TD N° 1
1. Quel est le contexte d’apparition de la Théorie Quantitative de la Monnaie
L’apparition de la théorie quantitative de la monnaie est liée principalement aux apports suivants :
✓ L’explication du Mercantiliste J. Bodin de la hausse des prix par le gonflement de la masse monétaire. Il
stipule que la hausse des prix réside dans l’accroissement de la masse monétaire, elle-même provoquée par
l'afflux d'or et d'argent en provenance du Nouveau Monde (l’Amérique).
✓ L’apport de l’école classique à travers Ricardo selon lequel la quantité de monnaie va déterminer les prix
absolus exprimés en unité de compte sans influencer les prix relatifs des marchandises fixés dans la sphère
réelle. L’augmentation de moyens de paiement ne peut que faire augmenter dans la même proportion les
prix absolus. Ricardo oppose donc la sphère réelle avec la sphère monétaire.
✓ Les néoclassiques Fisher et Pigou affirment la théorie quantitative de la monnaie en procédant à sa
formulation et à l’explication de la relation de causalité entre la monnaie et les prix.
2. Qu’est-ce qu’une approche dichotomique ?
C’est une approche basée sur la séparation en analyse d’une économie entre l’équilibre sur le marché des biens et
services et celui sur le marché monétaire, aucun marché n’a un impact sur l’autre. Le niveau des transactions (PIB
réel) ne dépend pas de la quantité de monnaie. On parle d’une dichotomie entre sphère réelle et sphère monétaire.
En d’autres termes la variation de la monnaie n’a aucun effet sur les variables réelles qui sont déterminées dans la
sphère réelle. La monnaie n'a pas d'effet sur l'activité économique
3. Définir le principe de la Théorie Quantitative de la Monnaie
La théorie quantitative de la monnaie souligne que le niveau général des prix est déterminé par la quantité de
monnaie en circulation dans une économie. Elle stipule que toute variation de la quantité de monnaie entraine une
variation dans le même sens et dans la même proportion du niveau général des prix. La théorie quantitative de la
monnaie correspond donc à la conception dichotomique de l’économie axée sur la séparation des phénomènes réels
et des phénomènes monétaires.
4. Expliquer l’équation de Fisher Mo=P ×T/V
La théorie quantitative de la monnaie soutient que :
- Le volume des transactions T est exogène (T ne peut atteindre qu’un seul niveau parce que les « lois du
marché » sont censées garantir le plein emploi des ressources, notamment du travail).
- La vitesse de circulation de la monnaie V est exogène (dépend des habitudes et des institutions).
Dans ces conditions, la quantité de monnaie en circulation M détermine le niveau des prix P En conséquence, le
niveau général des prix dépend directement et uniquement de la masse monétaire.
Selon les néoclassiques la fonction de demande de monnaie est une fonction croissante du niveau d’activité de
l’économie (le niveau des prix P et le volume des transactions T) par contre elle est décroissante de la vitesse de
circulation Vd’où Md= P ×T/V.
Et comme le marché monétaire est équilibré alors : Mo=Md ce qui signifie que Mo=P×T/V → Mo × V=P.T (Fisher)
Cette équation explique que toute augmentation de monnaie entraine une augmentation des prix car :
✓ V est constante (demande de monnaie ne varie pas)
✓ T est à son maximum (raison du plein emploi des facteurs de productions)
✓ La masse monétaire est une variable exogène déterminée par les autorités.
Donc toute variation de la masse monétaire n’impacte que le niveau général des prix.
1. 5. Comment est considérée l’inflation dans la Théorie Quantitative de la Monnaie ?
Selon cette théorie, une stimulation monétaire n’a pas d’effets bénéfiques durables sur l’économie, elle ne génèrera
que de l’inflation. La relation de causalité entre monnaie et prix tirée par Fisher exprime une conception monétaire
de l’inflation. Ainsi, l’inflation est considérée comme un phénomène monétaire dû à l’augmentation de la quantité
de monnaie en circulation. Elle traduit donc un excès de monnaie.
TD N° 2
1. Déterminer les critiques Keynésiennes pour la loi des débouchés
La loi des débouchés est l’un des apports majeurs de la pensée de Jean- Baptiste Say à l’histoire de la théorie
économique, elle affirme que toute offre crée sa propre demande et s’énonce de la manière suivante : « Tout ce qui
est produit est consommé ». Pour J. B. Say, la monnaie n'est utilisée et désirée que pour le produit qu’elle
permet d’acheter. C’est un intermédiaire dans les échanges. Elle est demandée pour un motif de transaction
uniquement. Elle n’est pas demandée pour elle-même, et n'est donc pas thésaurisée.
Keynes va réfuter cette loi. Pour lui, la monnaie n’est pas un voile, mais elle joue un rôle essentiel, ainsi avec la
définition de la propension à consommer et celle à épargner, met l’agent face au choix de conservation de sa
monnaie pour une consommation future, d’où l’énumération des trois motifs de détention de la monnaie :
transaction, spéculation et précautions.
2. Quelles sont les principes de base du modèle Keynésien ?
L’apport de Keynes repose en plus sur les éléments révolutionnaires suivants :
- Introduction de la monnaie dans le circuit économique à travers l’abandon de la réflexion dichotomique.
La monnaie est demandée pour elle-même.
- Il ne perçoit plus l’emploi comme étant une marchandise quelconque suivant les lois du marché et
naturellement équilibré grâce à la « main invisible ». Ce qui détermine le niveau de l’emploi c’est le niveau
d’activité de l’économie qui est déterminé par le niveau de la demande effective.
- Il remplace la main invisible par une politique économique volontariste menée par l’Etat.
- Les anticipations sont considérées comme un élément clef du comportement des investisseurs en particulier.
- L’équilibre de plein emploi n’est plus la règle.
2. Quels sont les principaux points de divergence entre les analyses classique et néoclassique et celles
Keynésiennes ?
Analyse classique néoclassique Analyse keynésienne
La loi de Say Réfutation de la loi de J.B. Say
Selon la loi de Say qui appartient à La base de la théorie de Keynes est la réfutation de la loi des
l’école classique, tout l’argent gagné débouchés de Say. Keynes conteste cette idée selon laquelle la
par la vente d’un produit, sert au demande de monnaie est destinée uniquement aux paiements
producteur pour acheter d’autres (demande de monnaie de transaction) Au contraire, selon lui, la
produits. Il s’agit d’un circuit dans monnaie n’est pas seulement demandée pour faire des échanges
lequel la monnaie ne sert qu’à faciliter mais aussi par « précaution » (l’incertitude de l’avenir pousse à
l’échange. garder de l’argent de côté) et par « spéculation » (l’argent est mis
Selon la loi des débouchés de côté pour le cas où une bonne opportunité se présenterait). Une
- Les produits s'échangent contre partie des revenus peut être thésaurisée.
les produits, Keynes conteste ainsi la proposition classique selon laquelle
- L’offre crée sa propre demande. l’offre crée sa propre demande, proposition qui démontre
La demande de monnaie est destinée l’autorégulation du marché et justifie le libre- marché.
aux paiements (demande de monnaie de Pour Keynes, seule la demande effective, composée de la demande
transaction). Il n’y a pas de demande de d’investissement et de consommation, constitue le moteur de la
détention de monnaie pour elle-même. production et de l’emploi, réfutant en cela la loi de Say.
Analyse keynésienne
Analyse classique néoclassique
La neutralité de la monnaie La monnaie n’est pas neutre
La monnaie est un « voile », elle est neutre. Elle sert Selon Keynes, la neutralité de la monnaie, fondement
uniquement à faciliter les transactions de la théorie classique et néo-classique, est fausse. Il
économiques. Sa seule fonction est de servir indique que la monnaie a des conséquences sur
d’intermédiaire des échanges. l’économie réelle. Les agents préfèrent détenir leurs
La monnaie, simple intermédiaire, ne fait que richesses sous forme de liquidités plutôt que de faire
dissimuler les marchandises s’échangent entre elles. des placements. C’est ce que Keynes a appelé la
Le seul motif de détention de la monnaie, c’est la préférence pour la liquidité, avancée majeure de
transaction. elle est neutre l’analyse monétaire et les politiques monétaires.
Analyse keynésienne
Analyse classique néoclassique
Chômage volontaire chômage involontaire
Pour les classiques le chômage est volontaire c'est à dire que Pour Keynes le chômage est involontaire, Il
les personnes dont la différence entre utilité et désutilité, ils souligne que le niveau de l'emploi dépend
choisissent donc les loisirs au travail, si le salaire en vigueur du niveau de la production, qui dépend elle-
est trop bas. De même pour les classiques le chômage est même du niveau de la demande effective.
frictionnel, c'est le temps qu'une personne retrouve un emploi Cependant la demande peut être
Dans la théorie classique, le chômage involontaire n'existe pas. insuffisante pour assurer le plein-emploi ce
En effet, une modulation du salaire horaire assure le réemploi qui peut contribuer à un chômage
des chômeurs. En outre, le besoin des travailleurs d'acheter des involontaire, dans la mesure où une
marchandises les encourage à accepter des emplois même à personne est prête à travailler pour un
salaire horaire inférieur. salaire en vigueur.
Donc pour les économistes classiques, le chômage était
uniquement volontaire et dû au refus des salariés d’offrir leur
travail au prix d’équilibre de celui-ci.
Analyse keynésienne
Analyse classique néoclassique
Etat Gendarme L’Etat-providence
Les économistes classiques et néoclassiques défendent Défenseur de l'Etat-providence, Keynes. considère
un « Etat gendarme » dont les prérogatives se limitent que l’Etat doit intervenir en période de crise ; il doit
à garantir le bon fonctionnement des règles du marché sortir de ses seules compétences régaliennes,
et à financer des infrastructures publiques. Ses propres de l’Etat gendarme. Keynes souligne que
prérogatives sont cantonnées dans les limites étroites l’économie doit être soutenue par l’Etat, par le biais
de quelques fonctions régaliennes telles que déclinées de politiques monétaires et budgétaires.
par Smith (armée, justice, police). La politique budgétaire représente pour Keynes le
Donc pour les classiques et les néoclassique l’Etat ne moyen d'action privilégié, même si, la politique
doit pas intervenir puisque le marché est monétaire, sous certaines conditions, peut être
autorégulateur. L’Etat doit donc rester minimal. également efficace.
Analyse keynésienne
Analyse classique néoclassique
La dichotomie entre la sphère réelle et La sphère réelle ne peut dissociée de la sphère monétaire mais
la sphère monétaire elles sont intimement liées
Selon les classiques et les néoclassiques, Keynes va rompre avec l’analyse dichotomique. Pour lui, la
la monnaie n’a pas d’influence sur variable qui permet l’intégration de la sphère réelle et monétaire
l’économie réelle. Il n’y donc pas de keynésienne est le taux d’intérêt qui constitue une variable
relation entre la sphère réelle et la sphère déterminante de la sphère monétaire, et la sphère réelle.
monétaire. Donc la sphère réelle et la Selon les classiques et les néoclassiques, la monnaie n’a pas
sphère monétaire de l’économie sont d’influence sur l’économie réelle. Il n’y donc pas de relation entre
strictement séparées. L’équilibre au la sphère réelle et la sphère monétaire. La sphère réelle et la
niveau de la sphère réelle est sphère monétaire de l’économie sont strictement séparées.
indépendant de l’équilibre monétaire. Pour Keynes, une augmentation de la quantité de monnaie en
circulation dans l’économie conduit à une diminution du taux
d’intérêt. Cette diminution du taux d’intérêt va avoir un effet dans
la sphère réelle à travers l’encouragement de l’investissement et
la hausse du niveau de production.
D’où la conclusion keynésienne que la sphère réelle ne peut
dissociée de la sphère monétaire mais elles sont intimement liées
TD N° 3
L’efficacité de la politique monétaire
Le modèle IS-LM est un modèle qui transcrit des éléments de la Théorie générale de Keynes en termes
néoclassiques. Il a été proposé par John Hicks en 1937, et aménagé par Alvin Hansen. C’est un modèle économique
qui s'inscrit dans le cadre d'une situation de sous-emploi. Il constitue une construction qui réunit, sur un même
graphique : l’équilibre sur le marché des biens et services (IS) et l’équilibre sur le marché monétaire (LM).
Le modèle IS-LM est un outil d’analyse des effets des politiques économiques (politique budgétaire et politique
Monétaire). La politique monétaire conduit à un déplacement de la courbe LM, alors la politique budgétaire agit
sur la courbe IS.
Efficacité des politiques conjoncturelles (la politique monétaire et la politique budgétaire)
Le modèle IS-LM permet de mettre en évidence les différentes variantes de la politique économique et d’analyser
l’efficacité d’une politique monétaire, d’une politique budgétaire ou d’une politique budgétaire et monétaire
combinées.
Les conditions d’efficacité de la politique monétaire
La politique monétaire repose sur une modification de l’offre de monnaie, qui est sous la responsabilité des
autorités monétaires.
La politique monétaire expansionniste
Une politique monétaire expansionniste se traduit par une augmentation de l’offre de monnaie et donc un
déplacement de LM vers la droite.
La hausse de l’offre de monnaie va engendrer une baisse du taux d’intérêt sur le marché de la monnaie, ce qui va
stimuler l’investissement sur le marché des biens et services. La hausse de l’investissement aura un effet
multiplicateur sur le niveau d’activité.
Les enchaînements d’une politique monétaire expansionniste peuvent être résumés par le schéma suivant
L’efficacité de la politique monétaire expansionniste dépend des zones d’intersection avec la courbe IS. Nous
distinguons ici 3 situations :
Si la courbe IS croise la courbe LM dans sa partie Horizontale qui correspond à la situation de trappe à
liquidité
L'augmentation de la quantité de monnaie ne provoque aucune variation du taux d'intérêt (le taux d'intérêt
d'équilibre correspond toujours au taux minimum). Il est sans effet sur l’activité (le revenu national (Y) n’est pas
modifié.
Toute augmentation de l'offre de monnaie est absorbée dans des encaisses oisives. La politique monétaire
expansionniste est tout à fait inefficace.
Si la courbe IS coupe la courbe LM dans la zone intermédiaire
La courbe LM se déplace vers la droite, passant de LM1 à LM2.
L'augmentation de l'offre de monnaie entraîne une baisse de taux d'intérêt (de i1 à i2) ce qui va stimuler
l'investissement et susciter l'augmentation de revenu national Y qui passe de (Y1 à Y2) .
La politique monétaire expansionniste devient efficace.
Si la courbe IS coupe la courbe LM dans sa partie verticale (la zone classique).
La courbe LM se déplace vers la droite, passant de LM1 à LM2.
L'augmentation de l'offre de monnaie aura l’effet le plus important sur le taux d'intérêt. La baisse du taux
d'intérêt étant forte, elle favorisera donc fortement l'augmentation de l'investissement, ce qui grâce au mécanisme
de multiplicateur va se traduire par une forte augmentation de revenu.
La politique monétaire expansionniste devient très efficace.
L'efficacité de la politique monétaire dépend des zones d’intersection entre la courbe IS et la courbe LM. Il faut
que la hausse de l’offre de monnaie provoque une baisse du taux d’intérêt et que l’investissement doit être sensible
(élastique) au taux d’intérêt le niveau d’investissement des entreprises est déterminé par comparaison entre le
niveau de leur calcul d’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt en vigueur.
TD N°4
L’efficacité de la politique budgétaire
La politique budgétaire expansionniste
Cette section explique que la politique budgétaire expansionniste vise à augmenter les dépenses publiques pour
stimuler la production et l'activité économique. L'effet de ces dépenses est visualisé par le déplacement de la courbe
IS vers la droite, ce qui reflète une augmentation du revenu national et une modification des taux d'intérêt.
Effets Directs et Indirects:
• Effet multiplicateur: Augmentation initiale du revenu due à l'augmentation des dépenses publiques.
• Effet sur le taux d'intérêt: Augmentation du taux d'intérêt due à une demande accrue de monnaie, ce qui
peut limiter l'investissement privé (effet d'éviction).
Scénarios de Croisement IS-LM
Le document examine trois cas de figures où la courbe IS croise la courbe LM sous différentes conditions, chacune
ayant des implications sur l'efficacité de la politique budgétaire expansionniste :
Trappe à liquidité (IS croise LM dans sa partie horizontale):
La courbe IS se déplace de IS1 à IS2 sans effet sur le taux d'intérêt.
Efficacité maximale de la politique, avec une forte augmentation du revenu national sans augmentation du taux
d'intérêt. La politique budgétaire expansionniste est très efficace
Zone intermédiaire:
La courbe IS se déplace de IS1 à IS2, entraînant une hausse du taux d'intérêt.
Efficacité réduite due à l'augmentation des taux d'intérêt qui évince partiellement l'investissement privé.
La politique budgétaire expansionniste est efficace, mais moins forte par rapport à la situation précédente.
Zone classique (verticale de LM):
La courbe IS se déplace de IS1 à IS2, avec une hausse significative des taux d'intérêt mais sans augmentation du
revenu.
Inefficacité totale, les dépenses publiques élevées ne conduisent pas à un accroissement du revenu national.
La politique budgétaire expansionniste est totalement inefficace.
Combinaison de politiques budgétaire et monétaire
Le document discute également la combinaison des politiques budgétaires et monétaires comme stratégie pour
maximiser l'efficacité économique, soulignant la complexité et l'interdépendance des deux types de politiques.
Graphique combiné:
Le déplacement simultané des courbes IS et LM vers la droite.
Une hausse du revenu sans augmentation du taux d'intérêt, illustrant l'effet synergique des deux politiques.
Nous avons centré notre analyse graphique sur l'efficacité d'une politique budgétaire expansionniste. Mais dans
le cas d’une politique budgétire restrictive le mécanisme inverse va se produire c’est-à-dire le déplacement à
gauche de la courbe IS.
TD N° 5
Financement de l’économie
I- Economie d’endettement et économie de marchés financiers
1- L'économie d'endettement
L'économie d'endettement est un système financier où prédomine la finance indirecte, sous la forme d'un
financement par le crédit. Celui-ci suppose l'intervention d'un processus d'intermédiation financière et
l'établissement de relations bilatérales individualisées entre les banques et leurs clients.
Les banques prennent un risque de crédit après l'avoir évalué et financé les opérations dont elles anticipent
favorablement le résultat. Le crédit constitue ainsi le principal mode de financement de l'activité productive. Même
lorsque les entreprises ont par leur dimension un accès au marché des valeurs mobilières, la faiblesse du taux
d'autofinancement implique le recours complémentaire au crédit.
Aux Etats Unis d’Amérique, l’économie d’endettement s’est mise en place pour la première après la seconde guerre
mondiale suite notamment aux préconisations de John Maynard Keynes (Théorie générale de l’emploi, de
l’intérêt et de la monnaie, 1936). Cette économie d’endettement a pour caractéristiques principales :
- le financement est assuré par le système bancaire (financement externe indirect). Il y a donc intermédiation
entre les agents qui ont un besoin de financement et ceux qui ont une capacité de financement.
- La sécurité du système est garantie par la banque centrale qui surveille les crédits accordés et refinance
les banques.
- Une forte création monétaire qui fait baisser les taux d’intérêt et favorise donc le crédit (des ménages et
des entreprises).
L'économie d'endettement ne doit pas être confondue avec l'économie endettée. Il n'est pas incompatible qu'une
économie de marchés financiers réalise son équilibre par l'endettement extérieur. La différence majeure entre une
économie d'endettement et une économie de marché financier est que, dans la première, la Banque Centrale est un
prêteur en dernier ressort contraint d'assurer le bouclage du financement de l'économie alors que, dans la seconde,
l'intervention du prêteur en dernier ressort reste discrétionnaire.
2- L'économie de marchés financiers
L'économie de marchés financiers, quant à elle, se présente comme un système financier où les agents économiques
se procurent leurs ressources de financement en émettant des titres sur des marchés. Ce système privilégie donc la
finance directe.
L'activité des marchés permet à l'offre et à la demande de capitaux de se confronter directement sans passer par la
médiation d'un intermédiaire financier. Cependant, les intermédiaires financiers, y compris les banques, sont
présents sur les marchés à la fois comme offreurs et comme demandeurs de titres indifférenciés et non sur
l'opération individualisée qu'est le crédit bancaire. Le crédit n'en constitue pas moins une activité essentielle des
banques. Il est destiné aux agents qui n'ont pas de dimension suffisante pour emprunter sur le marché des titres.
Dans ce cadre, les ratios d'autofinancement des entreprises sont particulièrement élevés. Ils expriment le rapport
de l'épargne brute des entreprises à leur formation brute de capital, et permettent ainsi de confronter la capacité de
financement des entreprises à l'investissement qui a été effectivement réalisée au cours de l'exercice. Des taux
d'autofinancement élevés maintenus sur longue période impliquent que le profit non distribué des entreprises leur
permette de financer l'investissement courant sur leur épargne préalable. Elles font appel au marché financier pour
le financement d'accroissements significatifs de leur activité. Dans ces conditions, les banques diversifient leur
activité et détiennent des actifs diversifiés combinant à des degrés divers risque et rendement. Le taux d'intérêt est,
dans un tel système de financement, à la fois un prix d'équilibre entre l'offre et la demande de capitaux et le coût
des ressources additionnelles.
TD N° 6
Le rôle de la bourse dans le financement de l’économie
1- Définition du marché financier
Le marché financier représente l’ensemble des offres et demandes de capitaux pour des souscriptions au capital
social des entreprises et des placements à long terme. Sur ce marché, sont émis et négociés des titres dont
l’échéance est généralement supérieure à sept ans. Le marché financier comporte deux compartiments :
- Le marché primaire permet aux agents à besoin de financement d’emprunter aux agents à capacités de
financement (les épargnants-investisseurs), les premiers émettant des titres (actions, obligations) pour
obtenir des seconds les capitaux nécessaires.
- Le marché secondaire appelé aussi la bourse permet aux agents qui ont acheté des titres sur le marché
primaire de les revendre en Bourse pour obtenir immédiatement des liquidités.
Par conséquent, les deux compartiments du marché financier sont complémentaires. Un agent économique ne va
acheter des titres « neufs » que s’il a la garantie de pouvoir les revendre en cas de besoin immédiat de liquidités.
2- La bourse
La bourse ou le marché secondaire est le marché sur lequel s’échangent les valeurs mobilières (actions, obligations)
préalablement émises sur le marché primaire. Son rôle n’est pas d’assurer le financement de l’économie mais de
permettre aux épargnants-investisseurs de céder leurs titres aux agents à besoin de financement dans le cadre d’un
marché organisé, structuré et surtout réglementé.
La bourse des valeurs assure aux agents détenteurs de titres la liquidité de leurs placements à tout moment. Il
assure, de ce fait, une transformation de l’épargne longue (le besoin des émetteurs) en épargne courte (celle des
épargnants). Le bon fonctionnement de la bourse repose donc sur l’adéquation entre la durée des titres émis (le
long terme) et la préférence des épargnants pour la liquidité et les placements (le court terme).
Le cours des titres dépend des anticipations des agents économiques car, à la différence des autres marchés, les
marchés boursiers ne réagissent pas aux événements présents mais à ceux qui ont le plus de chance de se produire
dans l’avenir. Les facteurs explicatifs ne sont pas tous rationnels. L’activité boursière doit compter avec la part
d’irrationnel propre aux individus.
Les Bourses sont souvent l’objet de comportements mimétiques, c’est-à-dire d’effets d’imitation. Si le cours d’un
titre augmente, de nombreux investisseurs vont vouloir acquérir ce titre, son cours va continuer à monter
(prédiction auto réalisatrice), provoquant une bulle financière qui va imploser lorsque le mouvement inverse va se
déclencher. Mais, d’autres facteurs peuvent expliquer le niveau du cours d’une action :
- La valeur intrinsèque de l’entreprise qui est mesurée par la capitalisation boursière, résultat du produit du
nombre d’actions de la société par le cours de chaque action.
- L’activité de la branche.
- Les conjonctures nationale et internationale, etc.
Les produits échangés à la bourse peuvent se décliner en deux principaux instruments financiers :
- Les obligations
Sont des titres des créances émis par une entreprise, une collectivité publique ou par l’Etat qui se caractérisent
par un taux d’intérêt et des modalités de remboursement déterminés au moment de l’émission. Ces titres sont
généralement émis sur des échéances longues. Il existe plusieurs types d’obligations parmi lesquels on peut citer :
- Les obligations à taux fixe ;
- Les obligations à taux variable dont la valeur du coupon évolue en fonction de l’indice de marché fixé par
le contrat d’émission ;
- Les Obligations assimilables du Trésor émis par l’Etat ;
- Les obligations convertibles qui offrent les mêmes caractéristiques qu’une obligation classique mais octroie
en outre à son détenteur la possibilité d’échanger le titre contre une action à des conditions précisées
d’avance. Le cours d’une obligation convertible réagit donc non seulement, comme toute obligation, à
l’évolution des taux d’intérêts mais également le cas échéant, à celle de l’action sous-jacente.
- Les actions
Une action est un titre de propriété représentant une fraction du capital de la société qui l’a émise. Ce type de titre
confère à son détenteur les droits de participer aux assemblées d’actionnaires, d’être informé de la marche de la
société et d’encaisser les dividendes. Une action n’est pas remboursable et de ce fait ne comporte pas d’échéance.
La valeur des actions évolue en fonction de différents paramètres dont les plus communément reconnus sont : les
résultats financiers futurs de l’entreprise, le niveau des taux d’intérêts, la conjoncture économique, le contexte
boursier etc.