RÉPUBLIQUE DE GUINÉE
Travail – Justice – Solidarité
INSTITUT SUPÉRIEUR DES SCIENCES DE
LʼÉDUCATION DE GUINÉE (ISSEG)
DEPARTEMENT : SS| PCL
SECTION : Langue française
MATIÈRE : LITTÉRATURE AFRICAINE ÉCRITE
EXPOSÉ DU GROUPE
Thème : SOUS L’ORAGE DE SAYDOU BADIAN KOUYATE
La liste des membres
No Prénoms et Noms Matricules Notes
1 202132
2 202132
3 202132
4 202132
5 202132
6 202132
7 202132
8 202132
Chargé du cours : MR SIba Moise KOIVOGUI
SOUS L’ORAGE DE SAYDOU BADIAN KOUYATE
PLAN
INTRODUCTION
1°) Biographie de l’auteur
2°) Bibliographie
3°) Résumé de l’œuvre
4°) Etude de quatre principaux thèmes
a - Le conflit de générationnels et culturels
b - Le mariage forcé
c - la marginalisation de la femme
d - Initiation aux valeurs traditionnelles
5°) Structure de l’œuvre
6°) Style de l’auteur
7°) Etude des personnages principaux
8°) Porté de l’œuvre
CONCUSION
INTRODUCTION
Le conflit des générations est « toute pulsion qui qualifie au sens large tout mouvement
conflictuel caractérisant une classe d’âge par opposition à une autre » (Lewis S. Feuer). Le
conflit des générations comme étant la rencontre d’éléments et de sentiments contraires qui
opposent la nouvelle génération appelée génération montante ou sacrifiée à celle dite des
aînés ou des prédécesseurs. C’est ce qui a touché l’écrivain Malien Seydou BADIAN sous les
plûmes de son ouvrage « Sous l’orage », un œuvre qui met l’accent sur la société
traditionnelle africaine qui a beaucoup de pratiques positives. Par contre cette même société
regorge de coutumes qui méritent d’être corrigées. Parmi celle-ci, il y a le mariage forcé,
l’excision, la chosification de la femme africaine etc. Grâce à la scolarisation, la femme
africaine va s’émanciper (se libérer) suite à des luttes ardues. Que veut signifier les intentions
de l’écrivain Seydou BADIAN dans cet ouvrage et quelles sont les conseils qu’on peut tirer
de l’étude de ce dernier ?
1°) BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
Seydou Badian Kouyaté, plus connu sous le nom de Seydou Badian, est un écrivain et homme
politique malien né à Bamako le 10 avril 1928. Il a fait ses études primaires et une partie de
ses études secondaires dans son pays avant de s’expatrier à Montpellier en France où il
prépare et obtient son baccalauréat. Seydou Badian Kouyaté effectue des études de médecine
à l’université de Montpellier en France. Il est l'auteur d'une thèse sur les traitements africains
de la fièvre jaune et devient docteur vétérinaire en 1955.
Rentré au pays en 1956, il s’investit dans la politique où il l’occupe successivement en 1965
les postes de ministre de l’économie rural. Lors du remaniement du 17 septembre 1962, il
devient ministre du Développement. Proche du premier président Modibo Keïta il écrit les
paroles de l’hymne national du Mali. Après la chute du président Modibo KEÏTA, il fut
emprisonné et sera libéré en 1975. Il défend l'existence d'un parti unique dans l'Afrique post-
colonial, seul moyen selon lui de créer la Nation. Lors du coup d’État de Moussa Traoré en
1968, il est déporté à Kidal puis s’exile à Dakar au Sénégal.
En 1997, il est candidat à l'Élection présidentielle mais décide, comme la plupart des autres
candidats opposés au président sortant Alpha Oumar Konaré, de retirer sa candidature pour
protester contre la mauvaise organisation des élections. Militant de la première heure de
l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain, il en est exclu en 1998 pour s’être
opposé à une partie de la direction qui prônait la non-reconnaissance des institutions lors des
élections contestées. En 2009 Seydou Badian Kouyaté change de nom et s'appelle
officiellement Seydou Badian Noumboïna, du nom d'un village dans le cercle de Macina.
2°) BIBLIOGRAPHIE
Écrivain reconnu internationalement, Seydou Badian Kouyaté publie en 1957, trois ans avant
l’indépendance du Mali, son premier roman intitulé « Sous l’orage ». En 1965, il publie « les
dirigeants face à leurs peuples » qui lui a valu le Grand prix littéraire d'Afrique noire. Deux
autres romans sont publiés ensuite, « le Sang des masques » en 1976 et « Noces sacrées » en
1977. En octobre 2007, Seydou Badian Kouyaté publie un roman intitulé « la Saison des
pièges ».
3°) Résumé de l’œuvre
Sous l’orage où le triomphe de l’amour met en scène un couple de jeunes lettrés dont l’amour
réciproque est contrarié par les projets du père BENFA ; père de KANY qui entend selon la
coutume faire épouser à sa fille un riche et vieux marchand FAMAGAN. Devant la réticence
de KANY, le père BENFA l’exile au village de son oncle DJIGUI. C’est alors l’occasion pour
la jeune fille de reprendre contact avec certaines traditions ancestrales oubliées et de plaider
sa cause auprès de DJIGUI qui, finalement décide d’intervenir en sa faveur. Devant l’autorité
de son frère aîné, BENFA s’incline et les deux jeunes peuvent enfin se marier. A travers les
personnages, un thème central se dégage celui du conflit des générations. De tout ce qui
précède l’auteur utilise la préposition "sous" pour montrer que ladite perturbation plane au
dessus de nous tous, aux dessus de nos têtes. Dans l’œuvre, cette affaire de mariage de
KANY, l’orage est la perturbation, la source de division de tous les membres de famille du
père BENFA, les parents d’un côté et les enfants de l’autre. L’orage, c’est cette affaire de
mariage de KANY qui secoue toute la famille, entraînant une cassure au sein de celle-ci.
3°) Etude des personnages principaux
Le roman de Seydou BADIAN présente trois familles plus ou moins importantes et plus ou
moins représentées. Les principaux personnages de l’œuvre Sous l’orage sont : Kany,
Famagan, père Benfa, Sibiri, Samou, Birama, Djigui ; et Maman Téné.
Kany : fille de Benfa et de Maman Téné, elle est le personnage principal de l’œuvre. Son
refus d’épouser Famagan est à l’origine des troubles dans la famille Benfa.
Père Benfa : Chef de famille, il est le gardien de la tradition Africaine. Il est un
conservateur mais refuse tout changement.
Maman Téné : elle est la mère de Kany et la première épouse du père Benfa avec qui il a
eu 5 enfants. Elle incarne la femme marginalisée. Malgré sa docilité, elle est accusée de
complicité avec sa fille Kany.
Samou : jeune élève instruit, il lutte pour maintenir sa relation avec Kany. Il fait partie des
modernistes.
Sibiri : Fils aîné du Père Benfa et frère de Kany, il s’est mouillé dans la tradition.
Birama : il est le jeune frère de Kany
Père Djigui : le grand-père paternel de Kany.
Famagan : le riche commerçant, le polygame à qui le père Benfa voulait donner en mariage
sa fille Kany.
Sany, Nianson, Tiemoko, le messager de Famagan, Fadiga le Muezzin, Maman Coumba mère
de Samou, Ousmane le marabout et Fiéman sont des personnages secondaires de l’œuvre.
4°) Etude de quatre principaux thèmes
Dans l’œuvre « Sous l’orage », plusieurs thématiques ont fait l’objet de l’œuvre. Entre autres,
on peut citer : le conflit de générationnels et culturels ; Le mariage forcé; la marginalisation
de la femme et Initiation aux valeurs traditionnelles.
a - Le conflit de générationnels et culturels
Sous l’orage est le théâtre des conflits sociaux et politiques qui secouaient l’Afrique à la veille
des indépendances. En particulier, les conflits culturels et le conflit de générations y sont
largement abordés. D’une part, le roman montre une génération traditionnelle, riche de
sagesse et de cultures ancestrales, et d’autre part une génération jeune qui tente de s’affranchir
d’un héritage culturel qui lui paraît lourd et encombrant. Dans l’ouvrage, le Père Benfa dit
ceci :
« Vous avez tort de vouloir tout laisser tomber. Vous avez tort d’essayer d’imiter les
Européens en tout. Comprends-moi bien. L’homme européen n’est qu’un des multiples
aspects de l’homme. On ne vous demande pas d’être européens. On ne vous demande pas de
vous défigurer. » .
Ces deux camps, incarnés par Kany et son frère d’un côté, et le père Benfa de l’autre,
s'opposent dans un choc culturel provoqué par l’affrontement entre deux générations. Le flou
volontairement entretenu par l'auteur sur la localisation exacte de l'action du roman permet de
donner à ce livre un caractère globalement africain, et le conflit dont il se fait l'écho est
partagé par une Afrique qui voit ses coutumes et son histoire plurimillénaire confrontées à la
modernité.
b - Le mariage forcé
Un mariage forcé n’est une pratique limité à une seule région du monde. Il a pour but de
marier une personne contre sa volonté avec quelqu’un que leurs parents ont choisis. Dans la
coutume Africaine, le mariage est organisé par les familles des futurs époux qui viennent
généralement de la même ethnie, d’une même classe sociale et d’une même région (…). Dans
« sous l’orage », Un mariage, s’annonce difficile du fait de l’amour que Kany et Samou son
copain, se vouent. Ils s’étaient rencontrés au cours d’une Kermesse, organisée au village.
Leurs regards s’étaient croisés une, deux, trois fois. Ils se sont aimés et ne parlaient plus que
d’amour et d’avenir. Mais le père Benfa s’oppose à cette aventure et décide de donner sa fille
forcement à un homme riche.
c - la marginalisation de la femme
Il y a dans l'Afrique traditionnelle un modèle de comportement que la femme devrait avoir :
des vertus, des valeurs, en un mot des qualités'; intrinsèques. La docilité et la soumission
constituant les règles les plus recherchées litez elle. Seulement, il faudrait souligner que ces
dernières entraînent inéluctablement un espace fermé, un véritable "hui clos" au sein duquel la
femme doit se mouvoir. Dans cette dynamique aussi transparaît "le drame de la féminité"
vécu comme une "infirmité naturelle". C’est le cas de Maman Téné par exemple dans « sous
l’orage » qui non seulement n’a pas l’autorité de s’ingérer dans l’affaire du mariage de sa fille
Kany mais aussi a été accusée de complicité avec cette dernière.
d - Initiation aux valeurs traditionnelles
L’initiation traditionnelle est l'une des institutions sociales les plus importantes en Afrique.
Une étape fondamentale dans la formation de l'identité des hommes. Or l’essence de toute
initiation est centrée sur la valeur actuelle à promouvoir ou à défendre dans la société. Dans
ces rites, les fonds et les formes semblent aujourd’hui l'emporter sur leur origine culturelle, et
c’est ce qui en constitue le mauvais côté. Voilà donc l’orage qui fait se confronter le passé, la
tradition, les anciens avec l’avenir, la nouveauté et la jeunesse. Mais cet orage qui peut se
faire dévastateur dans beaucoup de cultures, dont occidentale, est maîtrisé dans « sous l’orage
» par la sagesse africaine.
III – ETUDE STYLISTIQUE
1°) Style de l’auteur
A travers « sous l’orage », Seydou Badian, met en évidence une situation ascendante qui allait
de mal en pire. Il narré un fait de son temps en ayant en tête comme ses paires une lutte
déclenché contre l’administration coloniale. Ces faits sont des réalités sociales que vivait
l’Afrique précoloniale. Pour les exposer, l’auteur a utilisé des personnages qui incarnent une
apparence réelle dont certains d’entre eux ont faire preuve d’euphémisme c’est-à-dire des
idées désagréables. C’est aussi une histoire qui a opposée deux civilisations dont l’une semble
envahie l’autre et par là l’auteur a essayé de décrire leur impact sur les faits sociaux de son
théâtre.
2°) Structure de l’œuvre
« Sous l’orage » est l’ouvrage le plus célèbre de Seydou Badian. Il est structuré en 25
chapitres divisés en 3 trois parties qui sont entre autres :
Première partie (pp. 5-85)
Dans cette première partie , L'auteur sans une situation géographique explicitement nommée,
nous fait découvrit les entrailles d'une Afrique aux mœurs et tradition ancrés.
- Situation initiale : Mésentente chez Benfa
- Evénement perturbateur : Annonce du mariage Kany-Famagan
La situation initiale
Le départ du récit s'inscrit dans une situation initiale déjà ins- tallée depuis longtemps, la
mésentente régnant dans la famille du père Benfa, mais qui jusqu'alors était demeurée
larvée.
L'événement perturbateur
Un événement va détruire le précédent équilibre, si précaire, et propulser la mésentente et
la division de la famille en plein jour. Très habilement, Seydou Badian présente cet
événement dans le premier chapitre du roman, en maintenant le suspense durant les
premières pages. Plusieurs éléments l'annoncent, dans un crescendo qui aboutit enfin à sa
révélation :
- le réveil inhabituel du père Benfa après une nuit agitée par des projets mystérieux (p. 13);
- l'évocation rapide, sans insistance aucune, du prochain mariage de Kany avec Famagan (p.
21);
- enfin, la confirmation de cet événement, en lui attribuant cette fois toute son importance
et son caractère extraordinaire: «les grands jours qu'on venait de lui annoncer» et qui
devraient figurer «dans la mémoire du peuple» (pp. 31-32).
Ainsi révélé au lecteur, l'événement est ensuite répercuté méthodiquement sur chacun des
principaux acteurs du récit, par un élargissement progressif du cercle des informés :
- Sibiri, le plus proche du père Benfa, est le premier averti (p. 31) ;
- il convoque les frères du père Benfa, afin que celui-ci leur apprenne la nouvelle (pp. 33-39);
- maman Téné la devine, à travers cette réunion (p. 40);
- Sibiri transmet le message directement à ses propres frères (p50-57);
- maman Téné transmet à Kany la décision de son père (pp. 69-77);
- Kany en avertit Samou (pp. 78-80);
- Samou en parle à maman Coumba (pp. 81-85).
Remarquons que la principale intéressée, Kany, est la dernière de la famille à être informée.
Fait qui nous renseigne déjà sur les relations interpersonnelles qui prévalent autour de
Benfa.
Deuxième partie (pp. 86-154)
- Eloignement: Kany et Birama au village
- Première et deuxième épreuves : Accueil, initiation aux traditions
Cette Deuxième partie nous amène dans l’univers d’une opposition générationnelle à travers
le rejet des coutumes traditionnelles qui feront l'objet de batailles rangées entre deux
générations disjointes : jeunes et vieux. Les premiers impactés par une culture nouvelle avec
des altitudes nouvelles et à l'apparence beaucoup plus comme de sous leurs yeux immatures,
aidés parles colonisateurs, tentent de faire leurs poids en respectueusement leurs valeurs
auxquelles les sages africains s'accrochent de tout leur sang.
- L'éloignement
Kany et son frère Birama quittent la ville pour le village, sur l'ordre du père Benfa (pp. 86-
103).
Plus qu'une simple punition, une façon de séparer Kany de Samou, cet éloignement
représente pour les deux jeunes gens un départ en quête de leurs racines. Le père Benfa
renvoie ses enfants les plus rebelles au village, afin qu'ils y retrouvent la source de la
tradition.
- Les épreuves : Elles sont au nombre de deux.
- La première épreuve
Le premier accueil qu'on leur réserve au village est empreint d'hostilité (pp. 101-102).
Le milieu traditionnel les rejette parce qu'il ne les reconnaît pas, les considérant comme un
corps étranger. Les attitudes sont donc répulsives: crainte et fuite des enfants, silence et
immobilité des femmes, refus agressif de la vieille que Birama interroge: «Il n'y a pas de
chasseur Djigui dans notre village» (p. 102).
Mais les enfants passent victorieusement cette première épreuve qualifiante : ils se font
reconnaître et sont alors chaleureusement accueillis. Ils se sont ainsi qualifiés comme
membres de la famille ( pp. 102 ; 106-107).
La deuxième épreuve
Ils vont devoir subir une série de situations découlant de la coutume du village, et par
lesquelles ils vont connaître une initiation progressive à la vie traditionnelle.
La première de ces situations est la séparation : Birama est logé du côté des hommes, Kany
se retrouve seule au milieu de ses tantes et cousines. Elle va mal supporter cette solitude qui
ne lui permet pas de partager avec son frère son ennui, son étonnement et sa frayeur (pp.
110-114).
Car Birama et Kany vont se trouver affrontés, comme spectateurs le plus souvent, mais aussi
parfois comme partie prenante, à des manifestations et des coutumes qu'ils ne
comprennent pas et qui, en un premier temps, les effraient : hurlements dans la nuit de la
«danse de mort», arbre-fétiche «au tronc orné de cornes de buffles et d'amulettes» dont on
dit que, «le soir venu, il se change en vieille femme et, à travers le village, vient choisir ceux
qui doivent mourir» (p. 111), veillée secrète accompagnée de phénomènes inquiétants,
bruits de voix, fumées, fête des piroguiers. Ils connaissent en particulier la grande peur
devant l'énorme lézard, que Birama veut tuer, mais que le père Djigui protège, sans doute en
tant que génie bienveillant ou totem: «Il fait partie de notre famille» (p. 116).
Mais leur initiation ne leur impose pas seulement la solitude et la peur. Elle a aussi un
aspect positif, par lequel ils apprennent à connaître les valeurs traditionnelles, grâce aux
leçons du père Djigui d'une part, de Tiéman-le-Soigneur d'autre part.
C'est bien là l'épreuve principale que subissent Birama et Kany. Par leur intégration
dans la société familiale, la mise à l'épreuve de leur courage et leur maîtrise de soi, leur
apprentissage des vertus traditionnelles, ils parviennent au terme de la quête qui leur avait
été prescrite. Ils ont retrouvé leurs racines et se sont réinsérés dans leur milieu naturel.
La réussite de cette épreuve se traduit chez eux par un réel sentiment de bonheur qui
naît peu à peu, puis s'accroît graduellement. Si Kany est d'abord dégoûtée et apeurée par la
vie du village, Birama en vient très vite à éprouver de la curiosité, de l'étonnement, de
l'intérêt et enfin une véritable fascination, lors de la fête des piroguiers, pour le personnage
du père Djigui (pp. 145-146).
L'éloignement
Kany et son frère Birama quittent la ville pour le village, sur l'ordre du père Benfa (pp. 86-
103).
Plus qu'une simple punition, une façon de séparer Kany de Samou, cet éloignement
représente pour les deux jeunes gens un départ en quête de leurs racines. Le père Benfa
renvoie ses enfants les plus rebelles au village, afin qu'ils y retrouvent la source de la
tradition.
Les épreuves :Elles sont au nombre de deux.
La première épreuve
Le premier accueil qu'on leur réserve au village est empreint d'hostilité (pp. 101-102).
Le milieu traditionnel les rejette parce qu'il ne les reconnaît pas, les considérant comme un
corps étranger. Les attitudes sont donc répulsives: crainte et fuite des enfants, silence et
immobilité des femmes, refus agressif de la vieille que Birama interroge: «Il n'y a pas de
chasseur Djigui dans notre village» (p. 102).
Mais les enfants passent victorieusement cette première épreuve qualifiante : ils se font
reconnaître et sont alors chaleureusement accueillis. Ils se sont ainsi qualifiés comme
membres de la famille ( pp. 102 ; 106-107).
La deuxième épreuve
Ils vont devoir subir une série de situations découlant de la coutume du village, et par
lesquelles ils vont connaître une initiation progressive à la vie traditionnelle.
La première de ces situations est la séparation : Birama est logé du côté des hommes, Kany
se retrouve seule au milieu de ses tantes et cousines. Elle va mal supporter cette solitude qui
ne lui permet pas de partager avec son frère son ennui, son étonnement et sa frayeur (pp.
110-114).
Car Birama et Kany vont se trouver affrontés, comme spectateurs le plus souvent, mais aussi
parfois comme partie prenante, à des manifestations et des coutumes qu'ils ne
comprennent pas et qui, en un premier temps, les effraient : hurlements dans la nuit de la
«danse de mort», arbre-fétiche «au tronc orné de cornes de buffles et d'amulettes» dont on
dit que, «le soir venu, il se change en vieille femme et, à travers le village, vient choisir ceux
qui doivent mourir» (p. 111), veillée secrète accompagnée de phénomènes inquiétants,
bruits de voix, fumées, fête des piroguiers. Ils connaissent en particulier la grande peur
devant l'énorme lézard, que Birama veut tuer, mais que le père Djigui protège, sans doute en
tant que génie bienveillant ou totem: «Il fait partie de notre famille» (p. 116).
Mais leur initiation ne leur impose pas seulement la solitude et la peur. Elle a aussi un
aspect positif, par lequel ils apprennent à connaître les valeurs traditionnelles, grâce aux
leçons du père Djigui d'une part, de Tiéman-le-Soigneur d'autre part.
C'est bien là l'épreuve principale que subissent Birama et Kany. Par leur intégration
dans la société familiale, la mise à l'épreuve de leur courage et leur maîtrise de soi, leur
apprentissage des vertus traditionnelles, ils parviennent au terme de la quête qui leur avait
été prescrite. Ils ont retrouvé leurs racines et se sont réinsérés dans leur milieu naturel.
La réussite de cette épreuve se traduit chez eux par un réel sentiment de bonheur qui
naît peu à peu, puis s'accroît graduellement. Si Kany est d'abord dégoûtée et apeurée par la
vie du village, Birama en vient très vite à éprouver de la curiosité, de l'étonnement, de
l'intérêt et enfin une véritable fascination, lors de la fête des piroguiers, pour le personnage
du père Djigui (pp. 145-146).
Troisième partie (pp. 155-183)
- Retour : Kany en ville, solution provisoire
- Troisième épreuve : Remise en question du mariage
- Situation finale : Réconciliation
Le retour
Le retour à la ville se fait sous le signe du triomphe. Non seulement Birama et Kany
reviennent transformés dans leur être, mais encore, grâce à l'intervention de Tiéman, ils
pensent avoir gagné dans leur lutte personnelle visant à obtenir que Kany épouse Samou. Il
semble qu'ainsi, le récit soit sur le point d'aboutir à une conclusion heureuse (p. 155) ;
(p183).
L'idée générale de l'œuvre parle de la tradition, la modernité, le mariage forcé et la
colonisation
Portée de l’œuvre
Sous l’orage est une expression de foi par un écrivain africain en la jeunesse africaine, en sa
capacité de contribuer à la transformation des institutions traditionnelles des tabous et des
préjugés qui font entrave à l’épanouissement de la personnalité sociale de la femme
africaine. Le triomphe de Kany (symbole de cette nouvelle génération) symbolise aussi
l’émancipation de la femme africaine de toute forme d’asservissement aux coutumes qui
assignent à la femme africaine une place inférieure.
CONCUSION
Sous l’orage une œuvre de contestation du colonialisme. Seydou BADIAN à travers son
œuvre met l’accent sur les coutumes traditionnelles africaines qui méritent d’être corrigées
comme celui qu’a subit KANY. Ce qui dans le roman oppose les jeunes aux vieilles, il relève
les conflits de culture et de la génération et les deux à la fois. En fait d'orage, le livre nage
dans les bouleversements sociaux et politiques que provoquent les injustices, le racisme, les
inégalités de toutes sortes caractérisant le régime colonial. Vu sous cet angle, le roman est
celui de la contestation du colonialisme parce qu'écrit à un moment où on déniait au Noir
toute responsabilité du fait de la couleur de sa peau. La profondeur millénaire de l'Afrique et
les horizons stimulants dévoilés par d'autre forme de savoir le débat est celui des pères et des
fils et tel est l'orage subie par les peuples Africains .