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Développement Durable Cours

Ce document décrit un cours sur la gestion intégrée des ressources en eau. Il contient des informations sur les objectifs, le contenu, et la méthode d'évaluation du cours.

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Semestre : 3

Unité d’enseignement : UEM 2.1


Matière : Management intégré des ressources en eau
VHS : 45 h00 (Cours : 1h30, TD: 1h30)
Crédits : 4
Coefficient : 2

Objectifs de l’enseignement

Apprendre à l'étudiant les stratégies du concept du développement durable, les principes


du management intégré des ressources en eau en fonction de la demande et d'autres
contraintes d'ordre technique, socio-économique et environnementale. En plus, il pourra
décrire et savoir utiliser les principes et les méthodes de choix et d'optimisation pour une
gestion durable de la ressource en eau.

Connaissances préalables recommandées


L’étudiant doit au préalable connaître :
 Les bases sur les ressources en eau.
 Les bases sur les ouvrages de mobilisation et de production d’eau.

Contenu de la matière :

Chapitre I : Développement durable

Chapitre II : Les stratégies du développement durable

Chapitre III : La gestion intégrée des ressources en eau

Chapitre IV : La mise en œuvre de la gestion intégrée des ressources


en eau
Mode d’évaluation : examens+Contrô le continu

Références (Livres et polycopiés, sites internet, etc.).


Développement durable
« Durable (Soutenable) » et « Développement soutenable » redirigent ici. Pour les autres
significations, voir durabilité.
Pour les articles homonymes, voir Développement.
Diagramme du développement durable : une approche globale à la confluence de quatre
préoccupations, dites « les quatre piliers du développement durable »1.

Pour atteindre les objectifs du développement soutenable, il faut


notamment faire appel à des ressources naturelles, minérales et
vivantes qu'on peut selon leur vulnérabilité classer en « pas, peu,
difficilement, coûteusement ou lentement renouvelables ». Les
aménageurs et gestionnaires peuvent alors chercher à les restaurer, les
protéger et les économiser, et le cas échéant à compenser ses impacts.
La « théorie du baquet » rappelle métaphoriquement que dans les systèmes complexes, quand
on considère les sous-ensembles vitaux du système (comme les organes vitaux d'un
organisme), ils sont tous importants. Il ne sert à rien d'avoir un niveau d'excellence sur l'un
des piliers (l’économie p.e.) si un autre élément (le social ou l'environnement) est dégradé, car
le niveau de performance ou de qualité de l'ensemble est ici contrôlé par la « planche la plus
faible du baquet »

Le développement durable (anglais : sustainable development, parfois traduit par


développement soutenable) est une nouvelle conception de l'intérêt général, appliquée à la
croissance économique et reconsidérée à l'échelle mondiale afin de prendre en compte les
aspects environnementaux et sociaux d'une planète globalisée. Selon la définition donnée dans
le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de
l'Organisation des Nations unies, dit rapport Brundtland, où cette expression est apparue pour
la première fois en 1987, le développement durable est un développement qui répond aux
besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs
propres besoins.

Cette notion s'est imposée à la suite de la prise de conscience progressive, depuis les années
1970, de la finitude écologique de la Terre, liée aux limites planétaires sur le long terme.
Sommaire
 1 Définition
 2 Historique
o 2.1 Histoire du mot

o 2.2 Chronologie

 3 Enjeux et objectifs du développement


durable
o 3.1 Crise écologique et sociale

o 3.2 Responsabilité à l'égard des

générations futures
o 3.3 Une nouvelle démarche : « penser

global, agir local »


o 3.4 Quatre piliers : écologique, social,

culturel et économique
o 3.5 Prendre en compte le temps long

o 3.6 Trois types d'acteurs

o 3.7 Répondre aux besoins des générations

actuelles et à venir
o 3.8 Inégalité planétaire

 4 Autres approches
o 4.1 La question du modèle de

développement
o 4.2 Un modèle économique en question

o 4.3 Différentes approches de la notion de

durabilité
o 4.4 Révision des modes de production et

de consommation
 5 Modes de gouvernance du développement
durable
o 5.1 Gouvernance mondiale

o 5.2 Gouvernance dans les États

 5.2.1 Union européenne

 5.2.2 États-Unis

 5.2.3 Ministères

o 5.3 Gouvernance sur les territoires :

Agenda 21
o 5.4 Gouvernance dans les entreprises :

responsabilité sociale des entreprises


(RSE)
 6 Éducation au développement durable
o 6.1 Dans l'enseignement

o 6.2 Dans les entreprises et les

administrations
o 6.3 Dans la société civile

 7 Outils et mesure du développement durable


o 7.1 PIB et développement durable

o 7.2 Indices agrégés

o 7.3 Outils d'aide à la décision pour le

développement durable
o 7.4 Indicateurs et normes

 8 Gestion transversale et domaines


d'application
o 8.1 Ventes et logistique

o 8.2 Marketing
o8.3 Recherche et développement
o 8.4 Aspects juridiques

o 8.5 Achats

o 8.6 Finance

o 8.7 Systèmes d'information

o 8.8 Communication

o 8.9 Service après-vente

 9 Tableau synthétique
 10 Critiques de la notion
 11 Notes et références
o 11.1 Notes
o 11.2 Références
 12 Voir aussi
o 12.1 Bibliographie
o 12.2 Filmographie
o 12.3 Articles connexes
 12.3.1 Aspects philosophiques et culturels
 12.3.2 Aspects politiques et juridiques
 12.3.3 Pilotage
 12.3.4 Pilier environnemental
 12.3.5 Pilier culturel
 12.3.6 Pilier social
 12.3.7 Pilier économique
o 12.4 Liens externes

Définition
La première définition du développement durable apparaît en 1987 dans le rapport
BrundtlandN 1 publié par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement2 :

« Le développement durable est un développement qui


répond aux besoins du présent sans compromettre la
capacité des générations futures de répondre aux leurs.
Deux concepts sont inhérents à cette notion :
 le concept de « besoins », et plus
particulièrement des besoins essentiels des plus
démunis, à qui il convient d'accorder la plus
grande priorité, et
 l'idée des limitations que l'état de nos
techniques et de notre organisation sociale
impose sur la capacité de l'environnement à
répondre aux besoins actuels et à venir. »
En 1991, Ignacy Sachs propose une définition proche de
ce qu'il nomme l'écodéveloppement : « développement
endogène et dépendant de ses propres forces, soumis à
la logique des besoins de la population entière,
conscient de sa dimension écologique et recherchant
une harmonie entre l'homme et la nature »3,4.
En France, l'AFNOR définit le développement durable
comme un état où « les composantes de l'écosystème et
leurs fonctions sont préservées pour les générations
présentes et futures »5. Dans cette définition, « les
composantes de l’écosystème incluent, outre les êtres
humains et leur environnement physique, les plantes et
les animaux. Pour les êtres humains, le concept sous-
entend un équilibre dans la satisfaction des besoins
essentiels : conditions économiques, environnementales,
sociales et culturelles d'existence au sein d'une
société. »6.
La ressource naturelle qu'est le vent alimente cette éolienne de 5 MW dans un parc éolien à 28
km au large de la Belgique.

Parmi les besoins essentiels, on retiendra les besoins


indispensables à l'être humain en tant qu’élément de
base vivant dans un environnement défini, que l'on
appelle les besoins primaires ou physiologiques. Parmi
ceux-ci, on notera le besoin de se reproduireN 2 qui
établit pour l'homme et la femme une filiation, et assure
de la sorte le renouvellement des générationsN 3.
Face à la crise écologique et sociale qui se manifeste
désormais de manière mondialisée (réchauffement
climatique, raréfaction des ressources naturelles,
pénuries d'eau douce, rapprochement du pic pétrolier,
écarts entre pays développés et pays en développement,
sécurité alimentaire, déforestation et perte drastique de
biodiversité, croissance de la population mondiale,
catastrophes naturelles et industrielles), le
développement durable est une réponse de tous les
acteurs (États, acteurs économiques, société civile),
culturels et sociaux du développement.
Il s'agit aussi, en s'appuyant sur de nouvelles valeurs
universelles (responsabilité, participation écologique et
partageN 4, principe de précaution, débat7) d'affirmer une
approche double :
 dans le temps : nous avons le droit d’utiliser les
ressources de la Terre, mais le devoir d'en assurer la
pérennité pour les générations futures ;
 dans l’espace : chaque humain a le même droit aux
ressources naturelles de la Terre (principe de
destination universelle des biens).
Tous les secteurs d'activité sont concernés par le
développement durable : l'agriculture, l'industrie,
l'habitat, l'organisation familiale, mais aussi les services
(finance, tourisme…) matériels ou immatériels. Plus
simplement, le développement durable est
un mode de développement qui a pour but
de produire des richesses tout en veillant à
réduire les inégalités mais sans pour autant
dégrader l'environnement.
Historique
Histoire du mot
L'expression sustainabledevelopment, traduite par
développement durable, apparaît dans la littérature
scientifique au début des années 1980 (voir par
exemple, les articles par Vinogradov ou Clausen de
1981), et pour la première fois dans une publication
destinée au grand public en 1987 dans le rapport intitulé
Our Common Future (Notre avenir à tous) de la
Commission mondiale pour le développement et
l'environnement de l'Organisation des Nations Unies
rédigé par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland.
Une controverse sémantique portant sur la question de
savoir s'il fallait parler de développement durable ou
soutenable a existé depuis la deuxième traduction en
français où l'éditeur canadien a traduit sustainable par le
mot français soutenableN 5.
Les tenants du terme « durable » plutôt que du mot
« soutenable » insistent sur la notion de durabilité
définie comme cohérence entre les besoins et les
ressources globales de la Terre à long terme, plutôt que
sur l'idée d'une recherche de la limite jusqu'à laquelle la
Terre sera capable de nourrir l'humanité. Cependant, la
traduction du terme par soutenable, plutôt que durable,
peut s'expliquer aussi par de vieilles traces du mot en
langue française. En effet, on trouve le mot soutenir
employé dans une optique environnementale dès 1346,
dans l'ordonnance de Brunoy, prise par Philippe VI de
Valois, sur l'administration des forêts, recommandant de
les « soutenir en bon état »8. Ainsi en matière forestière
la notion de forêt cultivée soumise à une exigence de
soutenabilité, un renouvellement perpétuel de la
ressource, capable d'approvisionner une flotte navale9,
existe depuis plus de six siècles.
Chronologie
Article connexe : Chronologie de l'écologisme.

L'émergence du concept de développement durable remonte au début du XXe siècle. L'idée


d'un développement pouvant à la fois réduire les inégalités sociales et réduire la pression sur
l'environnement a fait son chemin. Nous pouvons en retracer quelques jalons majeurs :

 1909 : émergence du concept de géonomie en Europe centrale.


 1949 : le président des États-Unis, Harry Truman, dans son discours sur l'état de
l'Union, popularise le mot « développement » en prônant une politique d'aide aux pays
sous-développés, grâce à l'apport de la connaissance technique des pays industrialisés.
Il affirme que « tous les pays, y compris les États-Unis, bénéficieront largement d'un
programme constructif pour une meilleure utilisation des ressources mondiales
humaines et naturelles »10.
 1951 : L'Union internationale pour la conservation de la nature publie le premier
rapport sur l'état de l'environnement dans le monde11.
 1961 : création du World WildlifeFund au Royaume-Uni.
 1962 : publication du livre Printemps silencieux par Rachel Carson.
 1968 :
o 8 avril : création du Club de Rome regroupant quelques personnalités occupant
des postes relativement importants dans leurs pays respectifs et souhaitant que
la recherche s'empare du problème de l'évolution du monde pris dans sa
globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance économique après la
croissance ininterrompue des Trente Glorieuses ;
o 4-13 septembre : l'Unesco organise à Séville le colloque « Utilisation et
conservation de la biosphère », conférence intergouvernementale d'experts sur
les bases scientifiques de l'utilisation rationnelle et de la conservation des
ressources de la biosphère ;
o Michel Batisse initie le Programme sur l'homme et la biosphère (Man
&Biosphere, MAB) précurseur du concept de développement durable.
 1969 : David R. Brower, transfuge du Sierra Club, fonde aux États-Unis l'association
Friends of the Earth (Les Amis de la Terre).
 1971 :
o création en France du Ministère de la protection de la nature et de
l'environnement, attribué à Robert Poujade ;
o création officielle du Programme sur l'homme et la biosphère (MAB) à
l'Unesco ;
o fondation au Canada de Greenpeace, organisation militante écologiste, en
même temps qu'une action d'opposition à des essais nucléaires.
 1972 :
o Le Club de Rome publie le rapport The limits to growth (Les limites à la
croissance, traduit en français sous le titre Halte à la croissance ?, et
également connu sous le nom de rapport Meadows), rédigé à la demande du
Club de Rome par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of
Technology. Ce premier rapport donne les résultats de simulations
informatiques sur l'évolution de la population humaine en fonction de
l'exploitation des ressources naturelles, avec des projections jusqu'en 2100. Il
en ressort que la poursuite de la croissance économique entraînera au cours du
XXIe siècle une chute brutale des populations à cause de la pollution, de
l'appauvrissement des sols cultivables et de la raréfaction des énergies fossiles.
Le modèle n'est cependant pas encore à ce stade sectorisé par régions comme il
le sera ensuite. Selon certains, nombre de ses prévisions se sont révélées
fausses12. Au contraire, les auteurs eux-mêmes, dans leur mise à jour de 2004
intitulée Limits to Growth. The 30-Year Update (non traduite en français)
démontrent que la réalité est relativement conforme à leurs prévisions de
197213.
De nombreux autres travaux critiques de certaines limites du système
économique de l'époque sont publiés : citons entre autres Nicholas Georgescu-
Roegen et sa comparaison entre systèmes économique et thermodynamique14,
l'économiste français Ignacy Sachs15 ou encore l'économiste britannique E.F.
Schumacher qui prône des solutions plus locales et moins technologiques et
technocratiques, et insiste sur la permanence et la durabilité16, dans son livre
Small isbeautiful.
o 5 au 16 juin : une conférence des Nations Unies sur l'environnement humain à
Stockholm expose notamment l'écodéveloppement, les interactions entre
écologie et économie, le développement des pays du Sud et du Nord. Il sera
rétrospectivement qualifié de premier Sommet de la Terre. C'est un échec
relatif, sans compromis clair17, mais la problématique semble dès lors posée :
l'environnement apparaît comme un patrimoine mondial essentiel à transmettre
aux générations futures.
o Création du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE),
organisation dépendant des Nations unies.
 1973 :
o Convention de Washington, sur le commerce international des espèces de
faune et de flore sauvages menacées d'extinction ;
o Premier choc pétrolier ;
 1975, 13-22 octobre : colloque sur l'éducation relative à l'environnement, à l'issue
duquel a été adoptée à l'unanimité la charte de Belgrade.
 1976 : Convention de Barcelone, sur la protection de la mer Méditerranée contre la
pollution.
 1977, 14-26 octobre : conférence intergouvernementale sur l'éducation relative à
l'environnement, organisée par l'Unesco à Tbilissi.
 1979 :
o Convention de Berne, sur la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel
d’Europe ;
o Le philosophe Hans Jonas exprime cette préoccupation dans son livre Le
Principe responsabilité ;
o Deuxième choc pétrolier.
 1980 : l'Union internationale pour la conservation de la nature publie un rapport
intitulé La stratégie mondiale pour la conservation18 où apparaît pour la première fois
la notion de « développement durable », traduite de l'anglais sustainabledevelopment.
 1985 : Convention de Vienne sur la protection de la couche d'ozone.
 1986 : catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
 1987 : une définition du développement durable est proposée par la Commission
mondiale sur l'environnement et le développement (rapport Brundtland).
Le protocole de Montréal relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone
est signé le 16 septembre.
 1988 : création du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
(Giec).
 1989 :
o La Coalition for EnvironmentallyResponsible Economies (CERES) définit des
principes pour l'environnement, qui constituent le premier code de conduite
environnemental.
o Le patriarche orthodoxe Bartholomée Ier de Constantinople institue une prière
pour la sauvegarde de la Création19.
 1990 : le premier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (Giec) commence à alerter la communauté internationale sur les risques du
réchauffement climatique dus à la concentration dans l'atmosphère de gaz à effet de
serre.
 1991 (22 mai) : le Premier ministre français Édith Cresson évoque le terme de
développement durable dans son discours de politique générale20.
 1992 (3 au 14 juin) : troisième sommet de la Terre, à Rio de Janeiro. Consécration du
terme « développement durable », le concept commence à être largement médiatisé
devant le grand public. Adoption de la convention de Rio et naissance de l'Agenda 21.
La définition Brundtland, axée prioritairement sur la préservation de l'environnement
et la consommation prudente des ressources naturelles non renouvelables, sera
modifiée par la définition des « trois piliers » qui doivent être conciliés dans une
perspective de développement durable : le progrès économique, la justice sociale, et la
préservation de l'environnement.
 1994 :
o Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification ;
o Publication de la charte d'Aalborg sur les villes durables, au niveau européen ;
o Conférence internationale sur la population et le développement, au Caire.
 1995 :
o mars : conférence générale de l'Unesco à Séville, établissant un cadre statutaire
pour les réserves de biosphère ;
o première Conférence des parties (COP) à Bonn.
 1996 : réintroduction des loups, sous un déluge de protestations, dans le parc national
de Yellowstone (États-Unis) : dans les deux décennies qui suivent, la régulation des
populations d'herbivores par ce prédateur permet de faire reverdir les paysages, la
forêt repousse, trembles et saules stabilisent à nouveau les berges des rivières, castors
et poissons reviennent… c'est un exemple spectaculaire de réussite d'un plan de
gestion intégrée d'un territoire21.
Participation au protocole de Kyoto en janvier 2011 :
 Pays ayant ratifié le protocole
 Pays signataires refusant pour l'instant de le ratifier
 Pays s'étant retiré du protocole
 Pays encore non signataires

 1997 (1er au 12 décembre) : 3e conférence des Nations unies sur les changements
climatiques, à Kyoto, au cours duquel sera établi le protocole de même nom.
 1998 : Nations unies, Convention d'Aarhus sur l'accès à l'information, la participation
du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement.
 2000 : le Pacte mondial des Nations unies adopté par le Forum économique mondial
affirme la « responsabilité sociale des entreprises » relative à la corruption autant
qu'aux conditions de travail et aux droits de l'homme.
 2001 : la Déclaration universelle de l'Unesco sur la diversité culturelle affirme pour la
première fois que la diversité culturelle est « gage d'un développement humain
durable »22.
 2002 : (26 août au 4 septembre) : Sommet de Johannesburg : En septembre, plus de
cent chefs d'État, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et
d'ONG ratifient un traité prenant position sur la conservation des ressources naturelles
et de la biodiversité. Quelques grandes entreprises françaises sont présentes23.
 2004 :
o Le 8 mai Cités et Gouvernements locaux unis approuve l'Agenda 21 de la
culture, qui relie les principes du développement durable l'Agenda 21 avec les
politiques culturelles ;
o Adoption, en France, d'une charte de l'environnement, insistant sur le principe
de précaution ;
 2005 :
o Entrée en vigueur du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz
à effet de serre dans l'Union européenne.
o La conférence générale de l'Unesco adopte la Convention sur la protection et la
promotion de la diversité des expressions culturelles où la diversité culturelle
est réaffirmée comme « un ressort fondamental du développement durable des
communautés, des peuples et des nations »24.
 2009 : conférence de Copenhague de 2009 sur le climat.
 2010 :
o conférence de Cancún de 2010 sur le climat ;
o conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya.
 2011 : le 5 ou 12 décembre, le Canada se retire du protocole de Kyoto.
 2012 (20 au 22 juin) : nouveau Sommet de la Terre à Rio (Brésil) aussi appelé
Rio+20 ; le terme officiel est Conférence des Nations unies sur le développement
durable.
 2015 :
o 18 juin : publication de l'encycliqueLaudato si’ du pape François « sur la
sauvegarde de la maison commune » ;
o 1er septembre : première journée mondiale de prière pour la sauvegarde de la
Création ;
o 30 novembre au 12 décembre : Conférence de Paris de 2015 sur le climat
(COP21) ;
o Publication des Objectifs de développement durable, prenant la suite des
Objectifs du millénaire pour le développement.
 2017 : les États-Unis décident de se retirer de l'accord de Paris sur le climat.

Enjeux et objectifs du développement durable


Crise écologique et sociale

Déforestation de la forêt humide à Rio de Janeiro pour l'extraction d'argile pour le Génie civil.

La révolution industrielle du XIXe siècle introduit des critères de croissance essentiellement


économiques, principal critère aisément mesurable : ainsi le produit intérieur brut dont
l'origine remonte aux années 1930 est souvent vu comme l'indicateur de la richesse d'un pays.
Des corrections ont été apportées dans la deuxième moitié du XXe siècle sur le plan social,
avec d'importantes avancées sociales. L'expression « économique et social » fait depuis partie
du vocabulaire courant.

Mais les pays développés ont pris conscience depuis les chocs pétroliers de 1973 et de [1979
que leur prospérité matérielle était basée sur l'utilisation intensive de ressources naturelles
finies, et que par conséquent, outre l'économique et le social, un troisième aspect avait été
négligé : l'environnement (comme dans l'exemple de l'impact environnemental du transport
routier). Pour certains analystes25, le modèle de développement industriel n'est pas viable ou
soutenable sur le plan environnemental, car il ne permet pas un « développement » qui puisse
durer. Les points cruciaux en faveur de cette affirmation sont l'épuisement des ressources
naturelles (matières premières, énergies fossiles pour les humains)26, la pénurie des ressources
en eaux douces susceptible d'affecter l'agriculture27, la destruction et la fragmentation des
écosystèmes, notamment la déforestation qui se manifeste par la destruction des forêts
tropicales (forêt amazonienne, forêt du bassin du Congo, forêt indonésienne)28, ainsi que la
diminution de la biodiversité qui diminuent la résilience de la planète ou encore le
changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre et de manière générale la
pollution due aux activités humaines. Les catastrophes industrielles de ces trente dernières
années (Seveso (1976), Bhopal (1984), Tchernobyl (1986), Exxon Valdez (1989), etc.) ont
interpellé l'opinion publique et les associations telles que le WWF, les Amis de la Terre ou
encore Greenpeace (Voir aussi Chronologie de l'écologisme). En faisant le pari du « tout
technologique » dans l'optimisation de la consommation énergétique et la lutte contre le
changement climatique, notre civilisation recourt de façon accrue aux métaux que nous ne
savons pas bien recycler. La déplétion de ces ressources pourrait devenir un enjeu mondial au
même titre que la déplétion du pétrole29. Depuis les accords ADPIC (Aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce) qui autorisent la brevetabilité du vivant, et
malgré la convention sur la diversité biologique de 1992, les pays du Nord utilisent les brevets
et la propriété intellectuelle pour s'accaparer les ressources biologiques des pays du Sud,
phénomène appelé « biopiratage »30.

Au problème de viabilité subsiste une pensée humaine à adapter. Ce qui s'ajoute à un


problème d'équité : les pauvres subissent le plus la crise écologique et climatique31, et il est à
craindre que le souhait de croissance des pays sous-développés ou pays du Sud vers un état de
prospérité similaire, édifié sur des principes équivalents, n'implique une dégradation encore
plus importante et accélérée de l'habitat humain et peut-être de la biosphère. Ainsi, si tous les
États de la planète adoptaient l'American Way Of Life (qui consomme près de 25 % des
ressources de la Terre pour 5 % de la population) il faudrait cinq planètes pour subvenir aux
besoins de tous selon l'association écologiste WWF.

Le développement actuel étant consommateur de ressources non renouvelables et considéré


par ces critiques comme très gourmand en ressources compte tenu de la priorité donnée aux
objectifs patrimoniaux à courte vue, tels que la rentabilité des capitaux propres, voire
inéquitable, une réflexion a été menée autour d'un nouveau mode de développement, appelé
« développement durable ».

Responsabilité à l'égard des générations futures


Article détaillé : Générations futures.

C'est le philosophe allemand Hans Jonas qui a le premier


théorisé la notion de développement durable dans Le
Principe responsabilité (1979). Selon lui, il y a une
obligation d'existence des générations futures, qui pourrait
être remise en cause par la forme qu'a prise le progrès
technique à l'époque contemporaine. Il s'agit donc pour les
générations présentes de veiller, non aux droits des
générations futures, mais à leur obligation d'existence.
« Veiller à l'obligation des générations futures d'être une
humanité véritable est notre obligation fondamentale à
l'égard de l'avenir de l'humanité, dont dérivent seulement
toutes les autres obligations à l'égard des hommes à
venir »32. Le problème du développement durable ne se
pose donc pas sous l'angle des droits, mais des obligations
et des devoirs.
Une nouvelle démarche : « penser global, agir local »
La Bille bleue : la photographie de la Terre prise par l'équipage d'Apollo 17 lors de leur
voyage vers la Lune fait prendre conscience aux humains que la planète est fragile et doit être
protégée

Les aspects essentiels du développement durable, sur les capacités de la planète et les
inégalités d'accès aux ressources posent des questions philosophiques et éthiques.

Hans Jonas avança l'idée selon laquelle le modèle économique de l'Occident pourrait ne pas
être viable sur le long terme s'il ne devenait pas plus respectueux de l'environnement. En effet,
Jonas posa l'idée d'un devoir vis-à-vis des êtres à venir, des vies potentielles et « vulnérables »
que nous menaçons et il donne à l'homme une responsabilité33. Depuis, l'un des thèmes de la
philosophie qui interpelle le plus nos contemporains est celui de la philosophie de la nature,
qui interroge sur la place de l'homme dans la nature. Ainsi, en 1987, Michel Serres décrit
l'homme comme signataire d'un contrat avec la nature34, reconnaissant les devoirs de
l'humanité envers celle-ci. À l'inverse, le philosophe Luc Ferry souligne, dans Le Nouvel
Ordre écologique, que l'homme ne peut pas passer de contrat avec la nature et estime que
cette vision qui consiste à donner des droits à la nature participe d'une opposition radicale à
l'Occident, de nature révolutionnaire et non réformiste, doublée d'un anti-humanisme
prononcé.

Jean Bastaire voit l'origine de la crise écologique chez Descartes selon qui l'homme devait se
« rendre comme maître et possesseur de la nature »35. Au contraire, la géographe Sylvie
Brunel critique le développement durable, car elle y voit une conception de l'homme comme
un parasite, et la nature comme un idéal. Or, pour elle, l'homme est souvent celui qui protège
la biodiversité, là où la nature est le règne de la loi du plus fort, dans lequel « tout milieu
naturel livré à lui-même est colonisé par des espèces invasives »36.

Sans en aborder tous les aspects philosophiques, le développement durable comporte


également des enjeux très importants en matière d'éthique des affaires. André Comte-
Sponville entre autres, aborde les questions d'éthique dans Le capitalisme est-il moral ?.Paul
Ricœur et Emmanuel Lévinas le firent aussi sous l'angle de l'altérité et Patrick Viveret et Jean-
Baptiste de Foucauld37 sur celui de la justice sociale.

Le philosophe français Michel Foucault aborde ces questions sur le plan épistémologique. Il
parle de changements de conception du monde, qui se produisent à différentes époques de
l'Histoire. Il appelle ces conceptions du monde, avec les représentations qui les
accompagnent, des épistémès. Selon certains experts, le développement durable
correspondrait à un nouveau paradigme scientifique, au sens que Thomas Kuhn donne à ce
terme38.

La formule « penser global, agir local »39, employée par René Dubos au sommet sur
l'environnement de 1972, est souvent invoquée dans les problématiques de développement
durable40. Elle montre que la prise en compte des enjeux environnementaux et sociaux
nécessite de nouvelles heuristiques, qui intègrent le caractère global du développement
durable. Elle fait penser à la philosophie de Pascal41, plutôt qu'à celle de Descartes, celle-ci
étant davantage analytique. En pratique, elle devrait se traduire par des approches
systémiques42. Elle est très bien illustrée par le concept de réserve de biosphère créé par
l'Unesco en 1971.

L'expert américain Lester Brown affirme que nous avons besoin d'un bouleversement
analogue à celui de la révolution copernicienne dans notre conception du monde, dans la
manière dont nous envisageons la relation entre la planète et l'économie : « cette fois-ci, la
question n'est pas de savoir quelle sphère céleste tourne autour de l'autre, mais de décider si
l'environnement est une partie de l'économie ou l'économie une partie de l'environnement »43.

Le philosophe français Dominique Bourg


estime que la prise de conscience de la finitude
écologique de la Terre a entraîné dans nos
représentations un changement radical de la
relation entre l'universel et le singulier, et
remet en cause le paradigme moderne
classique du fait que dans l'univers systémique
de l'écologie, la biosphère (le planétaire) et les
biotopes (le local) sont interdépendants44.
Depuis quelques décennies, les ONG environnementales et des leadeurs d'opinion comme
Nicolas Hulot ont sensibilisé l'opinion publique sur les enjeux de l'environnement et du
développement durable. La démarche d'action locale pour un impact global est également la
thèse du film de Coline Serreau : Solutions locales pour un désordre global (voir
filmographie).

Quatre piliers : écologique, social, culturel et


économique
L'objectif du développement durable est de définir des
schémas viables qui concilient les quatre aspects
écologique, social, culturel et économique des activités
humaines : « quatre piliers » à prendre en compte par les
collectivités comme par les entreprises et les individus45.
La finalité du développement durable est de trouver un
équilibre cohérent et viable à long terme entre ces
quatre enjeux. À ces quatre piliers s'ajoute un enjeu
transversal, indispensable à la définition et à la mise en
œuvre de politiques et d'actions relatives au
développement durable : la [gouvernance46.
La gouvernance consiste en la participation de tous les acteurs (citoyens, entreprises,
associations, élus…) au processus de décision ; elle est de ce fait une forme de démocratie
participative. Le développement durable n'est pas un état statique d'harmonie, mais un
processus de transformation dans lequel l'exploitation des ressources naturelles, le choix des
investissements, l'orientation des changements techniques et institutionnels sont rendus
cohérents avec l'avenir comme avec les besoins du présent47.

Prendre en compte le temps long


Intégrer les enjeux environnementaux et les besoins des générations futures implique
d'adopter une approche écosystémique, qui repose sur 12 principes de gestion adoptés à
Malawi en 2000. Il conviendrait notamment, selon le huitième principe, de se fixer des
objectifs à long terme48 :

« Compte tenu des échelles temporelles et des décalages variables qui caractérisent les
processus écologiques, la gestion des écosystèmes doit se fixer des objectifs à long terme. »

Pour Michel Rocard, qui a été ambassadeur de France chargé de la négociation internationale
pour les pôles arctique et antarctique, « le court-termisme nous conduit dans le mur »49.

Trois types d'acteurs


La prise en compte des enjeux de développement
durable nécessite un système impliquant trois types
d'acteurs : le marché, l’État et la société civile50 :
 les acteurs du marché sont les entreprises ;
 les acteurs des États sont des autorités
publiques, au niveau mondial et au niveau de
chaque grande zone économique (Union
européenne…), au niveau national, et au
niveau territorial (régions, intercommunalités,
communes) ;
 les acteurs de la société civile sont des
représentants des associations et des
Organisations non gouvernementales.
La société civile est le cadre le plus approprié pour une économie de la gratuité et de la
fraternité. Elle est indissociable des deux autres types d'acteurs.

Répondre aux besoins des générations actuelles et à venir

« Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du


présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».
Rapport Brundtland

La définition classique du développement durable provient du rapport Brundtland de la


Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ce rapport rappelle une
citation célèbre, mais à l'attribution incertaine et très débattue (entre autres, sont fréquemment
donnés comme son auteur, soit le chef amérindien Seattle dont il existe pourtant seulement
des transcriptions apocryphes et très douteuses de son célèbre et mythique discours, soit
Antoine de Saint-Exupéry, à moins qu'il s'agisse de la traduction d'un proverbe traditionnel
indien ou africain)51,52: « Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à
nos enfants ». Ce rapport insiste sur la nécessité de protéger la diversité des gènes, des
espèces et de l'ensemble des écosystèmes naturels terrestres et aquatiques, et ce, notamment,
par des mesures de protection de la qualité de l'environnement, par la restauration,
l'aménagement et le maintien des habitats essentiels aux espèces, ainsi que par une gestion
durable de l'utilisation des populations animales et végétales exploitées.

Cette préservation de l'environnement doit être accompagnée de la « satisfaction des besoins


essentiels en ce qui concerne l’emploi, l’alimentation, l’énergie, l’eau, la salubrité ». Cela
étant, on se heurte à une difficulté, qui est de définir ce que sont les besoins des générations
présentes, et ce que seront les besoins des générations futures. On pourrait retenir par exemple
les besoins élémentaires pour se nourrir, se loger, et se déplacer.

Dans ce contexte, le développement durable a été inséré parmi les Objectifs du millénaire
pour le développement fixés par l’ensemble des États membres de l’ONU53.
Afin de subvenir aux besoins actuels sans pour autant recourir à une utilisation non durable de
ressources non renouvelables, un scénario en trois points a été proposé, notamment par des
associations comme négawatt dans le domaine de l'énergie :

 sobriété (techniques utilisées avec parcimonie) ;


 efficacité (techniques plus performantes) ;
 utilisation de ressources renouvelables (par exemple : l'énergie solaire ou les
éoliennes, au travers de projets d'électrification rurale).

Le patrimoine culturel ne doit pas être oublié : transmis de génération en génération et faisant
preuve d'une grande diversité, l'UNESCO en souhaite la préservation54. La culture au sens
large (ou l'environnement culturel55) s'impose d'ailleurs peu à peu comme un quatrième pilier
du développement durable56.

Inégalité planétaire

Articles connexes : Laudatosi’#Inégalité planétaire et Dette écologique.

Empreinte écologique par pays en 2007.

La consommation de ressources et la production de déchets sont très inégalement réparties sur


la planète, comme le montre une carte de l'empreinte écologique par habitant des pays du
monde. L'empreinte écologique est la plus élevée dans certains pays du Moyen-Orient
(pouvant dépasser 10 hag, hectares globaux), en Amérique du Nord (environ 8 hag aux États-
Unis), et en Europe, alors qu'elle peut être inférieure à 1 hag dans certains pays d'Afrique,
avec une moyenne mondiale de 2,6 hag. Néanmoins, la détérioration de l’environnement et
celle de la société affectent d’une manière particulière les pays les moins avancés de la
planète : « Tant l’expérience commune de la vie ordinaire que l’investigation scientifique
démontrent que ce sont les pauvres qui souffrent davantage des plus graves effets de toutes les
agressions environnementales »57. Cela engendre de graves problèmes de justice
environnementale. Ainsi, l'inégalité affecte des pays entiers, ce qui oblige à penser à une
éthique des relations internationales. On parle de dette écologique entre pays du Nord et pays
du Sud, liée à des déséquilibres commerciaux, avec des conséquences dans le domaine
écologique, et liée aussi à des modes de vie utilisant de manière disproportionnée des
ressources naturelles58. Dans son encyclique Laudato si’ « sur la sauvegarde de la maison
commune », le pape François insiste sur la nécessité d'« avoir aussi recours aux diverses
richesses culturelles des peuples, à l'art, à la vie intérieure et à la spiritualité » pour s'attaquer
aux problèmes d'inégalités59.

Autres approches
La question du modèle de développement

Lorsque Harry Truman s'est adressé à ses concitoyens lors de son discours d'investiture en
1949, pour évoquer l'aide aux pays « sous-développés », le peuple américain était loin de
penser que l'humanité serait un jour confrontée à une limitation des ressources naturelles.
Depuis les années 1970 et les deux chocs pétroliers de 1973 et 1979, l'Occident prend peu à
peu conscience de cette limite naturelle. Depuis les années 2000, les ONG environnementales,
avec à leur tête le WWF, ont conceptualisé ces questions avec la notion d'empreinte
écologique. Elles ont mis en évidence que l'impact écologique des activités des pays les plus
développés (États-Unis, Europe occidentale…) dépassait largement la capacité biologique de
la Terre à renouveler les ressources. Il est dès lors évident que le modèle occidental de
développement, hérité de la révolution industrielle, n'est pas généralisable tel quel à
l'ensemble de la planète.

Cet état de fait amènera certainement une révision nécessaire des modèles utilisés jusqu'à
présent en Occident dans un certain nombre de domaines. Il serait présomptueux d'affirmer
que le développement durable fournit un modèle de développement. Il s'agit plutôt d'un
ensemble de principes, qui fixent des objectifs à atteindre. D'autre part, cette notion fait
l'objet, dans les pays développés, d'une communication importante, qui n'est pas, tant s'en
faut, toujours suivie d'actions concrètes. Il n'est donc pas possible d'affirmer que l'Occident
dispose d'un modèle facilement exportable. D'autre part, comme le soulignait l'Unesco lors du
sommet de la Terre de Johannesburg en 2002, dans l'aide au développement, il est nécessaire
de tenir compte des spécificités culturelles des pays aidés60.

Le codéveloppement est apparu comme une évolution du concept d'aide au développement


économique, prenant en compte dans une approche globale et coordonnée, non seulement les
aspects économiques, mais aussi les évolutions sociales, l'environnement et le fonctionnement
démocratique des institutions, tout en contrôlant mieux les flux migratoires. La coopération au
service du développement durable et de la solidarité étant l'une des missions que s'est fixé
l'Organisation internationale de la francophonie en 2004, la francophonie peut être considérée
comme un cadre intéressant pour promouvoir le développement durable61. Selon les mots de
Léopold Sédar Senghor « La création d’une communauté de langue française […] exprime le
besoin de notre époque où l’homme, menacé par le progrès scientifique dont il est l’auteur,
veut construire un nouvel humanisme qui soit, en même temps, à sa propre mesure et à celle
du cosmos. »62. Par exemple, la création de l'université Senghor, l'un des quatre opérateurs
directs de la Francophonie, répond au besoin de définir un modèle de développement dans un
esprit de diversité culturelle63.
Le site francophone Médiaterre sur le développement durable permet d'animer un réseau de
compétences réparti entre les pays du Nord et les pays du Sud.

Un modèle économique en question

Article détaillé : Analyse économique de la croissance.

Il existe une relation équivoque entre l'économie et l'environnement. Les économistes voient
l'environnement comme une partie de l'économie64, alors que les écologues voient plutôt
l'économie comme une partie de l'environnement. Selon Lester R. Brown, il s'agit d'un signe
qu'un changement de paradigme est à l'œuvre65. L'hypothèse de Michael Porter, selon laquelle
les investissements des entreprises pour la protection de l'environnement, loin d'être une
contrainte et un coût, peuvent apporter des bénéfices par un changement des modes de
production et une meilleure productivité, est encore discutée par les experts66.

Ce qui est en question, c'est le rôle du progrès technique dans le développement économique
par rapport aux problèmes environnementaux (mais aussi sociaux), comme le soulignait le
philosophe Hans Jonas dès 1979 dans Le Principe Responsabilité. Depuis les chocs pétroliers
de 1973 et 1979, ainsi que dans la succession des crises économiques et le tassement de la
croissance économique observés depuis les années 1970, le modèle du capitalisme
productiviste dans lequel les pays occidentaux se sont lancés au cours du XXe siècle semble
être en crise. L'économiste Bernard Perret s'interroge sur la question de savoir si le
capitalisme est durable67.

Les modèles qui décrivaient l'accroissement de la productivité des facteurs de production


atteignent leurs limites. Alors que les physiocrates considéraient la terre comme le principal
facteur créateur de valeur, l'école classique et l'école néoclassique n'ont retenu que les deux
facteurs de production capital et travail, négligeant le facteur terre (l'environnement). Certes,
dans certains courants néoclassiques, comme le modèle de Solow, la productivité globale des
facteurs correspond à une augmentation de la productivité qui n'est pas due aux facteurs de
production capital et travail, mais au progrès technique. Encore faut-il que celui-ci respecte
les contraintes environnementales.

Il faut encore souligner qu'à mesure que les améliorations techniques augmentent l'efficacité
avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut
augmenter au lieu de diminuer. Ce paradoxe, connu sous le nom d'effet rebond, ou paradoxe
de Jevons, a été vérifié pour la consommation de carburant des véhicules automobiles68.

Il semble que les problèmes environnementaux que nous rencontrons soient dus au fait que le
facteur de productionterre n'a pas été suffisamment pris en compte dans les approches
économiques récentes, notamment classique et néoclassique69. Un modèle de développement
qui permet de concilier progrès technique, productivité, et respect de l'environnement est donc
à repenser.

Selon l'économiste belge Christian Gollier, le taux d'actualisation est une variable cruciale de
la dynamique économique, en ce qu'il détermine les décisions d'investissement de tous les
agents économiques : ménages, entreprises, État. Une valeur du taux d'actualisation d'environ
1 %, beaucoup plus faible que celle qui est actuellement pratiquée, serait nécessaire pour tenir
compte des intérêts des générations futures à des horizons relativement éloignés70.
Une révision des modèles économiques est en train de s'amorcer, comme le montrent par
exemple les travaux du cercle de réflexion Les Ateliers de la Terre.

Différentes approches de la notion de durabilité

Article détaillé : Durabilité.

Si les objectifs du développement durable font l'objet d'un relatif consensus, c'est son
application qui demeure source d'oppositions. L'une des questions posées par le terme de
« développement durable » est de savoir ce que l'on entend par « durable ». Or, la nature peut
être vue de deux manières, complémentaires : il existe d'une part un « capital naturel », non-
renouvelable à l'échelle humaine (la biodiversité par exemple), et d'autre part des « ressources
renouvelables » (comme le bois, l'eau…)71. Cette distinction étant faite, deux conceptions sur
la durabilité vont s'opposer.

La première réponse à la question du développement durable est de type technico-


économiste : à chaque problème environnemental correspondrait une solution technique,
solution disponible uniquement dans un monde économiquement prospère17. Dans cette
approche, aussi appelée « durabilité faible », le pilier économique occupe une place centrale
et reste prépondérant, à tel point que le développement durable est parfois rebaptisé
« croissance durable »72. C'est ainsi que dans la revue de l'École polytechnique, Jacques
Bourdillon exhorte les jeunes ingénieurs à : « ne pas renoncer à la croissance […] dont
l'humanité a le plus grand besoin, même sous prétexte de soutenabilité73 ». L'une des réponses
apportées du point de vue technologique consiste à rechercher la meilleure technique
disponible (MTD, en anglais best availabletechnology, BAT) pour un besoin identifié, ou des
attentes exprimées par un marché, qui concile les trois piliers du développement durable d'une
façon transversale.

Ce discours est légitimé par la théorie économique néoclassique. En effet, Robert Solow et
John Hartwick supposent le caractère substituable total du capital naturel en capital artificiel :
si l'utilisation de ressources non-renouvelables conduit à la création d'un capital artificiel
transmissible de génération en génération, elle peut être considérée comme légitime74,75.

Certains acteurs, et notamment de nombreuses organisations non gouvernementales ou


associations environnementales, ont un point de vue tout à fait opposé à l'approche technico-
économiste : pour eux, « la sphère des activités économiques est incluse dans la sphère des
activités humaines, elle-même incluse dans la biosphère76 » : le "capital naturel" n'est dès lors
pas substituable. Afin d'insister sur les contraintes de la biosphère, les tenants de cette
approche préfèrent utiliser le terme de « développement soutenable » (traduction littérale de
sustainabledevelopment).

Les économistes systémiques légitiment cette approche : plutôt que de se concentrer sur
l'aspect purement économique des choses, ceux-ci souhaitent avoir une vision « systémique
[qui] englobe la totalité des éléments du système étudié, ainsi que leurs interactions et leurs
interdépendances77 ». On peut citer Joël de Rosnay, E.F. Schumacher ou encore Nicholas
Georgescu-Roegen.

Ces deux approches opposées ne sont bien entendu pas les seules : de nombreuses autres
approches intermédiaires tentent de concilier vision technico-économiste et
environnementaliste, à commencer par les acteurs publics. On pourra voir à ce sujet la
typologie dressée par Aurélien Boutaud17.

Toutefois, une approche nouvelle, alternative, est reconnue par le monde académique : celle
de la valorisation du social (l'aspect environnemental étant mécaniquement valorisé, par effet
de « ricochet »[précision nécessaire]). On parle de développement socialement durable (DSD). Une
telle approche demande à ce qu'un principe de précaution social (voir un principe de
responsabilité) soit admis. Les priorités du DSD se focalisent sur la réduction des
vulnérabilités des personnes en raison de modifications dans la structure des capacités (cf. les
CapabilitiesApproach d'Amartya Sen). De façon plus globale, le DSD donne la priorité à
l'équité intergénérationnelle (niveaux, conditions, qualité de vie...) par rapport à l'équité
intragénérationnelle. Il n'y a pas d'antinomie entre les deux versions de la durabilité
(écologique versus sociale). La prise en compte de la dimension sociale du développement
correspond à l'idée que la protection de la nature ne doit pas se faire au détriment du bien-être
des populations vivant au contact direct de celle-ci78.

Révision des modes de production et de consommation

Articles détaillés : Mode de production et Consommation.

La stratégie de l'Union européenne en faveur du développement durable demande de


promouvoir des modes de production et de consommation plus durables. Il convient pour cela
de briser le lien entre la croissance économique et la dégradation de l'environnement, et de
tenir compte de ce que les écosystèmes peuvent supporter, notamment en ce qui a trait aux
ressources naturelles par rapport au capital naturel disponible, et aux déchets.

L'Union européenne doit pour cela promouvoir les marchés publics écologiques, définir avec
les parties concernées des objectifs de performance environnementale et sociale des produits,
accroître la diffusion des innovations environnementales et des techniques écologiques, et
développer l'information et l'étiquetage approprié des produits et services79.

Modes de gouvernance du développement durable


Le développement durable peut se décliner de manières complémentaires : au niveau
politique, sur les territoires, dans les entreprises, voire dans sa vie personnelle. Le
développement durable a d'abord été mis en application sur les territoires (lors du sommet de
la Terre de Rio de Janeiro en 1992), puis au sein de l'entreprise et de leurs parties prenantes
(lors du sommet de la Terre de Johannesburg).

Gouvernance mondiale

Articles détaillés : Sommet de la Terre, Conférence des parties, Gouvernance


environnementale et Organisation mondiale de l'environnement.

Historiquement, le développement durable a émergé après une longue période de négociations


à l'échelle mondiale17.
La première conférence mondiale concernant le développement durable, a posteriori
rebaptisée « Sommet de la Terre », a eu lieu à Stockholm en 1972.

En 1992, au cours du sommet de la Terre de Rio de Janeiro, sont proclamés les 27 principes
de la déclaration de Rio sur le développement durable80. Les trois piliers du développement
durable sont énoncés pour la première fois au niveau international, et l'agenda 21 pour les
collectivités territoriales est élaboré.

En 2002, lors du sommet de la Terre de Johannesburg, les grandes entreprises sont pour la
première fois représentées.

Lors de ces rencontres, des représentants des parties prenantes (ONG, États, puis entreprises)
discutent des grands enjeux mondiaux, mais aussi des modes de pilotage à mettre en place
dans les collectivités et les entreprises pour décliner concrètement le concept de
développement durable.

En plus de ces sommets « généralistes » ont lieu des sommets sur des sujets plus ciblés,
comme les sommets mondiaux de l'eau, ou la Conférence des parties, qui ont lieu à des
échéances plus rapprochées.

Toutefois, les ONG et les associations écologistes, appuyées par plusieurs personnalités,
estiment que ces sommets ne sont pas suffisants, et que, pour mettre en œuvre les plus de 300
conventions et traités de droit de l'environnement et faire contrepoids à l'OMC, il faudrait se
doter d'un gendarme international aux pouvoirs contraignants, qui pourrait s'appeler
« Organisation mondiale de l'environnement »81.

Gouvernance dans les États

Union européenne

Article détaillé : Politique européenne de développement durable.

Source d'énergie renouvelable, les tours solaires thermiques utilisent le soleil comme
ressource naturelle. Depuis la gauche : les tours solaires PS10 et PS20 en Espagne.

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Dans l'Union européenne, une partie du droit de l'environnement s'est progressivement
déplacé des États membres vers le niveau européen qui est apparu subsidiairement plus adapté
pour traiter certaines de ces questions, et ceci en plusieurs étapes :

 L'Acte unique européen, en 1987, a transféré à la CEE certaines compétences des


États : l'environnement, la recherche et développement, et la politique étrangère,
 À la création de l'Union européenne, en 1993, l'environnement a été traité d'une façon
transversale dans le premier pilier de l'Union européenne, celui qui est le plus intégré,
à travers les règlements européens et les directives européennes.
 L'expression développement durable apparaît pour la première fois dans un texte
communautaire avec le traité d'Amsterdam en 1997, qui inclut également un protocole
sur le principe de subsidiarité.
 Au Conseil européen de Göteborg, en 2001, il a été décidé que la stratégie sur
l'économie de la connaissance définie au conseil européen de Lisbonne l'année
précédente intégrerait explicitement l'objectif de développement durable. Par
conséquent, au moins sur le papier, la relation entre développement durable et
ingénierie des connaissances a été reconnue. Ce conseil réoriente la stratégie de
Lisbonne vers le développement durable, et un livre vert de la Commission
européenne aborde le sujet de la responsabilité sociétale pour les entreprises.

L'impact de l'environnement sur des domaines aussi vitaux que l'eau, l'énergie, les services,
l'agriculture, la chimie… est connu depuis très longtemps : ainsi, on trouve en France dès le
XIVe siècle l'obligation de faire des enquêtes publiques d'impact préalables à l'implantation
d'industries polluantes (enquêtes de comodoincomodo pour les tanneries), ainsi qu'une
administration des eaux et forêts beaucoup plus ancienne, dotée d'un pouvoir règlementaire et
coercitif autonome. L'Union européenne a capté certaines compétences des États nationaux,
afin d'établir une nouvelle réglementation européenne qu'elle veut uniforme (directives
cadres, directives, règlements) et que les États membres doivent transposer dans leurs
règlements et leurs normes.

L'Union européenne a demandé à chacun des États-membres de définir et de mettre en œuvre


une stratégie nationale de développement durable.

C'est vers les années 2001-2002 que le développement durable apparaît en France comme la
nécessité pour les entreprises de rendre compte des conséquences sociales et
environnementales de leurs activités, par rapport aux exigences de la société civile. Cela s'est
traduit par une disposition législative sur la communication dans la loi relative aux nouvelles
régulations économiques (NRE), poussant à l'élaboration de rapports de développement
durable.

L'ancien président Jacques Chirac a poussé à la rédaction d'une charte de l'environnement en


2004, soulignant dans un discours que la France était le premier pays au monde à inclure
l'environnement dans sa Constitution82.

États-Unis

Article détaillé : Politique environnementale des États-Unis.

Dans le même temps, les entreprises anglo-saxonnes tissent des réseaux d'influence autour des
institutions internationales, en s'appuyant sur les réseaux des organisations non
gouvernementales. Ceci permet de collecter une quantité importante d'informations, qui sont
structurées puis gérées dans les réseaux internationaux d'entreprises, d'universités, de centres
de recherche (voir par exemple le World Business Council on SustainableDevelopment)
[réf. nécessaire]
.

La stratégie américaine consiste aussi à tisser des liens avec les enceintes normatives privées
comme la chambre de commerce internationale, située à Paris. La CCI rédige des "rules",
règles types dans tous les domaines de la vie des affaires, reprises comme modèles dans les
contrats financés par les organismes internationaux. La CCI a joué un rôle important au
sommet de la Terre de Johannesburg à l'été 2002 en créant, conjointement avec le WBCSD, le
Business Action for SustainableDevelopment[réf. nécessaire].

Ministères

Article détaillé : Liste des ministres de l'Environnement.

Plusieurs États consacrent explicitement un ministère à la question du développement durable.


Les États en question et leurs ministres respectifs, en février 2015, sont les suivants83 :

Parti Autres
Pays Titre Ministre actuel(le) politique portefeuilles du
du ministre ministre
Ministre de l'Énergie,
de l'Environnement Marie-Christine MR
Belgique aucun
et du Développement Marghem (centre-droit)
durable
Ministre du Forêts, Pêcheries,
Belize Développement LiselAlamilla et Peuples
durable autochtones
Ministre de
l'Environnement et
Colombie Gabriel Vallejo aucun
du Développement
durable
Ministre du
développement
Congo durable, de
Henri Djombo aucun
(République) l'Économie forestière
et de
l'Environnement
Ministre de
l'Environnement, de
Côte
la Sanitation urbaine Remi Alla Kouadio aucun
d’Ivoire
et du Développement
durable
Ministre d'État
Ministre de la Sans
France Transition écologique Nicolas Hulot étiquette Écologie, Énergie,
(divers
et solidaire écologiste) Développement
durable, Transports
Ministre du Économie ;
Géorgie Développement Giorgi Kvirikashvili Premier vice-
durable premier ministre
Ministre du
Luxembou Développement Les Verts
François Bausch aucun
rg durable et des (écologiste)
Infrastructures
Ministre de
l'Environnement, de
Mali la Sanitation et du Mohamed Ag Erlaf aucun
Développement
durable
Ministre de
l'Environnement, du
Développement Travailliste
Malte Leo Brincat (centre- aucun
durable et du gauche)
Changement
climatique
Ministre de
Mauritani l'Environnement et
Amedi Camara aucun
e du Développement
durable
Ministre de
l'Environnement et
Mongolie DulamsurenOyunkhorol Tourisme
du Développement
vert
Ministre du
Monténég
Développement BranimirGvozdenovic Tourisme
ro
durable
Finances, Justice,
Ministre du
Eigigu Holdings
Nauru Développement David Adeang aucun
Corporation, Nauru
durable
Air Corporation
Ministre de
l'Environnement, de
Niger la Propreté urbaine et Ada Chaifou aucun
du Développement
durable
Ministre du Service public,
Sainte-
Développement James Fletcher Énergie, Sciences
Lucie
durable et technologies
Ministre de
l'Environnement et
Sénégal Mor Ngom aucun
du Développement
durable
Ministre de
l'Environnement et UPL
Tunisie NejibDerouiche (libéral, laïc, aucun
du Développement centriste)
durable
Gouvernance sur les territoires : Agenda 21

Article détaillé : Agenda 21.

Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et la signature de la charte d'Aalborg


(1994), les territoires sont au cœur du développement durable. À l'aide de l'Agenda 21 -
véritable plan d'action de la politique de développement durable des collectivités - les réseaux
de villes et les communautés urbaines sont à même d'exprimer les besoins et de mettre en
œuvre des solutions. Pour cela, les collectivités territoriales peuvent coopérer avec les
entreprises, les universités, les grandes écoles en France, ainsi qu'avec les centres de
recherche, pour imaginer des solutions innovantes pour le futur.

Les Agendas 21 locaux sont réalisables à l'échelle d'une commune, d'un département, d'une
région, d'une communauté de communes ou d'une communauté d'agglomération. Ils sont
définis en concertation avec les acteurs locaux, dans un cadre de démocratie participative et se
déroulent en plusieurs phases :

 définition des problématiques et priorités sociales, environnementales et économiques


du territoire ;
 établissement d'un plan d'action précis ciblant ces problématiques ;
 mise en œuvre du plan d'action ;
 évaluation et ajustements des actions mises en œuvre.

Les initiatives locales se multiplient en France et, au début de 2010, neuf grandes villes
françaises se sont engagées à créer un label écologique pour la gestion de leurs espaces
verts84. Celle-ci consiste à bannir l'utilisation de produits phytosanitaires dans les jardins
publics, en vue de préserver la qualité de l'eau et la biodiversité. Un « référentiel écologique »
devrait voir le jour d'ici la fin de l'année 2010, et définira le cahier des charges à respecter
pour l'obtention du futur label « jardin écologique ». Dans les villes de plus de 50 000
habitants, un rapport annuel de développement durable doit être produit (en quatre parties) et
publié chaque année, jouant un rôle d'accompagnement et d'autoévaluation pour l'amélioration
continue85. C'est aussi une pièce justificative nécessaire à la demande de labellisation.

Gouvernance dans les entreprises : responsabilité sociale des entreprises


(RSE)

Article détaillé : Responsabilité sociale des entreprises.

Puissantes au niveau international, créatrices de richesses et consommatrices de ressources,


les entreprises ont une capacité d’intervention qui peut se révéler particulièrement efficace en
faveur du développement durable :

 elles participent directement au développement économique par leurs investissements ;


 à travers les conditions de travail qu’elles proposent à leurs salariés, elles participent à
créer ou réduire des inégalités sociales ;
 consommatrices de ressources naturelles, productrices de déchets et génératrices de
pollutions, leurs activités modifient plus ou moins profondément l’environnement.
Pour le respect d'objectifs de développement durable par les entreprises, spécifiquement on
parle de responsabilité sociale des entreprises (corporate social responsability) ou parfois plus
précisément de responsabilité sociétale des entreprises86 puisque le volet de responsabilité ne
correspond pas uniquement au volet « social ».

La responsabilité sociétale des entreprises est un concept par lequel les entreprises intègrent
les préoccupations sociales, environnementales, voire de bonne gouvernance dans leurs
activités et dans leur interaction avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. En
effet, à côté des obligations réglementaires et législatives, existe tout un champ d'actions
possibles sur la base du volontariat et qui peut s'appuyer notamment sur des normes : à citer
cependant en France, une loi relative aux nouvelles régulations économiques (NRE) qui incite
les entreprises cotées en bourse à inclure dans leur rapport annuel une série d'informations
relatives aux conséquences sociales et environnementales de leurs activités.

La notion de développement durable humain en entreprise devient actuelle à la suite des


nombreux problèmes d'absentéisme, de stress et de burn-out. Elle est en lien direct avec le
comportement managérial responsable en interne et en externe.

Depuis le début des années 2000, bon nombre d'entreprises se sont dotées de directions du
développement durable87. Elles ont engagé des politiques souvent ambitieuses pour faire
évoluer les comportements internes et incarner de manière tangible leurs responsabilités
sociale et environnementale.

Éducation au développement durable


Article détaillé : Éducation à l'environnement et au développement durable.

Dans l'enseignement

En mars 2005, lors d'une réunion de haut niveau des ministères de l'environnement et de
l'éducation à Vilnius (Lituanie), a été adoptée une stratégie européenne pour l'éducation en
vue du développement durable. L’éducation a été présentée non seulement comme un droit de
l’homme, mais également comme une condition sine qua non du développement durable et
comme un outil indispensable à une bonne gouvernance, à des décisions éclairées et à la
promotion de la démocratie. L'éducation au développement durable (EDD) conduit à une
prise de conscience plus grande et une autonomie accrue permettant l’exploration de
nouveaux horizons et concepts et l’élaboration de méthodes nouvelles88. En août 2004 avait
déjà été défini un cadre de mise en œuvre de cette stratégie pour l'Europe89. Des cadres de
mise en œuvre ont également été définis pour l'Afrique, les États arabes, l'Asie/Pacifique,
l'Amérique latine et les Caraïbes.

En septembre 2005 a été approuvé le plan international de mise en œuvre de la Décennie des
Nations unies pour l’éducation en vue du développement durable, lors d'une session de
l’Unesco. Ce plan a défini un cadre pour la décennie 2005-201490.

Dans les différents États-membres de l'Union européenne, des actions sur l'éducation ont été
intégrées dans les stratégies nationales de développement durable. En France, l'éducation au
développement durable a été intégrée dans les enseignements, particulièrement en histoire-
géographie, en éducation civique, et dans les sciences de la vie et de la Terre. À la différence
des disciplines scientifiques qui privilégient une éducation à l'environnement et de l'éducation
civique qui aborde dans le programme de la classe de sixième l'environnement et sa protection
par les citoyens dans un thème consacré aux habitants dans leur commune, l'accent est mis en
géographie sur les trois aspects du développement durable (social, économie et
environnement). Les programmes des classes de cinquième et de seconde y sont pleinement
consacrés. Le ministère de l'Éducation nationale français a également développé des méthodes
d'éducation utilisant les techniques de l'information et de la communication pour l'éducation
(TICE)91. En France aussi, il a été créé en 2011 pour la session 2013 une filière préparant au
Baccalauréat sciences et technologies de l'industrie et du développement durable ou cette
dernière notion y est intégrée totalement aux programmes.

En France, une dimension de développement durable est généralement intégrée dans


l'enseignement supérieur. Dans les écoles d'ingénieurs par exemple, les élèves sont informés
de leurs obligations futures à travers la diffusion de la charte d'éthique de l'ingénieur92, selon
laquelle : « L'ingénieur inscrit ses actes dans une démarche de « développement durable ».

Des formations en ligne ouvertes à tous (MOOC, massive open online course en anglais) sur
le thème du développement durable ont été développées sur les plateformes FUN93,
Coursera94,95 et l'université des Colibris96.

Dans les entreprises et les administrations

Les entreprises ont en général adopté dans leur stratégie des chartes de développement
durable. La communication en interne sur ce sujet a cependant souvent laissé sceptiques les
employés, en raison de distorsions avec les pratiques sociales observées sur le terrain.

En France, un certain nombre de dirigeants sont formés régulièrement dans différents


organismes, comme le Collège des hautes études de l'environnement et du développement
durable, l'institut Cap Gemini sur les aspects informatiques97, ou échangent des informations
dans le cadre de groupes d'anciens élèves d'écoles (X-environnement pour l'École
polytechnique, ISIGE Alumni pour l'ISIGE-MINES ParisTech, etc.).

En France toujours, les ingénieurs sont tenus, au moins théoriquement, de respecter la charte
d'éthique de l'ingénieur élaborée par IESF98.

Dans la société civile

Dans la société civile, ce sont les associations99 et les organisations non gouvernementales qui
contribuent le plus à la sensibilisation du grand public. Les grandes ONG (WWF, Les Amis
de la Terre, Secours catholique, Action contre la faim, Amnesty International…) mettent en
œuvre des démarches de responsabilité sociétale100 et organisent régulièrement des campagnes
de sensibilisation sur des aspects particuliers du développement durable. Les sites internet de
ces associations sont par ailleurs des outils de mobilisation remarquables. Les outils de calcul
de l'empreinte écologique, librement accessibles sur la Toile, permettent de faire prendre
conscience du problème environnemental.

Enfin, les Nations unies organisent chaque année des Journées mondiales de sensibilisation et
consacrent chaque année à un thème lié à la protection de l’environnement. En 2010, elles
mettaient l’accent sur la biodiversité. 2011 est instituée année internationale des forêts.
Outils et mesure du développement durable
Article connexe : Indicateur du développement durable.

PIB et développement durable

Article détaillé : PIB et développement durable.

Avant l'installation de dispositifs de désulfuration, les émissions de cette usine du Nouveau-


Mexique contenaient des quantités excessives de dioxyde de soufre.

Le produit intérieur brut est un indice très employé dans les comptabilités nationales pour
mesurer la croissance économique, au point de conditionner une grande part des
raisonnements et stratégies économiques. On dit que l'on est en croissance ou en récession
selon que le PIB est en augmentation ou en diminution. Le PIB est censé mesurer la
croissance économique sur le long terme, mais il prend mal en compte la variation du capital
naturel (éventuellement fossiles) qui est un effet de long terme. C'est notamment la raison
pour laquelle le PIB est critiqué par certains auteurs, qui en soulignent les limites pour la
mesure effective de la richesse d'un pays101.

Le PIB est calculé par agrégation de la valeur ajoutée des entreprises, elle-même calculée en
comptabilité nationale en fonction de la production et des consommations intermédiaires. Les
indicateurs de développement durable tels que ceux qui figurent dans le Global Reporting
Initiative ou les indicateurs demandés par la loi sur les nouvelles régulations économiques en
France, ne sont pas intégrés dans ces calculs.

La question se pose donc de savoir si le PIB est vraiment une mesure fiable de développement
durable102. Les insuffisances du PIB comme mesure de la croissance sur le long terme seraient
à l'origine du fait que l'on parle maintenant de PIB vert et de croissance verte.

En France, l'Insee fait néanmoins figurer le PIB comme l'un des onze indicateurs de la
stratégie nationale de développement durable103. La France a une réflexion sur l'utilisation de
nouveaux indicateurs dont l'empreinte écologique104.

L'Europe a annoncé qu'elle publierait dès 2010 un indice présentant la pression exercée sur
l'environnement (émissions de gaz à effet de serre, réduction des espaces naturels, pollution
atmosphérique, production de déchets, utilisation des ressources, consommation d'eau et
pollution de l'eau), qui accompagnera la publication du PIB105.

Indices agrégés

Les instruments macroéconomiques classiques (PIB par exemple) s'avèrent insuffisants, voire
dans certains cas déficients pour mesurer le développement durable : la croissance
économique apparaît ainsi dans certains cas comme déconnectée, voire opposée aux objectifs
du développement durable106.

Il s'agit donc de construire un indice agrégé qui permet de rendre compte au mieux de
l'efficacité d'une politique de développement durable. Plusieurs indices107 ont été établis, qui
concernent chacun un ou plusieurs « piliers » du développement durable :

 Sur le plan économique, il est possible de donner une valeur monétaire à


l'environnement (on parle alors de capital naturel)108 ou de PIB vert ;
 Sur le plan environnemental, il existe les indicateurs suivants :
o l'indice de durabilité environnementale (en)109,
o le bilan carbone ou les tonnes de CO2 émises (bilan carbone personnel pour les
particuliers),
o la consommation énergétique,
o l'empreinte écologique, la biocapacité et le déficit écologique - différence entre
l'empreinte écologique et la biocapacité - (ou excédent écologique si la
biocapacité est supérieure à l'empreinte écologique) ;
o l'indice planète vivante (The Living Planet Index ou LPI pour les anglophones),
indicateur d'état de la biodiversité mondiale,
 Sur le plan social, on parle d'indice de développement humain (qui mesure la richesse,
le taux d'alphabétisation et la santé d'une population), de coefficient de GINI, d'indice
de bien être durable ou d'indicateur de progrès véritable…

Tout indice est néanmoins sujet à caution : la manière d'agréger les données exprime un parti-
pris. Qu'est-ce qu'un pays « avancé en développement durable » ? Est-ce un pays qui
consomme peu de ressources (comme le Bangladesh), ou est-ce un pays avec de nombreux
parcs nationaux protégés (comme les États-Unis)17 ?

Outils d'aide à la décision pour le développement durable

L’OQADD, outil de questionnement et d’aide au développement durable17, est une grille de


questionnement permettant de susciter des débats sur les problématiques relatives au
développement durable, en mettant en avant les points-clefs d'un projet. Ils se réclament à la
fois de l’évaluation des politiques et de l’analyse multicritère, mais sont plutôt utilisés pour
questionner des politiques ou des projets au regard des critères de développement durable. Ce
sont des grilles de critères en arborescence, déclinants les principales dimensions du
développement durable (économie, écologie, social, gouvernance…).

Cet outil peut être soumis aux différents acteurs intervenant dans la mise en place d’un
nouveau projet : des élus, des industriels, des associations de défense de l’environnement, des
syndicats…
Indicateurs et normes

La mesure microéconomique du développement durable pour les entreprises peut se faire par
l'intermédiaire des critères du Global Reporting Initiative, comportant 79 indicateurs
économiques. Par ailleurs l'OCDE a effectué des travaux importants sur les indicateurs
environnementaux, et a développé pour cela le modèle Pression État Réponse.

Les principales normes et certifications qui peuvent être appliquées par les entreprises sont la
norme environnementale ISO 14001, la norme sur le management de l'énergie ISO 50001, la
norme sur la qualité ISO 9001, la certification OHSAS 18001 sur la santé et la sécurité au
travail, et le standard SA 8000 sur l'éthique et le social. Il existe également un guide SD
21000 (en France) pour la prise en compte des enjeux du développement durable dans les
entreprises.

Une nouvelle norme sur la responsabilité sociétale des entreprises, l'ISO 26000, a été mise en
application en 2010. Cette norme intègre la responsabilité sociétale, la gouvernance et
l'éthique d'une manière plus élargie.

Par ailleurs, les entreprises peuvent être notées par des agences de notation sociétale110, qui
prennent en compte dans leur notation des critères extra-financiers (environnementaux et
sociaux). Les entreprises sont jugées par ces agences sur la base de leurs rapports de
développement durable, ou de tout document permettant d'apprécier les performances
économiques, environnementales et sociales. La notation sociétale est ensuite utilisée par les
investisseurs pour constituer des portefeuilles de valeurs appelés investissements socialement
responsables (ISR).

Gestion transversale et domaines d'application


La mise en œuvre d'une démarche de développement durable dans une organisation
(collectivité ou entreprise) est un processus complexe, qui engage toutes les fonctions de
l'entreprise. Il s'agit de mettre en place une véritable gestion de programme transverse, avec
des correspondants dans les principales entités de l'organisation, en impliquant les parties
prenantes dans un modèle économique durable111. Nous donnons ci-dessous quelques
exemples de domaines d'application particulièrement concernés par la mise en œuvre d'une
démarche de développement durable ou de responsabilité sociétale.

Ventes et logistique

Article détaillé : Logistique et développement durable.

Les ventes et la logistique sont particulièrement impactées par les questions de


développement durable. La fonction administration des ventes des entreprises est en effet
responsable de la livraison au client final, qui fait appel le plus souvent au transport routier,
fortement consommateur de produits pétroliers.
Marketing

Il s'agit d'identifier les opportunités et les menaces dans le contexte d'une sensibilité accrue
des consommateurs et du marché aux enjeux du développement durable, en accord avec les
parties prenantes112. Le marketing doit aussi véhiculer vers les autres domaines de l'entreprise
les valeurs demandées par le marché. Certaines sociétés se contentent parfois d'opérations de
communication plutôt que de vraiment changer le fonctionnement de l'entreprise ; on parle
alors d'écoblanchiment (en anglais : greenwashing)113.

Élizabeth Reiss montre que les entreprises ont intérêt à créer des produits et des services
responsables, parce que les clients le demandent, et parce ce que c'est rentable. Elle donne des
pistes pour revoir les modes de production et de communication. L'entreprise peut dans
certains cas y gagner en productivité et fidéliser ses équipes de salariés et ses clients114.

Christophe Sempels et Marc Vandercammen analysent le comportement du consommateur


responsable, et soulignent le rôle du marketing dans la mise en œuvre d'innovations durables
et dans leur acceptation par les marchés. Ils cherchent à créer le lien entre une demande et une
offre plus responsables, en passant d'une logique « produit » à une logique « service »115.

Plusieurs programmes de fidélisation ayant pour but la modification des comportements de


consommations au travers d'outils marketing ont vu le jour ces dernières années. C'est par
exemple le cas de RecycleBank (en) aux États-Unis ou encore du programme Green Points en
France. Ces types de programme utilisent le principe de prime pour motiver le consommateur
à changer ses habitudes de consommation.

Recherche et développement

Les caractéristiques du développement durable que sont les échelles temporelles et spatiales
multiples, et l'interconnexion des problèmes, conduisent à des problématiques nouvelles de
recherche et développement, à la recomposition de certains champs de recherche, et à
l'apparition de nouvelles disciplines. La réponse aux demandes du développement durable
passe par un accroissement des travaux de nature interdisciplinaire, entre sciences de la nature
et sciences humaines et sociales. Il est nécessaire de structurer la recherche scientifique de
manière plus fédérative, en organisant des institutions transversales et internationales. La
demande d'expertise nécessite souvent la coopération de disciplines différentes. La recherche
pour le développement durable nécessite de meilleures données, plus abondantes, et des outils
plus performants dans le domaine de la modélisation et de la prospective. La recherche doit
imaginer de nouvelles formes de coopération avec les autres acteurs, responsables politiques,
entreprises, associations, syndicats, et autres composantes de la société civile116.

Le marketing doit répondre à la question de savoir s'il faut investir dans le recyclage ou
investir dans de nouveaux produits propres, ce qui impose des choix dans la recherche et
développement117. La recherche peut se faire dans des laboratoire de recherche internes aux
entreprises, ou en partenariat avec des laboratoires publics, par exemple dans le cadre de pôles
de compétitivité118.
La recherche et développement peut avoir besoin d'outils de gestion des connaissances pour
améliorer l'efficacité de ses recherches119. Elle doit procéder à une veille technologique
orientée vers des objectifs de développement durable120.

Aspects juridiques

Sur le plan règlementaire, le développement durable se traduit par un ensemble de textes


juridiques, qui peuvent être établis soit au niveau européen (directives européennes), soit au
niveau des États. Quelques exemples de règlements européens sont le règlement REACH sur
les substances chimiques, ou la directive sur les déchets d'équipements électriques et
électroniques (DEEE), pour ce qui concerne le pilier environnemental.

Au niveau des États, le droit environnemental et droit social s'appliquent sur chacun de ces
piliers environnemental et social (en France le code de l'environnement et le code du travail).

En France :

 La charte de l'environnement, de valeur constitutionnelle, stipule à l'article 6 que « les


politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles
concilient la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement
économique et le progrès social ».
 Les marchés publics, soumis à une réglementation stricte, peuvent intégrer des clauses
environnementales et sociales, en vertu des articles 5 et 14 du code des marchés
publics121.
 La loi sur les nouvelles régulations économiques, dans son article 116, impose aux
entreprises cotées en bourse de produire des rapports d'activité qui rendent compte des
conséquences environnementales et sociales de leur activité122.

Les services juridiques des entreprises doivent procéder à une veille juridique, éventuellement
pour les petites et moyennes entreprises (PME) avec l'aide des chambres de commerce et
d'industrie.

Outre cette veille, les services juridiques sont amenés à vérifier la conformité des actions de
développement durable de l'organisation dans ses déclinaisons économiques, sociales et
environnementales par rapport aux normes applicables et la communication extra-financière
qui l'accompagne.

Achats

Article détaillé : Achat durable.

Le respect de critères environnementaux, sociaux, et économiques dans l'élaboration des


produits d'une entreprise dépend non seulement de ses processus internes, mais aussi de la
qualité des produits achetés auprès des fournisseurs de l'entreprise, des services inhérents à
ces achats, en particulier le transport, ainsi qu'en amont de ceux-ci. La performance en matière
de développement durable dépend donc de l'intégration progressive de la chaîne
d'approvisionnement dans le référentiel de responsabilité sociétale des entreprises concernées.
Il est nécessaire de revoir la stratégie achats (réduction des coûts, élimination des déchets,
augmentation de l'efficacité énergétique, conservation des ressources), en faisant participer les
partenaires fournisseurs de l'entreprise123.
Gérer le développement durable dans les achats des entreprises, des organismes publics ou
encore des collectivités locales peut se faire en tenant compte du coût global d'acquisition qui,
outre le prix d'achat, intègre le transport des produits achetés, le dédouanement, les garanties,
les coûts de stockage, l'obsolescence, les déchets générés lors de la production et en fin de
vie124.

L'engagement d'un plan d'action développement durable aux achats répond généralement à
des arguments de quatre natures différentes125 :

 un argument citoyen, comme moyen d'action en vue de permettre aux générations du


présent de répondre à leurs besoins sans compromettre la capacité des générations
futures à répondre aux leurs ;
 un argument économique, relatif aux économies d'achat qui proviennent d'une
meilleure conception produit ;
 un argument communication, relatif aux risques sur l'image (réputation) ;
 un argument légal, consistant en la réponse aux obligations règlementaires (code des
marchés publics dans le secteur public en France).

Finance

La mise en œuvre d'une politique de développement durable dans les entreprises dépend
largement de l'utilisation des ressources de l'entreprise. Ces ressources peuvent être des actifs
physiques (immobilisations au sens classique du terme), mais aussi des actifs immatériels
(immobilisations incorporelles) ou tout simplement des ressources humaines, c'est-à-dire des
salariés et des partenaires de l'entreprise.

L'atteinte des objectifs de développement durable dépend en grande partie de la façon dont les
entreprises vont orienter l'action de l'ensemble de ces ressources (employés, parties prenantes,
organisation…). Des réflexions apparaissent sur de nouvelles méthodes d'estimation de la
valeur financière des entreprises à travers la notion de capital immatériel.

Les actifs financiers que sont les investissements socialement responsables (ISR) permettent
d'orienter les portefeuilles de valeurs financières vers des actifs qui respectent des critères à la
fois environnementaux, sociaux et économiques. L’ISR a une vision à long terme de nature à
donner des résultats meilleurs que ceux des sociétés qui agissent dans la perspective
d'objectifs financiers à court terme. Selon une définition officielle donnée en juillet 2013 par
le Forum pour l'investissement responsable (FIR), association réunissant les acteurs de l'ISR
en France, et l'Association française de la gestion financière (AFG), association des acteur du
métier de la gestion, « L'ISR (Investissement Socialement Responsable) est un placement qui
vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les
entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit
leur secteur d'activité. En influençant la gouvernant et le comportement des acteurs, l'ISR
favorise une économie responsable »126.

L’ISR est encore trop récent et le recul insuffisant pour le vérifier de façon tangible et assez
large, mais l’observation des fonds ISR les plus anciens laisse penser que leur rentabilité est
comparable, voire parfois meilleure que celle des autres fonds127.
Il faut également signaler le développement de toute une branche de la finance, la finance du
carbone, liée aux enjeux des gaz à effet de serre. Le projet BlueNext s'inscrit dans ce type
d'activités.

Systèmes d'information

Articles détaillés : Informatique durable et Dématérialisation et développement durable.

Centre de stockage des données

Il existe une croyance selon laquelle l'informatique serait « virtuelle » ou « immatérielle ». La


dématérialisation, qui consiste à faire passer les flux de documents entre organisations d'un
support d'information papier à un support d'information électronique (ce terme est peu
approprié, car en réalité la dématérialisation ne supprime pas le fait qu'on utilise de la matière
avec un support d'information électronique) est souvent présentée, y compris par les
spécialistes du développement durable128, comme un avantage du point de vue
environnemental, car elle supprimerait la consommation de papier. En fait, on se rend compte
que le « zéro papier » est un mythe129. Une analyse qualitative des avantages et des
inconvénients de la dématérialisation du point de vue du développement durable montre en
effet que les choses ne sont pas si simples. En particulier, ce processus n'améliore pas la
qualité environnementale des produits.

L'informatisation massive de l'économie depuis une cinquantaine d'années nous a fait passer
dans une économie de l'immatériel, dans laquelle l'augmentation des flux de gestion pilotés
par l'informatique s'est accompagnée d'une augmentation parallèle des flux de biens
marchands, donc des quantités de ressources naturelles consommées, comme le montre Jean-
Marc Jancovici130.

Concilier développement durable et systèmes d'information n'est pas aisé, car les systèmes
d'information ne sont généralement pas pensés pour le long terme. Tant les matériels que les
logiciels sont généralement conçus pour une durée d'utilisation de quelques années. D'autre
part, les systèmes d'information d'entreprise ont été conçus selon une logique essentiellement
comptable et financière. Ils se sont structurés autour de la comptabilité générale, avec des
progiciels de gestion intégrés, et ils ont longtemps ignoré les critères extra-financiers du
développement durable. Les éditeurs de progiciels de gestion intégrés proposent des offres de
mise en conformité réglementaire131.

Les initiatives actuelles sur l'application des principes de développement durable en


informatique concernent le plus souvent le matériel informatique proprement dit (recyclage132
et consommation électrique). Il existe une certification internationale pour les équipements, la
certification TCO, ainsi qu'une directive européenne sur les substances dangereuses, la
directive RoHS. L'informatique verte (green IT en anglais) se concentre essentiellement sur
les bonnes pratiques portant sur le matériel informatique.

Plus fondamentalement, le développement durable pose de nouveaux défis : faire face à


l'augmentation des connaissances, gérer une nouvelle relation avec les clients, respecter des
réglementations de plus en plus complexes133. Pour cela, il est nécessaire de restructurer les
systèmes d'information selon une nouvelle architecture : celle du système d'information
durable, combinant gestion des données de référence (MDM), système de gestion de règles
métier (BRMS), et gestion des processus métier (BPM)134.

L'application aux processus métier vertueuse sur le plan du développement durable pose le
problème du partage de l'information environnementale et sociale entre les entreprises et
administrations publiques, ainsi qu'avec leurs parties prenantes. Concernant l'application au
volet environnemental proprement dit, on parlera d'écoinformatique (les Américains
emploient l'expression Green IT 2.0).

Les systèmes d'information actuels sont très hétérogènes et n'ont le plus souvent pas été
conçus pour gérer une information à caractère sociétal. Ainsi, les exigences de développement
durable nécessitent de structurer les informations utiles pour la gestion des programmes
concernés, et plus particulièrement pour la gestion des données et la structuration de réseaux
de compétence. Le Royaume-Uni a mis en place une régulation publique de l'information
environnementale. La France mise sur l'effet de la loi sur les nouvelles régulations
économiques pour réguler l'économie. D'une façon générale, le développement durable pose
le défi de gérer une grande quantité d'informations non structurées ; pour cela plusieurs
méthodes sont apparues : les techniques du web sémantique s'appuyant sur des ontologies et
des métadonnées ; les projets d'ingénierie des connaissances ; les systèmes wiki comme
l'encyclopédie Ekopedia, ou Wikia Green135.

Un autre problème crucial qui se pose est de savoir quels sont les impacts de la course à la
puissance informatique en matière environnementale, et si la fameuse loi de Moore est
véritablement pertinente à long terme136. On constate que les ordinateurs et les logiciels sont
généralement surdimensionnés par rapport aux besoins, et que l'arrivée incessante de
nouvelles versions de matériels et de logiciels a pour effet de diminuer la durée
d'amortissement des équipements, donc de générer des déchets.

La convergence entre l'internet et le développement durable fait l'objet des réflexions du


forum TIC21137. L'association ADOME (Association pour le développement d'outils
multimédia appliqués à l'environnement)138 a développé un moteur de recherche du
développement durable, Ecobase 21, composé de 70 000 liens.

Communication
Avec la mise en place de programmes de développement durable dans les entreprises et
d’agendas 21 dans les collectivités territoriales, s’est posée, à partir de 2002, la question de la
« communication sur le développement durable ». Autrement dit, comment sensibiliser
l’opinion au développement durable, impliquer les professionnels, et parfois convaincre les
décideurs ?

Cette question a en partie trouvé sa réponse dans la création d'une direction du développement
durable, qui est désormais perçue comme un poste stratégique dans l'entreprise. Une
association loi de 1901, le Collège des Directeurs du développement durable (C3D), participe
à faire évoluer la fonction du directeur de développement durable139.

Plusieurs autres pistes et éléments de réponse sont donnés par des professionnels140 :

 « Il n’y a pas de communication miracle, mais un travail sur la durée ». En outre, il est
souhaitable : "d’impliquer les associations, d'impliquer physiquement les citoyens
(événements festifs, comités citoyens, témoignages, etc.), et d’agir plus sur
l’émotionnel, car on convainc souvent mieux avec des événements festifs que des
arguments scientifiques". Concernant éco-produits et éco-services, la communication
doit mettre « simultanément en avant l’aspect environnement/social et les égo-
promesses (être en meilleure santé, avoir une plus jolie peau, etc.) »141[réf. insuffisante], sous
peine de ne pas convaincre et de ne pas vendre.
 « On passe d'une logique de conformité à une logique d'innovation », explique Michel
Rios142

Service après-vente

La mise en œuvre d'une démarche de développement durable dans le domaine du service


après-vente se traduit le plus souvent par une politique de réparabilité des produits, qui peut
permettre à l'entreprise de fidéliser ses clients et éviter l'obsolescence programmée, source de
coûts économiques et environnementaux élevés143.

Tableau synthétique
Le développement durable reste un concept pouvant être décliné selon de nombreux axes : ses
fondements peuvent être vus comme étant philosophiques et/ou scientifiques, ses applications
touchent tout autant le droit que les techniques de pointe ou la gouvernance. Le tableau ci-
dessous présente les domaines dans lesquels le développement durable est appliqué, ainsi
qu'une liste des articles associés.

Domaine Principaux articles


Politique européenne de développement durable · Stratégie nationale de
Pilotage développement durable · Agenda 21 · Agendas 21 locaux · Management
environnemental · Sommet de la Terre · Éthique appliquée
Responsabilité sociale des entreprises · Triple bottom line · Parties
prenantes · Investissement socialement responsable · Global Compact ·
Économie
Économie de l'environnement · Économie bouddhiste · Lutte contre la
corruption
Gestion des ressources humaines · Développement humain · Indice de
Social
développement humain · CHSCT · Pays en développement
Ressources Utilisation durable de l'eau · Utilisation durable des sols · Énergie
naturelles renouvelable · Économie d'énergie
Agriculture durable · Agriculture biologique · Traçabilité agroalimentaire ·
Agriculture
Sécurité alimentaire · Gestion durable des forêts
Industrie et Écologie industrielle · Chimie verte · Véhicule propre · Gestion des déchets
Construction · Écoconstruction · Haute qualité environnementale · Écologie urbaine
Technologie intermédiaire · Meilleure technologie disponible · Technologie
Technologie
environnementale
Empreinte écologique · Facteur 4 · Durabilité · Traçabilité · Analyse du
Concepts cycle de vie · Filière intégrée · Coût du cycle de vie · Indicateur
environnemental

Critiques de la notion

La déforestation et l'augmentation de construction de routes dans la forêt amazonienne sont


une importante préoccupation en raison de l'empiétement humain sur les milieux naturels, de
l'augmentation de l'extraction de ressources et davantage de menaces pour la biodiversité.

Le terme de « développement durable » a été critiqué pour le flou qui l'entoure144,145. Luc
Ferry écrit ainsi : « Je sais que l'expression est de rigueur, mais je la trouve si absurde, ou
plutôt si floue qu'elle ne dit rien de déterminé. (…) qui voudrait plaider pour un
« développement intenable » ! Évidemment personne ! […] L'expression chante plus qu'elle
ne parle. ».

Le concept rencontre des critiques à plusieurs niveaux. Ainsi, John Baden (en)146 considère
que la notion de développement durable est dangereuse, car débouchant sur des mesures aux
effets inconnus et potentiellement néfastes. Il écrit ainsi : « en économie comme en écologie,
c'est l'interdépendance qui règne. Les actions isolées sont impossibles. Une politique
insuffisamment réfléchie entraînera une multiplicité d'effets pervers et indésirables, tant au
plan de l'écologie qu'au plan strictement économique. ». À l'opposé de cette notion, il défend
l'efficacité de la propriété privée pour inciter les producteurs et les consommateurs à
économiser les ressources. Selon Baden, « l'amélioration de la qualité de l'environnement
dépend de l'économie de marché et de la présence de droits de propriété légitimes et
garantis ». Elle permet de maintenir l'exercice effectif de la responsabilité individuelle et de
développer les mécanismes d'incitation à la protection de l'environnement. L'État peut dans ce
contexte « créer un cadre qui encourage les individus à mieux préserver l'environnement », en
facilitant la création de fondations vouées à la protection de l'environnement147.
Certains auteurs craignent une dérive vers des modèles de substitution à durabilité faible, qui
admettent que le capital naturel est remplaçable par un capital de connaissances humaines.
Pearce et Turner, par exemple, maintiennent que la dégradation du capital naturel est
irréversible, en soulignant que la capacité de l'environnement à assimiler les pollutions est
limitée148 ; d'autres auteurs appartenant au courant de l'économie écologique mettent en avant
le caractère irremplaçable de certaines ressources naturelles, qui rend le capital naturel non
substituable149. Le développement durable est également critiqué en ce qu'il peut n'être qu'un
outil des pays du Nord contre les pays en développement : la géographe spécialiste du Tiers-
Monde Sylvie Brunel150 estime que les idées de développement durable peuvent servir comme
paravent aux idées protectionnistes des pays du Nord pour empêcher le développement par le
commerce des pays du Sud. Pour Sylvie Brunel, le développement durable « légitime un
certain nombre de barrières à l'entrée ». En offrant ainsi un prétexte au protectionnisme des
pays développés, « le sentiment que donne le développement durable, c'est qu'il sert
parfaitement le capitalisme ».

Certains auteurs dénoncent une dimension religieuse ou irrationnelle du développement


durable. Sylvie Brunel parle ainsi de « technique de marketing digne des grands
prédicateurs » et souligne ainsi dans une conférence Naissance d’une religion : le
développement durable, que « le développement durable est le produit de la dernière
mondialisation et de toutes les peurs qu’elle peut entraîner »151. Pour Claude Allègre, il s'agit
d'une religion de la nature, qui a oublié que la préoccupation essentielle devait être l'homme :
« La moulinette écologique a, hélas, amplifié le mot « durable » et effacé le mot
« développement » au fil des années. Nous revendiquons ici le respect de cette exigence dans
son intégralité. Ce n’est pas parce qu’on défend la nature qu’on peut laisser de côté la
culture. »152.

D'autres penseurs soulignent encore les menaces potentielles que les idées au fondement du
développement durable peuvent représenter pour les libertés individuelles. Le philosophe Luc
Ferry voit par exemple dans les idées de Hans Jonas des idées potentiellement totalitaires et
souligne les risques du développement durable à cet égard153. Cette crainte est également
partagée par nombre de libéraux : « L’environnement peut être le prétexte à une nouvelle
augmentation du pouvoir et à des dérives dangereuses de la part des personnes les plus
assoiffées de puissance. Même les personnes les mieux intentionnées ne sauraient très
probablement pas gérer les pouvoirs immenses dont certains écologistes voudraient voir dotés
les gardiens de l’écologiquement correct. »154.

Les tenants de la décroissance considèrent que le terme de développement durable est un


oxymore car les ressources naturelles sont finies alors que le mot « développement »
présuppose selon eux une exploitation toujours plus importante de ces ressources155. Ainsi,
Serge Latouche, sous un angle économique156, ou Jean-Christophe Mathias, sous un angle
philosophico-juridique, critiquent ce concept. Dans l'essai Politique de Cassandre157, Jean-
Christophe Mathias estime que le concept de développement durable est « schizophrénique »
car il propose de régler des problèmes environnementaux par ce qui en est selon lui l'origine,
à savoir la croissance économique continue. Il considère que le développement durable, de
même que le principe de précaution, n'est pas adapté à une politique volontariste de protection
de la nature car il donne à ses yeux la primauté à l'économie sur les questions sociale et
environnementale. Serge Latouche de son côté interroge les différentes dénominations du
concept, à savoir développement durable, soutenable ou supportable158 et conclut que le
développement serait problématique du fait de la finitude de la planète. Il propose de sortir de
l'« économicisme » et d'organiser la décroissance.
D’autres critiques estiment que les trois dimensions ne suffisent pas à refléter la complexité
de la société contemporaine. C'est ainsi que l'organisation Cités et Gouvernements locaux unis
(CGLU) a approuvé en 2010 la déclaration « La culture : quatrième pilier du
développement »159, fruit du travail réalisé dans le cadre de l'Agenda 21 de la culture.

Enfin, la définition classique du développement durable issue de la commission Brundtland


(1987) peut apparaître à certains dépassée. En effet, il ne s'agit aujourd'hui plus de viser,
comme dans les années 1980, la satisfaction des besoins lointains de générations futures. C'est
la satisfaction actuelle des besoins qui est maintenant compromise par les crises
environnementales et sociales que connaît le XXIe siècle. Il ne s'agit plus, selon cette critique,
d'anticiper les problèmes, mais de les résoudre. Le développement durable pourrait alors
laisser place à la notion de « développement désirable »160 qui regroupe l'ensemble des
solutions économiquement viables aux problèmes environnementaux et sociaux que connaît la
planète. Ce nouveau mode de développement, facteur de croissance économique et d'emplois,
serait une véritable « économie verte »161, fondée sur l'économie sociale et solidaire,
l'écoconception, le biodégradable, le bio, la dématérialisation, le réemploi-réparation-
recyclage, les énergies renouvelables, le commerce équitable ou la relocalisation.

Notes et références
Notes

1. ↑ Du nom de Gro Harlem Brundtland, alors ministre norvégienne de l'Environnement


présidant la Commission mondiale sur l'environnement et le développement, ce
rapport intitulé Notre avenir à tous est soumis à l’Assemblée nationale des Nations
unies en 1986. La définition est issue du chapitre 2 de la première partie.
2. ↑ Dans la pyramide des besoins de Maslow, le besoin de se reproduire est au premier
niveau.
3. ↑ Sur la filiation, on consultera par exemple l'ouvrage de Darwin La Filiation de
l'homme et la sélection liée au sexe.
4. ↑ L'équité est l'un des principes du développement durable, à la confluence entre les
piliers économique et social.
5. ↑ Certains préfèrent parler de développement soutenable : ainsi, lors de la première
traduction en français du rapport Brundtland, c'est le terme « développement durable »
qui est retenu, tandis que lors de la seconde traduction – par Les Éditions du Fleuve –
c'est le terme « développement soutenable » qui est utilisé, à la demande de la
Commission mondiale sur l'environnement et le développement (note de l'éditeur,
page IX).
Références

1. ↑ Articles de Lettre de l'OCIM : J. Fracchetti et P.-A. Guai, L’influence d’une


exposition environnementale sur les représentations et pratiques des visiteurs-
citoyens, Lettre de l’OCIM n° 134, 2011, pp. 14-21, DOI : 10.4000/ocim.830 et Lettre
de l’OCIM n° 142, juillet-août 2012 [1] en référence à A. Bauer, Éco-conception des
outils pédagogiques : expositions, stands, malles pédagogiques et autres outils de
médiation, Institut de Formation et de Recherche en Éducation à l’Environnement
(IFREE), Villiers-en-Bois 2010, 75 p. ; C. Blouët, L’Agenda 21 de la culture en
France : quelle valeur ajoutée pour les politiques culturelles ? 2008, 101 p. ; A.
Mondiot-Villenave, Agenda 21 dans Cap Sciences, Bordeaux 2011, 46 p. (www.cap-
sciences.net)
2. ↑« Rapport Brundtland »(consulté le 9 décembre 2015)
3. ↑ Sachs, I. 1991. Comment concilier écologie et prospérité. Le Monde Diplomatique,
décembre : 18-19.
4. ↑ Sachs, I., 1993. Écodéveloppement. Paris, Syros, Alternatives économiques.
5. ↑ [PDF] projet de norme NF P 14-010-1 : Aménagement durable - Quartiers d'affaires,
3.12 page 8 lesenr.fr, 30 juillet 2012.
6. ↑Projet de norme P 14-010-1 sur l'« Aménagement durable des quartiers d’affaires » ;
AFNOR no P 14-010-1 (1re d'une série de trois normes) sur l'« Aménagement durable
des quartiers d’affaires », soumise à enquête publique, de mai 2012 à fin juillet 2012.
7. ↑ notamment grâce à la participation des parties prenantes aux débats.
8. ↑ À son article 4 il y est dit :« Les mestres des forez dessusdiz, selon ce qu'ils sont
ordonez, enquerront et visiteront toutes les forez et bois qui y sont, et seront les ventes,
qui y sont à faire, eûregart de ce que lesdittes forez et bois se puissent
perpetuellementsoustenir en bon estat. » Recueil Isambert, tome 4, p. 523
9. ↑ La flotte française ayant été décimée lors de cette bataille, ce texte répond au besoin
de la reconstituer et d'organiser le domaine forestier par une gestion raisonnée de la
ressource pour assurer un approvisionnement régulier et soutenu.
10. ↑ Si l'on se place dans le contexte de l'après-guerre, où l'on n'avait pas conscience de la
limitation des ressources naturelles, il faut entendre les propos de Truman comme
« utilisation plus importante des ressources ». À cette époque, la notion contemporaine
de développement émergeait, mais le développement durable n'est apparu qu'en 1987
(rapport Brundtland)
11. ↑« Historique du développement durable »
12. ↑ « Le rapport du Club de Rome « Halte à la croissance » dont pourtant toutes les
prévisions, ou presque, se sont révélées fausses, notamment par l’usage exagéré des
fonctions d’évolution faisant toujours appel à la loi mathématique exponentielle » in
Bjorn Lomborg, L'Écologiste sceptique, p. 11
13. ↑ Par exemple, dans les différents scénarios alors élaborés, la croissance était assurée
au moins jusqu’en 2015.[(en) Lire sur le site Manicore deJean-Marc Jancovici (page consultée le
16 novembre 2009)]
14. ↑Nicholas Georgescu-Roegen, The Entropylaw and the EconomicProcess, 1971
(ISBN 978-1-58348-600-9)
15. ↑Ignacy Sachs, le sage vert Sur le site lesinfluences.fr
16. ↑ Peter Barnes Capitalism, the Commons, and Divine Right
17. ↑ a, b, c, d, e et f Aurélien Boutaud, Le développement durable : penser le changement ou
changer le pansement ?, École Supérieure des Mines de Saint-Étienne (thèse de
Science et Génie de l'environnement), Saint-Étienne, 2005, [lire sur le site agora21 (page
consultée le 17 novembre 2008)]
18. ↑ Ouvrage publié par le WWF, l'UICN et le PNUD, voir Gérard Granier, Yvette
Veyret, Développement durable. Quels enjeux géographiques ?, dossier no 8053,
Paris, La Documentation française, 3e trimestre 2006, (ISSN 0419-5361), page 2
19. ↑1989 : l'Église orthodoxe instaure une journée de prière pour la sauvegarde de la
Création
20. ↑discours de politique générale Sur le site archives.premier-ministre.gouv.fr
21. ↑ (en) Yellowstone transformed 15 yearsafter the return of wolves Sur le site
oregonstate.edu - consulté le 18 juin 2012
22. ↑ [PDF]Déclaration universelle de l'UNESCO sur la diversité culturelle Sur le site
unesdoc.unesco.org
23. ↑ Recueil des témoignages des membres du Comité au retour du Sommet, Comité
français pour le Sommet mondial du développement durable, pages 85 à 92, octobre
2002
24. ↑ [PDF]Convention sur la protection et la promotion des diversité culturelles Sur le
site unesdoc.unesco.org
25. ↑ Notamment les précurseurs du Club de Rome, René Dumont, Ivan Illich, le
sociologue Jacques Ellul, les économistes Nicholas Georgescu-Roegen et Serge
Latouche, la physicienne et philosophe Vandana Shiva…
26. ↑ Par exemple, on estime que l'empreinte écologique mondiale a dépassé la capacité
bio-écologique de la Terre à se reconstituer vers le milieu des années 1970 (Source :
Rapport 2006 « Planète Vivante » du WWF, c'est-à-dire que l'homme consomme
chaque année plus de ressources naturelles qu'il ne s'en régénère.
27. ↑ Selon une étude de trois chercheurs néerlandais, une part grandissante de l'irrigation
dans le monde se fait à partir d'eaux souterraines non renouvelables
28. ↑ Voir à ce sujet le rapport du député Jacques Le Guen « Protection des forêts
tropicales et de leur biodiversité contre la dégradation et la déforestation »
29. ↑ Philippe Bouhouix et Benoît de Guillebon, Quel avenir pour les métaux ?
Raréfaction des ressources : un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, p. 48
30. ↑ Birgit Müller, « Les droits de propriété intellectuelle sur « la nature » », Multitudes,
2/2010 (n° 41), p. 73-81, lire en ligne
31. ↑ Ce phénomène est directement perceptible au sujet des inégalités d'accès à l'eau
32. ↑ Hans Jonas, Le Principe responsabilité, Champs Flammarion, p. 89-94
33. ↑ Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979
34. ↑ Michel Serres, Le Contrat naturel, François Bourin, Paris, 1987 ( (ISBN 978-2-08-
081241-4))
35. ↑René Descartes, Discours de la méthode, 1637, sixième partie)
36. ↑ « Les enjeux internationaux », entretien avec Sylvie Brunel sur France Culture, 11
juin 2008
37. ↑ Jean-Baptiste de Foucauld, Les trois cultures du développement humain, Odile
Jacob, 2002 ( (ISBN 978-2-7381-1076-3))
38. ↑Christiane Gagnon, le développement durable : un nouveau paradigme scientifique ?
39. ↑ Jacques Ellul, Ellul par lui-même. Entretiens avec Willem H. Vanderburg (1979), La
Table Ronde, coll. « la petite vermillon », 2008, p. 52. Voir note 16 p. 172 sur la
paternité de cette expression.
40. ↑ Voir un exemple d'utilisation de cette formule
41. ↑ « Je ne peux pas comprendre le tout si je ne connais pas les parties, et je ne peux pas
comprendre les parties si je ne connais pas le tout »
42. ↑ Voir un exemple d'étude systémique sur le développement durable dans le cas du
développement urbain
43. ↑Lester R. Brown, Éco-économie, une autre croissance est possible, écologique et
durable, Seuil, 2001, p. 13
44. ↑ Dominique Bourg, La Nature en politique ou l'enjeu philosophique de l'écologie,
L'Harmattan, p. 16
45. ↑ Articles de Lettre de l'OCIM : J. Fracchetti et P.-A. Guai, L’influence d’une
exposition environnementale sur les représentations et pratiques des visiteurs-
citoyens, Lettre de l’OCIM n° 134, 2011, pp. 14-21, DOI : 10.4000/ocim.830 et Lettre
de l’OCIM n° 142, juillet-août 2012 [2] en référence à A. Bauer, Éco-conception des
outils pédagogiques : expositions, stands, malles pédagogiques et autres outils de
médiation, Institut de Formation et de Recherche en Éducation à l’Environnement
(IFREE), Villiers-en-Bois 2010, 75 p. ; C. Blouët, L’Agenda 21 de la culture en
France : quelle valeur ajoutée pour les politiques culturelles ? 2008, 101 p. ; A.
Mondiot-Villenave, Agenda 21 dans Cap Sciences, Bordeaux 2011, 46 p. (www.cap-
sciences.net)
46. ↑ La mesure du développement durable selon les critères de la Global Reporting
Initiative intègre des indicateurs de gouvernance au même titre que les indicateurs
écologiques, sociaux et économiques
47. ↑ Selon le Mémento de critères de développement durable dans les actions de
coopération et de solidarité internationale
48. ↑ (en) Annex1: Malawi Principles for the EcosystemApproach
49. ↑ Olivier Nouaillas et Pascale Tournier, « Le court-termisme nous conduit dans le
mur », La Vie, 13 mars 2015,lire en ligne
50. ↑Caritas in veritate, no 38
51. ↑ L'origine de cette phrase est souvent présenté comme un proverbe amérindien,
comme en atteste ce débat et cette discussion archivée
52. ↑ « Treat the earthwell:itwas not given to you by your parents, itwasloaned to you by
yourchildren. We do not inherit the EarthfromourAncestors,
weborrowitfromourChildren. »[3][4][5] Références indiennes AuthenticText Of
ChiefSeattle'STreatyOrationin 1854(en)
53. ↑Le développement durable, 7e objectif du millénaire pour le développement
54. ↑ Voir la définition que donne l'UNESCO du patrimoine culturel immatériel
55. ↑ L'expression est notamment utilisée par l'association Diversum[6]
56. ↑ Voir le discours en ce sens prononcé par Jacques Chirac à l'occasion du Sommet de
la Terre 2002
57. ↑ Conférence épiscopale bolivienne, Lettre pastorale sur l'environnement et le
développement humain en Bolivie El universo, don de Dios para la vida (2012), 17
58. ↑ Encyclique Laudato si’, n° 51
59. ↑Laudato si’, n° 63
60. ↑Diversité culturelle et biodiversité pour un développement durable
61. ↑Jean Tabi Manga, Francophonie et codéveloppement, CILF, 1989
62. ↑Souvenirs de la première conférence de Niamey
63. ↑La diversité culturelle en francophonie, le cas de l'université Senghor d'Alexandrie,
professeur Fernand Texier
64. ↑ Voir l'article économie de l'environnement
65. ↑ Lester R. Brown, Éco-économie, une autre croissance est possible, écologique et
durable, chapitre 1, l'économie et la planète
66. ↑Olivier Boiral, Environnement et économie : une relation équivoque
67. ↑ Bernard Perret, Le capitalisme est-il durable ?
68. ↑Quand les technologies vertes poussent à la consommation Le Monde diplomatique,
juillet 2010
69. ↑ On pourra consulter les explications de Jean-Marc Jancovici : Sommes-nous déjà en
décroissance ?
70. ↑Christian Gollier, Toulouse School of Economics (UMR LERNA, Université de
Toulouse), taux d'actualisation et développement durable, décembre 2011
71. ↑ Par analogie avec l'économie, on peut donc voir la nature comme un capital et un
ensemble de revenus : lorsque les revenus sont épuisés (dépassement de la
biocapacité), c'est le capital qui est amputé.
72. ↑ Voir par exemple le site internet de la papeterie Domtar
73. ↑ Jaques Bourdillon, Notre environnement n'est-il pas trop précieux pour être confié à
des écologistes ?, La Jaune et la Rouge, 1996
74. ↑ R.M. Solow, On the intergenerational allocation of natural ressources, The
Scandinavian Journal of Economics, 1986
75. ↑ J.M. Hartwick, Intergenerationalequity and the investingrentsfromexhaustible
ressources, The American economicreview, 1977
76. ↑ J.P Marechal, L'écologie de marché, un mythe dangereux, Le Monde diplomatique
no 511, 1996
77. ↑ Joël de Rosnay, Le Macroscope : vers une vision globale, Le Seuil, 1975
78. ↑Turnbull C., The Mountain People, New York, Simon and Schuster, 309 p., 1972.
Pour un approfondissement sur les enjeux du développement socialement durable, se
référer au numéro 198 de la revue du Tiers
Monde,http://www.armand-colin.com/revues_num_info.php?idr=30&idnum=330006
Voir aussi les travaux menés dans le cadre du Fonds pour la Recherche en Éthique
Économique (FREE) : http://ethique.perso.sfr.fr/DSDtextesdeveloppement.htm
79. ↑Stratégie de l'Union européenne en faveur du développement durable, synthèse
80. ↑Les 27 principes de la déclaration de Rio
81. ↑ « Une Organisation Mondiale de l’Environnement : pour passer enfin des paroles à
l’action en matière climatique », Libération, 21 avril 2016, lire en ligne
82. ↑ Traité constitutionnel et charte de l'environnement : les deux lois constitutionnelles
publiées, maire-info, lire en ligne : Traité constitutionnel et charte de l'environnement :
les deux lois constitutionnelles publiées
83. ↑ (en) "Chiefs of State and Cabinet members of foreign governments", CIA.
84. ↑Les espaces verts pourront être certifiés écologiques Sur le site vedura.fr
85. ↑ [PDF]Guide pour l’élaboration du Rapport Annuel Développement Durable
(RADD)(a minima) Sur le site arehn.asso.fr
86. ↑Responsabilité sociétale des entreprises Sur le site developpement-durable.gouv.fr
87. ↑ Exemples d'entreprises francophones ayant une Direction du développement
durable :
o La Poste en 2003, voir Patrick Widloecher (La Poste) Sur le site
journaldunet.com
o Bouygues en 2005, voir (en) Bouygues - Organisation of Bouygues group
sustainabledevelopmentdepartment Sur le site bouygues.com,
o Veolia voir Inventer pour l'environnement Sur le site developpement-
durable.veolia.com
88. ↑Stratégie de la CEE pour l'éducation en vue du développement durable, adoptée à la
réunion de haut niveau des ministères de l'environnement et de l'éducation
89. ↑Cadre de mise en œuvre de la stratégie de la CEE pour l'éducation au développement
durable
90. ↑Éducation en vue du développement durable, décennie des Nations unies (2005-
2014)
91. ↑L'éducation au développement durable avec les TICE, portail Educnet
92. ↑Charte d'éthique de l'ingénieur
93. ↑Le développement durable, un levier de croissance
94. ↑Comprendre l'écologie, pour une économie innovante
95. ↑Développement durable
96. ↑L'université des Colibris
97. ↑Green IT, bilan Carbone, et réduction des coûts informatiques
98. ↑http://home.iesf.fr/752_p_43167/charte-ethique.html Charte d'éthique de l'ingénieur
sur le site d'IESF]
99. ↑ En France, par exemple, la Maison d'Église Notre-Dame de Pentecôte a lancé dès
2002 un groupe d'échange sur le développement durable
100. ↑« Responsabilité Sociale et Environnementale »
101. ↑Ne serions-nous pas déjà en décroissance par Jean-Marc Jancovici
102. ↑ Cette question est soulevée par l'économiste Pierre Jacquet, qui rappelle que
le PIB a été inventé par Simon Kuznets (Simon Kuznets, le père des comptes
nationaux)
103. ↑Les onze indicateurs de développement durable selon l'Insee
104. ↑Les Indicateurs du développement durable et l'empreinte écologique, avis du
Conseil économique, social et environnemental présenté par Philippe Le Clézio,
rapporteur au nom de la commission ad hoc (question dont le Conseil économique,
social et environnemental a été saisi par lettre du Premier ministre en date du 20
janvier 2009) PDF, 144 pages
105. ↑ Avis du CESE (Comité économique et social européen) adopté et publié en
octobre 2008
106. ↑ Voir à ce sujet les travaux de la commission Stiglitz
107. ↑ L'Institut pour un Développement durable propose dans un rapport une liste
d'indices susceptibles de remplacer le PIB
108. ↑ C'est une réflexion que mène par exemple Nicholas Stern quand il évoque le
coût du changement climatique.
109. ↑ Voir la description sur le site de l'université Yale
110. ↑ Un exemple d'une telle agence est Vigeo
111. ↑ Emmanuelle Raynaud, Florence Depoers, Caroline Gauthier, Jean-Pascal
Gond, Grégory Schneider-Maunoury, Le développement durable au cœur de
l'entreprise : pour une approche transversale du développement durable
112. ↑Les avantages d'une approche marketing consciente des principes de
responsabilité sociétale, Revue française du marketing, no 200, décembre 2004
113. ↑Développement durable, RSE, éthique : Le marketing sous pression, le cas de
la grande distribution
114. ↑ Élizabeth Reiss, Le Marketing durable
115. ↑ Christophe Sempels et Marc Vandercammen, Oser le marketing durable Voir
aussi Damien Bazin (2011), « Le Marketing Éthique », p. 446 in Dictionnaire
Environnement et écosociété, sous la direction de G. Wackermann, Paris, Ellipses, 764
p.
116. ↑Roger Guesnerie, la recherche au service du développement durable
117. ↑GanaëlBascoul, Marketing et développement durable - Stratégie de la valeur
étendue
118. ↑ De nombreux pôles adressent la problématique du développement durable :
Industries et agroressources, Génie civil écoconstruction, Advancity ex ville et
mobilité durables, etc.
119. ↑Eunika Mercier-Laurent, « Dossier Innovation, Knowledge Management et
Développement durable. Quel futur ? », revue Qualitique, décembre 2007
120. ↑Technologies appliquées du développement durable
121. ↑Article 5 du code des marchés publics, sur les besoins à satisfaire et article 14
du code des marchés publics, sur les clauses environnementales et sociales
122. ↑ Cet article modifie l'article L-225-102 du code du commerce, et son décret
d'application est le décret 2002-221 du 20 février 2002
123. ↑Patrick Penfield, La Durabilité de la chaîne d'approvisionnement, 2008
124. ↑Comment introduire le développement durable par la porte des achats
125. ↑Vers une politique d'achat durable
126. ↑« L'AFG et le FIR donnent une nouvelle définition à l'ISR »(consulté le 16 juin
2015)
127. ↑Les fonds ISR sont-ils plus ou moins rentables que les autres ?
128. ↑Développement durable et dématérialisation des données sociales
129. ↑Philippe Leroy (eCopy) : « L'objectif zéro papier dans les entreprises est un
mythe »
130. ↑La croissance économique fait-elle de l'effet de serre ?, paragraphe Que peut-
on espérer de la dématérialisation de l'économie ?
131. ↑ C'est le cas de SAP AG avec l'offre Governance, Risk, and Compliance
132. ↑directive sur les déchets d'équipements électriques et électroniques
133. ↑ Collectif, sous la direction de Philippe Tassin, Systèmes d'information et
développement durable, Hermès, p. 211-219
134. ↑ Pierre Bonnet, Le système d'information durable, Hermès, Paris, 2007
135. ↑Wikia Green
136. ↑Blog sur le développement durable, page consacrée à l'informatique
137. ↑CDURABLE.info l’essentiel du développement durable : TIC21, le Forum
international développement durable, nouvelles technologies et société de
l'information aura lieu les 30 et 31 octobre 2007 à Valenciennes - Le Phénix.
138. ↑ Consulter le site de l'ADOME, Planètécologie
139. ↑« Collège des directeurs du développement durable ».
140. ↑ dans l'ouvrage : « Communiquer efficacement sur le développement durable
– De l’entreprise citoyenne aux collectivités durables » de Bruno Cohen-Bacrie, Les
éditions Démos, Paris 2006
141. ↑ Selon Sauveur Fernandez, consultant à L’Econovateur
142. ↑ Stratégies.fr La deuxième génération des directeurs du développement
durable
143. ↑Peut-on rendre nos objets plus durables grâce à la réparabilité ?
144. ↑« À quoi sert le développement durable ? » de Jean-Marc Jancovici
145. ↑ « Protéger l'espèce humaine contre elle-même », entretien avec Luc Ferry
dans la Revue des Deux Mondes, octobre-novembre 2007, p. 75-79
146. ↑ Président de la Foundation for Research on Economics and the Environment
Sur le site free-eco.org
147. ↑ « L'économie politique du développement durable », John Baden, document
de l'ICREI
148. ↑ D. Pearce, K. Turner, Economics of naturalresources and the environment,
Londres, HarvesterWeatsheaf, 1990, 378 p.
149. ↑ P. Ekins, « Identifyingcriticalnatural capital : conclusions about
criticalnatural capital », EcologicalEconomics, vol. 44, no 2-3, 2003, p. 277-292
150. ↑A qui profite le développement durable (2008)
151. ↑ Conférence de Sylvie Brunel, 20 octobre 2007, Maison de la magie
152. ↑ Claude Allègre, Ma vérité sur la planète, p. 36
153. ↑ Luc Ferry, Le Nouvel ordre écologique
154. ↑Critique de ma vérité sur la planète, Contrepoints, 25 octobre 2008
155. ↑ Frédéric Rognon, « Développement durable ou décroissance ? Repenser
l'économie à partir du souci du bien être des générations futures », hiver 2009 (consulté
le 3 décembre 2015)
156. ↑ Serge Latouche, « À bas le développement durable ! Vive la décroissance
conviviale ! »(consulté en 21 juilllet 2017).
157. ↑ Jean-Christophe Mathias, Politique de Cassandre - Manifeste républicain
pour une écologie radicale, Sang de la Terre (« La pensée écologique »), 2009
158. ↑ Serge Latouche, « L'imposture du développement durable ou les habits neufs
du développement, Revue Mondes en développement », 2003 (consulté le 3 décembre
2015)
159. ↑« La culture : quatrième pilier du développement »
160. ↑ Thierry Kazazian "Il y aura l'âge des choses légères" Victoires éditions 2004
161. ↑ Pascal Canfin, L'économie verte expliquée à ceux qui n'y croient pas

Voir aussi
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Bibliographie

Cette bibliographie recense trop d'ouvrages (septembre 2015).


Les ouvrages doivent être « de référence » dans le domaine du sujet de l'article dans lequel
ils apparaissent. Il est souhaitable — si cela présente un intérêt — de les citer comme
source et de les enlever de la section « bibliographie ».

 Bertelsmann Stiftung, WinningStrategies for a Sustainable Future. Reinhard


MohnPrize 2013, Verlag Bertelsmann Stiftung, Gütersloh, 2013 (ISBN 978-3-86793-491-
6, lire en ligne).
 Dominique Bidou, La Dynamique du développement durable, Presses de l'université
du Québec, 2002.
 Farid Baddache, Le développement durable au quotidien, Éditions d'organisation,
2006, (ISBN 2708136070).
 Philippe Bihouix, L'Âge des lowtech, Vers une civilisation techniquement soutenable,
Seuil, 2014.
 Lester R. Brown, Éco-économie, une autre croissance est possible, écologique et
durable, Seuil, 2001.
 Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou
de leur survie, Gallimard, NRF essais, 2006, (ISBN 978-2-07-077672-6).
 Serge Dufoulon, Le développement durable : la domestication de l’environnement,
Colloque International de Bratislava. (GREG – Pays de Vysegrad). 2009 - Lire en
ligne.
 Benoît Eugène, Le "développement durable" Une pollution mentale au service de
l’industrie, Agone, no 34, 2005 – Lire en ligne
 Geneviève Férone, Dominique Debas, Anne-Sophie Genin, Ce que développement
durable veut dire, Éditions d'Organisation, 1995.
 Jean-Claude Fritz, L'ordre public écologique. Towards an ecological public order (en
codirection avec Marguerite Boutelet), Bruylant - Bruxelles, 2005.
 Gérard Granier, Yvette Veyret, Développement durable. Quels enjeux
géographiques ?, dossier no 8053, Paris, La Documentation française, 2006,
(ISSN 0419-5361).
 André Jean Guérin et Thierry Libaert, Le développement durable, Dunod, coll.
«Topos». 2008.
 Hans Jonas, Le Principe responsabilité, 1979.
 Serge Latouche, Faut-il refuser le développement?, PUF, 1986.
 Bryan G. Norton, Sustainability:aphilosophy of adaptive ecosystem management,
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 René Passet, Les fondements bioéconomiques d’un développement durable, In :
Économie appliquée (Paris), 65, n°2, juin 2012, p. 195-206.
 Gilles Pennequin, Antoine-Tristan Mocilnikar, L'atlas du développement durable et
responsable, Éditions d'Organisation, 2011, 450 p. (ISBN 978-2-212-54690-3).
 Valéry Rasplus, Le mythe du développement durable, Publié dans l'hebdomadaire
Politis no 933, 5-11 janvier 2007, p.27 [lire en ligne].
 Emmanuelle Raynaud, Florence Depoers, Caroline Gauthier, Jean-Pascal Gond,
Grégory Schneider-Maunoury, Le développement durable au cœur de l'entreprise :
pour une approche transversale du développement durable, Dunod, 2006.
 Revue Développement durable et territoires.
 Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994), Economics and
mankind’secologicalproblem, in U.S. EconomicGrowthfrom 1976 to 1986: Prospects,
Problems, and Patterns, vol. 7, The Limits to Growth, Joint Committee, Congress of
the United States, Washington, U.S. Government Printing Office, 1976, p. 62-91.
 Naomi Klein, Tout peut changer : Capitalisme et changement climatique, Actes Sud,
2015.

Filmographie

 Richard Fleischer, Soleil vert, 1973.


 Robert Bresson, Le Diable probablement1977.
 GodfreyReggio, Koyaanisqatsi, 1983.
 Jorge Furtado, L'Île aux fleurs (Ilhadas Flores), 1989.
 Kevin Reynolds, Rapa-Nui, 1994.
 Hubert Sauper, Le Cauchemar de Darwin, 2005.
 Al Gore, Une vérité qui dérange, 2006.
 Franny Armstrong (en), L'Âge de la stupidité, 2007.
 Leonardo DiCaprio, La Onzième Heure, le dernier virage,2007.
 Erwin Wagenhofer, WeFeed the World, 2007.
 Jean-Paul Jaud, Nos enfants nous accuseront, 2008.
 Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto, 2008.
 Robert Kenner, Food, Inc., 2009.
 Yann Arthus-Bertrand et Luc Besson, Home, 2009.
 Nicolas Hulot, Le Syndrome du Titanic, 2009.
 Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, 2010.
 Jeremy Irons et Candida Brady, Trashed, 2012.
 Jonathan Nossiter, Résistance naturelle, 2014.
 Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain, 2015.
 Fisher Stevens et Leonardo DiCaprio, Avant le déluge (Before the flood), 2016.
Articles connexes

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Développement durable.

Voir ici : Toutes les pages avec « durable » dans le titre.

Aspects philosophiques et culturels

 Encyclique Caritas in veritate


 Encyclique Laudato si’
 Hypermodernité
 Planétarisation
 Sémiocratie
 Éthique | Éthique des affaires | Éthique de l'environnement | Naturphilosophie

Aspects politiques et juridiques

 Charte de l'environnement
 Droit de l'environnement
 Droits de la nature
 Sommet de la Terre

Pilotage

 Agenda 21, agenda 21 local


 Aménagement du territoire
 Collège des hautes études de l'environnement et du développement durable
 Démocraticité
 Gouvernance
 Géonomie
 Objectifs du millénaire pour le développement
 Tableau de bord prospectif
 Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement

Pilier environnemental

 Écologie industrielle | Empreinte écologique


 Écologie
 Énergie renouvelable | Cogénération
 Évaluation des écosystèmes pour le millénaire
 Équilibre ponctué
 Extinction de l'Holocène
 Hypothèse Gaïa
 Jour du dépassement
 Planétarisation
 Qualité environnementale
 Recyclage
 Sustainable Building Alliance
 Théories sur les risques d'effondrement de la civilisation industrielle

Pilier culturel

 Éducation civique
 Éducation populaire
 Pédagogie
 Éducation
 Éducation populaire
 Environnement
 Éducation au développement
 Éducation à l'environnement et au développement durable
 Collège des hautes études de l'environnement et du développement durable
 Muséum national d'histoire naturelle
 Fondation pour l'éducation à l'environnement
 Responsabilité environnementale
 Éducation relative à l'environnement
 Centre permanent d'initiatives pour l'environnement
 Programme de communication, d'éducation, de sensibilisation et de participation du
public

Pilier social

 Capital humain
 Intelligence sociale
 Investissement socialement responsable
 Maldéveloppement

Pilier économique

 Responsabilité sociétale des entreprises


 Bioéconomie/Économie écologique
 Commerce solidaire
 Commerce équitable
 Finance du carbone
 Fiscalité écologique
 Taxe Tobin
 Économie post-industrielle
 Éco-communication
 Écoblanchiment
 Bonus-malus écologique
 Écotaxe
 Groupement régional d'animation et d'information sur la nature et l'environnement
 Management environnemental
 Transition énergétique

Liens externes

 Bibliothèque nationale de France : portail du développement durable


 Encyclopédie du développement durable

v·m
Changement climatique et énergie
Climat ·Histoire du climat ·Graphique en crosse de hockey ·Controverse sur le
Changement réchauffement climatique ·Adaptation au changement climatique ·Élévation du
climatique niveau de la mer ·Réchauffement et refroidissement climatique ·Emballement
climatique
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international
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es
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Effet de serre
de serre ·Mesure de température par satellite ·Nuage ·Soleil
Agence internationale de l'énergie ·Agence internationale de l'énergie
renouvelable ·Énergie et effet de serre ·Énergie grise ·Ressources et
Énergie
consommation énergétiques mondiales ·Schéma régional climat air
énergie ·Transition énergétique
Énergie non
Énergie nucléaire ·Gaz (Pic gazier) ·Charbon ·Pétrole (Pic pétrolier)
renouvelable
Énergie Biomasse ·Déchets ·Éolienne ·Géothermique ·Hydraulique ·Hydrolienne ·Mari
renouvelable ne ·Solaire
Vecteur
Électricité ·Hydrogène liquide ·Produits pétroliers ·Réseau de chaleur
énergétique
Air comprimé ·Barrage hydraulique ·Batterie d'accumulateurs ·Condensateuret
Stockage de supercondensateur ·Conversion d'électricité en gaz ·Matériau à changement de
l'énergie phase ·Pompage-turbinage ·Stockage intersaisonnier de chaleur ·Volant
d'inertie
Sobriété et
Cogénération ·Écomobilité ·Isolation thermique ·Facteur 4et 9 ·Habitat
économies
passif ·Négawatt ·Pompe à chaleur ·Télétravail ·Zéro déchet
d'énergie
Coopérative citoyenne d'énergie ·Décroissance ·Localisme (Ville en
Société
transition) ·Tiers-investisseur
Anthropocèn Sauvons le climat ·Théories sur les risques d'effondrement de la civilisation
e industrielle
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1.La prise de conscience pour une politique mondiale de développementdurable 1.1
L’émergence du conceptdedéveloppementdurable Les voies du DéveloppementDurable

plus qu'elles sonttrèssouventdifficilementprévisibles. Par exemple,onsaitprévoir,dans leurs


grandes lignes, le réchauffementclimatiqueetla montée des océans ; mais,on ne saitpas prévoir
les tempêtes,les canicules, les aridifications,… dontles conséquences sontsouvent
catastrophiques. Il faut bien prendre conscience que ces modifications,
climatiques,océaniques,biologiques ont et auront des conséquences graves sur les capacités de
notre planète à nourrir toutle monde :il y a etil y aura des baisses de fertilité des sols,des
baisses de richesse des océans,des manques d'eau,etc. 3esource d'inquiétude:les déséquilibres
sociaux etéconomiques, ainsi que les dégradations des ressources renouvelables
vitales,sontsources de violences de plus en plus graves : violences quotidiennes des riches
contre les pauvres, révoltes des pauvres contre les riches, montée des intégrismes religieux,
montée des dictatures,guerres,etc.

On ne peut donc pas continuer comme cela:il faut faire autrement En effet,nous n'avons
qu'une planète:or si on vise,pour le monde entier,un développement équivalent à celui que
viventles pays développés actuels (USA,Europe...),il nous faudraitl'équivalentde 2 à 4
planètes :nous ne les avons pas...!!! Il fautdonc faire autrement:c'est-à-dire ? Nous serons 9
milliards d'humains dans 50 ans, donc 3 milliards de plus qu'aujourd'hui.Selon les prévisions
des démographes, la population mondiale devrait se stabiliser à ce niveau. Nous devons viser
pour tous, pour 9 milliards de citoyens,un minimum vital confortable : •dans les domaines de
l'alimentation,de l'habillement,dulogement,de l'énergie,de la santé,de la pollution,etc. •mais,
aussi dans les domaines de l'éducation, de la culture,de la liberté,des droits humains,etc. Ce
minimum vital confortable doitêtre,pour l'essentiel, fondé sur l'utilisation des ressources
naturelles au rythme de leur renouvellement ; ces ressources sont,
principalement:lessols,leseaux,lesécosystèmes,l'atmosphère. Ces ressources étantdiverses
selon les régions du monde, cela veutdire:d'unepart,que les modes de vie ne peuvent pas être
les mêmes partout:ilsdoiventêtre compatibles avec l'environnement ; d'autre part,que des
solidarités doivent s'établir pour que les régions naturellement riches aidentles régions
naturellementplus pauvres. Enfin, si on veut réussir, ce minimum vital doit être construitdans
un cadre démocratique,de participation citoyenne. Tels sont,d'une façon très résumée,les
objectifs de ce que l'on appelle le DéveloppementDurable:il s'agitderééquilibrerles
développements des sociétés humaines et de réajuster ces développements au niveau de la
renouvelabilité des ressources naturelles.

Concrètement,comment faire, que faire ? Adopter une stratégie de développement durable,


cela veut dire quoi ? Que peut faire chacun d'entre nous au quotidien,mais aussi que pouvons-
nous faire collectivement,aux niveaux local,régional,national,international ? Pour réussir le
développement durable, c'est-à-dire construire des sociétés humaines confortables et
équilibrées,fondées sur des utilisations des ressources naturelles au rythme de leur
renouvellement,il y a principalement deux démarches,complémentairesetinteractives : •la
bonne gestion des ressources naturelles renouvelables; •la responsabilisation économique
etsociale des citoyens etdes pouvoirs publics.

Première démarche : la bonne gestion des ressources naturelles renouvelables Ceci est à la
portée de chacun.Les ressources naturelles sontpour l'essentiel :les sols,les eaux douces
continentales, les écosystèmes terrestres etleurs diversités biologiques, les écosystèmes
marins,l'atmosphère.Toutes ces ressources, indispensables à la vie
humaine,sontactuellementgravementmenacées,de pollutions et/ou de destruction pure et
simple.En voici quelques exemples : •il y a la dégradation,la pollution etla destruction des sols
qui nourrissent le monde : l'agriculture intensive et l'urbanisation en sontles principaux
responsables ; •il y a la pollution et la salinisation des eaux douces : l'agriculture intensive et
l'industrie en sont les principaux responsables ; •il y a la dérégulation des circuits
hydrologiques:ruissellements excessifs provoquant des inondations, diminution des stocks
d'eau ; dans de nombreuses régions du monde,on commence à manquer d'eau,y compris dans
les régions où il pleutbeaucoup ; •il y a la disparition de nombreuses espèces animales et
végétales,c'est-à-dire une forte diminution de la biodiversité qui assure les grands équilibres
biologiques et physico-chimiques de la planète ; on estime que d'ici 2050,30 à 40 % des
espèces auront disparu :il s'agit d'une véritable catastrophe ; •il y a,enparticulier,la forte
diminution des ressources dites halieutiques, c'est-à-dire des ressources vivantes des milieux
aquatiques ; •il y a la pollution de l'atmosphère,enparticulier,par les gaz à effetde serre
(C02,méthane,etc.) ;cette pollution provoque le réchauffementclimatiquemondial,avec de très
nombreuses conséquences : - sur les sols dontles évolutions sontmodifiées ; - sur les eaux
continentales dontles fonctionnements hydrologiques sontmodifiés ; - sur les équilibres
biologiques continentaux etmarins ; - sur les climats locaux qui
peuventêtrefortementperturbés (tempêtes,sécheresses,dégels,etc.) ; - sur les niveaux marins
qui montent:de nombreuses régions côtières sont gravement menacées (Camargue, Pays-Bas,
Bangladesh, îles du Pacifique, etc.).

4D - L’encyclopédie du développementdurable

Ces dégradations se produisent partout dans le monde mais elles ontdes conséquences
d'autantplus graves que les populations sontplus pauvres. Chacun de nouspeutagir au
quotidien pour ralentir toutes ces dégradations qui ne sont pas inéluctables. Chacun peut,par
exemple : •réduire sa consommation d'eau douce de façon à mieux respecter la vitesse de
renouvellementnaturelle de cette eau ; •diminuer sa production de déchets, sources de
nombreuses pollutions des eaux,dessols,de l'atmosphère ; •réduire ses consommations
d'énergie à l’origine de la production de gaz à effetde serre :dans les domaines des
transports,duchauffage,de la climatisation ; •diminuer sa consommation de protéines animales
dont la production estgrosse consommatrice d'énergie ; •etc. Plus collectivement,ilfautaussi
agir : •pour le développementdes énergies renouvelables,non polluantes :le
vent,lesolaire,lagéothermie,le biologique ; •pour la priorité aux circuits courtsentre les
producteurs et les consommateurs :dans le but d'économiser des transports,coûteuxetpolluants
;

•pour une meilleure gestion des sols;il s'agit: - d'éviter les dégradations des sols,quiontdes
conséquences sur les pollutions de l'air,de l'eau,de la biodiversité ; - de faire en sorte que les
sols soientutilisés en tenant compte de leurs qualités etdéfauts – éviter,parexemple,de
construire des habitations sur de bons sols agricoles ou sur des sols mécaniquementinstables.

Deuxième démarche :la responsabilisation économique etsociale des citoyens etdes pouvoirs
publics Pour construire et réussir le développement durable,une deuxième démarche,beaucoup
plus politique etcollective est indispensable. Elle consiste à se situer, en tant que
citoyen,parrapportaux grandes puissances économiques etparrapportaux États. En
effet,aujourd'hui le Monde estmené,de plus en plus,par de grands ensembles
financiers,dontlebutprincipalestde gagner beaucoup d'argent,à court terme.Ces ensembles
financiers exploitentles ressources naturelles etleshommes,au bénéfice de quelques-uns qui
accumulent,légalementetillégalement,des fortunes considérables. C'estle libéralisme
économique,dontonpeutdire que les préoccupations sociales etécologiquessontmarginales 1.
Ce qui estparticulièrementgrave,c'estque ces ensembles

4D - L’encyclopédie du développementdurable

1 Parmi les centpremières puissances économiques mondiales,on compte 49 États et51


entreprises (in P.Viveret,p.221 :discours de L.Jospin,02/03/02)3 La notion de croissance ne
s’applique que pour des grandeurs ordonnées ;dans un monde multidimensionnel,il n’y a plus
de relation d’ordre.

financiers sont,aujourd'hui,nettementplus puissants que la plupartdesÉtats,des pouvoirs


publics,qui leur abandonnentde plus en plus leurs responsabilités économiques et
sociales :dans beaucoup de pays etde régions du monde, développés etendéveloppement,les
politiques sociales,les politiques salariales,les politiques sanitaires,les politiques concernantla
gestion des ressources naturelles,… sontde plus en plus imposées,décidées,menées par ce que
l'on appelle les multinationales.Les États abandonnent leurs responsabilités économiques et
sociales,ce qui veut dire que les peuples,qui en principe élisentles dirigeants des États,sontde
plus en plus déresponsabilisés.Onpeutdire que la démocratie dominante estde plus en plus
celle des actionnaires,de moins en moins celle des citoyens.Donc,si on veutchanger le cours
des choses il fautchanger les responsabilités.

Alors commentfaire ? Pour espérer atteindre les objectifs du Développement


Durable,ilfautd'urgence se donner les moyens d'adopter deux perspectives fondamentales : •la
première,celle de rendre aux citoyens leurs responsabilités. Ceci exige un fantastique
effortd'informationetd'éducation des citoyens,concernant: - la situation mondiale ; - les
responsabilités individuelles etcollectives de chacun; - les voies du DéveloppementDurable
(sociales,économiques,environnementales,culturelles,démocratiques). Cela exige aussi que la
société civile soit organisée et
dynamique :associations,syndicats,coopératives,petitesetmoyennes entreprises... •la seconde
qui estde redonner force de gestion aux pouvoirs publics. Il s'agit de redonner force aux élus
et aux services publics: - à condition bien sûr que les élus l'aient été par des citoyens formés
etinformés,donc responsables ; - à condition aussi que les fonctionnaires soientcompétents ; -
à condition enfin que l'exercice de la démocratie ne se réduise pas aux temps des élections :la
démocratie participative,quotidienne,doitaccompagner la démocratie élective. Ceci doitse
faire à tous les niveaux d'organisations etde responsabilités des pouvoirs publics
(communes,régions, États,organisations internationales) etde la société civile. En
résumé,c'estaux pouvoirs publics,démocratiquement élus etaccompagnés par les citoyens
instruits etresponsabilisés, de reprendre le pouvoir volé par les grandes entreprises privées et
d'assurer les diverses voies du DéveloppementDurable. Tactiquement,il est bon de
développer,enpriorité,ces prises de responsabilités par les citoyens etpar les pouvoirs
publics,au niveau des organisations territorialesqui sont

les plus proches des citoyens,quisontles plus accessibles : les


municipalités,lesdépartements,lesrégions.C'est en particulier à ce niveau que les citoyens
peuventêtre le plus facilement“conscientisés”etmobilisés,à partir de situations etde problèmes
concrets. Cependant, les cadres nationaux et internationaux sont
indispensables :ilfautcontinuer à se battre pour les définir etles mettre en place.Dans ce
domaine,il ne fautpassousestimer le travail déjà réalisé depuis les années 70 :conférences de
Stockholm,Rioetautres,forumssociaux.Ona,probablement,plus avancé au niveau mondial
qu'au niveau local. Il ne fautpas sous-estimer les difficultés,lesobstacles,quisontconsidérables
car on s'attaque,à la fois,à nombre de privilèges des plus riches età nombre d'ignorances
etd'attitudes de soumission des plus démunis. En effet,ce que l'on
doitfaireetaffronterestconsidérable : •réussir l'éducation,laformation,l'information :chaque
citoyen doit recevoir les moyens de comprendre les situations etd'agir à son niveau ; •mettre
en place à la fois la démocratie participative et des pouvoirs publics efficaces ; les résistances
seront nombreuses ; •contrôler l'économie de marché, très destructrice des ressources
naturelles quand on la laisse fonctionner sans contrôle ;là aussi,les résistances
serontnombreuses ; •lutter contre la corruption ; •convaincre les plus riches (les pays, les
individus, les entreprises) d'être moins gourmands :commentrecommander,voire imposer un
maximum vital ? •soutenir les plus pauvres,sans tomber dans l'assistanat permanent,donc
assurer l'emploi permettant le minimum vital ; •s'attaquer à toutes les modifications
indispensables du fonctionnement des sociétés modernes qui consommentau-delà des
ressources disponibles :les transports, l'énergie, l'occupation des sols, les déchets, les
pollutions;il s'agit,enparticulier,de réduire les gaspillages de sols,d'eaux,d'écosystèmesetde
réduire les destructions de ces ressources renouvelables. Mais il faut aussi rechercher de
nouvelles ressources (pour l'énergie,pour l'alimentation, etc.) et mettre en œuvre de nouvelles
démarches de gestion des ressources existantes. Alain Ruellan Pour en savoir plus • Patrick
Viveret,Reconsidérer la richesse,Éditions de l'Aube, 2004 Lire égalementdans l’encyclopédie
Christian Comeliau, Le concept de développement durable(N°34). Jean-Pierre Nicol,Histoire
d’une idée,le développement durable(N°50). Ignacy Sachs,Développementde la
culture,culture du développement(N°20).

Ce documenteststrictementréservé aux souscripteurs de l'encyclopédie du


développementdurable. Toute reproduction ou citation devra mentionner :4D -
L’encyclopédie du développementdurable. Les éditions des Récollets c/o association 4D -
150,rue du Faubourg Saint-Martin - 75010 Paris Tél.:01 44 64 74 94 -
[email protected] Directeur de la publication :Jean-Pierre Piéchaud
Pour lancer une stratégie de développement : quelles
étapes clés ?
Quelles sont les étapes clés pour définir une stratégie
lorsqu’on traverse une crise de croissance ou un manque de
finan

cements soudain ou bien lorsqu’on démarre une activité


nouvelle ? Comment se donner les moyens de réussir?
Il importe de définir ses priorités en 6 étapes :
 définir ses objectifs, généraux et plus
spécifiques auxquels répondre
 appliquer une méthodologie claire et structurée
 poser le tableau d’ensemble grâce à un diagnostic
SWOT (forces-faiblesses-opportunités-menaces)
 assortir ce dernier d’un benchmark (les bonnes pratiques
ailleurs)
 arriver aux divers scénarios possibles
 s’inscrire dans un calendrier réaliste

Une méthodologie en 6 étapes

1. Les objectifs : réseaux, publics-clients, positionnement et


communication, management et changement, recettes et
ressources

2. La méthodologie : qui pilote ? Quels groupes de travail


envisagés ? Les moyens financiers, humains, techniques
consacrés, le séquençage et les étapes de validation, d’action.
La communication sur le projet en cours, contenus et
supports ?

3. Faire une analyse de la situation : quelles forces ou atouts ?


Les faiblesses ou zones de fragilité, les opportunités
institutionnelles, politiques, économiques, sociales à saisir,
identifier les menaces ou contraintes à contourner.

4. Se lancer dans un benchmark pour nourrir et étayer le


projet : crédibilise la démarche, inspire de nouvelles idées,
donne des réponses à certaines interrogations, permet de se
faire connaître par les entretiens menés, permet aussi de
repérer des alliés ou partenaires potentiels pour l’avenir

 Formuler les pistes possibles : sous une forme dynamique, en


répondant aux objectifs, tout en tenant compte des difficultés
déjà évoquées

6. Planifier la mise en œuvre dans un calendrier réaliste :


prévoir des étapes d’exploration : individuelles et collectives,
internes et externes, tenir compte des étapes de validation :
politiques, institutionnelles, actionnariales ou collaboratives,
intégrer des phases de restitution aux commanditaires et
parties prenantes, préciser qui intervient à quel moment,
déterminer la date/ période de rendu final, finaliser avec la
mise en calendrier des actions envisagées
Qu’est-ce qu’une SNDD? Une Stratégie nationale de
développement durable (SNDD) consiste en un processus de
planification stratégique participatif et récurrent destiné à
atteindre, de manière équilibrée et intégrée à tous les niveaux,
du niveau national au niveau local, des objectifs économiques,
sociaux et environnementaux, dans une perspective d’équité
intra et intergénérationnelle.
Une SNDD s’applique en priorité à la politique
gouvernementale, mais elle doit aussi susciter la participation
de l’ensemble des acteurs économiques et sociaux. Toute
stratégie peut être définie à l’aide des quatre éléments
suivants:
Le processus stratégique, qui repose sur une série de principes
de développement durable et de mécanismes de mise en œuvre
s’appliquant en priorité à la politique gouvernementale et
impliquant aussi l’ensemble des acteurs économiques et
sociaux.
La nature du développement durable La Commission des
Nations Unies pour l’environnement et le développement a
défini, en 1987, le développement durable comme «un
développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de répondre
aux leurs». Deux concepts sont inhérents à cette notion:le
concept de «besoin», et plus particulièrement des besoins
essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la
plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos
techniques et de notre organisation sociale imposent sur la
capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et
à venir.
Points de repère
Introduction
*IEPF-12_Collection8.qxd 6/22/07 9:20 AM Page 1
Le contenu de la stratégie, qui est basé sur l’analyse de la
situation dans le pays et l’identification d’une vision à long
terme propre au pays; sur cette base, des orientations et des
axes prioritaires sont définis, des engagements sur des
objectifs sont pris et l’intégration de politiques sectorielles est
(progressivement) réalisée à l’aide de plans d’action de
développement durable précis. Les résultats de la stratégie qui
ont (déjà) été obtenus dans le pays au cours des étapes
précédentes sous forme d’innovations et de changements qui
ont amélioré la situation de certains secteurs dans le sens d’un
développement durable. Le suivi de la mise en œuvre du plan
stratégique et l’apprentissage, qui est opéré grâce à des
mécanismes de suivi-évaluation et d’amélioration continue, en
utilisant notamment des indicateurs de développement
durable.
Le développement durable doit être vu comme une démarche visant l’amélioration continue de la
qualité de vie des citoyens par la prise en compte du caractère indissociable des dimensions
environnementale, sociale, économique et culturelle du développement dans une perspective
d’équité intra et intergénérationnelle.

Points de repère 2

SNDD - élaboration

société

(modedevie)

économie

(niveaudevie)

Environneme

grâce à des mécanismes de suivi-évaluation et d’amélioration continue, en utilisant notamment des


indicateurs de développement durable.

Le développement durable doit être vu comme une démarche visant l’amélioration continue de la
qualité de vie des citoyens par la prise en compte du caractère indissociable des dimensions
environnementale, sociale, économique et culturelle du développement dans une perspective
d’équité intra et intergénérationnelle.

Points de repère 2

SNDD - élaboration

société

(modedevie)

économie

(niveaudevie)

Environnement(milieudevie)

*IEPF-12_Collection8.qxd 6/22/07 9:20 AM Page 2

Exemple d’indicateurs

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