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Guide sur le développement durable en entreprise

Le document traite du développement durable pour les entreprises. Il présente trois piliers du développement durable: économique, social et environnemental. Pour chaque pilier, le document donne des recommandations pour les entreprises.
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Guide sur le développement durable en entreprise

Le document traite du développement durable pour les entreprises. Il présente trois piliers du développement durable: économique, social et environnemental. Pour chaque pilier, le document donne des recommandations pour les entreprises.
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VADEMECUM

Entreprises &
développement
mai durable :

2006 Suivez le guide !


Accompagner
SOMMAIRE

PRÉFACE

INTRODUCTION 6
Vous avez dit développement durable ? 6
Le développement durable, un enjeu stratégique pour les entreprises 7
Le développement durable en quelques chiffres 9

PILIER 1 : DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT 10


STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

I.1. Développez des règles de gouvernance efficaces 1


I.. Améliorez la gestion de vos risques 14
I.3. Faites de la qualité une priorité au service des clients 16
I.4. Favorisez des modes de conception et de production
responsables 19
I.5. Utilisez le développement durable comme levier d’innovation
et d’investissement 5

PILIER  : DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE


VERS LA PERFORMANCE SOCIALE 30

II.1. Responsabilité vis-à-vis des collaborateurs 3


II.1.A Créez les conditions favorables au développement professionnel 32
II.1.B Favorisez la cohésion sociale 34
II.1.C. Encouragez la diversité 39
II.1.D. Enrichissez les relations professionnelles et le dialogue social 43

II.. Responsabilité vis-à-vis de la société civile 46


II.2.A Favorisez l’écoute et le dialogue 46
II.2.B Participez au développement local 47

 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
PILIER 3 : DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT
PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT 5

III.1. Privilégiez la bonne gestion des déchets et des produits


en fin de vie 54

III.. Luttez contre le changement climatique 55


III.2.A. Réduisez les émissions de GES liées aux activités de votre
entreprise 55
III.2.B. Réduisez les émissions de GES dues aux déplacements de
vos salariés 57
III.2.C. Réduisez les émissions de GES dues aux transports de
marchandises 58
III.2.D. Améliorez le bilan énergétique de votre entreprise 61

III.3. Favorisez les bonnes pratiques des parties prenantes 63

BOÎTE A OUTILS : LE DÉVELOPPEMENT DURABLE EN PRATIQUE 68

Les Outils
 Instruments règlementaires 69
 Conventions, recommandations et principes internationaux 70
 Lignes directrices privées 73
 Outils d’évaluation & de reporting 74
 Outils de normalisation 77
 Outils de labellisation 79

Les Références utiles


 Dispositifs de soutien financier et technique 81
 Contribution du secteur financier 85

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 3
directeur général d’Arcelor, président du Comité développement durable du MEDEF Le concept du développement durable voit officiellement le jour en 1987. Depuis, l’idée a fait
son chemin et s’est affirmée comme objectif de société.
Le développement durable « est un point de rencontre entre aujourd’hui (satisfaire les besoins
de tous) et demain (respecter les générations futures), entre le global (l’écosystème planétaire)
et l’individuel (la recherche du bon geste), entre les aspirations d’équité (droits sociaux pour
tous) et d’écologie (respect de la nature), entre l’égoïsme (penser à soi) et l’altruisme (veiller
au bien-être des autres), entre les riches et les pauvres, entre les institutions internationales,
les gouvernements, les entreprises, les consommateurs et la société civile. »1

Que viennent faire les entreprises dans tout ça ?


Si sa première mission est bien de veiller à sa rentabilité, garante de sa durabilité, l’entreprise,
par les conditions de travail qu’elle propose à ses salariés et demande à ses sous-traitants,
contribue aussi au développement social et humain de la société. De plus, par ses consommations
de ressources naturelles, ses rejets de déchets, elle est amenée à agir sur l’environnement.
Aussi, l’entreprise est-elle au cœur du développement durable. Parce qu’elle constitue « la
par Jean-Yves Gilet,

force de changement la plus puissante de notre époque (...) plus riche et plus rapide que
beaucoup de gouvernements »2, elle est la mieux placée pour rendre le monde meilleur, pour
impulser des changements positifs. Ainsi, à travers le monde, des entreprises se mobilisent sur
le sujet : 23693 entreprises dont 388 françaises ont déjà signé le Pacte mondial de l’ONU ; 244
entreprises ont adhéré à la Global Reporting Initiative (GRI).
Le développement durable agit en agitateur de consciences et en « accélérateur des
responsabilités ». Toutefois, la démarche de développement durable pour une entreprise est,
avant tout, un chemin d’apprentissage et d’amélioration continu, qui se parcourt, pas à pas.
Les bons élèves sont incités à aller toujours plus avant dans une démarche de progrès qui leur
permet de positionner leur stratégie et leur fonctionnement sur chacun des trois piliers du
développement durable : l’économique, le social et l’environnement, piliers indissociables qui
intéragissent les uns avec les autres. D’autres entreprises, en revanche, restent en retrait ou
manifestent un certain scepticisme. Il s’agit de les inciter à rejoindre le groupe de tête, en leur
fournissant comme moteur, les bonnes pratiques déjà appliquées par de grands groupes ou des
PRÉFACE

PME. Telle est l’ambition de ce guide qui n’est pas un ouvrage théorique mais bien un manuel
d’applications concret.
Il s’articule pour cela autour des trois piliers du développement durable. Pour chaque pilier,
une idée clé, des domaines d’action et des bonnes pratiques sont donnés. Un dernier chapitre
dresse un panorama synthétique des outils et des aides à disposition des entreprises dans ce
domaine.
Ainsi que le dit Laurence Parisot, présidente du MEDEF, « l’entreprise n’est pas une île ; parce
qu’il est nécessaire d’assurer le plus d’échanges possibles entre elle et le monde dans lequel elle
s’insère : le village, les nouveaux publics, la banlieue, la nation, le monde. Comme nous n’avons
jamais été convaincus par le modèle de la lutte des classes qui prévaut encore aujourd’hui en
France, comme tout au contraire nous pensons qu’il est possible de trouver un socle d’intérêts
communs », le MEDEF inscrit son action dans le développement durable.

1 SLIM, Assen, Le développement durable, collection Idées Reçues, Ed. Le Cavalier Bleu, Paris, 2004.
2 RODDICK, Anita, fondatrice de The Body Shop, « La tribune libre : la valeur de l’échange », l’Express, 2 août 2004.
3 Au 1er février 2006 ; source : www.unglobalcompact.org.
Votre avis nous intéresse
Toutes les bonnes pratiques présentées dans ce guide sont illustrées par
des exemples nominatifs, repérés et sélectionnés à partir des données
publiées sur Internet et dans divers supports papiers, des remontées des
fédérations professionnelles associées à l’élaboration de ce guide, et d’une
enquête conduite auprès des MEDEF territoriaux. Elles ne se veulent pas
exhaustives et c’est la raison pour laquelle ce guide sera amené à évoluer.

Si vous pensez que vos expériences ou celles dont vous avez connaissance,
peuvent servir à d’autres entreprises, nous vous invitons vivement à nous
les faire connaître par mail à :
www.medef.fr - rubrique « contact »

ou par courrier à :
MEDEF
À l’attention de Sophie Liger-Tessier
Comité du développement durable
55, avenue Bosquet
75330, Paris cedex 07

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 5
VOUS AVEz DIT DÉVELOPPEMENT DURABLE ?

Le déveLoppement durabLe
Définition extraite du Rapport Bruntland 4

Un développement qui répond aux besoins du présent sans


compromettre la capacité des générations futures à satisfaire aux leurs.

TROIS PILIERS INDISSOCIABLES


INTRODUCTION

NORD

SoCIétaL

vivable équitable

GÉNÉRATION GÉNÉRATION
durable
D’AUJOURD’HUI DE DEMAIN

envIronnement éConomIe
performance

SUD

4 Rapport Bruntland, « Notre avenir à tous », Commission mondiale sur l’environnement et le développement, 1987
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE, UN ENjEU STRATÉgIQUE POUR LES
ENTREPRISES

« Le monde évolue, les niveaux d’exigence croissent, de


nouveaux risques apparaissent, des opportunités nouvelles
sont à saisir. Il faut nous adapter en permanence et progresser
en rythme avec nos partenaires de tous horizons. C’est à
cette condition que le développement durable deviendra

»
un véritable avantage compétitif pour l’entreprise et qu’il
contribuera à la création de valeur.

Philippe Citerne, directeur général délégué


Société Générale

Les entreprises doivent faire face aux attentes, de plus en plus exigeantes, de multiples parties
prenantes :

n les clients et les consommateurs sont de plus en plus attentifs à la qualité et à la


sécurité des produits ;
n les fournisseurs et les prestataires sont demandeurs d’une relation commerciale
équilibrée basée sur la confiance et le dialogue ;
n les actionnaires portent un intérêt croissant au comportement socialement
responsable des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir ;
n les salariés sont davantage soucieux d’être associés aux projets de leur entreprise
et d’être rassurés sur son éthique ;
n les pouvoirs publics et les institutions internationales renforcent la
réglementation ;
n l’opinion publique est de plus en plus attachée à la transparence dans la conduite
des affaires.

En s’engageant dans un programme de développement durable, les entreprises sont mieux à


même d’anticiper ces différentes aspirations en leur apportant des réponses adaptées dans
la durée. C’est le moyen de prévenir les crises potentielles susceptibles de mettre en danger
leur image vis-à-vis de l’opinion publique et de susciter la méfiance des investisseurs et des
actionnaires. Des relations fondées sur l’écoute, le dialogue et la participation, ainsi qu’une
communication claire auprès des parties prenantes sur les objectifs fixés, les pratiques
mises en œuvre et leur impact sur la société sont les clés d’un progrès partagé et d’un
enrichissement mutuel.
Si le développement durable aide à renforcer les fondamentaux des entreprises et à assurer
leur pérennité, il constitue aussi un moteur de croissance et de compétitivité. Il offre, en
effet, un terrain favorable à l’innovation et à la créativité. Les produits évoluent pour intégrer
davantage de qualité, de service et de valeur ajoutée pour le client.
Parallèlement, la nécessaire résolution des problèmes sociaux ou environnementaux entraîne
l’apparition de nouveaux secteurs d’activité. En outre, l’entreprise responsable, forte de sa
réputation et de la confiance qu’elle suscite, accroît la motivation et la fidélité de l’ensemble
de ses publics et peut accéder plus aisément à de nouveaux pays et marchés.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 7
attenteS deS partIeS prenanteS enverS LeS entreprISeS

Economique Environnement Social


Client/ Garantie, qualité, juste Consommation aussi Ethique, commerce
Consommateur prix réduite que possible équitable. Respect du
de ressources, respect droit social
de l’environnement et
information
Employés et Equité sociale, Respect de Motivation, consultation
syndicats rémunération l’environnement local interne, formation,
développement,
employabilité
Sous-traitants Rémunération Définition claire Formalisation des
équitable, informations des exigences sur exigences en matière
sur le développement les produits et les de condition de
et la pérennité de la processus production et des
collaboration modes de contrôle et
d’audit
Fournisseurs Relations de partenariat Formalisation des Formalisation des
long terme spécifications exigences éthiques et
techniques déontologiques
Financeurs Pérennité économique, Maîtrise des risques Anticipations sur
besoin en fonds de environnementaux les besoins de
roulement et de leurs impacts reclassement afin de
financiers. limiter les coûts
Distributeurs Maîtrise des charges, Réduction des déchets Développement de
concurrences d’emballage, des produits éthiques
transports. Prise en
compte des aspects
environnementaux
Actionnaires et Résultats financiers Ethique, maîtrise des Maîtrise des risques
« propriétaires » risques. Anticipation et liés à l’image,
transparence. anticipation et gestion
de crise
Pouvoirs publics Contribution à la Respect de la Respect réglementation
richesse nationale et réglementation en matière de droit du
locale travail
Communautés Pérennité de Information et Prise en compte
locales et l’entreprise transparence. des attentes locales,
territoriales Réduction des participation à la vie
nuisances. locale. Acteur du
bassin d’emploi.
Concurrents Benchmarks Respect des règles de Respect du droit de la
protection concurrence, éthique,
absence de dumping
social.
Assureurs Charges de Maîtrise des risques Accidents du travail,
réparation y compris des sous-
traitants
Source : développement durable et entreprise, Orse - Afnor

8 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE EN QUELQUES
CHIFFRES :

• 61 % des actionnaires auront de plus en plus tendance à sélectionner


les sociétés sur leurs comportements et engagements en matière de
développement durable. « L’éthique, l’honnêteté des dirigeants et des
salariés dans la conduite des affaires » est le 5ème critère dans les
décisions d’investissement sur les 16 testés. Sofres 003
• 67 % des Français connaissent l’expression développement durable
mais seulement 8 % savent qu’il comporte trois piliers : l’économie, le
social et l’environnement. Ipsos 004
• 5 % des gérants de fonds et analystes européens, ainsi que 47 %
des responsables des relations avec les investisseurs estiment que les
aspects sociaux et environnementaux vont de plus en plus peser sur
les décisions d’investissement dans les trois prochaines années. Étude
CSR Europe 003, Investing in responsible business
• 61 % des Français estiment que la fonction de l’entreprise ne se limite
pas à un rôle financier, mais qu’elle doit s’élargir à la citoyenneté et au
champ de la solidarité. Sofres 003, Les Français et l’entreprise
• 414 entreprises françaises ont adhéré au global Compact. Le Forum
des Amis du Pacte mondial
• 50 % des PME européennes sont impliquées, à des degrés divers,
dans des causes socialement responsables. Observatoire des PME
européennes, rapport 00 / n°4
• En France, environ 1000 PME sont engagées dans une démarche
d’évaluation de leur RSE, tandis qu’en matière environnementale, 1780
PME sont certifiées ISO 14001. L’interconsulaire 003
• En matière de risque, la hiérarchie des six plus grandes préoccupations
des Français est la suivante : la pollution atmosphérique en ville, le
suivi des risques alimentaires, la pollution des eaux, puis les risques
industriels, ceux liés aux changements climatiques et enfin les risques
liés à l’amiante. Ifop 00
PILIER 1
DÉVELOPPEMENT DURABLE
OU COMMENT STIMULER LA
PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
La performance économique est un préalable nécessaire au
développement durable. Réciproquement, le développement durable
est un levier d’amélioration de la performance des entreprises. Cette
démarche à long terme leur permet, grâce à l’élargissement de l’angle
d’attaque de leur stratégie à l’ensemble des parties prenantes, de
mieux maîtriser leurs risques. Elle constitue, par ailleurs, un moteur
de croissance en stimulant l’innovation, génératrice d’avantages
concurrentiels. Le développement durable est alors, pour l’entreprise,
une source de progrès, créatrice de valeur.

« Adopter une démarche de développement durable


est un moyen de rester compétitif. C’est un élément de
différenciation qui peut représenter un investissement dans
un premier temps mais qui coûtera beaucoup moins que le
fait de ne pas s’engager dans des actions socialement et

»
environnementalement responsables, si tous vos concurrents
le font.

Denis Chazallet,
CCI de Saint-Étienne

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 11
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

I.1. DÉVELOPPEz DES RègLES DE gOUVERNANCE


EFFICACES

IMPULSER DES DÉMARCHES ÉTHIQUES :

« Les entreprises du XXIème seront éthiques ou ne seront pas. »

Dans un contexte où les investisseurs et la société civile accordent une importance croissante
aux impacts de l’activité et du comportement des entreprises au-delà des seuls résultats
économiques, entreprendre de telles démarches devient un facteur de performance et de
compétitivité. Aussi, de plus en plus d’entreprises formalisent-elles leurs règles éthiques dans
des chartes ou des codes de conduite.
I.1. DÉVELOPPEz DES RègLES DE gOUVERNANCE EFFICACES

Les codes de conduite, chartes et autres dispositifs déontologiques énoncent :


n les engagements auxquels une organisation déclare souscrire volontairement vis-à-vis de
ses parties prenantes. Il s’agit, entre autre, de la gestion de l’environnement, des conditions
de travail, des droits de l’homme, de la concurrence, des rapports avec les fournisseurs,
de la protection des consommateurs et de la transparence de la communication et de
l’information ;
n les moyens mis en œuvre pour en assurer le suivi et en contrôler le respect.

Ces engagements s’inscrivent en cohérence avec les normes internationales comme celles de
l’OIT, les cadres de référence universels tels que le Pacte mondial… Ils permettent de :
n garantir la transparence des règles communes ;
n inspirer le sens des responsabilités des différents acteurs (salariés, fournisseurs, sous-
traitants, clients…) ;
n motiver et impliquer le personnel en donnant un sens à la mission de l’entreprise et en
affirmant ses valeurs ;
n se doter de normes en matière de pratiques commerciales ;
n véhiculer, in fine, une image crédible et favorable en interne comme en externe.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Selon l’OCDE, sur les 100 plus grosses entreprises mondiales, 95 ont des codes de
conduite en matière d’environnement, 82 sur les relations de travail, 97 sur la santé et la
sécurité au travail et 43 sur la corruption.
 A ce jour, 2369 entreprises à travers le monde - dont 388 françaises - ont signé le Pac-
te mondial des Nations unies dont 918 PME – 167 françaises. (Chiffres au 01/01/06)
 Suez s’est dotée de différentes chartes qui régissent les métiers, les fonctions et les
dialogues avec différentes parties prenantes du groupe : la charte de l’environnement, la
charte d’éthique, la charte de l’administrateur, la charte sociale internationale, la charte des
PILIER 1

financiers, le guide de la relation commerciale et la charte santé - sécurité.

1 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
 Le 25 mars 2004, le conseil d’administration du groupe Air France KLM a adopté un
code de déontologie. Ce code, qui s’applique à la totalité du groupe, a pour vocation d’in-
former les membres du conseil d’administration et des comités exécutifs, ainsi que certains
collaborateurs, des conditions sous lesquelles ils peuvent effectuer des transactions bour-
sières ainsi que de leur devoir de ne pas divulguer les informations confidentielles dont ils
peuvent être détenteurs, et de prévenir les conflits d’intérêt.

COMMUNIQUER AVEC SES INVESTISSEURS : les investisseurs ont un droit de regard sur
le fonctionnement et la gestion de l’entreprise. Ils ont besoin de connaître ce qui rythme sa vie
c’est à dire sa stratégie globale et ses perspectives de développement pour faire leurs choix
d’investissement. Face à la demande d’information de la part des investisseurs et à l’activisme
croissant des actionnaires, il importe à l’entreprise de donner, de la façon la plus transparente
et la plus régulière possible, la meilleure information.

I.1. DÉVELOPPEz DES RègLES DE gOUVERNANCE EFFICACES


Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Carbone Lorraine, spécialiste mondial du carbone et du graphite, a reçu en 2003 deux
distinctions pour la qualité de sa communication vis-à-vis de ses actionnaires : pour la
2e année consécutive, le 2e prix des Fils d’Or, organisé par le magazine la Vie Financière et
récompensant la qualité de l’information fournie aux actionnaires individuels et le 3e prix de
Boursoscan, un concours organisé par Boursorama et récompensant divers aspects des
sites Internet des sociétés cotées.
 BNP Paribas a réalisé un guide à destination de ses actionnaires particuliers : le Guide
des Actionnaires BNP Paribas. Disponible sur simple demande, il est destiné à parfaire
l’information des investisseurs individuels sur les réalisations de la banque et le cours de
l’action. Son objectif principal est d’améliorer leur connaissance et leur compréhension des
marchés sur lesquels opère le groupe.
 L’étude « Institutional Investor 2004 » classe Axa au premier rang des sociétés françai-
ses - toutes activités confondues - pour la qualité de sa communication financière vis-à-vis
des investisseurs institutionnels. Cette dernière s’appuie notamment sur un nombre impor-
tant de réunions, près de 400 en 2004. (Cf. Rapport de développement durable).

DÉLIVRER UNE INFORMATION ExTRA-FINANCIèRE SINCèRE : désormais, l’obligation


de transparence ne s’applique plus uniquement au domaine de l’information financière. En vertu
de l’article 116 de la loi NRE, les entreprises cotées sont également soumises à l’obligation de
publier des informations relatives à leur politique de développement durable. Ces informations
sont généralement reprises dans des rapports annuels dédiés. Ces rapports comprennent des
données sur la stratégie développement durable et sur les engagements pris par l’entreprise
à ce titre. Ces engagements portent sur les risques encourus et la manière de s’en prémunir,
sur les objectifs fixés, leur planification et leur suivi (indicateurs). Les rapports se réfèrent de
plus en plus fréquemment à la GRI5 dont une version est désormais disponible pour les PME.
Dans le cadre d’une démarche volontaire, certaines entreprises font valider les données des
rapports de développement durable par les commissaires aux comptes, voire par des ONG.
PILIER 1

5 Voir Boîte à Outils – Outils d’évaluation et de reporting, p. 74

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 13
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

A ce jour, les PME et les entreprises non cotées n’ont pas d’obligation quant à l’élaboration
de tels rapports. Néanmoins, la diffusion d’informations sur ces thèmes participe à la diffusion
d’une image « responsable » en garantissant plus de transparence. Mettre l’accent sur ces
qualités concourt à la satisfaction de la clientèle (existante et potentielle) et à celle des
investisseurs. Le site Internet de l’entreprise peut s’avérer être un outil efficace de la diffusion
de ces informations.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Plus de 90 % des grandes entreprises françaises6 publient un rapport dédié au déve-
loppement durable (séparé du rapport d’activité) ou plus de 15 pages intégrées dans le
rapport annuel. Source : « Rapports développement durable : Observatoire 2005 – Vers
l’analyse des performances extra-financières », Ernst & Young, décembre 2005
 23 % des entreprises du SBF120 et 54 % des entreprises du CAC 40 dont Danone
et Accor, suivent les lignes directrices du GRI. (Les bonnes pratiques des entreprises du
SBF120, RSM Salustro Reydel).
 Lafarge a créé en 2003 un panel de parties prenantes qui rencontre les cadres diri-
geants une fois par an. Ce panel pose un regard critique sur l’approche développement
durable du groupe et l’aide ainsi à progresser vers une plus grande transparence. Les
règles de fonctionnement du panel et l’auto-évaluation de son efficacité sont disponibles
I.. AMÉLIOREz LA gESTION DE VOS RISQUES

sur le site Internet du groupe.

I.. AMÉLIOREz LA gESTION DE VOS RISQUES

Face à la multiplication des risques encourus, les entreprises mettent en place des systèmes
de gestion du risque de mieux en mieux formalisés. Ceux-ci intègrent progressivement
les préoccupations soulevées par les exigences de développement durable, susceptibles
d’engager la responsabilité de l’organisation en cas de faute, de dommage ou d’implication
passive sur l’ensemble de sa chaîne d’activité.
L’occurrence de certains risques sociaux et environnementaux, largement médiatisés, peut
nuire à la réputation de l’entreprise et à la confiance des acteurs financiers (actionnaires,
banques, assurances...).
Dans cette perspective, la gestion du risque (entendue comme tout élément susceptible
d’affecter la réalisation des objectifs stratégiques et opérationnels) se présente comme un
enjeu majeur.
Gérer les risques consiste à organiser un système de prévention des erreurs, des
dysfonctionnements et autres perturbations susceptibles d’affecter la performance. Ce
système est fondé sur un ensemble cohérent de processus d’identification, d’analyse des
dangers potentiels et de procédures correctives.
L’ensemble de ces procédures constitue un élément de réassurance précieux pour les
entreprises. Elles se prémunissent ainsi d’effets « boomerang » résultant d’un écart entre
leurs discours et la réalité de leurs actions. En cas de crise ou d’accident, on jugera moins
l’entreprise au regard de l’évènement que sur sa capacité à avoir tout fait pour l’éviter et celle
à tout faire pour le réparer.
PILIER 1

6 Entreprises du CAC 40 et entreprises publiques

14 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
GeStIon deS rISQueS : enJeuX pour L’entreprISe
et outILS CorreSpondantS

Motivations Outils
Tirer bénéfice des crises passées ou Plan d’urgence
présentes
Financement des sinistres et des pertes
(contrats d’assurance, instruments
financiers)
Mise en œuvre de normes et de certification
auditées

Garantir la continuité des activités de Prévention de risques spécifiques


l’entreprise (relatifs aux produits, à la technologie, à
l’environnement)
Mise en œuvre de démarches transversales
(qualité totale, etc.)
Établissement de nouvelles pratiques de
contrôle interne cohérentes avec l’évaluation
préalable des risques

I.. AMÉLIOREz LA gESTION DE VOS RISQUES


Minimiser les incertitudes pesant sur la Cartographie des risques (identification des
réalisation de la stratégie risques à l’échelle de l’entreprise selon une
architecture spécifique)
Evaluation financière de l’ensemble des
risques, intégrée dans l’appréciation des
performances des activités
Mise en place des processus d’identification
et de suivi des risques intégrés à la gestion
des opérations

Source : Patrick d’Humières, développement durable : diriger l’entreprise responsable,


Ed.d’Organisation, p.169

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Veolia Environnement a créé en 2004 une direction dédiée - la direction des risques -
responsable de la cohérence du processus de gestion des risques (adoption de règles de
conduites, définitions des objectifs, mise en place de réponses appropriées, de contrôle et
d’une communication adaptée). Veolia Environnement prend en compte un spectre étendu
de risques tels que les risques sanitaires et environnementaux ou les risques liés à l’éthique
et à la gouvernance d’entreprise.
 En 2004, Suez a créé le « Corporate Security Department » sous l’autorité du secrétaire
général afin de pouvoir anticiper les crises majeures. Outre assurer la sûreté des person-
PILIER 1

nes et celle des exploitations, ce département a pour mission la gestion de crise.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 15
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

 AGF dispose depuis 2001 d’un département Risk Management. Sa mission est de
mieux appréhender la gestion des risques opérationnels et financiers pour le groupe. En
2004, il a mis en place de nouveaux outils informatiques afin de mesurer et d’évaluer les
risques : RMS pour les risques de catastrophes naturelles ; Igloo afin d’optimiser les pro-
grammes de réassurance ; Risk Navigation pour les risques opérationnels.

I.3. FAITES DE LA QUALITÉ UNE PRIORITÉ AU


SERVICE DES CLIENTS
I.3. FAITES DE LA QUALITÉ UNE PRIORITÉ AU SERVICE DES CLIENTS

AMÉLIORER LES RELATIONS AVEC SES CLIENTS : le client, et plus largement le


consommateur, constitue la pierre d’angle sur laquelle repose la pérennité de toute entreprise.
Les produits et services proposés doivent prendre en compte ses attentes et s’y adapter
continuellement. Ces attentes portent aussi sur la qualité de l’accueil, de l’organisation, de la
disponibilité et de la compétence du personnel, sur sa capacité à conseiller... Il est important
que votre entreprise soit à l’écoute de ses clients pour mesurer leur satisfaction et, le cas
échéant, engager des plans de progrès. Faire entrer la voix du client dans l’entreprise relève de
technologies diverses allant de l’approche quantitative fondée sur un échantillon représentatif
du fonds de commerce jusqu’à une écoute individualisée permettant de réaliser un bilan de
satisfaction qualitatif avec des cibles à fort potentiel.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 La société Aéroports de Paris (ADP) a lancé une « Opération sourire » afin d’améliorer
l’accueil du public au sein des aéroports. Le public est placé au centre des préoccupations
et ADP cherche à respecter la diversité culturelle et religieuse comme le montrent la pré-
sence de deux chapelles, d’une synagogue et de deux mosquées sur les sites d’Orly et de
Roissy-Charles de Gaulle. (Cf. Rapport développement durable ADP).
 Chaque division de Veolia Environnement, dans le cadre de ses contrats, mène des étu-
des quantitatives (mensuelles, bimestrielles ou annuelles) permettant de mesurer le niveau
de satisfaction rendu autour d’une série d’indicateurs propres à chaque activité et regroupés
par thèmes. L’identification de nouvelles attentes se fait simultanément ou en complément.
Parallèlement, ont été développés, au plan local, des relais relationnels de proximité pour
répondre aux différentes demandes (information, dialogue, transparence) émises par ses
clients. Enfin un réseau de centres d’appels téléphoniques dotés d’un personnel dédié of-
fre au client final une interface accessible le plus souvent 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
(Cf. Rapport développement durable Veolia)
 La Société Générale s’est dotée en 2004 d’un dispositif nouveau, Know Your Customer
(KYC ; « connaître son client ») au sein de sa banque de financement et d’investissement.
Cette fonction transversale assure le processus d’entrée en relation avec les nouveaux
clients et permet une revue périodique des clients.
 Axa a créé en 1999 Customer Scope, un outil de mesure de la satisfaction de ses
clients mis à disposition des sociétés du groupe. Le besoin stratégique de suivre la per-
PILIER 1

formance du groupe a entraîné la création d’un Key Performance Indicator qui permet de
suivre d’une année sur l’autre le niveau de satisfaction globale des clients d’Axa.

16 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
DÉVELOPPER LA MAÎTRISE DE LA QUALITÉ : quand bien même la qualité engendre
des coûts de prévention, de formation et de contrôle, la non qualité, destructrice de valeur,
coûte davantage. En effet, corriger des erreurs répétées est moins rentable que de « faire
bien du premier coup ». Les démarches d’assurance qualité sont l’un des moyens de maîtriser
le risque. Elles contribuent en outre à donner confiance a priori au marché du fait que les
exigences qualité seront remplies. L’exemple type en est la certification, reconnaissance de
la démarche par un organisme indépendant. C’est dans ce cadre qu’on été élaborées les
normes ISO (ISO 9001, mais aussi ISO 14000, norme de management, de performance et
d’audit environnemental des organismes). Il existe par ailleurs d’autres référentiels spécialisés :
AA 1000, EMAS, OHSAS 18001, SA 80007… Chacun de ces référentiels a ses spécificités
et doit être choisi en fonction des objectifs poursuivis par votre entreprise. Entrer dans des
démarches de ce type est utile car les prescripteurs l’imposent de manière croissante à leurs
fournisseurs.

I.3. FAITES DE LA QUALITÉ UNE PRIORITÉ AU SERVICE DES CLIENTS


Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Créé en 1919, Habitat 25 déploie une stratégie de très long terme : « 1919-2019 : l’Of-
fice a 100 ans ». Ce projet vise à promouvoir le logement durable, à partir d’une politique
environnementale présentée sous trois axes : risques, ressources et richesses. Habitat 25
est certifié ISO 9001 depuis février 1998 et ISO 14001 depuis février 2004. Lauréat du
Prix français de la qualité et de nombreux trophées, il a été reconnu pour son « excellence »
au niveau européen en 2004.
 Accor a décidé en 2002 de faire certifier sa démarche environnementale selon la norme
internationale ISO 14001 pour sa chaîne hôtelière Ibis et sa division Accor Thalassa dans
le cadre de l’application de la charte environnement du groupe. Dix-neuf établissements
Ibis (Sud-Ouest de la France) et le site Accor Thalassa Quiberon ont déjà obtenu la certifi-
cation ISO 14001. Le groupe prévoit qu’en 2006 100 % des hôtels filiales seront certifiés
ISO 14001.
 La société Quadripack, filiale de Novatex, comptant soixante salariés et spécialisée
dans les produits d’entretien, a conçu un produit de vaisselle « écolabellisé » car 100 %
des composés sont biodégradables, l’emballage est totalement recyclable et les parfums
sont uniquement d’origine naturelle. Ce label défini à partir d’un cahier des charges euro-
péen a été décerné par l’Afnor Certifications.

PILIER 1

7 Pour toutes ces normes, voir la Boîte à Outils

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 17
UNE INITIATIVE SECTORIELLE :
LA FILIèRE BOIS / PAPIER

La certification de la gestion durable des forêts et la certification de


la chaîne de contrôle des produits à base de bois sont des gages de
qualité des pratiques en forêt et dans les entreprises. Il est, comme
pour tout produit certifié, économiquement avantageux à long terme d’y
avoir recours même si à la base les coûts d’investissement peuvent être
importants. Pour les bois, plusieurs marques de certification existent,
les plus importantes en Europe étant PEFC et FSC.

n La branche distribution bâtiment achète plus de 1,5 million de m3


de bois par an, dont moins de 8 % en bois tropical. Au 31 décembre
003, deux des usines Lapeyre ont été certifiées FSC et une PEFC. En
conséquence, Lapeyre a mis sur le marché ses premiers produits finis
certifiés : escaliers en tauari du Brésil et en sapin de Scandinavie.

n La majorité des entreprises productrices de pâte à papier en France


sont engagées dans une démarche de certification de leur chaîne de
contrôle d’approvisionnement en bois provenant de forêts certifiées.
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
RENFORCER LA SÉCURITÉ DES PRODUITS : toute entreprise qui conçoit et met sur
le marché des produits a une responsabilité envers ses salariés et ses clients sur le plan de
la sécurité. Elle doit donc s’assurer que tout produit, de son procédé de fabrication à son
utilisation/sa consommation n’entraîne aucun risque pour la société qui l’entoure. Il convient
donc de s’engager dans une démarche de prévention et d’amélioration continue de la sécurité
en analysant les risques à toutes les étapes du cycle de vie du produit.

I.4. FAVORISEz DES MODES DE CONCEPTION ET DE PRODUCTION RESPONSABLES


Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Dans le secteur de l’agro-alimentaire, la méthode HACCP (Hazard Analysis and Critical
Control Point) permet de prévenir les risques sur une ligne de production (depuis la fabri-
cation jusqu’à la commercialisation) et de définir les contrôles nécessaires dans un souci
de traçabilité des produits.
 ADDIPLAST, PME de soixante personnes spécialisée dans l’ignifugation (protection
contre le risque d’incendies) et la coloration de pièces plastique, a signé un contrat d’ob-
jectifs avec la Cram (Caisse régionale d’assurance maladie) de Clermont-Ferrand pour
l’amélioration de dix-neuf points reconnus du process de fabrication. Ce contrat vise à
améliorer les conditions de travail et la prévention des risques professionnels.
 Le « Responsible care » ou Engagement de progrès est une initiative volontaire de l’in-
dustrie chimique par laquelle les entreprises du secteur s’engagent à améliorer de manière
constante et mesurable leur prestations dans les domaines de la santé, de l’environnement
et de la sécurité, et à en informer ouvertement le public.

I.4. FAVORISEz DES MODES DE CONCEPTION ET


DE PRODUCTION RESPONSABLES

DÉVELOPPER L’ÉCO-EFFICACITÉ ou comment produire mieux en consommant moins ?

Axée sur trois objectifs majeurs :


n L’amélioration du rendement énergétique des productions ;
n La réduction de l’incidence sur l’environnement tout au long du cycle de vie des
produits ;
n La réponse aux attentes et besoins des clients tout en consommant moins de matériaux
et de ressources.

L’éco-efficacité est un levier-clé dans la mise en œuvre de stratégies responsables. Source


possible d’un avantage compétitif, cette démarche doit permettre des économies de coûts,
une gestion plus efficace des risques et, in fine, une expansion de l’entreprise en l’orientant
vers de nouveaux produits, processus et/ou services. Pour les produits, il s’agit de concevoir
et de penser les modes de fabrication de façon à éviter les gaspillages et les déchets de la
production à la fin de vie des produits (récupération, recyclabilité, biodégradabilité). Cela
suppose donc d’analyser le cycle de vie de chaque produit pour améliorer l’éco-efficacité
PILIER 1

de chaque étape. En amont des chaînes de production, les choix de produits doivent être

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 19
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

effectués de façon à proposer une offre éco-efficace qui stimule la demande de ce type de
produit de la part du consommateur. En incitant le consommateur à devenir éco-responsable,
votre entreprise pourra devenir elle-même éco-responsable et vice-versa. Enfin parce que
votre entreprise est également consommatrice, elle doit veiller à se fournir en produits éco-
efficace.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


I.4. FAVORISEz DES MODES DE CONCEPTION ET DE PRODUCTION RESPONSABLES

 Schneider Electric a fixé dans son programme NEW2004, un objectif de 100 % de nou-
veaux produits globaux éco-conçus ; ce taux était de 57 % en 2003. Cette éco-conception
s’appuie sur l’approche par l’analyse du cycle de vie conforme à la norme ISO 14062.
(Cf. Rapport développement durable Schneider Electric)
 Laboratoire de R&D spécialisé en Chimie Verte®, Salveco® a développé Bleuveco®,
un détergent à base entièrement végétale, 100% biodégradable, distribué par Johnson-
Diversey. Avec une formulation mondialement brevetée, Bleuveco® s’inscrit parfaitement
dans la perspective du développement durable : compétitivité, efficacité et réduction des
risques pour l’homme et l’environnement. Bleuveco® est le premier détergent au monde
à avoir obtenu l’écolabel européen, qui garantit son efficacité et le respect d’exigences
environnementales.
 Biocolor est la première moquette 100 % recyclable en Europe. C’est une moquette
thermoplastique destinée dans un premier temps aux revêtements de sols des foires, sa-
lons et parcs d’exposition. Après son utilisation, le recyclage est assuré dans le domaine
de la plasturgie, par la fabrication de pièces techniques.
PILIER 1

0 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
UN ExEMPLE D’ÉCO-CONCEPTION :
L’ OPTIMISATION DES EMBALLAgES

L’emballage est constitué du contenant mais aussi de tout élément attaché


au produit qui sert à en faire la promotion (par exemple, les étiquettes).
L’emballage n’a pas uniquement un rôle marketing : il protège le produit,
facilite sa manutention et garantit la sécurité du consommateur.
L’éco-conception peut jouer un rôle central dans l’optimisation des
emballages, en permettant de l’adapter aux caractéristiques requises
tout en réduisant les impacts environnementaux de ces produits sur
l’ensemble de leur cycle de vie. Dans cette démarche d’éco-conception,
la gestion de la fin de vie du produit est également prise en compte, ce
qui implique l’association de l’ensemble des partenaires de la chaîne
dans sa mise en œuvre.

n Revipac, créé dès 199, est l’organisme de la filière papier-carton.


Revipac offre une garantie de reprise des emballages ménagers collectés
et triés aux collectivités locales signataires d’un contrat avec les sociétés
agréées, dans des conditions techniques et financières prédéterminées.
Cette démarche responsable a été engagée volontairement et sans
contrainte réglementaire, par la filière papier-carton.

n Dans la grande distribution, les sociétés Ikea et Leclerc, ont fait partie
des premières entreprises à supprimer les emballages non éco-conçus
au profit d’emballages réutilisables payants. Selon un récent sondage
Ifop, les Français sont prêts à 47 % à utiliser systématiquement ou
souvent les solutions alternatives payantes au sac de caisse.

n L’indice ECO des emballages de pièces Renault permet d’évaluer


l’impact écologique des produits suivant plusieurs indices : matériau,
diversité, quantité, durabilité, incendie et recyclabilité. Ainsi entre 1995
et 003, le poids d’emballages ECO utilisés pour la construction d’un
véhicule est passé de 35 kg à 15 kg.

n La société Cherokee Europe, - 400 personnes - fabrique des systèmes


de conversion d’énergie et propose à ses clients des emballages en
carton 100 % recyclables. De plus, afin de diminuer la consommation
d’emballages, des efforts ont été entrepris afin d’augmenter le nombre
de produits par palette et un système de réutilisation des emballages a
été initialisé permettant de recycler le tout près de trois fois par mois.
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

MAÎTRISER LES CONSOMMATIONS DE MATIèRES PREMIèRES : l’amélioration


des procédés peut permettre des économies significatives de consommations de matières
premières. Ceci participe à la sauvegarde des ressources naturelles et à la protection de
l’environnement, tout en permettant à votre entreprise d’optimiser ses coûts de production.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


I.4. FAVORISEz DES MODES DE CONCEPTION ET DE PRODUCTION RESPONSABLES

 En substituant les sous produits ou les déchets d’autres industries à ses matières pre-
mières naturelles usuelles, Lafarge économise chaque année, plus de 8 millions de dollars.
(Cf. Rapport développement durable Lafarge)
 La société Aldevienne (36 salariés, Vingeant-86), spécialisée dans l’affinage d’alumi-
nium a investi dans un débitmètre (2000 euros) pour réduire sa consommation de chlore
de 30 %. Les rejets de ses dérivés chlorés dans l’atmosphère et les risques d’intoxication
du personnel ont, de surcroît, été diminués.
 La société Xerox a réorienté son activité de vente vers la location de photocopieurs.
Cette logique a favorisé la politique de recyclage. De 60 % à 90 % des pièces sont dé-
sormais réutilisées.
 Le groupe Novopac (190 salariés, Messimy-69) spécialisé dans l’emballage thermo-
formé, a investi depuis 1974, 4 millions d’euros dans un système de recyclage de matières
premières en interne. L’économie annuelle réalisée se chiffre aujourd’hui à 900 tonnes soit
250 000 euros. En 2005, un investissement de 44 000 euros permet la récupération des
surplus de chute de matière première chez les clients. Tout en améliorant les conditions
de propreté et de traçabilité chez le client, ce dispositif a permis d’économiser 100 tonnes
supplémentaires par an soit 28 700 euros.
PILIER 1

 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
LE CAS DE L’EAU

L’eau douce est devenue un bien à protéger. Aujourd’hui, prés de 350


millions de personnes sont exposées à des pénuries d’eau. Selon le
programme de l’OCDE sur l’avenir, en 05, ce chiffre pourrait être
réévalué à 3 milliards de personnes si les pratiques actuelles d’utilisation
et de gestion de l’eau se poursuivent. Les intérêts écologiques et
économiques des politiques de maîtrise des consommations d’eau sont
importants et devraient inciter toutes les entreprises à investir dans les
nombreuses technologies développées à cet effet.

n La société Spirax Sarco, comptant 150 salariés et spécialisée dans la


conception et la fabrication de robinetterie industrielles, a mis en place
une nouvelle chaîne de traitement sur le principe « rejet zéro ». Ces
installations ont permis de réduire de 99 % la consommation d‘eau.

n Areva possède des sites miniers à Somaïr au Niger. La consommation


d’eau sur le site de l’usine a été réduite de 5 % en trois ans. L’objectif
étant d’atteindre d’ici 006, une diminution totale d’environ 43 %.
(Cf. Rapport développement durable Areva)

n La SNCF a réduit de 46 % ses consommations en eau ces 0 dernières


années. (Cf. Rapport développement durable SNCF)

n En 001, le groupe Bel a investi 10 millions d’euros dans un vaste


programme visant à réduire la consommation d’eau et à améliorer
l’épuration des eaux usées. Ce programme a d’ores et déjà permis
l’obtention de résultats significatifs en matière de réduction de la
consommation d’eau, des volumes d’eaux usées (réduction brute du
volume d’eaux usées répandues en eaux de 43 %) ainsi que l’amélioration
de la qualité des eaux usées rejetées (réduction des matières en
suspension de 60 % dans les filiales étrangères de l’entreprises).

 Située au Havre, Chevron Oronite est une industrie chimique qui


fabrique des additifs pour lubrifiants et carburants. Elle a été primée
dans la catégorie « actions de réduction à la source et utilisation
efficace de l’eau ». Les principales actions qui ont été mises en place,
sont le déshuilage des eaux de process, le contrôle non destructif des
réservoirs et le dopage oxygène pour tous les effluents incinérés.
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

S’APPROVISIONNER EN PRODUITS ET ÉQUIPEMENTS DE QUALITÉ : les équipements


et les matières premières utilisés par votre entreprise dans son process de production doivent
répondre à des critères de qualité non seulement sur les produits eux-mêmes mais aussi
sur les procédés d’obtention de ces produits. Si à court terme, ces achats peuvent s’avérer
coûteux, ils constitueront un investissement efficace à long terme car ils permettent d’anticiper
sur des exigences futures tout en remplissant un rôle sociétal et social.
I.4. FAVORISEz DES MODES DE CONCEPTION ET DE PRODUCTION RESPONSABLES

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Ariel collabore étroitement avec l’association Consodurable, dont l’objectif est d’inciter
les entreprises à produire durablement en tenant compte à la fois du prix et de la qualité du
produit mais aussi des conditions sociales et environnementales de production.
 Findus est un leader sur le marché du poisson en France (chiffre d’affaires en 2004 :
170 millions d’euros), dans les pays nordiques (390 millions d’euros) et en Europe de
l’Est (4 millions d’euros). Depuis 2002, un indicateur sous forme de feu tricolore régule
ses approvisionnements et le développement de ses produits. Les espèces de poisson
non menacées certifiées MSC (Marine Stewardship Council), c’est-à-dire consommables,
sont assignées d’un indicateur vert. Le orange est utilisé lorsque les produits génèrent
des avis divergents en matière de durabilité et des données complémentaires sont alors
recherchées. Enfin, la couleur rouge désigne les produits non durables.
 La plupart des IAA (industries agroalimentaires) ont mis en place un système de traça-
bilité en amont de leur process de fabrication. En sécurisant l’origine de l’ensemble des
matières premières sélectionnées et en améliorant les connaissances entre acheteurs et
fournisseurs ces systèmes de traçabilité donnent confiance à tous les acteurs qui gravitent
autour du produit fabriqué.

S’ENgAgER DANS UNE DÉMARCHE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE AVEC SES


FOURNISSEURS ET SES SOUS-TRAITANTS : cet engagement peut répondre à une
attente de la part des uns et des autres, mais peut aussi faire l’objet de votre initiative dans un
souci de progrès partagé. Les fournisseurs et les sous-traitants, informés des critères RSE de
sélection des entreprises (notamment en ce qui concerne le respect des principes du pacte
mondial et des conventions de l’OIT en matière de travail des enfants, de travail forcé, de
droits sociaux fondamentaux…), peuvent alors s’évaluer par rapport à ces critères et s’adapter
afin de rester compétitifs. Ils peuvent, par ailleurs, faire bénéficier leurs propres fournisseurs
de leur savoir-faire. La sensibilité croissante des clients à la provenance et aux conditions
de fabrication des produits est une incitation puissante pour vous et vos fournisseurs à faire
évoluer les pratiques.
PILIER 1

4 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Le constructeur automobile Volkswagen a institué une charte sociale entre la société
et ses sous-traitants afin de mettre en application des principes de RSE partout où il est

I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET D’INVESTISSEMENT


implanté.
 En 2003, Gaz de France a signé avec les acteurs majeurs de l’activité des travaux
publics, la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) et deux de ses organismes
professionnels, Canalisateurs de France et Serce, une convention de trois ans pour un
développement réciproque et partagé basé sur la sécurité, la qualité et le respect de l’en-
vironnement.
 Veolia Environnement a réalisé des audits fournisseurs en application d’une clause de
son contrat cadre EV/fournisseurs, pour vérifier la conformité des fournisseurs par rapport
aux principes de développement durable de VE, en matière d’éthique, de social et d’envi-
ronnement. La grille d’audit a été conçue à partir des dix principes directeurs de la charte,
de son système de management environnemental, de certains principes de la GRI et des
engagements pris dans le cadre du Pacte mondial de l’ONU (Cf. Rapport développement
durable Veolia Environnement).
 Ikea expose sa charte développement durable à chaque nouveau fournisseur, et lui
laisse un délai de 3 à 24 mois pour mettre à niveau tous les aspects concernés : qua-
lité, environnement, sécurité, conditions de travail… 80 indicateurs sont suivis dans une
logique coopérative, source de progrès pour le fournisseur (Cf. Rapport développement
durable Ikea).

I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT


DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET
D’INVESTISSEMENT

UTILISER L’ÉCO-INNOVATION POUR PARTIR à LA CONQUêTE DE NOUVEAUx


MARCHÉS : en permettant la création de nouveaux produits, les pratiques durables offrent un
potentiel de progrès technique élevé. C’est le cas, par exemple, pour les produits biologiques,
les produits équitables, les produits « verts », mais aussi les technologies propres.
L’économique et le social sont aussi des leviers d’innovation proposés par le concept
de développement durable. La réforme de la recherche à travers la loi d’orientation de la
recherche et de l’innovation, propose depuis le début de l’année 2003 des incitations fiscales,
des subventions et de nouvelles structures. Un plan d’action « ETAP » (Eco-technologies
action plan) définit les rôles des différents acteurs impliqués dans la promotion des éco-
entreprises.
PILIER 1

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 5
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

ANR
A chaque étape,
Ministère de l’Industrie une aide adaptée
Fonds de compétitivité des entreprises
I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET D’INVESTISSEMENT

en france
Ministère des PME
Programme Croissance PME

Ademe Appels à projets

OSEO bdpme, Anvar

All

Fonds d’investissement en capital risque

Pexe

R&D DÉMONSTRATION DÉVELOPPEMENT

Shéma de synthèse des aides disponibles en matière d’éco-innovation et d’éco-technologies


dans le cadre du programme ETAP
source : enviropea, oree

- l’Agence nationale de la recherche (ANR) créée pour financer des projets de recherche
émanant d’établissements publics de recherche ou d’entreprises.
 Pour en savoir plus : www.gip-anr.fr

- le groupe OSEO, créé pour optimiser les politiques de soutien aux PME/TPE.
 Pour en savoir plus : www.oseo.fr

- l’Agence de l’innovation industrielle (AII), créée pour soutenir, sur appel à projets, en co-
financement avec des industriels, dans le respect de la réglementation européenne, de grands
programmes industriels de moyen terme nécessitant un important effort de R&D.
 Pour en savoir plus : www.aii.fr

- Le Pexe (Plan export éco entreprises) de l’Ademe aide les eco-PME à se développer à
l’international.
 Pour en savoir plus : www.ubifrance.fr/secteur/pexe/presentation.asp

- Les pôles de compétitivité des entreprises concentrent les financements de ces différents
fonds pour accroître la compétitivité de l’industrie en mobilisant en réseau les entreprises,
les centres de recherche publics et privés et les organismes de formation, autour de projets
communs à fort contenu en valeur ajoutée et en innovation.
 Pour en savoir plus : www.competitivite.gouv.fr
PILIER 1

6 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 On dénombre aujourd’hui en France plus de 7000 éco-entreprises qui ont réalisé plus
de 25 milliards d’euros, représentant environ 1 % de la production nationale. Elles sont en

I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET D’INVESTISSEMENT


plein développement : leur croissance est supérieure à la croissance économique nationale
et les perspectives sont encourageantes puisque les éco-entreprises françaises occupent
le 4ème rang mondial. (Source : ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie)
 Arcelor consacre 38 % de son effort de R&D à sa politique environnementale (Cf. Site
du groupe : www.arcelor.com)
 Veolia Environnement propose dans les zones arides des solutions alternatives qu’elle
tente de rendre compétitives pour préserver les ressources naturelles. Par exemple à As-
hkelon en Israël, Veolia Environnement construit une usine qui dessalera (dessalement
thermique ou membranaire) 100 millions de m3 d’eau par an et alimentera 10 % de la po-
pulation israélienne. (Cf. Rapport développement durable Veolia Environnement).
 Galloo Plastics (25 salariés, Halluin-59) est leader européen dans le domaine du recy-
clage des biens de consommation en fin de vie. L’entreprise extrait les matières plastiques
issues des voitures au rebut, pour les recycler et les revendre aux constructeurs automo-
biles sous forme de granulés.
 En 2001, Plastic Omnium Auto exterior lance un projet pilote basé sur l’éco-conception
d’un produit mis sur le marché par Renault. Le succès économique et environnemental qu’a
remporté l’essai a été décisif pour la généralisation de la démarche sur tous les projets. Les
besoins en recyclés sont passés de 600 tonnes en 2000 à 9000 tonnes en 2004.
 Grâce au lancement d’un produit éco-conçu, le bloc planète, la société Luminox a vu
ses parts de marchés passer de 7 à 34 % du marché français entre 2003 et 2004.

ExPLOITER LES RESSORTS DE LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE POUR PROTÉgER


SES IDÉES : à l’heure où les entreprises sont invitées à doubler leur effort d’investissement
en terme de recherche et développement (la France s’est fixé l’objectif d’atteindre 3 % du
PIB consacré à l’investissement dans ce domaine), il est utile de rappeler les vertus du brevet
pour relever le défi de la croissance par l’innovation. Il est complètement accessible aux
PME-PMI et les avantages qu’en retire l’entreprise peuvent se décliner sous quatre aspects.
Il s’agit, d’abord, de justifier les investissements en R&D, ensuite d’empêcher la concurrence
sauvage, puis d’avoir un droit sur la propriété (permet de se protéger des contrefaçons) et,
enfin, d’accroître la notoriété technologique de l’entreprise. Les demandes de dépôt de brevet
sont validées en France par l’INPI (Institut national de la propriété industrielle), à l’échelle
européenne par l’OEB (Office européen des brevets) et mondiale par le PCT (Patents,
Copyrights, Trademarks). Ces organismes proposent des sites en ligne qui donnent l’accès
à tous les brevets déposés depuis 1920. L’entreprise peut ainsi suivre l’état de l’avancement
technique de ses concurrents.

 Pour en savoir plus :


- www.inpi.fr
- www.european-patent-office.org/index.fr.php
- www.wipo.int/index.html.en
PILIER 1

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 7
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Depuis 1991, près de 1000 PME ont été distinguées à l’occasion des trophées INPI.
En 2005, trois PME innovantes (Hologram Industries, Goëmar et Genfit) ayant mis la
I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET D’INVESTISSEMENT

propriété intellectuelle au service de leur performance économique ont été récompensées.


Sur la période 1998-2003 leur effectif a augmenté en moyenne de 40 % et leur chiffre
d’affaires de 50 % alors que la tendance générale affichait une hausse de 13,6 % du chif-
fre d’affaires et une diminution de 9 % des effectifs (Source : www.inpi.fr).
 La société Essilor dépose plus d’une centaine de brevets par an et consacre à la R&D un
budget de 4 à 5 % de son chiffre d’affaires. (Cf. Rapport développement durable Essilor).
 En 2004, chez Air Liquide, 225 innovations ont fait l’objet d’un dépôt de brevet. Le
groupe compte aujourd’hui 2601 inventions protégées par 8702 brevets. (Cf. Rapport
développement durable Air Liquide).

ATTIRER LES INVESTISSEURS SOCIALEMENT RESPONSABLES : l’Investissement


socialement responsable (ISR) œuvre à la réconciliation de la logique financière et du
développement durable. Il peut communément se définir comme la prise en compte de critères
sociaux, environnementaux ou plus largement de responsabilité vis-à-vis de la société dans le
choix d’investissement en complément des critères financiers. A la fin 2005, le marché français
de l’ISR était estimé à 10 milliards d’euros. Même s’il représente toujours moins de 1 % du total
des actifs gérés, les volumes ont augmenté de 94 % en un an. Le nombre de fonds ISR était
de 128 au 31 décembre 2005 contre seulement 80 à la fin 2002, soit une augmentation de
60 % en trois ans. Cela montre que les entreprises engagées dans le développement durable
sont de plus en plus recherchées par les investisseurs, soucieux de conjuguer comportements
vertueux avec plus-value et bénéfices. A long terme, l’objectif est de permettre au monde
financier d’apprécier la performance globale de l’entreprise. C’est donc un levier efficace pour
faire avancer le monde des entreprises sur la voie de la « durabilité ».

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Au 30 septembre 2005, AGF AM et Dexia AM étaient les leaders des fonds ISR distri-
bués sur le marché français avec des encours qui s’élevaient respectivement à 1,25 mil-
liards d’euros et 1,24 milliards d’euros. Ils devançaient BNP Paribas AM (dont les encours
étaient de l’ordre d’un milliard d’euros) et Ideam (avec 562 millions d’euros).
 Pour en savoir plus : www.novethic.fr/novethic/upload/cp/90921.pdf

 Une trentaine de banques ont adopté depuis 2003 « Les principes de l’Équateur ».
Cette charte inspirée des orientations de la Banque Mondiale engage les signataires à
accorder des prêts uniquement aux projets (de plus de 50 millions de dollars) dont les
promoteurs peuvent apporter la preuve de leur aptitude à les gérer de manière socialement
responsable et conformément à des pratiques saines de gestion de l’environnement.
 Pour en savoir plus : www.equator-principles.com/principles.html

 Depuis février 2003, les trente caisses régionales du groupe Caisse d’Épargne expé-
rimentent une grille d’analyse des risques développement durable dans les crédits aux
entreprises. Cette grille comporte un volet financier (transparence de l’information, etc.),
social (politique sociale, relations avec les clients, les fournisseurs, etc.) et environnemental
PILIER 1

(politique environnementale, conséquences de l’activité sur l’écosystème, etc.).

8 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT STIMULER LA PERFORMANCE ÉCONOMIQUE
I.5. UTILISEz LE DÉVELOPPEMENT DURABLE COMME LEVIER D’INNOVATION ET D’INVESTISSEMENT
FonCtIonnement de L’InveStISSement
SoCIaLement reSponSabLe

Les entreprises cotées en


Les investisseurs individuels et bourse ont besoin de capitaux
collectifs (banques, assurances, fonds et s’adressent pour cela aux
de pension, fonds d’épargne salariale, etc.) investisseurs potentiels
placent leur argent en fonction de critères
éthiques Fournitures
d’informations

ventes de Choix parmi les Les analystes financiers


prestations entreprises cotées indépendants ou services internes
des banques ou des sociétés de gestion
notent les entreprises selon les critères
financiers
Les sociétés de
gestion indépendantes ou
filiales de banques proposent aux
ventes
investisseurs des fonds éthiques d’informations
composés des entreprises les
Les agences de notation
mieux notées sur le plan social,
extrafinancières notent les
environnemental ou financiers
entreprises selon les critères
environnementaux et sociaux

Les parties
Fournitures
prenantes (syndicats,
d’informations
ONG, société civile, collectivités
locales) disposent d’informations sur les
entreprises

Source : Le Monde Diplomatique, décembre 2001


PILIER 1

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 9
PILIER 2
DÉVELOPPEMENT DURABLE
OU COMMENT TENDRE VERS
LA PERFORMANCE SOCIALE
Les entreprises du CAC 40 et les grandes entreprises publiques consi-
dèrent que 45 % du volet social du développement durable sont des
outils de management et 30 % des outils de maîtrise des risques (En-
quête Mazars 2005 DD). Mais ce n’est pas tout !
Le temps n’est plus où la pertinence et l’efficacité d’une poli-
tique RH s’appréciaient uniquement en termes économiques,
c’est-à-dire, sur la capacité de l’entreprise à fournir une rému-
nération en rapport avec le travail fourni. Désormais, les po-
litiques RH doivent répondre à deux catégories de besoins :
- Les besoins essentiels du personnel. A ce titre, le premier devoir
d’une entreprise responsable est d’assurer une rémunération prenant
en compte la performance individuelle, une protection sociale satisfai-
sante, l’égalité des chances, la santé et la sécurité au travail.
- Les besoins d’accomplissement professionnel et personnel des
collaborateurs. C’est important pour leur motivation, leur capacité
à innover, mais aussi pour l’entreprise elle-même et sa capacité
d’adaptation au changement. L’entreprise ne peut croître qu’en faisant
progresser les personnes en son sein, d’où l’importance de la formation
tout au long de la vie, de la détection et de l’accompagnement des
potentiels, de la gestion anticipative de la pyramide des âges, mais
aussi de l’autonomie laissée à chacun mettant en avant sa capacité
d’initiative…

Les effets des politiques internes ne peuvent pas s’exprimer


uniquement dans le cadre de l’entreprise. Celle-ci peut de moins en
moins considérer son activité indépendamment des conséquences
qu’elle peut avoir sur les collectivités humaines qui l’entourent. Cette
responsabilité élargie est de plus en plus souhaitée par l’opinion
publique.

« Pour nous, le développement durable consiste à mettre


l’Homme, l’entreprise et l’environnement au cœur de notre
métier pour favoriser notre développement. Nous évoluons
dans un métier où la main d’œuvre est peu qualifiée et
nous avons mis en place des programmes de formation et

»
d’alphabétisation pour fidéliser et développer les compétences
de notre personnel.

Frank Levêque, PDG


L’Envol, hygiène et sécurité, 200 personnes

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 31
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES


COLLABORATEURS

II.1.A. CRÉEz LES CONDITIONS FAVORABLES AU DÉVELOPPEMENT


DES COMPÉTENCES

gÉRER LES COMPÉTENCES ET LES CARRIèRES : disposer au bon moment et au bon


endroit des savoir-faire indispensables permet de répondre aux besoins des clients et innover.
Cette gestion est, pour l’entreprise, un facteur de différenciation stratégique et, pour le salarié,
un facteur important de son développement professionnel, personnel et plus largement,
de son employabilité. Pour répondre aux besoins des organisations et aux aspirations des
collaborateurs, il convient de faciliter les parcours de mobilité (fonctionnelle et géographique)
et d’objectiver les conditions d’accès à l’emploi.
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 La société DDI (Development Dimensions International) est spécialisée dans la valo-
risation du capital humain dans l’entreprise et propose des expertises sur trois axes : les
systèmes de sélection, la formation des cadres de proximité, l’identification et la rétention
des talents.
 Chez Michelin, le « top 100 » des meilleurs potentiels est constitué tous les ans. Ces
cadres, identifiés discrètement comme futurs talents, sont suivis spécifiquement. Parmi
eux, de très hauts potentiels sont sélectionnés et bénéficient d’un parcours avec des ci-
bles en termes de métier, de niveau hiérarchique, des échéances, avec une, deux ou trois
options possibles et souvent des formations en universités étrangères.

ÉVALUER RÉgULIèREMENT LES BESOINS EN FORMATION DE SES SALARIÉS :


améliorer l’employabilité des salariés au sein de l’entreprise et favoriser leur évolution
professionnelle leur permet d’acquérir les compétences adaptées aux besoins. Une fois ces
besoins évalués, les salariés doivent être incités à devenir acteurs de leur formation en leur
permettant de co-construire leur plan de formation avec leur manager.

L’accord national interprofessionnel relatif à l’accès des salariés à la formation


tout au long de la vie professionnelle (signé le 5 décembre 2003 par le MEDEF, la
CGPME, l’UPA et les cinq syndicats), ainsi que les accords de branches (conclus pour
l’application de cet accord national interprofessionnel) montrent l’importance d’un
renouvellement et d’une consolidation des compétences pour faire face à l’évolution
des métiers et des entreprises mais aussi au renouvellement des générations.
PILIER 2

3 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 En 2003, la société Techne, (85 salariés), spécialisée dans la fabrication de joints
d’étanchéité et de pièces sur plan en plastique, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 12
millions d’euros en 2003, a consacré, en 2004, 4 % de sa masse salariale à la formation
du personnel.
 La PME l’Envol, (200 salariés), embauche de la main d’œuvre peu qualifiée et a mis en
place des programmes de formation et d’alphabétisation pour fidéliser et développer les
compétences de son personnel.
 En 2004, Renault S.A. a consacré 110 millions d’euros à la formation, soit 6,8 % de
sa masse salariale (6,5 % en 2003). A l’échelle du groupe, 187 millions d’euros ont été
investis soit 5,3 % de sa masse salariale (5 % en 2003).
 Auchan a mis en place de nombreuses mesures pour améliorer les compétences de
ses salariés : des formations pour les chefs de rayon en partenariat avec l’INBP (Institut
national de la boulangerie pâtisserie), l’École de la boucherie à Paris, l’Ecal de Rouen et
l’Edhec de Nice ; le lancement en 2004 d’une école de bouche qui a déjà permis à sept
employés d’acquérir un certificat de qualification professionnelle boucherie ; une formation

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


en lien avec Sciences-Po Paris destinée aux responsables des ressources humaines…
 Triselec Lille, entreprise de tri sélectif créée sur les concepts du développement durable
s’est lancée dans un programme de lutte contre l’illettrisme par des formations facultatives
données directement sur les lieux de travail. Les personnes intéressées suivent ainsi un
parcours individualisé et personnalisé qui les valorise et permet de les sortir de leur situa-
tion d’exclusion due à leur illettrisme.
 L’entreprise agro-alimentaire Stalaven a ouvert un espace de formation « interne » dans
l’ancienne demeure de M. Stalaven, fondateur du groupe, permettant à chacun des salariés
de se mettre à niveau sur des connaissances en français, en mathématiques... ou d’acqué-
rir des formations qualifiantes.

RECONNAÎTRE ET RÉCOMPENSER LES COMPORTEMENTS INNOVANTS : 30,8 % des


entreprises de moins de 10 salariés et 61,2 % des entreprises de 10 à 49 salariés attribuent
des primes de performances individuelles et collectives contre 88,3 % des entreprises de
5000 salariés et plus. Ces primes peuvent constituer de bons moyens de reconnaissance
et de récompense des comportements innovants et favoriser la motivation des salariés. Un
autre exemple pour stimuler les comportements innovants est la mise en place de démarches
d’innovation participative consistant à favoriser la production d’idées par le plus grand nombre
possible de salariés.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Le groupe La Poste a mis au point en 2004 une opération d’innovation participative. Sur
5000 idées proposées, 4000 ont été retenues. Ces idées simples ont permis d’économi-
ser au total près de 2 millions d’euros.
 La Société Générale a lancé en 2003 une démarche « Innovons à tous les étages ».
PILIER 2

Il s’agit d’une collecte d’idées et d’innovations auprès de l’ensemble des collaborateurs.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 33
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

Animée par un réseau « d’innov-acteurs », cette démarche a permis de récompenser en


2004 les meilleures d’entre elles dans sept domaines, dont la « satisfaction client », « la vie
au travail » et le développement durable. 150 innovations ont été sélectionnées.
 La société munichoise Ifineon, 6ème producteur mondial de semi-conducteurs, a dé-
veloppé une approche - YIP, Your Ideas Pay ! - qui a remporté en avril 2005 le Prix du
Meilleur Programme d’Innovation Participative attribué par le German Institute for Business
Economics. Altis, la filiale française de Infineon, a mis en oeuvre ce système dans son usine
située en Essonne, afin de stimuler la créativité de ses 2000 collaborateurs. Deux grandes
particularités du système YIP, Your Ideas Pay ! :
- premièrement, tous les managers de l’entreprise ont un « chéquier-idées » grâce auquel
ils peuvent remercier immédiatement un collaborateur pour une bonne idée ;
- deuxièmement, le système est piloté par le directeur financier. En 2006, Altis espère plus
de cinq millions d’euros de gains de productivité grâce aux suggestions de ses collabo-
rateurs.
 Le groupe Accor a lancé une démarche d’innovation participative, baptisée Innov@ccor
visant à promouvoir l’initiative de tous les collaborateurs et faciliter la diffusion des « bonnes
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

pratiques », c’est-à-dire les idées applicables à plusieurs unités. Tout collaborateur peut
proposer une idée d’amélioration qu’il enregistre sur papier ou directement sur l’intranet
dédié au système. Cette suggestion est évaluée par le responsable hiérarchique qui ré-
compense l’auteur en cas d’application de l’idée. Dans le cas contraire, le responsable
explique pourquoi l’idée n’a pas été retenue et s’assure que les raisons invoquées ont bien
été comprises par le collaborateur.

II.1.B. FAVORISEz LA COHÉSION SOCIALE

RÉTRIBUER LES SALARIÉS EN PRENANT EN COMPTE LA PERFORMANCE


INDIVIDUELLE : une rémunération attractive et évolutive est une des principales sources
de satisfaction et de fidélisation des salariés. L’entreprise doit définir une politique salariale
personnalisée, juste et transparente. 66 % des entreprises de moins de 50 salariés n’effectuent
que des augmentations générales. Ces augmentations peuvent aussi être personnalisées pour
favoriser la motivation (Cf. récompense des comportements innovants).

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Le groupe Bic, a mis en place un code de bonne conduite pour ses fabricants sous
contrat afin de les aider à s’engager dans le développement durable. Ce code s’attache
tout particulièrement au principe des salaires équitables en lien avec des durées de travail
raisonnables (Cf. Rapport développement durable Bic).
 IP Telecoms (200 salariés) se fonde sur des grilles d’évaluation de la performance pour
attribuer des primes, qui peuvent représenter jusqu’à un mois de salaire.
PILIER 2

34 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
ASSOCIER LES SALARIÉS AUx RÉSULTATS DE L’ENTREPRISE VIA :
- La participation aux résultats : versements aux salariés basés sur le résultat de l’entreprise
exonérés de toute cotisation sociale (patronale et salariale sauf CSG et CRDS) ;
- L’intéressement : versements aux salariés exonérés de toute cotisation sociale (patronale et
salariale) fondés sur le résultat ou les performances de l’entreprise.

Pour les entreprises dont l’effectif est supérieur ou égal à 50 salariés, le régime
participatif est obligatoire tandis que l’intéressement reste volontaire.

- Les plans d’épargne salariale : instruments permettant aux salariés de se constituer un


portefeuille d’actions mobilières concernant « leur » entreprise. Les mécanismes de ces
modalités sont prévus par le Code du travail, le Code du commerce et le Code général des
impôts. Peuvent ainsi être proposés dans l’entreprise :
n Le Plan d’épargne entreprise (PEE) ;

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


n Le Plan d’épargne interentreprises (PEI) ;
n Le Plan d’épargne de groupe (PEG) ;
n Le Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) ;
n Le Plan d’épargne pour la retraite populaire (PERP).

Participation et Intéressement sont défiscalisés pour l’entreprise. Pour le salarié


les sommes versées dans le cadre de la participation sont exonérées d’impôt sur le
revenu sous condition de blocage pendant 5 ans et celles de l’intéressement le sont,
dans une certaine limite, lorsqu’elles sont versées dans un plan d’épargne salariale.

- L’actionnariat salarié : est constitué d’un ensemble de procédures collectives et facultatives


proposées au salarié pour acquérir des actions de son entreprise avec l’aide de celle-ci. Les
modalités de l’actionnariat salarié sont :
n Les émissions d'actions réservées aux salariés ;
n Les stocks-options ;
n Les attributions d’actions gratuites ;
n Les BSPCE (Bons de souscription de parts de créateur d’entreprise).

Depuis 1998, les BSPCE sont destinés aux salariés et aux dirigeants soumis à un
régime fiscal de salarié qui participent à la création de PME à fort potentiel de
développement. Les gains de cessions des titres acquis grâce aux BSCPE bénéficient
d’un régime fiscal de faveur.
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 35
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

Associer les salariés aux résultats de l’entreprise est une stratégie « gagnant/gagnant ». Les
salariés peuvent se constituer une épargne d’une sécurité et d’un rendement supérieur à
celle qu’ils pourraient entreprendre à titre individuel (notamment grâce à la contribution de
leur entreprise et à des avantages fiscaux et sociaux). Par ailleurs, l’implication financière des
salariés entraîne un regain de motivation pour leur travail ce qui accroît les performances de
l’entreprise.
 Pour en savoir plus : www.epargnesalariale.minefi.gouv.fr
www.epargne-salariale.fr

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 12 offres d’« épargne salariale » sont aujourd’hui labellisées par le Comité intersyndical
de l’épargne salariale (CIES), créé en février 2002 par la CFDT, la CGT, la CFTC et la CFE-
CGC, certifiant de leur qualité financière, sociale et environnemental : Arcancia Label (So-
ciété Générale Asset Management), Axa Génération (Axa IM), Épargne responsable (Grou-
pama), Expansion (Interexpansion / groupe Ionis), Fongepargne (Fongepar / groupe Caisses
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

des Dépôts), Fructi-ISR (Interépargne / groupe Banques Populaires), Horizon-Solidarité


(Prado Épargne / groupe Prémalliance), Macif Épargne (Macif), Pacteo Label (CLAM),
Phileis (BNP Paribas), Social Active (Crédit Mutuel / CIC),UNI-SR / UNI-Solidaire (Crédit
Agricole).
 La signature en juillet 2003 des accords relatifs à l’intéressement et la participation de
18 500 salariés de 10 sociétés de la branche pétrole, a officialisé et salué les efforts réa-
lisés par des entreprises de la branche pour mieux associer les salariés aux bénéfices de
leurs sociétés. (Cf. Rapport développement durable Total)
 Le salaire des collaborateurs d’Auchan comporte une prime liée à leur professionna-
lisme et aux résultats obtenus. Cette prime peut représenter jusqu’à un mois de salaire (en
2004, la prime relative à l’intéressement a représenté 9,26 % de leur salaire). Un nouvel
accord a été signé pour la période 2005-2008 pour que la participation aux bénéfices
globaux soit dérogatoire et supérieure au calcul légal. En 2004, le taux de participation
s’est élevé à 11,81 %.

PRENDRE EN COMPTE LES CONTRAINTES FAMILIALES DES SALARIÉS DANS


L’ORgANISATION DU TEMPS DE TRAVAIL : les individus aspirent à une qualité de vie
meilleure tandis que l’entreprise attend plus de flexibilité de la part de ses salariés. Dans leur
intérêt comme dans celui de l’entreprise, il est essentiel de pouvoir mieux prendre en compte
les contraintes personnelles de chacun.
PILIER 2

36 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Des outils technologiques sont maintenant disponibles pour optimiser la gestion du
temps comme c’est le cas avec les vidéoconférences qui évitent des déplacements chro-
nophages, coûteux, fatigants pour le collaborateur et limitent les risques d’accidents.
 Il existe des formations spécifiques permettant aux entrepreneurs d’aborder avec
méthode la question de l’équilibre vie professionnelle/vie privée pour leurs employés.
Ces stages de management sont proposés par des cabinets de conseil comme IRIS
Consultants&Partners, Coaching Ethique, Global People Matters...
 L’entreprise Crèche Attitude développe le concept de la crèche en entreprise en lien
avec la CNAF, qui prend à sa charge 40 % à 60 % de la facture. La CNAF détient une
enveloppe de 40 millions d’euros pour subventionner ces crèches. De plus des avantages
fiscaux ont été introduits par la loi de Finance 2004 : les investissements « petite enfance »
pouvant être défiscalisés à hauteur de 60 % avec un plafond de 500 000 euros.
 Pour en savoir plus : www.creches-attitudes.fr

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


FAVORISER LE RECLASSEMENT ET L’ACCOMPAgNEMENT EN CAS DE
RESTRUCTURATION ET/OU DE RÉORgANISATION : une entreprise vit et progresse.
Néanmoins, des remises en causes et des difficultés peuvent survenir, affectant salariés et
parties prenantes. Les conséquences de ces évolutions doivent être préalablement étudiées
afin d’en estimer les répercussions. Ces estimations doivent être diffusées au personnel et à
ses représentants afin que des mesures adaptées soient décidées. Les entreprises proposent
dans ces situations des systèmes de reclassement basés sur un suivi et un accompagnement. «
Les orientations de référence pour gérer le changement et les conséquences sociales » ont été
élaborés par les partenaires sociaux européens et adressées aux institutions et aux partenaires
sociaux nationaux le 29 octobre 2003. Elles soulignent que « l’existence d’un dialogue social
de qualité dans un climat de confiance et une attitude positive face au changement sont des
facteurs importants pour éviter ou limiter les conséquences sociales négatives ».

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 La société Bic avait pris en 2004, la décision de fermer deux usines de stylos et de
rasoirs aux USA, supprimant ainsi 420 postes. La direction a rencontré ses salariés pour
leur expliquer les raisons de ce choix et a mis en place des mesures d’accompagnement.
Par exemple, des plans de retraite améliorés, des conditions de départs favorables et le
bénéfice des programmes Trade Adjustement Assistance (TAA) et Alternative Trade Ad-
justement Assistance (ATAA) ont été proposés aux salariés.(Cf. Rapport développement
durable Bic)
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 37
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

FAVORISER LE TRAVAIL D’ÉQUIPE ET LE TRAVAIL EN RÉSEAU INTERDISCIPLINAIRE :


pour qu’une équipe soit productive et efficace, tous les rôles doivent être au préalable
clairement identifiés. Il faut que les compétences les plus variées cohabitent le plus étroitement
possible.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Dans un souci de cohésion sociale, l’entreprise Techne, PME de 85 employés, spécia-
lisée dans la fabrication de joints d’étanchéité et de pièces sur plan en plastique, organise
deux fois par semaine des matchs de foot dans l’équipe logistique.
 La société Sage France, éditeur de logiciels de gestion, organise des sessions de
consolidation d’équipe (« team building »), qui s’achèvent autour de la préparation d’un
repas.
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

AMÉLIORER LA SANTÉ, LA SÉCURITÉ ET L’HygIèNE AU SEIN DE L’ENTREPRISE :


toute entreprise a intérêt à assurer la santé et la sécurité de son personnel. Dans la perspective
du développement durable, elle doit également promouvoir auprès de ses collaborateurs un
mode de vie plus sain, les responsabiliser en matière de santé, en mettant notamment l’accent
sur la prévention des maladies graves et fréquentes (maladies cardio-vasculaires, cancer,
diabète…) et sur les bienfaits d’une bonne hygiène de vie. Le rôle de l’entreprise, dans ce
cadre, n’est pas de faire la leçon, mais plutôt de mettre en place des mesures facilitant la prise
de conscience individuelle.
Améliorer la sécurité demande d’abord une attitude exemplaire de la hiérarchie pour promouvoir,
faire respecter les règles et réagir en cas d’écart. Elle nécessite aussi des formations régulières
du personnel pour favoriser la responsabilité individuelle. Ces formations se déclinent sur les
principes de base de la sécurité en entreprise dans tous les corps de métier et à tous les
échelons. Elles reposent aussi sur les partages d’expériences et les analyses de situations de
« presqu’accident ».

L’accord du 13 septembre 2000 sur la santé au travail et la prévention des risques


professionnels, signé par le MEDEF, la CGPME et l’UPA et les cinq syndicats, fait de la
sécurité au travail une priorité pour les salariés et les employeurs.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Des organismes tels que l’INRS (Institut national de recherche et sécurité) permettent
de valider l’état sanitaire de l’environnement de travail du personnel.
 Les résultats Sécurité au travail du groupe Rhodia, le situent parmi les cinq premiers
chimistes mondiaux dans ce domaine. Avec 41 accidents pour 47,2 millions d’heures tra-
PILIER 2

vaillées en 2004, Rhodia connaît une diminution du taux d’accidents année après année.

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DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
 Renault a été une des premières entreprises à se doter d’un « Observatoire médical du
stress ». Sur la base du volontariat, plus de 40 000 tests ont été effectués et ont donné lieu
à des actions individuelles ou collectives. (Cf. Rapport développement durable Renault)
 Aux Vergers La Blottière (49120), les hauteurs de tapis de triage ont été adaptées selon
la taille du personnel afin de réduire la pénibilité du travail. L’atelier de conditionnement des
poires a aussi été revu sur le plan acoustique et thermique, avec pour effet une baisse du
bruit de 19,3 %.

II.1.C. ENCOURAgEz LA DIVERSITÉ

FAVORISER LA MIxITÉ ET L’ÉgALITÉ PROFESSIONNELLE HOMME/FEMME : les


discriminations entre les hommes et les femmes observées dans le milieu professionnel (à

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


l’embauche comme au quotidien) sont des signes de précarité sociale mais aussi des vecteurs
d’une contre-productivité économique. D’une part, les frustrations créées sont des freins
à la cohésion sociale, d’autre part, l’efficacité du système des ressources humaines en est
affectée. Le changement doit s’opérer à travers l’adoption de textes et d’attitudes favorables
à un équilibre des sexes au sein d’une même profession.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 General Electric a développé une démarche en faveur l’égalité : le « Mentoring ». C’est
un système de parrainage créé spécialement pour les femmes à haut potentiel, avec un
programme d’un an doté d’objectifs clairs et de règles précises, et avec à la clé la pos-
sibilité d’accéder à un poste senior. Le Mentor est un membre du comité de direction de
l’entreprise.
 Le « label égalité », délivré par l’AFAQ, est un nouveau label lancé le 28 juin 2004, qui
met en valeur la parité au sein des entreprises. PSA, EADS, Airbus et plusieurs PME ont
déjà obtenu ce label.
 La Société Générale s’engage à ce que les femmes soient promues ou accèdent dès
l’embauche à des postes leur permettant de bénéficier du statut de cadre et vise ainsi à
obtenir un taux de statut de cadres de 40 % d’ici 2008.
 Chez BNP Paribas le nombre de femmes cadres a augmenté de 26,7 % et 65 % des
embauches en 2003 étaient des femmes.
 Un accord national interprofessionnel du 1er mars 2004 relatif à la mixité et à l’égalité
professionnelle entre les hommes et les femmes, signé par le MEDEF, la CGPME et l’UPA
et cinq syndicats. Son objectif est de promouvoir l’égalité des hommes et des femmes
dans tous les domaines.
 La Société lyonnaise de transports en commun (groupe Kéolis) a monté, avec les
Assedic, une opération de recrutement de femmes âgées de 45 à 57 ans comme conduc-
trices. Quatorze sont en cours d’intégration.
 L’ORSE a mis en ligne un recueil de pratiques sur l’égalité professionnelle :
PILIER 2

www.egaliteprofessionnelle.org/ ?im=act&la=fr

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 39
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

FAVORISER LA NON-DISCRIMINATION ET LA DIVERSITÉ CULTURELLE : l’employeur a


le droit de choisir la personne qui lui convient le mieux pour le poste proposé. Il doit, toutefois,
respecter les principes de non-discrimination énoncés par la loi n°2004-1486 du 31 décembre
2004 sous peine de sanctions. Cette loi pose le principe de l’égalité devant l’embauche de
toute personne, quels que soient son origine, son sexe (certaines exceptions peuvent être
admises), ses moeurs, son orientation sexuelle, son âge (certaines exceptions peuvent être
admises), sa situation de famille, ses caractéristiques génétiques, son appartenance ou
non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race, ses opinions
politiques, ses activités syndicales ou mutualistes, ses convictions religieuses, son apparence
physique, son patronyme…

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 En 2004, à l’initiative de l’Institut Montaigne, une charte d’entreprise sur la diversité a
été rédigée. Par cette charte, les entreprises signataires, au nombre de 231 à la fin 2005,
s’engagent à promouvoir la diversité, notamment culturelle et ethnique, en leur sein et aux
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

différents niveaux de qualification.


 Pour en savoir plus : www.institutmontaigne.org/pub.php?id=75

 L’association « Les Entreprises aux Couleurs de la France » cherche à promouvoir le


reflet de la diversité française au sein des entreprises.
 Pour en savoir plus : www.ladocumentationfrançaise.fr/BRP/04400573/0000.pdf

 Aujourd’hui, au Royaume-Uni, chez Barclays, environ six cadres dirigeants et 0,6 % des
seniors managers sont issus de « minorités ethniques ». Son objectif est d’atteindre les
3 % d’ici fin 2005.

 Casino a lancé en 2004 le projet pilote « Lucidité » (recherche action financée par le
Fonds social européen, dans le cadre du programme Equal) sur quatre sites afin d’étudier
la répartition des ressources humaines selon des critères liés au sexe et à l’origine. En par-
ticulier une étude patronymique, spécialement autorisée par la CNIL, a été réalisée.

 Adia, entreprise intérimaire de l’emploi, a lancé depuis plus d’un an une vaste campa-
gne de communication contre la discrimination et a choisi de décliner toute une série de
clichés sur les personnes d’origines étrangères, les jeunes, les femmes, les personnes
handicapées, les seniors…
 Le MEDEF mobilise les MEDEF territoriaux par une convention qui vise à promouvoir la
charte de la diversité dans l’entreprise.
 Le MEDEF a engagé des négociations avec les partenaires sociaux sur la diversité et
lancé l’opération « Nos quartiers ont des talents » en partenariat avec l’ANPE.
.

FAVORISER L’EMBAUCHE DE PERSONNES à HANDICAPS : les entreprises doivent


faciliter l’accès à l’emploi des personnes handicapées dans le respect de la loi (dernière
en date : 11 février 2005). D’après un sondage Ifop d’avril 2004, quel que soit le secteur
d’activité et la taille de l’entreprise, 97 % des employeurs ayant embauché des handicapés
PILIER 2

se disent satisfaits voire très satisfaits. 81 % des dirigeants interrogés jugent important de
favoriser davantage l’insertion des handicapés.

40 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Chaque année, le MEDEF organise un « trophée de l’insertion » qui, en 2004, a récom-
pensé 4 lauréats sur 130 candidats : Edac pour ses actions de maintien dans l’emploi,
Mondial Relay pour la politique d’embauche, GR Pro Clean Mediterranean SARL pour la
création d’entreprise par un handicapé et Schneider Electric pour le prix spécial. En 2005,
le groupe de propreté Onet et le magasin Ikea de Franconville ont été récompensés pour
leur politique d’embauche, la PME Forge France pour ses actions de maintien dans l’em-
ploi et Thalès pour l’embauche de jeunes diplômés handicapés.
 Certaines entreprises travaillent en lien avec des centres d’aide par le travail (CAT), qui
embauchent uniquement des personnes atteintes d’un handicap mental. Le CAT d’Ajaccio
a détaché une équipe de travailleurs dans la nouvelle usine de tri sélectif de déchets ex-
ploitée par la société Environnement Services (groupe Rocca).
 Le 29 novembre 2004, le groupe Auchan et quatre autres entreprises ont signé un pacte
territorial pour l’insertion des travailleurs handicapés, sur le bassin du Douaisis, conclu à
l’initiative du Secrétariat d’État aux personnes handicapées. Plusieurs magasins ont par
ailleurs mené des actions de maintien dans l’emploi comme l’intervention d’un ergonome

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


pour l’adaptation d’un poste à Dunkerque (59), l’emploi de sourds(des) (et) - muets(tes)
en caisse à Roncq (59) ; Nice (06) et Douai avec réalisation d’une signalétique destinée
aux clients.
 Le site de Varray Parisi, du groupe Onyx, de recyclage de déchets d’équipements élec-
triques possède un atelier protégé employant des personnes handicapées pour le déman-
tèlement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE)
 Depuis 2001, le réseau « handicap et emploi », créé par le MEDEF emploi, rassemble
et coordonne les actions des entrepreneurs en faveur de l’emploi des personnes handica-
pées. De multiples réalisations sont conduites par ce réseau comme l’organisation, depuis
deux ans, des trophées de l’insertion.

FAVORISER L’EMPLOI DES SENIORS : en 2000 à Lisbonne, le Conseil européen a fixé


un objectif de 50 % de 55-64 ans en activité d’ici 2010. En France, moins de 39 % des
55-64 ans occupaient un emploi en 2003 alors qu’ils sont plus de 50 % dans les pays
anglo-saxons et les pays scandinaves. Face à cette situation née de l’évolution de la situation
démographique, il est nécessaire de passer le plus rapidement possible d’une logique où l’âge
a été considéré comme un facteur d’ajustement du marché du travail, avec des taux d’emploi
très bas pour les plus de 55 ans, à une pratique conduisant au maintien ou à la reprise de
l’activité professionnelle jusqu’à ce que les conditions pour obtenir une retraite à taux plein
soient réunies. Les seniors apportent, par leur expérience professionnelle et humaine, un
savoir faire précieux à l’entreprise. Ils peuvent devenir les pivots d’un système de tutorat ou de
coaching pour les nouvelles générations. Les seniors doivent pouvoir continuer à bénéficier
des programmes de formation.
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 41
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

L’accord national interprofessionnel du 13 octobre 2005 relatif à l’emploi des seniors


en vue de promouvoir leur maintien et leur retour à l’emploi signé par le MEDEF, la
CGPME et l’UPA et les cinq syndicats, vise à élever le taux d’emploi des plus de 55 ans
qui est aujourd’hui de 36,8 % en France - soit l’un des plus bas d’Europe - à 50 % à
l’horizon 2010 conformément aux orientations du Conseil européen de Lisbonne.
 www.medef.fr/staging/medias/upload/84908_FICHIER.pdf

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 EADS a signé début 2005, un accord avec les syndicats pour développer, prolonger et
rendre plus attrayantes les carrières des plus de cinquante ans au sein de l’entreprise.
 Au Danemark, la chaîne de supermarché Netto a créé une chaîne spécialisée, Seniors
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

Market, dont la moyenne d’âge des salariés est plus élevée que dans les autres magasins.
Trois magasins ont été créés et les résultats sont positifs. Même si les frais de personnel
sont plus élevés que dans les autres magasins du fait des temps partiels et d’arrangements
spécifiques, le coût dû aux arrêts maladies est en baisse et la clientèle âgée est très satis-
faite. Ces trois magasins figurent parmi les plus performants de la chaîne.
 www.institutentreprise.fr/fileadmin/Docs_PDF/travaux_reflexions/
benchmarking/seniors.pdf

ENCOURAgER LES gÉNÉRATIONS NOUVELLES


n Faciliter la transition entre le monde universitaire et la vie active : les stages représentent
un enjeu majeur pour les étudiants en même temps qu’ils témoignent de l’engagement des
entreprises en faveur des nouvelles générations. Le Conseil économique et social chiffre à
800 000 le nombre de stagiaires, en augmentation chaque année. De son côté, l’Apec estime
que 90 % des diplômés de niveau bac + 4 et plus ont effectué au moins un stage au cours
de leurs études, 50 % en ayant effectué trois ou plus. Les stagiaires représentent, ainsi, une
véritable force de travail à prendre en compte.
n Faciliter l’insertion professionnelle : favoriser l’emploi des jeunes en difficulté améliore
l’image de l’entreprise auprès de ceux-ci. De plus cela contribue à les rendre socialement
responsables.
n Participer à des opérations de mécénat en répondant aux demandes de sponsoring :
Montrer que l’entreprise est présente tout au long du parcours éducatif et qu’elle est attentive
aux volontés facilitent les prises d’initiatives des jeunes.

De nombreuses déclinaisons du contrat à durée déterminée existent pour les jeunes


en difficultés. Ces contrats se caractérisent par leur flexibilité et se révèlent souvent
adaptés à chaque situation.
PILIER 2

 www.travail.gouv.fr

4 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Le 26 mars 2006, le gouvernement a signé avec dix organisations patronales, étu-
diantes et universitaires, une « charte des stages étudiants en entreprise » qui doit mieux
encadrer leurs pratiques.
 Afin que les intérêts du stagiaire puissent être conciliés avec ceux de l’entreprise, le
MEDEF met en ligne une « charte des stages de l’enseignement supérieur ». Il invite les
entreprises à s’y conformer, notamment pour qu’elles puissent être à la hauteur des enjeux
pédagogiques.
 www.medef.fr/staging/medias/upload/90427_FICHIER.pdf

II.1.D ENRICHISSEz LES RELATIONS PROFESSIONNELLES ET LE

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


DIALOgUE SOCIAL

Favoriser la négociation collective et faire régulièrement connaître les accords :


n interprofessionnels ;
n de branche ;
n d’entreprise.

Après leurs signatures, il est nécessaire de faire connaître ces accords aux salariés pour
faciliter leur mise en œuvre.

Un accès aux différents accords interprofessionnels classés par thème ainsi qu’aux
accords de branche et aux conventions collectives est disponible auprès du MEDEF.

SENSIBILISER LES SALARIÉS à LEURS RESPONSABILITÉS AU SEIN DE


L’ENTREPRISE : les dirigeants d’entreprises ont des responsabilités envers les salariés
et réciproquement. Ainsi dans les domaines de la santé et de la sécurité, la directive cadre
89/391/CEE « Santé et sécurité au travail » et ses 17 directives filles fixent explicitement
les responsabilités respectives des différents acteurs. Mais pour que les salariés puissent
les assumer, il faut qu’au préalable les employeurs les aient instruits de façon claire sur ces
responsabilités et leurs implications.
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 43
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Henkel, qui est présent dans cinq indices éthiques internationaux8, a basé sa politique
sociale sur une charte éthique - code de bonne conduite rigoureux détaillant les droits et
devoirs des salariés.
 A l’occasion de la récente mise à jour de son code de conduite, Total a lancé une
nouvelle campagne d’information interne avec la diffusion de 125 500 exemplaires de la
dernière version. Le code de conduite a été traduit en huit langues. Un nouveau site intra-
net dédié à l’éthique a été mis en ligne. Par ailleurs, il existe depuis 2003 un programme
associant, dans le cadre d’un séminaire éthique d’une journée et demie, des exposés sur la
démarche éthique du groupe, la présentation du code de conduite et des ateliers de travail
en groupe sur la base d’exemples concrets. Enfin depuis 2001, une procédure a été mise
en place pour aider à résoudre tout dilemme éthique. Chaque salarié du groupe peut saisir
directement le comité d’éthique pour solliciter un conseil ou présenter un problème sans
passer par le canal hiérarchique et dans le respect de son anonymat si nécessaire.
 De nombreuses entreprises comme Lafuma ont signé une charte éthique qui favorise
les rencontres et les dialogues entre les salariés et les dirigeants autour des projets de
II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS

l’entreprise. Cette méthode managériale se développe et permet aux salariés de se sentir


davantage comme acteurs participant aux objectifs de l’entreprise.
 ADP (Aéroports de Paris) a mis à disposition de ses salariés un numéro vert et a publié
un fascicule encourageant les victimes de harcèlement moral à agir (Cf. Rapport dévelop-
pement durable ADP).

AMÉLIORER LA gESTION DU SAVOIR : pour contribuer pleinement à la performance de


l’entreprise, les membres du personnel doivent saisir les enjeux essentiels de leurs activités
et en être convaincus. Des rencontres régulières autour des projets de l’entreprise, de ses
produits et de ses marchés peuvent contribuer à établir des relations de confiance avec le
personnel, tout en facilitant la créativité et la capacité d’innovation nécessaire à la recherche
d’un développement viable à long terme. En effet, le partage des bonnes pratiques, la mise à
disposition des connaissances et les interactions - qui favorisent les synergies - participent à
l’optimisation de la productivité des entreprises. A l’heure de la mondialisation, donner la bonne
information au bon moment pour prendre la bonne décision est un processus déterminant pour
assurer la pérennité de l’entreprise.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 En 2001, PSA Peugeot Citroën à lancé un portail collaborateurs, le portail groupe, qui
compte aujourd’hui plus de 30 000 visiteurs uniques par jour. Il est personnalisable et
permet au collaborateur de créer son propre portail en fonction de ses besoins et de ses
centres d’intérêts.
 Cetelem a récemment lancé un outil « Wiki » (site web dynamique sur lequel tout visiteur
peut modifier le contenu des pages à volonté) destiné à une équipe de trente personnes.
Ce nouvel outil améliore la circulation d’idées et la réflexion des groupes de travail.
PILIER 2

8 DJSI STOXX, DKSI World, Ethibel Sustainability Index, FTSE4GOOD et l’indice suédois Humanix Ethical Index

44 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
FAVORISER L’ÉCOUTE DU PERSONNEL ET CELLE DE SES REPRÉSENTANTS :
favoriser la cohésion sociale est un investissement à long terme dont la rentabilité profite tant
à l’entreprise qu’à son corps social. Les salariés ont la possibilité d’appartenir à un syndicat
dont la liberté d’expression doit être préservée. Aucune discrimination syndicale ne doit exister
vis-à-vis des salariés que ce soit en matière d’embauche, de promotion ou de rémunération.
Une vie syndicale dynamique et un dialogue régulièrement consolidé favorisent un bon climat
social. Par ailleurs, l’expression directe des salariés doit être facilitée. Il existe pour cela
différents outils comme les enquêtes de satisfaction, les cellules de veille, les dispositifs
d’alerte...

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Lafarge mène auprès de ses salariés des enquêtes de satisfaction dont le niveau a
atteint 61 % en 2004. De plus, dans le cadre de son programme « Leader for Tomorrow »,
l’entreprise a mené une enquête globale sur 800 cadres supérieurs et plus de 100 enquê-
tes locales sur 10 000 cadres, toutes essentiellement axées sur le niveau d’engagement

II.1. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DES COLLABORATEURS


des salariés.
 Axa a créé en 1993 un outil d’évaluation de son climat social : Scope. Cette enquête
aborde sept thèmes dont la qualité du management, l’efficacité de l’organisation, l’enga-
gement, la confiance et les conditions de travail. Les réponses sont bien représentatives
puisque près de 77 % des salariés répondent à l’enquête.
 Gaz de France et EDF, utilise un baromètre social depuis 1986, appelé « Vous et votre
entreprise », qui évalue différents paramètres sociaux comme la satisfaction des salariés, la
compréhension des objectifs, la perception du management… Ce baromètre constitue un
bon outil d’action dont la finalité est l’amélioration du climat social.
 Danone Canada a entrepris en 2001, une démarche de médiation préventive afin de ré-
duire les confrontations et les règlements devant les tribunaux. Cette démarche concernait
les conditions de travail et les attitudes managériales et a demandé l’intervention d’un tiers
extérieur issu du ministère de la justice. Le nombre de confrontations judiciaires est passé
de 117 en 2000 à 1 en 2002. (Cf. Rapport développement durable Danone).

PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 45
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ


CIVILE

II..A. FAVORISEz L’ÉCOUTE ET LE DIALOgUE

TENIR LES RIVERAINS ET LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES INFORMÉS DE


L’ACTIVITÉ DE L’ENTREPRISE : l’entreprise doit s’ouvrir à son environnement de proximité
(riverains et établissements d’enseignement locaux), pour promouvoir son activité, ses bonnes
pratiques illustrant sa responsabilité sociétale. En se concertant avec les riverains, elle
contribue à leur sensibilisation au développement durable. En contre partie, cette ouverture
donne une réelle liberté d’expression aux riverains qui peuvent exprimer leurs doutes et leurs
craintes mais aussi leur satisfaction. Pour les établissements scolaires, l’entreprise constitue
un outil pédagogique que ce soit grâce à des visites de sites ou par des stages.
II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Schneider Electric a accueilli et formé près de 4500 apprentis depuis 1998. (Cf. Rap-
port développement durable Schneider Electric)
 Edena, PME de 120 salariés, dont l’activité est la production et l’embouteillage de
boissons, a mis sur le marché des sodas moins sucrés, mené parallèlement une campagne
de sensibilisation auprès des enfants et récupéré les bonbonnes vides pour les valoriser.
L’activité de l’entreprise s’est, pendant cette période, fortement développée puisque ses
effectifs ont doublé.

TRAVAILLER EN PARTENARIAT AVEC LES COLLECTIVITÉS LOCALES : votre entreprise


doit développer des liens étroits et travailler en concertation avec les collectivités territoriales.
Cela permet d’améliorer les relations entre le privé et le public et de mettre en commun leurs
compétences respectives autour de projets locaux.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 ADP : initiées en 2001, les visites d’aéroports ont fortement augmenté avec plus de 25
sorties organisées pour les conseils municipaux et les associations. De plus, 125 réunions
techniques approfondies ont été mises sur pied avec les élus. (Cf. Rapport développement
durable ADP)
 Par l’élaboration des PDU, PDE, PDA (Plan de déplacement urbain, d’entreprise, admi-
nistratifs), les entreprises et les collectivités peuvent contribuer à diminuer les transports
en solo en valorisant les transports en commun et les autres systèmes de déplacement.
PILIER 2

46 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
DÉVELOPPER DES RELATIONS AVEC LES ONg : le MEDEF incite les entreprises à
construire des partenariats avec les ONG, sous certaines conditions : éviter de se servir
de ces relations uniquement à des fins de communication, différencier le dialogue social du
dialogue avec les ONG, laisser ONG et entreprises exercer leur métier (chacun doit rester à sa
place), avoir pour objectif de construire une relation à moyen ou long terme et s’assurer d’une
participation équitable des acteurs. Les avantages que retirent les entreprises en s’impliquant
dans ce type de partenariat sont non seulement une amélioration de leur image mais aussi une
ouverture à des cultures différentes.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Lafarge et la Caisse d’Épargne ont établi un partenariat avec l’organisation mondiale de
protection de la nature WWF (World Wildlife Fund). (Cf. Rapport développement durable
Lafarge)
 L’association « Planète-urgence » permet le départ de salariés en mission humanitaire
dans le cadre de leurs vacances. Les frais de mission sont généralement pris en charge par

II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE


les entreprises, ou les comités d’établissement.
 Depuis 15 ans, la société MgA, conseil en marketing et communication, accompagne
Handicap International par du mécénat de compétences. (Campagnes de communication
sur les mines antipersonnel)
 Carrefour travaille depuis 1998 avec la Fédération internationale des droits de l’Homme
(FIDH), pour évaluer ses fournisseurs.
 SFR a établi un partenariat avec l’association « La Voix de l’Enfant », dont l’objectif est
« l’écoute et la défense de l’enfance en détresse en France et dans le monde » .
 Depuis quinze ans, la fondation Ronald McDonald’s construit des maisons pour les pa-
rents à proximité des hôpitaux où leurs enfants sont hospitalisés. Depuis le 21 mars 2005,
un spot publicitaire est diffusé pour promouvoir cette démarche et permettre au groupe de
rappeler son engagement citoyen dans une période de débat nutritionnel.

II..B PARTICIPEz AU DÉVELOPPEMENT LOCAL

RENFORCER L’EMPLOI LOCAL ET, EN PARTICULIER, L’INSERTION PAR L’EMBAUCHE :


l’entreprise joue un rôle clé, au même niveau que les autres acteurs du territoire (collectivités,
services publics, organismes d’enseignements et partenaires sociaux) dans le domaine de la
promotion de l’emploi local et de l’insertion. L’entreprise est un accélérateur de l’économie
locale, particulièrement grâce aux embauches qu’elle effectue pour son propre compte ou
qu’elle génère auprès de ses fournisseurs.
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 47
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Le groupe Suez et ses partenaires ont signé 21 conventions locales d’insertion.
 Triselec Lille est une entreprise industrielle de tri sélectif des ordures ménagères qui
intègre et forme depuis 2003 des détenus du centre pénitentiaire de Loos (59). En 2003,
10 détenus ont été accueillis dans l’usine d’Halluin et 30 en 2004.
 En 1992, Lafuma a créé avec des industriels l’association Rhône-Alpes Entreprendre
puis, une antenne départementale avec Drôme-Ardèche Entreprendre. La mission de cette
association est d’aider à la création d’entreprises. Depuis sa création, l’association a aidé
160 entreprises qui ont généré 1200 emplois.
 L’association Chênelet Insertion est une association du Nord, qui emploie des person-
nes en difficultés pour la fabrication de matériaux écologiques à base de bois.
 L’entreprise de BTP SAE Nord - Pas-de-Calais, filiale du groupe Eiffage construction,
a créé en septembre 2000 le premier CREPI pour le Nord - Pas-de-Calais (Club régional
d’entreprises pépinières pour l’insertion) afin de lutter contre l’exclusion.
 Demarle, a lancé en 2000 l’opération « Faites une Fleur » dont le but est d’aider les
II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

jeunes mères isolées afin de les informer et de les sensibiliser. L’opération se déroule au
mois de mai, (période de la fête des mères) et sert à informer, sensibiliser et recruter. Cette
opération facilitant le dialogue social améliore de surcroît la cohésion des équipes de tra-
vail. Depuis, 2,5 % du chiffre d’affaires réalisé pendant cette période est reversé au CFPE
(Centre français de protection de l’enfance).

S’IMPLIQUER DANS DES PROjETS LOCAUx : les entreprises peuvent intervenir de deux
façons différentes :
n Grâce à leur savoir-faire et leurs investissements, en contribuant à l’aménagement des
territoires (participation au développement d’infrastructures locales : écoles, hôpitaux...) et
en facilitant l’accès des populations à des biens essentiels tels que l’eau...
n Grâce à des actions de mécénat et de sponsoring, en apportant leur soutien à des
projets d’intérêt général ainsi qu’à la vie associative de proximité.
Dans les deux cas l’implication socialement responsable des entreprises a des effets tangibles
immédiats.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Alcatel soutient au Brésil des projets d’aide à la recherche du premier emploi. Le groupe
est ainsi partenaire depuis 1995 du CAAP’I (Centre d’aide professionnelle d’Ipiranga), qui
développe des programmes d’aide sociale et de formation professionnelle pour les jeunes
adultes. Plusieurs partenariats avec des universités ont également été développés.
 Picwic (Englos-59) spécialisée dans les jeux et jouets, souhaite que tous les enfants
puissent avoir la possibilité de jouer quelque soit leur milieu social. Dans tous les magasins,
les clients peuvent laisser des jouets à donner. Chaque magasin a passé un accord avec
PILIER 2

une association locale qui vient ramasser et distribuer ces jouets pour ceux qui en ont be-

48 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
soin. Cette opération partenariale et éducative aide à lutter contre le sentiment d’exclusion
et renforce le lien social.
 Vinci a contribué sous forme de mécénat à la restauration de la galerie des Glaces du
Château de Versailles par un apport de 12 millions d’euros sur 5 ans.

DÉVELOPPER LES ACHATS DE PROxIMITÉ : l’entreprise peut agir positivement sur


le dynamisme de l’économie locale, en orientant sa politique d’achat vers les fournisseurs
installés dans les bassins d’emploi où elle est elle-même présente.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Pour la société Sodexho, le développement économique passe par le développement

II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE


social des territoires dans lesquels elle est implantée. Ainsi 90 à 98 % des achats sont lo-
caux. En outre, près de 98 % des collaborateurs sont employés localement dans le bassin
d’emploi de l’implantation.

PARTICIPER AUx PROgRAMMES DE MICRO-CRÉDIT : les bases du micro-crédit ont


été jetées en 1976 au Bangladesh par un professeur d’économie, Mohammed Yunus, qui
a créé la Grameen Bank (banque des pauvres) destinée à venir en aide financièrement aux
habitants des villages entourant son université. S’appuyant sur la réussite de cette banque
qui compte aujourd’hui près de trois millions de clients, d’autres institutions de micro-crédit
ont vu le jour au Bangladesh, mais aussi en Afrique, puis plus récemment en Europe Centrale
et Orientale. Elles sont même apparues dans les pays développés comme la France, avec la
création en 1989 de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie) qui aide les
personnes exclues à créer leur propre emploi, en mettant à leur disposition des crédits de
petits montants et en accompagnant les créateurs dans la réalisation de leur projet. Selon les
estimations des agences concernées, quelques 60 millions de personnes à travers le monde,
dont 60 % de femmes, bénéficient de la micro-finance, les prêts pouvant varier de 25 à 1000
dollars. A ce jour, on estime à près de 10 000 les organismes ou associations spécialisées
réparties sur tous les continents. La totalité des micro-crédits accordés chaque année varie
de 500 millions à 1 milliard de dollars pour une demande totale de micro-crédit de l’ordre de
100 milliards d’euros. Les organismes de micro-crédit doivent donc se tourner de plus en plus
vers le marché pour trouver les capitaux indispensables au développement de leurs activités.
Dans ce contexte, le secteur financier « classique » devient progressivement un partenaire
incontournable, mais les autres entreprises ont également un rôle à jouer, par exemple sous
la forme de dons, en investissant dans des fonds dédiés, en fournissant des bénévoles pour
accompagner les créateurs…
 Pour en savoir plus : www.adie.org
www.finansol.org
PILIER 2

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 49
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 En proclamant l’année 2005 comme l’Année du micro-crédit, l’ONU a fait de cette alter-
native économique un vecteur indispensable, un élément clé pour réaliser les Objectifs du
millénaire pour le développement (OMD) et ainsi lutter contre la pauvreté.
 Pour en savoir plus : www.2005microcredit.net
 Le micro-crédit, au travers de structures comme l’Adie, France active, France Initiative
Réseau et le Réseau Entreprendre, a permis en 2004 la création en France de plus de
10000 entreprises pour 15000 emplois. (Source : Adie)
 Cinq ans après avoir monté son entreprise de nettoyage avec un prêt de 3000 euros de
l’Adie, Carmen Soubran, qui avait connu la rue, est aujourd’hui à la tête d’une société dont
le chiffre d’affaires annuel s’élève à 420 000 euros et qui emploie 27 salariés. (La Croix, 7
Avril 2005, « le micro-crédit permet d’entreprendre »)
 Après avoir accumulé des années de chômage, Georges Tapero a pu, grâce au fi-
nancement et à l’accompagnement de l’Adie, devenir son « propre patron » en ouvrant sa
boutique de rénovation de meubles
II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

 Le groupe Banque Populaire est le premier donateur de l’Adie. Elle propose des lignes
de crédit dont 10 % sont sous forme de don (environ 7 millions d’euros par an) et un par-
tage des risques avec l’Adie.

SOUTENIR LE COMMERCE EQUITABLE : « Quiconque travaille a droit à une rémunération


équitable lui assurant, ainsi qu’à sa famille, une existence conforme à la dignité humaine »,
(Déclaration universelle des droits de l’Homme, art.23). Le commerce équitable vise à assurer
à des petits producteurs locaux des revenus minimums quelles que soient les fluctuations
du marché mondial, tout en veillant à ce que les produits concernés n’aient pas d’impact
négatif sur l’environnement et que les conditions de production respectent les critères sociaux
fondamentaux (liberté syndicale, refus de l’esclavage et de toute forme de discrimination...). Les
quatre piliers de ce marché sont la juste rétribution du travail des producteurs et artisans les
plus défavorisés, (leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires : santé, éducation,
logement, protection sociale) ; la garantie du respect des droits fondamentaux des personnes
(refus de l’exploitation des enfants, de l’esclavage...) ; la préservation de l’environnement
et l’instauration de liens durables entre les différents partenaires économiques. 76 % des
Français se disent prêts à payer plus cher pour des produits issus du commerce équitable.
 Pour en savoir plus : www.maxhavelaarfrance.org

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 L’entreprise Malongo, leader du café équitable en France, garantit aux producteurs mexi-
cains un prix d’achat supérieur à celui du marché. Cette entreprise prend en compte les
services sociaux fournis par la coopérative et la culture biologique du café. Parallèlement,
elle verse 200 000 dollars chaque année à l’association Max Havelaar, qui est le signe
français représentant l’appartenance d’un produit à la démarche « commerce équitable ».
Les ventes de Malongo augmentent en moyenne de plus de 10 % par an et atteignent
PILIER 2

50 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT TENDRE VERS LA PERFORMANCE SOCIALE
aujourd’hui 60 millions d’euros (4 % de parts de marché en France), dont 20 millions sur
la gamme équitable.
 Dans le domaine de la grande distribution, les enseignes Carrefour, Leclerc ont été
avec Monoprix, les premiers à proposer des rayons « commerce équitable » dans leurs
chaînes de supermarchés.
 Accor s’est engagé dans le commerce équitable avec les hôtels Sofitel en France. En
2003, les 38 hôtels Sofitel ont acheté 16 tonnes de café Malongo labellisé Max Havelaar.
Les 490 hôtels Etap Hôtel et Formule 1 en France ont suivi peu après en replaçant toute
leur gamme de boissons chaudes avec du thé, café et chocolat exclusivement issus du
commerce équitable. Aujourd’hui plus de 1100 hôtels servent des produits issus du com-
merce équitable.
 Armor Lux propose aujourd’hui une large gamme de produits fabriqués à base de coton
équitable labellisé par Max Havelaar, de même que La Redoute ou Monoprix. (Cf. Rapports
développement durable)

PILIER 2 II.. RESPONSABILITÉ VIS-à-VIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 51
PILIER 3
DÉVELOPPEMENT DURABLE
OU COMMENT PRÉSERVER
L’ENVIRONNEMENT
L’impact des activités humaines sur l’environnement est de plus en
plus visible : réchauffement climatique, problèmes de biodiversité,
épuisement des ressources naturelles, pollution… La capacité de
notre planète à entretenir les conditions de la vie se trouve affectée
par la façon dont nous exploitons, transformons et consommons une
vaste quantité de ressources. A terme, cela remet en cause l’activité
économique. Potentiellement, le déclin des écosystèmes concerne
les entreprises de tous les secteurs économiques. Celles-ci ont donc
intérêt à développer des systèmes de management environnemental.
Cette approche est indispensable pour enrayer la dégradation des
écosystèmes planétaires, bénéfique pour les équilibres économiques
des entreprises puisqu’en maîtrisant leurs consommations, leurs
émissions et leur bilan énergétique et de gestion, elles optimisent
leurs coûts de production.

« Préserver l’environnement est devenu un enjeu essentiel


pour l’avenir des générations qui nous succéderont. (...)
Chacun, particulier, entreprise ou collectivité locale doit
participer à l’effort général de réduction des impacts

»
environnementaux issus de son activité, quelle que soit son
empreinte écologique.

Claire Dorland-Clauzel, directrice communication,


Marque et développement durable d’Axa

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 53
III.1. PRIVILÉgIEz LA BONNE gESTION DES
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

DÉCHETS ET DES PRODUITS EN FIN DE VIE

Il est de la responsabilité de l’entreprise de se préoccuper de la gestion de ses produits, tout


au long de leurs cycles de vie. La réduction du volume des déchets et la prise en compte de la
III.1. PRIVILÉgIEz LA BONNE gESTION DES DÉCHETS ET DES PRODUITS EN FIN DE VIE

fin de vie des produits sont des conditions préalables à la croissance durable. Dans le cadre
précis du recyclage, préserver ou assurer la qualité et l’homogénéité des flux de matières à
recycler constitue un impératif technico-économique pour pérenniser la réalité et l’efficacité
d’une industrie de recyclage de grande ampleur. Les entreprises doivent donc s’assurer
qu’une réflexion transversale, touchant l’ensemble des intermédiaires de la chaîne, allant des
partenaires impliqués dans la création du produit à ceux gérant sa fin de vie, en passant par
ceux de son recyclage éventuel, soit menée. La solidarité des différents acteurs sur l’ensemble
de la vie des produits est en effet engagée et d’elle dépend la réalité du recyclage.

FAVORISER L’ÉCO-CONCEPTION DES PRODUITS9


RÉCUPÉRER ET TRIER LES DÉCHETS : il est de la responsabilité de l’ensemble des
partenaires de la chaîne de promouvoir la récupération, le tri des déchets afin qu’ils soient
recyclés ou, quand le recyclage n’est plus possible, valorisés.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 L’industrie papetière française utilise près de 60 % de fibres de récupération comme
matière première pour sa production de papier ; le reste provient de l’utilisation des sous-
produits de scierie et de bois d’éclaircie.
 L’association Ecopal, en lien avec les collectivités territoriales et les entreprises de la
région Grande Synthe (59), aide à la promotion de pratiques écologiques. Ce fut le cas
du 21 au 25 juin 2004, avec l’opération de collecte d’archives pour le recyclage du papier.
Cette action a réuni dix-sept PME des zones industrielles de Petite Synthe et Grande
Synthe. Les coûts de traitement et de transport ont été couverts par le produit de la vente.
L’an dernier, cette action avait permis de collecter et de recycler 47 tonnes de papiers-
cartons.
 Le groupe Stalaven permet l’utilisation de ses déchets végétaux par des agriculteurs
locaux afin de diminuer les quantités de déchets enfouis. De plus, en travaillant à la source
avec ses fournisseurs pour supprimer un maximum d’emballage, la société a réduit de
27 % ses déchets par tonne de produits finis.
PILIER 3

9 Cf. p. 15.

54 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT
CLIMATIQUE

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT


III..A RÉDUISEz LES ÉMISSIONS DE gES LIÉES AUx ACTIVITÉS
DE VOTRE ENTREPRISE

L’évaluation des types et des quantités d’émissions de GES est l’étape préalable à toute
démarche de réduction de ces émissions. A ce titre, l’Ademe a développé « le Bilan -
Carbone® ». Il s’agit d’une méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de
serre. Toute entreprise ou administration désirant « faire quelque chose » pour limiter la dérive
climatique peut ainsi connaître sa pression globale sur le climat, ses marges de manœuvre à
court et long terme pour la faire baisser ainsi que son exposition au risque d’un renchérissement
de l’utilisation de combustibles fossiles, via une taxe carbone par exemple.
 Pour en savoir plus : www.ademe.fr/Outils/BilanCarbone/Default.htm

III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE


Le déveLoppement durabLe en eXempLeS
 Des entreprises comme Cavol, Isover à Orange ou JPR Metal Company dans le Rhône
ont évalué leurs émissions de CO2 grâce au Bilan - Carbone®, proposé pour les entrepri-
ses et les particuliers, par l’Ademe sur son site Internet.
 En développant l’A380, Airbus a mis sur le marché le premier long courrier consommant
moins de 3 litres de carburant par passager aux 100 km. L’A380 réduit ainsi les émissions
de CO2 à 80 grammes par passager et par kilomètre ce qui représente une diminution de
15 à 20 % des rejets de GES par rapport aux autres longs courriers actuellement sur le
marché.

RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DES PROCÉDÉS INDUSTRIELS : les entreprises mettent


en place des politiques de surveillance et de réduction de leurs émissions (gaz à effets de
serre, particules, NOx, SO2...). Des investissements peuvent être envisagés à cet effet pour
renouveler les matériels et les procédés au profit de nouvelles technologies plus performantes.
Les entreprises soumises à la Directive européenne instituant le marché des quotas d’émission
doivent impérativement se conformer aux obligations qu’elle impose. Celles qui ne le sont pas
peuvent aussi prendre en compte ces préoccupations.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Aeres est une association créée en décembre 2002 avec le soutien du MEDEF par
dix-neuf industriels français, de dimension internationale, pour favoriser les réductions des
émissions de gaz à effet de serre et promouvoir l’utilisation d’énergies renouvelables.
 La société GM Métal comptant 27 salariés, transforme les alliages de zinc et donc émet
dans l’atmosphère des particules de métaux polluantes. Depuis 2004, un dépoussiéreur
a été installé réduisant à 5mg/m3 la concentration dans l’atmosphère des particules alors
PILIER 3

que la limite réglementaire est de 40mg/m3.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 55
 Coca Cola a annoncé un plan de remplacement de ses 980 000 distributeurs installés
à presque tous les coins de rues des villes et villages japonais. L’objectif est de limiter les
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

émissions de gaz à effet de serre (GES) fluorés conformément au protocole de Kyoto. Dès
cette année, 1500 machines sans hydrofluorocarbures (HFC) seront installées.
 La préoccupation générale autour de la réduction des émissions de gaz à effets de
serre a eu une conséquence directe positive sur la croissance et le développement de
l’industrie de l’aluminium. En effet, la nécessité d’émettre moins a engendré la nécessité de
consommer moins et donc, en particulier, d’alléger les véhicules. Ce marché s’est déve-
loppé grâce aux problématiques du développement durable et a été un véritable levier de
croissance pour l’industrie de l’aluminium.

INVESTIR DANS LES MÉCANISMES DE FLExIBILITÉ SI LA SOCIÉTÉ EST SUjETTE à


LA DIRECTIVE « QUOTAS » : le sommet de Marrakech en 2001 a fixé les mécanismes de
flexibilité qui permettent aux porteurs de projets de récupérer des quotas d’émissions de CO2.
Les deux types de mécanisme sont la MOC (Mise en oeuvre conjointe) et le MDP (Mécanisme
de développement propre). Ils ont pour but d’inciter les entreprises à investir dans des projets
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE

de développement durable dans des pays partenaires, ou des pays en développement. Les
MOC permettent la création, l’acquisition et le transfert d’Unité de réduction des émissions
(URE) entre les pays industrialisés et les pays en transition économique. Les MDP visent à
assister les pays en développement à atteindre un développement durable par la promotion
d’investissement écologiques en provenance des pays industrialisés.
 Pour en savoir plus : www.missioneco.org/publications/pg_kyoto.htm,
guide des mécanismes de projet prévus par le protocole de Kyoto

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 PSA Peugeot-Citroën en lien avec l’ONG Pro-Natura et l’ONF a investi dans un puits
de carbone forestier au Brésil.
 Le fabricant de composants électroniques ST Microelectronics s’est engagé dans plu-
sieurs actions de reforestation pour équilibrer ses comptes en termes d’émission de gaz à
effet de serre. Au Texas, au Maroc et en Australie, le groupe reboise environ 2500 ha par
an et compte avoir créé une forêt de 35 000 ha d’ici 2010, ce qui compenserait l’émission
de 1 600 000 tonnes de CO2.
 Dans le cadre du projet CRUST, Gaz de France Production Nederland BV développe
un pilote de réinjection de CO2 dans un gisement de gaz naturel aux larges des côtes
néerlandaises qui est opérationnel sur les plates-formes depuis mi-2004. (Cf. Rapport
développement durable Gaz de France)
 Rhodia a investi en Corée dans la construction d’usine qui absorbe le CO2 atmosphé-
rique.
PILIER 3

56 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
III..B RÉDUISEz LES ÉMISSIONS DE gES DUES AUx DÉPLACE-
MENTS DE VOS SALARIÉS

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT


DIMINUER LES OCCASIONS DE DÉPLACEMENTS PROFESSIONNELS : l’entreprise
peut réduire les déplacements en véhicules particuliers ayant lieu à l’heure des repas ou pour
les visites et réunions professionnelles hors des murs de l’entreprise. Ainsi, les déplacements
des salariés dans le cadre de leur emploi peuvent être limités en développant l’utilisation
de moyens de communication comme les vidéoconférences qui permettent de diminuer les
déplacements à longue distance, et donc les émissions dues aux transports, ainsi que les
risques d’accident, tout en améliorant les conditions de vie des salariés.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Les restaurants d’entreprises ou inter-entreprises constituent des moyens efficaces
pour limiter les déplacements aux heures des repas.
 De nombreuses entreprises, comme LVMH, organisent leurs réunions à proximité ou

III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE


directement dans les gares et aéroports afin de limiter les déplacements.
 Les systèmes de livraison à domicile systématique mis en place par les commerçants
aux bénéfices de leurs clients permettent une optimisation des transports des achats de
ces derniers.

ENCOURAgER LES SySTèMES DE COVOITURAgE : la majorité des employés qui utilisent


leur véhicule particulier voyagent seuls entre leur domicile et leur lieu de travail. Le covoiturage
permet aux salariés dont les domiciles sont proches d’effectuer ensemble les allers-retours sur
le lieu de travail. Ce système peut nécessiter un accompagnement par l’entreprise.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Le programme Mobility 2030, initié par le World Business Council for Sustainable De-
velopment (WBCSD), définit les enjeux de la mobilité future et les moyens d’y faire face
comme par exemple les carburants alternatifs, les motorisations innovantes mais aussi par
une sensibilisation des salariés d’entreprises au covoiturage.
 La société Voiture & Co a créé un système de mise en relation de conducteurs et de
passagers sur l’Île de France, avec pour point d’ancrage Nanterre pour la fac ou les bu-
reaux (mais aussi pour les soirées !)
 Pour en savoir plus : www.voiture-and-co.com
 Le groupe ST Microelectronics encourage fortement les salariés à utiliser les systèmes
de covoiturage. Ainsi à Grenoble, la proportion des salariés se déplaçant seuls dans leur
véhicule particulier est passée de 85 % à 55 % entre 2000 et 2003.
PILIER 3

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 57
FACILITER D’AUTRES MOyENS DE LOCOMOTION QUE LA VOITURE INDIVIDUELLE
POUR LES SALARIÉS : la promotion des transports en commun et des transports « verts »
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

tels que le vélo peut être faite au travers des PDU et PDE (Plan de déplacement urbain et
d’entreprise). Bien évidemment pour que ces derniers moyens soient utilisés, il convient de
développer des partenariats avec les collectivités locales et les associations.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 France Telecom Marseille a lancé un Plan de déplacement d’entreprise (PDE) qui porte
sur trois sites pilotes (600 salariés) et pourrait être étendu à tous ses sites (3200 salariés).
Ce PDE devrait permettre la réduction des émissions dues aux transports et la diminution
des coûts liés aux locations de parking, participer à la réduction des embouteillages, amé-
liorer le confort des salariés et réduire les risques d’accidents de la route.
 Pour en savoir plus : www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=73074

 Les entreprises grenobloises comme Framatome, Kéolis, ont mis en place, en concer-
tation avec les collectivités locales, les PDE-PDA permettant aux salariés de trouver des
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE

alternatives aux déplacements en véhicules particuliers.


 Pour en savoir plus : www.adtc-grenoble.org/article.php3?id article= 34

 Le Challenge ADTC (Association pour le développement des transports en commun)


« allons au travail à vélo » est un concours inter-entreprises de plus de vingt salariés de la
banlieue de Grenoble qui a pour but de promouvoir l’utilisation du vélo pour les déplace-
ments du domicile vers le lieu de travail .

 L’association Movimento propose des locations de vélos dans la ville de Toulouse, avec
un essai gratuit pendant un mois pour les salariés d’entreprise. « L’essayer c’est l’adopter ».
 Pour en savoir plus : www.movimento.coop

II..C RÉDUISEz LES ÉMISSIONS DE gES DUES AUx TRANSPORTS


DE MARCHANDISES

OPTIMISER LES CHARgEMENTS LORS DES TRANSPORTS DE MARCHANDISES :


afin de diminuer les émissions de GES, il est utile de réduire la fréquence des transports.
Cette démarche nécessite une amélioration de l’efficacité de la logistique via la création de
partenariats « inter-entreprises » qui mutualisent les déplacements ou via l’augmentation de la
capacité des unités de transport. Cela peut enfin passer par une modification du process de
fabrication pour réduire l’encombrement du bien produit.
PILIER 3

58 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT


 Pour éviter des allers-retours coûteux de transporteurs, qui participent aux émissions de
gaz à effet de serre, certaines entreprises centralisent leurs achats de matériels entre les
différents services. Dans ce cadre, les pharmaciens de l’est de la France se sont regroupés
pour créer la Pharm-UPP (Union des professionnels de la pharmacie). Cette association
permet d’effectuer des commandes groupées auprès des fournisseurs « exceptionnels » et
d’acheminer ces commandes en les adossant aux commandes quotidiennes usuelles.
 L’entreprise de récupération Lostis, basée à Ingranges-sur-Vienne (86), a investi dans
une presse à balle (250 000 euros) afin de diminuer de volume les 1200 tonnes de dé-
chets qu’elle récolte par mois. Les rotations des véhicules ont été réduites de 30 %, cer-
tains plastiques ont été valorisés, et la sécurité des 10 salariés améliorée.
 Pot au Vin, spécialisé dans la culture de la carotte et du poireau, a changé sa façon de
récolter les légumes, en transportant les carottes par lots de 22 tonnes au lieu de 10 ton-
nes, avec pour conséquence une réduction de 55 % de la consommation de carburant et
du nombre de remorques sur les routes. Par ailleurs, une analyse des conditions de travail
a été faite afin d’améliorer l’hygiène et le chauffage et éviter les mouvements répétitifs.

III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE


UTILISER UN MODE DE TRANSPORT ROUTIER PLUS EFFICACE : les entreprises
doivent promouvoir l’utilisation de transports routiers « verts » (véhicules au gaz naturel,
véhicules hybrides) ainsi que l’usage des biocarburants. Pour les transports électriques, le
prix d’acquisition et la rareté des stations d’approvisionnement - prévues en principe dans les
PDU (Plan de déplacement urbain) - posent encore problème et limitent l’expansion de ces
technologies.

Selon la réglementation européenne, les biocarburants peuvent être utilisés en


mélange à hauteur maximum de 5 % de biodiesel dans le gazole et de 5 % d’éthanol ou
d’ETBE (éthyl-tertio-butyl-ether, composé de 47 % de bioéthanol et 53 % d’isobutylène)
dans l’essence.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 La RATP possède au total 4024 bus dont 312 fonctionnent à l’aquazole, 90 au gaz
naturel, 68 au diester, 57 au GPL et 12 à l’électricité.
 En 2005, Transpole, société de transports en commun de la ville de Lille, filiale du
groupe Kéolis, possède 261 bus standards et 50 bus articulés dont 35 % et 28 %, res-
pectivement, fonctionnent au gaz naturel
 Laclim, entreprise de services spécialisée dans les solutions climatiques, souhaite ex-
périmenter l’huile végétale usagée pour alimenter ses véhicules, souhaitant par là même
abaisser sa facture de carburant de l’ordre de 70 % et valoriser ce type de déchet.
 En agissant sur la résistance au roulement des pneumatiques, tout en conservant
l’adhérence du pneu pour une bonne sécurité, Michelin permet d’obtenir, avec son pneu
« vert », Green X, commercialisé depuis 1992, jusqu’à 5 % d’économie de carburant et ce,
PILIER 3

grâce à une résistance abaissée de 30 %.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 59
 L’entreprise Solvay expédie 40 % de sa production de PVC via la ferroutage depuis
Tavaux (39), soit au total 90 000 tonnes par an. Depuis septembre 2002, entre dix et
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

douze conteneurs par jour quittent l’usine par camions en direction de la gare de Chalon-
sur-Saône où des trains de vingt six conteneurs partent pour le dépôt italien de Solvin à
Tavazzano, près de Milan. Ce ferroutage s’intègre dans le projet Sirio (Solvin Italian Railway
Intermodal Operations) mis en place par Solvin, qui comprend également les usines de
Ludwigshafen (Allemagne) et Jemepper (Belgique). Le franchissement des Alpes s’effec-
tue désormais par voie ferrée plutôt que par les tunnels du Mont blanc et de Fréjus et
permet aux camions et poids lourds d’économiser 5,7 millions de kilomètres et 7 000 tra-
versées des Alpes. Au départ de Tavaux, cela fait près de 3 000 camions par an en moins
sur la route. Sirio devrait au total acheminer 150 000 tonnes de PVC par an. Solvin étudie
à présent la possibilité de faire partir les trains directement de Tavaux.
 La société Stef-TFE équipe ses véhicules neufs de boîtes de vitesse automatiques.
Selon les tests effectués en 2004, cela permet une baisse moyenne de 5 % de la consom-
mation. Fin 2005, 15 % du parc automobile en sera équipé.
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE

FAVORISER LE DÉVELOPPEMENT DES MODES DE TRANSPORT ALTERNATIFS :


En France, 83 % du transport se fait par la route, 15 % par la voie ferrée et 5 % par voie
maritime et fluviale. L’utilisation de transports multimodaux permet une amélioration de
l’efficacité énergétique et une réduction des émissions de gaz à effets de serre. Les deux
voies d’étude sont le fret ferroviaire et le transport maritime et fluvial, qui peuvent trouver leur
utilité particulièrement pour des trajets supérieurs à 500 km. Des programmes de financement
de ces transports alternatifs existent comme le programme Marco Polo (aide financière de la
Communauté européenne sur la période 2003-2006).

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 La SNCF a mis en place un plan fret 2003-2006 afin de pérenniser son activité et de la
rendre plus compétitive et plus attractive. (Cf. Rapport développement durable SNCF)
 Connex, filiale du groupe Veolia Environnement, est devenu un opérateur du Réseau
ferroviaire français (RFF) et a ouvert sa première ligne de fret ferroviaire entre la Meuse et
l’Allemagne.
 Stef TFE, entreprise de transport routier, est devenu actionnaire d’une société de trans-
port bimodal dans le sud-est de la France afin de proposer des alternatives au transport
routier (fluvial, ferroutage).

MAINTENIR ET ENTRETENIR LES MATÉRIELS DE TRANSPORTS : les matériels


fonctionnant grâce aux énergies fossiles doivent être entretenus de façon régulière. Leur
ancienneté et leur usure accroît les émissions de GES. Leur remplacement doit être prévu
régulièrement au profit des technologies les plus récentes qui bénéficient d’un meilleur
PILIER 3

rendement énergétique.

60 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
Le déveLoppement durabLe en eXempLeS

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT


 La SNCF prévoit de renouveler 400 locomotives diesels ce qui permettra de réduire les
émissions. (Cf. Rapport développement durable SNCF)
 ACR Logistics, entreprise de transport routier, renouvelle sa flotte de camions plus
régulièrement et forme les chauffeurs à des conduites plus économiques. Le coût de ce
programme est de 20 millions d’euros sur 3 ans. Il procure un supplément d’image et de
notoriété malgré l’augmentation des tarifs (+3 à 4 %).
 L’entreprise Norbert Dentressangle base sa stratégie de développement durable autour
de la formation des chauffeurs à la maîtrise de la consommation d’essence. Cette forma-
tion permet donc à terme des économies de carburant tout en sensibilisant le personnel
sur les bonnes pratiques environnementales.

III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE


III..D AMÉLIOREz LE BILAN ÉNERgÉTIQUE DE VOTRE
ENTREPRISE

Les entreprises sont de grosses consommatrices d’énergie tant en matière d’éclairage, de


chauffage qu’au cours du processus de production. Améliorer le bilan énergétique de votre
entreprise signifie réduire vos coûts tout en contribuant à préserver l’environnement ainsi que
les ressources pour les générations à venir. Pour cela, vous pouvez vous engager dans des
démarches d’éco-efficacité en lien avec les process10, mais aussi :

OPTER POUR LES ÉNERgIES RENOUVELABLES : les entreprises peuvent contribuer à


la lutte contre le réchauffement climatique en privilégiant les sources d’énergies renouvelables
dans leurs installations de production, de chauffage et d’éclairage. Les combustibles fossiles
contribuent en effet massivement au réchauffement progressif de la terre par le phénomène
de l’effet de serre. De plus, parce qu’ils sont épuisables, leur prix est inéluctablement amené
à croître. Pourtant, les énergies renouvelables sont encore très peu utilisées : dans le monde,
les énergies renouvelables ne représentaient en 2004 que 11 % de la production totale
(ministère délégué à la Recherche et aux Nouvelles Technologies). On distingue plusieurs
types d’énergies renouvelables appelées aussi « Énergies vertes » : l’énergie solaire (cellules
photovoltaïques...), éolienne, hydraulique, géothermique, des marées et des courants, de la
biomasse (bois...), le biogaz (mélange de CO2 et CH4, issu de la fermentation des déchets)
et les biocarburants.
 Pour en savoir plus : www.notre-planete.info/environnement/energies.php
PILIER 3

10 Cf. tableau p.26


11 Pour en savoir plus : www.assohqe.org

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 61
Dans le cadre de sa politique de lutte contre le changement climatique, la France a
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

défini un certain nombre de programmes mobilisateurs pour les économies d’énergie


et le développement des énergies renouvelables et s’est donné notamment comme
objectifs : la production de 10 % des besoins énergétiques français à partir de sources
d’énergies renouvelables à l’horizon 2010 ; une production intérieure d’électricité
d’origine renouvelable à hauteur de 21 % de la consommation en 2010 contre 14 %
actuellement ; le développement des énergies renouvelables thermiques pour
permettre d’ici 2010 une hausse de 50 % de la production de chaleur d’origine
renouvelable et l’incorporation de biocarburants et autres carburants renouvelables à
hauteur de 2 % d’ici fin 2005 et de 5,75 % d’ici fin 2010.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Areva et EDF ont conjointement installé des éoliennes de grandes puissances (bientôt
off-shore). EDF propose ainsi à ses clients un contrat de fourniture d’électricité produite
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE

par les énergies renouvelables (le KWh Équilibre). (Cf. Rapports développement durable
Areva et EDF.)
 Démarrage de la ferme éolienne de Mardyck, Nord de la France, par le groupe Total en
novembre 2003 et de l’usine de cellule photovoltaïque Photovoltec à Tienen, Belgique. (Cf.
Rapport développement durable Total).
 La charcuterie AT France à Troyes, qui utilise près du quart de la production porcine en
France s’est dotée d’une nouvelle chaudière expérimentale, qui lui permet de brûler ses
propres graisses, évitant les coûts liés aux déchets et les problèmes d’encrassage des
circuits d’épuration de la ville, d’économiser du gaz et de produire plus de vapeur qu’elle
n’en utilise. Du reste, la société Dubix, voisine de AT France, a installé une blanchisserie à
proximité pour bénéficier de ce flux d’énergie excédentaire.

INVESTIR DANS DES MATÉRIELS PERFORMANTS : chaque branche d’activité et corps


de métiers voit naître des innovations qui permettent de renouveler les anciennes technologies.
Bien évidemment leur coût n’est pas négligeable mais ces équipements sont rentabilisés grâce
aux économies d’énergie et à la réduction des émissions et des déchets générés par certains,
et à l’amélioration de la production et des conditions de travail facilitée par d’autres.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 De nombreuses technologies ont été développées par des entreprises innovantes
comme : les économiseurs d’eau, les verres spéciaux, les ampoules de faibles puissances
telles que les ampoules fluo-compactes (sont deux fois plus chères mais durent 15 fois
plus longtemps), les matériaux d’isolation des fenêtres et des murs (société Interplume et
le « batiplum », matériau pour l’isolation constitué de nappes de plumes et de duvet)...
PILIER 3

6 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
 Les matériaux labellisés HQE (Haute qualité environnementale) font partie de ces ma-
tériels performants. Mise en place par l’association HQE, créée en 1996 et composée

DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT


essentiellement d’entreprises du bâtiment, la démarche HQE est une démarche de ma-
nagement de projet visant à maîtriser les impacts d’une opération de construction ou de
réhabilitation sur l’environnement. Pour recevoir le label HQE, un bâtiment doit satisfaire à
un certain nombre de critères aussi bien lors de sa mise en œuvre qu’au cours de sa vie,
et même jusqu’à sa déconstruction. Actuellement en France, on compte plus de 300 sites
HQE réellement avancés. A titre d’exemple le siège social de la Banque Populaire du Haut-
Rhin est le premier siège social HQE du secteur bancaire.
 Pour en savoir plus : www.assohqe.org

 De nombreuses entreprises et certaines collectivités utilisent la thermographie infra-


rouge pour évaluer et détecter les fuites de chaleur et les pertes énergétiques dans les
bâtiments et les appareils.

 L’entreprise Verhaeghe, teinturerie de fils installée à Tourcoing depuis 1987, a réduit de


façon significative ses dépenses d’énergie en faisant le choix du matériel le plus perfor-
mant possible malgré un coût d’achat plus élevé. Par exemple, avec une machine dont les

III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE


bobines supports de fils peuvent être recyclées, l’installation d’une chaudière au gaz plutôt
qu’au fioul, une réduction du débit d’eau utilisé pour les différentes étapes de teinture,
la récupération de l’eau de pluie… Grâce à ses investissements, l’entreprise Verhaeghe
consomme quatre fois moins d’énergie que ses concurrents.

III.3 FAVORISEz LES BONNES PRATIQUES DES


PARTIES PRENANTES

RESPONSABILISER ET SENSIBILISER LES CONSOMMATEURS SUR LES


RESPONSABILITÉS ENVIRONNEMENTALES : l’objectif de cette information est de rendre
les ménages acteurs et diffuseurs de bonnes pratiques dans leur sphère privée comme dans
les activités professionnelles ou associatives. Votre entreprise peut jouer de cette manière un
rôle de diffuseur d’information sur le produit, son usage et sa fin de vie.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 BeCityzen, EDF, Energie et Wanadoo ont lancé conjointement un site-jeu
« bluedotproject » s’adressant au 15-25 ans et leur permettant de s’informer, échanger et
trouver des clés d’action autour de thèmes majoritairement liés à l’énergie, le tout sur un
ton « branché ». Dix jours après le lancement, le site bénéficiait déjà d’une fréquentation
journalière de 3500 personnes.
 Pour en savoir plus : www.bluedotproject.org
PILIER 3

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 63
 PSA Peugeot-Citroën propose des modules de sensibilisation pour le consommateur
sur le site Internet de l’entreprise.
DÉVELOPPEMENT DURABLE OU COMMENT PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT

 Pour en savoir plus : www.developpement-durable.psa.fr/fr/homepage.php

 Monoprix mène plusieurs actions d’information et de sensibilisation pour que le


concept de développement durable s’ancre progressivement dans les actes quotidiens
des consommateurs : toute une série de pictogrammes imprimés a été élaborée sur les
produits Monoprix Vert, qui explicitent leurs avantages environnementaux et indiquent aux
consommateurs comment choisir et utiliser les produits afin de réduire les consommations
de matières et d’énergies, ou encore mieux trier ses déchets pour faciliter leur recyclage.
Par ailleurs, Monoprix consacre régulièrement des émissions au développement durable
sur Radio Monop’.

 Le MEDEF lance un programme MDE (Maîtrise de la dépense énergétique) qui vise à


sensibiliser les entreprises (leurs salariés et leurs clients) sur les potentialités de réduction
de leur consommation énergétique dans le tertiaire. Ce programme incite les entreprises à
opérer des réductions par des actions simples. Un état des lieux est ensuite dressé chaque
année avec l’entreprise afin de constater les baisses de consommation et de fixer les pers-
pectives pour l’année suivante. Il s’agit ainsi de lutter contre le changement climatique par
III.. LUTTEz CONTRE LE CHANgEMENT CLIMATIQUE

une réduction à l’échelle nationale des émissions de GES. Parallèlement, les entreprises
constateront un réduction significative de leur « facture énergétique ».

ASSURER LA PROMOTION DES PRATIQUES ÉCOLOgIQUES AUPRèS DES CLIENTS :


par leur comportement, les personnes peuvent dégrader l’environnement. Certains usagers
de l’espace naturel ne savent pas le respecter et le dénaturent en déversant leurs déchets,
souvent par méconnaissance des effets néfastes qu’ils engendrent. Votre entreprise peut ici
encore jouer un rôle en soutenant des actions ou participant à des opérations de promotion
de pratiques sociétales responsables.

Le déveLoppement durabLe en eXempLeS


 Un programme « Respect » a été initié par Rossignol auprès du public autour des
valeurs d’écologie, de solidarité et de sécurité. Ainsi avec l’association Mountain-Riders
(www.mountain-riders.org), Rossignol a créé un cendrier de poche pour que les pistes
ne se transforment pas en cendrier le printemps venu.
 ECO-Conseil, en collaboration avec la Fédération de l’imprimerie et de la communica-
tion graphique (FICG), a publié des ÉCO-fiches métiers de l’imprimerie à partir de l’ÉCO-
Guide paru en Alsace en octobre 1998 (réalisé dans le cadre du programme LIFE de la
direction générale Environnement de la Commission européenne). Ces fiches, destinées
aux professionnels, sont des manuels de bonnes conduites écologiques pour les différents
corps de métiers de la branche imprimerie.
PILIER 3

64 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
L’agro-alimentaire et le bâtiment montrent la place
de l’entreprise dans la promotion des bonnes
pratiques

n Promouvoir une agriculture raisonnée : l’agriculture raisonnée


correspond à une démarche globale de gestion d’exploitation qui vise, au-delà
du simple respect de la réglementation, à réduire les impacts négatifs des
pratiques agricoles sur l’environnement et le bien-être animal et à renforcer
leurs effets positifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des
exploitations. C’est une démarche qui associe l’amont et l’aval du monde
agricole et qui concerne toutes les productions végétales et animales :
arboriculture, grandes cultures céréalières, oléagineuses et protéagineuses,
élevage, aquaculture continentale et marine, etc.. Cette démarche peut,
au-delà des impératifs de sécurité sanitaire des produits agricoles et
alimentaires, contribuer à l’amélioration de la maîtrise des risques sanitaires.
Ces exigences peuvent être associées, dans un souci de différenciation ou de
marketing, par les opérateurs économiques.

 Une opération pilote, soutenue par Danone et élaborée par Arvalis,


Institut du Végétal, et la coopérative Valfrance, a été lancée en 004
pour accompagner les agriculteurs dans une démarche de progrès et leur
apporter des solutions concrètes aux problématiques environnementales.
 70 % des achats de légumes du groupe Stalaven sont réalisés dans le
cadre de la démarche « filière qualité groupe Stalaven », qui a pour but
de promouvoir l’agriculture raisonnée et de mettre en place des plans de
progrès auprès des producteurs.

n Intégrer les techniques de l’éco-architecture : les constructions


doivent non seulement être intégrées dans le paysage de façon harmonieuse et
esthétique mais aussi garantir un haut niveau de protection de l’environnement
et des personnes. La combinaison de ces deux critères constitue le
fonctionnement du concept d’éco-architecture. Les êtres humains passent
deux tiers de leur temps dans des bâtiments qui remplissent l’espace et le
paysage, consomment en énergie le tiers de la consommation nationale, et
les deux tiers de la consommation d’électricité. Il convient donc de penser le
bâtiment de façon durable en travaillant principalement autour de trois axes :
économiser les ressources naturelles tout au long de la vie d’un bâtiment avec
la redécouverte des vertus des matériaux anciens comme les balles de paille
ou la peinture naturelle ; prendre en compte tout le cycle de vie des bâtiments
et diminuer les déchets en recyclant les matériaux ; intégrer les considérations
sociales avec particulièrement l’impact sur la santé. A l’heure actuelle, l’éco-
architecture affiche en France un faible taux de croissance de l’ordre de 0, %
du taux de croissance annuel du BTP. Pourtant l’architecture durable est
bénéfique économiquement car elle permet, outre des gains de productivité
de l’ordre de 6 à 16 % grâce à des économies d’énergies, l’amélioration de
la qualité de vie au travail. En France le label Haute Qualité Environnementale
(HQE)11 regroupe ces différents critères et y ajoute en plus des critères
d’esthétique, de confort acoustique, d’isolation et de réduction des pertes
énergétiques. Une reconnaissance officielle de ses vertus environnementales
et sociales est en cours dans le cadre d’un débat sur la certification.

 gSE, entreprise de conseil immobilier et d’ingénierie du bâtiment, a


placé au centre de son activité la notion de qualité environnementale des
bâtiments. Par exemple, les bâtiments des chantiers de l’entreprise Progolis
sont équipés de panneaux solaires et de panneaux photovoltaïques. Le bois
est privilégié dans la réalisation des structures car il offre une meilleure
tenue au feu et un confort d’ambiance plus agréable que l’acier.
 L’entreprise Nexity, leader français de la promotion immobilière a lancé
la construction d’un immeuble « bio », conforme à la HQE, qui devrait voir
le jour fin 005. Ainsi des panneaux photovoltaïques seront installés sur le
toit (1 m), et permettront de fournir l’électricité nécessaire pour éclairer
les parties communes (hormis l’ascenseur). Une récupération des eaux de
pluie, à hauteur de 800 m3 par an, devrait permettre d’alimenter 30 à
40 % des chasses d’eau. Enfin les cuisines seront dotées d’une poubelle,
contenant trois bacs facilement accessibles pour le tri des ordures
ménagères.
 Le groupe « Carrières du Boulonnais » a mis en place  chartes :
- la première appelée « charte paysagère » dont l’objectif consiste à
intégrer l’espace carrière dans son environnement en créant un plan
paysager (collines, plantations d’arbres, aménagement de l’espace
autour de la carrière).
- la seconde appelée « charte transport routier » dont le but est de
réduire le bruit, la poussière, réguler le trafic pour sauvegarder la
tranquillité des riverains.
Boîte à outils
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
EN PRATIQUE
INSTRUMENTS RÉgLEMENTAIRES

à L’ÉCHELLE NATIONALE
Afin de favoriser la diffusion du développement durable en tant qu’objectif de société, les
pouvoirs publics ont pris des mesures qui ont un fort impact sur la vie des entreprises.
Le dispositif législatif et réglementaire en la matière s’est beaucoup renforcé : lois sur les
discriminations, sur l’épargne salariale, sur les Nouvelles régulations économiques (NRE)12, sur
le fonds de réserve des retraites, sur la prévention des risques technologiques et sanitaires…
La France a en outre adopté une charte sur l’Environnement, intégrée à la Constitution, et
une Stratégie nationale de développement durable (SNDD). Cette stratégie comporte des
objectifs qualitatifs et quantitatifs répartis en 6 actes et 10 programmes d’action qui visent à
la fois les acteurs privés et l’État.
 Pour en savoir plus : www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=1198

à L’ÉCHELLE EUROPÉENNE
Dans la dynamique du sommet européen de Lisbonne de mars 2000, l’Europe a pris des
initiatives propres pour sensibiliser les entreprises à la responsabilité sociale.
C’est le cas avec la communication sur un partenariat mondial pour un développement durable
de février 2002 qui définit les responsabilités respectives des institutions financières pour
assurer une globalisation durable. La Commission européenne a également publié un Livre
Vert (2001) sur la responsabilité sociale des entreprises et un Livre Blanc sur la gouvernance
européenne invitant les entreprises, partenaires sociaux, pouvoirs publics et ONG à participer
à ce débat de société en lançant le forum RSE (2002). Le Livre Vert relatif à la promotion
d’un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises a eu pour prolongement
une communication de la Commission sur les normes sociales en juin 2002 dans laquelle est
définie la stratégie de l’Union européenne en matière de « promotion d’un socle de normes
de travail et amélioration de la gouvernance sociale dans le contexte de la globalisation » et
préconise une utilisation accrue des instruments de l’OIT.
 Pour en savoir plus :
> europa.eu.int/comm/employment_social/soc-dial/csr/csr2002_en.pdf
> europa.eu.int/eur-lex/fr/com/cnc/2001/com2001_0428fr01.pdf

12 La loi NRE du 15 mai 2001 vise directement la gestion de l’entreprise en demandant aux sociétés cotées d’indiquer
dans leur rapport annuel, « la manière dont elles prennent en compte les conséquences environnementales et sociales de
leur activité ».

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 69
CONVENTIONS, RECOMMANDATIONS ET
PRINCIPES INTERNATIONAUx

Depuis le Sommet de Rio sur l’environnement (1992), l’Agenda 21 et le sommet de Copenhague


(1995) sur les questions sociales, des textes fondamentaux ont été publiés par différentes
instances internationales pour encourager les entreprises à intégrer le développement durable
et des critères éthiques dans leurs actions. Ils peuvent servir de références communes pour
les codes de conduite élaborés par les entreprises13.

LES PRINCIPES DIRECTEURS ET CONVENTIONS DE L’OCDE


Il existe plusieurs textes - plus ou moins anciens - émanant de l’OCDE qui ont été, pour
certains, récemment actualisés et qui connaissent une influence croissante. Bien qu’ils soient
non contraignants, les gouvernements qui les ont adoptés sont tenus de promouvoir leur
application sur leur territoire.

- Les principes directeurs de l’OCDE à l’intention des


entreprises multinationales :
Ces normes de bonne conduite des entreprises visent à inciter les entreprises à avoir un
comportement responsable dans les domaines environnemental et social. Leur dernière
révision en 2000 a permis d’en préciser les contours : ils couvrent désormais toutes les normes
de l’OIT et de nouvelles recommandations ont été formulées concernant la transparence, les
droits de l’homme, la lutte contre la corruption et la protection des consommateurs. Ils n’ont
pas de valeur juridique contraignante mais sont entourés de mécanismes de mise en œuvre
très rigoureux. Ainsi, dans chaque pays membre de l’OCDE, il existe un point de contact
national qui se charge de répondre aux saisines dont il fait l’objet quant à la conformité du
comportement d’une entreprise multinationale au regard des Principes directeurs.
Pour l’heure, seuls les pays membres de l’OCDE, trois pays d’Amérique latine (Argentine,
Brésil et Chili), la République slovaque et, tout récemment Israël, ont adopté ces principes.

- Les principes de l’OCDE relatifs au gouvernement


d’entreprise :
Ils préconisent la protection des droits des actionnaires, notamment des actionnaires
minoritaires et étrangers, et soulignent que la réputation et le succès d’une société à long
terme dépendent également de facteurs éthiques et de la conscience des problèmes
environnementaux et sociaux.

- La convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption :


Elle vise à mettre fin à la corruption des agents publics dans le cadre des échanges
commerciaux internationaux ; vingt-et-un pays industrialisés l’appliquent à l’heure actuelle.
 Pour en savoir plus : www.oecd.org/topic/
0,2686,fr_2649_34889_1_1_1_1_37439,00.html

13 Cf. p.12

70 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
LES CONVENTIONS FONDAMENTALES DE L’OIT
Créée en 1919 pour promouvoir la justice sociale par l’amélioration des conditions de vie et de
travail dans le monde et devenue une institution spécialisée de l’ONU en 1946, l’OIT élabore,
développe et promeut un système de normes internationales du travail.
Composée de délégués gouvernementaux et de représentants des employeurs et des salariés
désignés par chaque État, elle peut voter des décisions qui ne sont toutefois pas obligatoires
pour les pays membres des Nations unies puisqu’elle représente des organisations profes-
sionnelles et non des pays.
En 1995, l’OIT a fait de huit des conventions qu’elle a édictées des conventions fondamentales,
quel que soit le niveau de développement de ses différents États membres :
n la convention sur le droit d’organisation et de négociation collective (C 98) ;
n la convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (C 87) ;
n la convention sur l’élimination du travail forcé ou obligatoire (C 105) ;
n la convention sur les pires formes de travail des enfants (C 182) ;
n la convention sur la discrimination en matière d’emploi et de profession (C 111) ;
n la convention sur l’âge minimum requis pour occuper un emploi (C 138) ;
n la convention sur l’égalité de rémunération entre hommes et femmes pour un même
poste (C 100) ;
n la convention sur le travail forcé (C 29).
Mais de nombreux États, comme la Chine, ne les ont pas ratifiées.
 Pour en savoir plus : www.oit.org

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 71
LE gLOBAL COMPACT DES NATIONS UNIES
Annoncé par le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, lors du Forum économique mondial
qui s’est tenu en janvier 1999 à Davos (Suisse), le Global Compact, ou Pacte mondial, invite les
entreprises à adopter dix principes universels14 concernant les droits de l’homme, les normes
de travail, l’environnement et la lutte contre la corruption dans l’esprit d’un « développement
responsable et durable ».

LES 10 PRINCIPES DU PACTE MONDIAL


droits de l’homme
1. Promouvoir et respecter la protection du droit international relatif aux droits de l’homme
2. Veiller à ne pas se rendre complice de violations des droits de l’homme

normes du travail
3. Respecter la liberté d’association et reconnaître le droit de négociation collective
4. Procéder à l’élimination de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire
5. Abolir effectivement le travail des enfants
6. Éliminer la discrimination en matière d’emploi et de profession

environnement
7. Appliquer l’approche de précaution
8. Entreprendre des initiatives tendant à promouvoir une plus grande responsabilité
9. Favoriser la mise au point et la diffusion de technologies respectueuses de l’environnement

Lutter contre la corruption


10. Agir contre la corruption sous toutes ses formes, y compris l’extorsion de fonds et les
pots-de-vin

S’appuyant sur le pouvoir de l’action collective, le Pacte mondial s’attache à promouvoir la


responsabilité civique des entreprises afin que le monde des affaires participe à la recherche
de solutions pour résoudre les problèmes posés par la mondialisation. Ce pacte est une
démarche volontaire et ouverte qui a pour ambition de rassembler des ONG - représentants
de la société civile - et des syndicats aux côtés des entreprises pour identifier, partager et
diffuser les bonnes pratiques. Les entreprises ne sont juridiquement pas contraintes de le
respecter et restent les seuls juges en ce qui concerne les modalités d’application de ces
principes. Toutefois, on attend de toutes les entreprises participantes qu’elles défendent
le Pacte mondial (à travers des déclarations, rapports annuels, lettres d’information, etc.),
qu’elles prennent des mesures concrètes pour modifier leur propre fonctionnement et ainsi
se conformer aux dix principes et, si possible, qu’elles collaborent avec les Nations unies
dans des projets de partenariat. Il compte actuellement plus de 300 entreprises françaises
adhérentes.
 Pour en savoir plus : www.unglobalcompact.org
et le site du forum français des amis du Pacte mondial
www.institut-entreprise.fr/index.php?id=226

14 Ces principes sont issus de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, des conventions de l’OIT et de la décla-
ration de Rio sur l’environnement.

7 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
LIgNES DIRECTRICES PRIVÉES
La mobilisation des entreprises pour la promotion du développement durable peut se traduire
par l’adhésion à des codes de conduite d’origine privée.

LES PRINCIPES SULLIVAN


En 1977, un administrateur de General Motors, le révérend Léon Sullivan, édicta un code de
conduite composé de huit principes à l’intention des sociétés intervenant en Afrique du Sud,
pour lutter contre la discrimination sur les lieux de travail, dans un contexte de ségrégation
raciale institutionnalisée. Rapidement reconnus comme un moyen de lutte efficace contre la
discrimination sur les lieux de travail, ces principes sont devenus un des codes de conduite
majeurs pour de nombreuses entreprises et organisation désireuses de s’engager pour des
droits égaux pour tous. Révisés, élargis et rebaptisés Global Sullivan Principles for Corporate
Responsability en 1999, ils attendent des entreprises qu’elles contribuent à « promouvoir la
justice économique, sociale et politique » là où elles opèrent.
 Pour en savoir plus : www.globalsullivanprinciples.org

LES CERES PRINCIPLES


Après la catastrophe écologique de l’Exxon Valdez, sur les côtes de l’Alaska en 1987,
des militants écologistes américains fondent la Coalition for Environmentally Responsible
Economies (CERES). ONG basée à Boston, la CERES définit en 1989 dix principes qui
constituent un code de conduite écologique, pour la responsabilité environnementale
des entreprises. Les principes CERES sont rapidement reconnus dans le milieu : les
investisseurs responsables et les organisations de défense de l’environnement s’appuient sur
eux. La CERES est à l’origine de la Global Reporting Initiative (GRI).
 Pour en savoir plus : www.ceres.org/our_work/principles.htm

LA CHARTE DES ENTREPRISES POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE


DE LA CCI
Il s’agit d’une charte en seize points, élaborée par la Chambre de Commerce Internationale
(CCI) en 1991, définissant les bases d’ « un management citoyen de l’entreprise ». Les
principes définis par cette charte concernent notamment le dialogue avec les parties
prenantes, le développement de techniques et de produits respectueux de l’environnement et
le transfert de technologies. Environ 2 300 entreprises y ont publiquement adhéré.
 Pour en savoir plus : www.iccwbo.org/home/environment_and_energy/charter.asp

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 73
OUTILS D’ÉVALUATION & DE REPORTINg
De multiples instruments, tant nationaux qu’internationaux, permettant d’évaluer et de vérifier
dans quelle mesure l’entreprise intègre le développement durable dans sa gestion et dans ses
pratiques, ont été développés ces dernières années.

LA gLOBAL REPORTINg INITIATIVE (gRI)


Etablie en 1997 par la CERES15 en association avec le Programme des Nations unies pour
l’Environnement (PNUE), la GRI16 tend depuis à devenir le premier standard international
en matière de reporting social et environnemental. L’idée est d’amener les entreprises
à formaliser dans leurs rapports annuels les résultats de leur action en termes sociaux et
environnementaux comme elles le font déjà pour leurs comptes financiers. Plus de deux
milles entreprises publient déjà volontairement des informations sur leurs politiques pratiques
et leurs performances environnementales et sociales. Mais ces informations manquent
généralement d’homogénéité et sont souvent incomplètes et non vérifiées. La GRI a donc
cherché à définir des critères et des indicateurs d’évaluation des performances économiques,
environnementales et sociales potentiellement applicables à tous les types d’entreprises. Des
lignes directrices pour des entreprises qui veulent se lancer dans la rédaction d’un rapport
sur les dimensions économiques, sociales et environnementales de leurs activités (reflétant
ainsi la triple approche du développement durable) ont alors vu le jour. La GRI invite toutes les
organisations engagées dans une démarche de communication de ses politiques et pratiques
sociales et environnementales, quelque soit leur niveau d’expérience en la matière, à utiliser
les lignes directrices. Elle propose plusieurs manières de les utiliser en fonction du niveau
d’expérience et de l’objectif final: d’une utilisation au simple titre de référence informelle, à une
utilisation de manière progressive ou encore une utilisation plus rigoureuse afin de produire un
reporting en conformité totale avec le cadre de référence.
 Pour en savoir plus : www.globalreporting.org
et la GRI spécifique pour les PME sur
www.globalreporting.org/workgroup/sme/intro.asp

LE gUIDE CSR EUROPE – ALLIANCES


En 2002, Alliances17 adapte pour les PME le guide « SME Key », outil d’aide en ligne à l’usage
des PME développé par CSR, réseau européen de grandes entreprises.
Outil d’auto-évaluation pour la direction de l’entreprise (aucune autre partie prenante n’est
sollicitée), il a été conçu pour être avant tout un support de sensibilisation. Il comprend 250
questions, structurées en fonction des trois piliers du développement durable : économique,
social et environnemental.
 Pour en savoir plus : www.alliances-asso.org/htm/rse/accompagnement2.htm#21

15 La CERES (Coalition for Environmentally Responsible Economy) est une organisation non gouvernementale améri-
caine.
16 La GRI est une organisation basée actuellement à Amsterdam qui outre le PNUE comprend des entreprises, des ONG,
des cabinets de consultants ainsi que des universités. L’adhésion à la GRI est volontaire mais engage les adhérents à
adopter un modèle de reporting commun.
17 Alliances est une association loi de 1901 rassemblant des entreprises « citoyennes » du Nord - Pas-de-Calais.

74 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
LE BILAN SOCIÉTAL
Cet outil, créé en 1996 par le CJDES18 et initialement conçu pour les entreprises de
l’économie sociale, s’adresse à toutes les entreprises soucieuses d’engager une démarche de
progrès en matière de développement durable.
Organisé en neuf champs d’analyse19, le bilan sociétal est un outil d’aide à la décision ; il
permet d’améliorer l’efficacité et de clarifier les finalités de l’entreprise. Il contribue à une
transparence globale, préalable indispensable à toute décision stratégique. Ce bilan constitue
aussi un support de dialogue entre les différentes parties prenantes de l’entreprise : salariés,
actionnaires mais aussi clients, fournisseurs…
Au-delà, il met en exergue les pratiques de l’entreprise dans les domaines sociétaux. Ce
processus intègre deux volets :
n 450 questions par grands thèmes (déclinables en fonction du secteur d’activité) ;
n Analyse globale de l’entreprise.
 Pour en savoir plus : www.cjdes.org/8-Bilan_societal

LE gUIDE DE LA PERFORMANCE gLOBALE


Etabli en 2002 par le CJD20, ce guide est organisé en 100 questions. Il permet d’établir un
diagnostic, de définir des axes d’amélioration et d’établir un plan d’action adapté. Il est de plus
étayé d’exemples concrets.
Il a en outre pour objectif d’aider le dirigeant à piloter son entreprise vers une logique de
performance globale, recherche d’équilibre entre l’économique, le social et l’environnemental.
Il vise à engager l’entreprise vers une autre vision de la performance, plus respectueuse des
parties prenantes - clients, salariés, fournisseurs, actionnaires, société civile, environnement -
et moins axée sur la maximisation des profits à court terme.
 Pour en savoir plus : www.cjd.net/Default.aspx?tabid=179

LA NOTATION ExTRA-FINANCIèRE
Pour contrôler la conformité aux règles et principes éthiques, sont ainsi créés des comités
spécifiques. Les entreprises organisent aussi des audits éthiques périodiques. Au niveau
externe, avec la croissance du marché de l’Investissement socialement responsable (ISR),
certaines organisations indépendantes proposent de noter et de classer les entreprises en
fonction de leurs performances sociales, éthiques et écologiques. Il s’agit d’agences de
notation sociale et environnementale qui évaluent les pratiques des entreprises en fonction
généralement de grandes catégories de critères d’évaluation.

18 Fondé en 1985, le CJDES (Centre des jeunes dirigeants et des acteurs de l’économie sociale) est une association
comptant un millier de membres, 400 à titre individuel et 600 comme salariés d’une structure de l’économie sociale (coo-
pératives, mutuelles, associations).
19 Activité, produits et relations clients ; gestion économique ; anticipation, innovation, prospective ; organisation du
travail ; ressources humaines ; acteurs internes-citoyens de l’entreprise ; environnement humain, social et institutionnel ;
environnement biophysique ; finalités et valeurs éthiques.
20 Le CDJ (Centre des jeunes dirigeants) rassemble 2500 chefs d’entreprises qui se reconnaissent « une responsabilité
citoyenne ».

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 75
CRITèRES DE MESURE DE LA PERFORMANCE SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE

ressources humaines environnement


n Structure des effectifs n Exemplarité en matière d’environnement
n Embauche, lien contractuel, rémunération n Certifications, programmes...
n Départ, turnover n Critères environnementaux et clients/
n Intéressement, participation, évolution fournisseurs
individuelle et de carrière n Process et production : indicateurs,
n Formation et aménagement du temps de déchets...
travail n Transparence : accès à l’information
n Relations professionnelles n Respect des sites
n Conditions de travail, hygiène et sécurité

relations avec les actionnaires relations avec clients/fournisseurs


n Fonctionnement des conseils n Leadership et qualité
n Gouvernance d’entreprises n Gestion de la qualité
n Informations relatives aux administrateurs n Qualité et process relation clients/
n Communication fournisseurs
n Rémunération des dirigeants n Mesure de la satisfaction du client
n Audit externe

relations avec la société civile


n Insertion/emploi dans l’entreprise
n Action de solidarité de proximité
n Actions en faveur de l’environnement
n Mécénat culturel et humanitaire

Source : Chambre de commerce et d’industrie de Paris

L’objectif est de promouvoir la communication d’informations non financières et de comparer les


entreprises entre elles afin d’orienter les investisseurs désireux de cibler leurs investissements
sur des entreprises « éthiquement correctes ». Pour déterminer la notation d’une entreprise,
ces agences procèdent par analyse de documents de l’entreprise (bilan social obligatoire en
France pour les entreprises de plus de 300 salariés, etc.) par des questionnaires envoyés aux
entreprises, des entretiens avec les parties prenantes, etc.
 Pour en savoir plus : le site d’information de l’ISR, www.isr-info.com/fr/agencies/

76 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
OUTILS DE NORMALISATION
Élaborées par des organisations publiques ou privées, les normes se définissent comme un
ensemble de critères dont le respect peut donner lieu à une certification par un organisme
extérieur.

ISO 14001
Lancée en 1996 par l’Organisation internationale de normalisation (ISO)21, la norme ISO
14001 atteste la mise en place d’un système de management environnemental destiné à limiter
l’impact de l’activité d’une entreprise sur l’environnement. Pour en bénéficier, l’entreprise doit
démontrer que l’environnement est pris en compte dans l’ensemble de l’activité.
Il s’agit de la norme environnementale la plus répandue au niveau international.
 Pour en savoir plus : www.afnor.org

EMAS
Créée en 1993 et actualisée en 2001 par l’Union européenne, la norme Eco-Management and
Audit Scheme (EMAS, système de management environnemental et d’audit) est une démarche
volontaire à l’image de ISO 14001 mais plus exigeante puisque les entreprises engagées dans
le processus doivent publier chaque année une déclaration attestant des progrès réalisés (ISO
n’oblige pas à des engagements chiffrés et publics).
 Pour en savoir plus : europa.eu.int/comm/environment/emas/index_en.htm

SA 8000
Elaborée en 1997 par le Social Accountability International (SAI)22, la norme SA 8000 atteste
le respect des droits fondamentaux des travailleurs en s’appuyant sur les conventions de
l’OIT, la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Convention des Nations unies
pour les droits de l’enfant. Elle couvre neuf champs essentiels : le travail des enfants, le
travail forcé, l’hygiène et la sécurité, la liberté syndicale et le droit de négociation collective,
la discrimination, les pratiques disciplinaires, le temps de travail et les rémunérations. Les
entreprises qui obtiennent cette certification s’engagent à respecter cette norme sur leur site
de production mais aussi à vérifier et à assurer que leurs fournisseurs la respectent également.
On recense actuellement un peu plus de 665 entreprises certifiées SA 8000 dans 44 pays.
 Pour en savoir plus : www.cepaa.org/SA8000/SA8000.htm

21 L’ISO est le plus grand organisme de normalisation au monde qui élabore des normes techniques recouvrant d’impor-
tants aspects économiques et sociaux. Bien que rassemblant les instituts nationaux de normalisation de 156 pays, l’ISO est
une ONG qui ne dispose d’aucun pouvoir réglementaire ou législatif. Néanmoins, certaines normes ISO – notamment celle
concernant la santé, la sécurité ou l’environnement – ont été adoptées par certains pays dans le cadre de leurs règlements
ou sont citées dans des lois auxquelles elles servent de base technique. En dépit de leur caractère volontaire, elles peuvent
donc devenir des exigences du marché.
22 Organisme américain regroupant des entreprises, des syndicats et des ONG.

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 77
AUTRES NORMES
AA 1000
L’association britannique Accountability a développé une norme dite de processus : la norme
AA 1000, créée en 1999. Norme de management, elle garantit la qualité d’un processus
RSE. Elle est fondée, d’une part, sur la qualité du dialogue entre toutes les parties prenantes
pour mettre en place un système de comptabilité globale de l’entreprise (« accountability » en
anglais, au sens de rendre compte), et d’autre part sur la prise en compte des progrès réalisés.
L’AA 1000, qui prévoit des mécanismes de contrôle, ne donne pas lieu à certification mais peut
être utilisée en complément d’outils existants comme la GRI.
 Pour en savoir plus : www.accountability.org.uk

OHSAS 18001 (Occupational Health and Safety Assessment Series)


Développée en 1999 par un groupe de treize organisations de normalisation et d’audit, cette
norme a pour objectif d’obtenir une gestion rigoureuse et efficace de la santé et la sécurité au
travail. Elle certifie l’entreprise contre les risques.
L’OHSAS est le seul référentiel permettant cette approche avec une reconnaissance
internationale. OHSAS 18001 est un référentiel privé. Il a été élaboré à partir de normes
nationales existantes et de référentiels de certains organismes certificateurs.
 Pour en savoir plus : www.ohsas-18001-occupational-health-and-safety.com/

23 www.accountability.org.uk. Accountability est un institut international professionnel à but non lucratif.

78 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
OUTILS DE LABELLISATION
Ils sont le fait des fabricants, des ONG ou des gouvernements et ne procèdent pas d’une
démarche réglementaire. Ils certifient plutôt des produits ou des filières et attestent que
l’entreprise auditée par un cabinet extérieur a respecté un cahier des charges précis. Ils
peuvent être environnementaux (on parle alors d’écolabels) ou sociaux (comme Max Havelaar
pour les produis du commerce équitable), les premiers étant toutefois plus nombreux que les
seconds. En voici quelques exemples.

NF – ENVIRONNEMENT
Délivré par l’Afnor, cet écolabel français est une démarche volontaire de certification qui atteste
qu’un produit respecte l’environnement, tout en étant aussi efficace et aussi performant qu’un
produit semblable destiné au même usage. Créé en 1991, il constitue le label écologique
officiel français. Pour l’obtenir, le produit doit être conforme à des critères écologiques et
d’aptitude à l’usage. Ces critères sont le résultat de négociations entre représentants français
d’industriels, d’associations de consommateurs et de protection de l’environnement, de
distributeurs et des pouvoirs publics.
 Pour en savoir plus : www.marque-nf.com

L’ÉCOLABEL EUROPÉEN
Equivalent européen de la certification française NF–Environnement, donc propre à tous
les pays membres de l’Union européenne, ce label écologique existe depuis 1992. Il vise à
« promouvoir la conception, la production, la commercialisation et l’utilisation de produits
ayant une incidence moindre sur l’environnement pendant tout leur cycle de vie » et de « mieux
informer les consommateurs des incidences qu’ont les produits sur l’environnement, sans pour
autant compromettre la sécurité du produit ou des travailleurs, ou influer de manière significative
sur les qualités qui rendent le produit propre à l’utilisation ». Reposant sur le principe d’une
« approche globale » qui « prend en considération le cycle de vie du produit à partir de la
fabrication y compris le choix des matières premières, la distribution, la consommation et
l’utilisation jusqu’à l’élimination après usage. Il peut s’adresser à toute catégorie de produits,
exclusion faite des denrées alimentaires, des boissons et des produits pharmaceutiques.
 Pour en savoir plus : europa.eu.int/comm/environment/ecolabel/index_en.htm

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 79
Panorama des instruments internationaux au service du développement durable
droits de préservation de droits sociaux Hygiène et Lutte contre la
l’Homme l’environnement fondamentaux sécurité corruption

accords Charte de Accords Déclaration sur les Convention


internationaux l’ONU multilatéraux sur droits et principes OCDE de
l’environnement fondamentaux des lutte contre la
travailleurs (OIT) corruption
principes Principes directeurs de l’OCDE
directeurs Global Compact
principes de GRI
reporting
Standards ISO 14000
publics/privés EMAS
Standards SA 8000
privés OHAS 18001
Lignes Sullivan CERES principes Sullivan principles
directrices principles
privées Charte des entreprises pour le
développement durable (CCI)
Codes de Charte Fair Labor Association
conduite privés Charte Forest Stewardship Council
sectoriels (ex)
Source : DREE

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 80
DISPOSITIFS DE SOUTIEN FINANCIER ET
TECHNIQUE
Pour accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de leur démarche de développement
durable, différents types d’aides financières ainsi que des dispositifs de soutien technique
(conseils, outils…) sont à leur disposition aux niveaux mondial, européen, régional et local. Une
liste, non exhaustive, de références utiles est fournie ci-après.

DISPOSITIFS DE SOUTIEN FINANCIER24


n L’ADEME, Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Via ses délégations
régionales, elle propose des outils (guides méthodologiques, liste de bureaux d’étude…) mais
aussi des aides pour la mise en place de système de management environnemental ou la mise
en œuvre de démarches d’éco-conception…
 www.ademe.fr

n L’ANR, Agence nationale de la recherche, est une agence de financement de projets de


recherche qui s’adresse à la fois aux établissements publics de recherche et aux entreprises.
 www.gip-anr.fr

n Les conseils régionaux. Certains conseils régionaux proposent des aides pour l’intégration
de l’environnement dans la stratégie de l’entreprise. C’est le cas du conseil régional Rhône-
Alpes et de ceux de l’Ile de France avec l’aide ARITT Environnement (Aide régionale à
l’innovation et aux transferts technologiques) et du Nord - Pas-de-Calais qui a créé un CERDD
(Centre ressource du développement durable), ayant déjà publié plus d’une dizaine de guides
pratiques.

n OSEO. Né du rapprochement des compétences et des savoir-faire de l’Anvar (Agence


française de l’innovation), de l’Agence des PME, OSEO a pour mission d’accompagner la
croissance des PME, à toutes les étapes de leur développement, l’objectif étant d’assurer une
plus grande continuité dans la chaîne de financement.
 www.oseo.fr

n Union européenne. Six directions différentes de la Commission européenne dispense des


aides. (Exemple du programme LIFE : soutien financier pour promouvoir des actions en faveur
de l’environnement).

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 81
DISPOSITIFS DE SOUTIEN TECHNIQUE

n Admical. Depuis 1979, cette association cherche à promouvoir le mécénat d’entreprise


dans les domaines tels que la culture, l’environnement, le sport et la solidarité par le conseil,
l’information et la formation. Pour cela, elle conseille, informe et forme les entreprises.
 www.admical.asso.fr

n L’Afnor, Association française de normalisation : propose sur son site des informations
sur les différentes normes en vigueur ainsi qu’un guide de recommandations pour intégrer les
objectifs du développement durable dans le système de management de l’entreprise, le guide
SD 21000, et l’outil d’autodiagnostic associé. Il se présente comme une aide à la réflexion
initiale, lors de l’élaboration de la politique et de la stratégie de l’entreprise et une aide à la
mise en œuvre des objectifs fixés.
 www.afnor.fr

n L’Apave. La mission de l’Apave est d’accompagner les entreprises et les collectivités dans
leur volonté de maîtriser leurs risques, d’améliorer la sécurité de l’homme au travail et la
protection de l’environnement. L’Apave intervient aussi aux côtés des maîtres d’ouvrage dans
le cadre de projets immobiliers ou de génie civil.
 www.apave.com

n BMJ Ratings. Cette société, spécialisée dans les notations sollicitées des entreprises, des
collectivités locales et des associations, propose aussi un outil d’auto-évaluation pour les
PME.
 www.bmjcoreratings.com

n Les CCI, Chambres de commerce et d’industrie. Un ensemble de conseillers apportent


aux chefs d’entreprises des aides personnalisées dans des domaines particuliers comme
l’environnement, les ressources humaines et l’innovation. Ils assistent également dans la
constitution des dossiers techniques ou financiers.
Par ailleurs, le portail national des CCI permet d’accéder à l’ensemble des sites Internet et
services des CCI dédiés aux entreprises. Il comprend notamment :
 www.environnement.cci.fr : il permet de consulter la liste des
outils mis à la disposition des entreprises par les CCI dans les
domaines de l’environnement et du développement durable.
 www.aides.cci.fr : il permet d’accéder à une base de données
répertoriant les principaux dispositifs de soutien financier
et technique répondant aux besoins des entreprises.

n Le Canton de Genève. Avec le cadre de la mise en place de son agenda 21, le Canton de
Genève a créé un site où figure un guide à l’intention des PME.
 www.genève.ch/agenda21/pme/welcome.asp

8 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
n Le Comité 21. Il est composé d’acteurs variés constitués en réseau (entreprises,
collectivités locales, associations...). Ce réseau organise les échanges de bonnes pratiques
et accompagne ses adhérents dans la mise en œuvre opérationnelle de démarches de
développement durable.
Son site Internet recense plus de 150 aides auxquelles les acteurs du développement durable
peuvent prétendre : www.comite21.org et www.agenda21france.org

n Les DRIRE (Directions régionales de l’industrie, de la recherche et de l’environnement).


Dans le cadre de la stratégie nationale de développement durable, les DRIRE conçoivent et
animent des actions visant à l’intégration du développement durable dans les politiques de
développement des PME/PMI (mise en place de systèmes de management environnemental,
gestion des déchets et des effluents, éco-conception, intégration de technologies économes,
propres et sûres, utilisation rationnelle de l’énergie...) et forment et sensibilisent des agents
de l’administration mais aussi divers acteurs économiques au développement durable. Mais
surtout, elles accompagnent individuellement les entreprises pour les aider à mener à bien
leur projets de développement notamment en utilisant les aides financières à destination des
entreprises, en instruisant et en assurant le suivi des dossiers individuels de demande de
subvention.
 www.drire.gouv.fr

n L’EpE, Entreprises pour l’environnement, est une association d’une quarantaine de gran-
des entreprises qui veulent mieux prendre en compte l’environnement dans leurs décisions
stratégiques et dans leur gestion courante, dans le sens du développement durable. Elle
a pour objet : de développer des approches efficaces des problèmes d’environnement, de
mobiliser les entreprises, d’exprimer leur point de vue sur ces sujets, de promouvoir leur
compétence et leur dynamisme dans le domaine du développement durable. Elle propose
pour cela des méthodes, des outils (guides pratiques, de sensibilisation, d’auto-diagnostic,
rapports...) ou des recommandations en matière de politique environnementale.
 www.epe-asso.org

n Le GEOD, Groupe d’experts et outils pour le développement durable : propose


un autodiagnostic gratuit en ligne pour les entreprises dans les différents domaines du
développement durable.
 www.geodd.net

n IMS-Entreprendre pour la cité est une association qui encourage les entreprises à intégrer
dans leur Politique de responsabilité sociale (RSE) des démarches sociétales innovantes en
les accompagnant pas à pas dans la mise en œuvre de leurs projets (méthodologies mises au
service des entreprises adhérentes, suivi opérationnel, formation...)
 www.imsentreprendre.com

n INEED, Innovation pour l’environnement et l’économie durable, créée en 2003, permet


aux PME-PMI de se positionner de façon concurrentielle grâce à des produits plus respectueux
de l’environnement et de la santé humaine. Il décerne aux entrepreneurs des formations
incitatrices et des transferts de technologie. (Actuellement très active en Rhône-Alpes).
 www.ineedra.org

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 83
n Novethic. A travers son site Internet, tient à jour l’actualité du développement durable
et recense les différents acteurs et conseillers qui aident à l’application des pratiques du
développement durable.
 www.novethic.fr

n L’OCDE. Le site de l’OCDE propose des rubriques variées sur le développement local, la
parité, les questions sociales, la gouvernance d’entreprise, l’économie territoriale…
 www.oecd.org

n L’ORSE, Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises, organise des


groupes de travail et de réflexion permettant une meilleure sensibilisation et compréhension
des entreprises vis-à-vis des problématiques du développement durable. Il a publié, par
ailleurs, une série de guides pratiques.
 www.orse.org

n Sémaphore est un outil qui informe les entreprises sur les soutiens techniques et financiers
existants.
 www.semaphore.cci.fr

n Vigeo. Depuis 2004, Vigeo propose une offre d’évaluation et de notation sociale et
environnementale spécifique à la destination des PME. Cet outil d’autodiagnostic permet de
sensibiliser le chef d’entreprise avec une revue des enjeux et des risques sociétaux et de
structure en vue d’une éventuelle évaluation/notation.
 www.vigeo.fr

84 M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6
CONTRIBUTION DU SECTEUR FINANCIER
Le secteur financier développe une fonction de conseil et d’accompagnement de ses clients
« entreprises » en matière de développement durable :

1 S’agissant du conseil, les banques et les compagnies d’assurance mettent à


disposition de leurs clients divers outils d’aide à la décision :

n supports d’auto diagnostic fondé sur des critères développement durable,


n réalisation sur sites de missions d’expertise effectuées par des spécialistes pour
aider les clients à évaluer leurs risques (notamment environnementaux),
n supports d’information et de sensibilisation (par exemple, analyse des types de
sinistres significatifs rencontrés avec indication des enseignements à tirer,
n outils de prévention des risques (par exemple, en matière d’incendie, dans le
domaine agroalimentaire...) ;

2 En ce qui concerne l’accompagnement, plusieurs possibilités existent :

n des financements dédiés qui complètent les formules « classiques » de financement


(prêts, crédit bail...) : ces financements sont destinés notamment au développement
des technologies protectrices de l’environnement,
n des mécanismes adaptés aux caractéristiques du nouveau marché « carbone »,
n des fonds de capital investissement pour soutenir les entreprises innovantes dans
le domaine du développement durable et/ou des projets « verts »,
n des contrats d’assurance dédiés destinés à couvrir spécifiquement les risques
environnementaux des entreprises.

Pour plus d’information sur ces approches, nous vous invitons à


interroger votre assureur ou votre banque ainsi qu’à consulter la
rubrique « Finance et développement durable » du site de l’ORSE.
www.orse-ong/fr/home/financeetdeveloppementdurable.html

M E D E F – Va d e m e c u m « E n t r e p r i s e s e t d é v e l o p p e m e n t d u r a b l e : S u i v e z l e g u i d e ! » - m a i  0 0 6 85
L’élaboration de ce guide pratique s’inscrit dans le cadre des actions engagées par le
comité développement durable (commission économie) du MEDEF.

Ce guide pratique a été rédigé par :

Mme Sophie Liger-Tessier


Directeur-adjoint en charge de l’environnement, du développement durable et de l’énergie
Rapporteur du comité développement durable
Direction des affaires économiques financières et fiscales
MEDEF

Nous remercions tout particulièrement :

Les membres du comité de rédaction :

REMERCIEMENTS
Michel Laviale
Ancien directeur de la qualité et du développement durable à la Société Générale
Président du groupe notation extra financières du MEDEF

jacky Prudhomme
Sustainable Development Manager
Arcelor

Claire Boasson
Directrice de projets
Département développement durable
Caisse des dépôts

Claire de Langeron
Directeur environnement et développement durable
Fedem

Marie Menant
Chef de projet RSE
Gaz de France

Nicolas Oudin
Directeur des services économiques
Copacel

Stéphane Quéré
Directeur développement durable
Suez

Ainsi que nos stagiaires :


Mathieu Rouget
Sandrine Fernandes
Thibaut Leinekugel le Cocq

Le MEDEF remercie l’ensemble des personnes qui ont contribué à l’élaboration et à


la relecture de ce guide.
MEDEF
55, Avenue Bosquet
75330 Paris Cedex 07
tél : 01 53 59 19 19
fax : 01 45 51 20 44
www.medef.fr

Contacts :
Comité développement durable
Sophie Liger-Tessier

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