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Caractéristiques et définitions de l'impôt

Ce document traite de la fiscalité et définit les caractéristiques de l'impôt, notamment qu'il est un prélèvement obligatoire sans contrepartie destiné à couvrir les charges publiques. Il explique également la différence entre impôt, taxe et redevance.

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Caractéristiques et définitions de l'impôt

Ce document traite de la fiscalité et définit les caractéristiques de l'impôt, notamment qu'il est un prélèvement obligatoire sans contrepartie destiné à couvrir les charges publiques. Il explique également la différence entre impôt, taxe et redevance.

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1

Introduction générale
à la Fiscalité

Les définitions de l’impôt sont nombreuses et mettent le

plus souvent l’accent sur ses caractéristiques en omettant sa

fonction essentielle : assurer la couverture des dépenses

publiques. Les modalités de cette couverture définissent une

répartition entre les différents contribuables des impôts votés

par les instances délibérantes des collectivités qui en sont

bénéficiaires les dispositions qui régissent l’existence même

ou la nature des contributions trouvent leur origine dans les

textes législatifs et réglementaires, ainsi que dans les décisions

de jurisprudence.
2

Première Partie
Notion D’Impôt

En l’absence de définition législative, l’impôt peut être


défini comme : (une présentation pécuniaire requise des
contribuables d’après leur facultés contributives et qui opère
par voie d’autorité, un transfert patrimonial définitif et sans
contrepartie déterminée en vue de la couverture des dépenses
publiques et de la réalisation d’objectifs économique et
sociaux fixés par la puissance publique).
Cette définition repose sur le principe de l’égalité devant
l’impôt. Elle exprime l’idée de solidarité et d’égalité réelle
face aux charges publiques et justifie la contribution des
citoyens aux dépenses indépendamment des avantages reçus.
Il ressort de cette définition que l’impôt présente
certaines caractéristiques qui permettent de le distinguer
d’autres prélèvements.
3

CHAPITRE I
Les caractéristiques de l’impôt

L’impôt présente six principales caractéristiques.

Paragraphe I- L’impôt est un prélèvement pécuniaire


Cela signifie que l’impôt doit donc être acquitté par la
remise d’une somme d’argent. L’impôt pouvait parfois être
payé en nature (grains, sel). Cela n’est plus le cas aujourd’hui.
Mais même perçu en espèce sur les flux de revenus ou à
l’occasion de présentations de services, l’impôt reste un
prélèvement patrimonial, car il diminue de façon définitive la
richesse globale de son débiteur.
En principe le transfert patrimonial opéré par l’impôt
s’effectue des patrimoines privés vers le patrimoine de la
collectivité publique bénéficie de l’imposition.
Cela n’exclu pas l’imposition des patrimoines des
personnes publiques qui possèdent une autonomie financière
effective par rapport aux collectivités publiques bénéficiaires
de l’impôt et qui ont des activités industrielles ou
commerciales, afin notamment de ne pas fausser les conditions
de la concurrence.
4

Paragraphe II : L’impôt acte de puissance publique


L’impôt est un prélèvement obligatoire perçu par voie
d’autorité. Il implique aussi l’intervention d’un pouvoir de
contrainte qui est une manifestation de la souveraineté de
l’Etat. Une autorité qui n’est ni arbitraire ni sans limite, car
seul le législateur peut, créer modifier ou supprimer un impôt.
L’Etat peut recourir à tout un appareil de contrainte et de
sanction pour obliger les contribuables à payer leur impôt.
Mais il est généralement assis et recouvré par une
administration publique spécialisée qui constitue un organe
essentiel de l’Etat.
Cependant, imposé à chaque contribuable le
prélèvement fiscal doit être consenti. Même si la réalité de ce
consentement populaire à l’impôt est discutée, il demeure le
fondement des démocraties représentatives.
Enfin, la mise en œuvre de l’impôt peut faire bénéficier
le contribuable de possibilités d’option.

Paragraphe III : L’impôt est un prélèvement opéré à


titre définitif
Il s’agit là d’une évidence : l’impôt versé ne donne pas
droit à un remboursement ultérieur au profit du contribuable. Il
ne s’agit donc pas d’une avance qui serait consentie à l’Etat en
vue d’obtenir une restitution future, mais d’un prélèvement
définitif destiné, à couvrir les charges de la collectivité.
5

L’impôt se distingue donc de l’emprunt qui donne droit


à terme à un remboursement du capital en plus du versement
des intérêts.
Paragraphe IV : L’impôt est un prélèvement sans
contrepartie
Cela signifie que le fait de payer l’impôt ne confère pas
de droit particulier au contribuable. Ce n’est pas le fait
d’acquitter un impôt qui permet de bénéficier d’un service
public, ou d’une quelconque autorisation.
L’impôt ayant une finalité collective, il ne saurait avoir
une contrepartie déterminée pour le contribuable qui le paie
chaque fois qu’il existe une corrélation préalablement définie,
et dûment la calculée entre la prestation du redevable et la
valeur des services ou avantages qui lui offrent les institutions
publiques, on est en présence d’une taxe Administrative ou
d’une redevance, mais non d’un impôt au sens strict.
Paragraphe V : L’impôt est destiné à couvrir les charges
publiques
L’affectation du produit de l’impôt à la couverture des
charges publiques trouve son fondement dans l’article 13 de la
déclaration des droit de l’homme et du citoyen de 1789 qui
annonce (pour l’entretien de la force publique et pour les
dépenses de l’administration, une contribution commune est
obligatoire…..). Initialement, l’impôt devait donc servir et
couvrir les charges liées aux fonctions classiques de l’Etat
6

gendarme à savoir (sécurité intérieure, armée, diplomatie et


justice).
Aujourd’hui encore, si l’impôt est destiné à couvrir les
charges publiques, celles – ci ont considérablement évolué.
Les nouvelles missions dévolues à l’Etat, le développement
des prestations et des allocations versées aux individus et
l’augmentation des effectifs de la fonction publique ont rendu
nécessaire une augmentation de la pression fiscale tout autant
d’une diversification des impôts pour couvrir ces nouvelles
charges.
De même, les charges publiques ne se limitent plus aux
seules dépenses de l’Etat et l’impôt permet également de
financer les dépenses des collectivités locales. Dans le même
temps l’impôt est devenu un instrument politique qui tend
parfois à inviter le contribuable à tel ou tel comportement.

Paragraphe VI : L’impôt est reparti entre les citoyens :


Il s’agit là d’une évidence qui repose également sur
l’Article 13 de la déclaration des droits de l’homme et du
citoyen (… Une contribution commune est indispensable ; elle
doit être également repartie entre les citoyens en raison de
leurs facultés..).
Toutefois cette affirmation nécessite deux précisions.
- La notion de citoyen : en droit fiscal doit être étendue
dans un sens très large qui diffère de celle qui s’impose en
droit électoral.
7

En effet, le droit fiscal ne se limite pas à la nationalité


du contribuable. Les ressortissants étrangers vivant sur le
territoire national sont par principe soumis aux règles fiscales
nationales, car on prend essentiellement en considération le
bien de réalisation de l’opération imposable pour déterminer le
régime d’imposition, d’où l’importance du principe de
territorialité de l’impôt.
Par ailleurs, les personnes physiques ne sont pas les
seules à supporter la charge de l’impôt. Sont également
contribuables, les personnes morales et ce, quel que soit leur
statut, qu’il s’agisse de sociétés ou d’associations.
- La contribution doit être repartie entre les citoyens en
raison de leurs facultés : Il semble évident que la charge fiscale
ne peut résulter d’une simple opération mathématique tendant
à diviser le montant de l’impôt entre les contribuables, mais au
contraire que le montant demandé doit être adapté à la
situation de chaque contribuable. C’est la recherche de la
justice fiscale qui s’est longtemps manifestée par l’impôt
proportionnel mais qui s’illustre aujourd’hui surtout à travers
l’impôt progressif.
8

CHAPITRE II
Impôts et autres prélèvements

En marge de l’impôt, d’autres prélèvements qui


prennent la forme de taxes et de redevances, des critères
permettent d’opérer des distinctions entre les prélèvements,
même si fréquemment la confusion est évidente dans l’esprit
du contribuable.
Ces catégories de prélèvement différent profondément
tant en raison de leurs poids économique que de leur régime
juridique.

1- La taxe :
A la différence de l’impôt, la taxe a une contrepartie.
Elle est perçue à l’occasion de la fourniture d’un service.
L’existence d’une contrepartie pour la personne qui acquitte ce
prélèvement est donc le critère principal de distinction avec
l’impôt. Néanmoins si le taxe est également instituée par le
législateur, il n’ y a pas nécessairement adéquation entre le
coût du service rendu et le montant à payer.
En outre, la taxe peut être demandée même si l’usager
n’utilise pas effectivement le service, il suffit qu’il y ait la
possibilité de l’utiliser.
Sur ce point, la taxe d’enlèvement des ordures
ménagères, perçue notamment par les communes est l’exemple
9

caractéristique de cette forme de prélèvement. Il n’en est pas


moins que la taxe est très proche de l’impôt.

2- La redevance :
Tout comme la taxe, la redevance se différencie de
l’impôt car elle a une contrepartie.
Le principe du financement des dépenses
d’administration par l’impôt ne fait pas obstacle à ce que les
charges d’un service public particulier soient directement
supportées par les usagers.
Néanmoins, la redevance se distingue de la taxe sur
deux points.
- En premier lieu, elle n’est due que par l’utilisateur
effectif d’un service.
- En second lieu, son montant doit correspondre à la
valeur du service rendu et doit être affecté au service
fournissant la prestation.
Les droits et taxes perçues à l’entrée des muses
nationaux, les redevances téléphoniques, les péages
d’autoroute… Constituent des rémunérations pour services
rendues.
10

CHAPITRE III
Les classifications des impôts

Depuis des siècles, le débat sur l’unicité ou le


multiplicité de l’impôt est ouvert. Economistes, Fiscalistes,
Homes politiques ont souvent recherché l’impôt idéal.
Les recherches se sont orientées vers la notion d’impôt
dominant, sur le revenu, sur le capital ou sur la dépense à
rendement équivalent.
Au delà du débat théorique, on observe généralement
aujourd’hui que tous les pays ont opté pour un système
d’impôts multiples pour des considérations à la fois
politiques, économiques et fiscales.
Cette diversité conduit à des classifications traduisant
ces différentes approches.
Ainsi, la notion d’impôt recouvre une grande diversité
de prélèvements. L’organisation de la connaissance fiscale
nécessite en premier lieu le dénombrement et la classification
des différents types d’impôts qui constituent un système fiscal.
On examinera d’abord les classifications traditionnelles
puis les autres classifications.
11

Paragraphe I : Les classifications traditionnelles


Section I : Impôt direct et impôt indirect
C’est une distinction ancienne et commode qui a
longtemps servi de fondement de la constitution de plusieurs
systèmes fiscaux, ainsi qu’a l’organisation de l’Administration
fiscale. Pourtant quel que soit le critère sur lequel on tente de
l’établir, elle demeure irrévocablement empirique.
- Si l’on retient le critère de l’INCIDENCE, la
distinction s’établirait entre les impôts qui restent à la charge
de ceux qui y sont assujettis (impôts directs) et ceux dont la
charge peut être reportée par les contribuables sur des tiers qui
deviennent ainsi les véritables redevables (Impôts Indirects).
Ainsi est impôt direct, un impôt dans lequel le payeur et
celui qui le supporte sont une seule et même personne. Il est
versé ainsi directement à l’Administration Fiscale par le
contribuable lui-même, alors que l’impôt indirect est l’impôt
dans lequel le payeur n’est pas celui qui le supporte
réellement. Le contribuable est donc imposé indirectement par
le fait que le payeur de l’impôt récupère sur lui le montant
qu’il verse à l’Administration fiscale.
Le critère de l’incidence fait dépendre la classification
de phénomènes économiques de translation et de répercussion
de l’impôt qui sont très complexes et largement conjoncturels.
De plus, il s’applique très imparfaitement. Ainsi l’impôt sur les
sociétés est généralement classé parmi les impôts directs, alors
qu’il est le plus souvent répercuté dans les prix. Au contraire,
12

l’impôt sur les successions, l’un des impôts les moins


répercutables, est regardé comme un impôt indirect.
- Le critère de FAIT GENERATEUR et du RÔLE qui
est lié à la mise en œuvre Administrative de l’impôt, parait
plus solide. L’impôt direct est alors celui qui atteint, de façon
périodique des situations ayant un certain caractère de
permanence, et pour l’établissement duquel est possible de
dresser une liste des contribuables.
L’impôt indirect au contraire vise des événements dont
le caractère occasionnel et imprévisible rend impossible toute
tentative d’enrôlement. Mais fonder la distinction entre l’impôt
direct et indirect sur le critère du fait générateur et du rôle,
c’est le faire dépendre de contingences purement
administratives. Ainsi Une taxe sur le chiffre d’affaires peut
aussi bien être perçue lors de chaque transaction que sur le
chiffre d’affaires annuel du contribuable. Impôt direct dans le
premier cas, elle se transforme en impôt indirect dans le
second sans que rien d’autre que sa modalité de perception
n’ait chargé une telle classification n’est pas scientifiquement
fondée.
De toutes les distinctions plus haut, on peut en définitive
définir les impôts directs lorsqu’ils sont appliqués sur la
réalisation du revenu par le contribuable, alors qu’ils seront
indirects lorsque ce revenu sera dépensé par ce contribuable.
13

Section II : Impôt réel et impôt personnel :


L’opposition entre l’impôt réel et l’impôt personnel est
aussi très ancienne.
- L’Impôt réel est celui qui porte sur un élément
économique sans considération de la situation
personnelle de son détenteur (les taxes foncières
locales, les droits d’enregistrement sur les
immeubles..)
- L’impôt personnel atteint l’ensemble de la capacité
contributive du redevable en tenant compte de sa
situation, et de ses charges de famille (l’impôt sur le
revenu, les droits de successions sont des impôts
personnels..)
L’impôt réel est ainsi injuste, on notera la tendance du
législateur à personnaliser même les impôts qui, par nature
sont des impôts réels. Ainsi, un impôt de consommation
comme la TVA est personnalisé par l’adoption d’un tarif
échelonné qui va de l’exonération des produits de première
nécessité à la surtaxation des produits de luxe.
Paragraphe II : Les autres classifications
Section I : Impôts Analytique et impôt synthétique
La distinction entre Impôts analytiques et impôts
synthétiques consiste à opposer les impôts qui ne frappe qu’un
élément d’un patrimoine ou une catégorie de revenu, à ceux
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qui atteignent une valeur ou une situation économique prise


dans son ensemble.
Ainsi, l’impôt cédulaire sur le revenu est un impôt
analytique qui n’atteint qu’une catégorie de revenu, alors que
l’Impôt général sur le revenu porte sur le revenu global d’un
contribuable, toutes sources de revenus confondues.
L’impôt analytique est le plus souvent proportionnel
alors que l’impôt synthétique se prête volontier à la
progressivité.
En fiscalité, le sens de l’histoire, c’est le passage d’un
système fiscal formé d’impôts analytiques (cédulaire), à un
système fiscal composé d’impôts synthétiques (global).

Section II : Impôt sur le Revenu et Impôt sur le capital


Les distinctions qui viennent d’être examinées sont
utiles dans l’étude du phénomène fiscal ; elles n’ont cependant
pas le caractère de généralité que présente la classification
économique de l’impôt, qui prend comme critère la ressource
économique atteinte par le prélèvement fiscal.
Cette typologie, actuellement la plus employée,
distingue entre l’impôt sur le revenu et l’impôt sur le capital.
Le revenu est l’ensemble des ressources régulières du
contribuable. Le capital est constitué par les biens possédés par
le contribuable qu’il a acquis soit par l’Epargne d’une partie
de son revenu, soit par donation, successions….
15

A la différence du revenu, le capital ne se renouvelle pas


régulièrement, le frapper par un impôt, c’est donc l’amputer
définitivement. Alors que le revenu est imposé chaque fois
qu’il sera réalisé par le contribuable.

Sous section 1 : L’impôt sur le revenu


C’est une forme courante d’imposition depuis sa
création en 1799 en grande bretagne.
Il représente un moyen d’intervention économique et
social. Ici encore on peut faire la distinction entre l’imposition
des personnes morales ou des personnes physiques.

A- L’imposition des personnes morales.


Le problème est de savoir s’il faut imposer la société en
tant que telle ou en la personne des associés.
Autrement dit, s’il faut imposer le revenu dégagé par la
société avant ou après distribution. Or il est tout à fait
convenable afin d’éviter la double imposition d’avoir un impôt
sur les sociétés puisqu’elles possèdent des revenus qui leurs
sont propres, (sociétés de capitaux). Alors que pour les
sociétés de personnes, le revenu objet de l’imposition est celui
des associés, sachant qu’ils participent effectivement à
l’Administration de la société.
On peut le considérer ainsi comme un impôt sur les
personnes physiques et non- pas sur les sociétés.
16

Dans la pratique les systèmes fiscaux dans le monde


sont très variés. Dans certains pays ou impose l’ensemble des
bénéfices de la société en prenant la précaution d’éviter la
double imposition. Dans d’autres pays, on impose les
bénéfices non distribués, en plus on impose les profits
distribués.

B- L’Imposition des personnes physiques


Elle peut revêtir deux formes. On peut avoir un impôt
général sur le ou l’ensemble des revenus selon le régime
d’imposition global, et on peut avoir un impôt sélectif ou un
impôt cédulaire fractionné. Mais les techniques peuvent être
combinées en envisageant un impôt global et général sur le
revenu, mais dans le régime va être aménagé différemment
selon la catégorie de revenus.
L’impôt global sur le revenu est une caractéristique des
pays à fiscalité évaluée.
En revanche, l’absence de l’impôt global sur le revenu
dénote la sous évolution d’un système fiscal.
Les impôts sélectifs, spécifiques sont de nature à
favoriser les fuites, la sous imposition, et les distorsions entre
les catégories de revenu et les contribuables.
Bien que l’impôt sur le revenu présente l’avantage d’être
convenable du point de vue de la justice fiscale, mais
l’inconvénient est qu’il frappe les gains du revenu tiré du
travail.
17

Exp : (le produit des heures supplémentaires, plus le


contribuable travaille, il réalise des revenus supplémentaires
plus il est imposé).
Dans le même contexte, l’imposition du revenu polarise
la charge fiscale sur les revenus élevés. Or dans une économie
capitaliste ces revenus sont susceptibles de réaliser, l’Epargne
et donc favoriser l’investissement.
D’où cette imposition du revenu dans les conditions peut
constituer un blocage à l’investissement.

Sous section 2 : l’Impôt sur le capital


La confusion est assez fréquente entre le véritable impôt
sur le capital, mais qui pèse en réalité sur le revenu et qui est
donc une forme d’impôt sur le revenu.
Supposons un capital de 100 qui a été déposé à la
banque et qui a produit un revenu de 10. si on veut prélever sur
ce revenu un impôt de 03. Deux solutions sont possibles. Soit
établir un impôt direct sur le produit de placement à revenu
fixe au taux de 30% ; Soit établir un impôt annuel frappant le
capital d’une taxe de 3%. Le résultat est exactement le même
dans les deux cas. L’impôt ainsi est toujours payé sur le
revenu.
Au contraire pour qu’il y est véritablement impôt sur le
capital, il faut non seulement que la somme versée au titre de
l’impôt soit calculée d’après le capital, mais encore que son
montant ampute le capital lui-même pour l’atteindre.
18

Dans ce sens, on peut signaler trois formes pratiques


d’impôt sur le capital.

A- L’imposition des gains de fortune


L’impôt ne frappe pas tout le capital mais seulement les
accroissements exceptionnels dont il bénéficie, et qui ne
dépendent pas de l’action du capitaliste mais du hasard. (exp :
les impôts sur les lots et les impôt sur les plus –values).

B- L’imposition de la transmission du capital


C’est l’impôt sur le capital le plus important et qui
frappe particulièrement les successions à travers la
confiscation partielle des héritages.

C- L’imposition Exceptionnelle sur le capital


A la suite d’événements graves qui ont totalement
déséquilibré les finances des pays et qui ont provoqué des
dépenses exceptionnelles très importantes (au lendemain des
deux guerres mondiales –14.18 et 39-45), on a exigé aux
citoyens le sacrifice extraordinaire d’une amputation de leur
capital par l’impôt qui permette la mobilisation immédiate des
sommes nécessaires à l’Etat.
En effet, l’impôt synthétique est à la fois plus neutre
économiquement, et d’un meilleur rendement que l’impôt
analytique.
19

Cette classification est la plus sûre de toutes celles


examinées jusqu’ici, car elle repose sur l’élément essentiel du
fait fiscal : sa nature économique.
Les différents impôts peuvent être aussi regroupés en
fonction :
- De leur objet : (fiscalité immobilière – fiscalité de
l’épargne – fiscalité bancaire, fiscalité des
Assurances..).
- Ou en considération du sujet de l’obligation fiscale
(Impôts sur les entreprises et impôts sur les
ménages..). Toutefois ces regroupements commandes
tant pour l’administration que pour l’étude des divers
prélèvements, ne constituent pas de véritables
classifications dans des conditions différentes, aux
différents objets et sujets.
En définition, et devant la variété de choix pour une
classification pratique, l’utilisateur devra chercher celle qui est
la plus adaptée aux fins qu’il se propose d’atteindre.
20

CHAPITRE IV
Sources et principes d’Impôts

Constituant une branche du droit, le droit fiscal


contemporain repose sur un certain nombre de textes d’origine,
d’ancienneté et d’importances différentes dans lesquels il tire
ses sources. Mais il repose également sur des principes que le
législateur et l’administration se doivent se respecter au risque
d’être censurés par les instances juridictionnelles.

Paragraphe I : Les sources de l’Impôt :


Les sources du droit fiscal sont nombreuses ; si on prend
l’ordre imposé par la hiérarchie des normes, on est en présence
de sources constitutionnelles, de sources résultants des traités
et engagements internationaux, mais également de sources
législatives et réglementaires sans oublier la place de la
jurisprudence et de la doctrine Administrative en matière
fiscale.
Au Maroc, le système fiscal s’est construit au cours des
siècles par des apports successifs qui l’ont consolidé :
L’ISLAM et L’ACTE d’ALJESIRAS.
La source originale est sans doute le CORAN plus tard,
après plusieurs étapes, s’est construit au MAROC un système
fiscal dit moderne emprunt de la législation française.
21

Section I : Les sources constitutionnelles :


Ces sources constitutionnelles se trouvent dans la
déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et
dans la constitution.
Deux articles de la déclaration des droits de l’homme et
du citoyen ont une importance particulière en matière fiscale.
En annonçant (pour l’entretien de la force publique, et pour les
dépenses d’Administration, une contribution commune est
indispensable : elle doit être également répartie entre les
citoyens en raison de leurs facultés..).
On peut constater aussi, le principe de la nécessité de
l’impôt, et le principe de la répartition de cette contribution en
tenant compte des facultés contributives des citoyens.
Cette idée, selon laquelle la charge fiscale doit être
adoptée à la situation de chaque contribuable, se retrouve
aujourd’hui avec la logique de la personnalisation de l’impôt.
Au Maroc, la constitution de 1996 stipule dans son
article 17 que (tous supportent en proportion de leurs facultés
contributives, les charges publiques que seule la loi peut dans
les formes prévues par la présente constitution créer et
répartir).
Ce mode de répartition des charges publiques en
fonction des facultés contributives consacre le principe de
l’égalité des citoyens devant l’impôt.
22

Section II : Les traités et engagements internationaux


La notion du droit fiscal international est relativement
récente. Elle fait son apparition à l’époque où sont conclues
entre les Etats, les premières conventions fiscales
internationales, c'est-à-dire au lendemain de la première guère
mondiale. Ainsi, les traités et engagements internationaux ont
une autorité supérieure à la loi.
En matière fiscale, on trouve différentes catégories de
textes qui n’ont pas la même importance. Les conventions
fiscales et les traités communautaires.
- Les conventions fiscales : Il s’agit le plus souvent
d’accords bilatéraux qui tendent à éviter la double imposition
lorsqu’une opération s’effectue entre deux Etats et pourrait
donner lieu à deux impositions distinctes dans chaque pays.
La double imposition aboutit en effet à une répartition
injuste des charges fiscales entre les contribuables selon qu’ils
se livrent à des activités limitées au territoire national.
D’autres par elle constitue un obstacle important au commerce
et aux investissements internationaux.
Ces conventions abordent aussi la question de
l’imposition des revenus des particuliers et des bénéfices des
entreprises. Mais elles ont souvent pour objet d’instaurer une
coopération entre les administrations fiscales des différents
Etats dans le but d’échanger des informations et de lutter
contre la fraude fiscale internationale et les transferts illicites.
23

Au Maroc, à la fin du XIX siècle. La plupart des impôts


tiraient leur origine des traités Internationaux. L’Acte
D’ALJESIRAS de 1906 va même jusqu’à constituer le
fondement international de l’impôt, au point que l’assiette, la
liquidation et le mode de perception sont fixés par le corps
diplomatique.
C’est ainsi que le Maroc a pu passer avec des pays
étrangers des conventions fiscales de réciprocité tendant à
éliminer les doubles impositions.
Les conventions conclues avec les pays en voie de
développement ont pour objet, soit d’accroître les recettes
budgétaires de ces pays par l’élargissement de la notion
d’établissement stable sans condition de durée, ce qui rend
impossible une telle activité, aussi que par l’application dans
l’Etat de la source, soit par les exonérations ou les réductions
fiscales afin d’inciter les capitaux étrangers à s’investir sur leur
territoire. Il en résulte des moins – valeurs fiscales dans
l’immédiat, mais qui devraient susciter à termes des rentrées
fiscales supplémentaires.
- Les traités communautaires constituent également
une source importante du droit fiscal. Par l’intermédiaire des
règlements, mais surtout des directives (Etats membres
d’Union) ou (Etat membres de partenariat, d’accords…). Des
domaines entiers du droit fiscal ont dû évoluer (suppression
des droits de douane – généralisation de certains impôts dans
les pays membres…).
24

Au Maroc, on peut signaler la suppression des droits de


douanes et d’autres taxes suite aux accords de partenariat
conclus avec l’Union Européenne et les accords de libre
échange avec les Etats-Unis et d’autres pays Arabes (Egypte –
Jordanie..).

Section III : Les sources législatives :


Devant respecter les normes constitutionnelles et
internationales, la loi doit aussi respecter les dispositions
contenues dans ces deux sources.
Ceci pose notamment le principe de l’autorisation
annuelle de percevoir les impôts, mais également les règles
quant au contenu des lois de finances. La loi est donc la norme
fondamentale en droit fiscal. Les dispositions sont
principalement contenues dans la loi de finances annuelle.
(barèmes de l’impôt – exonérations d’impôt…). Mais aussi
selon les circonstances politiques et très souvent en cas
d’alternance politique, dans les lois de finances rectificatives
(les récentes rectifications des taux de la TVA, et de l’IGR).
Toutefois la compétence du législateur est parfois limitée.
Ainsi, en ce qui concerne les impôts locaux la fixation
des taux relève des conseils locaux et régionaux et non du
parlement.
25

Section IV : Les règlements


Le pouvoir exécutif est chargé de préciser les modalités
d’application de la loi de finances. Relativement nombreuses,
les dispositions réglementaires prennent la forme de décrets et
d’arrêtés ministériels en conformité avec la loi. Ce qui
constitue une seconde source du droit fiscal. Toutefois, s’il
s’avère que des contribuables estiment qu’une disposition
réglementaire est illégale, ils ont le droit de soulever cette
illégalité devant les tribunaux.

Section V : La jurisprudence :
En matière fiscale, la jurisprudence est quantitativement
importante, mais n’a peut être pas la même portée que dans
d’autres branches de droit. Cela s’explique même par le
contenu même des lois fiscales, très précises et techniques, qui
ne laisse pas de marge d’interprétation au juge. On demande
plus au juge de trancher des situations de fait, que d’interpréter
tel ou tel principe.
Ainsi, les contribuables qui ne sont pas satisfaits d’une
décision prise à leur encontre par l’Administration
(redressement à la loi suite à une vérification par exemple), ont
le droit de contester la légalité de cette décision devant les
tribunaux.
La jurisprudence est considérée également comme un
phénomène nominatif. C'est-à-dire créateurs de règles
26

juridiques, en ce sens que les jugements engendrent, ou sont de


nature à engendrer des normes juridiques.
Cependant, au Maroc, la jurisprudence des tribunaux en
matière fiscale est très faible, car les litiges sur le fait sont la
plupart du temps résolus en niveau des commissions locales et
nationales, tandis que les litiges sur le droit sont rarement
évoqués par les tribunaux.
Ainsi, en matière juridictionnelle, il conviendrait de se
référer aux décisions des commissions locales et nationales qui
se prononcent sur les questions de fait et non pas de droit.

Section VI : La doctrine administrative :


Face à des règles nombreuses, techniques et complexes,
l’Administration est amenée à interpréter les dispositions
fiscales. Cela prend différentes formes : lorsqu’elle s’adresse à
ses agents, ce sont des notes de services, des instructions ou
des circulaires, qui sont rédigées. Mais l’interprétation prend
aussi la forme de réponses ministérielles aux nombreuses
questions écrites posées par les parlementaires. L’ensemble de
ces textes constitue ce que l’on appelle la doctrine
administrative.
Le contribuable doit tenir compte de la doctrine
administrative et organiser ainsi sa situation fiscale, ce qui ne
donne nullement le droit à l’administration de lui appliquer ses
interprétations ultérieures.
27

Paragraphe I : Les principes de l’Impôt


Relativement nombreux, la plupart de ces principes
trouvent leur fondement dans la déclaration des droits de
l’homme et du citoyen de 1789, parmi eux, le principe de
légalité de l’impôt, et de l’égalité devant l’impôt.
Mais on se saurait oublier l’existence du principe de
liberté, ni celui de la territorialité fiscale, pas plus que la règle
de la non rétroactivité des lois fiscales.

Section I : Le principe de légalité :


Le principe de légalité trouve son fondement dans la
déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (Tous
les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par
leurs représentants, la nécessité de la contribution publique..).
Ainsi la loi dans tous les systèmes fiscaux pose les règles
concernant, l’assiette, les taux et les modalités de
recouvrement de tout impôt. Ce qui signifie que les
dispositions fiscales doivent résulter de la loi.
Ce principe supporte cependant plusieurs limites,
atténuant par là même le rôle du législateur. Limites résultant
du droit communautaire, et de la doctrine administrative… Ce
qui peut conduire ainsi à écarter le parlement du processus de
décision à caractère fiscal.
- Une autre limite au principe de légalité résulte de
l’existence de prélèvements qui ne nécessitent pas
l’intervention du parlement. C’est le cas des redevances.
28

Enfin, le fait que les collectivités territoriales dotées


d’une fiscalité propre votent eux-même les taux applicables
aux impôts locaux, constitue également une limite au pouvoir
des parlementaires en matière fiscale.

Section II : Le principe d’égalité devant l’impôt


Le principe propose sur l’article 13 de la déclaration des
droits de l’homme et du citoyen prévoyant l’existence d’une
contribution commune (également repartie entre les citoyens
en raison de leur facultés). Mais il relève aussi de l’article 6 de
la déclaration qui implique que le loi (doit être la même pour
tous, soit qu’elle protége, soit qu’elle punisse).
L’égalité devant l’impôt ne peut donc être une simple
égalité mathématique se limitant à diviser la contribution
commune entre tous les citoyens.
L’égalité mathématique constitue dans la
proportionnalité entre les revenus du contribuable et le
montant de sa contribution.
Cela ne signifie pas que tous les contribuables doivent
payer le même montant d’impôt chaque fois qu’il ont le même
revenu, ni être soumis au même régime fiscal. La loi doit
apprécier les facultés contributives, et en conséquences, peut
prévoir des régimes différents entre les contribuables dès lors
qu’il existe des différences de situation objectives.
Cependant la théorie de proportionnalité s’avère fausse
si deux personnes qui ont le même revenu paient le même
29

montant d’impôt, lorsqu’elles, n’ont pas les mêmes conditions


familiales. C’est ainsi qu’on est passé de l’égalité
mathématique à l’égalité personnelle.
L’impôt personnel n’est plus proportionnel en revenu du
contribuable, mais à sa capacité contributive.
Les techniques de personnalisation de l’impôt prennent
en considération les charges familiales du contribuable.
L’exemption d’un minimum vital se rattache au même
ordre d’idée. On estime qu’il y a dans les dépenses de chaque
individu, une première tranche qui correspond à la satisfaction
des besoins élémentaires et de première nécessité qui doit être
exemptée de tout impôt. Ou ne serait redevable au titre de
l’impôt qu’une fois que le revenu dépasse ce minimum vital.
La progressivité de l’impôt est un procédé plus général à
l’ancien proportionnel dont le taux restait invariable quelque
soit le montant de la matière imposable. Le taux désormais
augmente en même temps qu’augmente le revenu base de
l’impôt du contribuable.

Section III : Le principe de liberté


Etant un prélèvement obligatoire, par voie d’autorité et
parfois sous la contrainte, l’impôt peut paraître surprenant
d’évoquer le principe de liberté. Principe essentiel à la base de
nombre de procédures du droit fiscal. L’impôt est souvent
éprouvé comme étant un facteur de limitation à la liberté
individuelle et à la liberté de gestion des entreprises.
30

Ce principe s’illustre tout d’abord par la protection des


droits et libertés individuels dans les procédures fiscales, afin
de faire face aux abus de l’administration fiscale, en matière de
vérification et contrôle fiscale.
La liberté s’illustre également dans la liberté laissée au
contribuable, face à la diversité des impôts et des règles qui les
régissent. Le problème est de savoir si ce dernier peut de sa
propre initiative choisir d’être imposé selon tel ou tel système.
Pratiquement le contribuable peut opter pour
l’imposition qui est la plus favorable, encore faut-il qu’il le
fasse dans le respect de la loi sinon l’administration peut
remettre en cause les choix faits par le contribuable et opérer
un redressement.

Section IV : Le principe de la non-retroactivité de


l’impôt.
Ce principe ne concerne pas que le loi fiscale, mais il
représente une règle générale en matière de droit. La loi ne
dispose que pour l’avenir, elle n’a pas d’effet rétroactif.
La non-retroactivité présente toutefois un intérêt
particulier en droit fiscal en raison des enjeux financiers et elle
garantie la sécurité juridique des contribuables. Or, le reproche
est souvent fait au législateur de changer les dispositions
fiscales alors que le contribuable a déjà organisé sa situation
fiscale.
31

Rien n’interdit à la loi de revenir sur une exonération


fiscale acquise sous l’empire d’une loi antérieure ou d’en
réduire la durée. Cependant, afin d’éviter des dispositions
législatives rétroactives, on ne saurait permettre aux autorités
d’infliger des sanctions à des contribuables en raison
d’agissements antérieurs à la publication de nouvelles
dispositions qui ne tombaient pas sous le coups de la loi
ancienne, ce qui permettra une certaine sécurité et stabilité
fiscale.

Section V : Le principe de la territorialité de l’impôt :


A la différence des principes précédents qui trouvent
leur origine dans la déclaration des droits de l’homme et du
citoyen de 1789, le principe de la territorialité de l’impôt
résulte essentiellement de la loi. Il implique que la loi fiscale
s’applique sur le territoire de l’Etat qui l’a adopté pour tous les
contribuables présents sur ce territoire.
Néanmoins, cette règle souffre de nombreuses
exceptions. Dans certaines situations, la loi fiscale ne
s’applique pas sur tout le territoire national. La création des
zones franches, ou des zones d’investissement s’est
accompagnée d’un système d’exonération ou d’allégements
d’impôts à l’intérieur du périmètre de ces zones.
A l’inverse, l’application de la loi fiscale peut parfois
s’étendre au-delà des frontières et ne pas se limiter à la seule
matière imposable située sur le territoire national. C’est le cas
32

notamment pour les contribuables qui sont fiscalement


domiciliés dans leur pays d’origine au titre de l’impôt sur le
revenu et qui sont soumis à l’obligation fiscale illimitée. Cela
implique qu’ils seront soumis sur la totalité de leurs revenus
quelque soit le lieu où ils ont été acquis.
Les conventions fiscales internationales, qui tendent à
éviter une double imposition pour les contribuables qui
dépendent de plusieurs législations fiscales différentes, jouent
aussi un rôle majeur dans la limitation territoriale de l’impôt.
33

CHAPITRE V
Les opérations applicables à l’impôt

Pour percevoir les recettes fiscales afin de fiancer les


dépenses publiques, différentes opérations, nombreuses et
complexes doivent être accomplies. Il convient tout d’abord de
déterminer ou d’évaluer la matière imposable, ainsi que le
montant de la contribution qui sera demandé à chaque
redevable. Ce préalable réalisé, il faut ensuite mettre en œuvre
des procédures de recouvrement.

Paragraphe I : Détermination de la matière imposable


(L’assiette de l’impôt)
C’est l’ensemble des opérations administratives qui ont
pour but de rechercher et d’évaluer la matière imposable. Ainsi
asseoir l’impôt aboutit à déterminer la base d’imposition.
Cela suppose dans un premier temps d’opter entre
différentes possibilités d’ordre économique, avant de décider
d’une taxation totale ou partielle de la matière imposable.

Section I : Le choix économique de la matière


imposable
Le critère économique sert de fondement à la
classification la plus couramment utilisée des impôts, car il
permet de les diviser en trois catégories.
34

Sous section 1 : Les impôts sur le revenu


Permettent de taxer les revenus, les gains ou les
bénéfices des personnes physiques ou morales. (L’impôt sur le
Revenu et l’impôt sur les sociétés).

Sous-section 2 : Les impôts sur la dépense


Permettent de taxer la consommation du contribuable.
Ils constituent les principales recettes fiscales de l’Etat (TVA,
Droit de douane...) .

Sous section 3 : Les impôts sur le capital


Quand à eux permettent d’imposer les mutations à titre
onéreux (ventes) ou gratuits (Droits de succession, de
donation..), mais également les éléments qui composent le
patrimoine du contribuable (les taxes foncières).

Section II : Le choix de l’imposition


C’est le choix d’une imposition globale ou partielle de la
matière imposable.

Sous section 1 : Les impôts synthétiques


Sont ceux qui frappant intégralement la matière
imposable, quelle qu’en soit sa consistance. L’impôt sur le
revenu se présente comme un sujet synthétique, car il
s’applique à tous les revenus du foyer fiscal, qu’ils
proviennent du travail, déplacements financiers ou de biens
35

immobiliers. Il en est de même pour la TVA qui s’applique à


tous les achats.

Sous section 2 : Les impôts analytiques


Ne frappent qu’un élément isolé de la matière
imposable. La taxe urbaine qui ne s’applique que sur une
partie du patrimoine est donc un impôt analytique .

Section III : La recherche et l’évaluation de la matière


imposable
Il ne suffit pas de choisir les éléments qui vont supporter
l’impôt. Encore faut-il prévoir des techniques permettant de
trouver, puis d’évaluer cette matière imposable.

Sous-section 1 : La recherche de la matière imposable


La recherche de la matière imposable s’effectue par le
procédé du recensement effectué par l’administration ou par la
déclaration d’existence effectuée par le contribuable lui-même.

A- Le recensement de l’administration :
Conduit les agents de l’administration à se déplacer
pour rechercher la matière imposable. Ce procédé n’est utilisé
que pour les anciens impôts (impôts locaux ou certaines
contributions indirectes) qui sont établis le plus souvent sur
des signes extérieurs.
36

B- La déclaration d’existence :
Est aujourd’hui le procède le plus couramment employé.
Il est demandé au contribuable (personne physique ou morale)
de déclarer lui-même l’existence de son activité ou de son
entreprise à l’administration fiscale. Et les bases d’imposition.
Selon les impôts. Cette déclaration peut s’effectuer de manière
périodique (chaque année pour l’impôt sur le revenu et pour
l’impôt sur les sociétés) ou de manière occasionnelle lors d’un
événement particulier (Décès, donation, acquisition
d’immeuble…).
Toutefois pour s’assurer du respect de cette obligation
déclaration faite aux contribuables, des pénalités sont prévues
en cas de dépôt tardif ou de non dépôt de déclaration.

C- L’évaluation de la matière imposable


Trois méthodes peuvent être utilisées pour déterminer
les bases d’imposition du contribuable.
L’évaluation indiciaire, l’évaluation forfaitaire et
l’évaluation réelle.

1- L’évaluation indiciaire :
Elle consiste à évaluer les bases d’imposition d’un
redevable à partir des signes extérieurs, ou indices facilement
dénombrables et difficiles à dissimuler. Ces impôts indiciaires
dont l’application dépend de la constatation des signes
37

extérieurs, ne sont plus guère employés dans les systèmes


fiscaux modernes.
En dépit de sa simplicité, de sa clarté et de sa facilité de
mise en œuvre qui évite tout risque de conflit entre le fisc et le
contribuable, ce type d’impôt se révèle peut satisfaisant. Son
rendement médiocre en plus de son injustice, ne justifie guère
l’absence de corrélation entre les signes extérieurs retenus et la
capacité contributive que l’ont veut mettre en évidence.
Cependant, les indices étant par définition difficiles à
dissimuler, la détermination des bases d’imposition par la
méthode indiciaire est parfois utilisée à titre de moyen de
contrôle fiscal.

2- L’évaluation forfaitaire :
C’est une technique d’évaluation simplifiée pour évaluer
les bases d’imposition d’un contribuable. Bien qu’il tende à
disparaître dans les systèmes fiscaux modernes au profit de
l’évaluation réelle, il joue encore un rôle non négligeable.
L’évaluation forfaitaire peut être collective et objective
lorsque c’est l’administration qui repartie entre chaque
redevable les bases d’imposition. Elle peut être individuelle et
subjective lorsque chaque contribuable débat avec le fisc le
montant de son revenu imposable.
L’évaluation forfaitaire peut résulter aussi de
l’application d’un barème arrêté par la loi, ou d’une procédure
à laquelle le contribuable ne participe pas.
38

3- L’évaluation réelle : C’est la méthode la plus


couramment répandue dans les système fiscaux modernes.
Le contribuable ainsi doit établir une déclaration dans
laquelle il procède, conformément aux dispositions de la
législation fiscale, à la détermination de sa base d’imposition
sous le contrôle de l’administration. Cette méthode est utilisée
en matière d’impôt sur le revenu, de l’Impôt sur les sociétés, et
de la TVA, des droits d’enregistrement et de douane.
La déclaration contrôlée peut être considérée comme
une confession fiscale qui a des avantages et des
inconvénients.
L’avantage fiscal est que le contribuable est le mieux
placé pour connaître le montant exact de la matière imposable
qui le concerne.
En revanche, cette déclaration impose au contribuable
un travail complexe qui constitu une charge sur le plan
économique. De plus, les confessions ne sont pas toujours
sincères. De ce fait, l’efficacité de la méthode déclarative
dépend surtout de l’efficacité des contrôles.

Paragraphe II : La liquidation de l’impôt.


La liquidation a pour objet de déterminer le montant de
la dette fiscale par application à la base d’imposition, le tarif
de l’impôt.
39

La portée juridique de l’opération de liquidation de


l’impôt ne crée pas la créance qui préexiste à cette mesure
technique, mais elle rend la dette fiscale liquide, c’est-à-dire
payable et exigible dans un certain délai.
En principe, la liquidation incombe à l’administration.
C’est notamment le cas lorsque l’impôt est perçu par voie de
rôle. Cependant en matière d’impôt sur les sociétés, et de la
TVA, la liquidation incombe au contribuable, l’administration
se contentera de contrôler les calculs effectués par le
redevable.
Enfin, dans le cas ou l’impôt est perçu par voie de
prélèvement à la source, ce qui est le cas pour l’impôt sur le
revenu, la liquidation est opérée par le tiers.

Section I : Le tarif de l’impôt :


Appliqué à la base d’imposition, le tarif de l’impôt
permet de calculer le montant de l’impôt.
Le tarif est une notion complexe qui inclut les
abattements pratiqués sur la base d’imposition.
L’élément essentiel du tarif est cependant le taux de
l’impôt, sauf pour l’impôt de répartition.

Sous-section I: Impôt de répartition et impôt de quotité


- Dans le système de l’impôt de répartition où le
montant global de l’impôt est connu à l’avance, puis répartir
ensuite entre les contribuables. Le taux de l’impôt est
40

secondaire puisqu’il résulte du rapport entre la masse d’impôt


à repartir et la valeur totale des bases d’imposition. Ce système
a aujourd’hui disparu au profit de quotité.
- Dans le système de l’impôt de quotité au contraire, le
taux de l’impôt est primordial puisqu’il est fixé à l’avance,
tandis que le produit de l’impôt est seulement évalué de façon
plus ou moins approximative.
Cela présente l’avantage pour les contribuables de
connaître le taux de l’imposition dés la déclaration de la
matière imposable.
Sous-section e : Le taux de l’impôt :
Il existe deux types de taux d’imposition, les taux
spécifiques et les taux ad-valorem. Parmi les taux ad-valorem
les plus couramment répandus, on distingue le taux
proportionnel et le taux progressif. Ces distinctions servent
parfois de base à des classifications fiscales.

A- Taux spécifiques et taux « ad-valorem »


1- Le taux est dit spécifique quand il est fixé en unités
monétaires par unité de quantité ou unité de poids. Malgré la
simplicité du calcul, les taux spécifiques ont pratiquement
disparu aujourd’hui sauf pour quelques droits sur la
consommation et quelques taxes locales.
2- A l’inverse, le taux ad-valorem est calculé par
application d’un pourcentage à la matière imposable. Le
41

montant de d’impôt dépend donc du volume et de la valeur de


la matière imposable.

B- Taux proportionnel et taux progressif


1- Le taux proportionnel présente comme caractère
d’envoi un taux constant quelque soit le volume de la matière
imposable. Il s’applique principalement aux impôts directs
locaux, à la TVA, et à l’impôt sur les sociétés.
2- Le taux progressif : Présente une autre
caractéristique puisque le taux d’imposition augmente au fur et
à mesure que la matière imposable augmente.
La progressivité est généralement aménagée par
tranches, c'est-à-dire que chaque élément du taux croissant
n’atteint que la tranche qu’il concerne. Pour obtenir le montant
de l’impôt, il faut totaliser les différents produits obtenus en
multipliant chaque tranche par d’éléments de taux
correspondant.
Le taux progressif représente aujourd’hui le procédé qui
répond le mieux au souci de justice fiscale. Cette justification a
été l’objet de vives contreverses de la part des contribuables
les plus fortunés qui supportent le plus les taux marginaux de
l’impôt.
42

Section II : Le recouvrement de l’impôt :


Le recouvrement est l’ensemble des procédures par
lesquelles l’impôt passe du patrimoine du contribuable dans
les caisses de l’Etat.
Trois procédures de recouvrement sont utilisées :

Sous-section 1 : Le recouvrement ordonné


Par voie de rôle. Le rôle est une décision administrative
qui fixe pour chaque contribuable les éléments retenus pour
l’assiette de l’impôt, qui liquide le montant de l’impôt et qui
forme à la fois titre de recette et titre exécutoire pour son
recouvrement, dans lequel l’administration notifie au
contribuable le montant de l’impôt à payer.

Sous-section 2 : Le recouvrement spontané


Sans émission de rôle, dans lequel le contribuable
liquide lui-même l’impôt, puis doit le verser d’office au trésor.

Sous-section 3 : Le recouvrement par un tiers


(Retenue à la source) : Lorsque des tiers doivent retenir
puis verser à l’administration le montant des impôts du par les
contribuables c’est le cas pour le recouvrement de l’impôt sur
le revenu, tout au moins en ce qui concerne les salaires et les
revenus de valeurs mobilières.
Le prélèvement de l’impôt est effectué directement par
la partie versante (employer ou banquier) sur le montant des
43

salaires ou des revenus mobiliers payés. Les sommes ainsi


fixées retenues sont ensuite versées trésor public. Le paiement
de l’impôt peut intervenir en une ou plusieurs fois. Le
paiement intégral en une seule fois est la règle pour les droits
d’enregistrement, les impôts fonciers… A l’inverse le
paiement fractionné permet d’étaler la dette fiscale dans le
temps. C’est le cas notamment pour l’impôt sur les sociétés,
l’impôt sur le revenu avec la pratique des acomptes
provisionnels calculés à partir de l’impôt de l’année
précédente et qui sont recouvrés avant d’avoir déterminé le
montant de l’imposition pour l’année en cours. C’est aussi le
cas lorsque le contribuable sollicite cette forme de paiement
auprès de l’administration. Il peut aussi demander le paiement
par mensualisation de la taxe d’habitation, et de la taxe
foncière.
44

Chapitre IV
Le système fiscal Marocain

Le système fiscal Marocain apparaît à première analyse


comme un système en mutation. Cette dynamique est le reflet
de l’évaluation de l’économie et de la société où le système
s’insère comme une composante essentielle.
Cette dynamique peut être perçue à plusieurs niveaux :
Si le rôle de pourvoyeur de fonds pour le financement
des budgets de l’Etat et des collectivités locales apparaît
comme des traits dominant de ce système, ce dernier assure
d’autres rôles non moins importants.
Il participe à toute politique de régulation de l’activité
économique dans son ensemble comme il permet la promotion
de secteurs particuliers.
Il assure enfin une certaine correction au niveau de la
distribution des revenus et des affectations des dépenses des
ménages.

Paragraphe I: L’évolution du système fiscale Marocain


Comme l’une des formes les plus élaborées et les plus
modernes des manifestations sociales, le système fiscal ne
peut demeurer en retrait par rapport à l’évolution de ces
dernières.
45

Une approche historique centrée sur trois étapes


marquantes du système, le train de reforme de 1957 – 1962, les
lois de finances pour les années 1978 à 1984, la réforme
fiscale ainsi que sa considération intérieure, permettra de saisir
les mutations profondes connues par le système et d’apprécier
le niveau de sa maturité.

Section I : La réforme fiscale de 1961 et l’instauration


d’un système fiscal cédulaire
En 1957, le Maroc s’est doté d’une nomenclature et d’un
tarif douanier résolument modernes.
En 1959 furent adoptés, l’impôt sur les bénéfices
professionnels et le prélèvement sur les traitements et salaires.
En 1961 sera tissé la trame essentielle qui constitue
l’ossature du système fiscal Marocain.
En ce qui concerne les impôts directs, l’impôt agricole
est venu se substituer au TERTIB, l’impôt des patentes, la taxe
urbaine ont été reformés en profondeur.
En matière d’impôts indirects, la taxe sur les
transactions en vigueur depuis 1949 a été supprimée au profit
de l’instauration de la taxe sur les produits et la taxe sur les
services.
La réforme de 1961 avait pour ambition de mettre sur
pied un système d’imposition moderne dont les composants
ont été posés précédemment.
46

L’avènement en 1971 de la contribution complémentaire


sur le revenu global des personnes physiques s’inscrivait en
principe dans le cadre d’une nouvelle orientation du système
fiscal marocain pour une appréhension des revenus non encore
soumis à un impôt de type spécifique et en vue de rectifier les
distorsions issues de la conception analytique du système.
L’environnement qui prévalait à cette époque ne
permettait pas l’instauration d’un véritable impôt général sur le
revenu.
En effet, l’IGR ne peut s’appliquer convenablement qu’a
un certain niveau de maturité des structures économiques et de
développement des formes modernes d’organisation de la
société, que ce soit dans le domaine du commerce au sens
large où celui de l’Administration.
Les prétentions de la contribution complémentaire
comme impôt de synthèse ont été nivelées sur les normes de
cet environnement ce qui a largement influencé sa technique.
Il en résulte une assiette fiscale étroite et de surimposition pour
les revenus soumis à cet impôt avec une fiscalisation très
légère des revenus non encore soumis à un impôt spécifique.
En 1973, les revenus mobiliers seront appréhendés par
un impôt spécifique, la taxe sur les produits des actions ou part
sociales et revenus assimilés (TPA).
47

Section II : L’évolution du système Entre


1978 – 1984.
La reforme introduite en 1978 a porté essentiellement
sur la fiscalité immobilière.
Le taxe urbaine en tant qu’imposition du revenu foncier
a été complètement modifiée. Elle n’est plus proportionnelle
mais progressive. Elle cesse ainsi d’être un impôt réel et
devient personnel avec le système de déduction pour charges
de familles.
Pour la première fois a été crée un impôt spécifique sur
les profits immobiliers frappant cependant le revenu brut avec
une ponction décroissante selon la durée de détention du bien
objet de cession.
Un impôt sur les terrains urbains et une taxe annuelle sur
les terrains non bâtis ont été institués dans le but de contribuer
à freiner la spéculation foncière et d’améliorer les conditions
du marché de l’immobilier.
La loi de Finances pour l’année 1980 a institué un
nouvel impôt supplémentaire appelé participation à la
solidarité nationale.
En juin 1980 sera adapté le code immobilier qui suspend
la fiscalité immobilière pendant quinze ans au profit des
promoteurs du secteur.
Par ailleurs tout impôt frappant le revenu agricole sera
suspendu jusqu'à l’an 2010.
48

Jusqu’en 1984 année où fut promulguée la loi cadre


relative à la reforme fiscale, l’évolution imprimée au système a
porté essentiellement sur l’accentuation des taux d’imposition
tant au niveau des impôts directs, des taxes sur le chiffre
d’affaires, qu’a celui des droits et taxes d’importation.

Section III: La loi cadre relative à la réforme fiscale :


vers un système fiscal global.
En avril 1984 fut promulguée une loi qui détermine le
cadre général de la réforme fiscale, en énonce les principes et
en fixe les limites.
La loi cadre précise que la réforme fiscale sera réalisée
selon les objectifs fondamentaux et dans les limites prévues
par la loi.
« elle concernera les impôts directs sur le revenu des
personnes physiques et morales, la taxe sur les produits et la
taxe sur les services ; elle tendra, également à corriger les
disparités du système actuel et à instituer toutes mesures de
nature à prévenir et supprimer la fraude et l’évasion fiscale
dans le cadre d’une procédure légale garantissant les droits des
contribuables. Elle aura également pour objet de promouvoir
les finances des collectivités locales en tenant compte des
exigences du développement économique et social dans le
cadre d’une justice sociale »
La loi cadre annonce ainsi une réforme basée sur trois
axes principaux.
49

- Instituer un impôt général sur le revenu des personnes


physiques en remplacement d’une série d’impôts cédulaires
qui ne permettent pas de saisir d’une manière globale
homogène et unifiée les différents revenus imposables.
- Instaurer un impôt sur les sociétés de portée générale et
qui prend en considération les caractéristiques propres des
personnes morales.
- Adapter une taxe sur la valeur ajoutée avec un champs
d’application élargie au lieu et place des taxes sur les produits
et sur les services.
Le reforme fiscale a débuté par l’instauration en Avril
1986 de la taxe sur la valeur ajoutée en remplacement de la
taxe sur les produits et la taxe sur les services en vigueur
depuis 1961.

Sous- Section I : La TVA


La réforme a consisté en la fusion des deux taxes, celle
sur les produits et celle sur les services, à généraliser le droit à
déduction, à étendre le champs d’application de la taxe
obligatoirement au commerce de gros, à diminuer le nombre
des taux et à simplifier les mécanismes de l’impôt.
Un grand volet de la réforme a porté sur une définition
rigoureuse des droits et obligations des redevables et sur la
procédure d’établissement, de contrôle et de constatation de
l’impôt.
50

Sous- Section II : L’IS


La loi de finances pour l’année 1987 à institué l’impôt
sur les société en remplacement de l’impôt sur les bénéfices
professionnels, de l’impôt agricole, et de la taxe urbaine pour
les revenus locatifs en ce qui concerne les personnes morales.
La réforme a porté essentiellement sur :
L’élargissement du champs d’application de l’impôt à
toutes les sociétés quels que soit leur forme et leur objet.
L’unification des taux d’imposition.
L’institution d’un minimum d’imposition
L’amélioration des conditions de recouvrement de
l’impôt ainsi qu’une définition précise des comptes et des
procédures.

Sous- Section III : L’IGR


Le Dahir N° 1-89-116 du 21 Nov. 1989 a promulgué la
loi N° 17-29 relative à l’Impôt général sur le revenu. La
reforme a procédé à la même conception relative à simplifier
les techniques, à harmoniser et à unifier les concepts et les
procédures.
Il se substitue pour les personnes physiques aux :
Prélèvement sur les traitements, salaires, pensions et
rentes viagères. (PTS)
La taxe urbaine pour les revenus locatifs (TU)
51

L’impôt sur les bénéfices professionnels (IBP)


L’impôt agricole.(I.A)
La contribution complémentaire sur le revenu global des
personnes physiques. (C.C)
La participation à la solidarité nationale (PSN)
La taxe sur les produits des actions, parts sociales (TPA)
La taxe sur les profits immobiliers (IPI)
52

Deuxième Partie
Les applications pratiques
de l’impôt au Maroc

Le système fiscal Marocain est caractérisé par une


multitude d’impôts et taxes, et qui peuvent être présentés sous
diverses classifications.
S’agissant de l’entreprise, on peut proposer des impôts
qui s’appliquent sur le revenu dégagé par l’entreprise, des
impôts qui s’appliquent sur les opérations réalisées par
l’entreprise, des impôts qui s’appliquent sur le patrimoine de
l’entreprise, en plus des impôts et taxes locaux.
On peut signaler dans le même sens, qu’à côté des
impôts qui ont été rectifiés par la réforme fiscale pour avoir le
caractère global, il y a toujours des impôts cédulaires qui
caractérise les applications pratiques du système fiscal
Marocain.
Nous allons procéder ainsi à étudier les applications
pratiques de l’impôt au Maroc sous un angle qui prend en
considérations ces caractéristiques, et ce à travers, des impôts
directs qui alimentent le Budget général de l’Etat, tels l’IGR,
et l’IS, et d’autres qui alimentent les budgets des collectivités
locales tels, la Patente et la taxe urbaine, et des impôts
indirects telle la TVA.
53

CHAPITRE I
Les Impôts directs

La théorie fiscale procède à des classifications


traditionnelles pour inventorier les différents types d’impôts
qu’un système peut englober.
Lorsque les classifications privilégient les notions
d’impôts directs ou d’impôts indirects, c’est souvent pour
faire une démarcation entre les impositions qui portent sur la
réalisation du revenu ou du capital et les impositions relatives
aux dépenses qui frappent l’emploi du revenu ou du capital.
La classe des impôts directs regroupe des impôts assis
sur le revenu on sur le capital formés par des personnes
physiques ou par des personnes morales.
Le système fiscal Marocain présente selon cette
classification :
- L’impôt sur les sociétés.
- L’impôt général sur le revenu en tant qu’impôt
de synthèse.
Certains impôts analytiques demeurent. Il s’agit de :
- la taxe sur les produits des actions et parts
sociales. Et de le taxe sur les produits de
placements à revenu fixe.
- L’impôt des patentes
54

- La taxe urbaine.
Notre étude portera essentiellement sur l’impôt sur les
sociétés en tant qu’impôt direct et la taxe sur la valeur ajouté
en tant qu’impôt indirect.
55

L’impôt sur les sociétés

La taxation des revenus réalisés par les sociétés à


l’Impôt sur les sociétés date de 1986 par le DAHIR N° 1-86.
233 du 31 Dec 1986, en remplacement de l’Impôt sur les
bénéficies professionnels qui imposait auparavant et sans
distinction les revenus professionnels réalisés par les
personnes physiques et morales.
L’institution de cet impôt et la délimitation de son
champs d’application aux seules entreprises constituées sous
forme de sociétés de capitaux, en plus de la S.A.R.L, émane de
la volonté du législateur de réserver à cette catégorie
d’entreprises des modalités d’imposition mieux adaptées à
leurs caractéristiques juridiques et patrimoniales.
Ainsi, les sociétés soumises à l’IS possèdent une
personnalité fiscale propre, c'est-à-dire distincte de celle des
associés. Cela résulte de l’existence d’un patrimoine propre à
la société.
En conséquence, les sociétés sont imposées en tant que
telles sur leur résultat. Le montant de l’impôt est acquitté par
la société elle-même. Les associés perçoivent la part qui leur
revient dans le bénéfice distribué et seront de leur côté soumis
à l’impôt sur le revenu sur cette distribution s’ils sont soumis à
cet impôt.
56

L’impôt sur les sociétés vise les résultats réalisés par les
sociétés. Par résultat, on entend évidemment les profits
dégagés par la différence entre les produits imposables et les
charges déductibles.
Toutefois, et même en cas de perte, ces sociétés sont
redevables d’un minimum d’impôt dit cotisation minimale
calculée sur la base des produits d’exploitation.
Par conséquent, une société qui réalise à la fois des
bénéficies tirés d’une exploitation commerciale et d’activités
civiles est imposée à l’IS sur la totalité de ses revenus
commerciaux et non commerciaux si elle est désignée comme
personne morale assujettie à l’IS.
Basé sur le système déclaratif, l’établissement de cet
impôt sur les sociétés est réalisé par les sociétés elles-mêmes,
suite aux différents travaux extra-comptables réalisés à la
clôture de chaque exercice.
Son paiement est effectué sous forme de fractions, dites
acomptes provisionnels, versés au cours de l’année à la fin de
chaque trimestre sur la base de l’impôt payé au titre de
l’exercice précédent.
La régularisation des sommes dues est effectuée avant
l’expiration du troisième mois suivant celui de la clôture de
l’exercice.
57

Paragraphe I : Champs d’application de l’IS :


L’impôt sur les sociétés vise les bénéfices des
entreprises constituées sous forme de sociétés de capitaux,
essentiellement les sociétés anonymes et les sociétés en
commandite par actions, en plus de la forme hybride de la
S.A.R.L. D’autres sociétés de personnes peuvent opter pour
l’imposition à l’IS.
Ces sociétés sont soumises à l’IS, qu’elles soient
considérées isolément ou appartenant à un groupe.

Section I : Les personnes imposables :


Certaines sociétés sont en raison de leur forme et leur
objet obligatoirement soumises à l’IS, d’autres optent pour ce
régime d’imposition de préférence à l’Impôt sur le Revenu, et
d’autres sont exclues ou exonérées.

Sous-section 1 : Les sociétés obligatoirement assujetties à


l’IS :
L’assujettissement obligatoire à l’IS concerne deux
catégories de sociétés.
* Les sociétés imposables à raison de leur forme et leur
objet :
Ces sociétés sont soumises à l’IS quels que soient leur
forme et leur objet et qui concernent :
- les sociétés de capitaux (sociétés anonymes et
sociétés en commandite par action).
58

- Les sociétés à responsabilité limitée.


- Les sociétés civiles.
- Les sociétés de personnes (SNS et SNC) dont les
associés ne sont pas toutes des personnes physiques.
- Les fonds crées par voie législative ou par
convention ne jouissant pas de la personnalité
morale et dont la gestion est conférée à des
organismes de droit public ou privé, lorsque ces
fonds ne sont pas expressément exonérées par une
disposition d’ordre législatif : (Fonds d’assurances
des notaires – Fonds de garanties logement
éducation – Formation – Fonds de garanties des
crédit jeunes promoteurs).

* Les Etablissements publics et d’autres personnes


morales :
Il s’agit notamment des établissements publics
industriels et commerciaux, des collectivités locales et leurs
groupements ou toute personne morale de droit public ou
privé, dés lors que leur activité peut être considérée comme
étant de nature industrielle ou de manière générale à caractère
lucratif.

Sous-section 2 : Les sociétés assujetties sur option :


Les sociétés de personnes ne comportant que des
personnes physiques, qui de ce fait sont soumises à l’IR dans
59

la catégorie des revenus professionnels peuvent opter pour leur


assujettissement à l’Impôt sur les sociétés.
Cette faculté concerne notamment :
- Les sociétés en nom collectif.
- Les sociétés en commandite simple.
- Les associations en participation.
L’option doit se faire dans un délai maximum de 3 mois
de la date de l’existence de la société.
Les personnes imposables à l’Impôt sur les sociétés, les
plus fréquemment rencontrées dans la pratique sont indiquées
dans le tableau ci-après, qui précise en outre si cet
assujettissement est de plein droit ou résulte d’une option de la
société.
Personnes morales Assujettissement Observations
soumises à l’IS
Les sociétés anonymes, en De plein droit Quelque soit leur objet
commandite par actions et par
actions simplifiées
Les S.A.R.L De plein droit Quelque soit leur objet
Les S.A.R.L à associé unique De plein droit Quelque soit leur objet
Les Etablissements publics, les De plein droit Qui se livrent à une
sociétés coopératives et autres activité lucrative.
personnes morales
Les sociétés civiles De plein droit S’ils réalisent des
opérations à but lucratif.
60

Les sociétés en nom collectif en - De plein droit - Ci l’un des associés est
commandite simple et les une personne morale.
sociétés en participation. - Sur option
- Si tous les associés sont
des personnes physiques.

Sous-section 3 : Les sociétés non assujetties à l’IS :


Sont exclues du champs d’application de l’IS : Les
sociétés de personnes, les associations en participation, les
sociétés immobilières transparentes, aussi que les groupements
d’intérêt économique.

*Société des personne et associations en participation :


Les sociétés de personnes comprenant uniquement des
personnes physiques et les associations en participation sont
exclues du champs d’application de l’IS. Mais ces personnes
morales ont la faculté d’opter pour leur assujettissement à cet
impôt.

* Sociétés de fait ne comprenant que des personnes


physiques.
Par sociétés de fait, on entend toute association entre
deux ou plusieurs personnes qui mettent en commun leurs
apports en vue de partager les bénéficies ou les pertes
éventuelles, sans qu’il y aient à d’établir un contrat écrit.
Les sociétés de fait ne comprenant que des personnes
physiques sont exclues du champs d’application de l’IS.
De même, elles n’ont pas la possibilité de se placer par
option sous le régime de l’IS.
61

* Sociétés immobilières transparentes :


Quelle que soit leur forme juridique, les sociétés qui ont
un objet immobilier sont exclues du champs d’application de
l’IS lorsqu’elles sont transparentes fiscalement.
Comme pour les sociétés de fait, les sociétés
immobilières transparentes n’ont pas la possibilité de se placer
par option sous le régime de l’IS.
Est réputée transparente fiscalement toute société
immobilière qui répond aux conditions suivantes :
- Avoir un capital qui soit divisé en parts sociales ou
actions nominatives.

- Avoir pour actif un logement qui soit occupé par


tout ou partie des membres de la société, ou avoir
pour objet l’acquisition ou la construction d’un
immeuble collectif en vue d’accorder statutairement
à chacun de leurs membres, nommément désigné, la
libre disposition de la fraction d’immeuble
correspondant à ses droits sociaux.
Les sociétés immobilières qui ne remplissent pas l’une
ou l’autre des conditions de la transparence fiscale, sont
obligatoirement soumises à l’IS, abstraction faite du caractère
civile de leur activité (société civile immobilière par
exemple).
62

* Groupements d’intérêt économique :


Le groupement d’intérêt économique est une entité
constituée de deux ou plusieurs personnes morales pour une
durée indéterminée, en vue de mettre en œuvre tous les
moyens propres à faciliter ou à développer l’activité
économique de ses membres et à améliorer ou accroître le
résultat de cette activité.
Le groupement d’intérêt économique jouit de la
personnalité morale à dater de son immatriculation au registre
du commerce quel que soit son objet. Mais n’ayant pas pour
but la réalisation de bénéfice pour lui-même, le groupement
ne peut exercer qu’une activité à caractère auxiliaire par
rapport à celle de ses membres.
L’imposition des groupements d’intérêt économique
était établie au nom des groupements dans les conditions de
droit commun, en raison de la personnalité morale dont ils
jouissent, en matière d’impôt sur les sociétés.
Dans le but de consacrer le principe de la transparence
fiscale, la législation en vigueur a prévu la non soumission des
groupements d’intérêt économique à l’IS et l’assujettissement
des membres du groupement à raison de leur part dans es
résultats réalisés par ledit groupement.
A cet effet chaque membre du groupement est
personnellement imposé à l’IS pour la part des bénéfices
correspondant à ses droits dans le groupement.
La quote-part de chaque membre dans le résultat net
bénéficiaire du groupement est considérée comme un produit
63

accessoire ou financier à inclure le cas échéant dans la base de


calcul de la cotisation minimale.
De même, si le groupement subit des pertes, leur
montant constitue une charge déductible au prorate des parts
de chacun des membres.

Sous-section 4 : Les sociétés exonérées de l’Impôt sur les


sociétés :
L’article 4 du code de l’IS fixe la liste des sociétés
bénéficiant de l’exonération y compris celles qui se trouvent
dans une situation particulière en vertu de la charte des
investissements.
Ainsi, on distingue les exonérations et réductions
permanentes d’une part et les exonérations et réductions
temporaires.

* Exonérations et réductions permanentes :


On distingue :
- Les exonérations permanentes, les exonérations
suivies de l’imposition permanente au taux réduit, les
exonérations en matière d’impôt retenu à la source ; et les
réductions permanentes :
+ Exonération permanentes :
Sont exemptés de l’IS de manière non limitée dans le
temps :
- Les promoteurs immobiliers pour leurs revenus et
activités afférents à la réalisation de logement à
faible valeur mobilière.
64

- Les associations à but non lucratif et organismes


assimilés.
- Les sociétés coopératives et leurs unions.
- Les profits sur les cessions de valeurs mobilières
réalisés par les sociétés étrangères.
- L’agence spéciale Tanger – Méditerranée.
- Les agences pour la promotion et le développement
économique et social des provinces du Nord-Sud et
l’oriental.
- L’université AL AKHAWAYNE d’Ifrane.
- Les sociétés installées dans la zone franche de
Tanger au titre des opérations effectuées à l’intérieur
de ladite zone.

+ Exonérations suivies de l’imposition permanente à


taux réduit :
Ces exonérations sont prévues pour les entreprises
suivantes :
- Les sociétés exportatrices de biens ou services.
- Les sociétés qui vendent des produits finis aux
exportateurs.
- Les entreprises hôtelières.
65

+ Exonérations en matière d’impôt retenu à la source.


Les revenus bénéficiant de l’exonération permanente de
l’impôt retenu à la source sont :
- Les produits des actions, pertes sociales et revenus
assimilés.
- Les intérêts et autres produits similaires servis à
certains organismes.

+ Les réductions permanentes :


L’imposition permanente au taux réduit est prévue
pour :
- Les entreprises minières exportatrices.
- Les entreprises ayant leur siége social dans la
province de Tanger et exerçant une activité
principale dans le ressort de ladite province.

* Exonérations et réductions temporaires.


On distingue :
- Les exonérations suivies l’imposition temporaire au
taux réduit.
- Les exonérations temporaires.
- L’imposition temporaire au taux réduit.
66

+ Exonérations suivies l’imposition temporaire an


taux réduit :
Il s’agit :
- Des entreprises exerçant dans les zones franches
d’exportation.
Il s’agit des entreprises qui exercent leurs activités dans
les zones franches d’exportations et qui bénéficient.
- De l’exonération totale durant les 5 premières
années d’exploitation.
- De l’imposition au taux de 8,75% pour les 20
exercices suivants.

- L’Agence Spéciale Tanger – Méditerranée.


Elle bénéficient des mêmes avantages accordés aux
entreprises installées dans les zones franches d’exportation.

+ Exonérations temporaires :
Sont exonérées temporairement :
- Les revenus agricoles jusqu’au 2010.
- Les titulaires de toute concession d’exploitation de
gisement d’hydrocarbures pendant une période de
10 ans à compter de la date de la mise en production
régulière de toute concession d’exploitation.
67

- Les sociétés exploitant les centres de gestion de


comptabilité agrées au titre de leurs opérations
pendant une période de 4 ans qui suivent la date de
leur agrément.

+ L’imposition temporaire au taux réduit.


Elles concernent :
- Les entreprises implantées dans les régions dont le
niveau de développement économique nécessite un
traitement fiscal préférentiel.
Ces entreprises bénéficient d’une imposition au taux de
17,5% pendant les 5 premières années d’exploitation.
- Les entreprises exportatrices implantées dans les
régions dont le niveau de développement économique
nécessite un traitement fiscal préférentiel.
Ces entreprises bénéficient d’une imposition au taux de
8,75% pour le C.A d’exportation au titre des exercices ouverts
entre 1 Janvier 2008 et 31 Dec 2010. Après cette date ces
entreprises seront soumises au taux de 17,5%.
- Les entreprises artisanales : Dont la production est
manuelle essentiellement bénéficient d’une réduction de
50% de l’impôt pendant les 5 premières années
d’exploitation.
- Les établissements privés d’enseignement ou de
formation professionnelle.
68

Ces établissements bénéficient d’une imposition au taux


réduit de 17,5% pendant les 5 premières années
d’exploitation.
- Les promoteurs immobiliers réalisant des
constructions de cités, résidences et campus
universitaires, qui bénéficient d’un taux réduit de
17,5%.

Section II : La territorialité de l’impôt sur les sociétés :


Les sociétés qu’elles aient ou non leur siège au Maroc
sont imposables eu raison de l’ensemble des bénéfices ou
revenus se rapportant aux biens qu’elles possèdent, aux
activités qu’elles exercent et aux opérations lucratives qu’elles
réalisent au Maroc même à titre occasionnel.
Les sociétés étrangères n’ayant pas leur siège au Maroc
sont également imposables sur les produits bruts qu’elles
perçoivent en contrepartie sur les travaux qu’elles exécutent
ou les services qu’elles rendent, soit pour le compte de
personnes physiques ou morales indépendantes domiciliées ou
exerçant une activité au Maroc.
Cependant les dites rémunérations perçues à ce titre
sont comprises dans le résultat fiscal de la succursale ou de
l’établissement qui est dans ce cas imposé comme une société
marocaine dans le cas où les travaux sont exécutés et les
services sont rendus sans intervention du siège étranger.
69

Par contre, les bénéfices résultant d’opérations réalisées


à l’étranger ne sont pas imposables au Maroc à l’IS lorsqu’ils
ont été effectués dans le cadre d’un établissement autonome
ou par un représentant de l’entreprise ou encore lorsque les
opérations constituent un cycle commercial complet à
l’étranger.
Par symétrie, les pertes réalisées à l’étranger dans les
mêmes conditions ne sont pas déductibles des bénéfices
réalisés au Maroc.
A signaler que le champs d’application de l’IS est élargi
au bénéfices ou revenus dont le droit d’imposition est attribué
au Maroc en vertu de conventions fiscales internationales
tendant à éviter la double imposition en matière d’impôt sur le
revenu.

Section III : La base d’imposition :


La base imposable est obtenue par différence entre les
produits imposables et les charges déductibles.
Les produits imposables sont majorés de la variation
des stocks des produits finis, semi finis et en cours.
Les charges déductibles sont majorées de la variation
des stocks et des matières et des fournitures.
Cette base imposable est appelée Résultat fiscal. Le
Résultat fiscal de chaque exercice comptable est déterminé
d’après l’excédent des produits sur les charges de l’exercice
70

engagées ou supportées pour les besoins de l’activité


imposable, en application de la législation et de la
réglementation comptable en vigueur, modifié le cas échéant
conformément à la législation et à la réglementation fiscale en
vigueur.
Pour déterminer la base imposable, une démarche
précise doit être adoptée. Toute la fiscalité des entreprises
repose sur la comptabilité puisque le résultat fiscal n’est
d’autre que le résultat comptable corrigé.
Autrement dit, c'est à partir du résultat comptable on
doit procéder à des réajustements de nature fiscale. Ces
réajustements portent essentiellement sur les produits qui ne
sont pas imposables, les charges qui ne sont pas déductibles,
et l’imputation des déficits sur les exercices antérieurs.
Ainsi pour calculer la base imposable, on peut dégager
quatre étapes :

Sous-section 1 : Calcul du Résultat comptable :


Le Résultat comptable est la différence entre les
produits comptabilisés et les charges comptabilisées.
Ce Résultat est déterminé obligatoirement selon le
régime du Résultat Net réel (RNR), en tant que régime de
droit commun.
Ainsi les entreprises soumises à L’IS sont obligées de
tenir une comptabilité régulière et correcte succeptible de
71

dégager un résultat net d’après les normes du plan comptable


marocain.
Au point de vue comptable, le résultat net réel est
déterminé à partir, d’une part des opérations résultant de
l’activité principale de la société et des opérations annexées
ou accessoires génératrices de résultats réputés courants, et
d’autres part, des opérations réalisées à titre exceptionnel.

Sous-section 2 : Corrections fiscales :


On détermine la liste des corrections fiscales à apporter
au résultat comptable selon les dispositions fiscales en
vigueur.
Ces corrections proviennent :
+ Des réintégrations : qui sont essentiellement
composées :
- Des charges et pertes comptabilisées mais non
déductibles sur le plan fiscal.
- Des produits dont l’imposition a été différée
précédemment et qui deviennent imposables au
cours de l’exercice.
Ces éléments devront être rajoutés au résultat
comptable. Ces réintégrations peuvent comprendre la totalité
de la valeur comptabilisée, ou une partie seulement, et ce
selon les dispositions fiscales particulières pour chaque
opération comptable.
72

* Des déductions : Qui comprennent :


- Les profits non imposables au cours de l’exercice. Ces
profits seront imposés plus tard ou sont soumis à un
autre régime fiscal.
- Les produits définitivement exonérés d’impôts ou non
imposables.
- Les charges réintégrés au cours des exercices
précédents et devenues déductibles lors de l’exercice.
Ces éléments doivent être déduits du résultat
comptable.
Là aussi, ces déductions peuvent comprendre la totalité
de la valeur comptabilisée, ou une partie seulement, et ce,
selon les dispositions fiscales particulières pour chaque
opération comptable.

Sous-section 3 : Calcul du Résultat fiscal.


Le Résultat fiscal est égal au résultat comptable
augmenté des réintégrations des charges non déductibles et
diminué des produits non imposables.
Schématiquement, la détermination du Résultat fiscal
peut être représentée de la façon suivante :

Résultat comptable + Réintégration des charges non


Déductibles
- Déduction des produits non imposables
= Résultat fiscal.
73

Sous-section 4 : Imputation des déficits :


Il y a lieu également de tenir compte des déficits sur
exercices antérieurs dans la limite des déficits de quatre
exercices précédant l’exercice en cours.

Paragraphe II : Les produits Imposables :


Section I : Les produits d’exploitation :
Ce sont la contre valeur des marchandises, et des
produits, biens et services fournis par l’entreprise.
Les produits d’exploitation sont constituées, du chiffre
d’affaires, des produits accessoires, des produits financiers, du
prix de revient des travaux immobilisés effectués par
l’entreprise pour elle-même, et enfin les subventions, primes et
dont reçus.

Sous-section 1 : Le chiffre d’affaires :


Le chiffre d’affaires représente le produit d’exploitation
principal qu’elle que soit l’activité de l’entreprise. Il est
constitué du montant des recettes et créances acquises se
rapportant aux produits livrés, aux services rendus et aux
travaux immobiliers ayant fait l’objet d’une réception partielle
ou totale, qu’elle soit provisoire ou définitive.
L’évaluation fiscale du chiffre d’affaires conduit
nécessairement à déterminer le traitement réservé à chacun de
ses composants dans la mesure où ce traitement est diversifié
en fonction de la nature de chaque opération.
74

Il faut rappeler qu’on n’est pas obligé de rattacher le


produit constaté en comptabilité, au produit sur lequel on
applique l’impôt.
De même pour d’autres produits encaissés effectivement
en comptabilité ne peuvent constituer des produits imposables.
Dans ce sens, il faut tenir compte de la date de
rattachement du produit correspondant à des opérations de
vente, de prestation de service, de travaux immobiliers des
créances acquises ou même des dettes certaines.
Des critères d’imposition qu’il faut tenir en
considération pour distinguer le résultat comptable dégagé par
l’entreprise sur ces opérations, du résultat fiscal sur lequel on
applique l’IS.

1- Règles et date de rattachement des produits livrés,


des services rendus et des travaux immobiliers.
a) Les ventes :
L’exercice de rattachement est celui au cours duquel
intervient la livraison des produits. En matière comptable la
livraison correspond généralement à la facturation et la
réception du produit par le client en conséquent.
L’orsqu’un bien livré n’a pas encore fait l’objet de
facturation, la créance est ajoutée aux produits d’exploitation
de l’exercice en cours par l’intermédiaire du compte de
régularisation, clients factures à établir.
75

Inversement, lorsqu’une recette concerne un produit non


encore livré, le produit comptabilisé d’avance est éliminé par
l’intermédiaire du compte produit constaté d’avance ou d’un
compte équivalent.
Les versements d’avances, et acomptes faits par les
clients à la commande, ne sont pas retenus parmi les produits
imposables. C’est ainsi que ces versements n’auront aucune
influence sur le résultat en cours. C’est seulement dans les
comptes de l’exercice pendant lequel aura bien la livraison que
le produit de ces versements devra être enregistré en fiscalité.

b- les services :
L’exercice de rattachement est celui au cours duquel est
intervenu l’achèvement des prestations ou la Facturation de la
contrepartie. Là aussi il n’y a pas lieu d’enregistrer du point de
vue fiscal les versements effectués par le client avant même
l’achèvement de la prestation.
Cette règle comporte toutefois deux dérogations :
- Les prestations continues, rémunérées notamment
par des loyers ou des intérêts. Les produits
correspondants sont pris en compte au fur et à
mesure de l’exécution.
- Les prestations discontinues qui comprennent des
échéances de paiement successives échelonnées sur
plusieurs exercices. Les produits provenant de telles
76

prestations doivent être pris en compte au fur et à


mesure de leur exécution (Entretiens et repérations).
c) Les travaux immobiliers :
Les travaux immobiliers recouvrent trois catégories :
- les travaux de constructions de bâtiments et autres
ouvrages immobiliers :
- Les travaux d’équipement des immeubles ayant pour
effet d’incorporer à la construction des appareils ou
matériels installés.
- Et enfin les travaux de réparations ou de réfections
des immeubles et installations de caractère
immobiliers.
La réalisation des travaux immobiliers s’effectue en
général sous forme de marché public dont le règlement est
fractionné dans le temps au fur et à mesure de l’avancement
des travaux. Ainsi les décomptes sont établis au vu duquels
l’entreprise est payée. La contre valeur de ces décomptes doit
être déclarée dans le C.A.
Pour la date de rattachement de ces décomptes, deux
situations sont envisageables.
- Si l’établissement du décompte et de son paiement
se font au cours de la même année, le problème ne
se pose pas. Le montant encaissé au cours d’un
exercice sera déclaré au plus tard le 31 Mars de
l’exercice suivant.
77

- Si l’année de l’établissement du décompte est


différente de celle du paiement, on se demande si
l’entreprise doit payer un impôt sur un décompte
qu’elle n’a pas encore encaissé.
La doctrine administrative répond par l’affirmation. Le
fait générateur de l’impôt ainsi est constitué par la réception
des travaux matérialisée par l’établissement des décomptes.

2) Les règles de rattachement des créances acquises


et dettes certaines.
En principe, le bénéfice imposable est déterminé en
tenant compte de l’ensemble des créances et des dettes
certaines dans leur montant au cours de l’exercice considéré
même si ce montant n’est payable qu’ultérieurement.
Cependant si une créance à la clôture de l’exercice
devenue douteuse elle ne doit être retenue pour déterminer le
résultat de cet exercice.
Les créances acquises sont matérialisées par
l’établissement d’une facture ou tout autre document. Ainsi,
dès la livraison du produit et l’établissement de la facture
correspondante, la créance acquise devient-elle imposable.
Parallèlement, s’il y a réduction sur le chiffre d’affaires
(remise - rabais – ristourne...) celui-ci vient diminuer le
montant des recettes.
78

3) Les règles de rattachement des autres opérations


particulières.
Il s’agit des opérations de transport routier de
marchandises, entrepreneur principal et sous traitants. Agence
et bureaux de voyages. Ces opérations ont un caractère
particulier, et le rattachement des produits dégagés n’est pas
soumis aux mêmes règles.

a) Transport routier de marchandises :


Pour les sociétés de transport de marchandises, les
sommes facturées au profit du transporteur par l’office
National des transports, constituent le C.A de ces redevables.
La commission prélevée par l’ONT et les cotisations
versées aux coopératives des transporteurs ne sont pas à
soustraire du chiffre d’Affaires réalisé. Ce sont des charges
déductibles en tant que telles.

b) Entrepreneur principal et sous traitants :


Le C.A de l’entreprise principale adjudiciaire du contrat
d’entreprise ou du marché public conclu avec le maître
d’ouvrage est constitué par le montant global des travaux
effectués et des services rendus au maître d’ouvrage.
Les sommes versées par cette entreprise aux sous-
traitants constituent des charges déductibles.
79

c) Agences et bureaux de voyage :


Lorsque l’agence de voyage se comporte en tant que
simple intermédiaire, son chiffre d’affaires est constitué par
les commissions perçues à ce titre et les frais d’interventions,
le cas échéant.

Sous-section 2 : Les produits accessoires.


Il s’agit de produits relatifs à la gestion commerciale de
l’entreprise, mais ne se rattachant pas nécessairement à son
activité principale ou provenant de la mise en valeur de
certains éléments de l’actif.
Les produits accessoires suivent le même régime
d’imposition que le chiffre d’affaires principal.
Peuvent constituer des produits accessoires :
- Les revenues locatifs sauf pour les sociétés à objet
immobilier pour lesquels ils constituent le chiffre
d’affaires principal.
Lorsque les immeubles sont occupés à titre gratuit par
les membres de la société ou des tiers, la valeur locative
normale de ces immeubles constitue un produit imposable.
- Les redevances perçues par une société en
contrepartie de la concession de Licence ou Brevets
d’invention.
- Les jetons de présence et tantièmes spéciaux perçus
par la société ainsi que les remboursements
80

forfaitaires de frais, et les rémunérations qui lui sont


octroyées en sa qualité d’administrateur.
- La quote part de résultats sur opérations faites en
commun, la part de la société dans le résultat fiscal
d’une association en participation n’ayant pas opté
pour l’impôt sur les sociétés, doit être rapporté à son
résultat.

Sous-section 3 : Les produits financiers :


Les produits financiers perçus par une société sont en
principe imposables avec les autres produits de l’entreprise au
titre de l’exercice au cours duquel ils sont perçus.
Cependant les régimes différent en fonction de la nature
des produits.
Ces produits sont constitués essentiellement par des
produits de participation ou encore par des produits de valeurs
mobilières à revenu fixe.

1) Les produits de participation et assimilés :


Ce sont les participations et les droits détenus par
l’entreprise dans le Capital d’une ou plusieurs sociétés à
savoir :
- Les dividendes
- Les parts de fondateurs qui sont acquis par une
société en tant qu’associé dans une autre société.
81

- Les sommes prélevées sur les bénéfices pour


l’amortissement du Capital Social ou le rachet
d’actions.
- Le boni de liquidation et les réserves distribués.
- Les revenus de créances rattachées à des
participations telles, la rémunération de prêts
accordés à un associé à un taux inférieur au taux du
marché, car la différence est considérée fiscalement
comme distributions de dividendes.

2) Les produits de valeurs mobilières à revenu fixe :


Ce sont les produits d’obligations, de bons de caisse, de
bons de trésor et emprunts nationaux et autres placements à
revenu fixe.
On peut considérer comme produits financiers aussi les
escomptes pour règlement, les intérêts que perçoit la société
au titre des prêts qu’elle accorde à des tiers ou des délais
supplémentaires qu’elle accorde à sa clientèle.
Le traitement fiscal des produits financiers diffère selon
qu’il s’agit des produits de participation ou des produits de
valeurs mobilières.
- Concernant les produits de participation, la société
bénéficiaire a le choix entre :
82

- L’imposition à l’I S mais après abattement de


100%, à condition qu’elle décline son identité et
justifie la propriété des actions.
- Et l’imposition à la TPA au taux de 10%
retenue à la source et libératoire de l’ I .S
- Pour les produits de valeurs mobilières à revenu
fixe, leur traitement fiscal se caractérise par une
juxtaposition, de l’ IS et de la taxe sur les
produits de placement à revenu fixe.
Cette taxe est retenue à la source selon à ce que
l’entreprise bénéficiaire décline ou non son identité.
La taxe est appliquée à 30% aux intérêts versés aux
porteurs d’obligations, de bons de caisse anonymes qui
préfèrent ne pas décliner leur identité au moment de
l’encaissement de ces intérêts. Ces intérêts sont libératoires
d’impôts.
La taxe est appliquée par contre à 20% aux intérêts
versés aux porteurs d’obligations nominatifs. Cette taxe
prélevée à la source est importable des acomptes
provisionnels et du reliquat de l‘I S de l’exercice au cours
duquel les intérêts sont comptabilisés pour leur montant brut
dans les produits financiers.
83

Sous-section 4 : Travaux relatifs à des biens immobilisés


effectués par l’entreprise pour elle-même.
Il s’agit des travaux réalisés par la société pour elle-
même et qui ont pour conséquence l’accroissement ou la
valorisation des éléments de son actif immobilisé.
Du fait qu’il n’est pas facile de déterminer cette valeur
sur laquelle la société doit payer l’impôt, la base imposable
est constituée par le prix de revient des travaux exécutés au
cours de l’exercice.

Section II : Les profits et gains divers imposables :


Ce sont des produits hors exploitation de la société ou
exceptionnels, qui résultent suite à des événements accidentels
ou conjoncturels au cours de l’exercice.
L’imposition de ces produits reste tributaire des faits
hors exploitation succeptibles de générer des biens.
Ces produits sont constitués de part et d’autre, des
indemnités, des profits sur exercices antérieurs, des
dégrèvements d’impôts….

Sous-section 1 : Les indemnités reçues :


Il s’agit des indemnités reçues par la société à titre
exceptionnel suite soit à des contrats d’assurances établies au
préalable par la société, soit à des litiges se rattachant à des
opérations de commerce.
84

a) Les indemnités d’assurance :


Suite à un contrat d’assurance, la société est censée
encaisser une indemnité versée par la compagnie d’assurance,
en vertu d’un contrat d’assurance sur la vie, ou suite à un
sinistre.

*) L’assurance – vie :
Elle est constituée suite à un contrat conclu au profit de
l’entreprise elle-même sur la tête de son personnel dirigeant,
ou de certains collaborateurs.
Les somme encaissées en cas de décès constituent un
profit imposable à concurrence de la différence entre le
montant du capital et le montant des primes versées en
exécution du contrat.

*) L’Assurance Sinistre :
Les indemnités d’assurance perçues en cas de sinistre
ou de vol et celles qui sont allouées à la suite d’une
expropriation sont imposables au titre de l’impôt sur les
sociétés. Toutefois il faut signaler que la compensation reçue
au titre de la disparition des stocks ou des charges
d’exploitation sont taxables en tant que profits d’exploitation.
Par contre toute indemnisation reçue suite à la disposition
d’un élément de l’actif immobilisé est traité en tant que plus-
value ou moins-value.
85

b) indemnités présentant le caractére de dommage et


intérêt.
Ce sont les dommages et intérêts alloués par les
tribunaux pour des faits se rattachant à des opérations de
commerce telles, les indemnités pour non exécution ou
rupture du contrat, d’une concurrence déloyale, pénalités sur
marché…

Sous-section 2 : Profits sur exercices antérieurs :


Ce sont des profits réalisés par l’entreprise sur des
exercices antérieurs à celui en cours.

a) Rentrées sur créances amorties :


Lorsqu’une créance précédemment considérée comme
irrécouvrable est encaissée au cours d’un exercice ultérieur,
son montant constitue un profit pour l’entreprise qui l’aurait
déjà amortie ou récupéré, et constitue ainsi un élément
imposable de cet exercice. Il en est de même pour les
provisions pour créances douteuses devenues sans objets, du
fait qu’elles ont été déduites dés bénéficies imposables de
l’exercice au cours duquel elles ont été constituées.

b) Remise d’une dette :


Tout abondons de créances ou toute remise d’une dette,
entraîne une diminution du passif exigible, et par le même une
augmentation de l’actif net. La remise dégage ainsi pour
l’entreprise bénéficiaire un profit imposable.
86

c) profits et plus-value de change :


Les profits résultants de l’évaluation à la clôture de
chaque exercice en monnaies étrangères constituent un profit
imposable pour l’entreprise.

Sous-section 3 : Dégrèvements d’impôts déductibles :


Ce sont des réductions d’impôts accordées par
l’administration fiscale aux entreprises, en dehors même de
tout recours, lorsque l’administration fiscale découvre des
erreurs commises à l’encontre des entreprises.
Les dégrèvements imposables au titre de l’exercice
d’encaissement concerne uniquement les impôts déductibles.

Section III : Subventions primes et dons reçus :


Ce sont des sommes versées par des personnes publics
ou privées, physiques ou morales au profit de l’entreprise.
On distingue trois types de subventions, à savoir :

Sous-section 1 : Les subventions d’exploitation :


Sont celles acquises par la société pour lui permettre de
compenser les pertes dues à l’application des prix réduits, soit
pour équilibrer le budget de fonctionnement, soit en
contrepartie de services ou de travaux exécutés pour le
compte de l’Etat.
87

Sous-section 2 : Les subventions d’équilibre :


Sont celles acquises par la société en vue d’absorber la
perte nette de l’exercice ou des pertes antérieurs.
Ces deux subventions ainsi que les dons font partie du
résultat de l’exercice de leur encaissement.

Sous-section 3: Les subventions ou primes d’équipements :


Sont celles accordées à l’entreprise sous forme
d’immobilisation ou de fond destinés à leur acquisition et à la
création d’emploi.
Ces subventions et dons constatés parmi les produits
mais non encore encaissés doivent être déduits du résultats
comptable lors de la détermination du résultat fiscal.

Section IV: Les plus values de cession des éléments d’actif.


Ce sont les gains et les profits qui découlent des
cessions ou des retraits des éléments figurant à l’actif de
l’entreprise, cessations, fusions et transformations de la forme
juridique de l’entreprise. Une plus value est constatée lorsque
le prix de cession est supérieur à la date de sa cession ou de
son retrait de l’actif de l’entreprise.
La valeur nette comptable s’entend de la valeur
d’acquisition de l’élément, déduction faite des
amortissements.
88

Le régime d’imposition des plus values diffère,


toutefois selon qu’il s’agit d’une cession en cours
d’exploitation ou en fin d’exploitation. Les titres de
participation bénéficient par contre d’un régime spécial
d’imposition.

Sous-section 1 : Plus values constatées en cours


d’exploitation :
Il y a plus-value en cours d’exploitation, lorsque
l’entreprise toujours en activité, cède ou retire de son actif une
immobilisation. Ces plus values peuvent bénéficier d’une
exonération totale ou partielle de l’impôt sur les sociétés.

a) L’exonération totale :
Pour bénéficier de l’exonération totale au titre des plus
values constatées en cours d’exploitation, l’entreprise doit
satisfaire certaines conditions.
- Elle doit s’engager par écrit à réinvestir le produit
total des cessions, et ce auprès de l’administration
fiscale dans un délai ne dépassant pas les trois mois,
à partir de la date de clôture de l’exercice pendant
lequel la cession a été réalisée. C'est-à-dire au plus
tard le 1er Avril de l’année suivante :
- Elle doit réinvestir ledit produit de cession dans un
délai maximum de trois années suivant celle où la
cession a eu lieu, et ce en bien d’équipement ou en
89

immeubles réservés à la propre exploitation


professionnelle de la société.
Toutefois, lorsqu’il s’agit de terrains non-batis acquis
dans le cadre de réinvestissement précité, l’exonération
prévue est subordonnée à l’affectation desdits terrains à la
propre exploitation professionnelle de la société ou à
l’édification de constructions destinées au même usage.
- Enfin, maintenir les immobilisations ainsi acquises
pendant une période qui ne doit pas être inférieure à
5 ans à partir de la date de leur acquisition.
Si l’une de ces deux dernières conditions n’est pas
respectée par l’entreprise déclarant, le profit global de cession
est imposable au prorata du montant non réinvesti, ou ayant
fait l’objet d’une cession avant l’expiration du délai de 5 ans
en tenant compte des abattements prévus en cas de non
réinvestissement.
Le profit imposable est rattaché à l’exercice au cours
duquel la cession a été réalisée, ou en cas de prescription de
ce dernier au plus ancien exercice non prescrit.

b) L’exonération partielle :
En cas de non-engagement pour le réinvestissement des
produits de cession des éléments de l’actif réalisés en cours
d’exploitation, les plus-values réalisées sont imposables en
tenant compte de certains abattements.
90

Ces abattements dépendent de la durée qui s’est écoulée


entre la date d’acquisition de l’immobilisation et la date de sa
cession.
Ainsi, l’abattement est de :
0% : Lorsque le délai qui s’est écoulé entre la date
d’acquisition et la date de cession de l’immobilisation est
inférieur ou égal à 2 ans.
- 25% si ce délai est supérieur à 2 ans et inférieur à 4
ans.
- 50% si ce délai est supérieur à 4 ans.
En cas de cessions multiples au cours du même
exercice, et si l’entreprise a réalisé des plus-values et des
moins-values au titre des différents éléments cédés, il est
procédé au calcul d’un abattement pondéré qui prend en
considération les moins-values subies par l’entreprise.
L’abattement pondéré est déterminé à partir de la
somme des abattements sur les plus-values réalisées par le
rapport entre les plus-values nettes et le total des plus-values.
Ainsi pour le calcul de l’abattement pondéré les étapes
suivantes sont à respecter :
1- Calcul des plus-values et des moins-values élément
par élément.
- Sommation des plus-values : PV.
- Sommation des moins-values : MV.
91

- Calcul de la plus-value nette.


PV – MV = PVN.
2- Calcul des abattements sur les éléments ayant dégagé
des plus-values élément par élément.
3- Sommation des abattements : A.
4- Calcul de l’abattement pondéré : AP.
A x PVN
AP =
PV
Il est à noter qu’au cas où l’entreprise réaliserait
seulement des moins-values, elles sont considérées comme
des pertes fiscalement déductibles du résultat imposable et ne
nécessitent par conséquent aucune rectification au niveau de
la détermination du résultat fiscal.

Sous-section 2 : Les plus-values constatées en fin


d’exploitation
En cas de cessation de l’activité de l’entreprise les
produits liés à la cessation retirés de son actif bénéficient des
abattements dans les proportions suivantes :
- Aucun abattement lorsque le délai, entre la date de
création de l’entreprise et celle de la cessation de
son activité, est inférieur à 4 ans.
- Un abattement de 50% lorsque ce délai est compris
entre 4 et 8 ans.
92

- Un abattement des 2/3 lorsque ce délai dépasse 8


ans.

Sous-section 3 : Les plus-values de cession des titres de


participation.
Par plus-value il faut entendre toute valeur positive
entre le prix de cession du titre, diminué des frais de cession,
et son prix d’acquisition, augmenté le cas échéant des frais
d’acquisition.
Le régime d’imposition applicable à ces titres diffère
selon qu’il s’agit d’actions cotées à la bourse des valeurs ou
d’autres titres.

a) Cas des actions cotées à la bourse :


Les plus-values réalisées sur les cessions des actions
cotées à la bourse des valeurs et des actions ou parts
d’OPCVM dont l’actif est investi en permanence à hauteur
d’au moins 85% d’actions cotées quelle que soit la durée de
leurs détention, bénéficient d’un régime d’imposition
préférentiel qui s’inscrit dans le cadre des orientation visant à
dynamiser le marché boursier. (Les plus-values réalisées en
fin d’exploitation restent régies par les dispositions générales
applicables aux différents éléments d’actif).
Pour bénéficier de ce régime dérogatoire, l’entreprise
doit produire dans le mois qui suit celui de la première cession
de l’exercice, une demande d’option qui couvrira l’ensemble
93

des opérations de retrait et de cession d’action réalisées au


cours d’un même exercice comptable, étant précisé que cette
option est irrévocable.

1) La base d’imposition :
Elle est obtenue après application d’un abattement de
50% à l’excédent des plus-values et profits sur les moins -
values et les pertes résultant du retrait ou de la cession
d’actions cotées au cours d’un même mois.
Le reliquat des moins-values ou des pertes éventuelles
résultant de cette compensation n’est pas reportable sur le
mois suivant :

2) Taux d’imposition :
La base d’imposition ainsi définie est imposée
séparément à l’impôt sur les sociétés au taux approprié soit :
- 39,6% pour les établissements de crédits, BANK-
ALMAGHRIB, la caisse de dépôt et de gestion ainsi
que les sociétés d’assurance à l’exclusion des
établissements de crédit-bail.
- 35% pour les autres sociétés et autres personnes
morales soumises à l’impôt sur les sociétés.
L’imposition séparée des plus-values et profits nets de
cession implique la rectification du résultat comptable pour la
détermination du résultat fiscal.
94

 La réintégration :
- De la valeur d’acquisition des actions cotées
retirées ou cédées ainsi que les frais d’acquisition
et les frais de cession.
- Des charges nettes résultant des cessions ou des
retraits d’actions cotées inscrites parmi les titres
de placement, ainsi que les frais d’acquisition et
de cession.
 La déduction :
- Du produit de cession ou de la valeur d’action
déterminée selon les cours de clôture du jour de
retrait.
- Des produits nets de cession ou de retrait des
actions cotées inscrites parmi les titres de
placement.
b- cas de cession des titres de participation non
cotées :
Dans le souci d’une harmonisation du traitement fiscal
des plus-values réalisées sur cession des différents éléments
de l’actif immobilisé, les titres de participation non cotées à la
bourse des valeurs sont devenus imposables dans les mêmes
conditions de droit commun.
95

Section V : Les stocks et travaux en cours de production :


Il s’agit de l’ensemble des biens qui interviennent dans
le cycle de l’exploitation de l’entreprise, soit pour être vendus
en l’état ou au terme d’un processus de production, soit
consommé au premier usage.
Concernant les en cours de production, ce sont
essentiellement des produits, travaux, services et études en
cours de production et de réalisation et non encore achevés à
la date de l’inventaire.
Les stocks et travaux en cours doivent être pris en
considération pour la détermination du résultat fiscal.
Les stocks sont évalués au prix de revient ou au cours
du jours, si ce dernier lui est inférieur.
Le prix de revient est égal au prix d’achat, augmenté
des frais accessoires tels que : frais de transport, d’assurance
et de douane.
Les produits fabriqués, qu’il s’agisse de produits finis
ou semi-finis, doivent être évalués en ajoutant au coût des
matières premières utilisées, les charges directes ou indirectes
notamment les amortissements.
Les rabais, remises et ristournes consentis par le
fournisseur doivent être déduits du prix d’achat.
Les modalités pratiques de détermination du prix de
revient diffère selon que les éléments du stock sont
identifiables ou non.
96

Sous-section 1 : Eléments du stock identifiables :


Le prix de revient se dégage avec précision de la
comptabilité des sociétés pratiquant le système de l’inventaire
permanent. C'est-à-dire qu’elles connaissent à tout moment le
montant de leurs stocks.

+ Eléments du stock non identifiables :


Le prix de revient de ce stock n’est pas stable, il varie
selon les entrées. Pour déterminer sa valeur, on procède par
l’une des deux méthodes suivantes.

+ Méthode du coût moyen pondéré :


Pour déterminer la valeur du stock non stable, on
procède ainsi :
Stocke initial en valeur + somme entrée en valeur
MCMP :
Stock initial en qualité+stock entré en qualité
C’est une méthode qui prend en considération aussi
bien les stocks initiaux que les entrées nouvelles.

+ Méthode du premier entré, premier sorti (FIFO)


Il est présumé que le premier article sorti est le premier
entré. Toute sortie est en conséquence valorisée au coût
d’entrée le plus ancien, dès lors le stock final est évalué aux
coûts d’entrée les plus récents.
97

Paragraphe III : Les charges déductibles


Le résultat imposable est déterminé sous déduction des
différentes dépenses engagées par l’entreprise en vue de
l’acquisition et de la conservation de son revenu imposable.
La loi instituant l’impôt sur les sociétés a énuméré
certaines charges, et a précisé les règles de leur déductibilité.
Ainsi toute charge constatée ainsi en comptabilité qui ne
réponde pas à l’une des conditions de déductibilité est
nécessairement réintégrée au résultat fiscal.

Section I : Les conditions générales de déductibilité des


charges.
Pour pouvoir bénéficier de la déductibilité, les frais et
charges d’exploitation doivent obligatoirement remplir
certaines conditions de fonds et de forme.
Ces conditions sont au nombre de quatre :

Sous-section 1 : La charge doit être engagée dans l’intérêt


de l’exploitation :
Toute dépense engagée par l’entreprise doit absolument
avoir un lien avec l’activité exercée par l’entreprise. C’est
ainsi que certaines charges engagées par l’entreprise pour la
satisfaction des besoins personnels des dirigeants ne sont pas
déductibles. De même que les charges supportées par
l’entreprise suite aux opérations de leasing, du fait que ces
98

immobilisations ne figurent pas parmi les éléments de l’actif


immobilisé.

Sous-section 2 : La charge doit être effective et appuyée


par des justificatifs.
Toute dépense engagée par l’entreprise doit absolument
être comptabilisée sur la base de documents justifiant leur
paiement effectif tels que (les factures, mémoires, pièces de
caisse, relevés bancaires…) et qui permettent le contrôle de la
réalité des dépenses engagées.

Sous-section 3 : La charge doit être traduite par une


diminution de l’actif net.
Sont considérées comme des charges, les seules
dépenses engagées pour être consommées durant l’exercice
comptable sans aucune incidence sur l’actif immobilisé.
Alors que les dépenses ayant pour objet d’acquérir des
biens d’équipement amortissables ou autres immobilisations,
ou encore les dépenses ayant pour contrepartie la disparition
d’une dette du passif comme les remboursement d’emprunt ne
sont pas considérées comme des charges.

Sous-section 4 : La charge doit être engagée au cours de


l’exercice :
En principe, chaque exercice ne doit supporter que les
charges lui afférant. Les charges constatées d’avances ou
99

celles à payer doivent faire l’objet de rectifications


extracomptables pour lier à l’exercice durant lequel elles sont
réellement consommées. C’est l’une des conditions fiscales
pour pouvoir les déduire. En d’autres termes, il faut rapporter
à chaque exercice, les charges qui sont nées d’événements ou
d’opérations ayant eu lieu au cours dudit exercice, quelle que
soit la date de paiement.

Section II : Les charges d’exploitation :


Il est difficile de dresser une liste limitative des frais
d’exploitations, car chaque entreprise par la nature de son
activité a ses propre frais.

Sous-section 1 : Les Achats :


On distingue deux types d’achats :
- Achats qui sont destinés à la consommation
productive : approvisionnements en matières
premières emballages perdus et autres matières et
fournitures consommables.
- Achats effectués en vue de la revente
(marchandises) les achats déductibles sont ceux qui
ont donné lieu à une réception au cour de l’exercice
envisagé, même si la facture n’a pas encore été reçue
ou le prix n’a pas été payé à la clôture dudit
exercice.
Le prix d’achat est constitué des éléments suivants :
100

- Les achats sont comptabilisés au prix d’achat qui


s’entend du prix facturé, toutes taxes comprises et à
l’exclusion de la TVA déductible chez les sociétés
assujetties qui tiennent une comptabilité hors taxe.
- En cas d’importation, le prix d’achat est augmenté
des droits de douane afférents aux biens acquis ainsi
que les frais accessoires externes (assurances
transit…).

Sous-section 2 : Les frais d’établissement :


Ce sont des dépenses engagées à l’occasion
d’opérations qui conditionnent l’existence ou le
développement de la société, mais dont le montant ne peut
être rapporté à des productions de biens de services. C’est-à-
dire qu’elles ne comportent aucune contrepartie dans l’actif.
Ces dépenses peuvent être imputées en totalité à l’exercice au
cours duquel elles sont effectivement engagées ou echlounées
sur une période maximum de cinq ans à partir du premier
exercice de leur constatation, en respectant le principe de
l’amortissement.
On peut citer parmi les frais d’établissement, les frais
de constitution, les frais préalables au démarrage ou
d’augmentation du capital, de restructuration, de prospection
et publicité, et enfin les charges à répartir sur plusieurs
exercices (frais d’acquisition des immobilisations).
101

Sous-section 3 : Les frais généraux :


Ce sont tous les frais engagés par l’entreprise et qui se
rattachant aux activités entrant dans son cycle d’exploitation.
La diversité de ces frais empêche d’en dresser une liste
limitative, voir exhaustive. Il s’agit à titre d’exemple :

a) Les loyers :
Ce sont les loyers des locaux professionnels, du
matériel et des locaux affectés au logement du personnel.

b) Les redevances pour concessions de brevets,


licences, marques et procédés.
En général tous les frais engagés pour l’exploitation de
biens incorporels.

c) Les redevances payées au titre du crédit-bail


Ces redevances constituent des charges déductibles. Si
le bien est acheté, il doit être amorti et l’annuité
d’amortissement est déductible en tant que charge de
l’exercice.
L’indemnité de rachat du matériel, objet de leasing
constitue le prix d’acquisition servant de base au calcul des
amortissements linéaires en fonction de la durée d’utilisation
résiduelle de l’élément.
102

d) Les frais d’annonces et de publicité :


Les frais d’annonces dans les journaux et de publicité
dans les différents supports constituent des charges
déductibles.

e) les frais de transport et de déplacement


Qu’il s’agisse du transport et déplacement du personnel,
des déplacements des administrateurs, ou gérants associés et
enfin des frais et transport sur achats et ventes.

f) Les frais de représentation et de voyage :


Il s’agit des frais engagés par un dirigeant ou par un
associé, à condition qu’ils soient justifiés par la nature ou
l’importance de l’exploitation.

g) Les cadeaux publicitaires :


Ils sont déductibles à condition que leur valeur unitaire
ne dépasse pas 100 DH. Ils doivent porter soit le nom, soit le
sigle de la société, soit la marque de fabrique des produits
qu’elle fabrique ou dont elle fait le commerce.
En conséquence, la société doit réintégrer dans son
résultat comptable, la totalité de la valeur des cadeaux non
remplissant les conditions requises sur le plan légal.
103

h) Les frais d’assurance :


Les contrats d’assurance considérés sont deux sortes :
- Le contrat d’assurance pour risques : Dont le but est la
couverture d’un risque (Incendie-vol inondation..) éventuel
qui entraîne soit une charge, soit une dépréciation des
éléments de l’actif.
Les primes versées par la société en vertu de ce genre
de contrat sont déductibles.
- Le contrat d’assurance-vie : et qui a pour but de
compenser le préjudice qui résulterait pour la société du décès
de la personne visée au contrat. Or ce risque s’il se réalise,
n’entraînera pas la perte d’un élément d’actif, mais un manque
à gagner éventuel pouvant influencer le résultat :
Si ce genre d’assurance a pour but d’assurer le
personnel dirigeant et certains collaborateurs au profit de la
société, les primes versées en exécution de tel contrat ne sont
pas déductibles, car elles sont qualifiées comme placement de
fonds.
Mais en cas de décès de l’assuré, l’indemnité versée à
la société n’en constitue pas moins un bénéfice imposable, à
concurrence de la différence entre le montant de l’indemnité
et les montants des primes antérieurement versées.
En revanche, les primes versées en vertu d’un contrat
d’assurance-vie au profit des salariés sont déductibles du
résultat comptable, tant que les salariés assurés sont les
104

uniques bénéficiaires, et les indemnités versées dans ce cas là,


sont qualifiées comme complément de salaire.

Sous-section 4 : Les frais de personnel :


Ces frais se divisent en trois catégories :

a) Rémunérations allouées au personnel non


dirigeant :
Il s’agit des rémunérations versées au personnel et à la
main – d’œuvre de l’entreprise au titre de salaires indemnités,
primes, gratifications, avantages en nature congés payés et
indemnités de représentation, ainsi que les sommes versées
aux œuvres sociales organisées dans l’intérêt direct de leurs
salariés. Il en est ainsi des dépenses liées à la formation
professionnelle et au recyclage du personnel et des indemnités
de licenciement.

b) Rémunérations des dirigeants des sociétés :


Ces rémunérations sont déductibles du résultat fiscal
dans le mesure où elles n’excédent pas la rétribution normale
des fonctions exercées par les intéressés.
Cependant, il convient de distinguer entre la
rémunération d’un travail ou d’une fonction et la participation
aux bénéfices nets de la société.
- La rémunération normale, rétribuant d’un travail
effectif ou d’une fonction spéciale (jetons de présence
105

spéciaux, tantièmes spéciaux, qui sont assimilés à des salaires)


sont déductibles de la base de l’I S.
Par contre les sommes versées à titre de participation
aux bénéfices sociaux, notamment les tantièmes ordinaires,
elles ne sont pas déductibles, car ne sont pas des charges mais
un emploi de bénéficie.

c) Les charges sociales :


Elles se divisent en :
- Part patronale des cotisations obligatoires de
sécurité sociale courant les prestations à court et à
long terme.
- Part patronale de certaines cotisations que les
sociétés ont pris l’habitude de payer dans l’intérêt du
personnel et dont la déduction est admise (primes
d’assurances maladie – maternité invalidité et décès,
ainsi que la part patronale payée pour la constitution
de pension ou de retraite lorsque cette part est prise
en charge par la société ainsi que des primes
d’assurance pour vieillesse, vie et retraite.

Sous-section 5 : Les frais d’entretien et de réparation :


Il s’agit des dépenses d’entretien et de réparation dés
locaux professionnels, du matériel et du mobilier, engagées
par la société, et à travers lesquelles il faut faire la distinction
106

entre trois catégories est dont le traitement fiscal n’est pas le


même, il s’agit :
- Des dépenses d’entretien et de réparation.
- Des dépenses d’extension et de transformation.
- Des dépenses de renouvellement qui prolongent
la durée de vie ou d’utilisation du bien.

a) Les dépenses d’entretien et de réparation :


Il s’agit des dépenses qui ont pour objet de maintenir
une immobilisation dans son état normale et de permettre son
fonctionnement pendant la période initiale prévue pour son
amortissement, (Réfection de la peinture, remplacement d’une
pièce défectueuse…).
Tant que ces dépenses ne représentent pas une charge
assez importante par rapport à la valeur totale de l’actif réparé,
ces dépenses sont déductibles du résultat fiscal.
b) Les dépenses d’extension et de transformation :
Il s’agit des dépenses d’investissement qui modifient la
consistance des immobilisations telles (les dépenses
d’agrandissement, de rénovation ainsi que les aménagements
et installation qui entraînent une augmentation de la valeur
initiale de l’actif immobilisé…) Ces dépenses sont
amortissables et non déductibles.
107

c) les dépenses de renouvellement qui prolongent la


durée d’utilisation du bien.
Il s’agit de grosses réparations qui ont pour objet
d’améliorer la consistance d’un élément d’actif et
d’augmenter sa durée probable d’utilisation, tel que le
remplacement d’un élément usager par un élément nouveau
qui fait prolonger la durée normale de vie de l’immobilisation
où il représente un pourcentage important par rapport à la
valeur totale de l’actif réparé. On serait ainsi en présence
d’une dépense d’investissement non déductible mais l’objet
d’un amortissement.
Ainsi lorsque de tels frais sont inscrits à tort. En
comptabilité, le fisc se réserve le droit de les réintégrer extra-
comptablement.
Par contre, si le remplacement ne fait que maintenir
l’immobilisation en état de fonctionnement, on est en
présence d’une réparation déductible.

Sous-section 6 : Les frais financiers :


Il s’agit les charges d’intérêt, des agios et des frais,
escomptes et des intérêts alloués au capitaux mis à la
disposition de la société, que ces capitaux appartiennent à des
tiers, à des organismes agrées ou aux associés eux-mêmes,
ainsi que les commissions diverses payés aux établissements
financiers pour es services rendus au profit de l’entreprise
(crédit avances tenue de compte, gestion de portefeuille…).
108

Ces frais sont déductibles du résultat fiscal dans les


conditions de droit commun. Toutefois un cas particulier peut
être signalé relatif aux intérêts des comptes courants
d’associés.
Les comptes courants sont ouverts pour enregistrer les
opérations financières effectuées au cours de la vie sociale
entre la société et les associés.
A chaque associé est ouvert un compte courant. Une
fois que les associés ont accordé à l’entreprise des fonds en
compte courant, ils bénéficieront des intérêts déductibles.
Cependant, une condition et deux limitations sont
requises pour la déduction de ces intérêts.
- La condition requise consiste à ce que le capital de la
société soit totalement libéré. C'est-à-dire entièrement versé
par les actionnaires à la société. Cette condition est à vérifier
au sein des sociétés de capitaux notamment la société
anonyme dont le capital n’est obligatoirement libéré qu’à
hauteur de 25% à la constitution.
La société à responsabilité limitée n’est pas soumise à
cette condition puisque le capital est automatiquement libéré à
la constitution.
Ensuite, lorsque le capital est entièrement libéré, deux
limitations sont à respecter.
109

- Il faut que le montant des comptes courants portant


intérêts déductibles ne dépasse pas le montant du
capital social.
- Le taux pratiqué ne doit pas dépasser celui fixé par
le ministre des finances pour la rémunération des
comptes courants d’associés au titre de l’année en
cours, en fonction du taux d’intérêt moyen des bons
du trésor.
Enfin, parmi les charges financières, on peut signaler
les sommes payées au titre d’intérêts des bons de caisse, qui
ne sont déductibles que si les trois conditions suivantes sont
réunies.
- Les fonds empruntés sont utilisés pour les besoins
de l’exploitation.
- Un établissement bancaire agrée reçoit le montant de
l’émission des dits bons et assure le paiement des
intérêts qu’il porte.
- La société joint à la déclaration, la liste des
bénéficiaires de ces intérêts, avec leur identification,
la date des prêts et le montant des sommes versées à
chacun des bénéficiaires.

Sous-section 7 : Les charges d’impôts :


Les impôts et taxes liés à l’exploitation de l’entreprise
et mis en recouvrement au cours de l’exercice sont
110

fiscalement déductible tel l’impôt des patentes, la taxe


urbaine, la taxe d’édilité…
Certains impôts, dont le caractère professionnel est
incontestable sont, néanmoins exclus des charges déductibles,
parce que la loi en décide ainsi de façon expresse : Il s’agit
principalement de :
- L’I S ou la cotisation minimale ou encore les
acomptes provisionnels.
- La taxe urbaine afférente à des immobilisations
données en location par des entreprises de crédit-
bail.
- Tout impôt prélevé à la source et non libératoire de
l’I S
Par contre, les majorations, amendes, et sanctions
fiscales supportées par la société ne sont pas déductibles,
parce qu’elles ont été payées suite au non respect des
dispositions de la loi par la société, et donc suite à une erreur
commise par la société, et qu’elle doit assumer la
responsabilité.

Sous-section 8 : Les pertes et moins-value :


Pour qu’elles soient admises en déduction du résultat
comptable, les pertes et moins-values doivent être réalisées
dans le cadre de l’exploitation normale de la société,
111

définitives et correspondent à une diminution réelle de l’actif


net.
Aucune déduction ne peut être effectuée lorsqu’il s’agit
seulement d’un manque à gagner ou d’une perte affectant un
élément qui n’est pas compris dans l’actif de l’entreprise ou
d’une perte seulement probable.
Sans prétendre à l’exhaustivité dans l’énumération des
charges qui bénéficient du droit à déduction, il convient de
signaler qu’il peut s’agir.
- Des créances irrécouvrables dument constatées après
une action devant les tribunaux et après un constat de
carence.
- Les pertes de nature financières subies suite aux
opérations de charge et sur les opérations de
négociation de valeurs mobilières.
- Les pertes subies suite à des accidents ou à des
catastrophes naturelles.
- Les pertes subies suite ou non – recouvrement des
créances d’exploitation.
- Les pertes subies suite à des vols ou à des
détournements à condition que cela soit constaté par
un procès verbal.
- Les pertes subies du fait de cautionnement .
- Les pertes sur exercices antérieurs.
112

- Les pertes relatives aux moins-values constatées lors


de la cession ou de retrait d’éléments d’actif.

Sous-section 9 : Les dons :


Les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés
bénéficient de la déduction fiscale des dons en argent ou en
nature qu’elles versent aux institutions suivantes :
- les Habous publics.
- L’entraide nationale.
- Les associations reconnues d’utilité publique qui
oeuvrent dans un but charitable, scientifique,
culturel, Littéraire éducatif, sportif, d’enseignement
ou de santé.
- Les établissements publics ayant pour mission
essentielle de dispenser des soumis de santé ou
d’assurer des actions dans les domaines culturelles
ou d’enseignement ou de recherche.
- La ligne nationale de lutte contre les maladies
cardiovasculaires.
- La fondation Hassan II de lutte contre le cancer.
- Le comité olympique national marocain et les
fédérations sportives régulièrement constituées.
- Les œuvres sociales des entreprises publiques ou
privées dans la limite de deux pour mille (2‰) du
chiffre d’affaires du donateur.
113

- Le fond national pour l’action culturelle.


- L’agence spéciale Tanger – Méditerranée.
- Les agences pour le développement économique
régionales.
Ainsi, les dons octroyés à des organismes ou à toute
autre personne physique ou morale autres que ceux prévus
limitativement par la loi, ne sont pas déductibles de la base
imposable à l’I S.

Sous-section 10 : Les Amortissements :


L’amortissement est la constatation de la dépréciation
subie par certains éléments du patrimoine de l’entreprise par
suite d’usure et de l’obsolescence.
Sur le plan comptable, il correspond à une perte subie
sur la valeur d’actif des immobilisations. Cette perte doit être
par conséquent enregistrée en comptabilité. Et pour maintenir
la valeur initiale des éléments amortissables, l’entreprise doit
la compenser sur les bénéfices de l’entreprise.
L’amortissement comptable consiste à faire inclure
dans les charges d’exploitation, une somme prélevée sur les
bénéfices correspondant à la fraction du bien à amortir. Cette
somme est considérée comme une charge déductible du
bénéfice comptable.
114

Cependant, l’amortissement déductible doit répondre


aux règles de base de déductibilité, ainsi qu’à d’autres
restrictions de fonds et de forme.
Les éléments susceptibles de faire l’objet d’un
amortissement déductible pour la détermination du résultat
fiscal sont les éléments corporels et incorporels figurant à
l’actif de la société et se dépréciant par l’usage ou par le
temps.

a) Les conditions de déductibilité des dotations


d’amortissement :
Pour que la dotation à l’amortissement soit admise dans
les charges, elle doit correspondre à des conditions de fond et
de forme.
* La principale condition de fond est celle qui exige que
le bien amortissable figure au sein de l’actif de l’entreprise.
Ne peuvent donc être considérées comme des immobilisations
amortissables les biens acquis par l’intermédiaires des
sociétés de crédit-bail.
Les conditions de forme sont au nombre de deux.
* Il faut que les amortissements soient documents
inscrits en comptabilité. Cela signifie qu’une entreprise ne
saurait demander la déductibilité sur le plan fiscal
d’amortissements qu’elle n’aurait pas pratiqués sur le plan
comptable.
115

Cette condition entraîne des conséquences redoutables


lorsque même de bonne foi, une entreprise a passé en frais
généraux des dépenses liées à l’acquisition des
immobilisations et qu’elles n’auraient pas amorties.
L’annuité d’amortissement serait monventanément
perdre, et ce n’est qu’a l’expiration de la durée normale
d’amortissement du bien concerne que l’entreprise pourrait la
récupérer.
* L’entreprise est aussi terme de joindre à sa déclaration
des résultats, un tableau modèle récapitulant les
amortissements pratiqués en comptabilité.

b) Les biens soumis à l’amortissement :


Les biens susceptibles de faire l’objet d’un
amortissement déductible pour la détermination du résultat
fiscal sont les éléments corporels et incorporels.

* Les immobilisations corporelles :


Se sont les constructions, les installations les
aménagements, le matériel fixe, mobile ou roulant et
l’outillage.
Les terrains qui par nature et sauf des cas exceptionnels
(les carrières) ne se déprécient pas par le temps ou par l’usage,
ne peuvent pas être amortis.
Par contre leurs aménagements peuvent valablement
donner lieu à un amortissement dès lors que les doits
116

aménagement ont, en raison de l’importance des travaux


effectués le caractère de véritables installations et se
déprécient par le temps ou par l’usage.

* Les immobilisations incorporelles :


Certaines immobilisations incorporelles ne se
déprécient pas avec le temps ou par l’usage ; leur valeur peut
certes diminuer mais cela résulte le plus souvent des
circonstances fortuites. Il en est ainsi du fonds de commerce
et du droit au bail.
Par contre les brevets d’invention dont l’exploitation est
destinée à tomber dans le domaine public à l’expiration d’un
nombre d’années limité sont susceptibles d’amortissements
calculés sur la durée légale du privilège qui est de 20 ans.
Enfin, l’entreprise qui a reçu une prime d’équipement
rapportée intégralement à l’exercice au cours duquel elle a été
perçue peut pratiquer au titre de l’exercice ou de l’année
d’acquisition des équipements en cause, un amortissement
exceptionnel d’un montant égal à celui de la prime.

c) La base d’amortissement :
Les charges calculées qui constatent la dépréciation des
éléments d’actif (à l’exclusion des terrains et du fonds de
commerce) sont déductibles du résultat fiscal dans la mesure
où elles sont calculées à partir du 1er jour du mois
d’acquisition de l’immobilisation et son régulièrement
117

comptabilisés et calculés. Ceci correspond à la valeur


d’origine pour laquelle les immobilisations doivent être
inscrits en comptabilité.
Cette valeur s’entend :
- Pour les immobilisations acquises : au coût d’achat
augmenté le cas échéant des frais accessoires
(transport, droits de douanes…).
- Pour les immobilisations crées par l’entreprise pour
elle-même au coût de production lorsque le
paiement est assuré par des versements échelonnés,
les intérêts constituant des frais financiers ne sont
pas amortissables.
Toutefois si l’élément fait l’objet de réévaluation, les
amortissements peuvent être calculés sur la base de la
nouvelle valeur comptable.
Les biens ouvrant droit à déduction en matière de TVA
doivent être inscrits en comptabilité pour leur prix d’achat ou
de revient diminué de la déduction à laquelle ils donnent droit.
Ainsi, lorsque l’entreprise a récupéré la TVA qui lui st
facturée, l’amortissement se calcule sur la valeur Hors taxe,
mais si l’immobilisation n’ouvre pas droit à déduction, il se
calcule sur la valeur TVA incluse.
118

d) Les méthodes d’amortissement :


En matière comptable, la meilleure méthode
d’amortissement est celle qui traduit le plus fidèlement
possible la dépréciation subie par l’immobilisation.
Le droit fiscal n’impose pas de méthodes particulières,
mais la méthode d’amortissement linéaire se présente comme
celle du droit commun. En dehors de l’amortissement linéaire,
la loi instituant l’I S règlemente le système de l’amortissement
d’égressif.
Enfin, des dispositions d’amortissement propres aux
véhicules de transport de personnes représentent la troisième
méthode d’amortissement.

* L’Amortissement linéaire :
Il s’applique obligatoirement à tous les biens acquis ou
crées par l’entreprise, et aux biens entrant dans le champs
d’application de l’amortissement dégressif si l’entreprise le
souhaite.
L’amortissement linéaire consiste eu la pratique d’un
taux linéaire par référence à la durée probable d’utilisation de
l’immobilisation, à appliquer sur le prix de revient par un taux
(t) correspondant à la durée normale d’utilisation (n) : t (1/n).
Les taux d’amortissement varient en fonction du bien
amortissable et des conditions de son utilisation. Les
119

entreprises se réfèrent en général aux usages, tels qu’ils sont


reconnus par l’administration fiscale.
Les taux normaux les plus couramment utilisés sont les
suivants :
- 4% pour les immeubles d’habitation et à usage
commercial.
- 5% pour les immeubles industriels construits en
matériaux solides.
- 10% pour les constructions légères.
- 10% pour le mobilier, installations, aménagements
et agencements.
- 10% pour le gros matériel informatique.
- 15% pour les micro-ordinateurs, périphériques et
programmes.
- 20% à 25M pour le matériel roulant, matériel
automobile ou hippomobile.
- 30% pour l’outillage de faible valeur qui n’est pas
inscrit dans les frais généraux.
L’entreprise est autorisée à amortir à partir du premier jour du
mois d’acquisition du bien amortissable, à moins que ce bien
n’est pas utilisé immédiatement. L’entreprise peut ainsi
différé l’amortissement jusqu’au premier jour de son
utilisation effective.
120

* L’Amortissement dégressif :
C’est un amortissement qui constitue un moyen
d’incitation fiscal à l’investissement privé national et
international stipulé par la charte de l’investissement de 1995.
Il s’agit d’une méthode d’amortissement dérogatoire au
droit commun. Elle ne peut être utilisée qu’à l’égard des biens
d’équipement à l’exclusion des immeubles et des véhicules de
transport des personnes.
Cependant, l’amortissement dégressif est applicable à
certains véhicules, tels :
- Les véhicules de transport public, transport collectif
du personnel de l’entreprise et du transport scolaire.
- Les voitures de location appartenant à l’entreprise
qui pratique l’activité de location.
- Les Ambulances.
L’Amortissement dégressif consiste en l’application
d’un coefficient au taux linéaire correspondant à la durée
normale d’utilisation du bien.

 Ces coefficients sont de :


- 1,5 : Pour les biens dont la durée d’amortissent est
de 3 ou 4 années.
- 2 : pour les biens dont la durée d’utilisation est de 5
ou 6 années.
121

- 3 : Pour les biens dont la durée d’utilisation


supérieur à 6 années.
La base du calcul de l’amortissement dégressif est
constituée pour la première année par le coût d’acquisition du
bien. Pour les années suivantes la base du calcul est constituée
de la valeur résiduelle.
Souligner, que lorsque l’annuité dégressive devient
inférieure du quotient :
Valeur résiduelle
Hombre d’années restant à courir
Il y a lieu de retenir l’annuité linéaire pour les dernières
années d’amortissement.

* L’Amortissement des véhicules de transport de


personnes :
Les véhicules de transport de personnes bénéficient
d’un régime d’amortissement particulier dans la mesure qu’ils
peuvent être amortis au taux minimum de 20% par an, à la
condition que la valeur totale fiscalement déductible répartie
sur 5 ans à parts égales ne soit pas supérieure à 300.000 Dhs
par véhicule.
Autrement dit, la dotation d’amortissement n’est admise
en déduction de la base imposable que dans la limite de
60.000 Dh par an.
122

Enfin, i faut noter que lorsqu’une immobilisation a été


enregistrée, à tort, parmi les charges, et que l’erreur est
relevée par les vérificateurs de l’Administration fiscale, cette
dernière est en mesure de réintégrer le montant dans le résultat
imposable de l’exercice vérifié non encore prescrit.
L’entreprise pourra pratiquer les amortissements
normaux à partir de l’exercice suivant la date de la
régularisation.

Sous-section 11 : Les provisions :


Il s’agit d’une somme constituée en franchise d’impôt
pour faire face à une charge ultérieure, à une dépréciation ou à
une perte d’un élément d’actif qui ne peut faire l’objet
d’amortissements (stocks, valeurs mobilières, fonds de
commerce…).
La différence entre une provision et une charge à payer
est que celle-ci est certaine et non pas seulement (probable).
Ainsi on distingue deux catégories de provisions :
- Provision pour dépréciation qui se rapproche de
l’amortissement en ce qu’elle est destinée à
compenser des moins-values éventuelles sur des
éléments d’actif.
- Provision pour pertes et charges qui est destinée à
faire face à des risques de moins-values ou de pertes
123

issues d’un événement qui prend naissance pendant


l’exercice.
La constitution de provision est nécessaire en
comptabilité pour respecter les principes de prudence et de
sincérité. Mais l’appréciation du risque ou de la perte probable
pourrait conduire à des pratiques contestables. C’est pourquoi
des règles précises sont établies pour apprécier la déductibilité
des provisions.

a) Conditions de déduction des provisions :


Pour bénéficier du droit à d’éduction, les différentes
provisions constituées par les entreprises doivent satisfaire les
conditions suivantes :

* Les conditions de fonds :


- La provision doit être constituée pour faire face à une
charge déductible ou à la dépréciation d’un élément d’actif
figurant à l’actif du bilan de l’entreprise. Ainsi toute provision
constituée pour assurer le paiement éventuel d’une charge non
déductible. Cela exclut par exemple les provisions pour
amendes, pénalités fiscales…. Mais aussi les provisions ayant
pour contrepartie une augmentation de l’actif ou encore
concernant des charges personnelles du dirigeant.
- La provision pour pertes et charges doit être affectée à
des charges nettement individualisées quant à leur objet qui a
leur nature avec une évaluation approximative du montant des
124

charges, ce qui permettra un contrôle rigoureux de leurs


montants ainsi que l’objet de leur affectation.
L’utilisation de méthodes statistiques de calcul des
provisions est admise si elles permettent une approximation
suffisante.
Cependant la pratique d’un pourcentage forfaitaire de
perte (dans l’évaluation des stocks dépréciés par exemple)
n’est pas autorisée.
* Les pertes ou les charges doivent trouver leur origine
dans l’exercice en cours par leur probabilité est non par
éventualité. La provision constituée pour des risques
simplement éventuels et sans engagement précis avant la
clôture de l’exercice n’est pas déductible (car de la provision
de propre assureur). Par contre si la perte ou la charge est
certaine quant à son existence et quant à son montant, il n’y a
pas lieu de constituer une provision, il suffit de retrancher la
perte ou la charge du bénéfice de l’exercice.

* Les conditions de forme :


Elles sont au nombre de deux :
- La provision doit aussi être effectivement constatée
dans les écritures comptables de l’exercice.
- La provision doit avoir figuré sur le tableau des
provisions qui est annexé à la déclaration des
résultats imposables.
125

b) Le traitement fiscal des provisions :


Le traitement fiscal réservé à la provision pendant
l’exercice qui suit celui de sa constitution est différent selon
que la provision a été régulièrement constituée ou non.

1) Les provisions régulièrement constituées :


La provision régulièrement constituée peut :
- être utilisée conformément à son objet initial.
- devenir sans objet.
- être détournée de leur objet initial.

* Provision utilisée conformément à son objet :


Lorsque la perte ou la charge, en prévision de laquelle
la provision a été constituée se réalise effectivement, trois cas
de figure peuvent se présenter.
- Le montant de la perte ou de la charge est supérieur
au montant de la provision. La différence est une
charge déductible du résultat fiscal.
- Le montant de la perte ou de la charge est inférieur à
celui de la provision, le reliquat est à réintégrer au
résultat fiscal.
- Lorsque les deux montants sont égaux, il y a
compensation et le résultat fiscal n’est pas affecté.
126

* La provision devenue sans objet :


Lorsque la provision devient sans objet, c'est-à-dire que
la perte, la charge ou la dépréciation provisionnée ne se
réalise pas, les sommes ainsi constituées sont considérées
comme des reprises sur provisions à réintégrer au résultat de
l’exercice au titre duquel les pertes sont éteintes.

* La provision détournée de son objet :


Lorsqu’une provision est détournée de son objet initial
au titre duquel elle a été constituée pour qu’elle soit affectée à
un autre emploi, elle doit être également réintégrée au résultat
de l’exercice au titre duquel le détournement a eu lieu.
En cas de cessation d’activité ou de cession de
l’entreprise, les provisions antérieurement constituées en
franchise d’impôt doivent être rapportées au résultat du
dernier exercice d’exploitation.

2) Les provisions irrégulièrement constituées :


Il s’agit des provisions considérées comme présentant
dés l’origine, un caractère irrégulier. Ce qui signifie qu’au
moment de leur constatation, elles ne remplissaient pas les
conditions de fond et de forme.
Ces provisions sont considérées comme irrégulières et
doivent par conséquent être rapportées au résultat de
l’exercice au cours duquel elles ont été portées à tort en
comptabilité.
127

Toutefois, lorsque l’exercice concerné est prescrit ces


provisions doivent être rapportées au résultat du premier
exercice non prescrit.

c) Les provisions déductibles :


Il s’agit des provisions réglementées que certaines
sociétés sont autorisées à constituer en franchise d’impôt.
Cependant il y a lieu de faire la distinction entre les
provisions couramment utilisées, des provisions spécifiques.

1) Les provisions couramment utilisées :


Certaines provisions sont couramment utilisées par les
entreprises, et bénéficient du droit à déduction. Ce sont des
provisions qui respectent les conditions de fond et de forme
citées ci-dessus.

* Les provisions pour dépréciation des créances :


Appelées aussi créances pour créances douteuses ou
litigieuses : Ce sont des provisions constituées par les
entreprises pour faire face à la perte de leurs créances
détenues par des clients prouvant soit des difficultés de
paiement (caractère douteux) ou en mésentente avec
l’entreprise suite à un différend commercial.
Le caractère de probabilité découle du fait que le client
en cessation de paiement et que l’entreprise pourra perdre que
partie ou la totalité de sa créance.
128

Cependant, ces provisions doivent être nettement


individualisées client par client.

* Les provisions pour dépréciation des éléments


d’actifs :
Il s’agit des :
- Provisions pour dépréciation du fond de
commerce :
Le fond de commerce est une immobilisation non
amortissable pour la raison qu’elle ne perd pas généralement
de la valeur. Mais lorsque suite à des événements spéciaux, la
valeur du fond de commerce est négativement affectée, la
diminution peut faire l’objet d’une provision fiscalement
déductible.
- Provision pour dépréciation des valeurs
mobilières :
Les valeurs mobilières peuvent aussi perdue de la
valeur suite à leur négociation sur le marché financier. La
perte ainsi subit peut être provisionnée par l’entreprise.
- Provisions pour dépréciation des stocks :
La dépréciation de la valeur des marchandises à
l’occasion de leur stockage par les entreprises peut faire
l’objet de provisions bénéficiant de droit à déduction.
129

- Provision pour impôt à payer :


Les impôts subissent généralement un décalage de
paiement entre l’année au titre de laquelle ils sont dus, et
l’année de leur paiement effectif.
Les entreprises sont aussi autorisées à constituer des
provisions pour paiement d’impôts, à conditions que l’impôt
bénéficie lui-même du droit à déduction.

2) Les provisions spécifiques :


D’autres provisions spécifiques peuvent être constituées
par les entreprises en franchises d’impôt. Il s’agit :

* Provision pour construction ou acquisition de


logements :
Les entreprises qui construisent on acquièrent des
logements pour leur personnel ; ou qui accordent des prêts à
leurs salariés pour construire ou acquérir des logements, sont
autorisés à constituer en franchise d’impôt des provisions dans
la limite de 3% du résultat fiscal avant impôt.
Ce fond ainsi constitué doit être affecté au moins pour
50% au financement des logements dits économiques.
Ces provision doivent être utilisés dans les trois années
suivant celle de leur constitution, et tout montant non utilisé
doit être réintégré automatiquement au résultat de l’exercice
au cours duquel elle a été constituée, ou au dernier exercice
130

non prescrit sans préjudice d’application d’amendes ou de


majorations.

* Provisions pour investissement :


Les entreprises sont aussi autorisées à constituer des
provisions en franchises d’impôt pour investissement dans la
limite de 20% du résultat fiscal avant impôt, sans que la
valeur de la provision dépasse 30% du dit investissement.
Ce fond doit être utilisé dans un délai de 3 années, et
doit être affecté en vue de la réalisation d’investissement en
biens d’équipements matériels et outillages, à l’exclusion des
terrains, et des constructions autres qu’a usages professionnels
et des véhicules de tourisme.
Toutefois, les entreprises peuvent affecter tout ou partie
du montant de la provision pour investissement précité, pour
leur restructuration ainsi qu’a des fins de recherche et de
développement pour l’amélioration de leur productivité et leur
rentabilité économique.

D) Les provisions non déductibles :


Il s’agit des provisions pour garanties, des provisions
pour propre assurance, et des provisions pour congé à payer.
* Provisions pour reconstitutions de gisements :
Les entreprises minières peuvent constituer des
provisions en franchise d’impôt pour reconstitution de
gisement dans la limite de 50% du bénéfice fiscal avant
131

impôt, sans que la valeur de la provision dépasse 30% du


montant du chiffre d’affaires résultant de la vente des produits
extraits des gisements exploités par les dites entreprises.
Ces provisions doivent être utilisées conformément à
leur objet dans les 5 années suivant celle de leur constitution,
et tout solde non utilisé par conséquent est obligatoirement
réintégré au résultat fiscal de l’exercice suivant celui de
l’expiration du délai d’emploi de ces provisions.
D’autre part, les provisions constituées doivent être
utilisées dans les opérations de recherche, de prospection sur
les gisements non encore reconnus, de réalisation d’études, de
travaux, constructions d’acquisition d’équipement de
technologue, et de prise de participation dans d’autres
entreprises minières.

* Les provisions pour garanties :


Ce sont des provisions constituées par les entreprises
pour faire face aux pertes qui peuvent être occasionnées par le
retour des marchandises pour lesquelles ces entreprises ont
accordé des garanties.
La loi instituant l’I S n’autorise pas de constituer de
telles provisions, et par conséquent elles seront exclues du
droit à déduction, et doivent être réintégrés au résultat fiscal
en contrepartie.
132

* Les provisions pour propre assurance :


Les entreprises peuvent parfois, au lieu de recourir à
des compagnies d’assurance pour couvrir des risques
d’exploitation, constituer en franchise d’impôt, des provisions
pour faire face à de tels risques.
Lorsque le risque est assurable auprès des
professionnels d’assurance, l’Administration fiscale est en
mesure de refuser la déduction de tells provisions.

* Les provisions pour congés payés :


Les congés payés sont généralement réglés aux salariés
avec un décalage d’un exercice. C’est la raison pour laquelle
certaines entreprises constituent des provisions pour rattacher
ces charges à l’exercice au titre duquel elles sont dues.
Toutefois la loi fiscale juge que ce son des charges
annuelles et effectives et ne peuvent par conséquent faire
l’objet de provisions fiscalement déductibles.

Section III- Les charges non déductibles en partie ou


en totalité :
La loi instituant l’I S a énuméré certaines charges
exclues de façon expresse du droit à déduction.
Il s’agit d’abord de toutes les pénalités, les amendes et
les majorations infligées à l’entreprise à l’occasion des
infractions commises à l’encontre des dispositions légales
relatives au contrôle des prix, à la législation du travail et du
133

transport, ou en cas d’une insuffisance ou retards constatés


dans l’assiette ou le paiement des impôts.
En général du droit à déduction.
Les entreprises ne peuvent aussi déduire de leur
bénéfices imposables qu’à concurrence de 50% toutes les
dépenses ayant un montant dépassant 10.000DH ; et dont le
paiement n’est pas effectué par un chèque barré non
endossable, par virement bancaire, par effet de commerce ou
par un moyen de paiement magnétique frais de personnel et le
règlement des facteurs des agriculteurs.
Les entreprises qui acceptent des règlements en espèces
au-delà de 20.000DH encourent une amende de 6% du
montant de la transaction.

Section IV : Le déficit reportable


Le déficit réalise par une entreprise à la clôture d’un
exercice donné constitue, en principe une perte définitive que
l’entreprise n’est pas en droit de déduire de ses bénéfices
futurs.
Cependant dans certaines limites et sons certaines
conditions, l’entreprise peut, par dérogation à ce principe
opérer cette déduction. On dit qu’elle a la possibilité de
reporter ces déficits ou encore de pratiquer le report
déficitaire.
134

Sous-section 1 : Conditions d’exercice du droit au report


déficitaire.
Elles sont au nombre de trois :

a) La déficit doit être à la charge de l’entreprise :


* Sont exclus ainsi les déficits :
- Provenant d’entreprises situées hors du Maroc.
- Compensés avec des sommes n’ayant pas supporté
l’impôt.
- Visés aux comptes personnels des associés.
* Sont admis par contre en déduction les déficits :
- Compensés avec es sommes ayant déjà supportés
l’impôt.
- Compensés avec des n’ayant pas le caractère du
bénéfice.

b) Le déficit ne doit pas être remis en cause des


redressements fiscaux ou des sujets de comptabilité.
c) Le déficit reportable ne peut bénéficier qu’au
contribuable qui l’a supporté.
C’est ainsi que ne sont pas en droit de reporter des
déficits antérieurs à leur gestion, sur leurs bénéficies futurs les
cessionnaires d’une entreprise.
135

Sous-section 2 : Délai de report :


Le déficit réalisé au titre d’un exercice donné peut être
déduit du bénéfice de l’exercice suivant. Si ce bénéficie n’est
pas suffisant, il est déduit de celui de l’exercice d’après celui
où est apparu le déficit. Passé ce délai de 4 ans, le déficit ou le
reliquat de déficit que l’entreprise n’a pas pu déduire, faute de
bénéfices suffisants est définitivement perdu.
Toutefois, cette limitation du délai de quatre exercices
n’est pas applicable au déficit ou à la fraction du déficit
correspondant à des amortissements régulièrement
comptabilisés et compris dans les charges déductibles de
l’exercice.
A noter que l’amortissement des frais d’établissements
est soumis à la limitation dans le temps prévue pour le report
déficitaire.
Ainsi, la déduction des déficits reportables doit se faire
dans un ordre. D’abord l’imputation de la part des déficits
d’exploitation dont le report est limité dans le temps, ensuite,
l’imputation de la part ou des déficits correspondants aux
amortissements et dont le report n’est pas limité dans le
temps.
136

Paragraphe IV : La liquidation de l’impôt sur les


sociétés :
Une fois le résultat fiscal connu, il convient de calculer
l’impôt dû par l’entreprise. Ainsi la liquidation de l’IS
s’effectue par l’application du taux légal à la base
d’imposition.
Cependant, le caractère annuel du résultat fiscal impose
la définition de la notion de l’exercice en tant que période
d’imposition.

Section I : Période d’imposition :


La loi instituant l’IS s’est attachée à la notion
d’exercice n’excédant pas 12 mois.
C’est ainsi que le législateur stipule que l’impôt sur les
sociétés est calculé d’après le bénéfice réalisé au cours de
chaque exercice comptable qui ne peut être supérieur à 12
mois.
En principe, un parallélisme chronologique existe entre
l’exercice comptable et l’année civile (du 1/1 au 31/12),
toutefois, l’entreprise est libre de choisir la date de clôture de
son exercice, dés lors elle serait tenue de déposer sa
déclaration au plus tard 3 mois après la date de clôture.
Toutefois, lorsque l’exercice comptable ne coïncide pas
avec l’année civile, le résultat à tenir est celui réalisé lors de
l’exercice en cours ou au 31 Décembre.
137

Section II : Le calcul de l’impôt sur les sociétés :


Pour déterminer le montant de l’impôt du on procède à
l’application du taux de l’impôt sur le résultat fiscal dégagé.
Néanmoins il faut auparavant verser une cotisation minimale,
qui peut constituer une avance si le montant de l’impôt est
supérieur, et qui peut constituer si non le minimum d’impôt
qu’il faut supporter si le montant de l’impôt est inférieur à la
cotisation minimale.

Sous-section1 : Le taux de l’impôt sur les sociétés :


Au Maroc, depuis l’instauration de l’I S, ou a assisté à
une baisse progressive du taux nominal initialement fixé à
45%. A compter de la loi de finances pour l’exercice 2008, le
taux normal de l’I S a été ramené à 30%.
Des taux parallèles au taux statuaire de 30% sont
applicables à certaines activités ou personnes bien désignées.

 Le taux de 37% :
Est applicable pour les établissements de crédits et
organismes assimilés (Bank AL MAGHRIB. CDG. Les
sociétés d’assurances et de réassurances).

 Le taux réduit de 17,5%


Est applicable pour :
- Les sociétés exportatrices des biens ou services au-
delà de la période de l’exonération totale de 5 ans.
138

- Les entreprises hôtelières pour la partie de la base


imposable correspondante à leurs chiffres d’affaires
réalisées en devises étrangères au-delà de la période
de l’exonération totale de 5 ans.
- Les entreprises minières.
- Les entreprises implantées dans certaines régions
dont le niveau de développement économique
nécessite un traitement fiscal préférentiel.
- Les Etablissements privés d’enseignement ou de
formation professionnelle.
- Les promoteurs immobiliers qui construisent des
cités ou campus universitaires au bout de 3 ans à
partir de la date l’autorisation de construire.

 Le taux de 20% :
Est applicable en ce qui concerne les produits de
placement à revenu fixe.

 Le taux de 10% :
Est applicable pour :
- Les produits d’actions ou parts sociales et revenus
assimilés.
- Pour les banques offshore durant les 15 premières
années suivant la date de l’agrément
139

 Le taux de 8,5% :
Pour les entreprises exerçants leurs activités dans les
zones franches d’exposition durant les 10 exercices
d’exonération totale.

 Le taux de 8% :
Est applicable sur le montant hors taxes des marchés de
construction, de montage, de travaux immobiliers ou
d’installations industrielles ou techniques exécutées par des
sociétés étrangères.

Sous-section 2 : La cotisation minimale :


La cotisation minimale est un minimum d’imposition
que les contribuables sont tenus de verser, même en l’absence
de bénéficie. Le montant de l’impôt dû ne peut être inférieur à
cette cotisation minimale quel que soit le résultat fiscal de
l’exercice.
* La base de la cotisation minimale :
Cette cotisation est calculée sur la base des produits
d’exploitation hors taxes. Par produits d’exploitation il faut
entendre la somme.
- des chiffres d’affaires et des autres produits
d’exploitation.
- Des produits financiers.
- Des subventions et dons reçus.
140

- Les produits non courants y compris les


dégrèvements fiscaux au titre des impôts
déductibles.

* Le taux de la cotisation minimale :


Le taux de la C.M est fixé à 0,5%.
La loi de finances 1994 a ramené ce taux à 0,25% pour
les sociétés dont les prix sont règlements et dont les marges
sont faibles. Il s’agit des sociétés effectuant des opérations
commerciales portant sur les produits pétroliers, le gaz, le
beurre, l’huile, le sucre, la farine, l’eau et l’électricité.
Toutefois, le montant de la cotisation minimale ne peut
être inférieur à 1500DH

* Exonération de la cotisation minimale :


La C.M n’est pas due par les sociétés pendant les 36
premiers mois suivant la date du début de leur exploitation.
A défaut du début d’exploitation à la constitution de la
société l’exonération cesse d’être appliquée à l’expiration
d’une période de 60 mois qui suit la date de constitution de la
société concernée.
Cette exonération n’est pas possible pour les sociétés
concessionnaires de service public.
141

Section III : Le paiement de l’I S


L’impôt sur les sociétés donne lieu au titre de l’exercice
en cours, au versement par la société de quatre acomptes
provisionnels dont chacun est égal à 25% du montant de
l’impôt dû au titre du dernier exercice clos appelé exercice de
référence.

Sous-section 1 : Les acomptes provisionnels


Les versements des acomptes provisionnel sont
effectués spontanément avant l’expiration des 3ème, 6ème, 9ème
et 12ème mois suivant la date d’ouverture de l’exercice
comptable en cours.
Les acomptes du au titre de l’exercice en cours sont
alors déterminés d’après l’impôt ou la cotisation minimale qui
auraient été dus en l’absence de toute exonération.
Si l’exercice de référence est d’une durée inférieure à
12 mois, le montant des acomptes est calculé sur celui de
l’impôt dû au titre dudit exercice rapporté à une période de 12
mois.
Lorsqu’une société estime que le montant d’un ou de
plusieurs acomptes versés au titre d’un exercice est égal ou
supérieur à l’impôt dont elle sera finalement redevable pour
cet exercice, elle peut se dispenser d’effectuer de nouveaux
versements d’acomptes.
142

Pour cela, il faut remettre à l’Administration fiscale une


déclaration dans ce sens, 15 jours avant la date d’exigibilité
du prochain versement à effecteur.
Mais si le montant de l’impôt effectivement dû est
supérieur de plus de 10% à celui des acomptes versés, une
amende et une majoration sont applicables aux montants des
acomptes provisionnels qui n’ont pas été versés aux échéances
prévues.

Sous-section 2 : Régularisation de l’impôt


Dans les 3 mois qui suivent la date de la clôture de
chaque exercice comptable, la société doit procéder à la
régularisation et la liquidation de l’impôt dû au titre de
l’exercice écoulé en tenant compte des acomptes
provisionnels versés pour le même exercice.
S’il résulte de cette liquidation un complément d’impôt
au profit du receveur de l’Administration fiscale. Ce
complément est alors acquitté par la société dans les 3 mois
qui suivent la clôture de l’exercice.
Dans le cas contraire, l’excédent d’impôt versé par la
société est imputé d’office par celle-ci sur le premier acompte
provisionnel échu et le cas échéant sur les autres acomptes
restants.
Le reliquat éventuel est restitué d’office à la société
dans le délai d’un mois à compter de la date d’échéance du
dernier acompte provisionnel.
143

Chapitre II
Les Impôts indirects

La structure fiscale marocaine est marquée par la


prédominance de la fiscalité indirecte. Elle est constituée par :
- La taxe sur la valeur Ajoutée
- Les taxes intérieures de consommation
- Les droits d’enregistrement et de timbre,
- Les droits douane et qui comprennent
 Les droits d’importation
 Le prélèvement fiscal à l’importation
 La taxe parafiscale à l’importation
Notre étude portera essentiellement sur la taxe sur la
valeur ajoutée qui représente le moyen à travers lequel les
autorités publics essayent de donner au système fiscal
Marocain un caractère moderne.
144

La T.V.A

La notion de valeur ajouter repose sur la multiplicité des


circuits commerciaux que parcourt les différents produits et
services le long des différentes filières de fabrication et de
commercialisation.
A chaque stade de ces filières, se crée un surplus de
valeur qui vient s’ajouter à la valeur initiale. C’est ce surplus
qu’on appelle (valeur ajoutée).
Pour imposer cette valeur ajoutée, le législateur a visé,
la richesse en circulation au sein des différentes phases, de
commercialisation des biens et services, depuis la matière
première jusqu’à la livraison des produits au consommateur
final. La taxe est donc due par les différents intervenants à ces
phases qui, grâce au système de récupération déducation, la
font supporter en dernier ressort au consommateur final.
Malgré le fait que la TVA soit acquitté de façon
fractionnée pendant tout le circuit de commercialisation la
TVA impose la consommation finale. Le redevable légal est
l’entreprise qui encaisse la taxe pour le compte de l’Etat. La
taxe est facturée au consommateur final qui supporte en
dernier lieu la totalité de la taxe versée par toutes les
entreprises qui ont intervenu dans le circuit de
commercialisation du produit ou du service.
145

D’origine française, elle a été d’abord exportée vers les


pays de l’Union Européenne avant de regagner plusieurs pays
par la suite.
La taxe sur la valeur ajoutée a été instituée au Maroc par
la loi N° 30-85 dans le cadre de la concrétisation de la 1 ère
tranche de la réforme fiscale adoptée par la loi cadre de 1984.
Elle a été appliquée à partir du 1er Avril 1986.
Malgré son champs d’application assez vaste, elle n’est
pas généralisée a toutes les transactions de nature
commerciales, puisque son champs d’application conversé
essentiellement les activités de production, et d’importation
des différents biens et services et de distribution. D’autres
activités civiles et agricoles sont réputées hors champs
d’application de la TVA.
La TVA est réputée aussi par son caractère d’impôt
invisible puisqu’elle est incorporée dans le prix de vente des
différents biens et services. Les entreprises sont intéressées
plus par le prix hors taxe. Pour la TVA l’entreprise joue le rôle
d’intermédiaire collecteur entre l’Etat et le consommateur
final.
La TVA représente d’autres parts, un moyen très
important pour le financent des recettes publiques (+ de 27 % à
elle seule).
Cette importance financière trouve son explication dans
les caractéristiques de la TVA.
146

I- Caractéristiques de la TVA
La TVA présente cinq caractéristiques, qui sont liées,
soit à sa nature en tant qu’impôt indirect, soit à son
mécanisme, du fait qu’elle est payée par une autre personne
qui la supporte, soit à ses modalités de paiement, soit enfin à
son objectif.

1- La TVA est un impôt indirect


Cela veut dire que la TVA est un impôt incorporé
totalement dans le prix de vente des produits ou des services.
La TVA n’atteint pas ainsi le revenu dans sa réalisation mais
dans son utilisation.
D’autre part, la TVA ne tient pas compte de la situation
personnelle de celui qui la supporte. De même la TVA
représente l’avantage d’être plus facilement payée.
Le commerçant apparaît dés lors comme un simple
collecteur redevable légal, celui qui paie l’impôt au trésor à la
place du consommateur qui en est le redevable réel.

2- La TVA est un impôt neutre :


La TVA est neutre grâce au mécanisme de déduction,
car l’entreprise en définitif ne supporte pas la TVA comme
une charge d’exploitation, mais elle affecte de consommateur
final.
Cette neutralité se réalise également par l’imposition de
l’importation et l’exonération de l’exportation, instituant ainsi
147

le respect des conditions de la concurrence entre les produits


nationaux et étrangers.

3- La TVA est un impôt non cumulatif :


Le poids fiscal de l’impôt demeure identique quelque
soit la longueur du circuit de production ou de distribution. La
TVA représente toujours le même pourcentage du prix de
vente. Mais pour éviter les inconvénients du système
cumulatif, la TVA est calculée sur un prix qui ne comprend
aucune taxe antérieure. Ceci est caractérisé grâce d’abord à
l’adoption de la valeur ajoutée du prix de vente, ensuite par le
mécanisme de la déduction.

4- La TVA est un impôt a paiement fractionné


Le paiement de la TVA est effectué par fraction
correspondante à chaque stade, de production, de
transformation et de commercialisation.
Mais bien que la TVA soit recouvrée plusieurs fois, son
montant global et définitif est égal à celui qui serait exigible si
la taxe était perçue en une seule fois sur la valeur du produit
final payée par le consommateur.

5- La TVA est un impôt réel :


A la différence de d’impôt personnel, l’impôt réel vise à
atteindre un élément économique. L’exigibilité de la TVA
dépend donc de la nature des opérations réalisées. Elle n’est
148

pas liée à la personnalité de leurs auteurs, ni au cadre juridique


dans lequel elles s’inscrivent.

II- Les mécanismes de la TVA :


La TVA tire son nom de la variable économique sur
laquelle elle porte, à savoir la valeur ajoutée par l’entreprise
aux produits et services qu’elle a acquis. Ce souplement de
valeur ajoutée correspond économiquement à la rémunération
des facteurs productifs.
L’idée de base de cette forme est que chaque fois qu’un
produit passe entre les mains d’un intermédiaire, celui-ci
ajoute une valeur supplémentaire à ce produit. LA TVA vise
précisément cette plus-value.
Cependant la notion de la valeur ajoutée est
difficilement appréhendable par l’Administration fiscale d’où
la nécessité et l’importance du chiffre d’affaires, comme base
d’imposition favorite de la TVA.
C’est ainsi que pour assurer cette liaison entre les deux
notions (valeur ajoutée et chiffre d’affaires), elle est réalisée
grâce au mécanisme de la TVA, à savoir la DEDUCTION.
En effet, à l’occasion de chaque opération, cette plus
value est taxée. Cependant chaque assujetti est autorisé à
déduire de la TVA qu’il encaisse lors de la vente, le montant
de la taxe qui a déjà grevé le même produit aux stades
antérieurs (TVA supportée lors de l’achat = TVA déductible).
149

Ainsi, chaque redevable ne verse au trésor public, que la


différence entre d’une part :
- Le montant de la taxe calculée sur la valeur des
produits livrés, des services rendus par l’entreprise
(TVA FACTUREE).
- Le montant de la taxe qui a grevé les coûts de
fabrication et de commercialisation de ces produits
d’autre part. Autrement dit, il ne verse au trésor que la
différence entre la TVA collectée et la TVA déductible.
TVA due = TVA collectée – TVA déductible
Etant un impôt totalement incorporé dans le prix de
vente, la TVA ne constitue pas véritablement une charge pour
l’entreprise.
Ainsi, dans l’hypothèse ou la TVA n’existait pas, le
bénéfice de l’entreprise serait le même.
En l’absence de TVA, l’entreprise achète son produit à
100 HT, elle le vend à 250 HT et elle réalise ainsi un bénéfice
net de 150.
Lorsqu’on applique la TVA sur cette opération
l’entreprise achète le produit à 100 HT plus une TVA à l’achat
de 20 à raison de 20%, elle le vend à 250 HT plus une TVA à
la vente de 50 à raison de 20% toujours. Elle serait redevable
d’une TVA due à l’administration fiscale calculée ainsi.
150

TVA encaissée : 50
-
TVA déductible : 20
TVA due : 30
Son bénéfice serait alors 150, le même réalisé en
l’absence de TVA.
151

CHAPITRE III
Champs d’application de la TVA

Le champs d’application de la TVA se définit


principalement par référence à la nature des opérations
effectuées. L’exigibilité de la TVA dépend donc de la nature
des opérations réalisées et non pas de la personnalité de leurs
auteurs, ni du cadre juridique dans lequel elle s’inscrive.
Les opérations sont taxables même lorsqu’elles ne se
situent pas dans le cadre d’une activité exercée d’une manière
habituelle, et même lorsque les opérations se révèlent
déficitaires.
Sont imposables toutes les ventes ou prestations de
services effectuées sur le territoire marocain.
La vente est considérée réalisée au Maroc lorsque la
livraison des marchandises a eu lieu sur le sol marocain sauf si
leur destination est l’Etranger.
Pour les services, l’imposition de la TVA tient compte
du lieu de l’utilisation de la prestation fournie et non du lieu de
sa production. Sont donc imposables à la TVA marocaine
toutes les prestations de services consommées sur le territoire
marocain. Ainsi même produit au Maroc, un service est
exonéré de la TVA lorsqu’il est destiné à être consommé hors
du territoire marocain.
152

Cependant, est ce que toutes les opérations entrent dans


le champs d’application de la TVA ?
La réponse est évidement négative. Il y a le hors champs
d’application de la TVA, c'est-à-dire des opérations, des
professions, et des personnes qui ne sont pas assujetties à la
TVA. Ce qui explique la prise en considération des objectifs
financiers, économiques et sociaux à travers l’application de la
TVA. LA généralisation de la TVA reste à relativiser.

Paragraphe I : les opérations imposables


Les opérations soumises à la TVA sont déterminées par
la loi régissant cet impôt, et qui sont de nature industrielle,
commerciale, artisanale, profession libérale et les opérations
d’importations effectuées par des personnes autres que l’Etat
non entrepreneur, agissant à titre habituel ou occasionnel
quelque soit leur statut juridique, la forme ou la nature de leur
intervention réalisée au MAROC (exclusion faite des zones
franches). Néanmoins, les opérations imposables ne sont pas
toutes taxables même si elles entrent dans le champs
d’application de la TVA, c’est le cas des opérations exonérées.

Section I : Les opérations obligatoirement assujetties


En principe, l’assujettissement à la TVA est obligatoire.
Cependant la liberté du choix d’être assujetti reste une option
pour certains redevables.
153

Il est difficile de dresser une liste exhaustive des


opérations imposables. La loi instituant la TVA distingue entre
les quatres catégories suivantes :
- Les opérations portant sur les biens meubles
- Les opérations portant sur les biens immeubles
- Les opérations de livraison à soi même.
- Les opérations d’importation.

Sous-section 1 : Les opérations portant sur les biens


meubles
Il s’agit des opérations comportant le transfert de
propriété de biens meubles corporels (ventes – échanges –
cessions..) et incorporels (Gaz – électricité – Chaleur –
froid…) ainsi que la livraison à soi même. De ce fait, on peut
relever les opérations suivantes :
- Les ventes et les livraisons réalisées par les
entrepreneurs de manufacture, de produits extraits,
fabriqués ou conditionnés par eux directement ou à
travers un travail de façon.
- Les ventes et les livraisons en l’état des produits
importés en gros ou en détail réalisées par les
commerçants importateurs.
- Les ventes et livraisons en l’état réalisées par des
commerçants grossistes inscris à l’impôt des patentes
en tant que tels ou qui vendent à d’autres
154

commerçants revendeurs et dont le chiffre d’affaires


au cours de l’année précédente est égal ou supérieur à
3000.000DH.
- Les commerçants dont le chiffre d’affaires au titre de
l’année précédente est égal ou supérieur à
2000.000DH
- Les opérations d’échange : L’échange est en effet
interprété par la législation fiscale comme une double
vente dont le prix est payé en nature. Il peut s’agir
d’échange de produit ou de service.
- Les opérations de cession de marchandises
intervenue dans le cadre d’une cession de fond de
commerce effectuée par les assujettis.

Sous-section2 : Les opérations portant sur les


biens immeubles
Il s’agit des travaux immobiliers tels les opérations de
lotissement et de promotions immobilières : Les entreprises
concernées sont celles qui réalisent des travaux de construction
des bâtiments ou de travaux publics, tels que les constructions,
réparations, démolitions, routes, travaux de voirie, travaux
d’adduction et de distribution d’eau… Ces opérations sont
assujetties à la TVA même lorsqu’elles ont un caractère civil.
155

Sous-section 3 : Les prestations de services.


La notion de prestation de services est très large et
recouvre en général.
- les opérations d’hébergement et/ou de vente des
denrées alimentaires ou de boissons à consommer sur
place.
- Les opérations d’installations ou de pose, de réparation
ou de façon.
- Les opérations de location portant sur les locaux
meublés ou garnis.
- Les opérations de transport de personnes et de
marchandises.
- Les opérations de concession de brevêts, de marques
ou de licences.
- Les opérations de magasinage, de courtage, de louage
de choses ou d’industries.
- Les opérations de banques et de crédit et les
commissions de change.
- Les opérations effectuées par toute personne, société
ou association dans le cadre de l’exercice de l’une des
professions, Architecte, Ingénieur civil ou autres,
Dessinateur, Avocat, Interprète assermenté ou non,
notaire, adel, huissier de justice, conseil et expert en
toute matière. En général toute opération ayant le
156

caractère de prestation de service est, en principe,


taxable à la TVA.

Sous section 4 : Les livraisons à soi-même :


Sont considérées comme des livraisons à soi-même
toute les opérations de fabrication, d’extraction, de façonnage,
de transformation ou de construction effectives par l’entreprise
pour ses propres besoins.
L’imposition des livraisons à soi-même découle du
principe de l’égalité en matière de concurrence entre les
entreprises qui réalisent pour elles-mêmes des travaux et celles
qui font appel à d’autres entreprises tierces.
Sont cependant exclues de l’imposition à soi-même les
produits de consommation intermédiaire et les prestations de
services.

Sous-section 5: Les opérations d’importation


Toutes les opérations réalisées à l’intérieur et
obligatoirement assujetties à la TVA, seront de même
lorsqu’elles sont réalisées à l’importation, à l’exclusion bien
sur des celles exonérées.
L’application de la TVA par contre incourbe à
l’Administration des douanes pour les opérations
d’importation, et le paiement de la TVA s’effectue directement
par le client à l’administration.
157

Section III : Les opérations assujetties par option :


L’option à la TVA est ouverte à certaines personnes qui
sont en principe exonérées de cette taxe. L’option à la TVA
peut présenter un intérêt indéniable pour les personnes l’ayant
choisie.
En effet, elle permettra au redevable de récupérer
immédiatement la TVA payée en amont, qui dans le cas
contraire, grève les charges de l’entreprise ou, au moins sa
trésorerie dans l’attente d’un remboursement. En outre,
l’option à la TVA soumet le nouvel assujetti à l’ensemble des
obligations infligées aux redevables.
Peuvent à la suite d’une déclaration d’option à la TVA
prendre la qualité d’assujetti à cette taxe.
- Les commerçants exportateurs à concurrence de leurs
chiffres d’affaire réalisée à l’export.
- Les revendeurs en l’état à l’exception de leur assujettis
obligatoirement des différents produits et d’entrés
autres que ceux jugés de première nécessité et dont les
prix sont réglementés par la loi.
- Les petits fabricants et petits prestataires de services
dont le chiffre d’affaires est inférieur à 180000DH.
Cependant l’option n’est intéressante que lorsqu’on a
des clients, qui sont eux-mêmes assujettis à cette taxe et qui
peuvent déduire la taxe qui leur est facturée. Or une personne
qui n’est pas soumise à la TVA ne peut :
158

- Ni déduire la TVA acquittée (supportée à l’amont).


- Ni fournir à ses clients les facteurs mentionnant la
TVA.
L’option permet également d’augmenter le prorata de
déduction. Néanmoins l’option fait peser une charge
supplémentaire sur les clients non assujettis. C’est pourquoi, il
y a lieu d’étudier la composition de la clientèle.

Paragraphe II : Les opérations exonérées


Malgré le caractère universel de la TVA, la loi prévoit un
certain nombre d’opérations exonérées pour des raisons
économiques, ou purement administratives.
Les opérations exonérées sont des activités qui par nature
figurent dans le champs d’application de la TVA, mais que la
loi exonère, en vertu d’un texte spécifique.
Logiquement l’exonération présente un avantage, mais
réellement, celle-ci présente des inconvénients. L’inconvénient
majeur pour l’entreprise exonérée, c’est qu’elle ne facture pas
la TVA sur ses ventes, comme elle ne peut déduire la TVA qui
figure sur ses factures d’achat, et qu’elle lui a été facturée par
ses fournisseurs.
Il y a donc suppression du droit à déduction, ce qui a
pour effet d’augmenter le prix des biens ou des services
achetés, puisque ce prix comprend la TVA non déductible
payée sur les achats.
159

Il y a lieu de faire la distinction entre trois niveaux


d’exonérations, à savoir :
- L’exonération sans droit à d’éduction
- L’exonération avec droit à déduction
- Le régime suspensif.

Section I : L’exonération sans droit à déduction


L’exonération n’ouvre pas droit à déduction pour la TVA
qui pourrait grever les produits et les services à l’un des stades
de production ou de commercialisation. En d’autre terme,
l’exonération ne concerne que la part de la valeur ajoutée par le
dernier opérateur au produit ou au service avant sa livraison à
l’utilisateur ou au consommateur final.
Les opérations bénéficiant de cette exonération peuvent
être classées en deux catégories :
 Exonération de plein droit
 Exonération soumise à des formalités administratives

Sous-section 1 : L’exonération de plein droit


Les produits ou les services bénéficiant de cette
exonération sont livrés hors taxe à tout demandeur sans
formalités particulières.
160

A- Les opérations portant sur les biens


Qui concernent en général :
- Les ventes portant sur :
 Le pain – le lait, le sucre à l’état brut.
- Les ventes portant sur :
 Le sel de cuisine
 Les dattes
 Les bougies
 Les produits dont les prix sont réglementés
 Les tapis
 Les journaux
 Les timbres fiscaux
 Les produits de pêche
 La viande fraîche ou congelée
 Les bois
 L’huile d’Olive
 Le crin végétal
 Les ouvrages en métaux précieux fabriqués au
Maroc.
 Les opérations de livraison à soi-même de
construction (sans dépasser 300 m² ouverte)
161

affectée à l’habitation principale de l’intéressé


pendant une durée de quatre ans.

B- Les opérations portant sur les services


L’exonération sans droit à déduction bénéficie aux
catégories d’opération ci-après.
 Les opérations bancaires de crédit et d’assurance
- Elles concernent les opérations bancaires de crédit
agricole effectuées par la CAM, les opérations de crédit foncier
et de crédit à la construction se rapportant aux logements dits
économiques.
- Les intérêts des prêts accordés par les organismes
bancaires et les sociétés de financement aux étudiants de
l’enseignement privé ou de formation professionnelle pour le
financement de leurs études.
- Les opérations financières effectuées par l’Etat
- Les opérations et les intérêts afférentes aux prêts et
avances consentis aux collectivités locales par le fonds
d’équipement communal.
- Les opérations réalisées par les sociétés ou les
compagnies d’assurances et qui relèvent de la taxe sur les
contrats d’assurance.
162

a) ● Les jeux du hasard


b)● Les prestations de services fournies par certaines
associations
Notamment par les syndicats agricoles, les coopératives
agricoles et leurs unions, ainsi que les prestations fournies par
les associations à but non lucratif reconnues d’utilité publique,
les sociétés mutualistes, et les institutions sociales des salariés

c)● Les opérations réalisée par les petits fabricants et


les prestataires de services
L’exonération est conditionnée par la réalisation d’un
chiffre d’affaire annuel égal ou inférieur à 180 000DH.
D’autres opérations bénéficient de l’exonération telles :
- Les opérations d’exploitation des douches et Hammam,
d’Auto-Ecole. Les services fournis aux pécheurs, les services
de restauration, de transport scolaire fournis par les
établissements de l’enseignement privé.

Sous-section 2 : L’exonération soumise à des formalités


administratives
L’exonération est subordonnée à l’accomplissement de
certaines formalités administratives. Les opérations concernées
par l’exonération portent sur :
- Les ventes portant sur les appareillages pour les
handicapés.
163

- Le papier destiné à l’impression des journaux et


publications.
- Les biens acquis par les associations à but non lucratif
dans le cadre de leur objet.
- Les achats effectués par les misions diplomatiques ou
consulaires et les organisations internationales et leurs
membres accrédités au Maroc.
- Les opérations et les actes effectives par les exploitants
de cliniques, maisons de santé et laboratoires
d’analyses, dans le cadre de leur profession.

Section II : L’exonération avec droit à déduction


A la différence des opérations analysées plus haut qui
sont exonérées sans droit à déduction, ces opérations
bénéficient en même temps de l’exonération et du droit à
déduction de la taxe ayant grevé à l’amont ces opérations. Ce
régime est appelé Régime de détaxation ou Régime de taxation
à taux de 0%.
L’entreprise exonérée ne peut récupérer (Facturer) la
TVA qu’elle aurait supportée à l’amont de chez le client, et
pour lui permettre de la récupérer, le législateur l’autorise à
demander le remboursement de la TVA acquittée de
l’Administration fiscale puisqu’il ne peut l’imputer sur ses
ventes.
164

Ce remboursement se fait sur présentation de dossiers


conformément aux lois en vigueur.

Sous-section 1: L’exonération sans formalité


administratives
Il s’agit là des opérations qui portent sur :
- les marchandises ou objets placés sous les régimes
suspensifs en douane (Admission temporaire, entrepôt
dépôt..) et les travaux à façon portant sur ces produits,
sauf si ces marchandises sont mises à la consommation
par les bénéficiaires, elles deviendront alors passibles à
la TVA.
- Les produits et matériels destinés à usage
exclusivement agricole, et de pêche.
- Les prestations de restauration fournies directement par
l’entreprise à son personnel salarié.
- Les produits équipement et médicaments destinés à
certaines maladies chroniques diabète, hémodialyse
asthme et des maladies cardio-vasculaires..
- Les travaux d’assainissement liquides liés aux
opérations de distribution d’eau et d’électricité.
165

Sous-section 2 : L’exonération soumise à des formalités


administratives
Sont exonérées avec droit à déduction dans les
conditions et les formalités des lois en vigueur, les opérations
ci-après :
- Les produits et services exportés et services rendus à
l’exportation
- Les engins et filets de pêche.
- Les biens d’équipement.
L’exonération concerne les biens d’investissement à
inscrire dans un compte d’immobilisation et ouvrant droit à la
déduction.
- Les opérations de restauration des monuments
historiques classés.
- Le logement social : sur le plan pratique l’exonération
se traduit par l’exemption en aval du produit final et
du remboursement des taxes payées en amont lors de
la réalisation de la construction.
- Les biens et services livrés aux entreprises étrangères
et nécessaires au tournage des films
cinématographiques.
- Les biens et services livrés à titre de dons.
- Les véhicules neufs destinés à la location.
166

- Les véhicules et biens d’équipement à inscrire dans


un compte d’immobilisations, acquis par les
entreprises de transports international routier.
- Les opérations de transport international
- Les investissements portant sur la construction des
cités et des campus universitaires réalisés par des
entreprises privés.
- Les ventes portant sur le matériel à caractère
scientifique, culturel ou éducatif importé en franchise
des droits et taxes dans le cadre des accords de
l’UNESCO.
- Les produits livrés et les prestations de services
rendues aux zones franches d’exportation.

Section III : Le régime suspensif


C’est un régime d’exonération conditionnée qui consiste
à autoriser certaines entreprises bénéficiant de l’exonération
avec droit à déduction sous certaines conditions d’acheter hors
taxe les marchandises et les services nécessaires à la
réalisation des opérations exonérées et succeptibles d’ouvrir
droit à la déduction et au remboursement.
Ce régime vise dans certains cas, à reporter à un stade
ultérieur le paiement de la TVA en attendant de connaître la
destination exacte des biens. Par conséquent, la TVA devient
167

exigible si les conditions ayant motivé la suspension n’ont pas


été respectées.
C’est un régime destiné essentiellement aux exportateurs
qui subissent le coût financier de la TVA qui grèvent leurs
achats avant de pouvoir la récupérer plusieurs mois plus tard.
Les biens susceptibles d’être acquis en suspension de la
taxe concernant les marchandises, les matières, les emballages
irrécupérables, les services et biens d’équipement susceptibles
d’ouvrir droit à déduction et au remboursement de la taxe.
Cependant, cette limite concerne uniquement les
exportateurs de produits, sans qu’elle s’applique sur les
exportateurs de services et les entreprises nouvellement
exportatrices.

Section IV : les exonérations à l’importation


La TVA s’applique en principe à l’intérieur sur les
opérations de nature industrielle. Commerciale artisanale ainsi
qu’aux professions libérales.
A cette règle, la loi a prévu des exonérations.
En vu d’assurer à tous les biens offerts sur le marché
local un traitement fiscal identique, les biens en provenance de
l’extérieur subissent la TVA dans les mêmes conditions que
les biens produits localement.
168

De même que la loi accorde des exonérations à certains


biens produits localement, elle accorde les mêmes
exonérations à ces biens et produits provenant de l’extérieur.

Paragraphe II : Les opérations non imposables


La généralisation de la TVA reste fort limitée, le hors
champs continu à résister à l’assujettissement à la TVA pour
deux raisons essentielles :
- La première : Est motivée par des considérations
économiques et sociales. Ainsi le législateur a été amené à
adopter un principe d’imposition basé sur la combinaison de
deux critères, l’activité économique et l’énumération des
opérations imposables. Deux critères qui limitent le champs
d’application de la TVA.
D’après le code instituant la TVA, le secteur
économique est le seul secteur imposable avec énumération
limitative des opérations taxables, à savoir, les opérations
industrielles, commerciales, artisanales, ainsi que les
professions libérales et l’importation.
Autrement dit, les opérations non citées ne sont pas
imposables. Il s’agit principalement de l’agriculture, la pêche,
les actes civiles et administratifs, la pêche, les artisans et les
petites professions.
Par contre, les opérations civiles de nature, et
commerciales de caractère sont imposables à la TVA,
169

lorsqu’elles portent sur la location des locaux meublés


(équipement total ou partiel).
- La deuxième est liée à l’élargissement sans cesse du
secteur informel qui reste hors champs d’application de la
TVA.
170

CHAPITRE II
La base d’imposition de la TVA

La base imposable ou l’assiette de la TVA signifie les


règles régissant la base de l’opération assujettie à cet impôt,
ainsi que l’opération qui provoque l’assujettissement à la TVA
ou le fait générateur.

Paragraphe I : La détermination de la base imposable


La base imposable est la matière sur laquelle doit être
établie la TVA. D’après les dispositions de la législation
fiscale en vigueur la base de la TVA est constituée du chiffre
d’affaires, qui comprend toutes les sommes perçues par
l’entreprise en contrepartie de la livraison d’un bien ou d’une
prestation de service ainsi que les recettes accessoires qui s’y
rapportent à l’exception de la partie qui représente la TVA.

Section I : les éléments compris dans la base


d’imposition
En plus des dispositions générales, la législation de la
TVA a prévu certaines règles particulières propres à certaines
opérations.

Sous-section 1 : Les règles générales


Le chiffre d’affaires imposable est constitué par
l’ensemble des encaissements en espèce ou en nature que
171

l’entreprise assujettie reçoit en contrepartie de l’opération


imposable. L’entreprise peut encaisser d’autres produits et
recettes à la suite de l’utilisation d’autres éléments qui
augmentent le prix payé par le client et qui rentrent dans le
cadre de la base imposable.

A- Le prix de marchandises, des travaux ou


services et les recettes qui s’y rattachent
Les sommes acquittées par l’acquéreur à des titres divers
sont comprises généralement dans la base imposable de la
TVA. Il est difficile de les déterminer, on peut citer ainsi :
- Les intérêts correspondant au crédit accordé par
l’entreprise à l’occasion d’une vente.
- Les intérêts moratoires dus par le client en cas de
retard du paiement sur des ventes commerciales
stipulés dans le contrat.
- Les acomptes acquis au commerçant en cas de
renonciation par le client (cas de l’avance).

B- Les recettes accessoires :


En plus du prix des marchandises, des travaux ou
services rendus, l’entreprise peut encaisser d’autres produits,
tels les recettes perçues en contrepartie de l’utilisation des
brevets, la vente de déchets neufs d’industrie, à condition que
le produit final dont sont liés ces déchets soit imposable.
172

C- Les frais accessoires :


Ce sont des frais relatifs aux ventes mais qui constituent
une charge pour l’entreprise. Les frais sont facturés
distinctement aux clients. On peut citer notamment, les frais
de transport, et les frais d’emballage.

a- Les frais de transport :


Doivent être en principe inclus dans la base
d’impositions du produit transporté. Mais l’application de la
TVA s’effectue distinctement, à condition que la vente est
conclue aux conditions départ, et le transport à la charge du
client.
L’intérêt pratique de cette distinction réside dans la
différence des taux applicables à la vente du produit et à la
prestation de transport.
b- Les frais d’emballage
Les suppléments de prix facturés aux clients à titre de
frais d’emballage sont inclus dans la base d’imposition.
Ainsi, les emballages vendus perdus, c'est-à-dire non
récupérables sont considérés comme des marchandises. Dans
ce cas l’emballage peut être facturé avec la marchandise, ou à
part il serait soumis au même taux de la marchandise.
Alors que les emballages récupérables, peuvent être
exclus de la base d’imposition à condition de ne pas facturer la
TVA sur ces sommes. Mais ces sommes seront incorporées
173

dans le base de la TVA, lorsque ces emballages n’ont pas été


rendus au terme des délais en usage de la profession.

D- Les subventions
On distingue trois catégories de subventions.

a- Les subventions d’équipement :


Sont accordées par l’Etat ou tout autre personne
publique en vue d’acquérir ou de créer des biens ou services
nécessaires à l’exploitation de l’entreprise.
Du fait qu’elles ne sont pas en contrepartie d’une
livraison de bien ou service, elles ne constituent pas des
opérations imposables.

b- Les subventions d’équilibre :


Sont accordées par l’Etat ou tout autre personne
publique en vue de combler entièrement ou partiellement un
déficit de l’entreprise. Ces subventions échappent à l’impôt du
fait qu’elles ne constituent pas la contrepartie d’une livraison
ou d’un service.

c- Les subventions d’exploitation


Sont accordées par l’Etat ou tout autre personne
publique dans le but de maintenir le prix d’un produit à un
niveau inférieur au prix de vente effectif. Ces subventions sont
174

imposables parce qu’elles représentent une partie du prix


normalement taxable payé par le client.

E- Les impôts et taxes de toutes nature à l’exception de


la TVA.

Sous-section 2 : Les règles particulières


S’appliquent à certaines opérations bien déterminées
par la loi, et qui se basent sur des éléments bien particuliers
pour chaque opération.

A- Les ventes réalisées par les entreprises


dépendantes
Lorsqu’une entreprise vendeuse assujettie et une autre
entreprise acheteuse non assujettie ou exonérée, la taxe due par
la première doit être assise non pas sur la valeur totale de
livraison, mais sur le prix de vente pratiqué par cette dernière.

B- Le chiffre d’affaire des commerçants


importateurs
Il est constitué par le montant des ventes de
marchandises, produits ou articles importés.
175

C- Les opérations portant sur les biens-


immeubles
Le chiffre d’affaires imposable est constitué du montant
intégral des marchés on factures des travaux exécutés.

D- Les opérations de promotion immobilière et


de lotissement
La base d’imposition se compose du prix de cession
diminué du prix de terrain. Toutefois lorsque l’immeuble est
destiné autrement qu’a la vente, la base d’imposition est
constituée par le prix de revient de la construction. Pour les
lotissements, la base est déterminée par contre du coût global
des travaux d’aménagement.

E- Le chiffre d’affaires réalisées par les


banquiers changeurs et escompteurs
Ce chiffre d’affaires est constitué du montant brut des
intérêts escomptés, agios et autres produits.

Section II : Les éléments exclus de la base d’imposition


Certains éléments sont exclus du chiffre d’affaires
imposable à la TVA.
176

Sous-section 1 : Les réductions des prix


Commerciales (rabais – ristournes – remises) ou
financières (excomptes), les réductions accordées par le
fournisseur viennent en diminution du C.A taxable.
Si elles sont accordées après la facturation, le vendeur
peut les déduire de son chiffre d’affaires imposable rectifié. Le
client ainsi devra reverser la fraction de la TVA qu’il avait
récupérée au préalable.

Sous-section 2 : Les frais à la charge du client qui sont


réglés par lui même
Sont exclus de la base imposable, tels les intérêts versés
à une société de crédit, les frais (transport) et autres taxes
avancées par le fournisseur pour le compte de son client.

Sous-section 3 : Les indemnités (dommage et intérêts)


Il s’agit des indemnités reçues en réparation d’un
préjudice qui sont exclues de la base d’imposition parce
qu’elles représentent un dommage et intérêt, telles (les
indemnités d’assurance sinistre reçues) et non un
enrichissement.
177

Paragraphe II : Le fait générateur et l’exigibilité à la


TVA
Dans le calcul de la TVA, il est nécessaire de tenir
compte du fait générateur qui détermine l’exigibilité de la taxe,
et de la base imposable de la taxe.
Les notions de fait générateur et d’exigibilité à la TVA
répondent à deux questions très importants.
- Quant naît la dette de la TVA au profit de
l’administration fiscale ?
- A partir de quel moment le trésor peut-il
exiger le paiement de la taxe ?

Section I : Le fait générateur


Le fait générateur est l’événement juridique ou matériel
qui entraîne l’exigibilité de la taxe. C’est le moment ou les
conditions nécessaires sont réunies pour que l’assujetti procède
à la déclaration en vue du paiement de l’impôt. C’est en
d’autres termes, l’environnement qui donne naissance à la
créance fiscale du trésor.
Pour l’assujetti à la TVA, l’exigibilité à la TVA permet
de déterminer la période d’imposition à laquelle il convient de
rattacher les opérations imposables qu’il réalise. Pour son
client ayant droit de récupérer la taxe qui lui est facturée,
L’exigibilité permet de déterminer la date à laquelle il peut
exercer le droit à déduction.
178

Au Maroc, le fait générateur de la TVA est constitué par


l’encaissement total ou partiel du prix des marchandises,
travaux ou services. Toutefois les entreprises ont la faculté
d’opter pour le régime des facturations ou des débits où le fait
générateur est constitué par toues les sommes facturées aux
clients, peu importe si les règlements ont eu lieu ou non.

Sous-section 1: Le régime de l’encaissement


L’encaissement est le fait générateur de droit commun
en matière de TVA. Il est constitué de toutes les sommes
perçues par l’entreprise pour le prix des marchandises au
comptant ou sous forme d’avances acomptes…
Si le fait générateur préconise ‘encaissement effectif du
numéraire, cela, n’exclus pas les autres modalités de paiement
différé tels que :
A- Paiement par chèque bancaire : où le fait
générateur se situ à la date de la remise matérielle du chèque
au redevable, ou à la date de sa réception par l’intéressé en cas
d’envoi par la poste.
B- Paiement par virement bancaire : L’encaissement
se réalise par l’inscription au compte de fournisseur de la
somme virée sur ordre du client.
C- Paiement par effet de commerce : Le fait
générateur commence à partir de la date de l’échéance de la
traite (date d’effet juridique) même si celui-ci est excompté
d’avance.
179

En revanche, lorsque le règlement a eu lieu par voie de


compensation ou d’échange, le fait générateur est constitué par
la date de livraison de marchandises ou d’exécution des
services, objet de l’échange. Début de la ligne. Par contre, le
fait générateur de la livraison à soi-même, de biens meubles
est la date de livraison, pour les biens immeubles est
l’achèvement des travaux ou l’inscription de l’immeuble en
compte d’immobilisation.

Sous-section 2: Le régime de débit (Facturation)


Appelé aussi régime de facturation, ce régime est
facultatif et il est ouvert pour toutes les entreprises qui
souhaitent acquitter la taxe suite aux facturations. Le fait
générateur est alors constitué par tout encaissement et toute
inscription de créance au débit du compte client.
En d’autres termes, les entreprises ayant opté pour le
régime des débits doivent déclarer la TVA sur toutes leurs
ventes imposables, qu’elles soient réglées instantanément par
les clients ou ayant fait l’objet d’un règlement à terme.
Pour réaliser cette option, les entreprises intéressés sont
tenues d’en aviser les services des impôts dont elles relèvent
par le biais d’une déclaration adressée avant le 1ère janvier, ou
pour les entreprises nouvellement crées, dans les 30 jours qui
suivent la date du début de leur activité.
180

Sous-section 3 : Le fait générateur à l’importation


En ce qui concerne l’importation de la marchandise
soumise à la TVA, le fait générateur est constitué par le
dédouanement en vue de la mise à la consommation des dites
marchandises.
Le redevable de la taxe est le déclarant en douane.
181

CHAPITRE III
La liquidation de la TVA

Après avoir déterminé la base imposable, il reste à


liquider le montant de la TVA due à chaque entreprise.
La liquidation de la TVA prévoit une tarification
complexe due à la pluralité des taux à travers un régime
général composé de deux taux ad-valorem actuel, et un régime
exceptionnel composé de taux spécifiques.
La pluralité des taux répond à des préoccupations socio-
Economiques. C’est ainsi qu’on applique des taux plus faibles
aux dépenses de consommation courante qui représentes une
part importante du budget des familles les plus modeste.
L’utilisation des taux différents permet aussi de donner
l’avantage à certains secteurs économiques.
Ainsi, le montant de la TVA exigible est obtenu en
appliquant à la base d’imposition obtenue un taux déterminé
en fonction de la nature de l’opération et du bien.

Paragraphe I : Les taux ad-valorem


Ces taux s’appliquent à des bases hors TVA, et la
comptabilité est normalement tenue hors TVA. L’assujetti est
tenu ainsi de remplir ses déclarations dans lesquelles les
opérations imposables doivent être récapitulées pour leur
montant hors taxes.
182

Cependant, dans le commerce de détail, les ventes sont


généralement comptabilisées pour les prix affichés taxes
comprises, et il faut alors retrouver alors la TVA sur une base
en TTC et non pas en hors taxe.
Les taux de la TVA ont souvent connu des
remaniements pour répondre à un double objectif :
- D’abord répondre à des considérations d’ordre
budgétaire.
- Ensuite pour essayer de réduire au minimum le
nombre de taux afin de favoriser la simplicité du
système fiscal. Aujourd’hui les taux ont été ramené à
deux seulement.

Section I : Le taux réduit de 10%


Sont soumis à ce taux les produits réputés de première
nécessité n’ayant pas bénéficié de l’exonération totale, toutes
les opérations de ventes, d’importation et de façon portant sur
ces produits, ainsi que d’autres opérations et activités ayant le
caractère de service. Les principales catégories de produits et
activités soumises à ce taux sont les suivantes.

Sous-section 1 : Les denrées alimentaires destinées à la


consommation humaine
Il s’agit essentiellement :
- Des différentes huiles fluides alimentaires à
l’exclusion de l’huile d’olive qui bénéficie de
183

l’exonération totale et des huiles végétales destinées


aux parfumeries qui sont taxables au taux de 20%.
- Du sucre raffiné ou aggloméré
- Des pâtes alimentaires, des conserves de sardines, du
savon de ménage, du riz et de la farine.
- Du lait.

Sous-section 2 : Les aliments destinées à la


consommation animale
Ce sont des produits destinés à l’alimentation du bétail
et des animaux de basse – cour à l’exclusion des produits
agricoles utilisés à cette afin qui bénéficient de l’exonération
totale. Ces aliments auraient subient une transformation
industrielle.

Sous-section 3 : Les médicaments


Ce taux s’applique aussi aux matières premières et aux
emballages non récupérables qui servent à la production et à la
commercialisation des dits médicaments.
Il convient toutefois d’exclure les médicaments exonérés
totalement à l’intérieur comme à l’importation.
184

Sous-section 4 : Les rémunérations des intermédiaires


financiers
Par intermédiaire financier, on fait référence aux
Banques et aux autres institutions financières qui accordent
des crédits aux établissements de crédit bail et aux
intermédiaires en Bourse.
Ces opérations concernent essentiellement.
- Les opérations bancaires de crédit à l’exception des
crédits accordés aux étudiants pour financier des études
supérieures qui sont exonérés de la TVA.
Cependant la TVA due sur les intérêts servis par les
établissements de banque ou de crédit est perçue par ces
établissements pour le compte du trésor, par voie de retenue à
la source.
- Les opérations de leasing
- Les commissions des intermédiaires en bourse et qui
sont touchées par les sociétés de Bourse agrées ou toute
personne autorisée à agir comme intermédiaire en Bourse.

Sous-section 5 : Les Fournitures scolaires


Il s’agit des articles couramment utilisés par l’écolier,
l’élève ou l’étudiant dans le cadre de son processus de
formation.
185

Sous-section 6 : L’eau et l’énergie


Il s’agit de l’eau, de l’électricité et des produits
pétroliers livrés aux réseaux de la distribution publique, ainsi
que les opérations de location des compteurs d’eau et
d’électricité à l’exception de l’eau minérale livrée en bouteille
qui est soumise au taux normal de 20%.

Sous-section 7 : Les professions judiciaires


Toutes les personnes morales ou physiques qui exercent
dans le cadre d’une profession libérale une activité judiciaire
entre autres, les avocats, les huissiers de justice, les interprètes,
les notaires les Adels….

Sous-section 8 : Les activités touristiques


Elles comprenant, la restauration et la fourniture de
logement dans les établissements touristiques :

A- La restauration
Les restaurants concernés s’entendent de ceux intégrés
dans des établissements touristiques. Ceux qui ont pour objet
la seule activité de restauration y compris les établissements de
restauration rapide, ou ceux installés au sein des entreprises.
Relève également de ces opérations, les activités des traiteurs
qui sont considérés comme des établissements réalisant des
ventes de plats cuisinés mis à la disposition des clients.
186

B- La fourniture de logement dans les


établissements touristiques
Est concernée notamment, la fourniture de logement au
sein des hôtels, motels, campings, et complexes touristiques.
Les autres services annexes en extra (coiffures – location de
vitrines) sont imposables au taux de 20%.

C- Les biens d’équipement acquis par des


entreprises du secteur agro-alimentaire.
Il s’agit des acquisitions des immobilisations effectuées
par les minoteries, des sucreries, et des exploitants agricoles.

Section II : Le taux normal de 20%


Le champs d’application du taux normal de définit de
manière négative. Autrement dit les biens et les services
auxquels on applique ce taux sont définis par élimination.
En effet, relève du taux de 20%, toutes les opérations
qui ne sont pas expressément soumises à un autre taux, ou
celles qui ne sont pas exonérées.
Il concerne aussi bien les opérations sur bien matériels
que les prestations de services et mobilières ainsi que les
opérations immobilières.
Sont soumises désormais au taux de 20% les opérations
de travaux immobiliers, de transport et des opérations
d’intermédiaires d’assurance.
187

Paragraphe II : Les taux spécifiques


Par dérrogation à la règle des taux ad-valorem, il existe
certains taux spécifiques appliqués à certaines opérations
particulières. Ces taux sont assis sur le volume ou sur le poids.
- Les livraisons et les ventes autrement qu’a
consommer sur place, portant sur les vins et les
boisson alcoolisées, sont soumises à la TVA au tarif
de 100 DH par hectolitre.
- Les livraisons et les ventes des ouvrages ou articles,
autres que les outils, composés en tant ou en partie
d’or, de platine ou d’argent sont soumises à la TVA à
4DH par gramme d’or et de platine et à 0,50DH par
gramme d’argent.
188

CHAPITRE VI
Le régime des déductions
en matière de TVA

Le mécanisme des déductions constitu la caractéristique


essentielle de la TVA ; grâce à ce régime, la TVA est bien un
impôt unique, à paiement fractionné.
En effet chaque entreprise assujettie à la TVA est
autorisée en principe de récupérer toute la TVA qu’elle a payé
à ses différents fournisseurs sur la TVA collectée sur ses
opérations de ventes, avant de verser le reliquat au trésor
public.
Ce système de récupération est régi par des règles qui
s’imposent aux entreprises assujetties à la TVA. Des
conditions préalables doivent être obligatoirement vérifiées
pour que l’entreprise puisse récupérer la TVA ayant grevé ses
différentes opérations de biens et services au stade de
l’approvisionnement.
Ces conditions tiennent à la fois aux opérations
imposables et aux personnes qui peuvent opérer les déductions
en matières de TVA.
Le régime des déductions traite aussi les différentes
modalités de récupération de la taxe et précise les règles
spéciales réservées au cas des assujettis partiels à la TVA.
189

La récupération de la TVA n’est pas toujours un droit


absolu, puisque dans certains cas particuliers elle est remise en
question dès que les conditions préalables à sa réalisation ne
sont plus dûment remplies.
L’entreprise sera alors astreinte à opérer les
régularisations qui s’imposent en la matière.

Paragraphe I : La déduction intégrale de la TVA


Le mécanisme de la TVA est basé sur le système de
récupération de la taxe payée en amont et qui a grevé les
éléments du prix de revient.
En effet toute le TVA facturée à une entreprise ouvre
droit à déduction chez elle. Ce principe connaît cependant des
dérogations, car la récupération est soumise à des conditions et
souffre d’un certain nombre d’exceptions. En plus des
modalités pratiques sont prévues à cet égard.

Section I : Les conditions d’exercice du droit à


déduction
Ces conditions concernent à la fois les opérations et les
personnes pouvant bénéficier de ce droit.

Sous-section 1: Les conditions liées aux opérations


A des conditions générales, s’ajoutent des conditions de
fond et des conditions de forme.
190

Elles doivent être toutes vérifiées pour que l’opération


bénéficie du droit de la récupération de la taxe.

A- Les conditions générales :


Quatre principales conditions sont réacquises

a) L’opération portant TVA déductible doit concourir


à une opération imposable
Il en ressort que l’entreprise ne peut récupérer la totalité
de la TVA supportée à l’amont que si elle est assujettie sur la
totalité de son chiffre d’affaires, avec le droit à déduction.
Les entreprises qui exercent plusieurs activités parmi
lesquelles des opérations imposables et d’autres non, ne
peuvent déduire que la TVA liée aux opérations avec droit à
déduction.
Par contre, d’autre opérations exonérées réalisées par
des entreprises, leurs donnent la faculté de récupérer la TVA,
Lorsque ces opérations bénéficient du droit à déductions,
malgré que ces opérations sont réalisées en hors TVA.

b) L’opération doit être affectée à l’exploitation de


l’entreprise
Il en découle que seule la TVA liée aux opérations dont
l’entreprise peut prouver une liaison étroite avec l’activité de
l’entreprise peut bénéficier du droit à déduction. Ce qui exclu
des opérations de ce droit telles :
191

- Les dépenses à caractère personnel ou familial.


- Les dépenses qui n’ont aucun intérêt pour
l’exploitation de l’entreprise
- Les dépenses somptuaires ou secondaires.

c) La TVA doit figurer sur un document justificatis


qui comprend généralement :
- Une facture s’il s’agit d’un achat ou d’une prestation
de service.
- Un document douanier en cas d’importation
- Une déclaration lors d’une livraison à soi-même.
- Un acte notarié pour l’achat d’un bien immeuble.
Il faut signaler que la déduction ne peut être effectuée
que si elle ne fait pas l’objet d’une interdiction par la loi.
A l’ensemble de ces conditions, s’ajoutent d’autres
conditions de fonds et de forme.

B- Les conditions de fonds : (Conditions de


temps)
La date à laquelle doit être opérée la déduction est
différente selon qu’il s’agira de taxes ayant grevé des biens
imobilisables ou les autres biens et services.
192

Cependant la déduction dans tous les cas est


subordonnée à la condition du paiement effectif de la taxe
déductible.

a) La déduction de la taxe grevant des biens non


amortissables.
Cette règle qui ne se base sur aucun argument théorique
concerne tous les achats de biens, autres que les
immobilisations et les prestations de services. La seule
explication est de permettre à l’Etat de disposer de liquidité
pour un mois supplémentaire. Sa suppression engendrait des
coûts importants pour le trésor public.
Le droit à déduction prend naissance à l’expiration d’un
mois qui suit celui du paiement effectif total ou partiel de la
Facture TTC ou l’établissement des quittances de douane.
L’assujetti doit ainsi au préalable payer l’impôt
déductible au fournisseur et respecter la règle du décalage d’un
mois pour récupérer la taxe.
La règle du décalage d’un mois préconise simplement le
repos de la déduction de la TVA jusqu’au mois suivant à celui
au cours duquel le droit à déduction avait pris naissance.

b- La déduction de la taxe grevant les


immobilisations
La déduction de la TVA portant sur des
immobilisations devrait logiquement s’étaler sur la durée de
193

leur amortissement, mais ce serait compliquer les modalités de


déduction et alterner surtout son caractère incitatif. C’est
pourquoi ou a adopté le principe de la déduction immédiate.
Ainsi toute taxe liée à l’acquisition d’un bien
amortissable peut être mentionnée sur la déclaration du même
mois de règlement des factures ou des mémoires.
La déduction concerne le montant versé, en cas de
paiement partiel, le redevable bénéficiera de la déduction à
concurrence de la taxe acquittée.

c- Les conditions de forme


Une TVA ayant grevé le prix d’achat d’un bien ou d’un
service ne peut être déduite que si elle est réellement réglée au
fournisseur. Le règlement peut être prouvé par des
justifications tels que :
- Les factures qui doivent préciser les modalités de
paiement. Le droit à déduction est acquis à la date de
paiement effectif. Cette date est celle de versement
des espèces ou de l’encaissement du chèque ou de
l’effet de commerce par le fournisseur.
- Les quittances de dédouanement lorsqu’il s’agit de
marchandises importées quel que soit le nombre de
paiement.
On en déduit alors que la livraison de la marchandise, la
remise de la facture ou l’établissement d’un effet de commerce
194

ne crée pas de droit à déduction. Seul le paiement effectif


donne le droit à l’entreprise de récupérer la taxe payée en
amont à ses fournisseurs. Toutefois la facture reste le seul
moyen de transmission du droit à déduction. Elle doit
mentionner le prix hors taxe ainsi que le montant de la TVA et
le taux pratiqué.

Sous-section 2 : Les conditions liées aux personnes


bénéficiaires du droit à déduction
Le droit à déduction est en principe acquis par toute
personne assujettie à la TVA. Sont donc concernées :
- les personnes obligatoirement imposables
- celles imposables par option
- celles exerçant des opérations exonérées avec droit à
déduction.
- et celles qui livrent en suspension de la taxe des
marchandises à des entreprises bénéficiant du régime
suspensif.

Section II : Les modalités d’exercice du droit à


déduction
La récupération de la TVA ayant grevé l’acquisition des
biens et services des entreprises bénéficiant du droit à
déduction peut s’opérer selon plusieurs manières. Les
entreprises imposables imputent directement la taxe sur celle
195

qu’elles ont collecté, les entreprises exonérées peuvent aussi


reporter la taxe lorsqu’elle constitue un crédit.

Sous-section 1 : L’imputation de la TVA


C’est le mode normale de la déduction en matière de
TVA. Pour des raisons de facilités évidentes, les redevables
n’acquittent pas la taxe sur chaque opération à part, mais
procèdent à sa liquidation pour l’ensemble des opérations
réalisées au cours de la période d’imposition (un mois ou un
trimestre).
Les assujettis opèrent globalement l’imputation sur le
TVA collectée, la TVA ayant effectivement grevé ses
acquisitions. Si le solde est positif le montant est versé au
trésor, s’il est négatif il constitue un crédit de TVA qui sera
reportable sur la TVA ultérieure.

Sous-section 2 : Le remboursement de la TVA


Les entreprises exonérées et bénéficiant du droit à
déduction se trouvent structurellement dans une situation de
crédit de TVA, si elles n’effectuent pas des opérations
imposables capables de supporter l’imputation de la TVA
déductible sur la totalité des achats. Ces entreprises peuvent
obtenir sur leur demande le remboursement de la TVA qu’elles
ont acquitté lors de l’acquisition des différents biens et
services
196

Les opérations pouvant donner lieu au remboursement


sont au nombre de trois.
- Les opérations exonérées avec droits à déduction
- Les opérations bénéficiant du régime d’achat en
suspensions de TVA
- Le cas de cessation d’activité taxable
La demande de remboursement établie par l’intéressé
doit être munie des documents justifiant du chiffre d’affaires
réalisé par l’entreprise et des pièces justificatives des montants
de la taxe à rembourser.
La demande de remboursement est trimestrielle et doit
être formulée dans un délai qui ne peut dépasser un an qui suit
le trimestre pour lequel le remboursement est demandé.

Sous-section 3 : Le transfert du droit à déduction


Le transport est une procédure qui permet dans certains
cas, au titulaire d’un droit à d’éduction de la déléguer à une
autre personne.
Ce transfert de droit à déduction est possible dans deux
cas :
 Contrats conclus (clés en main) entre deux
entreprises et où l’entreprise engagée dans la
réalisation de l’ouvrage est autorisée à déduire la
TVA sur les différents biens et services acquis par le
maître d’ouvrage en son propre nom.
197

 Les entreprises ayant procédé à des fusions,


absorption ou de transformation dans la forme
juridique peuvent transférer la déduction de
l’ancienne structure disparue à la nouvelle entité
mise en place, et cela dans la mesure où les
opérations imposables continuent d’être réalisées.

Paragraphe II : La déduction partielle


Lorsqu’une entreprise exerce exclusivement une activité
soumise à la taxe ou une activité exonérée avec droit à
déduction, ou les deux activités à la fois, la taxe payée par elle
à l’amont est déductible en totalité de la taxe encaissée ou
facturée.
Par contre d’autres, entreprises effectuent à la fois des
opérations taxables et des opérations situées en dehors du
champs d’application de la taxe ou exonérées sans droit à
déduction.
Il en découle ainsi, certaines conséquences sur les
modalités de récupération de la taxe pour ces entreprises
assujetties partiellement.

Section I : Le principe de récupération partielle de la


TVA
Le principe de la déduction de la TVA découle de la
qualité de l’assujetti dont bénéficie la personne qui opére la
récupération de la TVA ou du droit de récupération qui lui est
198

accordé par les lois malgré que son activité soit exonérée de la
TVA. Il en découle des conséquences :
- Les entreprises imposables ou exonérées avec droit à
déduction, sont autorisées à opérer la déduction de la
TVA ayant grevé leurs différentes acquisitions de
biens et services.
- Les entreprises non assujetties à la TVA, en
l’occurrence celles dont l’activité est située hors
champs d’application de la TVA, ou celles dont les
opérations sont exonérées sans droit à déduction ne
peuvent récupérer la TVA qu’elles pourraient
supporter en amont.
- Une troisième catégorie d’entreprises sont celles dont
l’activité est mixte : Une partie ouvrant droit à
déduction et une partie relevant des opérations
n’ayant pas le droit de récupération de la TVA. Dans
de telles circonstances, trois possibilités se
présentent..
- Si la TVA a grevé les achats de biens ou services
affectés exclusivement à l’activité imposable, le droit
de récupération de la taxe est total comme si
l’entreprise effectuait des opérations ouvrant droit à
déduction.
- Si la TVA est liée à l’acquisition de biens ou services
que l’entreprise utiliserait exclusivement dans
199

l’activité n’ouvrant pas droit à déduction, aucune


récupération n’est opéré au titre de cette TVA.
- Si enfin la TVA est affectée indifféremment à
l’ensemble de l’activité sans que l’on puisse
déterminer avec précision la part affectée à l’activité
ouvrant droit à déduction et celle concernant l’activité
sans droit à déduction, la récupération de la taxe
s’opère par l’utilisation d’un prorata de déduction. Il
s’agit là d’une récupération partielle de la TVA au
prorata de l’importance de l’activité ouvrant droit à
déduction dans l’activité totale de l’entreprise.

Section II : La détermination du prorata de déduction


Le prorata de déduction est un pourcentage déterminé en
se référant aux données du chiffre d’affaires réalisé par
l’entreprise au titre de l’exercice précédent.
Le prorata est un coefficient ou un rapport dont les
termes sont déterminés comme suite :
- Le Nunérateur : Qui comprend le chiffre d’affaires
relatif à l’ensemble des opérations ouvrant droit à déduction
(imposables ou exonérés) correspondantes que ce soit au
chiffre d’affaires imposable, ou la TVA fictive liée au chiffre
d’affaires exonéré (ces chiffres d’affaires doivent être entendus
taxe comprise).
- Le Dénominateur : Est repris le numérateur augmenté
du chiffre d’affaires relatif aux autres opérations réalisées par
200

l’entreprise qu’elles soient situées hors champs d’application


de la TVA ou exonérées sans droit à déduction.
Le portera ainsi représente le rapport existant entre le
montant des recettes ouvrant droit à déduction et le chiffre
d’affaires global de l’année.
Le prorata de déduction peut s’écrire ainsi.
CA imposable + (C.A exonéré ou réalisé
Prorata = en suspension de la TVA + TVA fictive).
Numérateur + CA hors champs ou exonéré
sans droit à déduction
Section III : Les modalités d’application du prorata
L’utilisation du prorata de déduction est réservée aux
entreprises qui effectuent à la fois des opérations ouvrant droit
à déduction et des opérations ne donnant pas ce droit. Son
application aux charges communes est soumise à certaines
conditions.
- L’entreprise concernée doit déclarer avant le 1er Avril
de chaque année auprès des services d’assiette de
l’administration fiscale le prorata à appliquer durant
l’année.
- La déclaration doit être annexée d’une liste des
immobilisations acquises au titre de l’exercice qui
vient de s’écouler, ainsi que ces factures relatives à
ces immobilisations.
201

Il faut signaler d’autre part que le calcul du prorata n’est


que provisoire, étant donné qu’il a été dégagé sur la base
d’éléments relatifs à l’année précédente. A la fin de chaque
année civile, les assujettis partiels, déterminent le prorata
définitif compte tenu des éléments réalisés pendant l’exercice
en cours.
Le prorata définitif pourra servir à son tour de prorata
provisoire pour l’année suivante. Il est par ailleurs à préciser
que ce pourcentage sera définitif pour les taxes ayant grevé les
marchandises frais généraux et biens consommables. Tel n’est
pas le cas pour les immobilisations de la TVA déductibles.
Pour les nouvelles entreprises, la détermination d’un
prorata s’effectue à partir de ses prévisions d’exploitation,
lequel est applicable jusqu’à la fin de l’année suivante celle de
la création de l’entreprise.
Si le prorata dégagé à la fin de cette période ne marque
pas une variation de plus de 10 points par rapport au prorata
provisoire, il est retenu définitivement.
202

CHAPITRE V
Les modalités de déclaration et de
paiement de la TVA

La taxe sur la valeur ajoutée est déclarée et payée


simultanément à la fin de chaque période d’imposition au
percepteur des impôts dont dépend le siège ou de principal
établissement de l’entreprise.
L’établissement, la déclaration et le paiement de la TVA
sont effectués par l’entreprise elle-même.
La période d’imposition peut être mensuelle pour les
entreprises assujetties dont le chiffre d’affaires dépasse
1.000.000 DH. Celles dont le chiffre d’affaires n’atteint pas ce
seuil sont tenues de déclarer la TVA trimestriellement mais
peuvent opter pour la déclaration mensuelle.

Paragraphe I : Les modalités de déclaration et de


liquidation de la TVA.
La déclaration et le paiement de la TVA se réalisent
suivant le régime d’imposition mensuel ou trimestriel auquel
est soumise l’entreprise.
203

Section I : Les régimes de déclaration :


Sous-section 1 : Le régime de déclaration mensuelle
Ce régime est obligatoire pour toute entreprise dont le
C.A imposable à la TVA au titre de l’exercice précédent
dépasse 1000.000 DH.
La déclaration de la TVA est réalisée sur imprimés
prévus à cet égard par l’Administration fiscale et doit
comporter :
- Le C.A imposable
- Le C.A non imposable
- La TVA brute
- La TVA déductible
- Et éventuellement le crédit de TVA à reporter sur la
déclaration du mois suivant.

Sous-section 2 : Le régime de déclaration trimestrielle


Ce régime est ouvert aux entreprises dont le C.A au titre
de l’exercice précédent n’a pas dépassé 1000.000DH et aux
entreprises exerçant une activité saisonnière ou occasionnelle.
Ces entreprises doivent déposer leur déclaration au plus
tard à la fin du mois suivant la période d’imposition.
Elles sont aussi termes de respecter le décalage d’un
mois requis pour la déductibilité de la TVA sur les services et
204

les biens autres que les immobilisations même si elles sont


soumises à la déclaration trimestrielle.

Section II : Le paiement de la TVA


Le paiement de la TVA est réalisé en même temps que
les dépôts de la déclaration. Ils doivent être effectifs au plus
tard à la fin du mois suivant la période d’imposition.
En cas d’un défaut de déclaration ou de paiement,
l’entreprise encourt des majorations et des pénalités.
De même lorsque des défauts ou des insuffisances de
déclaration sont constatés, des majorations sont appliquées aux
montants ayant fait défaut.

Paragraphe II : Les obligations des entreprises en


matière de TVA
Les entreprises exerçant des opérations assujetties à la
TVA sont tenues de respecter certaines obligations.

Section I : La déclaration d’existence


Toute entreprise ayant commencé à réaliser des
opérations imposables à la TVA est tenue d’établir dans le
mois qui suit celui du commencement de son activité. Cette
déclaration permet de lui attribuer un numéro d’imposition
qu’elle est tenue de reproduire sur l’ensemble des factures
qu’elle délivre à ses clients.
205

Section II : La déclaration modificative et de cessation


d’activité
Les entreprises ayant procédé à des modifications au
niveau de leur activité doivent en informer l’administration
fiscale.
De même en cas de cessation d’activité de l’entreprise
ou en cas de cession ou de changement de la structure
juridique de l’entreprise, l’administration fiscale doit être mise
au courant pour permettre la liquidation des impositions en
cours ou celles mises en recouvrement.

Section III : Les obligations à caractère comptable et


fiscale.
Les entreprises soumises à la TVA sont tenues de tenir
une comptabilité régulière permettant de déterminer le chiffre
d’affaires de chaque type d’activité. En plus la comptabilité
doit permettre la justification de déductions.
Elles sont aussi tenues de conserver tous les documents
comptables pour une période qui ne peut être inférieure à 10
ans à partir de la date d’inscription de la dernière écriture sur
ces documents.
206

Tables des matières

Introduction générale. 1

Première Partie : Notion d’Impôt. 2

Chapitre I : Les caractéristiques de l’impôt. 3

Paragraphe I : l’impôt est un prélèvement pécuniaire. 3

Paragraphe II : L’impôt acte de puissance publique. 4

Paragraphe III : L’impôt est un prélèvement opéré


à titre définitif 4

Paragraphe IV : l’impôt est un prélèvement sans


Contrepartie 5

Paragraphe V : L’impôt est destiné à couvrir


les charges publiques. 5

Paragraphe VI : L’impôt est reparti entre les citoyens. 6

Chapitre II : Impôts et autres prélèvements 8

1- La taxe 8

2- La redevance 9

Chapitre III : Les classifications des impôts 10

Paragraphe I : Les classifications traditionnelles. 11

Section I : Impôt direct et impôt indirect. 11

Section II : Impôt réel et impôt personnel 13


207

Paragraphe II : Les autres classifications. 13

Section II : Impôt sur le Revenu et Impôt sur le capital 14

Sous section 1 : L’impôt sur le revenu. 15

Sous section 2 : L’Impôt sur le capital. 17

Chapitre IV : Sources et principes d’Impôts 20

Paragraphe I : Les sources de l’Impôt 20

Section I : Les sources constitutionnelles 21

Section II : les traités et engagements internationaux 22

Section III : Les sources législatives 24

Section IV : Les règlements 25

Section V : La jurisprudence 25

Section VI : La doctrine administrative 26

Paragraphe I : Les principes de l’Impôt 27

Section I : Le principe de légalité 27

Section II : Le principe d’égalité devant l’impôt 28

Section III : Le principe de liberté 29

Section IV : Le principe de la non-retroactivité


de l’impôt 30

Section V : Le principe de la territorialité de l’Impôt 31

Chapitre V : Les opérations applicables à l’impôt 33


208

Paragraphe I : Détermination de la matière imposable


(L’assiette de l’impôt) 33

Section I : Le choix économique de la matière


imposable 33

Sous section 1 : Les impôts sur le revenu 34

Sous section 2 : Les impôts sur la dépense 34

Sous section 3 : les impôts sur le capital 34

Section II : Le choix de l’imposition 34

Sous section 1 : Les impôts synthétiques 34

Sous-section 2 : Les impôts analytiques 35

Section III : La recherche et l’évaluation de la matière


Imposable 35

Paragraphe II : La liquidation de l’impôt 38

Section I : Le tarif de l’impôt 39

Sous section 1 : Impôt de répartition et impôt de quotité 39


Sous section 2 : Le taux de l’impôt 40

Section II : Le recouvrement de l’impôt 42

Sous section 1 : Le recouvrement ordonné 42

Sous section 2 : Le recouvrement spontané 42

Sous section 3 : Le recouvrement par un tiers 42

Chapitre IV : Le système Fiscal Marocain 44


209

Paragraphe I : L’évolution du système fiscale Marocain 44


Section I : La réforme fiscale de 1961 et l’instauration
d’un système fiscal cédulaire 45

Section II : L’évolution du système entre 1978-1984 47

Section III : La loi cadre relative à la réforme fiscale :


vers un système fiscal global 48

Sous section 1 : La TVA 49

Sous section 2 : L’IS 50

Sous section 3 : L’IGR 50

Deuxième Partie : Les applications pratiques

de l’impôt au Maroc 52

Chapitre I : Les impôts directs 53

L’impôt sur les sociétés 55

Paragraphe I : Champs d’application de L’IS. 57

Section I : Les personnes imposables. 57

Sous-section 1 : Les sociétés obligatoirement


assujetties à l’IS. 57

Sous-section 2 : Les sociétés assujetties sur option. 58

Sous-section 3 : Les sociétés non assujetties à l’IS. 60

Sous-section 4 : Les sociétés exonérées de l’Impôt


Sur les sociétés. 63
210

Section II : La territorialité de l’Impôt sur les sociétés. 68

Section III : La base d’imposition. 69

Sous-section 1 : Calcul du Résultat comptable. 70

Sous-section 2 : Correction fiscales. 71

Sous-section 3 : Calcul du Résultat fiscal. 72

Sous-section 4 : Imputation des déficits. 73

Paragraphe II : Les produits Imposables. 73

Section I : Les produits d’exploitation. 73

Sous-section 1 : Le chiffre d’affaires. 73

Sous-section 2 : Les produits accessoires. 79

Sous-section 3 : Les produits financiers. 80

Sous-section 4 : Travaux relatifs à des biens


Immobilisés effectués par l’entreprise Pour
elle-même. 83

Section II : Les profits et gains divers imposables. 83

Sous-section 1 : Les indemnités reçues. 83

Sous-section 2 : Profits sur exercices antérieurs. 85

Sous-section 3 : Dégrèvements d’impôts déductibles. 86

Section III : Subventions primes et dons reçus. 86

Sous-section 1 : Les subventions d’exploitation. 86

Sous-section 2 : Les subventions d’équilibre. 87


211

Section IV : Les plus values de cession des éléments


d’actifs. 87

Sous-section 1 : Plus values constatées en cours


d’exploitation. 88

Sous-section 2 : Les plus-values constatées en fin


d’exploitation. 91

Sous-section 3 : Les plus-values de cession des titres


de participation. 92

Section V : Les stocks et travaux en cours de


production. 95

Sous-section 1 : Eléments du stock identifiable. 96

Paragraphe III : Les charges déductibles. 97

Section I : Les conditions générales de déductibilité


des charges. 97

Sous-section 1 : La charge doit être engagée dans


l’intérêt de l’exploitation. 97

Sous-section 2 : La charge doit être effective et


appuyée par des justificatifs. 98

Sous-section 3 : La charge doit être traduite par une


diminution de l’actif net. 98
212

Sous-section 4 : La charge doit être engagée au cours de


l’exercice. 98

Section II : Les charges d’exploitation. 99

Sous-section 1 : Les Achats. 99

Sous-section 2 : Les frais d’établissement. 100

Sous-section 3 : Les frais généraux. 101

Sous-section 4 : Les frais de personnel. 104

Sous-section 5 : Les frais d’entretien et de réparation. 105

Sous-section 6 : Les frais financiers. 107

Sous-section 7 : Les charges d’impôts. 109

Sous-section 8 : Les pertes et moins-value. 110

Sous-section 9 : Les dons. 112

Sous-section 10 : Les Amortissements. 113

Sous-section 11 : Les provisions. 122

Section III : Les charges non déductibles en partie


ou en totalité. 132

Section IV : Le déficit reportable. 133

Sous-section 1 : Conditions d’exercice du droit


au report déficitaire. 134

Sous-section 2 : Délai de report. 135


213

Paragraphe IV : La liquidation de l’impôt sur les


Sociétés. 136

Section I : Période d’imposition. 136

Section II : Le calcul de l’impôt sur les sociétés. 137

Sous-section 1 : Le taux de l’impôt sur les sociétés. 137

Sous-section 2 : La cotisation minimale. 139

Section III : Le paiement de l’I S. 141

Sous-section 1 : Les acomptes provisionnels. 141

Sous-section 2 : Régularisation de l’impôt. 142

Chapitre II : Les impôts indirects 143

La T.V.A. 144

Chapitre III : Champs d’application de la TVA 151

Paragraphe I : Les opérations imposables 152

Section I : Les opérations obligatoirement assujetties 152

Sous-section 1 : Les opérations portant sur les biens


meubles 153

Sous-section 2 : les opérations portant sur les biens


Immeubles 154

Sous-section 3 : Les prestations de services 155

Sous-section 4 : Les livraisons à soi-même 156

Sous-section 5 : Les opérations d’importation 157


214

Section III : les opérations assujetties par option 157

Paragraphe II : Les opérations exonérées 158

Section I : L’exonération sans droit à déduction 159

Sous-section 1 : L’exonération de plein droit 159

Sous-section 2 : L’exonération soumise à des formalités


Administratives 162

Section II : L’exonération avec droit à déduction 163

Sous section 1 : L’exonération sans formalité


Administratives 164

Sous section 2 : L’exonération soumise à des formalités


administratives 165

Section III : Le régime suspensif 166

Section IV : Les exonérations à l’importation 167

Paragraphe II : Les opérations non imposables 168

Chapitre II : La base d’imposition de la TVA 170

Paragraphe I : La détermination de la base imposable 170

Section I : Les éléments compris dans la base


d’imposition 170

Sous-section 1 : Les règles générales. 170

Sous-section 2 : Les règles particulières. 174


215

Section II : Les éléments exclus de la base


d’imposition. 175

Sous-section 1 : Les réductions des prix 176

Sous-section 2 : Les frais à la charge du client qui


ont réglés par lui-même 176

Sous-section 3 : Les indemnités (dommage et intérêts) 176

Paragraphe II : Le fait générateur et l’exigibilité à la


TVA 177

Section I : Le fait générateur. 177

Sous-section 1 : Le régime de l’encaissement 178

Sous-section 2 : Le régime de débit (Facturation) 179

Sous-section 3 : Le fait générateur à l’importation 180

Chapitre III : La liquidation de la TVA 181

Paragraphe I : Les taux ad-valorem 181

Section I : Le taux réduit de 10% 182

Sous-section 1 : Les denrées alimentaires destinées à la


consommation humaine 182

Sous-section 2 : Les aliments destinés à la


consommation animale 183

Sous-section 3 : Les médicaments 183


216

Sous-section 4 : Les rémunérations des


intermédiaires financiers 184

Sous-section 5 : Les fournitures scolaires 184

Sous-section 6 : L’eau et l’énergie 185

Sous-section 7 : Les professions judiciaires 185

Sous-section 8 : Les activités touristiques 185

Section II : Le taux normal de 20% 186

Paragraphe II : Les taux spécifiques 187

Chapitre VI : Le régime des déductions en matière


de TVA 188

Paragraphe I : La déduction intégrale de la TVA 189

Section I : Les conditions d’exercice du droit à


déduction 189

Sous-section 1 : Les conditions liées aux opérations 189

Sous-section 2 : Les conditions liées aux personnes


bénéficiaires du droit à déduction 194

Section II : Les modalités d’exercices du droit à


déduction 194

Sous-section 1 : L’imputation de la TVA 195

Sous-section 2 : Le remboursement de la TVA 195

Sous-section 3 : Le transfert du droit à déduction 196


217

Paragraphe II : La déduction partielle 197

Section I : Le principe de récupération partielle de la


TVA 197

Section II : La détermination du prorata de déduction 199

Section III : Les modalités d’application du prorata 200

Chapitre V : Les modalités de déclaration et de


paiement de la TVA 202

Paragraphe I : Les modalités de déduction et de


liquidation de la TVA 202

Section I : Les régimes de déduction 203

Sous-section 1 : Le régime de déclaration mensuelle 203

Sous-section 2 : Le régime de déclaration trimestrielle 203

Section II : Le paiement de la TVA 204

Paragraphe II : Les obligation des entreprises en


matières de TVA 204

Section I : La déclaration d’existence 204

Section II : La déclaration modificative et de


cessation d’activité 205

Section III : Les obligations à caractère comptable et


Fiscale. 205

Tables des matières 206


218
Bon soir

Suite à la définition de la TVA on peut constater que c un impôt indirect sur la


consommation.

Il ne prend pas en considération la réalisation du revenu mais l’utilisation du


revenu . La consommation

Donc à chaque fois qu’on consomme un produit taxable on doit supporter une
TVA.

C un impôt qui ne prend pas en considération le fait de réaliser le revenu pour se


soumettre à l’impôt.

Ainsi on peut avoir des citoyens qui réalisent un revenu et qui payent un impôt
direct sur le revenu, mais qui ne le consomment pas et qui par conséquent ne
supportent pas la TVA parce qu’il n ya pas la cause de l’impôt qui consiste à la
consommation. Et on peut avoir des citoyens qui ne réalisent pas de revenu et ne
payent pas d’impôt direct sur le revenu mais qui consomment un produit taxable
et par conséquent il supportent une TVA .

Lorsqu’on supportent un impôt théoriquement on doit le payer directement à


l’administration fiscale.

Donc on peut supposer :

Une ETP qui vend un produit taxable à B client

Prix du produit=300

La taxe =20% donc 60

A doit payer 300 à l’etp et doit passer chez l’Administration fiscale pour payer la
TVA à raison de 20% du prix d’achat à savoir 300X20%=60

Donc La situation comptable serait comme suite en matière de TVA

Un produit de + 20 Pour l’Administration fiscale

Une charge de -20 pour le client A


Ça veut dire que si le client consommateur supporte une TVA de -20,
l’administration fiscale doit encaisser la même valeur de +20.

Alors que l’ETP n’est pas concernée par la TVA du moment que celui qui devrait la
supporter c’est le consommateur final A et celui qui devrait bénéficier de la TVA
c’est l’administration fiscale.

Don sa situation comptable devrait etre égale à 00,ça veut dire nette.

Pratiquement : on peut pas demander aux consommateurs de produits taxables


de passer eux-mêmes à l’administration fiscale pour payer la TVA à chaque fois
qu’ils consomment un produit taxable.

Ainsi on a charger l’entreprise à encaisser la TVA du client consommateur pour la


verser à l’administration par l’entreprise qu’elle a encaissé et non pas
directement de chez le consommateur final :

L’ETP ainsi est chargée par l’administration fiscale d’encaisser la TVA de chez le
consommateur à chaque fois qu’elle vend un produit taxable.

Le client paye la TVA à l’ETP, et celle-ci la verse à l’AD FISC.

Le role de l’ETP dans ce cas est l’intermédiation entre :

Le client qui supporte la TVA

L’AD FISC qui bénéficie de la TVA.

Donc on :

L’ETP qui paye la TVA à l’AD FISC mais qui ne la supporte pas

Le client qui supporte la TVA mis qui ne la supporte pas.

On peut présenter notre exemple ainsi.

L’ETP vend un produit taxable à un client A. Le prix serait composé de


3éléments :
Prix Hors Taxe :300

TVA à 20% :60

Prix total TTC :360

L’entreprise aurait encaissée ainsi une TVA de chez le client A et qui doit la
verser à l’AD FISC qui est le propriétaire.

Ainsi la situation comptable serait la suivante

Le client A : aurait supporté une charge TVA de- 60 qu’il a payé à l’ETP.

L’ETP aurait premièrement encaissée une TVA de +60 de chez le client,

Versée cette TVA à l’AD FISC, Pour avoir une situation comptable égale à 00.

L’AD FISC aurait encaissée une TVA de +60 de chez l’ETP intermédiaire.

Donc pour le Client A Une charge TVA de -60

Pour l’ETP une situation égale à OO

Pour l’AD FISC un produit TVA de +60.


Bon soir

Fichier deux

A travers l’exemple dernier nous avons constaté que l’ETP est chargée par l’AD
FISC e collecter la TVA de chez le client et la verser à l’ad fisc.

En se basant sur ce mécanisme ,on peut remarquer que l’activité de l’etp exige
des opérations d’achat et de vente ,dans la mesure l’etp chéteachète les produits
de chez le fournisseur avant de les vendre aux clients.

Ainsi on va supposer que l’etp aurait acheté un produit taxable à 100 de chez un
fournisseur B pour le vendre à un client A à 300dh.

Lors de l’achat l’etp paye une TVA de 20 (20% du prix= à100) au fournisseur qui
se charge de la verser elle mememême à l’ad fisc.

L’etp vend ensuite le produit au client A et encaisse une TVA de 60(20% du prix=
à300) et qui se charge de la verser elle-même à l’ad fisc.

Ceci sur la base du principe à ce que toute personne qui encaisse un TVA doit la
verser à l’ad fisc.

Ainsi l’ad fisc aurait encaissée deux TVA :

Une TVA de 20 de chez le fournisseur B

Une autre TVA de 60 de chez L’etp.

Ça lui fait un total TVA encaissé d 60+20= 80

Le client A aurait supporté une TVA de - 60 qu’il a versé à l’etp.(-60)

Le fournisseur B aurait encaissé une TVA de +20 qu’il a encaissé de chez l’etp ;et
il l’a versé à l’ad fisc (-20).(+20-20=00)

L’etp aurait supportée une tva de -20 à l’achat ,encaisséel’achat, encaissée une
tva de 60 de chez le client A,et versée une TVA de 60 à l’ad fiscale.(-20 +60 -
20= -20).
Résultat : Formatiert: Hervorheben
Formatiert: Schriftart: Fett

A client=-60

Fournisseur (Intermédiaire)=00

ETP (Intermédiaire)= -20

AD FISC= +80

Donc on peut présenter la situation comptable de A B l’etp et l’ad fisc comme


suite :

A client =-60 Formatiert: Hervorheben

- Formatierte Tabelle

60

AD FISC=+80 Formatiert: Hervorheben

+20

+60

Fournisseur A=00 Formatiert: Hervorheben

+20 +20

ETP=-20 Formatiert: Hervorheben

+60 -
20et-
60
Un résultat qu’on ne peut accepter car :

Si le client A supporte une TVA de -60 ,l’ad fiscale doit encaisser le même
montant, alors que celle-ci a encaissé +80( 20de chez B fournisseur et +60 de
chez l’ETP). Faux résultat. Le montant supporté par le client doit être égal à
celui supporté par le client consommateur. Ainsi l’AD FISC aurait encaissé une
tva de plus de 20

L’ETP aurait supportée une TVA de -20 car elle aurait encaissée +60 et
supportée -20 et -60. Faux résultat. En tant qu’intermédiaire son résultat
devrait être égal à 00.

Le seul résultat juste est celui du fournisseur B =00.

Cela veut dire que le mécanisme de la TVA ne peut être appliqué ainsi.

Pour mieux comprendre ce mécanisme et l’appliquer conformément aux


techniques de la Valeur Ajoutée on peut proposer un autre exemple sur lequel on
peut aboutir aux paramètres d’un bon résultat.

Si vs avez des questions sur ces glossaires je sui à l’écoute.

Bon courage

BELOUCHI Mohammed Oujda le 26 Mars 2020

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