Cours 8 : L’industrie bancaire : structure et concurrence
Texte du recueil: Chap 16, Mishkin, Eakins Serletis « commercial banking industry
structure and competition »
L’industrie bancaire est assez concentrée au Canada.
Présence des big six : 6 grandes banques commerciales qui dominent l’industrie. Elles
représentent plus de 2/3 des dépôts
Section I : historique du système bancaire au Canada
La plus vielle banque c’est la banque de Montréal. Elle a été crée en 1817 sur le modèle
de la «Bank of the United States».
Pour l’évolution de la réglementation voir graphique 1
A l’origine, les banques :
émettaient leurs propres billets garantis par de l’or. Tous les billets en circulation
étaient dans le passif des banques
Acceptaient les dépôts et émettaient seulement des prêts commerciaux
Il y avait peu de réglementation
En 1850 il y a eu la 1ère tentative de réglementation par le « free banking act » qui avait
pour but d’augmenter les liquidités dans le système économique.
Ce banking act a permis :
- l’établissement de banques sans chartes → réglementations laxistes (excès de tolérance)
- l’établissement de banques sans succursales, un système plus proche de celui des USA
- Cependant, il y avait des conditions pour l’émission de monnaie qui découragèrent la
constitution de nouvelles banques.
En 1866 « Provincial Notes Act » qui autorise l’émission de billets par les provinces.
Cela a eu pour effet de mettre un terme au pouvoir des banques d’émettre leur propre
monnaie
En 1867 c’est la naissance de la confédération
En 1870 le « Dominion Notes Act » permet encore aux banques d’émettre les billets de
plus de 5$, et donne le monopole aux provinces d’émettre les petits billets (basés sur l’or)
En 1871, le « First Bank Act » établit un environnement réglementaire pour l’industrie
bancaire :
• Établissement des chartes
• Capital requis
• Emission de billets limitée au capital plus les réserves. 1/3 des réserves gardées
sous forme de billets du dominion, pas de prêts hypothécaires etc…
De 1881 à 1813 c’est la révision du « 1st bank act ».
La 1ére révision a lieu entre 1873 à 1879 : contexte de dépression économique (faillite)
mise en place d’un système d’assurance pour les dépôts financé par les banques
facilite les fusions
Mise en place d’audit bancaire pour augmenter la surveillance des banques
En 1914 on met en place « Finance Act ». Cet acte apparaît dans un contexte de
suspension de la convertibilité des billets du Dominion et des banques en or dans un
contexte de guerre ou les gens essayaient de convertir leurs billets en or.
→ Cet acte permet au Ministère des finances de jouer le rôle de prêteur de dernier ressort.
1935 : Création de la Banque du Canada
Section II : structure de l’industrie bancaire Canadienne
En juin 2009 il y avait 73 banques commerciales dont 53 étrangères.
Au Canada, les banques sont divisées en 3 catégories
Catégorie I : Au nombre de 19 dont les Big Six (sept avec la banque
Laurentienne). Les Big Six comprend la RBC, BMO, CIBC, Banque de Nouvelle
Écosse, TD, BN. Ces banques contrôlent plus de 92% des actifs de l’industrie
Participation au capital action (ownership) était strictement limitée à 10%
Depuis 2001, pourrait aller jusqu’à 20 % des actions votantes
Les autres banques forment les catégories 2 et 3
Révision du Bank act de 1981 permet aux banques étrangères d exercer au travers de
filiales canadiennes. début de l’ouverture du secteur bancaire canadien.
À partir de juin 1999, les banques étrangères peuvent s’établir au Canada comme banque
de catégorie II ou III.
Les banques de catégorie II sont des filiales canadiennes de banques étrangères, et les
banques de catégories III sont des banques étrangères avec succursales au Canada.
Il y a plus de 3000 institutions financières :
- trust, compagnies de fiducies
- sociétés de crédit immobilier
- caisses populaires
- compagnies d’assurance etc…
Section III : Concurrence sur les quatre piliers
Pendant longtemps, la caractéristique de base du système financier canadien était la
séparation entre banques et autres institutions financières système des quatre piliers
(four-pillar approach) approche de la réglementation par institutions et non par
fonctions. cloisonnement du système financier
✓ activités bancaires
✓ activités de courtage
✓ activités fiduciaires (incluant sociétés de prêts hypothécaires et sociétés de
coopérative)
✓ activités liées à l’assurance
Transformation du secteur financier :
Innovations et mondialisation décloisonnement du système financier
→ la recherche d’activités lucratives et possibilités technologiques accrues ont conduit
les institutions financières à se faire concurrence sur leurs territoires respectifs malgré les
réglementations en vigueur.
→ Par exemple : les plus importantes firmes de courtage acquises par les banques
(années 90) + banques investissent l’activité de l’assurance.
→ En réponse a ces forces les barrières règlementatires sont peu à peu tombées.
→ Dans les années 80, révisions du Bank act : permet aux institutions
financières canadiennes et étrangères de posséder jusqu'à 100% des firmes
de courtage.
→ La revision de 1991 du Bank act permet la propriété croisée via des filiales
→ Décloisonnement du système financier (aux USA abrogation du Glass-steagall act)
Système des quatre piliers a depuis disparu Convergence vers un marché unique des
services financiers consolidation de l’industrie bancaire avec création de groupes
financiers a cheval sur l’ensemble des activités (au travers de filiales)
Section IV : Activités bancaires internationales
On remarque une forte présence des banques canadiennes sur les marchés financiers. En
effet, 37% des actifs des big six sont en activités internationales.
Cette présence internationale est justifiée par :
• Les activités internationales des firmes canadiennes qui ont besoin des services
financiers à l’étranger
• Par l’activité d’investissement en obligations étrangères qui est une source de
profits
• Des activités sur les marchés des eurodevises (dépôts en devises dans des banques
à l’extérieur des frontières nationales) ex : dépôts en $US dans une banque
française ou allemande = eurodollars
• Activités au niveau des prêts internationaux aux pays en voie de développement
(Mexique, Brésil, Venezuela…)
→ On observe des pertes dues aux défauts de paiement.
→ Les banques ont donc préféré rééchelonner les dettes plutôt que faire
faillite.
→ Il y a aussi un recyclage des larges surplus des pays exportateurs de
pétrole.
La présence des banques étrangères au Canada a été possible par la révision du Bank Act
en 1981. Elles représentent 12% du total des actifs bancaires au Canada.
Conclusion : Il y a plus de globalisation financière.
Section V : Innovation financière et évolution de l’industrie bancaire
→ Innovations financières en réponse au changement de l’environnement économique
afin de maximiser les profits. Ceci a été une source de concurrence croissante pour
l’industrie bancaire traditionnelle.
→ L’activité traditionnelle de distribution des prêts ( financés par dépôts) a décliné →
Émergence du «Shadow Banking System» ou le prêt par l’intermédiaire du marché des
titres s’est en partie substitué au prêt bancaire.
Ces innovations financières ont été le produit de 3 facteurs :
• Changement des conditions de demande sur les marchés financiers (on demande
de nouveaux produits). Inflation et taux d’intérêt élevés → besoin de couverture.
• Changement des conditions d’offre à cause de l’informatisation.
• Réglementations financières sont de + en + pesantes
→ stimulation de l’ingénierie financière.
:
Réponses aux changements des conditions de demande : la volatilité des taux
d’intérêts
→ La volatilité des taux d’intérêt dans les années 80 (entre 5% et 15%) conduit à
beaucoup d’incertitude qu’on appelle le risque de taux.
→ L’augmentation du risque de taux augmentation de la demande de produits et
services financiers capables de réduire ce risque.
→.Développement de l’ingénierie financière pour répondre à cette demande → 2
innovations majeures:
• Prêts hypothécaires à taux révisable.
Le prêteur dispose du droit d’ajuster le taux d’intérêt dans des conditions spécifiées au
contrat.
Prêts à taux variable est une catégorie de ce genre de prêts risqués crise sub-primes
• Dérivés financiers (Couverture/spéculation)
créer des contrats à terme sur les produits financiers a^appelés dérivés financiers car
dépendant de titres sous-jacents (Création de dérivés de dérives ¨Conduit à parier sur le
paris !!)
ex : les ABS ou MBS, CDS
Réponses aux changements des conditions d’offre : les technologies de l’information
→ Ces technologies ont réduit :
1. le coût de règlement des transactions financières → Nouveaux produits et
services financiers pour le public.
2. le coût d’acquisition de l’information pour les investisseurs. → Facilite
l’émission de titres financiers.
• Carte de crédit et débit.
Plusieurs Banques se sont introduites sur ce marché très profitable : ( il y a plus de 200
millions de carte de crédit dans le monde)
• Banque Électronique : (e-banking)
→ ATM = Automate de banques
→ Banque à domicile pour transactions financières courantes.
→ Banque virtuelle → ex :ING, Security First Network Bank Banque virtuelle basée à
Atlanta mais détenue par la RBC)
• Développement du marché des junk-bonds obligations à haut rendement et haut
risque.
Amélioration des technologies de l’info réduction de la sélection adverse Ce qui
facilite l’accès aux marchés financiers de sociétés nouvelles et peu connues Junk-bond.
Ce marché a été initie par Michael Milken avec une capitalisation excédant 200 milliards
fin des années 80.
• Papier commercial (billet de trésorerie)
Titres de dette de court terme émis par les entreprises
plus 1700 milliards fin 2008 beaucoup remplacé le recours au prêt bancaire.
Le développement des fonds collectifs d’investissement monétaires ( Money market
mutual funds) + fonds de pension ont beaucoup stimulé le développement de ce marché
• La titrisation (titres adossés à titres, actifs ou valeurs immobilières, ABS, MBS
CDS),
Processus de transformation d’actifs financiers illiquides (Notamment les prêts
immobiliers commerciaux et résidentiels, crédits auto, factures de carte de crédit, les
prêts étudiants) en titres échangeables sur les marchés des capitaux.
→ Regrouper dans un pool un portefeuille de prêts de petits montants (moins de
100 000 $), recouvrer le paiement du principal et intérêt puis s’en défaire en les
transférant à des tiers. → Responsable en grande partie de la crise des subprimes.(
AbS, ,MbS, ,CDS découpés en tranches ).
L’exploitation des lacunes réglementaires :
Face à la réglementation → tentatives de contournement de cette réglementation. en
particulier deux d’entres elles :
- Les réserves obligatoires
→ agissent comme un impôt sur les dépôts coût d’opportunité lié à leur détention
Par exemple une banque à intérêt à émettre du papier commercial plutôt que s’efforcer
d’accroître ses dépôts.
- Plafond d’intérêts créditeurs
→ limite maximale sur les taux d’intérêts pouvant être versés sur comptes a terme etc…
→ exemple de la réglementation Q aux USA
→ peut être source de désintermédiation → perte de dépôts
→ pour échapper à ces contraintes tout en attirant des fonds → développement de :
→ fonds du marché monétaire : Aux USA ces fonds fonctionnent comme
un compte cheque rapportant des intérêts. Intérêts versés sous forme de parts. Représente
quelques 3 000 milliards de $ aujourd’hui.
→ compte à nivelage quotidien (sweep accounts). Compte ratissé en fin de
journée. Solde supérieur à un certain montant réinvesti dans titres au jour le jour
rapportant des intérêts.
Conclusion : Innovation financière et déclin de l’activité bancaire traditionnelle.
L’innovation financière → les Banques ont perdu leur avantage sur l’intermédiation
traditionnelle des fonds « emprunter court → dépôts »-« prêter long → prêts ».
→ Banques offrent % trop bas pour attirer les fonds.
→ Les firmes ont d’avantages accès a d’autre fonds que ceux des banques.
Banques se tournent vers des activités plus rentables mais risquées
- Élargissement des crédits (activités de prêts traditionnels) à des domaines
plus risqués…prêts immobiliers commerciaux etc…
- Financement de rachats d entreprise avec effet de levier
- Développement des activités hors bilan…titrisation, commissions
Ceci a augmenté prises de risques et a contribué à crise financière 2008 (bulle alimentée
par le crédit) et implique de nouveaux défis en terme de régulation bancaire.
Section V : La réforme de 2001-la loi C-8
Pour accompagner les changements dans l’environnement concurrentiel de l’industrie des
services financiers , il y a eu évolution de la législation. Cette réforme a pris effet en
octobre 2001 → loi (C-8) ou reforme du Bank Act (rapport Mc Kay)
Réforme qui introduit de nouvelles possibilités pour les alliances stratégiques et accords
de partenariat afin de stimuler la concurrences et de permettre le développement de
nouveaux produits innovants.
Éléments importants de cette reforme sont :
- holdings bancaires
Avant la reforme → modèle du ¨«Bank as Parent»¨ ou toutes les fonctions bancaires et
les filiales faisaient l’objet de la même réglementation
Avec la reforme, les banques ont l’option de former des holdings, c’est-à-dire de former
une corporation avec plusieurs compagnies,( un même groupe financier peu avoir
plusieurs filiales)
-Bancaire
-Assurance
- Courtage….
Inspiré du modèle américain, notamment le «Gramm-Leach-Bliley Act» (1999) qui vient
annuler le «Glass-Steageall Act».
Les avantages de la structure de holding :
→ Permet aux banques de s’engager dans d’autres activités rémunératrices (carte
de crédit , conseils en placement etc…)
→ Certaines activités ( autres que les activités de dépôts et d’assurance) sont
moins réglementées tout en étant chapeautées par le même holding,
→ le modèle de holding permet de réaliser des économies d’échelles et de
gammes au travers d’alliances stratégiques et/ou de partenariats.
- Investissement
Permet une plus grande flexibilité aux banques quant à l’accès à l’internet et aux
technologies sans fil qui sont critiques pour leur développement.
- Règles touchant à la propriété
Autre point important de cette reforme, les règles touchant à la propriété .Une reformes
du régime de propriété fondé sur les capitaux propres.
Niveau de capitaux propres Restrictions de la propriété
Élevé, (> 5 milliards de $) participation multiple
plafond de détention d’action avec le droit
de vote est plafonné à 20 %.
→ les 5 grandes banques
Moyen, (1 à 5 milliards $) 35% des actions peuvent appartenir au
public.
Peu élever (moins de 1 milliard $) aucune restriction.
- Élargissement du système de paiement CAN a de nouveaux adhérents.
→ le CP act (Canadian Payment association act)
→ Ont maintenant accès au LVTS et au Automated Cleaning Settlement System
(ACSS) :
: -Compagnies d’assurance
-Courtier en titres
-Fond mutuels du marché monétaire
- Assouplissement des règles de fusion : concernant les grandes Banques (Capital
supérieur a 5 milliards de $).
→ Processus politique passant par l’examen parlementaire
- Création d’un Ombudsman au niveau national pour les services financiers
Théorie de la structure Financière
Recueil texte Chapitre 14 de Mishkin, Eakins Serletis, « financial markets and
institutions »
Question 1 : pourquoi les intermédiaires financiers (banques en particulier) sont plus
importants que les marchés des titres pour acheminer les fonds aux emprunteurs ? → Il
faut s’interroger sur la structure financière efficace, finance directe ou indirecte
(intermédiée).
Ils permettent de mieux gérer une information asymétrique :
1) sélection adverse (information cachée)
2) Risque moral (effort caché)
Question 2 : Pourquoi les contrats de dette sont préférables aux contrats de fonds
propres pour gérer le risque moral ?
Idée : les firmes sont financées soit :
par contrats de dette, les banques en particulier
par contrats de fonds propres.
S’interroger sur la raison d’être des différents contrats financiers.
Question 3 : Pourquoi y a t il des crises financières ?
Section I : structure financière (quelques faits)
Financement externe des entreprises non financières au Canada (flux
bruts
Description de la structure financière au Canada et dans dans le monde.
Les prêts bancaires représentent 58%. du financement des entreprises
Dans la catégorie des prêts non bancaires, les obligations représentent 15% et les
actions 12% du financement des entreprises
Les autres prêts non bancaires représentent 15%
Il y a 8 faits stylisés importants :
1) Les actions ne constituent pas la principale source de financement externe des
entreprises
2) Il en est de même avec les instruments de dette (de type obligation)
3) Le financement indirect via les intermédiaires financiers constitue la principale
source de financement externe des sociétés
4) Par leurs prêts, les banques constituent la principale source de financement
des sociétés
5) Le secteur financier est l’un des secteurs les plus réglementé de l’économie
6) Seules les grandes sociétés ont un accès relativement facile au financement par
des valeurs mobilières (actions ou obligations)
7) Les prêts impliquent surtout un collatéral (Une garantie)
8) Les contrats de dettes liant les parties sont légalement très complexes et
comportent de nombreuses clauses restrictives
Pourquoi l’intermédiation (financement indirect) est-elle si importante ?
2 raisons :
1) Existence des coûts de transactions
2) Existence des coûts d’information
• Sélection adverse (information cachée)
• Risque moral (action cachée)