Organisation administrative - R.
EL
HAJJI
La naissante du droit administratif est
liée à celle de l’État moderne, qui a dû
se construire au détriment d’un système
politique féodal. Pour s’imposer, l’État a
formulé des privilèges au profit de son
administration de façon à briser toute
résistance de l’ancien régime. D’où la
connotation politique de certains
principes fondateurs du droit
administratif tels le fait de prince et le
privilège du préalable.
Cette mission accomplie,
l’administration de l’État nouveau s’en
est sortie omnipuissante, et le droit
administratif a évolué en conséquence
comme tout droit positif digne de ce
qualificatif et s’est mis au service des
administrés. Depuis, il est partagé entre
le souci de promouvoir l’action
administrative, nécessaire voire vitale,
et la préoccupation permanente de
protéger les intérêts des individus et des
groupes que sont les administrés.
La démarche a abouti évidemment à
la formulation de règles de conduites
strictes, qui établissent les droits et les
devoirs des uns et des autres.
I - Définition
La présentation du droit administratif
se fait, comme le veut la tradition, par le
biais de la définition de l’administration.
1 - L’Administration :
Une première approche dite organique a
essayé de définir l’administration par ses
différends organes constitutifs. De ce fait, elle
est restée lier principalement à l’organisation
administrative. Celle-ci est apparue
insuffisante. Tout ce que fait l’administration
ne relève pas automatiquement du droit
administratif : celle-ci peut avoir une activité
privée dont le contentieux tombe sous la
houlette du juge judiciaire, autrement dit les
tribunaux ordinaires.
Une autre approche a été convoquée
alors, l’approche matérielle, qui se
focalise sur l’activité en premier lieu,
l’action, pour constater que,
paradoxalement, si des individus,
privés, agissent dans l’intérêt général, et
selon des critères précis, ils peuvent
bénéficier des avantages du droit
administratif et en subir les
conséquences. Ils fallait donc les
intégrer.
2- Le droit administratif:
En conséquence de ce qui a
précédé, on peut affirmer que le droit
administratif est le droit qui définit
l’intérêt général et les missions qui lui
sont attachées, catalogue les personnes
et les organismes chargés de sa
réalisation, instaure les règles de
conduites à cet effet, les privilèges qui
leur sont liés et les peines encourues
pour chaque manquement.
Il est question alors de l’administration et
son personnel, c’est-à-dire la fonction
publique et ses fonctionnaires, de
certains actes des ordres professionnels
intiment liés à leurs missions d’intérêt
général, et des établissements publics.
Dans ce trimestre, après la présentation
de la discipline et sa définition, seul le
schéma de l’organisation administrative
nous intéresse et la répartition des
compétences, des fonctions.
Il y sera question de l’organisation
et son dualisme classique,
centralisation\ décentralisation,
caractéristiques et mode de fonction de
chacune. Ceci permettra ensuite de
retracer la hiérarchie et de circonscrire
les compétences pour établir la
responsabilité de chacun: la pierre
angulaire du droit administratif.
3 - La distinction de l’activité
administrative des autres activités
publiques :
L’activité étatique a un sens général,
qui peut induire en erreur. En effet,
l’omniprésence de l’État dans la vie
quotidienne et les appellations qui sont
synonymes de cet État, comme
l’administration, le gouvernement ou
les pouvoirs publics créent l’amalgame
chez le grand public.
La nécessité de lier les deux
approches
Dans le droits’est imposée
positif, d’elle-même
l’État est constitué
et la définition
d’abord de troisapouvoirs
été alors: la
le synthèse
législatif, :
l’administration
l’exécutif et le estjudiciaire.
l’ensemble
La
d’individus
dénomination et d’organismes
de l’État de droit n’estdont
l’activitéensuite
attribué tourne autour
que pour de la l’État
réalisation
qui
et la sauvegarde
respecte de l’intérêt
le principe général.
de base : la
séparation des pouvoirs. En
conséquence de quoi, la distinction de
l’activité administrative des autres
activités publiques, législative et
judiciaire, va de soi.
Chacune a son autonomie, basée
sur ses textes fondateurs, pour
fonctionner et, le cas échéant, pour
résorber ses problèmes. Le droit
constitutionnel règne ici, et tout conflit
entre ses trois pouvoirs requiert
l’arbitrage d’une instance spéciale, la
cour constitutionnelle.
Il reste alors l’activité gouvernementale,
mais, de celle-ci, il faut soustraire
certaines activités qui échappent à
l’emprise du droit administratif, à savoir
les relations : gouvernement et
chambres des représentants, et la
diplomatie. Il n’empêche, le domaine
de la diplomatie rétrécie dans les pays
précurseurs en la matière.
Les autres prérogatives du pouvoir
exécutif tombent sous la houlette du
droit administratif. Il n’empêche que
l’administration comme on l’a précisé
peut avoir des activités qui relèvent du
droit commun, le droit privé. Ceci
chaque fois qu’elle agit comme un
particulier, c’est-à-dire sans faire valoir
son statut de puissance publique
agissant dans l’intérêt général. Il est
question ici du principe général. Il a ses
exceptions cela va de soi.
4 - Les critères du droit administratif :
De ce qui a précédé, une chose apparaît
nécessaire maintenant: déterminer les
critères du droit administratif ? Ils sont en fait
deux:
1 La réalisation de l’intérêt général.
2 Les prérogatives de puissance publique.
Et les deux sont liés. La première apparaît
à travers la possibilité dont dispose
l’administration pour imposer sa volonté aux
individus. Elle peut sanctionner le cas échant
toute résistance, utiliser la force s’il le faut.
On parle alors de pouvoir de contrainte et de
coercition. C’est la notion de service public
pour la réalisation et le développement de
l’intérêt général qui est susceptible de justifier
ou non l’usage effectif des prérogatives de
puissance publique.
II L’organisation administrative
Ici le droit administratif dessine
l’Administration du pays, en définit les
principes qui la régissent et son mode de
fonctionnement. Il en trace un double
schémas: le premier représente ce qu’on
qualifie de « l’administration centrale » et, le
second, « l’administration décentralisée ».
Ce sont deux systèmes différents mais
complémentaires qui travaillent en commun
à la réalisation de l’intérêt général.
1 - L’administration centrale :
Le premier noyau à ce niveau est une
instance politique: le Conseil des ministres
dont les réunions sont présidées par le Roi.[1]
Selon l’article 48, le Roi peut : « sur la base
d’un ordre du jour déterminé, déléguer au
chef du gouvernement la présidence d’un
Conseil des ministres. Parallèlement aux
chambres des représentants, ce conseil
délibère des orientations de la politique
générale du pays.
[1] Article 48 de la Constitution de juillet 2011.
L’incidence du Conseil avec le droit
administratif en conséquence se limite
aux nominations, sur proposition du chef
du gouvernement et à l’initiative du
ministre concerné, aux emplois civils de
wali de Bank al Maghrib,
ambassadeurs, wali et gouverneur, et
responsables des administrations
chargées de la sécurité intérieure. (Art.49)
A sa suite, une autre instance prend le
relais: le Conseil du gouvernement.
C’est lui qui incarne le pouvoir exécutif,
puisque : (.) « il assure l’exécution des
lois, dispose de l’administration et
supervise les entreprises et
établissements publics et en assure la
tutelle » (art.89)
Puisqu’il exécute justement la politique
gouvernementale et la met en œuvre,
en pratique, il est présidé par le chef de
l’administration, autrement dit : le chef
du gouvernement. Ce dernier exerce en
conséquence le pouvoir réglementaire
et peut déléguer certains de ses
pouvoirs aux ministres. Ses actes d’ordre
réglementaires sont contresignés par les
ministres chargés de leur exécution.
(art.90)
Le relais suivant est constitué de chaque
ministre à part et ses adjoints dans le
ministère.
Les instruments de travail sont
d’abord les décrets, dévolus au chef du
gouvernement, et, ensuite, les arrêtés et
décisions destinés aux ministres et leurs
subordonnés.
A - Le pouvoir hiérarchique:
Le Pouvoir hiérarchique marque de
manière importante les relations entre
les différents organes et agents de
l’appareil administratif. C’est le lien
pyramidal de subordination qui lie les
personnes et les institutions et se fonde
sur le pouvoir d’autorité et de contrôle
qu’exerce le chef sur le subordonné.
Caractéristiques et procédés:
- Il est absolu et inconditionnel mais dans
le cadre de la loi.
- Il se manifeste par le contrôle de légalité et
le contrôle d’opportunité.
- Il peut se manifester à priori ou à
posteriori.
Un concept clef prolonge l’organisation
centralisée de l’administration: la
déconcentration.
B – La déconcentration :
Un État n’a pas toujours besoin de
centraliser toutes ses décisions pour
mieux en contrôler le contenu,
l’exécution et le suivi. Le
développement économique et social
exige des autorités administratives
centrales de déléguer une partie de
leur pouvoir à leurs représentants
locaux afin de traiter sur place bon
nombre de leurs dossiers.
Donc, si la centralisation signifie la
concentration du pouvoir de décision
à la capitale, la déconcentration veut
dire en conséquence l’octroi d’une
partie de ce pouvoir aux représentants
locaux du pouvoir central.
Autrement dit, seul le lieu de
décision change, et à propos de ce
qui concerne ce lieu géographique
uniquement: soit au niveau local,
provincial ou régional.
La délégation qui permet cette
déconcentration est un acte
administratif, dont lequel chaque
ministre exprime sa volonté de laisser
ses représentants locaux décider des
sujets liés à leur domaine territorial de
compétence, mais dans le cadre
établi par le droit.
De plus, ce qui caractérise
l’administration est le Pouvoir
Hiérarchique: l’autorité quasiment
absolue que donne le droit au
supérieur sur le subordonné, dans le
cadre du travail et selon la
réglementation en vigueur
évidemment. Eh bien ce pouvoir
demeure entre le ministre et son
délégué.
C - Les Organes centraux de l’administration de
l’État :
1- Le gouvernement: Nommé par le Roi, celui-ci
est responsable devant lui et devant le parlement.
Il exerce collégialement le pouvoir exécutif par le
biais de trois institutions importantes: le conseil
des ministres, le conseil du gouvernement et le
secrétariat générale du gouvernement.
2- Le chef du gouvernement: Étant la plus haute
autorité administrative, il dispose de plusieurs
moyens juridiques et administratifs pour agir.
- Comme le prévoit l’art. 90 de la constitution de
juillet 2011, il travaille par décrets, dont une partie
fait l’objet de délibérations en Conseil des
ministres et sont contresignés par les Ministres
chargés de leur mise en œuvre. Ce même article
permet à ce dernier de déléguer une partie de
ce pouvoir aux ministres.
- Il dispose aussi d’un cabinet qui fait office de
secrétariat, occupé par des conseillers
spécialisés dans tous les domaines où le chef du
gouvernement décide, donne son avis ou formule
des directives. Ces conseillers peuvent être des
ministres d’État, des ministres délégués ou des
secrétaires d’État. Mais celui-ci s’appuie
particulièrement sur le Secrétariat générale du
gouvernement.
Il préside les conseils d’administration des
établissements publics nationaux et représente
l’État en justice et, généralement, il délègue ce
rôle au ministre concerné.
- L’article 92 spécifie entre autre que le chef du
gouvernement informe le Roi des conclusions des
délibérations du Conseil du gouvernement.
3- Les Ministres: Ils peuvent être de trois sortes.
- Les ministres d’État. Doté d’un portefeuille, de
plusieurs ou pas du tout, ils participent
normalement à l’activité gouvernementale.
- Les ministres délégués, qui peuvent l’être soit
auprès du chef du gouvernement, soit d’un
ministre. Leurs attributions sont définies par
décret ou par une délégation de pouvoir du
ministre concerné. Les secrétaires d’État et sous-
secrétaires d’État obéissent au même formalisme.
- a - Le ministre:
Ce dernier est le statut normal de la fonction,
définie par l’article 93 de la constitution
marocaine. A cet égard, le ministre dispose de
tous les moyens dont il a besoin pour s’acquitter
de ses devoirs. Il assure le bon fonctionnement et
la coordination de l’action de ses services. Il est
le chef hiérarchique de tous les agents relevant
de son ministère et dispose à cet effet, par le
biais d’une délégation, du pouvoir de nomination
et, par conséquent, du pouvoir disciplinaire. Il
oriente son monde par des instructions et des
notes de service, ou dirige par des arrêtés et des
décisions.
b - Les attributions réglementaires du ministre:
Elles sont fondées soit par un texte de loi soit
par décret. De plus, il peut être investi aussi
d’autres attributions par délégation du chef du
gouvernement comme il en exerce une partie
indirectement par le biais du contreseing des
décrets intéressant son ministère.
c - Le cabinet ministériel.
Il est à l’image du secrétariat du chef du
gouvernement mais se limite à 6 membres au
maximum. Il assure un rôle de recherche et
d’investigation, et aussi de coordination, pour
préparer les décisions du ministre.
4 - Les services centraux de l’administration de
l’État:
- Le secrétaire général
- Les directeurs
- Les inspecteurs généraux
- Les chefs de division
- Les chefs de service
5 - Les organes locaux de l’administration de
l’État:
- Les services extérieurs
- Les agents d’autorité
1 - Les services extérieurs sont constitués
des délégations de différent ministères, où
le délégué représente son ministre au
niveau de la région. L’organisation reprend
le schéma établi au niveau de la capitale
selon l’importance de chaque ministère. Il
y a sous le commandement du délégué les
directeurs, après les chefs de division, qui
supervisent, chacun, deux services au
moins.
Le ministère de l’enseignement se développe dans un sens différent,
puisqu’il est en train de pousser le concept de déconcentration à son
extrême. En effet, ce ministère transfère de plus en plus les
prérogatives du délégué vers le directeur de l’académie. Une
organisation nouvelle est ainsi développée, qui diffère de l’ancien
système de déconcentration puisqu’elle accorde beaucoup plus
d’autonomie. L’académie a acquis ainsi une personnalité morale
publique, un budget et, donc, la liberté d’agir au niveau de toute la
région.
2- Les agents d’autorité sont les représentants locaux du ministre de
l’intérieur. Eux aussi bénéficient d’une organisation spécifique.
En effet, si le ministère de l’enseignement acquiert son importance
par sa mission : l’éducation et la formation, sa diversité, le nombre de
ses clients et leurs différents besoins et attentes, le ministère de
l’intérieur, lui, acquiert son importance de sa mission en particulier.
Puisque le côté sécuritaire est minime par rapport aux restes des
tâches dont il s’occupe.
- Il supervise, dans pratiquement tous les pays, les différentes élections,
locales, régionales et nationales. De ce fait, territorialement parlant il
est omniprésent. En conséquence de quoi, il a une connaissance du
pays que n’ont pas les autres ministères et, encore moins, leurs
représentants locaux.
- Il exerce le contrôle administratif sur les collectivités territoriales et,
de ce fait, il doit être au courant de tout ce qui se passe sur le
territoire national pour s’acquitter au mieux de cette tâche.
- Sur le terrain, le représentant du ministère est le caïd. Un statut
emblématique puisqu’il est au niveau de ses fonctions ambivalent. Il
touche à tout.
- Au niveau décisionnel, il y a le wali, le représentant du ministère au
niveau de la région, et le gouverneur, au niveau de la province, et le
pacha se limite à la préfecture. Ces derniers ont autorité sur les
représentants locaux des autres ministères, puisqu’ils représentent le
Roi, le chef du gouvernement, en plus de leur ministre.
Et ils ont une délégation de tous les autres ministres pour exercer cette
autorité, ce pouvoir hiérarchique sur chaque délégué à part. De ce
fait, il leur revient d’harmoniser les politiques des différents services
extérieurs et, le cas échéant, d’arbitrer les conflits sur place, sans
recourir à la capitale si c’est possible.
III- L’administration territoriale (ou
l’administration décentralisée)
Le concept de décentralisation diffère de
celui de la déconcentration. Dans le
second, l’agent bénéficie d’une certaine
autonomie mais demeure un fonctionnaire
de l’Etat assujettie au pouvoir hiérarchique
de son ministre. Alors que dans le premier, il
est question d’élus, désignés par la
population locale pour une durée
déterminée. Le but de la décentralisation est
d’impliquer les populations dans la gestion
de la chose publique locale, leurs besoins et
leur territoire.
1-Caractéristiques:
- La décentralisation est organisée sur la
base d’élections populaires directes ou
indirectes pour constituer les conseils des
communes, entités de base, puis, les conseils
des préfectures, des provinces et des
régions.
La liberté des élus locaux est limitée par la loi et les
règlements en vigueur, qui déterminent les modes
d’élections, la constitution des conseils en
conséquence, leur mode de fonctionnement de
manière stricte, les modalités de prise de décision.
Mais en cas de manquements à la loi et aux
règlements, que se passe-t-il ?
Si le juge administratif est le seul compétent pour
veiller au respect des lois et règlements en vigueur
en dernier ressort, un concept intermédiaire a été
mis en place pour s’assurer de la bonne marche de
ces entités et la légalité de leurs actions : la tutelle.
2- De la tutelle au contrôle administratif:
Différente du pouvoir hiérarchique, la
tutelle administrative se distingue aussi de la
tutelle civile. On a vu que le premier
caractérise l’organisation et le
fonctionnement de l’administration en
général. Et la tutelle civile concerne les
mineurs et les personnes qui n’ont pas toute
leur raison et, de ce fait, le droit civil les
protège et exige qu’ils soient représentés
pour toute action juridique par des
personnes qualifiées.
Dans le droit administratif, la tutelle signifie le droit
de regard dont bénéficient le ministère de l’intérieur
et ses représentants locaux que sont les walis et
gouverneurs sur l’activité des entités décentralisées.
On dit droit de regard tant que le fonctionnement
de l’administration décentralisée est conforme aux
règles établies. Dans les cas contraires, la tutelle
peut se révéler décisive et les walis ou gouverneurs
susceptibles d’intervenir avec autorité. Comment ?
En fait, le législateur a élaboré plusieurs manières
afin que les agents d’autorité puissent contrôler ces
élus et leurs conseils.
Il faut noter qu’au départ de toute organisation
décentralisée, la tutelle est plus directe et les
agents d’autorité susceptibles d’intervenir
rapidement dans le fonctionnement des entités
décentralisées. Puis, plus le système évolue et se
développe et les compétences des élus, dans le
sens du savoir faire, s’aiguisent, plus la confiance
s’instaure pour élargir la liberté d’agir au profit des
élus et des conseils. Ce qui implique qu’il y aura
toujours une période charnière où la tutelle est
réduite sur certaines activités tout en restant
pesante sur d’autres, réduite sur certains conseils et
maintenue sur d ‘autres. C’est le cas du Maroc
actuel.
Le contrôle administratif est dévolu toujours aux
représentants du ministère de l’intérieure mais sous
une forme plus évoluée. En effet, selon l’article 145
de la constitution de 2011, le wali et le gouverneur
contrôlent la légalité des actes des conseils des
entités décentralisées. Ce qui veut dire que chaque
fois qu’ils constatent quelque chose d’anormale, ils
attirent l’attention du ou des présidents concernés
pour s’en expliquer. Si les explications ne sont pas
convaincantes, ils sont alors en droit de saisir le
juge administratif.
Ainsi, depuis les réformes de 2015 et la mise
en œuvre de la régionalisation avancée, la
tutelle, allégée sur plusieurs points au profit
des élus, est appelée le contrôle
administratif et consacre le rôle du juge
administratif au détriment des agents
d’autorité. Il n’empêche que se sont ces
derniers qui ont la compétence, au départ et
dans la majorité des cas, pour saisir le juge
administratif et, à la fin, pour en appliquer
les décisions.
3 - Les procédés de la tutelle:
Elle s’exerce sur les personnes et sur les organes, ce
qui veut dire sur les élus locaux et les conseils des
collectivités locales. Elle s’exerce aussi sur les actes de
ces entités.
A - En ce qui concerne les personnes, les élus: Le
manquement aux obligations liées aux statuts des élus,
aux lois et règlements qui encadrent le fonctionnement
des collectivités locales peut entraîner la suspension ou
la révocation de l’individu ou des individus concernés
selon les cas. Souvent, la suspension permet à l’autorité
de tutelle de vérifier la véracité des faits reprochés à l’élu
ou aux élus, et leur degré de gravité avant de se
prononcer sur la révocation possible.
B - Pour ce qui est des conseils: la
suspension comme la dissolution
relèvent du même principe. La première
est susceptible d’être une sanction à
part entière et peut être aussi une
mesure préparatoire à la seconde : la
dissolution du conseil et l’organisation
de nouvelles élections.
C- En ce qui concerne les actes des
collectivités territoriales. Le contrôle
administratif aujourd’hui, comme la tutelle
auparavant, use de plusieurs procédés pour
jouer le rôle qui est le sien : s’assurer de la
bonne marche des entités décentralisées.
En fait, c’est un enchainement logique lié au
moment de l’intervention de l’autorité de
contrôle, puis aux conséquences juridiques
qui s’en suivent. Il s’agit de l’autorisation,
l’approbation, l’annulation et la substitution.
Mais ces procédés se chevauchent.
La première, l’autorisation, est peu utilisée
maintenant. C’est une sorte de contrôle à
priori. Le contrôleur évalue le projet et
autorise sa mise en œuvre ou s’y oppose.
Aujourd’hui, ce procédé se limite
généralement aux crédits susceptibles d’être
souscrits par l’entité territoriale. Il exige
l’accord préalable à tout engagement en ce
sens de l’autorité de tutelle ou de contrôle.
Cette autorité se doit chaque fois d’évaluer
le crédit, sa finalité, ses conditions et les
moyens de remboursement de l’entité
concernée.
Dans la seconde, l’approbation, la
tutelle ou le contrôleur doit approuver la
décision prise dans un délai précis ou
ne point s’y opposer pour qu’elle soit
valide. C’est le procédé le plus
courant. Le contrôleur est tenu au
courant des politiques élaborées et
toutes les décisions prises pour leur
exécution et tant qu’il ne s’oppose pas
clairement et dans les délais fixés par la
loi, l’entité territoriale continue son
programme.
L’annulation, elle, met fin à une décision prise par
l’administration décentralisée, une décision
formulée clairement ou tacite seulement. Celle-ci
n’est plus utilisée directement puisqu’il revient
désormais au juge administratif, et à lui seul,
d’annuler les actes illégaux
des entités territoriales, exception faite des projets
d‘investissements. En effet, pour encourager
l’investissement et lutter contre la corruption, le
législateur autorise, en cas d’absence d’une
réponse motivée de la part du président d’une
entité territoriale à un projet d’investissement, le
wali ou le gouverneur d’accomplir l’acte.
Dans l’élément précédent, deux procédés se
chevauchent là aussi. Le dit élément
constitue l’annulation d’une décision de refus
tacite et, plus important, une substitution.
Autrement dit, le wali ou le gouverneur se
substitue au président élu pour agir à sa
place. La substitution est la plus grave en
conséquence puisqu’elle signifie que
l’autorité de contrôle prend la place du
conseil élu ou son président pour agir. C’est
ce qui arrive aussi
quand la justice prononce la dissolution d’un
conseil ou en cas de démission de la
majorité de ses membres. Un comité
restreint, présidé par le gouverneur ou son
représentant, gère la collectivité en
attendant l’organisation de nouvelles
élections.
D- Exemples :
L’article 69 (de la loi organique concernant les
collectivités n°113.14 du 7 juillet 2015) précise
qu’il n’est possible d’élire comme président
ou vice président d’un conseil un élu
domicilié à l’étranger pour quelque raison
que se soit. Dans le cas contraire, l’autorité
gouvernementale chargée du ministère de
l’intérieur se doit, après avoir été saisie par
le gouverneur de la préfecture ou la
province, de le démissionner
immédiatement.
Les articles 73 et 74 ( de la loi organique n°112.14
du 7 juillet 2015 organisant les préfectures et les
provinces) autorisent le gouverneur de la
préfecture ou de la province de saisir le juge
administratif pour dissoudre le conseil élu si les
intérêts de la commune étaient menacés ou si le
conseil refusait d’assumer le rôle qui est le sien.
L’article 74 préconise la constitution par l’autorité
gouvernementale concernée d’un comité spécial
de 5 membres, présidé par le gouverneur de la
préfecture ou la province, pour gérer les affaires
courantes jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil.
Ainsi l’art. 41 de la loi organique 113.14 du 7 juillet 20015
concernant les communes stipule que si le gouverneur
d’une préfecture ou d’une province s’oppose à ce qu’un
conseil discute d’une question qui n’a pas été introduite
préalablement dans l’ordre du jour ou qui ne rentre pas
dans les compétences du conseil, et que ce dernier
persiste, le gouverneur doit saisir le juge administratif. Ce qui
interdit au conseil de discuter de la question soumise au
juge avant que ce dernier ne se prononce définitivement.
Tout manquement à ces règles impose la mise en œuvre de
sanctions disciplinaires : la révocation des conseillers ou la
suspension ou la dissolution du conseil selon les cas des
articles 64 et 73 de cette loi organique.
Certaines décisions des conseils ne peuvent être mises en
exécution sans le visa du wali:
-Le programme de développement régional
-Le plan d’aménagement du territoire
- L’organisation administrative de la région
- Tout ce qui concerne la gestion déléguée des services
publics
- La création de sociétés de développement régional
- Tout changement qui touche les revenues et les dépenses
de la collectivité
- Les conventions que la collectivité peut signer avec
d’autres collectivités (nationales ou étrangères)
(Art.115)
L’article IV du décret n°2.17.294 du 9 juin 2017
rappelle que : selon les dispositions de l’article
115 de la loi organique 111.14, les décisions ( des
conseils régionaux) concernant les crédits et les
garanties ( présentées pour ses crédits) ne
peuvent être exécutoires qu’après l’accord de
l’autorité gouvernementale chargée du ministère
de l’intérieur.
Dans l’article 115 précité, il est question
d’approbation. Puisqu’il précise après que, le
délai de 20 jours passé, le silence du contrôleur
administratif est considéré comme une
approbation.
Mais l’article V du décret, dans son 2ème
paragraphe, spécifie: (yatimo ttarkhiss bil
iktiradates)
« seront autorisés les crédits auprès des
institutions nationales et internationales par
une décision conjointe de l’autorité
gouvernementale chargée de l’intérieur et
l’autorité gouvernementale chargée des
finances. »
Donc , une autorisation est requise
normalement.
Les articles 202-208 de la loi organique de
régionalisation (111.14) explicitent comment en
cas de désaccord entre un conseil régional et
l’autorité gouvernementale chargée du ministère
de l’intérieur sur l’établissement du budget, cette
dernière peut en dernier ressort se substituer à la
première pour imposer l’équivalent du dernier
budget approuvé en attendant de solutionner le
problème.
L’article 82 de la même loi autorise les
conventions entre entités décentralisées locales
ou avec des intervenants étrangers après
approbation administrative, mais interdit
explicitement la même démarche vis-à-vis des
Etats étrangers.
Une copie des comptes rendus des réunions des
conseils et des décisions réglementaires des
présidents doivent être remis au wali dans le délai
de 10 jours.
Le wali doit exprimer son opposition quand il y a
lieu de le faire dans un délai de trois jours.
Si un conflit apparait, le juge administratif se doit de
statuer sur la suspension de l’exécution de la
décision dans les 48h. La justice administrative se
doit après de se prononcer sur le fond dans un
délai de 30 jours. La notification du jugement à
l’autorité gouvernementale concernée et au
président du conseil dans le délai de 10 jours. (loi
de régionalisation. 111. 14. At. 112,113,114)
4 - Les collectivités territoriales
A- La classification
Il y a les conseils des communes à la base.
Leurs membres sont élus au suffrage direct
autant que les conseils régionaux depuis
2015.
Les membres des conseils suivants sont élus
au suffrage indirect.
- Les conseils de province. Caractérisés par
un aspect rural, ils regroupent les
représentants des conseils des collectivités
qui composent la province.
- Les conseils de préfectures qui ont une
représentation à dominance urbaine.
Pour ce qui est de la représentation, le
nombre d’élus va rie selon l’importance de
l’entité territoriale. Pour les régions par
exemple, le décret du 24 juillet 2015 en
détaille le nombre pour chaque région. Ainsi,
la région de l’oriental a droit 51 élus, 10 pour
Nador et autant pour Oujda Angad (4 pour
les femmes), Berkane 6, Taourirt 5, Guercif 5,
Driouach 5, Figuig 5 et Jérada 5. Deux sièges
sont réservés aux femmes chaque fois pour
ces derniers.
Pour ce qui est des communes, le nombre
des conseillers est fixé par rapport à la
population là aussi. Il va de 11 pour les
entités qui ne dépassent pas 7500 habitants
et arrive à 61 pour celles qui ont plus de
400000 habitants. Les villes subdivisées en
arrondissements répondent à un calcul
différent. Le conseil y est de 81 membres
pour les communes de moins de 750000
habitants et on ajoute 10 pour chaque
tranche de 250000 habitants.
Un nombre de siège obligatoire mais
pas restrictif est réservé aux femmes
toujours. Dans tous les cas, le nombre
des conseillers est fixé par décret sur
proposition du ministre de l’intérieur. Le
reste par arrêté du ministre de l’intérieur.
(Art.127/128 de la loi organique 59-11 concernant
l’élection des membres des conseils des
collectivités territoriales, 22 novembre 2011 modifié
et complété par la loi organique 34-15 du 23 juillet
2015).
Quand aux conseils des préfectures et
provinces, le nombre minime des membres
est révélateur de leur consistance. En effet,
l’article 103 en délimite la composition qui se
développe à partir de 11 conseillers pour les
entités de plus de 150000 habitants et s’arrête
à 31 pour plus d’un million d’habitants.
L’article 104 précise même qu’il n’est pas
possible que le nombre des conseillers
dépasse la moitié des membres des conseils
constituant la préfecture ou la province.
B- Les candidatures
Elles sont ouvertes pour tous sauf en ce qui
concerne les personnes exclues par la loi, à
savoir :
- Les résidents à l’étranger qui occupent des
postes gouvernementaux ou d’élus ou toute
fonction publique importante à l’étranger
- Les résidents à l’étranger ne peuvent en
aucun cas être élus président d’une entité
territoriale. Si la situation se présente, le wali
ou
- Les le gouverneur
naturalisés pendantleles démissionne
5 premières
automatiquement. années.
- Les personnes démis de leur fonction d’élus
ou qui font l’objet d’un recours contentieux
- Les personnes suivantes
Les juges
Les juges cours financières
Les directeurs centraux du ministère de
l’intérieur, les walis et gouverneurs, les
secrétaires généraux des préfectures et
provinces, les gouverneurs d’arrondissement,
les pachas et directeurs de cabinet des walis
et gouverneurs, les présidents des cercles
urbains, les caïds et khalifats…
- Les inspecteurs des finances et l’intérieur
- Les trésoriers généraux du royaume et les
trésoriers régionaux
- Les comptables
- Les militaires et les auxiliaires de la force
publique
- Toute personne armée attachée à une
entité publique ou territoriale
- Les personnes condamnées définitivement
en pénal (dans les 10 dernières années qui
ont précédées les élections)
En dehors des règles citées, tout rejet de
candidature pourra faire l’objet de recours
devant le tribunal administratif dans un délai
de 48. Ce dernier doit se prononcer en 3
jours.
L’appel contre la décision de justice est
possible après la fin des élections seulement
et l’ouverture des délais de recours contre les
résultats.
L’annulation des élections doit être suivie
par de nouvelles dans un délai de 3 mois tout
au plus.
Les cours des comptes contrôlent les
dépenses des candidats qui doivent
justifier leur budget pièces à l’appui.
Faute de quoi, le wali ou gouverneur
transfère le dossier au juge administratif
pour statuer sur l’annulation de la
candidature.
C- Le domaine de compétence des entités
territoriales
Les compétences des collectivités se
subdivisent en trois catégories. Il y a les
compétences propres, c’est-à-dire celles qui
appartenaient auparavant déjà à ses entités
ou qu’elles le sont devenues par la force de
la loi. Puis il y a les compétences que se
partagent l’Etat et les entités territoriales. Elles
sont en fait élaborées et exécutées
conjointement de manière contractuelle.
Ces dernières constituent une période
transitoire. Elles feront partie des
précédentes dans un avenir proche.
Il y a enfin les compétences transférées de
l’Etat vers les entités territoriales par les
dernières réformes qui ont suivi l’adoption de
la constitution de 2011.
Notons aussi que le domaine de
compétence ne change pas beaucoup
entre entités territoriales différentes.
La région, la province, la préfecture et la
commune interviennent pratiquement sur les
mêmes sujets : le développement
économique, la santé et l’hygiène,
l’enseignement et la culture, le sport… Ce
qui change c’est le domaine d’intervention
territorial, au sens géographique. D’où le
besoin vital de communication effective et
constructive entre entités pour travailler
ensemble. Parce que la redondance
administrative est une épée à double
tranchant : un élément de démocratisation
réel avec des intervenants utiles ou une
multitude d’obstacles onéreux.
1- les compétences propres :
L’organisation de l’administration territoriale
L’élaboration du programme de
développement économique
La planification et l’aménagement du
territoire
La création et le développement des
services publics
La création des sociétés de développement
2-
Les compétences assurées de
manière conjointe :
Le développement économique
Le développement rural
Le développement social
L’environnement
La culture
Le tourisme
3- Les compétences transférées
Tout ce qui se rapporte aux
équipements et aux infrastructures
dans:
L’industrie
La santé
Le commerce
L’enseignement
La culture
Le sport
L’énergie, l’eau et l’environnement.
Il faut souligner d’abord ici que la constitution
oblige l’Etat à transférer chaque fois les ressources
budgétaires allouées à chaque compétence au
profit de l’entité territoriale réceptive de cette
compétence. At. 141
Ensuite, les régions et les autres collectivités
territoriales bénéficient, dans leur domaine de
compétence et l’intérieur de leur territoire respectif,
d’un pouvoir réglementaire pour s’acquitter des
missions qui sont les leurs.
At. 140
IV- La Région
En tant que collectivité territoriale, elle
est le fruit d'un long cheminement qui
passe par la Constitution du 7 octobre
1992 puis la loi du 2 avril 1997, et la
toute dernièrement Constitution de
2011, la loi 111-14 ( fixant les
domaines de compétence); la loi 11-
59 du 22 novembre 2011 modifiée et
complétée par la loi 34-15 du 23 juillet
2015 (établissant les modalités des
1- Le découpage élections).
territoriale régional:
Tel que l'a requis l'article 3 de la loi de
régionalisation, et sur l'initiative du ministre
de l'intérieur, le décret 2-15-40 du 20 février
2015 a arrêté le nombre des régions (12), leur
appellation, leur centre (capitale régionale),
les préfectures et les provinces qui les
composent.
La même loi a laissé à ce décret le soin de
préciser le nombre des élus pour chaque
conseil régional, selon le nombre des
habitants, et les modalités de répartition des
sièges sur ses localités territoriales.
2- L'organisation du conseil régional :
Elle est faite d'un bureau, de commissions
permanentes, d'un secrétaire et son adjoint.
a- Le bureau :
Il est constitué du président et ses adjoints. Le
premier est élu dans une réunion organisée à
cet effet dans les 15 jours qui suivent
l'élection régionale, parmi les cinq têtes de
liste, les mieux dotées en sièges, avec la
présence de la majorité absolue des
membres du conseil en exercice.
La loi prévoit un deuxième tour en cas
d'échec mais seulement entre les deux
premiers candidats. S'il y a besoin d'un 3ème
tour, on s'en remet alors et alors seulement à
l'élection par la majorité relative.
Les adjoints du président sont élu selon le
mode électoral de la liste, où est réservé le
tiers des candidatures aux femmes,
obligatoirement, selon la même procédure
d'élection du président.
b- Le président du conseil: (Art. 101/111)
Il met en œuvre les délibérations du conseil et
exécute ses décisions.
A cet effet, il exerce le pouvoir réglementaire avec
des décisions publiées dans le bulletin officiel des
collectivités territoriales
- veille à la réalisation du programme de
développement régional
- étant l’ordonnateur, il exécute le budget
- prend les décisions nécessaires pour organiser
l’administration de la région et y détermine les
compétences
- fixe le prix des services ainsi proposés, les taxes et
les revenues de la région selon les modalités
établies par la loi
- conclut et exécute les contrats des crédits dans
les limites définies par le conseil
- s’occupe des rentes de la région (loyers)
- gère et conserve le domaine foncier (public et
privé) de la région
- se préoccupe de la bonne marche des services
publics de la région
- signe les conventions de coopération et de
jumelage
- il est le chef hiérarchique de tout le personnel de
l’administration régionale
- il peut avoir 4 chargés de mission au maximum
- il est enfin responsable de la documentation de
la région et de sa conservation, y compris les
pièces justificatives des notifications et des
publications
- il supervise et approuve les contrats de travaux
publics
- Il représente la région devant la justice
- il lui est possible de déléguer sa signature à ses
adjoints, le directeur général des services et les
chefs de services, exception faite de la gestion
administrative et ses fonctions comme
ordonnateur ,
- il peut déléguer une partie de ses compétences
à ses adjoints
- il doit rendre compte au conseil au
début de chaque séance de toutes les
activités précédemment citées
=) si le président s’absente plus d’un
mois, il est remplacé automatiquement
et provisoirement, dans toutes ses
fonctions, par un de ses adjoints, sinon
par un membre du conseil ( le plus
ancien élu et le plus âgé)
c - Le secrétaire et son adjoint :
Ils sont élus également mais selon la
majorité relative. Si deux candidats au
poste de secrétaire réalisent le même
score, on désigne le plus jeune. A âge
égale, on s'en remet au tirage au sort
sous le contrôle du président du conseil.
Le secrétaire et son adjoint s'occupent
de la préparation des réunions du
conseil, la rédaction des compte rendus
de ces réunions et leur conservation.
d- Les groupes :
Par esprit d'efficacité, la loi autorise les
élus à s'organiser en groupes de 5
membres au minimum. Ils se donnent un
nom et désignent leur président, qui doit
informer le président du conseil de cette
démarche pour qu'elle soit affichée au
sein des locaux de la région. L'important
est que tout conseiller qui n'est pas déjà
dans un groupe peut rejoindre après le
groupe de son choix, librement.
e- Les commissions permanentes:
Le conseil forme dès sa première réunion,
juste après l’établissement de son règlement
interne, trois et jusqu'à sept commissions au
maximum. Elles s'occupent respectivement
du budget et des finances, le
développement économique, social,
culturel, de l'environnement, et de
l'aménagement du territoire.
Les présidents des commissions et leurs
adjoints sont élus parmi leurs membres à la
majorité relative et démis de leur fonction à
la majorité absolue. Les membres du bureau
régional ne peuvent en faire partie qu'à titre
très exceptionnel. Et personne n'est autorisé
à siéger au sein de plus d'une commission.
L’opposition a droit à la présidence d’une
commission au moins.
f- Les commissions provisoires :
Le conseil peut en créer selon ses
besoins, pour étudier des domaines ou
des sujets précis. Leur mission s'achève
au moment où elles rendent leur rapport
au président à fin de le présenter au
conseil.
g- Les sessions ordinaires du conseil :
Elles sont trois : le mois de mars, puis juillet et
enfin octobre. Elles sont faites d'une réunion
ou plusieurs. Il est possible qu'elles durent 15
jours renouvelable une fois.
Le wali y assiste sur invitation du président. Il
peut intervenir mais ne participe pas au vote.
S'il y a besoin de convoquer quelques
fonctionnaires et haut fonctionnaires des
services extérieurs devant le conseil, le
président le fait par l'intermédiaire du wali.
h- Les sessions extraordinaires :
Elles peuvent avoir lieu sur demande du
président, d'un tiers des conseillers. A la
demande de la majorité, elles sont
obligatoires, comme à la demande du
wali.
- Voir la loi organique 11-59 qui modifie et
complète la loi 15-34 et la loi 1.15.84 pour
l’exécution de la loi organique 112.14 (juillet
2015).
Il faut noter enfin que l’organisation des
autres collectivités répond aux mêmes
principes et modalités. La seule
spécificité marquante et celle des
communes qui sont en contacte directe
avec la population, ses besoins et ses
attentes, et ce au quotidien.
3- L’agence régionale pour l’exécution des projets
La création de l’agence est dictée par la loi
(at.128), qui lui confère ensuite la personnalité
morale publique, et l’autonomie administrative et
financière en conséquence. Elle fonctionne sous la
tutelle du conseil régional et le contrôle financier
de l’Etat.
Il lui incombe d’épauler le conseil par son expertise
technique et financière chaque fois qu’il le lui
demande. Elle a aussi un rôle de proposition, en
particulier pour la création de sociétés de
développement régional. (At. 130)
1- L’organisation de l’agence:
Elle fonctionne sous le contrôle d’un comité
spéciale dirigé par le président de la région
et composé de: 2 membres du bureau du
conseil désignés par le président, un
membre de l’opposition désigné par le
conseil, le président de la commission du
budget et de programmation, le président
de la commission du développement
économique et social, et le président de la
commission de l’aménagement du territoire.
Dirigée par un directeur, l’agence demeure
sous le contrôle du comité qui s’occupe
d’établir le budget, assurer le suivi de son
exécution, évaluer les résultats, approuver
l’organigramme de l’agence et son rapport
annuel et garde la possibilité de demander
une évaluation de son fonctionnement. Il
tient informer le conseil régional de toutes les
données nécessaires durant la session
d’octobre. La commission peut déléguer
certaines de ses prérogatives au directeur de
l’agence.
La commission se réunie à la demande du
président en trois session: février, juin et septembre.
Elle peut aussi se réunir dans des sessions
exceptionnelles chaque fois que c’est nécessaire.
Le wali ou son représentant y assiste à titre
consultatif. C’est le cas également du directeur de
l’agence et le directeur général des services
régionaux. A ce titre, le président peut convoquer
toute personne susceptible d’aider la commission
dans son travail.
Ses réunions sont valides avec plus de la moitié des
membres. Après deux convocations, la commission
peut délibérer avec les membres présents.
Les décisions sont prises à la majorité
absolue, et en cas d’égalité des voix, c’est le
côté du président qui s’impose. Le directeur
est nommé par le président du conseil mais
cette décision est soumise à l’approbation
du ministère de l’intérieur ou son
représentant. Le poste de directeur ne tolère
pas le cumul avec toute autre fonction
publique ou privé.
2- Le directeur de l’agence:
Selon l’article 139, il a toute autorité pour
s’acquitter de sa tâche, la gestion de l’agence.
A cet effet, il agit en son nom mais toujours sous le
contrôle de la commission
Il exécute les décision de la commission de
contrôle
Il prépare le budget de l’agence
Il prépare un rapport administratif et financier
annuel sur l’activité de l’agence
Il représente l’agence en justice et peut déléguer
sa signature à un adjoint, sa signature seulement.
L’article 140 fait de lui le chef hiérarchique des
employés de l’agence. Il s’occupe du recrutement
et bénéficie de l’autorité de sanction.
V - Le service public
et la décentralisation technique:
Une première difficulté émane de la notion du
service public, elle est liée à celle soulevée tout au
début du cours à propos de la définition de
l’administration et du droit administratif. En effet,
faut-il s’en tenir à la définition organique ou
matérielle ? La réponse est la même qu’au départ,
il faut user des deux car elles sont
complémentaires.
Souvent, il se définit ainsi : « l’activité qui
cherche à réaliser l’intérêt général.
Gérée par des personnes publiques ou
privées, ou les deux, elle bénéficie de
certaines prérogatives de puissance
publique et reste soumise entièrement
ou partiellement au droit administratif et
à la tutelle. »
1- Les fondements du service public :
(La décentralisation technique)
a - Il est géré par l’État ou
d’autres personnes de droit public, des
fois par des particuliers mais sous le
contrôle de l’autorité publique.
b- Il doit non seulement concourir
à la réalisation de l’intérêt général mais
ce dernier est sa raison d’être, l’essentiel
de sa mission.
c- Il est organisé en conséquence
avec des moyens juridiques et
matériels adéquats.
2- Les principes généraux du service public :
Ils sont essentiellement trois.
Le premier se rapporte à la continuité
obligatoire du service public et s’oppose à la
grève totale.
Le second est celui de l’égalité des citoyens
devant le service public, l’égalité des
citoyens dans la même situation requise par
le service.
Enfin, le service public se doit de s’adapter
aux besoins recherchés et évoluer en
3- La classification des services publics
a - Il y ceux désignés par l’objet de
leur activité. On trouve dans cette
catégorie les services publics
administratifs, les services publics
industriels et commerciaux, les services
publics syndicaux et professionnels, les
services sociaux.
b - Ceux classés selon l’autorité de
l’administration de les créer ou pas. On y
trouve les services gratuits par opposition aux
services payant. Les services facultatifs et
ceux obligatoires.
c - La classification peut aussi se faire selon
l’étendu géographique sur laquelle porte
l’action du service. Il y a ainsi des services
nationaux et des services attachés aux
collectivités territoriales.
4- Les modes de gestion des services
publics
a - Il y a d’abord l’administration
directe. Ici c’est toute l’organisation
étatique, les ministères, leur
organisation et tout service qui s’y
attache. Il n’y a pas d’autonomie. Ils
constituent le prolongement normal de
l’État et son administration.
b - Puis il y a les établissements publics. Ils
se différencient de l’administration par leur
autonomie. Ils ont la personnalité morale
publique et, en conséquence, l’autonomie
budgétaire et leur propre personnel, mais
agissent sous le contrôle de l’entité publique
qui les a crées, État ou collectivités
territoriales. Les services publics, ils peuvent
être administratifs, professionnels ou sociaux.
Ils doivent cependant respecter leur
domaine de compétence.
c - Viennent ensuite les services
autonomes. Leur création relève du pouvoir
législatif, mais ils sont initiés par le
gouvernement sur la base de loi
d’habilitation. Se sont souvent des offices,
des directions spécialisées ou des agences
qui travaillent pour et sous le contrôle d’un
ministère.
d - Il y a aussi des services organisés selon
la notion de l’entreprise publique, l’entreprise
mixte, puis la concession, la gestion
délégué… L’important ici c’est le ou les
propriétaires du capital.
Rappelons en conclusion de cette
partie que toute l’organisation
territoriale technique ou administrative,
dans toutes ses formes, travaille et
évolue sous le contrôle des agents
d’autorités précédemment cités.