Mariage et divorce en droit international
Mariage et divorce en droit international
de l’article 3, alinéa
3 du code civil, l’état d’une personne physique est régi par la loi de l’Etat dont elle a la nationalité. • Les questions de capacité renvoient à la loi
nationale de l’intéressé quelle que soit l’institution dans laquelle elle est appelée à jouer (article 3 alinéa 3 du code civil). Les principes du mariage
sont-ils officialisés sur le plan international ? • Il existe un grand nombre de déclarations et de conventions internationales traitant des
problématiques du mariage • La Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention sur le consentement au mariage de 1962, le Pacte
international relatif aux droits civiques et politiques, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels • La Convention
sur l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes. Quel est l’apport des textes internationaux ? • Ces textes sont de
véritables engagements internationaux du respect des principes d’égalité et des libertés et droits fondamentaux. • Les cultures sont différentes
et conduisent à ce qu’une même union puisse être valable selon l’une et nulle ou impossible selon l’autre. • La détermination d’une loi de validité
d’un mariage transfrontalier assure, a minima, la reconnaissance de l’union sur un territoire donné. §.1 – Les conditions de fond du mariage
international 1/ Comment apprécier les conditions de fond du mariage ? Le mariage modifie l’état civil des personnes, il est donc normal que
ses conditions de fond relèvent du statut personnel des futurs époux. Les conditions de fond ont d’abord été liées à l’article 3 alinéa 3 du code
civil sur l’état et la capacité des personnes : Les lois concernant l'état et la capacité des personnes régissent les Français, même résidant en pays
étranger. La loi du 17 mai 2013 a introduit l’article 202-1 du code civil : Les qualités et conditions requises pour pouvoir contracter mariage sont
régies, pour chacun des époux, par sa loi personnelle. Puis la loi du 4 août 2014 a complété par : Quelle que soit la loi personnelle applicable, le
mariage requiert le consentement des époux, au sens de l'article 146 et du premier alinéa de l'article 180. Deux personnes de même sexe
peuvent contracter mariage lorsque, pour au moins l'une d'elles, soit sa loi personnelle, soit la loi de l'État sur le territoire duquel elle a son
domicile ou sa résidence le permet. DONC SYSTEMATIQUEMENT Loi française pour apprécier les conditions de fond en lien avec : L’article 146 :
Il n'y a pas de mariage, lorsqu'il n'y a point de consentement. L’article 180 : Le mariage qui a été contracté sans le consentement libre des deux
époux, ou de l'un d'eux, ne peut être attaqué que par les époux, ou par celui des deux dont le consentement n'a pas été libre. MAIS S'il y a eu
erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage. (Cette disposition
reste soumise à la loi personnelle DE CHAQUE EPOUX) 2/ Est une application distributive ? La loi nationale de l’un est elle appliquée à l’autre
époux ? • Les conditions de fond du mariage international sont déterminées selon la loi nationale de chacun des époux. Il s’agit d’une application
distributive. C’est-à-dire qu’il y a lieu de vérifier que le mariage est valable pour l’époux concerné selon la loi nationale de cet époux. Il faut
ensuite vérifier que le mariage est valable pour l’autre conjoint selon sa propre loi nationale. • EXEMPLE : un Marocain et une Algérienne se
marient en France. L’époux marocain devra, concernant les conditions relatives à l’âge du mariage, respecter la loi marocaine et la future épouse
devra respecter ces conditions au regard de la loi algérienne. La loi marocaine n’est pas consultée au regard des conditions exigées pour l’épouse.
3/ Peut on envisager une application croisée ? Dans quelles hypothèses ? • Oui. Lorsque la consultation des lois nationales respectives révèle un
empêchement bilatéral qui conduit à ce qu’une des deux lois est supplantée par l’autre. EXEMPLE : la loi A interdit le mariage avec un mineur :
peu importe donc que la loi nationale B du mineur l’autorise. • L’hypothèse est fortement liée à des conditions d’ordre public : Les prohibitions
pour causes de maladies physiques et mentales ou les empêchements relatifs à la parenté ou l’alliance seront examinés cumulativement au
regard des deux lois nationales. 4/ La règle de conflit est-elle obligatoire ? La Cour de cassation a rappelé, dans un arrêt du 11 février 2009 relatif
au mariage, deux principes du droit international privé français. • Le mariage fait partie des droits indisponibles ET DONC le juge doit appliquer
les règles de conflit pour déterminer la loi applicable. • Et ce, en application de la jurisprudence Mutuelle du Mans du 26 mai 1999. 5/ Le mariage
en France entre une française et un étranger déjà marié dont la loi nationale admet la polygamie est il envisageable ? • Non, le mariage en
France entre une française et un étranger déjà marié dont la loi nationale admet la polygamie sera impossible du moins au niveau de sa
célébration. Dans ce cas, la loi française qui interdit d’entrer dans le lien bigame supplante la loi étrangère qui permet la bigamie. C’est une
approche cumulative des lois nationales de chacun des époux. • Cette prohibition est consacrée à l’article 147 du code civil : « on ne peut
contracter un second mariage avant la dissolution du premier». §.2 – Les conditions de forme La règle locus regit actum est ici obligatoire et a
été consacrée par la jurisprudence (civ. 1ère, 15 juin 1982, Moatti, RCDIP 1983, p. 300) et la loi : article 202-2 du code civil : Le mariage est
valablement célébré s'il l'a été conformément aux formalités prévues par la loi de l'Etat sur le territoire duquel la célébration a eu lieu. §.2 – Les
effets du mariage La loi du domicile commun des époux (établissement effectif dans le même pays) est-elle exclusive ? La loi applicable aux
effets du mariage : Arrêt Tarwid du 15 mai 1961 n’est pas exclusive. Le domaine des effets du mariage est large et peut enclencher d’autres
sources de règles de conflit. • Obligations alimentaires : il faut rechercher la règle de conflit dans la convention de la Haye du 2 oct. 1973 qui
désigne d'abord la loi de la résidence habituelle du créancier d'aliment. • Pour la putativité, la jurisprudence semble appliquer la loi de la
condition violée c'està-dire la loi qui annule le mariage. Il faut rechercher dans la loi qui est à l’origine de l’annulation du mariage s’il existe des
dispositions comparables à celles prévues par le droit français en ce qui concerne le mariage putatif. • Pour les obligations nées du mariage
(fidélité, assistance et cohabitation), la jurisprudence évolue vers la reconnaissance de lois de police des articles 212 et suivants du code civil : la
loi française s’applique.
FICHE 2 LE DIVORCE EN DIP Fiche destinée aux étudiants en DIP sans td RAPPELS En la matière, on est passé d’une règle de conflit unilatérale
visée à l’article 309 du code civil à une règle de conflit d’origine conventionnelle européenne (Règlement Rome 3 à partir du 21/06/2012). Rome
3 propose une unification de la règle de conflit en matière de divorce et séparation de corps. La règle de conflit est doublement obligatoire pour
le juge français. Premièrement, elle porte sur une matière indisponible et relève ainsi de l'office du juge. Elle est également d'origine
conventionnelle communautaire et s'inscrit dans la jurisprudence du 31 mai 2005 sur le caractère obligatoire du règlement Rome 1. Peu importe
donc le caractère intracommunautaire de la désunion à partir du moment où le juge saisi appartient à un État signataire. Les instances introduites
après le 21 juin 2012 • Le champ matériel du règlement est limité au divorce et à la séparation de corps excluant ainsi l'annulation du mariage
et la rupture du PACS notamment. • Le règlement n'est pas applicable aux effets patrimoniaux du mariage et aux obligations alimentaires. • Il
ne porte pas non plus sur les divorces dits « privés ». • Le renvoi est exclu par le règlement aussi bien en présence d’un choix de loi par les époux
qu’en l’absence d’un tel choix. 1/ Peut-on choisir la loi applicable au divorce ? • Le règlement permet aux époux de choisir la loi applicable à leur
désunion selon l'article 5 du règlement. • Cependant, cette liberté dans le choix de la loi reste encadrée par l'exigence d'un lien avec des éléments
du litige. En effet la loi choisie peut être : o Soit la loi de l'État de la résidence habituelle des époux, ou de la dernière résidence habituelle de
l'un des époux si l'un d'eux y réside encore o Soit la loi de la nationalité de l'un des époux au moment de la conclusion de la convention o Soit la
loi du for. 2/ A défaut de choix, comment le juge aborde t il les critères de désignation de la loi applicable ? A défaut de choix, le règlement
retient (article 8) des critères de rattachement fondés sur : - La résidence habituelle des époux, - La nationalité commune des époux - Un
rattachement fondé sur le for. Ces critères doivent faire l'objet d'un traitement hiérarchisé. Ainsi la loi du for n'est applicable qu'en dernier
ressort si les deux premiers critères ne peuvent être remplis. 3/ Un divorce dit « privé » est il soumis au règlement Rome 3 ? Comment prendre
en compte l’élément d’extranéité dans un divorce privé ? Le Règlement Rome 3 est inapplicable à la déjudiciarisation du divorce par
consentement mutuel (tel qu’il est maintenant consacré en France depuis 2017) selon l’arrêt de la CJUE rendu le 20 décembre 2017 (CJUE, 20
déc. 2017, n° C-372/16, Sahyouni). ® Depuis le 1er janvier 2017 (loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016), le nouveau divorce par consentement
mutuel est en vigueur. C’est un divorce « déjudiciarisé ». Les époux font établir une convention de divorce laquelle sera enregistrée dans un
office notarial. Mais comment savoir si la loi française est bien applicable dès lors que cette loi ne peut être désignée par le règlement Rome 3
exclu en cette hypothèse déjudiciarisée ? En ayant appliqué le droit français du divorce privé, les avocats doivent se soucier du processus de
reconnaissance de ce divorce par le juge étranger. Toute la question est de savoir sous quelles conditions le juge étranger accordera l’exequatur.
® Le 25 juin 2019, le Conseil de l’Union européenne a adopté le Règlement 2019/1111 relatif à la compétence, la reconnaissance et l’exécution
des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale ainsi qu’à l’enlèvement d’enfants. Il est entré en vigueur le 1er
août 2022. Y trouve-t-on une résolution au problème posé ? En effet, le Règlement contient désormais une nouvelle définition de l’accord
susceptible de bénéficier de ses règles de reconnaissance et d’exécution. L’article 2 définit l’accord comme « un acte qui n’est pas un acte
authentique et qui est enregistré par une autorité publique notifiée à cet effet par les États membres à la Commission ». Le notaire chargé de
recevoir les conventions de divorce peut être l’autorité compétente pour enregistrer les accords au sens du Règlement. Et l’article 65 du
Règlement prévoit que « les actes authentiques et les accords relatifs à la séparation de corps et au divorce qui ont un effet juridique contraignant
dans l’État membre d’origine sont reconnus dans les autres États membres sans qu’il soit nécessaire de recourir à aucune procédure ». L’article
66 subordonne la délivrance du certificat à la condition que l’acte ait été dressé ou enregistré par une autorité d’un État membre dont les
juridictions sont compétentes selon les règles de compétence directe du règlement. Aussi, pour les divorces par consentement mutuel prévus
par le droit français, les avocats et notaires doivent s’assurer au préalable que le règlement donne compétence aux autorités françaises. ® Dès
lors, une convention de divorce par consentement mutuel déposée au rang des minutes d’un notaire peut être reconnue et exécutée dans les
autres États membres de l’Union Européenne (à l’exception du Danemark). Mais qu’en estil des actes enregistrés avant l’entrée en vigueur du
règlement Bruxelles 2 ter ?
FICHE 3 LA FILIATION EN DIP Fiche destinée aux étudiants en DIP sans td 1 - La filiation par le sang 1.1/ A quelles conditions s’applique l’article
311-14 ? Article 311-14 du code civil : la filiation est établie selon la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l’enfant. Si la mère n’est
pas connue, par la loi personnelle de l’enfant. • Il s’agit d’une règle de conflit à critères multiples hiérarchisés dite générale dans le sens où elle
ne s’applique que lorsque les autres plus spécifiques sont exclues. • Pour faire jouer le premier rattachement, il suffit que la mère soit identifiée,
par exemple parce que son nom figure sur l’acte de naissance. Les accouchements sous x ne permettent pas de connaitre l’identité de la mère.
• L’article 311-14 sert à établir un lien familial, autant à l’égard de la mère qu’à l’égard du père. 1.2/ L’action en reconnaissance - Article 311-17
: action en reconnaissance exercée par le père ou par la mère. Est-ce une règle de conflit à rattachements hiérarchisés ou alternatifs ? • La
reconnaissance volontaire de paternité ou de maternité est valable si elle a été faite en conformité, soit de la loi personnelle de son auteur, soit
de la loi personnelle de l'enfant. • La règle fait appel à la loi personnelle de l’auteur de la reconnaissance ou la loi personnelle de l’enfant. C’est
donc une règle à rattachements multiples alternatifs. Si la loi personnelle du père et de l’enfant ne le permet pas, peut on recourir à l’article
311-14 ? • Oui. Si la loi du père et de l’enfant ne le permet pas, l’article 311-14 invite à consulter la loi de la mère. Il y aurait en effet peu de
cohérence à refuser de valider une reconnaissance lorsque la loi de la mère l'autorise, tandis que la loi du père la refuse. L’article 311-17
s’applique t il à l’anéantissement de la filiation ? • Attention : s’il s’agit de contester une filiation, il faut recourir à l’article 311- 14. • En revanche,
s’il s’agit de contester un acte de reconnaissance volontaire de maternité ou de paternité, il faut recourir à l’article 311-17. Quelles sont les
conditions de l’action en contestation ? • En ce qui concerne l’action en reconnaissance, celle-ci est possible selon la loi de l’auteur de la
reconnaissance ou la loi de l’enfant (approche alternative). • Alors que, pour l’action en contestation, celle-ci doit être recevable selon la loi de
l’auteur de la reconnaissance et selon la loi de l’enfant (civ. 1ère, 15 mai 2019). Dans le cas de la contestation, l’approche est donc cumulative.
Qu’en est il du renvoi ? • La jurisprudence a finalement admis le renvoi dans le cadre de l’article 311- 14 à condition qu’il soit favorable à un
établissement de filiation (renvoi in favorem – civ. 1ère, 4 mars 2020). • Le renvoi in favorem a aussi été admis vis-à-vis de l’article 311-17 (Paris,
18 mars 2004) mais exclu par ailleurs notamment parce que cette règle de conflit contient des critères multiples alternatifs. Quelle est
l’importance de l’ordre public international ? • En principe, les lois étrangères qui refusent l’action en filiation naturelle ne sont pas contraires à
l’OP international (civ. 1ère, 3 nov. 1988). Sauf si l’enfant concerné est français ou réside habituellement en France. Dans ce cas, la JP fait appel
à l’ordre public de proximité (civ. 1ère, 10 mai 2006 ; 10 fév. 1993). La protection du droit de l’enfant demeure donc pour cette jurisprudence
tributaire d’un lien de rattachement de celui-ci à la loi française. • La solution est aussi formulée de manière générale et la jurisprudence a pu
retenir comme critère de déclenchement de l’exception d’ordre public le seul constat que la règle invoquée empêcherait l’exercice par l’enfant
de son droit d’établir sa filiation paternelle, sans qu’il soit besoin d’identifier un point de rattachement de l’enfant à la loi du for par sa nationalité
ou sa résidence (Cass. 1re civ,. 27 sept. 2017, n°16-13.151 et Cass. 1re civ,. 27 sept. 2017, n° 16.17.198). Cette évolution vers un caractère absolu
de la protection du droit de l’enfant à établir sa filiation irait, en outre, dans le sens de la jurisprudence européenne, qui fait du droit de connaître
son ascendance une composante du droit au respect de la vie privée protégée par l’article 8 de la Convention (CEDH, 13 juill. 2006). • Une telle
approche se confirme clairement par un arrêt du 16 décembre 2020 de la 1ère chambre civile au terme duquel il résulte des articles 3 et 311-14
du Code civil que, si la filiation est en principe régie par la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l’enfant, la loi étrangère qui ne
permet pas l’établissement d’une filiation hors mariage doit être écartée comme contraire à l’ordre public international lorsqu’elle a pour effet
de priver un enfant mineur du droit d’établir sa filiation. Quelle est l’importance de l’article 311-15 ? De quoi s’agit il ? • Le texte fait référence
à la possession d’état qui , en droit de la filiation, correspond à une réunion de faits permettant de consacrer la croyance en la légalité d’une
filiation. • L’article 311-15 permet de faire jouer cette possession d’état lorsque la filiation pourrait être contestée par le jeu d’une loi étrangère
forcément désignée par l’article 311-14. ð Cet article n’a vocation à s’appliquer que lorsque l’article 311-14 est luimême applicable. En ce sens :
civ. 1ère, 23 mars 2022, n° 21-12.952. En l’espèce, une femme suédoise donne naissance à un enfant à Los Angeles. Elle épouse par la suite un
français qui déclare reconnaitre l’enfant. Divorcée par la suite, elle assigne son ex-mari et actuel père de son enfant en contestation de
reconnaissance de paternité. Sa demande est rejetée comme prescrite au regard de l'article 333 relatif à la possession d'état de plus de cinq
années. En l’espèce, la reconnaissance était liée au jeu de l’article 311-17 lequel désignait la loi nationale de l’auteur de la reconnaissance soit
la loi française. L’article 311-15, et notamment sa prescription plus longue, devait donc être écartée. 2 - La filiation adoptive § Article 370-3 :
adoption internationale prononcée en France (version à jour de la réforme de 2022) L’adoption peut elle être prononcée si la loi étrangère de
l’adopté ignore le type d’adoption ? Les conditions de l'adoption sont soumises à la loi nationale de l'adoptant ou, en cas d'adoption par un
couple, à la loi nationale commune des deux membres du couple au jour de l'adoption ou, à défaut, à la loi de leur résidence habituelle commune
au jour de l'adoption ou, à défaut, à la loi de la juridiction saisie. L'adoption ne peut toutefois être prononcée si la loi nationale des deux membres
du couple la prohibe. L'adoption d'un mineur étranger ne peut être prononcée si sa loi personnelle prohibe cette institution, sauf si ce mineur
est né et réside habituellement en France. Quelle que soit la loi applicable, l'adoption requiert le consentement du représentant légal de l'enfant
dans les conditions définies au premier alinéa de l'article 348-3. Où l’on voit qu’il suffit que la loi étrangère connaisse le principe même de
l’adoption, peu important qu’elle ignore le type de l’adoption, à savoir simple ou plénière. Par contre, si la loi personnelle de l’enfant prohibe
l’adoption, celle-ci ne pourra être prononcée. Cependant la loi renvoie à la notion d’ordre public de proximité en prévoyant l’exception « sauf si
ce mineur est né et réside habituellement en France ». DONC : S’agissant des conditions de l’adoption prononcée en France, l’article 370-3 du
Code civil les soumet – de manière générale – à la loi nationale de l’adoptant ou, en cas d’adoption par deux époux, à la loi qui régit les effets de
leur union. L’adoption ne peut toutefois être prononcée si la loi nationale de l’un et de l’autre des époux la prohibe. Exemple 1 : un Français
souhaite adopter un mineur de nationalité vietnamienne. Les conditions de cette adoption sont celles prévues par la loi française. La loi nationale
ne prohibe pas l’adoption. Si la loi vietnamienne interdit l’adoption, il y a lieu de vérifier si l’enfant est né et réside en France. Exemple 2 : un
Algérien et une Marocaine (mariés), qui ont leur domicile en France, souhaitent adopter un enfant mineur étranger. Ils ne pourront pas adopter
puisque la loi algérienne et la loi marocaine prohibent l’adoption et n’autorisent que la kafala (le recueil légal de l’enfant). La loi des effets du
mariage (loi française puisqu’ils ont leur domicile en France) définit les conditions de l’adoption mais leurs lois nationales respectives l’interdit.
Exemple 3 : un Algérien et une Française (mariés), qui ont leur domicile en France, souhaitent adopter un enfant mineur étranger algérien. Les
deux lois nationales ne sont pas cumulativement prohibitives mais ils ne peuvent en principe adopter un mineur de nationalité algérienne
puisque la loi algérienne prohibe l’adoption. Il y a donc tout lieu de rechercher si cet enfant est né et réside en France. § Article 370-5 : adoption
prononcée à l’étranger L'adoption régulièrement prononcée à l'étranger produit en France les effets de l'adoption plénière si elle rompt de
manière complète et irrévocable le lien de filiation préexistant. A défaut, elle produit les effets de l'adoption simple. Elle peut être convertie en
adoption plénière si les consentements requis ont été donnés expressément en connaissance de cause. Y a-t-il lieu de distinguer selon les pays
étrangers ? Si l’adoption est prononcée par un Etat signataire de la convention de la Haye du 29 mai 1993 (entrée en vigueur en France en 1998
- n’a cependant pas été ratifiée par les pays musulmans), la reconnaissance est de droit. Sa portée reste donc limitée car elle s’applique dès lors
qu’un projet d’adoption repose sur le déplacement d’un enfant de moins de 18 ans entre deux Etats contractants. Si l’adoption est prononcée
par un Etat non partie à la convention, le juge français prendra soin d’examiner la régularité du prononcé de l’adoption et surtout la conformité
à l’ordre public international. Si la loi applicable à l’institution créée à l’étranger n’est plus un critère pour la reconnaissance de celle-ci
(jurisprudence Cornelissen du 20/02/2007 qui abandonne la condition selon laquelle la reconnaissance par le juge français d’un jugement
étranger implique de vérifier si la loi compétente au fond eut été la même si ce juge français avait été saisi), le juge français pourra tout de même
intégrer à son ordre public la réalité du consentement du représentant légal : (civ.1ère 6 novembre 2019). Dans cet arrêt, les juges ont toutefois
considéré que l'adoption étrangère prononcée sans le consentement du parent biologique de l'enfant (par conversion d’une adoption simple en
adoption plénière) n'est pas contraire à l'ordre public international français.
FICHE 4 – LES BIENS EN DIP Fiche destinée aux étudiants en DIP sans td 1/ LE STATUT REEL 1 - La qualification des droits réels è En DIP, la
qualification mobilière ou immobilière des biens se fait selon la loi française en application de la jurisprudence Caraslanis (principe général d’une
qualification selon le juge saisi) posée le 25 juin 1955. è En droit français, il y a une sous division sur la qualification mobilière ou immobilière
laquelle répond du principe de qualification lege fori.. o Les meubles par anticipation o Les immeubles par destination QUE REPRESENTE LE
DROIT REEL ? Il représente un droit qui porte sur une chose comme un droit de propriété, un droit d'usufruit, une servitude, un gage et s'oppose
à la notion de "droit personnel" qui est caractérisé par une relation entre des personnes (créances, droit à la réparation…). L'objet du droit réel
est nécessairement un bien, corporel ou incorporel, immobilier ou mobilier. Les droits réels principaux permettent un droit immédiat sur la
chose, en effet le pouvoir est exercé sur la chose elle-même : propriété, usufruit… Les droits réels accessoires désignent des droits exercés sur
la valeur de la chose (hypothèque). C'est l'accessoire d'un droit de créance qui renforce l’efficacité des droits réels : sûreté, gages, hypothèques,
qui sont accessoires à une créance. Le droit réel accessoire offre un droit indirect sur la chose puisqu’il ne vise que la valeur que la chose
représente. 2 - Le régime des droits réels L'article 3, alinéa 2, du code civil dispose que « les immeubles, même ceux possédés par des étrangers,
sont régis par la loi française ». ® Cette règle a été bilatéralisée et a été étendue aux meubles (Kantoor de Mas, Req. 24 mai 1933 ). Les meubles
sont donc soumis à la loi du lieu de leur situation. Cependant, un meuble peut être déplacé d'un pays dans un autre, ce qui entraine une
modification du rattachement des droits portant sur ce bien : la jurisprudence a donc précisé qu’il importait de retenir la loi de situation actuelle
du bien (civ. 1ère, 8 juillet 1969, Soc . Diac ). Dans le règlement Rome 1, les droits réels immobiliers sont soumis à lex rei sitae. ® La lex rei sitae
s’applique aux droits réels principaux et accessoires portant sur des biens corporels immeubles ou meubles. 3 - L’exception liée à la loi de la
source Les opérations sur les droits réels font intervenir des instruments ou faits juridiques divers : mariage, donation, contrat, succession, dépôt,
prêt. La loi applicable au droit réel peut ainsi se trouver confronter à une autre loi, dite loi de la source. Plusieurs hypothèses selon le présupposé
: Contenu du droit réel attributs et étendue du droit de propriété lex rei sitae Source du droit réel sans acte juridique lex rei sitae Source du droit
réel avec acte juridique loi de l’acte juridique pour les conditions de validité Biens incorporels en fonction du bien considéré (fonds de commerce,
droit de créance, brevet….) DONC : è Les droits qu’un individu prétend détenir sur un bien corporel renvoient à la lex rei sitae. Celle-ci définit les
droits réels, leur régime, leurs effets et leurs prérogatives. è Simplement, la constitution d’un droit réel résulte d’un acte juridique : contrat,
testament, donation, voire d’un fait juridique : mariage, décès. Il faut donc répartir les questions suscitées par une qualification de statut réel.
Lorsque la loi du contrat et la lex rei sitae ne coincident pas, la loi du contrat devrait en principe s’appliquer à toutes les conditions de sa validité,
la lex rei sitae s’appliquant aux questions de transfert de droit réel, régime et effets. 2 – LES SUCCESSIONS La détermination de la loi successorale
est indispensable puisque c’est cette loi détermine les règles de dévolution (déterminer qui hérite, phénomène de représentation, réserve
héréditaire) transmission (acceptation pure et simple ou sous bénéfice d’inventaire) et liquidation (partage, indivision). Afin d'aplanir les
difficultés dues à l'enchevêtrement de législations d'inspiration parfois fort différente, le règlement européen 650/2012 relatif aux successions
internationales a été définitivement adopté le 4 juillet 2012. Il offre un cadre simplifié du règlement d’une succession internationale. Il s’adresse
aux successions internationales ouvertes en France à compter du 17 aout 2015. Succession ouverte avant le 17/08/2015 La succession ab intestat
(sans disposition testamentaire) Deux règles de conflit permettent de déterminer la loi successorale : è succession portant sur des immeubles :
la JP Stewart en 1837 a confirmé la portée de l’article 3 alinéa 2 du code civil : c’est la lex rei sitae qui s’applique à la succession immobilière. La
compétence de la loi ainsi désignée doit être vérifiée puisque la JP admet le renvoi ici (civ. 1ère, 21 mars 2000). è succession portant sur des
meubles : JP Labedan en 1939 a confirmé la compétence de la loi du dernier domicile du défunt. La règle est empruntée à la maxime romaine «
Mobilia sequuntur personam » selon laquelle les meubles suivent la personne. Le renvoi joue également. La succession testamentaire Pour
apprécier la forme du testament : o Convention de La Haye du 5 octobre 1961 fait appel à une règle de conflit à rattachements multiples
alternatifs pour valider la forme du testament : loi nationale du défunt, de son domicile, de sa résidence, du lieu de rédaction, lex rei sitae des
biens immobiliers. o Convention de Washington du 26 octobre 1973 contient des règles matérielles sur la validité formelle du testament
international. Conditions de fond : celui qui rédige le testament doit être capable selon sa loi personnelle. Pour les dispositions testamentaires,
la loi successorale de la succession ab intestat s’applique. Succession ouverte après le 17/08/2015 COMPETENCE JURIDICTIONNELLE è Sont
compétentes pour statuer sur l'ensemble d'une succession les juridictions de l'État membre dans lequel le défunt avait sa résidence habituelle
au moment de son décès. LOI APPLICABLE è La loi applicable à l'ensemble d'une succession est celle de l'État dans lequel le défunt avait sa
résidence habituelle au moment de son décès. La résidence habituelle ainsi déterminée devrait révéler un lien étroit et stable avec l’État
concerné, compte tenu des objectifs spécifiques du présent règlement. De même, la Cour de Justice de la Communauté Européenne a apporté
des pistes de réflexion, et défini cette résidence comme étant « le lieu où l’intéressé a fixé, avec la volonté de lui conférer un caractère stable,
le centre permanent ou habituel de ses intérêts, étant entendu qu’à fin de détermination de cette résidence, il importe de tenir compte de tous
les éléments de fait constitutifs de celle-ci » (arrêt du 17 février 1977). Dans une autre décision (arrêt du 2 avril 2009), la Cour de Justice a encore
précisé que la résidence habituelle devait être déterminée en tenant compte de « l’ensemble des circonstances de fait particulières à chaque
cas d’espèce ». è Une personne peut choisir comme loi régissant l'ensemble de sa succession la loi de l'État dont elle possède la nationalité au
moment où elle fait ce choix ou au moment de son décès. La réserve et l’ordre public international Le droit français est fondé sur la réserve
obligatoire. Celle-ci est régie par la loi successorale. Si la succession fait appel à une loi étrangère qui ne connaît pas la réserve, l’OP n’est pas
atteint (Caron, 1985). Seule la fraude à la loi permettrait d’écarter, par voie d’inopposabilité, les solutions de la loi étrangère qui ne connaît pas
la réserve. Un rapport sur la réserve héréditaire du 13/12/2019 proposait de conférer à la réserve des descendants un caractère d’ordre public
international afin de pouvoir écarter la loi étrangère qui priverait un descendant de tout droit successoral. La loi n°2021-1109 du 24 août 2021,
dite « loi confortant le respect des principes de la République » complète l’article 913 du Code civil: « Lorsque le défunt ou au moins l’un de ses
enfants est, au moment du décès, ressortissant d’un Etat membre de l’Union européenne ou y réside habituellement et lorsque la loi étrangère
applicable à la succession ne permet aucun mécanisme réservataire protecteur des enfants, chaque enfant ou ses héritiers ou ses ayants cause
peuvent effectuer un prélèvement compensatoire sur les biens existants situés en France au jour du décès, de façon à être rétablis dans les
droits réservataires que leur octroie la loi française, dans la limite de ceux-ci. » Ce texte ne confère nullement une dimension d’ordre public
international à la réserve. Tou au plus, il lui accorde la portée d’un ordre public de proximité. Ces dispositions s’appliquent aux successions des
personnes décédées à compter du 1er novembre 2021. LES REGIMES MATRIMONIAUX Plusieurs sources è La jurisprudence française retient le
principe de la loi d’autonomie, volonté expresse, volonté implicite (Jurisprudence Gouthertz) è La convention de La Haye du 14 mars 1978 sur la
loi applicable aux régimes matrimoniaux, entrée en vigueur le 1er septembre 1992, a fait l’objet d’une loi d’adaptation en 1997. Il existe donc
des règles antérieures à la convention et issues de la JP et le droit conventionnel. è Le règlement européen n°2016-1103 (relatif aux régimes
matrimoniaux) et le règlement européen n°2016-1104 (relatif aux partenariats enregistrés) sont entrés en application le 29 janvier 2019. Ils
unifient les règles de conflits de loi au niveau européen et remplacent la convention de La Haye qui était applicable aux régimes matrimoniaux.
Les mariages réalisés à compter du 30 janvier 2019 relèvent des règles du règlement n°2016/1103. Date de l’union 1/POUR LES EPOUX MARIES
AVANT LE 1ER SEPTEMBRE 1992, on applique la jurisprudence Gouthertz du 24 janvier 1984 : la loi applicable au régime matrimonial des époux
est la loi choisie (loi d’autonomie) par les époux. En l’absence de désignation de la loi applicable à leur régime légal, la Cour de Cassation impose
aux juges du fond de retenir la volonté présumée. La référence au premier domicile matrimonial des époux n'est qu'une présomption de la
volonté des époux. 2/POUR LES EPOUX MARIES ENTRE LE 1ER SEPTEMBRE 1992 ET LE 29 JANVIER 2019, on applique la convention de La Haye
du 14 mars 1978. Selon l’article 3, le régime matrimonial est soumis à la loi interne désignée par les époux avant le mariage. LES EPOUX NE
PEUVENT DESIGNER QUE L'UNE DES LOIS SUIVANTES : 1. LA LOI D'UN ETAT DONT L'UN DES EPOUX A LA NATIONALITE AU MOMENT DE CETTE
DESIGNATION ; 2. LA LOI DE L'ETAT SUR LE TERRITOIRE DUQUEL L'UN DES EPOUX A SA RESIDENCE HABITUELLE AU MOMENT DE CETTE
DESIGNATION ; 3. LA LOI DU PREMIER ETAT SUR LE TERRITOIRE DUQUEL L'UN DES EPOUX ETABLIRA UNE NOUVELLE RESIDENCE HABITUELLE
APRES LE MARIAGE. LA LOI AINSI DESIGNEE S'APPLIQUE A L'ENSEMBLE DE LEURS BIENS. Selon l’article 4, si les époux n'ont pas, avant le mariage,
désigné la loi applicable à leur régime matrimonial, celui-ci est soumis à la loi interne de l'Etat sur le territoire duquel ils établissent leur première
résidence habituelle après le mariage. A défaut de résidence habituelle, le régime matrimonial est soumis à la loi interne de l'Etat de la nationalité
commune des époux : A défaut de résidence habituelle des époux sur le territoire du même Etat et à défaut de nationalité commune, leur régime
matrimonial est soumis à la loi interne de l'Etat avec lequel, compte tenu de toutes les circonstances, il présente les liens les plus étroits.
Résumons : - 1ère hypothèse : il existe un contrat de mariage et les époux ont choisi une loi : jeu de la loi d’autonomie (article 3 convention).
Dans la convention, ce choix doit faire l’objet d’une stipulation expresse ou résulter des dispositions du contrat de mariage. Contrairement au
droit commun antérieur, la liberté n’est pas totale dans la convention puisque les époux ne peuvent désigner que l’une des lois suivantes : loi
personnelle de l’un des époux, loi de l’Etat sur lequel l’un des époux a sa résidence habituelle, loi du premier Etat sur lequel l’un des époux
établit sa nouvelle résidence après le mariage. Le renvoi est exclu (déjà précisé dans la JP GOUTHERTZ, civ. 1ère, 1er fév. 1972). - 2ème hypothèse
: il existe un contrat de mariage mais les parties n’ont pas choisi de loi, la solution de principe est la loi de leur première résidence conjugale
(solution du droit commun et solution de l’art. 4 conv.). Par contre, la convention prévoit le recours possible à la loi de la nationalité commune
des époux notamment en l’absence de résidence habituelle commune après le mariage. - 3ème hypothèse : il n’existe pas de contrat de mariage
: la recherche d’une volonté implicite justifie la présomption selon laquelle les époux ont soumis leur régime matrimonial au régime légal en
vigueur au lieu de leur premier domicile conjugal (JP Zelcer, 4 juin 1935, réaffirmée dans un arrêt de la 1ère civ. Le 14 nov. 2006). C’est une
présomption simple qui peut être écartée dans des circonstances cependant très précises : par exemple, le premier domicile n’était que
provisoire (civ. 1ère, 12 nov. 1986). La loi du régime matrimonial s’applique à la détermination des pouvoirs des époux sur les biens, à la
détermination de ces biens et à leur gestion. En ce qui concerne la capacité des époux, la loi du régime matrimonial est écartée au bénéfice de
la loi personnelle (JP PATINO 1963). Les obligations alimentaires font appel à la conv. de La Haye de 1973. Les donations entre époux sont réglées
par la loi sur les effets du mariage (JP CambellJohnson 1966). 3/POUR LES EPOUX MARIES APRES LE 29 JANVIER 2019, le règlement UE 2016/1103
instaure la possibilité de choisir, la loi d’un des États dont au moins un des conjoints possède la nationalité ou la loi de leur résidence habituelle
au moment du choix (art. 22). Si les époux n’effectuent pas de choix, la loi applicable est par principe celle de la première résidence habituelle
des époux ; à défaut, « la loi interne de l’État avec lequel, compte tenu de toutes les circonstances, les époux présentent les liens les plus étroits
».
FICHE 4 – LES BIENS EN DIP Fiche destinée aux étudiants en DIP sans td 1/ LE STATUT REEL 1 - La qualification des droits réels è En DIP, la
qualification mobilière ou immobilière des biens se fait selon la loi française en application de la jurisprudence Caraslanis (principe général d’une
qualification selon le juge saisi) posée le 25 juin 1955. è En droit français, il y a une sous division sur la qualification mobilière ou immobilière
laquelle répond du principe de qualification lege fori.. o Les meubles par anticipation o Les immeubles par destination QUE REPRESENTE LE
DROIT REEL ? Il représente un droit qui porte sur une chose comme un droit de propriété, un droit d'usufruit, une servitude, un gage et s'oppose
à la notion de "droit personnel" qui est caractérisé par une relation entre des personnes (créances, droit à la réparation…). L'objet du droit réel
est nécessairement un bien, corporel ou incorporel, immobilier ou mobilier. Les droits réels principaux permettent un droit immédiat sur la
chose, en effet le pouvoir est exercé sur la chose elle-même : propriété, usufruit… Les droits réels accessoires désignent des droits exercés sur
la valeur de la chose (hypothèque). C'est l'accessoire d'un droit de créance qui renforce l’efficacité des droits réels : sûreté, gages, hypothèques,
qui sont accessoires à une créance. Le droit réel accessoire offre un droit indirect sur la chose puisqu’il ne vise que la valeur que la chose
représente. 2 - Le régime des droits réels L'article 3, alinéa 2, du code civil dispose que « les immeubles, même ceux possédés par des étrangers,
sont régis par la loi française ». ® Cette règle a été bilatéralisée et a été étendue aux meubles (Kantoor de Mas, Req. 24 mai 1933 ). Les meubles
sont donc soumis à la loi du lieu de leur situation. Cependant, un meuble peut être déplacé d'un pays dans un autre, ce qui entraine une
modification du rattachement des droits portant sur ce bien : la jurisprudence a donc précisé qu’il importait de retenir la loi de situation actuelle
du bien (civ. 1ère, 8 juillet 1969, Soc . Diac ). Dans le règlement Rome 1, les droits réels immobiliers sont soumis à lex rei sitae. ® La lex rei sitae
s’applique aux droits réels principaux et accessoires portant sur des biens corporels immeubles ou meubles. 3 - L’exception liée à la loi de la
source Les opérations sur les droits réels font intervenir des instruments ou faits juridiques divers : mariage, donation, contrat, succession, dépôt,
prêt. La loi applicable au droit réel peut ainsi se trouver confronter à une autre loi, dite loi de la source. Plusieurs hypothèses selon le présupposé
: Contenu du droit réel attributs et étendue du droit de propriété lex rei sitae Source du droit réel sans acte juridique lex rei sitae Source du droit
réel avec acte juridique loi de l’acte juridique pour les conditions de validité Biens incorporels en fonction du bien considéré (fonds de commerce,
droit de créance, brevet….) DONC : è Les droits qu’un individu prétend détenir sur un bien corporel renvoient à la lex rei sitae. Celle-ci définit les
droits réels, leur régime, leurs effets et leurs prérogatives. è Simplement, la constitution d’un droit réel résulte d’un acte juridique : contrat,
testament, donation, voire d’un fait juridique : mariage, décès. Il faut donc répartir les questions suscitées par une qualification de statut réel.
Lorsque la loi du contrat et la lex rei sitae ne coincident pas, la loi du contrat devrait en principe s’appliquer à toutes les conditions de sa validité,
la lex rei sitae s’appliquant aux questions de transfert de droit réel, régime et effets. 2 – LES SUCCESSIONS La détermination de la loi successorale
est indispensable puisque c’est cette loi détermine les règles de dévolution (déterminer qui hérite, phénomène de représentation, réserve
héréditaire) transmission (acceptation pure et simple ou sous bénéfice d’inventaire) et liquidation (partage, indivision). Afin d'aplanir les
difficultés dues à l'enchevêtrement de législations d'inspiration parfois fort différente, le règlement européen 650/2012 relatif aux successions
internationales a été définitivement adopté le 4 juillet 2012. Il offre un cadre simplifié du règlement d’une succession internationale. Il s’adresse
aux successions internationales ouvertes en France à compter du 17 aout 2015. Succession ouverte avant le 17/08/2015 La succession ab intestat
(sans disposition testamentaire) Deux règles de conflit permettent de déterminer la loi successorale : è succession portant sur des immeubles :
la JP Stewart en 1837 a confirmé la portée de l’article 3 alinéa 2 du code civil : c’est la lex rei sitae qui s’applique à la succession immobilière. La
compétence de la loi ainsi désignée doit être vérifiée puisque la JP admet le renvoi ici (civ. 1ère, 21 mars 2000). è succession portant sur des
meubles : JP Labedan en 1939 a confirmé la compétence de la loi du dernier domicile du défunt. La règle est empruntée à la maxime romaine «
Mobilia sequuntur personam » selon laquelle les meubles suivent la personne. Le renvoi joue également. La succession testamentaire Pour
apprécier la forme du testament : o Convention de La Haye du 5 octobre 1961 fait appel à une règle de conflit à rattachements multiples
alternatifs pour valider la forme du testament : loi nationale du défunt, de son domicile, de sa résidence, du lieu de rédaction, lex rei sitae des
biens immobiliers. o Convention de Washington du 26 octobre 1973 contient des règles matérielles sur la validité formelle du testament
international. Conditions de fond : celui qui rédige le testament doit être capable selon sa loi personnelle. Pour les dispositions testamentaires,
la loi successorale de la succession ab intestat s’applique. Succession ouverte après le 17/08/2015 COMPETENCE JURIDICTIONNELLE è Sont
compétentes pour statuer sur l'ensemble d'une succession les juridictions de l'État membre dans lequel le défunt avait sa résidence habituelle
au moment de son décès. LOI APPLICABLE è La loi applicable à l'ensemble d'une succession est celle de l'État dans lequel le défunt avait sa
résidence habituelle au moment de son décès. La résidence habituelle ainsi déterminée devrait révéler un lien étroit et stable avec l’État
concerné, compte tenu des objectifs spécifiques du présent règlement. De même, la Cour de Justice de la Communauté Européenne a apporté
des pistes de réflexion, et défini cette résidence comme étant « le lieu où l’intéressé a fixé, avec la volonté de lui conférer un caractère stable,
le centre permanent ou habituel de ses intérêts, étant entendu qu’à fin de détermination de cette résidence, il importe de tenir compte de tous
les éléments de fait constitutifs de celle-ci » (arrêt du 17 février 1977). Dans une autre décision (arrêt du 2 avril 2009), la Cour de Justice a encore
précisé que la résidence habituelle devait être déterminée en tenant compte de « l’ensemble des circonstances de fait particulières à chaque
cas d’espèce ». è Une personne peut choisir comme loi régissant l'ensemble de sa succession la loi de l'État dont elle possède la nationalité au
moment où elle fait ce choix ou au moment de son décès. La réserve et l’ordre public international Le droit français est fondé sur la réserve
obligatoire. Celle-ci est régie par la loi successorale. Si la succession fait appel à une loi étrangère qui ne connaît pas la réserve, l’OP n’est pas
atteint (Caron, 1985). Seule la fraude à la loi permettrait d’écarter, par voie d’inopposabilité, les solutions de la loi étrangère qui ne connaît pas
la réserve. Un rapport sur la réserve héréditaire du 13/12/2019 proposait de conférer à la réserve des descendants un caractère d’ordre public
international afin de pouvoir écarter la loi étrangère qui priverait un descendant de tout droit successoral. La loi n°2021-1109 du 24 août 2021,
dite « loi confortant le respect des principes de la République » complète l’article 913 du Code civil: « Lorsque le défunt ou au moins l’un de ses
enfants est, au moment du décès, ressortissant d’un Etat membre de l’Union européenne ou y réside habituellement et lorsque la loi étrangère
applicable à la succession ne permet aucun mécanisme réservataire protecteur des enfants, chaque enfant ou ses héritiers ou ses ayants cause
peuvent effectuer un prélèvement compensatoire sur les biens existants situés en France au jour du décès, de façon à être rétablis dans les
droits réservataires que leur octroie la loi française, dans la limite de ceux-ci. » Ce texte ne confère nullement une dimension d’ordre public
international à la réserve. Tou au plus, il lui accorde la portée d’un ordre public de proximité. Ces dispositions s’appliquent aux successions des
personnes décédées à compter du 1er novembre 2021. LES REGIMES MATRIMONIAUX Plusieurs sources è La jurisprudence française retient le
principe de la loi d’autonomie, volonté expresse, volonté implicite (Jurisprudence Gouthertz) è La convention de La Haye du 14 mars 1978 sur la
loi applicable aux régimes matrimoniaux, entrée en vigueur le 1er septembre 1992, a fait l’objet d’une loi d’adaptation en 1997. Il existe donc
des règles antérieures à la convention et issues de la JP et le droit conventionnel. è Le règlement européen n°2016-1103 (relatif aux régimes
matrimoniaux) et le règlement européen n°2016-1104 (relatif aux partenariats enregistrés) sont entrés en application le 29 janvier 2019. Ils
unifient les règles de conflits de loi au niveau européen et remplacent la convention de La Haye qui était applicable aux régimes matrimoniaux.
Les mariages réalisés à compter du 30 janvier 2019 relèvent des règles du règlement n°2016/1103. Date de l’union 1/POUR LES EPOUX MARIES
AVANT LE 1ER SEPTEMBRE 1992, on applique la jurisprudence Gouthertz du 24 janvier 1984 : la loi applicable au régime matrimonial des époux
est la loi choisie (loi d’autonomie) par les époux. En l’absence de désignation de la loi applicable à leur régime légal, la Cour de Cassation impose
aux juges du fond de retenir la volonté présumée. La référence au premier domicile matrimonial des époux n'est qu'une présomption de la
volonté des époux. 2/POUR LES EPOUX MARIES ENTRE LE 1ER SEPTEMBRE 1992 ET LE 29 JANVIER 2019, on applique la convention de La Haye
du 14 mars 1978. Selon l’article 3, le régime matrimonial est soumis à la loi interne désignée par les époux avant le mariage. LES EPOUX NE
PEUVENT DESIGNER QUE L'UNE DES LOIS SUIVANTES : 1. LA LOI D'UN ETAT DONT L'UN DES EPOUX A LA NATIONALITE AU MOMENT DE CETTE
DESIGNATION ; 2. LA LOI DE L'ETAT SUR LE TERRITOIRE DUQUEL L'UN DES EPOUX A SA RESIDENCE HABITUELLE AU MOMENT DE CETTE
DESIGNATION ; 3. LA LOI DU PREMIER ETAT SUR LE TERRITOIRE DUQUEL L'UN DES EPOUX ETABLIRA UNE NOUVELLE RESIDENCE HABITUELLE
APRES LE MARIAGE. LA LOI AINSI DESIGNEE S'APPLIQUE A L'ENSEMBLE DE LEURS BIENS. Selon l’article 4, si les époux n'ont pas, avant le mariage,
désigné la loi applicable à leur régime matrimonial, celui-ci est soumis à la loi interne de l'Etat sur le territoire duquel ils établissent leur première
résidence habituelle après le mariage. A défaut de résidence habituelle, le régime matrimonial est soumis à la loi interne de l'Etat de la nationalité
commune des époux : A défaut de résidence habituelle des époux sur le territoire du même Etat et à défaut de nationalité commune, leur régime
matrimonial est soumis à la loi interne de l'Etat avec lequel, compte tenu de toutes les circonstances, il présente les liens les plus étroits.
Résumons : - 1ère hypothèse : il existe un contrat de mariage et les époux ont choisi une loi : jeu de la loi d’autonomie (article 3 convention).
Dans la convention, ce choix doit faire l’objet d’une stipulation expresse ou résulter des dispositions du contrat de mariage. Contrairement au
droit commun antérieur, la liberté n’est pas totale dans la convention puisque les époux ne peuvent désigner que l’une des lois suivantes : loi
personnelle de l’un des époux, loi de l’Etat sur lequel l’un des époux a sa résidence habituelle, loi du premier Etat sur lequel l’un des époux
établit sa nouvelle résidence après le mariage. Le renvoi est exclu (déjà précisé dans la JP GOUTHERTZ, civ. 1ère, 1er fév. 1972). - 2ème hypothèse
: il existe un contrat de mariage mais les parties n’ont pas choisi de loi, la solution de principe est la loi de leur première résidence conjugale
(solution du droit commun et solution de l’art. 4 conv.). Par contre, la convention prévoit le recours possible à la loi de la nationalité commune
des époux notamment en l’absence de résidence habituelle commune après le mariage. - 3ème hypothèse : il n’existe pas de contrat de mariage
: la recherche d’une volonté implicite justifie la présomption selon laquelle les époux ont soumis leur régime matrimonial au régime légal en
vigueur au lieu de leur premier domicile conjugal (JP Zelcer, 4 juin 1935, réaffirmée dans un arrêt de la 1ère civ. Le 14 nov. 2006). C’est une
présomption simple qui peut être écartée dans des circonstances cependant très précises : par exemple, le premier domicile n’était que
provisoire (civ. 1ère, 12 nov. 1986). La loi du régime matrimonial s’applique à la détermination des pouvoirs des époux sur les biens, à la
détermination de ces biens et à leur gestion. En ce qui concerne la capacité des époux, la loi du régime matrimonial est écartée au bénéfice de
la loi personnelle (JP PATINO 1963). Les obligations alimentaires font appel à la conv. de La Haye de 1973. Les donations entre époux sont réglées
par la loi sur les effets du mariage (JP CambellJohnson 1966). 3/POUR LES EPOUX MARIES APRES LE 29 JANVIER 2019, le règlement UE 2016/1103
instaure la possibilité de choisir, la loi d’un des États dont au moins un des conjoints possède la nationalité ou la loi de leur résidence habituelle
au moment du choix (art. 22). Si les époux n’effectuent pas de choix, la loi applicable est par principe celle de la première résidence habituelle
des époux ; à défaut, « la loi interne de l’État avec lequel, compte tenu de toutes les circonstances, les époux présentent les liens les plus étroits
».
FICHE 5 LES CONTRATS EN DIP PARTIE 1 – LE CONTRAT EN GENERAL ET LE CONTRAT DE CONSOMMATION Fiche destinée aux étudiants en DIP
sans td LE CONTRAT INTERNATIONAL EST NECESSAIREMENT RATTACHE A LA LOI D’UN ETAT o La solution est clairement posée dans l’arrêt
Messageries maritimes en 1950 o Cette loi est : o Soit choisie par les parties o A défaut désignée par le juge ` GENERALITES SUR LA LOI APPLICABLE
AU CONTRAT • Article 2 : Caractère universel La loi désignée par la présente convention s'applique même si cette loi est celle d'un État non
contractant. • La loi choisie est une loi étatique • Le choix de la loi prend la forme d’une clause dite clause d’electio juris. Dans ce cas, le choix
de la loi est dit exprès. LE RENVOI EST IL POSSIBLE ? • Non. La loi désignée l’est dans sa substance (article 20 du règlement : le renvoi est
impossible). C’est une solution fondée sur le respect de la prévisibilité contractuelle des parties et de leurs attentes légitimes. QUEL EST LE
DOMAINE DE LA LOI CHOISIE ? • L’article 10 de la conv. de Rome énumère les différentes questions de fond relevant de la loi du contrat. Repris
à l’article 12 du règlement Rome I. L’interprétation du contrat L’interprétation tend à préciser la portée contenue des engagements des parties.
Pour connaitre la volonté des parties, il faut se référer à la loi des contrats et aux techniques d’interprétation des contrats (par exemple, il y a
des manières d’interprétation dans le code civil, pour les juges du fond // en GB ou ALL, il y a des règles d’interprétation plus stricte). L’exécution
des obligations Elle relève de la loi des parties puisque l’exécution doit correspondre aux prévisions des parties, fixées dans le contrat. Doit donc
être conforme à la loi applicable au contrat. Les conséquences de l’inexécution C’est à la loi du contrat de fixer le caractère obligatoire du contrat
: nécessité ou non d’une mise en demeure, causes d’exonération (FM), solutions ouvertes au créancier de l’obligation inexécutée (exception
d’inexécution, exécution forcée, possibilité d’un délai de grâce, résolution du contrat, dommagesintérêts, réduction du prix). L’extinction des
obligations « Les divers modes d’extinction des obligations, ainsi que les prescriptions et déchéances fondées sur l’expiration d’un délai». C’est
la loi des contrats qui est applicable. Le consentement, la cause et l’objet Aux termes de l’article 10 (règlement Rome 1) et 8 (convention de
Rome), en matière de consentement et de validité au fond, la loi applicable est celle qui le serait en vertu du règlement si le contrat était valable.
Toutefois, pour établir qu'elle n'a pas consenti, une partie peut se référer à la loi du pays dans lequel elle a sa résidence habituelle s'il résulte
des circonstances qu'il ne serait pas raisonnable de déterminer l'effet du comportement de cette partie d'après la loi du contrat. Attention, toute
question relative à la capacité juridique de conclure un contrat renvoie à la règle de conflit relative au statut personnel exprimée à ‘article 3
alinéa 3 du code civil : la loi nationale de l’intéressé doit être consultée. Les conséquences de la nullité du contrat : la loi de la condition violée
L’annulation d’un contrat est la sanction attachée à la violation de certaines conditions de forme ou de fond d’un contrat. La définition de la
sanction appartient à la loi de la condition violée : c’est-à-dire la loi dont les conditions n’ont pas été respectées. LES QUESTIONS DE FORME
SONT ELLES RATTACHEES A LA LOI CHOISIE PAR LES PARTIES ? Article 9 conv. de Rome (article 11 du règlement): Il met en œuvre le caractère
facultatif de la règle locus regit actum. D’un côté la loi du territoire est la plus simple, mais on admet aussi la loi du fond. La forme du contrat
peut être soumise à l’une de ces deux lois. A défaut de précisions par les parties, la forme est soumise à la loi régissant le fond du contrat. 1 - LE
CONTRAT EN GENERAL Il s’agit des contrats qui ne font pas l’objet de qualification particulière au sein de la convention de Rome ou du règlement
Rome 1 c’est-à-dire qui ne sont pas des contrats de travail, de consommation, de transport ou d’assurance. LE CONTRAT EN GENERAL EST
SOUMIS A : • la loi choisie par les parties (article 3) • ou la loi désignée par le juge (article 4) Ya t il une différence entre la convention de Rome
et le règlement Rome 1 lorsque les parties n’ont pas choisi la loi du contrat ? OUI • ART. 4 : DEFAUT DE CHOIX : Alors que la Convention de Rome
prévoyait un rattachement objectif en l’absence de choix de la loi applicable par les parties au contrat fondé sur un mécanisme présomptif
(article 4§1 : «le contrat est régi par la loi du pays avec lequel il présente les liens les plus étroits », et §2 «il est présumé que le contrat présente
les liens les plus étroits avec le pays où la partie qui doit fournir la prestation caractéristique a, au moment de la conclusion du contrat, sa
résidence habituelle »), la proposition de règlement Rome 1 propose un système de rattachements fixes : o le contrat de vente de biens est régi
par la loi du pays dans lequel le vendeur a sa résidence habituelle; o le contrat de prestation de services est régi par la loi du pays dans lequel le
prestataire de services a sa résidence habituelle; o le contrat ayant pour objet un droit réel immobilier ou un bail d'immeuble est régi par la loi
du pays dans lequel est situé l'immeuble; o le bail d'immeuble conclu en vue de l'usage personnel temporaire pour une période maximale de six
mois consécutifs est régi par la loi du pays dans lequel le propriétaire a sa résidence habituelle, à condition que le locataire soit une personne
physique et qu'il ait sa résidence habituelle dans ce même pays; o le contrat de franchise est régi par la loi du pays dans lequel le franchisé a sa
résidence habituelle; o le contrat de distribution est régi par la loi du pays dans lequel le distributeur a sa résidence habituelle; o le contrat de
vente de biens aux enchères est régi par la loi du pays où la vente aux enchères a lieu, si ce lieu peut être déterminé; ATTENTION • Si le contrat
n’est pas couvert par ces règles de conflit, le contrat est régi par la loi du pays dans lequel la partie qui doit fournir la prestation caractéristique
a sa résidence habituelle. • Si la loi applicable ne peut être déterminée par ces règles de conflit ou par la détermination de la prestation
caractéristique, le contrat est régi par la loi du pays avec lequel il présente les liens les plus étroits. • Lorsqu'il résulte de l'ensemble des
circonstances de la cause que le contrat présente des liens manifestement plus étroits avec un pays autre, la loi de cet autre pays s'applique. LE
CONTRAT DE CONSOMMATION Convention entre un professionnel et un particulier qui a pour objet la vente ou la prestation à usage domestique.
Le principe du choix de la loi est-il comparable à celui de l’article 3 ? Le principe est celui du choix de la loi par les parties. Mais ce choix ne doit
pas priver le consommateur de dispositions qui lui seraient plus favorables en application de la loi de l’Etat de sa résidence habituelle. En effet,
selon l’art. 5§2 : le choix par les parties de la loi applicable ne peut avoir pour résultat de priver le consommateur de la protection que lui assurent
les dispositions impératives de la loi du pays dans lequel il a sa résidence habituelle. MAIS ATTENTION, selon la convention de Rome, à condition
que le consommateur n’ait pas sollicité le prestataire étranger soit en se déplaçant soit en prenant contact avec celui-ci de sa propre initiative
et, selon le règlement Rome 1, à condition que le professionnel exerce son activité professionnelle dans le pays dans lequel le consommateur a
sa résidence habituelle, ou par tout moyen, dirige cette activité vers ce pays ou vers plusieurs pays, dont celui-ci, et que le contrat rentre dans
le cadre de cette activité.. A défaut, la loi de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique, donc la loi de résidence habituelle
du vendeur, sera appliquée. LE POINT COMMUN ENTRE LA CONVENTION DE ROME ET LE REGLEMENT ROME 1 CHOIX DE LA LOI Si consommateur
passif = consommateur protégé = choix encadré de la loi = ne peut priver le consommateur des dispositions protectrices et plus favorables de la
loi de sa résidence habituelle Loi résidence consommateur > loi choisie LOI DESIGNEE PAR LE JUGE Si consommateur passif = loi de sa résidence
habituelle Si consommateur actif = = loi de la résidence habituelle du débiteur de la prestation caractéristique (professionnel) LA DIFFERENCE
ENTRE LA CONVENTION DE ROME ET LE REGLEMENT ROME 1 Consommateur passif dans la convention de Rome relève d’une analyse purement
comportementale de celui-ci. Dans le règlement Rome 1 ; le comportement passif du consommateur résulte de la politique et de l’activité du
professionnel. Existe-t-il des lois de police en ce domaine ? En la matière, on notera une loi de police liée au crédit à la consommation : - La loi
sur le crédit à la consommation : loi Scrivener du 10 janvier 1978 (1re Civ., 19 oct. 1999). QUESTION : le consommateur profite t-il de la protection
des lois de police s’il est dit « actif » ? La loi de police est énoncée à l’article 7 dans la convention de Rome et à l’article 9 dans le règlement Rome
1. Faut-il considérer que les lois de police de la résidence habituelle du consommateur ne peuvent intervenir que dans les cas de protection
prévus par les règles de conflit spécifiques au contrat de consommation, soit uniquement lorsque le consommateur est passif ? Cour de cassation,
civ. 23 mai 2006 (n° 03-15637) : si le consommateur est « actif », il est néanmoins protégé par les lois de police de son pays de résidence sur le
fondement de l’article 7 de la convention de Rome et 9 du règlement Rome I.
LES CONTRATS SPECIFIQUES : contrat de travail, contrat de transport, contrat d’assurance Le contrat de travail è Les contrats de travail peuvent
avoir été conclus avant ou après le 17/12/2009. è Les dispositions sont les mêmes dans la convention de Rome et le règlement Rome 1. Seule la
codification change. è Article 6 dans la convention et article 8 dans le règlement. 1. Le contrat individuel de travail est régi par la loi choisie par
les parties conformément à l'article 3. Ce choix ne peut toutefois avoir pour résultat de priver le travailleur de la protection que lui assurent les
dispositions auxquelles il ne peut être dérogé par accord en vertu de la loi qui, à défaut de choix, aurait été applicable selon les paragraphes 2,
3 et 4 du présent article. 2. À défaut de choix exercé par les parties, le contrat individuel de travail est régi par la loi du pays dans lequel ou, à
défaut, à partir duquel le travailleur, en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail. Le pays dans lequel le travail est
habituellement accompli n'est pas réputé changer lorsque le travailleur accomplit son travail de façon temporaire dans un autre pays. 3. Si la loi
applicable ne peut être déterminée sur la base du paragraphe 2, le contrat est régi par la loi du pays dans lequel est situé l'établissement qui a
embauché le travailleur. 4. S'il résulte de l'ensemble des circonstances que le contrat présente des liens plus étroits avec un autre pays que celui
visé au paragraphe 2 ou 3, la loi de cet autre pays s'applique. Les parties ont choisi la loi Le principe reste celui de la loi choisie par les parties.
Mais, à l’instar des contrats de consommation, il existe des limites. La loi choisie ne peut priver le salarié de dispositions protectrices qu’il aurait
pu avoir par ailleurs ET EN REFERENCE A LA LOI QUE LE JUGE AURAIT DESIGNEE A DEFAUT DE CHOIX. Donc choix qui devrait correspondre à : è
la loi du pays où le travailleur, en exécution du contrat, accomplit habituellement son travail è la loi du pays où se trouve l'établissement qui a
embauché le travailleur è loi qui présente des liens plus étroits avec un autre pays Condition : Dès lors QUE CES LOIS SONT PLUS FAVORABLES
(l’article parle de « protection ») A LA LOI CHOISIE. Que se passe t il si une de ces lois est plus favorable par rapport à l’autre ? N’oublions pas
que le degré de protection est apprécié LEGE FORI. Si les parties ont choisi par exemple la loi de l’établissement mais que la loi de la prestation
habituelle semble plus protectrice, on peut envisager de plaider sur cette dernière puisque la hiérarchie n’existe pas dans cette hypothèse. Il en
serait de même avec une loi présentant des liens manifestement plus étroits avec le contrat de travail. Les parties n’ont pas choisi la loi Ø lorsque
les parties n’ont pas choisi de loi applicable au contrat de travail, le juge applique en premier lieu la loi du pays où le travailleur, en exécution du
contrat, accomplit habituellement son travail, même s'il est détaché à titre temporaire dans un autre pays. Si cette loi ne peut être déterminée
parce le travailleur n'accomplit pas habituellement son travail dans un même pays, le juge applique la loi du pays où se trouve l'établissement
qui a embauché le travailleur. L’approche est ici hiérarchisée : le deuxième critère n’intervient pas en fonction du degré de protection mais
uniquement en fonction de l’adaptabilité de ce premier rattachement. Si ce rattachement ne peut se faire, le juge passe au second critère. Ø
Cependant ces deux lois peuvent encore être écartées s’il résulte de l'ensemble des circonstances que le contrat de travail présente des liens
plus étroits avec un autre pays, auquel cas la loi de cet autre pays est applicable. Le juge se servira d’indices objectifs pour déterminer cette loi
applicable et il peut, par exemple, tenir compte de la devise retenue ou de la langue du contrat. Ø Il ne faut pas oublier que s’il existe une loi de
police française dont le contenu correspond au litige soumis au juge français, ce dernier appliquera la loi de police (licenciement pour motif
économique : Assemblée plénière 10 juillet 1992), donc la loi française et n’aura pas recours aux dispositions ci dessus énoncées. Le contrat de
transport è Il n’y a pas d’article spécifique au contrat de transport dans la convention de Rome à partir du moment où les parties ont choisi leur
loi. Ce choix est libre tel exprimé à l’article 3. è On retrouve le même principe de liberté de choix non encadrée dans le règlement Rome 1. Dès
lors qu’il n’y a pas de droit matériel applicable au contrat de transport, on retrouve un système conflictuel. Certains contrats sont encore soumis
à la convention de Rome Ils sont rattachés au principe de la liberté de choix (article 3). Le choix n’est pas encadré. A défaut de choix de loi par
les parties, le juge se reporte à l’article 4§4 lequel vise le contrat de transport de marchandises : si le pays dans lequel le transporteur a son
établissement principal au moment de la conclusion du contrat est aussi celui dans lequel est situé le lieu de chargement ou de déchargement
ou l'établissement principal de l'expéditeur, il est présumé que le contrat a les liens les plus étroits avec ce pays. Il faut donc vérifier l’une des
trois équations suivantes : Etablissement du transporteur = lieu du chargement Etablissement du transporteur = lieu du déchargement
Etablissement du transporteur = lieu de l’établissement principal de l’expéditeur (vendeur) Si aucune équation n’est vérifiée, le juge recherchera
la loi présentant les liens les plus étroits avec le contrat de transport. Soumis au règlement Rome 1 Il est utile de noter que l’article 5 de ce
règlement prévoit des dispositions spécifiques aux contrats de transport, en distinguant le transport de marchandises et le transport de
passagers. A défaut de choix de loi par les parties, le juge applique l’article 5 §1 pour le transport de marchandises : la loi applicable au contrat
de transport de marchandises est la loi du pays dans lequel le transporteur a sa résidence habituelle, pourvu que le lieu de chargement ou le
lieu de livraison ou encore la résidence habituelle de l'expéditeur se situe aussi dans ce pays. On retrouve ainsi les mêmes équations que dans
la convention de Rome. Mais il y a une nouveauté : Si ces conditions ne sont pas satisfaites, la loi du pays dans lequel se situe le lieu de livraison
convenu par les parties s'applique. Pour le transport de passagers, les parties ne peuvent choisir comme loi applicable au contrat de transport,
conformément à l'article 3, que la loi du pays dans lequel : a) le passager a sa résidence habituelle, ou b) le transporteur a sa résidence habituelle,
ou c) le transporteur a son lieu d'administration centrale, ou d) le lieu de départ est situé, ou e) le lieu de destination est situé. è Critères multiples
alternatifs Et à défaut de choix, la loi applicable au contrat de transport de passagers est la loi du pays dans lequel le passager a sa résidence
habituelle, pourvu que le lieu de départ ou le lieu d'arrivée se situe dans ce pays. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, la loi du pays dans
lequel le transporteur a sa résidence habituelle s'applique. En tout état de cause, s’il résulte de l'ensemble des circonstances de la cause que le
contrat de transport de marchandises ou de passagers présente des liens manifestement plus étroits avec un pays autre, la loi de cet autre pays
s'applique. Le contrat d’assurance è Ces contrats n’étaient pas spécifiquement pris en charge par la convention de Rome. è La matière était
principalement gouvernée par la convention de Rome par rattachement au contrat en général. è Les contrats d’assurance internationaux, c’est-
à-dire les contrats d’assurance présentant des éléments d’extranéité, sont appelés à se développer. Le règlement Rome 1 est désormais
applicable aux contrats conclus à compter du 17 décembre 2009. Son article 7 vise d'une part, les contrats d'assurance couvrant de grands
risques, indépendamment de la localisation du risque, et d'autre part, tous les autres contrats d'assurance dans la mesure où le risque couvert
est localisé sur le territoire de la Communauté. Demeurent donc exclus du champ d'application de l'article 7, les contrats de masse portant sur
des risques localisés dans un État tiers, ainsi que les contrats de réassurance (art. 7, § 1). On distingue en fait les contrats grands risques et les
autres contrats d’assurance : la distinction n’est pas toujours aisée mais on peut utilement se reporter à la directive 73/239/CEE du 24 juillet
1973. Couvrant les grands risques Tout dommage subi par les véhicules ferroviaires, tout dommage subi par les véhicules aériens, véhicules
fluviaux, véhicules lacustres, véhicules maritimes. Tout dommage subi par les biens causé par incendie, explosion, tempête, éléments naturels
autres que la tempête, l’énergie nucléaire et l’affaissement de terrain. Autres dommages aux biens lorsque ce dommage est causé par la grêle
ou la gelée, ainsi que par tout événement, tel le vol. Le principe est le libre choix de la loi par les parties. Art.7§2 : À défaut de choix par les
parties de la loi applicable, le contrat d'assurance est régi par la loi du pays où l'assureur a sa résidence habituelle. MAIS S'il résulte de l'ensemble
des circonstances que le contrat présente des liens manifestement plus étroits avec un autre pays, la loi de cet autre pays s'applique. Les autres
risques Choix encadré : les parties peuvent uniquement choisir comme loi applicable conformément à l'article 3: a) la loi de tout État membre
où le risque est situé au moment de la conclusion du contrat; b) la loi du pays dans lequel le preneur d'assurance a sa résidence habituelle; c)
dans le cas d'un contrat d'assurance vie, la loi de l'État membre dont le preneur d'assurance est ressortissant; d) dans le cas d'un contrat
d'assurance couvrant des risques limités à des sinistres survenant dans un État membre autre que celui où le risque est situé, la loi de l'État
membre de survenance; e) lorsque le titulaire d'un contrat d'assurance relevant du présent paragraphe exerce une activité commerciale,
industrielle ou libérale et que le contrat d'assurance couvre deux ou plusieurs risques relatifs à ces activités et situés dans différents États
membres, la loi de l'un des États membres concernés ou la loi du pays de résidence habituelle du preneur d'assurance. Lorsque, dans les cas
visés aux points a), b) ou e), les États membres mentionnés accordent une plus large liberté de choix de la loi applicable au contrat d'assurance,
les parties peuvent faire usage de cette liberté. À défaut de choix par les parties de la loi applicable, le contrat est régi par la loi de l'État membre
où le risque est situé au moment de la conclusion du contrat ce qui renvoie principalement aux dispositions de a) à e). Tous ces contrats sont
bien évidemment soumis au respect des lois de police de l’Etat du juge saisi et de l’ordre public international (renvoi au cours du 1er semestre).
FICHE 7 LES DELITS EN DIP Fiche destinée aux étudiants en DIP sans td 1/ La lex loci delicti est dans un premier temps issue de la jurisprudence
L’arrêt Lautour du 25 mai 1948 = loi du lieu de réalisation du délit La lex loci delicti est elle exclusive ? Non. Prenons l’exemple d’un délit survenu
en pleine mer ou dans un espace aérien libre, sera-t-il aisé de déterminer objectivement la localisation du délit ? Aussi dans un arrêt du 9 mars
1996, la Cour de cassation a jugé qu’un abordage s’étant produit en haute mer, le lieu du délit qui fixe la loi applicable à la responsabilité ne
donnait en l’espèce compétence à aucune loi. Elle en a déduit l’application de la lex fori. Egalement, lorsque les éléments d’un même dommage
sont répartis dans plusieurs pays. La jurisprudence a parfois retenu la loi présentant les liens les plus étroits avec le fait dommageable (civ. 1re,
11 mai 1999, Civ. 1re, 5 mars 2002). En matière de délits complexes, il n’y a donc pas de certitude à appliquer la lex loci delicti. Dans un arrêt de
la Cour de cassation du 27 mars 2007 relatif au naufrage d’un navire près de Madagascar rappelle que la loi applicable à la responsabilité extra
contractuelle est celle de l’Etat du lieu où le fait dommageable s’est produit mais qu’en cas de délit complexe, ce lieu s’entend aussi bien de celui
du fait générateur du dommage que du lieu de réalisation de ce dernier. 2/ La convention de la Haye du 4 mai 1971 porte uniquement sur les
accidents de la circulation C’est une convention spécifique aux accidents de la circulation qui retient la lex loci delicti. Aux termes de l’article 3,
la loi applicable est la loi interne de l'Etat sur le territoire duquel l'accident est survenu (lex loci delicti). C’est le principe Mais il est dérogé à cette
disposition dans les cas suivants : SI UN SEUL VEHICULE EST IMPLIQUE Responsabilité conducteur (il est tout seul dans le véhicule) : Accident
pays x et véhicule immatriculé pays y loi pays immatriculation Responsabilité du conducteur envers la victime passagère : Accident pays x et
véhicule immatriculé pays y loi pays immatriculation si résidence habituelle distincte lieu du dommage SINON lex loci delicti Responsabilité
envers la victime non passagère : Accident pays x et véhicule immatriculé pays y loi pays immatriculation si résidence habituelle = lieu
immatriculation SINON lex loci delicti RESUMONS SI PLUSIEURS VEHICULES SONT IMPLIQUES Mêmes dispositions si tous les véhicules sont
immatriculés dans le même Etat SINON lex loci delicti. ET SI LES VICTIMES SONT IMPLIQUEES… Loi du pays d’immatriculation si cette loi
correspond à leur résidence habituelle SINON lex loci delicti Quel est le domaine de la loi applicable ? La loi applicable détermine notamment 1.
les conditions et l'étendue de la responsabilité 2. les causes d'exonération, ainsi que toute limitation et tout partage de responsabilité 3.
l'existence et la nature des dommages susceptibles de réparation 4. les modalités et l'étendue de la réparation 5. la transmissibilité du droit à
réparation 6. les personnes ayant droit à réparation du dommage qu'elles ont personnellement subi 7. la responsabilité du commettant du fait
de son préposé 8. les prescriptions et les déchéances fondées sur l'expiration d'un délai, y compris le point de départ, l'interruption et la
suspension des délais. Droit communautaire : Rome II du 11 juillet 2007 sur les obligations non contractuelles pour les faits survenus après le 11
janvier 2009. Rome II énonce des règles portant sur un grand nombre de délits, qui vont de la responsabilité du fait des produits défectueux aux
accidents de la route en passant par la pollution de l’environnement, la violation de droits relatifs à la propriété intellectuelle, et la publicité
déloyale. La règle de conflit est elle obligatoire ? Oui pour deux raisons. Les délits sont partie intégrante des droits indisponibles. Par ailleurs la
règle de conflit est prise dans un règlement européen. Le renvoi est il possible ? Le renvoi est exclu par le règlement. Un accord procédural est
il envisageable entre les parties ? L'article 14 du règlement introduit l'autonomie de la volonté en matière non contractuelle. Il permet aux
parties de choisir la loi applicable à l'obligation non contractuelle par un accord postérieur à la survenance du fait générateur du dommage ou
lorsqu'elles exercent toutes une activité commerciale, par un accord librement négocié avant la survenance du fait générateur du dommage.
Attention aux conflits entre la convention de la Haye de 1971 et le règlement Rome II en cas d’accident de la circulation Deux textes se
confrontent : - le règlement Rome II applicable à compter du 11 janvier 2009 pour les délits (dont les accidents de la circulation) - la Convention
de La Haye du 4 mai 1971 sur la loi applicable en matière d'accidents de la circulation routière, entrée en vigueur le 3 juin 1975. Comment choisir
entre les deux textes ? Le règlement Rome II est d'application directe dans tous les États membres de l'Union européenne (aucune transposition
dans une loi nationale n'est requise), et donc en France. Pour toutes les délits et donc les accidents de la circulation, le règlement précise que la
loi du pays où le dommage survient (lex loci delicti) s'applique. Toutefois, cette lex loci delicti est écartée au profit de la loi de résidence habituelle,
notamment lorsque la victime et la personne dont la responsabilité est invoquée ont leur résidence habituelle dans le même pays, ou lorsqu'elles
s'accordent sur une loi applicable. Le juge français saisi d'un litige d’accident de circulation appliquera t-il Rome II ou la convention de la Haye ?
La tendance était à considérer que pour les accidents de la circulation routière si le litige est intra-communautaire, le règlement Rome II
s’applique. Le juge appliquerait la Convention de la Haye si le litige met en cause un état tiers. Mais selon la Cour de cassation (civ. 1ère, 30 avril
2014), en matière d’accidents de la circulation routière transfrontaliers, la Convention de La Haye de 1971 prime le règlement communautaire
Rome II. En l’espèce, un accident de la route en Espagne avait causé un dommage au passager d’un véhicule dont le conducteur était immatriculé
et assuré en France, tandis que l’autre véhicule impliqué était, quant à lui, immatriculé en Espagne. Sur l’assignation de la victime pour obtenir
une provision, le juge des référés avait opté pour la loi française par application du règlement Rome II. Pour la Cour de cassation, le Convention
de la Haye n'a pas été conclue exclusivement entre des États membres de l'Union européenne mais également par des États tiers. Dès lors, le
règlement ne prévaut pas sur la Convention de la Haye. Et selon l’article 28 du règlement Rome 2 : Relation avec des conventions internationales
existantes 1. Le présent règlement n'affecte pas l'application des conventions internationales auxquelles un ou plusieurs États membres sont
parties lors de l'adoption du présent règlement et qui règlent les conflits de lois en matière d'obligations non contractuelles. 2. Toutefois, le
présent règlement prévaut entre les États membres sur les conventions conclues exclusivement entre deux ou plusieurs d'entre eux dans la
mesure où elles concernent des matières réglées par le présent règlement.
LES PERSONNES MORALES . è Les sociétés sont des acteurs économiques dominants sur la scène internationale. è La mondialisation a accentué
les transferts de siège social, l’implantation d’autres structures, les partenariats transfrontaliers. = La question de la loi applicable à cette diversité
de situations se pose. è La loi applicable s’identifie sous Lex societatis. è Mais les situations en lien avec les personnes morales sont diverses et
variées et l’on peut s’interroger sur le domaine de la lex societatis. Il faut également vérifier les critères de rattachement qui lui sont affectés.
Font ils l’unanimité ? Implantation et reconnaissance des sociétés étrangères 1/Implantation en France Une société dont le siège social est à
l’étranger a le choix entre différentes formes d’implantation sur le territoire français. Selon son mode d’implantation sur le territoire français,
les effets juridiques attribués seront différents : 1/ La société étrangère peut choisir de s’implanter par le biais d’un bureau de liaison. Cette
forme d’implantation n’implique pas la création d’une personnalité juridique et fiscale propre. Ce mode nécessite toutefois que le bureau ne
réalise pas des activités commerciales. Les activités privilégiées s’apparentent le plus souvent à des activités de prospection, de publicité,
d’information, de stockage ou toute autre activité ayant un caractère préparatoire. Le bureau de liaison n’a besoin d’aucune formalité
d’immatriculation pour exister. 2/ La société étrangère peut préférer recourir à la la succursale La succursale, à l’instar du bureau de liaison, n’a
aucune personnalité juridique. Elle n’a donc aucun patrimoine propre. Cependant, contrairement au bureau de liaison, elle est soumise au
régime fiscal français. Se pose dès lors la question de la double imposition en cas de bénéfices. Tout dépendra si le pays de la société étrangère
a conclu une convention bilatérale avec le France. L'ouverture d'une succursale doit faire l'objet d'une publicité au Registre du Commerce et des
Sociétés (RCS) du lieu d'implantation. La succursale n’a pas de nationalité propre. Elle dépend, sur le plan juridique, de la société étrangère. Elle
n’est donc pas soumise aux obligations comptables françaises et le plus souvent la comptabilité est tenue à l’étranger par la société étrangère.
Ce qui ne signifie pas qu’elle n’aura pas de contrôle fiscal. Dans ce cas, l’administration pourra exiger des documents comptables tenus à
l’étranger mais traduits en français. Les activités de la succursale sont bien évidemment plus larges que celles du bureau de liaison. La succursale
peut avoir une activité commerciale définie par la société située à l’étranger. 3/ Enfin, la société étrangère peut opter pour la création d’une
structure sociétaire implantée en France Dans ce cas, la filiale créée en France possède une autonomie juridique propre et a la personnalité
morale. Bien qu’elle soit majoritairement contrôlée par la maison mère, elle dispose cependant de biens propres et agit en son nom propre. La
filiale est donc soumise à la réglementation française et peut emprunter les formes prévues par le droit français : SA, SAS, SARL…pour lesquelles
les conséquences fiscales et sociales sont les mêmes que toute société française. 2/Reconnaissance en France Précisons d’emblée qu’il n’existe
pas de société transnationale qui aurait un statut et un régime unique qui s'imposerait à tous les Etats. Par contre, sur un plan plus régional, on
trouve la société européenne. L'Union européenne a adopté en 2001 le règlement 2157/2001 établissant le statut de la société européenne. Il
s’agit d’une structure juridique adaptée au marché intérieur qui évite les contraintes juridiques et pratiques de la multiplicité des ordres
juridiques nationaux. Le statut de société européenne est officiellement entré en vigueur le 8 octobre 2004. En France, la loi Breton n° 2005-842
du 26 juillet 2005 a transposé dans le droit national les dispositions du règlement européen. Cette société a un devoir d'immatriculation et une
obligation de publicité dans le JOCE (Journal officiel des communautés européennes). L'objectif premier est de créer une forme régie par les
mêmes règles quel que soit l'Etat membre d'immatriculation. Il y a certes une base commune mais il y a des renvois au droit national de la société
anonyme (SA) de l'Etat membre d'immatriculation. En dehors de cette hypothèse, la question des droits d’une société étrangère en France est
essentielle pour que cette société puisse exercer une activité en France et y avoir des partenariats stratégiques. A quoi sert la reconnaissance
d’une société étrangère en France ? La reconnaissance entraine la possibilité pour les sociétés d’exercer leur activité en France. Elles auront en
principe les mêmes droits que les sociétés françaises. Elles peuvent signer des contrats, ester en justice. Aussi une société constituée à l’étranger
selon la loi locale est reconnue comme personne morale en France. Il existe bien un texte ancien qui est la loi du 30 mai 1857 qui a subordonné
la possibilité pour des sociétés belges de capitaux d'exercer leurs droits en France : Article 1 (abrogé) Abrogé par LOI n°2007-1787 du 20
décembre 2007 - art. 27 (V) Création Loi 1857-05-30 Bulletin des Lois, 11èS., B. 503, n° 4578 Les sociétés anonymes et les autres associations
commerciales, industrielles ou financières, qui sont soumises à l'autorisation du gouvernement belge et qui l'ont obtenue, peuvent exercer tous
les droits et ester en justice en France en se conformant aux lois françaises. Article 2 (abrogé) Abrogé par LOI n°2007-1787 du 20 décembre 2007
- art. 27 (V) Création Loi 1857-05-30 Bulletin des Lois, 11èS., B. 503, n° 4578 Un décret, rendu en Conseil d'Etat, peut appliquer à tous autres
pays le bénéfice de l'article premier. Le problème de la reconnaissance des sociétés étrangères issu de la loi de 1857 a cependant été en partie
simplifié par l'adoption de la loi n° 2007-1787 du 20 décembre 2007 relative à la simplification du droit. En effet, l'article 27-II-4° de cette loi a
abrogé le texte de la loi de 1857. Cependant, la reconnaissance est encadrée. Une société étrangère reconnue en France pourra exercer son
activité dans le cadre des limites posées par sa loi applicable que l’on appelle la lex societatis. On ressent cette utilité sur le plan international
notamment par le convention de 1956. Sur le plan international et à la faveur de la reconnaissance des sociétés étrangères en dehors de leur
territoire, la convention de la Haye du 1er juin 1956 dispose que la personnalité juridique, acquise par une société, une association ou une
fondation en vertu de la loi de l'Etat contractant où les formalités d'enregistrement ou de publicité ont été remplies et où se trouve le siège
statutaire, sera reconnue de plein droit dans les autres Etats contractants, pourvu qu'elle comporte, outre la capacité d'ester en justice, au moins
la capacité de posséder des biens et de passer des contrats et d'autres actes juridiques. La personnalité juridique, acquise sans formalité
d'enregistrement ou de publicité sera, sous la même condition, reconnue de plein droit, si la société, l'association ou la fondation a été constituée
selon la loi qui la régit. On regrette que cette convention ait une portée limitée parce qu’elle n’a pas été ratifiée par un nombre suffisant d’Etats.
Mais au niveau européen, selon l’article 49 du Traité (TFUE), les restrictions à la liberté d'établissement des ressortissants d'un État membre
dans le territoire d'un autre État membre sont interdites. Cette interdiction s'étend également aux restrictions à la création d'agences, de
succursales ou de filiales, par les ressortissants d'un État membre établis sur le territoire d'un État membre. Cette liberté d’établissement
s’accompagne donc du principe de reconnaissance mutuelle. Le droit d'établissement couvre le droit d'accéder à des activités indépendantes et
de les exercer et celui de créer et de gérer des entreprises en vue d'exercer une activité permanente dans un cadre stable et continu, aux mêmes
conditions que celles énoncées par le droit de l'État membre d'établissement pour ses propres ressortissants. AINSI Une société valablement
créée à l’étranger (selon sa loi applicable qui est la lex societatis) est reconnue en France et peut donc y exercer son activité. Toutefois, la société
étrangère sera considérée comme une ressortissante étrangère. En droit français de la nationalité, les étrangers ont un statut reconnu sur le sol
français mais leur capacité peut être encadrée. Ainsi, certaines professions de la fonction publique sont fermées aux étrangers. On peut donc
retrouver des limites (elles tendent à s’estomper) pour les personnes morales étrangères issues de pays tiers à l’union européenne. En effet, les
dispositions du traité européen interdisent les discriminations et les sociétés issues d’un pays membre sont traitées comme des sociétés
nationales. La détermination des règles d’existence et de fonctionnement sociétaire Sur la scène internationale, les acteurs privés sont pour la
plupart des sociétés. 1/ Les critères de la lex societatis è Plusieurs critères sont proposés à titre de rattachement dans la désignation de la lex
societatis. è Ils présentent la particularité de servir de détermination de la nationalité de la société. Mais il ne faut pas confondre nationalité et
lex societatis. Pour les personnes physiques, la nationalité est un statut de ressortissant et la loi applicable aux litiges rencontrées par les
personnes physiques peut être déterminée à partir de cette nationalité comme elle peut être déterminée à partir d’autres critères. La nationalité
exprime un statut. La loi applicable détermine un régime applicable. Critère principal utilisé : le siège social de la société • Le critère principal de
détermination de la nationalité d’une société est le siège social, critère formel (civ. 1ère, 30 mars 1971). • Article L210-3 al. 1 du code de
commerce : « Les sociétés dont le siège social est sur le territoire français sont soumises à la loi française ». • 1837 du code civil : « toute société
dont le siège social est sur le territoire français est soumise aux dispositions de la loi française ». Le siège statutaire est fixé dans les statuts. • Le
siège réel, critère substantiel, peut être cependant distinct : il correspond au lieu de « direction effective de la société » (Ass. Pl. 21 déc. 1990).
Cette solution n’est pas sans poser certaines difficultés au sein des groupes au sein desquels le pouvoir et le contrôle ne sont pas l’apanage de
la société mère. Les tiers peuvent se prévaloir du siège réel ou du siège statutaire. Dans son arrêt Eurofood du 3 mai 2006, la CJCE a précisé que
le centre des intérêts principaux d'une société est présumé situé à son siège statutaire ; il ne s'agit toutefois que d'une présomption simple qui
peut être renversée lorsque « des éléments objectifs et vérifiables par les tiers permettent d'établir l'existence d'une situation réelle différente
de celle que la localisation audit siège statutaire est censée refléter ». Comme en droit français, le siège statutaire peut donc être écarté lorsqu'il
n'est pas réel et sérieux et ne correspond pas au centre effectif de direction des affaires du débiteur. Critère de contrôle • La JP française a par
ailleurs appliqué le critère du contrôle qui fait appel à la nationalité des dirigeants et des associés. • Le critère de contrôle peut parfois être
appelé à jouer en tant que correctif : la société aurait la nationalité des personnes qui la contrôlent tels que les actionnaires ou les dirigeants
(Civ. 1ère, 26 nov. 1975, Rev. Soc. 1976. 528, note JL Bismuth). • Ce critère est l’objet de nombreuses critiques du fait de la grande instabilité
qu’il engendre. • Toutefois, c’est ce critère qui a pu expliquer la solution de l’affaire Barcelona Traction (5 février 1970) dans laquelle la Cour
internationale de justice a eu à se prononcer sur les conditions requises par le droit international pour qu’un État puisse attribuer sa nationalité
à une société. Critère de l’incorporation • L'un des critères qui pourrait être utilisé pour identifier cette nationalité est le critère dit de
l'"incorporation", le lieu de formation de la société ce qui rattache la société à l'endroit où elle a été enregistrée. • L’incorporation est un critère
d’origine anglo-saxonne, présent au Royaume Uni, aux Pays-Bas, selon lequel la loi applicable de la société est la loi du lieu de constitution de la
société. Il s’agit de la loi du lieu ou les formalités d’incorporation ont été accomplies et ce, quel que soit le pays où l’entreprise exerce son activité.
= C’est un critère très stable car la loi d’incorporation n’est pas susceptible de conflit mobile. MAIS risque de fraude. Il est possible de remédier
à ce problème par l’exception de fraude ou en appliquant les dispositions les plus impératives de la loi locale aux sociétés étrangères à la manière
des lois de police. Néanmoins, cette solution est remise en cause dans le cadre communautaire, par la liberté d’établissement (affaire Centros
LTD – CJCE 9 mars 1999). Des ressortissants danois avaient créé une société en Angleterre et une succursale au Danemark. Le tout afin d’échapper
à une disposition danoise ne reconnaissant pas la SARL. Le Danemark a refusé l’immatriculation de la succursale tout en considérant que la
situation était purement interne au Danemark. Pour la CJCE, la situation relève du droit communautaire car la première société a bien été
constituée à l’extérieur du Danemark. La création d’une succursale relève bien du droit d’établissement et peu importe que cette création l’ait
été en vue d’échapper à la loi danoise. La CJCE précise même que « la lutte contre la fraude ne saurait justifier une pratique de refus
d’immatriculation d’une succursale de société ayant son siège dans un autre Etat membre ». 2/ Le domaine et la portée de la lex societatis La
lex societatis couvre un domaine très large : de la constitution à la dissolution liquidation. La lex societatis détermine aussi la qualité d'associé
donc les conditions d'acquisition de cette qualité : par exemple le régime des apports ou de l’agrément. Elle vise aussi les conditions de perte de
la qualité d’associé : retrait, décès, exclusion. Enfin, la lex societatis s'applique au fonctionnement de la société : responsabilité des dirigeants,
mise en place des organismes de fonctionnement, réunion des assemblées, quorum et vote, rapport entre les associés La lex societatis domine
ainsi la vie interne de la société. En revanche, dans ses relations externes, la lex societatis est en concurrence avec d'autres lois : la loi du contrat,
la loi du lieu dommage, la loi du lieu de situation du bien, la loi de la faillite. Il n’y a pas d’harmonisation en la matière. Il n’y a pas de principe
commun en ce qui concerne les critères de sa désignation. En utilisant, via la thématique de la nationalité, les critères du siège social statutaire,
réel, du contrôle ou de l’incorporation, on ne fait que recourir à des systèmes de droit distincts. Doit on faire appel à un critère unique c’est-à-
dire uniformisé ? Pourrait on accepter un dépeçage et appliquer plusieurs lois en fonctions de différents critères ? Les deux principaux critères
utilisés par les Etats sont pour l’heure le critère de l’incorporation et le critère du siège réel. La convention de la Haye du 2 juin 1966 sur la
reconnaissance de la personnalité morale des sociétés fait appel à ces deux critères. La convention de Bruxelles du 29 février 1968 sur la
reconnaissance mutuelle des sociétés au sein des Etats membres vise également ces deux mêmes critères. L’idée d’une nouvelle règle de conflit
en matière de loi applicable aux sociétés a pu être proposée sous l’angle de la loi de l’État dans lequel la société s’est « créée et cristallisée ».
Les critères de rattachement à un ordre juridique seraient de deux ordres : un critère juridique, la loi de l’État de constitution de la société et un
critère économique, le lien prépondérant et continu avec l’économie d’un État. Le critère juridique serait le critère principal mais ce rattachement
serait suppléé par un rattachement économique en cas de preuve de liens prépondérants et continus avec l’économie d’un État autre que celui
de la constitution (sur ce point très intéressant et qui rappelle le rôle de la subsidiarité des rattachements en DIP, voir la thèse La lex societatis
en droit international des affaires de Lou Bouinan Sonia Youbo, Bordeaux 2015).