Comment la III° République finit-elle par
s’imposer?
Beaucoup de caricatures sont
issues des journaux illustrés,
satiriques, de la fin du XIX°
siècle
www.supplement-illustre-du-petit-
journal.com/histoire-presse-illustree.
Charivari
Le journal pour rire.
Le Grelot
L'assiette au beurre
Le Chat noir avec Willette, Steinlen
et Caran d'Ache.
Le journal amusant.
Le Rire avec Forain, Steinlen, Jossot
et Toulouse Lautrec.
Jeudi 19 Octobre 1899 N° 184
Le Grelot N° 705 du L’Assiette au beurre N° 406
Dimanche 12 Octobre 1884 du Samedi 09 Janvier 1909
N° 217 du Dimanche 13 N° 688 du Dimanche 13
Janvier 1895 Avril 1902
1.Analyse des caricatures extraites
des journaux de presse de la
période 1870-1914.
Groupes1à5 déterminés en fonction
des compétences travaillées .
2.Trace écrite selon plan déterminé
et d’après caricatures analysées et
interprétées.
3.Lexique politique:
Groupes 6 et 7.
Définition:
A l’aide de vos réponses, expliquez cette
caricature en quelques lignes, en insistant sur le
message que l’auteur a voulu faire passer.
Proclamation de la République 4 septembre 1870
Majorité des députés royalistes
Communes de Paris 1871
Groupe 5
Opposés à la poursuite d’une guerre
et d’une occupation très
éprouvantes, les Français élisent une
large majorité de députés favorables
à la signature de la paix avec
4 septembre 1870: proclamation de l’ennemi. Or ces 675 nouveaux élus
la république. sont pour la plupart monarchistes
(220 orléanistes et 180 légitimistes ;
seuls 250 députés étant
Le gouvernement de la Défense républicains). Parmi ces derniers, la
nationale, mis en place après la division règne entre radicaux,
chute du Second Empire, veut partisans de la poursuite du conflit,
organiser au plus vite l’élection et modérés.
d’une Assemblée nationale
constituante afin d’asseoir sa Agé de 74 ans, Thiers a été l’un des
légitimité. La guerre avec la Prusse principaux serviteurs de la monarchie
rend impossible la tenue du scrutin. de Juillet avant d’être le chef de
l’opposition libérale sous le Second
Ce n’est qu’en février 1871 que des Empire en réclamant les « libertés
élections se tiennent. L’enjeu nécessaires ». Il apparaît ainsi
essentiel est moins la forme du comme un homme de compromis,
nouveau régime que la question du susceptible de recueillir la confiance
règlement du conflit. d’une majorité de députés, au-delà
des clivages politiques.
Février 1871: élections à
Majorité monarchistes
l’Assemblée Nationale.
Triomphe la République, Au balcon de l'hôtel de ville,
musée Carnavalet,1875. accompagné d'autres députés, Léon
Gambetta proclame la République.
Auteur : Alfred LE PETIT (1841-1909)
Date de création : 1871
Date représentée : 1871
Dimensions : Hauteur 28.2 cm -
Largeur 22.5 cm
Technique et autres
indications : Lithographie.
Texte inscrit :
« Vingt et un départements l'ont élu
député. / Il n’est pas de succès pareil
dans notre histoire. / Thiers voudrait
rester froid ; mais radieux, enchanté,
/ Malgré lui-même, il fait sa poire. »
« DUC D’AUMALE / PRINCE DE
JOINVILLE / Cte DE PARIS / DUC DE
NEMOURS / DUC DE CHARTRES »
Le journal L’Eclipse édite le 14 février 1871 la
Lieu de Conservation : MuCEM (Marseille -
caricature d’Adolphe Thiers présenté aux côtés de See more at: http://www.histoire-
quelques grandes figures parmi les élus monarchistes, image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=699
majoritaires à l’Assemblée nationale. &d=1&q=8&c=caricature#sthash.scsI83dr
.dpuf
Le journal L’Eclipse édite le 14 février 1871 la
caricature d’Adolphe Thiers présenté aux côtés de
quelques grandes figures parmi les élus
monarchistes, majoritaires à l’Assemblée nationale.
Assimilé à la famille d’Orléans, Adolphe Thiers porte
une grosse poire représentant Louis-Philippe tandis
que les fils du souverain sont placés sur une étagère,
allusion directe à une éventuelle succession au trône.
Thiers ayant contribué à l’établissement de la
monarchie de Juillet, Alfred Le Petit rappelle les
anciennes affinités du politicien en réutilisant
l’iconographie de la célèbre caricature de Louis-
Philippe parue dans Le Charivari du 17 janvier 1834.
Le dessinateur décline ici cette image à succès, usant
de sa très grande popularité
La presse écrite de cette époque joua un rôle non négligeable
dans les événements qui marquèrent l’avènement de la IIIe
République.
Les lois plus libérales de 1866 avaient favorisé un nouvel essor
politique. La fin de l’Empire connut une recrudescence de
l’opposition et une restructuration du parti républicain qui
entraîna une nouvelle liberté d’expression de la presse étouffée
sous le Second Empire par la censure.
A ses côtés, la caricature est une « arme politique » qui produit
son effet au premier regard. En février 1871, les Parisiens,
ulcérés par la défaite, subissent encore très durement les
conséquences du siège prussien. Isolés par rapport à une
majorité de Français qui se sont prononcés en faveur de la paix,
les Parisiens, très largement républicains, souhaitent la poursuite
des combats.
Parallèlement, en réaction contre l’Empire, la capitale pratique
une liberté de la presse et de réunion à peu près totale. D’où ce
rejet très vif qui se manifeste sans retenue à l’égard d’un homme
qui incarne la prudence et l’esprit de compromis de cette
monarchie de Juillet dont il a été l’un des principaux serviteurs. -
Allégorie de la Commune
représentant de bas
en haut : Louis-
Philippe, Napoléon III
et Thiers. Gravure
coloriée.
https://prezi.com/.../levolution-
F. Mathis: le couronnement de politique-de-la-france-1815-
l’édifice.1871. 1914/
La République est proclamée le 4 septembre1870 suite à la défaite de
Sedan.
L’Assemblée Nationale élue en février 1871est dominée par une
majorité de députés royalistes qui rêvent de restaurer la monarchie avec
pour président du Conseil Adolphe Thiers.
Le petit peuple de Paris se soulève et se révolte, en mars1871, mais la
répression menée par le gouvernement écrase rapidement les insurgés
de la Commune lors de la Semaine Sanglante du 21 au 28 mai.
Lois constitutionnelles de 1875
Crise du 16 mai 1877
Démission de Mac Mahon 1879
Trois lois
constitutionnelles viennent
organiser le régime
républicain :
la loi du 24 février 1875, sur
l'organisation du Sénat ;
la loi du 25 février 1875, sur
l'organisation des pouvoirs
publics ;
la loi du 16 juillet 1875, sur
les rapports entre les
pouvoirs publics.
L'amendement Wallon
consiste en cette phrase
« Le président de la
République est élu à la
majorité absolue des
suffrages par le Sénat et par
la Chambre des députés
réunis en Assemblée
nationale. Il est élu pour sept
ans. Il est rééligible.
Caricature de Cham parue dans "Le La IIIe République confie à son Père,
Charivari" du 13 Mars 1875- Henri Wallon le Père de la Constitution*
le portefeuille du Ministère de
Bibliothèque Nationale. l'Instruction Publique, des Beaux-Arts et
des Cultes. (Ministère BUFFET).
Mac Mahon et la crise institutionnelle. Caricature Gambetta, 2 décembre 1877.
gouvernement responsable devant chef Gouvernement responsable devant le
de l’Etat parlement qui l’investit.
Dessin humoristique
caricaturant la crise
parlementaire (la
légende indique
: Chaque fois qu'il
viendra à l'idée de
mettre le feu aux
poudres, regarder
avant qui est sur le
tonneau.),
Le Monde Illustré, N°
1082, 5 janvier 1878.
En 1875, les députés royalistes modérés se joignent aux républicains
pour voter les lois constitutionnelles qui donnent naissance à la 3°
république et mettent en place un régime parlementaire (régime où le
gouvernement est responsable devant l’Assemblée).
En 1876, les républicains deviennent alors majoritaires à la chambre des
députés , statuquo confirmé, après la crise du 16 mai 1877( Mac
Mahon: monarchiste, président de la République force Jules Simon
président du conseil et républicain à démissionner, le remplace par le
duc de Broglie orléaniste) et les élections législatives d’octobre 1877.
Enfin, à partir de 1879, les républicains sont majoritaires au Sénat,
entrainant La démission de Mac Mahon et l’élection de Jules Grévy à la
présidence de la République et Gambetta comme président de la
Chambre des députés.
Extension des libertés et des droits des français
Groupe 3
Trace écrite:
Les lois de 1881
Après la crise du 16 mai
1877, le caractère républicain
de la République s’affirme.
Les opportunistes au pouvoir
renforcent les libertés
publiques.
30 juin 1881 : la liberté de
réunion est établie et
l’autorisation préalable
supprimée.
29 juillet 1881 : la liberté de
la presse ; la nouvelle loi
supprime l’autorisation
préalable et la censure ;
seules quelques formalités
administratives subsistent
pour créer un journal :
déclaration et dépôt.
La presse dévoile certains
scandales qui vont secouer
les gouvernements en place.
en 1904 le Matin révèle
“l’affaire des fiches” c’est à
dire des fiches sur les
opinions politiques de ses
officiers dont disposait le
général André, ministre de la
guerre. certains officiers
étaient promus, d’autres au
placard.
==> le ministre et le
président du conseil Emile
Combes durent démissionner
en 1905.
Trace écrite:
En France, c'est la loi
Waldeck-
Rousseau de 1884 qui a
autorisé la création de
syndicats. Elle a abrogé la
loi Le Chapelier de 1791,
qui interdisait les
organisations ouvrières,
notamment
les corporations des
métiers, mais également les
rassemblements paysans et
ouvriers ainsi que le
compagnonnage.
Édouard Guillaumin, dit Pépin (1842- ?),
"Détournement de mineur", dans Le Grelot, 5
novembre 1893. Archives départementales du
Pas-de-Calais, 4 J 487/6.
Groupe 3
Au cours des années Dans le contexte
1880, le service particulier suivant la
militaire, obligatoire défaite de 1871 et de la
pour tous les citoyens préparation de la
depuis 1872, "Revanche", quatre lois
de recrutement vont se
bouleverse la société succéder entre 1872 et
française par le 1914, mettant en place
mélange des classes une organisation
sociales qui s’opère nouvelle qui va rythmer
dans les casernes. la vie des hommes de
l'époque.
Une formule de la 3° République
comme « l’Armée incarnation de la Trace écrite
Nation »
Les lois de recrutement :
La loi du 27 juillet 1872 met en place le
L'expression "service service militaire pour tous les Français, sans
militaire" ne doit pas être remplacement (auparavant un homme ayant
tiré un mauvais numéro pouvait payer
comprise comme une période quelqu'un qui en avait tiré un bon pour faire
pendant laquelle un homme le service sa place). Les bons numéros ne
est à la caserne mais comme font qu'un an, les autres cinq. Enseignants
et religieux sont dispensés.
l'ensemble des obligations
militaires d'un citoyen en - La loi du 15 juillet 1889 apporte plus
d'égalité : le service actif est réduit à trois
vertu d'une loi de ans, sauf pour les bons numéros au tirage
recrutement. Ce service dure au sort et les hommes faisant valoir un bon
plus de 20 ans et se divise en motif de dispense qui ne font qu'un an.
quatre étapes : - La loi du 21 mars 1905 supprime le tirage
- Armée d'active au sort et instaure le service actif universel
de deux ans.
- Réserve de l'armée d'active
- La loi du 7 août 1913 ne fait que modifier
- Armée territoriale certaines parties de la loi de 1905, en
- Réserve de l'armée particulier la durée du service actif qui
passe à trois ans pour tous.
territoriale
Montrant le sénateur
radical Clemenceau et le
président de la
République Poincaré réco
nciliés dans un soutien
commun à la loi des trois
ans. La légende de
la caricature complète,
titrée Embrassons-nous,
Folleville, dit : « Oublions
le passé… Embrassons-
nous, veux-tu ? ».
Extrait d'une caricature de L'Humanité
publiée le 27 mai 1913
Sur la loi des 3 ans.
représentation du
général Albert
d'Amade, qui s’était
« illustré » comme
sanguinaire au Maroc.
Caricature 1908 de Delannoy
dans les Hommes du jour.
Aristide Delannoy est
condamné à un an de
prison et à 3 000 francs
d’amende, une somme
considérable à l'époque,
pour avoir, dans Les
Hommes du jour,
représenté le général Albert
d'Amade, qui s’était
« illustré » comme
sanguinaire au Maroc. Il est
soutenu ici, entre autres par
ses confrères dans un
numéro spécial
de L'Assiette au beurre.
Le 8 mai 1909, l’Assiette au beurre avait édité
un numéro spécial de soutien au caricaturiste
Delannoy titré "Les artistes sont des gens
qui…", qui précise que :
Dans les années 1880, la 3° République vote des lois
qui étendent les libertés et les droits des français:
1881: liberté de réunion et d’expression (lois sur la
presse)
1884: droit syndical
1901: droit d’association
1905-1911:Loi sur le service militaire
1914: impôt sur le revenu
Municipales 1884 et législatives
groupes 4
Les principales dispositions de la loi de 1884
sont :
l’élection au suffrage universel du conseil
municipal qui est désigné pour une durée de 4
ans et est renouvelable intégralement (en 1929,
la durée du mandat municipal est portée à 6 ans)
l’élection du maire par le conseil municipal (sauf
à Paris), ce qui fait du maire le premier
représentant de la commune
la tutelle du préfet, à la fois sur le maire et sur
les actes de la commune
La presse relate dans de
nombreux articles le combat du
préfet de police avec le Conseil
municipal de Paris. Ils ont pour
guides Henri Thulié suivi de
Léopold Cernesson les deux
présidents du conseil municipal
qui de février 1880 au 8 janvier
1881 se sont succédé... tout le
monde essaie de sauver les
meubles.
Le préfet de police est nommé
par le Ministère de l'intérieur,
donc non responsable devant les
conseillers mais comme le
budget de la police dépend du
conseil municipal
Dans une caricature parue dans Le Monde
Parisien du 01-08-1881, Andrieux et le Préfet
de la Seine Ferdinand Hérold regardent d'un Le cas de Paris
œil peu chaleureux les conseillers municipaux
en fin de mandat partir se soumettre à
l'élection
La vie démocratique s‘impose grâce a des élections
législatives et municipales régulières.
En1884,c’est l’élection du conseil municipal qui ensuite
désigne le Maire.
L’école de Jules Ferry
groupes 4
Contrairement à ce que l’on peut : le classement des élèves, par
croire, les grandes lois scolaires exemple, était une hiérarchie
de 1881 et 1882 ne bouleversent pas perçue comme légitime, celle de
la scolarisation et la gratuité. Comme l’effort, du mérite et de la valeur.
l’explique Mona Ozouf : “En 1880, la
grande majorité des enfants La sélection paraît à Ferry,
fréquentait déjà l’école, mais par comme aux parents d’élèves,
intermittence. Rendre cette une idée progressiste.
fréquentation régulière nécessitait de Quant à la gratuité, elle
recourir à la contrainte de aussi était assez largement
l’obligation. Celle-ci s’accompagnait acquise. En 1880, les deux tiers
d’une discipline stricte à l’école : des élèves du primaire en
respect des horaires, des
programmes, du règlement. La bénéficiaient déjà. Mais sa
pédagogie, unifiée d’un bout à généralisation donne à Ferry
l’autre du pays, était autoritaire, mais l’assurance de mêler sur les
les normes, fixées sans états d’âme, bancs de la classe ceux qui, lors
étaient alors soutenues par du service militaire, seront,
l’ensemble de la société explique-t-il, « mêlés sous les
drapeaux de la patrie”.
Jules Ferry en maitre « L’enseignement clérical. Le
décervellement des enfants martyrs ».
d’école. Dessin d’asheverus pour la couverture
de la revue Les corbeaux 1° décembre
1907.
L’école reçoit pour mission d’éduquer et de diffuser les
valeurs de la République. Celle-ci doit devenir le pilier de
la République avec pour mission d’instruire d’éduquer les
futurs citoyens en mettant en avant les valeurs les idéaux
républicains.
Les lois Jules Ferry de 1881-1882 instaurent un
enseignement gratuit, laïc et obligatoire pour tous les
enfants de 6 à 13 ans. L’école joue alors un rôle essentiel
dans l’attachement croissant des français à la République.
Symboles 3° République
Groupe 2
Cependant la troisième république est à la fois
l'âge d'or du régime républicain et « l'un des
régimes les plus critiqués de l'histoire de France.
En établissant en 1881, la liberté de la presse,
elle ouvre les vannes à tous les réquisitoires et à
toutes les caricatures de son image symbolique...
Elle réussit à se faire « traiter » de révolutionnaire
par les conservateurs et les catholiques et de
bourgeoise par le mouvement ouvrier. »
Ce fait historique nous rappelle que la
démocratie se nourrit et se vit par la multiplicité
des opinions qui se confrontent dans la
recherche toujours à renouveler du consensus.
Caricature anti-
républicaine, Marianne
est représentée,
grosse, vulgaire et
corrompue qui verse
des pots de vin et
remet des médailles
aux affairistes (fin du
XIXème siècle).
Caricature extraite de Maurice
Agulhon, Marianne les visages de la Groupe 2
République.1992
La 3° république se dote de symboles pour affirmer son identité
nationale:
La Marseillaise devient l’hymne national en 1879
Le 14 juillet devient fête nationale en 1880
Le buste de Marianne s’installe dans toutes les mairies
Scandales politico financiers
Boulangisme
L’anarchisme et les « lois scélérates »
groupe1
Poursuites contre Ferdinand de Lesseps Caricature de 1887 évoquant l'affaire du trafic
et les autres responsables de la faillite de décorations. Wilson est représenté au
de la Compagnie du canal de Panama. centre, distribuant de l'argent à Rouvier, à sa
Caricature de Claude Guillaumin parue droite. La légende indique "Bon appétit,
dans Le Grelot, 27 novembre 1892. messieurs... Ô ministres intègres. ."
L’explosion du phénomène boulangiste, aussi
violente que brève (1887-1889), met à l’épreuve la
république dans son principe de représentation
populaire.
Plébiscité par les électeurs de la France entière, l’ex-
général Boulanger, ancien ministre de la Guerre,
incarne l’homme providentiel pour des mouvances
antiparlementaires extrêmes, de gauche comme de
droite.
Cette crise révèle les profondes tensions internes
d’une France qui s’interroge sur son rôle dans le
monde et d’une société qui peine à se structurer
politiquement.
Le succès de Boulanger indique surtout que la
dimension personnelle du pouvoir – alimentée par les
exemples des monarques et des empereurs –
demeure une valeur dominante aux débuts de l’ère
démocratique.
Les réformes du général Boulanger, « Boulanger Ier, empereur ».
caricature publiée dans Le Grelot, Caricature du « Grelot », 29 mai
vers 1886. 1897
Le général Boulanger à l’assaut de Dessin humoristique du général Boulanger « à
la barbe blonde, aux yeux bleus », faisant
la Bastille parlementaire ». Affiche référence à son habitude de parader à cheval
de propagande boulangiste, 1897 noir
La « charge » dessinée par Gabriel
Roques n’a pas pu être datée avec
certitude.
Elle s’inscrit toutefois dans le
contexte iconographique chargé de
Boulanger comme dans la tradition
(détournée) de la représentation
des chefs militaires.
La statue équestre de
l’imperator romain, puis du roi de
France, les images d’Épinal qui
détaillaient à l’envi les multiples
uniformes de l’armée impériale,
sont familières à l’œil du public.
Mais ici, Boulanger est en costume
civil, seul sur le fond blanc : c’est
un militaire sans armée. Sa coiffe,
un modeste calot sans attribut,
symbolise sans doute la confusion
politique qui règne dans le camp
boulangiste.
L’image même sous-entend que
Boulanger n’est qu’image : Roques
participe à la défense républicaine
mise en place dès 1888.
Titre : Portrait-charge du Général
Boulanger.
Auteur : Gabriel ROQUES
Lieu de Conservation : Musée national
du Château de Compiègne (Compiègne)
Analyse de l’image
Les « lois scélérates » sont
votées à la suite de
nombreux
attentats anarchistes sur le
territoire français.
Le 9 décembre
1893, Auguste Vaillant lance
une bombe de la tribune à la
chambre des députés, puis le
24 juin 1894 le président de
la République Sadi Carnot est
assassiné à Lyon par un
jeune anarchiste italien Sante
Geronimo Caserio.
Dessin de Steinlen, Le Chambard Dessin de Steinlen est publié dans
socialiste n°28, 23/6/1894 le Chambard 23 du 19 mai 1894
Anti dreyfusardes
Dreyfusardes
Le dessin de Zola
évoque une posture
scatologique la carte
de France et qu’il est
assis, dans une auge,
sur une pile de
quelques uns de ses
romans
Titre : Le Roi des porcs (Planche n°4 de
la série Le Musée des Horreurs).
Auteur : Victor LENEPVEU
analyse
Date de création : 1900
Lieu de conservation musée de l’armée
Sur la deuxième carte
postale, Dreyfus est la tête
principale d’un serpent. Cet
animal représente dans la
tradition chrétienne le
pêché : il est donc un agent
du malin, sa culpabilité
malgré la grâce présidentielle
ne fait aucun doute. Cette
créature symbolise un danger
multiple. Pour le combattre, il
ne faut pas hésiter à
employer la violence comme
le suggère l’épée plantée
dans sa queue.
Titre : Le Traître (Planche n°6 de la série
Le Musée des Horreurs).
Auteur : Victor LENEPVEU
Analyse
Date de création : 1900
Lieu de conservation musée de l’Armée
Caricature de Léandre
« Dernière phase de l'affaire Dreyfus », caricature
de Johann Braakensiek, paru dans Weekland voor
Nederland du 11 juin 1899.
Un dîner en famille, dessin de
Caran d'Ache dans le Figaro du 14
février 1898.
En juin 1903, une commission
parlementaire spéciale de trente-
trois membres, chargée d'étudier les
propositions de loi relatives à la
séparation des Eglises et de l'Etat, est
mise en place à la Chambre des
députés. Aristide Briand, député de
la Loire depuis l'année précédente,
est élu rapporteur provisoire (1903)
puis rapporteur définitif (1904). Le
député de Saint-Etienne est chargé
de guider les travaux d'une
commission séparatiste dépôt du
rapport parlementaire le 5 mars
1905.
Aristide Briand présenta un travail
solide qui allait servir de fondement
à la discussion parlementaire.
Le 6 décembre 19 05, le Sénat vota
sans modifications le texte transmis,
par 181 voix contre 102.
La loi fut promulguée trois jours plus
tard.
Caricature parue dans Le Rire 20 mai 1905.
L'homme au milieu est Jean-Baptiste
Bienvenu-Martin, ministre de l'Instruction
publique du cabinet Rouvier.
Emile Combes est déjà en action. Sa francisque s’apprête
à trancher le nœud gordien (central) aux robustes
entrelacs forgés par des siècles d’histoire.
Fort réjoui, Voltaire lui donne la force nécessaire.
Nouveau " Dieu " dont la pureté laïque et franc-maçonne
ne saurait être mise en doute, le philosophe des
Lumières envoie ses rayons bénéfiques à l’exécuteur.
La République est consentante. Figurée en " Marianne de
petite vertu ", elle s’efforce de tendre la corde et s’attend
à la séparation tout en continuant à s’interroger et en
hésitant à la regarder vraiment en face.
L’Eglise, représentée par le pape, continue d’être
surveillée de près par Emile Combes. Fort mécontente de
l’opération, elle subit, incapable d’apprécier la situation
à sa juste valeur.
Au premier plan, à terre, tranchant avec la surface bien
dégagée sur laquelle se déroule l’action, un moine
grassouillet au nez rouge (un chartreux ?) cuve son vin,
une bouteille pleine dans les bras, une croix dans la
main (croix sur laquelle un verre est gravé…).
Une fois le nœud tranché, la République ne reconnaîtra,
ne salariera, ne subventionnera plus aucun culte. Mais
elle assurera la liberté de conscience et garantira le «
libre exercice des cultes », comme le mentionneront les
Titre : La Séparation de l'Eglise et de l'Etat.
deux premiers articles de la loi promulguée le 9
Auteur : ANONYME décembre 1905
Date de création : 1904
Date représentée : 1905
Musée jean Jaurès de Castres.
Une allégorie riche en symboles
La République se renforce en surmontant différentes crises politiques.
Le Boulangisme(1889-1891) regroupe autour du général Boulanger, les opposants et
les déçus du régime parlementaire et sa popularité fait craindre un coup d’Etat.
L’anarchisme(1892-1904) se manifeste par des attentats comme celui du président de
la République Sadi Carnot en 1894.
L’affaire Dreyfus(1894-1906) porte atteinte aux valeurs de la République et divise
profondément les français.
En 1905, la République affirme sa laïcité en faisant voter la loi de séparation de l’Eglise
et de l’Etat.
Même si après 1905 la République est ancrée, les crises sociales, économiques et
diplomatiques contrarient la dynamique républicaine jusqu’en 1914.
Livret avec:
- hommes et femmes de la 3°
république : Jules Ferry, Léon
Gambetta, Emile Combes, Jean
Jaurès...
- vocabulaire d’élection :
suffrage universel, vote,
constitution...
- Vocabulaire régime politique :
Nation, République, démocratie,
citoyenneté, Etat.