Introduction
Comme vous le savez, ou pas, il existe différentes espèces du genre Homo :
l’Homo habilis, l’Homo erectus, l’Homo néandertalensis, l’Homo dénisova et enfin l’Homo
sapiens. Les populations ancestrales de néandertaliens et de dénisoviens vivaient en
Europe et en Asie depuis plusieurs centaines de milliers d’années avant l’arrivée des
humains modernes d’origine africaine. La carte présente les vagues de migration d‘Homo
sapiens traversant des territoires occupés par des néandertaliens ou des dénisoviens. Les
néandertaliens et dénisoviens, sortis d’Afrique depuis plusieurs centaines de milliers
d’années avant les sapiens, devaient donc être adaptés à leurs nouveaux milieux de vie. Ils
possédaient des allèles sélectionnés pour les avantages qu’ils apportent à la survie dans ces
nouvelles conditions environnementales. Les scientifiques émettent comme hypothèse,
qu’au cours des migrations de sapiens, des hybridations ont pu avoir lieu entre Homo
sapiens et les dénisoviens ou les néandertaliens déjà présent sur place. Une hybridation, en
biologie, est le croisement entre deux variétés, deux races d’une même espèce ou encore
entre deux espèces différentes. Ces hybridations ont pu apporter des allèles dénisoviens ou
néandertaliens sélectionnés pour les avantages qu’ils apportent à la survie dans ces
conditions environnementales.
Nous nous demanderons comment une hybridation entre dénisoviens et Homo sapiens du
Tibet ont un maintien de cet allèle dans la population tibétaine.
Nous avons procédé à une étude de l’ADN retrouvé sur des individus fossiles comparée à
notre ADN, afin de répondre à nos questions.
Expliquer la Ressource 2
Le phénotype dépend du patrimoine génétique et de son expression. L’activité des gènes de
la cellule est régulée sous l’influence de facteurs internes à l’organisme et externes
répondant aux conditions de l’environnement. Certaines variations génétiques résultent
comme la résistance à la haute altitude.
Les conditions environnementales montrent l’absence de symptômes du mal chronique des
montagnes chez les Tibétains qui vivent sur le plateau tibétain à 4000m d’altitude
contrairement aux Hans qui sont des Chinois originaires du bord de mer.
Les Tibétains ne présentent pas ces symptômes car leur teneur en hémoglobine est faible en
comparaison à celles des Chinois. Grâce à cette faible concentration en hémoglobine,
l’augmentation de la viscosité sanguine induite par la vie en altitude, reste modéré et ne
provoque donc pas de troubles vasculaires à l’origine du mal chronique des montagnes. On
peut expliquer que la région du génome correspondant au gène EPAS1 est de 87% de la
population tibétaine par le fait que ces derniers possèdent majoritairement de l’Allèle G donc
par déduction, l’autre allèle C est de 13% avec un nombre d’hématies et concentration
d’hémoglobine les plus faibles, traits caractéristiques de l’adaptation à l’altitude des
Tibétains.
On constate que les différences avec les deux autres génotypes ne sont pas très
importantes, mais cela confirme le rôle joué par EPAS1 chez les Tibétains et que les Hans
n’ont pas d’allèle G dans leur génome.
Compte tenu de toutes les informations données précédemment, l’allèle G du gène
EPAS1 est retrouvé chez Denisovien et chez les tibétains mais pas dans les autres
populations humaines et ce n’est pas l’allèle ancestral. Ceci est un argument en faveur
d’une hybridation entre dénisovien et homo sapiens au Tibet, qui a permis la
transmission de cet allèle dans la population humaine et conservé au Tibet car il
confère un avantage évolutif en haute altitude. Ainsi les hybridations avec les
populations archaïques ont enrichi les génomes des hommes modernes migrants
hors d’Afrique en apportant des allèles favorables à leur survie dans ce nouvel
environnement.