Étude des Polynômes Orthogonaux
Étude des Polynômes Orthogonaux
Polynômes Orthogonaux
Le jury composé de :
2
Remerciements
Ce travail est le résultat d’efforts continus et de travail acharné tout long de ce semestre.
Tout d’abord nous remercions au créateur de l’univers qui nous a donné de la force et nous a gardé
en bonne santé pour terminer ce mémoire et cette section d’étude difficile.
Un remerciement particulier à Pr. Kaissar IDRISSI Pour tout le soutient et l’encadrement qu’il
nous a donné.
Nous remercions les membres de jury pour avoir accepté de présider et d’examiner notre travail.
Nous remercions le corps enseignant et administratif du département de mathématiques.
Nous tenons à remercier également tous ceux qui nous ont aidé de près et de loin pour l’élaboration
de ce mémoire.
A tous ceux dont le soutient nous a été utile et nécessaire, nous disons : Qu’Allah récompense.
A. Elbouziani et H. El-Maadi
3
Résumé
Les polynômes orthogonaux est un outil fondamentale pour la résolution de plusieurs problèmes
d’analyse théorique ou pratique.
Dans ce mémoire nous avons présenté quelques polynômes orthogonaux important comme polynômes
de Legendre, polynômes de Hermite, polynômes de Tchebychev et polynômes de Laguerre, ces poly-
nômes considérés comme des solutions particuliéres des équations différentielles.
De part, leurs propriétés (Relation de récurrences, équation déférentielle, orthogonalité, .....), ces poly-
nômes permettent de données plus de souplesse et de clarté dans la résolution et l’étude des problémes
en physique et en particulier mécanique quantique et en générale dans les sciences modèrnes.
4
TABLE DES MATIÈRES
Remérciements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Introduction 8
1 Espace de Hilbert 9
1.1 Forme bilinéaire - sesquilinéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3 Espace de Hilbert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.1 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Projection orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.3 Procédé d’orthonormalisation de Gram-Scmidt . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.4 Base Hilbertienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
2 Polynômes orthogonaux 20
2.1 Présentation des polynômes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
2.2 Propriétés générales des polynômes orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.1 Formule de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2.2 Existence de racines réelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2.3 Formule de Darboux-Christoffel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2.4 Position des racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.3 Exemple d’application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3.1 T n vérifie une relation de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.3.2 T n de degré n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.3 T n a n racines distincts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3.4 Fonction de poid . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.4 Formule d’Olinde Rodriguez . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.4.1 Equation différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5
3.1.4 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
3.1.5 Equation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.1.6 Les valeurs de Pn en Zéro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
3.2 Polynôme d’Hermite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.2.1 Relation de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.2.2 Degré et coeificient dominant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.3 Parité de Hn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.4 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.5 Equation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3 Polynôme de Tchebychev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3.1 Relation de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3.2 Degré et Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.3.3 Coefficient dominant de T n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.3.4 Racines de T n . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3.5 Equation différantielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.3.6 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3.7 Valeurs de T n en Zéro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4 Polynômes de Laguerre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4.1 Fonction génératrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.2 Relation de récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4.3 Equation différentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.5 Tableau des polynômes orthogonaux classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
Bibliographie 53
6
TABLE DES FIGURES
3.1 Graphes des premiers polynômes de Legendre P0 ,P1 ,P2 ,P3 ,P4 ,P5 . . . . . . . . . . . . 34
3.2 Graphes des premiers polynômes d’Hermite H0 ,H1 ,H2 ,H3 ,H4 ,H5 . . . . . . . . . . . . . 37
3.3 Graphes des premiers polynômes de Tchebychev de première espèce T 0 ,T 1 ,T 2 ,T 3 ,T 4 ,T 5 . 41
3.4 Graphes des premiers polynômes de Laguerre L0 ,L1 ,L2 ,L3 ,L4 ,L5 . . . . . . . . . . . . . 44
7
INTRODUCTION
Les polynômes orthogonaux sont un sujet d’étude pour les mathématiciens depuis
longtemps. À titre d’exemple, Adrien-Marie Legendre en était arrivé dès le début du
XIXème siècle à considérer la suite de polynômes orthogonaux aux quels son nom
maintenant associé, les polynômes de Legendre, dans le cadre de ses calculs concer-
nant la mécanique céleste, depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui, la théorie concer-
nant ces polynômes n’a cessé de croitre en précision et aussi en importance. Les po-
lynômes orthogonaux sont devenus des outils d’approximation très utiles, puisque
d’autres application se sont développées.
Ce mémoire se veut une introduction à l’étude des polynômes orthogonaux, qui
soit accessible et rigoureuse.
Nous avons comporté notre mémoire en quatre chapitres :
Premier chapitre : consiste à représenter l’espace de Hilbert, ses propriétés et quelques
applications.
Deuxième chapitre : dans ce chapitre, nous présentons les polynômes orthogonaux,
ses propriétés qui caractérisent ces polynômes, et on le termine par l’étude des
classes des polynômes orthogonaux (définition, formule de Rodriguez, . . . ).
Troisième chapitre : Ce chapitre présente quelques exemples classiques des familles
de polynômes orthogonaux (Legendre, Hermite, Tchebychev, Laguerre,.......).
Quatrième chapitre : Dans le dernier chapitre, nous donnons quelques applications
des ces polynômes comme calcul l’approximation au sens des moindres carrés,
calcul d’intégration numérique.
8
CHAPITRE 1
ESPACE DE HILBERT
Soit E un C-e.v, une forme sesquilinéaire sur E est une application f : E×E 7−→ C tel que :
1. Pour tout y ∈ E , fy : E 7−→ C , x 7−→ f (x, y) est linéaire.
2. Pour tous x ∈ E , f x : E 7−→ C , y 7−→ f (x, y) est semi-linéaire, i.e : ∀x, y, z ∈ E , ∀α ∈ C
9
Exemples 1.1.1
1. Soit E = C([0; 1], C) l’espaceR des fonction continues de [0, 1] dans C. l’application
1
(, ) : E×E 7−→ C , ( f, g) 7−→ 0 f (t)g(t)dt est une forme sesquilinéaire.
2. E = Mn (K) , on a f : E×E 7−→ K , (A, B) 7−→ T r(AB) est une forme bilinéaire.
R1
3. E = K[X] , l’application (P, Q) 7−→ −1 P(t)Q(t)dt une forme bilinéaire.
f (x, x) = 0 ⇐⇒ x = 0
10
Exemples 1.2.1
R1
2. E = R[X]; <, >: E×E 7−→ R , hP, Qi 7−→ 0
P(t)Q(t)dt est un produit scalaire.
3. Sur Mn (R); hA, Bi =trace(AB ) est un produit scalaire.
t
R1
4. Sur L ([0, 1]) = f : [0, 1] 7−→ C/ 0 | f (t)| dt < +∞ , le produit scalaire définit par :
2 2
Z 1
h f, gi = f (t)g(t)dt
0
Preuve :
Soit x, y ∈ E , pour tout λ ∈ K, on a :
0 ≤ ϕ(x + λy, x + λy) = ϕ(x, x) + λλϕ(y, y) + λϕ(y, x) + λϕ(x, y).
en prenant λ = tϕ(x, y) avec t ∈ R , alors :
0 ≤ ϕ(x, x) + t2 |ϕ(x, y)|2 ϕ(y, y) + 2t |ϕ(x, y)|2 .
— Si ϕ(y, y) = 0, en faisant tentre t vers −∞, on obtient que |ϕ(x, y)| = 0, donc |ϕ(x, y)|2 =
ϕ(x, x)ϕ(y, y).
|ϕ(x,y)|2 2
— Si ϕ(y, y) , 0, on prend t = −1
ϕ(y,y)
, on obtient alors 0 ≤ ϕ(x, x) + ϕ(x,y)
− 2 |ϕ(x,y)|
ϕ(y,y)
.
Corollaire 1.2.1
√
Soit E un espace vectoriel, ||.|| : E 7−→ R, x 7−→ ||x|| = < x, x > est une norme sur E.
Preuve
La séparation se déduit du fait que le produit scalaire est définie positive, l’homogéneité suit de
sa linéarité, il reste à vérifie l’inégalité triangulaire :
11
Soit x, y ∈ E on a :
x + y, x + y =x, x + y, y + 2 x, y
q q
D’après le théorème 1.2 ≤ x, x + y, y + 2 x, x y, y
q q 2
= x, x + y, y
On déduit que :
||x + y|| ≤ ||x|| + ||y||
Définition 1.3.1
Remarque 1.3.1
Un espace de Hilbert est un espace vectoriel normé complet, c’est donc un espace de Banach.
Bien entendu, un espace de Banach n’est pas nécessairement un espace de Hilbert.
12
Exemples 1.3.1
n
X
1. C muni du produit scalaire : x, y =
n
xi yi .
i=1
2. Un sous-espace vectoriel fermé d’un espace de hilbert est un espace de Hilbert.
X
3. l2 (N) = / < +∞
2
(x ) x ∈ |x | est un espace de Hilbert,
n n∈N n C, n
n∈N
X 2 1/2
X
(xn )n∈N , (yn )n∈N = xn yn et ||(xn )n∈N || = |xn |
n∈N n∈N
Z 1 !1/2
4. L2 (I) = < +∞
f : I 7−→ C/ f 2 (x) est un espace de Hilbert, où I est un
0
ouvert. Z Z !1/2
f, g = f (x)g(x)dx et || f || = 2
f (x)dx
I I
1.3.1 Orthogonalité
Définition 1.3.2
Proposition 1.3.1
13
Propriétés 1.3.1: Géométrie dans un Hilbert
2. Identité de parallélogramme :
2 2 2 2
x+y + x−y =2 x + y .
3. Formule de polarisation :
2 2 2 2
x+y + x−y x + iy − x − iy
x, y = +i .
4 4
3
1X k 2
x, y = i x + ik y .
4 i=0
4. L’égalité de la médiane :
x + y 2
2
2 2
2 z− + x−y =2 z−x + z−y .
2
Définition 1.3.3
• Une famille (ei )i∈I est dite orthogonale si ∀i , j : ei , e j = 0.
• Une famille (ei )i∈I est dite orthonormale si elle orthogonale et ei = 1, ∀i ∈ I.
∀x ∈ E : T (x) F
≤ M x E.
Convexité
Soit E un R ou C-espace vectoriel et C ⊂ E.
On dit que C est convexe si elle verifie cette relation suivante :
14
Théorème 1.3.1: Projection sur un convexe fermé
Soit H un espace de Hilbert et C une partie convexe non vide de H qui est de plus fermée.
(i) Pour tout x ∈ H, il existe un unique y ∈ C tel que :
< θ − PC x, PC x − x ≥ 0, ∀θ ∈ C. (1.3)
PC x − PC y ≤ x − y ∀x, y ∈ H. (1.4)
Preuve :
(i) On va montrer l’existance et l’unicité de la projecteur :
Existance : Soit x ∈ H, il existe une suite (θk )k∈N ∈ C telle que : d(x, C) = lim x − θk .
k→+∞
Nous allons montrer que (θk )k∈N est une suite de cauchy.
Par l’égalité du parallélogramme, on a :
2
2 2
θk + θl 2
θk − θl = 2 x − θk + x − θl − 4 x −
2
2 2
≤ 2 x − θk + x − θl − 4d(x, C) 2
2 2
PC x − x ≤ tθ + (1 − t)PC x − x
2
= t(θ − PC x) + PC x − x
2 2
= t 2 θ − PC x + 2t< θ − PC x, PC x − x + PC x − x
15
Et par suite :
t 2
< θ − PC x, PC x − x ≥ − θ − PC x
2
D’ou pour t → 0 on a : < θ − PC x, PC x − x ≥ 0.
(iii) (
Finalement pour prouver l’inégalité, puisque PC x, PC y ∈ C, on a :
< hPC y − PC x, PC x − xi > 0
< hPC x − PC y, PC y − yi > 0
⇒ 0 6 < hPC x − PC y, x − PC x + PC y − yi
=< hPC x − PC y, x − yi − kPC x − PC yk2 6
|hPC x − PC y, x − yi| − kPC x − PC yk2 6
kx − yk kPC x − PC yk − kPC x − PC yk2
D’ou kPC x − PC yk 6 x − yk, ∀x, y ∈ H
Théorème 1.3.2
Soit E un espace préhilbertien, soit e1 , · · · e p une famille libre dans E. Alors il existe une
unique famille orthonormale u1 , · · · u p de E telle que :
n o n o
vect u 1 , . . . , u p = vect e1 , . . . , e p =E
∀k ∈ {1, . . . , p} :
hek , uk i > 0
f1 = e1
u1 =
1
e
k f1 k 1
uk = f, k = 2, . . . , p
1
k fk k k
k−1 D
X E
fk = ek − ek , u j u j
j=1
16
Exemples 1.3.2
Proposition 1.3.2
Soit E un espace préhilbertien et (e1 , . . . , en ) une base orthonormale de E, alors pour tout
x, y ∈ E, on a :
X n
x= x, ei ei
i=1
n
X 2
kxk2 = x, ei
i=1
X n
x, y = x, ei y, ei
i=1
Définition 1.3.4
Une base Hilbertienne est une suite d’éléments de H tel que :
1 si i = j
(
— ∀i, j ∈ N : ei , e j = δi =
j
0 si i , j
M
— vect(en , n ∈ N) = H (i.e : Cen est dense dans H).
n∈N
17
Propriétés 1.3.2
∀i ∈ I : y, ei = x, ei =⇒ y = x.
3. Soit ei ∈ H, i ∈ I, alors : {ei , i ∈ I}⊥ = {0} =⇒ (ei )i∈I est une base de Hilbert.
Exemples 1.3.3
Considérons l’espace de Hilberet l2 . Rappelons que pour tout : n > 0 : en ∈ l2 , où en = (δnk )k>0 .
Alors (en )n>0 est une base Hilbertienne de l2 . En effet : il est clair que (en )n>0 est une famille
orthonormale dans l2 , soit x = (xn )n>0 ∈ l2 et soit ε > 0, alors il existe N > 0 tel que
+∞ N
+∞ 1/2
X X X
|xn | < ε . Soit y = xn en , alors y ∈ vect({en ; n > 0}) et on a ||x−y||2 = |xn | <
2 2 2
Preuve :
Soit (un )n>0 une suite dense de H. On peut extrait un système libre que l’on appelle (vn )n>0 . On
construit ensuite une base orthonormale à partir de (vn )n>0 , suivant le principe d’orthonorma-
lisation de Gram-Schmidt : on pose e0 = ||vv00 || , on remarque que v1 − v1 , e0 ⊥e0 . De plus le
sous-espace engendré par e0 et e1 coïncide avec celui engendré par v0 et v1 . On obtient e1 en
v1 − v1 ,e0 ⊥e0
posant e1 = . Supposons que e0 , · · · , en construits de sorte que ce soit un système
||v1 − v1 ,e0 ⊥e0 ||
orthonormal qui engendre le même sous-espace vectoriel que celui engendré par v0 , · · · , vn noté
v −PFn vn+1
Fn . On obtiendra en+1 en posant en+1 = ||vn+1
n+1 −PFn vn+1 ||
.
Par construction on pbtiendra une base orthonormale de H.
Soit H un espace de Hilbert et (ei )i∈I une famille orthonormale (base de Hilbert) de H, pour
tout x ∈ H on a : X 2
x, ei ≤ ||x||2 (1.5)
i∈I
Preuve :
18
Soit J une partie finie de I, alors on a :
X X X *X +
2
x, ei = x, ei x, ei = x, ei ei , x = x, ei ei , x
i∈J i∈J i∈J i∈J
D’après le Cauchy-Schwartz on a :
*X + X
x, ei ei , x 6 ||x|| x, ei ei
i∈J i∈J
19
CHAPITRE 2
POLYNÔMES ORTHOGONAUX
R[X] est l’algèbre des polynômes à coefficients réels, pour tout n ∈ N, Rn [X] est le sous-espace
vectoriel de R[X] formé des polynômes de degré de degré au plus égal à n. Un polynôme
P ∈ R[x] est identifié à la fonction polynômiale P : x ∈ R 7−→ P(X) ∈ R qu’il définit. Un
polynôme est dit unitaire s’il est non nul de coefficient dominant éqal à 1.
(X n )n∈N est la base canonique de l’espace vectoriel R[X] et pour n ∈ N : la famille X k est
06k6n
la base canonique de Rn [X].
Théorème 2.1.1
Tout système {Q0 , · · · , Qn , · · · } de polynômes dans lequel Qn est de degré exactement n est
linéairement indépendant.
De plus, tout polynôme de degré 6 n peut s’écrire de façon unique comme combinaison
linéaire des (Qn )n∈N .
20
Preuve :
La deuxième assertion entraine la première, puisque le polynôme nul 0R[X] ne ne peut s’écrire
que : 0Q0 + 0Q1 + · · ·
Supposons que la deuxième assertion est fausse, et soit n le premier indice pour lequel elle est
fausse.
On a n > 0 puisque toute constante (, 0) s’écrit : C.Q0 (X), C , 0.
Xn
Soit P(X) un polynôme arbitraire de degré 6 n, posons P(X) = ci X i , supposons que le
cn
i=0
n
coefficient de X dans Qn (X) soit bn . Comme deg P(X) − bn Qn (X) 6 n − 1 on peut l’exprimer
comme une combinaison linéaire des Q0 (X), · · · , Qn−1 (X), ce qui est contradiction.
Définition 2.1.1
n o
Si on orthogonalise le système 1, x, x2 , . . . , qui est indépendant par le théorème 2.1, on ob-
tient un système orthogonal de polynômes {P0 (x), P1 (x), P2 (x), . . .} uniquement déterminé par
les conditions :
a) Pn (x) est un polynôme de degré exact n dans lequel le coefficient de xn est kn > 0.
b) Pour tout n ∈ IN le système {P0 (x), . . . , Pn (x)} est orthonormal.
Théorème 2.1.2
Pour tout n entier naturel non nul, on a :
Preuve :
De Rn−1 [X] = vect P0 , · · · , Pn−1 est de l’orthogonalité de la base (Pk )k∈N de R[X],
on déduit que :
21
2.2 Propriétés générales des polynômes orthogonaux
Dans ce paragraphe on va étudier les propriétés des polynômes orthogonaux qui sont vérifiées
pour la distribution W(x)dx.
Les propriétés d’orthogonalité nous permettent d’obtenir des relations de récurrence sur les po-
lynômes orthogonaux.
et
1
P−1 = 0, P0 = qR
b
a
W(x)dx
avec ;
B−1 = 0, Bn = XPn , Pn+1 > 0
An = XPn , Pn ∀n ∈ N
Preuve :
Pour n = 0, le procédé d’orthonormalisation de Gram-Scmidt donne :
P0 = qR b 1 , Q1 = X − X, P0 W P0 = X − X, P20 W = X − A0
a
W(x)dx
Avec, ||Q1 ||2W =
Q1 , X W = P10 ||Q1 ||W XP0 , P1 W = P10 ||Q1 ||W B0
Donc : P1 = P0 X−A
B0
0
c-à-d : XP0 = B0 P1 + A0 P0 + B−1 P−1
Par convention : B−1 = 0 , P−1 = 0
On a pour n ∈ N∗ , XPn ∈ Rn+1 [X] = vect P0 , P1 , · · · , Pn+1 W
n+1
X
Donc : XPn = XPn , Pk W Pk , or : XPn , Pk W = Pn , XPk W = 0, pour tout 0 6 k 6 n − 1,
k=0
car : Pn ∈ Rn−1 [X]⊥ = vect Pk , k > n
Donc : XPn = XPn , P8n + 1 W Pn+1 + XPn , Pn W Pn + XPn , Pn−1 W Pn−1
Avec, Bn = XPn , P − n + 1 W > 0 et An = XPn , Pn W
22
Remarque 2.2.1
Preuve :
En effet, pour n ∈ N on a : a = a||Pn ||2 = a Pn , Pn W or aP2n (x) 6 xP2n (x) 6 bP2n (x) pour tout
x ∈ I =]a; b[ et que , W définie positive sur I
Alors : a = a||Pn ||2 6 An = XPn , Pn W 6 b||Pn ||2 = b
Le résultat qui suit nous donne des conditions pour que les coefficients An soient tous nuls.
Ces conditions sont réalisés dans le cas où la fonction de poid W est paire sur I =]a, b[.
Théorème 2.2.2
Les propriétés suivantes sont équivalences :
1. Pn (−X) = (−1)n Pn (X), pour tout n ∈ N.
2. An = 0 pour tout n ∈ N.
Preuve :
Supposons que Pn (−X) = (−1)n Pn (X), avec n ∈ N, on a :
Donc XPn (X) = Bn Pn+1 (X) − An Pn (X) + Bn−1 Pn−1 (X) = Bn Pn+1 (X) + An Pn (X) + Bn−1 Pn−1 (X). Par
suite 2An Pn = 0, ce qui implique An = 0 pour tout n ∈ N.
Réciproquement, supposons que An = 0 pour tout n ∈ N. On a P0 = qR b 1 est paire et
a
W(x)dx
P1 = q Rb
1
X est impair. Supposons que le résultat est vrai jusqu’a rang n ≥ 0, on a :
B0 a
W(x)dx
23
Théorème 2.2.3
Pour tous n ∈ N le polynôme Pn admet n racines réelles simples dans l’intervale I.
Preuve :
Soit n ∈ N∗ , si le polynôme Pn garde un signe constant sur I, on a alors Pn , P0 W , 0, ce qui
contredit l’orthogonalité de Pn et P0 , il existe donc au moins une racine X1 de Pn dans I, si X1 de
multiplicité p > 2, on peut alors écrire Pn (X) = (X − X1 )2 Rn−2 (X) avec Rn−2 (X) ∈ Rn−2 [X] \ {0}.
Ce qui entraîne que : 0 = Pn , Rn−2 W > 0.D’où toutes les racines de Pn dans I sont simples.
Notons ces racines X1 , · · · , X p , si p < n, on peut alors écrire Pn (X) = k=1
Qp
(X − Xk )Rn−p (X) avec
Rn−p ∈ Rn−p [X] \ {0} de signe constant sur I. On a Pn , k=1 (X − Xk ) W , 0, alors p = n, c-à-dire
Qp
que toutes les racines de Pn sont dans I.
Théorème 2.2.4
Pour tout n ∈ N, on a dans R[X, Y] l’égalité suivante :
Preuve :
Pour tout k ∈ N, on a :
XPk (X) = Bk Pk+1 (X) − Ak Pk (X) + Bk−1 Pk−1 (X).
Multiplions les deux membres de cette égalité par Pk (Y), il vient :
XPk (X)Pk (Y) = Bk Pk+1 (X)Pk (Y) + Ak Pk (X)Pk (Y) + Bk−1 Pk−1 (X)Pk (Y).
Ce qui peut aussi s’écrire en permutant les rôles de X et Y :
Y Pk (Y)Pk (X) = Bk Pk+1 (Y)Pk (X) + Ak Pk (Y)Pk (X) + Bk−1 Pk−1 (Y)Pk (X).
En faisant la différence des deux égalités obtenues, on obtient :
(X − Y)Pk (X)Pk (Y) = Bk (Pk+1 (X)Pk (Y) − Pk (X)Pk+1 (Y)) − Bk−1 (Pk (X)Pk−1 (Y) − Pk−1 (X)Pk (Y)) .
Puis la somme pour k allant de 0 à n donne :
Xn
(X − Y) Pk (X)Pk (Y) = Bn (Pn+1 (X)Pn (Y) − Pn (X)Pn+1 (Y)) − B−1 (P0 (X)P−1 (Y) − P−1 (X)P0 (Y))
k=0
= Bn (Pn+1 (X)Pn (Y) − Pn (X)Pn+1 (Y))
24
De la relation de Darboux-Christoffel, on peut déduire que pour tout entier n ∈ N∗ , les
racines du polynôme Pn+1 séparant celles de Pn .
Lemme 2.2.1
Pour tout entier entier naturel n et pour tout réel x, on a :
1
Pn (X)P0n+1 (X) − P0n (X)Pn+1 (X) = Kn (X, X)
Bn
Peuve :
Pour n ∈ N et x ∈ R fixés, on désigne par ϕn la fonction définie sur R par :
∀n ∈ N∗ et ∀k ∈ {1, . . . , n}, on a : λk,n+1 < λk,n < λk+1,n+1 , c-à-d : entre deux racines consécu-
tives de Pn+1 il y a une unique racine de Pn .
Preuve :
Le polynôme Pn+1 ayant n+1 racines réelles simples, on déduit du théorème des accroissements
finis que P0n+1 a n racines réelles ξ1,n+1 < ξ2,n+1 < . . . < ξn,n+1 .
Avec λk,n+1 < ξk,n+1 < λk+1,n+1 pour tout 1 6 k 6 n. Il en résulte que :
25
D’après le lemme (2.2.3) nous avons :
n
1 X 2
Pn (x)P0n+1 (x) − P0n (x)Pn+1 (x) = P (x) > 0.
Bn k=0 k
Donc si x est une racine de Pn+1 on trouve que : Pn (x)P0n+1 (x) > 0, c-à-d que Pn (x) et P0n+1 (x)
sont de même signe.
D’où on a : Pn λk,n+1 Pn λk+1,n+1 < 0, pour tout k ∈ {1, . . . , n}. Par suite le théorème des
valeurs intermédiaires nous dit que Pn a une racine dans ]λk,n+1 , λk+1,n+1 [.
Soit n un entier naturel, on considère la suite de fonction suivante : T n (x) = cos(n arccos(x)).
26
2.3.2 T n de degré n
Soit n, m ∈ N on a : Z π
cos(nx) cos(mx)dx = πδn,m
−π
On pose x = arccos(y)
Donc dx = √ 1 2 dy
1−y
D’où : Z π Z 1
1
cos(nx) cos(mx)dx = T n (y)T m (y) p dy;
−π −1 1 − y2
Avec W(y) = √ 1 ⇐⇒ W(x) = 1
|sin(x)|
la fonction de poid.
1−y2
27
Théorème 2.4.1
Soit (φn )n∈IN une famille d’applications de ]a, b[ dans R qui vérifie :
1. (φn )n est de classe C n sur ]a, b[
+
2. φ(k)
n (a ) = φn (b ) = 0 pour 0 ≤ k ≤ n − 1
(k) −
3. T n ≡ 1
φ(n)
Kn w n
est un polynôme de degré n.
Alors (T n )n∈IN est une suite orthogonale.
Preuve :
On prend une suite (φn )n∈N vérifiant 1), 2 ) et 3). Soit P un polynôme de degré ≤ n − 1. Alors :
Rb R b (n)
n b
= φ = φn (x)P(n) (x)dx = 0.
R
a
w(x)T n (x)P(x)dx a n (x)P(x)dx (−1) a
Dans la suite On suppose q’on dispose d’une famille de polynômes orthogonaux donnée par une
formulle de Rodriguez de la forme :
1 dn
Pn (x) = [W(x)X n ] .
Kn W(x) dxn
Où X est un polynôme en x de degré k.
Exemples 2.4.1
0
Prenons k = 0, alors X est une constante, par exemple 1, et WW est une fonction linéaire en x.
0
Par un changement de variable on peut se ramener à : WW = −2x.
Les polynômes issus de la formule de Rodriguez déterminée par :
X = 1 , W(x) = exp(−x2 ) , Kn
Théorème 2.4.2
Soit {Pn (x)}n∈N une suite de polynômes orthogonaux définie à l’aide d’une formule de Rodri-
guez, alors Pn (x) satisfait pour n > 0, une équation différentielle de la forme :
A(x)y00 + B(x)y0 + λn y = 0
Preuve :
28
D’une part la
formule de Liebniz nous dit (on pose D = d
dx
) :
Xn+1
D [XD (wX )] =
n+1 n k
Cn+1 X (k) Dn+1 [D (wX n )] , où X (0) = X
k=0
(n + 1)n 00 n
= XDn+2 (wX n ) + (n + 1)X 0 Dn+1 (wX n ) + X D (wX n )
2
car X (k) = 0 pour k ≥ 3
On utilise maintenant len fait que Dn (wX n ) = Kn wPn pour déduire que : o
Dn+1 [XD (wX n )] = Kn XD2 (wPn ) + (n + 1)X 0 D (wPn ) + (n+1)n 2
X 00 (wPn )
D’autre part : h i
Dn+1 [XD (wX n )] = Dn+1 X n+1 Dw + nX 0 X n w = Dn+1 X n XDw + nX 0 w
⇔
P0
XP00n + wn {2(wX)0 − wK1 P1 } + Pwn K1 P01 w + w0 P1 − w0 K1 P1 + w −n2+n X 00 − (n + 1)K1 P01 = 0
n 2 o
⇔
−n2 +n 00
n 0 0
o
XP00n + K1 P1 P0n + Pn K1 P01 + ww K1 P1 − ww K1 P1 + 2
X − (n + 1)K1 P01 = 0
⇔ n o
XP00n + K1 P1 P0n + Pn − n2 (n − 1)X 00 − nK1 P01 = 0
⇔ n h io
XP00n + K1 P1 P0n + Pn −n n−1 2
X 00
+ K P
1 1
0
=0
29
A(x) = X(x)
= K1 P1 (x)
B(x)
λn = −n n−1 X 00 + k1 K1 .
2
30
CHAPITRE 3
Selon les notions que nous avons présenté au deuxième chapitre, nous essayerons ici à expliquer
les propriétés de quelques polynômes orthogonaux classiques (Laguerre, Legendre, Hermite,
Tchybechev), comme l’orthogonalité, la parité, relation de récurrence,...
Les polynômes de Legendre constituent l’exemple le plus simple d’une suite de polômes ortho-
gonaux relativement à la fonction de poid W(x) = 1 sur [−1; 1].
En prenant P0 (x) = 1, le polynôme Pn (x) peut s’exprimer en utilisant la formule de Rodriguez :
1 dn
Pn (x) = [Un (x)] Un (x) = (x2 − 1)n
2n n! dxn
3.1.1 Parité
Le polynôme Un (x) = (x2 − 1)n est pair. Ce qui induit que Pn (x) qui est le polynôme dérivé n
fois de Un est un polynôme de même parité de n.
Pn (x) est de degré n, pour tout n ∈ N, et son coefficient dominant est 2(2n)! n (n!)2 .
C’est à dire :
(2n)! n
Pn (x) = n x + an−1 xn−1 + . . . + a0 ; (an−1 , . . . , a0 ) ∈ Rn
2 (n!)2
Preuve :
31
n
1) Pn (x) = dx
d
n [U n (x)] est la dérivée n-ième d’un polynôme de degré 2n, donc Ln est un poly-
nôme de degré n.
2) Le coefficient de plus haut degré Pn (x) s’obtient en dérivant n fois le terme de plus haut degré
dn
n (x ) =
(2n)! n
de (x2 − 1)n , c’est à dire que x2n . Or dx 2n
n!
x . Donc le coefficient dominant de
(2n)!
Pn (x) est 2n (n!)2 .
Preuve :
On sait que pour tout n > 0, Pn à la parité de n, donc Pn , xPn−1 et Pn−2 ont la parité n, alors Pn−1
a celle de n − 1. L’égalité (3.1) montre que bn Pn−1 est à la fois paire et impaire, donc bn Pn−1 = 0
puis bn = 0 car Pn−1 , 0.
La relation (3.1) donne une égalité entre les termes de plus haut degré de Pn et Pn−1 , si on note
αn le coefficient du terme le plus haut degré dans Pn . On obtient : αn = an αn−1 .
Or pour tout n ∈ N, on a αn = 2(2n)!
n (n!)2 .
αn
On en déduit que an = αn−1 = 2n−1 n
, ∀n > 2. On sait que Pn (1) = 1, pour tout n ∈ N, l’égalité
(3.1) en x = 1 donne alors ∀n > 2 (an + bn ) + cn = 1.
Ainsi pour tout n > 2, cn = 1 − an = 1−n n
.
Finalement on obtient ∀n‘ > 2 nPn = (2n − 1)xPn−1 − (n − 1)Pn−2 .
Cette relation permet de calculer P2 , P3 , . . ..
3.1.4 Orthogonalité
La famille des polynômes de Legendre est orthogonal relativement à la fonction de poid W(x) =
1 sur [−1; 1].
Pour tout entier n, m, on a : Z 1
2
Pn (x)Pm (x)dx = δmn
−1 2n + 1
32
3.1.5 Equation différentielle
Preuve :
On a :
Un0 (x) = 2nx(x2 − 1)n−1
Après la multiplication par (x2 − 1) on obtient :
dn+1 dn
!
= 2n x n+1 (Un (x)) + (n + 1) n (Un (x))
dx dx
C’est à dire :
!00 !0
dn dn dn
2
(x − 1) (U n (x)) + 2x (U n (x)) − n(n + 1) (Un (x)) = 0
dxn dxn dxn
1
Après la multiplication pat n!2n
on trouve :
On sait que ∀n > 2, nPn (x) = (2n − 1)xPn−1 (x) − (n − 1)Pn−2 (x)
Si x = 0, on obtient : nPn (0) = −(n − 1)Pn−2 (0)
C’ést-à-dire : (n + 1)Pn+1 (0) = −nPn−1 (0)
2n + 1
On en déduit pour tout entier n : P2n+2 (0) = − P2n (0)
2n + 2
Puis par récurrence :
1 × 3 × . . . × (2n − 1)
P2n (0) = (−1)n
2 × 4 × . . . × (2n)
33
Figure 3.1 – Graphes des premiers polynômes de Legendre P0 ,P1 ,P2 ,P3 ,P4 ,P5 .
Le polynôme d’Hermite nomé ainsi en l’honneur de Charles Hermite (bien qu’ils aient surtout
étudié par Joseph-Louis Lagrang lors de ses travaux sur les probabilités).
Les polynômes d’Hermite constituent une suite de polynômes orthogonaux relativement à la
fonction poid W(x) = e−x .
2
Preuve :
On a :
dn+1 −x2 dn −x2 dn −x2 dn−1 −x2
e = n (−2xe ) = −2x n e − 2n n−1 e
dxn+1 dx dx dx
34
Après, on multiplié par le facteur gaussien ce qui donne :
Exemples 3.2.1
3.2.3 Parité de Hn
2
Puisque la dérivée n-ième de e−x est ni paire ni impaire, alors le polynôme d’Hermite ni pair ni
impaire.
3.2.4 Orthogonalité
Le polynôme Hn est de degré n. Ces Polynômes sont orthogonaux par rapport à la fonction de
poid W(x) = e−x sur R.
2
Preuve :
En effet, soit n, m ∈ N, telles que n > m, on a :
Z +∞ Z +∞
Hn , Hm W = Hn (x)Hm (x)W(x)dx = (−1)n
Hm (x)W (n) (x)dx
−∞ −∞
35
En répétant le processus (m − 1) fois, on obtient :
Z +∞
Hn , Hm W = (−1) n+m
Hm(m) (x)W (n−m) (x)dx
−∞
Si n > m, par une autre intégration par partie : Hm(m+1) (x) = 0 car Hm(m) (x) = m!, donc Hn , Hm W =
0, d’oû l’orthogonalité de√Hn (x) et Hm (x) par rapport à la fonction de poid W(x) = e−x sur R.
2
Si n = m : ||Hm ||2W = 2n n! π.
Il est possible de définir les polynômes d’Hermite par une équation différentielle pour tout entier
n, où Hn est une solution d’équation différentielle :
Preuve :
Pour n > 1, on sait que
Hn+1 (x) − 2xHn (x) + 2nHn−1 (x) = 0
D’autr part, on a :
2nHn−1 (x) = Hn0 (x) (Admis)
Alors :
Hn+1 (x) − 2xHn (x) + Hn0 (x) = 0
Par la dérivation par rapport à x, on obtient :
00
Hn+1 (x) − 2xHn0 (x) − 2Hn (x) + Hn00 (x) = 0
Alors :
Hn00 (x) − 2xHn0 (x) + 2nHn (x) = 0 ∀x ∈ R
36
Figure 3.2 – Graphes des premiers polynômes d’Hermite H0 ,H1 ,H2 ,H3 ,H4 ,H5 .
Un polynôme de Tchebychev est un terme de l’une des deux suites de polynômes orthogonaux
particulières reliées à la formule de Moivre. Les polynômes de Tchebychev sont nommés en
l’honneur du mathématicien russe Pafnouti Lvovitch Tchebychev.
Il existe deux suites de polynômes de Tchebychev, l’une nommés, polynômes de Tchebychev
de première espèce notés T n , et l’autre nommés, polynômes de Tchebychev de seconde espèce
notés Un .
Chacune est une suite de polynômes orthogonaux relativement à la fonction de poid W(x) =
(1 − x2 )−1/2 sur I = [−1; 1], et définie par :
et
1
Un (x) = T 0 (x)
n + 1 n+1
37
2. xUn (x) = 12 Un+1 (x) + 21 Un−1 (x)
Preuve :
1. Pour tout réel x dans [−1; 1], on pose x = cos(θ) avec θ ∈ [0; π]
Preuve :
1. Montrons par récurrence que pour tout n ∈ N∗ : deg(T n (x)) = n.
Le résultat est vrai pour n = 1 et n = 2.
Soit n > 1, supposons que : deg(T n (x)) = n et deg(T n+1 (x)) = n + 1
Alors : deg(T n+2 (x)) = deg(2xT n+1 − T n (x)) = deg(xT n+1 (x)) = 1 + n + 1 = n + 2
Pour la parité on a pour tout x ∈ [−1; 1] :
arccos(−x) = π − arccos(x)
38
C’est-à-dire :
Preuve :
On a dom(T 1 (x)) = 1 = 21−1 et dom(T 2 (x)) = 2 = 22−1 , le résultat est donc vrai pour n = 1 et
n=2
Soit n > 1, supposons que : dom(T n (x)) = 2n−1 et dom(T n+1 (x)) = 2n
Alors : dom(T n+2 (x)) = dom(2xT n+1 (x)) = 2 × 2n = 2n+1
Le résultat est démontré par récurrence : T 0 (x) = 1 et ∀n ∈ N∗ , dom(T n (x)) = 2n−1
3.3.4 Racines de T n
π π
On a T n (x) = 0 ⇐⇒ cos(nθ) = 0 ⇐⇒ nθ = (2k + 1) ⇐⇒ θ = (2k + 1)
2 2n
C’est-à-dire : π
x = cos (2k + 1) , ∀n ∈ N∗ et k = 0, 1, . . . , n − 1
2n
Donc, les racines de T n sont :
π
xn,k = cos (2k + 1) , ∀n ∈ N∗ et k = 0, 1, . . . , n − 1
2n
Preuve :
1. Dérivons deux fois la relation cos(nθ) = T n (cos(θ)), il vient :
39
3.3.6 Orthogonalité
Proposition 3.3.1
Preuve :
Z π de variable x = cos(θ),
Le changement Z π ou plutôt θ = arccos(x), ramène aussitôt au calcul des
intégrales cos(nθ) cos(mθ)dθ, et sin(nθ) sin(mθ)dθ.
0 0
On a ∀n ∈ N :
π
=cos (2n + 1) arccos(0) = cos (2n + 1)(2k + 1) , où k ∈ Z
T 2n+1 (0)
2
π π
= cos (4nk + 2k + 2n + 1) = cos (2k + 1) = 0, où k = 2nk + k + n ∈ Z
0 0
2 2
π
= cos 2n arccos(0) = cos 2n(2k + 1) , où k ∈ Z
T 2n (0)
2
π
= cos (4nk + 2n) = cos(k π) = (−1)n , où k = 2nk + n ∈ Z
0 0
2
De plus le polynôme de Tchebychev T n vérifient :
T n (1) = cos(2nkπ) = 1, où k ∈ Z
40
Représentation des graphes des polynômes de Tchebychev de première espèce T k , pour
k = 0, 1, 2, 3, 4, 5
En mathématiques, Les polynômes de Laguerre sont des suites des polynômes orthogonaux qui
sont les solutions d’une certaine équation différentielle, appelé équation de Laguerre, d’après le
mathématicien français ”Edmond Laguerre”.
Considérons l’espace L2 ((0, ∞), e−x dx) des (classes de) fonctions de carrées sommables pour la
fonction de poid ω(x) = e−x
Le procédé d’orthogonalisation de Gram-Schmidt appliqué à famille {1, x, . . . , xn , . . .} fournit
une base orthogonale formée de polynômes L̃n , avec deg(L̃n ) = n. Les calculs dans ce cas sont
particulièrement
R∞ simples et utilisent l’égalité suivante :
0
x e dx = n!
n −x
Ce qui est convenu d’appeler polynômes de Laguerre sont obtenus à partir des L̃n par la relation :
Les polynômes de Laguerre forment donc une base orthogonale de l’espace L2 ((0, ∞), e−x dx) .
41
3.4.1 Fonction génératrice
Définition 3.4.1
Soit une fonction G(x, t) développable en série entiére de t dans un certain domaine D :
∞
X
G(x, t) = φn (x)tn .
n=0
On dit que G(x, t) est la fonction génératrice des fonctions φn (x). Si les fonctions φn (x) sont
des polyômes Pn (x) de degré n on a alors :
∞
X
G(x, t) = Pn (x)tn .
n=0
Théorème 3.4.1
Les polynômes de Laguerre Ln (x) admettent la fonction génératrice suivante :
−xt
exp 1−t
ω(x, t) =
1−t
c’est-à-dire ∞
X
ω(x, t) = Ln (x)tn .
n=0
42
Preuve :
En utilisant le Développement de Taylor, on aura :
−xt ∞ !r
exp 1−t 1 X (−1)r xr tr 1
=
1−t 1 − t r=0 r! 1−t
donc
−xt ∞ !r+1
exp 1−t
X (−1)r xr tr 1
=
1−t r=0
r! 1−t
!r+1 ∞
1 1 (r + 1)t (r + 1)(r + 2)t2 (r + 1)(r + 2)(r + 3)t3 X (r + s)!
= + + + ··· = ts
1−t 0! 1! 2! i! s=0
r!s!
alors
−xt ∞ ∞
exp 1−t
X (−1)r xr tr X (r + s)!t s
=
1−t r=0
r! s=0
r!s!
on pose n = r + s ⇒ s = n − r et r = n − s
−xt ∞ X
n
exp 1−t X (−1) r
n!x r
=
n
2
t
1−t (r!) (n − r!)
n=0 r=0
∞
X
= Ln (x)tn .
n=0
d’òu le resultat.
Preuve :
Désignons par G(x, t) la fonction génératrice des polynômes de Laguerre :
−xt/(1−t)
G(x, t) = e 1−t
On vérifie facilement que (1 − t)2G0t = (1 − t − x)G, ce qui donne :
∞
X ∞
X
1 − 2t + t2 nLn (x)tn−1 = (1 − t − x) Ln (x)tn
n=0 n=0
43
3.4.3 Equation différentielle
Preuve :
En effet, P(x) = xLn00 (x) + (1 − x)Ln0 (x) étant un polynôme de degré n, il s’écrit sous la forme :
n
X
P(x) = ck Lk (x), où ck = hP, Lk i
k=0
Pour calculer les coefficients ck , on note que P(x) = e x xe−x Ln0 0 , et une intégration par parties
donne : Z ∞
ck = − Lk0 (x)Ln0 (x)xe−x dx
0
Figure 3.4 – Graphes des premiers polynômes de Laguerre L0 ,L1 ,L2 ,L3 ,L4 ,L5 .
44
3.5 Tableau des polynômes orthogonaux classiques
Hermite,
Hn ] − ∞; +∞[ e−x
2
Hn+1 = 2xHn − 2Hn−1 Hn00 − 2xHn0 + 2nHn = 0
forme pysique
Laguerre,
Ln [0; +∞[ e−x (n + 1)Ln+1 − (2n + 1)Ln + nLn−1 = xLn xLn00 + (1 − x)Ln0 + nLn = 0
45
CHAPITRE 4
Les polynômes orthogonaux est un outil fondamentale pour la résolution de plusieurs problèmes
d’analyse théoriques ou pratiques dans ce chapitre nous avons utilisé les polynômes orthogonaux
de Legendre , Tchebychev et Hermite dans quelques applications comme l’approximations au
sens de moindres carrés, calcul d’intégration numérique.
Définition 4.1.1
Soit V un espace vectoriel muni d’une norme ||.||, on considère un sous-espace U ⊂ V de
dimension finie. On dit que fn ∈ U réalise la meilleure approximation de f si :
|| fn − f || = min ||u − f ||
u∈U
Théorème 4.1.1
La meilleure approximation de f par un polynôme de degré au plus égal à n est réalisé par la
choix des points d’interpolation suivant :
b+a b−a
xi = + ξi avec i ∈ {0, . . . , n}
2 2
Où ξi sont les racines du polynôme de Tchebychev de degré n + 1 à savoir :
(2i + 1)π
!
ξi = cos i ∈ {0, . . . , n}
2(n + 1)
46
Théorème 4.1.2
T n (x)
Le polynôme de Tchebychev T n∗ (x) = n−1 de degré inferieur ou égale n représente la
2
meilleur approximation de la fonction nulle sur [0; 1].
Preuve :
On a ||T n∗ (x) − 0|| = minRn ∈(Pn )n∈N ||Rn − 0||
Donc :
T n (x) 1 1
||T n∗ (x)|| = min ||Rn || = n−1
= n−1 ||T n (x)|| = n−1
Rn ∈(Pn )n∈N 2 2 2
Car ||T n (x)|| = max x∈[0;1] |T n (x)| = 1
Par l’absurde, supposons que T n (x) n’est pas la meilleur approximation de la fonction nulle sur
[0; 1].
Alors, on peut trouver un polynôme Rn ∈ (Pn )n∈N tel que ||Rn || 6 ||T n∗ (x)||
Donc ||T n∗ (x)|| , maxRn ∈(Pn )n∈N ||Rn (x)||, posons Q = T n∗ − Rn
Q est un polynôme de degré inférieur ou égal à n − 1, on considère les points x0 , x1 , . . . , xn , on a
T n prend les valeurs : −1, +1, . . .
1 1
C’est à dire T n∗ prend les valeurs : − n−1 , + n−1 , . . .
2 2
Donc
Q(x) = T n∗ (x) − Rn (x)
−1
Q(x0 ) = − Rn (x0 )
2n−1
1
Q(xn ) = n−1 − Rn (xn )
2
Mais ||Rn || 6 ||T n (x)||, alors Q(x1 ) < 0, Q(x2 ), . . .
∗
Alors, le polynôme Q admet n racines, c’est une contradiction car Q est de degré n − 1.
Si
R b (ψn ) est une base de polynômes orthogonaux pour la fonction de poids w(x), on a :
a
ψn (x)ψm (x)w(x)dx = 0, si n , m.
47
n
Y n+1
X
Développons sur cette base le produit (x − xi ) = ai ψi (x).
i=0 i=0
Si f est une polynome de degré (2n + 1), notons :
n
f (n+1) (x) X
Qn (x) = = bi ψn (x)
(n + 1)! i=0
D’où en intégrant :
Z b n
Z bX Z b
f (x)w(x)dx = Li (x) f (xi )w(x)dx + Rn (x)w(x)dx + ε
a a i=0 a
En choisissant les points (xi ) de la subdivision comme les (n + 1) racines du polynôme de degré
n + 1.
On impose ai = 0 pour i = 0, 1, . . . , n et an+1 , 0, c’est –à-dire :
n
Y n+1
X
(x − xi ) = ai ψi (x) = an+1 ψn+1 (x)
i=0 i=0
D’où : Z b
Rn (x)w(x)dx = 0
a
Par conséquent,
Rb la méthode de Gauss appliquée R b à la fonction f conduit à une approximation de
la forme a f (x)w(x)dx + ε, avec : wi = a Li (x)w(x)dx.
L’erreur est de la forme ε = εn f (2n+1) (c), où εn dépend du choix des polynômes orthogonaux (ψn ).
48
1 !
x − xj
Z Y
Où les nombres wi sont donnés par : wi = dx Où les xi sont les racines des
−1 06 j6n xi − x j
polynômes de Legendre Pn+1 .
22n+3 [(n + 1)!]4
L’erreur s’exprime ε = f (2n+3) (c), avec c ∈ [−1; 1]
(2n + 3)[(2n + 2)!]3
Exemples 4.2.1
On sait que les polynômes de Tchebychev forme une base orthogonale sur [−1; 1] par rapport à
1
la fonction de poid w(x) = √ .
1 − x2
π
Les valeurs wi ont, dans ce cas, une expression analytique générale wi = , les polynômes
n+1
de Tchebychev permettent de calculer une approximation de l’intégrale :
Z 1 n
1 X
f (x) √ dx ' wi f (xi )
−1 1 − x2 i=1
49
Exemples 4.2.2
1
Pour n = 1, le polynôme du second degré T 2 (x) = 2x2 − 1 admet deux racines x0 = √ et
2
−1 π
x1 = √ , les valeurs w0 = w1 = conduisent à l’approximation :
2 2
1
π
Z ! !!
1 −1 1
f (x) √ dx ' f √ +f √
−1 1 − x2 2 2 2
Les polynômes d’Hermite forment une base orthogonale sur l’intervalle ] − ∞; +∞[ par rapport
à la fonction de poid w(x) = e−x permettent de calculer une approximation de l’intégrale :
2
Z 1 n
X
−x2
f (x)e dx ' wi f (xi )
−1 i=1
Exemples 4.2.3
1
Pour n = 1, le polynôme d’Hermite d’ordre H2 (x) = 4x2 − 2 admet deux racines x0 = √ et
2
−1 π
x1 = √ , les valeurs w0 = w1 = , conduisent à l’approximation suivante :
2 2
√
1
π
Z ! !!
−x2 −1 1
e dx ' f √ +f √
−1 2 2 2
50
4.3 Approximation au sens des Moindres carrés
Théorème 4.3.1
Soit f ∈ C([a; b]), il existe un polynôme P∗ de degré au plus égal à n qui réalise un minimum
global de la quantité :
Z b
E(P) = || f − P|| = f − P, f − P =
2
( f (x) − P(x))2 w(x)dx
a
Exemple
On utilise le dernier théorème pour calculer l’approximation de l’exponentielle au sens des
moindres carrées. R1
Recherchons le polynôme P de degré inférieur ou égal à 3 qui minimise −1 (e x − P(x))2 dx.
Utilisons pour cela la base de polynôme de Legendre :
! !
3 2 1 5 3 3
L0 (x) = 1, L1 (x) = x, L2 (x) = x − , L3 (x) = x − x
2 3 2 5
CalculonsRalors :
1
f, L0 = −1 e x dx = e1 − e−1
R1
f, L1 = −1 xe x dx = 2e−1
!
R1 3 1
f, L2 = −1 x2 − e x dx = e1 − 7e−1
2 3 !
R1 5 3
f, L3 = −1 x3 − x e x dx = −5e1 + 37e−1
2 5
2
On a : Ln , Ln =
2n + 1
Donc :
2
L0 , L0 = =2
2×0+1
2 2
L1 , L1 = =
2×1+1 3
2 2
L2 , L2 = =
2×2+1 5
2 2
L3 , L3 = =
2×3+1 7
Donc, l’expression du polynôme de degré inférieur ou égal à 3 qui est la meilleur approximation
au sens des moindres carrés de e x est :
f, L0 f, L1 f, L2 f, L3
P∗ (x) = L0 (x) + L1 (x) + L2 (x) + L3 (x)
L0 , L0 L1 , L1 L2 , L2 L3 , L3
51
e1 − e−1
! !
15 h 1 i 1 35 3
= + 3e x +
1
e − 7e −1 2
x − + −5e + 37e
1 −1 3
x − x
2 4 2 4 5
−11e1 + 101e−1 105e1 − 765e−1 15e1 − 105e−1 2 −175e1 + 1295e−1 3
! ! ! !
= + x+ x + x
8 4 4 4
52
BIBLIOGRAPHIE
53