Inscription des étrangers en Belgique
Inscription des étrangers en Belgique
plateforme
familles
en errance
FAMILLES
en errance
plateforme
familles en errance
Guide de la
procédure
d’inscription dans
les registres de
la population
des personnes
étrangères
Table
des matières
Préambule
p.5
p.6
Procédure d’inscription
dans les registres de la
p.10
population à titre de
résidence principale
doit-elle entreprendre
pour s’inscrire à la commune ?
2
Résidences particulières
p.30
Sans domicile fixe
p.34
et adresse de référence ?
un refus d’inscription
Incidences
p.45
3
Le guide de la procédure d’inscription dans les registres de la population des
personnes étrangères est issu du travail de plusieurs organisations membres
de deux plateformes associatives que sont la Plateforme Familles en errance
et la Plate-forme Mineurs en exil.
plateforme
familles
en errance
FAMILLES
en errance
4 plateforme
familles en errance
Préambule
Pour aider les travailleurs sociaux dans leur travail au quotidien, celles-ci
ont identifié le besoin de clarifier les différentes notions, le cadre juridique
et les pratiques des administrations en matière d’inscription des personnes
étrangères dans les registres de la population.
5
01 Quelques
notions
de base
QU’EST CE QU’UN LOGEMENT ?
1
Article 2, 3° du Code du logement
bruxellois / Article 1, 3° du Code du
logement wallon / Article 2, 31° du
Code du logement flamand.
2
Article 23 de la Constitution.
6
QU’EST CE QU’UN DOMICILE ?
Le domicile n’est pas défini de la même manière en droit civil, en droit ju-
diciaire, en droit des étrangers, etc. Il existe de nombreuses confusions entre
les termes de résidence et de domicile, qui se traduisent par une pratique
très fragmentée et inégale entre les autorités compétentes.
Le domicile civil3 est le terme le plus fréquemment utilisé et qui va nous
intéresser tout particulièrement. Le domicile de toute personne, quant à
l’exercice de ses droits civils, est le «lieu où elle a son principal établisse-
ment» (art. 102 [Link].)
3
Ou “domicile légal”.
4
À ne pas confondre avec la domi-
ciliation bancaire qui est un pré-
lèvement régulier pour payer des
factures.
7
QU’EST CE QU’UN DOMICILE ÉLU ?
Il s’agit d’un domicile fictif qui permet d’avoir une adresse de correspon-
dance, recevoir tous les actes, significations et poursuites relatifs à une
problématique spécifique. Généralement, l’élection de domicile se fait sur
l’adresse de résidence effective de la personne, mais dans certaines procé-
dures de séjour, il est conseillé d’élire domicile à l’adresse de son avocat ou
chez toute personne digne de confiance (voir le volet « Procédure »).
Toute personne, même sans droit de séjour peut faire une élection de do-
micile !
8
Q U ’ E S T C E Q U E L A R É S I D E N C E P R I N C I PA L E 5?
P O U R Q U O I C E S T E R M E S S O N T - I L S I M P O RTA N TS ?
5
Voir Articles 3 et 5 de la loi du 19
juillet 1991 relative aux registres de la
population, aux cartes d’identité, aux
cartes d’étranger et aux documents
de séjour
et Articles 7, 8, 10, 16 et 20 de l’arrêté
royal de 16 juillet 1992 relatif aux re-
gistres de la population et au registre
des étrangers.
6
Article 3 de la loi du 19 juillet 1991.
9
02
Procédure
d’inscription
dans les registres
de la population
à titre de
résidence principale
10
QUELS REGISTRES SONT TENUS
D A N S C H A Q U E C O M M U N E 7?
« 1° des registres de la population dans lesquels sont inscrits au lieu où ils ont
établi leur résidence principale, qu’ils y soient présents ou qu’ils en soient
temporairement absents, les Belges et les étrangers admis ou autorisés à
séjourner plus de trois mois dans le Royaume, autorisés à s’y établir, ou les
étrangers inscrits pour une autre raison conformément aux dispositions de
la loi du 15 décembre 1980 sur l’accès au territoire, le séjour, l’établissement
et l’éloignement des étrangers, à l’exception des étrangers qui sont inscrits
au registre d’attente visé au 2°
[...]
2° un registre d’attente dans lequel sont inscrits au lieu où ils ont établi leur
résidence principale, les étrangers (qui introduisent une demande d’asile) et
qui ne sont pas inscrits à un autre titre dans les registres de la population.
Lorsqu’un étranger (qui a introduit une demande d’asile)w est rayé des re-
gistres de la population mais continue à séjourner dans la commune, il est
inscrit au registre d’attente. » 8
7
Art 1 - Loi du 19 juillet 1991 relative
aux registres de la population, aux
cartes d’identité, aux cartes d’étran-
ger et documents de séjour ;
8
Loi du 19 juillet 1991 relative aux
registres de la population, aux cartes
d’identité, aux cartes d’étranger et
documents de séjour, art. 1, §1er.
11
La définition du « registre des étrangers » est précisée par l’arrêté royal du
16 juillet 1992 : il s’agit du fichier alphabétique mentionnant les informations
concernant les personnes visées à l’article 12 de la loi du 15 décembre 1980
sur l’accès au territoire et donc de: « l’étranger admis ou autorisé à séjour-
ner plus de trois mois dans le Royaume ». Il s’agit donc d’un registre de la
population qui répertorie les personnes étrangères.
- Toutes les personnes figurant dans l’acte sont identifiées à l’aide d’un
numéro national (RN connu pour les résidents et numéro national bis pour
les non-résidents qui n’ont pas encore de numéro national) lors de l’établis-
sement des actes.
9
Loi du 18 juin 2018 portant disposi-
tions en matière de droit civil et des
dispositions en vue de promouvoir
des formes alternatives de résolution
des litiges, entrée en vigueur le 31
mars 2019 et Circulaire du 19 mars
2019 relative à la modernisation et
l’informatisation de l’état civil.
12
QU’EST CE QUE L’INSCRIPTION DANS
LES REGISTRES DE LA COMMUNE ?
Il s’agit également d’une obligation : « Toute personne qui veut fixer sa rési-
dence principale dans une commune du Royaume doit, dans les huit jours de
l’installation effective, en faire la déclaration à l’administration communale
du lieu où elle vient se fixer ».11
10
Cass., 17 novembre 1994.
11
Art. 7, §1er, al. 1er, et §4, al. 1er, de
l’arrêté royal du 16 juillet 1992 relatif
aux registres de la population et au
registre des étrangers.
13
QUELLES SONT LES CONDITIONS POUR
POUVOIR ÊTRE INSCRIT À TITRE DE
RÉSIDENCE PRINCIPALE ?
12
Art 16, 61, AR du 16 juillet 1992 re-
latif aux registres de la population et
des étrangers.
14
COMMENT UNE RÉSIDENCE PRINCIPALE
EST-ELLE CONSTATÉE ?
A l’issue de cette enquête, « l’autorité communale notifie, dans le mois qui suit
la date de la déclaration à la commune de la résidence, soit que l’intéressé
fait l’objet d’une inscription aux registres soit que sa demande d’inscription
a été refusée ». 14
13
Art 16 §1 de l’arrêté royal du 16
juillet 1992 relatif aux registres de la
population et des étrangers.
14
Par ailleurs, « toute personne qui
fait l’objet d’une inscription est invi-
tée à se présenter sans délai à l’ad-
ministration communale, notamment
en vue de compléter ou de rempla-
cer la carte d’identité » (Arrêté royal
du 16 juillet 1992 relatif aux registres
de la population et au registre des
étrangers, art. 7, §§5 et 7).
15
Y A T-IL D’AUTRES CONDITIONS EXIGIBLES,
NOTAMMENT LIÉES AU LOGEMENT MÊME ?
16
UN TITRE LÉGAL, PAR EXEMPLE UN
CONTRAT DE BAIL, EST-IL UNE PREUVE
SUFFISANTE POUR JUSTIFIER UNE
INSCRIPTION À TITRE DE RÉSIDENCE
PRINCIPALE ?
15
Art 16, 6 3, AR du 16 juillet 1992.
17
POURQUOI Y-A-T-IL TANT DE DIVERGENCES
ENTRE LES COMMUNES ?
Le conseil communal est compétent pour fixer, dans un règlement, les mo-
dalités de l’enquête de résidence et le modèle du rapport de cette enquête16.
Cela signifie que les modalités peuvent différer dans chaque commune.
De plus, ce règlement n’est pas toujours publié sur le site de la commune.
Un arrêté qui fixerait un modèle unique d’enquête est attendu.
16
Art 5, Loi du 19 juillet 1991
Comité P, Enquête de contrôle « Domiciliations », dossier n°62605, p.39-40.
17
Consultable ici.
18
Circulaires du SPF Intérieur du 30 aout 2013 et du 24 janvier 2019 - « Bien qu’il
appartienne aux communes de fixer, par règlement communal, les modalités
selon lesquelles les contrôles de résidence doivent être réalisés (article 10 de
l’arrêté royal du 16 juillet 1992 relatif aux registres de la population et au registre
des étrangers), mes services ont établi un modèle de rapport pouvant être utilisé
par la police de quartier lorsqu’elle effectue des contrôles de résidence. (...) Le
but est de garantir une meilleure uniformisation de la manière dont la police
effectue le contrôle de résidence. Les éléments essentiels à vérifier lors d’une
enquête de résidence y sont repris, à savoir : les données d’identification, le type
d’habitation, la composition du ménage, les éléments de fait prouvant ou réfutant
la réalité de résidence, et les éléments de fait concernant l’inscription ou non
d’un mineur non émancipé ».
18
POURQUOI LES PRATIQUES COMMUNALES
CHANGENT-ELLES CONSTAMMENT ?
Il peut y avoir plusieurs circulaires par an, en fonction des priorités et des
besoins définis (enjeux de sécurité, lutte contre les domiciliations fictives,
protection de données, simplification de procédure etc.).
19
À titre d’exemple, une des der-
nières communications sur la tenue
des registres, contient 201 pages.
Voir Direction Générale Institutions
et Population, Instructions générales
concernant la tenue des registres de
la population, version coordonnée du
31 mars 2019.
19
Incidences
sur les demandes
de séjour
ou quelles étapes
une personne
étrangère
doit-elle entreprendre
pour s’inscrire
03
20
La commune, pour établir notamment sa compétence territoriale, doit
connaître l’adresse effective des candidats étrangers au séjour en Belgique,
car la loi lui a confié la mission de transmettre toute demande d’autorisation
de séjour à l’Office des étrangers.
21
EN TANT QUE CITOYEN
DE L’UNION EUROPÉENNE
20
Art. 50 et 51 de la loi du 15 décembre
1980.
22
Dans le cas des étudiants et demandeurs d’emploi, la commune ne fera que
constater la demande de séjour par la délivrance d’une attestation d’enre-
gistrement, conformément à l’annexe 8. Le dossier sera d’office transmis à
l’Office des Etrangers qui reconnaîtra (ou non) le droit de séjour de plus
de trois mois à ces citoyens de l’UE.
21
Article 42, § 2, de la loi du 15 dé-
cembre 1980 ; Arrêté Royal du 7 mai
2008 fixant certaines modalités d’exé-
cution de la loi du 15 décembre 1980
sur l’accès au territoire, le séjour, l’éta-
blissement et l’éloignement des étran-
gers, art. 5; Arrêté royal du 8 octobre
1981 sur l’accès au territoire, le séjour,
l’établissement et l’éloignement des
étrangers, art. 50 et 51.
22
Art. 50 et 51 de la loi du 15 décembre
1980.
23
EN TANT QUE DEMANDEUR D’ASILE
23
Circulaire du 21.06.2007 relative aux
modifications intervenues dans la ré-
glementation en matière de séjour des
étrangers suite à l’entrée en vigueur
de la loi du 15 septembre 2006, Art.
M6, B.
24
EN TANT QUE DEMANDEUR DE
R E G R O U P E M E N T F A M I L I A L 24
Pour être inscrit au registre des étrangers, il faut que la demande de regrou-
pement familial soit considérée recevable par l’Office des étrangers.
24
Circulaire du 21.06.2007 relative aux
modifications intervenues dans la ré-
glementation en matière de séjour des
étrangers suite à l’entrée en vigueur
de la loi du 15 septembre 2006, Art.
M3, B, 2.
25
Articles 30, 33, 40, 56, 101, 109, 110bis
ou 119 de l’arrêté royal du 8 octobre
1981 sur l’accès au territoire, le séjour,
l’établissement et l’éloignement des
étrangers ou de l’article 8 de l’arrêté
royal du 22 juillet 2008 fixant certaines
modalités d’exécution de la loi du 15 dé-
cembre 1980 sur l’accès au territoire, le
séjour, l’établissement et l’éloignement
des étrangers.
25
Il existe 2 catégories de regroupement familial :
26
EN TANT QUE DEMANDEUR DE RÉGULARISATION
P O U R R A I S O N S M É D I C A L E S ( 9 t e r ) 26
Cette demande doit être directement introduite auprès de l’Office des étran-
gers, par lettre recommandée.
26
Circulaire du 21.06.2007 relative aux
modifications intervenues dans la ré-
glementation en matière de séjour des
étrangers suite à l’entrée en vigueur
de la loi du 15 septembre 2006, art.
M2, D.
27
Avec les documents et les renseigne-
ments mentionnés à l’article 7 de l’ar-
rêté royal du 17 mai 2007.
28
En ce qui concerne l’obligation de
produire une copie d’un passeport na-
tional ou une carte d’identité, il n’est
pas exigé que ces documents soient en
cours de validité.
27
EN TANT QUE DEMANDEUR DE
RÉGULARISATION POUR RAISONS
H U M A N I T A I R E S ( 9 b i s ) 29
Une demande d’autorisation de séjour sur base de l’article 9bis doit être
introduite auprès de l’administration communale de la commune belge où
l’étranger réside effectivement. Cette condition de résider effectivement en
Belgique n’est rencontrée que si la commune d’introduction de la demande
confirme la résidence effective du demandeur sur son territoire.
29
Article 9bis, § 1er, alinéa 1er de la
loi du 15/12/1980 relative à l’accès au
territoire, le séjour, l’établissement et
l’éloignement des étrangers.
30
Circulaire du 21 juin 2007 relative
aux modifications intervenues dans la
réglementation en matière de séjour
des étrangers suite à l’entrée en vi-
gueur de la loi du 15 septembre 2006.
28
via l’administration communale ou via son domicile élu31, ainsi que, éven-
tuellement, par son avocat.
Il est donc essentiel que le domicile élu par l’étranger pour cette demande
lui permette de recevoir rapidement le courrier qui y est envoyé vu, par
exemple, les conséquences importantes que pourrait avoir une réponse tar-
dive au niveau de sa procédure de régularisation.
31
Tel que prévu par l’article 9quater de
la loi du 15.12.1980
32
Loi du 15/12/1980 sur l’accès au terri-
toire, le séjour, l’établissement et l’éloi-
gnement des étrangers.
29
04
Résidences
particulières
30
QU’EN EST-IL DES PERSONNES
E N R É S I D E N C E M O B I L E 33 ?
Les personnes qui séjournent dans une demeure (ou résidence) mobile
sont inscrites dans les registres de population:
33
Art 20, § 1 AR 16 juillet 1992.
31
QU’EN EST-IL DES LOGEMENTS
N O N C O N F O R M E S A U X N O R M E S 34 ?
34
Chaque Région a sa réglementa-
tion propre à l’urbanisme, au logement
et à l’aménagement du territoire.
35
Loi du 19 juillet 1991 relative aux
registres de la population, aux cartes
d’identité, aux cartes d’étranger et aux
documents de séjour, art. 1er, §1er, 1°,
al. 2.
32
QU’EN EST-IL DES OCCUPATIONS TEMPORAIRES
CONVENTIONNÉES ET CELLES QUI SONT NON
AUTORISÉES, les «SQUATS» ?
36
Direction Générale Institutions et
Population, Instructions générales
concernant la tenue des registres de
la population, version coordonnée du
31 mars 2019, p.17.
33
Sans domicile fixe
et adresse
de référence ?
05
34
QUELLE EST L’UTILITÉ D’UNE
ADRESSE DE RÉFÉRENCE ?
35
QUI PEUT S’INSCRIRE À UNE
ADRESSE DE RÉFÉRENCE ?
37
Art 20, § 2 AR 16 juillet 1992.
38
Inscription et radiation d’une ins-
cription ICI
36
QUELLES CONDITIONS DOIVENT REMPLIR
DES RÉSIDENTS NON BELGES POUR
POUVOIR BÉNÉFICIER D’UNE ADRESSE DE
RÉFÉRENCE ?
37
COMMENT OBTENIR L’ADRESSE DE
RÉFÉRENCE AUPRÈS D’UN CPAS ?
Attention: l’adresse de référence ne peut pas être utilisée pour éviter d’être
inscrit sur la même composition de ménage que d’autres personnes. La
personne radiée des registres de la population, qui vit habituellement à un
endroit (chez son ami, ses parents, etc.) n’est en principe plus considérée
comme sans-abri. La situation est la même pour les cas où le propriétaire ou
le bailleur refuse la domiciliation. La personne doit se domicilier là où elle
réside effectivement !
Par contre, si l’hébergement est effectué pour porter secours et qu’il est tem-
poraire et passager (un centre d’accueil par exemple), le CPAS peut accepter
d’inscrire la personne en adresse de référence. Il faut alors que le CPAS
signe le formulaire d’autorisation destiné à la commune.
38
Attention: pour conserver l’adresse Dans l’autre lecture, aucun séjour
de référence, la personne doit se légal n’est requis pour une adresse
rendre minimum tous les 3 mois de référence auprès d’un CPAS.
au CPAS.
Par cet arrêt, le Tribunal du tra-
Dans son jugement n° 2018/1698 vail de Bruxelles va à l’encontre
du 13 juin 2018, le Tribunal du de la pratique établie de la plu-
travail de Bruxelles a statué que part des CPAS, qui consiste, dans
les étrangers en séjour irrégulier les faits, à généralement ne pas
peuvent également demander une être disposés à fournir une adresse
adresse de référence au CPAS. de référence à un ressortissant
étranger en séjour irrégulier (sur
Selon le Tribunal du travail, l’ar- la base de la première interpré-
ticle 1er, § 2, alinéa 1, de la loi du tation de la disposition examinée).
19 juillet 1991 peut être interprété
de deux manières.
39
QUE FAIRE EN CAS DE REFUS D’OCTROI
D’UNE ADRESSE DE RÉFÉRENCE ?
La requête peut être une simple lettre mais elle doit au moins
contenir les éléments suivants:
40
C. jud., art. 704, §2.
40
Recours possibles
contre un refus
d’inscription
06
41
QUE FAIRE EN CAS D’ENQUÊTE
DE RÉSIDENCE NÉGATIVE ?
42
Si la contestation est valablement formulée, le Ministre de l’Intérieur envoie
un délégué dans la commune pour qu’il vérifie la situation (ou qu’il procède
à une enquête de population). La commune doit notamment lui fournir le
rapport du (ou des) contrôle(s) effectué(s) sur place (rapport daté, signé par
le fonctionnaire qui a effectué les contrôles, avec jours et heures de ceux-ci),
ainsi que les faits permettant de déterminer la résidence.
43
QUE FAIRE EN CAS DE REFUS D’INSCRIPTION
DE LA PART DE LA COMMUNE ?
44
07
Incidences
sur d’autres
droits
45
ALLOCATIONS FAMILIALES
Actuellement, l’unique critère commun des entités fédérées pour l’octroi des
prestations familiales (allocations familiales) est celui du droit au séjour de
l’enfant par son inscription au registre national belge supprimant ainsi la
condition de la situation professionnelle de l’un des parents. Ce qui signifie
que les enfants domiciliés en Belgique, dont les parents n’ont encore jamais
travaillé, ont dorénavant aussi droit aux allocations familiales.
C’est par le domicile légal qu’on détermine la loi régionale applicable.
43
Ordonnance du 4 avril 2019 établissant le circuit de paiement des prestations familiales, entrée en
vigueur le 1er /01/2020, M.B. 12/04/2019, p. 37826.
46
En l’absence d’une disposition légale contraire, il faut se référer à l’enseigne-
ment de la Cour de cassation (confirmant la jurisprudence constante) dans
son arrêt du 8 avril 2019 qui reconnait un droit aux prestations familiales au
bénéficiaire dont le séjour est régulier par la possession d’une attestation
d’immatriculation. En effet, selon la Cour « lorsque le délégué du Ministre
donne instruction à la Commune d’inscrire l’intéressé au registre des étran-
gers et de le mettre en possession d’une attestation d’immatriculation, la
caisse d’allocations familiales doit considérer que la condition de séjour est
remplie car le bénéficiaire est autorisé à séjourner dans le Royaume, confor-
mément aux dispositions de la loi du 15 décembre 1980, fût-ce de manière
temporaire et précaire ».44
A contrario les enfants en séjour irrégulier, qui n’ont pas de domicile civil,
sont exclus du régime des allocations familiales.45 Cependant, l’ordonnance
prévoit une mesure de sauvegarde du droit aux prestations familiales (allo-
cations familiales) des enfants en séjour irrégulier bénéficiaires d’allocations
familiales jusqu’au 31 décembre 2019. Cette mesure prévoit une exception à
la condition de régularité du séjour de ces enfants46 qui pourront continuer
à percevoir les allocations familiales. Afin de déterminer la compétence
territoriale, la caisse d’allocations pourrait se baser sur la résidence effec-
tive de l’enfant, par exemple par l’attestation d’une autorité publique (ONE,
CPAS, etc.) la production d’un contrat de bail au nom de l’allocataire, l’envoi
de courrier par la crèche, l’école ou le fournisseur d’énergie à l’adresse
déclarée.
44
Cour de cassation, 8 avril 2019, n° S.17.0086.F.
45
Avant la réforme des allocations familiales, le bénéficiaire (l’enfant), quant-à-lui, devait prouver son
domicile civil, à défaut sa résidence principale sur le territoire belge, pour bénéficier de ses allocations
familiales. Lorsque ce dernier était en séjour irrégulier, ses parents devaient apporter la preuve de
sa résidence principale en Belgique par tous documents officiels émanant d’une autorité publique
(attestation de suivi de l’ONE, documents du CPAS (enquête sociale), etc.).
46
Article 37 de l’Ordonnance du 4 avril 2019 établissant le circuit de paiement des prestations familiales.
47
OUVERTURE DE COMPTE EN BANQUE 45
Seuls deux critères doivent être remplis pour avoir droit à l’ouverture d’un
compte bancaire de base, à savoir, qu’il faut prouver son identité (passeport
ou carte ID nationale, ... ) et son adresse (avoir sa résidence principale en
Belgique). En effet, une circulaire du 1er mars 2011 impose des obligations
d’identification de la clientèle auprès des organismes bancaires. Pour prou-
ver la résidence, il faut un document officiel ou une attestation d’une autori-
té publique, c’est-à-dire une attestation de la commune ou du CPAS47 , ou un
constat de police. En pratique, en matière d’ouverture de compte en banque,
il est très compliqué de de mander à la police de constater la résidence
(celle-ci refuse généralement).
Si aucune solution n’a été trouvée dans un délai raisonnable, il faut s’adres-
ser au médiateur des banques. Celui-ci examinera la plainte de manière
prioritaire et formulera, en cas de litige, un avis contraignant à l’égard de
l’établissement de crédit. Coordonnées du médiateur des banques:
Service de Médiation Banques -
Crédit-Placements
North Gate II,
Boulevard du Roi Albert II, n°8, bte. 2
45
Code de droit économique, art. VII 57 à VII 59 ; Arrêté Royal du 1000 Bruxelles
7 septembre 2003 portant certaines mesures d’exécution de la loi
Tél. : 02 545 77 70
du 24 mars 2003 instaurant un service bancaire de base ; Circulaire
CBFA du 1er mars 2011 sur la prévention du blanchiment et du Fax : 02 545 77 79
financement du terrorisme.
46
Article VII.57§2 du Code de droit économique. E-mail : ombudsman@[Link]
47
Attestation d’une aide médicale urgente auprès d’un CPAS.
48
MUTUELLE
48
Pour les personnes qui ont un domi-
cile : la preuve de la résidence prin-
cipale en Belgique résulte de l’infor-
mation visée à l’article 3, alinéa 1er,
5° de la loi du 8 aout 1983 organisant
un registre national des personnes
physiques, qui est obtenue du registre
susvisé. La circulaire du 22 décembre
2016 prévoit les modalités de preuve
pour l’inscription en qualité de per-
sonne inscrite au Registre national des
personnes physiques en application de
l’article 32, alinéa 1, 15° de la loi rela-
tive à l’assurance obligatoire soins de
santé et indemnités, coordonnée le 14
juillet 1994.
49
Article 123, 3, f) de l’Arrêté royal
portant exécution de la loi relative à
l’assurance obligatoire soins de santé
et indemnités, coordonnée le 14 juil-
let 1994.
49
Par ailleurs, pour pouvoir être inscrit(e) comme personne à charge, l’époux/
épouse (en séjour régulier) doit en principe également cohabiter officiel-
lement (inscription au registre de la commune à la même adresse) avec le
titulaire, c.-à-d. partager la même résidence principale. L’acte de mariage
peut faire office de preuve de cohabitation50.
Dans ce cadre, il est toutefois également prévu que les époux doivent prou-
ver, en attendant l’adaptation des données du Registre national pour obtenir
une même résidence principale, qu’ils ont effectivement fait une démarche
auprès de la commune dans ce sens. Pour ce faire, ils peuvent produire un
modèle 2 donné par la commune au moment de la demande d’inscription à
la commune, une annexe 19 ou 19ter, une annexe 15 ou 15bis ou un certificat
d’immatriculation.
[Link]
50
Article 124, § 3, alinéa 2, de l’Arrêté
royal du 3 juillet 1996 portant exécu-
tion de la loi relative à l’assurance
obligatoire soins de santé et indemni-
tés, coordonnée le 14 juillet 1994.
50
AIDE SOCIALE
L’aide sociale dispensée par le CPAS peut être matérielle, sociale, médicale,
médico-sociale ou psychologique. S’agissant des personnes en séjour
irrégulier, elles n’ont droit qu’à une aide exclusivement médicale.
51
Article 1er de la loi organique des
centres publics d’action sociale du 8
juillet 1976
52
Notamment dans les cas d’un séjour
en hôpital psychiatrique ; dans un
établissement agréé pour personnes
handicapées (Initiative d’habitation
protégée); dans une maison de repos
(et de soin) agréée, dans un établisse-
ment d’hébergement sur base d’une
décision judiciaire ou administrative,
dans une structure reconnue pour
l’accueil temporaire des personnes en
détresse, dans un centre de placement
pour enfants mineurs, etc.
51
RECONNAISSANCE PATERNELLE
53
Articles 327/1 et 327/2 du Code civil.
54
Circulaire du 21/03/2018 relative à
la loi du 19 septembre 2017 modifiant
le Code civil, le Code judiciaire, la loi
du 15 décembre 1980 sur l’accès au
territoire, le séjour, l’établissement
et l’éloignement des étrangers et le
Code consulaire, en vue de lutter
contre la reconnaissance frauduleuse
et comportant diverses dispositions
en matière de recherche de paternité,
de maternité et de comaternité, ainsi
qu’en matière de mariage de com-
plaisance et de cohabitation légale de
complaisance.
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Guide de la procédure d’inscription
dans les registres de la population
des personnes étrangères
2019
plateforme
familles
en errance
FAMILLES
en errance