Beb 1
Beb 1
Introduction
Une enzyme fixe un substrat pour le transformer en produit. Ainsi, l'enzyme possède un
site actif formé de l'ensemble des acides aminés qui entrent en contact avec le substrat. Ce
site actif est formé de deux sites: le site de fixation du substrat et le site catalytique qui va agir
sur le substrat et lui faire subir la réaction chimique. Les acides aminés qui constituent le site
catalytique sont en général la sérine, la cystéine, l'histidine, la tyrosine et la lysine. Le site de
fixation du substrat et le site catalytique peuvent être confondus ou distincts. Certaines enzymes
sont en plus capables d'assurer la régulation des chaînes métaboliques. Cette faculté est due à
la présence d'un site régulateur (en plus du site actif) qui réagit avec des modulateurs qui viennent
d'ailleurs (allostérie). C'est le cas des enzymes allostériques.
Le rôle des enzymes est d’accélérer les vitesses des réactions biochimiques dans la
cellule. Un catalyseur est une substance qui, sans éprouver de transformation visible, et à faible
dose, modifie la cinétique d’une réaction chimique. Ainsi, la catalase catalyse la réaction de
transformation de l’eau oxygénée en une eau simple et en oxygène moléculaire:
H2O2 →H2O + ½ O2
Avec une concentration de H2O2 = 1 MOL/L, la vitesse de réaction est de 2,2.10 –13
mol/L/s sans catalyseur, de 5,4.10 –9 mol/L/s avec un catalyseur chimique (le platine colloïdal) et
de 4,5.10 –2 mol/L/s en présence de catalase.
Une enzyme donnée est spécifique d’une réaction, c’est-à-dire qu’elle catalyse toujours
la même transformation, se produisant sur les mêmes corps chimiques initiaux. Les protéines
enzymatiques sont synthétisées par des êtres vivants. Cette synthèse est déterminée génétiquement
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: sa conservation dans le génome est favorisée par le besoin qu’éprouve cet être vivant de faire
cette réaction. Toutes les molécules qui entrent dans une réaction enzymatique et sont
définitivement modifiées sont appelées substrats. Le substrat est donc une molécule de nature
organique ou inorganique reconnue par le centre actif de l’enzyme et transformé par celui-
ci. La nouvelle molécule qui résulte de cette transformation est appelée produit. Toutes les
molécules ayant une liaison spécifique avec une protéine sont appelées ligands. Pour chaque
ligand, il existe au moins un site de fixation sur la protéine qui le reçoit. D’autres molécules non
protéiques peuvent aussi avoir une activité catalytique : les abzymes (Ac) et les ribozymes
(ARN). L’enzymologie est la science qui étudie les enzymes. Le spécialiste de cette science est
appelé enzymologiste. Le substantif « enzyme » est du genre féminin et masculin.
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Caractéristiques générales des enzymes
Les enzymes ont la capacité d’abaisser l’énergie d’activation pour des réactions spécifiques
pour que ces réactions puissent se faire à la température normale de la cellule.
-Les enzymes présentent une grande spécificité compte tenu de leur nature protéique ;
-Leur activité peut-être modulable en fonction de l’environnement : pH, T°, Substrat, composés
activateurs ou inhibiteurs.
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1- Stéréospécificité ou spécificité stéréochimique
Beaucoup d’enzymes sont capables de distinguer deux isomères optiques (séries L et
D) l’un de l’autre. Elles peuvent agir sur le composé de la série L et demeurer inactives sur le
composé de la série D ou vice versa. On dit que les enzymes sont adaptées stéréochimiquement
à leurs substrats. C’est le cas de la:
-D-aminoacide déshydrogénase du foie des mammifères qui catalyse la déshydrogénation
d’un grand nombre de D-aminoacides et est inactive sur les L-aminoacides:
-lactico-déshydrogénase du muscle qui peut catalyser la déshydrogénation de l’acide L(+)-
lactique en acide pyruvique mais non celle de l’acide D(-)lactique;
-l’arginase qui n’hydrolyse par contre que la L(+)arginine en ornithine et urée;
-d’un certain nombre d’enzymes font la distinction entre les conformations alpha et
beta. C’est le cas par exemple des alpha et beta-glucosidases, galactosidases, fructosidases etc ;
D’autres enzymes ont une stéréospécificité vis à vis de l’isomérie cis-trans.
3- Spécificité de groupe
L’enzyme exigera que son substrat possède une liaison donnée et au moins une partie de la
molécule conforme à une structure définie (A ou B). C’est le cas de la trypsine, enzyme
protéolytique contenu dans le suc pancréatique qui hydrolyse les liaisons peptidiques des protéines
mais seulement celles auxquelles participent les groupements carboxyles de résidus de lysine ou
d’arginine. C’est le cas des a-glucosidases qui hydrolysent les liaisons osidiques entre l'a-glucose
et un alcool ou un ose. La nature de ces liaisons influencera la vitesse de la réaction .
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4- Spécificité absolue pour un seul substrat
Un certain nombre d’enzymes possèdent une spécificité tellement grande qu’elles ne
peuvent agir que sur un seul substrat, c’est le cas par exemple de:
-l’arginase qui n’agit que sur la L-arginine. Toute modification de la structure de l’arginine
même minime en un point éloigné de la liaison rompue la rend inapte à être dégradée ;
-l’uréase a comme seul substrat l’urée qu’elle hydrolyse en CO2 et NH3.
-la fructose-1,6-diphosphatase qui hydrolyse le fructose-1,6-diphosphate pour donner le
fructose-6-phosphate et le phosphate inorganique.
-l’anhydrase carbonique n’agit que sur le CO2 sur lequel elle ajoute une molécule d’eau
pour donner l’acide carbonique.
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et précédés de EC soit E.C.x.y.z.t. Il s’agit du nom systématique de l’enzyme. Nom systématique
de l’enzyme = substrat + réaction + ase E.C.x.y.z.t.
E.C. = Enzyme Commission
1er chiffre (x): classe de l’enzyme (type de réaction catalysée). Il en existe 6.
2ème chiffre (y) : sous-classe (mécanisme de réaction)
3ème chiffre (z): sous sous-classe (nature des molécules impliquées)
4ème chiffre (t): numéro d’ordre de l’enzyme (une indication de la sous sous-classe)
Exemple: la -D-glucosidase s’appelle en réalité D-glucoside glucohydrolase, EC [Link]
Substrat : -D-glucoside
Réaction : hydrolyse
EC : Enzyme commission
3 : Classe des hydrolases
2 : Scindant les liaisons osidiques
1 : Il s’agit d’une liaison o-osidique
21 : indique le résidu anomérique -glucosyle
20 : indique le résidu anomérique -glucosyle
23 : indique le résidu anomérique galactosyle
Lorsque l'enzyme utilise 2 substrats, on les désigne tous les deux, en indiquant :
-le substrat donneur de radicaux ;
-puis le substrat accepteur du radical libéré ;
-le radical échangé ;
-le type de réaction ;
-on ajoute enfin ase.
Le tout accompagné d’un numéro portant 4 nombres séparés par des points et précédés de ‘EC’.
Par exemple :
- ATP-glucose phosphotransférase
- UDPglucose-fructose glucosyltransférase
- Glutamate pyruvate aminotransférase.
Dans le cas d'une réaction équilibrée réversible, on peut former les noms à partir des
substrats ou des produits.
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Lorsque le numéro (portant les 4 nombres) dans la nomenclature officielle se termine par
99, cela signifie qu’elle est incomplètement caractérisée. Dans un rapport ou une publication
scientifique, le nom fonctionnel continue à être utilisé mais ce dernier est toujours suivi entre
parenthèses par son numéro (portant les 4 nombres) dans la nomenclature officielle.
2-1-1- Oxydo-réductase
C’est la classe numéro 1 (EC 1). Les oxydo-réductases catalysent les réactions de transfert
d’électrons, d’atomes d’hydrogène ou fixation d’oxygène.
A red + B ox ↔ A ox + B red
2-1-2- Transférase
C’est la classe numéro 2 (EC 2). Ces enzymes transfèrent des radicaux ou des groupes
d’atomes d’une molécule (substrat donneur) à une autre molécule (substrat accepteur). Leur nom
complet comporte le donneur, l’accepteur, le radical transféré suivi de transférase. Les groupes
transportés sont: le méthyle (-CH3), l’hydroxyméthyle (-CH2OH), carboxyle (-COOH),
groupement carboné comportant des fonctions aldéhydes ou cétones (-CHO) ou (-CO-R), groupe
acyle, groupe osidyle, amine, phosphoryle, etc.
A-R + B ↔ A + B-R
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2-1-3- Hydrolase
C’est la classe numéro 3 (EC3). Les hydrolases sont des enzymes de dégradation. Elles
provoquent la coupure d’une molécule et fixent les radicaux H et OH de l’eau sur les valences
libérées. Ce sont des enzymes sans coenzymes. Elles interviennent sur les fonctions éthers,
acétals, esters phosphoriques, liaisons O-O des peroxydes, C-N des amides. Il est très difficile de
les classer. Le plus simple est d’étudier leur action sur quelques groupes de molécules.
C-X + H2O ↔ C-OH + X-H
2-1-4- Lyase
C’est la classe numéro 4 (EC4). Les lyases sont des enzymes qui enlèvent un groupement
au substrat en laissant une double-liaison, ou au contraire, fixent un groupement sur une double
liaison.
A-R + Coenz ↔ A + Coenz-R
2-1-5- Isomérase
C’est la classe numéro 5 (EC 5). Les isomérases sont les enzymes qui catalysent les
réactions d’isomérisation intramoléculaire. Elles conservent la formule brute du composé.
A-B-X ↔ X-A-B
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Par ailleurs, les enzymes d’une même famille ont habituellement le même arrangement du
site actif et l’on peut prédire que leur superstructure doit être similaire. En conséquence, le
mécanisme est conservé au sein des membres d'une famille donnée. Quelques similarités entre les
familles ont mené au concept de « Superfamilles » ou « Clans ». Ainsi, de la séquence d’une
enzyme l'on peut prédire les caractéristiques de spécificité de substrat ainsi que le
mécanisme. L’utilité de cette approche a été démontrée par Tews et al., (1996). Une famille est
alors définie quand deux séquences au moins montrent une similarité significative en acides
aminés et aucune similarité avec d’autres familles. Les comparaisons structurales avec les
autres familles ont amené Henrissat à suggérer la nomenclature « Clan » dans laquelle
la Superfamille 4/7 est référée comme étant le « Clan GH-A » (Clan des GlycosylHydrolases A) et
subséquemment les autres sont appelées B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M et N. On dénombre
actuellement 14 clans notés de A à N. Les glycosidases sont regroupées dans 130 familles dont
4 ont été supprimées au cours de l'avancement des travaux de classification. Les familles
supprimées sont les familles 21, 40, 41 et 60. Certaines enzymes dont les structures ont été
identifiées n'ont pas été classées en familles encore moins en clans.
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parce qu’il est responsable de la stabilité de la structure tertiaire de l’apoenzyme,
parce qu’il intervient dans la fixation du substrat,
parce qu’il participe directement à la catalyse.
Dans la partie protéique de l’enzyme, se trouve une zone particulière appelée centre actif
ou site actif au niveau de laquelle se déroule l’acte catalytique. Les acides aminés constitutifs
d’une enzyme sont de 3 ordres :
les acides aminés collaborateurs, ils ne jouent aucun rôle apparent dans le centre
actif ;
les acides aminés collaborateurs et auxiliaires, ils stabilisent la conformation
active de la protéine et du centre actif;
et les acides aminés de contact, ils assurent la fixation et la transformation du
substrat. On les trouve par conséquent au niveau du centre actif.
Certaines enzymes sont constituées d’une seule chaîne polypeptidique, elles sont dites
monomériques. D’autres sont formées de plusieurs chaînes polypeptidiques, ce sont des enzymes
oligomériques. Lorsque les chaînes constitutives des enzymes oligomériques sont identiques,
elles sont dites homo-oligomériques, dans le cas contraire, ce sont des enzymes hétéro-
oligomériques. Il existe dans la nature des enzymes homo-hétéro-oligomériques.
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les acides aminés du site catalytique sont souvent les mêmes car la réaction catalysée est la
même, alors que les acides aminés du site de fixation peuvent changer.
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Après la substitution, si l’enzyme possède toujours un pouvoir catalytique, cela veut dire
que, soit :
La substitution ne s’est pas faite au niveau du centre actif de l’enzyme,
Elle s’est faite à un endroit autre que le centre actif.
La fixation de ce réactif de marquage sur l’enzyme n’a pas induit un changement de
conformation sur l’enzyme qui puisse empêcher l’acte catalytique.
Après la substitution, si l’enzyme perd son activité, cela veut dire que :
soit la substitution s’est faite au niveau du centre actif de l’enzyme ;
soit à un endroit autre que le centre actif de l’enzyme.
Mais cette fixation a induit un changement conformationnel qui ne favorise pas l’acte
catalytique.
Pour avoir des précisions d’autres démarches sont nécessaires :
-protéger le centre actif de l’enzyme avec l’utilisation d’un excès de substrat, ce qui va rendre
inaccessible le résidu R-X se trouvant dans le centre actif de l’enzyme ;
-Ensuite chercher à réaliser la réaction de substitution. Si le résidu R-X n’est pas substitué, cela
veut dire que le résidu R-X se trouve au niveau du centre actif de l’enzyme dans le cas contraire, il
ne se trouve pas dans le centre actif de l’enzyme.
A partir de ces démarches, on sait maintenant que R-X se trouve dans le centre actif de l’enzyme.
Pour connaître la nature de R-X, on réalise la substitution de R-X en l’absence d’un excès de
substrat et on fait ensuite l’hydrolyse acide avec l’acide chlorhydrique 6N. Cette hydrolyse va
nous permettre de découper l’enzyme et de connaître la nature du résidu R-X.
D’une façon générale, il faut noter que les résidus amino-acides qui sont indispensables à l’activité
catalytique sont des résidus polaires. Mais on trouve aussi des radicaux non polaires tels que le
thioester de la méthionine et l’indol du tryptophane.
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-Rôle dans le maintien de la structure du centre actif :
La dénaturation s’accompagne de la perte d’activité enzymatique.
-Rôle régulateur :
Certaines enzymes fixent des effecteurs sur des sites situés en dehors du centre actif.
-Le reste de la molécule est spécifique d’une espèce donnée :
Deux enzymes catalysant la même réaction, sur le même substrat et provenant d’espèces
différentes, ont le même site actif, mais ont des séquences différentes en ce qui concerne le reste
de la molécule, ce sont donc des protéines différentes.
-Le reste de la molécule est spécifique d’un tissu donné :
Les isoenzymes sont des enzymes catalysant la même réaction, sur le même substrat, mais
possédant des structure différentes et donc des propriétés physico-chimiques différentes. Ce sont
des enzymes oligomériques. Selon l’organe qui les fabrique, les sous-unités sont différentes, et
donc les isoenzymes sont différentes. Les isoenzymes sont donc spécifiques d’un organe donné.
1-4- Cofacteurs
1-4-1- Définitions et propriétés
Les cofacteurs sont des petites molécules (non polypeptidiques, non protéiques), des
molécules organiques ou inorganiques (des ions métalliques), liées plus ou moins fortement à la
protéine et indispensables à l’activité enzymatique.
Inorganiques Ions
Cofacteur métalliques
Coenzyme Mobiles Cosubstrats
Organiques Liés Groupements
prosthétiques
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-pour accepter un produit;
-comme participant à la structure de l’enzyme.
Les cofacteurs sont donc des métabolites non protéiques, de faible masse moléculaire comparée à
la masse moléculaire des enzymes.
- Ils ont une structure simple;
- Ils agissent à faible concentration et doivent, comme les enzymes, être régénérés à la fin
d’une réaction ou d’une séquence de réactions;
- Ils sont libres ou associés à l’enzyme;
- ils sont thermostables.
Les cofacteurs sont donc des ions métalliques et des coenzymes. Les coenzymes (Co), lorsqu’ils
sont libres, s’associent faiblement (liaison hydrogène ou ionique) au moment de la catalyse à la
partie protéique appelée ‘‘apoenzyme’’ (E) pour former le complexe fonctionnel
apoenzymecoenzyme (E-Co) appelé Holoenzyme. Dans ce cas, ces coenzymes prennent le nom de
“ coenzymes vrais ” ou coenzymes cosubstrats. D’autres enzymes comportent dans leur
structure le coenzyme. Ce dernier est fortement lié à l’apoenzyme par une liaison covalente.
Le coenzyme est alors appelé groupement prosthétique de l’enzyme. A cet égard,
l’organisation possible d’une enzyme est la suivante:
-protéine seule;
-apoenzyme + coenzyme;
-apoenzyme + cofacteur minéral;
-apoenzyme + coenzyme + cofacteur minéral.
Le cofacteur minéral n’est pas modifié au cours de la réaction, tandis que le coenzyme peut
être réduit.
Les coenzymes sont introduits dans l'organisme des mammifères par l'alimentation
sous forme de vitamines ou de facteurs de croissance qui sont des composés indispensables au
métabolisme, agissant à dose faible, et non synthétisés par l'organisme. Presque toutes les
vitamines hydrosolubles et liposolubles connues sont impliquées dans la structure des coenzymes
sauf la vitamine C (hydrosoluble) et la vitamine A (liposoluble).
C’est sous la forme d’holoenzyme que l’enzyme acquiert une spécificité pour son substrat.
Cette spécificité peut être :
-étroite : l’enzyme n’agit que sur un substrat. La glucokinase ne phosphoryle que le
glucose :
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- lâche : l’enzyme intervient sur un groupe de substrats ayant une communauté de
structure. L’hexokinase phosphoryle tous les hexoses.
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Toutes les enzymes sauf les hydrolases doivent leur activité à la présence d’un cofacteur.
Les enzymes digestives sont des hydrolases et n’ont pas besoin de coenzyme : trypsine,
chymotrypsine, pepsine, uréase, peptidase, lipase. Ex : la LDH (lactate déshydrogénase)
isoenzyme à 4 monomères (H et M : H5, H4M, H3M2, H2M3, HM4, M5) a comme coenzyme le
NAD+ (nicotinamide adénine dinucléotide). La succinate déshydrogénase a comme coenzyme le
FAD. Les transaminases (ALAT et ASAT) ont comme coenzyme le PLP (phosphate de pyridoxal)
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-des hydrogènes et des électrons dans les réactions d’oxydoréduction,
-des radicaux autres que l’hydrogène et les électrons dans les autres réactions.
Ils transportent le radical d’un composé A à un composé B selon les étapes réactionnelles
suivantes:
On voit que le coenzyme a réagi de façon stœchiométrique, et qu’il est régénéré. La réaction
globale catalysée est la suivante :
On distingue les coenzymes des réactions d’oxydoréduction et ceux des réactions de transfert de
groupement.
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0,32 V) et interviennent tous les deux dans les réactions d’oxydoréduction de l’alcool vers l’acide
carboxylique ou vice-versa. La réaction catalysée est la suivante à partir des alcools primaires :
Tout en ayant le même potentiel d’oxydoréduction, ils sont associés à des apoenzymes qui
leur sont spécifiques et déterminant les types de réactions catalysées. Le NAD+ intervient
généralement sous forme oxydée et prend en charge les électrons et les protons dans les
déshydrogénations cataboliques, autrement dit, NAD+ intervient dans les systèmes de dégradation
ou de catabolisme conduisant à la récupération d’énergie, NADP+ intervient souvent sous forme
réduite (NADPH,H+) et est associé aux déshydrogénases (réductase) dans les réactions de
synthèse. Dans la cellule, il y a des déshydrogénases à NADH,H+/NAD+ des déshydrogénases à
NADPH,H+/NADP+ bien que certaines acceptent les deux. Ces deux couples sont rarement
interchangeables car les produits peuvent êtres très différents. Leur formule est celle de la forme
naturelle de ces coenzymes, où le cycle pyridinique est attaché au ribose en configuration beta.
Exemple:
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Figure 1 – Structure des deux coenzymes nicotiniques dérivés du nicotinamide (Vit PP). Le couple
NAD+/NADH,H+ est un accepteur ou donneur dans les réaction d’oxydoréduction du
catabolisme. Le couple NADP+/NADPH,H+ intervient par sa forme réduite comme donneur
d’électrons dans les réactions de biogenèse.
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NAD(P)H,H+ présent dans la solution. Cette propriété est utilisée pour leur dosage ou pour le
dosage des composés dont les réductions ou oxydations leur sont couplées.
b- Coenzymes flaviniques
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Ces coenzymes sont des composés hydrosolubles, de couleur jaune. Ils dérivent de la
vitamine B2 ou riboflavine. Ce sont également des coenzymes de déshydrogénases. On distingue :
-la flavine mononucléotide (FMN) qui est l’ester phosphorique en 5’ de la riboflavine.
Elle est membranaire et intervient dans le transport d’électrons dans la chaîne respiratoire ;
- la flavine adénine nucléotide (FAD), cytosolique, qui comporte un 2e nucléoside uni au
premier par une liaison pyrophosphate.
FMN et FAD sont des coenzymes d’une cinquantaine d’enzymes répandues dans toutes les
cellules vivantes.
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Figure 2 – Structure des deux coenzymes flaviniques dérivés de la riboflavine (Vit B2). Le
couple FMN/FMNH2 ne se rencontre que dans le transport des électrons de la chaîne
respiratoire. Le couple FAD/FADH2 est donneur ou accepteur d’électrons dans les réactions
de catabolisme.
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c- Coenzyme quinoniques: ubiquinone et plastoquinone
d1- Cytochromes
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Ce sont des chromoprotéines présentes dans toutes les cellules, dans la membrane interne
des mitochondries, dans la membrane thylakoide des chloroplastes, et dans le cytoplasme. Le
groupement prosthétique ferroprotoporphyrinique est le même. Seules les apoenzymes qui leur
sont solidement accrochées par liaisons covalentes sont différentes (avec des masses moléculaires
allant de 13 000 à 250 000) et leur confèrent des potentiels redox différents. Ils ont un rôle de
transport séquentiel des électrons grâce au changement de valence du fer. Dans les
mitochondries des cellules animales et végétales et dans les chloroplastes on a isolé et identifié un
grand nombre de cytochromes fonctionnant tous sur le même principe. C’est le fer du groupement
prosthétique qui transporte les électrons par passage réversible du fer ferrique en fer ferreux:
Cyt b-Fe3+ + e- → Cyt b-Fe2+
Lors du transport des électrons, l’ordre d’intervention des cytochromes est déterminé par leur
potentiel redox.
Figure 4 – Structure de l’hème des cytochromes. Les cytochromes sont présents dans toutes
les cellules. Ils sont impliqués dans le transport des électrons de la chaîne respiratoire et de
la photosynthèse par changement de valence du fer.
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Ce sont aussi des chromoprotéines dans lesquelles le fer reste toujours sous forme ferrique
et ne change pas de valence. Elles contiennent 4 groupements hématiniques et souvent du cuivre.
Les catalases catalysent la décomposition de l’eau oxygénée ou peroxyde d’hydrogène :
H2O2 ↔ H2O + ½ O2
Les peroxydases oxydent certains substrats à partir d’un peroxyde comme l’eau oxygénée.
d3-Oxygénases
e-Protéines fer-soufre
Ces protéines fer-soufre interviennent dans les séquences de transport des électrons aussi
bien dans la chaîne respiratoire que dans la photosynthèse. Le fer est non héminique et le soufre
sous forme sulfure. Le fer et le soufre sont en quantité équimoléculaire. L’apoprotéine est liée au
fer par l’intermédiaire des cystéines. La figure donne un exemple de la partie non protéique de ces
protéines Fer-Soufre. Ces protéines fer-soufre se comportent comme des sous-unités de complexe
protéique. Le transport des électrons se fait encore par changement de valence de fer passant
réversiblement du fer ferrique au fer ferreux.
f-Acides lipoîque
Ce coenzyme intervient comme transporteur d’hydrogène dans les réactions de
décarboxylation oxydative et notamment dans celle de l’acide pyruvique.
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1-4-4-2-Coenzymes de transport des radicaux monocarbonés
Le CO2 est la forme la plus oxydée du carbone. Il se forme abondamment dans la cellule
suite à l’oxydation des carbones terminaux d’une molécule organique en particulier sous l’action
des déshydrogénases. La dernière réaction est une réaction de décarboxylation spontanée chez les
acides organiques ayant une fonction cétone en position beta (carbone 3). La décarboxylation est
une réaction courante dans les cellules animales et végétales. La réaction inverse, la
carboxylation, est moins fréquente et nécessite de l’énergie et un transporteur. On peut citer la
carboxylation du pyruvate et de l’acétyl-CoA, nécessaire à la néoglucogenèse et la synthèse de
acides gras. Une réaction de carboxylation qui occupe une place prépondérente dans le
métabolisme des végétaux chorophylliens est celle du ribulose-1,5-bisphosphate qui est à
l’origine de la synthèse des glucides à partir du CO2. Deux coenzymes servent de transporteurs, la
biotine pour les petites molécules et la vitamine K pour les protéines.
a1-Biotine ou vitamine H
La biotine est un coenzyme qui est réuni à l’apoenzyme par une liaison covalente amide
(entre -COOH de la chaîne latérale de la biotine et –NH2 d’une lysine de l’apoenzyme) à un
résidu lysine. Elle est formée de 2 hétérocycles accolés dont l’un contient 2 atomes d’azote et
l’autre un atome de soufre. Elle sert de coenzyme à la pyruvate carboxylase, une enzyme
importante du métabolisme des glucides. La réaction se déroule en deux étapes :
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Elle sert aussi de transporteur à l’acétyl-CoA carboxylase, une autre enzyme capitale dans la
synthèse des acides gras.
a2-Vitamine K
Les vitamines K sont synthétisées par les végétaux et par des bactéries hébergées dans le
tube digestif. Elles sont liposolubles et dérivent toutes du noyau naphtoquinone. Ces vitamines
entrent dans la synthèse des coenzymes des protéines carboxylases. Ces enzymes réalisent, au
cours de la post-traduction, des carboxylations en formant des résidus carboxyglutamiques, utiles
à l’activation des protéines et facteurs impliqués dans la coagulation du sang.
b1-S-adénosyl-méthionine
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méthyle dans les réactions catalysées par le groupe de méthyl-transférases qui fixent des
groupements méthyles aux accepteurs convenables comme :
-les acides nucléiques ;
-les protéines ;
-les colamines pour former les cholines ;
-la nicotinamide pour former le méthylnicotinamide, forme d’élimination de cette
vitamine. La perte du méthyle transforme le cofacteur en S-adénosyl-homocystéine.
Exemple :
b2-Acides foliques
En fait les acides foliques sont nombreux et sont rencontrés principalement dans les feuilles. Ils
contiennent deux noyaux que ne peuvent synthétiser les animaux et certains microorganismes. Il
s’agit des noyaux ptérine et le radical p-aminobenzoique. Associés à leur apoenzyme l’ensemble
constitue les ptéroprotéines. L’acide tétrahydrofolique (THF ou FH4) est la forme activée et
fonctionne comme cofacteur de nombreux systèmes enzymatiques de transfert de radicaux à un
carbone autre que le CO2. C’est la forme active d’une vitamine qui est l’acide folique ou l’acide
ptéroyl-glutamique. Le radical méthyle est transporté sur l’azote 5 qui peut être transféré ensuite
sur la désoxyribo-uridine pour former la désoxythimidine. Le coenzyme peut transporter aussi le
groupement formyl sur l’azote N10 suivant la formule ci-dessus : la synthèse du noyau purique et
des acides nucléiques dépend des réactions de transfomylation (transport de-CHO).
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Figure 8 – L’acide folique sous sa forme tétrahydrofolique est un transporteur de radicaux
monocarbonés autres que le CO2.
Il s’agit des coenzymes chargés de transporter les radicaux acyle, adéhydyle, carboxyle,
etc. Nous étudierons essentiellement 3 coenzymes importants compte tenu de leur implication
dans le métabolisme énergétique des glucides. Leur ordre d’intervention dans la transformation
du pyruvate en acétyl-CoA va permettre d’illustrer la notion de séquence de réactions et celle du
complexe multi-enzymatique.
c1-Thiamine pyrophosphate
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Figure 9 – Structure de la thiamine pyrophosphate, coenzyme dérivé de la vitamine B1.
Mécanisme d’action de la déshydrogénase au niveau de son coenzyme, groupement
prosthétique.
L’acide lipoïque est un acide gras à 8 atomes de carbone qui a un pont disulfure entre les
carbones 6 et 8. Il est solidement lié à son apoenzyme. L’holoenzyme formée prend alors le nom
de lipoamide..
Comme annoncé précédemment il sert d’accepteur de radicaux alcyles cédés par la
thiamine pyrophosphate. Dans le cas des réactions partant du pyruvate ou de l’alpha-cétoglutarate,
le radical transporté est un acétyle ou un succinyle. L’enzyme responsable du transport de ces
radicaux sur le lipoate est la pyruvate déshydrogénase ou l’α-cétoglutarate déshydrogenase. Le
lipoate n’est pas l’accepteur final des radicaux acyles. Une deuxième enzyme intervient, une
acyltransférase, (dihydrolipoyl-acyltransférase) qui transfère le radical acétyle ou succinyle sur le
coenzyme A. Le lipoate est réoxydé par la dihydrolipoyl déshydrogénase à FAD qui transfère à la
fin les électrons et les protons arrachés au pyruvate ou à l’ α-cétoglutarate sur NAD+.
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Figure 10 – Structure du lipoate et réaction de transfert des radicaux issus de la thiamine
pyrophosphate sur le lipoate.
c3-Coenzyme A ou HSCoA
Ce coenzyme existe dans toutes les cellules. Il sert d’activateur des acides gras dans les
réactions de dégradations. Il joue en même temps le rôle de transformateur de radical acyle R-CO-
. Il est capable de les rendre solubles dans le cytoplasme. Sa structure présente une analogie avec
un dinucléotide. Elle résulte de l’union de :
-l’adénosine 5’diphosphate ;
-de l’acide pantothénique, qui est le facteur vitaminique ( une vitamine du groupe B, non
synthétisé par les animaux) ;
-et de la mercaptoéthylamine.
La fixation du radical sur la fonction thiol produit la formation d’un thioester à haut
potentiel énergétique R-COS-CoA. C’est le groupement thiol de cette dernière qui est la partie
active de la molécule : son H peut être substitué par divers radicaux acyles (notamment acétyle)
pour former des acyl-coenzyme A ou acides gras activés qui chimiquement sont des thio-esters.
La formation directe de l’acétyl-CoA à partir de l’acétate n’est pas courante chez les
animaux. Par contre, elle se produit chez les bactéries et les végétaux avec consommation d’une
molécule d’ATP (avec consommation de deux liaisons phosphates riche en énergie). Sous l’action
de l’acétylthiokinase ou de l’acéyl-CoA synthètase (qui n’existe pas chez les animaux). On a :
32
Ches les animaux, les acétyl-CoA sont formés au cours de la β-oxydation des acides gras, ou à
l’issue de la déshydrogénation du pyruvate. Les cellules animales forment des acyl-CoA (réaction
d’activation) suivant le même mécanisme et la réaction est catalysée par l’acyl-CoA synthètase.
Certaines réactions de carboxylation ne sont possibles que si le composé est lié au coenzyme A.
Sous forme d’acyl-CoA. Les deux carboxylations importantes impliquant le coenzyme A sont
celles de l’acétyl-CoA pour former du malonyl-CoA et du propionyl-CoA en vue de former du
succinyl-CoA. Le CO2 est apporté par la carboxybiotine.
Rôles du coenzyme
• Activation des groupements carboxyliques
• Activation du H en ! des groupements carboxyliques
• Acylation (transfert de CH3-(CH2)n-(CO)-)
Réactions à CoASH
• Allongement des chaînes d’acides gras
• beta6oxydation des acides gras
• biosynthèse des acides aminés
• formation de l’acétylcholine
• formation du squalène (biosynthèse des stéroïdes).
33
Figure 11 – Structure du coenzyme A (1) – Réaction de transfert des radicaux acyles de
l’acyllipoate sur le Coenzyme A (2).
Le pyridoxal phosphate (PLP) est un coenzyme d’une importance capitale. Il est commun à
toutes les aminotransférases. Il intervient dans les réactions de transamination aussi bien de
dégradation que de synthèse des acides aminés. C’est un groupement prosthétique qui est relié à
son apoenzyme par liaison covalente avec laquelle elle forme une base de Schiff, aromatique. Lors
de la catalyse, il forme aussi une base de Schiff avec l’acide aminé. Sa structure dérive de la
vitamine B6 comprenant la pyridoxine et le phosphate.
La spécificité de l’activité enzymatique est déterminée par l’apoenzyme et peut conduire aux
résultats différents. Nous ne citons que 2 exemples :
34
Figure 13 – Structure du pyridoxal phosphate (PLP), coenzyme groupement prosthétique
des aminotransférases
35
Réaction enzymatique
Introduction
La fonction d’une enzyme E est de catalyser une réaction chimique conduisant d’un
substrat S à un produit P. L’activité enzymatique se manifeste donc par une accélération des
vitesses de réaction en présence de l’enzyme, par rapport à la réaction, non-catalysée. Une
décomposition des étapes réactionnelles, intégrant la formation du complexe enzyme-substrat peut
être :
Certaines étapes sont si rapides qu’on les néglige pour ne considérer que la ou les étapes
cinétiquement déterminantes, qui peuvent changer d’un cas à un autre.
I-Complexe enzyme-substrat
Victor Henry en 1902 a émis une hypothèse selon laquelle, le premier stade de la réaction
enzymatique consisterait en une fixation des substrats sur l’enzyme pour former un complexe
enzyme-substrat lequel serait ensuite dégradé en régénérant l’enzyme et en libérant les produits de
la réaction.
L’hypothèse de la formation de ES a été admise par la plupart des enzymologistes avant qu’il n’y
ait eu de preuves chimiques directes de son existence. Keilin et Mann (1937) apportèrent pour la
36
première fois une preuve en montrant que la peroxydase de raifort forme un composé chimique
défini avec son substrat, l’eau oxygénée. Comme de nombreuses autres chromoprotéines
hématiniques (cytochromes, catalase, méthémoglobine), la peroxydase en solution est brun-rouge
et présente un spectre d’absorption caractéristique en lumière visible. Quand H2O2 est ajoutée à
l’enzyme, on observe un déplacement immédiat des bandes d’absorption indiquant la formation
d’un composé chimique nouveau.
En présence d’un donneur d’hydrogène convenable (cosubstrat) tel que l’acide ascorbique ou un
colorant oxydable (AH2), une autre réaction a lieu:
qui se manifeste par le retour au spectre initial de la peroxydase libre. Le fait que ces réactions
puissent être observées directement dans un spectroscope constitue une preuve convaincante de
l’hypothèse formulée par Michael Menten. D’autres exemples ont été donnés par la suite de
l’existence de ES.
Dans les réactions enzymatiques, les processus d’affaiblissement des liaisons fortes des
substrats se font à la suite d’établissement transitoire d’un complexe entre les substrats et une zone
particulière de l’enzyme appelée centre actif. C’est ce complexe qui est appelé complexe enzyme
substrat (ES). Au niveau de ce complexe, l’affaiblissement des liaisons fortes se fait grâce à une
nouvelle répartition électronique entre l’enzyme et le ou les substrat (s). Ce qui va conduire à la
formation d’autres liaisons au niveau des produits. Le complexe ES est une étape absolument
indispensable pour toutes les réactions catalysées par les enzymes.
Les substrats sont liés aux enzymes par des interactions faibles: constantes d’association de 10-2 à
10-8 M et ∆G d’interaction entre -3 et -12 kcal/mol (vs. -50 à -110 kcal/mol pour des liens
covalents). La liaison du substrat au site actif implique souvent de nombreuses liaisons non-
covalentes de types :
37
- van der Waals
- électrostatiques
- ponts hydrogènes
Ces 3 types de liaisons non-covalentes diffèrent dans leurs contraintes géométrique, force et
spécificité. De plus, elles sont profondément affectées (de manière différente) par la présence
d’eau.
Un substrat chargé négativement peut former un lien électrostatique avec la chaîne latérale des
résidus Lys, Arg et His, ainsi qu’avec l’amine terminale d’une chaîne polypeptidique si, dûs à
leurs pKa’s, ces groupements sont chargés positivement au pH du milieu. Un substrat chargé
positivement peut interagir avec les résidus Asp et Glu, ainsi qu’avec un carboxylate terminal.
Les ponts hydrogène dans des systèmes biologiques sont entre des hydrogènes liés à des
oxygènes ou azotes et des atomes d’oxygène ou d’azote. Distances des ponts hydrogène: 2.63 à
3.10 Å Energies de liaison: 3 à 7 kcal/mol. Les acides aminés peuvent formés une variété de ponts
hydrogène; 11 des 20 acides aminés peuvent former des ponts hydrogène à travers leurs chaînes
latérales (donneurs ou accepteurs d’hydrogène). Une caractéristique importante d’un pont
hydrogène est son sens directionnel. La spécificité des interactions enzyme substrat résulte des
ponts hydrogène qui sont hautement directionnels et de la forme du site actif qui exclut les
molécules n’ayant pas une forme complémentaire.
38
Figure 16: Ponts hydrogènes
L’interaction de van der Waals est due à une force attractive non-spécifique entre deux
atomes qui sont séparés par 3 à 4 Å. L’énergie de liaison pour une paire d’atomes est de l’ordre de
1 kcal/mol (interaction faible). Une interaction efficace de type van der Waals entre un substrat et
une enzyme peut seulement avoir lieu si leurs formes sont complémentaires du point de vue
stérique. Une spécificité résulte d’une possibilité de former simultanément un grand nombre de
liaisons van der Waals entre le substrat et l’enzyme. Les répulsions entre les atomes qui sont plus
proches de la distance de contact de van der Waals sont aussi importants que les forces attractives
pour la spécificité d’interaction. De plus, des molécules non-polaires s’agrègent (interactions
hydrophobes) dans l’eau due à une augmentation d’entropie associée aux molécules d’eau
libérées. Une partie importante de l’énergie de liaison d’un substrat à une enzyme provient de
l’association des régions non-polaires du substrat avec ceux du site actif.
II-Activité enzymatique
En 1902, Emil Fisher est récompensé par le prix Nobel de chimie pour son travail sur les
glucides et la synthèse des purines. Il est également à l’origine du concept clé-serrure pour
expliquer la spécificité des réactions enzymatiques. Dans ce modèle, la formation du complexe
enzymesubstrat ES nécessite une interaction entre un ou plusieurs groupes fonctionnels ou
domaines du substrat avec des motifs de la cavité enzymatique. La rigidité de ce concept et la
39
tolérance de certaines enzymes envers différents substrats constituent cependant une limite à ce
modèle. Il conserve cependant un grand intérêt pédagogique.
1-2-Forme induite (Daniel E. Koshland, 1958)
Dans ce modèle, qui dérive du modèle clé-serrure, il est postulé que l’association enzyme-substrat
est permise après une modification de la conformation de l’enzyme induite par l’entrée partielle du
substrat. La structure tridimensionnelle fonctionnelle de l’enzyme, c’est-à-dire sa forme active,
n’existe donc qu’en présence de son substrat.
Ces deux théories sont basées sur les interactions noncovalentes qui existent entre enzyme
et substrat. Dans l’effet Circe, on considère que c’est la liaison des parties non réactives du
substrat avec la cavité enzymatique qui poussent les parties réactives dans une conformation
déstabilisée. La réaction devient alors une sorte de « libération » énergétique qui est favorisée.
L’idée plus globale de déstabilisation de l’état fondamental est basée sur le fait qu’une fois dans la
cavité enzymatique, le substrat va subir des interactions avec les acides aminés de l’enzyme qui
vont entrainer une déformation et une déstabilisation globale de l’énergie libre du substrat (ΔG).
L’énergie d’activation d’une réaction étant la différence entre l’énergie libre du substrat et celle de
l’état de transition, une déstabilisation de l’état initial a pour conséquence une réduction de cette
différence et se traduit donc par une vitesse accrue. La réaction enzymatique est donc accélérée
par rapport à la réaction noncatalysée
40
De façon complémentaire à la déstabilisation de l’état fondamental, la stabilisation de l’état
de transition conduit à un abaissement du niveau d’énergie de celui-ci et donc une diminution de
l’énergie d’activation. Dans cette théorie, ce sont les liaisons électrostatiques qui jouent un rôle
prépondérant pour la stabilisation, en raison des charges partielles importantes souvent
développées au niveau des états de transition.
Certains scientifiques comme Kendall N. Houk sont convaincus que les stabilisations de
faible énergie (liaisons hydrogène, van der Waals, hydrophobes, …) ne permettent pas à elles
seules d’expliquer les grandes différences de vitesse de réactions entre une réaction noncatalysée
et la même réaction catalysée par une enzyme. Dans la théorie de l’effet covalent, il est postulé la
formation d’intermédiaires au sein desquels l’enzyme est liée temporairement de façon covalente
au substrat ou à un cofacteur. De tels intermédiaires impliquent une différence de mécanisme
entre la réaction non-catalysée et la réaction catalysée, contrairement aux autres théories.
Pour Thomas C. Bruice, ainsi que pour d’autres spécialistes, l’accélération des réactions
enzymatiques est due en grande partie à la réactivité de conformères plus favorables. Cette théorie
des « Near Attack Conformers » considère la réaction chimique réellement comme un processus
dynamique, au cours duquel les molécules vibrent et passent par de nombreux conformères par de
petits mouvements d’atomes, élongation ou contraction de liaisons, variations d’angles de liaisons
ou d’angles dièdres. Certains conformères sont plus favorables que d’autres dans une réaction
donnée. Cette théorie considère que l’enzyme, qui elle aussi est un assemblage dynamique
d’atomes, favorise la formation de ces NACs, et que la réaction est globalement accélérée pour
cette raison. Lors de la réaction non-catalysée, la formation de ces NACs est plus longue et la
réaction impliquant d’autres conformères demande plus d’énergie.
41
1-7-Effet entropique (actuel)
2-1-Méthodes spectrophotomètres
L’enzyme agit sur le substrat pour libérer un ou plusieurs produits. Le substrat subit donc
une transformation. On peut mesurer l’apparition du ou d’un produit libéré ou du substrat
transformé du milieu réactionnel par des méthodes simples sensibles de dosage continu. On peut
utiliser si le produit libéré ou le substrat transformé absorbe la lumière dans le visible ou
l’ultraviolet les méthodes spectrophotométriques. Elles permettent de suivre la progression de la
réaction grâce au changement plus ou moins considérable de l’absorbance qui accompagne la
conversion de substrat.
2--2-Méthode manométrique
Si l’un des produits de la réaction est un gaz, on pourra mesurer la vitesse de la réaction par
une méthode manométrique qui consistera à mesurer le volume du gaz libéré ou consommé. Ce
qui permet de suivre le développement de la réaction.
42
Si la réaction aboutit à la libération ou à la captation d’ions hydrogènes, il est souvent
possible de la suivre par la technique de pH-stat. En effet, le pH est maintenu constant par addition
continuelle d’un acide ou d’une base. Le nombre de mole d’acide ou de base consommée sera une
mesure directe du développement de la réaction.
Les unités utilisées pour mesurer l’activité enzymatiques sont très variables :
L’unité d’activité enzymatique d’une enzyme quelconque est la quantité de cette enzyme
catalysant la transformation de 1 micro-mole de substrat par minute à 25°C ( si possible) et dans
les conditions de pH et de concentrations en substrat optimales. Ici, il s’agit d’une vitesse parce
que la quantité de substrat transformée est ramenée en unité de temps ( minute ).
3-2-Activité spécifique
C’est le nombre de moles de substrat transformé (ou de produit formé) par mole d’enzyme
par minute dans les conditions déterminées. Dans cette situation, on doit avoir une enzyme pure et
de poids moléculaire connu.
3-4-Katal
C’est la quantité d’enzyme qui transforme une mole de substrat par seconde sous des
conditions expérimentales standard. On utilise de préférence :
43
- le microkatal ( 1 µkat = 10-6 kat )
- le nanokatal ( 1 nkat = 10-9 kat )
- le picokatal ( 1 pkat = 10-12 kat ).
L’activité spécifique se définit dans ces conditions comme étant le nombre de katals par kg de
protéine.
44
Cinétique enzymatique
1-1-1-Définition
Soit la réaction A + B → C + D
La vitesse de cette réaction se définit par rapport à un des éléments de la réaction. Si c’est par
rapport à un réactif, on l’appelle vitesse de disparition (vitesse négative) ; si c’est par rapport à un
produit, c’est une vitesse d’apparition (positive). La vitesse de la réaction (V) est définie comme
étant la disparition de A ou de B ou l’apparition de C ou de D, par unité de temps. On peut écrire :
A + B → C + D
45
Une méthode pratique de détermination de la vitesse d’une réaction consiste à représenter les
variations de la concentration d’un des réactifs en fonction du temps et à déterminer la tangente
en un point de la courbe.
1-2-1-Définition et exemples
V = k [A] [B]
k est la constante de vitesse. Elle est indépendante des concentrations, et dépend uniquement de la
température.
et sont appelés ordres partiels de la réaction ;
est l’ordre partiel du constituant A ;
est l’ordre partiel du constituant B ;
est l’ordre total de la réaction.
L’ordre globale de la réaction sera :
-si , alors la réaction est d'ordre 0
-si , alors la réaction est d'ordre 1
-si , alors la réaction est d'ordre 2
Ce sont les réactions d’ordre 0 qui vont nous intéresser au niveau de la cinétique enzymatique.
Pour certaines réactions, il y a une relation entre l’ordre partiel par rapport aux réactifs et les
coefficients stoechiométriques de la réaction. L’ordre n'est pas forcément un entier. Il peut être
fractionnaire.
Exemple :
46
V = k [NO]2 [Cl]1
N2O5 → NO2 + O2
2N2O5 → 4NO2 + O2
Dans ce cas, l’ordre de la réaction par rapport à N2O5 est égal à 1 (cela a été prouvé
expérimentalement) donc différent de la molécularité qui est égale à 2, ce qui veut dire qu’une
seule molécule suffit pour générer NO2 + O2
47
-Hydrolyse du saccharose
C’est une réaction bimoléculaire (Fructose + Glucose). Généralement les réactions d’hydrolyse
bien qu’étant bimoléculaires sont d’ordre 1. Ceci est dû au fait que l’eau est en quantité
importante, et que sa variation au cours de la réaction est pratiquement imperceptible. La réaction
se fait avec [H2O] = cte.
V = k [ Saccharose ]1 [ eau ]0
A →Px
V = kA ou V = dPx / dt
dPx / dt = k A = V
Px = Kt
dPx / dt = K dPx = dt K
Avec K = k .cte
Dans ce cas, la vitesse est proportionnelle à la concentration d’une seule des substances
réagissantes. On peut avoir le cas :
A → B
V = k [ A ]1
48
V = - d [ A ] / dt = d [ B ] / dt
- d [ A ] / dt = k [ A ] - d [ A ] = k [ A ] dt
- d [ A ] / [ A ]= k dt
ln [ A ] / [ A0 ] = - kt
A + B →Px
V = k [ A ]1 [ B ]1
V = - d [ A ] / dt k = constance de vitesse.
V = k[ A ]2
- d [ A ] / dt = k [ A ]2 - d [ A ] = k [ A ]2 dt
49
-d [ A ] / [ A ]2 = k dt
ou
[ A0 ] – [ A ]
= Kt , une droite linéaire
[ A ] [ A0 ]
II-Cinétique enzymatique
1-1-Mode opératoire
50
●la concentration d’enzyme. Elle doit être faible par rapport à celle du substrat ;
●la température d’incubation ;
●le pH du tampon.
-nous devons faire varier, le temps d’incubation et déterminer la quantité de produit formé à
chaque intervalle de temps.
1-2-1-Analyse
1-2-2-Interprétation
Dans la partie1, la réaction s’effectue à un rythme régulier. La pente est donc constante et
indépendante de la concentration au substrat. Il s‘agit d’une vitesse initiale ici, nous nous
trouvons dans le cas d’une cinétique d’ordre 0 par rapport au substrat.
La partie 2 peut résulter de plusieurs facteurs ;
-de l’inactivation de l’enzyme ;
51
-d’une inhibition par un produit de la réaction ;
-de la compétition avec la réaction inverse ;
-et de l’épuisement d’un substrat.
En effet, compte tenu de l’état d’avancement de la réaction, la concentration du substrat n’est plus
optimale. La réaction évolue en fonction de la concentration du substrat présent. Sa vitesse va
donc baisser. La réaction est d’ordre 1 par rapport au substrat.
1-2-3-Conclusion
Lorsque le temps de réaction est trop long, c’est le cas de la partie 2, Il introduit des
irrégularités et on ne sait plus très bien ce que l’on mesure. Il est donc indispensable de travailler
en vitesse initiale.
De nombreux facteurs sont capables d’influencer la vitesse initiale d’une réaction enzymatique
particulière. Ce sont ;
-la concentration en enzyme ;
-la concentration en substrat ;
-le pH ;
-la température ;
-la nature du substrat ;
-et la présence d’activations ou d’inhibiteur.
2-1-Mode opératoire
52
●le pH du tampon ;
-nous devons faire varier, la concentration d’enzyme dans le milieu réactionnel et déterminer à
chaque fois, la vitesse de la réaction.
2-2-Représentations graphiques
2-2-1-Situation normale
a-Analyse
On a une courbe hyperbolique qu’on peut scinder en deux parties : la partie1 et la partie 2. La
partie 1 est une courbe rectiligne tandis que la partie 2 est une courbe qui s’infléchit.
b-Interprétation
La partie 1 est la zone de faibles concentrations d’enzymes. Elle permet d’obtenir dans les
conditions de l’expérience les vitesses initiales. La vitesse de la réaction est proportionnelle à la
concentration d’enzyme. L’enzyme est donc le facteur limitant du phénomène. Dans la partie 2, la
concentration d’enzyme dans le milieu réactionnel est forte par rapport à la concentration de
substrat, il y a une sous-estimation de l’activité enzymatique.
c-Conclusion
53
Il est donc indispensable d’opérer en faibles concentrations d’enzyme et en forte concentration de
substrat avec un temps d’incubation relativement court. Ces dispositions permettront de travailler
facilement en vitesse initiale.
2-2-2-Situation anormale
Dans cette situation, il n’existe pratiquement pas de partie rectiligne. Cette anomalie peut
s’expliquer par plusieurs facteurs :
-une impureté du tampon se combine avec l’enzyme, qui l’élimine totalement à dose plus
forte;
-l’enzyme n’est active qu’associée à un activateur sous forme d’un complexe EA selon EA
→ A + E . Le complexe est dissocié par dilution;
-l’enzyme a une structure quaternaire qui se dissocie en monomères inactifs par dilution.
-la préparation d’enzyme contient un inhibiteur formant avec l’enzyme un complexe EI
inactif. L’équilibre E + I ↔ EI est déplacé à droite en augmentant la concentration de
l’enzyme ;
-les conditions du dosage sont incorrectes. Par exemple, le dosage utilise un système
enzymatique auxiliaire et on en met pas assez. En accélérant la réaction, on s rend ce système
auxiliaire limitant et la réaction s’essouffle, donnant des valeurs inférieures à la réalité.
3-1-Mode opératoire
54
Pour réaliser cette étude :
-nous devons maintenir constants les paramètres suivants :
●la concentration de l’enzyme. Elle ne doit pas être forte. Bien au contraire, elle doit être
faible ;
●la température d’incubation ;
●le temps d’incubation. Il ne doit pas être long ;
●le pH du tampon.
-nous devons faire varier la concentration du substrat dans le milieu réactionnel et déterminer la
vitesse de la réaction pour chaque concentration de substrat.
3-2-1-Analyse
3-2-2-Interprétation
Partie 1
Pour une réaction enzymatique, l’enzyme existe sous deux formes; soit elle est libre (E) soit elle
est combinée au substrat (ES). La concentration du substrat étant faible dans le milieu réactionnel,
la plus grande partie de l’enzyme se trouve sous sa forme libre (E). Au fur et à mesure que la
concentration du substrat augmente, l’équilibre de l’équation E+S ↔ ES est déplacé dans le
sens de la formation de ES. La vitesse de la réaction est alors proportionnelle à la concentration
55
du substrat. V=K( E) (S) la concentration de l’enzyme étant constante dans le milieu réactionnel,
on a V=K (S).
Partie 2
La concentration du substrat étant forte, toute l’enzyme se trouve sous la forme ES. Par
conséquent, la vitesse maximale ( Vmax) est atteinte. Dans ces conditions, l’enzyme est saturée.
Chaque complexe ES va se dissocier pour libérer le produit P et l’enzyme. Nous sommes ici en
concentration saturante de substrat.
3-2-3-Conclusion
Il est bien dans les tests enzymatiques d’opérer en concentration saturante de substrat pour ne pas
sous estimer la performance de son enzyme.
E = enzyme libre
ES = enzyme liée au substrat. C’est le complexe enzyme substrat encore appelé
complexe Michaelis
P = produit du milieu réactionnel
S = substrat du milieu réactionnel
k1, k2 , k1 sont les constantes de vitesse
V1 , V2 , V-1 sont des vitesses de la réaction
La constante de vitesse k2 désigne l’étape limitante d’un processus complexe. Elle est
généralement faible devant k-1 qui est la constance de vitesse du premier ordre correspondant à la
dissociation du complexe de Michaelis. Comme k-1 k2, le complexe ES peut se former et se
défaire rapidement sans altération du substrat, la transformation du substrat fait figure d’accident
de parcours. C’est l’hypothèse de Michaelis et Menten.
56
Selon l’équation de la réaction, on peut écrire que :
V1 = k1 E S
V-1 = k-1 ES
V2 = k2 ES
V = - d S / dt = V1 – V-1 = V2 k1 E S – k-1 ES = k2
ES
k1 E S = k2 ES + k –1 [ES]
E = concentration d’enzyme libre
S = concentration de substrat
ES = concentration du complexe enzyme substrat encore appelé complexe de Michaelis
[P] = concentration du produit de la réaction
k1 E S = ES ( k2 + k-1 )
Le système est à l’ état stationnaire, c’est à dire qu’il se forme à chaque intervalle de temps autant
de ES qu’il en défait.
k2 + k-1 = ES = KM ( constante de Michaelis et Menten )
k1 ES
Comme la constante k2 est faible devant k-1, KM sera proche de k-1 / k1, c’est à dire de la constante
de dissociation du complexe enzyme substrat.
Soit [ ET ] la concentration d’enzyme totale dans le milieu réactionnel. En se plaçant dans les
conditions de la vitesse initiale, on va se permettre de négliger le processus catalytique inverse.
On a alors :
[ ET ] = [ E ] + [ ES ] (équation de conservation de l’enzyme)
or [ E ] [ S ] = KM [ E ] [ S ] = [ ES ] KM
[ ES ]
[ E ] = [ ES ] KM / [ S ]
L’équation de conservation de l’enzyme donne :
[ ET ] = [ ES ] KM + [ ES ] [ ET ] = [ ES ] ( KM / [ S ] + 1 )
[S]
[ ET ] KM
= + 1
[ ES ] [S]
57
On sait que: V2 = V = k2[ ES ] et Vmax = k2 [ ET ]
K aff = 1 / KM
KM permet :
d’évaluer l’affinité de l’enzyme pour son substrat. Une constante de Michaelis et
Menten élevée signifie généralement qu’une concentration élevée en substrat est nécessaire
58
pour obtenir la demi saturation de l’enzyme. L’enzyme a une faible affinité pour ce
substrat. Elle pourra s’unir préférentiellement à un autre substrat dont la constante de
Michaelis et Menten sera plus petit. La constante de Michaelis et Menten est
caractéristique d’une enzyme donnée et qu’elle ne fait pas intervenir la concentration en
enzyme pour son calcul.
d’établir une comparaison au niveau des activités des enzymes agissant sur un même
substrat.
- si k-1 << k2 , l’hypothèse de Michaelis et Menten n’est plus valable et KM n’a plus de
relation avec l’affinité de l’enzyme pour le substrat.
-La constante k2 est donc le coefficient cinétique essentiel. Elle représente le pouvoir
catalytique intrinsèque d’une protéine quelle que soit sa concentration dans le milieu du
test, c’est à dire le nombre maximum de molécules par unité de temps. k2 est encore
appelée constante catalytique = kcat..
-La constante de Michaelis-Menten peut être exprimée comme
complexe ES en E et S est beaucoup plus rapide que la formation de E et P. Dans ces conditions,
k >> k et K ≈ K . Ceci permet de mesurer l'affinité de l'enzyme pour le substrat; un K élevé
-1 2 M S M
signifie une faible association alors qu'un K faible indique une forte association.
M
Les paramètres cinétiques d'une enzyme permettent de mesurer son efficacité catalytique.
Nous pouvons d'abord définir la constante catalytique (k , ou le «turnover number») comme
cat
étant le nombre de molécules de substrat converties en produit par unité de temps par chaque site
-1
actif, quand l'enzyme est saturé. La valeur de k (s ) = k , dans les réactions possédant un
cat 2
mécanisme de type Michaelis-Menten. La valeur inverse 1/k représente le temps requis pour
cat
59
L'efficacité enzymatique peut être calculée lorsque l'enzyme est non-saturée, [S] << K c'est-à-
M
dire quand beaucoup de sites sont libres. Dans les conditions physiologiques, il est très rare
qu'une enzyme soit saturée, puisque la concentration du substrat est généralement inférieure au
K de l'enzyme. Dans les conditions où la concentration d'enzyme libre est à peu près égale à la
M
Le taux de catalyse dépend donc de la valeur de kcat/KM (M-1s-1), qui représente une pseudo
constante bimoléculaire et il mesure l'efficacité catalytique de l'enzyme ou sa spécificité. Une
enzyme peut avoir une très grande affinité mais avec une constante catalytique faible et
inversement. L'un des deux paramètres ne suffit pas à caractériser le couple enzyme/substrat.
C'est le rapport
qui reflète la spécificité globale d'une enzyme vis à vis d'un substrat, appelé constante de
spécificité ou efficacité catalytique.
Est-ce qu'il y a une limite à l'efficacité catalytique ? De l'équation ci haut on a :
Cette quantité est maximale si k >> k , ça veut dire que la formation des produits obtenus à
2 -1
partir de ES est très vite par rapport à la décomposition de ES en substrat et enzyme et on obtient
k / K ≈ k . Cette constante de deuxième ordre k ne peut pas dépasser la fréquence avec
cat M 1 1
laquelle le substrat combine avec l'enzyme. La limite de la valeur k est la vitesse de diffusion
1
avec laquelle le substrat rencontre l’enzyme. Certaines enzymes ont atteint une efficacité
catalytique tellement grande qu’elles ne sont que limitées par le coefficient de diffusion des
8 9 -1 -1
molécules (10 à 10 M s ). Le tableau sur la prochaine page montre les valeurs de K , k , et
M cat
60
fumarase, et possiblement l’anhydrase carbonique remplissent cette condition et ont donc
pratiquement atteint la perfection catalytique. C'est donc dire que l'enzyme combine avec le
substrat aussitôt qu'il le rencontre. Vu que le site actif de l'enzyme est une surface restreinte
comment le
61
substrat est-il guidé au site actif reste une question à laquelle la réponse n'est pas encore
claire.
On peut conclure que :
62
Figure 23 : Représentation directe ou représentation de Michaelis et Menten
C'est la représentation la plus utilisée qui fût publiée en 1935 par Hans Lineweaver et Dean
Burk
63
comme dans le cas d’une situation normale. Cette anomalie peut être décelée si on fait varier
la concentration du substrat sur une échelle plus grande ( d’un facteur 100 ou plus ). Ce qui
n’est toujours pas aisé dans la pratique ( solubilité, condition pratique du test …). Cette
anomalie peut être due :
- à une hétérogénéité de la solution enzymatique ou de la solution de substrat ;
* la préparation enzymatique contient des iso enzymes, c’est à dire
plusieurs formes d’enzymes catalysant la même réaction.
* plusieurs enzymes catalysant la transformation du substrat. Cette
situation peut entraînée des si on détermine l’activité de l’une des enzymes en suivant
la disparition du substrat dans le milieu réactionnel.
*la solution de substrat peut être impure. Elle peut contenir d’autres
molécules qui peuvent être transformées par l’enzyme qui n’est donc pas spécifique.
- à l’enzyme elle même. Elle peut être une enzyme non michaelienne.
Cette représentation fût publiée par George Eadie en 1942 et Baren Hofstee en 1959 :
Cette représentation est une droite de pente -KM et qui coupe l'axe des v au point VM.
64
Figure 27 : Représentation graphique de d’Eadie - Hofstee
L'asymptote horizontale de l'hyperbole pour les grandes valeurs de [S] permet d'avoir la
valeur de VM et la valeur de KM qui est la valeur de [S] pour V = VM/2
L’excès de substrat dans le milieu réactionnel exerce une inhibition sur l’activité catalytique
de l’enzyme. Cette inhibition est due à une inactivation partielle et réversible du système. En
effet, le complexe ES a fixé une deuxième molécule de substrat. Le nouveau complexe ESS
formé est stérile dont incorrecte pour la catalyse.
ES + S ESS
La constante de dissociation du complexe ESS est Ki
Ki = [ ES ] x [ E ] / [ ESS ]
Dans cette situation l’équation de Michaelis et Menten n’est plus valable. L’équation de
conservation de l’enzyme peut s’écrire de la manière suivante :
[ ET ] = [ E ] + [ ES ] + [ ESS ]
[ E ] = [ ES ]. KM / [ S ] [ ESS ] = [ ES ] [ S ] / Ki
[ ET ] = [ ES ]. KM / [S ] + [ ES ] + ( [ ES ] [ S ] / Ki )
[ ET ] = [ ES ] ( KM / [ S ] + 1 + [ S ] / Ki )
[ ET ] / [ ES ] = ( KM / [ S ] +1+ [ S ] / Ki )
or Vmax / V = [ ET ] / [ ES ] Vmax / V = [ KM / [ S ] +1+ [ S ] / Ki ]
Vmax / V = ( KM . Ki + Ki [ S ] +[ S ]2) / [ S ].Ki
V = [ S ]. Ki x Vmax / ( KM Ki + Ki.[ S ] + [ S ]2 )
Vmax x [ S ]
V =
[ S ]2
KM + [S] +
Ki
65
Cette équation est bel et bien différente de celle de Michaelis et Menten.
A des degrés divers, les réactions enzymatiques sont réversibles, c’est à dire qu’elles peuvent
catalyser la réaction inverse.
k-2 k-1
P +E ES E + S
k2
On peut donc écrire :
V’max [ P ] k2 + k-1
V = avec = K’M
K’M + [ P ] k-2
V’max ( la vitesse maximale de la réaction inverse ) = k-1 [ ET ]
or on sait que Vmax ( la vitesse maximale de la réaction ) = k2 [ ET ]
Vmax / V’max = ( k2 [ ET ] ) / (k-1 [ ET ] ) = k2 /k-1
K’M = ( k2 +k-1 ) / k-2
K’M / KM = [ ( k2 + k-1 ) / k-2 ]. ( [k-1 / k2 + k-1 ] ) = k1 / k-2
KM = ( k2 +k--1) / k1
D’où la relation d’HALDANE
K’M x Vmax = k2 x k1 = Keq = constante d’équilibre de la
réaction globale.
KM V’max k-2 x k-1
66
4-1- Détermination de la température optimale d’activité
4-1-1-Mode opératoire
Pour réaliser cette étude :
- les paramètres suivants doivent être constants dans le milieu réactionnel :
* la concentration de substrat. Elle doit être forte ;
* la concentration d’enzyme. Elle doit être faible par rapport à la
concentration du substrat ;
* le temps d’incubation. Il doit être court ;
* le pH du tampon. Il ne doit pas être très éloigné du pH optimum.
- la température sera le seul élément à faire varier et on déterminera à
chaque fois la vitesse de la réaction.
4-1-2-Représentation graphique
a-Analyse
b-Interprétation
67
Dans la partie I, la vitesse de la réaction augmente quand la température augmente.
Cette augmentation de vitesse avec la température s’explique par une augmentation de
la concentration du complexe activé lorsqu’on fournit plus d’énergie sous forme
thermique au système réactionnel.
Dans la partie II la vitesse de la réaction diminue quand la température augmente.
Cette diminution de vitesse avec la température est due à une dénaturation de
l’enzyme compte tenu de sa nature protéique.
Les courbes d’activations et de dénaturations s’équilibrent ; on a la température
optimale. A cette température l’activité de l’enzyme est maximale. Elle dépend ( la
température optimale ) :
* du pH ;
* de la force ionique du milieu ;
* et du temps de réaction ( plus le temps est court plus la température
optimale peut être élevée ).
c-Conclusion
68
collisions par unité de volumes et de temps, alors le nombre de collisions efficaces , c’est à
dire conduisant aux produits, s’écrit :
k = Z exp(-Ea/RT).
Avec Z ou A = facteur d’ ARRHENIUS
Ea = Energie d’activation
R = Constante des gaz parfaits = 1.98
T = Température absolue °K ( 273 + t °C ).
ln K = ln A + ln e –Ea / RT = ln A – Ea / RT
EA est comprise entre 50 et 100 [Link]-1.
Le principe de la détermination de l’énergie d’activation repose sur la loi d’ARRHENIUS , la
constante de vitesse chimique et l’énergie d’activation.
La loi d’ ARRHENIUS se traduit par une relation linéaire entre log K et l’inverse de la
température absolue 1/ T. On obtient une droite de pente = - Ea / (2,303.R) lorsque la
vitesse réactionnelle ou une grandeur proportionnelle est porté en valeur logarithmique contre
l’inverse de la température absolue. En effet, il faudrait déterminer les valeurs logarithmiques
de ces vitesses initiales obtenues dans la première partie de la courbe en cloche et calculer les
abscisses correspondantes.
4-2-2-Représentation graphique
69
4-2-Q10
On définit un coefficient de température ou Q10 qui est le rapport de la vitesse V2
mesurée à la température T + 10°C sur la vitesse V1 mesurée à la température T. On
peut écrire :
V2
Q10 =
V1
5-1-Mode opératoire
Pour réaliser cette étude :
- les paramètres suivants doivent être constants dans le milieu réactionnel :
* la concentration de substrat. Elle doit être forte ;
* la concentration d’enzyme. Elle doit être faible par rapport à la
concentration du substrat ;
* le temps d’incubation. Il doit être court ;
* la température d’incubation. Elle ne doit pas être très éloignée de la
température optimale.
-le pH tampon sera le seul élément à faire varier et on déterminera à chaque
fois la vitesse de la réaction.
5-1-Représentation graphique
70
Figure : Effet du pH sur l’activité enzymatique
5-1-1-Analyse
L’étude de la vitesse initiale d’une réaction enzymatique en fonction du pH du tampon
permet d’obtenir une courbe en cloche. Elle présente bien entendu deux parties I et II.
La partie I correspond à la zone des pH les plus bas. La vitesse de la réaction
augmente quand le pH augmente. La partie II correspond à la zone des pH les plus
élevés. La vitesse de la réaction diminue quand le pH augmente. Les deux parties sont
séparées par le pH optimum au niveau duquel l’enzyme a une activité maximale.
5-1-2-Interpretation
Les variations de pH peuvent avoir un effet à deux niveaux :
-au niveau de l’enzyme
Elles provoquent des modifications du degré d’ionisation de certains groupements
fonctionnels soit du centre actif de l’enzyme. Ce qui favorise la formation du
complexe ES. Soit situés en dehors du centre actif, à divers endroits de la molécule.
Ce qui favorise le maintien de la conformation tridimensionnelle native de la protéine
enzymatique.
71
La variation des états d’ionisation du substrat et de l’enzyme va:
- se répercuter sur l’intégrité physique de la protéine dont l’exposition à
des pH trop acides ou trop basiques déclenche la dénaturation.
- se répercuter sur l’affinité de l’enzyme pour le substrat en particulier
lorsque celui-ci est attiré dans le site catalytique par des liaisons ioniques. Les
variations de pH entraîne alors des changements de KM.
-entraîner un changement de Vmax.
5-1-3-Conclusion
Certaines enzymes ont leur pH optimum qui est pH acide. On dit que ce sont des
enzymes acides.
(Ex : amylase acide, α-glucosidase acide). D’autres ont leur pH optimum qui est un
pH basique ou alcalin. Ce sont des enzymes alcalines (Ex : phosphatase alcaline). On
trouve aussi des enzymes qui ont un pH optimum neutre. Ce sont des enzymes neutres.
Introduction
Le substrat et le produit, l’enzyme, les ions, les coenzymes et l’énergie sont les facteurs
indispensables à la réaction enzymatique. Les autres molécules qui entrent en liaison avec
l’enzyme, les ligands, peuvent avoir un effet positif ou négatif. Ils peuvent favoriser ou au
contraire contrarier le déroulement de la réaction. L’activité enzymatique peut être modifiée
par la présence de composés autre que le substrat : On les appelle effecteurs. Ils jouent un rôle
important dans le phénomène de régulation et sont également forts utiles dans des
mécanismes d’action des enzymes. On peut les classer en deux groupes :
-les activateurs qui augmentent la vitesse de la réaction ;
-et les inhibiteurs qui la réduisent.
Ces effecteurs peuvent intervenir en différents points de l’enzyme. Ils peuvent :
* dénaturer la protéine activante ;
*de fixer sur des groupements chimiques de cette molécule protéique,
groupements indispensables ou non à son activité ;
72
*se fixer sur le centre actif de la molécule fonctionnelle et empêcher la formation
du complexe enzyme-substrat en réalisant un complexe enzyme-inhibiteur ;
*se fixer à la place du groupement prosthétique ;
*inhiber la fonction de donneur ou d’accepteur du coenzyme ;
*immobiliser les ions activateurs.
Les inhibiteurs sont des effecteurs dont l’action aura pour résultat soit la suppression
pure et simple soit le ralentissement de l’activité enzymatique. Ces effecteurs peuvent
être divisés en deux groupes :
-les inhibiteurs dont l’action est réversible ;
-et les inhibiteurs dont l’action est irréversible.
6-1-1-Inhibiteurs irréversibles
Ce sont les effecteurs qui dénaturent ou dégradent les enzymes. Dans ce groupe on
peut citer :
-le phénol ( qui dénature ), l’urée, le SDS ( qui dénature ) ;
-le formol ( qui coagule ) ;
-l’acide trichloroacétique ( qui précipite ) ;
-les enzymes protéolytiques etc.
6-1-2-Inhibiteurs réversibles
a-Inhibiteurs compétitifs
73
Dans cette inhibition, nous avons deux cas :
-le cas où l’inhibiteur possède une analogie structurale avec le substrat du
point de vue conformation. Il y a donc une compétition entre le substrat et l’inhibiteur.
L’enzyme possède donc un seul site pour le substrat et l’inhibiteur. On parle
d ‘inhibition compétitive classique.
- Il existe un autre cas où l’enzyme possède deux sites de fixation : un site
pour le substrat et un autre pour l’inhibiteur. Si le substrat se fixe en premier lieu,
l’inhibiteur ne pourra donc plus se fixer et vice-versa. Il y a donc une inhibition. La
fixation du substrat (ou de l’inhibiteur ) crée un encombrement stérique qui empêche
la fixation de l’inhibiteur ( ou substrat ). On parle d ‘inhibition compétitive non
classique.
74
L'inhibition compétitive diminue le taux de catalyse en réduisant le nombre d'enzymes
accessibles au substrat. Elle peut être abolie par un excès de substrat. Le V de la réaction
max
commun.
75
Figure : Représentation double réciproque d’une enzyme michaelienne simple en
présence d’un inhibiteur compétitif
K’M est fonction de la concentration de l’inhibiteur. Plus la concentration de
l’inhibiteur est élevée plus K’M est grand. Cela veut dire que plus la concentration de
l’inhibiteur est élevée plus l’affinité de l’enzyme pour son substrat diminue.
L’inhibiteur n’affecte pas la vitesse maximale de la réaction.
Un exemple classique et historique de ce type d’inhibition est l’inhibition de
lsuccinodéshydrogénase par certains analogues de l’acide succinique tels que l’acide
malonique, l’acide oxalique ou l’acide glutarique qui peuvent se combiner à l’enzyme
mais ne peuvent être déshydrogénés.
b-Inhibition non-compétitive
On distingue :
-l’inhibition non compétitive classique ou simple ;
-l’inhibition non compétitive mixte.
76
L’analyse cinétique de l’inhibition mixte dans une représentation de Lineweaver-Burk se
caractérise par des courbes d’inhibition ni parallèle ni possédant un intercepté commun. Dans
ce cas, l'inhibition n'est pas renversée par une augmentation de la concentration de substrat.
Le K et V vont changés de façons différentes.
M MAX
c-Inhibition incompétitive
L’inhibiteur n’a aucune affinité pour l’enzyme toute seule. Par contre, il se fixe seulement et
très bien sur le complexe ES mais dès qu’il se fixe, il induit le changement conformationnel
qui va se répercuter sur le site catalytique de sorte que le complexe ES ne conduise pas au
produit.
77
L’analyse cinétique de l’inhibition incompétitive dans une représentation de Lineweaver-Burk
se caractérise par des courbes d’inhibition qui ont des pentes identiques égale à K /V -
M MAX
droites parallèles.
78
EFFETS ALLOSTERIQUES
I-Quelques définitions
Lorsqu’une protéine est composée de plusieurs chaînes d’acides aminés, chacune de ces
chaînes est une sous-unité de la protéine. L’arrangement spatial des sous-unités constitue la
structure quaternaire de la protéine. Les corps chimiques dont la molécule est constituée de
répétitions multiples d’un même ensemble d’atomes sont des polymères. L’unité structurale
ainsi répétée est un protomère ou monomère. Lorsque le nombre de répétitions est faible le
polymère est appelé oligomère. Une protéine constituée de sous-unités identiques est un
oligomère. Chaque protomère d’une protéine oligomérique peut être formé de plusieurs sous-
unités.
Les enzymes allostériques sont des enzymes régulatrices qui sont généralement oligomériques
c’est à dire constituées d’un petit nombre de monomères (sous-unités) dépassant rarement 6.
Elles possèdent sur chaque monomère plusieurs sites spécifiques appelés sites allostériques
pour la fixation de différents ligands dont le substrat.
Une enzyme allostérique est une enzyme dont l’activité est modulée par la fixation non
covalente (donc réversible) d’un ou plusieurs métabolites modulateurs sur des sites différents
du site catalytique ou modulée par fixation du substrat. Une enzyme régulatrice peut être
modulée c’est à dire inhibée ou activée par des modulateurs encore appelés effecteurs. Ces
effecteurs sont en fait des métabolites ou des cofacteurs. Ils n’ont pas d’analogie structurale
avec le substrat. Ils se fixent sur un site allostérique. L’effecteur est encore appelé effecteur
allostérique.
Le terme allostérique vient du mot grec «allos» qui veut dire autre et «stereos» qui
veut dire forme. Les enzymes allostériques sont donc des enzymes régulatrices qui prennent
une autre forme ou conformation à la suite de la liaison d’un modulateur.
Dans certains systèmes multienzymatiques, lorsque le produit terminal se trouve en excès,
l’enzyme régulatrice est inhibée de façon spécifique par ce produit terminal de la voie
métabolique. Ce type de régulation est appelé rétrocontrôle ou inhibition par feed-back. On
parle de rétroinhibition lorsque le produit d’une longue séquence de réactions biosynthétiques
inhibe l’activité d’une enzyme dont l’action se manifeste au début de la voie biosynthétique.
79
Le produit inhibiteur est appelé effecteur allostérique négatif ou inhibiteur rétroactif.
Lorsqu’un effecteur exerce une activation sur l’activité de l’enzyme allostérique, on parle
dans ce cas d’effecteur allostérique positif.
II-Symétrie
Le comportement des enzymes que nous avons vues jusque là, lorsque la concentration du
substrat change, répond à l’équation de Michaelis : ce sont des enzymes à cinétique
michaelienne. D’autres enzymes de structure plus complexe ont une affinité vis à vis du
substrat qui n’est pas une constante ou bien voient leur vitesse maximum changer en fonction
de la concentration des effecteurs : ce sont les enzymes à cinétique allostérique. Ces
enzymes ont toujours une structure quaternaire composée de plusieurs chaînes d’acides
aminés, formant des sous-unités ou protomères presque identiques entre elles. Les protomères
sont arrangés dans l’espace de façon que chacun d’entre eux ait les mêmes liaisons avec les
autres. Un tel arrangement est dit symétrique. C’est le cas des deux protomères d’une paire ou
des quatre protomères placés aux 4 sommets d’un tétraèdre.
Chaque protomère a des liaisons avec les autres protomères du système, le plus souvent de
type électrostatique, sa structure secondaire et tertiaire et son énergie interne sont modifiées
par ces liaisons. Les sites de liaison existent de façon identique sur chaque protomère.
Lorsque l’énergie interne d’un protomère augmente par suite de la modification de ces
liaisons, on dit qu’il passe à un état tendu. Au contraire lorsque les dites liaisons lui imposent
une structure correspondant à une énergie interne diminuée, on dit qu’il passe à un état
relâché. Ces changements d’énergie interne se traduisent par des modifications de l’affinité de
l’enzyme
vis à vis du substrat ou encore de la vitesse initiale de la réaction. Le passage d’un protomère
de l’état relâché à l’état tendu implique en général la transformation de la structure des autres
protomères dans le même sens pour maintenir la symétrie de la
structure d’ensemble.
III-Allostérie
1-1-1-Structure de l’hémoglobine
80
L’hémoglobine humaine possède une structure quaternaire composée de 4
chaînes polypeptidiques identiques deux à deux. Sa formule est a22. Les chaînes et
se ressemblent par leur structure dans l’espace et ont une homologie de séquence
très nette. Chaque chaîne porte un noyau hème. Chaque noyau hème est constitué
d’une porphyrine, la protoporphyrine , portant en son centre un ion ferreux.
La myoglobine est une protéine qui transporte l’oxygène dans le cytoplasme des
cellules. Elle est constituée d’une seule chaîne d’acides aminés. Sa vitesse de transport
de l’oxygène est fonction de la pression de ce gaz.
81
contient du fer et une fraction protéique appelée globine. Chaque fraction protéique
contient un site de fixation de l’oxygène. En effet, lorsque la première sous-unité
hème-polypeptide fixe une molécule d’oxygène, elle communique cette information
aux sous-unités restantes grâce à des interactions au niveau des interfaces des sous-
unités. Ce qui entraîne un changement conformationnel de l’hémoglobine. Les sous-
unités répondent en augmentant fortement leur affinité pour l’oxygène. Il s’agit d’un
effet coopératif car lorsque la première molécule d’oxygène se fixe, elle facilite la
fixation des molécules suivantes au fur et à mesure que la pression partielle augmente.
Cette coopérativité est positive car elle se traduit par la courbe sigmoïde de fixation
d’oxygène sur l’hémoglobine. La liaison coopérative de l’oxygène ne se produit pas
avec la myoglobine car cette protéine est monomérique c’est à dire constituée d’une
seule unité possédant un groupement heminique qui se trouve à l’intérieur d’une
chaîne polypeptidique. Elle ne peut donc lier qu’une seule molécule d’oxygène d’où
l’allure hyperbolique de la courbe de [Link] coopérativité positive n’est pas le
seul résultat possible d’interaction des sous-unités dans les protéines oligomériques.
Pour certaines protéines oligomériques, la coopérativité est négative. Dans ce cas, la
liaison d’une molécule de ligand diminue la probabilité de fixation d’autres ligands.
1-1-3-Coefficient de Hill
Hb + nO2 → [Hb(O2)n]
[ Hb(O2 ) n ] [ Hb][O2 ]n
Y KD
[ Hb] [ Hb(O2 ) n [ Hb(O2 ) n ]
[ Hb][O2 ]n
[ Hb(O2 ) n ]
KD
[ Hb][O2 ] n
KD
Y
[ Hb][O2 ] n
[ Hb]
KD
82
[O2 ] n
Equation de Hill pour l’hémoglobine : Y
K D [O2 ] n
[O2 ] n
Y K D [O2 ] n [O2 ] n K D [O2 ]n [O2 ] n
Y 1 [O2 ]n K D [O2 ] n KD KD
1 n
K D [O2 ]
Y
log n log[O2 ] log K D
Y 1
Y
Linéarisation de l’équation de Hill : log n log[O2 ] log K D
Y 1
Y
Lorsqu’on trace log f (log[O2 ]) on obtient une droite de pente n et
Y 1
d’ordonnée à l’origine – log KD.
n est le nombre de Hill (également appelé « indice de coopérativité »). Il est inférieur
au nombre de sites.
Comme dit précédemment, n est inférieur au nombre de sites.
E + nS ESn
[S ]n
Y
K '[ S ] n
83
Vmax [ S ]n
vi
K '[ S ]n
vi
log n log[ S ] log K '
Vmax vi
Figure :
Dans le cas où n = 1, cela veut dire que l’interaction entre les sous unités ( s’il y en a
plusieurs ) est nulle. Ces sous-unités fonctionnent comme si elles étaient
indépendantes et leur cinétique est hyperbolique dans le cas de V = f (S).
84
2-Etude comparative des représentations graphiques des cinétiques
michaeliennes et à coopérativité négative et positive
85
Figure :
Structure quaternaire : les enzymes allostériques sont des oligomères : ils sont composés
de plusieurs sous-unités appelées « protomères ». Les effets coopératifs sont dus à cette
structure quaternaire.
La dénaturation par des agents doux rompt les liaisons hydrogène. Comme il y a perte de la
coopérativité, l’enzyme devient Michaelienne. Dans ce cas, le terme exact à) employer est
« désensibilisation ».
Les enzymes allostériques natives sont sous 2 formes :
- R : pour « relâchée ». Cette forme est favorable à la fixation du substrat et
défavorable à la fixation de l’inhibiteur. L’enzyme a alors une très forte affinité
pour le substrat. C’est la forme active de l’enzyme.
- T : pour « tendue ». Cette forme est défavorable à la fixation du substrat et de
l’activateur et favorable à la fixation de l’inhibiteur. Cette forme de l’enzyme est
peu active ou totalement inactive.
Comportement non Michaelien :
→ Représentation de Michaelis :
Pour les faibles concentrations en substrat, la vi augmente très lentement. Il existe un seuil au-
delà duquel la vi augmente très rapidement. On appelle « [S]0.5 » la concentration en substrat
pour laquelle l’enzyme est saturée à 50%.
86
Représentation de Lineweaver-Burk :
vi = f([I]) :
Cette fois, K0.5 ne varie pas mais Vmax varie : en présence d’activateur, Vmax augmente et en
présence d’inhibiteur Vmax diminue. On détecte l’allostérie en traçant v = f([I]) ou v = f([A]).
Pour les enzymes de type V, les formes R et T ont la même affinité pour le substrat mais par
pour l’activateur et l’inhibiteur.
87
IV-Effets homotropes et hétérotropes
Lorsque l’effet de coopérativité est provoqué par le substrat lui-même ou par les
produits analogues , cet effet est dit homotrope. L’enzyme est dite homotrope. On
parle dans cette situation d’effet coopératif homotrope. C’est le cas de l’oxygène qui
exerce un effet homotrope sur sa propre fixation à l’hémoglobine.
Lorsque l’effet de coopérativité est provoqué par un effecteur ( inhibiteur ou activateur
), il est nommé hétérotrope. On parlera d’effet coopératif hétérotrope. L’enzyme est
une enzyme hétérotrope.
On peut aussi dire que les interactions entre protéine et ligands sont dites homotrope
lorsqu’elles se font au niveau des sites catalytiques hétérotropes lorsqu’elles
concernent des sites de nature différente. Dans tous les cas, le comportement de
l’enzyme paraît correspondre à des changements de conformations qui affectent soit
KM, soit Vmax de la réaction. les enzymes du premier type sont désignés comme
enzyme des systèmes K, les secondes comme les enzymes des systèmes V.
V-Modèles structuraux
88
des deux conformations déplace l’équilibre vers la conformation qui a plus d’affinité
pour ce dernier. C’est ainsi que le substrat déplace lorsqu’il se fixe sur la forme R,
l’équilibre vers cette conformation. Il en est de même pour les activateurs. Les
inhibiteurs se fixent sur la forme T et déplace l’équilibre vers cette forme.
- Un changement de conformation d’une sous-unité affecte toutes les sous-unités à la
fois. Il n’existe donc pas de composés hybrides ( TR ). Ce modèle est encore appelé
modèle symétrique ou modèle du tout ou rien ou modèle concerté.
Selon ce modèle, les sous-unités de l’enzyme sont identiques et arrangées de façon
symétrique. Il y a 1 site par ligand sur chaque sous-unité.
Forme T Forme R
89
2-Modèle séquentiel de Koshland-Nemethy-Filter
90
La fixation d’une molécule de substrat conduit à une affinité de plus en plus grande
pour le catalytique d’où l’effet coopératif.
Dans le cas des activateurs, une fixation plus accrue du substrat pour les sites
catalytiques est obtenue et dans le cas des inhibiteurs, l’obtention de conformation
plurielle ne pouvant se fixer ni substrat, ni activateur.
A l’heure actuelle, il est difficile de trancher de façon catégorique en faveur de l’un
ou de l’autre de ces deux modèles. Les cinétiques de certaines enzymes allostériques
se laissent mieux interpréter par le modèle de Monod et coll. alors que pour d’autre
c’est le modèle de Koschland et coll. qui est le plus adéquat.
Selon cette théorie, il existerait des formes hybrides R-T et, en l’absence de ligand, il n’y
aurait pas d’équilibre entre les formes R et T.
VI-Exemples d’allostérie
1-La phosphofructokinase
• La phosphofructokinase (en abrégé PFK) est une enzyme présente dans toutes nos cellules.
• Elle comporte 4 sous-unités presque identiques, avec 4 sites actifs pour une masse
moléculaire
de 340000 daltons.
• Elle catalyse une réaction de transfert de phosphate et d’énergie du coenzyme ATP vers le
fructose 6-phosphate qu’elle active en fructose 1,6-diphosphate. Un proton est libéré.
• La réaction couplée est exergonique et irréversible.
• La PFK est l’enzyme la plus lente de la glycolyse cytoplasmique, voie métabolique du
métabolisme énergétique. Elle catalyse l’étape d’engagement des glucides dans la production
d’énergie. Elle est donc l’enzyme-clé de cette voie métabolique.
91
• La cinétique de la PFK est allostérique; elle est rétroinhibée par le produit final de la
glycolyse, l’ATP. Une molécule d’ATP (effecteur allostérique), différente de celle qui apporte
le phosphate et l’énergie (coenzyme), se fixe sur un site de liaison de chaque protomère et
cette fixation diminue l’affinité du site actif pour le fructose 6-phosphate. Il en résulte un
ralentissement de la vitesse de réaction.
• Lorsque on représente sur un graphe la constante Km de la PhosphoFructoKinase pour son
substrat le Fructose-6-phosphate, en fonction de la concentration de l’ATP, produit final du
métabolisme énergétique, on montre que cette constante Km est d’autant plus élevée que cette
concentration augmente.
• L’affinité de la PFK pour le Fructose-6-phosphate diminue avec l’augmentation de la
concentration du produit final : il y a donc rétroinhibition de l’enzyme par l’ATP.
VII-Voie métabolique
• Les réactions enzymatiques permettent à notre organisme de faire la synthèse des molécules
biologiques dont il a besoin. Cette synthèse s’effectue à partir de composés simples souvent
d’origine alimentaire. Un composé A par exemple peut être le substrat de réactions
enzymatiques conduisant vers des synthèses variées. C’est un carrefour métabolique. Chacune
de ces synthèses va se faire en plusieurs étapes (A, B, C, D,...) chacune catalysée par une
enzyme spécifique (E, F, G,...).
• La vitesse de synthèse du dernier produit dépend de la vitesse de la plus lente de ces
enzymes. Si ce produit final est en quantité insuffisante, il faut que cette enzyme soit activée.
Si au contraire il y a une concentration élevée du produit D, il faut que cet enzyme soit
inhibée.
• Il est souhaitable que les composés intermédiaires ne s’accumulent pas, donc que l’enzyme
la plus lente, qui va être régulée, soit celle qui catalyse la première des réactions conduisant
au produit final. Dans cet ensemble de réactions enzymatiques l’enzyme E, catalysant la
transformation de A en B, première étape de la synthèse, est celle qui doit être régulée par des
effecteurs.
qui permettront de contrôler la vitesse de l’ensemble. Par exemple, un excès de produit final
peut aboutir à l’inhibition de cette première étape : c’est la rétroinhibition.
• Cette unité de production cellulaire d’un composé biologique s’appelle une voie
métabolique.
• Elle est constituée de plusieurs réactions catalysées par des enzymes diverses. Chacune de
ces enzymes peut éventuellement participer à plusieurs voies métaboliques.
92
• Lorsque le métabolisme d’un composé implique un très grand nombre d’étapes, et plusieurs
carrefours métaboliques, la synthèse totale constitue un ensemble de voies métaboliques
successives.
93
CINETIQUE A DEUX SUBSTRATS
Introduction
A part les isomérases, les lyases et les hydrolases, toutes les autres enzymes c’est à
dire, les oxydoréductases, les transférases et les ligases obéissent à des cinétiques à
plusieurs substrats.
Dans le cas de deux substrats donnant deux produits, nous allons distinguer trois
mécanismes d’association des substrats. Ces mécanismes sont :
- Le mécanisme d’association au hasard ou mécanisme bibi random ;
- Le mécanisme bibi ordonné ;
- Le mécanisme bibi ping-pong.
1 – Notion de Cleland
!
Cleland (1963) proposé des formules schématiques particulièrement commodes et
applicables quel que soit le nombre de substrat. Ces formules schématiques traduisent
effectivement les mécanismes enzymatiques rencontrés.
- On présente par un trait horizontal l’enzyme au cours d’un cycle réactionnel et par
des flèches verticales les substrats venant se fixer sur l’enzyme et les produits quittant
celle-ci.
- On nomme : * A et B les substrats dans leur ordre de fixation,
* P, Q les produits dans leur ordre de départ
* E l’enzyme libre
- On désigne par EA, EAB respectivement les complexes binaires et ternaires
transitoires qui résultent de la fixation dissociable de A et de B à l’enzyme.
On doit aussi noter que le nombre de substrat et de produits est indiqué par les préfixes
uni, bi, ter, quad… C’ est ainsi que bibi indique la présence de deux substrats et de
deux produits. La grande majorité des cas réels ne dépassent pas le ter ter.
L’ordre de fixation des substrats et l’ordre de départ des produits doivent être
précises ;
94
Il peut être séquentiel c’est à dire que tous les substrats se fixent avant qu’il ait
libération du premier produit,
Il peut être ordonné, c’est à dire que les divers substrats doivent se fixer dans un
ordre défini,
Il peut être aléatoire ( random ). Ce sont les substrats pouvant se fixer dans un ordre
quelconque.
Chacun de ces deux substrats peut se fixer l’un avant l’autre. C’est donc un
mécanisme d’association au hasard. La formule schématique proposée par Cleland est
la suivante :
A B P Q
EA EQ
E E
EAB EAQ
EB composé EP
ternaire
B A Q P
b- Les réactions
Ka
B B
EA K’b
A
E EAB E +
Produits
K’a
Kb
A
B EB
95
EAB EAB
EAB = ou car Ka x K’b = K’a
x Kb
Ka x K’b K’a x Kb
Les substrats A et B sont supposés se lier à des sites distincts. Par conséquent Ka
différent de Ka’ et Kb différent de Kb’ car la fixation d’un premier substrat peut très
bien modifier les propriétés de l’enzyme avant la fixation du second.
La loi de conservation de l’enzyme : ET = E + EA + EB + EAB
La vitesse de la réaction V = Kc x EAB
V KC
=
ET E + EA + EB + EAB
EAB
or EAB = , alors
Ka x K’b
EAB
Kc x
V Ka x K’b
=
ET E + EA + EB + EAB
96
ET EA EB EA
B
EB + + +
Ka Kb Ka x K’b
E
On divise haut et bas par
Ka x K’b
V Kc x A x B
=
ET Ka x K’b + K’b A + Ka x K’b B + A B
Kb
K’b
V ( Ka K’b + K’b A + Ka B + A B ) = ET Kc A
B
Kb
OR Vmax = Kc x ET
Vmax A x B
V =
Ka x K’b + K’b A + Ka x K’b B + A B
Kb
Ka x K’b
1 Ka x K’b K’b A Kb B
AB
= + + +
V Vmax A B Vmax A B Vmax A B
Vmax A B
Ka x K’b
1 Ka x K’b K’b Kb
1
= + + +
V Vmax A B Vmax B Vmax A
Vmax
K’b K’a
On sait que Ka x K’b = K’a x Kb =
97
Kb Ka
Ka K’b Ka x K’a
Donc = = K’a
Kb Ka
1 1 Ka Kb Ka Kb
= 1 + + + ]
V Vmax A B AB
1 Ka Kb 1 1 Kb
= ( 1 + ) + ( 1 + )
V Vmax B A Vmax B
1 1 Ka Kb Ka Kb
= 1 + + + ]
V Vmax A B AB
1 Ka Kb
98 1 1 Kb
= ( 1 + ) + ( 1 + )
V Vmax B A Vmax B
Exemple de bibi aléatoire : la créatine phosphokinase
• La créatine phosphokinase (CPK) est une enzyme des muscles des Vertébrés. Elle catalyse
le transfert d’un radical phosphoryl du substrat, le phosphate de créatine, vers un coenzyme
transporteur, l’ADP.
• L’affinité de l’enzyme pour ces deux corps chimiques étant voisine, la liaison de l’enzyme
avec chacun d’entre eux se fait dans un ordre qui dépend uniquement des concentrations.
• La citrate synthase est une enzyme des mitochondries. Elle catalyse le transfert d’un radical
acétyl du premier substrat, l’acétate transporté par le coenzyme A vers l’autre substrat,
l’oxaloacétate.
• L’affinité de l’enzyme pour ces deux corps chimiques étant voisine, la liaison de l’enzyme
avec chacun d’entre eux se fait dans un ordre qui dépend uniquement des concentrations
A B P Q
99
E EA EAB EPQ EQ
E
b- Réactions
A B
Ka Kb Kc
E EA EAB E +
Produits
A B
V = Kc EAB
EA EA
Ka = B =
EA Ka
EA B EA B
Kb = B =
EAB Kb
EA B EA
EAB ] = or EA =
Kb Ka
BEA
EAB =
Kb Ka
BEA
L’expression de la vitesse redevient : V = Kc EAB = Kc x
Kb x Ka
BEA
V Kb x Ka
=
ET E + EA + EAB
BEA
Kc x
V Kb x Ka
=
100
ET EA EAB
B + +
Ka Ka x Kb
BEA Kb
Ka
Kc x x
V Kb x Ka E
=
ET E x Ka Kb E A x Ka Kb EA
B Ka Kb
+ +
x
E E Ka
Ka x Kb E
V Kc x B A
=
ET Ka Kb + A x Kb + AB
V x [ Ka Kb + A x Kb + A B ] = ET x Kc B A
ET x Kc B A
V =
Ka Kb + A x Kb + A B
1 Ka Kb A x Kb AB
= + +
V ET Kc B A ET Kc B A B
Kc B A
Or Vmax = ET x Kc
1 Ka Kb 1 Kb 1
= x + +
V BA Vmax Vmax B Vmax
1 1 Kb Ka Kb
= [ 1 + + ]
V Vmax B AB
101
1 Ka Kb 1 1 Kb
= x + ( 1 + )
ou V BA Vmax Vmax B
1 1 Ka Kb 1
= [ 1 + ] +
ou V Vmax A B Vmax
2-Représentations graphiques
• L’alcool déshydrogénase est une enzyme qu’on trouve dans le cytoplasme de la plupart de
nos cellules. Elle catalyse l’oxydation de l’éthanol en acétaldéhyde en réduisant
simultanément un coenzyme NAD+ en NADH.
• Cette réaction se déroule selon un mécanisme de type bibi ordonné : l’enzyme n’a pas
d’affinité pour l’alcool si elle n’est pas préalablement associée au coenzyme NAD+ en un
102
premier complexe ; puis le complexe ternaire Enzyme-NAD+-Ethanol se transforme en un
complexe Enzyme-NADH-Acétaldéhyde ; ce dernier complexe se dissocie en libérant
l’acétaldéhyde puis le NAD réduit.
• De nombreuses autres déshydrogénases utilisant le NAD comme coenzyme suivent un
mécanisme de type bibi ordonné.
• La malate déshydrogénase est une enzyme qu’on trouve dans toutes les cellules. Elle
catalyse l’oxydation du malate en oxaloacétate en réduisant simultanément un coenzyme
NAD+ en NADH.
• Cette réaction se déroule selon un mécanisme de type bibi ordonné : l’enzyme n’a pas
d’affinité pour le malate si elle n’est pas préalablement associée au coenzyme NAD+ en un
premier complexe ; puis le complexe ternaire Enzyme-NAD+-Malate se transforme en un
complexe Enzyme-NADH-Oxaloacétate ; ce dernier complexe se dissocie en libérant
l’oxaloacétate puis le NAD réduit.
• De nombreuses autres déshydrogénases utilisant le NAD comme coenzyme suivent un
mécanisme
de type bibi ordonné.
.
2-3- Le mécanisme bibi ping-pong
A P B Q
103
E EA E’p E’ E’B EQ
Réaction globale : X T P + Y D P
Y T P + Enzyme
104
- Comme exemple on peut citer les déshydrogénases
b- Les réactions
A + E AE PE’ E’ + P
E’ + B BE’ QE E + Q
Ou simplement:
A ( EA E’P )
E E’
Q A B
Q ( EQ E’B ) B
1 1 Ka Kb
= [ 1 + + ]
V Vmax A B
106
3-Représentations graphiques
107
Travaux Dirigés
2-Quelle relation existe t-il entre KM et [S] lorsque la vitesse d’une réaction enzymatique est
égale à 90% de la vitesse maximum ?
4-La classification générale des enzymes (Ec) a permis de nommer l’enzyme E1 : 1,4--D-
glucane cellobiohydrolase Ec [Link].
Donner :
a- Le nom du substrat de l’enzyme ;
b- Le nom et la structure du produit libéré ;
c- La classe de cette enzyme ;
d- La sous-classe ;
e- La sous-sous classe ;
f- Comment peut-on appeler l’enzyme qui hydrolyse le produit libéré par l’enzyme E ?
g- Proposer un nom systématique ;
h- Une -glycosidase peut elle hydrolyser ce substrat ? Pourquoi ?
5-L’histidine est désaminée par une enzyme l’histidinase. On note la quantité d’histidine
désaminée par min et ceci pour différentes concentrations d’histidine.
108
0,3 0,25
0,5 0,34
1,0 0,46
3,0 0,61
5,0 0,64
6-Une lactase sert de matériel expérimental. Aux concentrations données de lactose, les
vitesses initiales de la réaction sont les suivantes :
pH 7,6 pH 9,0
0,174 0,074 0,034
0,267 0,085 0,047
109
0,526 0,098 0,075
1,666 0,114 0,128
4,000 - 0,167
9-Un biochimiste veut caractériser une amylase fongique. Le milieu réactionnel est composé
de :
- 100 µl d’amidon 2% ( poids / volume ) préparé dans le tampon acétate 20 mM pH
5,4 ;
- 100 µl de solution enzymatique contenant 15 µg de protéine.
Le milieu réactionnel est incubé à 37°C pendant 30 min. Le dosage de maltose libéré par
l’enzyme nous a donné 8,5 mg. Une étude cinétique plus approfondie a revelé au biochimiste
qu’il a travaillé en condition saturante de substrat. Déterminer :
a- La vitesse initiale de la réaction en Unité Internationale ( UI ).
b- L’activité spécifique en UI / mg de protéine.
c- La concentration d’enzyme libre dans le milieu réactionnel.
d- La vitesse initiale si on double la concentration d’enzyme du milieu réactionnel.
e- Quelle serait la vitesse observée en présence de substrat 25 mg / ml ?
10-Une enzyme catalyse une réaction entre deux substrats A et B. Afin de déterminer le
schéma de la réaction, on a effectué différentes mesures de vitesses initiales en présence de
concentrations variables de substrats. On a obtenu les résultats suivants:
110
de A (10-4 M) de B : 1x 10-3 de B : 2 x 10-3 de B : 5 x 10-3 de B : 10 x 10-3 de B : 20 x 10-3
M M M M M)
1 0,5 0,7 1 1,1 1,25
2 0,57 0,9 1,37 1,65 1,8
5 0,62 1 1,73 2,2 2,6
10 0,65 1,1 1,9 2,5 2,9
20 0,66 1,15 2 2,7 3,2
11-On étudie la cinétique de deux enzymes A et B. A partir des données suivantes, distingues
le type d’enzyme (c’est à dire si c’est un enzyme ordinaire ou allostérique) et expliquez
l’allure des courbes représentant la vitesse en fonction de la concentration du substrat.
[Substrat] Vitesse avec l’enzyme A Vitesse avec l’enzyme B
0 0 0
0,5 8,8 3
1 14,0 1,0
2 19,0 4,7
3 21,5 12,4
4 22,8 19,0
5 23,3 21,8
6 23,5 22,8
8,0 23,6 23,3
A B C D E F
1/V
1
111
Quel type de courbe obtient-on quand on ajoute une grande quantité de F au milieu
réactionnel ?
2- On étudie isolement la réaction A B on obtient la courbe 2
a- Après avoir soumis l’enzyme à un traitement spécial, on obtient la courbe 3
V V
2 3
Travaux Pratiques
I-QUELQUES CONSEILS
112
Les séances de travaux pratiques d’enzymologie sont obligatoires pour les étudiants de
SN II. Ils ne doivent par conséquent pas manquer de séances. Ils doivent être à l’heure et vêtus
de leur blouse blanche de manipulation. Une séance de TP dure 3 heures. Les étudiants
doivent bien préparer leur TP avant de venir en salle pour la manipulation. Pour avoir des
explications sur la compréhension des TP, ils doivent s’adresser soit à l’enseignant soit au
moniteur. Pour l’obtention des produits chimiques et des solutions, les étudiants doivent
s’adresser au technicien du jour. Les étudiants ne doivent pas avoir honte ou peur de
demander des explications sur ce qu’ils n’ont pas compris car le travail dans une salle de TP
est dangereux. Il est dangereux pour l’étudiant, le technicien, l’enseignant, ses voisins, la salle
de TP, car parmi les produits chimiques utilisés certains sont inflammables, corrosifs et
d’autres toxiques. L’intoxication peut se faire par voie buccale, par inhalation et par
absorption cutanée. Pour éviter ces problèmes, les étudiants doivent ;
-s’informer des dangers présentés par les produits chimiques manipulés ;
-éviter de manipuler toute substance à mains nues ;
-transvaser tous les produits chimiques sous la hotte ;
-évaporer les solvants volatils au bain marie ou sous vide en s’assurant de
condensation ;
-ne rien jeter dans le levier ;
-ne jamais disperser, ni abandonner les produits chimiques ;
-ne jamais distiller à sec ;
-ne jamais manger, ni fumer en salle de TP;
-éviter de boire en salle de TP.
A la fin de chaque séance, les étudiants sont tenus de remettre leur compte rendu à
l’enseignant après avoir lavée et bien rincée la verrerie utilisée. Les paillasses doivent être
propres. Les étudiants qui vont passer outre ces recommandations se verront sévèrement
sanctionnés par l’enseignant. Un examen est prévu à la fin de toutes les séances de TP.
B-NETTOYAGE DU MATERIEL
Pour la bonne marche des expériences, comme pour la validité des résultats, il est
nécessaire que la verrerie utilisée soit très propre. Avant, après chaque usage, il convient donc
de laver le matériel d’abord à l’eau courante, puis de le rincer trois fois à l’eau distillée, à
l’aide d’une pissette. Trois lavages successifs utilisant chaque fois un peu d’eau, sont plus
efficaces qu’un seul lavage qui en consomme beaucoup.
113
L’utilisation de verrerie mouillée est sans inconvénient pour beaucoup de
manipulations. Il n’en est évidemment plus de même pour des opérations à effectuer en milieu
anhydre ou mettant en jeu des solutions titrées dont il est important de ne pas modifier la
concentration. Dans ce cas, il est nécessaire d’éliminer au départ toute l’eau de lavage. Pour
cela, la verrerie courante est séchée à l’étuve à 100°C. Les récipients en matière plastique sont
simplement essuyée avec un papier filtre ou séchée à l’air, à l’abri des poussières. La verrerie
graduée ou jaugée ne doit pas être soumise à l’action de la chaleur, sous peine de fausser les
volumes marqués par suite des résidus de dilatation. Il ne faut donc jamais la porter à l’étuve.
C’est d’ailleurs pour la même raison que l’on ne doit jamais y verser de liquides chauds.
Pour éliminer l’eau, on effectue simplement trois rinçages avec la solution à utiliser.
1- Pipette
Elle est destinée à permettre une mesure volumétrique directe, la lecture de ces
volumes reposant sur la position d’un interface liquide-air par rapport à des traits de repère ou
à une échelle graduée fixe. Par suite de la tension superficielle du liquide, cette interface,
surtout dans le cas de récipients de faible section, affecte la forme d’un ménisque.
L’appréciation de sa position par rapport aux traits de repère demande quelques précautions.
Par convention, on considère que la position de l’interface est déterminée par celle de la
tangente horizontale au ménisque.
Il en résulte :
114
-que pour apprécier correctement la position de l’interface, l’œil doit se trouver
exactement à la hauteur de la tangente horizontale au ménisque, sous peine d’erreurs de
parallaxe.
-que le récipient de mesure (burette, pipette etc..) doit être tenu bien verticalement au
moment de la lecture, de façon à permettre l’estimation précise de la coïncidence du trait
de repère avec la tangente horizontale au ménisque.
Leur col allongé porte un trait circulaire, dit trait de jauge. Leur remplissage doit se faire
de façon que le plan déterminé par le trait de jauge coïncide avec la tangente au ménisque
formé par le liquide utilisé. Le volume ainsi délimité est indiqué sur le verre du ballon ou de
la fiole.
1-Pipettes
Le trait jaugé est gravé sur le tube étroit surmontant le réservoir cylindrique. Le
volume de liquide s’écoule à partir du trait jusqu’à vidange spontané complète de la
pipette. Il tient compte, par conséquent, de la quantité de liquide retenue par capillarité
dans la pointe de la pipette. Il ne faut donc pas souffler dans la pipette pour essayer de
recueillir ce liquide.
115
1-1-2- Pipettes graduées
Leur réservoir est généralement gradué en cm3 (CC) ou en ml avec des subdivisions
intermédiaires dont l’intervalle correspond à un volume de 1/10 de cm3. Il existe cependant
des pipettes dites capillaires, de faible capacité, où l’intervalle entre petites divisions
correspond à un volume de 1/100 voire 1/1000 de cm3. Les volumes indiqués sur le réservoir
de la pipette ont une valeur croissante du haut vers la pointe. Le volume lu, correspondant à
une division donnée, représente le volume de liquide écoulé depuis la graduation 0.
Les traits de jauge sont gravés de part et d’autre du réservoir, sur la partie tubulaire
étroite de la pipette. Le volume noté sur le réservoir correspond au volume de liquide écoulé
entre ces deux traits de jauge.
Dans le cas des pipettes à bout, la quantité de liquide retenue par capillarité après
vidange est fonction de la viscosité du liquide utilisé. Comme l’étalonnage de ce type de
pipette est effectué à l’eau distillée, l’utilisation d’un autre liquide peut être source d’erreur.
Avec des solutions diluées, l’erreur est très faible.
Chaque fois que l’on aura à effectuer une mesure précise, on devra donc utiliser une
pipette à traits, où la mesure de volume est indépendante de la tension superficielle du liquide
utilisé.
Les pipettes graduées peuvent être également utilisées comme des pipettes à traits.
Ainsi pour mesurer 1,2 cm3 à l’aide d’une pipette graduée on a intérêt à considérer le volume
écoulé entre 0 CC et 1,2 CC ou entre deux graduations séparées par 1,2 cm3.
La quantité de liquide retenue est fonction du diamètre du tube. Dans le cas des
pipettes à bout, il importe, pour la validité des mesures, que la section de la pointe de la
pipette ne soit pas modifiée. Il est, par conséquent, nécessaire de ne pas briser ni même
ébrécher l’effilure de ces pipettes.
Pour cela, parmi les précautions à prendre, deux sont essentielles.
116
-lorsque l’on place des pipettes propres sur leur support, toujours le mettre pointe en l’air, ce
qui a aussi pour avantage de minimiser le dépôt de poussière à l’intérieur des instruments et
de faciliter leur égouttage.
-lorsqu’on prélève un liquide dans un récipient, ou lors de la vidange de la pipette, ne jamais
toucher le bout du récipient avec la pointe.
117
On transporte la pipette au-dessus du récipient d’utilisation. La pointe de l’instrument
est alors appliquée contre la paroi du vase et on laisse écouler le liquide en soulevant l’index.
Selon le type de pipette utilisée, l’écoulement est poursuivi jusqu’à vidange spontanée
complète de la pipette ou arrêté au trait de jauge inférieur ou à la graduation désirée par
simple pression de l’index.
Dans ces deux derniers cas le trait de jauge ou la graduation doit être à la hauteur de l’œil.
Elle est formée d’un tube gradué cylindrique, légèrement évasé à la partie supérieure pour
aider au remplissage, effilé à la partie inférieure pour limiter l’écoulement du liquide mesuré.
Un robinet permet de régler ou d’arrêter l’écoulement.
Comme toute la verrerie graduée, la burette doit être utilisée bien verticale sur son
support, afin que les volumes versés soient lus dans de bonnes conditions, selon le protocole
défini plus haut.
Les burettes employés aux T.P ont une capacité de 25 ou 50 CC. Elles sont graduées en
cm3, avec des subdivisions non chiffrées dont l’intervalle correspond au 1/10 de cm3.
Lorsque l’instrument est en position d’utilisation, le zéro de la graduation est au sommet
de l’échelle. Cette disposition permet une lecture directe des volumes versés à partir du niveau
zéro. Notons que l’on peut prendre pour zéro un point quelconque de la graduation, le volume
liquide utilisé correspond alors à la différence entre le volume exprimé par la graduation de
départ, et celui correspondant à la graduation finale. Ainsi, entre la graduation 7,2 et la
graduation 11,8 on aura versé 4,6 cm3.
2-2-1- Remplissage
La burette propre, débarrassée de son de rinçage, robinet fermé et bien verticale sur
son support, est remplie directement en versant dans l’évasement supérieur la solution à
utiliser. Ce remplissage doit être assez lent afin de na pas faire mousser le liquide, de ne pas
118
introduire des bulles d’air qui adhéreraient aux parois du tube gradué. Arrêter le remplissage
dès que l’on a dépassé (la graduation 0) de 2 cm.
TRAVAUX PRATIQUES I
Introduction
L’hydrolyse des glucides permet la libération de sucres réducteurs qui peuvent être
dosés selon la méthode de Bernfeld (1955) utilisant le DNS. Les sucs digestifs des escargots
géants Archachatina ventricosa et Achatina achatina contiennt toutes les enzymes
responsables de ces activités hydrolytiques. Dans cette partie des travaux pratiques, nous
allons comparer ces activités entre elles.
119
1- Détermination de la courbe d’étalonnage
1-1-Mode opératoire
Tubes à essai T 1 2 3 4
Apres toutes ces dilutions, chauffer tous les tubes au bain marie bouillant pendant 5
minutes et les laisser refroidir sur la paillasse pendant 10 min. Ensuite, ajouter dans chaque
tube 4 ml d’eau distillée. Bien mélanger et lire les densités optiques à 540 nm au
spectrophotomètre contre le témoin (tube T).(Se faire aider par le Technicien ou moniteur du
jour).
a- Déterminer la quantité de sucres réducteurs présente dans chaque tube à essai. Cette
quantité doit être exprimée en µg.
b- Tracer la courbe : densités optiques en fonction de la quantité de sucres réducteurs
exprimée en µg.
2-Détermination des activités enzymatiques
120
2-1-Mode Opératoire
Diluer au 250è les sucs digestifs des escargots géants Archachatina ventricosa et Achatina
achatina avec le tampon acétate 20 mM pH 5,0 pour obtenir un volume final de 50 ml. La
concentration protéique de la solution enzymatique préparée est de 0,7 ml/mg.
Essai
Témoin (T)
Incuber tous les tubes (essais et témoins) au bain marie à 37 °C pendant 15 minutes. Ajouter
ensuite 0,3 ml de DNS dans chacun d’eux, agiter et chauffer au bain marie bouillant (100 °C)
pendant 5 minutes et laisser refroidir pendant 10 minutes sur la paillasse. Ajouter 5 ml d’eau
distillée dans tous les tubes. Bien mélanger et lire les densités optiques (D.O) à 540 nm au
spectrophotomètre contre le témoin (T).
121
d-Interprêter ces résultats
TRAVAUX PRATIQUES II
1- Mode opératoire
Tubes T 1 2 3 4 5 6 7 8 9
Volume de 0,6 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
A (ml)
Volume de 0 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2 0,2
B (ml)
Préincuber ces milieux réactionnels en mettant tous ces tubes au bain marie à 37°C pendant 5
min puis ajouter dans chaque tube 0,4 ml de substrat préparé dans les tampons
correspondants.
122
Le substrat à utiliser est l’amidon 1%
Solution A : tampon acétate ou phosphate,
Solution B : solution enzymatique (suc digestif dilué au 250è dans les tampons acétate et
phosphate 20 mM).
Incuber tous les tubes (essais et témoin) au bain marie à 37 °C pendant 10 minutes. Ajouter
ensuite 0,3 ml de DNS dans chacun d’eux, agiter et chauffer au bain marie bouillant (100 °C)
pendant 5 minutes et laisser refroidir pendant 10 minutes sur la paillasse. Ajouter 4 ml d’eau
distillée dans tous les tubes. Bien mélanger et lire les densités optiques (D.O) à 540 nm au
spectrophotomètre contre le tube témoin (T).
N.B : vous connaissez maintenant le pH optimum d’hydrolyse pour l’invertase du suc digestif
d’escargot, pour la suite du travail, vous aller utiliser la solution enzymatique préparée à
partir de ce pH comme solution enzymatique afin d’obtenir des activités enzymatiques
intéressantes. Il en est de même pour le substrat.
a-Quel est la densité optique la plus élevée. Si on considère que cette valeur représente 100
% d’activité, quels seront les pourcentages d’activité des autres densités optiques ?
b- Tracer la courbe ; % d’activité en fonction du pH.
c- Quelle est la zone de pH optimum d’hydrolyse pour l’activité amylasique du suc digestif de
l’escargot ?
d- Déterminer le pH optimum d’hydrolyse de l’activité amylasique du suc digestif de
l’escargot.
e-Quelles conclusions pouvez vous tirer ?
TUBERCULES ET RACINES
1- Mode opératoire
Préparer deux séries de 10 tubes : les tubes de la première série doivent contenir
chacun 0,4 ml de tampon et 0,2 ml de solution enzymatique (suc digestif de l’escargot géant
123
Archachatina ventricosa). Ceux de la deuxième série, doivent contenir seulement 0,6 ml de
tampon. Ils serviront de témoin.
Tous ces tubes sont pré-incubés pendant 5 min et 0,4 ml d’amidon (1%, p/v) sont
ajoutés dans tous les tubes. Incuber ces tubes à nouveau (1ère et 2è séries) au bain marie à
37°C pendant 15 min. Ajouter dans chaque essai et témoin (ne contenant pas de solution
enzymatique) 0,3 ml de DNS. Agiter et chauffer au bain marie bouillant pendant 5 minutes
ces tubes et les laisser refroidir sur la paillasse pendant 5 minutes. Ajouter 4 ml d’eau distillée
dans ces tubes. Bien mélanger et lire la densité optique (D.O) de l’essai à 540 nm au
spectrophotomètre contre le tube témoin.
TRAVAUX PRATIQUES IV
Introduction
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phénomènes de régulation et sont également fort utiles dans l’étude des mécanismes d’action
des enzymes. On peut les classer en deux catégories :
Tubes E1 T1 E2 T2 E3 T3 E4 T4 E5 T5 E6 T6
Volume de Tris 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
En ml
Pourcentage de 0,1 0,1 0,2 0,2 0,4 0,4 0,6 0,6 0,8 0,8 1 1
Cellulose
Volume (ml) de 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4
cellulose
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N.B : Faites les expériences avec toutes les concentrations de Tris préparées.
1-2-1- Déterminer la quantité de sucre réducteur présente dans chaque tube à essai. Cette
quantité doit être exprimée en µg .
1-2-2- En considérant que la concentration protéique de la solution enzymatique est de 0,25
mg/ml, déterminer l’activité spécifique exprimée en µg de sucre réducteur par minute par mg
de protéine dans chaque tube à essai.
1-2-3- Tracer la courbe activité spécifique exprimée en µg de sucre réducteur par min par mg
de protéine en fonction de la concentration en substrat
TRAVAUX PRATIQUES V
1-Mode opératoire
Tubes E1 T1 E2 T2 E3 T3 E4 T4 E5 T5 E6 T6 E7 T7
Concentration 1 1 5 5 10 10 20 20 30 30 40 40 0 0
de cation en
mM
Volume de 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0,4 0,7
tampon en ml
Volume de la 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0,4 0 0
solution de
cation en ml
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Volume de la 0,3 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0 0,3 0,3 0 0,3 0
solution
enzymatique
en ml
Préincuber tous les tubes au bain marie à 37 °C pendant 10 min et y ajouter ensuite 0,4
ml de solution de saccharose 1 %. Laisser incuber pendant 15 min au même endroit et ajouter
dans chaque tube 0,3 ml de DNS. Mettre les tubes au bain marie bouillant pendant 5 min, les
laisser reposer sur la paillasse pendant 5 min. Ajouter dans chaque tube 4 ml d’eau distillée et
lire la densité optique contre le tube témoin correspondant à 540 nm.
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