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Géomorphologie Côtière du Gabon

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Géomorphologie du trait de côte du Gabon -)

Chapter · January 2017

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Zephirin Menie Ovono


Ecole Normale Supérieure de Libreville, Gabon
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Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon
Zéphirin MENIE OVONO
Géomorphologue, École Normale Supérieure (ENS), Libreville

Les côtes gabonaises représentent environ 950 ki- dépôts paraliques vers
lomètres de linéaire côtier et s’étendent de l’estuaire le large au cours de la
du Mouni au nord à la lagune Mekoundji à l’ex- mise en place du bassin
trême sud du pays. Le trait de côte délimite la par- sédimentaire (Hourcq,
tie marine du bassin sédimentaire avec le continent 1966). Ainsi, le paral-
émergé. Sa physionomie varie de par sa nature et sa lélisme des dépôts et la
forme d’un secteur de côte à un autre. Au premier trajectoire actuelle du
plan, le littoral exondé se démarque par sa prograda- trait de côte font que
tion en forme de pyramide à travers une vaste plate- ce dernier les traverse
forme entraînant un trait de côte orienté nord-est/ aussi bien dans sa par-
sud-ouest, puis nord-ouest/sud-est avec un point tie septentrionale que
d’inflexion au niveau du Cap Lopez. méridionale.
L’explication du tracé actuel s’explique d’une part Les nombreux caps,
sur la structure géologique et sur les oscillations du pointes, dépressions et
niveau marin du Pléistocène au quaternaire récent, et, beach-rocks observés sur
d’autre part, par les facteurs météo-marins actuels et les plages témoignent Photo 1 - La Pointe
les actions anthropiques contemporaines. de la marque de la structure géologique sur le tracé
Ngombé, vue du large
(ph. P. Bordais, 2016,
La physionomie des côtes gabonaises et la dyna- de cette côte. Les principaux faciès (grès, argiles, cal- http://pascaletbeaauga-
mique de son trait de côte ont été l’objet de plusieurs caires marneux, calcaires gréseux, marnes et marnes bon.blogspot.fr)

études réalisées par différents auteurs (voir bibliogra- gréseuses) affleurent à la côte. Ces lithofaciès détri- Au niveau de l’estran on
observe la masse noirâtre
phie en fin de chapitre). Ces initiatives restent tout tiques déterminent aussi une côte fragmentée (Mom- de basalte mis à nu par le
de même sectorielles pour la plupart, de telle sorte bo, 1991), justifiant les nombreux promontoires dans mouvement des vagues.
les formations dures et les rentrants dans les roches L’affleurement est couvert
qu’une synthèse de ces différents travaux permet de dans sa partie supérieure
cerner les grands traits morphologiques et les enjeux meubles. L’exemple patent de ces affleurements le long par une couche latéritique
liés à la dynamique de ce rivage. de cette côte est l’intrusion volcanique basique d’un jaunâtre tapissée par une
couverture herbeuse. À
basanitoïde à olivine (Sénonien), qui s’exprime par son sommet se dresse un
Géomorphologie du trait de côte une pointe de 40 mètres d’altitude dite de « Ngombé » phare.
(photo 1).
Les formes héritées de la mise en place La marge continentale du Gabon a été formée par
du bassin sédimentaire côtier distension et affaissement subséquent des continents
La lithologie du trait de côte est constituée de for- africain et sud-américain. Les seuls accidents consta-
mations sédimentaires post-paléozoïques à épisodes tés sont ceux en lien avec la tectonique du socle lors de
évaporitiques en discordance sur le socle. Le tracé l’ouverture de l’océan Atlantique et cela a fortement
actuel s’est construit par une avancée régulière des impacté la physionomie du littoral, d’abord par une

105
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

Cocobeach activité tectonique intense (Aptien Moyen à Supérieur) et


ensuite par des mouvements généraux de subsidence suivant
ng
Fa

des bandes parallèles (fin du Crétacé). Ces accidents géolo-


re
tu
ac

Libreville giques sont à l’origine de nombreuses ruptures du trait de


fr
de

F le

côte empruntées actuellement par le réseau hydrographique


BASSIN NORD

ne

xu
Zo

littoral et la segmentation du bassin côtier en deux sous-bas-


re
Atl

sins nord et sud. Cette structuration est matérialisée par la


an
tiq

présence des faisceaux Fangs et Nkomi (fig. 1).


ue

Horst de Le tracé du rivage septentrional est affecté par les failles


Lambaréné
Port-Gentil Lambaréné longitudinales orientées sud-est/nord-ouest ainsi que des
failles inverses de direction nord-est/sud-ouest. Ces frac-
Compartiments du bassin
tures orientent également le réseau hydrographique, ainsi
Omboué
sédimentaire côtier l’estuaire du Komo est situé dans un fossé d’effondrement
tectonique, tandis que les estuaires de la Mondah et du
i
m

o bassin atlantique
Nk occidental
re
du Mouni seraient plutôt logés dans l’axe d’un important effon-
bassin atlantique
ctu immergé émergé drement de failles transverses (Mombo, 1991). Au centre et
fra oriental
e
ed dans la partie méridionale du littoral, on observe des fais-
Zon bassin intérieur
intrusion du socle cristallin ceaux de failles sud-ouest/nord-est qui guident le réseau
(horst de Lambaréné) hydrographique et permettent une sédimentation paralique
BASSIN SUD

Gamba
du littoral et des fonds marins allant de l’Albien (avec la
Tectonique
série de Madiéla) au Pléistocène (série Akosso qui affleure
Fle

flexure
autour de la lagune Banio). Cette situation a eu pour consé-
xu

e
A tl
r

faille
an quence la mise en place d’un système deltaïque au centre
tiq
ue
Mayumba ville principale et un système lagunaire à l’extrême sud. Les sédiments ne
N sont pas tous carbonatés, une partie est composée de grès et
sables continentaux comme la série des Cirques d’âge Plio-
0 50 100 km
Pléistocène (Lebigre, 1983). Ces unités sédimentaires seront
ensuite recouvertes par les formations quaternaires d’origine
d’après Teisserenc et Villemin, 1990 Z. MENIE OVONO, S. CHARRIER marine et continentale.

Figure 1 - Schéma structural du bassin sédimentaire côtier gabonais du Dévonien au Miocène La morphologie du plateau continental
L’évolution du bassin sédimentaire a abouti à la mise en place dans la partie émergée et son influence sur le tracé du rivage
actuelle de deux bassins sédimentaires séparés par le horst de Lambaréné de direction
nord-ouest/sud-est : le bassin intérieur (environ 10 000 km²) et le bassin atlantique (environ La connaissance des irrégularités de relief du plateau
40 000 km²) lui-même divisé par la flexure atlantique en deux domaines ouest et est. La
zone de fracture océanique Nkomi distingue un domaine nord avec un domaine sud.
continental est nécessaire pour comprendre les anomalies
apparentes du tracé des littoraux sableux (Pinot, 1980). La

106
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

PtePteM’Bini
M’Bini
Mouni GUINÉE ÉQUATORIALE
Pte Cocobeach
plateforme continentale du Gabon (fig. 2) porte la marque BAIE DE
Cocobeach
CORISCO Bathymétrie
de flexures et de subsidences en fond de géosynclinal due à Pte Akanda (en m)

200
100

Mond
une surcharge sédimentaire. Cet espace est compris entre la Cap Estérias 0

ah
Cap
limite supérieure de l’estran et la rupture de pente marquée Santa Clara 10
LIBREVILLE plateau
Pte Pongara 30
par l’isobathes -100 mètres correspondant à l’ancienne ligne tu a
Pte
Owendo o continental
50

Es
Pte Ngombé ire

Kom
de rivage. L’étendue marine laisse apparaître une structura- du K
omo 100
Pte Kenguérié Kango
tion en deux unités, séparées l’une de l’autre par le canyon 200
talus
Pte Nyonié continental
du Cap Lopez. La largeur moyenne du plateau continental m boué 500

Ra
Pte Ekouata plaine
oscille entre 15 et 50 km avec une pente moyenne de 0,2 % abyssale
Pte Tambinione
(voir chapitre 3 du présent ouvrage). Cette situation favorise

oué
Cap Pte Wézé Lac Azingo Og o
une forte érosion côtière et un transit littoral important. Lopez Pte Fétiche
BAIE DU Lambaréné
Lambaréné
CAP LOPEZ
La pointe du Cap Lopez marque le point de rencontre entre

Ng
ou
Lac Mandjé Canyon

nié
les eaux chaudes du courant de Guinée et les eaux froides Port- sous-marin
Gentil
du courant de Benguela. Le canyon du Cap Lopez (fig. 3) Lac Avanga
Lac Ezanga lac et
constitue un des pièges à sédiments provenant des fleuves Lac Anengué Lac Onangué lagune fleuve et
rivière
Congo, Kouilou, Nyanga et Ogooué justifiant ainsi la pro- Lagune
gradation asymétrique de la partie sud du plateau continen- Nkomi Hydrographie
tal au détriment de la partie nord. Une cinétique régressive Omboué
Rembo Nk
om i
du trait de côte est observée à la tête de ces canyons (Menie limite d’État ville principale
Pte Iguéga
Ovono, 2010). Lagune
Iguéla
Pte Sainte Bassin sédimentaire
Le plateau continental est marqué par plusieurs entailles Catherine
côtier
dont le réseau le plus dense est organisé autour de la région
Lagune
dite des « canyons du Cap Lopez » (Giresse, 1969). Ces entailles Ndogo
Pte Komandji
perpendiculaires au trait de côte sont connectées aux chenaux N
des fleuves côtiers à partir de l’isobathe -20 mètres (voir cha- Pte Pédras
Lac
Mandjé
pitre 3 du présent ouvrage). L’essentiel du budget sédimen- Gamba
0 25 50 km
taire du littoral du Gabon est géré à cet endroit. La surface OCÉAN
10
0
Ny a

a
20

ng
0
du plateau continental est caractérisée par deux traits prin- ATLANTIQUE
cipaux : d’abord une sédimentation sablo-vaseuse dominée Pte Panga
par le sable de divers calibres à l’exception des embouchures Mayumba
Lag
où la vase domine, ensuite une présence des affleurements Pte Kouango
un
eB
an
io
rocheux à travers l’ensemble du plancher océanique. Ces af-
Pte Banda
fleurements se retrouvent souvent dans le prolongement des Source : données bathymétriques SHOM (correction 2013)
CONGO
Z. MENIE OVONO, S. CHARRIER
pointes rocheuses (Mounganga, 2001), et constituent le subs- Pte Tchibodo

tratum des cordons sableux, des beach-rocks des plages qui Figure 2 - Bathymétrie de la plateforme continentale du Gabon
impactent considérablement le tracé du trait de côte. Le talus continental se situe entre 100 et 200 mètres. On note une organisation en deux
compartiments avec comme ligne de partage le Cap Lopez. L’architecture du plateau
continental se distingue par la présence au sud du Cap Lopez des canyons de la rampe de
l’Ogooué (Biscara, 2011) reliés par un complexe de chenaux-levées.
107
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

Cap Lopez

Bathymétrie Terminal pétrolier


(en m) Pointe Odden du Cap Lopez
2 - la régression Ogolienne (de
5 22 000 à 16 000 avant
12
J.-C.). Le niveau de
20
28 Pointe Renard l’océan Atlantique était à
N

35
Pointe du Phare -120 mètres par rapport
42 à la position actuelle.
50
57
On assiste au façonnement
Axe du canyon
65 des vallées sous-marines à l’exemple du canyon
Campagne bathymétrique
du Cap Lopez. L’estuaire du Gabon à cette époque
(ELF Gabon, 1995) n’était qu’une vaste vallée traversée par un cours d’eau
Triangulation (x, y, z) réalisée
par Z. MENIE OVONO (2010)
© LETG-Nantes Géolittomer, UMR 6554 CNRS
ancêtre du Komo actuel (Lebigre, 1983) ;
Figure 3 - Vue en perspective du - la transgression Nouakchotienne ou Holocène (de
canyon du Cap Lopez
Les variations eustatiques pendant le 8 000 à 5 000 avant J.-C.). On assiste à une remon-
Il se positionne perpendiculai-
quaternaire et leurs conséquences sur tée du volume d’eau des océans jusqu’à atteindre le
rement au trait de côte entre
la Pointe du Phare et la Pointe le tracé actuel du rivage niveau actuel vers 5 000 avant J.-C. (Clist, 1995) ;
Renard. Ce canyon constitue
un piège pour le transit littoral Le niveau marin a fluctué depuis le début du quater- - la régression Taffolienne (de 3 000 avant J.-C.
sud-nord et conditionne la naire. Les données et les courbes relatives au contexte à l’actuel) est une légère baisse du niveau marin de
croissance du crochet terminal
gabonais ont fait l’objet de publications scientifiques quelques centimètres par rapport au niveau actuel,
de la flèche Mandji. Le plateau
continental est entaillé par dont les plus pertinentes sont celles de Giresse (1969, elle est à l’origine de la formation des cordons sableux
plusieurs vallées sous-marines 1984, 1990) et de Clist (1995), qui ont reconstitué parallèles au trait de côte (Lebigre, 1983).
disposées est-ouest (Menie
Ovono, 2010). les variations eustatiques et leurs conséquences sur la Les datations des paléo-positions du rivage ré-
morphologie du trait de côte actuel. vèlent que le trait de côte vers 16 000 avant J.- C.
Les données traitant les positions occupées par le était à 55 kilomètres à l’ouest de Cocobeach, à
trait de côte pendant le quaternaire récent, au niveau 60 kilomètres à l’ouest de Libreville, à 16 kilomètres
du Gabon, ne vont pas au-delà des 15 000 ans avant à l’ouest de Port-Gentil et enfin, à 78 kilomètres à
J.-C. La période précédente, c’est-à-dire entre 40 000 l’ouest de Mayumba. À noter aussi que les îles Elo-
et 20 000 avant J.-C. (transgression Inchirienne) est bey ont été séparées du continent vers 5 000 avant
quasi la même sur l’ensemble du golfe de Guinée. J.-C. et que l’île de Corisco était encore rattachée au
continent près du Cap Estérias à peu près à la même
Quatre événements sont retenus dans le cadre de époque (Mombo, 1991). Ces paléo-fluctuations du
cette dynamique de l’océan Atlantique : niveau marin ont pour conséquence la sédimenta-
- la transgression Inchirienne (de 40 000 à 30 000 tion Holocène estuarienne, le colmatage des dépres-
avant J.-C.). Le trait de côte se situait entre -35 et sions littorales, l’ennoiement en rias et la mise en
-47 mètres par rapport à la position actuelle (Clist, place des marais à mangroves. Les paléo-environne-
1995) ; ments constituent des témoins morphologiques des

108
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

épandages sableux de cet épisode de variations ma- à mangrove, pointes ou caps et falaises y alternent
rines. Il s’agit entre autre des « sablières » du nord de avec des plages sableuses adossées sur des cordons
Libreville, les sables du Cap Estérias et les accumula- quaternaires. Le littoral va de Cocobeach à la Pointe
tions sableuses au sud de Cocobeach (Mombo, Ngombé, distant de 100 kilomètres environ. C’est
1991). la province administrative de l’Estuaire.
On observe un trait de
Compartimentation Cap Estérias

des côtes gabonaises


BAIE DE LA
La compartimentation proposée prend MONDAH Atem No Ayong
en compte les critères génétiques et mor-
phologiques des côtes. Les critères géné- Nzog Bour
tiques distinguent une côte primaire Cap
d’une côte secondaire (Shepard, 1963). Santa Clara ville
LIBREVILLE Akok
Les côtes primaires dans le contexte du village
Pointe Pongara
littoral du Gabon sont héritières de la
mise en place du bassin sédimentaire, Nkok Méba
des processus d’érosions continen- Nkolotang
ES

Owendo
tales qui se sont succédés pendant
TU

Pointe
AI

l’Holocène. À cette classification Ngombé Ntoum


RE

D
des côtes primaires on adjoint les U
KO Etaméyong
critères morphologiques de pay- MO
sages d’embouchures (Moun-
Donguila
ganga, 2001). Cette dernière
se fonde sur la description de
N
la morphologie des embou- Figure 4 - Vue du littoral à
rias du Gabon
chures pendant leurs diffé-
Nzamaligue Du Nord vers le Sud se
rents stades d’évolution. Les NASA Land dressent successivement
sat Progra
côtes gabonaises sont ainsi m, 1990,
Lansat TM
, scene p1
86r060_4
Nfoulazem les rias de la Mondah
segmentées en trois systèmes t900207,
orthorectifi
é par USGS
, 07/02/19
et du Komo. De très
90, traiteme 0 nombreuses entailles du
littoraux : estuarien septentrional, del- nt image
composite
6 bandes
5 10 km trait de côte ont permis le
. Compos
taïque médian, et lagunaire méridional. ition color
ée bandes
: 5-4-3 développement de vastes
Z. MENIE
côte fragmenté par OVONO vallées fluviales envahies
Le littoral septentrional à rias par l’eau océanique et
un réseau hydrographique dense, orienté ceinturées par des marais
C’est le domaine des rias : Mouni, Mondah, Komo perpendiculairement au rivage et par de grandes inci- à mangrove.
(fig. 4). Le long de la côte, les affleurements rocheux sions structurales colmatées à la suite de variations
sont très fréquents. Milieu par excellence des vasières eustatiques Holocène par des alluvions et colluvions.

109
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

0 10 km

Trois vastes vallées fluviales se distinguent : l’estuaire du Komo, de la Mondah


et du Mouni. La baie du Mouni se situe à l’extrémité nord du littoral, à la fron-
tière avec la Guinée Équatoriale. Découverte pour la première fois par les portugais
en 1472, cet estuaire ne prit son nom actuel que lors de l’arrivée des espagnols
en 1856. Plusieurs cours d’eau aboutissent dans la baie du Mouni par des petites
embouchures de fond de baie. Ces cours d’eau influencent la dynamique hydrosé-
dimentaire de la baie.
La ria est bordée par un ensemble de mangroves à Rhizophora Racemosa qui laisse
en amont une forêt inondée. La mangrove occupe une superficie de 108 km² (Ondo
Assoumou, 2011). Ce paysage est segmenté par des caps qui aboutissent directe-
ment dans l’estuaire. La ville de Cocobeach occupe la rive gauche de l’estuaire sur
un linéaire de 18 kilomètres environ.
La baie de la Mondah se situe au nord-est de Libreville (fig. 5). Elle est séparée
Source : U.S. National Geospatial-Intelligence Agency,
Sheet NA 32-15 Libreville, Gabon ; Equatorial Guinea, 1975)
à l’ouest de ladite localité par un cordon fossile sur lequel est construit l’aéro-
port international Léon Mba et au sud par un liseré de terre à Nkok. La baie se
Figure 5 - La baie de la Mondah déploie sur un substrat géologique d’âge Crétacé où calcaires et grès forment des
Extrait de la carte topographique strates peu épaisses entre lesquelles s’intercalent marnes et argiles (Lebigre, 1983).
de l’US National Geospatial-Intelii-
gence Agency datant de 1975.
La mangrove occupe une superficie exceptionnelle de près de 350 km² (Ondo
Assoumou, 2011) encerclant la baie. Les cours d’eau qui se jettent dans la baie
sont de petites tailles avec un bassin hydrographique estimé par Lebigre (1983) à
1 200 km² de superficie avec un module brut de seulement 74 m³/s.
L’estuaire du Komo ou estuaire du Gabon, ancienne appellation (fig. 6) liée à
l’histoire de sa découverte le 12 août 1472 par des navigateurs portugais en prove-
nance de Sao Tomé, décrit une embouchure en forme de caban marin « Gabao ».
Point de départ de la colonisation française, l’embouchure va laisser son nom à
l’ensemble du pays : Gabon.
L’estuaire est l’exutoire du fleuve Komo qui prend sa source au pied du mont
de « Cristal ». Il représente un bassin versant de 5 000 km² pour un module brut
de 160 m³/s. L’estuaire s’est développé pendant les transgressions quaternaires, le
long d’un faisceau de failles orientées sud-est/nord-ouest qui hachent cette partie
du bassin sédimentaire (Lebigre, 1984 - fig. 1). L’estuaire du Komo est entouré
par une ceinture de mangrove de près de 1 000 km² répartie tout au long des rives
du fleuve et de ses nombreux affluents. La marée semi-diurne contribue beaucoup
à l’extension de la vasière, car son influence pendant le jusant s’étant à plus de
Figure 6 - L’estuaire du Gabon 120 kilomètres loin en amont.
Extrait de l'encyclopédie " la Grande géographie Bong illustrée "
(Reclus, 1914).
110
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

Les apports alluvionnaires du bassin hydrogra- marquants l’existence au Paléocène d’une vaste baie
phique expliquent la présence des îles « Conniquet » dérivant d’une transgression marine. Le delta a col-
et des « Cailloux » qui émergent au large du port maté cet estuaire d’abord dans sa partie médiane,
d’Owendo. expliquant ainsi la présence actuelle de plusieurs lacs
La ville de Libreville, capitale politique du Gabon résiduels : Onangué, Azingo, Nyongé, Anengué. Au
marque une emprise spatiale sur la rive droite qui départ delta de fond de baie, sa morphogenèse a pro-
s’étend de la Pointe d’Owendo au Cap Santa Clara. gressivement dépassé le cadre initial pour
Cap Lopez s’étendre en
Le littoral deltaïque du centre-ouest BAIE DU
Delta mar
in
CAP LOPE
Z
Le domaine deltaïque s’étend de la région des Port-Gentil
cirques du Bam-Bam à la lagune Nkomi, ce

Île Ma
Mporaloko
Marais maritime Delta intérie
qui représente un linéaire côtier de plus de ur

ndji
de N’kondjo Plateau de
200 kilomètres. Le littoral du Gabon, dans Ntchengué Wonga Wongué

Ani m b a
jo
cette partie médiane, a développé un vaste

o nd
Plaine k

N’
delta de 5 100 km². En Afrique, le delta de Mandorové Loanda
l’Ogooué occupe le 4e rang après les deltas Ozori Lac Alombié
Ngola
du Niger (19 000 km²), de l’Okavango Ngoumbi
Enyonga Yombé
(18 000 km²) et du Nil (12 000 km²).
OCÉAN Ogoo u é Lac
Le delta s’est construit à l’exutoire ATLANTIQ
UE
Plaine Lac Mandje Ogonié
Figure 7 - Vue
Inguéssi
du fleuve Ogooué (fig. 7). C’est le satellitaire du
Marais Nkengué littoral deltaïque
fleuve le plus important du fait de é Lac Anengué
ni

N
l’étendue de son bassin hydrogra-
lu

po
lué

0 10 20 km M Ad
e Système mor-

phique de près de 215 000 km², NASA Landsat ville phosédimentaire


Program, 2001, Lan
avec un module brut à la station dsat ETM+, sce
ne p186r061_
7t20010731, orth village hybride d’une double
orectifié par Ear influence de l’océan
de Lambaréné de 4 730 m³/s thSat, 31/07/200
1, traitements
image compos Z. MENIE OVON Atlantique et du fleuve
ite 6 bandes. O
(Lebigre, 1983). Composition
colorée bandes
: 5-4-3 Ogooué. Le marais de
N’kondjo représente le
Le comblement d’un tel appareil a impacté toute pleine mer. Le delta actif.
la région centrale du littoral du Gabon à tel point comblement du delta s’est fait d’abord
que le delta intérieur s’étire à plus de 200 kilomètres vers le Sud au niveau de la lagune Nkomi, puis s’est
en aval de Lambaréné. La morphogenèse du delta ensuite déporté vers le Nord où il est encore actif.
n’est pas encore totalement élucidée. D’après Lebigre La sédimentation est encadrée au contact de la mer
(1983), un paléodelta d’âge Crétacé a été décou- par un imposant cordon sableux maintenu par une
vert au large du delta actuel lors d’une prospection dérive littorale nord-ouest/sud-est. La ville de Port-
d’Elf Gabon (actuel Total Gabon). On note aussi la Gentil y est installée et occupe la partie médiane de
présence dans les environs de Lambaréné d’indices la flèche littorale dite Mandji.

111
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

Plaine
n

Lagune La végétation dominante est la mangrove qui co-


M’polu

Inguéssi
Olendé
é

lonise le delta intérieur de la baie du Cap Lopez à


elu
Ad

la lagune Nkomi au sud et représente une superficie


é
mb

d’environ 1 000 km² (voir le chapitre 1 du présent


ago
mb

ouvrage).
Dje

Ondombo
Au-delà du delta actif est associée au littoral del-
Plaine taïque la région dite des cirques du Bambam. Le
Niongo trait caractéristique de cette région est son relief par-
mi l’un des plus hauts de tout le littoral, culminant
à plus de 284 mètres d’altitude par le mont Wonga
Essogoué Wongué. La côte y est rectiligne et orientée nord-
sud. Elle s’étend de la Pointe Ngombé à la Pointe
La

Wézé (limite nord du delta de l’Ogooué). Le trait


gu
n

Ikenguè
eN

dominant est la présence d’une série de cordons sa-


OCÉAN
ko

bleux qui cernent les formations tertiaires fortement


m

ATLANTIQUE Plaine
i

N’Tchongo N’tchiné
Owimbiano érodées par un réseau dense de petits fleuves côtiers.
Les amphithéâtres naturels issus de cette érosion ac-
ville Omboué tive sont localement appelés « cirques de Wonga Won-
Kongo
village gué » (voir chapitre 3 du présent ouvrage).
)
nd Vaz
(Ferna Le littoral méridional à grandes lagunes
Odimba
N
(Mission Ste Anne) C’est la région méridionale du littoral qui s’étend
0 5 10 km de l’embouchure d’Olendé à la frontière congolaise
NASA Landsat Program, 1990, Landsat TM, scene p186r061_4t900207, orthorectifié par USGS, 07/02/1990
Traitements image composite 6 bandes. Composition colorée bandes : 5-4-3 Z. MENIE OVONO
et représente 500 kilomètres environ de linéaire
Figure 8 - Le littoral
méridional à grandes
lagunes : exemple de la
lagune de N’komi
Lagune de type « semi-
fermée » circonscrite par
de vastes cordons sableux Photo 2 - Vue aérienne d’une petite lagune à
résultant de la prédominance barrière fermées par les sillons de cordons
de l’hydrodynamisme marin sableux parallèles au trait de côte du secteur de
(dérive littorale, courant Gamba (lagune Ndogo)
de marée) sur le flux conti- (ph. Delondiny, 2009, www.panoramio.com)
nental.

112
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

côtier. Elle se situe au sud du delta de l’Ogooué et lièrement sur le secteur de côte entre la lagune Iguéla
sa limite orientale avec le socle est fixée par l’impo- et la lagune Ndogo (photo 2). À l’interface terre/
sant massif du Mayombe. C’est une pénéplaine com- mer, l’étendue des estrans sableux n’est rompue que
posé essentiellement de collines entourées par des par quelques affleurements de la structure du bassin
vallées fluviales. La moyenne des altitudes tourne Atlantique (formation Phanérozoïque), généralement
autour de 40 mètres par rapport au niveau de la mer. sous forme de bancs submergés à marée haute. La
L’inclinaison est-ouest du bassin côtier conflue vers trajectoire rectiligne du trait de ces côtes est segmen-
l’océan Atlantique un réseau hydrographique dense tée par des promontoires dont les plus remarquables
structuré en cinq bassins versants : l’Ogooué, Rem- sont : la Pointe Catherine, la Pointe Komandji (pla-
bo Nkomi, Rembo Echira Iguéla, Rembo Ndogo, tier diaclasé formé de roches Sénoniennes), la Pointe
Nyanga. Excepté l’embouchure de la Nyanga qui se Panga (petit plateau sableux de la série des cirques,
jette directement dans la mer, les exutoires des autres photo 4), la Pointe Kouango à Mayumba (filon de
bassins hydrographiques y aboutissent via un système dolérite). Les graus sont circonscrits par deux flèches
lagunaire. Quatre grandes lagunes se succèdent du opposées fixées de part et d’autre de la barrière et
Nord vers le Sud : Nkomi (558 km², fig. 8), Iguéla ayant chacune une extrémité sommitale libre, sous
(202 km²), Ndogo (502 km²), Banio (147 km²). influence de la marée et des vagues qui la façonne.
Les unités morphostructurales caractéristiques des Le bassin lagunaire représente le plan d’eau conti-
lagunes de ce littoral sont : le complexe de cordons nentale retenu par le lido. Dans le cadre du littoral
sableux (en aval), les bassins lagunaires (médian), les méridional du Gabon, on observe une organisation
réseaux hydrographiques (en amont). en deux compartiments distincts représentant la la-
Les plans d’eau sont séparés de l’océan Atlantique gune amont et la lagune aval.
par de larges lidos qui s’inscrivent dans une série La lagune amont héberge les embouchures fluviales
juxtaposée de cordons sableux orientés sud - sud-est/ et les conditions hydrosédimentaires sont dominées
nord - nord-ouest d’origine holocènes. Cette dyna- par les influences continentales. Elle constitue un
mique hydrosédimentaire qui remonte au quaternaire réceptacle pour les eaux et les alluvions provenant du
récent est entretenue de nos jours par les houles de bassin versant. Rabenkogo (2007) décrit ce compar-
direction sud-ouest et par la dérive littorale sud-nord timent localement appelé « Aliwa z’Iguela » comme
du courant de Benguela qui prédomine sur les apports ayant des contours irréguliers marqués par des criques
alluvionnaires fluviaux. Ces accumulations sableuses (Asséwé, Ntchonga), par des deltas intérieurs et par
larges de 5 km et longues de 40 km n’excèdent pas des entrants en forme de « V » des embouchures des
10 m de commandement. Pour les principales lagunes rivières (Rembo Nkomi, Mpiviè).
précitées, la barrière est rompue par un seul grau qui
établit la communication entre le bassin lagunaire La lagune aval appelée par les peuples autochtones
et la mer. On note cependant la présence de petites « Eliwa z’Obambacala », est un conduit qui relie la
lagunes à barrières fermées, dérivant des rivières lit- lagune amont avec le grau. La houle dominante sud-
torales à débits très faibles. On les rencontre particu- ouest de ce littoral leur confère une forme allongée

113
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

Typologie des côtes Baie du Mouni et parallèle au rivage. Une croissance importante des
côte basse à marais vaseux
Mouni cordons littoraux peut entraîner son confinement en
Cocobeach
ou cordons sableux 500 m
200 m Cap BAIE DE Cocobeach un goulot d’étranglement pour la cellule hydrosédi-
CORISCO
côte basse artificielle (urbaine) 100 m Estérias mentaire réduisant ainsi le delta de marée. Les berges
côte mixte : plage à beach-rocks Cap sont basses de l’ordre de 3 à 6 mètres d’altitude en
Santa Clara
ou à petite falaise argileuse (<10 m)
tu a
LIBREVILLE moyenne.
côte rocheuse basse à platier Pte Pongara Es
ire d
ou à falaise (< 15 m) u Komo
Les lagunes du littoral méridional du Gabon, par
Kango
Pte Nyonié leurs attraits paysagers et leur abondance en ressources
biologiques et pétrolières, sont des lieux très convoités
ville principale
par les sociétés humaines. Au 15e siècle, les naviga-

oué
limite du bassin
sédimentaire côtier Cap Baie du
BAIE DU
Og o teurs y ont découvert des villages autochtones qu’ils
Lopez CAP
limite d’État
CapLOPEZ
Lopez Lambaréné baptisèrent de noms portugais, Fernan Vaz ou Nkomi
pour exemple. Aujourd’hui, plusieurs villes y sont ins-
Port-
lac et Gentil tallées (Omboué, Gamba, Setté Cama, Mayumba) et
fleuve et
lagune
rivière une exploitation pétrolière intense y est pratiquée.
hydrographie
Lagune
Soucieuses de l’extrême sensibilité de cet environne-
Nkomi ment, les autorités y ont mis en place une politique de
canyon sous-marin Omboué gestion intégrée qui a abouti à la création en 2002 de
Pte Iguéga
Pte Iguéga
13 parcs sur l’ensemble du territoire gabonais, et no-
Lagune
Iguéla tamment des parcs lagunaires de Loango (1550 km2),
Grands traits géologiques
Moukalaba Doudou (4550 km²), et Mayumba
sable des cordons marins
(80 km²), auxquels se sont ajoutées deux aires natu-
(Quaternaire récent) Pte Komandji
Lagune
Ndogo relles protégées (Ogooué et Rabi Ndogo).
argile et sable fluvio-lagunaire
(Quaternaire)
Quaternaire indiffériencié Gamba Typologie des côtes gabonaises
Pte Pédras
10
Tertiaire indifférencié 200
0m
Les côtes secondaires sont celles qui dérivent des
500 m
m impacts directs des agents météo-marins et intègrent
Crétacé indifférencié
sable argileux, grès,
les dynamiques locales. Il s’agit des côtes à falaise fa-
Jurassique indifférencié Pte Panga Mayumba
calcaire et marne Lag
un
çonnées par l’énergie des vagues, des plages de sables
eB
séries Agoula et Nkom (Karoo s.i) Pte Kouango an
io ou de galets des estrans mise en place par une dérive
Pré-Cocobeach ou série N
de la Noya
littorale (Bourgou et Miossec, 2010). Cette classifi-
Pte Banda
cation permet de produire une typologie des côtes
roche volcanique 0 25 50 km
(fig. 9). Entre la Pointe Mbini et la Pointe Mekound-
Sources : données bathymétriques SHOM (correction 2013), terrain Z. MENIE OVONO, S. CHARRIER
ji, le rivage offre une diversité morphologique et
dynamique à plusieurs niveaux scalaires : des formes
Figure 9 - Typologie des côtes gabonaises (sur la base des critères
topographiques et géologiques)
114
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

d’accumulations diverses de sables, de vasières ; des cordons sur lesquels sont fixés
de nombreuses flèches sableuses ; des côtes rectilignes, baies et anses ; des platiers
rocheux associés à des falaises. On observe aussi une juxtaposition des types d’estrans
à divers stades d’évolution : des formes d’accumulation et d’ablation séparées par des
pointes ; des lagunes barrées par des flèches.
La distribution zonale des formes littorales est à noter : vasières, plages, cap rocheux
sont cantonnés le long du littoral septentrional. Cette situation est entretenue à la fois
par la nature lithologique des formations littorales, d’apport alluvionnaires inégaux
des bassins versants littoraux et par la diversité d’exposition du trait de côte aux houles
dominantes de direction sud-ouest. Quatre types d’estrans se distinguent.

Côtes rocheuses basses ou à falaises (ou petites falaises <15 mètres)


Ce sont des côtes à falaises de faible commandement et formées dans des séquences Photo 3 - Paysage à falaise de la côte Cap Santa Clara - Cap Estérias
(ph. AAP, 2011)
sédimentaires du Sénonien ayant à leurs pieds les platiers gréso-calcaires et marneux.
Les hauteurs des falaises varient selon la nature lithologique de
Trois unités morphologiques caractérisent ces côtes : la présence d’un platier calcaire l’affleurement et leur disposition par rapport au trait de côte. Les
gréseux, des plages encastrées dans les roches incisées par l’action des vagues, et enfin pieds des falaises sont fragilisés par l’action érosive des houles
des falaises hautes en moyenne de 10 mètres qui surplombent les estrans. Le trait dominantes sud-ouest.

de côte est marqué par des promontoires constituant les nombreux caps et pointes.
Le substrat rocheux peut être observé sur l’estran à marée basse ou sur la falaise. Les
faciès sont marneux, calcaires et gréseux. Ces secteurs de côtes font front aux houles
de direction sud-ouest et sud.
Ce type de côte est observable à la Pointe Mbini (Cocobeach), au secteur de côte
situé entre le Cap Estérias et le Cap Santa Clara, à la Pointe Ngombé et la côte de
Panga (entre Gamba et Mayumba), la Pointe Fouica (site du nouveau port en eau
profonde de Mayumba).
Le secteur de la Pointe de la Case - Cap Santa Clara (photo 3) est caractéristique de
ce type de côte. On observe bien un changement de direction de la trajectoire de la
ligne de rivage, dont le prolongement sous l’eau se fait par un large platier à vasques
et micro-vasques. La fracturation du platier permet d’apprécier l’importance de la tec-
tonique dans l’évolution des formes des estrans. Enfin, de part et d’autre de la pointe, Photo 4 - Paysage d’une côte à falaise argileuse proche de la
un colmatage se fait dans les milieux démantelés par la houle aptes à une sédimenta- Pointe Panga
(ph. CNDIO-CENAREST, 2011)
tion fine sableuse ou silteuse favorisant la mise en place d’une plage adossée, concave
Localité située à une trentaine de kilomètres au nord de
entre deux pointes rocheuses successives. La falaise est constituée d’une roche (grès, Mayumba. Petit plateau argilo-sableux de la série des cirques
marne, calcaire) souvent altérée ou recouverte d’une imposante masse d’altérites. reposant sur un rocher Cénomanien.

115
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

La Pointe Fouica constitue une belle illustration de


ces affleurements de plages (photo 5). Le type de for-
mation rocheuse le plus souvent rencontré se rapporte
aux grès de plage, sables indurés et disposés en bandes
sensiblement parallèles à la côte actuelle (Mounganga,
2001), marquant ainsi les fluctuations du niveau de la
mer au quaternaire.

Côtes basses à marais à mangrove


ou à cordons sableux
Photo 5 - Beach-rocks sur la plage de Fouica (Mayumba)
(ph. CNDIO - CENAREST, 2014)
Les côtes basses à marais à mangrove délimitent les
Intrusion de dolérite (roche magmatique intermédiaire) sur laquelle est fixé le lido sableux qui circonscrit
vastes rias estuariennes du nord, le delta de l’Ogooué
la lagune Banio. Son affleurement a donné du relief à la ville de Mayumba. et les contours des lagunes. Le trait de côte a un as-
pect crénelé par les nombreuses indentations qui
forment les contours des rias en partie colmatées
par des sédiments fluvio-marins. Ces vasières s’éten-
Les côtes mixtes : plages
dent sur d’immenses surfaces cernant les îles dont la
sableuses à beach-rocks ou
masse vert-sombre surplombe les mangroves.
à petites falaises argileuses
(<10 mètres) L’estran est une basse slikke formée de vases gor-
gées d’eau et riche en matières organiques. C’est la
Elles regroupent aussi bien les plages limite de l’extension de la mangrove vers le large.
sableuses avec des beach-rocks et les Ces formes de rivages sont observables dans la ria du
petites falaises qui surplombent des Mouni, où le trait de côte est segmenté par les passes
estrans sableux. Ces types de côtes se Goumba et Miboula, dans la baie de la Mondah,
situent entre la Pointe Sainte Catherine l’estuaire du Komo, le delta de l’Ogooué (fig. 10) et
(en aval de l’Iguéla) et la Pointe Banda la lagune Nkomi.
(à l’extrême sud de la lagune Banio).
Les côtes basses à cordons sableux sont des accu-
Les côtes à falaises argileuses sont mulations sableuses organisées en une succession de
présentes dans les secteurs où affleurent rides parallèles à la ligne de rivage actuel, séparées
les roches des séries du Sénonien, Turo- par des dépressions qui forment de longs couloirs
Photo 6 - Côte basse à cordons sableux
(ph. C. Vigna, 2014, www.panoramio.com)
nien et Cénomanien (photo 4). Ce sont entre deux crêtes de cordons successifs (Lebigre,
Caractéristique du dynamisme hydrosédimentaire
des grès, calcaires et marnes. Les falaises 1983). Elles constituent les vastes plages sableuses
des estrans, cette accumulation sableuse sert de sont couvertes d’une couche supérieure s’appuyant sur des cordons Holocène. Ce type
barrière et réoriente les chenaux des rivières litto- d’altérites végétalisées façonnée par le de côte est illustré par l’embouchure de la rivière
rales vers le Nord. Ici l’exutoire de la rivière Oyane
au nord de la Pointe Ekouata. sapement des vagues. Oyane (photo 6). Les côtes basses à cordons sableux

116
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

Cap Lopez BAIE DE


NAZARÉ
sont très représentées sur l’ensemble du littoral : le BAIE DU
cordon sableux qui s’étale de la lagune Mekoundji CAP LOPEZ
jusqu’à la pointe du Cap Lopez ; de Wonga Won- Mporaloko
gué à la Pointe Denis ; du Port-Môle à la sablière de Port-Gentil
Libreville.

Côtes artificialisées ou protégées


Marais maritime
Les côtes artificialisées urbaines (ou périurbaine) Ntchengué de Nkondjo
correspondent aux fronts de mer des grandes villes
littorales (Libreville et Port-Gentil) et aux secteurs

Flè
de côtes protégés par les ouvrages spécifiques contre

ch
les assauts de la mer. Le bord de mer de Libreville Plaine

eM
qui s’étend de la Pointe d’Owendo au Cap Santa Mandorové

an
Mbilapé

d
Clara a connu depuis l’époque de la colonisation des

ji
mutations importantes de son rivage. Les plans d’ur- Loanda

banismes de 1939, de 1962 dit « Henri Pottier », de


1965 dit « Olivo-Prass » et de mai 2010 ont privilégié
le bétonnage de la façade maritime (Engo Assou- Ngomo
mou, 2007). Le boulevard du bord de mer (photo 7)
reliant la zone portuaire et l’aéroport international
Ozori
est l’une des entités qui a une grande emprise spa- 0 5 10 km
N
tiale le long de cette côte.
Ogoo u é
L’urbanisation au quasi contact du rivage a modifié NASA Landsat Program, 2001, Lansat ETM+, Plaine
scene p186r061_7t20010731,orthorectifié par EarthSat, 31/07/2001
la dynamique hydrosédimentaire des estrans. Ainsi, Traitement image composite 6 bandes. Composition colorée bandes : 5-4-3
Iguéssi
Z. MENIE OVONO
pour se protéger de l’agitation de la mer, les ouvrages
de protection côtière ont été érigés le long des secteurs flèche littorale (Mandji) formée par une série ville village
de cordons sableux orientés nord-ouest/sud-est
les plus vulnérables à l’érosion et à la submersion ma- et disposés parallélement au trait de côte Figure 10 - Image panchromatique
rine (voir le chapitre 9 du présent ouvrage). La stra- du delta marin de l’Ogooué
tégie de lutte contre ces aléas est différente entre les On peut observer le vaste marais
deux villes, car c’est la nature du milieu physique qui Descriptions des dynamiques à mangrove compartimenté par

définit le choix des ouvrages à édifier et leur emprise des côtes gabonaises les distributaires nord du fleuve
Ogooué et les nombreux chenaux
spatiale. Ainsi, à Libreville, les ouvrages installés sont La dynamique littorale s’exprime par des avancés de marée. Le delta marin actif est
mis à l’abris des facteurs météo-
les perrés bétonnés et les épis, tandis qu’à Port-Gentil, dans l’océan et par des reculs vers le continent du marins de provenance sud-ouest
les brises lames ont été privilégiés (cf. photo 10). linéaire côtier. Le long des côtes gabonaises, on peut par une imposante flèche sableuse.

117
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

constater la présence budget sédimentaire varie d’un secteur de côte à un


de secteurs côtiers en autre et dépend de la puissance des appareils hydrolo-
accrétion et en érosion. giques et de la taille de leurs bassins versants respectifs.
Cette mobilité du trait Ainsi, le module brut de l’Ogooué est de 4 730 m3/s,
de côte est entretenue et celui du Komo de 160 m3/s. La répartition de ces
par la mobilisation de sédiments est organisée par une dérive littorale de di-
volumes sédimentaires rection dominante sud-ouest/nord-est qui façonne la
importants, par les fac- diversité des formes d’accumulation observées le long
teurs hydrodynamiques des 950 kilomètres de côtes gabonaises.
en jeu et par un climat Les agents météo-marins, les vents dominants de
équatorial de transition secteurs sud ou sud-ouest entretiennent le transit lit-
marine. toral et opère des processus d’ablation ou d’accrétion
du trait de côte. Il s’agit des houles obliques sud-
Photo 7 - Estran artificiel du bord Les facteurs de ouest, des courants de marées et des vents côtiers.
de mer de Libreville la mobilité
(ph. Z. Menie Ovono, 2011) Les houles constituent le principal forçage hydro-
La nature originelle du trait de La source sédimentaire a pour origine la remo- dynamique de la zone littorale du Gabon (Menie
côte est remplacée par la digue bilisation des fonds marins et les apports alluvion- Ovono, 2010). En fonction de la disposition du
en béton peinte en blanc qui un
peu plus loin est soutenue par des
naires importants entretenus par un ensemble de rivage et de sa nature lithologique, les houles de pro-
blocs de pierres. bassins versants orientés est-ouest. Le trait de côte venance sud érodent des pans importants de côte ou
est segmenté à plusieurs endroits par ce réseau hy- favorisent les accumulations par effet combiné avec
drographique dense dont les exutoires constituent les forces fluviales continentales.
les embouchures des fleuves et rivières côtières. Les
principaux bassins versants par ordre d’importance Le régime des houles est influencé par la présence
sont ceux de l’Ogooué (215 000 km²), de la Nyanga persistante de l’anticyclone de Sainte-Hélène. La cir-
(22 000 km²) et du Komo (5 000 km²). Le volume culation des vents dans le sens inverse des aiguilles
sédimentaire mise à disposition de la dérive littorale d’une montre autour de cet anticyclone entretient des
houles longues et régulières qui se propagent du Sud
entre Ozouri et la Pointe du phare du Cap Lopez se
vers le Nord, pour atteindre la côte avec une direction
chiffrerait à 500 000 m3/an (Menie Ovono, 2004).
principale sud-ouest/nord-est (Menie Ovono, 2010).
La mise en place d’un vaste domaine deltaïque de
Sur les côtes du golfe de Guinée, Guilcher (1985) dé-
5 100 km² de superficie dans cette partie du littoral
termine deux domaines de houles ayant des directions
justifie bien le rôle de pourvoyeur de sédiments par
de provenances opposées. Il s’agit d’une part des houles
le bassin versant de l’Ogooué (Menie Ovono, 2010).
nord-ouest d’origine boréale, et, d’autre part, des
Le littoral septentrional est lui alimenté par les bas- houles sud-ouest ou sud - sud-ouest d’origine australe.
sins du Komo et de la Mondah, tandis que le littoral Ces houles ont une origine lointaine et leurs caracté-
méridional est pourvu par le bassin de la Nyanga. Le ristiques varient suivant les saisons australes : houles

118
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

« fortes » et de longue période, de fin mars à fin septembre Pte Mbini


GUINÉE ÉQUATORIALE
Pte
avec un maximum en juin-juillet, et les houles « faibles », Cocobeach Pte Mbini
N
de courte période d’octobre à mars avec un maximum Cap
BAIE DE
Estérias CORISCO
Cocobeach
Mobilité du trait de côte
en décembre (Menie Ovono, 2010). Les marées sont de

500 m
200 m
100 m
O E (tendance globale)
type semi-diurne avec deux marées basses et deux marées S
Cap érosion
Santa Clara
hautes. Le marnage moyen oscille entre 2 mètres pendant LIBREVILLE
Pte Pongara stable
uai Owendo
les marées de vive-eau et 50 centimètres lors des marées

E st
Pte Ngombé re d
u Komo accrétion
de morte-eau. Le domaine d’influence des marées est Kango
non définie
particulièrement important dans la partie septentrionale Pte Nyonié m boué

Ra
estuarienne où le courant de jusant va plus loin dans la
terre ferme. Celle-ci se fait sentir jusqu’au débarcadère

o ué
N Og o
Cap
d’Andock Foula, de Kango, de la Mbei situés à plus de Lopez
BAIE DU
CAP LOPEZ Pte Tambinione Lambaréné
Facteurs météomarins
O E
120 km en amont de la Pointe Pongara (Mombo, 1991). Pte Wézé direction principale de
S
Port- distribution du vent
Gentil
dérive littorale
La cinématique du trait de côte
La dynamique hydrosédimentaire du trait de côte ex-
plique les formes convexes et concaves de la trajectoire Lagune
Nkomi
Omboué
du rivage. Rembo Nk
omi
ville principale

Il ressort trois types d’évolution sectorielle du trait de Lagune


bassin sédimentaire côtier
Pte Iguéga
côte : stable, érosion, accrétion. La cartographie de ces évo- Iguéla
limite d’État
lutions s’appuie sur la technique d’interprétation des prises lac et
lagune
de vue aériennes et de télédétection du littoral. Les résul- Lagune
fleuve et
rivière
tats de ces traitements sont confrontés aux mesures de ter- Pte Komandji
Ndogo hydrographie
rain, puis complétés par les rapports d’études sectorielles
Gamba canyon sous-marin
réalisées par des acteurs divers. Le résultat issu de ces divers
Pte Pédras
traitements permet de produire une carte de la tendance de 200
10
0m

la dynamique globale du trait de côte (fig. 11). 500


m
m

De la Pointe Mbini à la côte d’Akanda N Pte Panga Mayumba


Lag
un
La côte de la baie de Mondah est globalement dans une 0 25 50 km O E Pte Kouango
eB
an
io
dynamique d’accrétion naturelle en lien avec un apport al-
S Pte Banda CONGO
luvionnaire important des rivières littorales et d’une marée
semi-diurne active. Le reste du littoral jusqu’à la baie du Sources : données bathymétriques SHOM (correction 2013) ,
MOUNGANGA (2011), MENIE OVONO (2010), MOMBE-NGUEMA (2000), MOMBO (1991)
Pte Tchibodo
Z. MENIE OVONO
Mouni alterne des secteurs en recul ou qui progradent. On
observe une érosion vive le long du littoral du bord de Figure 11 - Géomorphologie et dynamique globale du trait de côte

119
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

mer de la ville de Coco- D’après les observations de terrain de Ditengou


beach. L’évolution du Mboumi (2012), la mer y a conquis plus de 200 mètres
phénomène y menace d’espace de terre. Selon l’auteur, cette érosion s’ampli-
même la pérennité de la fierait sous les effets conjugués du changement clima-
route côtière (photo 12). tique actuel, d’une exploitation sauvage de sable de
plage et d’une urbanisation non-contrôlée du littoral.
Du Cap Estérias à
la Pointe d’Owendo
Au-delà du Cap Santa Clara, se développe ensuite
une côte rectiligne, stabilisée par les affleurements
Elle se structure en trois rocheux du bassin sédimentaire et offrant de minces
secteurs distincts matéria- plages, adossées à des falaises rocheuses. Cette situa-
lisés par un changement tion est quasi continue jusqu’à la Pointe Akanda.
de direction au niveau du
Cap Santa Clara. La pre- De la Pointe Denis à la Pointe Pongara

Photo 8 - Dégâts causés par


mière partie orientée sud- La forme d’accumulation sédimentaire dominante est
l’érosion côtière au nord de la est/nord-ouest, s’étend du Port d’Owendo à l’ancien la plage de sable peu triée, entretenue par la dérive des
Pointe Denis épi de l’hôtel Dialogue. Les courants estuariens ne courants internes à la dynamique estuarienne du Komo.
(ph. P. Fattal, 2014)
favorisent pas une dynamique de dépôts sédimen- Cette plage intérieure est sujette à une érosion active
taires le long du trait de côte, exceptés quelques qui détruit les habitats et compromet la pérennité des
pseudos cordons sableux aux exutoires des petites aménagements touristiques qui s’y trouvent (photo 8).
rivières côtières. La dérive littorale orientée nord- Au-delà de la Pointe Pongara côté maritime, l’érosion
sud est déviée vers le talweg de l’estuaire au niveau est atténuée du fait de la modification de l’incidence
du Lycée Léon Mba. Le second secteur concerne des houles d’origine sud-ouest. La dérive littorale favo-
la côte nord de Libreville et s’étale jusqu’à la baie rise ainsi l’accrétion des plages dans les environs immé-
d’Akouango. L’essentiel du budget sédimentaire est diats de la Pointe Pongara. On observe une érosion
concentré le long de ces 10 kilomètres de côte et de la façade ouest de l’extrémité de la flèche, dont la
cette situation explique le développement des vastes conséquence est la forme en crochet orienté vers l’Est.
plages de sable favorable à un tourisme de villégia- De la Pointe Denis à la Pointe d’Owendo, la dyna-
ture. Cette dynamique d’engraissement des plages mique sédimentaire des estrans va dépendre des condi-
est rompue entre la Sablière et le Cap Santa Clara tions hydrodynamiques fluvio-marines de l’estuaire du
où le rivage est sérieusement menacé par l’érosion. Komo, qui se résument par des accumulations allu-
Les houles sud-ouest viennent déferler sur cette côte vionnaires le long des berges du fleuve.
mobilisant ainsi des volumes de sables importants
et détruisant les habitats bordiers. Cette dynamique De la Pointe Ngombé à la Pointe Tambinione
régressive est favorisée par la nature lithologie des C’est une côte quasi rectiligne orientée nord-sud.
paléodunes Holocène qui bordent cette côte. Elle est composée par une série de cordons sableux
quaternaires disposés parallèlement au rivage. Les

120
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

affleurements à la côte de la structure géologique en basse. La côte recule avec une vitesse
pointes rocheuses séparent les estrans sableux concaves. moyenne de 8 à 10 mètres par an, mena-
Les pointes jouent alors un rôle d’épis naturels impac- çant le phare et la route qui conduit au
tant ainsi la dérive littorale orientée à la base vers le terminal pétrolier de Total Gabon (Menie
Nord. Les houles sud-ouest ont un angle d’incidence Ovono, 2010). Sur la base des mesures
faible avec la ligne de rivage expliquant ainsi une éro- et des observations de terrain réalisées de-
sion réduite jusqu’à la limite de la Pointe Ngombé. puis 1960, on retient un recul latéral du
On n’observe pas d’apports sédimentaires continen- rivage de plus de 230 mètres, comme en
taux supplémentaires pouvant engraisser ces plages et témoigne l’impact de l’érosion au niveau
le changement de direction de la dérive littorale n’est de la Pointe du Phare (photo 9).
pas favorable à une accrétion du rivage. Cette côte est Cette avancée fulgurante de la mer sur
globalement stable. la terre ferme a mis en péril en moins de
13 ans le Phare du Cap Lopez. Au nord
De la Pointe Wézé au Cap Lopez de la Pointe du Phare, on observe une
Circonscrites à l’ouest et à l’est par la Baie d’Endou- érosion entretenue par une dynamique
gou et par la Baie de Nazaré, les conditions hydro- régressive de la tête d’un canyon sous-ma-
dynamiques sont celles d’un delta actif. Les courants rin à l’origine de la forme concave pré-
fluviaux des distributaires nord de l’Ogooué sont les sentée par ce rivage. La Pointe Odden est
seuls agents hydrodynamiques en jeu, car la presqu’île victime d’une érosion qui s’opère par des
glissements de la côte. Cette régression se
Mandji met en situation d’abri le front deltaïque nord
fait à une vitesse moyenne de 10 mètres
contre les houles puissantes du Sud-Ouest. Hormis la
par an causant des dégâts importants au Photo 9 - Érosion littorale au
segmentation du trait de côte par les embouchures des
niveau du bassin de décantation du terminal de Total phare du Cap Lopez
fleuves Animba, N’kondjo, Ngouboué et Ganboué,
Gabon. Du quai des Chaland à la Pointe Clairette, (ph. Elf Gabon, 1986 et 1999)
le littoral est marqué par une accumulation vaso-sa-
on note un engraissement du rivage sous l’impulsion Illustration d’un changement
bleuse importante avec une extension du front del- de paysage causé par le recul
des courants de marées entretenus par la morpholo-
taïque dans la Baie du Cap Lopez, justifiée par de gie des baies du Cap Lopez et de Port-Gentil. Au sud,
excessif du trait de la Pointe
du phare au Cap Lopez entre
nombreux lobes et bancs vaseux sous-marins. Une on observe un bord de mer figé par des digues arti- 1986 et 1999.
accrétion globale s’y développe du fait d’un apport ficielles qui par l’action du temps cèdent aux vagues
alluvionnaire opéré au détriment de la dérive littorale. pendant les tempêtes.
De la Pointe Akosso à la Pointe du phare, le trait
de côte est marqué par une érosion globale dont les De la côte « Bac-Aviation » (Port-Gentil) à la côte
de Mayumba
facteurs varient le long du littoral. Au niveau de la
Pointe du Phare au Cap Lopez, l’agent hydrodyna- Globalement, c’est une côte d’accumulation sa-
mique dominant est la houle de provenance sud- bleuse matérialisée par de vastes cordons sableux.
ouest, dont les vagues viennent déferler sur une côte On observe des flèches sableuses en extension avec

121
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

des sommets incurvées vers le Nord-Est par l’impact


Risques naturels côtiers des houles de direction sud-ouest. La forme d’accu-
Canyon du submersion marine mulation dominante est la plage à sable fin répar-
Cap Lopez
inondation pluviale tie le long de la façade atlantique et la vasière qui
Cap Lopez occupe les bords intérieurs des lagunes. La tendance
N
érosion du trait de côte
Pte générale est à l’engraissement du trait de côte. Ce-
Renard Pte W E
Odden pendant, on observe des secteurs très localisés en
S
Pte du Phare phase érosive. L’érosion se situe particulièrement au
niveau des embouchures des lagunes par les ruptures
Pte Djalowé
BAIE DU des barres littorales pendant la saison de pluie du fait
N CAP LOPEZ de la dominance des forces fluviales au détriment des
Pte Chapuis W E agents météo-marins. Cette forme d’érosion est ob-
S
servée au niveau de Mayumba à l’extrémité du lido
de la lagune Banio, entraînant l’élargissement de la
passe (Mounganga, 2011). Le village des pécheurs
Pte Clairette pourrait être menacé sur le long terme si cette éro-
sion venait à se perpétuer.
De l’embouchure d’Ozouri à PG2 et sur le secteur
de « Bac-Aviation », on enregistre également un recul
e
rom

Facteurs météomarins
de la côte à une vitesse moyenne de 2 à 3 mètres par
od

principale provenance
Aér

des houles (ELF, 1992) an. La disposition oblique de ce littoral par rapport
courant annuel aux houles sud-ouest explique cette érosion. La vul-
de surface (Actimar, 2004) Port-Gentil nérabilité du littoral est faible à cause de l’absence
Pte Akosso
dérive littorale des aménagements humains en bordure de plages.

Occupation du sol Les sociétés littorales face à l’érosion :


urbanisation exemples de Port-Gentil et Cocobeach
réseau routier Pte Inguiri Le littoral est par nature un milieu mobile et de ce
fait peut avoir une incidence particulière sur les acti-
marais à mangroves vités humaines, l’urbanisation des côtes, la protection
BAIE
forêt tigrée (secondaire) D’ ENDOUGOU de la biodiversité ou encore le tourisme balnéaire.
N
réseau hydrogaphique Dans le contexte gabonais, le processus de l’érosion
côtière est bien réel dans les régions littorales à forts
Z. MENIE OVONO
0 2 4 km
Pte Ntchengué enjeux humains. Cependant, la modalité de recul du
trait de côte et la gestion de ce risque varient locale-
Figure 12 - L’Île Mandji et son environnement ment. Cette disparité tient aux facteurs internes liés à

122
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

la nature du milieu et aux actions anthropiques, pour brise-lames ont été érigés au niveau de la
l’éclairage desquels les situations observées sur les sec- pointe du Cap Lopez en 1999 et la cam-
teurs de la flèche Mandji et de la rive ouest de la baie pagne s’est étendue à l’ensemble du litto-
du Mouni, jusqu’à Cocobeach au nord, sont riches ral jusqu’en 2001 (photo 10 et 11).
d’enseignements. Le changement climatique avec ses
conséquences d’aggravation de l’érosion
La flèche « Mandji » côtière1 sur les côtes basses ont fait évo-
C’est une flèche littorale sableuse et basse avec une luer la politique de gestion côtière en op-
altimétrie moyenne à 5 mètres par rapport au niveau tant pour une nouvelle tactique d’adap-
de la mer (fig. 12). Sur la base des 40 kilomètres du tation dite de recul stratégique jusqu’à
l’horizon 2100. C’est un mode de gestion Photo 10 - Brise-lame au sud
linéaire côtier concerné, 14 kilomètres de côte sont de la Pointe du phare
impactés par l’érosion avec des vitesses de recul excé- qui consiste à délocaliser les enjeux à l’abri de l’éro- (ph. CNDIO-CENAREST, 2010)
dant parfois les 10 mètres par an. sion et à laisser la nature suivre son cours. Pour le Cet ouvrage est une initiative de
cas spécifique de Port-Gentil, un repli vers la région la société pétrolière Elf Gabon
Les causes de cette érosion sont naturelles : les de Wonga Wongué pourrait constituer une véritable actuelle Total Gabon. L’objectif
est de protéger le phare et la
houles dominantes de secteur sud-ouest, la dyna- alternative. route qui mène au terminal
mique régressive de la tête du canyon du Cap Lopez pétrolier du Cap Lopez.
et les glissements de la côte de la Pointe Odden. Cocobeach
Les actions humaines hormis celles liées à la lutte Ville côtière frontalière
contre le recul du trait de côte contribuent peu ou avec la Guinée Équatoriale,
pas au processus de l’érosion. L’intensification de elle occupe la rive gauche de
l’érosion sur un périmètre aussi réduit et à fort enjeux la baie du Mouni. La côte de
tels que le terminal pétrolier, le phare, le point d’eau Cocobeach se caractérise par
douce des « Baleiniers », le village des pêcheurs, aug- un aspect vallonné et une
menterait de toute évidence la vulnérabilité environ- succession de trois formes
nementale et sociétale de ce littoral. littorales : cordon littoral,
La combinaison d’autant de contraintes dans un
environnement aussi restreint contribue au risque 1. Les estimations d’augmentation
du niveau de la mer du GIEC (ARS)
bien au-delà de l’échelle locale. La destruction d’un font état d’une élévation probable de
bassin de décantation du pétrole brut au terminal du 52 à 98 centimètres avant 2100. Com-
Cap Lopez entraînerait par exemple une pénurie de binés aux effets des tempêtes et fortes Photo 11 - Aménagement
carburant sur l’ensemble du territoire gabonais. Une houles, cette élévation est de nature à des ouvrages de protection
accroître encore un peu plus les risques côtière au sud du phare du
stratégie de stabilisation du trait de côte des secteurs côtiers, notamment en matière d’érosion Cap Lopez
à forts enjeux et menacés par l’érosion a été déployée sur une façade littorale comme celle de (ph. CNDIO-CENAREST, 2010)
par Elf Gabon, actuelle Total Gabon. Les premiers Port-Gentil, basse et saturée d’eau.

123
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

Une érosion s’est déclarée dans le secteur de côte


Estuaire situé de part et d’autre de la Pointe Mbini le long
Pte Idolo du Mouni
de la route du bord de mer de la ville de Cocobeach
BAIE DE
CORISCO vers Pte Mbini (photo 12). Les causes de cette érosion sont anthro-
piques. La route qui relie cette localité au reste du pays
Pte Cocobeach
N village des a été renforcée depuis 2007. Pour faire des remblais,
pêcheurs nigérians
W E le maître d’ouvrage a extrait des volumes importants
Facteurs météomarins et dynamique S Cocobeach de sable de plage en amont du lieu de l’érosion active.
du trait de côte Lén é Cette situation a affecté la dérive littorale créant un
provenance des vents dominants déséquilibre de la cellule hydrosédimentaire. Du fait
dérive littorale de ce déficit, l’aval présente aux agents météo-marins
érosion du trait de côte un secteur plus vulnérable expliquant l’érosion des
village des
pêcheurs béninois
falaises. Depuis 2008, la route a ainsi été entamée par
Occupation du sol cette érosion, précipitant sa rupture.
urbanisation
En l’absence d’enjeux immédiats, hormis la route
réseau routier
non bitumée, une stratégie de réhabilitation du litto-
marais à mangroves
N
ral n’est pas envisageable. Le rapport de l’étude sur la
forêt tigrée (secondaire) stratégie nationale d’adaptation du littoral gabonais
réseau hydrogaphique 0 250 500 m aux changements climatiques (Acciona Ingenieria,
Z. MENIE OVONO
2011) priorise le développement des ressources ha-
Figure 13 - Cocobeach et sa lieutiques au détriment du risque érosion.
région. Environnement et érosion
côtière le long du rivage À la lumière de ces deux exemples, il apparaît bien
falaises rocheuses et vasière à mangrove (fig. 13). De que la gestion de l’érosion sur le littoral du Gabon
la Pointe Ndombo au village des pêcheurs béninois, ne répond pas à une logique globale, mais sectorielle.
se dresse un cordon sableux avec de vastes plages. Il C’est une gestion au « cas par cas », où la prise en
s’en suit une alternance de côtes à falaises rocheuses compte du risque par les acteurs et le traitement de
et de côtes basses à vasières. Les affleurements en l’érosion dépend d’une part, des facteurs naturels en
pointes de bancs rocheux calcaires et l’imposant pla- jeux localement, et, d’autre part, de l’importance des
tier découvert pendant la marée basse montre le rôle enjeux pour les sociétés locales (voir le chapitre 9 du
important de la structure géologique dans la dyna- présent ouvrage, consacré à cette question au droit de
mique hydrosédimentaire de cette partie du littoral l’agglomération librevilloise).
gabonais. La ville et sa région se présentent comme
un ensemble à collines marqué par une érosion qui Les promoteurs économiques et les riverains sont
met à nu un substrat rocheux entaillé par des failles. les premiers acteurs du traitement de l’érosion avant
À la base des falaises, l’érosion dégage des masses l’État gabonais. Il n’y a pas de loi Littoral au Gabon,
d’altérites qui les recouvrent. l’État s’étant doté plus spécifiquement d’instruments

124
Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

juridiques axés sur la protection de l’environnement et par le courant de


et, notamment, la loi n°16/93 du 26 août 1993 por- Benguela qui entre-
tant « code de l’environnement ». Au titre de la conven- tient une dérive litto-
tion cadre des Nations Unies sur les changements rale dominante sur les
climatiques, des initiatives commencent également apports continentaux.
à émerger, à l’exemple des programmes nationaux
L’occupation an-
d’adaptation (Acciona Ingenieria, 2011) des côtes
thropique du trait de
gabonaises aux impacts de ce phénomène.
côte est concentrée
autour des villes répar-
Conclusion ties le long du littoral
La mise en place du bassin sédimentaire côtier avec une emprise sur
(Phanérozoïque) et les variations eustatiques (qua- le trait de côte maté-
ternaires) ont pour chacun contribué au façonne- rialisée par les aména-
ment des faciès actuels du trait de côte du Gabon. gements portuaires et
Les nombreux promontoires (caps, pointes) ca- les ouvrages de pro-
ractérisant les côtes de type rocheux ou à falaises, tection contre l’assaut
portent la marque d’une structure géologique qui de la mer. Ces instal- Photo 12 - Rupture de la route
du front de mer de Cocobeach
affleure tout au long du rivage (falaises beach-rocks). lations sont menacées par la montée de trois risques
(ph. Z. Menie Ovono, 2010)
Les épisodes de transgressions et de régression ont majeurs qui suivant la nature physique et l’exposi-
Par l’action des vagues,
en quelques sortes segmenté le littoral gabonais en tion des enjeux, occasionnent des dégâts importants. l’érosion met à nu le platier
trois grands ensembles hydrosédimentaires : les rias Parmi eux, l’érosion concerne l’ensemble des villes rocheux en dégageant la couche
côtières. Cependant, les inondations pluvieuses et les latéritique superficielle.
du Nord, le delta du Centre, les lagunes du Sud. La
caractéristique forte de ce milieu paralique est le submersions marines touchent particulièrement les
rôle majeur de l’eau pour le remodelage du trait de côtes basses (voir le chapitre 12 du présent ouvrage).
côte. Ainsi, entre les plages sableuses et les vasières, Les initiatives de prise en compte de ces risques par
s’interposent les pointements et les embouchures des l’État et des privés ne manquent pas. Mais l’absence
rivières littorales. d’une stratégie globale de traitement de ces risques
Les côtes gabonaises sont passives, il n’existe donc crée des disparités au sein d’un même espace littoral,
aucune activité sismique susceptible de porter les rendant ainsi le plus souvent inefficace les quelques
actions isolées mener contre ces aléas.
modifications sur la morphologie actuelle du trait
de côte. La dynamique contemporaine du rivage y
est plus particulièrement la conséquence des facteurs
météo-marins. Les processus d’érosion, de trans-
port et de cantonnement des sédiments le long de
la zone intertidale sont gouvernés par les marées se-
mi-diurnes, par les houles de provenance sud-ouest,

125
Interactions nature-société
Partie 1 - Mobilité des espaces et des milieux naturels côtiers

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Chapitre 4 - Géomorphologie et dynamique du trait de côte au Gabon

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