Ma bohème
Introduction :
Ce texte intitulé « Ma Bohème » est un sonnet écrit en octobre 1870. Entre 1870 et 1871 Rimbaud
fait plusieurs fugues, une à Paris en train (en août 1870) et une fugue, plus longue, en Belgique
(en octobre), à pied, pour échapper à l’éducation stricte de sa mère. C’est dans ces circonstances
qu’il compose un ensemble de 22 poèmes. Jamais publiés en recueil du vivant de Rimbaud, ils
furent conservés par son ami Paul Demeny et connus sous le nom de Cahiers de Douai. Ils seront
publiés partiellement en 1888 et dans leur intégralité en 1893. Ce texte est le dernier poème du
second cahier.
J’étudierai ce poème dans le cadre du parcours « Émancipations créatrices » dans la mesure où
l’errance choisie par le poète qui se peint en vagabond est l’occasion pour lui de nous livrer sa
conception de la poésie, en font un poème du voyage.
problématique
En quoi ce sonnet est-il un hymne à la liberté et à la création poétique ?
J’analyserai ce poème en 2 mouvements :
1. 2 quatrains = l’émancipation du jeune poète fugueur épris de liberté.
2. 2 tercets = une nature émancipatrice, source d’inspiration poétique.
Conclusion :
Ce poème illustre parfaitement le surnom que lui a donné Verlaine : « l'homme aux semelles de
vent ». C'est un résumé de la vie de Rimbaud qui multipliait les fugues, aimait communier avec la
nature, une de ses sources d'inspiration avec les textes antiques. La poésie a le pouvoir de
transformer la misère en qqch de poétique et de de positif. Cette liberté se retrouve dans son
écriture : reprend la forme du sonnet et utilise des thèmes lyriques antiques mais en les
transformant de façon provocante et amusée car il refuse de se prendre trop au sérieux. C'est un
manifeste pour une poésie nouvelle et anticonformiste.
OUVERTURE :
lien avec le poème « Sensation » (thème de l'errance, la nature); lien avec un des tableaux de Van
Gogh Les Souliers (rendre poétique un objet du quotidien). La « Bohème » en musique: Puccini -
Queen.
Ophelie:
Introduction :
Dans le premier Cahier de Douai, « Ophélie » est le 1e poème d'une série de 4 qui font référence
à l'Histoire de l'Art: Ophélie, Villon, Tartuffe, Vénus. Quand il écrit ce poème dans une lettre datée
du 18 mai 1870 au célèbre poète parnassien Théodore de Banville, le récit et la gure
shakespearienne d'Ophélie sont déjà devenus un mythe littéraire
et pictural. Jeune vierge naïve et jouet des hommes que sont son frère, son père et Hamlet, elle
meurt de chagrin et prend la gure d'une nymphe emportée par les eaux dans un écrin de verdure
bercée par on doux chant. Ce poème est structuré en trois parties et se compose de 9 quatrains
en alexandrins réguliers.
J'étudierai ce poème dans le cadre du parcours « Émancipations créatrices » dans la mesure où
Rimbaud
s'approprie un mythe reconnu pour exprimer sa propre voix.
problématique
Comment Rimbaud représente sa parole poétique au travers de la représentation
traditionnelle d'Ophélie ?
J'analyserai ce poème en 3 mouvements :
1ère partie 4 quatrains = le personnage mythique d'Ophélie célébré par la Nature.
2eme partie, 4 quatrains = ce personnage tragique est proche de la gure du poète
3ème partie, 1 quatrain = la voix du poète s'approprie le mythe.
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Conclusion :
« Ophélie » fait partie des trois textes que Rimbaud joint à sa lettre adressée à Théodore
de Banville dans l'espoir d'être publié par les Parnassiens. Il s'agit donc d'un poème
équilibré dans la construction et à l'esthétique soignée qui correspond à son époque. Le
poète propose sa version d'Ophélie, l'élégie se mêle à un registre fantastique, le
personnage d'Ophélie, fantomatique, est plus sombre que l'original et possède une
dimension symbolique mystérieuse. Le lecteur peut percevoir la voix du poète, qui s'inscrit
dans une véritable liation littéraire et picturale.
En quête de visions, il est prêt à explorer les limites les plus dangereuses de la folie !
OUVERTURE possible : mythe Orphée - Eurydice qui, par sa mort, entre dans l'éternité et
permet la naissance du chant et de la folie poétiques. / Vénus Anadyomène pour autre
reprise d'un mythe
Le mal
Introduction :
Ce poème « Le Mal » est un sonnet inspiré de la guerre qui vient d'éclater en 1870 entre
la France et la Prusse.
Le choc du con it accompagne sa révolte d'adolescent et plusieurs poèmes de cette
époque mettent en avant ses critiques politiques et sociales. Ainsi, dans ce sonnet d'une
seule phrase aux rimes non classiques (abab - cdcd - eff - egg), Rimbaud prend
violemment parti contre la folie meurtrière des hommes de ceux qui les dirigent.
J'étudierai ce poème dans le cadre du parcours « Émancipations créatrices » dans la
mesure où Rimbaud s'oppose aux doctrines traditionnelles nationalistes et religieuses et
recherche une prise de conscience sensible et humaine.
problématique
Comment Rimbaud dénonce dans ce sonnet les différentes formes du mal ?
J'analyserai ce poème en 4 mouvements qui correspondront à chacune des 4 strophes
1. 1er quatrain = une scène de massacre.
2ème quatrain = la folie guerrière en opposition à la Nature
1er tercet = l'indifférence du Dieu
4. 2ême quatrain. Derrière la guerre, la cupidité
Conclusion :
Arthur Rimbaud met le lyrisme au service de l'engagement pour montrer sa révolte face à
la guerre. En faisant une peinture violente et accusatrice de la guerre, il dénonce la folie
meurtrière des dirigeants. Les deux tableaux qui structurent le poème montrent
l'insoutenable contraste entre l'anonymat et la souffrance des humbles et un pouvoir
politique aveugle et indifférent. L'église n'est pas épargnée puisque l'institution religieuse
est clairement désignée comme complice et caution de la guerre. Il s'émancipe donc d'une
morale traditionnelle hypocrite (ainsi que du rythme classique du sonnet par les
enjambements).
OUVERTURE possible: « Le dormeur du Val » ou ironie de Verlaine dans l'enterrement.
Académie medrano
Introduction :
Blaise Cendrars, de son vrai nom Ferdinand-Louis Sausser, est un poète indépendant du
début du XXe siècle, adepte des fugues et du voyage comme Rimbaud. En marge du
surréalisme (rappel post 1ère GM, 1919) qui entend bousculer les conventions de la
poésie établie. Il écrit Les Sonnets dénaturés d'où est issu ce poème, en 1916, pendant la
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Première Guerre mondiale, alors qu'il vient de perdre sa main droite au combat. Écrivant
désormais de la main gauche et séduit par le développement de la machine à écrire, il se
rend compte que les lettres peuvent s'échapper des contraintes formelles.
l'étudierai ce poème dans le cadre du parcours « Émancipations créatrices » dans la
mesure où Cendrars développe une nouvelle esthétique de la poésie en proposant
d'abord le plaisir ludique, pour les images choisies mais aussi pour la construction du
poème comme sa graphie. Sa conception de la poésie est innovante et libératrice.
problématique :
Comment B. Cendrars utilise-t-il l'image du cirque pour défendre une poésie moderne et
ludique (= qui aime le jeu, s'amuser) et faire la satire de la poésie traditionnelle ?
J'analyserai ce poème en 2 mouvements : 1. Une satire du poète académique: jusqu'à
« entre les doigts de pieds »
2. L'inspiration fantaisiste du cirque pour moderniser la poésie : de « La lle du
directeur... » à la n
Conclusion :
Ce sonnet « dénaturé » est bien un art poétique car, à travers la métaphore du cirque et
du Poète en acrobate,
Cendrars défend une poésie audacieuse, ludique, ironique, qui disloque les règles de la
langue et de la métrique. En cela, il s'oppose donc à la poésie formaliste, rigide, codi ée,
qui n'a plus rien de vivant (sans doute celle du Parnasse).
Ouverture : Cendrars est donc l'un des continuateurs de Rimbaud, qui a voulu lui aussi
s'émanciper des formes poétiques traditionnelles et renouveler la forme du sonnet. La
référence au cirque signale aussi le lien entre le Poète et la vie de Bohème, le nomadisme
et la marginalité sociale.
Ouverture 2 : Apollinaire, calligrammes, ex :
La phytonisse
En 1929, Colette, âgée de 56 ans, publie Sido ou les points cardinaux, récit
sur 4 autobiographique, qui poursuit le travail de remémoration, et d'hommage au monde
de l'enfance entrepris en 1922, avec La Maison de Claudine. Elle cherche à retrouver la
petite lle qu'elle était, mais surtout sa mère Sido qui est la gure centrale, tutélaire, de ce
récit autobiographique. La première partie de Sido lui est entièrement consacrée et son
in uence sur le reste de la famille est perceptible dans les parties Il et Ill consacrées au
Capitaine Colette et à la fratrie.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « La célébration du monde ». Colette
présente ici la personnalité singulière de sa mère et son rapport au monde: dans un rituel
matinal, celle-ci pour présage les uctuations météorologiques.
Le registre épidictique de ce texte repose sur la célébration de la mère, élevée au rang de
prêtresse, telle une pythonisse capable de décrypter les signes que lui envoient la nature
et les « points cardinaux » (allusion au sous-titre initial de l'œuvre, et aux derniers mots de
la nouvelle « elle convoque et elle recueille encore les rumeurs, les souf es et les
présages qui accourent à elle, dèlement, par les huit chemins de la Rose des
Vents »).
Problématique
Comment Colette dans cet extrait autobiographique célèbre Sido souligne son in uence
sur l'autrice ?
2 mouvements structurent ce portrait :
Lignes 1 à 8: La transmission d'une sensibilité singulière (... du Nord)
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Lignes 8 à 19 : La II. Célébration des pouvoirs d'interprétation de sa mère. ( Sido incarne
la Pythonisse)
Conclusion :
L'autobiographie est pour Colette une possibilité de donner vie à la Nature comme à ses
souvenirs d'Enfance. La communion de la Nature se double à celle de sa mère qui l'initie à
un langage secret, magique, que la poésie tente de restituer. La quête de soi passe donc
dans son œuvre par la célébration de la gure maternelle centrale, qui l'initie à sentir la
Nature, à en déchiffrer le sens profond et à perpétuer une singularité.
« Moi, c'est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau. Il ressent plus
nement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a une âme. »
Car j’aimais tant l’aube
Sido, publié en 1930, est un recueil autobiographique dans lequel Colette présente des
souvenirs d'enfance et évoque toute la beauté de la Nature. Sa famille est présente: son
père, le capitaine Jules, ses frères, « les sauvages » et sœurs et surtout sa mère « Sido »
dont elle dresse un portrait singulier. C'est en effet sa mère, proche de la nature, des
animaux et parfois à contre-courant de son époque qui l'initie à la magie du monde
sauvage son Colette, très in uencée par sa mère dans son rapport au monde, nous livre
ici un récit de promenades solitaires à l'aube dont, petite lle, elle était coutumière.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « La célébration du monde ». Colette
exprime le lien privilégié qui la relie à la Nature et le bonheur qu'elle ressent dans ce
contact sensuel avec une Nature mystérieuse.
Or, ces liens profonds qui la relie à sa mère comme à la Nature seront constitutifs de son
identité future.
Problématique
Comment cette célébration poétique de la Nature peut être associée une quête
initiatique ?
2 mouvements structurent ce portrait :
Lignes 1 à 10 : Le départ à l'aube
Lignes 11 à 15 : Le portrait de Colette (... sur les autres enfants endormis »)
Lignes 15 à 23 : Le retour (Je revenais à la cloche... n)
Conclusion :
Cet épisode présente la source de la personnalité de Colette, son lien privilégié à la
Nature. Il peut aussi être interprété comme une mise en abyme de l'autobiographie :
l'écriture, en faisant ressurgir les sensations permet de redonner vie au souvenir et permet
ainsi, pour Colette, au sens propre comme au guré un véritable « retour aux sources ».
Ouverture : Marcel Proust (À la recherche du temps perdu) +
« Moi, c'est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon cerveau. Il ressent plus
nement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a une âme. »
Jour gris
Introduction :
Ce texte publié en 1908 dans le recueil Les Vrilles de la Vigne a été écrit en 1907. Colette
passe alors quelques jours en baie de Somme avec son amante Missy. À son retour, elle
écrit 3 textes autobiographiques dédiés à Missy. Elle y décrit son sentiment amoureux,
mais aussi sa mélancolie. En effet, dans « Jour gris », Colette évoque un jour venteux et
triste au bord de la mer. Elle se réfugie alors dans l'évocation de sa Bourgogne natale.
L'extrait prend la forme d'un dialogue avec l'être aimé, reposant sur l'hypothèse de la
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venue de Missy dans le pays natal de Colette. Ce texte narratif s'apparente également à
un poème en prose par sa disposition en paragraphes courts, sa structure répétitive, ses
effets de musicalité et sa tonalité lyrique.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « La célébration du monde » dans la
mesure où Colette
propose une vision enchantée de son pays natal.
Comment Colette tente-t-elle de célébrer et de partager la beauté de son pays natal ?
2 mouvements structurent ce portrait :
Lignes 1 à 15 : Un paradis perdu envoûtant.
Lignes 16 à 25: Le retour à la réalité
Conclusion : Points clefs : oppositions présent / passé - mer / montagne / introspection et
partage avec l'autre. Nostalgie = séduisante mais dangereuse, puissance d'envoûtement,
le moi passé prend le dessus sur le moi présent. Effet de chute : désillusion. Distanciation
positive que permet l'autobiographie :
retrouve les sensations et charmes passés par la magie du langage. Ouverture : Proust :
7ème et dernier tome de « À la recherche du temps perdu » = le Temps retrouvé = projet
autobio, retrouver par l'écriture le « temps perdu » (cf À la poursuite du temps perdu 1°'
tome)
La haie des aubepines’
Introduction :
Marcel Proust écrit de 1906 à 1922 le cycle romanesque À la recherche du temps perdu.
Proche de l'autobiographie, ces romans présentent un narrateur en quête d'un bonheur
absolu. Celui-ci s'interroge ainsi sur son identité, sa mémoire face au temps qui passe et
le rôle de la littérature. Cet extrait est issu de la 1ère partie « Combray » du premier
volume « Du côté de chez Swann » et présente une des promenades du narrateur au
cours de laquelle il exprime son ravissement / exaltation pour des aubépines en eurs.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « La célébration du monde » dans la
mesure où les aubépines sont comparées à de véritables œuvres d'art. Toutefois, comme
chez Colette, c'est moins par la raison que par les sensations qu'il est possible de pro ter
de leur charme.
Lecture texte → attention à la longueur des phrases ! Appuyez-vous sur la ponctuation,
n'allez pas trop vite.
Comment Marcel Proust arrive-t-il à décrire son admiration pour un parfum évanescent ?
(= délicat et insaisissable)
3 mouvements structurent cet extrait : 1. Lignes 1 à 9 : Le narrateur est en adoration face
aux aubépines.
Lignes 10 à 15: le charme mystérieux des eurs et de leur parfum.
Lignes 15 à n : Le narrateur tente de s'éloigner pour renforcer ses sensations.
Analyse du 1er mouvement narrateur est en adoration face aux aubépines, lignes 1 à 9
Conclusion :
Au-delà du plaisir « communicable », car « il est le même pour tous » qu'offre une image,
le narrateur approfondit ses impressions et s'attache à ce qui, de l'image et de l'odeur, est
évanescent, répétitif, et par là dif cile à cerner et à dire. Mise en avant du rôle majeur des
sensations sur laquelle il s'appuiera lors de l'épisode de la madeleine : sa dégustation
dans une tisane de verveine permettra aux souvenirs enfouis de ressurgir.
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Ouverture, Colette : Moi, c'est mon corps qui pense. Il est plus intelligent que mon
cerveau. Il ressent plus nement, plus complètement que mon cerveau. Toute ma peau a
une âme.
Les lettres elliptiques
Introduction: Jean-Luc Lagarce connaît ses premiers succès en tant que metteur en scène
de pièces classiques, mais c'est en tant que dramaturge qu'il entre dans la postérité, étant
aujourd'hui l'auteur contemporain le + joué en France. Alors que les thèmes de la maladie
et de la disparition sont déjà présents dans son œuvre, il apprend en 1988 sa
séropositivité et c'est à la même époque qu'il débute l'écriture de sa pièce Juste la n du
monde.
Cette pièce ne fut jamais jouée du vivant de son auteur mais entra au répertoire de la
Comédie française en 2008.
L'intrigue est un huis-clos familial : Louis décide de retourner voir sa famille qu'il a quittée
bien des années plus tôt a n de lui annoncer sa mort prochaine. Mais sa mère, son frère
et sa sœur pro tent de sa venue pour l'accuser, chacun à leur manière, de la douleur que
leur a causé son départ et Louis repart nalement sans avoir fait son aveu.
Dans cette tragédie intime et contemporaine, c'est la communication au sein de la famille
qui est le nœud de
tous les problèmes. Lagarce révèle cette faille par l'écriture de dialogues où tout est
incessamment à redire.
Le texte que nous allons étudier se situe au début de la pièce, et laisse la parole à
Suzanne, la petite sœur, la
1ère à se retrouver en tête à tête avec son frère, qui reproche à Louis son manque de
communication.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « crise personnelle, crise familiale » dans
la mesure où chaque membre de cette famille tente de combler cette absence inexpliquée
de Louis par des hypothèses mettant en jeu leur identités propre.
Problématique : comment la tirade de Suzanne révèle-t-elle les dif cultés de
communication au sein de la famille ?
1.1 à 7 : évocation des lettres elliptiques
1.8 à 22 : Le don d'écrire de Louis
1.23 à 29 / n : Un don qu'il réserve aux autres
Conclusion
L'absence a creusé entre Louis et les membres de sa famille un fossé, un vide qui se
traduit par l'impossibilité de dialoguer. Louis, dèle à lui-même et à ses « lettres
elliptiques » n'intervient pas dans la tirade de Suzanne, qui se transforme donc en un
monologue (Louis l'écoute-t-il vraiment ?). En colère ou émue, Suzanne modi e ainsi
souvent son discours, elle peine à exprimer ses pensées avec clarté. Elle parait
constamment lutter pour se rendre intelligible Elle tâtonne puis nit par réussir à exprimer
sa tristesse : l'absence a été trop longue, Louis n'a pas maintenu suf samment le lien
avec les siens, et cet extrait montre que le regret et les reproches ont pris le pas sur
l'amour et l'admiration. Cette scène annonce donc déjà la faillite de l'entreprise de Louis.
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Le monologue de louis
Juste la n du Monde est une pièce écrite en 1990 par Jean-Luc Lagarce, séropositif qui a
conscience de sa mort prochaine quand il écrit cette pièce. Dans cette pièce, Louis, le
personnage principal rentre dans sa famille pour annoncer sa mort prochaine. Louis peut
donc être vu comme le double de l'auteur. Ce personnage repartira cependant sans avoir
rien annoncé, victime et coupable de ces silences, de ces non-dits et de ces
incompréhensions fréquents dans toutes les familles.
Cet extrait de la scène 10 de la première partie, où tous les personnages ont quitté la
scène les uns
après les autres après s'être disputés. Louis revient alors sur scène, seul. Lui qui peine à
exprimer ses sentiments face se livre en n dans ce monologue.
Le long monologue de la scène 10 comporte plusieurs étapes. Au début, Louis tente de
croire que le
monde disparaîtra avec lui à sa mort. (Passage qui donne la clef du titre de la pièce: « ce
qu'on croit toujours [...] / c'est pour avoir moins peur / c'est que le reste du monde
disparaîtra avec soi. »)
Ensuite, il essaie de rendre l'idée de la mort supportable, il espère pouvoir voir les autres
de là-haut.
Cet extrait est plus violent : Louis exprime toute sa rage face à la mort.
J'étudierai cet extrait dans le cadre du parcours « crise personnelle, crise familiale » dans
la mesure
où pour exprimer sa crise personnelle, le personnage ressent le besoin d'exprimer la
destruction de sa famille.
Nous tenterons donc d'examiner comment ce monologue révèle la face cachée de Louis,
celle qu'il n'arrive pas à révéler à sa famille.
3 Mouvements d'analyse : 1. 1.1 à 9: 1er sursaut pour ne pas renoncer
1.10 à 19: La peur engendre le désir de donner la mort, de la maîtriser
20 à 32: Reniement et volonté de prendre le contrôle de sa propre mort.
Conclusion :
Cette scène est donc le monologue déchirant d'un homme confronté à la mort La violence
des paroles se fait presque blasphématoire et traduit son désespoir.
Les connotations religieuses et/ou tragiques de ce monologue accentuent la violence du
passage
Dans les paroles de Louis, la cause de la mort n'est plus subie (entraînée par la maladie)
mais à l'initiative du personnage lui-même, qui veut montrer un visage inconnu de ses
proches. Sa mère le croit donc indifférent à eux mais on comprend ici qu'il n'est
aucunement indifférent : il s'obstine à cacher ses sentiments derrière une façade de
calme, car il veut sembler tout contrôler. Cette confession, qu'il souhaiterait faire à sa
famille sans y parvenir, il la donne au public comme pour un jugement ou une transmission
posthume.
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