981). La demande alimentaire des ménages ne peut donc être analysée
indépendamment de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie des ménages :
relations sociales, ressources disponibles, localisation géographique.
Les données statistiques des enquêtes réalisées auprès des consommateurs renseignent sur les
quantités d’aliments consommées lorsqu’il s’agit d’enquêtes nutritionnelles ou, pour les
enquêtes sur le budget des ménages, enregistrent les dépenses consacrées à l’alimentation
ainsi que toutes les autres dépenses des ménages et les sources de revenus.
Si ces enquêtes budget sont d’une grande utilité en Economie alimentaire dans les pays
industrialisés, elles présentent, selon nous, davantage de risques d’erreur dans le contexte
africain : le fait de se limiter à l’enregistrement des dépenses implique que la grande majorité
des aliments consommés proviennent du marché, ce qui n’apparaît pas être le cas dans les
pays africains où les approvisionnements non marchands (autoconsommation, transferts
sociaux) sont non négligeables, même dans le cas de ménages urbains.
De surcroît, les dépenses alimentaires réalisées sous forme de consommation hors domicile
sont difficilement comptabilisables du fait de l’autonomie des membres des ménages. De
même, il est difficile d’enregistrer de façon fiable les revenus du ménage qui souvent
proviennent de plusieurs membres et d’emplois informels. En outre, ces enquêtes ne donnent
aucune indication quant au mode d’approvisionnement, aux pratiques alimentaires et à leur
évolution au sein des ménages.
L’ensemble des données issues des enquêtes telles que décrites ci-dessus et disponibles pour
Kinshasa, ne semblent pas suffisantes pour appréhender le fait alimentaire en termes de
stratégies d’accès et d’utilisation par les ménages. A ce jour, très peu d’analyses de groupes
de ménages et de moyens d’existence ont été menées sur le territoire national (Ministère de
l’agriculture, pêche et élevage, 2012). Ainsi, une actualisation nous semble utile, car les
données les plus récentes datent de 2005 (enquête 1-2-3 : condition de vie des ménages); 1999
(CEPLANUT, 2000) ; 1994 (Goossens, 1995) ; 1986 (Houyoux, 1986).
Cependant, à ce jour, les conditions socio-économiques des Kinois ne cessent de se détériorer.
Les différentes guerres que le pays a connues dans les années 1997 et 2000, les mouvements
migratoires qui en ont suivi, les crises alimentaires des années 2007 et 2008 et surtout le
-4-
développement d’agro-production de grands groupes transnationaux dont les produits
inondent les marchés kinois, sont autant de nouveaux facteurs nécessitant d’être intégrés dans
la dynamique de consommation alimentaire à Kinshasa.
La présente étude a été initiée avec l'ambition de jeter un regard analytique sur les modes de
consommation alimentaire à Kinshasa à l’aide de la combinaison d’outils de collecte
d’information. Les dimensions socio-économiques et culturelles des consommateurs étant
prises en compte de façon intégrée, et ce, dans une approche de proximité avec des ménages
concernés.
La question formulée au départ de cette étude est la suivante :
Quelles sont les caractérisations des modes de consommation alimentaire des ménages kinois,
en prenant en compte l’ensemble de leurs moyens d’existence et leur localisation
géographique ?
Cette question donne lieu à cinq sous-questions formulées comme suit :
Quelles sont les caractéristiques socio-économiques des ménages kinois ?
Comment se structurent leurs dépenses de consommation?
Quels sont les facteurs qui influencent les pratiques alimentaires des Kinois ?
Quels sont les moyens d’existence des ménages, les modes de vie et leur organisation pour
accéder à l’alimentation ?
Quelle est l'importance relative des différents modes de consommation alimentaire des
ménages?
3. HYPOTHESES
La présente étude a pour hypothèse de départ le fait que les ménages kinois se retrouvent dans
une situation d’insécurité alimentaire parce que leurs modes de vie et moyens d’existence ne
se sont pas adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un équilibre entre un ensemble de
besoins. Les modes de consommation alimentaire des ménages kinois se caractérisent en
fonction de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie des ménages: relations
sociales, ressources disponibles et localisation géographique.
Les cinq hypothèses suivantes ont été formulées pour les sous-questions de recherche posées
précédemment :
Première hypothèse : Les ménages kinois seraient caractérisés par des conditions de vie qui
refléteraient celles de leur zone d’habitation. Les ménages les plus aisés seraient établis dans
des zones urbanisées tandis que les ménages les moins aisés seraient établis dans les
bidonvilles.
Deuxième hypothèse : La structure des dépenses des ménages kinois indiquerait la
prédominance des dépenses alimentaires qui font partie des besoins incompressibles aussi
bien pour les non pauvres que pour les pauvres.
Troisième hypothèse : Les facteurs socioculturels : le goût, le plaisir et les habitudes
alimentaires influenceraient les modes de consommation des ménages aisés alors que pour les
moins aisés, seules les considérations économiques importeraient : les prix des aliments et les
moyens disponibles influeraient sur leur mode de consommation alimentaire.
Quatrième hypothèse : L’accès à l’alimentation dans les ménages kinois serait rendu possible
grâce aux stratégies des groupes (relation de proximité, relation vendeur-acheteur,
marchandage, entraide, partage, solidarité) aussi bien au niveau des ménages ou hors ceux-ci
-5-
(milieux professionnels, écoles, universités, rue). Les ménages avec de bonnes stratégies
seraient ceux qui peuvent maintenir leur sécurité alimentaire tandis que ceux sans stratégies
demeureraient des ménages vulnérables, courant toujours un risque d’insécurité alimentaire.
Cinquième hypothèse : A Kinshasa, comme dans la quasi-totalité des pays du Tiers-Monde,
les modes de consommation seraient caractérisés par une forte consommation relative de
céréales et/ou de racines et tubercules, complétées parfois par des produits riches en protéines,
essentiellement les légumineuses.
4. BUT ET OBJECTIFS
La présente étude a pour but de caractériser les modes de consommation alimentaire dans les
ménages à Kinshasa. Les objectifs spécifiques sont les suivants ;
Analyser les caractéristiques socio-économiques des ménages kinois ;
Analyser la structure des dépenses de consommation des ménages ;
Analyser les facteurs qui influencent les pratiques alimentaires des Kinois ;
Décrire et analyser les conditions d’existence des ménages, leur mode de vie et leur
organisation pour accéder à l’alimentation,
Décrire et analyser les différents modes de consommation alimentaire des ménages.
5. METHODOLOGIE DE L’ETUDE
Pour converger vers le but assigné à cette étude, la démarche scientifique est partie d’une
série d’observations particulières aux modes de consommation alimentaire des ménages
kinois tout en intégrant les informations issues de la revue de la littérature.
Dans la réalisation de cette étude, la revue de la littérature a été la première étape de la
recherche. Cette revue de la littérature a permis de formuler les hypothèses de départ et le
cadre conceptuel de l'étude. Compte tenu de l’importance des concepts attachés à la
consommation alimentaire, la revue de la littérature a été orientée dans plusieurs secteurs,
notamment : l’agriculture, l’agriculture périurbaine, la sociologie, la psychologie, la nutrition,
l’économie.
Deux types d'enquête ont été réalisés pour recueillir les données nécessaires à l'élaboration de
ce travail. La première enquête du type aléatoire a permis de faire une catégorisation des
ménages sur base notamment de leurs dépenses tant alimentaires que non alimentaires. La
deuxième enquête du type non aléatoire a consisté en une série de suivis auprès des ménages,
ceux-ci choisis sur base de certains critères précis. Ces suivis ont permis de récolter les
informations quantitatives et qualitatives permettant de caractériser le style de consommation
alimentaire des ménages.
Deux approches ont été prises en considération. Il s'agit du modèle agro-nutritionnel (MAN)
et du modèle de consommation alimentaire (MCA). Par rapport au MCA, il a été question
d’analyser la manière dont les ménages s’organisent pour accéder à l’alimentation ainsi que
leur style de consommation alimentaire. L’approche par le MAN a permis de mesurer la
valeur nutritionnelle des aliments consommés par des groupes sociaux.
6. DELIMITATION DE L’ETUDE
La présente étude se limite, du point de vue spatial, à la Ville de Kinshasa. Les enquêtes ont
été réalisées dans trois communes différentes. Il s’agit du quartier Résidentiel dans la
-6-
commune de Limete, des quartiers 1 et 7 dans la commune de N’djili et du quartier Mabulu
dans la commune de Makala. Ces enquêtes ont été menées auprès des ménages.
Sur le plan temporel, l’étude s’est étendue de 2010 à 2012. C’est au cours de cette période que
les différentes données exploitées dans ce travail ont été collectées à travers une série
d’enquêtes et d’entretiens informels avec les informateurs clés.
L’insécurité alimentaire est un aspect majeur de la pauvreté urbaine (Bonfiglioli, 2007). Les
ménages urbains consacrent une fraction plus importante de leurs revenus à l’achat d’aliments
que les ruraux et sont donc plus vulnérables aux variations de prix et à la dégradation des
termes de l’échange.
Les modes de consommation alimentaire en milieu urbain et à Kinshasa en particulier ont
considérablement évolué depuis quelques années. Or, ils sont aujourd’hui mal connus et
relativement peu étudiés pendant que les enjeux liés à la sécurité alimentaire sont, depuis les
émeutes de la faim liées à la flambée des prix des produits agricoles en 2008, à l’ordre du jour
des partenaires de coopération au développement.
La République Démocratique du Congo, en sigle RDC, figure parmi les 30 pays, dont 16 en
Afrique, retenus au niveau mondial pour produire des rapports nationaux sur la réalisation des
OMD. Pour atteindre cet objectif, il faut mesurer les progrès enregistrés par la RDC dans la
réalisation des OMD.
Cependant, la principale difficulté rencontrée dans la rédaction du rapport est l’état
défectueux du système statistique national. En effet, le suivi des Objectifs du Millénaire pour
le Développement n’est possible que lorsque la disponibilité des données statistiques récentes
et fiables est assurée. D’où la nécessité de réhabiliter le système statistique congolais
(Ministère du Plan, 2010).
Toutefois, la réalisation des études comme celle dont il est question dans ce travail, permettra
à la RDC de disposer de plus en plus de données récentes et complémentaires aux statistiques
nationales.
La présente étude est un aboutissement des travaux de recherches effectués pendant une
période de quatre ans. Outre sa partie introductive, la présente étude se structure en trois
parties subdivisées en six chapitres.
La première partie de l’étude fixe le cadre conceptuel, le milieu et le contexte de l’étude. Dans
son premier chapitre, elle définit les concepts clés, le modèle conceptuel qui reconstitue le fil
conducteur de l’étude et fixe les bases théoriques de l’orientation méthodologique empruntée.
Le deuxième chapitre se focalise sur le contexte national de l’étude et les caractéristiques
physiques de la zone d’étude, qui est constituée de trois quartiers parmi les communes
administratives de la ville de Kinshasa.
La deuxième partie, basée sur des données primaires issues d’une série d’enquêtes, présente
les principaux résultats des travaux empiriques. Le troisième chapitre aborde la méthodologie
détaillée de chacune des enquêtes ayant fourni les données analysées. Le quatrième chapitre
présente les résultats de l'enquête sur la caractérisation des ménages. Le cinquième chapitre
présente les résultats des suivis des ménages relatifs aux modes de vie et de consommation
alimentaire.
-7-
La troisième partie, qui traite des perspectives, comprend le sixième chapitre qui porte sur
l’évolution des modes de consommation alimentaire à Kinshasa. Ce dernier chapitre est suivi
par la conclusion générale.
-8-
PREMIERE PARTIE :
CADRE THEORIQUE GENERAL ET CONTEXTE DE L’ETUDE
CHAPITRE I.
CADRE THEORIQUE ET CONCEPTUEL
INTRODUCTION
Le concept de base autour duquel s’articule cette étude est "la consommation alimentaire". En
effet, la consommation alimentaire est un concept que les économistes et les sociologues
définissent différemment : les économistes la définissent comme une démarche dans le cadre
de l’affectation d’un budget de consommation. Pour les sociologues, elle peut faire l’objet
d’une approche socio- historique en termes de modèles de consommation.
L’approche la plus riche est celle des styles alimentaires, approche culturelle prenant en
compte l’aliment et les pratiques qui lui sont liées. Mais une combinaison de ces approches
est toujours nécessaire.
Dans le cadre de cette étude, il sera question de définir la consommation alimentaire d’abord
sur son aspect physique, c'est-à-dire la consommation alimentaire comme "aliment" ou
" alimentation ", ensuite dans ses aspects socioculturels, c'est-à-dire "les modèles " et " styles"
de consommation alimentaire.
Des concepts comme nutrition, nutriment, nourriture, repas étant de plus en plus assimilés à la
consommation alimentaire, seront analysés et définis de façon claire et sans ambigüité. Enfin,
la consommation alimentaire étant quantifiable, plusieurs approches méthodologiques ont été
mises en pratique pour l’évaluer. C'est ainsi qu'il a été évoqué les différentes approches
méthodiques, du moins les plus utilisées.
1° Consommation alimentaire
La cinquième enquête mondiale sur l’alimentation de la FAO avait défini la consommation
alimentaire comme l’ensemble des aliments accessibles à un groupe de population, quelle
qu’en soit l’origine (production locale ou importations) (FAO 1987).
La consommation alimentaire est appréhendée comme une ration alimentaire apportant à
l’organisme une certaine quantité d’énergie évaluée en calories et un certain nombre de
nutriments nécessaires à son équilibre. Cette définition permet de disposer d’unités pour
évaluer les disponibilités alimentaires. En projetant dans le temps disponibilités et besoin, il
est possible de faire de la prévision (Requier-Desjardins, 1989).
2° Aliment et alimentation
Un aliment est une denrée comportant des nutriments, donc nourrissante, susceptible de
satisfaire l’appétit, donc appétante et habituellement consommée dans la société considérée,
donc coutumière (Trémolièress et al. 1968). Si l'on retient la définition de Trémolières, il est
évident que l'alimentation doit comporter de telles qualités, sous réserve que les denrées ne
recèlent pas de produits nocifs pour les consommateurs en général ou pour certains d'entre
eux (Ruasse, 2013). Cette précision est importante dans la mesure où elle permet de ne pas
considérer comme aliment les substances nocives comme le tabac notamment.
De ce qui précède, on peut considérer que l’aliment est une substance, en général naturelle et
de composition complexe qui, associée à d’autres substances en proportion variable, est
capable d’assurer le cycle régulier de la vie d’un individu et la persistance de l’espèce à
laquelle il appartient (Habault, 1983).
Selon l’analyse de Trémolières cité par Malassis et Padilla (1986), l’aliment a trois
caractéristiques fondamentales . Il est nourrissant parce qu’il contient des nutriments. Il est
appétissant, c'est-à-dire qu’il excite l’appétit. Il est aussi coutumier parce qu’il est
habituellement consommé au sein d’une société donnée.
L'alimentation est l'action ou la manière de fournir aux êtres vivants la nourriture dont ils ont
besoin pour leur croissance, leur développement, leur entretien. Cette acception fonctionnelle
souligne une évidence : l'alimentation assure le cycle de vie d'un individu et la persistance de
l'espèce à laquelle il appartient. S'intéresser à l'alimentation de l'homme, c'est, comme pour
n'importe quelle espèce, considérer les aspects quantitatifs, le bilan entre ses besoins et ses
ressources. C'est aussi considérer les aspects qualitatifs, en particulier sanitaires. C'est enfin
ne pas oublier que l'alimentation est empreinte de plaisir et de peurs, qu'elle est, chez
l'homme, un fait culturel essentiel (Nairaud, 2013).
Le caractère universel des aliments est d’être nourrissant. Mais les champs alimentaires ne
coïncident pas : certaines substances nourrissantes, telles que insectes, escargots, grenouilles,
crapauds, chiens, singes, porcs, etc., sont acceptées par certaines sociétés ou par certains
groupes sociaux à l’intérieur d’une société donnée et rejetées par d’autres.
3° Nutrition et nutriment
La nutrition peut être considérée comme une science qui consiste à porter un regard normatif
sur l’apport alimentaire (Mazzocato et Stéphane, 2008). Mais, la nutrition peut être considérée
comme une intégration de la chimie, la physique et la physiopathologie, à la solution des
problèmes qui lient les aliments et la vie. Pour satisfaire ses besoins d’entretien, de croissance
et d’activité, l’homme consomme des aliments dont les principes actifs sont les nutriments.
Un nutriment est un constituant minéral ou organique, directement assimilable et utilisé par
l’organisme pour la production d’énergie ou la construction. Un nutriment qui ne peut pas être
synthétisé par l’organisme en quantité suffisante pour permettre son bon fonctionnement est
appelé nutriment indispensable. Il doit obligatoirement être apporté par l’alimentation (Alary
et al, 2009). Les principaux nutriments sont : les protides, les glucides, les lipides, les micro-
nutriments (minéraux, vitamines) et les fibres végétales non digestibles. L’univers nutritionnel
est apparemment simple, en réalité il est fort complexe car chacune des catégories de
nutriments comprend plusieurs formes.
Les nutriments glucidiques, lipidiques et protidiques apportent à l’organisme l’énergie dont il
a besoin. L’énergie utilisable est en moyenne de 4 kcal pour les glucides ainsi que les
protéines et de 9 kcal pour les lipides. Mais ces substances ne sont pas seulement
énergétiques, elles ont chacune dans l’organisme un rôle spécifique et la ration doit fournir un
ensemble nutritionnel équilibré (Malassis et Ghersi, 1995).
Manger répond à trois impératifs : se nourrir, se socialiser, se faire plaisir. Aucun de ces
impératifs ne peut être exclu (Rigaud, 2004). La consommation alimentaire remplit trois
principaux types de fonctions pour l’homme : une fonction nutritionnelle, une fonction
identitaire et une fonction hédonique (Bricas, 1998).
- 12 -
1° Fonction nutritionnelle
La fonction principale de la consommation alimentaire est d’abord nutritionnelle. En effet,
l’homme se nourrit pour satisfaire ses besoins biologiques. Il a besoin, pour vivre, d’ingérer
des nutriments : calories, sels minéraux, oligo-éléments. Ces nutriments sont dans les
aliments. De ce fait, en consommant les aliments, l’homme consomme essentiellement les
nutriments.
2° Fonction identitaire
L’alimentation est porteuse d’identité et permet à un groupe de marquer ses différences. Elle
est source d’identification au même titre que le langage (Hubert, 1991). L'homme utilise
l’alimentation, parmi d’autres choses pour construire et faire connaître son identité
individuelle et collective. Par la façon dont il sélectionne les produits qu’il utilise, dont il les
combine sous forme de préparation culinaire, dont il organise ses repas, l’homme marque vis-
à-vis de lui-même et des autres son histoire propre et son appartenance à un ou des groupes
socioculturels. Cette fonction identitaire ne se limite donc pas à l’ingestion d’aliments.
Toutes les sociétés secrètent des idéologies alimentaires définies comme des attitudes sociales
à l’égard des faits alimentaires. Selon le principe d’incorporation : « on est ce qu’on mange »
(Rozin, 1994), les aliments acquièrent ainsi une forte valeur symbolique. Le choix a donc
souvent une valeur de démarcation : il existe des aliments de riches et de pauvres, des plats
urbains et ruraux, mais la distinction peut aussi être religieuse ou morale (Gerbouin et Dupin,
1993).
3° Fonction hédonique
L’homme mange aussi pour se faire plaisir. Ce plaisir ne se limite pas aux aspects gustatifs, il
concerne aussi le plaisir de la prise des repas, la satisfaction de se sentir en accord avec ses
principes de vie et ses valeurs au travers de l’alimentation. Le plaisir provient en particulier de
la palatabilité et celle-ci est fortement liée aux sucres et aux graisses. Cette préférence est
d’origine génétique (Lahlou, 2005).
Des facteurs psychoaffectifs (humeur, émotions, anxiété, stress psychologique) influencent
clairement le comportement alimentaire. Ils peuvent interagir en particulier avec les signaux
sensoriels liés à la prise alimentaire (aspect, odeur, goût des aliments). Le traitement
hédonique, génétiquement présent chez tous les humains, fait que l’aliment n’est jamais
neutre. L’aliment peut être plus ou moins agréable ou désagréable, et de ce fait recherché ou
évité (Chiva, 1996).
Les enquêtes alimentaires sont des méthodes développées pour évaluer les apports
alimentaires d’un individu, ou d’un groupe d’individus. Certaines permettent d’estimer les
consommations sur des jours définis, d’autres évaluent les consommations habituelles.
Comme tout outil, les méthodes d’enquêtes alimentaires présentent des limites qu’il convient
de connaître pour l’interprétation des résultats.
Le choix de la méthodologie à utiliser dépend de très nombreux critères : objectifs de l’étude
(nutriments, aliments, groupe d’aliments), caractéristiques de la population (âge, sexe,
éducation, lettrisme, motivation, niveau socioculturel, etc.), recueil d’informations sur un
groupe ou sur un individu, volonté d’estimer des apports absolus ou relatifs, temps et moyens
disponibles. (Université Médicale Virtuelle Francophone, 2010).
- 13 -
Selon Poulain (2003), l’étude des pratiques alimentaires pose deux types de problèmes
méthodologiques : par où entrer dans l’espace social alimentaire ? Et quels types de données
collecter ? Elle peut être engagée à quatre niveaux : les disponibilités, les achats, l’espace
domestique, les consommations.
- 14 -
(panier de la ménagère), soit objectivés à travers des variations macro ou micro-économiques.
Ces données sont ensuite croisées avec des données sociologiques, dotées du statut de
variables d’intégration comme « l’habitus », « le mode de vie », le style de vie ou encore les
logiques d’action (Herpin, 1984).
Cette approche est connue sous l’appellation « enquête budget consommation des ménages».
En effet, les enquêtes Budget/Consommation permettent d’appréhender la consommation
alimentaire par le biais des dépenses que réalisent les ménages ou les individus pour leur
alimentation. Ces enquêtes permettent de mesurer soit le revenu des ménages, soit leurs
dépenses, soit l’écart existant entre les deux, c’est-à-dire l’impossibilité d’assurer l’équilibre
budgétaire.
Les enquêtes mesurant les dépenses distinguent le type de dépenses effectuées. Elles sont
classées selon le critère alimentaire, non alimentaire ou d’autres critères (produits de première
nécessité, habillement, habitat, etc.). Les dépenses alimentaires permettent de déterminer la
quantité de produit acheté pour l’alimentation (en fonction des prix). A partir de ces données,
la quantité d’énergie disponible au sein du ménage en est déduite. Ces enquêtes permettent de
déterminer si les calories disponibles sont suffisantes pour satisfaire les besoins des membres
du ménage (CE/EAOC, 2002). La méthode par achat présente les avantages suivants:
- la prise en compte des difficultés d’accessibilité aux produits alimentaires.
- l’identification des groupes vulnérables, l’évaluation de la proportion de ménages vivant
sous le seuil de pauvreté afin de mettre en évidence les inégalités entre les ménages ;
- l’identification des causes et la mesure de l’insécurité alimentaire au niveau national et à
l’intérieur d’un pays ;
- la suivi de l’évolution de la situation alimentaire si les enquêtes sont répétées. (CE/EAOC,
Op. cit.) .
Cependant les enquêtes budget consommation présentent également des faiblesses dont les
plus importantes sont :
- les achats n’étant pas la consommation proprement dite, et même si elles se dénomment
« études de consommation », ces recherches ne sont en fait que des études d’achat et
possèdent différents points aveugles, notamment la non évaluation des achats jetés sous
forme de déchets ménagers. « Ce qui est acheté n’est pas forcément consommé, et ce qui
est consommé n’est pas forcément acheté » (Université Médicale Virtuelle Francophone,
2010).
- en ne considérant que les achats, ces méthodes ne prennent donc pas en compte
l’autoconsommation, pourtant, dans de nombreux pays africains, on a constaté que les
approvisionnements alimentaires non marchands sont non négligeables, même en ville
(Bricas, Op. Cit).
- la quantification des variables qui caractérise les EBC ne permet pas d’explorer des items
qualitatifs comme les variables socioculturelles (Delgado et Rerolle, 1993).
- 15 -
Ces préparations peuvent être quotidiennes ou différées. Les limites de ce type d’approche
sont de trois ordres :
- les pratiques de table ne sont toujours saisies que verbalement et ne peuvent au mieux
qu’être des données reconstruites dont la qualité dépend de l’outil de collecte,
- l’espace domestique n’est pas le seul lieu de consommation,
- une part importante de l’alimentation hors repas échappe à l’analyse, du fait de son
absence des études d’achat.
- 16 -
- En rassemblant des informations sur les quantités d’aliments achetées et sur les dépenses
correspondantes, elles permettent de calculer les prix moyens effectivement payés pour
différents produits par différents groupes de ménages.
- Le rappel diététique
Le principe de cette méthode est d’estimer la consommation alimentaire, de la façon la plus
précise possible sur la période précédant immédiatement l’interview. La période sur laquelle
repose l’interrogatoire peut être plus ou moins longue. La méthode la plus souvent utilisée est
le rappel des 24 heures. Celle-ci vise à reconstituer le plus précisément possible l’alimentation
de la veille (Péquignot, 1991). Cette technique peut également porter sur deux jours voire
plus, une semaine. Elle nécessite une table de composition très détaillée avec notamment la
composition d’aliments cuits.
Depuis quelques années, le rappel de 24 heures répété est utilisé. L’avantage principal du
rappel diététique est sa simplicité et sa rapidité qui le rend utilisable sur de grands
échantillons. Cette méthode est relativement peu coûteuse et nécessite un personnel d’enquête
moins qualifié (Galan et Hercberg, 1985 Op. cit.).
Son inconvénient majeur réside dans les biais qui peuvent être importants puisqu’il ne prend
en compte que l’alimentation de la veille et n’apporte aucun élément sur la consommation
habituelle de l’individu. Il ne peut donc renseigner parfaitement sur l’alimentation habituelle
de la population étudiée (Musse et Mejean, 1991). De plus, les sujets peuvent ne pas rapporter
- 17 -
la réalité de leur prise alimentaire, soit par défaut de mémorisation, soit en raison de
l’intervention de facteurs cognitifs tels que le désir d’approbation sociale (Bresson, 2001).
- L’histoire alimentaire
Cette méthode essaie d’apprécier les habitudes alimentaires et le type d’alimentation plutôt
que l’alimentation actuelle des sujets. C’est la méthode de choix dans les enquêtes
rétrospectives (Galan et Hercberg, Op. cit.). Elle utilise une table de composition des aliments
simplifiée (70 à 80 rubriques) exprimée en aliments crus tels qu’achetés (Péquignot, 1991).
C’est une méthode plus lourde que le rappel diététique mais elle peut être réalisée sur des
échantillons relativement importants et représentatifs de la population à étudier. La durée de
l’enquête (entre 20 et 60 minutes par personne) lui confère une bonne acceptabilité, d’autant
plus qu’elle se fait en une seule fois et n’exige pas un endroit particulier pour sa réalisation.
Les enquêteurs doivent être parfaitement entraînés. Les façons de poser les questions et les
méthodes d’évaluation des quantités d’aliments doivent être harmonisées.
B2) Méthodes par enregistrement des quantités consommées pendant une période
L’enregistrement est le plus souvent réalisé pendant trois jours ou une semaine, à l’échelon
individuel ou familial, soit par pesée précise soit par évaluation en mesures ménagères. Il peut
aussi porter sur les achats alimentaires. Ces méthodes intéressent particulièrement les
nutritionnistes qui se soucient de faire des calculs sur les consommations en termes de
nutriments. Elles apportent la meilleure précision quant aux quantités effectivement
consommées au foyer (Thiombanio, 1992).
- Journal alimentaire
Dans cette technique, les quantités d’aliments consommées sont enregistrées en détails
quotidiennement pendant la période de l’étude, repas par repas, sur un semainier ou journal
prévu à cet usage. Les quantités d’aliments prêts à être ingérés sont estimées en mesures
ménagères : portions, verres, tasses, cuillères, tranches, morceaux, pièces, etc. Pendant
l’enquête, un contrôle doit avoir lieu régulièrement pour s’assurer que le semainier est
correctement rempli.
- 18 -
Cette méthode assez simple est appliquée sur des échantillons plus importants que pour la
méthode par pesée. La remise d’un journal bien conçu facilite le recueil des données et évite
les oublis. Cette méthode demande une grande coopération des sujets étudiés. La nécessité
d’une participation active peut être un facteur biaisant la représentativité de l’échantillon des
sujets qui acceptent l’enquête (Galan et Hercberg, [Link].). De plus, le fait de noter les
aliments peut modifier à la fois le type d’aliments, leur nombre et les quantités consommées
(Bresson, 2001).
1.2.1. Définition
- 19 -
1.2.2. Classification agro-nutritionnelle des aliments
La FAO publie une liste des produits alimentaires disponibles dans le monde et une liste
simplifiée en 16 groupes. D’après cette liste et la classification internationale des aliments, la
classification dite agro-nutritionnelle est établie en neuf catégories de produits. Selon cette
classification, les aliments consommés sont exprimés en équivalents produits de base répartis
d’après leur richesse nutritionnelle. Elle constitue une tentative de liaison entre phénomènes
nutritionnels et agricoles.
Cette classification simple, synthétique, n’est cependant pas pleinement satisfaisante. La
difficulté tient à la composition nutritionnelle diversifiée des aliments. A l’exception du sucre
(saccharose) et des huiles et graisses qui ne contiennent que des calories du groupe
nutritionnel auquel ils appartiennent (respectivement glucides et lipides), la plupart des
aliments ont des compositions diversifiées et exercent en réalité plusieurs fonctions
nutritionnelles. Celles-ci dépendent de la composition des aliments et de leur importance
relative dans la consommation. C’est ainsi que les céréales qui sont très riches en glucides (70
à 80% de la partie comestible) et relativement pauvres en protéines (8 à 10%) exercent
cependant une fonction protéique très importante dans le monde en raison de leur forte
importance relative dans la consommation mondiale.
L’une des caractéristiques des produits agricoles de base est de fournir des produits conjoints,
dont la valorisation dépend des conditions économiques. Il en est ainsi notamment des noix et
oléagineux. Les graines d’arachide, par exemple, fournissent 46 à 52% de lipides et 25 à 30 %
de protéines et les tourteaux (après extraction de l’huile) 2 à 8 % de lipides (selon les
méthodes d’extraction) et 45 à 50% de protides. Selon l’usage qui en est fait, ces graines
peuvent donc remplir des fonctions lipidiques ou protéiques ou les deux à la fois.
Les légumes et les fruits classés dans la catégorie des produits riches en glucides ont en réalité
une faible valeur calorifique, mais leur fonction nutritionnelle principale est de fournir des
minéraux, des vitamines et des fibres alimentaires, aspects qui ne sont pas explicitement
considérés dans la classification simplifiée. D’autre part, fruits et légumes ne constituent pas
des catégories nutritionnelles homogènes : c’est ainsi que certains sont riches en glucides
(bananes, dattes, etc.), d’autres en lipides (olives, avocats, etc.) et certains en protides
(légumes-feuilles).
La classification agro-nutritionnelle, qui a l’avantage de la simplicité, nécessite d’être
correctement interprétée. Insuffisante pour le nutritionniste, elle est plus significative pour
l’agroéconomiste (Malassis et Padilla, 1986).
Il existe plusieurs classifications agro-nutritionnelles, le point de différenciation étant le
nombre de groupes d'aliments pris en compte. Il y a ainsi, la classification agro-nutritionnelle
en huit groupes d'aliments telle que présentée par Malassis et Padilla (1982). Lorsqu’on
considère les boissons comme un groupe à part entière, on arrive à une classification avec
neuf groupes d’aliments, telle que proposée par Malassis et Padilla (1986). Il y a également
des classifications avec 10 groupes ou plus. Tout dépend des critères utilisés pour regrouper
les aliments.
Dans les lignes qui suivent, il sera présenté une classification avec neuf groupes d'aliments.
Cette classification se présente comme suit:
- Groupe I : céréales, racines et tubercules (CR)
- Groupe II : sucre et miel (SM)
- Groupe III : légumes et fruits (LF)
- Groupe IV : légumineuses ou légumes secs (LS)
- 20 -
- Groupe V : viandes, abats et œufs (VO)
- Groupe VI : lait et produits laitiers (LT)
- Groupe VII : poissons et fruits de mer (PS)
- Groupe VIII: matières grasses (MG)
- Groupe IX : boissons et stimulants (BS)
Le tableau 1 ci-après présente une combinaison entre les catégories nutritionnelles, les
produits agricoles de base et les groupes agro-nutritionnels.
Les aliments des groupes I à III (CR, SM, LF) sont glucidiques, ceux des groupes IV à VII
(LS, VO, LT et PS) sont riches en protides, et le groupe VIII (MG) est essentiellement
lipidique.
Pour rendre plus apparentes les spécificités des modèles, ceux-ci sont visualisés par la
construction de roses nutritionnelles. (Malassis et Pedilla, Op. cit.). Les modèles sont ainsi
exprimés sous forme de profils agro-nutritionnels de l’ensemble des disponibilités
alimentaires humaines.
Ces disponibilités alimentaires totales sont ensuite divisées par le nombre de personnes
constituant la population, pour en déduire les disponibilités alimentaires par habitant et par an
en volumes. Ces calculs sont réalisés par produit (blé, fromages, les fruits…), qui peuvent être
groupés dans les dix classes suivantes répondant à une logique nutritionnelle : céréales,
racines et tubercules, légumineuses, fruits et légumes, graisses végétales, graisses animales,
viandes et œufs, lait et produits laitiers, poissons, sucres et miel.
Pour chacun de ces produits et chaque pays, les disponibilités alimentaires en kilogrammes
sont ensuite transformées, grâce à des tables de composition des aliments, en énergie
(calories) et en macronutriments (protides, lipides, glucides), voire en micronutriments
(vitamines, minéraux). Sur cette base, il est possible de procéder à des typologies en calculant
- 21 -
les indices relatifs des disponibilités exprimées en calories finales par groupe de produits, par
rapport à une référence.
Pour rendre plus apparentes les spécificités de chaque pays par rapport à la référence, des
roses alimentaires sont construites, exprimant des profils agro-nutritionnels. Il suffit de porter
sur chaque axe d’un décagone parfait, représentant les niveaux de disponibilités par habitant
du modèle de référence, les indices relatifs de disponibilités pour chaque groupe de produits.
En regroupant les différents profils agro-nutritionnels similaires, on aboutit à des typologies
(Alary et al. Op. cit.).
A partir des bilans alimentaires, de très nombreuses typologies ont été mises au point ;
certaines sont à visée plus sociologique, économique ou agronomique. D’autres sont à visée
alimentaire.
Selon Alary et al (Op cit.), à partir de l’analyse de l’ensemble des pays du monde pour
lesquels les informations sont disponibles, il a été mis en évidence trois modèles
fondamentaux et neuf sous-modèles.
1° Le modèle occidental
Ce modèle se caractérise par une forte proportion de produits animaux et une ration fortement
énergétique avec 3500 à 3800 calories disponibles. Il se compose de trois sous-ensembles :
a) Le modèle méditerranéen : essentiellement végétarien, qui se caractérise par une tradition
céréalière, fruitière et légumière, aliments complétés par des légumineuses et des poissons.
Cette diète est également riche en huiles végétales.
b) Le modèle scandinave : regroupe les pays du nord de l’Europe, gros consommateurs de
poissons et de produits laitiers.
c) Le modèle européen : où l’on retrouve les pays anglo-saxons d’Amérique, d’Océanie et
d’Europe, ainsi que la majeure partie des pays d’Europe de l’Est. Le MAN relatif est riche en
graisses, en sucres et en viandes.
- 22 -
3° Les modèles traditionnels mixtes
Ces modèles comportent de fortes disponibilités relatives en céréales ou/et de racines et
tubercules ainsi que de certains produits animaux. La ration alimentaire quotidienne est
modérée : entre 2400 et 3000 calories disponibles. On peut distinguer trois types de modèles
traditionnels mixtes :
a) Le modèle pastoral : fondé sur l’association entre les céréales et le lait et les produits
laitiers issus de l’élevage extensif, comme en Somalie. C’est l’alliance entre les cultivateurs et
les nomades.
b) Le modèle japonais : où le poisson accompagne les céréales comme en Asie du Sud et
dans certains pays africains côtiers comme le Sénégal.
c) Le modèle uruguayen : il est typique des grandes zones d’élevage extensif d’Amérique
latine (Argentine) ou d’Asie (Mongolie) où il y a abondance de viandes et de céréales.
Sur base de l’Agri-Monde et FAOSTAT, Rastoin et Ghersi (2010) ont décrit les régimes
nutritionnels dans les grandes régions du monde. Dans les pays d’Asie on note jusqu'à plus de
205 kg de céréales par tête/an. La consommation de sucre et de produits sucrés varie
sensiblement d’une région à l’autre. Elle est particulièrement élevée en Amérique du Nord
(71kg par tête/an). Elle est plus modérée en Europe occidentale, en Océanie et en ex-URSS
(plus de 36 kg/tête/an). Elle est beaucoup plus faible en Afrique, en Asie et en Chine.
La différence essentielle entre les modèles de consommation des pays du Sud et ceux du Nord
concerne les produits de l’élevage : viande, œufs, lait. On constate que les pays occidentaux
consomment en moyenne trois fois plus la viande par tête et par an que les pays du Sud à
économie de marché. Un Nord-Américain consomme huit fois plus de viande qu’un Africain,
deux fois plus d’œufs et six fois plus de lait. Cependant, le raisonnement en termes de calories
est certes intéressant et révélateur, mais ne donne qu’une vision partielle de la diète, car le
contenu énergétique est très variable selon les aliments. Une approche par les nutriments est
donc nécessaire.
En combinant les critères énergétiques et nutritionnels, on trouve trois typologies dans
lesquelles on distingue trois grands groupes de régimes nutritionnels, avec une bonne
corrélation entre le niveau énergétique mesuré par les calories ingérées et le niveau protéique :
- Groupe 1 : diète des pays riches, avec plus de 3500 calories/tête/jour et plus de 90g de
protéines.
- Groupe 2 : diète des pays pauvres, avec moins de 2200 calories et moins de 60g de
protéines.
- Groupe 3 : diète intermédiaire, située autour de 2500 calories et de 90g de protéines.
Les deux premiers groupes correspondent à une ration alimentaire déséquilibrée du point de
vue des nutritionnistes : excédentaire dans le premier cas, déficitaire dans le second, avec des
conséquences néfastes sur la santé : obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires et cancer,
frappant toutes les catégories sociales, ou troubles liés aux carences, particulièrement chez les
groupes vulnérables (femmes enceintes, enfants, personnes âgées). Le troisième groupe se
caractérise par une bonne correspondance entre les besoins et les apports tant énergétiques
que protéiques.
- 23 -
1.2.6. Consommation alimentaire et santé publique.
L'étude de l'impact de l'évolution des habitudes alimentaires sur la santé s'appuie en grande
partie sur des études épidémiologiques d'observation qui mettent en regard l'évolution des
pratiques alimentaires et les indicateurs de santé. La diversité des comportements
alimentaires, la complexité de leur formation, les difficultés inhérentes à leur mesure, et leur
constante évolution rendent difficile l'appréhension des pratiques nutritionnelles.
De plus, l'évolution des indicateurs de santé dépend de multiples facteurs qui potentialisent ou
annulent les influences nutritionnelles. Dès lors, la mise en évidence de relations entre
l'évolution des habitudes alimentaires et des indicateurs de santé apparaît particulièrement
complexe (Etiévant et al, 2010).
On peut faire deux catégories de risques que les mangeurs courent dans leur consommation
alimentaire. Il s’agit de risques liés à la manipulation des aliments (risques non liés à la
structure interne des aliments) ou risque externe des aliments et les risques liés à la structure
interne des aliments ou risques internes des aliments.
c) Résidus chimiques :
- les produits appliqués sur les cultures et sur les aliments entreposés ou directement
additionnés aux aliments (pesticides, additifs alimentaires)
- produits dont l’utilisation permet une accumulation dans les aliments (médicaments
vétérinaires et résidus médicamenteux),
- contaminants environnementaux (métaux lourds : plomb, cadmium, arsenic, etc.)
- 24 -
b) Toxi-infections alimentaires : contamination virale, parasitoses, contamination
bactérienne.
d) Intoxication par les plantes : substances toxiques naturelles des plantes, produits
d’herboristerie, mycotoxines.
f) Nouvelles biotechnologies
Trois éléments sont nécessaires pour prédire les effets sur la santé de la contamination
alimentaire : la toxicité du contaminant, la quantité de contaminant dans l’alimentation et la
quantité d’aliment contaminé ingérée.
b) Les modèles nutritionnels des pays non développés et problèmes de santé publique
Les modèles nutritionnels des pays non développés sont caractérisés par Hercbeg et al. (Op.
cit.) :
- Une alimentation monotone où l’aliment de base fournit 60 à 90 % de l’apport
énergétique ;
- Une faible part des produits animaux dans la composition de la ration ;
- Un apport glucidique élevé essentiellement sous forme de sucres complexes ;
- Un apport protéique plus ou moins faible, essentiellement d’origine végétale ;
- Un apport élevé de fibres alimentaires.
Dans ce contexte alimentaire on observe les carences protéino-énergétiques, minérales ou
vitaminiques. La malnutrition fœtale conduit à la naissance des bébés avec un poids trop
- 25 -
faible. Ensuite, on observe un retard de croissance et/ou l’insuffisance pondérale chez les
enfants de moins de 5 ans. Les adultes et en particulier les femmes souffrent d’un poids
insuffisant à cause d’une malnutrition. Bien des personnes de tous âges sont touchées, à des
degrés divers par des carences en micronutriments tels que le fer, la vitamine A, l’iode ou le
zinc (Delpeuch et al, 2005 ; Le Bihan et al, 2002). Les conséquences de ces malnutritions sur
la santé et le développement des sociétés sont considérables ces dernières décennies :
mortalité et morbidité accrues, développement physique et intellectuel altéré, capacité
d’apprentissage et compétence sociale diminuées, effet intergénérationnel, etc. (Delpeuch et
al, Op. cit.).
Le modèle de consommation alimentaire (MCA) est une notion beaucoup plus complexe ; il
se rapporte à la façon dont les hommes s’organisent pour consommer (Unité Socio-
Economique de Consommation : USEC), à leurs pratiques alimentaires, à la nature et à la
qualité des aliments consommés, aux rapports de consommation et aux conduites alimentaires
(Malassis et Ghersi, 1995; Padilla, 1992).
Le MCA est une conception développée par l’économie de l’alimentation inspirée des
théories des années 1960-1970. Il est né de la dialectique des conditions sociales de la
production et de la consommation (Malassis et Padilla, Op. cit.). Ce concept englobe
l’ensemble des approches relatives à la consommation alimentaire. Il est basé sur des
observations au niveau des ménages (OMS/FAO, 1973) en tant qu’Unité Socio-Economique
de Consommation ou USEC (Malasssis et Ghersi, 1995 ; Padilla, 1996), mais aussi sur des
observations relatives à chaque membre de l’USEC observée.
De ce qui précède, on peut considérer qu’un modèle alimentaire correspond à l'ensemble des
règles sociales et culturelles qui régissent l'acte alimentaire. De celui-ci dépendent les produits
qui peuvent être mangés, ainsi que la manière de les cuisiner. Le modèle définit aussi une
structure du repas, des horaires précis et une manière de manger.
Le MCA est un concept fort décrit par les auteurs. Dans la littérature, on trouve plusieurs
notions attachées au MCA, telles que le modèle alimentaire, le style alimentaire et le système
alimentaire. Avant de développer la notion de MCA il s’avère donc nécessaire de définir
clairement chacun de ces concepts.
1° Modèle alimentaire
Les modèles alimentaires sont des ensembles sociotechniques et symboliques qui articulent
un groupe humain à son milieu, fondent son identité et assurent la mise en place de processus
de différenciation sociale interne. Ils sont un corps de connaissances technologiques,
accumulées de génération en génération, permettant de sélectionner des ressources dans un
espace naturel, de les préparer pour en faire des aliments, puis des plats, et de les consommer.
Mais ils sont en même temps des systèmes de codes symboliques qui mettent en scène les
valeurs d’un groupe humain participant à la construction des identités culturelles et aux
processus de personnalisation (Poulain, 2002).
Le modèle alimentaire est un ensemble d’ingrédients et de techniques mis en œuvre pour
transformer et préparer des aliments mais aussi surtout un système complexe de normes et de
règles implicites structurant les représentations et les comportements (Fischler, 1996). Selon
cet auteur, le concept de modèle alimentaire est pris dans un sens large d’ensemble des règles
- 26 -
de sélection, de préparation, de service et de consommation. Selon Marenco (1992), un
modèle alimentaire est un "rassemblement de l'ensemble du groupe domestique, à heures
impérativement fixes, autour de plats préparés à la maison, dans une ambiance chaleureuse et
confiante".
2° Style alimentaire
Le style alimentaire est un concept qui est utilisé différemment par les auteurs. Pour les uns ce
concept est synonyme du modèle de consommation alimentaire. A ce titre, ils emploient l’un
ou l’autre terme pour dire la même chose. Tandis que pour les autres, le style alimentaire est
employé pour faire la différence entre ce qu’on appelle style alimentaire traditionnel et le
style alimentaire moderne. Mais la distinction entre le style traditionnel et le moderne reste
floue (Elwert, 2001). Pour d’autres auteurs encore, il existe une pluralité des styles au-delà de
la vision duale opposant tradition et modernité (Bricas, 2008).
3° Système alimentaire
En prenant en compte les considérations de complexité du système tel que le définit
Lemoigne (1995), le système alimentaire peut se définir comme "un réseau interdépendant
d’acteurs (entreprises, institutions financières, organismes publics et privés), localisé dans un
espace géographique donné (région, Etat, espace plurinational), et participant directement ou
indirectement à la création de flux de biens et services orientés vers la satisfaction des besoins
alimentaires d’un ou plusieurs groupes de consommateurs localement ou à l’extérieur de la
zone considérée".
Cette définition fait appel à trois référentiels : morphologique (les acteurs constitutifs), spatial
(zones géographiques d’activité interne/externe), dynamique (origine et circulation des flux de
biens et services) (Rastoin et Ghersi, 2010). Pour ces deux auteurs, la théorie des systèmes
permet de prendre en compte en premier lieu la finalité de l’activité agroalimentaire. Elle
caractérise ensuite les interactions entre les agents de toute nature formant le système (les
producteurs, les intermédiaires de service, les consommateurs, les nutritionnistes-
prescripteurs, les médias, les associations de consommateurs, les pouvoirs publics nationaux
et supra-nationaux, etc.
La dimension technologique est de nos jours une des composantes les plus déterminantes du
système alimentaire mondial. Ce qui permet à Poulain (2002) de considérer que le système
alimentaire correspond donc à l’ensemble des structures technologiques et sociales, de la
collecte jusqu’à la préparation culinaire en passant par toutes les étapes de la production-
transformation. Elle constitue le système d’action qui permet à un aliment d’arriver jusqu’à un
consommateur. Cette technologie est à la base de ce qu’on peut appeler " système
agroalimentaire".
4° Habitudes alimentaires
Pour mettre l’accent sur la dimension sociale de l’alimentation, on dit souvent : « les hommes
ne mangent pas des nutriments mais des aliments ». S’ils mangent parfois des aliments, cette
situation est en réalité relativement rare. Les hommes se nourrissent surtout de plats : les
carottes râpées, le steak haché, la purée, la mousse au chocolat, c’est-à-dire d’aliments
combinés entre eux, au sein de préparations culinaires. Même un plat aussi simple que les
carottes râpées suppose certaines préparations (éplucher, laver, râper…) et l’adjonction d’une
vinaigrette (qui associe de façon variable du vinaigre ou du jus de citron, de l’huile, du sel, du
poivre, de la moutarde…). De surcroît, ces plats sont associés à d’autres plats pour former des
repas.
- 27 -
Les hommes ne mangent ni des nutriments ni des aliments, ils mangent des aliments cuisinés,
le plus souvent combinés entre eux dans le cadre de repas organisés. L’acte alimentaire se
déroule toujours selon des protocoles imposés par la société. Les règles portent sur le choix
des produits, sur la manière de les cuisiner, de les associer pour en faire des plats, de
combiner ces derniers entre eux pour en faire des repas, sur les modalités de partage, sur les
manières précises de les consommer (les manières de table) (Poulain, [Link].)
Les habitudes alimentaires recouvrent l’ensemble des dimensions matérielles et symboliques
qui recouvrent l’acte alimentaire : nature et diversité des aliments consommés; quantités et
dépenses afférentes ; cuisine et approvisionnement; horaire et structure des repas. La notion
de pratique sociale insiste sur les aspects concrets et matériels, elle est définie selon ses
déterminants (culturels, économiques), ce qui revient à s’interroger sur les règles et les
normes conditionnant sa mise en œuvre (Etiévant et al, 2010).
La consommation alimentaire ne peut s’interpréter indépendamment de l’acte alimentaire,
acte que l’homme réalise plusieurs fois par jour sous forme de prises ordonnées, les repas.
C’est au cours de cet acte que chaque personne assure à son organisme la couverture de ses
besoins, en énergie, en matériaux indispensables, en macro et micro-nutriments, etc.
Mais le rôle des prises alimentaires ne s’arrête pas à la couverture des besoins métaboliques.
En effet, l’acte alimentaire est générateur de symbolisme, de vie sociétale, de couverture de
besoins psychologiques et sociologiques. Il résulte d’un comportement où alternent les stades
de faim, de rassasiement et de satiété, états régulés au niveau du cerveau (Haut Comité de la
Santé Publique, 2000).
- 28 -
complexité de la notion de MCA. L’analyse du MCA doit procéder d’une approche
pluridisciplinaire, mais de telles approches sont rares.
- 29 -
alimentaire. Dans les économies domestiques, toutes les opérations de la chaîne
agroalimentaire (production, transformation, conservation et préparations culinaires) sont
effectuées à l’intérieur de la même USEC.
Dans les économies agro-industrielles, la plupart des tâches ne font plus partie des activités
des ménages. Elles sont réparties le long des filières agro-alimentaires entre des unités très
spécialisées. La plupart des tâches domestiques sont transférées aux industries et aux services
alimentaires qui approvisionnent le consommateur en une quantité grandissante "d’aliments
services" ou encore "d’aliments servis" (restaurants, cantines, etc.). Entre ces deux extrêmes
que sont le modèle domestique et le modèle agro-industriel, il y a forcément de nombreux
modèles intermédiaires.
Répartition des activités : au sein de l’USEC, elle caractérise leur organisation en vue
d’acquérir et de transformer les aliments. A titre d’exemple, dans les sociétés traditionnelles
africaines, la femme assume dans sa grande majorité la responsabilité nourricière de la
famille. Elle cueille, cultive et récolte, porte les aliments ainsi que le bois et l’eau, assure la
conservation des produits agricoles, pile et écrase, cuisine, sert et dessert, récupère les
déchets, nettoie, etc. Dans la société industrielle, les activités domestiques et ménagères sont
de plus en plus réduites dans le "budget temps" des ménages. La préférence est donnée aux
activités économiques, c’est-à-dire aux tâches rémunératrices qui contribuent à augmenter le
pouvoir de consommation, tout en récupérant du "temps libre" affecté à l’hygiène, à la santé,
aux loisirs et à la culture.
- 30 -
L'organisation des repas est très liée aux activités économiques et aux habitudes sociales. Les
anthologues distinguent « repas » et « snack ». Le repas est un événement nutritionnel et
social structuré, organisé selon des règles de temps (heures précises), de lieu (cuisine, salle
commune dehors) et comportant des séquences alimentaires (différents plats des menus).
Tandis que le snack dépend des disponibilités dans le réfrigérateur, donnant lieu à une prise
alimentaire socialement non structurée (Fischler, 1979). Les repas peuvent être quotidiens ou
festifs (banquets agraires, agapes bourgeoises). La différenciation des repas entraîne dans la
société industrielle la double restauration: rapide (fast-food) et conviviale.
Dans tous les régimes alimentaires, sauf ceux d’extrême pauvreté, la ration est fractionnée en
plusieurs prises alimentaires ou repas. Dans les sociétés agraires atteignant une aisance
relative, la dureté du travail et le besoin de repos entraînent plusieurs repas dans la journée
jusqu’à cinq. Dans les sociétés urbaines, le nombre de repas est réduit généralement à trois,
mais la répartition de la ration entre ces trois repas diffère, selon les habitudes alimentaires.
Breakfast et café au lait l’illustrent, et opposent deux structures des rations bien différentes.
Les manières de table sont le reflet des structures sociales, des disparités sociales, des
disparités de moyens et des traditions ; elles sont des comportements des modèles culturels.
Elles se rapportent à la façon d’organiser la présentation des plats (sur une table ou sur le sol),
de répartir les mets entre convives (qui est servi en priorité ?), à la façon de manger (à table
assis sur chaise en Europe, accroupi en Asie, assis sur le sol en Afrique).
L’élimination des déchets: fait partie des fonctions alimentaires des USEC. Dans de
nombreuses sociétés, c’est le rôle exclusif de la femme et des filles ; dans la société
industrielle, le partage des rôles n’est pas clairement établi. Les déchets alimentaires, rares
chez les pauvres, sont souvent très abondants chez les riches.
4° Comportement alimentaire
Répartition et localisation des activités : les aliments disponibles au niveau des USEC sont
répartis au sein de celles-ci selon des modalités qui dépendent des besoins des personnes
composant l’USEC et des rapports internes de consommation. Ceux-ci sont le reflet des
rapports sociaux et de production.
Conditions matérielles de production, distribution et mode d’utilisation de la force de travail:
dans le cas de pénurie, la priorité peut être donnée aux actifs masculins au détriment des
femmes, des enfants et des vieillards. Ces catégories sont dans ce cas dans une situation
- 31 -
nutritionnellement critique. Le problème n’est pas celui de l’égalité de répartition mais de
l’équité, c'est-à-dire de la distribution interne selon les besoins bio-culturels de chacun.
Selon Malassis et Ghersi (1996), dans une société donnée, à un moment donné, existent des
forces sociales convergentes qui conduisent à la formation d’un MCA dominant. Mais dans
cette société, existent aussi des forces divergentes qui conduisent à la différenciation des
MCA. Les forces convergentes et divergentes sont contenues dans les modes de production
qui sous-tendent les modèles de consommation, auxquels s’intègrent les modèles de
production agricole et les MCA. Ainsi, ils regroupent les facteurs qui déterminent les MCA en
quatre composantes ou variables principales: la capacité d’approvisionnement alimentaire, le
pouvoir de consommation, les conditions objectives de la consommation et les modèles
socioculturels.
1°) La capacité d’approvisionnement alimentaire dépend de la capacité de produire des
aliments, mais aussi de l’achat des produits alimentaires sur les marchés nationaux ou
internationaux. Ces capacités déterminent, pour une population donnée, les disponibilités
moyennes par habitant.
2°) Le pouvoir de consommation dépend des rapports de production dont la distribution
sociale détermine la capacité d’accès des différentes catégories sociales aux disponibilités
alimentaires.
3°) Les conditions objectives de la consommation sont déterminées par l’infrastructure
productive.
4°) Les modèles socioculturels sont liés aux comportements alimentaires.
L’alimentation humaine a évolué à travers les âges et elle continue d’évoluer de plus en plus
vite sous l’impulsion de très nombreux facteurs. Trois grandes ères sont définies : ère
préhistorique, ère agricole et ère agro-industrielle (Claudian, 1984; Malassis, 1994). Selon
Lambert (1987), l’évolution des MCA est déterminée par la dynamique du développement des
forces productives et des modes de production. Les caractéristiques de l’offre alimentaire
(quantités, qualités, prix des produits) et des besoins nutritionnels, ainsi que les niveaux de
disponibilité des revenus et du temps des USEC dépendent de cette dynamique.
- 32 -
2005); la modification du goût des consommateurs et de la valeur symbolique attachée aux
différents aliments ; le développement de la restauration collective.
La consommation alimentaire et la sécurité alimentaire sont deux concepts qui vont souvent
de pair, bien que différents l’un de l’autre. C’est ainsi, qu’il semble important d’aborder dans
les lignes qui suivent le concept de la sécurité alimentaire de manière à établir le lien avec la
consommation alimentaire.
1.4.1. Définition
La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès
physique ou économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive, leur permettant de
satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie
saine et active (FAO, 1996).
- 33 -
Mais vers les années 90, la prise en compte de la dimension culturelle de l’alimentation
permit à Maxwell et Smith (1992) d’élargir le concept en évoquant « un plus haut degré de
sécurité alimentaire qui prend en compte non seulement un accès garanti et stable à la
nourriture en quantité suffisante, mais aussi un accès à la nourriture qui soit de qualité
appropriée d’un point de vue nutritionnel, culturellement acceptable, attribuée sans perte de
dignité et d’autodétermination, et sans négliger l’accomplissement des autres besoins
fondamentaux ». A partir du contenu de ce concept ainsi dégagé, on peut déduire cinq étapes
par lesquelles la sécurité alimentaire peut être assurée à chaque individu (Tollens, 2000) :
- garantir en tout temps une disponibilité alimentaire suffisante sur les marchés ;
- permettre à chaque individu d’accéder à une nourriture suffisante et adéquate ;
- acquérir individuellement une alimentation suffisante et adéquate ;
- consommer individuellement une alimentation suffisante et adéquate ;
- digérer l’alimentation consommée.
- 34 -
PRATIQUES DE SOINS
Soins aux enfants
Pratiques alimentaires
Education nutritionnelle
DISPONIBILITES Préparation des aliments
ALIMENTAIRES Habitudes alimentaires
(Tendances et niveaux)
CONTEXTE POLITIQUE Réparation des aliments au
Production sein du ménage
ET Importations (nettes)
SOCIOECONOMIQUE Utilisations (alimentaire,
non alimentaire)
Niveau national Stocks
Population
Education CONSOMMATION
Macroéconomie ALIMENTAIRE
Contexte politique STABILITE DES
DISPONIBILITES Apport énergétique
Richesse en Ingestion d’éléments
ressources naturelles ALIMENTAIRES ET ACCES
(Variabilités) nutritifs
Secteur agricole
Conditions du marché Revenus
Marchés
ETAT
Niveau infranational Droits sociaux
NUTRITIONNEL
Caractéristiques du
ménage ACCES A LA NOURRITURE
Modes de subsistance (Tendance et niveaux)
Institutions sociales UTILISATION DES
Pouvoir d’achat ALIMENTS PAR LE
Attitudes culturelles Intégration sur le marché COPRS
Accès aux marchés Etat de santé
SANTE ET HYGIENE
Qualité de l’eau
Assainissement
Qualité et salubrité des
aliments
- 35 -
à ces besoins nutritionnels, peuvent être définis les concepts de sous-alimentation,
malnutrition et famine :
La sous-alimentation évoque l’idée d’une insuffisance (surtout) quantitative dans l’utilisation
de la nourriture, particulièrement en référence à la dose énergétique requise. La malnutrition
évoque l’idée d’une insuffisance (surtout) qualitative dans l’utilisation de la nourriture. C’est
une situation dans laquelle les besoins nutritionnels d’un groupe ou d’un individu ne sont pas
correctement satisfaits par des apports en nutriments indispensables que le corps ne peut pas
produire et qui sont essentiels à sa survie. Si l’alimentation n’apporte pas en quantité
suffisante les 10 acides aminés essentiels, de graves complications, connues sous l’appellation
de malnutrition protéique, apparaissent en particulier chez les enfants dont les besoins en
protéines et en acides aminés essentiels sont élevés. Cette malnutrition peut être chronique,
saisonnière, quotidienne ou fluctuante. D’une manière générale, on aime parler de la
malnutrition protéino-énergétique (MPE) en référence à un apport alimentaire insuffisant
(quantitativement et qualitativement) ou à une mauvaise absorption ou utilisation de
nutriments, faisant que les besoins de l’organisme ne sont pas satisfaits.
La famine est définie comme une forme de malnutrition générale, prolongée et persistante, qui
dure plusieurs mois et affecte la majorité d’une population sur une zone plus ou moins
étendue et qui provoque une totale désorganisation économique et sociale et la mort massive
par inanition. Le grand nombre de personnes qui souffrent de maladie suite à la carence en
certains micro-éléments comme la vitamine A, le fer ou l’iode, montre en suffisance l’extrême
importance de la qualité de la nourriture. D’autre part, une bonne consommation et digestion
de la nourriture supposent la santé et de bonnes conditions sanitaires.
De ce qui précède, il y a lieu de considérer que la sécurité alimentaire rencontre la
consommation alimentaire (l’utilisation des aliments), non seulement lorsque les aliments en
quantité et qualité sont accessibles à tous les individus, mais aussi lorsque ces aliments ont été
obtenus en tenant compte des habitudes et pratiques alimentaires de la population. Toutefois,
une question reste posée ; comment concilier les habitudes alimentaires et les besoins nutritifs
pour que les individus soient en bonne santé et mènent une vie active ? Tel est le défi qu’il
faut relever.
CONCLUSION PARTIELLE
Le cadre théorique et conceptuel a permis de constater que les différentes méthodes utilisées
pour analyser la consommation alimentaire peuvent bien s’appliquer dans le cadre de cette
étude. En effet, l’étude des pratiques alimentaires pose deux types de problèmes
méthodologiques (Poulain, 2003): par où entrer dans l’espace social alimentaire ? Et quels
types de données collecter ?
Dans le cadre de cette étude, il nous semble que les différentes portes d’entrée (bilan
alimentaire, budget et consommation ou les pratiques alimentaires) peuvent être combinées de
manière à fournir les informations complémentaires sur les modes de consommation des
ménages. Toutes les données pouvant permettre de faire la catégorisation des ménages
(niveau d’urbanisation du quartier d’habitation, niveau de vie, niveau de revenu, dimension
ou composition, etc.) ; les informations sur les profils des chefs des ménages notamment sont
nécessaires et doivent donc être collectées, car elles ont une corrélation avec les modes de
consommation.
Les deux modèles théoriques développés, à savoir le modèle agro-nutritionnel (MAN) et le
modèle de consommation alimentaire (MCA) tels que développés par Bricas (1998), semblent
pertinents pour la présente étude. Le premier permettra d’identifier les principaux aliments qui
- 36 -
constituent les sources d’énergie et de protéines pour la population sous étude, tandis que le
second va permettre d’analyser la manière dont les consommateurs kinois s’organisent pour
accéder à l’alimentation ainsi que leurs pratiques alimentaires.
Les différentes méthodes (directes ou indirectes) de mesures de consommation alimentaires :
pesée des aliments, méthodes faisant appel aux tables de composition des aliments, méthodes
par entretien faisant appel à la mémoire, tout comme les méthodes par enregistrement des
quantités consommées, sont susceptibles d’être appliquées dans la présente étude. En outre,
les outils de réalisation des enquêtes (questionnaires pré-établis, les outils des conversions des
quantités des aliments en nutriments) permettent d’évaluer non seulement les quantités des
aliments consommées mais aussi d’estimer la quantité de calories et de protéines acquises au
départ des aliments consommés.
Enfin, la prise en compte, d’une part, des caractéristiques physiques et socio-économiques de
la République Démocratique du Congo en général et celles de la ville de Kinshasa en
particulier et, d’autre part, l’analyse de différentes politiques en matière d'agriculture et de
sécurité alimentaire permettra de dégager les perspectives sur les questions touchant à la
consommation alimentaire à Kinshasa. La figure 2 ci-dessous présente le schéma conceptuel
de l’étude en établissant les liens entre les différents concepts afin d’aboutir à l’analyse des
modes de consommations alimentaires des ménages à Kinshasa.
- 37 -
Ménages : Localisation géographique
Niveau présumé des richesses
ANALYSES
Modèle de Consommation
Modèle Agro-Nutritionnel
Alimentaire (MCA)
(MAN)
DISCUSSION ET
ANALYSE DES
RÉSULTATS
PERSPECTIVES
- 38 -
CHAPITRE II.
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES
ET SOCIO-ECONOMIQUES DE LA ZONE D’ETUDE
INTRODUCTION
Les modes des consommations alimentaires ne dépendent pas seulement des habitudes
alimentaires des individus ni des moyens (financiers) dont disposent les ménages, mais aussi
du contexte général dans lequel se trouve le pays ou la région. Les caractéristiques physiques,
socio-économiques et politiques ont une influence considérable sur les modes de
consommation. Le présent chapitre a pour objectif de présenter les caractéristiques physiques
et socio-économiques d’abord du pays (République Démocratique du Congo), ensuite de la
ville-Province de Kinshasa, et enfin des trois communes dans lesquelles les recherches ont été
orientées.
La République Démocratique du Congo (RDC) est située au cœur de l'Afrique où elle figure
parmi les géants du continent, avec une superficie de 2.345.000 Km², soit 4 fois la France. Ce
pays continent s’étend de l’océan Atlantique au plateau de l’est et correspond à la majeure
partie du bassin du fleuve Congo. Le nord du pays est un des plus grands domaines de forêt
équatoriale au monde, l’est du pays borde le grand rift est-africain, domaine des montagnes,
des collines, des grands lacs mais aussi des volcans. Le sud et le centre, domaine des savanes
arborées, forment un haut plateau riche en minerai. À l’extrême ouest, sur une quarantaine de
kilomètres au nord de l'embouchure du fleuve Congo s’étale une côte sur l’océan Atlantique
(PAM et INS, 2008).
Le pays est limité : au Nord, par la République centrafricaine et le Soudan du Sud ; au Sud,
par la Zambie et l’Angola ; à l’Est, par l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie et la
Zambie ; à l’Ouest, par la République du Congo/Brazzaville, le Cabinda et l’étroite bande du
littoral ouvrant le pays à l’Océan Atlantique sur une longueur de 40 km.
La carte 2 ci-dessous, présente les subdivisions administratives des provinces de la
République Démocratique du Congo, les pays frontaliers et sa situation dans la carte de
l’Afrique.
Carte 2. Carte administrative de la RD du Congo
Source : L’auteur à partir de [Link]
2.1.2. Population
- 40 -
En 2009, le cadre macroéconomique s’est sensiblement détérioré, le taux d’inflation a franchi
la barre de 50% et le taux de croissance est tombé à 2,7 % alors que le taux de croissance
démographique est de 3 %. Ce repli de la croissance a entraîné une forte réduction d’emplois
(surtout dans le secteur minier) et des mises en congé technique dans plusieurs entreprises.
Nonobstant le retour de la croissance et l’amélioration des fondamentaux de l’économie
durant la décennie 2000-2010, la RDC reste marquée par une pauvreté de masse et de grandes
disparités de niveaux de revenu entre milieu urbain et milieu rural (Ministère du Plan, 2010
Op. cit). La figure 3 ci-dessous renseigne sur l’évolution du PIB en volume et PIB par
habitant comparé avec les autres pays africains.
Figure [Link] de croissance du PIB (%) en volume et PIB par habitant (dollars à prix constant 2000)
Source : BAFD/OCDE (2008) à partir des données du FMI
La République Démocratique du Congo est l’un des pays les plus frappés par la faim et
l’insécurité alimentaire au Monde. Selon le rapport IPC (Cadre intégré de classification de la
sécurité alimentaire) d’octobre 2011, 4,53 millions de Congolais seraient en crise alimentaire
et de moyens de subsistance aiguë en RDC.
Un autre rapport publié en la même période par International Food Policy Research Institute
(IFPRI) montre que la RDC se trouve parmi les 6 pays où la situation de la faim s’est empirée
entre 1990 et 2011. Selon le même rapport, la RDC est l’un des 4 pays où la sécurité
alimentaire est décrite comme « extrêmement alarmante » en 2011. Par ailleurs, le rapport des
- 41 -
Nations Unies sur le développement humain 2011 a classé la RDC en dernière position sur les
187 pays, montrant que les conditions de vie se sont effectivement détériorées au cours de ces
dernières années dans le pays (WFP, 2011).
Cette situation paradoxale tire son origine de la baisse continuelle de l’activité économique
depuis environ une vingtaine d’années, suite à une conjugaison dramatique des facteurs
comme : la détérioration de la conjoncture économique internationale après les chocs
pétroliers, la mauvaise gestion macro-économique accentuée par des politiques perverses
(zaïrianisation, radicalisation,..), une longue transition politique dans l’instabilité, entrecoupée
par deux pillages (1991 et 1993) et deux guerres (1996-1997 et 1998 à 2003), provoquant une
situation d’insécurité dans tous les domaines, y compris dans celui de l’alimentation.
En 2005, l’incidence de la pauvreté monétaire nationale était de 71,34% de la population.
L'incidence de la pauvreté a été plus grande dans les zones rurales (75,72%) que dans les
zones urbaines (61,49%). Cette situation a favorisé la migration urbaine en RDC. Dans des
conditions telles que décrites, les besoins alimentaires non couverts ont hypothéqué la sécurité
alimentaire de la population.
En 2010, la RDC était parmi les pays dont l’indice de la faim dans le monde (Global Hunger
Index en sigle GHI) est extrêmement alarmant. En effet l’index GHI était de 24,7 sur la
période 1988–1992 et de 41 entre 2003 et 2008. 75% de la population souffrent de la
malnutrition (2004–2006) et 28,2% des enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de
croissance. Le tableau 3 ci-dessous renseigne sur le nombre de repas par ménage et par jour.
Il en résulte le constat selon lequel, quel que soit le niveau de consommation alimentaire, le
nombre de repas par jour est autour de deux, dont un est dans la plupart des cas constitué par
un petit déjeuner. Ce tableau permet de faire aussi un constat selon lequel les adultes
consomment moins de repas par rapport aux enfants dans les ménages.
- 42 -
production du pays. Le paysan s’adonne à ces cultures en vue d’assurer son alimentation, en
cultivant un peu de tout (manioc, maïs, riz, légumes, fruits).
Les cultures vivrières occupent annuellement une moyenne de 5 millions ha avec une
production estimée en 2006 à 20 millions de tonnes, composées essentiellement de plantes à
tubercules, de banane plantain, de maïs, de riz, d’arachide et de haricot et cultivées selon un
système traditionnel itinérant sur brûlis, associé à une longue jachère allant jusqu’à 5 ans et
plus. Le manioc représente 80% de la production vivrière, compte tenu de son importance
dans le régime alimentaire des Congolais.
La production vivrière nationale est en deçà des besoins alimentaires actuels évalués à 25
millions de tonnes par an. Par ailleurs, cette production ne progresse que de 2% par an tandis
que la croissance démographique est estimée à plus de 3%. Le déficit alimentaire est évalué
entre 20 et 30% selon les régions. Les besoins alimentaires sont donc couverts, de façon
croissante, par des importations de maïs, riz, blé, sucre, volaille, poisson, viande et autres
denrées d’herbage.
La production de viande, après un sommet de 84.663 tonnes en 1994 n’atteignait que 68.278
tonnes en 2006, dont à peine 33.800 tonnes de viande produite sur des pâturages (12.380
tonnes de viande bovine, et 21.320 tonnes de viande de petits ruminants pour un cheptel
national d’environ 7 millions de têtes de petits et gros bétails, comptant 60 % de caprins, 15
% de porcins, 14 % d’ovins et 11 % de bovins (environ 750.000 têtes). Il apparaît donc que ce
vaste potentiel est sous-exploité, le taux d’utilisation actuel se situant largement en deçà de 10
% du potentiel estimé. La production locale de viande au cours des dix dernières années est
évaluée à une moyenne de 20 kg de viande/personne, alors que la norme internationale est de
36 kg/personne. (COMESA et al, 2009).
Selon la Banque centrale du Congo, les importations alimentaires atteingnent une valeur
annuelle de plus d’un milliard de dollars, soit 15% de la valeur des importations totales du
pays. Les échanges nets des denrées alimentaires (exportations – importations) sont estimés
par la FAO à – 5% du PIB total (Lebailly, 2010).
Les importations alimentaires en RDC ne cessent de croître. Le pays importe surtout des
céréales (maïs, farine de maïs, riz, blé dur), du sucre et l’huile végétale et des produits carnés
(viande et poisson). Selon PAM et INS (Op. cit.) ces importations se caractérisent comme
suit :
- Blé dur et farine de blé: la RDC importe environ 200.000 t d’équivalent en farine de blé. Il
provient des Etats-Unis, à cause du taux de change dollar/euro favorable aux importations
de blé dur de la zone dollar. Ces importations augmentent régulièrement et font que le
pain, ou plutôt la baguette, sont d’une consommation très courante dans les villes, surtout
comme alimentation hors du domicile;
- Riz: 100.000 à 200.000 tonnes sont importées chaque année, surtout en provenance d’Asie,
dont 30 pour cent de brisures de riz (« brokenrice »).
- Maïs et farine de maïs: la RDC importe essentiellement du maïs et de la farine de maïs à
Kinshasa pour les besoins de l’aide alimentaire. Au Katanga et dans les deux Kasaï, où le
maïs est la composante essentielle de la consommation alimentaire avec le manioc, le
grand déficit de la production locale oblige la RDC à importer massivement, surtout des
pays voisins et d’Afrique du Sud.
- 43 -
- Sucre: la RDC importe environ 60.000 t de sucre par an, surtout du Brésil. Le sucre est un
produit très conjoncturel dans la mesure où la consommation augmente lorsque les revenus
augmentent. Les brasseries locales sont également de grosses consommatrices de sucre;
- Viande bovine: 30.000 à 40.000 tonnes par an de viande bovine sont importées. Le pays
importe aussi actuellement beaucoup de viande de buffle venant d’Inde;
- Poulet: le pays importe surtout du poulet à bouillir (anciennes poules pondeuses), des
croupions de dinde et des poulets découpés de l’Union européenne et du Brésil. Ces
importations sous forme congelée s’élèvent à environ 30.000 à 50.000 t/an
- Chinchard (Mpiodi) est un poisson, congelé, non trié et non éventré, pêché dans les eaux
territoriales de la Namibie ou de la Mauritanie par des bateaux de pêche industrielle. La
RDC en importe plus de 100.000 tonnes par an. Presque tous les ménages urbains
consomment le Mpiodi.
- Huile végétale: la RDC importe actuellement de grandes quantités d’huile végétale, 50.000
à 60.000 t/an essentiellement en provenance de Malaisie via Singapour ou de l’Union
européenne (huile de colza). Cette huile importée est le plus souvent raffinée et ne contient
plus les vitamines A et D qu’on trouve abondamment dans l’huile de palme brute.
On parle parfois de la Ville Province de Kinshasa parce que Kinshasa est non seulement la
capitale et une ville, mais aussi une province constituée de 18 communes urbanisées et 6
communes rurales (De Saint Moulin et Kalombo, 2005).
Les principaux indicateurs qui seront évoqués dans cette section relèvent de l’enquête 1-2-3
réalisée par le Ministère du plan et l’Institut National de Statistique en 2004 et dont les
résultats ont été publiés en 2005. Suite à la rareté des enquêtes et au manque de données
statistiques sur la ville de Kinshasa, la plupart des études se réfèrent encore aujourd’hui aux
résultats de l’enquête de 2004.
La ville de Kinshasa s’étend sur 9.965 km2. Elle est située à l’Ouest du pays entre, 3,9 et
5,10° de latitude Sud et entre 15,2 et 16,6° de longitude Est. Elle est limitée au Nord-Est par
la province du Bandundu, au Sud par celle du Bas-Congo, au Nord-Ouest et à l’Ouest par la
République du Congo Brazzaville, sur une frontière naturelle formée par une partie du Fleuve
Congo.
La Ville de Kinshasa est reliée directement aux Provinces de Bandundu et Bas-Congo par
route et avec les autres Provinces par eau et air et aussi par voie ferrée particulièrement vers
les Villes Portuaires de Matadi et de Boma, jusque dans les cités de Moanda et de Banana,
situées au bord de l’Océan Atlantique. C’est un carrefour national, par où passent, pour la
consommation de sa population, en importation, en exportation ou en transit, plusieurs
marchandises de la RDC destinées aux transactions nationales ou internationales. Le Fleuve
Congo avec ses affluents baigne aussi la Ville de Kinshasa. Il constitue la toile de fond du
réseau national de transport intégré, eau, rail, route, et complété par la voie aérienne qui met
en liaison cette Ville avec toutes les autres provinces du pays.
L’exploitation totale de l’espace aérien congolais par les multiples sociétés de
télécommunication moderne, installées pratiquement toutes à Kinshasa, supprime les longues
distances naturelles liées à l’énorme étendue du territoire national. Toutes les villes, grandes
cités et localités importantes du pays sont reliées par téléphone cellulaire portable à la Ville de
Kinshasa, Capitale de la République Démocratique du Congo (Ministère du Plan 2005).
- 44 -
2.2.2. Organisation politique et administrative
1° Démographie
Par absence de recensement de la population congolaise en général et celle de Kinshasa, dont
le dernier a eu lieu en 1984, plusieurs chiffres sont avancés pour estimer la population de la
ville de Kinshasa. Sur base des projections réalisées par l’Institut National des Statistiques
(INS), la population de Kinshasa était de 7.017.000 habitants en 2005. Mais pour la plupart
des ONG internationales et agences des Nations Unies, la population de Kinshasa est de 5,8
millions d’habitants en 2005 (Ministère du Plan, 2005).
- 45 -
3° Structure de la population par ménage
La taille moyenne d'un ménage à Kinshasa est de 6,7 personnes avec une répartition très
importante au-delà de 7 personnes : près de la moitié des ménages (46%) compteraient 7
personnes et plus contre 37% qui en compteraient 4 à 6 et 17% des ménages ne compteraient
pas plus de 3 personnes.
- 46 -
Kinshasa augmente d’une façon vertigineuse) et la crise politique et économique (les
différentes guerres, la nationalisation des entreprises étrangères). C’est Kinshasa qui paye le
lourd tribut des crises politiques et économiques (Lelo et Tshimanga, Op. cit.).
Selon les résultats de l’enquête 1-2-3 réalisée par le Ministère du plan et INS (2004), quatre
typologies de ménages ont été distinguées selon le secteur institutionnel d'activité du chef de
ménage. Il s’agit des typologies suivantes: les "ménages publics", les "ménages privés
formels", les "ménages privés informels" et les "ménages inactifs ou chômeurs». Les
"ménages informels" constituent le groupe le plus nombreux : plus de quatre ménages sur dix,
Viennent ensuite dans l’ordre les "ménages chômeurs ou inactifs" (plus d’un ménage sur
quatre) et les "ménages publics" dirigés pour la plupart par des fonctionnaires (18,5 %). Avec
12,9 % de l’ensemble, les "ménages privés formels", sont minoritaires.
3° Emplois et Revenus
Comme dans la plupart des villes africaines, l’emploi à Kinshasa relève du secteur structuré et
du secteur non structuré ou informel. Dans le secteur structuré, l’Etat, directement par lui-
même (Administration Publique) ou indirectement (via les entreprises publiques) se présente
comme employeur aux côtés des privés. Mais à Kinshasa, c’est le secteur informel qui est le
principal pourvoyeur d'emplois. En effet, le marché du travail kinois est dominé par le secteur
informel, notamment le secteur informel non agricole. Ce dernier fournit 65,6% des emplois,
suivi de loin par l’administration publique (11,9%), le secteur privé formel (8,8%),
l’agriculture (5,2% actifs occupés) et enfin les entreprises publiques (5%) (Ministère du Plan
et INS, Op. cit.)
La ville de Kinshasa compte 875.500 unités informelles. Ce chiffre montre l’importance
économique des activités informelles pour la population de la capitale. Le secteur informel
joue un rôle positif au sens où il fait partie des stratégies de survie des ménages en période de
crise. Mais la multiplication des unités de production informelles dans un contexte de
stagnation économique se traduit également par une précarisation croissante des emplois
créés. Des appuis spécifiques à ce secteur sont indispensables, d’autant plus que la majorité
des unités de production informelles déclarent rencontrer des problèmes, notamment pour
l’accès au crédit (58,6%), la forte concurrence (54,6%) et l’approvisionnement (31,3%).
Le chômage est nettement plus élevé à Kinshasa (15,0%) qu’au niveau national (3,7%). Il
touche plus particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans (29,5%). Le phénomène de sous-emploi
est répandu à Kinshasa puisqu’il touche 53,1% des actifs occupés (PNUD/RDC, Op. cit.).
Le chômage selon la définition du Bureau International du travail (BIT) est peu répandu à
Kinshasa : seulement 6,3 % des actifs kinois sont au chômage. En élargissant la notion du
chômage aux chômeurs découragés, le taux global est nettement plus élevé : il s’établit à
11,3 % (13,2 % chez les hommes et 9,5 % chez les femmes). Globalement, le chômage touche
plus les hommes que les femmes et les jeunes davantage que les personnes plus âgées. D’une
manière générale le chômage atteint son maximum dans la tranche d’âges de 25-29 ans.
(Ministère du Plan et INS, Op. cit.)
En ce qui concerne le revenu, la situation des Kinois comme partout ailleurs à travers le pays
est caractérisée par : l’absence de politique nationale des salaires ; la baisse constante et
catastrophique du pouvoir d’achat de la majorité de la population. Parmi les actifs occupés,
près d’un tiers gagnent moins du SMIG (1 USD par jour) (PNUD/RDC, 2009). Le tableau 4
ci-dessous établit un lien entre le niveau de revenu et les secteurs pourvoyeurs à Kinshasa et
dans l’ensemble de la RDC.
- 47 -
Tableau 4. Emploi à Kinshasa en comparaison avec l’ensemble de la RDC
Kinshasa RDC
Revenu mensuel moyen des ménages ($) 84 42
Origine du revenu des ménages (%)
Secteur informel 90 95
Secteur public 6 4
Secteur privé informel 4 1
Source : PNUD/RDC, 2009
Le revenu d’activité moyen par actif est faible à Kinshasa : 45USD par actif par mois.
Néanmoins, il est largement supérieur au revenu moyen des actifs sur l’ensemble de la RDC
(22USD). Ce niveau de revenu varie selon le secteur institutionnel, ce sont les actifs agricoles
qui ont le revenu le plus faible (27USD). Ils sont suivis par les actifs du secteur informel non
agricole (34USD) et les fonctionnaires de l’administration publique (34USD), montrant la
précarité de leurs conditions de vie. Enfin, les revenus les plus élevés se retrouvent dans le
secteur privé formel (63USD), dans les associations (75USD) et enfin dans les entreprises
publiques (106USD). En agrégeant l’ensemble des revenus d’activités des ménages, on
obtient un revenu moyen par ménages de 84USD dans la province de Kinshasa (contre
42USD sur l’ensemble de la RDC). Comme le marché du travail est dominé par le secteur
informel (agricole ou non), il s’ensuit que 90% du revenu des ménages de cette province sont
issus de ce secteur, 6% proviennent du secteur public et enfin la contribution du secteur privé
formel est réduite à 4% du revenu total des ménages (PNUD/RDC, [Link].).
- 48 -
Il en ressort que les activités agricoles jouent un rôle prépondérant dans la satisfaction des
besoins de base des Kinois. L’analyse du secteur primaire par composante, montre que la
production de l’élevage est prédominante, elle est suivie de la foresterie et de l’agriculture;
viennent ensuite les mines.
Quatre zones constituent le grenier de la ville en ce qui concerne la production des cultures
vivrières. Il s’agit de la vallée de Kimwenza, de CECOMAF à N’djili et de la rivière Nswenge
où se pratique la culture maraîchère et le Plateau des Bateke où l’on produit des vivres telles
que le manioc, la banane plantain, le maïs, le riz, les fruits et les arachides. La faible étendue
(2000 km2) et l’état du sol (sol sablonneux) du plateau des Bateke affectent le rendement de
ce secteur pour la ville de Kinshasa. Outre son hinterland immédiat, la ville dépend des
produits vivriers qui viennent du Nord du pays et même des pays étrangers.
La poussée démographique constitue une autre contrainte de taille dans la mesure où elle
réduit assez sensiblement les superficies cultivables. Cette poussée démographique
s’accompagne d’une forte demande en produits agricoles. Elle se fait également dans un
contexte de pauvreté généralisée. Il en résulte que les produits agricoles ne sont pas forcément
à la portée de toutes les bourses.
C’est dans la banlieue de la capitale que se pratique à grande échelle l’élevage. On y note la
présence des activités avicoles, du petit bétail (porcin, caprin) et parfois du bovin. Cet élevage
serait l’initiative de quelques bourgeois nationaux qui auraient bénéficié de quelques
financements extérieurs. Ils entretiendraient de petites fermes sur le plateau des Bateke. Par
rapport à la demande locale, la production animale issue de ces fermes reste largement très
faible.
La capitale dispose du Pool Malebo où se pratique la pêche. Quant aux activités piscicoles,
elles se concentrent principalement à Kimwenza. Les pêcheurs sont pour la plupart mal
équipés. Suite à l’absence des infrastructures de conservation appropriées, les poissons frais
locaux sont rares, coûteux et moins consommés par rapport aux poissons importés congelés et
moins chers.
Le commerce constitue un des secteurs importants dans la Ville-Province de Kinshasa. La
grande partie de ces activités commerciales sont dans les PMEA (80%) et s’exercent dans
l’informel (90%), échappant ainsi à la recension fiscale. Cette situation a un impact négatif
sur la capacité d’amélioration et de programmation du développement durable de la Ville-
Province de Kinshasa. Il faut aussi noter que la commercialisation des produits fait face à de
nombreuses contraintes, notamment le manque d’intégration spatiale des marchés, aussi bien
à l’intérieur d’une province que sur les marchés des provinces voisines. C’est le cas du
manque d’intégration, notamment entre les marchés de la province du Bas-Congo et ceux de
la Ville de Kinshasa (Mpanzu, 2012).
La Ville-Province de Kinshasa constitue un marché important pour les industries de type
manufacturier, sidérurgique, de transformation et commercial qui produisent des biens de
première nécessité.
L’énergie électrique dans la Ville-Province de Kinshasa est fournie par les barrages d’Inga,
Zongo et Nsanga ainsi que des groupes électrogènes, panneaux solaires, bois de chauffage et
charbon de bois. La demande kinoise est continuellement insatisfaite, 59,9% des Kinois
accèdent irrégulièrement à une énergie électrique de mauvaise qualité (Ministère du plan,
2009).
Pour ce qui concerne les hydrocarbures, il y existe des sociétés importatrices dites
fournisseurs dont GLENCORE, X-OIL Refining, ORION, TRAFIGURA, etc. La société
SOCIR a été créée pour le raffinage du brut, mais aujourd’hui elle est chargée du transport,
- 49 -
allègement et stockage des produits pétroliers, tandis que l’entreprise SEP-Congo se charge
de leur entreposage et de leur livraison aux fins de commercialisation. Par ailleurs, les
entreprises ENGEN, TOTAL, COBIL, COHYDRO et bien d’autres sont chargées de la
distribution et la commercialisation des produits pétroliers auprès des utilisateurs ultimes.
S’agissant de l’eau, la Ville de Kinshasa est dotée d’un réseau de distribution d’eau potable
(REGIDESO) de qualité douteuse. L’extension rapide de la Ville fait qu’il se pose des
problèmes tant sur le plan de l’exploitation que sur celui de la distribution. Pour résoudre ce
déficit, la Ville recourt aux services du SNHR (Service National d’Hydraulique Rurale) pour
suppléer le réseau classique par le forage des puits d’eau dans les communes périphériques.
(par exemple à Mont-Ngafula). Les difficultés d’accès à l’eau potable constituent d’une
manière générale un obstacle majeur au développement de la ville province de Kinshasa et
une menace permanente pour la santé de toute la population kinoise.
Le tourisme se présente comme une activité qui favorise les relations entre les hommes. Il
revêt un caractère important au niveau économique, social, culturel et environnemental. La
Ville-Province de Kinshasa compte plusieurs sites touristiques dont la réorganisation et la
qualité des services peuvent contribuer au développement socio-économique, culturel et au
renforcement de l’attractivité. Malgré une forte demande dans le secteur, on observe une
insuffisance criante d’infrastructures d’accueil et un manque criant de transport touristique
approprié.
- 50 -
l’apport en calories, les différentes études ont montré que la tendance est à la baisse, elle est
autour de 1.400 calories/personne/jour.
L’insécurité alimentaire des ménages est la résultante d’un système complexe de facteurs de
vulnérabilité, elle est largement due à un manque de pouvoir d’achat et, face à des crises, au
manque de résilience des ménages. Des ménages se retrouvent dans une situation d’insécurité
alimentaire lorsque leurs modes de vie et moyens d’existence ont changé ou ne se sont pas
adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un équilibre entre un ensemble de besoins
(Sen, Op. cit.). La demande alimentaire des ménages ne peut donc être analysée
indépendamment de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie des ménages :
relations sociales, ressources disponibles, localisation géographique.
C’est dans le souci d’intégrer les moyens d’existence des ménages et leur localisation
géographique aux modes de consommation alimentaire, qu’il a été jugé nécessaire de cibler
trois zones pour cette étude. Une première zone fort urbanisée et dont les habitants ont un
mode de vie relativement aisé. Une deuxième zone de précarité et dont les habitants vivent
dans les conditions moins aisées. Enfin, une troisième zone pouvant servir d’intermédiaire
entre les deux précédentes.
C’est sur base de toutes ces considérations que le choix des zones a été opéré. La commune de
Limete (le quartier Residentiel) a été choisie comme étant un quartier aisé. La commune de
Makala (Quartier Mabulu) a été choisie suite aux conditions de précarité qu’on y trouve.
Enfin, la commune de Ndjili (quartiers 1 et 7) a été désignée à cause de son caractère jugé
intermédiaire.
La carte 4 ci-dessous permet de situer les trois communes de la zone d’étude dans la ville de
Kinshasa. La commune de Limete (en jaune) est située au Nord de la ville. Ndjili (en rose) se
trouve dans la partie Sud-est et la commune de Makala (en rouge) se trouve à l’ouest de
Kinshasa.
- 51 -
Carte 4. Situation géographique de la zone d’étude
Source : L’auteur
1° Commune de LIMETE
a) Situation géographique
Limete moderne est le résultat d’un plan de lotissement de 1950 pour désencombrer le
quartier industriel et commercial de la Gombe constitué d’un prolongement à l’Est. Elle est
limitée à l’ouest par les communes de Kalamu et Barumbu, à l’Est par la commune de
Masina, au Sud par les communes de Ngaba, Lemba, Matete, au Nord par le fleuve Congo,
avec une superficie de 67,70 km2. Elle est traversée, du nord au sud par le boulevard
Lumumba et est subdivisée en 14 quartiers (Commune de Limete, 2008).
- 52 -
b) Situation socio-économique
Depuis 1969, Limete abrite les installations de la Foire Internationale de Kinshasa (FIKIN).
Cet équipement vient renforcer la fierté de la commune et son rôle de quartier commercial et
industriel. A côté des pavillons et des aires d’exposition, la FIKIN comprend aussi un Motel
de plusieurs logements. Construits à l’origine pour héberger les exposants et les visiteurs
étrangers, ces logements sont actuellement cédés en location à des particuliers. Les classes
dirigeantes de la société nationale, de hauts cadres, des commerçants, des religieux avec leurs
couvents et procures des missions catholiques et une population diversifiée y établissent leur
demeure.
Le boulevard Lumumba sépare les deux principaux quartiers qui caractérisent la Commune :
le Quartier Industriel et le Quartier Résidentiel. La route des Poids-Lourds est la deuxième
grande voie qui traverse la commune. Le long du boulevard Lumumba sont construites de
célèbres et grandes écoles secondaires des réseaux public et privé, les amateurs de tennis et de
basket-ball vont au cercle Saint-Dominique et à la place commerciale. Les amateurs du
football se retrouvent à la paroisse Saint-Dominique. Des cafés, des restaurants, des terrasses
de divers standings sont concentrés à la Place commerciale. A Kingabwa, le port de pêcheurs
et la galerie « Symphonie des arts » sont à classer au nombre des sites touristiques à visiter
(Fumunzanza, 2008).
Avec les pillages, Limete a beaucoup perdu de ses infrastructures industrielles. A titre
d’exemple, sur les 503 établissements que comptait officiellement Kinshasa en 1980, cette
Commune en abritait 122 (24,25%) dont 55 petites et moyennes entreprises, 31 grandes et 5
très grandes entreprises (rapport de l’institut national de statistique, 1982). Après les pillages,
Limete n’est plus cet important centre commercial et industriel des années 50. Elle abrite, à
côté de son luxueux quartier résidentiel, des habitats spontanés comme ceux de Kingabwa,
Mombele et Mososo. Elle abrite même, fait rare à Kinshasa, trois misérables bidonvilles
construits avec des matériaux de récupération, à proximité des industries, sur d’anciennes
décharges publiques au bord du fleuve. Ces bidonvilles ont pour noms Grand-Monde, Paka-
Djuma et Bribano, qui passent inaperçus et ne sont pas connus de beaucoup de Kinois (Lelo,
2008).
c) Quartier Résidentiel
- 53 -
La bourgeoisie nationale est surtout attirée par le quartier résidentiel conçu jadis pour loger
les cadres européens des sociétés. Ses grandes parcelles, à l’ombre d’arbres tropicaux,
atteignent facilement les 1000 m2.
Les cités européennes de la Gombe et de Limete restent encore très résidentielles malgré
l’âge. Une villa de Limete de 1.000 m2 se loue entre 1.000 et 1.500$ le mois ; et se vend entre
150.000 et 200.000$. La valeur immobilière varie en fonction de la proximité avec le
boulevard Lumumba (Lelo, [Link].). Les eaux usées et les eaux de ruissellement sont
évacuées grâce à un système de canalisation généralement fonctionnel. Les activités
informelles sont faibles dans les rues.
L’accessibilité automobile et pédestre est bonne et aménagée. Les infrastructures sont
présentes en bon état, mais sous-utilisées. Il n’y a pas de forte demande de transport en
commun car les déplacements se font en véhicules individuels. Les densités sont faibles :
moins de 20 habitants à l’hectare (Lelo et Tshimanga, Op. cit.).
2° Commune de N’djili
a) Situation géographique
La commune de Ndjili est située dans la partie Est de la ville de Kinshasa, elle a une
superficie de 11.400 km2. Sa population est estimée à plus ou moins 442.138 habitants avec
une densité moyenne de 13.773 hab./km2. La commune de Ndjili comporte 13 quartiers parmi
lesquels 7 sont urbanisés et 6 non-urbanisés. La commune de Ndjili constitue par sa situation
géographique le pôle d’attraction de la zone Sud de la ville de Kinshasa. Elle est bornée au
Nord par l’intersection de l’axe du boulevard Lumumba qui la sépare de la commune de
Masina. A l’Est, par la rivière Tshangu, à l’affluent d’un caniveau qui le sépare de la
commune de Kimbaseke. Au Sud par l’axe Kumbi, jusqu’à l’intersection de l’avenue
Président Mobutu et de la trajectoire de rue Kulbi, jusqu’à la rivière N’djili. A l’Ouest par la
rivière N’djili jusqu’à l’intersection avec l’axe du boulevard Lumumba qui la sépare des
communes de Kimbanseke et Matete (Lelo et Tshimanga, [Link].).
b) Situation socio-économique
La commune de N’djili vit avec ses recettes de l’étalage dans les marchés, aussi avec celles en
provenance des chambres froides, boutiques, maisons de couture, des différents ateliers, des
maraîchers, etc. La commune de N’djili n’est pas une entité industrielle. La commune de
N’djili est réputée pour la qualité supérieure de ses mécaniciens automobiles qu’on appelle
« bana N’djili », qui sont capables de réparer un véhicule au point de le rendre de nouveau
neuf. La commune de N’djili a donné son nom à l’aéroport international de N’djili, cependant
situé dans la commune de NSELE. Le tribunal de paix de Kinshasa, le parquet de grande
instance ainsi que le tribunal de grande instance de Kinshasa ont des extensions à Ndjili. Cette
commune est une zone de santé qui comporte 13 aires de santé dont 11 sont couvertes. La
commune de N’djili compte 62 écoles maternelles, 326 écoles primaires et 225 écoles
secondaires. La commune est approvisionnée en légumes, fruits et manioc par les sites de
CECOMAF créés en 1953. De graves érosions menacent les quartiers 8 et 9 à cause du
bouchage des caniveaux.
c) Quartiers I et VII
Les quartiers I et VII appartiennent aux quartiers cadastrés, planifiés, dotés des commodités
urbaines. C’est au quartier VII que se trouve le centre administratif de la commune de N’djili,
le bureau du commissariat de la police, le tribunal de grande instance, le tribunal de paix, le
parquet, le bureau de poste, le marché municipal, etc. Le mode de vie dans ces deux quartiers
- 54 -
est du type intermédiaire, c'est-à-dire, on y trouve de plus en plus de gens qui n’ont pas trop
de moyens et qui n’en manquent pas du tout.
Photo 2: Habitations et infrastructures dans les quartiers I et VII dans la commune de N’djili
3° Commune de Makala
a) Situation géographique
Les limites géographiques de cette commune furent déterminées par l’arrêté N°69/042 du
25/01/1968 et se présentent de la manière suivante : au Nord, elle est séparée de la commune
de Kalamu par les rues Luanza et Kikwit jusqu’à son intersection avec l’avenue de
l’Université. Au Sud, elle est séparée des communes de Mont-Ngafula et de Lemba par
l’avenue de la Foire, prolongement de la route de Matadi jusqu’à son intersection avec l’artère
principale d’Elengesa. A l’Est, elle est séparée avec la commune de Ngaba par l’avenue de
l’Université jusqu’au croisement de l’avenue de la Foire vers le rond-point Ngaba. A l’Ouest,
elle est séparée des communes de Mont-Ngafula et de Bumbu par l’avenue Elengesa jusqu’au
croisement de la rue Luanza. Sa superficie est estimée à 5,6 km2 (PNUD/UNOPS, 1998).
b) Situation socio-économique
La commune de Makala, dispose d’un petit avantage du fait qu’elle est longée par la nationale
N°1 de la côte Sud, ce qui lui permet de disposer d’un marché des produits vivriers recevant
un bon nombre de négociants en provenance du Bas-Congo. En plus, tout le long de l’avenue
de l’université, il existe des dépôts qui approvisionnent la cité en produits vivriers en
provenance du Bandundu. Cependant, une bonne partie est inaccessible du fait de l’absence
d’un réseau routier praticable à l’intérieur de la commune : elle est en bonne partie enclavée.
Dans l’ensemble, la commune ne dispose pas d’unités de production importantes. L’on
compte plus au moins 6 petits marchés, 28 écoles publiques, 32 écoles privées, 37 centres
médicaux, 70 pharmacies, 29 boulangeries artisanales, 7 ONG et associations et 81 églises.
Avant les événements difficiles des années 1990, Makala était l’une des cités dortoirs de la
ville de Kinshasa. Elle abritait un nombre important d’ouvriers qui travaillaient dans la
commune de Limete. Aujourd’hui cela se manifeste encore à travers les personnes disposant
d’un emploi rémunéré à travers la cité de Makala, même si la quasi-totalité de la main-
d’œuvre est sans emploi. Par conséquent, les jeunes se débrouillent en se faisant embaucher
comme journaliers dans des entreprises à Limete. Certains ne tardent pas à se verser dans le
banditisme et le phénomène de bande connu sous le nom de « Kuluna » ; d’autres essayent de
- 55 -
gagner leur vie par des petites activités commerciales et même des activités de courtage dans
des petites transactions sur les produits vivriers. Certains par contre sont dans l’artisanat et au
pire les plus jeunes cèdent à la prostitution.
c) Quartier MABULU
Le nom Mabulu veut dire : érosion ou trou. Ce quartier porte ce nom à cause de sa
configuration géographique fort accidentée. Le quartier Mabulu est totalement enclavé. Sauf
pour quelques avenues, la plupart des routes sont bâties sur les vallées, parfois dans les
érosions, ce qui rend l’utilisation de véhicules quasi-impossible. Le mode de vie est très
précaire : pas de desserte en eau potable, ni en électricité.
CONCLUSION PARTIELLE
- 56 -
DEUXIÈME PARTIE
PRESENTATION DES RESULTATS ET DISCUSSION DES TRAVAUX EMPIRIQUES
SUR LES MODES DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE DES MENAGES
CHAPITRE III.
METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Dans la ville de Kinshasa, il n’existe pas de registres de ménages au niveau des communes
pouvant permettre de déterminer leur nombre. Dans le service de population communale, on
trouve parfois des registres qui ne sont jamais mis à jour depuis de longues périodes. De ce
fait, ils sont donc d’une faible importance parce qu’ils ne fournissent pas d’informations
fiables. La seule information disponible est le nombre de parcelles d’habitation par commune.
Devant pareille situation, on émet une hypothèse selon laquelle «une parcelle d’habitation
vaut un ménage». Si dans une parcelle on a plus d’un ménage, c’est le ménage principal (la
plus grande maison ou celle du propriétaire) qui est choisi comme ménage au sein duquel
l’étude doit être réalisée. Sur base de cette hypothèse, la zone d'étude a été considérée comme
étant composée de 3423 ménages.
Deux types d’enquêtes ont été organisés dont une enquête sur la caractérisation des ménages.
Cette enquête a été menée sur base d'un échantillon aléatoire. Le deuxième type d'enquête a
porté sur une série de suivis des ménages sélectionnés sur base d'un choix raisonné. Ces
enquêtes ont été organisées afin de disposer des données quantitatives et qualitatives
susceptibles de permettre de vérifier les hypothèses théoriques formulées.
3.2.1. Première enquête sur la caractérisation des ménages
1° Objectif
Cette enquête était organisée dans le but d’aboutir à trois catégorisations des ménages qui ont
servi de point de départ pour la deuxième enquête (suivi des ménages). Pour ce faire, il a été
nécessaire de disposer des informations sur les caractéristiques socioéconomiques des
ménages d’une part et les critères de catégorisation des ménages d’autre part.
- 60 -
- Le quatrième quartile est composé des 25 derniers ménages dont les dépenses de
consommation sont les plus élevées. Ce quatrième quartile représente la troisième
catégorie des ménagées considérés comme les plus riches.
b) Catégorisation par rapport au type de l’habitat.
Pour catégoriser les ménages en fonction de la qualité de leur habitat, il a été utilisé la
méthode des scores. Il s’agit des scores sur la qualité de l’habitation et les scores sur le niveau
des équipements et raccordements. La méthodologie ayant conduit à l’élaboration de ces
scores est décrite à l’annexe.
- Catégorisation par rapport à la qualité d’habitation.
- En fonction du score obtenu, trois catégories de ménages ont été établies comme suit:
« ménage précaire » ; « ménage acceptable » ; « ménage confortable »
- Catégorisation par rapport aux équipements et raccordements.
- En fonction du score obtenu, trois catégories de ménages ont été également établies comme
suit: « ménages bien équipés », « ménages moyennement équipés » et » ménages sous-
équipés »
a) Unité de sondage :
L’unité de sondage pour cette étude est le ménage. Par ménage, il est entendu une unité
jouissant d’une certaine autonomie quant à l’organisation de ses activités, l’utilisation de ses
ressources et la gestion de son patrimoine, assumant les fonctions concomitantes de
consommation et de production. Les critères retenus pour la recherche d’une définition du
ménage sont, en général, au nombre de quatre : la communauté de résidence, les repas pris en
commun, la communauté partielle ou totale des ressources, la reconnaissance de l’autorité
d’une personne considérée comme le chef de ménage (Blaizeau et al, 1989[2]).
Comme évoqué précédemment, le manque de fichiers des ménages au niveau des
administrations communales a conduit à une hypothèse selon laquelle « une parcelle égale un
ménage ». Si dans une parcelle, il existe plusieurs ménages établis dans des maisons
différentes, alors la maison du propriétaire de la parcelle est choisie. Si tous les occupants ne
sont que des locataires, le choix est porté sur la maison la plus grande ou éventuellement celle
qui semble être la plus considérée de la parcelle. Si par contre toutes les maisons sont
identiques, un tirage au sort permet de choisir le ménage à prendre en compte.
b) Echantillonnage :
Il a été procédé par un échantillonnage systématique. La raison de ce choix est liée au souci
d’obtenir des informations qui donnent une grande précision. Selon Dagnelie (2007), pour un
même nombre d’observations, ce type d’échantillonnage possède l’avantage de donner
fréquemment des résultats plus précis que l’échantillonnage complètement aléatoire. Pour ce
faire, chaque parcelle reçoit un numéro qui va de 1 à n. Un tirage par les tables de nombres
aléatoires, permet d’identifier une première parcelle. A l’aide du pas de sondage on parvient à
sélectionner toutes les parcelles qui devront faire partie de l’échantillon.
- 61 -
c) La taille de l’échantillon :
La taille de l’échantillon a été calculée à partir de la formule de Bernoulli suivante :
Avec
N: la taille de la population qui est de 3423 ménages
I : erreur acceptable, il a été pris 10%
En appliquant la formule ci-haut, la taille de l’échantillon est de 346 ménages. Les
proportions de chaque quartier dans l’échantillon ont été déterminées comme suit :
- Le quartier Résidentiel avec 1.008 ménages ce qui correspond à 29,5% soit environ 30%
représente 104 ménages ;
- Le quartier Mabulu 1 avec 1.030 ménages correspondant à 30 % ce qui donne un effectif
de 104 ménages également ;
- Les quartiers I et VII avec un effectif de 1.385 ménages, soit 40%, cela correspond à 138
ménages.
La synthèse de l’échantillonnage et la répartition des ménages dans l’échantillon sont
présentées dans le tableau 7 ci-dessous.
3.2.2. Deuxième enquête relative au suivi des ménages basé sur les modes de vie et de
consommation alimentaire
1° Objectif
La connaissance des conditions de vie des ménages semble être pour cette époque, une
nécessité impérative si l’on veut satisfaire pleinement aux objectifs de politique, réussir des
opérations de développement, mettre en place une planification efficace et harmonieuse. Les
enquêtes sont l’unique moyen d’obtenir des informations sur ce sujet, car les pays en
développement ne possèdent pas, en général, de fichiers de données, régulièrement mis à jour,
- 62 -
sur les conditions de vie des ménages (Dubois, 1989 [1]). L’enregistrement alimentaire a
longtemps été considéré comme la méthode de référence parce qu’il permet d’apporter des
informations précises sur les apports alimentaires. (Université Médicale Virtuelle, 2010).
L'objectif du suivi des ménages est de recueillir des informations qualitatives et quantitatives
qui n'ont pas été obtenues pendant la première enquête. Ainsi, les informations récoltées
pendant ces suivis ont fourni des renseignements complémentaires nécessaires pour la
description et la caractérisation des modes de consommation alimentaire des ménages kinois.
En effet, suite à un petit nombre de ménages triés pour le suivi, mais aussi leur sélection ayant
été établie sur base d'un choix raisonné, les résultats découlant du suivi n'ont pas permis de
faire des inférences statistiques.
- 63 -
2° Méthodes d’analyse utilisées
a) Le test de Khi-deux
Le test d’indépendance choisi dans le cadre de cette étude est celui de Khi-deux. Il sert à
mesurer l’écart qu’il y a entre les fréquences observées et les fréquences théoriques. Les
fréquences ont servi à dégager les caractéristiques de l’échantillon (Bernard, 2008). Le test de
Khi-deux admet l’hypothèse nulle selon laquelle il y a indépendance entre les variables
d’intérêt croisées deux à deux. Ce qui veut dire qu’il n’existe pas de relation ou d’influence
entre ces variables. L’hypothèse alternative est celle selon laquelle il existe la relation ou la
dépendance entre les variables croisées ; autrement dit cette hypothèse confirme l’explication
d’une variable dite dépendante par la variable explicative.
Ce test permet de dégager la p-value qui est définie comme étant la probabilité d’obtenir un
résultat étant donné que l’hypothèse nulle est vraie. Il constitue de ce fait, un moyen de prise
de décision. Ainsi, lorsque le seuil de signification est fixé à 0,1 soit 10% ; l’acceptation de
l’hypothèse nulle selon laquelle il y a indépendance entre les variables est justifiée au-delà du
seuil de 10% et l’hypothèse alternative selon laquelle il y a dépendance d’une variable à une
autre est justifiée par un seuil inférieur à 10%.
Dans cette étude, le test de khi-deux a été utilisé pour vérifier s’il existe ou pas la dépendance
entre les éléments du profil des chefs des ménages ainsi que les caractéristiques socio-
économiques des ménages avec les pratiques alimentaires des Kinois.
- 64 -
- Le faible niveau d'instruction de certains chefs de ménages ou des répondants
Il a été constaté que lorsque le répondant avait un niveau intellectuel très faible, les
informations fournies devenaient de moins en moins précises. C'est ainsi que certains
répondants n'ont pas pu tracer la différence entre les différentes sources de revenus et le
salaire. Dans cette confusion entretenue par déficit de connaissance, certains répondants
considéraient qu'un non salarié est une personne sans revenu peu importe tout ce qu'il gagne
ailleurs. Ou encore toute personne qui n'a pas d'emploi qui relève de l'administration publique
ou du secteur formel est donc sans revenu même si elle pratique du petit commerce.
- Les informations tendancieuses
Pendant le suivi des ménages, il a été observé que certains répondants fournissaient les
informations avec pour objectif de donner une certaine image. C'est ainsi que dans le quartier
aisé, certains répondants tenaient des propos arrogants pour se vanter, alors que dans le
quartier pauvre quelques-uns voulaient se montrer plus dépourvus en espérant recevoir des
enquêteurs quelques cadeaux.
- Le manque de collaboration par certains ménages et multiplications d’excuses par
d'autres
Le suivi étant répétitif, certains répondants ont considéré l'étude comme un dérangement.
C'est ainsi qu'il a été enregistré parfois des excuses ou l'absence des répondants au jour de
rendez-vous. Pour pallier à cette difficulté, il a été mis en place une stratégie consistant à
motiver les répondants avec des petits cadeaux.
- 65 -
monétaires que physiques à Kinshasa. Pour faire face à cette difficulté, le recours à des
valeurs approximatives a été la seule solution prise en compte.
- 66 -
CHAPITRE IV.
RESULTATS RELATIFS A LA CARACTERISATION DES MENAGES
INTRODUCTION
Les résultats de l’enquête relatifs à la caractérisation des ménages sont présentés par rapport
aux objectifs spécifiques ci-après :
Caractéristiques socio-économiques;
Structures des dépenses de consommation;
Facteurs influençant les pratiques alimentaires.
La consommation alimentaire est une activité qui engage les individus ainsi que les ménages.
Les individus sont généralement différents les uns des autres. C'est aussi le cas avec les
ménages. Les différences au niveau des individus ou au niveau des ménages occasionnent
également des différences des modes de consommation tant au niveau des individus que des
ménages. C’est pour cette raison qu’il est nécessaire de bien décrire les traits caractéristiques
des ménages ainsi que les profils de leurs membres. La caractérisation des ménages s’avère
nécessaire avant d’analyser leur mode de consommation alimentaire. Dans cette section, les
caractéristiques socio-économiques des ménages seront abordées en termes de : profils des
chefs de ménages, profils des conjoints et caractéristiques des ménages.
4.1.1. Profils des chefs de ménages et des conjoints
Le tableau 8 suivant présente les profils des chefs de ménages et des conjoints.
- 68 -
3° Niveau d’instruction
Le niveau d’instruction est un facteur pouvant influencer les modes de consommation dans les
ménages. La figure 5 ci-dessous présente le niveau d’instruction des chefs de ménages et
conjoints.
Les niveaux d’instruction des chefs de ménages se sont pas les mêmes d’un quartier à un
autre. Dans le quartier aisé, les chefs de ménages sont en majorité des universitaires ou
diplômés du supérieur (83%) ; une petite minorité (3%) n’a pas étudié. Dans le quartier
moyen, ils ont un niveau secondaire (48%) ou universitaire (44%), par contre dans le quartier
pauvre, les chefs de ménages ont un niveau secondaire (46%) ou primaire (32%) et les non
scolarisés s’élèvent à 17%.
Il est cependant à noter que le niveau d'instruction déclaré peut indiquer un cycle d'études
entamé, sans nécessairement que, celui-ci ne soit achevé ni sanctionné par l'obtention d'un
document attestant la fin du cycle de formation.
4° Activité professionnelle
La figure ci-dessous révèle que dans le quartier aisé les chefs de ménages sont en majorité des
salariés (66%), de même que dans le quartier moyen, mais avec des proportions inférieures
(52%). Par métiers salariés, les Kinois parlent d’un travail relativement bien rémunérateur,
qu’il s’agisse d’un travail libéral (avocat, médecin) ou des vrais salariés (fonctionnaires) ou
des employés des secteurs privés. Par contre dans le quartier pauvre, les chefs de ménages
pratiquent soit les petits commerces (31%) soit l’artisanat où l’on trouve toutes sortes de petits
métiers (29%). Les pratiquants de ces métiers artisanaux sont souvent appelés les « tous
travaux » ce qui signifie prestataires de services sans qualification professionnelle connue.
- 69 -
Figure 6. Activité professionnelle
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2010
Un constat se dégage quant à l’activité professionnelle des conjoints. En effet, dans le quartier
aisé les femmes sont soit dans le secteur formel (38%), dans les petits commerces (27%) et
parfois sans occupation professionnelle (25%). Le petit commerce est pratiqué par les femmes
dans la proportion de 50% dans le quartier moyen et de 71% dans le quartier pauvre. Les
conjoints sans activités sont respectivement de l’ordre de 23% dans le quartier moyen et 15%
dans le quartier pauvre.
A partir de ces informations découlant de l’occupation professionnelle des femmes, on peut
dégager une tendance selon laquelle les femmes évoluant dans des ménages moins aisés sont
plus actives que celles évoluant dans des conditions aisées.
5° Province d’origine
La figure 7 ci-dessous permet de faire une observation, selon laquelle la représentativité des
provinces dans les trois quartiers est très différente d’un quartier à un autre. Dans le quartier
aisé on trouve une meilleure représentativité que dans le quartier pauvre. Il s'avère que dans le
quartier aisé les chefs de ménages sont originaires des provinces de : Bas-Congo (25%),
Bandundu (19%), Kasaï-Oriental (19%), Kasaï-Occidental (13%) et l’Equateur (12%). On a la
même tendance du côté des conjoints.
- 70 -
Dans le quartier moyen et dans le quartier pauvre, les habitants sont en grande majorité
ressortissants de deux provinces du pays en l'occurrence le Bas-Congo et le Bandundu. La
situation s’explique par le fait que les deux provinces sont les plus proches de Kinshasa. De
ce fait, leurs ressortissants sont majoritaires dans la plupart des communes de Kinshasa.
Selon les résultats de l’enquête 1-2-3 organisée par le Ministère du Plan (2004), les ménages
de l’agglomération de Kinshasa se caractérisaient par une taille moyenne de 6,4 personnes. La
taille des ménages kinois a tendance à augmenter à cause notamment de déplacement de plus
en plus massif des membres des familles en provenance de l’intérieur du pays suite à des
conditions de vie difficiles, l’insécurité ou la guerre surtout à Est du pays.
- 71 -
Cependant ce paradoxe peut bien s’expliquer par des considérations bien simples. Dans ce
quartier pauvre, la plupart de ces « parcelles » sont en réalité des terrains non convenables
pour l’établissement des résidences. Il s'agit des parcelles traversées par des ravins ou des
érosions. Ce sont donc des parcelles de fortune. Dans la plupart des cas, les propriétaires de
ces parcelles ne disposent d’aucun titre foncier.
3° Qualité de l’habitat
Le tableau 10 ci-dessous renseigne sur quelques indicateurs de qualité de l’habitat. Il s’agit
notamment du raccordement au réseau de distribution de l’eau et de l’électricité, de
l’existence d’une cuisine ou d’une toilette dans la maison d’habitation.
Il ressort de ce tableau que dans le quartier aisé, tous les ménages sont raccordés tant dans le
réseau de distribution d’eau potable que dans celui d’électricité. Par contre dans le quartier
pauvre 11% seulement des ménages sont raccordés dans le réseau de distribution de l’eau et
43% dans le réseau d’électricité. Selon les statistiques de PNUD/RDC (2009), 50% des
ménages kinois n’étaient raccordés ni en électricité ni en eau potable. En comparant leur
niveau de raccordement, on peut admettre que les ménages établis dans le quartier aisé sont
généralement dans des conditions confortables.
Dans le quartier aisé, presque tous les ménages (96%) ont une cuisine dans la maison et 88%
ont des toilettes en cuve. Dans le quartier pauvre par contre, 85 % de ménages n’ont pas
d’installations de cuisine et 82% des ménages disposent des toilettes formées de trous en terre
sans aucun autre aménagement.
- 72 -
4° Sources de revenu
Dans la plupart des pays du Tiers-monde, pour faire face aux conditions de vie de plus en plus
difficiles, les ménages ont tendance à multiplier leurs sources de revenu. Le tableau 11 ci-
dessous en est une illustration dans les ménages enquêtés.
Plusieurs sources de revenu ont été identifiées. D’abord, c’est le salaire de la fonction
publique qui constitue la première source de revenu dans les quartiers aisé et moyen où il
représente respectivement 37% et 36%. Dans le quartier pauvre le salaire n’est pas la première
source de revenu. Il ne représente que 22%.
Le commerce en général (grand ou petit) constitue une source de revenus très importante pour
les ménages : 28% dans le quartier aisé, 37% dans le quartier moyen et 44% dans le quartier
pauvre. On peut donc considérer le commerce comme étant une activité en forte expansion à
Kinshasa et surtout dans le quartier pauvre. Les autres sources comme les dons, le revenu de
loyer, la rémunération des prestations professionnelles, sont de moins en moins importantes
tant dans le quartier pauvre que dans le quartier aisé.
La consommation alimentaire est une activité qui peut se réaliser soit dans le ménage soit hors
de celui-ci. Dans cette section, il sera question d’estimer d’abord les dépenses dans le ménage
et ensuite les dépenses des consommations alimentaires hors ménage.
- 73 -
1° Consommations alimentaires dans les ménages
Il apparaît qu’en général les ménages prennent deux repas par jour. Mais avec des tendances
fort différentes. Environ 74% des ménages du quartier aisé prennent 2 à 3 repas par jour. Dans
le quartier moyen, près de 85% des ménages prennent 1 à 2 repas par jour, alors que dans le
quartier pauvre plus de 92% ne prennent qu’un seul repas par jour. Les études menées par le
PAM et INS (2008 op. cit.) ont montré que le nombre de repas par jour en RDC était autour
de deux. On peut donc admettre au regard de ces informations qu'à Kinshasa, le nombre de
repas par jour qui est de deux en moyenne, tend à diminuer dans les ménages les plus pauvres.
- 74 -
Tableau 13. Aliments de base les plus consommés et leurs dépenses mensuelles (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Aliments de base Fufu (manioc+maïs) Fufu (manioc+maïs) Fufu (manioc+maïs)
Banane plantain Fufu (manioc seul) Fufu (manioc seul)
Riz Chikwangue Chikwangue
Dépenses (en fc)
Médiane 44.160 34.040 31.280
Moyenne 51.500 35.604 33.120
Ecart-type 34.684 15.640 17.388
Source : Auteur à partir des données de l’enquête 2010.
Les tests de comparaison des moyennes ainsi que l’Analyse de la Variance (ANOVA) au seuil
de confiance de 90%, ont montré que les dépenses des aliments de base présentent des
différences significatives entre les ménages aisés d’une part et ceux des deux autres quartiers
d’autre part. Par contre, il n’existe pas de différence significative entre les dépenses observées
dans le quartier moyen et dans le quartier pauvre.
En analysant les données de ce tableau par rapport aux aliments déclarés, on observe une
certaine substitution dans les modèles de consommation entre les quartiers. En effet, les
ménages moyens et pauvres n’étant pas en mesure de consommer la banane plantain ou le riz
dont les coûts sont très élevés, ils les substituent soit par la Chikwangue soit par le Fufu
préparé sur base de manioc sans mélange avec le maïs, celui-ci devenant également coûteux
pour les ménages les plus pauvres.
Cette situation semble concorder avec les études de Banea (2001) sur la consommation des
aliments de base dans les ménages. Les résultats de son étude (réponse multiple possible) ont
montré que le Fufu (maïs et manioc) était l’aliment de base de 60% des ménages, le maïs seul
11%, le riz et la banane plantain 7,5% tandis que le manioc seul occupait 81,8%. En
comparant ces informations avec les résultats des enquêtes de la présente étude, il s’avère que
la situation est restée la même après environ 10 ans.
- 75 -
Tableau 14. Accompagnements d’origine végétale et leurs dépenses mensuelles (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Aliments végétaux Feuille de manioc, Feuille de manioc, Feuille de manioc,
Haricot, Haricot /feuille de patate, Feuille de la patate douce,
Amarante Amarante Haricot
Dépenses (en fc)
Médiane 46.184 31.096 22.724
Moyenne 50.784 33.856 25.024
Ecart-type 21.068 20.424 16.376
Source : Auteur à partir des données de l’enquête 2010.
Le haricot occupe la seconde place dans les ménages de Limete et de Ndjili. Son prix étant
souvent élevé comparativement aux légumes feuilles, on comprend bien qu’il occupe la
deuxième place dans le quartier moyen. Par contre, dans le quartier pauvre ce sont les feuilles
de patate douce qui occupent la seconde place. Le coût très faible de cette denrée considérée
comme aliment inférieur justifie bien que les feuilles de patate douce soient très consommées
dans les ménages pauvres.
Ce tableau traduit également une sorte de substitution dans la consommation des aliments : en
effet, la consommation de haricot dans le quartier aisé est substituée par celle des feuilles de
la patate dans le quartier pauvre. Car le haricot devient de plus en plus cher pour ces pauvres
ménages.
Tableau 15. Accompagnements d’origine animale et leurs dépenses mensuelles (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Les aliments d’origine animale Chinchard, Chinchard, Chinchard,
Poulet, Cuisses de poulet, Abats,
Viande Abats Cuisses de poulet
Dépenses (en fc)
Médiane 126.316 64.216 32.292
Moyenne 148.856 64.952 36.432
Ecart-type 99.912 39.468 25.300
Source : Auteur à partir des données de l’enquête 2010.
Il apparaît dans ce tableau que c’est le chinchard qui est le produit d’origine animale le plus
consommé dans les trois quartiers à la fois. La consommation des poulets dans le quartier aisé
est substituée par celle des cuisses de poulet dans les deux autres quartiers. La consommation
de viande évoquée dans le quartier aisé est également substituée par celle des abats dans les
quartiers moyen et pauvre.
- 76 -
Les dépenses des accompagnements d’origine animale étant plus élevées que celles des
accompagnements d’origine végétale, les ménages pauvres ne consomment que très peu de
produits d’origine animale. Les produits animaux sont coûteux même quand ils sont
consommés sous la forme d’abats ou de sous-produits des découpes (Muteba et al, Op. cit).
Les dépenses des aliments d’accompagnement d’origine animale sont non seulement très
élevées mais elles présentent également des grandes disparités entre les quartiers. Au seuil de
confiance de 99%, le test de l’ANOVA atteste une différence significative entre les dépenses
de consommation des produits animaux dans les trois communes. La différence est dans un
rapport de 1 à 4 entre les dépenses observées entre les quartiers.
Tableau 16. Dépenses mensuelles des épices, huiles et autres ingrédients (en fc)
Dépenses (en fc) des huiles, LIMETE NDJILI MAKALA
ingrédients et épices (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Médiane 19.688 16.652 11.408
Moyenne 22.816 16.008 13.064
Ecart-type 10.304 8.280 7.360
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
En général, les dépenses pour ce groupe d’aliments sont moins élevées par rapport à celles des
aliments de base et des accompagnements. Les huiles sont consommées dans la préparation
des aliments. L’huile de palme est la plus consommée dans le quartier pauvre à cause de son
coût relativement moins élevé que celui des huiles dites raffinées. Dans le quartier aisé on
utilise de l’huile raffinée pour la plupart des mets sauf pour les aliments d’origine végétale
dont la préparation se fait avec de l’huile de palme. Le sel est aussi consommé comme
ingrédient pour assaisonner la nourriture. Son coût mensuel dans les dépenses est très
négligeable car il ne dépasse pas un dollar.
f) Petits déjeuners
Le tableau 17 présente le mode de consommation des petits déjeuners ainsi que les dépenses y
afférentes.
Tableau 17. Aliments du petit déjeuner et leurs dépenses mensuelles dans le ménage (en fc)
Modèle LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Aliments du petit déjeuner Pain, Pain, Pain,
Lait, Sucre, Sucre,
Sucre, Lait, Thé,
Dépenses (en fc)
Médiane 98.072 42.964 35.512
Moyenne 119.232 54.556 34.408
Ecart-type 93.012 43.452 28.704
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
- 77 -
Le pain, le sucre, le lait et thé sont les principaux produits constitutifs des petits déjeuners.
Cependant, le tableau ci-dessous révèle que les modes de consommation des petits déjeuners
sont différents d’un quartier à un autre.
Dans le quartier pauvre le premier aliment est le pain suivi du sucre et du thé. C’est un mode
simple de petit déjeuner. Car on n’y trouve généralement que le pain accompagné de l’eau
sucrée et/ou colorée par la poudre du thé dont les dépenses moyennes s’élèvent à 35.512 fc
par mois.
Dans le quartier moyen les dépenses des petits déjeuners estimées à 42.964 fc, présentent une
augmentation d’environ 7.500 fc par rapport à celles du quartier moins aisé. Cette
augmentation a occasionné aux ménages la possibilité de consommer du lait non accessible
aux ménages pauvres. Le mode de consommation du petit déjeuner qui en découle est donc
pain, sucre et lait. Toutefois, les dépenses des laits restent bien inférieures à celles du sucre.
Dans le quartier aisé, le pain vient en première position suivi du lait et du sucre. Les dépenses
du petit déjeuner étant en moyenne de 98.072fc, soit une augmentation de 62.560fc par
rapport aux dépenses du quartier pauvre. Cette augmentation confère aux ménages aisés une
grande possibilité de consommer une bonne quantité de lait mais aussi de bonne qualité.
Il a été observé que, la part des dépenses consacrées au sucre est plus importante dans le
quartier pauvre que dans le quartier aisé. Cette observation permet de confirmer que, dans un
contexte de crise, les ménages se tournent vers les produits les moins coûteux et d’apport
calorifique élevé au détriment d’aliments riches en protéines. Ce qui aboutit à des régimes
déséquilibrés (Duquesne et al, 2010 ; Padilla, 1999).
g) Desserts
Le tableau 18 renseigne sur les principaux aliments consommés comme dessert ainsi que leurs
dépenses mensuelles.
Dans le quartier aisé on trouve deux modes de consommation de dessert : un premier mode de
consommation basé sur la consommation des fruits (pomme, avocat) et un deuxième mode de
consommation basé sur la prise des crèmes glacées et du yaourt. Les crèmes glacées et les
pommes étant coûteux, les dépenses de consommation de dessert atteignent en moyenne
4.600 fc.
Dans le quartier moyen, le dessert est constitué essentiellement de fruits. Mais ce ne sont pas
les mêmes fruits que ceux consommés dans le quartier aisé. Il s’agit principalement de la
- 78 -
mangue, de l’orange et de l'avocat. La mangue est un fruit dont le prix est très bas. Cependant,
la consommation des fruits dans ce quartier ne se fait pas toujours en tant que dessert. Dans la
plupart de cas, les fruits sont consommés à tout moment de la journée comme casse-croûte et
non seulement après le repas.
Dans le quartier moins aisé, le dessert est de moins en moins consommé si bien que la
mangue et l’avocat sont essentiellement des produits de cueillette. Dans le quartier pauvre, on
rencontre au moins un manguier ou un avocatier par parcelle. Les mangues sont consommées
au courant de la journée mais pas nécessairement en tant que dessert tandis que l’avocat est
consommé souvent pendant les petits déjeuners.
Tableau 19. Boissons consommées et leurs dépenses mensuelles par ménage (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Boissons Eau minérale, Boissons sucrées, Bière,
Boissons sucrées, Eau minérale, Boissons sucrées,
Jus de fruits ou bière Bière Boissons traditionnelles
Dépenses (en fc)
Médiane 50.508 6.532 1.656
Moyenne 61.880 13.184 4.200
Ecart-type 10.524 3.900 1.619
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Dans le quartier aisé, les trois principales boissons consommées sont : l’eau minérale, les
boissons sucrées, le jus de fruits et/ou la bière.
Dans le quartier moyen, on note la consommation des boissons sucrées et de la bière et l’eau
minérale. Les ménages ne consomment pas des jus de fruits dont le coût est supérieur à celui
des boissons sucrées.
Dans le quartier pauvre, il s’avère que l’eau minérale n’est pas consommée dans le ménage.
En plus, la bière ainsi que les boissons dites traditionnelles sont consommées essentiellement
par les adultes.
- 79 -
Tableau 20. Aliments fast-food et leurs dépenses mensuelles (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Fast-food Boîte de conserve, Boîte de conserve, Chinchard,
Chawarma, Hamburger, Croupion de dindon,
Frite Charcuterie Poisson salé
Dépenses (en fc)
Médiane 1.932 920 1.104
Moyenne 19.504 10.212 4.416
Ecart-type 4.904 2.456 2.042
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Pour les ménages du quartier pauvre, « le fast-food » est un mode de consommation qui
consiste en un ravitaillement en nourriture prêt à consommer, lorsque les ménages se
retrouvent dans l’impossibilité de préparer la nourriture pour tous les membres. Cette pratique
est bien connue à Kinshasa sous l’appellation « maman kangela ngai…» c'est-à-dire « maman
emballe-moi ce morceau ».
Tableau 21. Dépenses alimentaires totales dans les ménages et par individu (en fc)/mois
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Postes de dépenses
Aliments de base 44.160 34.040 31.280
Accompagnements d’origine végétale 46.184 31.096 22.724
Accompagnements d’origine animale 126.316 64.216 32.292
Huiles et ingrédients (épices) 19.688 16.652 11.408
Petits déjeuners 98.072 42.964 35.512
Desserts 4.600 1.840 460
Boissons 50.508 6.532 1.656
Fast-food 1.932 920 1.104
Dépenses totales/ménage/mois 391.460 198.260 136.436
Dépenses moyennes/individu/mois 48.933 33.043 17.055
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Il ressort du tableau ci-dessous que les dépenses alimentaires mensuelles sont équivalentes à
426USD dans le quartier aisé, 216USD dans le quartier moyen et 148USD dans le quartier
pauvre.
La taille du ménage étant respectivement de 8 dans le quartier aisé et dans le quartier pauvre
et de 6 dans le quartier moyen, il en ressort que les dépenses mensuelles par individu sont de
- 80 -
l’ordre de 53USD dans le quartier aisé, 40USD dans le quartier moyen et de 19USD dans le
quartier pauvre.
Selon les résultats de l’enquête 1-2-3 menée par le Ministère du Plan et d’INS (2004), la
consommation alimentaire annuelle par tête était de 77.200fc. Considérant que la parité
dollar-franc congolais était de 400fc pour 1USD, on peut donc estimer ce montant comme
équivalent à 193USD par an, ce qui correspond à 16USD par individu/mois. Cette valeur est
bien proche de 19USD représentant la consommation alimentaire par individu /mois dans les
ménages du quartier pauvre.
Tableau 22. Proportion (%) des chefs de ménages et conjoints consommant hors ménages
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Chefs de ménages Conjoints Chefs de ménages Conjoints Chefs de ménages Conjoints
OUI 60 52 31 26 40 31
NON 40 48 69 74 60 69
Total 100 100 100 100 100 100
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
En comparant la situation des chefs de ménages à celle des conjoints par rapport à la
consommation hors ménages, il s’avère que ce sont les chefs de ménages qui consomment le
plus hors ménages.
C’est la longue durée de travail des chefs de ménages qui semble être la raison principale de
cette situation. En effet, il a été démontré dans la figure 8 consacrée aux activités
professionnelles que les chefs de ménages étaient en général des salariés alors que les
conjoints pratiquaient les petits commerces. Les salariés ont déclaré qu’ils passent près de 10
heures hors domicile chaque jour sans retourner à la maison pendant les heures de pause à
cause notamment de la longue distance entre le lieu de travail et la résidence.
La majorité des conjoints (épouses) pratiquent les petits commerces. En plus, ces activités
sont exercées dans la plupart des cas plus près des domiciles. De ce fait, les conjointes ont
plus de possibilités de retourner à la maison à chaque fois qu’elles le désirent pour prendre la
nourriture ou pour exercer d’autres tâches ménagères.
S’agissant des lieux de consommation hors ménage, l’étude a montré que c’est dans la
proximité des lieux de travail que les chefs de ménages consomment hors ménages,
respectivement de l'ordre de 51,3% (Limete), 52,1% (Ndjili) et de 44% (Makala). Le lieu de
consommation hors domicile pour les conjoints est le marché, qui est en réalité le lieu de
travail pour celles qui pratiquent les petits commerces.
- 81 -
Il a été observé que l’accès au restaurant est de l’ordre de 39% et 40% respectivement pour les
chefs de ménages et les conjoints dans le quartier aisé ; 31% et 18% respectivement pour les
chefs de ménages et les conjoints dans le quartier moyen. Enfin, de17% et 18%
respectivement pour les chefs de ménages et conjoints dans le quartier pauvre.
S’agissant du rythme de consommation hors ménage le résultat montre que :
- dans le quartier aisé, lorsque la durée de travail est de 5 à 8 heures par jour, 42% de chefs
de ménages ont un rythme aléatoire de consommation et 37% ont un rythme de
consommation hors ménage de 1 à 2 fois/semaine. Mais lorsque la durée du travail dépasse
les 9 heures, 63% des chefs de ménages ont un rythme de plus de 3 fois/semaine et 32%
ont un rythme aléatoire.
- dans le quartier moyen, lorsque la durée de travail varie entre 5 et 8 heures, 56% des chefs
de ménages ont un rythme aléatoire et 33% consomment 2 à 3 fois/semaine hors domicile.
Par contre lorsque la durée journalière de travail est de plus de 9 heures, 23% des chefs de
ménages ont un rythme de 2 à 3 fois/semaine et 63% consomment plus de trois
fois/semaine hors domicile.
- dans le quartier pauvre lorsque la durée de travail est inférieure ou égale à 8 heures, la
majorité des chefs de ménages ont un rythme aléatoire et lorsque la durée de travail est de
plus de 9 heures, 50% des chefs de ménages ont un rythme de consommation de 2 à 3 fois
par semaine.
Le tableau 23 ci-dessous renseigne sur les dépenses des aliments et boissons consommés hors
ménages par les chefs de ménages et par leurs conjoints.
- 82 -
Tableau 24. Dépenses alimentaires mensuelles hors ménage des enfants (en fc)
COMMUNE Médiane Moyenne Ecart-type
LIMETE
26.680 46.920 44.896
(Quartier aisé)
NDJILI
12.880 33.120 31.372
(Quartier moyen)
MAKALA
5.520 11.960 9.752
(Quartier pauvre)
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Il en ressort que les dépenses de consommation hors ménages des enfants des quartiers aisés
s’élèvent à 26.680 fc. Ce montant est environ le double de celui des enfants du quartier moyen
(12.880 fc) et cinq fois plus par rapport à celui des enfants du quartier pauvre (5.520 fc).
Tableau 25. Dépenses mensuelles des consommations hors ménage (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Chefs des ménages 100.188 48.576 39.192
Conjoints 80.776 25.392 12.236
Enfants 26.588 13.248 5.336
Total 207.552 87.216 56.764
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
- 83 -
financer leur consommation hors ménage. Cette hypothèse s’avère moins probable. En effet,
il est plus facile d’observer que la consommation hors ménage à Kinshasa est bien développée
dans le quartier pauvre et bien commue sous l’appellation de « malewa ». Ce sont les
membres des ménages pauvres qui sont les grands consommateurs de malewa.
La deuxième hypothèse qui peut expliquer ce paradoxe est que beaucoup de répondants
considèrent la question de consommation hors ménage comme un sujet tabou. En effet, dans
la plupart des ménages pauvres, les parents ne déclarent pas avoir consommé hors ménage
pour ne pas choquer les enfants si ces derniers n’ont rien à manger. Autrement, un parent qui
consomme hors ménage alors que dans son foyer les enfants n’ont pas mangé est perçu
comme irresponsable et non solidaire. C’est ainsi que pour ne pas ternir leur image des
parents, la plupart de chefs de ménages et conjoints prétendent qu’ils ne consomment pas hors
ménage. C’est probablement le cas dans ce travail dont la proportion des chefs de ménages
qui ne consomment pas hors domicile est respectivement dans l’ordre de 40% dans le quartier
aisé, 69% dans le quartier moyen et de 60% dans le quartier pauvre. On observe également la
même tendance du côté des conjoints.
A regard de ce qui précède, il apparaît que la consommation hors ménage est une pratique qui
est perçue différemment par les Kinois. Elle est très positive lorsqu’elle a lieu dans un
restaurant ou dans un site touristique (Kinkole, pique-nique). Mais ces consommations
prennent une connotation négative lorsqu’elles ont lieu dans le malewa ou le long de la rue et
surtout si ce sont des parents qui consomment sans avoir pourvu aux besoins de leurs
ménages.
Ce tableau permet de faire une observation selon laquelle les dépenses alimentaires tant dans
les ménages que hors ceux-ci sont dans un rapport de 1 à 3 entre les ménages aisés et les
ménages pauvres.
On peut ainsi considérer qu’autant les membres d’un ménage ont la possibilité de consommer
hors ménage, autant ce ménage évolue dans des conditions relativement bonnes. D’après le
U.S. Bureau of Labor Statistics cité par Pons (2011), aux Etats-Unis, les 20 % des ménages
ayant les revenus les plus faibles consacrent 32 % de leurs dépenses d’alimentation pour les
repas hors domicile, les 20% ayant les revenus les plus élevés leur consacrent 49%. Les
ménages les plus riches dépensent pour les repas hors domicile.
- 84 -
4.2.2. Dépenses non alimentaires.
Les dépenses non alimentaires prises en compte sont celles concernant le loyer ; l’électricité ;
l’eau ; les soins de santé ; l’éducation, l’habillement ; la communication et l’énergie. Le
tableau 27 ci-dessous présente les niveaux des dépenses non alimentaires des ménages.
3° Le dépenses de l’eau
Les dépenses de l’eau sont presque égales à celles de l’électricité mais légèrement
supérieures. Le coût de l’eau est plus élevé dans le quartier pauvre. D’une part, parce que dans
ce quartier le raccordement dans le réseau de distribution en eau potable est un luxe. D’autre
part, le coût des efforts déployés afin de s’approvisionner en eau potable est très considérable.
C’est à cause de toutes ces raisons que l’eau coûte relativement cher dans le quartier pauvre.
Dans l’étude menée en 2001 par Ntoto ([Link].) dans quelques quartiers pauvres de Kinshasa,
il a été trouvé que les dépenses d’énergie (électricité, eau et autres) atteignaient
- 85 -
respectivement 16USD à Kisenso ; 10USD à Kindele et 8USD à Makala. Ces informations
traduisent la même situation que celle décrite dans cette étude.
- 86 -
charbon de bois (la braise) qui est devenu pratiquement la deuxième source d’énergie dans le
quartier aisé et la première source dans les autres quartiers. Le pétrole est surtout utilisé
comme source d’énergie pour éclairer les domiciles, surtout dans le quartier pauvre où
l’utilisation des lampes tempêtes nécessite l’usage du pétrole.
En mettant ensemble les dépenses alimentaires et non alimentaires mensuelles des ménages,
on obtient le tableau 28 qui présente la structure des dépenses des ménages.
Tableau 28. Structure des dépenses des consommations mensuelles des ménages (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Dépenses % Dépenses % Dépenses %
Dépenses alimentaires dans les
ménages 391.920 32 198.720 38 136.160 45
Dépenses alimentaires hors
ménages 207.920 17 87.400 17 57.040 19
Total dépenses alimentaires 599.840 49 285.200 55 193.200 64
Loyer 230.000 19 73.600 14 20.240 7
Electricité 8.280 1 6.440 1 1.840 1
Eau 9.200 1 10.120 2 6.440 2
Santé 26.680 2 27.600 5 9.200 3
Transport 153.640 13 36.800 7 24.840 8
Education 84.640 7 25.400 5 15.640 5
Habillement 27.600 2 27.600 5 10.120 3
Communication 61.640 5 15.640 3 4.600 2
Energie de cuisson et éclairage 23.000 2 11.960 2 14.720 5
Total dépenses non alimentaires 624.680 51 237.360 45 107.640 36
Total dépenses 1.224.520 100 522.560 100 300.840 100,0
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Les informations de ce tableau reflètent la situation des enquêtes 1-2-3 dont les résultats ont
révélé une prédominance des dépenses alimentaires (49%) qui font partie des besoins
incompressibles aussi bien pour les non pauvres que pour les pauvres (PNUD/RDC, 2009).
Les travaux de Joseph Houyoux sur la structure des dépenses de la consommation familiale à
Kinshasa en 1969, 1975 et 1986, au départ des données des enquêtes ont donné lieu aux
observations suivantes : premièrement de 1969 à 1975, on a constaté que la part des dépenses
affectées aux vivres décroît (60%) ce qui permet l’accroissement des autres dépenses
notamment le logement (15%), le vêtement (7%) et les dépenses diverses (3%). Cette
observation justifie bien la loi d’Engel qui stipule que lorsque le niveau de revenu augmente,
la part du revenu affectée à l’alimentation diminue. L’histoire enseigne qu’au cours de la
période 1969 à 1975, l’économie congolaise (zaïroise) était prospère grâce aux cours élevés
des matières premières d’exportation, particulièrement le cuivre, le cobalt, le diamant, etc.
Par contre, pendant la période de 1975 à 1986, le pays a connu des grandes récessions. La part
des dépenses d’alimentation augmente (62%) tandis que la part des vêtements (5%) et celle de
l’éducation (1%), notamment diminuent. En comparant les informations de Houyoux à celles
de la présente étude, on trouve que la situation évolue dans le même sens. Dans des ménages
- 87 -
du quartier pauvre les dépenses alimentaires représentent environ 64%. Les autres dépenses,
notamment le logement (7%) et le vêtement (3%) et les dépenses diverses (4%) sont de plus
en plus en diminution.
4.3. FACTEURS INFLUENCANT LES PRATIQUES ALIMENTAIRES A KINSHASA.
Dans cette section du travail il est question d’identifier les facteurs qui ont une certaine
influence sur les pratiques alimentaires des Kinois, tant au niveau des ménages que hors ceux-
ci. Deux types de facteurs ont été pris en compte : il s’agit des profils des chefs de ménages et
des caractéristiques socio-économiques des ménages.
Les facteurs liés aux profils des chefs de ménages sont : l’âge, le genre, l’état civil, le niveau
d’instruction, l’activité professionnelle, les préférences alimentaires, la durée du travail et la
province d’origine. Les facteurs socio-économiques des ménages sont : la taille, la source de
revenus; le statut d’habitation et la qualité de l’habitat. Ces deux groupes de facteurs ont été
croisés avec les variables de la consommation alimentaire ci-après:
le nombre de repas par jour,
les aliments de base,
les aliments d’accompagnement d’origine végétale,
les aliments d’accompagnement d’origine animale,
le lieu de consommation hors ménage,
le rythme de consommation hors ménage.
Dans cette étude, il n’a été retenu que les facteurs dont le test de Khi-deux a révélé que leur
influence sur la consommation alimentaire est significative dans les trois quartiers à la fois.
Ces facteurs sont présentés dans le tableau 29 ci-après :
Il ressort de ce tableau deux catégories de facteurs : les uns influençant les consommations
alimentaires dans les ménages et les autres ayant de l'influence sur la consommation hors
ménage.
Trois facteurs ont été identifiés. Il s’agit de la taille des ménages, le statut vis-à-vis de la
parcelle d’habitation et les motivations des chefs de ménages
- 88 -
1° La taille du ménage
Selon le résultat du test, il s’avère que la taille du ménage influence le nombre de repas par
jour et aussi les dépenses de consommation des aliments de base.
- La taille des ménages influence le nombre de repas par jour
En croisant la taille des ménages et le nombre de repas par jour, le test est très significatif
dans le quartier pauvre tandis qu’il est significatif dans les quartiers aisé et moyen. En effet,
dans les ménages dont la taille est supérieure à 9, ils prennent un repas par jour. Cette
situation est observée à la fois dans le quartier aisé et le quartier moyen. Par contre dans le
quartier pauvre, lorsque la taille des ménages est supérieure à 5, ils prennent un seul repas par
jour.
De ce résultat du test, il apparaît que lorsque la taille augmente, les ménages se retrouvent
dans l’incapacité de préparer plus d’un repas par jour. Cette incapacité est plus élevée dans les
ménages du quartier pauvre.
- La taille des ménages influence la consommation des aliments de base
Les aliments de base les plus consommés sont d’abord le manioc en mélange ou pas avec le
maïs et ensuite le riz. Dans le quartier aisé, le test a montré que lorsque la taille des ménages
est inférieure à 5 personnes, 50% des ménages consomment le manioc et le maïs comme
aliment de base, tandis que 39% de ménages consomment le riz comme aliment de base. Pour
les ménages dont la taille est au-delà de 6 personnes, le test a montré que la proportion des
ménages qui consomment le manioc et le maïs comme aliment de base atteint les 82% et la
part des ménages qui consomment le riz comme aliment de base se réduit à 15%.
Dans le quartier moyen, lorsque la taille des ménages est très petite (3 à 5 personnes), les
résultats du test ont montré que 75% des ménages consomment le manioc et le maïs alors que
12% des ménages consomment le manioc seul (sans mélange avec le maïs). Une fois que la
taille des ménages augmente (au-delà de 6 personnes), la proportion des ménages qui
consomment le mélange de manioc et de maïs tend à diminuer (67%) et le nombre de
ménages qui consomment le manioc seul augmente et atteint 18%.
Dans le quartier pauvre, on trouve que 72% des ménages dont la taille est comprise entre 3 et
5 membres consomment le Fufu préparé avec le manioc et le maïs alors que 16% des ménages
consomment le manioc seul. Mais, lorsque la taille des ménages est de plus de 6 personnes, la
proportion des ménages qui consomment manioc et maïs se réduit à 50% ; 23% des ménages
consomment le manioc seul et 6% des ménages consomment le maïs seul.
- 89 -
Enfin dans le quartier pauvre, 42% des propriétaires des parcelles prennent un repas/jour ;
57% prennent deux repas et 7% trois repas. S’agissant des locataires, il s’avère que 70%
prennent un repas contre 30% qui prennent deux repas.
Les résultats de ce test sont toutefois logiques avec l’idée selon laquelle les propriétaires des
parcelles ont assez de moyens, ce qui leur permet d’avoir accès à plusieurs repas par jour
contrairement aux locataires, surtout ceux du quartier pauvre dont la majorité sont incapables
de prendre plus d’un repas par jour.
- 90 -
4.3.2. Facteur influençant l’alimentation hors ménages : durée de travail.
CONCLUSION PARTIELLE
Au terme de l’analyse des résultats de l’enquête sur la caractérisation des ménages des trois
quartiers, à savoir le quartier aisé (Limete), le quartier moyen (Ndjili) et le quartier pauvre
(Makala), les principales observations qui en découlent sont les suivantes :
Les chefs de ménages du quartier aisé et ceux du quartier pauvre ont relativement la moyenne
d'âge la plus élevée (51 à 60 ans) tandis que ceux du quartier moyen sont essentiellement
jeunes (31 à 40 ans).
La proportion des femmes chefs de ménages (célibataires, veuves ou divorcées) est
respectivement de 22% dans le quartier aisé, 23% dans le quartier moyen et de 26% dans le
quartier pauvre.
C’est dans le quartier aisé que des chefs de ménages sont en majorité (83%) des
universitaires. Dans le quartier moyen les chefs de ménages ont un niveau d’instruction
compris entre le secondaire (48%) et le niveau supérieur ou universitaire (44%) par contre
dans le quartier pauvre les chefs de ménages ont un niveau secondaire (46%) ou primaire
(32%) et les non scolarisés s’élèvent à 17%.
Dans le quartier aisé les chefs de ménages sont en majorité des salariés (66%), de même que
dans le quartier moyen mais avec des proportions inférieures (52%). Par contre dans le
quartier pauvre les chefs des ménages pratiquent soit les petits commerces (31%) soit
l’artisanat (29%) où l’on trouve toutes sortes de petits métiers.
- 91 -
Les femmes sont de plus en plus actives dans les activités de survie dans les ménages pauvres.
Ces activités sont en majorité liées au secteur informel dans la proportion de 71% dans le
quartier pauvre, 50% dans le quartier moyen et de 27% dans le quartier aisé.
La taille des ménages est en moyenne de 7 personnes. Elle est de 8 personnes dans les
quartiers aisé et pauvre et de 6 dans le quartier moyen. Les ménages établis dans le quartier
aisé sont généralement dans les conditions confortables en ce qui concerne le raccordement
aux réseaux de distribution d’eau et d’électricité qui atteint 100%. Par contre dans le quartier
pauvre 90% des ménages n’ont aucun raccordement au réseau de distribution d’eau potable et
près de 57% sont sans électricité.
La structure des dépenses des ménages présente une prédominance des dépenses
alimentaires : 49% dans le quartier aisé, 55% dans le quartier moyen et 64% dans le quartier
pauvre. Les dépenses alimentaires mensuelles dans les ménages sont respectivement de
l’ordre de 391.920 fc dans les ménages aisés, 198.720 fc dans les ménages moyens et de
136.160 fc dans les ménages pauvres. Les dépenses alimentaires hors ménages sont
respectivement de 207.920 fc dans le quartier aisé, 87.400 fc dans les ménages du quartier
moyen et de 57.040 fc dans le quartier pauvre. Ce sont les chefs de ménages qui consomment
le plus hors ménages par rapport aux conjoints. Les dépenses non alimentaires mensuelles
sont respectivement de l’ordre de 624.680 fc dans le quartier aisé, 237.360 fc dans le quartier
moyen et de 107.640 fc dans le quartier pauvre. Les dépenses globales sont de 1.224.520 fc
dans le quartier aisé, 522.560 fc dans le quartier moyen et de 300.840fc dans le quartier
pauvre.
Les facteurs influençant les pratiques alimentaires des ménages sont : la taille du ménage et le
statut vis-à-vis de la parcelle d’habitation. La taille des ménages influence le nombre de repas
par jour et aussi les dépenses de consommation des aliments de base. Les ménages ayant le
statut de propriétaires des parcelles d’habitation prennent relativement plus de repas par jour
que les ménages locataires.
Les résultats de l’étude ont montré également que les motivations des chefs de ménages
influencent la consommation des aliments d’accompagnement d’origine végétale ainsi que
ceux d’origine animale. Pour les aliments végétaux ce sont les feuilles de manioc qui sont les
plus consommées tandis que les chinchards sont les plus consommés parmi les produits
animaux, avec comme motivation : les habitudes alimentaires, le plaisir et la satiété. Les
motivations liées au prix ne concernent que les ménages du quartier pauvre.
Le seul facteur qui influence la consommation hors ménage est la durée de travail. Lorsque la
durée de travail dépasse les 10 heures, le rythme de consommation alimentaire hors ménages
est de plus de trois fois par semaine.
- 92 -
CHAPITRE V.
RESULTATS DES SUIVIS DES MENAGES RELATIFS AUX MODES DE VIE
ET DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE
INTRODUCTION
L’objectif de ce chapitre est d’établir un rapprochement entre les modes de vie des ménages
(conditions d'existence) et leurs modes de consommation alimentaire, tout en prenant
également en compte la saison au cours de laquelle les consommations ont eu lieu. Pour ce
faire une catégorisation des ménages telle que présentée ci-dessous s'est avérée un préalable
avant la réalisation des suivis proprement dits.
Trois principales catégorisations ont été établies à partir de l'enquête de 2010 sur la
caractérisation des ménages. La première catégorisation est basée sur les dépenses des
ménages. La seconde a été établie sur base de la qualité de l'habitat. La troisième
catégorisation a été réalisée à partir du niveau des équipements des ménages.
Deux types de dépenses ont été pris en compte pour catégoriser les ménages. Il s'agit des
dépenses alimentaires et des dépenses non alimentaires. En additionnant les montants des
dépenses alimentaires à ceux des dépenses non alimentaires on obtient une troisième catégorie
basée sur les dépenses globales des ménages.
Tableau 30. Caractérisation par rapport aux dépenses alimentaires dans les ménages (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
Catégories des Ménages
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Premier quartile
153.640 à 310.960 54.280 à 150.880 34.960 à 103.960
(ménages pauvres)
Deuxième et troisième quartile
311.880 à 681.720 151.800 à 313.720 104.880 à 201.480
(ménages moyens)
Quatrième quartile
682.640 à 1.492.240 314.640 à 925.520 202.400 à 402.040
(ménages très aisés)
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Les informations de ce tableau permettent de faire une observation selon laquelle, dans les
trois quartiers, il existe à la fois des ménages que l’on peut qualifier de «aisés », de
« moyens » et de «pauvres». Cette observation confirme qu’il existe bien des disparités dans
les conditions de vie des ménages tant au niveau des quartiers que dans les communes.
En vertu de cette observation, dans le quartier pauvre, ne sont considérés comme « ménages
pauvres », que seuls les ménages dont les dépenses alimentaires mensuelles ne dépassent pas
le montant de 103.960 fc. Dans le quartier aisé, les ménages dont les dépenses alimentaires
mensuelles sont supérieures ou égales à 682.640 fc sont considérés comme étant «ménages
aisés ». Enfin dans le quartier moyen, ce sont les ménages dont les dépenses alimentaires
mensuelles sont comprises entre 151.800 fc et 313.720 fc qui sont considérés comme
« ménages moyens ».
Tableau 31. Catégorisation des ménages par rapport aux dépenses non alimentaires (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
Catégories des Ménages
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Premier quartile
30.360 à 261.280 13.800 à 99.360 20.240 à 52.440
(ménages pauvres)
Deuxième & troisième quartile
261.280 à 557.520 100.280 à 317.400 52.440 à 126.960
(ménages moyens)
Quatrième quartile
558.440 à 2.865.800 318.320 à 141.4960 127.880 à 679.880
(ménages aisés)
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Il résulte de ce tableau que dans le quartier aisé, "les ménages aisés" sont ceux dont les
dépenses non alimentaires mensuelles sont supérieures à 558.440 fc. Par contre, dans le
quartier pauvre les ménages sont caractérisés par les dépenses non alimentaires mensuelles
inférieures à 52.440 fc. Dans le quartier moyen, les ménages dits moyens sont ceux dont les
dépenses non-alimentaires mensuelles sont comprises entre 100.280 fc et 317.400 fc.
Tableau 32. Dépenses globales (alimentaires et non alimentaires) mensuelles (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
Catégories des Ménages
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Premier quartile
241.040 à 736.920 93.840 à 299.000 76.360 à 175.720
(ménages pauvres)
Deuxième & troisième quartile
737.840 à 1.541.920 299.920 à 672.520 176.640 à 355.120
(ménages moyens)
Quatrième quartile
1.542.840 à 4.702.120 673.440 à 2.493.200 356.040 à 842.720
(ménages aisés)
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Sur base de ces informations, les ménages sont considérés comme aisés, s'ils sont installés
dans le quartier aisé et que leurs dépenses globales mensuelles sont au moins de 1.542.840 fc.
- 94 -
Les ménages moyens sont ceux du quartier moyen et dont les dépenses globales mensuelles
sont comprises entre 299.920 fc et 672.520 fc. Enfin, les ménages pauvres sont établis dans le
quartier pauvre et présentent des dépenses globales mensuelles inférieures à 175.720 fc.
Ce tableau met en évidence trois catégories de ménages par rapport à la qualité de leur habitat.
Il s’agit de «habitat de qualité précaire», «habitat de qualité acceptable» et «habitat de qualité
confortable».
- 95 -
5.1.3. Catégorisation des ménages par rapport à leur niveau d’équipements et
raccordements
Tableau 34. Catégorisation des ménages par rapport au niveau des équipements et raccordements
LIMETE NDJILI MAKALA
Niveau d’équipement (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Effectif % Effectif % Effectif %
SOUS EQUIPES 0 0 15 11 70 67
MOYENNEMENT EQUIPES 40 39 103 75 34 33
BIEN EQUIPES 64 61 20 14 0 0
Total 104 100 138 100 104 100
Source : Auteur à partir des données des enquêtes de 2010.
Ce tableau met en évidence trois catégories de ménages par rapport aux équipements de la
maison et aux raccordements auxquels les ménages ont accès. Il s’agit de : « ménages sous-
équipés » ; « ménages moyennement équipés » et « ménages bien équipés ».
1° Ménages sous-équipés
Dans les ménages de cette catégorie, le salon ne contient pas de fauteuil, ni climatiseur, ni
télévision, ni rien d’important. Dans la chambre des parents, il n’y a pas de lit, sauf parfois
des draps. On peut y trouver des nattes et parfois des éponges servant de matelas. La cuisine
n’est pas établie dans un lieu précis. C’est à l’extérieur de la maison que se fait la cuisine.
L’instrument principal utilisé pour la cuisson est le brasier ou un dispositif adapté pour les
bois de chauffe ou pour l’utilisation des copeaux de bois. Pas de matériels de transport et
aucun raccordement officiel en eau ni en électricité. 85 ménages de ce type ont été identifiés
dans la zone d’études dont 70 dans le quartier pauvre et aucun ménage de ce type n’a été
identifié dans le quartier aisé.
- 96 -
3° Ménages bien équipés
Dans ces ménages, le salon est bien équipé. On y trouve presque tous les équipements
supposés se trouver dans un salon (fauteuil, télévision, radio, etc.). La chambre des parents
comprend un lit, matelas, draps et couvertures. Presque tous les ménages de cette catégorie
ont un moyen de transport, généralement un véhicule automobile, presque pas de motos et
vélos. L’ordinateur et le groupe électrogène ont été identifiés aussi parmi les équipements de
ces ménages.
La cuisine est bien établie dans la maison. On y trouve généralement une cuisinière munie
d’un four et tant d’autres biens de cuisine. Le brasier a été aussi identifié dans ces ménages,
car il sert à la cuisson en cas de coupure d’électricité.
Les raccordements en eau, électricité et la possession des antennes parabolique de TV existent
dans ces ménages. Il a été identifié 64 ménages bien équipés dans le quartier aisé, 20 dans le
quartier moyen et aucun dans le quartier pauvre.
Les ménages ont été sélectionnés sur base des catégorisations ci-haut décrites, lesquelles sont
considérées comme des critères pour le choix des ménages. Les ménages sont considérés
comme aisés s'ils sont installés dans le quartier aisé et que leurs dépenses globales mensuelles
sont au moins de 1.542.840 fc. Les ménages moyens sont ceux du quartier moyen dont les
dépenses globales mensuelles sont comprises entre 299.920 fc et 672.520 fc. Enfin, les
ménages pauvres sont établis dans le quartier pauvre et présentent des dépenses globales
mensuelles inférieures à 175.720 fc.
S'agissant de la qualité de l'habitat, les ménages choisis sont ceux dont l’habitat est de qualité
confortable (dans le quartier aisé), de qualité acceptable (dans le quartier moyen) et de qualité
précaire (dans le quartier pauvre).
Concernant le niveau d'équipements, le choix a porté sur les ménages bien équipés (dans le
quartier aisé), les ménages moyennement équipés (dans le quartier moyen) et sur les ménages
sous-équipés (dans le quartier pauvre).
La méthodologie suivie est basée sur une enquête consistant en un suivi des ménages à travers
leurs dépenses alimentaires quotidiennes. L'échantillonnage raisonné a permis de choisir 30
ménages à raison de 10 ménages dans chaque quartier en fonction des caractéristiques
présentées ci-avant, soit 10 ménages très aisés et dont l'habitat est de qualité confortable dans
le quartier aisé ; 10 ménages moyens avec habitat de qualité acceptable dans le quartier
moyen et 10 ménages moins aisés avec l'habitat de qualité précaire choisis dans le quartier
pauvre.
Ces trente ménages ont fait l'objet d'un premier suivi pendant la saison sèche (de juin à août
2011) et d'un deuxième suivi pendant la saison pluvieuse (de février à avril 2012). Le suivi a
consisté en l’enregistrement des informations suivantes : quantités d’aliments consommées,
dépenses réalisées pour chaque consommation, estimation du prix des aliments non achetés,
nombre de personnes qui ont pris part aux repas, nombre journalier de repas, heure du repas et
qualité de la personne s'occupant de la cuisine. Les quantités consommées ont été estimées
soit à partir du poids mentionné sur l’emballage soit par des pesées à l’aide d’une balance.
L’utilisation des tables de composition des aliments a permis d’estimer la quantité de
nutriments consommés, particulièrement les protéines ainsi que la quantité de calories de
chaque aliment consommé. La diversité alimentaire a été appréciée par la fréquence de
- 97 -
consommation de chaque aliment au cours de la semaine. Ce critère a permis d'apprécier la
qualité du régime alimentaire en fonction de la diversité des aliments qui le composent (Savy
et al. 2003).
Chaque aliment consommé dans les ménages a été enregistré selon son appartenance à l'un
des douze groupes alimentaires de la classification de la FAO qui distingue : céréales; racines
et tubercules; légumes; viandes; poisons; légumineuses; fruits; œufs; lait et produits laitiers;
huiles et graisses; sucreries et boissons.
Des données plus qualitatives ont également été rassemblées et ont permis de décrire les
modes de vie des ménages échantillonnés. Les résultats des suivis portent d'abord sur les
modes de vie des ménages et ensuite sur leurs modes de consommation alimentaire.
Les informations en rapport avec les modes de vie des ménages sont présentées en termes de :
Composition des ménages;
Gestion des ménages et rapport entre les membres des ménages;
Organisation des ménages autour de l’alimentation.
Le tableau 35 ci-dessous présente les ménages du point de vue de leur composition. Il ressort
de ce tableau quatre importantes informations : la taille des ménages, le nombre d’enfants
dans la famille, la situation des enfants dans les ménages, les sous-ménages ainsi que le
nombre de personnes prises en charge au sein des ménages.
Personnes.
Personnes.
Personnes
scolarisés.
scolarisés.
scolarisés.
en charge
en charge
en charge
ménages
ménages
ménages
Nombre
Nombre
Nombre
enfants
enfants
Enfants
Enfants
Enfants
Enfants
Taille
Sous-
Sous-
Sous-
Taille
Taille
1 11 7 7 0 0 11 6 4 0 5 8 1 0 0 2
2 11 6 6 0 5 10 2 2 0 6 7 3 3 0 3
3 9 5 fini 0 2 8 5 4 0 1 8 5 3 0 2
4 11 3 3 0 1 7 3 2 0 3 11 7 0 0 3
5 8 3 3 0 2 8 2 2 0 1 12 7 4 3 3
6 6 6 4 0 7 6 3 3 0 0 15 8 0 0 5
7 7 8 4 0 0 6 4 2 0 0 9 5 2 1 5
8 7 5 5 0 8 8 4 4 0 1 9 4 0 0 3
9 8 6 fini 0 6 6 5 3 0 2 9 4 3 1 4
10 5 9 fini 0 0 5 2 2 0 0 7 5 2 0 2
Moyen 8 6 5 0 4 8 4 3 0 2 10 5 2 1 3
Source : Auteur à partir des données de l’enquête de 2011
Il ressort de ce tableau que dans la composition des ménages quatre éléments sont à prendre
en compte. Il s'agit de la taille des ménages, le nombre d’enfants dans la famille, les sous-
ménages ainsi que le nombre de personnes prises en charge au sein des ménages.
- 98 -
1° La taille des ménages: en moyenne, la taille des ménages est de 8 dans les quartiers aisé et
moyen, mais elle est autour de 10 personnes dans les ménages du quartier pauvre. Cette taille
relativement élevée dans les ménages du quartier pauvre est en grande partie liée au
phénomène de sous-ménages fort rependu dans ce type de quartier.
2° Un sous-ménage est un ménage dans un autre ménage. Ce cas a été identifié dans 3
ménages parmi les 10 du quartier pauvre. Parmi les 3, deux ménages avaient jusqu’à trois
sous-ménages en leur sein. Ces sous ménages étant constitués des familles des enfants âgés
qui sont devenus des pères ou des mères des autres enfants sans avoir quitté le toit familial.
L'étude a montré que certains sous-ménages participent en partie dans le financement des
dépenses alimentaires des ménages au sein desquels ils sont établis. D'autres sous-ménages
ont une certaine autonomie vis-à-vis du ménage hôte en ce sens qu’ils financent eux-mêmes
leurs dépenses alimentaires.
3° Situation des enfants au sein des ménages: le nombre d’enfants dans les ménages est
compris entre 5 et 6 dans les quartiers aisé et pauvre alors que dans le quartier moyen ce
nombre est moins élevé, il est en moyenne de 4 enfants par ménage. Ces chiffres sont corrélés
avec l’âge des chefs des ménages et conjoints. S’agissant de la scolarité des enfants, dans le
quartier pauvre, seuls 2 enfants sur 5 sont scolarisés par manque de moyens pour assurer la
scolarité des autres enfants. Dans les ménages du quartier aisé, tous les enfants en âge de
fréquenter l’école sont scolarisés.
4° Personnes en charge du ménage: il s’agit des personnes établies dans les ménages sans
faire partie intégrante de celui-ci. Pour la plupart ce sont les neveux, nièces, cousins ou
proches parents soit du chef de ménage soit du conjoint qui s’installent dans le ménage
définitivement ou pendant une période généralement non définie. Dans certains ménages, il a
été identifié des personnes établies dans des ménages sans lien de parenté avec les autres
membres de ces ménages. Les informations du tableau ci-dessus montrent bien que le
« phénomène de personnes en charge » est bien présent tant dans les ménages du quartier aisé
que dans ceux du quartier pauvre. Le nombre de personnes en charge est plus élevé dans les
ménages aisés que dans les ménages pauvres parce que la richesse attire les gens.
La gestion quotidienne des ménages est une tâche qui est dévolue au chef de ménage, mais
dans certaines situations les membres des ménages participent dans la gestion. Le tableau 36
ci-dessous présente le genre des chefs des ménages, leur état-civil ainsi que leur âge. Ces
éléments sont présentés et analysés en rapport avec la capacité de diriger et de contrôler les
membres des ménages.
- 99 -
Tableau 36. Renseignements sur les chefs de ménages
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Etat-civil
Célibataire 0 1 0
Marié 10 6 7
Divorcé 0 2 1
Veuf 0 1 2
Total 10 10 10
Genre
Homme 10 6 7
Femme 0 4 3
Total 10 10 10
Activités professionnelles
Salariés 5 5 4
Professions libérales 5 3 6
Sans activité 0 2 0
Total 10 10 10
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2011
En analysant les informations du tableau ci-haut en rapport avec l’état-civil, l’étude révèle
deux cas : le premier est la prédominance des ménages dirigés par un couple marié et le
deuxième cas est celui des ménages dirigés par les femmes (célibataires, divorcées ou
veuves).
- 100 -
2° Ménages dirigés par les femmes seules
Il a été observé dans le quartier moyen (4 cas sur 10) et dans le quartier pauvre (3 cas sur 10),
des ménages dirigés par une femme célibataire, veuve ou divorcée. Ces femmes-chefs de
ménages se sentent de plus en plus sans soutien pour assurer la charge des ménages. Ce
sentiment de manque d’un partenaire avec lequel on devrait codiriger le ménage est souvent
évoqué par des femmes chefs de ménages par une expression bien connue des Kinois
« loboko moko » c’est -à- dire « un manchot ».
En évoquant cette expression la femme-chef de ménage exprime sa peine à pourvoir toute
seule aux besoins des membres de son ménage. Dans les ménages où les femmes sont chefs
de ménage, l’étude a montré que les autres membres des ménages conjuguent les efforts, pour
pourvoir aux besoins de leurs ménages à côté de leurs mères. Dans ces ménages les traits les
plus caractéristiques sont :
- l’absence prolongée des femmes dans les ménages,
- la place non négligeable des filles dans le financement des besoins des ménages,
- la contribution des autres membres du ménage sous forme de cotisation.
Deux principales organisations des ménages ont été identifiées pour accéder à l’alimentation :
la diversification des sources des revenus et la diversification des pourvoyeurs de revenus. Le
tableau 37 ci-dessous présente les différentes sources de revenus dans les trois quartiers
respectifs.
- 101 -
1° Diversification des sources de revenus
Plusieurs sources de revenus ont été identifiées au sein des ménages en dehors de la source
principale, généralement celle qui est attachée au chef du ménage.
Les montants communiqués par les pourvoyeurs étaient exprimés soit en monnaie locale
(franc congolais) soit en dollar américain. Ces différents montants ont été convertis en dollars
et sont présentés dans le tableau 38.
- 102 -
Tableau 38. Revenu gagné par les activités des membres des ménages par semaine (en fc)
LIMETE NDJILI MAKALA
Ménage (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier moins aisé)
1 220.800 174.800 11.040
2 1.656.000 131.560 11.960
3 464.600 138.000 10.120
4 552.000 244.720 67.160
5 294.400 99.360 80.040
6 - 201.480 38.640
7 322.000 276.000 69.920
8 644.000 186.760 47.840
9 276.000 119.600 22.080
10 - 93.840 16.560
Moyenne 553.840 166.520 37.720
Maximum 1.656.000 276.000 80.040
Minimum 220.800 93.840 10.120
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2012
Il résulte de l’analyse des chiffres communiqués lors des enquêtes que, par semaine, les
ménages disposent de revenus moyens respectivement de 553.840 fc pour les ménages les
plus aisés, de 166.520 fc pour les ménages moyens et de seulement 37.720 fc pour les
ménages les plus pauvres de l’échantillon.
Au regard de ce montant, on constate que l’écart est considérable entre les trois groupes issus
de différents quartiers. En effet, le revenu moyen des ménages du quartier très aisé est
d’environ 15 fois supérieur au revenu moyen des ménages du quartier pauvre. On constate
également que les ménages évoluant dans de mauvaises conditions multiplient les sources de
revenus sans pour autant accroître sensiblement leur niveau de revenu. Dans ces conditions,
les occupations professionnelles tendent à revêtir plus un caractère de mode de vie que
d’activités génératrices des revenus.
L’organisation des repas est une activité qui va de la préparation des aliments à leur
consommation. Les aspects en rapport avec l’organisation des repas qui ont été analysés dans
cette section sont les suivants : la préparation culinaire, l’heure du repas, le nombre de repas,
la qualité des personnes préparant les repas, le nombre et la qualité des consommateurs.
1° Préparation culinaire
La préparation culinaire est une activité préalable à l’organisation des repas au sein des
ménages. Le tableau 39 ci-dessous présente les différentes préparations culinaires ainsi que
l’heure de ces préparations.
- 103 -
Tableau 39. Le nombre de préparations et l’heure de repas par semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
Heures de (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
repas Saison Saison Saison Saison Saison Saison
sèche pluvieuse sèche pluvieuse sèche pluvieuse
Les préparations des petits déjeuners
6 à 7h - 4 - 3 - -
7 à 8h 2 1 - 1 - -
8 à 9h 4 2 2 - - -
9 à 10h 1 - 3 -
après 10h - - - - 4 3
Total 7 7 5 4 4 3
Les préparations des repas
Midi 3 2 1 - -
16 à 17h 3 4 - - -
17 à 18h 5 1 2 1 - -
18 à 19h 1 4 5 4
après 19h - - 1 3 5 3
Total 12 11 9 8 5 3
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2011 et 2012
Deux types de préparations culinaires ont été identifiés à partir des informations de ce tableau.
Il s’agit d’abord des préparations matinales et des préparations culinaires pour le reste de la
journée. Les préparations culinaires matinales concernent les petits déjeuners alors que celles
de la journée sont en rapport avec les dîners. En comparant leur nombre respectif, on constate
que, quelle que soit la saison et quel que soit le quartier, les préparations culinaires sont plus
nombreuses les après-midi que dans la matinée.
A partir des informations de ce tableau on observe qu’en moyenne, le nombre de préparations
alimentaires, y compris les petits déjeuners, est plus élevé en saison sèche qu’en saison
pluvieuse.
- 104 -
repas de la journée est essentiellement organisé entre 17 et 18 heures dans les ménages aisés
quelle que soit la saison. Dans les ménages moyens ce repas a lieu en général entre 18 et 19
heures, et dans les ménages pauvres, il intervient après 19 heures.
Tableau 40. Fréquence et qualité des personnes préparant les repas par semaine
Madame Enfants Proche Boniche Chacun Moyenne de repas
(conjoint) (filles) parent pour soi préparés/
semaine
Saison sèche
Ménages
3 1 1 14 0 19
aisés
Ménages
6 5 3 0 0 14
moyens
Ménages
1 4 3 0 1 9
pauvres
Saison pluvieuse
Ménages
5 0 1 12 0 18
aisés
Ménages
7 2 3 0 0 12
moyens
Ménages
1 3 1 0 1 6
pauvres
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2011 et 2012
S’agissant de la personne qui fait la cuisine, il a été observé que dans le quartier aisé, les
boniches (femmes de ménage) ont préparé la nourriture 14 fois sur une moyenne de 19
préparations enregistrées. Dans les ménages moyens par contre, la préparation des repas est
une tâche qui est partagée entre les épouses (6 fois/semaine) et les filles âgées (5
fois/semaine).
Le faible niveau de revenu des ménages moyens et pauvres ne leur permet pas d’employer des
femmes de ménage. Dans les ménages pauvres, la préparation des repas est une activité
essentiellement vouée aux filles. Les épouses sont souvent hors ménages dans la recherche
des moyens de survie.
En divisant les données de la dernière colonne par 7, on obtient le nombre journalier de
préparations des repas qui est respectivement de 3 repas/jour (dans les ménages aisés) ; 2
repas/jour (dans les ménages moyens) et de 1 repas/jour (dans les ménages pauvres). En
saison pluvieuse les fréquences de préparation des repas tendent à diminuer, surtout dans les
ménages pauvres.
Le « chacun pour soi » est une pratique selon laquelle chaque membre du ménage s’arrange
pour préparer sa propre nourriture. Cette pratique alimentaire a été observée dans le quartier
pauvre. Dans la plupart des cas, lorsqu’on parle de « chacun pour soi » il s’agit d’un repas
dont l’une des composantes a été achetée dans un état prêt à consommer. Souvent ce sont les
- 105 -
viandes (croupion de dinde, cuisses de poulet) ou poissons (chinchard) que l’on achète à l’état
cuit et que l’on va consommer avec le Fufu préparé à domicile.
Le nombre de consommateurs est plus élevé dans les ménages aisés que dans les ménages
pauvres dans toutes les saisons. On obtient en moyenne 11 à 12 personnes (dans les ménages
aisés) ; 9 à 10 personnes (dans les ménages moyens) et 8 à 9 personnes (dans les ménages
pauvres). Le niveau de richesse attire les gens ce qui accroît l’effectif journalier de
consommateurs dans les ménages aisés. Mais aussi, le déplacement des enfants pendant les
vacances a de l’influence sur la variation de l’effectif de consommateurs. Le nombre des
consommateurs au sein des ménages est très variable d’un jour à l’autre. Il varie
essentiellement en fonction de la fréquence et du nombre des visiteurs, surtout lorsque ces
derniers arrivent quelques instants avant le repas.
Outre les visiteurs, il a été également observé que le repas peut se partager également avec les
voisins en leur envoyant une partie de la nourriture qu’ils vont consommer chez eux. C'est
généralement dans les ménages pauvres ainsi que dans certains ménages moyens qu'il a été
observé cette pratique que l'on peut considérer comme une sorte de ristourne alimentaire entre
les ménages. Dans les ménages où cette pratique est d’usage, c’est souvent la mère ou les
filles aînées concernées par la préparation des repas qui sont les seules à consommer la
nourriture échangée. On qualifie ces nourritures échangées en termes de « goûter».
Les modes de consommation alimentaire sont analysés ici en relation avec les modes de vie
des ménages et les saisons sèche et pluvieuse. Les informations présentées dans cette section
vont porter sur :
Importance relative des aliments dans les dépenses alimentaires ;
Fréquence et modes de consommation des aliments ;
Quantité d’aliments consommés et les apports nutritionnels.
L'importance relative des aliments exprime la part en pourcentage des dépenses de chaque
groupe d’aliments dans les dépenses alimentaires. Le tableau 42 ci-dessous présente les
dépenses réalisées pour l’achat des aliments de chaque groupe au cours d’une semaine.
- 106 -
Tableau 42. Dépenses alimentaires (en fc) par semaine par ménage et par saison
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Groupes Saison Saison Saison Saison Saison Saison
d’aliments sèche Pluvieuse sèche Pluvieuse sèche Pluvieuse
Céréales 21.949 27.703 7.628 9.021 4.730 3.141
Racines &
tubercules 17.251 19.794 11.715 14.093 6.597 8.963
Légumes 8.046 11.287 3.399 3.964 1.159 1.287
Viandes 25.440 33.204 7.358 9.952 2.719 3.242
Poissons 18.310 27.358 4.601 5.835 1.786 2.058
Légumineuses 10.386 14.148 7.903 9.127 2.957 4.763
Fruits 5.068 7.230 1.815 3.808 1.173 1.431
Œufs 4.089 4.126 2.810 2.797 827 1.019
Produits laitiers 20.084 16.728 5.423 4.187 1.324 1.714
Huiles& graisses 5.134 6.178 2.669 3.705 1.937 2.057
Sucreries 7.220 7.392 4.545 5.431 2.410 2.741
Boissons 6.827 8.317 2.956 3.058 598 1.141
Total 149.803 183.463 62.820 74.977 28.215 33.556
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2011 et 2012
1° Importance relative des aliments prépondérants dans les dépenses alimentaires (%)
Figure 9. Importance relative (%) des aliments prépondérants dans les dépenses alimentaires
Source : Auteur à partir des données de l’enquête 2011/2012
- 107 -
Les aliments sont dits prépondérants lorsque leur part dans les dépenses alimentaires est
supérieure ou égale à 10%. Le résultat obtenu montre qu’en saison sèche, dans les ménages
aisés, ce sont les viandes (17%) et les céréales (14%) dont l’importance relative dans les
dépenses est la plus élevée. Ils sont suivis des laits (13%), des racines et tubercules (12%) et
des poissons (12%). En saison pluvieuse, le résultat obtenu montre que c’est la viande avec
18% qui occupe l’importance relative la plus élevée dans les dépenses. Elle est suivie des
poissons (15%), des céréales (15%) et des racines et tubercules (11%).
Dans les ménages que l’on peut qualifier de moyens, pendant la saison sèche, ce sont les
racines et tubercules (18%) qui ont une grande importance relative en termes de dépenses
alimentaires. Viennent ensuite les dépenses pour des céréales (13%), des légumineuses (13%)
et des viandes (10%). Pendant la saison pluvieuse, ce sont des racines et tubercules (19%) qui
ont une grande importance relative en termes de dépenses alimentaires, ensuite ce sont les
dépenses pour les viandes (13%). Les céréales (12%) comme les légumineuses (12%)
occupent la troisième position en termes de dépenses.
Pour les ménages les plus pauvres situés dans le quartier moins aisé, la part des dépenses en
racines et tubercules (23%) est beaucoup plus importante que dans les deux quartiers
précédents. Les céréales (17%) occupent une part des dépenses plus importante que les
viandes (10%) et les poissons (10%). Pendant la saison pluvieuse la part des dépenses en
racines et tubercules atteint (27%), les légumineuses (14%) occupent une part des dépenses
plus importante que les viandes (10%).
2° Importance relative des aliments mineurs dans les dépenses alimentaires (%)
Figure 10. Importance relative (%) des aliments mineurs dans les dépenses alimentaires
Source : Auteur à partir des données de l’enquête 2011/2012
Les aliments sont dits mineurs lorsque leur part dans les dépenses alimentaires est de moins
de 10%. Le résultat obtenu révèle que pendant la saison sèche, dans les ménages aisés, les
légumineuses ont une part de 7%, les légumes, les sucres et les boissons ont chacun 5%. Les
fruits (3%), les huiles (3%) et les œufs (3%) sont les moins consommés. Pendant la saison
pluvieuse, les produits laitiers (9%) sont essentiellement consommés lors du petit déjeuner
- 108 -
avec les produits sucrés (4%). Les légumineuses (8%) et les légumes (6%) sont les principaux
aliments d’accompagnement d’origine végétale.
Pour les ménages moyens, pendant la saison sèche la part des laits (9%) est supérieure à celle
de la saison pluvieuse (6%), de même que la part du sucre (8%) est supérieure à celle de la
saison pluvieuse (7%). Les deux produits sont plus consommés en saison sèche qu'en saison
pluvieuse. La part des poissons (8%), dans les deux saisons, est bien supérieure à celle des
légumes (5%).
Pour les ménages les plus pauvres, pendant la saison sèche la part des sucres (9%) est
supérieure à celle de la saison pluvieuse (8%). La part des céréales (9%) est inférieure à celle
de la saison sèche (17%). Les céréales coûtent relativement plus cher en saison pluvieuse
qu'en saison sèche. Les légumes (4%) et les fruits (4%) et les poissons (6%) ont des
importances relatives qui ne varient pas d'une saison à l’autre. Les œufs (3%) et les boissons
(2-3%) ont une part relative la plus faible dans les dépenses.
Tableau 43. Résultat du test de comparaison des moyennes des dépenses des aliments
Saisons N Moyennes Ecart-type Coefficient de t P Décision
Céréales Saison A 30 11.435,47 9.953,34 -0,63 0,53 Non significative
Saison B 30 13.288,33 1.2810, 28 -0,63 0,53 Non significative
Œufs Saison A 30 2.575,17 1.671,09 -0,15 0,88 Non significative
Saison B 30 2.647,20 1.926,18 -0,15 0,88 Non significative
Laits Saison A 30 8.943,57 9.897,33 0,61 0,54 Non significative
Saison B 30 7.542,97 7.755,45 0,61 0,54 Non significative
Sucres Saison A 30 4.724,87 2.918,37 -0,58 0,56 Non significative
Saison B 30 5.187,93 3.245,30 -0,58 0,56 Non significative
Source : Auteur à partir des enquêtes de suivi des ménages de 2011 et 2012
Sur base de ce tableau on peut faire les observations suivantes. Les céréales constitue le
groupe qui a le plus d’aliments consommés dans la semaine et sous diverses formes. De ce
fait, il est possible que la baisse dans la consommation d’une céréale au cours d’une saison
soit compensée par l’accroissement dans la consommation d’une autre céréale au cours de
l'autre saison. Il en résulte que les dépenses des céréales entre les saisons ne présentent donc
pas de différences significatives.
S’agissant des laits et sucres, le test a révélé également que leurs dépenses ne présentent pas
de différences significatives d'une saison à une autre. Partant de cette observation, on peut
considérer les laits et les sucres comme étant des produits complémentaires ou substituables
selon leur mode de consommation dans les ménages. En effet, dans les ménages aisés, le lait
est consommé avec le sucre comme produits complémentaires surtout dans les petits
déjeuners. Mais, l’accroissement des dépenses de lait est toujours supérieur à celui des sucres.
C’est ce qui semble être le cas des ménages aisés dans l’échantillon. Par contre dans les
ménages très pauvres le lait et le sucre sont des produits de substitution. L’accroissement des
- 109 -
dépenses des sucres entraîne la diminution des dépenses de lait. C’est également le cas dans
les ménages pauvres de cette étude.
S’agissant des dépenses des œufs, le test a montré que celles-ci ne sont pas significativement
différentes. Cela s’explique simplement par le fait que les ménages ne consomment pas
suffisamment d’œufs, sauf les omelettes qui sont du reste consommées dans la plupart des cas
hors des ménages.
Le test de comparaison a montré en outre que les dépenses des consommations sont
significativement différentes entre les ménages aisés, les ménages moyens et les ménages
pauvres. De ce fait, on peut admettre que les trois groupes de ménages sont économiquement
différents du moins en ce qui concerne leur dépense alimentaire.
1° Les céréales
Le tableau 44 ci-après indique les fréquences de chaque céréale consommée par ménage et
par semaine ainsi que leurs modes de consommation identifiés.
- 110 -
Les informations qui découlent de ce tableau révèlent que le blé semble être la céréale dont la
fréquence de consommation dans les ménages/semaine est la plus élevée tant en saison sèche
qu’en saison des pluies. Une bonne gamme variée des produits à base de blé (pain, spaghetti,
gâteau, etc.) en est la principale raison. En additionnant tous les modes de consommation de
blé en saison sèche, on obtient par semaine respectivement une fréquence de l’ordre de 19
(dans les ménages aisés), 14 (dans les ménages moyens) et de 11 (dans les ménages pauvres).
En saison des pluies, la tendance est à la baisse, elle est respectivement de l’ordre de 18 (dans
les ménages aisés) ; 12 (dans les ménages moyens) et 7 (dans les ménages pauvres).
Le principal produit à base de blé est le pain consommé essentiellement dans les petits
déjeuners. C'est aussi un produit dont la consommation est de plus en plus en progression. Sa
grande fréquence dans la consommation hebdomadaire en est un indicateur important. La
consommation de plus en plus accrue du pain avait déjà été mise en évidence par les études de
Houyoux (1976; 1986). Se référant à ces études, Goossens (1997) constate que le pain est
devenu important pour le petit déjeuner et pour la consommation quotidienne dans la rue
durant la journée. Le pain, qui a l’avantage d’être préparé rapidement et consommé sans
suppléments, risque d’être difficilement remplaçable, une fois que la population s’y est
habituée, surtout si son prix concurrence celui du manioc. A Kinshasa, la consommation de
pain est passée de 1,17 kg par mois et par personne en 1976 à 1,58 kg en 1986. «
L'implantation de petites boulangeries, voire la prolifération des boulangeries artisanales
semblent favoriser la consommation des pains à Kinshasa ».
Photo 4 : Boulangerie artisanale de fabrication des pains avec bois de chauffe à N’djili
La grande consommation des pains semble aussi le cas dans bien des villes africaines,
notamment à Brazzaville. Selon les études de Souka (1989), l'alimentation importée a
profondément contribué à changer les habitudes. Le pain est devenu l'un des éléments
principaux du petit déjeuner et du repas du midi. Vendu à faible prix il se substitue au manioc
et à l'igname. Au départ réservé aux classes sociales les plus aisées, le pain est devenu un
aliment de large consommation.
Dans les ménages pauvres, il a été observé un cas où le Fufu a été préparé à partir de la farine
de blé destinée à la panification. Cette pratique peut être considérée comme une innovation
dans les modes de consommation et une nouvelle opportunité pour les ménages face aux
produits importés (Devautour et al, 2003). Le maïs sous forme de farine ou de semoule
contribue essentiellement à la préparation du Fufu en mélange ou pas avec la farine de
manioc.
- 111 -
Dans les ménages pauvres, il a été identifié un autre mode de consommation de maïs sous
forme d’une bouillie fluide consommée en mélange avec du sucre. La consommation de riz
tend à augmenter dans les ménages aisés plus que dans les ménages pauvres mais avec une
fréquence inférieure à celle du maïs. Cette fréquence de consommation de riz par semaine ne
semble pas présenter des différences entre les saisons.
S’agissant des dépenses, le résultat de l’étude révèle que c’est pendant la saison pluvieuse que
les dépenses de céréales sont les plus importantes et particulièrement pour le maïs. Le prix du
maïs est généralement élevé pendant la saison pluvieuse, d’une part à cause du fait que c’est
la période pré-récolte et d’autre part à cause du mauvais état des routes reliant l’intérieur du
pays (les zones de production) et la ville de Kinshasa (zone de consommation).
Tableau 45. Fréquence et modes de consommation des racines et tubercules par ménage/semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Racines et Modes de Fréquen Dépense Fréquen Dépense Fréquen Dépense
tubercules consommation ce (fc) ce (fc) ce (fc)
Saison sèche
Chikuangue 2 1.189 2 936 1 780
Fufu 4 9.056 5 5.397 4 4.156
Malemba/
Tshomba 1 651
Pomme de
terre Frite/sautée 1 1.248
Patate douce Nature/frite 2 2.404 3 1.661
Taro 1 1.054 1 930
Plantain Frite/lituma 1 4.053 1 1.048
Total 10 17.251 11 10.715 8 6.597
Saison pluvieuse
Manioc Chikuangue 3 3.260 2 18.34,3 2 728,7
Fufu 3 6.943 7 10.793 3 7.113
Manioc frais 1 8.371
Pomme de
terre Frite 1 3.393 - - - -
Taro Nature (bouillie
dans l’eau) 1 1.465 2 1.122
Plantain Lituma 1 5.361 - - - -
Total 9 19.794 10 14.092 7 8.963
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Les informations de ce tableau révèlent que c’est le manioc qui est l’aliment le plus
consommé parmi les racines et tubercules. Sa consommation sous forme de bouillie (le fufu)
reste très élevée au cours de la semaine quelle que soit la saison.
La fréquence de consommation du manioc préparé sous forme de fufu est de 7 fois/semaine
dans les ménages moyens. Cette forte fréquence par semaine dans la consommation de Fufu
- 112 -
comme aliment de base est un signe révélateur de la monotonie dans le régime alimentaire des
ménages
Dans le quartier aisé, la fréquence de consommation du Fufu de manioc tend à se réduire
autour de 3 fois/semaine ce qui atteste que les ménages ont tendance à diversifier leurs
aliments de base au cours de la semaine. Cette diversification est attestée par la
consommation de la Chikuangue 3 fois/semaine et celle de la pomme de terre ou le plantain
au moins une fois par semaine.
Dans les ménages pauvres, l’étude révèle que la fréquence de la consommation des racines et
tubercules en tant suivie du taro qu’aliment de base est de 7 fois/semaine. La consommation
de Fufu est de 3 fois/semaine et de la Chikuangue, consommés 2 fois/semaine chacun. Ces
deux aliments peuvent être considérés comme une consommation d’appoint au regard du
faible montant engagé pour leur consommation.
La patate douce est un aliment dont le mode de consommation a connu des évolutions. Jadis,
la patate douce nature était le principal mode de consommation de cet aliment. Cependant, de
nos jours, la patate douce présente plusieurs modes de consommation dont le plus important
est la frite. La patate douce sous forme de frites est très consommée dans les ménages pauvres
dans lesquels la consommation des frites de pomme de terre est limitée à cause du prix élevé
de cet aliment.
S’agissant des dépenses, il s’avère que c’est pendant la saison pluvieuse que celles-ci sont les
plus élevées. Le faible niveau de dépenses pendant la saison sèche est lié à l’abondance des
produits post-récolte ce qui entraîne la baisse des prix sur le marché.
3° Les légumes
Le tableau 46 ci-après présente les différents légumes, leurs fréquences de consommation par
semaine ainsi que leurs dépenses. Il ressort de ce tableau qu’il existe une grande diversité de
légumes à laquelle les ménages ont accès tant en saison sèche qu’en saison pluvieuse.
Certains légumes sont très abondants pendant la saison sèche et d’autres en saison pluvieuse.
Leur prix sur le marché connaît des variations selon que la saison est favorable ou non. A titre
d’exemple l’oseille coûte plus cher que l’amarante durant la période mai-juin alors que
pendant la saison pluvieuse, l’oseille coûte moins cher que l’amarante. Il y a abondance de
l’oseille par rapport à l’amarante sur les marchés de Kinshasa pendant la saison des pluies
(Kinkela, 2001).
Les résultats de l’étude révèlent que les feuilles de manioc restent les légumes dont la
fréquence de consommation est la plus élevée dans le quartier aisé, avec deux modes de
consommation identifiés (le Matamba et le Limbondo). Cependant, la consommation des
feuilles de manioc est fortement liée à la saison, l’absence de pluie rend difficile le
développement des jeunes feuilles de manioc, ce qui entraîne leur rareté sur le marché et par
conséquent la hausse de prix.
- 113 -
Tableau 46. Fréquence et modes de consommation des légumes par ménage/semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Légumes
Dépense Dépense Dépense
Fréquence Fréquence Fréquence
(fc) (fc) (fc)
Saison sèche
Feuille de manioc 2 4.054 1 1.155
Gnetum 1 1.300 1 702
Épinard 1 684 1 380 1 220
Feuille de patate 1 579 2 624 3 689
Amarante 1 489 1 338 1 250
Champignon 1 530
Morelle 1 419
Choux 1 480
Total 9 8.046 6 3.199 5 1.159
Saison pluvieuse
Feuille de manioc
(Matamba) 3 3.273 2 1.061 1 312
Feuille de manioc
(Limbondo) 1 912 - - - -
Gnetum 1 2.361 1 1.318 - -
Epinard 1 850 - - - -
Feuille de patate 1 829 2 645 2 401
Amarante 1 1.628 1 941 1 344
Fougère 1 646 - - - -
Pointe noire - - - - 1 230
Champignon 1 749 - - - -
Total 10 11.287 6 3.964 5 1287
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Les feuilles de la patate douce ont une fréquence d’une fois/semaine dans les ménages aisés et
de 2 fois/semaine à la fois dans des ménages moyens et dans les ménages pauvres. Elles
semblent être le premier légume le plus consommé dans les ménages pauvres. C’est leur
faible coût, qui semble favoriser sa consommation.
Le gnetum (Mfumbwa) semble être le légume le plus cher, car les dépenses de sa
consommation sont supérieures à celles des autres légumes quelle que soit la saison.
En dehors des feuilles de manioc et des feuilles de la patate douce, l’étude révèle que les
autres légumes (amarante, épinard, oseille, pointe noire, fougères et champignons) sont de
moins en moins consommés dans les ménages, leur fréquence de consommation est d’une fois
par semaine.
4° Les viandes
Le tableau 47 ci-dessous présente les fréquences de consommation des viandes, leurs modes
de consommation ainsi que leurs dépenses respectives.
- 114 -
Tableau 47. Fréquence et modes de consommation des viandes par ménage/semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
Modes de (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Viandes
consommation Dépense Dépense Dépense
Fréquence Fréquence Fréquence
(fc) (fc) (fc)
Saison sèche
Viande rouge 2 12.246 2 3.416 - -
Bœuf Sabot - - - - - -
Viande 1 3.013 - - - -
Porc Sabot - - - - 1 986
Jambon 1 980 - - - -
Chèvre Viande rouge 1 4.133 - - - -
Frais 1 5.068 1 1.708 - -
Poulet
Cuisse - - 1 10.04 -
Dinde Croupion - - - - 2 1.244
Insecte Chenille 0 - 0 - 1 489
Total 6 25.440 4 6.128 4 2.719
Saison pluvieuse
Viande rouge 2 11.156 1 2.045 - -
Bœufs
Tripe - - 1 2.683 - -
Porc Sabot - - - - 1 1.081
Viande rouge 1 8.069 - - - -
Chèvre
Viscères - - 1 2.206 - -
Gibier Boucané 1 7.726 - - - -
Poulet frais 1 6.253 - - - -
Poulet
Cuisse - - 2 3.018 2 2.161
Total 5 33.203 5 9.952 3 3.242
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Il ressort de ce tableau que les fréquences des consommations des viandes ne sont pas très
différentes d’une saison à une autre. A l’exception des viandes des chèvres produites
localement, la plupart des viandes (bœuf, porc, poulet ou dindes) sont des produits
d’importation. Les variations des cours de change et la politique du Gouvernement en matière
d’importation alimentaire sont à la base des variations des dépenses observées au niveau des
ménages. Les variations des dépenses des viandes ne sont donc pas liées à la saison.
Les résultats de l’étude montrent également que c’est la viande rouge des bœufs qui est
l’aliment le plus consommé parmi les viandes. Elle a une fréquence de 2 fois/semaine dans les
ménages aisés. Les autres viandes (gibier ou la chèvre) sont aussi bien appréciées par ces
ménages mais leurs fréquences de consommation est d’environ une fois la semaine. Les
cuisses de poulet ont une fréquence de 2 fois/semaine au sein des ménages moyens et des
ménages pauvres. Parmi les différents aliments vendus sous forme de découpes, ce sont les
cuisses de poulet qui semblent avoir une grande consommation dans des ménages moyens et
dans des ménages pauvres.
La principale raison est liée au fait que ces cuisses de poulet présentent une chair ferme
proche de celle des poulets entiers de marque Wilki. Il est aussi important de signaler que
depuis quelques temps, il existe à Kinshasa de plus en plus de petites boutiques orientées dans
le commerce des produits animaux sous forme des surgelés. Ces commerces sont appelés du
- 115 -
nom de «vivres frais». La proximité de ces boutiques avec des ménages ainsi que leur prix
relativement moins élevé sont des raisons qui semblent favoriser leur consommation.
Toutefois la qualité de ces produits reste à désirer. La détérioration de ces produits reste un
grand risque suite aux difficultés que connaissent les vendeurs à bien conserver ces produits
alors que les coupures de l’électricité sont fréquentes à Kinshasa.
5° Les poissons
Le tableau 48 ci-dessous présente les fréquences de consommation des poissons, leurs modes
de consommation ainsi que leurs dépenses respectives.
Contrairement aux viandes, les poissons présentent certaines particularités. En effet, outre les
chinchards et certains types de poissons salés qui sont des produits d’importation, la plupart
des poissons consommés à Kinshasa (poissons fumés, poissons frais et certains poissons
salés) sont produits soit localement à Kinshasa, soit ils proviennent de l’intérieur du pays.
L’abondance des poissons pendant la saison sèche et l’état des routes relativement praticable
en saison sèche tendent à favoriser une grande consommation de poissons durant la saison. La
fréquence de consommation des chinchards dans les ménages du quartier moyen et dans ceux
du quartier pauvre est comprise entre 1 et 2 fois par semaine. La consommation de fretin
(Ndakala) est liée non seulement à son prix relativement moins élevé, mais aussi c’est un
aliment préféré par les ressortissants des provinces du Kasaï et du Katanga.
Les ménages aisés ont le choix entre les chinchards, les poissons salés, les poissons fumés ou
les poissons frais. En comparant le nombre d’aliments que l’on trouve dans le groupe des
viandes par rapport à celui des aliments du groupe des poissons, il s’avère que c’est dans le
premier qu’il existe plus d’aliments, dont certains coûtent relativement moins cher. Sur base
de cette observation, on peut bien comprendre que la consommation des poissons (à
l’exception du chinchard) semble être en recul surtout dans les ménages pauvres. Ces
derniers orientent leur choix vers les viandes (les découpes, les abats notamment) dont les
prix sont relativement moins élevés.
- 116 -
6° Légumineuses, graines et noix
Le tableau 49 ci-dessous présente les fréquences de consommation des légumineuses, leurs
modes de consommation ainsi que leurs dépenses respectives. La consommation des
légumineuses semble être liée aux trois facteurs suivants : la saison, le niveau économique des
ménages et l’origine ethnique des chefs de ménages. S’agissant de la saison, on trouve que
l’arachide fraîche semble être plus consommée en saison sèche avec une fréquence comprise
entre 1 et 2 fois par semaine.
Plusieurs modes de consommation de l’arachide ont été identifiés (arachide fraîche, arachide
grillée, pâte d’arachide). A cause de ses multiples modes, l’arachide est consommée tout au
long de la journée. Le matin dans les petits déjeuners sous forme de grains frais ou grillés, ou
sous forme de pâte consommée en lieu et place de la margarine. Dans les préparations des
repas de la journée, la pâte d’arachide est utilisée comme liant des sauces (sauce à la
moambe). Ces différents modes de consommation d’arachide ont été observés tant dans les
ménages aisés que dans les ménages pauvres.
Par rapport au niveau économique des ménages on constate que le haricot est consommé dans
les ménages aisés alors que dans les ménages moins aisés c’est le niébé, qui est consommé
avec une fréquence de 3 fois/semaine.
- 117 -
S’agissant des considérations ethniques, l’étude révèle que certaines légumineuses n’ont été
consommées que dans les ménages où les membres sont ressortissants d’une tribu précise.
C’est le cas de Kundé (pois yeux noirs) consommés par les ressortissants des provinces des
deux Kasaï et ceux du Nord Katanga. Le Sésame est consommé par les ressortissants de
certaines tribus de la province du Bas-Congo et de la République d’Angola.
7° Les fruits
La consommation des fruits comme celle des légumes sont fortement influencées par la
saison, parce qu’à Kinshasa, les producteurs des fruits et des légumes ne disposent presque
pas des matériels pouvant permettre la conservation de ces produits agricoles fort périssables.
C’est ainsi que les fruits et légumes disponibles en saison sèche ne le seront plus en saison
pluvieuse et inversement. Le tableau 50 ci-dessous présente les fréquences de consommation
des fruits ainsi que leurs dépenses respectives.
Le résultat de l’étude montre que les fruits sont des produits saisonniers. Il existe des fruits
typiques à chaque saison. En saison sèche, c’est l’orange qui semble être le fruit le plus
consommé par les Kinois avec une fréquence de 2 à 3 fois/semaine. Son prix très abordable le
rend disponible même pour les ménages les plus pauvres. Le Monkey orange (Kalakonki) est
un fruit sauvage qui relève de la cueillette dans la périphérie de Kinshasa. Il est moins
coûteux et plus consommé dans les ménages pauvres. Les autres fruits (la papaye, l’ananas ou
l’avocat) ont une consommation moins importante avec généralement une fréquence d’une
fois par semaine.
La mangue est l’un des fruits les plus consommés en saison pluvieuse. Son prix relativement
moins élevé tend à favoriser sa consommation surtout dans les ménages pauvres (3
fois/semaine) et dans les ménages moyens (3 fois/semaine). La banane en provenance de la
- 118 -
province du Bas-Congo est très abondante en saison pluvieuse, sa consommation est d’au
moins une fois/semaine.
Le Safou en provenance du Bandundu et du Bas-Congo est également très abondant en saison
pluvieuse, avec une fréquence de consommation d’au moins une fois par semaine. Il semble
être un fruit préféré par les ressortissants des provinces de Bas-Congo et de Bandundu
principalement. Les pommes vertes sont des fruits importés, leur prix élevé limite leur
consommation dans les ménages pauvres.
8° Les œufs
Le tableau 51 ci-dessous présente les fréquences de consommation des œufs ainsi que leurs
dépenses respectives.
De tous les groupes d’aliments analysés, c’est le groupe des œufs qui présente des petites
fréquences et petites dépenses de consommation par semaine dans tous les ménages et dans
toutes les saisons. Paradoxalement à la situation présentée dans ce tableau, il semble que les
œufs soient un des aliments dont la consommation est plus intense hors ménage.
La consommation des omelettes notamment se fait plus dans les écoles, universités et milieux
professionnels que dans les ménages. Dans les ménages pauvres, il a été observé un mode de
consommation assez particulier des œufs. Ces derniers sont préparés dans la sauce avec épices
et consommés comme accompagnement du Fufu ou de Chikuangue.
- 119 -
Tableau 52. Fréquence et dépenses des produits laitiers par ménage/semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
Laits et produits (Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
laitiers Dépense Dépense Dépense
Fréquence Fréquence Fréquence
(fc) (fc) (fc)
Saison sèche
Lait en poudre 7 14.243 5 4.040 3 1.324
Crème (yaourt) 3 2.227 1 1.383 - -
Lait caillé 2 1.416 - - - -
Lait concentré 2 2.198 - - - -
Total saison sèche 14 20.084 6 5.423 3 1.324
Saison pluvieuse
Lait en poudre 7 11.212 4 3.787 3 1.714
Crème (yaourt) 2 2.951 - - - -
Lait caillé 1 1.468 1 400 - -
Lait concentré 1 1.096 - - - -
Total saison
11 16.727 5 4.187 3 1.714
pluvieuse
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Le lait et les produits laitiers constituent un groupe pour lequel les ménages aisés consacrent
une fraction importante de leurs dépenses alimentaires surtout en saison sèche. C’est
probablement à cause du climat relativement froid en saison sèche que les Kinois ont
tendance à consommer de plus en plus de thé ou café chaud en mélange avec de lait.
Les informations qui découlent du tableau ci-haut semblent confirmer cette réalité. Il s’avère
que de toutes les formes de consommation des laits, c’est le lait en poudre qui connaît une
grande fréquence de consommation par semaine ; 7 fois/semaine quelle que soit la saison dans
les ménages aisés, 5 fois/semaine en saison sèche et 4 fois/semaine en saison pluvieuse dans
les ménages moyens et 3 fois/semaine dans les ménages pauvres.
Dans le quartier pauvre, le lait en poudre est l’unique forme de consommation des produits
laitiers. Le yaourt consommé 2 à 3 fois/semaine et les laits caillés consommés 1 à 2
fois/semaine sont des produits laitiers consommés essentiellement dans les ménages aisés et
très rarement dans les ménages moyens. Les concentrés sont de moins en moins consommés,
même au sein des ménages aisés.
- 120 -
Tableau 53. Fréquence et dépenses de consommation des huiles par ménage/semaine
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Modes de
Dépense Dépense Dépense
consommation des Fréquence Fréquence Fréquence
(fc) (fc) (fc)
huiles et graisses
Saison sèche
Huile de palme 1 1.772 2 1.203 3 1.283
Huile raffinée 3 2.446 3 1.126 1 654
Margarine ou beurre 3 916 1 340 - -
Total saison sèche 7 5.134 6 2.669 4 1.937
Saison pluvieuse
Huile de palme 1 1.843 3 1.488 4 1.211
Huile raffinée 3 2.828 4 1.800 2 509
Margarine ou beurre 3 1.507 1 416 2 337
Total 7 6.178 8 3.704 8 2.057
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Toutefois, certains aliments tels que les légumes en général, sont préparés essentiellement
avec de l’huile de palme. Les huiles raffinées sont les plus consommées dans les ménages
aisés et dans les ménages moyens avec une fréquence de 3 fois/semaine quelle que soit la
saison. La consommation des margarines et beurres est plus importante pendant les petits
déjeuners.
- 121 -
Le sucre en poudre possède une grande fréquence parce que c’est le mode de consommation
le plus répandu à Kinshasa. Il est consommé avec une fréquence de 6 à 7 fois/semaine quel
que soit le niveau des ménages. Sa consommation est encore plus grande en saison sèche. Le
sucre est principalement consommé au cours des petits déjeuners en mélange avec du thé et
du lait.
Le miel par contre est un produit dont la consommation semble avoir progressé depuis
quelques années. Pour beaucoup de Kinois, le miel est un antidote capable de guérir une
personne empoisonnée. Depuis un certain temps, il existe de plus en plus à Kinshasa des
spéculations autour des empoisonnements dont seraient victimes plusieurs personnes et dont
certaines en seraient décédées. Devant cette psychose, certains Kinois recourent à la
consommation de miel pour se mettre à l’abri du danger. Cette tendance à consommer de plus
en plus du miel a été mise en évidence au cours de l’étude surtout dans les ménages du
quartier aisé avec une fréquence de 3 fois/semaine quelle que soit la saison.
Le tableau ci-haut révèle que la consommation des boissons est bien différente d’une saison à
l’autre, surtout dans les ménages aisés et dans les ménages moyens. C’est le thé qui est la
boisson la plus consommée après l’eau de robinet. Les eaux minérales sont coûteuses et leur
consommation à l’échelle du ménage n’est accessible qu’aux ménages aisés avec une
fréquence de 3 à 4 fois/semaine. La bière a une fréquence de 2 fois/semaine en saison
pluvieuse. Sa consommation se réduit (une fois/semaine) en saison sèche surtout dans les
- 122 -
ménages moyens. La bière n’est presque pas consommée dans les ménages pauvres. Sa
consommation est souvent hors ménage.
Les boissons sucrées sont généralement consommées avec une fréquence de 2 fois/semaine en
saison pluvieuse et une fois par semaine en saison sèche. Les jus de fruits sont considérés
comme une boisson de luxe que l’on offre à certains visiteurs ne prenant pas de la bière. En
effet, la consommation de la bière est interdite aux membres des églises dites de réveil. Ces
églises sont de plus en plus nombreuses dans la ville de Kinshasa. Le café est une boisson de
moins en moins consommée dans les ménages. Cependant, son prix chez les détaillants est
presque le même que celui du thé. De ce fait, il y a lieu de considérer la faible consommation
du café comme une pratique relevant des habitudes alimentaires des Kinois et non liée à des
considérations économiques.
13° Synthèse sur les fréquences et les dépenses de consommation des aliments
Les fréquences d’achat sont nettement plus élevées pour les ménages appartenant à un
quartier aisé que pour ceux appartenant à un quartier pauvre. Les fréquences de
consommation sont plus élevées en saison sèche qu’en saison pluvieuse.
La part des dépenses affectées à l’achat des céréales et les fréquences de consommation
tendent nettement à diminuer quand les ménages sont dans des conditions moins bonnes. Le
coût élevé des céréales semble en être la raison principale.
Les racines et tubercules ont une tendance opposée à celle des céréales avec les ménages les
moins aisés qui consacrent une part importante des dépenses pour l’achat de ces aliments. Les
racines et tubercules sont consommés tant lors des petits déjeuners que des autres repas de la
journée dans les ménages pauvres. Ils constituent les groupes qui fournissent les aliments de
base. En additionnant leurs parts respectives dans les dépenses, on trouve que les ménages
pauvres ont tendance à consacrer plus de dépenses pour les aliments de base et la tendance est
inversée dans les ménages aisés.
La part des dépenses des légumes ne présente pas de grandes différences entre les groupes
suite à leurs prix très bas et accessibles mais aussi à l’autoconsommation très fréquente dans
les quartiers moins aisés.
Les légumineuses semblent avoir une grande importance relative dans le quartier moins aisé.
Certains aliments du groupe des légumineuses tels que le haricot voit sa consommation liée au
prix tandis que pour d’autres aliments comme le Kundé (petit haricot rouge) leur
consommation semble être liée aux considérations ethniques.
Les ménages dépensent davantage pour les viandes que pour les poissons, dans le souci de
diversifier leurs alimentations en produits animaux. Les ménages disposent d’un large espace
de choix par rapport aux viandes (viandes rouges, viscères, abats, les découpes des volailles)
dont les prix sont à la portée de toutes les bourses. Cet espace se réduit quant à la
consommation des poissons dont le plus disponible est le chinchard. Les formes alternatives
pour la consommation de poissons (fumés, salés ou frais) sont de plus en plus coûteuses.
Les fruits et les œufs ont une importance relative assez faible. Les fruits sont des produits
saisonniers, ce qui fait que leur consommation est fortement influencée par la période. La part
des œufs dans les dépenses alimentaires est de moins en moins importante. Sa consommation
tend à augmenter sous les formes d’omelette préparée hors ménage.
Les produits laitiers et les sucres ont des tendances opposées selon le niveau de revenu des
ménages. Dans les ménages aisés, le lait est plus consommé que le sucre, la tendance est à
- 123 -
l’inverse dans les ménages pauvres. En plus, c’est pendant la saison sèche que leur part dans
les dépenses est la plus élevée.
Si on considère l’huile comme un ingrédient au même titre que les épices, sa part dans les
dépenses tend à diminuer. C’est ce qui semble être le cas dans les ménages aisés. Cependant,
si on considère l’huile comme « aliment d’accompagnement », dans ce cas, sa part dans les
dépenses tend à augmenter. C’est ce qui semble être le cas avec les ménages pauvres. Le cas
le plus fréquent est celui de la prise du riz mélangé avec de l’huile, lorsque les ménages ne
disposent que de très peu de moyens ne leur permettant pas de préparer un repas complet.
Dans ce cas l’huile est consommée comme un aliment d’accompagnement et non un
ingrédient.
Les dépenses des boissons sont élevées dans les ménages aisés notamment à cause de l’achat
de l’eau minérale mise à la disposition de tous les membres des ménages.
En convertissant en dollars américains les montants des dépenses exprimés en francs
congolais (le taux de change appliqué correspond à 1USD égal 920 FC) il en ressort qu’en
saison sèche les dépenses alimentaires/ménage/semaine sont respectivement de l’ordre de
163USD dans les ménages aisés, 68USD dans les ménages moyens et de 31USD dans les
ménages pauvres. En saison pluvieuse on trouve que ces dépenses sont respectivement de
l’ordre de 199 USD dans le quartier aisé, 82 USD dans le quartier moyen et de 36 USD dans
le quartier pauvre.
L’analyse des résultats en rapport avec les fréquences de consommation des aliments révèle
que les aliments de douze groupes décrits ci-haut sont consommés au cours de la semaine
dans les deux saisons. Les groupes les moins représentés dans la semaine sont les œufs dans
les trois quartiers avec une fréquence comprise entre 2 et 4 prises par semaine. Cette
observation révèle que tous les ménages aussi bien les plus pauvres accèdent à tous les
groupes d’aliments au cours de la semaine. Cependant, les fréquences observées ne donnent
pas d’indication sur les quantités d’aliments consommées.
Dans cette section du travail, il est question d’estimer les quantités d’aliments consommées
ainsi que les apports nutritionnels par individu et par jour. Les trois tableaux qui suivent
présentent respectivement les quantités des différentes consommations exprimées en
grammes, les apports énergétiques exprimés en calories et les apports protéiques exprimés en
grammes dans les deux saisons.
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1° Quantité d’aliments consommée
Tableau 56. Quantité journalière d’aliments consommée par ménage et par saison (en g)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Saison Saison Saison Saison Saison Saison
Groupe d’aliments sèche pluvieuse sèche pluvieuse sèche pluvieuse
Céréales 1.165 768 605 417 363 296
Racines & tubercules 1.400 1.157 1.149 1053 891 809
Légumes 2.335 2.219 1.260 1.215 702 516
Viandes 1.965 1.807 963 817 411 357
Poissons 1.345 1.009 719 408 188 145
Légumineuses 1.653 1.444 1.132 1.032 807 718
Fruits 801 633 564 482 255 202
Œufs 306 254 182 177 112 94
Produits laitiers 1.009 814 368 363 154 160
Huiles& graisses 836 685 555 447 304 279
Sucreries 646 464 518 403 286 267
Boissons 963 1.069 324 397 84 96
Total 14.423 12.324 8.329 7.210 4.557 3.940
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Il ressort du tableau ci-haut que les quantités des aliments consommées sont élevées en saison
sèche et plus particulièrement dans les ménages aisés. La quantité consommée par individu
dépend du nombre de personnes qui ont pris part au repas. Ce nombre est variable d’un jour à
un autre. En divisant les quantités d’aliments consommées par le nombre des personnes qui
ont pris part à ces consommations (tableau 41), il en résulte que les quantités
journalières/personne sont plus élevées en saison sèche qu’en saison pluvieuse. Elles sont en
saison sèche respectivement de 1202g (dans les ménages aisés) ; 833g (dans les ménages
moyens) et de 506g (dans les ménages pauvres).
En saison pluvieuse, les quantités consommées sont respectivement de l’ordre de 1.120g
(dans les ménages aisés); 801g (dans les ménages moyens) et de 493g (dans les ménages
pauvres). Selon une étude sur l’évolution de la consommation menée par Nkwembe (2002), la
quantité annuelle d’aliments consommée par individu et par an a été estimée à 296 kg. En
divisant ce nombre par 365 on obtient 0,8107 kg/ jour ce qui correspond à 811g. Cela donne
l’idée d’une quantité consommée dans les ménages moyens.
Les études de Houyoux ([Link]) ont montré que la consommation annuelle par individu était
de 368 kg en 1975 et de 322 kg en 1986. En ramenant ces quantités en grammes par jour on
obtient respectivement 1.008g en 1975 et 883g en 1986. Ces chiffres montrent que les
quantités journalières des aliments consommés par individu sont en baisse. La situation est
alarmante dans les ménages moins aisés, dans lesquels les quantités d’aliments consommés
par personne et par jour sont d’environ 500g quelle que soit la saison.
En considérant les informations du tableau 56 ci-haut, il s’avère qu’en général les quantités
consommées sont de plus en plus élevées en saison sèche. Le résultat du test de comparaison
des moyennes des quantités consommées présenté dans le tableau 57 ci-dessous révèle
quelques situations où les quantités ne sont pas significativement différentes.
- 125 -
Tableau 57. Test de comparaison des moyennes des quantités consommées
Ménages N Moyenne Ecart type t df p Décision
ménages Non
10 604,5 169,70 -0,124 18 0,9021
Céréales moyens significative
saison sèche ménages Non
10 613,4 148,89 -0,124 17,70 0,9021
pauvres significative
ménages Non
Racines et 10 1149,3 217,14 0,689 18 0,4996
moyens significative
tubercules
ménages Non
saison sèche 10 1070,3 290,37 0,689 16,67 0,5003
pauvres significative
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Il ressort de ce tableau que ce sont les céréales et les racines & tubercules dont certaines
quantités consommées ne sont pas significativement différentes entre les saisons et entre les
quartiers. Le résultat du test montre qu’en saison sèche, les quantités des céréales
consommées ne sont pas différentes entre les ménages très pauvres et les ménages moyens.
De même que pour les racines et tubercules.
De ce fait il apparaît que la baisse de prix des céréales pendant la saison sèche est très
profitable aux ménages pauvres. Ces derniers profitent de cette baisse de prix pour
consommer de plus en plus les céréales dont le prix élevé en saison pluvieuse limite la
consommation dans les ménages pauvres. Ces ménages profitent de l’abondance pendant la
saison sèche pour accroître leur consommation de racines et tubercules. Etant donné que les
racines et tubercules constituent les aliments de base de l’alimentation des ménages kinois, on
peut donc considérer que pendant la saison sèche les ménages pauvres ont une consommation
des aliments de base proche des ménages considérés comme moyens à Kinshasa.
2° Apports énergétiques
Tableau 58. Apports énergétiques journaliers par ménage et par saison (en calories)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Groupes d’aliments
Saison Saison Saison Saison Saison Saison
sèche pluvieuse sèche pluvieuse sèche pluvieuse
Céréales 5.480 4.904 3.883 3.008 1.165 1.022
Racines & tubercules 7.334 7.062 5.217 4.010 2.886 2.603
Légumes 3.520 2.871 1.713 1.570 1.135 902
Viandes 1.219 944 652 578 233 216
Poissons 961 689 560 422 124 108
Légumineuses 1.405 1.258 1.035 961 811 782
Fruits 1.012 953 641 585 324 309
Œufs 574 379 334 232 218 169
Produits laitiers 867 762 742 468 108 96
Huiles& graisses 4.904 3.259 2.070 1998 1.331 1.292
Sucrerie 2.592 2.864 1.841 1756 1387 1.361
Boissons 987 1.027 443 632 155 181
Total 30.855 26.972 19.131 16.220 9.877 9.042
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
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En procédant de la même manière que pour les quantités consommées, on trouve qu’en saison
sèche les apports énergétiques/personne/jour sont respectivement de 2.571 calories (dans les
ménages aisés) ; 1.864 calories (dans les ménages moyens) et de 1.097 calories (dans les
ménages pauvres). En saison pluvieuse, les apports énergétiques sont respectivement de 2.452
calories (dans les ménages aisés) ; 1.838 calories (dans les ménages moyens) et de 1.130
calories dans les ménages pauvres.
Il ressort de cette étude que, sauf dans le quartier aisé où la quantité de calories journalières
dépasse la norme de 2.200 calories fixée par la FAO/OMS pour un homme adulte, les apports
en énergie sont déficitaires tant pour des ménages moyens que pour des ménages pauvres. Le
rapport de la FAO sur l’état de l’insécurité alimentaire dans le monde a notamment indiqué
qu’en RD Congo la consommation journalière exprimée en calories recule : elle s’élevait à
1.610 calories/personne (FAO 2006).
L’exploitation des données de l’enquête 1-2-3 par Ulimwengu et al (2011) a montré que dans
les ménages moyens des Kinois, les apports énergétiques sont de l’ordre de 1.959,2 calories
par jour et par habitant, plus que la nécessité mais moins que la norme recommandée pour les
activités optimales. Au regard des conclusions trouvées par les études ci-haut mentionnées et
bien d’autres, il s’avère que les apports énergétiques par personne et par jour ont une tendance
à la baisse depuis de nombreuses années.
3° Apports protéiques
Tableau 59. Apports journaliers des protéines par ménage et par saison (en grammes)
LIMETE NDJILI MAKALA
(Quartier aisé) (Quartier moyen) (Quartier pauvre)
Groupes d’aliments
Saison Saison Saison Saison Saison Saison
sèche pluvieuse sèche pluvieuse sèche pluvieuse
Céréales 170 165 113 108 59 61
Racines et
111 96 67 63 43 36
tubercules
Légumes 127 109 83 68 48 39
Viandes 176 147 98 96 54 43
Poissons 121 106 72 70 38 29
Légumineuses 223 206 166 135 107 108
Fruits 57 46 33 30 17 12
Œufs 83 74 51 49 35 30
Produits laitiers 148 126 108 83 48 36
Huiles& graisses 0 0 0 0 0 0
Sucreries 0 0 0 0 0 0
Boissons 15 20 10 13 6 4
Total 1.229 1.097 799 714 456 397
Source : Auteur à partir de l’enquête de 2011 et 2012.
Au départ des données du tableau présenté ci-haut, en saison sèche les apports
protéiques/personne sont respectivement de 102g (ménages aisés), 81g (ménages moyens) et
51g (dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse ces apports sont en baisse, ils sont
estimés respectivement à 100g dans les ménages aisés ; 80g dans les ménages moyens et 50g
dans les ménages pauvres.
- 127 -
Il apparaît que la consommation de protéines ne semble pas être largement déficitaire, tant
dans les ménages aisés que dans les ménages pauvres. En effet, selon la norme FAO/OMS, il
est recommandé 60 à 70 grammes de protéines/personne et par jour. La consommation des
légumineuses riches en protéines mais à moindre coût semble être à la base de la situation
observée en rapport avec les apports protéiques.
CONCLUSION PARTIELLE
Les résultats de suivis des ménages par rapport à leur mode de vie et leur mode de
consommation alimentaire en saison sèche et en saison pluvieuse ont donné lieu aux
observations suivantes :
Deux organisations sont mises en place au niveau des ménages pour accéder à l’alimentation :
il s’agit de la diversification des sources de revenus et de la diversification des pourvoyeurs
de revenus. Les ménages évoluant dans les conditions de pauvreté multiplient les sources de
revenus sans pour autant accroître sensiblement leur niveau de revenu. Dans ces conditions,
leurs occupations professionnelles tendent à revêtir plus un caractère de mode de vie que
d’activités génératrices de revenus.
Le nombre de préparations des aliments, y compris celui des petits déjeuners, est plus élevé
en saison sèche qu’en saison pluvieuse. On a respectivement 3 repas/jour (dans les ménages
aisés) ; 2 repas/jour (dans les ménages moyens) et 1 repas/jour (dans les ménages pauvres).
En saison pluvieuse les fréquences de préparation des repas tendent à diminuer, surtout dans
les ménages pauvres.
S’agissant de la personne qui fait la cuisine, il a été observé que dans le quartier aisé, ce sont
les boniches (femmes de ménages) avec une fréquence de 14 fois/semaine. Dans les ménages
moyens par contre la préparation des repas est une tâche qui est partagée entre les épouses (6
fois/semaine) et les filles âgées (5 fois/semaine). Le faible niveau de revenu des ménages
moyens et des ménages pauvres ne leur permet pas d’employer des femmes de ménage. Dans
les ménages pauvres, la préparation des repas est une activité essentiellement vouée aux filles.
Les femmes (épouses) sont souvent hors ménages dans la recherche des moyens de survie.
Les heures de repas sont différentes d’une saison à une autre et aussi différentes selon que les
ménages sont dans des conditions aisées ou dans la pauvreté. La prise des petits déjeuners se
réalise entre 8 et 9 heures en saison sèche et un peu tôt le matin, entre 6 et 7 heures, en saison
pluvieuse. Dans les ménages moyens on observe la même tendance. Dans le quartier pauvre
le petit déjeuner, s’il existe, intervient toujours après 10 heures.
S’agissant des repas du reste de la journée, le résultat de l’étude révèle que le repas de midi
est une particularité des ménages aisés. Dans les ménages moyens, ce repas de midi est pris
une seule fois par semaine en saison sèche et presque pas en saison pluvieuse. Le repas de la
journée intervient essentiellement entre 17 et 18 h dans les ménages aisés quelle que soit la
saison. Dans les ménages moyens ce repas a lieu en général entre 18 et 19 heures, alors qu’il
intervient après 19 heures dans les ménages les plus pauvres.
S’agissant de l’importance relative des aliments dans les dépenses, l’analyse a montré qu’il
existe des aliments majeurs dont la part dans les dépenses est supérieure à 10% et les aliments
mineurs dont la part dans les dépenses ne dépasse pas les 10%.
En saison sèche les dépenses alimentaires/ménage/semaine sont respectivement de l’ordre de
149.803 fc dans les ménages aisés, 62.820 fc dans les ménages moyens et de 28.215 fc dans
les ménages pauvres. En saison pluvieuse on trouve que ces dépenses sont respectivement de
- 128 -
l’ordre de 183.463 fc dans le quartier aisé, 74.977 fc dans le quartier moyen et de 33.556 fc
dans le quartier pauvre.
La quantité d’aliments consommée est plus élevée en saison sèche qu’en saison pluvieuse. La
quantité consommée par individu est respectivement de 1202g (dans les ménages aisés) ;
833g (dans les ménages moyens) et de 506g (dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse,
les quantités consommées sont respectivement de l’ordre de 1.120g (dans des ménages aisés);
801g (dans les ménages moyens) et de 493g (dans les ménages pauvres). Les quantités
journalières consommées sont en baisse. La situation est alarmante dans les ménages moins
aisés, dans lesquels les quantités d’aliments consommés par personne et par jour sont
d’environ 500g quelle que soit la saison.
En saison sèche les apports énergétiques/personne/jour sont respectivement de 2.571 calories
(dans les ménages aisés) ; 1.864 calories (dans les ménages moyens) et de 1.097 calories
(dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse, les apports énergétiques sont respectivement
de 2.452 calories (dans les ménages aisés) ; 1.838 calories (dans les ménages moyens) et de
1.130 calories dans les ménages pauvres. Sauf dans les ménages aisés, les apports en énergie
sont déficitaires tant pour les ménages moyens que pour les ménages pauvres.
Les apports protéiques/personne/jour sont respectivement de 102g (ménages aisés), 81g
(ménages moyens) et 51g (dans les ménages pauvres). En saison pluvieuse ces apports sont en
baisse, ils sont estimés respectivement à 100g dans les ménages aisés ; 80g dans les ménages
moyens et 50g dans les ménages pauvres. La consommation de protéines ne semble pas être
largement déficitaire.
- 129 -
TROISIEME PARTIE :
EVOLUTION DES MODES DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE,
RECOMMANDATIONS ET CONCLUSION
CHAPITRE VI.
PERSPECTIVES SUR L’EVOLUTION DES MODES DE CONSOMMATION
ALIMENTAIRE A KINSHASA
L’analyse des résultats permet de dégager comme ligne directrice pour la consommation
alimentaire à Kinshasa qu’il existe un équilibre de plus en plus difficile à observer entre le
mode de vie, le mode de consommation alimentaire et les exigences nutritionnelles.
L’évolution des modes de consommation alimentaire semble avoir une tendance inquiétante
pour les ménages et suscite des questionnements.
Les analyses menées au cours de cette étude ont révélé que les aliments de base consommés
dans les trois sites d’étude sont toutefois identiques et sont d’abord représentés à Kinshasa par
le Fufu (bouillie de manioc en mélange ou non avec la farine de maïs). A cet aliment de base,
s’ajoutent comme aliments carbonés essentiellement en milieu aisé, la banane plantain et le
riz. Le plantain beaucoup plus cher n’est plus consommé par les ménages des quartiers les
plus pauvres (Muteba et al, 2010). L’alimentation des Kinois est monotone depuis des années.
Le Fufu a toujours été l’aliment de base (Houyoux et al, 1986).
Dans les ménages pauvres la monotonie alimentaire tend à se centraliser autour du manioc
dont la consommation présente des grandes fréquences au cours de la semaine. Dans cette
étude, il a été observé que l’importance relative du manioc dans les dépenses alimentaires
était de 27 % dans le quartier moins aisé en saison pluvieuse. Il en est de même des feuilles de
manioc et de la patate douce, les deux aliments de complément respectivement pendant la
saison des pluies et la saison sèche (Banea, 2001). Il a été observé qu’en dehors de ces deux
principaux légumes mentionnés, c’est le haricot qui est un produit végétal qui semble être le
plus consommé, mais surtout dans les ménages aisés. Pourtant, il existe à Kinshasa une bonne
diversité de légumes. Rien qu’avec les légumes, il y a lieu d’obtenir une meilleure diversité
alimentaire au sein des ménages.
Les produits animaux sont coûteux même quand ils sont consommés sous la forme d’abats ou
de sous-produits des découpes. Dans la plupart des ménages kinois, l’adoption du chinchard
comme poisson préféré est loin d’être liée aux seules considérations de prix. Dans cette étude,
il a été observé que le chinchard a été cité en première position à la fois dans tous les trois
quartiers de notre étude. C’est l’aliment d’origine animale le plus consommé dans les
ménages.
Quelle que soit la saison, les ménages consomment les mêmes aliments de base et les résultats
de l’analyse ont montré que les quantités consommées des céréales et racines & tubercules ne
sont pas significativement différentes entre les plus pauvres et les ménages moyens pendant la
saison d’abondance. A cause de cette monotonie alimentaire, de faibles variations à la hausse
de prix de ces produits ont tendance à renvoyer bien des ménages dans l’insécurité
alimentaire.
L’analyse des modes de consommation alimentaire a révélé que certains aliments ont des
petites fréquences de consommation au cours de la semaine. A cet effet, il a été observé dans
les trois quartiers à la fois, la faible consommation des œufs et des fruits. Or, les œufs comme
les fruits ne sont pas aussi coûteux que les viandes ou les boissons (bières, jus, etc.) dont la
consommation grève les dépenses.
A partir de cette observation, il apparaît que des régimes alimentaires dans lesquels la
consommation des œufs et celle des fruits est déficitaire sont naturellement déséquilibrés. Ce
déséquilibre alimentaire qui en découle touche à la fois les ménages aisés et les ménages les
plus pauvres.
Au cours de cette étude, il a été constaté que des ménages attachent plus d’intérêt à la quantité
qu’à la qualité des produits alimentaires. Parmi les trois motivations pour lesquelles le choix
alimentaire est opéré, c’est le prix qui a été cité en première position. Cette attitude des
ménages ayant été appréhendée par les offreurs des produits alimentaires, ces derniers ne
tardent pas à livrer à la consommation des produits jugés de mauvaise qualité.
Devant pareille situation, l’Office Congolais de Contrôle (OCC) est censé multiplier la
vigilance, mais comme dans la plupart des pays en voie de développement, les salaires
impayés et modiques exposent les gens à céder face à la corruption laissant ainsi la voie libre
aux produits de mauvaise qualité. Le manque de vérification des indicateurs de qualité tels
que la date de péremption de la part de certains consommateurs favorise aussi la
consommation des produits de mauvaise qualité.
Les enquêtes menées par CEPLANUT et l’UNICEF entre 1992 et 1993 ont révélé que les
ménages ont une consommation de plus en plus accrue de poisson au détriment de celle de la
viande. Il semble cependant que la tendance est en train de se renverser. En effet, avec
l’avènement de ce que les Kinois appellent « vivres frais », il existe sur les marchés une
gamme variée de viandes et volailles (pattes, langue, queue, ailes, tripes, cuisses, etc.). Ces
produits qui relèvent du groupe des viandes, sont de plus en plus disponibles pour toutes les
bourses. C’est ainsi que les ménages moins aisés, en profitent pour accéder à la
consommation des viandes, bien que parfois de mauvaise de qualité.
Le seul poisson le plus disponible et à prix assez raisonnable reste le chinchard, dont la
variation des prix dans le sens de la hausse limite de plus en plus certains ménages à le
- 134 -
consommer. Les autres formes de poissons (salés, séchés, fumés, ou frais, d’eau douce)
coûtent relativement plus cher, surtout en saison pluvieuse, que les découpes des poulets ou
certains abats de viandes. Il résulte de cette analyse que dans les conditions actuelles de
Kinshasa, les ménages semblent consommer de plus en plus de viandes et leurs sous-produits
que les poissons. Les considérations liées à la quantité priment sur celles de la qualité.
6.1.4. Choix des aliments sans lien avec les considérations diététiques
Bien que l'alimentation soit censée remplir trois fonctions : nutritionnelle, hédonique et
identitaire (Bricas, 1998), il s’avère que pour beaucoup de ménages kinois le choix des
aliments est opéré selon les deux dernières fonctions. D’abord ce sont les considérations
hédoniques c'est-à-dire le plaisir pour telle consommation et non telle autre, ensuite ce sont
les considérations identitaires ou culturelles qui orientent le choix de l’alimentation des
Kinois. En optant pour ces deux fonctions sans tenir compte de la fonction nutritionnelle, on
aboutit à des régimes alimentaires déséquilibrés.
Il a été observé que les ménages aisés consacrent une bonne partie des dépenses pour l’achat
des viandes et poissons qui représentent pour ces ménages respectivement 18 et 15% des
dépenses alimentaires. Ce constat a été également mis en évidence dans les résultats de
l’enquête 1-2-3 (Ministère du Plan, 2004). Les résultats de cette enquête ont montré que : « de
manière systématique, plus les ménages sont pauvres, plus la part du pain et des céréales et
des légumes est importante. Pour le pain et les céréales, elle représente 31,9 % de la
consommation alimentaire des plus pauvres et seulement 26,2 % de celle des plus riches. En
contrepartie, les postes "viande" et "poissons et fruits de mer" sont d’autant plus importants
que les ménages sont riches».
Au regard de ces informations, il apparaît qu’à Kinshasa, les ménages pauvres ont un régime
alimentaire végétarien tandis que les ménages aisés ont un régime alimentaire basé sur la
consommation des produits animaux. Cette attitude témoigne que les uns et les autres ne
disposent pas des connaissances sur la diététique. Une ration en grande partie végétarienne ou
en produits animaux n’est pas équilibrée. Au regard de ce qui a été observé, il y a lieu de
s’inquiéter sur l’état nutritionnel des membres des ménages kinois, tant ceux qui sont dans des
conditions aisées que ceux qui vivent dans la précarité.
6.1.5. De plus en plus de problèmes de santé publique liés à des modes de consommation
alimentaire
Avec la crise, il est apparu à Kinshasa plusieurs petits restaurants de fortune que l’on appelle
« Malewa ». Ils sont très nombreux dans les quartiers populaires, près des milieux
professionnels, près des écoles et universités. Les gens viennent manger sur place ou acheter
et emporter les aliments. Le reproche qui est formulé à ce Malewa est le manque d’hygiène.
Beaucoup de Kinois déclarent avoir rencontré des troubles de digestion après avoir fréquenté
ce restaurant. Cependant, le faible prix à payer pour avoir accès au Malewa est à la base de
son succès croissant.
Dans certains quartiers de Kinshasa à l’instar des quartiers I et VII à Ndjili (l’une des zones
de la présente étude), ces restaurants sont implantés à côté des petites activités
professionnelles et le Malewa peut être considéré comme une des nouvelles formes de
consommation qui apparaissent avec la crise (Ndoye, 2001).
- 135 -
Photo 5 : Restaurants de fortune à Kinshasa appelés Malewa
Parallèlement au Malewa, la vente de l’eau dans des sachets conditionnés selon des procédés
peu contrôlés est une pratique associée aux modes de consommation alimentaire. Le
gouvernorat de la ville de Kinshasa a tenté à plusieurs reprises d’éradiquer ce phénomène sans
toutefois y parvenir.
Enfin, les consommateurs Kinois redoutent les produits utilisés dans la conservation des
aliments frais. Selon certaines sources, ces produits seraient conservés avec du formol ce qui
pourrait nuire à la santé. En l’absence d’études et analyses approfondies sur ce sujet, il est
difficile d'émettre un point de vue objectif.
Cependant, les difficultés qu’éprouvent les vendeurs des vivres frais à bien conserver leur
produit, pendant parfois plusieurs jours suite aux coupures d’électricité, peuvent amener à se
poser des questions sur la qualité des produits frais consommés par les Kinois.
6.1.6. Apparition des pratiques alimentaires particulières et exprimées sous formes des
« codes » propres aux Kinois
Beaucoup de Kinois, surtout ceux qui vivent dans des conditions de précarité ont adapté leur
pratique alimentaire aux réalités qui les entourent. De ces réalités, on voit apparaître des
modes de consommation assez particuliers et exprimés sous forme de codes dont seuls les
pratiquants ou les initiés en connaissent la signification. Pour se faire une idée, on peut citer à
titre d’exemple les pratiques alimentaires ci-après :
Le « Délestage » : cette expression est utilisée lorsque le ménage se retrouve dans
l’impossibilité financière ou matérielle de préparer la nourriture. Dans ces conditions, les
membres sont prévenus qu’il y a délestage (non service) alimentaire.
Le « Kondoko » : cette expression beaucoup utilisée dans les milieux des jeunes Kinois
signifie tout simplement la consommation de la viande du chat. Toutefois, en parlant de
« kondoko », il s’agit de toute une série d’opérations qui commencent par le piégeage d’un
chat, sa préparation, son mode de cuisson et son mode de consommation.
Le « Yango na yango » : cette expression peut se traduire littéralement par « la même chose,
choses identiques, même origine». Les Kinois utilisent cette expression pour désigner certains
modes de consommation issus d’un même produit agricole. Cette expression est souvent
- 136 -
employée lorsqu’on a consommé la Chikwangue, le Fufu préparé sur base de la farine de
manioc seule sans mélange avec la farine de maïs avec comme unique accompagnement les
feuilles de manioc. Dans ces conditions un Kinois dira qu’il a mangé « yango na yango »
c'est-à-dire qu’il n’a mangé que le manioc avec le manioc.
La liste bien que non exhaustive de ces codes est présentée dans l’annexe de ce travail. En
utilisant ces codes, les Kinois expriment des pratiques alimentaires ou certains comportements
alimentaires assez particuliers. Il est important d’observer que la quasi-totalité des termes
utilisés pour exprimer ces pratiques alimentaires ont un caractère plutôt péjoratif. On peut
donc considérer ces codes comme une expression de mécontentement, de déception, de
précarité, voire de crise dans les habitudes alimentaires de certains Kinois.
Les analyses menées tout au long de cette étude ont révélé que l’évolution des modes de
consommation alimentaire des Kinois a une tendance inquiétante. Les facteurs suivants
peuvent bien justifier que l’on s’inquiète de l’évolution des modes de consommation
alimentaire à Kinshasa et en RDC en général :
L’expansion démographique de la ville de Kinshasa ;
Le manque des progrès évidents dans le secteur de l’agriculture.
En 1960, une superficie de 5.500 ha à caractère urbain supportait une population de 400.000
habitants, ce qui suppose une forte densité démographique. A l’accession du pays à la
souveraineté nationale et internationale, le cadre a changé et la poussée démographique a
sensiblement modifié la configuration spatiale de la ville. A ce jour, les estimations situent à
environ 7.000.000 l’effectif de la population de la ville au point de porter la ville au rang des
grandes métropoles et des agglomérations millionnaires. Et la superficie a atteint près de
9.965 km 2.
Sous ces dimensions, Kinshasa pose des problèmes complexes d'aménagement, avec des
quartiers d'extension qui poussent comme des champignons créant ainsi de nombreux besoins
en matière de logement, d'équipements collectifs (écoles, hôpitaux, centres récréatifs etc.), de
transport et d'administration, car leur accroissement ne s'accomplit pas selon les normes
urbanistiques (Ministère du Plan, 2005b).
La problématique du développement de la Ville de Kinshasa requiert une attention
particulière et urgente de la part des autorités provinciales au regard de la gravité des
problèmes qui s’y posent. Ces problèmes concernent essentiellement l’accès aux services
sociaux de base, à savoir l’eau potable, le logement décent, l’électricité, l’éducation, la santé
et l’assainissement, l’approvisionnement en produits alimentaires de première nécessité
(Ministère du Plan, 2010).
La plupart des études sur les perspectives démographiques s’accordent sur le fait que la RDC
sera l’un des pays dont la population va sensiblement augmenter d’ici à 2050. Cependant
l’instabilité politique que le pays connaît pendant plusieurs décennies, le caractère cyclique
des guerres et conflits armés, les conditions de vie de plus en plus difficiles à l’intérieur du
pays notamment sont des facteurs qui vont contribuer à la croissance démographique de la
ville de Kinshasa.
- 137 -
Cette croissance démographique malheureusement se fait accompagner de nombreux
problèmes, notamment l’insécurité alimentaire. Selon le rapport de la FAO (2006) sur l’état
de l’insécurité alimentaire dans le monde, la RDC est le pays dont le taux d’accroissement de
l’insécurité est le plus grand au monde. Il a atteint 517% en trente ans. Ces chiffres révèlent
que l’avenir de Kinshasa en matière de sécurité alimentaire ouvre la porte à de grandes
inquiétudes.
- 138 -
bien constater que ces espoirs ont été déçus et que la situation s’est détériorée au lieu de
s’améliorer » (Lebailly, 2010).
Ces faibles engagements de la RDC sur les programmes dont les objectifs sont d’accroître la
production agricole ; d’améliorer la sécurité alimentaire ; ou améliorer les conditions de vie
de la population dont plus de 80% dépendent de l’agriculture, suscitent des questionnements
sur les modes de consommation alimentaire d’avenir.
6.3. RECOMMANDATIONS
L’analyse des modes de consommation alimentaire des ménages ayant suscité bien des
préoccupations, des interrogations et des inquiétudes, il est judicieux qu’au terme de cette
analyse des recommandations soient formulées afin de voir la situation alimentaire des Kinois
s’améliorer dans l’avenir. Cette amélioration ne peut intervenir que si les décideurs
manifestent la volonté de mettre en œuvre les recommandations suggérées tant dans la
présente étude que dans d’autres.
Les recommandations vont dans deux sens : d’abord à l’endroit des ménages, ensuite à
l’endroit des décideurs c'est-à-dire le pouvoir public.
En analysant les différents modes de consommation dans les ménages, les recommandations
suivantes sont suggérées aux responsables des ménages kinois.
- 139 -
2° La connaissance de la diététique peut contribuer à réduire les dépenses alimentaires
tout en améliorant la qualité du régime alimentaire et nutritionnel.
Dans ce travail, les modes de consommation alimentaire ont été analysés par rapport aux 12
groupes d’aliments : (1) les céréales, (2) les racines & tubercules, (3) les légumes, (4) les
viandes, (5) les poissons, (6) les légumineuses, (7) les fruits, (8) les œufs, (9) les laits et
produits laitiers, (10) les huiles, (11) les sucres et (12) les boissons.
Une bonne prise en compte de ces différents groupes d’aliments dans la consommation
alimentaire des ménages permettrait de faire de bonnes combinaisons des aliments. A titre
d’exemple, dans la plupart des cas, il a été trouvé que les repas sur base de Fufu étaient
accompagnés de légumes et de poissons. En faisant un petit bilan alimentaire on trouve qu’on
a consommé : légume plus poisson incorporé plus poisson à côté.
Dans ces conditions, les membres des ménages auront consommé : céréales, racines et
tubercules suivis des poissons et encore des poissons. Les ménages auraient pu éviter cette
dépense supplémentaire des poissons en achetant un aliment appartenant à un autre groupe ou
en économisant l’argent pour d’autres dépenses ultérieures.
L’analyse a révélé également que la consommation des légumineuses permet des apports
protéiques de l’ordre de 80 à 81grammes/personne/jour aux membres des ménages moyens et
de 50 à 51 grammes/personne/jour aux membres des ménages moins aisés. Ce niveau
d’apport protéique a été rendu possible grâce à la consommation de plus en plus grande des
légumineuses riches en protéines.
Dès lors on peut s’imaginer que les ménages moins aisés peuvent bien améliorer la qualité de
leurs régimes alimentaires en consommant les légumineuses (niébé) notamment dont le prix
est très bas, tout en complétant leur alimentation par les protéines animales issues des
aliments à moindre coût comme le fretin, les chenilles ou certaines larves comestibles.
Il est cependant aussi vrai que certains de ces produits peuvent s’avérer très coûteux, mais la
cueillette là où cela est possible peut permettre d’y accéder dans les limites des coûts
acceptables. L’exploration des sources alimentaires alternatives comme la consommation des
insectes comestibles constitue déjà pour la FAO des perspectives d'avenir en matière de
sécurité alimentaire humaine et animale (FAO, 2013).
- 140 -
Cependant, l’analyse de la situation alimentaire de la RD Congo en général et de la ville de
Kinshasa en particulier révèle que les interventions du pouvoir public en matière de sécurité
alimentaire restent encore modestes et sont loin d’être satisfaisantes. Les recommandations ci-
dessous sont suggérées aux décideurs dans l’intention que leur application pourrait contribuer
tant soit peu à l’amélioration des modes de consommation alimentaire des Kinois.
- 141 -
Il serait avantageux, pour la population, de remettre en place la politique qui a été pratiquée
dans les années 1998 par le Gouvernement du Président Laurent Désiré Kabila. En effet, au
cours de cette période, il y avait à Kinshasa une sorte de cantines populaires dénommées «
Bureau National de Promotion Sociale» en sigle BNPS. Dans ces cantines, les produits
alimentaires étaient vendus à un prix raisonnable pour permettre aux plus démunis d’avoir
accès à l’alimentation de bonne qualité.
Les conditions sociales des Congolais en général sont confrontées à des difficultés énormes. Il
est important de rappeler ici l’extrait du discours du Président Kabila prononcé le 20
novembre 2011 lors de son investiture pour le second mandat. Je cite : « Tout en saluant ces
avancées significatives, vous en appelez à une action urgente pour que des retombées
positives s'en fassent rapidement sentir sur le chômage, les revenus des ménages, la
satisfaction des besoins sociaux de base, la salubrité de nos villes, les conditions de vie dans
nos villages et la distribution de la justice; bref, sur le social et le vécu quotidien du
Congolais. Ce message a été reçu cinq sur cinq » fin de citation. Il est donc important que ce
social tant prôné devienne une réalité avec des effets palpables dans l’amélioration des modes
de consommation alimentaire des ménages.
CONCLUSION PARTIELLE
L’analyse des résultats permet de dégager comme ligne directrice pour la consommation
alimentaire à Kinshasa qu’il existe un équilibre de plus en plus difficile à observer entre le
mode de vie, le mode de consommation alimentaire et les exigences nutritionnelles.
L’évolution des modes de consommation alimentaire semble avoir une tendance inquiétante
pour les ménages et suscite des questionnements.
L’analyse de l’évolution de la consommation alimentaire a conduit à une observation selon
laquelle les habitudes alimentaires des Kinois ne semblent pas rencontrer les exigences
nutritionnelles. Entre les deux considérations les ménages kinois semblent trouver de plus en
plus de difficultés à trouver un point d’équilibre. Les éléments qui peuvent justifier ce
difficile équilibre sont notamment :
- La monotonie alimentaire dans les ménages,
- Le déséquilibre alimentaire qui n’est pas toujours lié au revenu,
- La tendance à favoriser la consommation des aliments bon marché,
- Le choix des aliments sans lien avec les considérations diététiques,
- De plus en plus de problèmes de santé publique liés à des modes de consommation
alimentaire,
- L’apparition de plus en plus des pratiques alimentaires particulières et exprimées sous
formes des « codes » propres aux Kinois.
Il apparaît tout au long de cette étude que l’évolution des modes de consommation a une
tendance inquiétante. Les facteurs suivants peuvent bien justifier que l’on s’inquiète de
l’évolution des modes de consommation alimentaire à Kinshasa et en RDC en général:
- L’expansion démographique de la ville de Kinshasa ;
- Le manque des progrès évident dans le secteur de l’agriculture.
L’analyse des modes de consommation alimentaire des ménages ayant suscité bien des
préoccupations, des interrogations et des inquiétudes, il est judicieux qu’au terme de l’analyse
des recommandations soient formulées afin de voir la situation alimentaire des Kinois
s’améliorer dans l’avenir. Cette amélioration ne peut intervenir que si les décideurs
- 142 -
manifestent la volonté de mettre en œuvre les recommandations suggérées tant dans la
présente étude que dans d’autres.
Les recommandations formulées dans le cadre de cette étude ont été orientées dans deux
sens : d’abord à l’endroit des ménages, ensuite à l’endroit des décideurs c'est-à-dire le pouvoir
public. A l’endroit des ménages il leur est suggéré d’abord la diversification des sources de
provenance des aliments. Ensuite la connaissance de la diététique qui peut contribuer à
réduire les dépenses alimentaires tout en améliorant la qualité du régime alimentaire et
nutritionnel. Enfin, l’utilisation des carnets ou cahiers des menus journaliers
Les recommandations à l’endroit du pouvoir public sont formulées comme suit : améliorer la
qualité des importations alimentaires ; encourager la production locale et mettre en place des
politiques sociales pour les plus démunis.
- 143 -
CONCLUSION GENERALE
La présente étude a été initiée au départ d’une hypothèse selon laquelle des ménages se
retrouvent dans une situation d’insécurité alimentaire lorsque leurs modes de vie et moyens
d’existence ont changé ou ne sont pas adaptés et qu’ils n’ont pas la capacité de trouver un
équilibre entre un ensemble de besoins. La demande alimentaire des ménages ne peut donc
être analysée indépendamment de l’ensemble des moyens d’existence et conditions de vie des
ménages : relations sociales, ressources disponibles, localisation géographique. Cinq objectifs
ont été fixés dans le cadre de cette étude. Pour atteindre ces objectifs, une méthodologie basée
sur les enquêtes auprès des ménages a été adoptée.
S’agissant du premier objectif de l’étude en rapport avec les caractéristiques socio-
économiques des ménages, les résultats de l’enquête ont révélé qu’il existe des
caractéristiques spécifiques à chaque quartier et des caractéristiques que l’on pourrait
considérer comme étant communes à tous les quartiers. Parmi les caractéristiques spécifiques
on trouve : le genre du chef des ménages, les activités des femmes, le niveau d’instruction et
le taux de salariat.
Le taux des chefs de ménages du genre féminin est respectivement de l’ordre de 22% dans le
quartier aisé, 23% dans le quartier moyen et de 26% dans le quartier pauvre. Il apparaît que le
nombre de femmes chefs de ménages tend à augmenter quand les ménages sont établis dans
des quartiers pauvres. Ce taux élevé des femmes chefs de ménages est lié notamment au décès
des maris ou à la désertion de ces derniers ayant trouvé refuge ailleurs, laissant des femmes
avec le statut de veuves ou divorcées. Ces femmes se retrouvent dans l’obligation de prendre
en charge la gestion et la responsabilité de leurs ménages en pratiquant des activités relevant
généralement du secteur informel.
Les activités informelles pratiquées par les femmes sont respectivement de l’ordre de 71%
dans le quartier pauvre, 50% dans le quartier moyen et de 27% dans le quartier aisé. Il est
évident que ces activités sont pratiquées sans aucune norme en termes de durée de travail par
jour, nombre de jours de travail par semaine ni de période de congé. Ce qui a pour
conséquence l’absence prolongée des femmes dans leurs ménages, confirmant ainsi les
observations évoquées dans la problématique de ce travail.
Le niveau d’instruction et le taux de salariat semblent être également les caractéristiques
spécifiques des quartiers kinois. Ces deux variables sont bien corrélées. En effet, selon le
résultat de l’étude, le taux des chefs de ménages universitaires est respectivement de l’ordre
de 83% dans le quartier aisé, 44% dans le quartier moyen et d’environ 5% dans le quartier
pauvre. En même temps, le résultat révèle que le taux des salariés est respectivement de 66%
dans le quartier aisé, 52% dans le quartier moyen et de 17% dans le quartier pauvre. En
mettant ensemble le taux d’instruction et le taux de salariés, il apparaît clairement que ce sont
les universitaires qui sont les plus employés comme « salariés». Pour certains Kinois « le
salariat» veut dire un emploi qui rémunère bien.
Dans le quartier aisé, le taux relativement élevé des chefs de ménages universitaires a
tendance à favoriser leur emploi dans les activités dites « salariales ». Par contre, dans le
quartier pauvre, le faible niveau d’instruction des chefs de ménages dont 46% ont un niveau
secondaire et 32% un niveau primaire ne peut que favoriser l’émergence des activités
informelles dont les plus importantes sont les petits commerces (31%) et l’artisanat (29%).
Ces observations confirment bien les informations présentées précédemment en rapport avec
l’emploi et les revenus à Kinshasa à partir des données de l’Institut National de Statistique
(INS). Selon ces informations, la ville de Kinshasa compte 875.000 unités informelles, celles-
ci jouent un rôle positif au sens où elles font partie des stratégies de survie des ménages en
période de crise.
De ce qui précède, il apparaît que le niveau d’instruction constituerait pour les Kinois un atout
important pour accéder à un emploi bien rémunérateur. Cela leur permettrait d’échapper à la
débrouillardise ou à des petits métiers peu rémunérateurs. Mais, le marché de l’emploi étant
très restreint, certains universitaires Kinois ne parviennent pas à accéder à ce genre d’emploi
tant souhaité, ils se retrouvent dans des métiers ne correspondant pas à leur niveau
d’instruction.
Le niveau d’équipement des ménages est aussi l’une des caractéristiques qui expliquent les
disparités au niveau des quartiers de Kinshasa. Il apparaît que les ménages établis dans le
quartier aisé sont généralement dans des conditions confortables en ce qui concerne le
raccordement aux réseaux de distribution d’eau (REGIDESO) et d’électricité (SNEL) qui
atteint les 100%. Par contre dans le quartier pauvre 90% des ménages n’ont presque pas de
raccordement au réseau de distribution d’eau potable et près de 57% sont sans électricité. Par
rapport au niveau d’équipement, trois catégorisations des ménages ont été établies : ménages
bien équipés, ménages moyennement équipés et ménages sous-équipés. Mais également trois
catégorisations ont été établies sur base de la qualité de l’habitat. Il s’agit de l’habitat
confortable, l’habitat acceptable et l’habitat précaire.
De ce qui précède, il apparaît bien que le niveau d’équipement des ménages constitue donc
une variable par excellence qui permet de confirmer la première hypothèse de la présente
étude selon laquelle : « les ménages kinois seraient caractérisés par des conditions de vie qui
refléteraient celles de leur zone d’habitation. Les ménages les plus aisés seraient établis dans
des zones urbanisées tandis que les ménages les moins aisés seraient établis dans les
bidonvilles ».
Les caractéristiques que l’on peut considérer comme communes dans tous les quartiers, c’est-
à-dire ne présentant pas des différences entre les quartiers sont : les âges des chefs de
ménages et des conjoints ainsi que la taille des ménages.
Le résultat de l’étude montre que dans le quartier aisé et dans le quartier pauvre, les âges des
chefs de ménages sont dans l’intervalle de 51 à 60 ans alors que dans le quartier moyen les
chefs des ménages sont jeunes et ils se situent dans l’intervalle de 31 à 40 ans. En prenant
également en compte les âges des conjoints qui sont respectivement dans l’intervalle de 40 à
50 ans dans le quartier aisé et de 30 à 40 ans dans le quartier moyen et pauvre, il en résulte
qu’en général, ce sont les âges jeunes qui sont dominants. Sur base de ces renseignements, il
s’avère que les chefs de ménages et les conjoints de Kinshasa sont des jeunes, ce qui
correspond à la pyramide des âges présentée dans la plupart des études y compris dans celle-
ci.
La taille des ménages semble être également une variable qui ne présente pas de différence
significative tant dans le quartier aisé que dans le quartier pauvre. Cette taille est en général de
7 personnes avec de faibles variations entre les quartiers. Dans la plupart des études menées à
Kinshasa notamment celles de Lelo et Nzuzi (2004) évoquées précédemment dans ce travail,
la taille des ménages kinois est de 7 personnes. Mais, cette taille, on peut la qualifier
« d’apparente » car elle fait penser à une famille restreinte composée de deux parents et des
enfants propres. Il existe aussi la taille des ménages que l’on peut qualifier de «réelle ou
effective » dans laquelle on dénombre toutes les personnes établies au sein du ménage. Les
différences des tailles des ménages dans les quartiers peuvent provenir du fait que les
répondants se réfèrent soit à la taille apparente (famille restreinte) ou à la taille réelle du
ménage (famille élargie).
- 146 -
S’agissant du deuxième objectif de l’étude en rapport avec les dépenses des ménages, les
résultats de l’enquête ont révélé que la structure des dépenses des ménages présente une
prédominance des dépenses alimentaires : 49% dans le quartier aisé, 55% dans le quartier
moyen et 64% dans le quartier pauvre. La part élevée des dépenses alimentaires confirme la
deuxième hypothèse de l’étude selon laquelle « la structure des dépenses des ménages kinois
indiquerait la prédominance des dépenses alimentaires qui font partie des besoins
incompressibles aussi bien pour les non pauvres que pour les pauvres ». Cette observation a
été également mise en évidence dans l’enquête 1-2-3 réalisée par le Ministère du Plan et
l’Institut National de Statistique en 2004. La prédominance des dépenses alimentaires dans la
structure des dépenses des ménages pauvres n’est qu’une confirmation logique de la loi
d’Engel.
Les dépenses globales des ménages présentent des différences significatives respectivement
de l’ordre de 1.224.520 fc soit l’équivalent de 1.331 USD dans le quartier aisé, 522.560 fc
équivalents à 568 USD dans le quartier moyen et de 300.840 fc équivalents à 327 USD dans
le quartier pauvre. Les dépenses globales mentionnées représentent les valeurs moyennes.
Une répartition établie sur base des quartiles de ces dépenses globales a donné lieu à trois
catégories de ménages : « ménages aisés » ceux qui relèvent du quatrième quartile des
dépenses, «ménages moyens » relevant du deuxième et du troisième quartile et les «ménages
pauvres» s’apparentant au premier quartile des dépenses. Ces informations confirment bien
des disparités et des inégalités au sein de la population congolaise attestées par un Indice de
Développement Humain (IDH) classant le pays en dernière ou avant-dernière position depuis
de nombreuses années.
Ces ménages dits « aisés », « moyens » ou « pauvres » représentent des catégorisations qui
traduisent des différences relatives entre eux. Cette catégorisation pourrait servir de critère
servant à cibler des classes sociales ou des ménages kinois les plus nécessiteux et les plus
vulnérables. Ces ménages une fois ciblés pourraient bénéficier d’une attention particulière de
la part du Gouvernement ou des interventions des partenaires au développement tels que la
FAO, le PAM, l’UNICEF, etc.
Par ailleurs, cette classification peut servir également de repère dans l’élaboration des
barèmes salariaux qui prennent en compte le coût du panier de la ménagère et le pouvoir
d’achat des ménages. On peut à titre d’exemple comparer ces niveaux des dépenses globales
avec les propositions de barème salarial de Mbudi signé en février 2004. Selon ce barème,
l’huissier de la fonction publique devrait toucher environ 208 USD contre 2080 USD pour le
Secrétaire Général. Il s’avère que le montant de salaire proposé pour l’échelon le plus bas
c'est-à-dire l’huissier est largement inférieur au niveau des dépenses des ménages pauvres. En
se référant à ces niveaux des dépenses, il est clair que l’application du barème de Mbudi,
pourrait ne pas apporter une amélioration dans la vie sociale des ménages pauvres dont le
niveau des dépenses mensuelles semble être plus élevé que le salaire attendu.
En comparant également ces niveaux des dépenses avec l’évolution du PIB par habitant tel
que présenté dans la figure 3 de ce travail, il en ressort que les dépenses des ménages les plus
pauvres sont plus élevées que les différents PIB/habitant depuis 2002 dont le montant est
d’environ 100 USD.
Pour ce qui est du troisième objectif de l’étude en rapport avec les facteurs qui influencent les
pratiques alimentaires des Kinois, les résultats de l’enquête permettent de confirmer la
troisième hypothèse. Selon celle-ci : « les facteurs socioculturels : le goût, le plaisir et les
habitudes alimentaires influenceraient les modes de consommation des ménages aisés alors
que pour les moins aisés, seules les considérations économiques : prix des aliments et les
moyens disponibles influeraient sur leur mode de consommation alimentaire ».
- 147 -
Les résultats de l’étude ont montré à ce sujet que les facteurs qui influencent les pratiques
alimentaires des ménages sont : la taille du ménage et le statut vis-à-vis de la parcelle
d’habitation. La taille des ménages influence le nombre de repas par jour et aussi les dépenses
de consommation des aliments de base. Les ménages ayant le statut des propriétaires des
parcelles d’habitation prennent relativement plus de repas par jour que les ménages des
locataires. Ces résultats ont montré également que les motivations des chefs de ménages : les
habitudes alimentaires, le plaisir et la satiété influencent la consommation des aliments
d’accompagnement d’origine végétale et aussi ceux d’origine animale. Les motivations liées
au prix ne concernent que des ménages du quartier pauvre. Le facteur qui influence la
consommation hors ménage est la durée du travail journalier. Lorsque la durée de travail
dépasse les 10 heures, le rythme de consommation alimentaire hors ménages est de plus de
trois fois par semaine.
S’agissant du quatrième objectif de l’étude, les résultats des suivis des ménages ont fourni les
informations sur les modes de vie des ménages, leur composition, les relations entre les
membres, leur organisation autour de l’alimentation et leurs pratiques alimentaires.
Deux principales organisations des ménages ont été identifiées pour accéder à l’alimentation :
c’est la diversification des sources de revenus et la diversification des pourvoyeurs des
revenus. Le nombre des sources de revenus tend à augmenter avec la détérioration des
conditions de vie. Le nombre de sources de revenus par ménage étant respectivement de 4
dans le quartier moins aisé ; 2 dans le quartier moyen et de 2 également dans le quartier aisé.
Les sources informelles de revenus sont les plus dominantes dans l’ensemble et
particulièrement dans les ménages pauvres.
L’organisation des ménages pour accéder à l’alimentation, la diversité des sources de revenus
et des pourvoyeurs des revenus permettent de confirmer la quatrième hypothèse de l’étude.
Cette hypothèse stipule que « l’accès à l’alimentation dans les ménages kinois serait rendu
possible grâce aux stratégies des groupes (relation de proximité, relation vendeur-acheteur,
marchandage, entraide, partage, solidarité). Les ménages avec de bonnes stratégies seraient
ceux qui peuvent maintenir leur sécurité alimentaire tandis que ceux sans stratégies
demeureraient des ménages vulnérables, courant toujours un risque d’insécurité alimentaire.
S’agissant du cinquième et dernier objectif de l’étude en rapport avec les modes de
consommation alimentaire des ménages, les résultats de l’enquête ont révélé que, d’une façon
générale, les dépenses alimentaires sont beaucoup plus importantes en saison pluvieuse qu’en
saison sèche.
Les quantités consommées ainsi que les apports énergétiques et protéiques sont déficitaires et
en baisse comparativement aux études antérieures de Houyoux qui sont citées comme
référence dans beaucoup d’études. Ces quantités et apports sont plus faibles en saison
pluvieuse qu’en saison sèche. La situation est alarmante pour les ménages pauvres dont les
quantités d’aliments consommées/individu/jour en saison pluvieuse sont inférieures à 500g
avec les apports énergétiques estimés à 1.130 calories et 50 g de protéines.
Il apparaît donc que c’est pendant la saison pluvieuse que les ménages, surtout les plus
pauvres, tombent dans l’insécurité alimentaire. C’est une sorte de période des « vaches
maigres » pour ces Kinois. C’est la saison pluvieuse qui est donc la période indiquée et
pouvant rendre plus pertinentes les interventions à caractère social ou humanitaire tant du
Gouvernement congolais que des autres partenaires.
L’analyse qui découle des quantités consommées, des apports énergétiques et protéiques
permet de confirmer la cinquième hypothèse de l’étude selon laquelle « à Kinshasa, comme
dans la quasi-totalité des pays du Tiers-Monde, les modes de consommation seraient
- 148 -
caractérisés par une forte consommation relative de céréales et/ou de racines et tubercules,
complétées parfois par des produits riches en protéines, essentiellement les légumineuses ». Il
apparaît aussi clairement que les modes de consommation des Kinois correspondent bien aux
modèles traditionnels agricoles décrits dans le premier chapitre. Ces modèles caractérisent la
plupart des pays du Tiers-Monde africain et asiatique. Les rations alimentaires y sont peu
élevées avec 2000 calories disponibles par jour en moyenne. Les céréales et tubercules y
jouent un rôle prépondérant ; ils sont complétés par des légumineuses qui apportent leurs
protéines, et les produits animaux n’entrent que pour 5% environ.
En prenant en compte les différents modes de consommation analysés, il apparaît que les
habitudes alimentaires des Kinois semblent ne pas rencontrer les exigences nutritionnelles.
Entre les deux considérations les ménages kinois ont de plus en plus de difficultés à trouver
un point d’équilibre. Les éléments qui peuvent justifier ce difficile équilibre sont notamment :
la monotonie alimentaire dans les ménages ; la tendance à favoriser la consommation des
aliments bon marché ; le choix des aliments sans lien avec les considérations diététiques ;
l’apparition de plus en plus de problèmes de santé publique liés aux modes de consommation
alimentaire. Toutefois, le déséquilibre alimentaire dans les ménages kinois n’est pas toujours
lié au revenu, parce qu’il est observé tant dans les ménages aisés que dans les ménages
pauvres.
La constitution de panels de consommateurs et la répétition des études de suivis alimentaires
au sein des ménages par exemple dans le cadre d’un observatoire de la consommation
alimentaire à Kinshasa serait un premier pas vers l’amélioration des modes de consommation
alimentaire dans cette Ville. En effet, en disposant régulièrement des informations nécessaires
sur les conditions de vie des ménages, sur les évolutions dans les habitudes alimentaires, il
serait possible de mettre en place des politiques alimentaires pouvant concilier les modes de
consommation alimentaire des Kinois et les exigences nutritionnelles.
- 149 -
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ANNEXE
ANNEXE 1. QUELQUES EXPRESSIONS EN RAPPORT AVEC LA CONSOMMATION
L’indicateur physique élaboré pour catégoriser les ménages est composite. Il est composé de
deux indices. Le premier est l’indice de qualité de logement et le second c’est l’indice de
niveau d’équipements et raccordements. Chaque indice est constitué d’une sommation des
scores attribués au ménage pour avoir ou pas disposé d’un bien pris en considération.
Cet indicateur concerne la qualité d’habitation. Il est composé d’une série des scores sur les
aspects ci-après : la superficie de la maison par rapport à ta taille du ménage, les installations
connexes (toilette), les matériaux de construction des murs, du pavement et de la toiture de la
maison.
L’indice élaboré sur la qualité de logement est calculé en utilisant la formule suivante :
SCL = SCsup/hab + SCpav + SCmur + SCtoit + SCtoilette
Où
SCL = Score de qualité de logement
SCsup/hab = score superficie/habitant
SCpav = score pavement
SCmur = score mur
SCtoit = score toiture
SCtoilette = score toilette
La superficie par habitant est obtenue en divisant la superficie de la maison par la taille des
ménages. Le score correspondant est élaboré en obtenant la distribution de la superficie par
habitant en quatre quartiles, lesquels se résument dans le tableau ci-après. Ce tableau est
obtenu par la division de la courbe de Gauss en quatre quartiles, en incluant les valeurs
minimum et maximum. C’est ainsi que nous obtenons quatre quartiles.
S’agissant du pavement, son score est réalisé en attribuant une valeur de score à chaque type
de pavement. Il comprend un score minimum de « 1 » et un score maximum de « 6 » dont la
synthèse est présentée dans le tableau ci-dessous.
- 163 -
Le score sur les murs est obtenu en faisant correspondre une valeur de score à chaque matériel
de construction des murs. Il est constitué d’un score minimum de 1 et d’un maximum de 6.
L’élaboration de score de la toiture s’est faite suivant le même principe que le précédent.
Les valeurs des scores ainsi calculées sont rapportées sur une échelle dont la
valeur maximale possible est 26. Sur cette base nous avons donc :
- Logement précaire : 10 < score ≤ 18
- Logement acceptable : 18 < score ≤ 22
- Logement confortable : 22 < score ≤ 26
L’indice d’équipements et raccordements est élaboré à partir des scores de chaque bien dont
dispose le ménage ainsi que des différents raccordements (services) accessibles. Les
équipements de la maison pris en compte sont ceux du salon, de la chambre des parents et de
la cuisine. Les équipements de transport (auto, moto ou vélo) sont aussi pris en compte avec
des scores appropriés. D’autres biens tels que les ordinateurs, groupes électrogènes ont été
également pris en compte. Les raccordements et services publics qui ont été pris en compte
sont : eau, électricité, internet, antenne parabolique notamment. L’indicateur se présente donc
comme suit :
- 164 -
Tableau 6. Scores des équipements et raccordements
Equipements de salon scores
Fauteuil 5
Climatiseur 4
Télévision 3
Chaîne musicale (HIFI) 3
Ventilateur 2
Lecteur DVD/VCD 2
Radio 1
Equipements de la chambre Scores
Lit 1
Eponge 1
Matelas 2
Drap 1
Couverture 2
Equipement de la cuisine scores
Cuisinière 5
Four 4
Réchaud 2
Brasier 1
Matériels de transport scores
Véhicule automobile 5
Moto 3
Vélo 1
Autres équipements scores
Groupe électrogène 1
Ordinateur 1
Raccordements scores
Eau 1
Electricité 1
Internet 1
Antenne parabolique(TV) 1
Total 54
L’indice élaboré sur les conditions de vie est calculé sur base de la formule suivante :
SER = SCsalon+ SCchambre+ SCcuisine+ SCtransport+ SCautres+SCraccordements
Où
SER = Score d’Equipement et Raccordement
SCsalon= score salon
SCchambre = score chambre
SCcuisine = score cuisine
SCtransport= score transport
SCautres= scores autres équipements
SCraccordements= scores raccordements
Les valeurs des scores ainsi calculées sont rapportées sur une échelle dont la valeur maximale
possible est 54. Sur cette base nous avons :
- Ménages sous-équipés : si 2 ≤ score ≤ 15
- Ménages moyennement équipés : si 15 < score ≤ 32
- Ménages bien équipés : si 32 < score ≤ 54
- 165 -
ANNEXE 3. QUESTIONNAIRE DE L’ENQUÊTE SUR LES CARACTÉRISTIQUES DES MÉNAGES.
Commune de …………………………………………………...Quartier……………………………….
Rue………………………………N°………téléphone du chef de ménage ou conjoint…………………
CONFIDENTALITE : Toutes les informations vous concernant que vous donnerez seront gardées strictement
confidentielles et utilisées qu’à des fins académiques.
2.2. Combien de temps 1. sur place 2.15 min ; 3. |__| 1. sur place 2.15 min ; 3. |__|
mettez-vous pour Trente min. 4. 45 min. Trente min. 4. 45 min.
- 166 -
arriver au lieu du 5. Une heure 6. 1h 30 5. Une heure 6. 1h 30
travail ? 7. 2 heures 8. Plus de 2h 7. 2 heures 8. Plus de 2h
2.3 A quelle heure Heure de sortie :………… Heure de sortie :……………
sortez-vous de Heure de retour :………… |__|
votre maison pour |__| Heure de retour :……………
le travail et à
quelle heure vous y
rentrez
2.4 Combien de jours 1. Un jour 2. Deux jours 1. Un jour 2. Deux jours
travaillez-vous par 3. Trois jours 4. Quatre jours |__| 3. Trois jours 4. Quatre jours |__|
semaine ? 5. Cinq Jours 6. Six jours 5. Cinq Jours 6. Six jours
7. Sept jours 7. Sept jours
Hommes
Femmes
3.5 Outre le père et la mère, combien des -Nombre d’élèves dans le ménage | __ | |__|
membres du ménage sont dans les -Nombre d’étudiants | __ | |__|
activités suivantes ? -Nombre de travailleurs formels | __ | |__|
-Nombre d’artisans | __ | |__|
-Nombre Artistes | __ | |__|
-Nombre d’agriculteurs/éleveurs | __ | |__|
-Nombre de commerçants | __ | |__|
-Nombre de ceux qui ne font rien | __ | |__|
-Nombre d’autres métiers à |__|
préciser……………… | __ | |__|
- 167 -
3.8 Le pavement de la 1. Morceaux de brique de ciment
maison est construit sur 2. Ciment
base de quels 3. Carreaux |__|
matériaux de 4. Terre
construction ? 5. Autres…………………..
3.16 Quels sont les autres 16.1. Véhicule 1. Oui 2. Non |__|
biens dont vous 16.2. Moto 1. Oui 2. Non |__|
disposez dans votre 16.3. Vélo 1. Oui 2. Non |__|
ménage ? 16.4. Groupe électrogène 1. Oui 2. Non |__|
16.5. Ordinateur 1. Oui 2. Non |__|
- 168 -
16.6. Autres…………............1. Oui 2. Non |__|
3.17 Votre toilette est faite 1. Cuve
en ? 2. Fosse arable |__|
3. Trou en terre
4. Pas de toilette
5. Autres………………………….
- 169 -
lesquelles vous préférez les |__|Aliments de notre tradition |__|
aliments de base cités ? |__|Pour bien se rassasier |__|
|__|Ça coûte moins cher
|__|C’est aliment disponible (gratuit)
|__|Il contient plus de nutriments
|__|Raisons sanitaires
|__|Convictions d’ordre religieux
|__|Autres……………………………
5.6 Quels sont les trois aliments |__|Fufu (manioc seul) |__|
de base que vous consommez |__|Fufu (maïs seul)
régulièrement ? (par |__|Fufu (manioc + maïs) |__|
ordre de régularité) |__|Chikwangue
|__|Riz |__|
|__|Banane plantain
|__|Pomme de terre
|__|Patate douce
|__|Pain
|__|Autres……………….
5.6. Pour chaque aliment cité, donnez les quantités achetées et leurs prix respectifs
Aliments de base Quantité Prix Fréquence par
semaine
1
2
3
- 170 -
|__|Raisons sanitaires
|__|Pour des convictions d’ordre religieux (spirituel)
|__|Autres………………………………………………
5.10. Pour chaque aliment cité, donnez les quantités achetées et les prix
Aliments de base Quantité Prix Fréquence par
semaine
1
2
3
5.12. Pour chaque aliment cité, donnez les ingrédients utilisés pour la préparation, prix et quantités.
Aliments Ingrédients Quantité Prix
1 -
-
-
2 -
-
-
3 -
-
-
- 171 -
Quels sont les 3 aliments |__|Je ne mange pas de produits animaux |__|
d’accompagnement (d’origine |__|Mpiodi (poisson de mer)
5.13
animale) que vous mangez |__|Mbisi ya mai (poisson d’eau douce) |__|
souvent ? Par ordre de préférence |__|Mbisi ya kokauka (poisson fumé)
|__|Makayabu (poisson salé) |__|
|__|Ngombe (viande capa)
|__|Ngombe ya abattoir (viande fraîche)
|__Ngulu (viande de porc)
|__|Ntaba (viande de chèvre)
|__|Cuisses de poulet
|__|Cotes (côtelettes)
|__|Croupions de dindons
|__|Ailes des poulets
|__|Abats (mabumu, mitshiopo, mbanga…)
|__|Queues (mikila)
|__|Pattes et sabots (makoso)
|__|Gibier (mpakasa, makaku….)
|__|Chenille
|__|Autres…………
5.14. Pour chaque aliment cité, donnez les quantités achetées et les prix
Aliments de base Quantité Prix Fréquence par semaine
1
2
3
5.15. Pour chaque aliment cité, donnez les modes de préparation
Aliments Modes de préparation
1
2
3
5.16. Pour chaque aliment cité, donnez les ingrédients utilisés pour la préparation, prix et quantités.
Aliments Ingrédients Quantité Prix
1 -
-
-
2 -
-
-
- 172 -
3 -
-
-
5.20. Si oui, quels sont les 5 aliments que vous prenez comme dessert (soir)
Aliment Dépense moyenne/repas Fréquence /semaine
1
2
3
4
5
5.21 Y-a-t-il des aliments que vous mangez sans les avoir 1. Oui |__|
achetés 2. Non
- 173 -
5.24 Quelles sont les 3 boissons que vous |__|L’eau minérale |__|
consommez régulièrement dans votre
|__|Boissons sucrées
ménage
|__|Jus des fruits |__|
|__|Bière
|__|
|__|Vins ou whisky
|__|Boissons (traditionnelles)
|__|Autres………………….
5.25. Remplir le tableau ci-dessous pour chacune de ces trois boissons que vous consommez
régulièrement dans votre ménages
6.2. Quels sont les 3 aliments déjà préparés (fast food) que vous mangez souvent dans votre ménage
Aliments déjà Quantité Dépense Circonstances Fréquence /semaine
préparés moyenne/repas ou motivation
1
2
3
- 174 -
6.4. Remplir le tableau-ci-dessous pour chaque source d’énergie
- 175 -
Autres consommations Montants dépensés par Fréquence par Lieux de
hors ménages jour semaine consommation
- 176 -
Dépenses non alimentaires
5.15. En dehors de votre alimentation, pouvez- vous énumérer les dépenses effectuées durant le mois
passé (Jours calendrier, datant du jour de l’enquête). NB. Ne pas inscrire l’équipement et l’acquisition
ou réparation des biens durables.
Nature de la dépense Coût (FC)/dépense Coût mensuel
Loyer (par mois)
Electricité (par mois)
Eau (par mois)
Soins de santé (trimestrielle)
Transport (journalier)
Scolarité et éducation (annuelle)
Habillement (semestriel)
Produits d’entretien (mensuel)
Communication (journalière)
Abonnement Internet (par mois)
Antenne parabolique (par mois)
Abonnement téléphone (par mois)
Boniche (mois)
Chauffeur (mois)
Répétiteur pour les enfants (mois)
Sécurité ou police (mois)
Autres (à spécifier)
NOM DE L’ENQUETEUR :
OBSERVATION OU COMMENTAIRE:
- 177 -
ANNEXE IV. FICHE DES SUIVIS JOURNALIERS DES MÉNAGES
Date…………………………………………Adresse……………………………
Avez- vous mangé ? Le matin. A quelle heure ?.................................. …………..
Aliments Quantité Prix Aliments non Quantité Prix estimatif Lieu Combien
achetés achetés d’obtention ont mangé
Autres (écrire
au verso)
PENDANT LA JOURNEE, A quelle heure ?………………………………………….
Aliments Quantité Prix Aliments non Quantité Prix estimatif Lieu Combien
achetés achetés d’obtention ont mangé
Aliments de
base
Accompagne
ments
Dessert
Boissons
Epices
Aliments de
base
Accompagne
ments
Dessert
Boissons
Épices
Braise
- 178 -
1. Qui a apporté l’argent que vous utilisé pour la nourriture d’aujourd’hui ?............................
2. Combien de repas avez-vous mangé aujourd’hui ?.................................................................
3. Qui a (ont) décidé de ce que vous avez mangé
aujourd’hui ?…………………….……………
4. Est-ce que les préférences alimentaires des différents membres du ménage sont pris en
compte dans le choix de la nourriture ?………………………………………………………
5. Qui a (ont) préparé la nourriture ? Le matin………………à midi………………………le
soir…………à quelle heure ?.................................................................................................
6. Est-ce que les différents membres du ménage ont mangé ensemble oui ou non ?………..
7. Si non pourquoi ? ...................................................................................................................
8. Vous avez reçu combien de visiteurs aujourd’hui ?...............................................................
9. Quels sont les liens que ces visiteurs ont avec vous ?............................................................
10. Combien de ces visiteurs ont partagé le repas avec vous aujourd’hui ? ............................
11. Y a-t-il des visiteurs qui n’ont pas mangé aujourd’hui avec vous ?.....................................
12. si oui pourquoi ……………………………………………………………………………..
13. si non pourquoi……………………………………………………….……………………
14. Est-ce qu’un membre (du ménage) a mangé en dehors du
ménage ?…………………………..
Si oui dans quelles conditions ?................................et quel repas ? …………………Déjeuner
……………………Repas de midi……………………………… ou du soir…………………
15. Avez-vous autre chose à dire à propos de la nourriture de ce jour au sein de votre
famille ?.........................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................
.......................................................................................................................................................
- 179 -