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Ironie de la guerre dans Candide

Ce texte de Voltaire décrit la réaction de Candide face au spectacle de la guerre. Bien qu'émerveillé au début, il découvre rapidement les atrocités commises. Voltaire utilise l'ironie pour condamner les horreurs de la guerre et pousser le lecteur à la réflexion.

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Ironie de la guerre dans Candide

Ce texte de Voltaire décrit la réaction de Candide face au spectacle de la guerre. Bien qu'émerveillé au début, il découvre rapidement les atrocités commises. Voltaire utilise l'ironie pour condamner les horreurs de la guerre et pousser le lecteur à la réflexion.

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Séquence II- texte 4

Candide, Voltaire, chap. 3, 1759.

Introduction :
- Auteur / œuvres : Voltaire (1694-1778) est un grand
philosophe du siècle des Lumières (XVIIIe siècle). Il est
l’auteur notamment de Zadig (1747), de Micromégas
(1751), du Dictionnaire philosophique (1764) et de
Candide (1759), un conte philosophique qui met en scène
un héros naïf qui fait son éducation au moyen de diverses
épreuves et rencontres. Ce récit satirique permet de
dénoncer les injustices et les préjugés.
- Texte / contexte : Le texte prend place dans le parcours
« rire et savoir ». Dans le chapitre 3, Candide assiste au
spectacle de la guerre : il en paraît émerveillé. Ce texte
ironique s’ouvre sur un spectacle grandiose et Voltaire se
sert de ce tableau faussement élogieux pour dénoncer les
atrocités des guerres.
- Problématique : comment, dans ce texte à la tonalité
ironique, Voltaire réussit-il à condamner les horreurs de la
guerre ?
- Mouvements : 3 mouvements (3 paragraphes)

1) Un spectacle grandiose : ligne 1 à 8

- Enumération d’adjectifs mélioratifs renforcés par l’adverbe


intensif « si » qui crée une anaphore : « si beau… ». On
assiste d’emblée à l’émerveillement de Candide face au
spectacle auquel il assiste. Son regard est donc plein
d’admiration. Il constate la beauté de la guerre (ironie).
- 2ème énumération d’instruments de musique (ligne 1 à 2).
Elle apparaît désordonnée. La première impression qui
s’en dégage : une cacophonie mais en fait, il s’agit d’une
« harmonie » (ligne 2). La guerre est donc comparée
(métaphore) à un concert. On a l’impression d’un éloge
mais il s’agit d’une ironie. Il y a quand même le mot
« enfer » (négation) mais c’est une antiphrase !
- Personnifications : les armes deviennent les sujets des
verbes d’action. Lignes 3 à 6. Cela apporte un contraste
avec l’émerveillement de Candide et l’harmonie de la
musique, comme une réalité qui tombe comme un
couperet. Cette personnification apporte l’idée de la mort.
Les victimes sont nombreuses : «6000 ; 100003 les
chiffres = une hypotypose. On en déduit que les armes ont
pris le contrôle, le pouvoir sur les hommes.
- A partir de la ligne 6, on a comme un bilan comptable « le
tout » et « une trentaine de mille âmes ». Le nombre est
élevé : la guerre n’est pas merveilleuse. Elle est
épouvantable. On comprend alors l’aspect ironique du
texte.
- Comparaison, ligne 7 : « tremblait comme un philosophe ».
On a une ironie car Candide se veut philosophe (Voltaire /
Autodérision ?) mais trop naïf optimiste. Il a donc, aux
yeux de Voltaire un grand défaut. Il se prend pour un
philosophe (Leibniz). On a aussi une critique satirique :
comique. Il faut comprendre que Candide est un
spectateur lâche.
- Oxymore « boucherie héroïque » qui sert à opposer la
barbarie à l’héroïsme (subversion) : ce paradoxe a pour
but d’obliger le lecteur à revoir son point de vue sur la
guerre (et à attribuer trop facilement l’héroïsme
militaire…).

Tr : Ainsi, cette scène est perçue du point de vue du


personnage (Candide) . Il fait un apprentissage. Son
admiration / sa peur est paradoxale. Le lecteur assiste à cette
scène ironique et cruelle. Ce qui le pousse à la réflexion.

2) La découverte des atrocités liées à la guerre : ligne


9 à 17
- Ironie féroce « les deux rois (…) Te Deum ». On a une
critique du pouvoir royal et du pouvoir religieux. Les rois
font la guerre de loin. Ils provoquent des morts donc on a
une ironie et une critique forte.
- Euphémisme « il prit le parti d’aller raisonner ailleurs ». En
réalité, il s’enfuit lâchement par peur. On est tjs dans
l’ironie car cette fuite va lui permettre de découvrir
l’envers du décor de la guerre.
- Enumération des victimes nombreuses de la bataille ligne
12 « vieillards criblés (…) filles éventrées ». Le registre est
pathétique et a pour but de susciter les émotions du
lecteur et d’attirer son attention sur les horreurs de la
guerre. Cette énumération a pour but aussi de créer du
réel. On en déduit la violence absolue de la guerre. Elle
aboutit à une régression et à une dégradation générale du
monde.
- Ligne 14 « après avoir assouvi… de quelques héros,
rendaient les derniers soupirs » (atténuation du viol !) : on
a une antiphrase et une litote. Cette ironie a pour but de
déshumaniser et donc de désacraliser les héros. On en
déduit que l’héroïsme guerrier n’est que barbarie. Ici, le
modèle du héros épique est détruit par le narrateur.
- « à demi-brûlées » image encore de la destruction, de
crimes contre l’humanité. Le vocabulaire de la terreur
« criaient ; achevât ; mort » ; gradation de l’horreur. Le
vocabulaire est tragique.
- Champ lexical du corps démembré « cervelles ; bras ;
jambes coupés ». Donc, ici, il ne s’agit plus des humains
mais de l’humanité (vision générale) qui est mise en
morceaux. La guerre détruit l’humanité.
Tr : Dans ce deuxième paragraphe, on passe d’une vision
militaire et comptable à un point de vue plus humain et
compatissant. Candide en perd sa naïveté (confronté au réel)
face à l’horreur des massacres. On remarque aussi un
renversement des valeurs. Le héros ne se bat plus pour
l’honneur : la violence l’emporte et menace l’existence du
monde.
3) La fuite finale de Candide : ligne 18 à 21

- Verbes d’action : « s’enfuit » et « toujours marchant ».


Candide recule, il fait marche arrière ! C’est ironique,
toujours. Il est le contre-exemple du héros épique bien que
sa fuite soit nécessaire à sa survie. Le complément de
manière « au plus vite… » montre et accentue la
précipitation.
- On remarque aussi un jeu sur les sonorités « Bulgares » et
« héros abares » qui renvoient au nom « barbare ». Le
nom « héros » étant une antiphrase car la barbarie
s’observe dans les deux camps. La guerre concerne tout le
monde et elle est particulièrement néfaste.
- Ironie comique « théâtre de la guerre » : cela montre le
tableau tragique de l’humanité où se joue son destin
funeste.

Ainsi, on remarque que Candide a la capacité de prendre


du recul (sens propre et figuré) : la guerre est condamnée
de manière définitive.

Conclusion : Le récit évolue de l’émerveillement à


l’horreur (le personnage évolue, comme le récit). Mais le
texte est à lire sous l’angle perçant de l’ironie. L’éloge de
la guerre est à comprendre comme un blâme (inversion).
Les armes (et non la musique) prennent le pouvoir sur les
hommes (et la réflexion). Face aux victimes, l’attitude de
Candide change. Voltaire se moque de son personnage et
pousse le lecteur (du XVIIIe) à revoir son point de vue sur
la guerre.
Ouverture : lien avec l’objet d’étude et le parcours. Lien
avec Gargantua et les chapitres sur la guerre. Ou encore,
La Fontaine : se servir du rire (satire) pour inviter le lecteur
à la réflexion.

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