1ère partie : Etude des méthodes
Chapitre 2
La démarche d’une étude de méthodes
I- Le choix de la tâche
Le choix peut se baser sur les critères suivants :
- les facteurs économiques : choisir la tâche ou le processus qui a le plus d’impact sur les
coûts ou sur le profit ou encore qui présente un % de déchet élevé (utiliser la loi de Pareto),
Les opérations comportant des travaux répétés, faisant appel à une main-d'œuvre
nombreuse et finalement Les déplacements de matières sur de longues distances entre
postes de travail, ceux exigeant une main-d’œuvre importante ou s'accompagnant de
manutentions répétées.
Exempe : analyse de pareto selon la contribution au profit
Article Production Profit par unité Profit total
annuelle
1 7000 0,6 4200
2 1200 4 4800
3 1600 3 4800
4 800 40 32000
5 3200 0,05 160
6 7200 0,5 3600
7 4000 0,25 1000
8 2400 1 2400
9 1400 20 28000
10 4000 0,9 3600
11 1800 6 10800
12 2000 3 6000
13 6000 0,6 3600
14 1600 8 12800
15 1600 3 4800
16 5000 0,8 4000
1
17 1200 50 60000
18 8000 0,5 4000
19 1200 5 6000
20 5000 0,4 2000
3 produit A 60% (120 000) 7 produits B 25% (50000) 10 produits C 15% (30000)
- les facteurs techniques : on peut choisir une tâche à étudier si elle va faire l’objet d’une
modernisation
- les facteurs humains : on peut choisir les tâches qui sont les plus fatigantes, monotones,
dangereuses....
II- Enregistrement
Le succès de l'étude dépend du soin apporté à l'enregistrement des données, car les faits
relevés serviront de base à l'analyse critique du travail et à la mise au point de la méthode
améliorée. Il est donc essentiel que l'enregistrement soit clair, bref et précis.
Les techniques d'enregistrement les plus couramment utilisées sont les graphiques et les
diagrammes. C’est plus pratique comme moyen d’enregistrement grâce aux symboles utilisés
universellement.
1- les types de graphiques et diagrammes
On ne peut pas enregistrer toutes les informations sur un seul document au risque de ne
pas respecter les contraintes de clarté et de précision. Ainsi, plusieurs graphiques et
diagrammes sont utilisés.
Les graphiques sont de deux types :
- Sans échelle de temps : sont utilisés pour enregistrer la séquence d'un processus, c'est-
à-dire une série d'événements dans l'ordre où ils se produisent, sans toutefois
représenter les événements à l'échelle. Exemple : Graphique d'analyse de processus,
Graphique de déroulement-exécutant, Graphique de déroulement matière, Graphique
de déroulement-matériel, Graphique des mouvements simultanés des deux mains,
Graphique de circuit administratif
- Avec échelle de temps : ils enregistrent les événements, également dans une séquence,
mais en utilisant une échelle des temps, de telle sorte qu'on puisse étudier plus
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facilement l'influence réciproque des événements liés entre eux. Exemple : Graphique
d'activités multiples, Simogramme
Les diagrammes ; quant à eux ; indiquent les mouvements. Ils complètent les graphiques
mais ne les remplacent pas. Exemple : Diagramme de circulation, Diagramme à ficelles,
Cyclographe, Chronocyclographe, Graphique de cheminement.
2- les symboles d’un graphique d’analyse de processus
Les deux principales activités d'un processus sont l'opération et le contrôle, qui sont
représentés par les symboles suivants :
Indique les étapes principales d'un processus, d'une méthode
ou d'un circuit administratif. En général, la pièce, la matière
OPERATION ou le produit en cause est modifié ou changé au cours de
l'opération. Une opération fait toujours avancer la matière, la
pièce ou le service vers son achèvement.
Indique le contrôle de la qualité et/ou la vérification de la
CONTROLE
quantité
Désigne le déplacement des ouvriers, des matières ou du
TRANSPORT matériel d'un endroit à un autre. Sauf si ce déplacement fait
partie d'une opération ou est effectué par un travailleur, à son
poste de travail, au cours d'une opération ou d'un contrôle.
STOCKAGE Désigne un retard dans une suite d’événements : par exemple,
temporaire ou l'attente de travail entre des opérations consécutives ou le fait
qu'un objet est mis temporairement de côté sans
en attente enregistrement en attendant que quelqu'un en ait besoin.
Désigne un magasinage contrôlé où une autorisation est
MAGASINAG
requise pour que la matière puisse entrer au magasin ou en
E permanent sortie ; ou bien où un article est conservé aux fins de
référence
3- Utilisation des graphiques
Une étude d’un processus ou une activité commence généralement par une analyse qui
s’appuie dans un premier temps sur le graphique d’analyse de processus. Puis dans un
deuxième temps, on approfondie l’analyse par le recours au diagramme du déroulement
exécutant/matière/matériel.
3-1- Le graphique d’analyse de processus
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Un graphique d'analyse de processus est un graphique d'analyse qui donne une vue
d'ensemble en indiquant seulement la suite des principales opérations et des principaux
contrôles.
Ce graphique nous indique l’ordre dans lequel sont exécutées les opérations ainsi que leurs
durées. Les opérations et les contrôles sont représentés par leurs symboles respectifs appuyés
par un bref détail de la nature de l’opération.
L’objectif de ce graphique est d’aider le responsable de l’étude à :
- Repérer et éliminer les opérations inutiles
- Combiner les opérations qui peuvent être effectuées en même temps.
Quelques règles doivent être respectées pour faciliter la lecture de ce graphique telles que :
- Règle 1 : on commence généralement par une ligne verticale partant du coin supérieur
droit de la page et qui montre, de haut en bas, les diverses opérations et contrôles subis
par l'organe (ou le composant) principal de la pièce assemblée.
- Règle 2 : les opérations subies par la première pièce qui sera assemblée sur l’organe
principal sont représentées sur la deuxième ligne verticale à gauche. Et ainsi de suite
pour les autres pièces.
- Règle 3 : On voit que les opérations et les contrôles sont numérotés à partir de 1. La
numérotation est continue d'une pièce à la suivante, en partant toujours de la droite
jusqu'au point où la deuxième pièce est assemblée sur la première. La suite des
chiffres passe alors à la pièce suivante (indiquée immédiatement à gauche) et elle
continue jusqu'au montage de cette pièce sur la première, puis la numérotation se
poursuit sur la pièce suivante jusqu'à son assemblage, et ainsi de suite de pièce en
pièce et de droite à gauche dans l'ordre d'assemblage des pièces sur la principale.
- Règle 4 : Le montage d'une pièce sur la pièce principale est indiqué par une ligne
horizontale partant de la ligne verticale de la pièce à assembler et aboutissant au point
où le montage s'effectue sur la ligne principale.
Exemple : Assemblage d’un commutateur rotatif
Ce commutateur est composé de trois parties : 1) un axe, 2) un corps en plastique moulé et 3)
une goupille d’arrêt
La fabrication de l'axe (à partir d'une barre d'acier de 10 mm de diamètre) donne lieu aux
opérations et contrôles suivants :
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Opération 1 Rectifier, tourner, découper et sectionner sur tour revolver (0,025 h).
Opération 2 Rectifier l'autre extrémité sur la même machine (0,010 h).
Après cette opération, la pièce est envoyée au contrôle pour :
Contrôle 1 Contrôle des dimensions et de la finition (pas de temps fixé).
Du contrôle, la pièce est envoyée à l'atelier de fraisage.
Opération 3 : Fraiser quatre méplats sur fraiseuse horizontale (0,070 h).
La pièce est envoyée à l'ébarbage.
Opération 4 : Enlever les bavures à l'ébarbeuse (0,020 h).
La pièce est renvoyée au contrôle pour :
Contrôle 2 : Contrôle final de l'usinage (pas de temps fixé).
La pièce est ensuite envoyée à l'atelier de traitement de surface pour :
Opération 5 : Dégraissage (0,0015 h).
Opération 6 : Cadmiage (0,008 h).
De l'atelier de cadmiage, la pièce retourne au contrôle pour :
Contrôle 3 : Contrôle final (pas de temps fixé).
Le moulage en matière plastique est fourni percé d'un trou centré sur l'axe longitudinal.
Opération 7 : Rectifier les deux côtés, forer et aléser au diamètre voulu sur tour revolver
(0,080 h).
Opération 8 : Percer le trou vertical (pour la goupille) et ébavurer sur foreuse à deux axes
(0,022 h).
La pièce est envoyée de l'atelier de forage au contrôle pour :
Contrôle 4 : Vérification finale des dimensions et de la finition (pas de temps fixé). De là, la
pièce est envoyée au magasin des pièces détachées finies en attendant son montage.
Opération 9 : Monter le moulage sur le bout étroit de l'axe et achever le forage du trou de la
goupille en traversant complètement le moulage (0,020 h).
Cette opération effectuée, le montage peut recevoir la goupille d'arrêt, fabriquée comme suit,
à partir d'une tige d'acier de 5 mm de diamètre.
Opération 10 : Tourner un tenon de 2 mm de diamètre, chanfreiner l'extrémité et sectionner
sur tour revolver (0,025 h).
Opération 11 : Enlever les bavures sur une finisseuse (0,005 h).
La pièce est envoyée au contrôle.
Contrôle 5 : Contrôler les dimensions et la finition (pas de temps fixé).
La pièce est envoyée à l'atelier de traitement de surface pour :
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Opération 12 : Dégraissage (0,0015 h).
Opération 13 : Cadmiage (0,006 h).La pièce est envoyée au contrôle pour :
Contrôle 6 : Contrôle final (pas de temps fixé).
Elle est ensuite envoyée au magasin des pièces détachées finies, d'où elle est plus tard retirée
pour :
Opération 14 : Montage de la goupille sur la pièce, où elle est légèrement rivée pour la
maintenir en place (0,045 h).
Contrôle 7 : La pièce achevée subit un contrôle final (pas de temps fixé).
Elle est renvoyée au magasin des pièces finies.
3-2 Le graphique de déroulement
Une fois obtenue la vue d'ensemble du processus, on peut en approfondir l'analyse. L'étape
suivante consiste pour cela à dresser un graphique de déroulement.
Définition : Un graphique de déroulement est un graphique d'analyse indiquant dans l'ordre
les étapes du circuit effectué par un produit ou un procédé, toutes les activités en question
étant enregistrées à l'aide de symboles appropriés. On distingue trois types de graphiques :
- Graphique de déroulement-exécutant : graphique de déroulement qui enregistre ce que fait le
travailleur.
- Graphique de déroulement-matière : graphique de déroulement qui enregistre comment la
matière est manutentionnée ou transformée.
- Graphique de déroulement-matériel : graphique de déroulement qui enregistre comment le
matériel est utilisé.
Quelques informations à propos de ce graphique :
Symboles utilisés Opération, contrôle, transport, attente, stockage
Nature du document Un imprimé unique pour les trois types de
graphiques
Nombre de pièce par document Une pièce par document d’où il se présente sous la
forme d’une seule ligne verticale
Avantage L’outil le plus utile pour l’amélioration des
méthodes de travail. Exemple : un graphique qui
comporte beaucoup de symboles « attente ».
Méthode de recueil d’informations Observation directe avec établissement du
graphique au fur et à mesure en respectant les
contraintes de clarté et précision afin d’éviter les
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erreurs.
Classement des activités présentées dans le graphique
Les activités
Les activités au cours
Les activités au cours
desquelles quelque chose
desquelles l'objet n'est
arrive à la matière ou à l'objet
pas touché: il est stocké
en question: il est travaillé,
ou reste en attente.
transporté ou examiné.
Les activités de les activités les activités de
préparation positives dégagement
Les activités de «préparation», au cours desquelles la matière ou l'objet sont apprêtés et mis
en place pour être travaillés.
Les opérations «positives», au cours desquelles la forme, la composition chimique ou l'état
physique du produit sont modifiées.
Les activités de «dégagement», au cours desquelles l'objet est enlevé de la machine ou de
l'atelier. Les activités de «dégagement» d'une opération peuvent être les activités de
«préparation» de l'opération suivante.
Questions :
- Quels sont les symboles de chaque type d’activité ?
- Quelles sont les activités à diminuer lors d’une étude de méthodes ?
III- Examen critique : la méthode interrogative
Définition : La méthode interrogative est un moyen d'examen critique qui consiste à poser,
pour chaque activité, une série de questions, l'une après l'autre, en procédant
systématiquement et progressivement.
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Il s’agit d’examiner l'utilité des opérations «clés». Si certaines peuvent être éliminées, les
opérations non productives et opérations positives qui leur sont associées disparaîtront du
même coup.
1- Les questions fondamentales
La méthode interrogative est basée sur des questions bien déterminées en vue de répondre à
un objectif d’optimisation des méthodes de travail. Le tableau suivant résume cette
démarche :
Questions Signification En vue de
OBJET Que fait-on ? ELIMINER les éléments
Pourquoi l'activité inutiles du travail
est-elle nécessaire ?
ENDROIT Où le fait-on ? Pourquoi le
fait-on à cet endroit-là ?
MOMENT Quand le fait-on ? COMBINER si possible ou
Pourquoi le fait-on à ce
moment-là ? PERMUTER les opérations
PERSONNE Qui le fait ? en vue d'obtenir de meilleurs
Pourquoi le travail est-il fait résultats
par cette personne en
particulier ?
MOYENS Comment le fait-on ? SIMPLIFIER l'opération
Pourquoi le fait-on
de cette manière-là ?
2- Les questions secondaires : La mise au point
Après avoir obtenu les réponses aux questions fondamentales, le responsable de l’étude pose
les questions secondaires. Ces questions vont l’aider à évaluer la méthode de travail sujet de
l’étude.
Définition : Les questions secondaires concernent la deuxième étape de la méthode
interrogative, pendant laquelle les réponses aux questions fondamentales font l'objet d'une
nouvelle interrogation afin de déterminer si d'éventuelles solutions de rechange quant au
choix de l'endroit, du moment, de la personne et/ou des moyens sont utilisables et préférables
pour améliorer la méthode d'exécution existante.
Le tableau suivant résume les questions secondaires :
Questions Signification
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OBJET Que pourrait-on faire d'autre ?
Que devrait-on faire ?
ENDROIT A quel autre endroit pourrait-on le faire ?
Où devrait-on le faire ?
MOMENT A quel autre moment pourrait-on le faire ?
Quand devrait-on le faire ?
PERSONNE Qui d'autre pourrait le faire ?
Qui devrait le faire ?
MOYENS De quelle autre manière pourrait-on le faire ?
Comment devrait-on le faire ?