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Politique de Concurrence

Agrégé des facultés de droit et sciences économiques, docteur en sciences économiques, ancien élève de l'École normale supérieure (Lettres et Sciences humaines), agrégé de sciences sociales, Emmanuel Combe est professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et professeur affilié à l'ESCP-EAP. Il est en détachement depuis 2012 pour exercer les fonctions de vice-président de l'Autorité de la concurrence. Il est président par intérim de l’Autorité de la concurrence depuis le 13 octobre 2021.Il

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Politique de Concurrence

Agrégé des facultés de droit et sciences économiques, docteur en sciences économiques, ancien élève de l'École normale supérieure (Lettres et Sciences humaines), agrégé de sciences sociales, Emmanuel Combe est professeur à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et professeur affilié à l'ESCP-EAP. Il est en détachement depuis 2012 pour exercer les fonctions de vice-président de l'Autorité de la concurrence. Il est président par intérim de l’Autorité de la concurrence depuis le 13 octobre 2021.Il

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MASTER JURISTE D’AFFAIRES (M2/S3)

Résumé de l’ouvrage :
La politique de la concurrence.
Emmanuel Combe
Module : Droit de concurrence et de consommation

Fiche de présentation de l’ouvrage :


- Type : Article juridiques

-Titre : La politique de la concurrence


-Biographie de l'auteur Emmanuel Combe : Agrégé des facultés de droit et sciences économiques,

docteur en sciences économiques, ancien élève de l'École normale supérieure (Lettres et Sciences

humaines), agrégé de sciences sociales, Emmanuel Combe est professeur à l'université Paris-I-Panthéon-

Sorbonne et professeur affilié à l'ESCP-EAP. Il est en détachement depuis 2012 pour exercer les fonctions

de vice-président de l'Autorité de la concurrence. Il est président par intérim de l’Autorité de la

concurrence depuis le 13 octobre 2021.Il est l'auteur, dans la collection "Repères", de Le Low Cost

(2011). Le contexte socio-historique, spatio-temporel.

-Caractéristiques techniques :

-Article disponible en ligne à l’adresse : https://www.bm.com.tn/ckeditor/files/concurrence.pdf

-Éditeur : La Découverte & Syros, Paris.

-Parution : 15/03/2002

-Nb. de pages : 131

-Intérieur : Noir et Blanc

INTRODUCTION :

Selon l’auteur la concurrence constitue un processus de sélection pouvant conduire à l’élimination de


concurrents, au profit des firmes les plus efficaces. Les règles de concurrence ne visent alors pas à
empêcher en tant que telle la disparition de concurrents mais plutôt à contrôler les moyens utilisés par
les firmes pour parvenir à leurs fins. Cependant, le problème des autorités de la concurrence est de
déterminer à partir de quel moment les pratiques utilisées par un concurrent pour gagner des parts de
marché sont artificielles ou bien par mérite.
La politique de concurrence est en évolution depuis la fin du 19ème siècle à travers le monde. Le dernier
siècle est marqué par l’affaire Microsoft de 18 mai 1998 où le département Américain a déposé une
plainte à l’encontre de cette entreprise lui reprochant situation quasi monopolistique et abuse de sa
position dominante, en entravant la concurrence.
Le rôle de la politique de concurrence vise à garantir les conditions d’une concurrence libre et non
faussée entre les entreprises sur les marchés pour protéger les intérêts des consommateurs et de
promouvoir l’emplois. Il est nécessaire de fixer des règles du jeu, Aussi pour assurer que la lutte entre
entreprises se déroule à armes égales et selon les mérites et sans recourir à des pratiques artificielles.
La politique industrielle est une politique menée par les gouvernements dont le but est d’encourager les
agents économiques interne, ou de développer de secteurs économiques ou de promouvoir
l'industrialisation, pour ce faire les états octroi des aides à certaines entreprises ce qui est en
contradiction avec la politique de la concurrence.
Face à la mondialisation du marché, les États mettent en œuvre des politiques de la concurrence. La
promotion de cette dernière est une exigence pour les États. Elle est un facteur de développement
économiques permettant ainsi au marché de fonctionner plus efficacement tout en produisant des
richesses, fournir un meilleur choix possible en terme de qualité, les prix les plus bas possible pour le
consommateur. La concurrence incite aussi les entreprises à innover et à améliorer leur productivité, ce
qui contribue à la croissance.
Économiquement la concurrence désigne la compétition entre plusieurs agents économiques pour un
même marché. Le doit de concurrence est un droit économique gouverner à la fois les autorités
politique judiciaire et par les autorités de régulation de la concurrence, il a pour but de contrôler la
concurrence sur un marché.
La politique de la concurrence occupe aujourd'hui une place importante au sein de l'arsenal des
politiques publics réglementaires. Les autorités de la concurrence sont les régulateurs est l’arbitre de la
concurrence à travers le monde. C’est organisme indépendant au service de la compétitivité et du
consommateur.
Ainsi, il y a lieu de se demandé sur quels fondements repose l'intervention de la " main visible " des
régulateurs de concurrence ? Quel est le champs d’application de la politique de la concurrence ? Quels
instruments sont utilisés pour détecter les pratiques anticoncurrentiels ?
Le présent ouvrage s’interroge précisément sur les fondements économiques qui sous-tendent la
politique de la concurrence, L’auteur répond dans son livre à ces différentes questions illustrées de très
nombreux exemples, en privilégiant une l'analyse économique. Et On étudiants les principaux champs
opérationnels de la politique de concurrence.
L’auteur traite dans un premier chapitre les objectifs, les instruments et l’efficacité de la politique de la
concurrence , le deuxième chapitre analyse Le contrôle des concentrations et l’exercice d’une position
dominante, dans le troisième chapitre concerne monopolisation d’un marché et la politique de la
concurrence, tandis que les chapitres quatre et cinq porte respectivement sur les accord horizontale et
verticale et en fin dans le sixième chapitre et en guise de conclusion l’auteur met l'accent sur les
nouvelles frontières de la politique de la concurrence.

PLAN
Partie 1 : Notion et champs d’application de la politique de la concurrence
(principales composantes de la politique de la concurrence) :

I - Qu’est-ce que la politique de la concurrence ?

Dans le présent ouvrage, Emmanuel Combe démontre que la politique de concurrence regroupe
l’ensemble des règlementations et mesures qui ont pour but d’encadrer ou de modifier les conditions de
la concurrence sur un marché donné, que ce soit entre les offreurs et les demandeurs ou entre les
offreurs eux-mêmes. Cet arsenal juridique s’est diffuser proportionnellement des pays développés
jusqu’aux pays émergent.
Ensemble des objectifs que les pouvoirs publics et économiques poursuivent devant un phénomène qui
touche à la concurrence économique ; moyens qu’ils mettent en œuvre à ces fins. Les politiques de
concurrence sont inspirées par l’économie et appartiennent ainsi aux politiques économiques.
La politique de concurrence a vocation d’appliquer des règles destinées à sécuriser la concurrence loyale
entre les agents économiques. Elle participe ainsi à inciter l’esprit d’entreprenariat et l’efficience de
production, à élargir l’offre et baisser les prix à fin d’améliorer la qualité des biens et services.

• L’essor de la politique de la concurrence :


L’État joue un rôle capital dans la politique de la concurrence, à travers son intervention entant que
régulateur réglementant et contrôlant la concurrence entre les agents économiques.
Il est essentiel de présenter les importantes réglementations qui ont été mise en œuvre sur la scène
internationale, depuis le ‘Sherman Act’ modèle American jusqu’au l’élaboration du ‘traité de Rome’.
La politique de la concurrence est récente dans la plupart des pays développés sauf pour le cas de USA
qui constitue le précurseur, par la suite l’union européens pendant les années 80 et les autres pays
émergent dans les années 90.
On peut donc dire que la politique de la concurrence connaît aujourd’hui un certain commencement à
travers le monde. Mais reste encore à construire, pour peu que cela soit désirable, dans la plupart des
pays émergent.
La politique de la concurrence limite sûrement les potentialités stratégiques des entreprises en leur
prohibant la mise en œuvre de certains pratiques, mais leur permet aussi d’agir dans un environnement
caractérisé par la sécurité juridique et économique

• Une politique ancienne : le cas américain :


Une forte concentration industrielle que les états unis d’Amérique ont connu vers la fin du 19 éme siècle
a suscité une inquiétude des consommateurs et petits producteurs américains, les politiciens l’interprète
comme un potentiel risque pour la stabilité sociale.
Le gouvernement américain, a entamé une première tentative de limiter les comportements
anticoncurrentiels des entreprises. La politique antitrust voit le jour au niveau fédéral en juillet 1890
avec l’adoption du Sherman Act, cette loi est restée inapplicable jusqu’au premières crises financière,
Standard Oïl est démantelé pour abus de position dominante. Les États-Unis adoptent en 1914 le
Clayton Act et le FTC Act, est qui ont été revus. Cette loi a pour objectifs :
-1 de prohiber les ententes illicites qui limites les échanges et le commerce ;
-2 de sanctionner les monopoles et les tentatives de monopolisation, connues sous l’expression d'abus
de position dominante.
L’application de la loi antitrust par les autorités américaines se caractérise par une fréquence cyclique
que Peltzman l’explique par la conjoncture économique, les violations des lois antitrust sont plus
fréquentes en période de récession.

• Une politique récente en Europe :


La recherche d’un système concurrentiel performant et efficace, est parmi les inquiétudes du Traité
de Rome. Ainsi, d’après ses articles 85 et 86, il a distingué entre deux séries de règles :
• La réglementation de pratiques individuelles restrictives :
Elle prévoit la condamnation de pratiques individuelles, susceptibles de n’affecter qu’un seul acteur
(participant) au marché, il s’agit principalement de condamner :
• L ’absence de transparence en ce qui concerne les prix, les conditions de ventes etc…
• Les pratiques déloyales des ventes, les ventes à la perte, la vente avec prime.
• Les pratiques restrictives, telles l’imposition d’un prix minimal de revente, le refus de vente, la
discrimination de prix, de délais de paiement qui ne serait pas justifier et constituerait un
inconvénient ou un avantage dans la concurrence.

• La réglementation de pratiques anti-concurrentielles collectives (PAC) :


Les articles 85 et 86 du traité de Rome d’intégration économique fait de la politique de concurrence une
de ses parties essentielles pour mettre fin à l’interventionnisme des gouvernements dans le marché.
Elle a pour objectif de réglementer les PAC susceptibles de perturber le fonctionnement du marché,
et de faire face aux ententes illégaux et aux abus de position dominantes :
- Sont prohibées les actions concertées, convention ou entente lorsqu’elles ont pour objet de limiter
l’accès au marché ou le libre jeu de la concurrence, à faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu
de marché, à diviser le marché ou les sources d’approvisionnements.
- Condamnation de l’exploitation abusive d’une situation de domination, tel que le refus de vente, vente
liée, rupture de relation commerciale injustifiée.
- Concernant la concentration, c’est le seul domaine qui n’ait pas été prévu par le traité de Rome. Le
problème des fusions susceptibles de nuire à la concurrence ne se posait donc pas. Ainsi, à partir du
Septembre 1990 une réglementation mise en place par la Commission Européenne, a permis de
contrôler les opérations de concentrations, à travers l’adoption d’un règlement à l’unanimité par le
Conseil des ministres européens.
En Allemagne la législation de la concurrence a été imposé par les américains en 1947, en Espagne une
législation a vu le jour en 1962 mais sans pour autant qu’elle soit utilisée que en adhérant au CEE en
1986, En France il faut attendre 1986 et notamment une des ordonnances prises par Chirac, pour que la
France se dote d'un droit complet de la concurrence et la France crée le Conseil de la concurrence qui est
une autorité en charge de l'application du droit de la concurrence, la Hollande ne condamne les ententes
des cartels que en 1998.

• Une politique en construction dans les pays émergents et en transition :


Les pays de l’Est européens ont convergé vers le libre marché après 1989, et sont tous doté de
législations sur la concurrence, pour leurs adhésions à l’union européen.
Les organisations internationales incitent plusieurs États à procéder à des réformes économiques et par
la suite une politique de concurrence suite à des graves crises économiques, comme en Amérique latine
ou en Asie du Sud-Est. Exemple le Mexique, le Brésil et la Corée.

• Les objectifs de la politique de la concurrence :


Historiquement le droit de la concurrence est assez complexe, il ne présente pas une clarté aveuglante
concernant ses objectifs ou plutôt on peut distinguer 3 objectifs :
1- le droit de la concurrence a pour but à défendre la concurrence. On peut donc donner à l'expression
concurrence libre et non faussé et dans la même logique il faudrait interdire toute comportement qui est
contraire à la concurrence quel que soit ces conséquences.
2- le droit de la concurrence cherche à défendre l'efficience économique et non pas interdire les PAC on
elles-mêmes sa condition que ses pratiques n’ont pas d’effets sur la concurrence.
3- Le droit de la concurrence cherche à défendre les surplus des consommateurs. Et surtout des
conséquences positives pour les consommateurs

• Des objectifs multiples :


La finalité de la politique de la concurrence se voit changé selon le temps et l’endroit et la priorité qui lui
est accordée, il est difficile d’entourer avec précision les objectifs de la politique de la concurrence, dans
la mesure où le champ d’intervention la politique de la concurrence dépend en partie de la place donnée
à d’autres politiques économique telles que la politique industrielle, et la politique technologique, dont
les objectifs peuvent être conflictuels

Par exemple, la politique de la concurrence en Europe est prioritaire par rapport à la politique
industrielle,
Ce qui freinent la création des entreprises de grandes tailles, capables de concurrencer les firmes
américaines et japonaises. Par contre dans le Japon, la politique de la concurrence est soumise à la
politique industrielle. La politique de la concurrence a permis la constitution d’organisation industrielle
coopératives voire collusives.

• La dilution du pouvoir de marché :

Le pouvoir de marché indique à la base la capacité des entreprises à fixer des prix supérieurs au coût
marginal d’une manière que ceci soit rentable. Le nombre des entreprises joue donc un rôle essentiel
dans la définition et l’exercice du pouvoir de marché.
La structure de marché est un facteur déterminant du comportement des entreprises et leurs
performances, un marché concentré incite à faire des ententes entre entreprises sur les prix ou la
constitution de barbières d’entrée pour la nouvelle concurrence, le libre jeu du marché ne permet pas à
lui seul de remettre en cause la position dominante qui est durable.
Un marché contestable est un marché sans barbières d’entrée ou de sortie, une pluralité d’offreur et les
prix tend vers le cout de production qui est favorable aux consommateurs. Par conséquent la politique
de la concurrence a pour but de diluer le pouvoir de marché.

• La promotion de l’efficacité économique :


L’école de Chicago essai de revaloriser la concentration industrielle en exposant divers des arguments ; la
concentration est un processus naturel qui en résulte de la compétitivité des entreprises, un grand et
seul producteur a l’avantage d’un cout de reviens bas d’un produit ce qui en profitera simultanément au
producteur et au consommateur (économie d’échelle) le bénéfices des entreprises dominante constitue
une récompense pour leur supériorité technologique et commercial, la concentration est un mal
nécessaire pour que le consommateur qui bénéficie d’un développement et innovation des produits .

• Les instruments de la politique de la concurrence :


La politique de la concurrence s’encadre par le Droit de concurrence par trois volets ;
-la restreinte du commerce par des ententes horizontaux et verticaux,
- l’abus de position dominante.
- le contrôle des opérations de concentration.

• Le cadre juridique :
Les principales dispositions du droit de la concurrence dans les État Unies et l’Europe sont :
a - Accords entre firmes :
Pour les États Unies ces accords sont règlementés par la Section 1 du Sherman Act (1890) Section 3 du
Clayton Act (ventes liées, distribution exclusive).

Pour les cas des pays européens c’est l’article 81 du traité de Rome pour la Communauté européenne.

b - Position dominante et abus de position dominante :

Pour les États Unies ces accords sont réglementés par la Section 2 du Sherman Act (1890
Pour les cas des pays européens c’est l’article 82 du traité de Rome pour la Communauté européenne.

c - Discrimination par les prix :

Pour les États Unies cette pratique est règlementée par la Section 2 du Clayton Act (1914) Robinson-
Patman Act (1936).
Pour les cas des pays européens c’est l’article 82 du traité de Rome pour la Communauté européenne.

d - Contrôle des concentrations :

Pour les États Unies cette pratique est réglementée par Clayton Act, section 7 (1914), par Celler-
Kefauver Act (1950) et par Hart-Scott-Rodino Act (1976).

Pour le cas européen c’est le Règlement nº 4064 de décembre 1989 (modifié en 1997).

e - Les Aides publiques accordées aux firmes nationales ne concerne que le cas européen qui est
traité par l’article 82 du traité de Rome pour la Communauté européenne.

Pour les pays européens les aides accordées par les états aux entreprises nationaux qui peuvent être
influente sur les marchés. Les articles 81,82, et 88 du traité CE traite respectivement les 3 volet, pour le
dernier volet c’est le règlement N°4062 du 12/1989.
En France dans l’article L. 420-1 du Code du commerce (anciennement l’article 7 de l’ordonnance du 1er
décembre 1986).

Les autorités de concurrence américaines et européennes publient périodiquement des lignes directives
pour mieux les entreprises à assimiler les règles de la concurrence.

• Le cadre institutionnel
En France, le Conseil de la concurrence a trois fonctions, une consultative, une autre contentieuse, et la
dernière est d’expertise.
Le Conseil de la concurrence est indépendant de ses décisions, Son domaine de compétence couvre
l’ensemble des activités économiques, la représentation du pouvoir publics n’a qu’une valeur
consultative. Les décisions du Conseil de la concurrence peuvent être contestées devant la cour d’appel
de Paris.
Au niveau européen c’est la Direction générale de la concurrence de la commission européenne qui en
est chargé de la concurrence.
La situation aux États Unies dans le domaine de concurrence se caractérise par l’existence de deux
organisme indépendant qui gèrent la concurrence :
• Le Département américain de la Justice ( DOJ) qui est sous l’autorité du pouvoir exécutif et qui
veille à l’application du Sherman Act et qui est seul habilité à prendre des sanctions pénales.
• Le deuxième organe chargé aussi de la concurrence est la Federal Trade Commission ( FTC), est
une autorité administrative dotée d’une certaine indépendance, et qui assure le respect du
Clayton Act et le FTC Act.
L’efficacité des sanctions :
Toutes les autorités antitrust ont développée des programmes dits de « clémence » dans la lutte contre
les cartels, en incitant les firmes à se dénoncer eux-mêmes afin que les sanctions vis-à-vis de la première
firme qui dénonce son appartenance à un cartel ou facilite les investigations sont revues à la baisse.

II - Le contrôle des concentrations :

On parle de concentration si une entreprise se procure de nombreuses parts de marché entrainant une
situation dominante pouvant conduire à certains abus.
La concentration étant un moyen d'acquisition ou de renforcement du pouvoir de monopole, les
gouvernements cherchent à réglementer pour contrôler les stratégies réglementaires pour éviter toute
situation de monopole sur le marché.
L’opération de concentration est fondée soit sur des formes juridiques précises et en nombre limité :
fusions, prises de participation, acquisitions d'actifs ou bien au résultat économique de l'opération.

• La procédure de contrôle :
Une opération de concentration est soumise au contrôle de l’autorité de concurrence, La restreinte de la
concurrence par les opérations du fusion acquisition peut être interdite par la section 7 du Clayton Act
(1914), l’adoption en 1950 du Celler-Kefauver Act renforce ce dernier par l’interdiction de l’acquisition
d’actifs.
Pour L’Union européenne, le contrôle des concentrations est plus récent : il est régi par le règlement nº
4064 adopté en décembre 1989 (modifié en juin 1997) et entré en vigueur le 21 septembre 1990.
Dans le cas de la France, le contrôle des concentrations est entré en vigueur avec la loi du 19 juillet 1977
puis a été redéfini par les ordonnances du 1er décembre 1986 et récemment dans le cadre de loi du 15
mai 2001.

• Un contrôle préalable :
Tout projet de rapprochement entre entreprises est soumis à l'autorisation préalable des autorités de la
concurrence.
La notification préalable des entreprises en cas de volonté ou future projet fusion acquisition est
obligatoire en vers les autorités de la concurrence, contrôle préalable a été adopté en 1976 avec le Hart-
Scott-Rodino Act : les opérations de fusion-acquisitions ou de coopération horizontale de grande
envergure doivent être notifiées à la (FTC) et au (DOJ) trente jours à l’avance pour le cas Américain.
En Europe, les Entreprises doivent remplir et déposer leurs volontés de concentration auprès de la
Direction de la concurrence de la Commission européenne, le cas européen se caractérise par un guichet
unique et aucune autre autorité n’est compétente, et en cas d’omission le contrevenant risque des
sanctions pécuniaires.

• Un contrôle conditionnel
Toute opération de concentration ne fait pas l’objet d’une notification préalable ; en effet, le contrôle se
veut sélectif. Vu le nombre élevé des opérations de fusion acquisition des entreprises dans le monde des
affaires le contrôle systématique de chaque opération est impossible. Ce contrôle se veut sélectif des
opérations qui peuvent toucher la concurrence. Il s’agit d’évaluer les opérations susceptibles d’affecter la
concurrence sur un marché.

En Europe les critères de taille et de répartition géographique du chiffre d’affaires sont tout d’abord
retenus ; un chiffre d’affaires mondial supérieur à 5 milliards d’euros, si deux au moins d’entre elles
réalisent, dans l’Union européenne, un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.si les firmes réalisant
plus des deux tiers de leur chiffre d’affaires communautaire dans un seul et même État membre, la
commission n’est pas compétente mais c’est l’autorité national qui le devient.
La commission européenne vise aussi toute opération entraînant le changement de contrôle d’une
entreprise existante : la prise de participation minoritaire, l’alliance entre firmes avec échange de
participation, le joint-venture.

• Déroulement et issue de la procédure


En Europe, cette procédure s’étend sur une durée maximale de cinq mois et se classe en deux phases :
1 ère Phase : en un mois la commission doit décider si l’opération est dans le champs d’application du
règlement et si elle peut être autorisée sans analyse poussée.
2 ème Phase : en quatre mois maximum la commission doit étudier, réunir les informations de cette
opération et ses effets future sur la concurrence et doit décider soit : une autorisation sans condition,
une autorisation avec conditions structurelles ou comportementales exigées, soit un refus et interdiction
de l’opération.
• L’évaluation de la position dominante
Les autorités de la concurrence doivent résoudre deux questions pour l’évaluation d’un renforcement ou
création de position dominante ; la première la délimitation du marché pertinent et en second lieu
l’évaluation et la mesure des parts de marché.

• La délimitation du « marché pertinent » :


Économiquement, marché est le lieu de rencontre de l'offre et la demande d'un bien ou d'un service et
qui permettra la naissance du prix d'échange. Un marché est composé de trois éléments essentiel :
l'offre, la demande et l'environnement. Le marché pertinent est le marché à prendre en considération
pour apprécier l'incidence d'une pratique notamment en droit de concurrence, L'analyse du marché
pertinent est notamment utilisée en droit de la concurrence pour déterminer si une entreprise occupe
une position dominante. La détention du pouvoir de marché donnant une position dominante s'apprécie
nécessairement sur un marché délimité avec précision.
En Europe, le marché pertinent en termes de produits comprend tous les produits et ou services
considérés comme substituables par le consommateur, en raison de leurs caractéristiques de prix et
usage.
La substituabilité au niveau de l’offre signifie que de nouveaux producteurs peuvent proposer un produit
similaire à ceux qui occupent déjà le marché dans un délai très court.
Quels critères permettent de délimiter les contours d’un marché ?
1 -L’approche par l’élasticité-prix croisée : C’est la variation relative de la demande du bien Y suite à une
variation relative du prix du bien X ; on trouve trois situations, si les deux produit X et Y sont
complémentaire, si les deux biens sont indépendants, et si les deux biens sont substituables.
2 -Le faisceau d’indices sont : le prix du produit, la nature du besoin satisfait et la différenciation
subjective du produit (la notoriété et canaux de distributions), la dimension géographique (Coût de
transport faible).
3 -Controverses sur le marché pertinent : qu’il est difficile de cerner les contours d’un marché, compte
tenu de l’évolution de la technologie.

• La mesure de la concentration
Après la précision du contour du marché, les autorités de concurrence calculent la concentration selon
les parts de marché, pour le cas Européen, si les part de marché ne dépasse pas les 25%, il donne leur
accord. Les autorités de concurrence peuvent également utiliser des indicateurs de concentration tels
que le ratio de concentration ou l’indice d’Herfindhal . Pour le cas Américain le seuil est de 31.662%.

• L’évaluation des effets d’une concentration :


Les autorités de concurrence procèdent à l’évaluation des effets potentiels sur le marché en cas de
réalisation du projet de concentration.

• L’arbitrage entre efficacité et pouvoir du marché :


La démarche de Williamson 1968 explique que en cas de fusion de deux entités qui ont la même
production va engendrer un cout de revient plus bas que si chacune produit seule. Une fusion qui
pénaliserait les consommateurs (suite à la hausse du prix) mais entraînerait de forts gains d’efficacité
pour les firmes serait logiquement autorisée ; cette analyse ne correspond pourtant pas à celle mise en
œuvre par les autorités de concurrence.
La Commission tient compte des intérêts des consommateurs intermédiaires et finaux ainsi que de
l’évolution du progrès technique et économique pour autant que celle-ci soit à l’avantage des
consommateurs. Le bilan concurrentiel est privilégié que le bilan économique.
Le cas américain voit les choses autrement puisqu’il met en valeur les gains escomptés de cette
opération qu’il faut démontrer qu’une fusion, ayant des effets anticoncurrentiels, peut être acceptée si
elle permet de maintenir en vie une firme qui aurait sans cela fait faillite. Les États-Unis ont une
pondération plus grande, qui est accordée à l’efficacité productive qu’à la concurrence effective que la
défense des intérêts des consommateurs défendus par l’Europe.

• L’évaluation du pouvoir de marché


La relation entre concentration du marché et niveau des prix est en réalité complexe, compte tenu de la
multiplicité des facteurs qui entrent en jeu ; substituabilité entre les produits des firmes qui fusionnent,
la réaction des concurrents à une hausse des prix, les barrières à l’entrée dans le secteur, le pouvoir
d’achat des clients.

• L’efficacité de la position dominante


Les avantages avancés par les firmes désirant une fusion ou acquisition sont souvent d’ordre
économique qui est la baisse de cout de revient, autres raisons présenté aussi comme le partage d’une
nouvelle technologie de production, une force de renégociation avec les fournisseurs, l’augmentation de
la taille permet de diviser le travail, en opérant une spécialisation des tâches, peuvent être étendues à
d’autres fonctions telles que la distribution, le marketing ou la recherche-développement.
La Commission doit tenir compte de « l’évolution du progrès technique et économique » résultant de
l’opération de concentration, dans la mesure où il est à l’avantage des consommateurs.

III- La monopolisation du marché :

Si le monopole résulte d’une technique de production supérieure à celle des concurrents (au travers, par
exemple, de la possession d’un brevet), cette situation de monopole ne saurait être contestée. La
monopolisation du marché suppose donc une intention d’obtenir un monopole par des moyens
anticoncurrentiels et artificiels.

• L’évaluation de la monopolisation :
La position dominante est une situation de puissance économique détenu par une entreprise qui lui
donne le pouvoir de faire obstacle au maintien d'une concurrence effective. On peut parler d’abus de
position dominante qu’après avoir être en position dominante. Les autorités de concurrence doivent,
dans un premier temps, évaluer la position dominante, avant de pouvoir en inférer un éventuel abus.

• Le cadre juridique :
Les législations antitrust contiennent toutes des dispositions relatives à l’abus de position
dominante, et la monopolisation d’un marché.

Dans le cas American, la section 2 du Sherman énonce ainsi que : « Every person who shall monopolize,
or attempt to monopolize, or combine or conspire with any other person or persons, to monopolize any
part of the trade or commerce among the several states, or with foreign nations, shall be deemed guilty
of a felony. »
En Europe, l’article 82 du traité CE condamne également l’abus de position dominante et liste, de
manière non exhaustive, certaines pratiques prohibées :
« Est incompatible avec le Marché commun et interdit, dans la mesure où le commerce entre les États
membres est susceptible d’en être affecté, le fait pour une ou plusieurs entreprises d’exploiter de façon
abusive une position dominante sur le Marché commun ou dans une partie substantielle de celui-ci. Ces
pratiques abusives peuvent notamment consister à :
a) imposer de façon directe ou indirecte des prix d’achat ou de vente ou d’autres conditions de
transactions non équitables.
b) limiter la production, les débouchés ou le développement technique au préjudice des
consommateurs.
c) appliquer à l’égard de partenaires commerciaux des conditions inégales à des prestations
équivalentes, en leur infligeant de ce fait un désavantage dans la concurrence.
d) subordonner la conclusion de contrats à l’acceptation, par les partenaires de prestations
supplémentaires qui, par leur nature ou selon les usages commerciaux, n’ont pas de lien avec l’objet de
ces contrats ».
La délimitation du marché dans le cas d’un abus de position dominante repose sur une démarche
rétrospective et non plus prospective.
La délimitation du marché pertinent est compliquée lorsque l’entreprise en position dominante pratique
un prix qui n’est pas concurrentiel.
Une fois le marché délimité, les autorités de concurrence évaluent la position dominante, en se basant
sur différents critères tels que la part de marché, l’importance des barrières à l’entrée, le degré de
maturité du marché, l’indépendance de comportement de la firme incriminée, la taille des concurrents,
les possibilités de substitution au niveau de l’offre, etc.
La détention d’une forte part de marché constitue un élément important, même s’il n’est pas toujours
suffisant pour conclure à l’existence d’une position dominante.

• La caractérisation de l’abus de position dominante :


La notion d’abus de position dominante reste très vague, pas précise et aussi non - exhaustive : le
Sherman Act n’énumère pas les pratiques qui relèvent de l’abus de position dominante, pour le cas
européen, c’est l’article 82 du CE qui établit une liste de comportements, qui n’est pas exhaustive.
Les enseignements de l’analyse économique, nous permettent d’analyser deux formes d’abus de position
dominante, la dissuasion à l’entrée, et la forclusion.
1-Dissuasion à l’entrée. — La dissuasion est une stratégie qui consiste pour une entreprise à empêcher
ou retarder l’entrée sur le marché de concurrents, afin de perpétuer sa position dominante.
La dissuasion à l’entrée peut prendre plusieurs des formes très diverses :
—la prolifération des produits : la firme dominante procède à l’occupation la totalité de l’espace des
produits en lançant fréquemment de nouveaux produits sur le marché de pour que l’entrée d’un
nouveau concurrent ne soit pas viable.
—la préemption technologique : accélération le rythme de l’innovation pour déposer des brevets avant
les firmes entrantes. Ou l’utilisation de « brevet dormant ».
—les ventes liées : l’utilisation de la position dominante sur un produit et la contrainte exercer sur la
clientèle pour l’achat d’un autre produit afin d’être en position dominante sur le produit visé ; cette
stratégie est parfois qualifiée de « stratégie du levier » .
On parle de ventes liées dès lors qu'une entreprise va vendre en même temps deux biens appartenant à
des marchés différents.
2-La forclusion est un deuxième cas d'abus de position dominante mais ici, le cas de forclusion existe
quand l'entreprise dominante possède ce qu'on appelle une ressource rare et essentielle nécessaire à la
production d'un bien ou d'un service. Elle peut handicaper les concurrents en leur refusant l’accès à
cette ressource ou en leur tarifant l’accès à des conditions désavantageuses. (Exemple Solvants et son
produit l’éthambutol).

• L’affaire Microsoft (1998) :


Exemple de L’affaire Microsoft (1998) c'est un exemple typique de ventes liées, Le procès intenté par le
gouvernement américain à la firme Microsoft, la politique mise en place par Microsoft d'installer dans
Microsoft Windows de manière automatique avec Microsoft Office. Ce qui est considérer comme vente
liées.

• Le cas des prix prédateurs :


La stratégie de prédation consiste à écarter un ou plusieurs concurrentes du marché par le biais de prix
très bas générant la faillite des concurrents. Autrement dit la pratique de prix prédateur (predatory
pricing) consiste à fixer momentanément un prix faible dans le but d’obliger un concurrent à sortir du
marché et de bénéficier par la suite des profits de monopole.
La stratégie de prédation repose sur un arbitrage temporel entre diminution du profit à court terme et
profits escompté élevés à long terme.
•Les conditions propices à la prédation :
La majorité des économistes s’entendent sur l’importance des pratiques de prédation.
Prédation pour fusion : Par exemple, une firme peut mener une politique de prix agressive pour faire
chuter la valeur boursière d’un concurrent et le racheter ensuite à un prix dérisoire. La prédation devient
rationnelle dès lors qu’existent :
-Une asymétrie entre les firmes : dans ce cas, la prédation inflige plus de dommages à la victime qu’à
l’agresseur.
-Des barrières à l’entrée : il devient difficile pour la victime de retourner sur le marché, après en être
sortie.

La lutte contre la prédation :


•La condamnation des prix prédateurs :
Le prix prédateur est une forme d’abus de position dominante qui est interdit par les différentes
législations de concurrence, aux États-Unis et Europe, ce comportement est réglementé par la section 2
du Sherman Act (1890) (exemple : affaire de démantèlement de la Standard Oïl de 1911) et de l’article 82
du traité CE. En France, c’est l’article L. 420-5 qui dispose que : « les offres de prix ou pratiques de prix de
vente aux consommateurs abusivement bas par rapport aux coûts de production, de transformation et
de commercialisation, dès lors que ces offres ou pratiques ont pour objet ou peuvent avoir pour effet
d’éliminer d’un marché ou d’empêcher d’accéder à un marché une entreprise ou l’un de ses produits ».
•La détection de la prédation :
Le problème de détection de la prédation réside dans la distinction entre une baisse de prix justifiée par
la volonté d’écarter un concurrent ou d’une baisse de prix résultant du jeu normal de la concurrence.

Partie 2 - Accords et politique de la concurrence et tendance de la politique de la


concurrence :

IV - Accords horizontaux et politique de la concurrence

Les entreprises nouent généralement des accords de collaboration et coopération avec leurs
concurrents, dénommés « accords horizontaux », aux différents stades de la chaîne de valeur à titre
d’exemple les accords de recherche et développement, accords de production en commun, accords
d’achats groupés, de normalisation ou de protection de l’environnement, etc.
Les accords horizontaux présentent un problème au vue de la concurrence, précisément lorsque les
participants de l’accord concordent leurs actions pour fixer un prix supérieur à celui résultant du libre jeu
de la concurrence : ce type de coopération entre concurrents est souvent qualifié d’ « entente restrictive
» , de « collusion » ou de « cartel ».
La deuxième partie du droit de la concurrence porte sur la lutte contre les ententes entre entreprises
concurrent sur un même marché.

• La tentation de la collusion :
En coordonnant leurs actions, plusieurs firmes en concurrence tentent de se comporter comme une
seule entité. L’objectif de cette collusion est d’obtenir un gain total plus élevé que celui obtenu en
situation d’oligopole, le cas limite étant le profit de monopole.

• L’organisation de la collusion :
Plusieurs instruments prouvent être objet de la collusion :
1-La fixation des prix : La fixation en commun de prix constitue la forme la plus répondue de collusion.
2-La diffusion de barèmes de prix : c’est Une forme de synchronisation sur les prix qui consiste à mettre
au point un barème de prix, distribué à l’ensemble des membres d’une profession.
3-La répartition géographique des marchés : La collusion consiste à se partager les marchés sur une
base géographique, chaque firme se retrouve ainsi en situation de monopole à l’intérieur d’un territoire
donné ; le consommateur est découragé par le cout de transport élevé, de s’approvisionner dans une
autre zone.
4-La définition de quotas de production : les membres de l’entente peuvent fixer des quotas de
production (distribution quantitative), d’une manière à ce que la production totale soit inférieure à celle
qui résulterait du libre jeu de la concurrence : chaque firme se voit attribuer une certaine quantité à
produire.
- Les conditions propices à la formation des ententes :
Il s’agit ici d’identifier les principaux facteurs qui facilitent la formation des ententes.
•Les caractéristiques du marché : les caractéristiques du marché s’avèrent favorables au développement
de comportements de collusion, les caractéristiques sont la concentration de l’offre, l’élasticité-prix de la
demande, des fluctuations de la demande et la hauteur des barrières à l’entrée.
À titre d’exemple de l’industrie des additifs alimentaires et vitamines, où plusieurs affaires de collusion
ont récemment éclaté (condamnation de Hoffman-LaRoche, de BASF AG en 1999 dans le domaine des
vitamines ; condamnation en 1996 d’Archer Daniels Midland et de Bayer dans les additifs alimentaires).
Un autre exemple, dans le cas de la France, plusieurs groupements d’intérêt économique (GIE),
rassemblant des firmes indépendantes, ont été condamnés par le Conseil de la concurrence pour s’être
concertés en matière tarifaire ou de répartition des marchés.
•Les caractéristiques des firmes : La ressemblance des firmes aide à la collusion, puisqu’elle réduit les
coûts de négociation. Cette homogénéité des firmes peut revêtir différentes formes :
• En termes de coûts de production : la différentiation du niveau de production entre les firmes
résulte des couts de production hétérogènes. Donc des niveaux de profit différents.
• En termes de produits : lorsque les produits des firmes ne sont identiques, la réalisation ententes
est difficile. Le cartel doit fixer des quantités et des prix différents pour chaque type du produit.

• La stabilité de la collusion :
La collusion constituait un comportement fortement instable suite aux actions et tentative de tricherie
de leurs membres. Une entente stable est une entente qui mettent d'accord sur le niveau de prix et donc
de gain.
• Les facteurs de stabilité :
La stabilité de la collusion suppose que les firmes valorisent fortement les gains futurs résultant de
l’appartenance à l’entente ; ce comportement « patient » dépend lui-même de plusieurs facteurs, tels
que :
1-la situation financière de la firme : les firmes dont la probabilité de faillite est faible ont plus de
chance d’établir une collusion stable.
2-le nombre de membres de l’entente : Les ententes des firmes au nombre réduit, chaque firme profite
d’un quota de production élevé.
3-la phase de développement d’un secteur influe sur la probabilité d’un comportement d’entente : La
maturité de marché impacte la constitution d’entente, les firmes peuvent d’adopter ou non un
comportement d’entente car les profits d’une coopération future sont incertains.

• La prohibition des ententes restrictives :


Les ententes restrictives provoquent une perte de bien-être pour la société : le gain que réalisent les
membres de l’entente est inférieur aux pertes supportées par les consommateurs.

• Le cadre juridique :
Aux États-Unis, les accords horizontaux visant à restreindre la concurrence sont considérés comme
illégal ; ils tombent sous le coup de la section 1 du Sherman Act (1890).
En Europe, les ententes horizontales sont interdites par l’article 81 du traité CE. Ayant un effet néfaste
sur le commerce entre États membres.
En France, l’article L. 420-1 du Code du commerce Français, les actions concertées, conventions,
ententes expresses ou tacites ou coalitions qui ont pour objet ou peuvent avoir pour effet d’empêcher,
de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence sur un marché.

• La détection des ententes restrictives :


En l’absence de preuves formelles, les autorités de concurrence doivent trancher de l’adéquation entre
le prix observé et les conditions de la concurrence sur le marché.
Un prix élevé peut avoir trois causes, une entente entre firmes ; une forte demande ; un coût de
production élevé. Sur la base de ces éléments les autorités de concurrence détectent les ententes
restrictives.
•Le rôle des programmes de clémence :
Les programmes de clémence (corporate leniency program) sont des instruments dont disposent les
autorités de la concurrence. Ils offrent en une immunité ou bien une réduction des amendes infligées
aux firmes dénonçant et apportant les preuves d'une entente, Ou dénoncent leur appartenance à un
cartel.
Les États-Unis disposent de ce programme, par exemple depuis 1978 de ce type de programme, L’Union
européenne applique également depuis 1996 ce type de politique.
•La question de l’entente implicite : une entente présume une action concertée entre des parties
librement consentantes et indépendants. Mais un parallélisme de comportement est observé chez les
entreprises et pourra être assimilé à une situation de collusion. (La collusion tacite)

• Le cas des accords technologiques :


Le développement et l’innovation peuvent être l’objet d’accords entre firmes concurrentes, La
coopération entre concurrents permet un partage des coûts, d’autant plus profitable qu’elle évite la
duplication des efforts et permet de réaliser des économies d’échelle.
Les autorités de concurrence considèrent aujourd’hui avec une certaine bienveillance les accords de
recherche conclus entre concurrents, tout en prenant en compte les risques d’atteinte à la concurrence,
ils sont soumise à la probation des autorités de la concurrence sous certaines conditions, dans le but du
bien-être général.

V - Accords verticaux et politique de la concurrence :

Afin de sécuriser ses approvisionnements ou de contrôler son réseau de distributeurs, une entreprise
peut décider d’effectuer elle- même ces différentes opérations : on parle alors d’ « intégration verticale
». Alors qu’une Restrictions verticales est une pratiques mises en œuvre par les fabricants ou les
fournisseurs et concernant la revente de leurs produits. Les pratiques les plus fréquentes sont les prix
imposés, la distribution exclusive et l’exclusivité territoriale ou les autres restrictions géographiques sur
le marché.
Donc, La concentration verticale consiste au rachat de toute la filière de production de la matière
première au produit fini. Autrement dit c’est une pratique concertée entre des entreprises opérant
chacune à un niveau différent de la chaîne de production ou de distribution.

• Déterminants et formes des restrictions verticales :


• Anatomie des restrictions verticales :
Les contraintes verticales peuvent prendre des formes à savoir :
—la fixation de quotas qui établit des restrictions quantitatives.
—le prix de revente imposé (PRI) : cette pratique consiste pour le producteur à fixer directement le prix
de revente à son distributeur.
—les territoires exclusifs : le producteur accorde à son distributeur l’exclusivité de la commercialisation
de ses produits sur un certain espace géographique ou sur un segment de clientèle.
—le monomarquisme : le fournisseur incite l’acheteur à s’approvisionner exclusivement chez lui.
—les ventes liées (tying) : le producteur oblige le distributeur à acheter un package de produits, par
exemple la gamme entière de ses produits (lot de produits).
La distribution sélective est une forme de distribution par laquelle un fournisseur de produits ou de
services procèdent à une sélection des commerçants indépendants (agissant à des niveaux distincts de la
chaine de valeur) pour la vente de ces biens aux consommateurs.
Distribution exclusive est un système de distribution dans lequel le fournisseur ne vend sa production
qu’à un seul distributeur, en vue de la revente à l’intérieur d’un territoire déterminé. (Exemple La
franchise).

• L’efficience des restrictions verticales :


Les restrictions verticales sont bénéfiques à la fois pour les consommateurs et pour ceux qui les mettent
en place Les restrictions verticales ont pour objectifs :
-Les restrictions verticales améliorent la coordination entre distributeurs d’un même produit.
-Les restrictions verticales permettent une coordination entre producteurs et également de remédier aux
externalités entre producteurs concurrents.
-Les restrictions verticales permettent de remédier aux problèmes de coordination entre le producteur
et son distributeur.
-Une restrictions verticales peut éliminer complètement la double marge commerciale.

• Restrictions verticales et pouvoir du marché :


Les restrictions verticales constituent également un moyen pour une firme dominante de renforcer son
pouvoir de par :
a - Segmentation des marchés : est l'opération qui consiste à découper un marché en sous marchés
homogènes (groupes de clients ou de consommateurs potentiels) en introduisant dans le contrat de
vente avec une clause d’exclusivité aux groupe de clients une clause interdisant la revente ou
l’approvisionnement auprès d’un tiers ou bien la soumission à une autorisation préalable.
b - Collusion.
c - Monopolisation du marché par la forclusion , verrouillage de marché en aval (barrières à l’entrée ).

• Le traitement des restrictions verticales :


Les restrictions verticales sont généralement traitées selon la « règle de raison ».
La règle de raison consiste, une fois des comportements anticoncurrentiels établies de support aux
règlements d’exemption par catégorie, on applique La règle de raison comme système d'appréciation
favorable de certaines restrictions de concurrence.
La règle de raison permettait de donner un traitement de faveur à certains comportements à l’exception
du prix de revente imposé qui reste prohibé dans la plupart des États.

• Une acceptation conditionnelle :


De nos jours, une acceptation conditionnelle est tolérée par la jurisprudence, par exemple aux USA, la
jurisprudence a beaucoup évolué durant les années 80, passant d’une interdiction a une acceptation
conditionnelle de ne pas altérer significativement la concurrence.
En Europe cette question est traité par l’article 81 du CE qui interdit ce comportement, mais depuis 1999
à l’exception du marché automobile, la commission par son règlement 2790 prévoit un principe de
l’exemption catégorielle ; le fournisseur ne doit pas dépasser les 30% des parts de marché, si sa part
dépasse les 30% le traitement se fait cas par cas.

• La prohibition des prix de revente imposés PRI :


Cette pratique est considérée comme une restriction caractérisée dans la plupart des pays. Cette
Pratique consiste à indiquer le prix minimum ou maximum auquel le produit doit être revendu, Le PRI est
interdit dans la mesure où il présente des risques pour la concurrence.
Aux États-Unis, la pratique est prohibée selon la section 1 du Sherman Act, mais depuis novembre 1997
et la cour suprême déclare que la fixation d’un prix de revente maximum n’était plus interdite ; mais
soumise à la règle de raison, la raison invoqué est que le producteur permet aux distributeurs de se livrer
à une concurrence par les prix.
En Europe, les restrictions relatives au PRI est interdit ainsi que la fixation de la marge de distributeur. La
possibilité d’imposer un prix de vente maximal ou de recommander un prix de vente, dès lors qu’aucune
contrainte n’est exercée sur le client.
En France l’article L 445-2 du code de commerce prohibe ce comportement.

VI- Les nouvelles frontières de la politique de la concurrence

La politique de concurrence rencontre aujourd’hui 3 principales défis :


1- La mondialisation caractérisée par la libéralisation des échanges commerciaux, l’ouverture à la
concurrence des industries de réseau et le rôle croissant des activités d’innovation, a comme réaction
que les acteurs locaux procèdent à verrouiller leur marché, ou on remarque la formation de cartels
internationaux. Pour combattre ce nouveau phénomène les autorités de concurrence doivent fournir
plus d’efforts pour combattre ces pratiques anticoncurrentiels par l’échange d’informations actif et
d’harmoniser leurs actions par des organisations mondiales comme l’OMC et l’OCDE.
2- Certains marchés continuent d’être un défi pour la politique de la concurrence suite à leur importance
stratégique les États comme les chemins de fer, l’énergie électricité et gaz … et les subventions reçues
par ses firmes par leur États respectifs
3- l’innovation industriel et l’évolution de la numérisation de l’industrie conduit un changement constant
et imprévisible pour la délimitation des marché et la difficulté d’établir la situation de dominance car
cette innovation elle-même procure la dominance sur les nouveaux marchés.

CONCLUSION :

Aux États-Unis et dans l'Union européenne, la politique de la concurrence occupe aujourd'hui une place
de premier plan, Le droit de la concurrence s'est donc développé dans la plupart des pays, dits "en
transition vers une économie de marché".
La concurrence est à la base de l'économie libérale qui s'est mondialisée. Dans le modèle d'économie de
marché, la concurrence est censée être la méthode la plus efficace d'organisation pour le
fonctionnement de l'économie.
L’époque semble désormais révolue ou les politiciens prenaient toute les décisions en main en matières
économiques ou intervenaient régulièrement dans la vie économique à travers leur politique budgétaire
monétaire ou industrielle. Aujourd’hui confronté avec d’autre politique, la politique de concurrence se
voit dans le besoin de trouver un terrain d’entente mutuel.

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