Section I : Définition :
2- le droit commercial est une discipline qui regroupe
l’ensemble de règles juridiques applicables aux activités industrielles,
commerciales et artisanales. Le droit commercial couvre des activités
différentes de celles régies par le droit civil. Font partie de son champ
d’application toutes les opérations qui concernent la production, la
circulation et la distribution des richesses. Mais le droit commercial ne
régit pas toutes les activités économiques. Certaines d’entre ces
dernières ont été délibérément exclues de son domaine, telle que
l’agriculture et les professions libérales1
Section II : Objet du droit commercial
3- Le droit commercial a pour objet toute activité considérée
comme étant commerciale ou économique. La détermination des actes
ou des activités commerciales peut être faite selon deux classifications
fondées sur des éléments d’ordre économique ou juridique.
I- Classification économique des activités
4- La classification économique des activités permet de
distinguer entre trois catégories d’activités économiques. Ces
dernières sont respectivement l’extraction du sol, la transformation et
la circulation des biens et services et la consommation.
A- Activité d’extraction du sol
5- Cette activité économique est exclue du domaine du droit
commercial. On lui applique le droit civil pour des motifs qui sont
enracinés dans l’histoire de la civilisation humaine.
Tout ce qui touche au sol et à la terre relève, en principe, du
droit civil. Néanmoins, alors que cette règle s’applique de façon quasi
1 شكري السباعي أحمد الوسيط في القانون التجاري المغربي و المقارن
absolue relativement au secteur agriculture, son application sur le
secteur minier a connu un certain adoucissement et une grande
évolution qui a eu pour conséquence de ramener ce secteur vers le
domaine du droit commercial.
Les entreprises agricoles sont considérées, en principe, comme
étant des entreprises civiles. En revanche, dès lors qu’elles se
livreront à une activité de transformation, elles deviendront des
entreprises commerciales et basculeront dans le régime juridique
propre à ces dernières.
En revanche, l’extraction de matières minérales relève du droit
commercial. Par mine en entend tout acte visant l’extraction de
combustibles ou de minéraux. Cette classification recouvre toutes les
activités dites pétrolières ou gazières qui relèvent du domaine du droit
commercial.
B- Activité de circulation et de transformation des biens et
services
6- Ce domaine très vaste. Il est « Le » domaine par excellence
du droit commercial. Il concerne les activités d’échange, à l’exception
de la promotion immobilière qui consiste en l’achat d’un immeuble
pour y construire des locaux dans le but de les vendre2
C- Activité de consommation
7- La consommation est une activité qui relève du droit civil.
Cette activité peut tout de même être à l’origine des opérations dites
mixtes qui sont soumises, très souvent, à l’application de la loi sur la
protection du consommateur. Cette dernière contient dans son enceinte
des disposants qui sont plus favorables à cette catégorie de profanes
lorsqu’elle traite avec des commerçants présumés beaucoup plus
avisés.
2 1997 لفروجي محمد التاجر و قانون التجارة بالمغرب
II- Classification juridique
8- La classification juridique des activités est établie en vertu
de deux critères distincts. Le premier est un critère personnel ou
subjectif. Il se réfère à la personne qui agit. Le droit commercial serait
ainsi une branche de droit applicable aux commerçants, c’est à dire à
ceux qui sont définis comme tels par la loi. Le second critère plus
objectif se réfère à la nature de l’opération elle-même.
10- De la mise en application du premier critère découle deux
principales conséquences. La première considère que tous les actes
faits par un commerçant relèvent du droit commercial. La seconde
produit l’effet inverse. Elle consiste dans le fait que tous les actes faits
par un non commerçant relèvent du droit civil.
11- Le second est critère objectif permet de distinguer entre
deux types d’actes : Les actes de commerce d’un côté et les actes
civils d’un autres, indépendamment de la qualité de l’acteur qui les
accomplis.
12- en vertu de ce critère, le droit commercial serait le droit
applicable aux actes de commerce. De même, la mise en application
de ce critère engendre deux conséquences. La première consiste dans
le fait que tous les actes de commerce relèveraient du droit
commercial, qu’ils soient effectués par un commerçant ou pas. La
seconde se résume dans le fait que tous les autres actes relèvent du
droit civil même s’ils sont effectués par un commerçant.
13- Le code de commerce adopte les deux critères. Les
commerçants, en vertu de ces dispositions, sont ceux qui exercent des
actes de commerce et en font leur profession habituelle. Le législateur
se réfère ainsi au critère personnel. Par ailleurs, le législateur marocain
procède à l’énumération des actes qui sont considérés comme étant
commerciaux. On agissant ainsi il est clair que le législateur marocain
se réfère au critère objectif.
De nos jours, celui qui est appliqué en priorité demeure le
second critère. La qualité de la personne qui effectue l’acte sera ainsi
prise en considération à travers l’application prioritaire de la liste des
actes de commerce avec quelques nuances.
Section III : Spécificités du droit commercial :
14- La spécificité du droit commercial est due à trois
principales raisons. Ces dernières se réfèrent soit à son but aux
éléments qui sont nécessaires au développement de toute activité
commerciale.3
15- La première raison se rapporte au but du commerce qui
n’est autre que le fait de faire des profits. En droit commercial, on
estime que le commerçant spécule sur ses biens. Aucun commerçant
ne peut se contenter de gérer son patrimoine. Au contraire, un
commerçant peut acheter et vendre des biens et les faire circuler pour
réaliser le plus grand profit possible.
16- La seconde raison consiste en le besoin de rapidité. Un
commerçant se trouve toujours devant une contrainte de temps qui ne
lui permet pas de respecter les règles de droit civil. La prise en
considération de cette spécificité propre à la vie des affaires exige la
simplification des règles juridiques applicables aux commerçants.
17- La troisième raison consiste en le besoin de crédit. Un
commençant a de gros besoin en terme de trésorerie et il doit
entreprendre continuellement des investissements, au fur et à mesure
que ce développe son activité. Cette spécificité exige l’intégration de
règles visant l’adaptation des systèmes de crédit.
I- Besoin de rapidité
12- Les transactions sui se réalisent en matière commerciale et
économique se nouent et dénouent très rapidement. Tout retard peu
avoir un impact néfaste sur l’activité des entreprises. Le besoin de
rapidité exige que les procédures applicables en matière commerciale
soient simplifiées de façon considérable, comparées à celles qui doit
3AKHLI Mohamed « droit des affaires » T :1 EL BADII 2004
être observées en matière civile. Ce besoin influe aussi sur certaines
règles du droit du fond, notamment celles renvoyant vers des délais. Il
en est ainsi des règles régissant le droit de la preuve qui peut se fait
par tous moyens et de la prescription qui fut ramenée en matière
commerciale à un délai de cinq ans.
II- Besoin de crédit
13- Le droit commercial contient des dispositions qui visent à
faciliter l’octroi et l’obtention de crédit. Ces dispositions mettent à la
disposition des commerçants des techniques de financement propres,
telles que l’escompte de la lettre de change et le factoring.
L’escompte de la lettre de change est une opération qui fut
inventée dans cette optique. Elle désigne le fait pour un tireur
créancier de céder la lettre de change dont il est titulaire à sa banque
avant la réalisation de son délai de paiement en contrepartie de sa
valeur vénale et après déduction d’une somme dite le taux d’escompte.
Le droit commercial renforce le crédit à travers le
renforcement de la protection des créanciers. Ce renforcement semble
être vital étant donné que dans le non-paiement d’une dette peut
entraîner une cascade de non-paiement et donc de faillites des
entreprises situées bien en aval.
En matière commerciale aucun délai de grâce ne peut être
accordé au débiteur par le juge, sauf dans quelques cas exceptionnels
souvent liés à des crises ou des situations générales qui rendent
difficile le paiement des créances dans les délais prévus initialement.
Il en était ainsi, en France suite aux événements de mai 68, en vue de
permettre aux entreprises de faire face à la paralysie économique.
III- Principe de solidarité
14- L’intérêt de ce principe émerge lorsqu’il y a en face d’un
créancier plusieurs débiteurs qui sont tenus par la même dette. Dans ce
genre de situation il devient utile de savoir à quoi sera tenu chaque
débiteur. Deux thèses ont été émises à ce sujet.
La première thèse est celle qui considère que les débiteurs ne
doivent pas être considérés comme solidaires. Chacun d’entre eux sera
uniquement tenu de payer une partie de la dette et le créancier ne
pourra demander à chaque débiteur que la partie de la dette dont il est
redevable. De ce fait, lorsqu’un débiteur est insolvable, le créancier ne
pourra pas obtenir le paiement total.
La deuxième thèse estime, au contraire, que les débiteurs
doivent être considérés comme solidaires. Chacun d’entre eux sera,
ainsi, tenu de payer la totalité de la dette. Par conséquent, le créancier
peut demander le remboursement de toute la dette à n’importe lequel
d’entre eux.
Le débiteur qui a procédé au paiement de la créance en faveur
du créancier disposera d’un recours à l’encontre de ses codébiteurs. Ce
recours peut être utilisé afin de les obliger de payer leur part. En cas
d’insolvabilité de l’un d’entre eux la perte subie sera assumée par le
débiteur qui a payé.
Le créancier a toujours intérêt à ce que ses débiteurs soient
solidaires. Lorsque le contrat garde le silence relativement à cette
question, la mise en application de la solidarité ou sans défaut sera
déterminée en vertu de la nature de l’acte. Lorsque ce dernier est civil,
la solidarité n’aura pas lieu. En revanche, lorsque le contrat est passé
entre commerçants la solidarité sera présumée.
Section IV : Les sources du droit commercial
17- Par sources nous entendons les mécanismes par lesquels la
règle de droit fut créée. Les sources du droit commercial sont les
mêmes que celles du droit civil. Ces dernières sont respectivement la
loi, la jurisprudence, la coutume ainsi que le contrat). La différence
entre ces deux branches se situe au niveau des places que ces sources
respectives occupent en droit commercial.
I- Les règles écrites
18- Les règles applicables en matières commerciales sont de
deux ordres différents. La première catégorie relève du droit interne
national. Les dispositions de cette dernière sont applicables aux actes
juridiques dans lesquels il n’y pas d’élément d’extranéité. La seconde
catégorie relève du domaine du droit international. Ces dispositions
sont applicables en la présence d’un élément d’extranéité, notamment
en matière des conventions internationales.
A- Règles relevant du droit national
19- les règles applicables en matière commerciale qui sont
issues du droit national sont de trois natures différentes. sont soit des
règles de droit commercial, du droit civil en cas de silence ou de
carence constaté au niveau du droit commercial ainsi que les règles
relatives au droit de la consommation.
a- Règles de droit commercial
20- La majorité des règles dites du droit commercial sont
principalement regroupées dans le code de commerce. D’autres règles
sont éparpillées au niveau d’autres textes juridiques complémentaire
audit code. Tel est le cas de la loi sur les établissements de crédit, la
charte de l’investissement et la loi relative au statut de l’autoentrepreneur.
b- Règles de droit civil
21- Dans certaines situations commerciales, le droit civil
s’applique encore. Le droit commercial constitue malgré l’évolution
historique dont nous avons déjà déclinée les grands dénominateurs un
droit d’exception. Les cas de son application sont limitativement
définis par le législateur.
A titre d’exemple le contrat de vente est principalement régi
par le droit civil, dit aussi droit commun. En revanche, de plus en plus
de contrats modernes nés dans l’enceinte du contrat de vente et issus
de la pratique sont régis par le droit commercial. Ceci est le par
exemple le cas du crédit-bail et du contrat de vente en ligne.
L’application des règles du droit civil peut être approchée à la
lumière de deux situations distinctes. La première est celle dans
laquelle la situation qui doit être traitée n’est régie par aucune règle ou
coutume commerciale particulière. C’est le droit civil qui doit recevoir
application dans ce cas. La seconde se rapporte à l’existence d’un
conflit entre le droit civil et le droit commercial. Dans ce cas un
arbitrage doit être opéré dans ce cas en faveur de l’application du droit
commercial.
B- Règles relevant du droit international
22- La réglementation internationale est issue de la conclusion
de conventions entre Etats. Ces conventions sont nombreuses et on
peut les classer en deux catégories. La première est celle des
conventions bilatérales conclues entre deux Etats. La seconde
concerne les conventions multilatérales auxquelles adhèrent un
nombre important d’Etats et qui visent à établir une uniformisation de
la réglementation commerciale.
L’uniformisation des règles juridiques est un rêve que partage
un grand nombre de juristes dans les temps modernes. Cet objectif ne
peut être atteint qu’à travers la mise en place de règles internationales
applicables par tous les Etats signataires. Ceci est le cas de la
convention de Genève de 1936 qui a unifie le droit de la LC entre
Etats signataires, du traité de Rome de 1937 visant à établir une
collaboration en matière nucléaire et à créer la CEE ainsi que du traité
d’Amsterdam de 1997.
II- Les usages commerciaux et les coutumes :
23- Les usages ont un rôle important en matière commerciale.
Ils sont même pour beaucoup à l’origine du droit commercial dont il
constitue une source fondamentale. La distinction est établie entre
deux types d’usages : les usages dits de droit et ceux qui se rapportent
au fait.
A- Usages de droit :
24- Ce sont les règles qui sont créées au fil du temps et qui,
grâce à leur constance, finissent par être considérées comme étant
obligatoires. L’exemple qui peut être cité à ce titre est celui de la
présomption de solidarité.
Caractéristiques constitue des règles de droit s’imposant aux
intervenants indépendamment de leur consentement. L’usage de droit
peut faire échec à une loi. Deux situations doivent cependant être
distinguées. La première se rapporte à un conflit entre les coutumes
commerciales et une loi civile et dans laquelle les premières peuvent
faire échec à la seconde. La seconde concerne un conflit entre les
coutumes et une loi commerciale. Dans ce cas de figure c’est la loi qui
doit recevoir application.
B- Usages de fait
25- Ce sont des pratiques commerciales suivies par les
commerçants. L’adoption de ces clauses et l’acquiescement à leur
mise en application se traduisent par l’introduction systématique
pendant de nombreuses années dans les contrats. Ensuite, ces clauses
étant donné leur renommée finissent par disparaître des contrats tout
en gardant le même statut. Cette disparition matérialise leur
transformation en des règles sous-entendues qui non pas besoin d’être
citées expressément.
Ce sont des usages qui se créent selon un processus
conventionnel par répétition de certaines clauses contractuelles. Les
parties au contrat sont censées s’être référées tacitement à ces clauses
même lorsque le contrat ne le stipule pas.
L’usage de fait n’est pas une règle de droit. Il constitue
seulement un indice sur la volonté contractuelle vraisemblable et
usuelle. Le recours aux usages de fait et leur mise en application
varient selon les domaines considérés. Un usage de fait ne s’applique
qu’à défaut de stipulations contraires des parties. Ce type d’usage ne
peut en aucun cas déroger aux lois supplétives de la volonté. En tout
état de cause il appartient à celui qui l’invoque de prouver son
existence.
III- La jurisprudence
26- la jurisprudence joue le même rôle qu’en matière civile.
Seules deux spécificités doivent être mentionnées à cet égard. La
première se rapporte au type de juridiction qui la compose et lui donne
corps. La seconde est liée à l’existence d’une autre jurisprudence issue
des sentences arbitrales, qui cohabitent avec celle élaborée par les
juridictions étatiques.
Partie I : La commercialité
27- La commercialité est l’état de ce qui a rapport au
commerce et à l’activité commerciale. Elle est une notion qui permet
de réunir l’ensemble des facteurs qui spécifient le rapport au
commerce et qui sont liés à la reconnaissance et à l’attribution de la
qualité de commerçant.
28- La commercialité peut être vue à travers deux prismes
différents. Le premier est objectif. Il se base sur la nature de l’activité
exercée par l’entreprise individuelle ou sociétaire. Le second est
subjectif. Il concerne les conditions relatives aux personnes désireuses
d’exercer une activité commerciale.
Chapitre I : les actes de commerce
29- en vertu de la théorie objective l’application du droit
commercial serait intrinsèquement lié à la nature de l’acte accompli.
C’est donc l’essence de tout acte qui jouera le rôle de l’arbitre et
déterminera ce qui va tomber dans le domaine du droit commercial et
ce qui en sera exclu.
La détermination des actes de commerce semble ainsi être une
tâche hautement importante. Tout législateur qui opte pour la mise en
application de la théorie objective se doit de procéder à une
détermination exhaustive des actes qui sont considérés comme étant
commerciaux. Les autres seront exclus par recours à l’élimination.
30- Les actes de commerce font traditionnellement l’objet
d’une classification tripartite. Cette dernière distingue entre les actes
dits de commerce par nature, les actes de commerce par la forme et les
actes de commerce par accessoire. A ces trois catégories s’ajoutent
une quatrième qui se rapporte aux actes dits mixtes car ils sont à la
fois commerciaux et civils.
Section I : les actes de commerce par nature
30- Les actes de commerce par nature ont été déterminés,
limitativement, par le législateur marocain dans le cadre de l’article
6 du code de commerce. Cette exhaustivité ne constitue pas un choix,
mais une obligation imposée par l’adoption de la théorie objective. En
vertu des dispositions dudit article sont considérés comme étant des
actes de commerce par nature des actes renvoyant vers des activités et
des secteurs économiques très différents. La législateur a voulu y
inclure les activités les plus importantes et opérer une exclusion voulu
de certaines activités qui ont gardé nonobstant le temps leur
attachement étroit au droit civil.
Les deux premières opérations se rapportent aux meubles.
Qu’il s’agit de l’achat ou de la location de meubles corporels ou
incorporels, cet acte est considéré comme étant commercial dès lors
qu’il est accompli en vue de les revendre soit en nature soit après les
avoir travaillés et mis en œuvre de les louer dans le premier cas ou en
vue de leur sous-location dans le second.
En matière de bien immobilier la situation est un peu
différente. Seule l’acte d’acheter peut tomber dans le domaine du droit
commercial, à condition qu’il soit accompli en vue de les revendre en
l’état ou après transformation.
Les autres actes ont été cités en vrac et sans recours à une
quelconque vision globale. Parmi ces dernières ont trouve la recherche
et l’exploitation des mines et carrières, l’activité industrielle ou
artisanale qui est fondée sur la transformation de matière première et
le transport de voyageurs et de marchandises. Les opérations portant
sur les navires, les aéronefs et leurs accessoires et se rattachant à leur
exploitation ont été aussi comprises dans cette liste. Il en est de même
pour tout acte faisant partie du commerce maritime et aérien.
De nombreux services ont aussi été intégrés de façon
nominative dans cette classification. Il en est ainsi pour le secteur de la
banque, l’octroi du crédit et les transactions financières et les
opérations d’assurance à primes fixes. Le courtage, la commission et
l’entremise l’ont aussi été. De même que les bureaux et agences
d’affaires, de voyages, d’information et de publicité. Le législateur
marocain a ensuite procédé à une généralisation en disposant que
l’acte de fournir des services constitue aussi un acte commercial. Il en
est de même pour la fourniture des produits qui est difficile à
différencier de l’acte d’achat en vue de revendre constituant aussi un
acte de commerce majeur.
L’imprimerie et l’édition constitue aussi des actes de
commerce. Il en est de même que le secteur du bâtiment et des travaux
publics qui occupe une place de plus en plus importante parmi les
activités économiques.
L’article 6 vise aussi certaines activités spéciales. Il est ainsi
de l’organisation des spectacles publics, de la vente aux enchères
publiques et la distribution d’eau, d’électricité et de gaz ainsi que les
postes et télécommunications. L’exploitation d’entrepôts et de
magasins généraux constitue aussi un acte de commerce malgré le fait
qu’il soit rarissime.
Section II : les actes de commerce par la forme :
31- Ce sont des actes qui ne doivent pas leur commercialité à
leur objet, mais à une déclaration expresse de la loi. C’est le
législateur qui, pour des motifs stratégiques qui se situent au dessus de
toute argumentation logique, décide de mettre certains actes humains
dans le domaine du commerce et des affaires, sans prêter la moindre
importance à leur substance. Ces actes incarnent la tendance
formaliste qui caractérise même certaines règles juridiques de fonds.
Sont considérés comme étant des actes de commerce par la
forme, la lettre de change, indépendamment de la nature de la créance
à laquelle elle est attachée, ainsi que toues les sociétés commerciales,
à l’exception de la société en participation. Les raisons demeurant
derrière l’exclusion de cette dernière se résument dans le fait qu’elle
ne dispose pas d’une personnalité morale et qu’elle n’a, de ce fait,
aucune existence juridique.
Section III : les actes de commerce par accessoire :
32- derrière l’intégration de cette catégorie d’actes dans le
domaine du droit commercial demeure la volonté du législateur
d’élargir le domaine de ce droit. Cet élargissement ne constitue pas un
objectif en soi, il représente juste un mécanisme qui permet de
renforcer la protection des commerçants nonobstant la nature
intrinsèque des actes accomplis.
Les actes de commerces par accessoire sont des actes qui
principe civiles car ils ne correspondent à aucun des actes considérés
comme tel par la loi. Cependant, chacun de ces actes peut devenir
commercial lorsqu’il est accompli par un commerçant ou une société
commerciale pour les besoins de son activité.
Section IV : les actes mixtes :
33- Les actes mixtes sont des actes qui sont considérés comme
étant civils à l’égard de l’une des parties et commerciaux à l’égard de
l’autre. Les règles du droit commercial s’applique uniquement à la
partie pour laquelle l’acte est commercial. En revanche, ces règles ne
peuvent pas être opposées à la partie pour laquelle l’acte est civil, sauf
disposition contraire.
I- Régime juridique des actes mixtes :
34- Deux régimes juridiques se disputent la régence des actes
mixtes. Le premier est le plus équitable. Il consiste en l’application à
chaque catégorie des règles qui lui sont propres. Aux civils on
appliquera le droit civil et aux commerçants son homologue
commercial. Le second régime est fondé sur un traitement unitaire.
L’un des deux régimes sera exclu en faveur de l’autre, ce qui engendre
le renforcement de la position juridique de l’un des deux contractants
au détriment de l’autre.
A- Le principe de la distributivité des règles :
35- Le principe retenu par le législateur marocain consiste dans
le fait de donner aux règles de droit une application distributive. En
vertu de cette application, les règles de droit civil seront applicables à
titre exclusive au non-commerçant et les règles commerciales
applicables uniquement au commerçant. Ainsi, le régime appliqué se
caractérisera lui-même par son régime mixte.
36- Ainsi, en matière de droit de la preuve, le non-commerçant
dispose de la possibilité de prouver l'obligation commerciale de son
cocontractant pat tous les moyens. Il peut le faire en s’appuyant sur le
principe de la liberté de la preuve. En revanche, le commerçant qui
cherche à prouver l'obligation de la partie non-commerçant devra agir
dans le respect des règles de preuve prévu par le droit civil.
37- En matière de compétence juridictionnelle, le commerçant
ne pourra assigner le non-commerçant que devant une juridiction
civile. Par contre, le non-commerçant aura le choix entre assigner le
commerçant devant le Tribunal de Commerce ou une juridiction
civile.
38- Relativement au principe de la solidarité, est présumée
entre les codébiteurs commerçants alors qu'elle devra être
expressément stipulée à l'encontre des codébiteurs non-commerçants.
Ces derniers ne seront pas en son absence déclarés conjointement
responsables.
B- L’unité des règles :
39- Le principe distributif est soumis à plusieurs exceptions.
Ces dernières ont pour conséquence de donner lieu à l’application du
droit civil ou du droit commercial à l'intégralité de l'acte,
indépendamment de la qualité de la partie poursuivie. Ces deux
branches du droit peuvent être, parfois, écartées en faveur des
dispositions prévues par la loi sur la protection du consommateur.
41- L’arbitrage est un mode de résolution des litiges propre au
droit commercial et au domaine des affaires. Il ne être utilisé que dans
le cadre des litiges dans lesquels les deux parties sont des
commerçants. La clause compromissoire et le compromis ne peuvent
être valables et produire leurs effets que vis-à-vis des noncommerçants.
42- La prescription est un délai qui engendre la dissolution de
la créance. Sa durée varie en vertu de la nature du litige. Suivant toute
logique. Le délai de prescription fait l’objet, en matière commerciale,
d’une réduction qui trouve sa justification dans le fait que les parties
concernées sont des professionnels. En matière de prescription, c’est
le délai de cinq ans qui est applicable à l'ensemble des parties,
indépendamment de leur qualité.
43- Enfin, certains types de contrats sont soumis dans leur
ensemble au droit de la consommation. Ce sont les règles du droit de
la consommation qui reçoivent application dans ce cas en écartant les
règles du droit commercial et du droit civil.
Chapitre II : Le commerçant
44- la détermination du domaine du droit commercial basée sur
la théorie subjective consiste à considérer comme soumis aux
dispositions tout acte accompli par une personne qui dispose de la
qualité de commerçant. C’est la nature juridique du sujet qui a
accompli l’acte qui permettra de placer sous dernier dans ou en dehors
du domaine du droit commercial.
L’acquisition de la qualité de commerçant nécessite la réunion
de certaines conditions. En conséquence, cette acquisition engendre
aussi l’observation de certaines obligations.
Section I : les conditions :
45- D’un point de vue subjectif, l’acquisition de la qualité de
commerçant nécessite la réunion de deux conditions. La première est
l’exercice du commerce à titre professionnel ou habituel. La seconde
consiste en le fait de disposer de la capacité commerciale.
I- L’exercice professionnel ou habituel :
46- Une personne physique ne peut acquérir la qualité de
commerçant que lorsqu’il exerce des actes de commerce à titre
habituel ou professionnel. Cet aspect se résume très souvent dans la
recherche du lucre qui doit constituer le motif principal de l’activité
exercée. Une activité, de la même nature, mais qui a un but autre que
la recherche du gain, ne peut pas être qualifiée de commercial.
47- Cependant, il n’est pas nécessaire que l’exercice de l’une
des activités commerciales précédemment citées, constitue la
profession exclusive ou même principale de la personne concernée. Il
n’est pas nécessaire non plus que l’exercice de cette activité soit fait à
titre notoire.
48- Enfin, une personne physique exerçant une activité
commerciale à titre professionnel ne peut acquérir la qualité de
commerçant que lorsqu’elle œuvre pour son compte personnel. A titre
d’exemple, le gérant salarié d’un fonds de commerce ne peut pas
acquérir cette qualité, étant donné qu’il agit pour le compte du
propriétaire.
II - La capacité commerciale :
49- La capacité commerciale est la deuxième condition
nécessaire à l’exercice d’une activité commerciale. Les mineurs ne
peuvent en principe pas exercer une activité commerciale et acquérir
la qualité de commerçant. Néanmoins, un mineur doué de
discernement, c'est-à-dire âgé de plus de douze années révolues, peut
obtenir une autorisation spéciale en vue d’exercer certaines activités
commerciales nommément et limitativement déterminées. Cette
autorisation est délivrée sur requête par le juge des incapables.
50- Par ailleurs, un mineur âgé de seize ans au moins peut
également avoir la capacité d’exercer le commerce s’il a été déclaré,
par le juge des incapables, comme étant majeur avec anticipation. Cet
acte doit faire l’objet d’une inscription au registre de commerce.
51- L’incapacité doit être distinguée de l’incompatibilité et de
la déchéance commerciale. L’incompatibilité est une situation qui
prive certaines personnes d’exercer le commerce parallèlement avec
l’exercice de certaines professions. Sont par exemple concernés par
cette situation les notaires, les avocats et les fonctionnaires publiques.
La déchéance commerciale est quant à elle une sanction pouvant être
prononcée contre des personnes qui ont commis une infraction à
l’occasion de l’exercice du commerce.
Section II : les obligations du commerçant :
52- Le commerçant est soumis, en contrepartie des avantages
dont il peut bénéficier, à un certain nombre d’obligations. Parmi ces
obligations les deux principales sont respectivement la publicité
statutaire et la tenue d’une comptabilité commerciale.
Paragraphe I : la publicité statutaire :
53- La publicité statutaire se réalise par le biais de
l’immatriculation au registre du commerce. Cette obligation nécessite
également l’introduction, le cas échéant, des inscriptions modificatives
ainsi que la radiation en cas de cessation de l’activité.
I- Organisation du registre de commerce :
54- Le registre du commerce revêt la forme de plusieurs
fichiers alphabétiques qui sont réservés à l’immatriculation de toutes
les personnes physiques et morales exerçant une activité commerciale.
Le registre de commerce contient trois originaux :
A- Le registre local :
Le registre local est un service administratif tenu par le
secrétariat-greffe des tribunaux compétents sous le contrôle d’un
magistrat désigné spécialement à cet effet. Les tribunaux compétents
peuvent être soient le tribunal de commerce soit le tribunal de
première instance. La compétence est attribuée à ce dernier dans les
localités dans lesquelles il n’y a pas de tribunal de commerce.
C’est à ce registre que doit se diriger tout commerçant ou
représentant d’une personne morale tenue de procéder à une
inscription.
B- Le registre central :
il est un registre public dans lequel sont centralisé l’ensemble
des inscriptions faites dans l’ensemble du royaume.
C- Le registre électronique :
Ce registre a été créée par la loi 89.17 portant modification du
code de commerce. Il est dédié aux entreprises créées par voie
électronique et comprend aussi bien les inscriptions qui doivent être
portées aussi bien sur le registre local que sur le registre central. Ce
registre utilise la plateforme numérique créée par la loi 88.17 relative
à la création d’entreprises par voie électronique.
II- typologie des inscriptions :
III- sanctions de la défaillance :
55- Tout établissement commercial est soumis à l’obligation de
se faire immatriculer dans les trois mois de son ouverture ou de
l’acquisition du fonds de commerce. La défaillance à l’obligation
d’inscription au RC est sanctionnée d’une amende de 1000 à 5000
DH. De même, toute indication inexacte, donnée de mauvaise foi, peut
être sanctionnée d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une
amende de 1000 à 5000 ou de l’une de ces deux peines.
56- Hormis l’aspect répressif la défaillance à l’obligation
d’inscription engendre une sanction qui pourrait être considérée
comme étant d’ordre général. Les entreprises commerciales et les
commerçants qui lui ont failli seront privés du droit de se prévaloir de
cette qualité à l’égard des tiers.
Caractéristiques :
57- L’immatriculation au registre du commerce a un caractère
personnel. Aucune entreprise ne peut être inscrite, à titre principal,
dans plusieurs registres locaux à la fois ou sous plusieurs numéros
dans le même registre local. En revanche, l’entreprise peut, en cas de
création de succursale ou d’agence, introduire une mention
modificative sur l’inscription initiale.
58- Les opérations qui doivent faire l’objet d’une inscription
au registre du commerce sont nombreuses. Les plus importantes
d’entre elles se rapportent au nantissement, la vente, la cession du
fonds de commerce, le brevet d’invention, marque de fabrique, les
décisions d’interdiction et sa mainlevée, la nullité ou la dissolution de
la société ainsi que les décisions de redressement et de liquidation
judiciaire.
59- Le numéro et le lieu d’immatriculation doivent être
mentionnés sur les factures, les lettres, et les bons de commandes.
60- L’immatriculation peut faire l’objet d’une radiation. Cette
mesure peut être prononcée, sur requête ou même d’office, par
ordonnance du président du tribunal dans des cas précis. Les plus
importants de ces derniers se rapportent au décès, à la cession
d’activité, à la déchéance, à la dissolution d’une société et à la clôture
d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire.
61- L’inscription au RC porte sur la raison de commerce. Cette
dernière constitue la dénomination sous laquelle une activité
commerciale est exercée.
62-La raison commerciale inscrite appartient exclusivement à
son titulaire. L’effet de ce privilège porte sur une durée de trois ans et
se perd en cas de non-usage. Ledit délai commence à courir à compter
de l’inscription.
Le principal effet du privilège d’inscription consiste dans le
fait d’empêcher toute personne, y compris celui qui porte un nom
patronymique identique, d’utiliser une raison identique. En cas de
violation, l’usurpateur peut être contraint de procéder à une inscription
modificative. Des dommages-intérêts peuvent même être alloués à
l’entreprise qui a subi un préjudice de ce fait.
II – la comptabilité commerciale :
63-Les documents comptables d’une entreprise commerciale
doivent être établis en monnaie nationale. Les entreprises
commerciales sont aussi soumises à l’obligation de conserver les
pièces justificatives pendant une période de dix ans. Ces dernières
doivent être établies sans blanc ni altération. Ils se composent du
grand livre, du livre journal et des états de synthèse.
64- Le grand livre sert à l’enregistrement des mouvements
affectant le passif et l’actif de l’entreprise. Cet enregistrement doit être
chronologique, c'est-à-dire mentionner opération par opération et jour
par jour.
65- Le livre journal doit être coté et paraphé par le greffe du
tribunal de commerce ou de première instance. Les données qui y sont
inscrites doivent être reprises dans le grand livre. Elles doivent être
ventilées selon le plan de comptes du commerçant.
66- Les états de synthèse doivent être établis dans un délai de
trois mois à compter de la clôture de l’exercice. Ces documents visent
à donner une image fidèle sur le passif et l’actif, la situation financière
et les résultats de l’entreprise. Ils contiennent plusieurs documents qui
sont respectivement le bilan, le compte de produits et des charges,
l’état des soldes de gestion et le tableau de financement.
Le bilan est un document qui permet de décrire séparément les
éléments actifs et passifs de l’entreprise commerciale. Le compte de
produits et charges permet de récapituler les produits et les charges de
l’entreprise. Les états des soldes de gestion concernent la description
du résultat net et l’autofinancement de l’entreprise. Enfin le tableau de
financement sert à déterminer l’évolution financière de l’entreprise au
cours du dernier exercice en décrivant les ressources dont elle a
disposé et les emplois qu’elle a effectués.
67- Les documents comptables régulièrement tenus peuvent
constituer un moyen de preuve, même en faveur de celui qui les tient,
entre commerçants et dans le cadre des actes de commerce. Les
documents comptables mal tenus peuvent aussi être imposés à un
commerçant par les tiers.
68- La production des documents comptables peut être
ordonnée par le juge d’office ou sur requête. Cette production peut
être faite de deux manières. La première est la représentation qui
consiste à extraire de la comptabilité les écritures qui intéressent le
litige. La seconde est la communication qui consiste en la production
intégrale des documents comptables en justice.