MB 2018-25
Problèmes d'exploitations minieres associés à la présence des dépôts meubles et en
particulier des argiles varvées dans le nord-ouest québécois
'PROBLÈMES D'EXPLOITATIONS MINIÈRES
ASSOCIÉS A LA PRESENCE DES DEPOTS MEUBLES
ET EN PARTICULIER DES ARGILES VARVÉES,
DANS LE NORD-OUEST QUEBECOIS
rapport présenté par
Paul Flon, M.Sc.
au
Ministère de l'Énergie et des Ressources du,Québec
Service de la Géotechnique
Janvier 1983
PROBLÈMES D'EXPLOITATIONS MINIÈRES
ASSOCIES A LA PRESENCE DES DEPOTS MEUBLES
ET EN PARTICULIER DES ARGILES VARVEES,
DANS LE NORD-OUEST QUEBECOIS
rapport présenté par
Paul Flon, M.Sc.
au
Ministère de l'Énergie et des Ressources du Québec
Service de la Géotechnique
Janvier 1983
AYANT-PROPOS
Par contrat intervenu le 31 mai 1982 entre le ministère
de l'Energie et des Ressources du Québec et Paul Flon, M.Sc., ce
dernier a entrepris d'étudier l'aspect géotechnique des problèmes
d'exploitation minérale dus à la présence de dépôts meubles.
Cette recherche devait d'abord faire l'objet d'une
synthèse des connaissances sur les argiles varvées, et devait être
ensuite reliée aux problèmes que rencontre l'exploitant minier en
raison de la présence de ces dépôts. Cet objectif a été élargi en
septembre 1982 et ne concerne plus seulement les argiles varvées,
mais l'ensemble des dépôts meubles du nord-ouest québécois.
Cette vue plus complète des problèmes, résulte de
nouvelles dispositions prises au sein du ministère, mais aussi du
résultat des premiers mois de travail. En effet, dès qu'on aborde la
question des difficultés de la mine, vis-à-vis de l'obstacle que sont
les argiles varvées à une meilleure rentabilité de cette mine, on se
rend compte que ces difficultés sont dues à l'ensemble des caractéris-
tiques de tous les dépôts superficiels, comme leur épaisseur, ou leur
potentiel de liquéfaction.
Un rapport préliminaire présenté en septembre 1982,
donnait une liste bibliographique assez complète des études effectuées
jusqu'à nos jours sur les argiles varvées, faisait le bilan des données
géotechniques obtenues auprès des sociétés minières ou des laboratoires
de géotechnique, et donnait un aperçu de ce que contiendrait le rapport
final.
II
Le présent rapport traite donc d'un éventail assez
large de sujets, et devant la période de temps assez courte qui a
été assignée à la réalisation de ce travail, soit environ six
mois, on conçoit que tous les domaines n'aient pas été analysés
dans le détail. De ce fait, l'étude bibliographique sur les
argiles varvées qui devait aboutir à un état des connaissances de
la question, sera légèrement simplifiée au profit d'une synthèse
globale des problèmes auxquels sont confrontées les exploitations
minières, problèmes dus à la présence des argiles et des dépôts
granulaires, avant, pendant, et après la vie de la mine.
Par ailleurs, les données géotechniques récupérées
pour toute la région du nord-ouest québécois, n'ont pas toutes été
compilées, et la carte géotechnique qui deait en résulter, ne sera
donc pas finalisée; ce travail est néanmoins amorcé et les élé-
ments qui permettront de le poursuivre sont précisés dans ce
rapport.
Nous pensons ainsi que la plupart des problèmes
miniers ont été passés en revue, les principaux ayant reçu une
attention particulière, c'est-à-dire la stabilité des pentes de
dépôts meubles dans les mines à ciel ouvert, et l'entreposage des
stériles provenant de toute exploitation minière. Cette synthèse
s'accompagne d'une liste bibliographique associée à chaque sujet
qui permettra au lecteur de s'y intéresser davantage. En défini-
tive, nous espérons que ce travail constituera un document de base
utile à toute personne ou compagnie québécoise qui veut poursuivre
l'étude des problèmes miniers et qui oeuvre dans le nord-ouest
québécois.
III
RÉSUMÉ
Suite au besoin de l'industrie minière québécoise
de mieux connaître le comportement des dépôts meubles, afin de
mieux cerner et traiter les problèmes d'exploitation dus à la
présence de ces dépôts, le ministère de l'Energie et des Ressour-
ces du Québec cherche à répondre à ce besoin, sous forme par
exemple de ce rapport publié par le ministère.
L'étude porte sur les dépôts des régions minières
du nord-ouest québécois. Les dépôts granulaires et les dépôts
d'argiles lacustres ont été sommairement décrits et leurs proprié-
tés ont été reliées à leur comportement; le rôle de l'eau a été
mis en relief; le comportement des argiles varvées, qui ont des
caractéristiques particulières, a fait l'objet d'une plus grande
attention. L'impact de ces comportements sur l'exploitation de la
mine a ensuite été analysé, dans les cas des pentes de mines à
ciel ouvert et des entreposages de résidus miniers; l'influence
des vibrations sur les sols (dynamitage en particulier) est étu-
diée; on donne ensuite un aperçu de l'aspect écologique de
l'exploitation minière. Nous élaborons en dernier lieu une impor-
tante bibliographie, qui cite une bonne part des sources de cette
étude, et contribue à créer une base de travail dans le domaine.
IV
TABLE DES MATIERES
Page
1. INTRODUCTION 1
1.1 Origine des problèmes miniers 1
1.2 But de l'étude 2
1.3 Contenu de l'étude 2
2. RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE 5
2.1 Présentation 5
2.2 Provenance 5
2.3 Contenu 6
2.3.1 Bibliographie relative aux argiles varvées 6
2.3.2 Bibliographie relative aux problèmes miniers 7
3. LES DEPOTS MEUBLES 9
3.1 Présentation générale 9
3.2 Différentes sortes de dépôts du nord-ouest québécois 14
3.2.1 Sédiments morainiques 14
3.2.2 Sédiments fluvio-glaciaires 15
3.2.3 Sediments lacustres 16
3.2.4 Sediments eoliens et autres 1/
3.3 Comportement des dépôts meubles granulaires. 18
3.3.1 Generalites 18
3.3.2 Caractéristiques des sols granulaires 19
3.3.2.1 Caractéristiques chimiques 19
3.3.2.2 Caractéristiques physiques 20
3.3.2.3 Caractéristiques mécaniques 20
3.3.3 Diverses formes de l'action de l'eau 26
3.3.3.1 Généralités 26
3.3.3.2 Effets statiques de l'eau interstitielle 26
U
Page
3.3.3.3 Effets dynamiques de l'eau interstitielle 27
3.3.4 Tassement des sols granulaires 30
3.3.4.1 Généralités 30
3.3.4.2 Tassement des sols secs ou bien drainés 31
3.3.4.3 Tassement des sols saturés et insuffi-
samment drainés 32
3.3.5 Liquéfaction des sols granulaires 33
3.3.5.1 Distinction sable-argile 33
3.3.5.2 Causes de la liquéfaction des sables 34
3.3.5.3 Caractéristiques de la liquéfaction des
sables 35
3.3.5.4 Evaluation des possibilités de liquéfaction 36
3.3.5.5 Susceptibilité à la liquéfaction de
différents sols 44
3.3.6 Comportements spécifiques à certains dépôts meubles 45
3.3.6.1 Généralités 45
3.3.6.2 Comportement de sédiments fluvio-glaciaires 46
3.3.6.3 Comportement de sédiments morainiques (tills) 46
4. LES ARGILES VARVEES 50
4.1 Introduction 50
4.2 Mode de déposition 51
4.2.1 Chronologie des évènements 51
4.2.2 Procédés sédimentologiques 52
4.2.2.1 Conditions de sédimentation 52
4.2.2.2 Caractéristiques des courants de densité 54
4.2.2.3 Processus de sédimentation 57
4.2.2.4 Phénomènes post-dépositionnels 59
4.3 Propriétés des argiles varvées 61
4.3.1 Généralités 61
4.3.2 Propriétés chimiques et minéralogiques 62
VI
Page
4.3.3 Propriétés physiques 64
4.3.4 Perméabilité 66
4.3.4.1 Généralités 66
4.3.4.2 Mesures au laboratoire 67
4.3.4.3 Mesures in situ 69
4.3.4.4 Conséquences de l'anisotropie de
perméabilité 70
4.3.5 Propriétés mécaniques 72
4.3.5.1 Résistance au cisaillement 72
4.3.5.2 Compressibilité 78
4.4 Propriétés des argiles varvées de deux sites
particuliers 80
4.4.1 Généralités 80
4.4.2 Matagami 81
4.4.2.1 Caractéristiques du dépôt 81
4.4.2.2 Consolidation 84
4.4.2.3 Résistance au cisaillement 87
4.4.2.4 Comportement cyclique vertical 90
4.4.2.4.1 Généralités 91
4.4.2.4.2 Etat des connaissances en 1979 92
4.4.2.4.3 Résultats de l'étude de Bossé et
Lefebvre (1979) 93
4.4.2.4.4 Discussion et conclusion 96
4.4.3 New Liskeard 97
4.4.3.1 Caractéristiques générales 97
4.4.3.2 Comportement de l'argile varvée sous charge 99
4.4.3.3 Stabilité d'une pente d'argile varvée 102
4.5 Comportement général des argiles varvées 103
4.5.1 Généralités 103
4.5.2 Tassement 104
VII
Page
4.5.3 Liquéfaction 106
4.5.4 Erosion 107
4.5.5 Stabilité de pentes 108
4.5.6 Stabilité de fondations 111
5. PROBLEMES MINIERS 113
5.1 Identification 113
5.2 Stabilité des pentes de mines à ciel ouvert 114
5.2.1 Causes de l'instabilité 114
5.2.2 Analyse de la stabilité 117
5.2.3 Recommandation et correction de l'instabilité 120
5.2.4 Instrumentation 128
5.3 Stabilité des résidus miniers 130
5.3.1 Identification des problèmes 130
5.3.2 Méthode de construction, stabilité 132
5.3.3 Liquéfaction, tassement, fissuration, érosion,
fluage 136
5.3.4 Rupture de remblais de stériles 138
5.3.5 Contrôle de l'eau des retenues minières 142
5.3.6 Conclusion 145
5.4 Affaissement lié au sous-minage 147
5.4.1 Généralités, causes 147
5.4.2 Processus de formation, effets 147
5.4.3 Remèdes, conclusion 149
5.5 Vibrations, dynamitage, séismes 150
5.5.1 Définition du problème 150
5.5.2 Caractéristiques des vibrations 151
5.5.3 Influence de divers facteurs 153
5.5.4 Lois de propagation 157
5.5.5 Effets sur les sols 158
5.5.6 Critère de dommage 161
5.5.7 Mesures de vibrations 163
5.5.8 Conclusion 165
VIII
Page
5.6 Environnement et pollution 166
5.6.1 Généralités 166
5.6.2 Différentes formes et contrôle de la pollution 167
5.6.3 Les règlements 170
5.6.4 Conclusion 171
6. DISCUSSION 172
6.1 Généralités 172
6.2 Travaux et recherches futurs 173
6.3 Avenir de la géotechnique minière québécoise 175
7. CONCLUSION 176
BIBLIOGRAPHIE
Bi Bibliographie relative aux argiles varvées 2
82 Bibliographie relative aux tills 18
B3 Bibliographie relative a la liquefaction des dépots granulaires 20
B4 Bibliographie relative a la resistance cyclique des argiles 30
85 Bibliographie relative aux excavations dans les dépôts meubles 34
86 Bibliographie relative a la stabilité des mines a ciel ouvert 38
B7 Bibliographie relative à la stabilité des residus miniers 41
88 Bibliographie relative aux affaissements liés au sous-minage 46
69 Bibliographie relative aux vibrations et dynamitage 49
810 Bibliographie relative au drainage et ecoulement dans les
depôts superficiels des mines et dans les excavations 55
B11 Bibliographie relative à l'environnement et la pollution
des mines 59
B12 Bibliographie d'intérêt général 63
IX
Page
ANNEXES
A Compilation et cartographie des données géotechniques du
nord-ouest québécois
A-1 Provenance des données A.2
A-2 Composition des données A.3
A-3 Traitement des données A.6
A-4 Echéancier A.7
B Localisation du site de Matagami et caractéristiques des argiles
de cette région.
1. INTRODUCTION
1.1 Origine des problèmes miniers
L'exploitation d'une mine a toujours été retardée par la présence de dépôts
meubles; leur épaisseur ou leurs caractéristiques viennent parfois arrêter
ou freiner la vitesse à laquelle le minerai est extrait, essentiellement à
cause de leur faible résistance, mais aussi en raison de l'attitude de l'ex-
ploitant minier vis-à-vis de leur existence et de leurs propriétés.
Les problèmes qui en découlent se sont accrus ces dernières années; en
effet, pour des raisons économiques, les gisements à forte teneur et d'accès
facile se faisant plus rares, les exploitants doivent aller chercher davan-
tage de minerais, dans des conditions d'accès et d'exploitation plus diffi-
ciles. Les méthodes d'exploration se développent et deviennent plus perfor-
mantes; les gisements doivent être détectés avec plus d'acuité, en particu-
lier au travers de dépôts meubles de plus en plus épais.
Peu de directives réglementaient jusqu'à présent l'exploitation minière, et
l'exploitant de son côté, s'intéressait peu aux milieux qui ne contiennent
pas de minerais, car ces matériaux meubles étaient relativement peu problé-
matiques; ils doivent maintenant s'en soucier davantage, car ces dépôts
causent donc des inconvénients qui peuvent entraver notoirement l'exploi-
tation, comme l'arrêt plus ou moins partiel de l'extraction, ou même la
perte de vies humaines.
Cet état de chose est d'autant plus à signifier, qu'il n'existe au Québec
que relativement peu d'ingénieur minier, suffisamment géotechnicien ou
mécanicien des sols pour traiter ces problèmes. Les mines doivent alors
faire appel à des compagnies privées, le plus souvent étrangères, et donc à
des coats élevés. A notre connaissance, seuls les laboratoires Ville-Marie
et Monterval de Montréal, travaillent depuis quelques années dans le nord-
ouest québécois en géotechnique minière.
2
C'est pour répondre à ce besoin que la géotechnique minière est en train de
voir le jour dans certains services du ministère de l'Energie et des Res-
sources du Québec, que la directive 019 a été publiée en septembre dernier
par le ministère de l'Environnement, et qu'un contrat de recherche a été mis
sur pied en 1982 par le MER; ce contrat est honoré par le présent rapport.
1.2 But de l'étude
Les principaux objectifs sont donc de relancer la géotechnique minière au
Québec', et de fournir à l'industrie minière, sous formé de rapports publiés
par le Ministère, toutes les informations sur les propriétés géotechniques
des dépôts meubles et en particulier des argiles varvées, dans le but d'es-
sayer de décrire et prévoir leur comportement, avant, pendant, et après
l'exploitation de la mine. Il s'agit aussi de décrire, analyser et rémédier
aux problèmes d'exploitation minière reliés à la présence de ces dépôts.
1.3 Contenu de l'étude
Dans un premier temps, quelques visites d'exploitations minières ont été
organisées dans les régions à forte déposition lacustre, avec les objectifs
suivants:
visiter les endroits de la mine sujets à des problèmes inhérents aux
dépôts superficiels;
- rencontrer si possible les ingénieurs et géologues miniers qui ont été
confrontés avec ces problèmes ou qui s'en préoccupent;
récolter le plus de données possibles sur ces dépôts meubles lacustres
(i.e. études, rapports ou simplement rapports de forage et résultats des
essais in situ et au laboratoire), avec des profils stratigraphiques, des
essais d'identification, des limites, des valeurs de consolidation et de
résistance au cisaillement, de cohésion et de frottement, des coeffi-
cients de perméabilité et des conditions hydrogéologiques ou tout autre
résultat géotechnique.
-3
Ces visites pourraient se poursuivre périodiquement et devraient contribuer
à faire le bilan des besoins et des connaissances de l'industrie minière.
Dans un deuxième temps, une liste bibliographique a été établie et figure à
la fin du texte. Elle constitue un apport essentiel dans la réalisation de
ce travail et sera discutée au chapitre suivant.
Parallèlement, une recherche de données géotechniques a été entreprise
auprès de laboratoires ou compagnies privées ou semi-publiques, autres
que les entreprises minières, afin de compléter les informations sur
d'autres secteurs; les premiers résultats de cette recherche sont ébauchés
à l'annexe A.
Une première campagne de sondages a été effectuée cet été par le Ministère,
dans la région de Rouyn-Noranda-Val d'Or. La localisation et les résultats
de ces sondages seront présentés sous forme de profils de résistance péné-
trométrique dans un rapport ultérieur. Il est prévu d'effectuer d'autres
investigations géotechniques dans les prochaines années, pour accroitre le
nombre de données dans les zones où l'information déjà obtenue sera estimée
insuffisante.
Enfin et surtout; ce travail est le fruit et la synthèse de nombreuses lec-
tures, de références que nous avons sélectionnées et jugées essentielles
pour la réalisation d'un document de base traitant des problèmes géotech-
niques miniers.
Une description relativement simple des dépôts superficiels granulaires est
effectuée pour les régions qui concernent les exploitations minières du
nord-ouest québécois. L'analyse du comportement de ces dépôts granulaires
sera cependant assez détaillée, en essayant d'énumérer tous les aspects de
base important qui conditionnent ce comportement et que l'on doit garder à
l'esprit. Les argiles varvées feront l'objet d'une attention plus spéci-
fique, ces dépôts lacustres étant plus difficiles à connaître du fait de
leur particularité stratigraphique.
4
Nous présenterons une analyse bibliographique succinte sur ces argiles, puis
l'accent sera porté sur leur mode de déposition, puis sur leurs propriétés
géotechniques; les ouvrages les plus récents seront davantage primés, les
dépôts d'argile des régions de Matagami surtout, et de New Liskeard, seront
l'objet d'une étude un peu plus complète. Certaines caractéristiques
importantes de ces matériaux seront alors mises en relief, en vue de les
relier avec les activités minières.
Les problèmes miniers proprement dits sont ensuite abordés, c'est-à-dire les
effets de la présence des morts-terrains sur l'activité d'exploitation de la
mine. Nous traiterons successivement les cinq points principaux suivants:
la stabilité des pentes de mines à ciel ouvert, la stabilité des résidus
miniers, l'affaissement lit au sous-minage, les effets du dynamitage et des
vibrations, l'impact d'une mine sur l'environnement et la pollution. Pour
chacun de ces chapitres, on identifiera le problème, on cherchera les causes
et on tentera de suggérer des remèdes, afin rappelons-le, de diminuer
l'impact de la présence des morts-terrains sur la rentabilité d'une
exploitation minière.
En dernier lieu nous ébaucherons une discussion sur l'avenir de la géotech-
nique minière au Québec, en proposant une liste de travaux et recherches à
entreprendre pour accroitre les connaissances dans ce domaine, afin d'aider
à mieux cerner les problèmes des mines vis-à-vis des dépôts superficiels en
présence.
-5
2. RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
2.1 Présentation
Douze rubriques composent la liste bibliographique. La première, et la plus
conséquente, est relative aux argiles varvées ; les trois suivantes concer-
nent les dépôts meubles et certaines de leurs propriétés particulières; les
sept références qui suivent se rapportent chacune à un problème minier en
(-particulier; la dernière revêt un caractère d'intérêt général en relation
-avec le sujet traité. Chaque auteur cité dans le texte est en général indexé
du numéro de la rubrique où on peut trouver la référence, si ce n'est pas le
cas, c'est qu'on vient de citer cette référence dans les lignes précédentes,
ou que le titre du paragraphe ou du chapitre, et le sujet traité, sont les
mimes.
Chaque liste est présentée par ordre alphabétique de noms d'auteurs. Les
auteurs précédés d'un astérisque (*1 sont donc ceux qui sont cités dans le
texte; les autres références nous ont semblées pertinentes pour le problème
en question. Ces listes n'ont pas la prétention d'être ni complète ni
définitive, à part la première qui rassemble probablement la majeure partie
des connaissances ou des écrits sur les argiles varvées; pourtant, d'autres
études ont sans doute été menées sur des dépôts semblables en Scandinavie et
en URSS mais il est plus difficile d'en prendre connaissance.
2.2 Provenance
Nous avons cherché en général à établir des listes de publications les plus
récentes possibles. Entre autres moyens de recherche, nous avons utilisé un
teminal d'ordinateur dont dispose la bibliothèque du ministère de l'Energie
et des Ressources, pour aller interroger les banques de données Geoarchive
et Georef.
6
Certaines références importantes ont été retranscrites à partir de la
bibliographie de certaines autres; beaucoup d'autres sont cependant accessi-
bles au lecteur par le mime moyen, en particulier s'il va sonder les biblio-
graphie des articles les plus récents dont on donne les coordonnées dans ce
rapport.
D'autres enfin ont été répertoriées en fouillant le milieu géotechnique
québécois, ou les grandes revues géotechniques canadiennes ou américaines.
Notons en dernier lieu que ce travail bibliographique pourrait être avanta-
geusement complété si une coopération avec les mines concernées pouvait
s'amplifier; il est en effet difficile d'accéder à leur documentation.
2.3 Contenu
La liste des diférentes rubriques apparaît à la table des matières. Il est
nécessaire de préciser quelques points pour chacune d'entre-elles, afin
d'aider le lecteur à en saisir la portée, et dans l'éventualité d'une
recherche ultérieure.
2.3.1 Bibliographie relative aux argiles varvées
Ces matériaux devant faire l'objet de l'étude principale dans la pre-
mière optique du contrat, nous avons rassemblé un bon nombre d'auteurs
qui ont contribué à accroître les connaissances sur ces argiles
varvées. Plusieurs traitent de l'histoire géochronologique et de la
formation des dépôts lacustres. D'autres se sont intéressés aux pro-
priétés géotechniques générales de ces argiles (Kenney, 1976), mais
peu d'étude complète n'a été effectuée pour faire le bilan des pro-
priétés et les comportements de ce matériau.
Il existe cependant deux écoles, l'une francophone, l'autre anglo-
phone, qui se sont attardées à cerner l'ensemble des propriétés et du
comportement pour un secteur précis. La première est constituée
essentiellement de la Société d'Energie de la Baie James et de l'Uni-
7
versité de Sherbrooke et étudie depuis une dizaine d'années les argi-
les de la région de Matagami. La seconde est conduite par le labora-
toire de mécanique des sols du MIT et a suivi pendant près d'une
dizaine d'années aussi, les travaux réalisés pour connaitre les argi-
les du Connecticut et du Témiscamingue (New Liskeard).
Plusieurs études ponctuelles ont été réalisées un peu partout à divers
endroits, par des laboratoires et des compagnies; nous espérons avoir
nommé la majeure partie d'entre eux, tout au moins les plus impor-
tants, parmi ceux qui possèdent de l'information pour les régions du
nord-ouest québécois. Toutes les données géotechniques recueillies
auprès de ces organismes, serviront à dresser des tableaux et une
carte géotechnique, dont il est question dans l'annexe A de ce
rapport.
Les références qui présentent la mention "différentes études géotech-
niques" se rapportent ainsi à des sociétés ou laboratoires qui possè-
dent des données géotechniques sur la région du nord-ouest québécois.
Il est important de noter par ailleurs que la référence "Metcalf,
J.B., 1961" comporte en elle-même une bibliographie critique et sans
doute assez complète sur les argiles varvées jusqu'en 1961; elle
présente donc l'avantage de nous autoriser à rechercher surtout les
publications postérieures à cette date.
Nous devons ajouter enfin que c'est principalement les travaux concer-
nant les dépôts du lac Barlow-Ojibway qui sont rapportés dans cette
liste.
2.3.2 Bibliographie relative aux problèmes miniers
Nous regroupons dans ce paragraphe divers aspects de la question qui
touche l'activité minière; certains de ces aspects peuvent être inter-
reliés et peuvent se rapporter au mime problème, parmi les cinq qui
ont été énumérés au paragraphe 1.3; d'ailleurs, quelques références
sont répétées une ou deux fois dans deux ou trois rubriques
différentes.
Les rubriques 85 et B10, intitulées "Bibliographie relative aux exca-
vations dans les dépôts meubles" et "Bibliographie relative au draina-
ge et écoulement dans les dépôts superficiels des mines et dans les
excavations", donnent une liste d'auteurs qui se sont intéressés aux
problèmes soulevés par les excavations et les eaux souterraines, dans
les dépôts meubles et principalement dans les dépôts argileux. Nous
imaginons l'intérêt de ces questions pour l'exploitation d'une mine à
ciel ouvert en particulier. En l'absence d'étude propre aux argiles
varvées et aux dépôts du nord-ouest, nous croyons utile de se
rapporter à la documentation connue sur le sujet.
9
3. LES DEPOTS MEUBLES
3.1 Présentation générale
Il n'est pas question ici de faire le tour de la géologie des dépôts meubles
de l'Abitibi et de tout le nord-ouest québécois. Il est cependant bon de
reconnaître les divers matériaux en présence qui s'étendent au-dessus des
galeries de mines ou dans l'excavation d'une mine à ciel ouvert, et de
prévoir leur condition de gisement à partir de quelques notions sur l'his-
toire de leur déposition. Le lecteur qui voudrait approfondir la question
de la géologie des sédiments quaternaires et de la chronologie des évène
ments glaciaires, peut se référer aux études suivantes, qu'il trouvera dans
la bibliographie relative aux argiles varvées: Ballivy (1970), Tremblay
(1974), Hardy (1977,1981), Chauvin (1977), Vincent (1977, 1979), Dionne
(1978), Quigley (1979, 1982), Locat et Lefebvre (1981); on donnera un aperçu
de l'épisode lacustre au paragraphe 4.2.
On se contentera dans le cadre de cette étude, de décrire les grandes lignes
et d'extraire les caractéristiques susceptibles de jouer un rôle dans
l'étude qui nous intéresse. Les dépôts d'argiles varvées feront cependant
l'objet d'une étude plus spécifique au chapitre suivant.
Le paysage du nord-ouest québécois est marqué par le passage des glaciers;
on y observe des formes d'aplanissement et d'érosion, le transport de sédi-
ments, la formation de rainures, le creusement de dépressions, l'abandon de
cailloux et blocs, la formation de cordons, dallages, crêtes de poussée
(Dionne, 1978).
Les dépôts du nord-ouest datent de la dernière glaciation wisconsinienne,
soit entre 8 000 et 12 000 ans avant aujourd'hui. On y distingue les maté-
riaux granulaires d'origine glaciaire, et les dépôts d'argile d'origine
lacustre (lac glaciaire Barlow-Ojibway) ou d'origine marine (mer de
Tyrrell). La figure 1 montre la répartition de ces dépôts, sur des terri-
- 10 -
toires situés au nord-ouest de la ligne de séparation des eaux entre le
bassin du Saint-Laurent et le bassin versant de la baie d'Hudson. Les
matériaux que l'on étudie pour la présente étude se situent dans les limites
de l'ancien lac Barlow-Ojibway et princpalement dans sa partie sud.
La région où les mines sont les plus concentrées, soit l'Abitibi, apparait
généralement comme une vaste plaine argileuse, d'où pointent, ici et là, des
collines rocheuses et de nombreux eskers; la partie Sud est cependant un peu
plus accidentée. La géologie du Quaternaire, résumée dans le tableau 1 de
la page suivante, est surtout fondée sur des travaux réalisés au ministère
en 1974, à partir de l'étude d'une centaine de coupes géologiques, et en
particulier de celles qui apparaissent dans les gravières ou dans les mines
à ciel ouvert.
Au nord des régions habitées, entre les latitudes 49° et 50° et les longi-
tudes 77° et 79°30', entre Lebel sur Quévillon, Matagami et Joutel, le
ministère de l'Energie et des Resources a entrepris ces cinq dernières
années, une vaste campagne de reconnaissance des dépôts meubles, pour en
établir la stratigraphie et pour aider la prospection minière par la
géochimie. Il s'agit en particulier d'étudier les relations géochimiques
existantes entre les sédiments de surface et la roche de fond, entre les
différents types de sédiments, et entre la géochimie et leurs différentes
propriétés sédimentologiques. Cette meilleure connaissance et l'influence
du socle rocheux sur la géochimie des sédiments meubles, donc de la distri-
bution des éléments géochimiques dans la couverture de mort-terrains est
entreprise au ministère par Lalonde, Chouinard, Baumier (1981).
Les travaux de description des dépôts meubles de cette zone sont réalisés au
ministère par Chauvin (1977) et LaSalle (1978); en s'y reportant, le lecteur
pourra lire grosso-modo les mêmes grandes lignes que celles qui sont écrites
dans les paragraphes suivants.
Un évènement supplémentaire s'est cependant produit dans le nord-ouest de
cette zone, qui explique la formation d'un till à surface cannelée surmon-
Figure 7: Les bassins sédimentaires quaternaires de l'Est du Canada.
-12-
TABLEAU 1 - Tableau des formations (d'après G. Tremblay, 1974)
Chronostratigraphie Formations
8. Alluvions de plaine d'inondation: sable
surtout, un peu de silt et de tourbe.
m z mtr)o ro =
7. Dépôts de marécage: tourbe surtout, un
peu de terre noire.
6. Sédiments éoliens: sables bien classés
provenant du remaniement des sédiments
lacustres et fluvioglaciaires; généra-
lement sous forme de dunes bien définies.
Ç 5. Sédiments lacustres:
E a. Sable deltaïque: sable moyen à gros-
N sier; comprennent occasionnellement
0 des granules. .
Z Q b. Sable et gravier: ces sédiments
Q U proviennent avant tout du remaniement
I A des matériaux d'esker.
Q T c. Silt et argile massive: argile gris
U E clair avec occasionnellement des
E R W cailloux; parfois calcareuse.
N I
A S Argile varvée: sédiments du lac gla-
I C ciaire Barlow-Ojibway; silts et sable
R 0 feuilletés et argile vaseuse.
E N
S 4. Sédiments d'esker et associés: eskers,
mz m tc-) o-I cn1-. mr -v
I deltas d'esker. Ces sédiments peuvent
N être divisés en deux catégories:
1. sable fluvioglaciaire
2. gravier fluvioglaciaire avec cailloux.
Les eaux du lac glaciaire Barlow-Ojibway
ont, à plusieurs endroits, remaniés
profondément ces sédiments.
3. Epandages fluvioglaciaires: terrasses de
Kame, Kames: sable et gravier avant tout.
2. Sédiments morainiques: matériaux hétéro-
gènes de toutes dimensions; compacts,
gris clair à gris foncé parfois calca-
reux. Ces sédiments sont remaniés par
endroits par les eaux du lac glaciaire.
Les remaniements ne sont pas toujours
évidents.
Discordance
PRÉCAMBRIEN 1. Roche en place.
Figure 2: Le Nord-Ouest Québécois.
-14-
tant les argiles varvées: Antevs (1925) proposa une réavancée tardive de la
glace continentale (appelée Cochrane) par dessus les argiles varvées. Son
étendue exacte n'est pas définie très précisément, mais on sait que la limi-
te Sud atteinte par les glaciers, est une ligne se situant entre Selbaie et
Joutel, passant par Matagami, puis remontant vers le Nord (voir figure 2).
Le till apporté par cette invasion glaciaire est très argileux, peu compact
et contient 1 à 5% de cailloux. Par ailleurs, le mode de déposition de
cette région a été perturbé: se faisant sentir en particulier sur les
caractéristiques des dépôts variés (voir 4-2).
3.2 Différentes sortes de dépôts du nord-ouest québécois
3.2.1 Sédiments morainiques
La moraine de fond (formation 2 dans le tableau 1) affleure à plu-
sieurs endroits; elle représente le plus ancien sédiment de la région.
Son épaisseur varie de 0 à 45 m, peut-être 7 m en moyenne, davantage
vers le nord. Comme elle est très hétérogène, sa granulométrie
variant de l'argile au bloc, sa forte compacité naturelle est tout de
même fonction des pourcentages d'argile, de silt et de sable qui com-
posent sa matrice. La partie supérieure de ce dépôt peut avoir été
remaniée par endroit par les eaux du lac Barlow-Ojibway: les éléments
fins peuvent alors avoir été déblayés, laissant en place une zone de
matériaux grossiers plus drainants et moins compacts.
Cette formation présente souvent la forme d'une pellicule de moraine
d'ablation qui recouvre de vastes zones; elle est surtout constituée
de cailloux et blocs assez anguleux avec une matrice sablonneuse, le
tout formant un milieu moins compact.
- 15 -
3.2.2 Sédiments fluvio-glaciaires
Les sédiments fluvio-glaciaires (formations 3 et 4 dans le tableau 1)
résultent d'une fusion glaciaire et se présentent sous forme d'épan-
dage (kames et terrasses de kame) ou d'esker.
Les épandages fluvio-glaciaires se situent d'ailleurs à proximité des
eskers, là où les eaux de fusion glaciaire se déversaient dans les
eaux du lac Barlow-Ojibway, en avant du front glaciaire ou au contact
des glaces et des collines. Ce sont des sables et graviers, avec de
nombreux cailloux; dans plusieurs localités, on trouve presque exclu-
sivement du sable fin à moyen.
Les eskers ont des caractères topographiques très variables, allant de
quelques métres à plusieurs dizaines de métres et pouvant mime
atteindre les cent mètres d'épaisseur. Ils se présentent sous forme
de cordons de longueurs très diverses, plus ou moins recouverts de
sédiments lacustres, plus ou moins discontinus, plus ou moins remaniés
et déformés par l'érosion lacustre ou éolienne. Leur composition
dépend principalement de l'action des eaux du lac: plutôt sables et
graviers au-dessus du niveau atteint par le lac et aux alentours de
cette limite, rivages et concentrations de blocs, cordons littoraux et
plages. Les eskers ont une orientation grossièrement parallèle à
celle de l'écoulement glaciaire soit NNO-SSE.
Selon la vélocité des eaux de fusion circulant sous ou dans la glace,
les matériaux des eskers sont soit des sables, soit des graviers avec
beaucoup de cailloux, soit des sables et graviers et nombreux cail-
loux; les silts et argiles ne représentent jamais plus de 2% de la
granulométrie. Les deltas d'eskers ont été formés au moment où les
cours d'eau sous-glaciaires débouchaient dans le lac pro-glaciaire;
remarquons qu'ils ont été très souvent modifiés par les eaux du lac.
- 16 -
On trouve occasionnellement près de la surface, des poches de maté-
riaux morainiques ou des morceaux d'eskers avec beaucoup de blocs très
angulaires, indiquant que certaines parties d'eskers se sont sans
doute formées à l'air libre dans d'immenses crevasses glaciaires.
3.2.3 Sédiments lacustres
Les sédiments glacio-lacustres ont été déposés par le lac Barlow-
Ojibway, provenant lui-même de la fonte des glaces, et recouvrent en
général les matériaux décrits précédemment. Ils se composent essen-
tiellement d'argiles varvées, mais on rencontre très localement des
dépôts de silt et d'argile massive ou de sable et gravier. A ce stade
du rapport, nous ne ferons qu'une description générale de ces argiles
varvées puisqu'on va se pencher davantage sur leurs caractéristiques
au chapitre suivant.
Le dépôt d'argile varvée a une épaisseur maximum comprise entre 30 et
70 m et une épaisseur moyenne qui oscillerait autour de 15 m en dimi-
nuant du sud vers le nord. L'épaisseur de la varve elle-mime est très
variable d'une localité à l'autre, comprise entre quelques mm et 1U ou
20 mm et peut parfois atteindre un mètre d'épaisseur. Les lits
peuvent être horizontaux ou inclinés d'une dizaine de degrés; les
varves peuvent être plissées, contenir un peu de sable ou gravier,
quelques cailloux. Une varve se compose d'une part d'un lit de
couleur foncée de sédiments à forte proportion argileuse, très fins et
restés en suspension jusqu'à l'hiver, période pendant laquelle ils se
sont déposés; l'autre lit de couleur claire s'est déposé pendant
l'été; la fraction argileuse de cette couche est plus faible, au
profit de silts, voire de sable, selon la forme d'entraînement des
courants dits de turbidité. Il est fréquent que la couche d'été soit
plus épaisse que la couche d'hiver.
Susjacent aux argiles varvées, un banc massif de silt ou d'argile gris
claire a parfois été déposé ici et là, en bordure du rivage de
- 17 -
plusieurs lacs actuels, le long de quelques rivières (Kinojevis), dans
des dépressions peu profondes, le long de certains eskers.
Remarquons que si ces dépôts de silt ou d'argile ou d'argile varvée
contiennent localement des cailloux ou lentilles de sable ou poches de
gravier et cailloux, ou surfaces de cisaillement, c'est que des ra-
deaux de glace flottante ont apporté ces sédiments, ou que des
courants de turbidité ont interrompu le rythme de déposition des
varves, ou que des glissements sous-aquatiques se sont produits.
Le milieu lacustre a aussi entrainé la formation de sables et graviers
bien triés et stratifiés, résultant du remaniement des eskers. Ils
sont peu épais, 1 à 5 m, et se rencontrent sous forme de sables del -
taiques moyens à grossiers, ou de plaines ou plages de sables peu
étendues, de poches ou lentilles de sable ou graviers, à proximité ou
sur les versants des eskers.
3.2.4 Sédiments éoliens et autres
Ce sont les vents qui ont cette fois-ci remanié les eskers et qui ont
entassé dans leur voisinage des sables moyens à très fins, en forme de
dunes ou de cordons dunaires plus ou moins parallèles à l'axe des
eskers; ces dunes présentent une structure interne stratifiée, obli-
que, reflétant la direction des vents.
Les autres sédiments de la région sont les sables et silts alluvion-
naires des terrasses des cours d'eau actuels et en bordure des lacs,
ainsi que les nombreuses tourbières occupant les bassins mal drainés.
-18-
3.3 Comportement des dépôts meubles granulaires
3.3.1 Généralités
Sans énumérer toutes les caractéristiques physiques et mécaniques des
différents matériaux en cause, nous analyserons dans ce chapitre
certains aspects du comportement des sols granulaires soumis à des
sollicitations de type minier, stabilité de pentes, tassement ou
fluage, vibrations, ou tout simplement action de l'eau. La majeure
partie des problèmes de comportement de sables et graviers est asso-
ciée à l'action de l'eau, en particulier au voisinage des mines où le
réseau hydrographique est profondément perturbé. Nous imaginons en
effets que des mots comme saturation, perméabilité, écoulement, éro-
sion, mouvement de nappe, drainage, rabattement, sont des mots clés
pour étudier les problèmes miniers.
De manière générale, nous savons qu'un sol granulaire n'a que fort peu
de cohésion et que la résistance au ccisaillement d'un tel milieu,
t7Na
s'écrit T = Q 'tan 4', ou 4'' est 14444ie de friction interne, et Q' la
pression intergranulaire. Aussi bien la compressibilité que la
résistance au cisaillement dépendent principalement de la compacité du
matériau.
Nous savons aussi que la pente d'un matériau granulaire est stable si
son angle est égal à celui de repos, dans des conditions de parfait
drainage et s'il n'existe pas de charge au sômmet de la pente. Nous
nous souviendrons en fait que la pente d'équilibre d'un dépôt est
surtout donné par l'observation géomorphologique visuelle des pentes
de la région (R. Peck). \ Ca.. At- 0! LC.1
Théoriquement, la pente d'un matériau granulaire non cohésif n'est
autre que l'angle de fortement interne, l'angle de talus naturel est
celui déterminé en déversant le matériau pulvérulent sec et en
-19-
mesurant l'angle que font avec l'horizontale les génératrices du tas
conique obtenu. Cette valeur correspond en général au minimum de
l'angle de frottement interne.
En fait la pente naturelle d'un talus dépend de l'histoire du talus et
de l'humidité du matériau, et c'est pourquoi la méthode observation-
nelle des talus avoisinants est souvent préférable. On admet
cependant que sans eau, l'angle d'équilibre pourrait être réduit de
moitié, ou que la pente croit avec la racine carrée du diamètre des
particules moyennes du milieu. Empiriquement, si le matériau est
homogène et isotrope, l'angle de stabilité vaudrait (Filliat 1981,
bibliographie B12):
s tan ou n = porosité du milieu
tan e -p
PS + np p = masse spécifique de l'eau
ps = masse spécifique du sédiment
Nous rappellerons enfin qu'une surface de glissement est plus ou
moins plane dans les sables, alors qu'elle est plus ou moins
circulaire dans les argiles.
De toute façon, nous pouvons évoquer dès maintenant l'importance de
mesurer des niveaux d'eau, un peu partout et un peu tout le temps,
dans les mines et leur voisinage.
3.3.2 Caractéristiques des sols granulaires.
3.3.2.1 Caractéristiques chimiques
Notons d'abord que les paramètres chimiques et minéralogiques des sols
pulvérulents peuvent intervenir dans leur façon de se comporter; on
peut citer par exemple le potentiel d'oxydo-réduction, l'acidité et
l'alcalinité, la salinité, la température. Toutes ces notions et leur
impact précis ne seront pas analysées dans le cadre de cette étude,
mais certaines références générales (bibliographie 612) peuvent être
utiles à cet égard; sachons en tout cas que des études spécifiques
concernant les relations entre chimie et minéralogie d'une part, et
-20-
comportement des sols granulaires d'autre part, sont sans arrêt en
cours de réalisation. Ces travaux présentent d'ailleurs un intérêt
particulier pour les mines, puisque le milieu peut subir une alté-
ration ou une évolution (quant à la chimie de l'eau souterraine par
exemple) du fait même de l'exploitation minière. Néanmoins, l'impact
des caractéristiques chimiques et minéralogiques des sols granulaires
sur leur comportement, est moindre que pour les sols argileux.
3.3.2.2 Caractéristiques physiques
Les caractéristiques granulométriques des matériaux granulaires jouent
un rôle prépondérant dans l'étude du comportement, il s'agit non seu-
lement de la taille des grains, mais aussi de leur forme, leur rugo-
sité, leur orientation dans la matrice, leur distribution dans les
massifs. Ces paramètres permettent d'abord de se faire une idée de la
facilité avec laquelle les grains se déplacent, par suspension ou par
roulement par exemple. Lors de la genèse du sol, les grains se sont
déposés dans un certain arrangement plus ou moins stable. Il est clair
que l'arrangement du squelette du sol est d'autant plus stable que la
compacité est plus grande, que l'angularité et la rugosité des grains
sont plus élevées. De manière générale, les grains de petite dimen-
sion vont avoir tendance à se placer entre les grains plus gros, mais
si les grains sont de dimensions voisines (granulométrie serrée) un
tel arrangement se réalise plus difficilement et la structure présente
plus de vides. Ainsi, la structure instable de certains sables est à
l'origine de phénomènes de tassements ou de liquéfaction liés à la.
présence d'eau interstitielle et dont il sera question au paragraphe
3.3.3.
3.3.2.3 Caractéristiques mécaniques
En définitive, le comportement mécanique d'un sol granulaire dépend
avant tout de la compacité du squelette solide (état lâche ou serré)
et à un degré moindre de la forme, surface et dimension des grains.
-21-
Sur une échelle plus grande ce comportement est d'autre part largement
influencé par la stratification, l'anisotropie et l'hétérogénéité des
propriétés des matériaux.
La compressibilité d'un sol granulaire résulte essentiellement du
réarrangement des grains qui entraine une diminution de l'indice des
vides (déformations irréversibles) et de la déformation des grains
eux-mêmes sous l'action de forces qui s'exercent à leurs points de
contact (déformations réversibles, si ruptures localisées aux points
de contact intergranulaires non atteintes). On caractérise le plus
souvent cette propriété par le module oedométrique qui relie la
variation de contrainte à la déformation induite:
aQ avec £=
Qh = oe
E _
c-,.mo t
ho l+eo
De manière générale, la courbe de consolidation d'un sable ressemble à
celle d'une argile, si ce n'est le passage de l'état limite qu'on ne
peut définir pour le sable, alors qu'une pression de préconsolidation
est déterminable pour l'argile. Sous faibles contraintes, les défor-
mations sont faibles pour les deux matériaux; sous fortes contraintes,
les deux courbes de compressibilité viennent sur une mime ligne, qui
serait donc la ligne de consolidation vierge du matériau normalement
consolidé. C'est le passage de l'état surconsolidé à l'état normale-
ment consolidé qui est donc beaucoup plus progressif dans le cas du
sable.
Remarquons en tout cas qu'on obtient le mime indice des vides final à
grande déformation en fin d'essai, pour différents échantillons de
sable à indices initiaux différents: il existe donc un "état criti-
que" pour les sols pulvérulents. Ces résultats sont clairement
illustrés par les essais réalisés par Lee (1965), Lee et Seed (1967),
Holtz et Kovacs (1981) dont on trouvera les références dans la biblio-
graphie B12. L'état limite des sols granulaires est donc par contre
plus difficile à définir que pour les argiles, comme le prouvent par
-22-
exemple les essais de Ishihara et Okada (1978), dont la référence
figure à la bibliographie B3.
La résistance au cisaillement dont on a donné l'expression au para-
graphe 3.3.1, dépend aussi des mêmes facteurs, granulométrie, forme,
surface, dimension, compacité; l'orientation des particules, l'hétéro-
généité du milieu et la stratification vont donc aussi affecter la
valeur de cette résistance.
Le tableau 2 à la page suivante (Olivari 1980 - B12) précise quelle
peut être l'influence de ces caractéristiques physiques sur l'angle de
frottement interne d'un matériau granulaire.
On notera que le facteur prépondérant est la compacité du matériau. Il
est délicat de déterminer expérimentalement l'angle de frottement phy-
sique d'un sable par exemple, et de le relier A l'angle de frottement
interne. Ceci est en particulier dû au fait qu'il est pratiquement
impossible de prélever un échantillon de sable in situ sans modifier
sa compacité, et de la reproduire exactement en laboratoire, on a
recours en général aux essais in situ.
-23-
TABLEAU 2 - Influence des caractéristiques physiques sur l'angle de
frottement interne d'un matériau pulvérulent.
0' = 36° + 0'1 + 01 2 + 0'3 + 0'4
- 6° lâche 0 < Dr < 50%
Compacité (P'1 0° moyenne 50 < Dr < 75%
+ 6° dense 75 < Dr < 100%
+ 1° aigu faible sphéricité et
Forme et 0° moyen forme anguleuse
rugosité 02
des grains - 3° arrondi haute sphéricité et
- 5° très rond forme arrondie
0° sable sable fin
0,06 < d10 < 0,2 mm
sable moyen
Grosseur 0'3 0,2 < d10 < 0,6 mm
des grains + 1° gravier fin sable grossier
0,6 < d10 < 2,0 mm
+ 2° gros gravier gravier
d10 > 2,0 mm
- 3° uniforme peu étalée
Cu = <2
Granulométrie cp'4 0° moyenne intermedlaire
C d60 = 2
+ 3° étalée bien étalée
2
Cu - d10 >
Le plus souvent, on estime que = 30° pour les faibles compacités et
0 = 35 â 40° pour les fortes compacités (Lee et Seed, 1967). On
traduit parfois l'influence de la compacité par la formule tan 0 = k/e
(Olivari, 1980), oû k est une constante de l'ordre de 0,45 â 0,55. La
-24-
relation tan = 7/2 tan W proposée par Caquot (1966 - B12), où 4 est
l'angle de frottement physique du matériau constituant les grains,
doit être utilisée avec précaution car d'une part la mesure de 1P en
laboratoire est délicate, et d'autre part tous les grains ne sont pas
forcément constitués par le même matériau; 7/2 serait représentatif de
l'effet d'enchevêtrement des grains. Cet enchevêtrement de grains
(les particules passent les unes par dessus les autres) entraîne un
changement de volume; c'est le phénomène de dilatance dont dépend la
résistance au cisaillement du matériau. On montre en effet qu'il
existe une relation entre l'angle de frottement à la rupture, et la
vitesse de déformation volumétrique de l'échantillon mesuré à la
rupture. Divers auteurs proposent de corriger l'enveloppe de rupture
pour tenir compte de cette dilatance (Bishop, 1954, Rowe, 1962; Lee et
Seed, 1967; Le Bihan, 1981; Leroueil, 1982, B12). Cependant comme
cette correction diffère d'un auteur à l'autre et que ce paramètre
n'est ni le seul, ni le plus important pour l'évaluation de l'angle de
frottement, il est difficile d'en tenir compte.
emax - e
La compacité est définie par la densité relative Dr -
emax - emin
Elle est délicate à estimer; les indices des vides maximal et minimal
sont facilement déterminés en laboratoire (norme ASTM D2049-64T).
L'indice des vides in situ et par contre difficile à mesurer, on peut
utiliser un échantillonneur à piston dans un forage à la boue, ou con-
geler localement le sol puis le prélever (méthode onéreuse); en Améri-
que du Nord, on utilise une relation entre l'indice de pénétration
standard (SPI) et la densité, mais cette méthode reste imprécise
(Tavenas et LaRochelle 1972 - B12).
Parmi les autres facteurs qui interviennent dans l'évaluation de
l'angle de forttement interne du matériau, on peut donc citer: la
nature du matériau, la granulométrie, la forme et rugosité des grains,
le réarrangement et la réorientation des particules (Rowe, 1962;
Borowicka, 1978, B12), le broyage des grains (Lee et Seed 1967, B12).
-25-
Le schéma de la page suivante (U.S. Navy, 1971;- Leroueil, 1982, B-12)
donne une autre détermination de l'angle de frottement en fonction de
certaines caractéristiques physiques.
En dernier lieu, remarquons que la présence d'eau ne modifie pas la
valeur de 4), mais dans le cas de sables humides non saturés, les
effets capillaires font apparaître une légère cohésion. Notons enfin
que la résistance d'un sol granulaire n'augmente en général que très
peu sous l'effet d'une sollicitation accrue, contrairement à ce qui se
passe pour les argiles.
Porosité, n (pour p, 2.68 Mg/m.)
0.5 0.4 0.3 0.2
1 i 1 1
l '
40
Densité -- 10096
//ériaux
75 .......-
....-
SP
50 ~
-i► SMet ~ ~L
'41° cette écart 4,'obtenu d enve lOppes déter•L
25 ~ minées par essais en cOntraih
te effective. La corrélation ap.
_ proximative obtenue s' appi •
—
o _ _ que aux matériaux non cohé-
—
- T sits, ne contenant aucune par-
ticule fine et plastique.
!
!
! I I I I I I 1 1 I I 1 1 I Il 1
.2 1.1 1.0 0.9 0.8 0.7 0.6 0.5 0.4 0.3 0.2
Indice des vides , e (pour p.: 2.68 Mg/ma )
I 1 I I I 1 I I
1.2 1.3 1.4 1.5 lb 1.7 1.8 1.9 20 2.1 2.2 2.3 2.4
Masse volumique sèche (Mg/m1)
Corrélation entre l'angle de frottement effectif déterminé en compression axial
et la masse volumique sèche, la densité et la classification des sols.
-26-
3.3.3 Diverses formes de l'action de l'eau
3.3.3.1.Généralités
Les diverses provenances de l'eau sont susceptibles de provoquer des
dommages: eaux de pluies et ruissellement, rivières, nappes aquifères,
gel, neige. L'eau réduit les caractéristiques mécaniques C' et (1)',
sur l'argile en particulier; la consistance s'affaiblit, le ramollis-
sement d'un matériau argileux augmente avec la teneur en eau; la
structure peut même être modifiée par action électrolytique de cer-
taines eaux minières, par défloculation ou échange de cations, par
lessivage (voir chapitre 5).
3.3.3.2 Effets statiques de l'eau interstitielle
Un mécanisme de rupture peut être amorcé lors d'une mise en charge
hydrostatique par simple accumulation d'eau dans une discontinuité du
milieu (faille, stratification etc.) ou au contact de deux milieux
relativement imperméables. Dans une nappe en équilibre hydrostatique,
l'action de l'eau se réduit à la poussée d'Archimède s'exerçant sur
les grains; cette pression interstitielle u peut être épisodique
(pluie), où n'intéresser que certaines zones perméables dans une
formation imperméable, ou entraîner' des sous-pressions (sous des
remblais par exemple).
L'application d'une surcharge ou d'une décharge peut produire des
modifications et désordres importants. Si la surcharge est appliquée
suffisamment rapidement, la pression s'exerçant sur les grains est
transférée sur l'eau qui encaisse donc la surcharge. La pression
interstitielle peut alors augmenter jusqu'à égaler la contrainte
normale totale des terres; la résistance au cisaillement T = (a -u)tan
devient nulle, et le milieu perd temporairement une partie de sa
- 27 -
résistance à la déformation, les grains ne sont plus serrés les uns
contre les autres; ce processus s'appelle la liquéfaction.
La liquéfaction est un phénomène à plusieurs facettes; elle fait
l'objet du paragraphe 3.3.5 et il en sera aussi question dans le
chapitre des vibrations. Elle peut survenir aussi bien dans les
argiles que dans les sables, mais selon un processus complètement
différent (voir 3.3.5.1).
3.3.3.3 Effets dynamiques de l'eau interstitielle
Quand il existe un écoulement d'eau, les particules solides sont
soumises à une force d'entraînement qui s'écrit Ru= Y W ) i.dV
pour. un volume V de terrain sollicité; cette force est donc propor-
tionnelle au gradient hydraulique i, c'est-à-dire au rapport de la
hauteur de charge by raulique sur la longueur d'écoulement.
Au pied d'une pente, les lignes de courant se concentrent et i
augmente; des grains peuvent alors être soutirés, le sol peut être
ameubli et la butée de pied réduite.
En effet, si aucun rabattement préalable n'a été prévu, un gradient
hydraulique ascendant ou même horizontal, peut provoquer le phénomène
de boulance: Le réarrangement des grains se poursuivant après satura-
tion exacte du milieu, par apport ininterrompu d'eau (ou par vibra-
tion), la proportion d'eau devient excessive et s'oppose au contact
étroit entre grains; leur assemblage se relâche. La boulance est un
état transitoire, si l'eau excédentaire qui maintient le sable sous
forme d'émulsion peut s'échapper, et si l'approvisionnement du milieu
en eau s'arrête.
La pression de courant causée par un gradient hydraulique peut aussi
être produite par une nappe artésienne, une vidange rapide ou un creu-
sement rapide d'une fouille. Un sol boulant n'a plus de portance et
-28-
les machines s'enfoncent très facilement. On peut définir de façon
empirique des gradients hydrauliques critiques ic, selon la nature
du sol (Caquot, 1966, B12).
nature du sol is
Sable très fin 0,12
Sable grossier 0,20
Gravier moyen 0,29
Argile molle 0,33
Argile plastique 0,50
Argile raide 0,56
Argile très raide 0,63
Dans les sables un peu cohésifs, une sortie d'eau concentrée provoque
parfois un entraînement accéléré des particules: c'est l'érosion
régressive. Un tunnel stable peut se former en terrier, se creusant
progressivement. Si ça débouche sur un sol perméable ou un lac, le
débit s'accroit brusquement: c'est le phénomène de renard.
En définitive, toute circulation d'eau provoque le soutirage des fines
d'un terrain meuble vers une zone d'émergence (une pente, un point
bas, un forage, un drain, une faille, une fracture, un puits, etc.).
Ce phénomène modifie la structure du sol, donc sa stabilité et peut
même donner naissance â une cavitation localisée. Ces affouillements,
cette circulation d'eau, ont des origines très diverses comme les
points d'émergence d'une nappe, les fuites de réseaux de drainage, les
fuites au travers ou en dessous d'un remblai (de rebuts miniers par
exemple), les pompages d'eau (quand le filtre est mal adapté ou que le
pompage est trop fort).
-29-
Les lois exactes qui régissent les phénomènes d'érosion, les remanie-
ments sédimentaires ou les interactions entre les fluides en mouvement
et les sols sur lesquels ils coulent, ne restent que partiellement
connues; il est difficile, voire impossible, par une simple approche
théorique des mouvements sédimentaires, de prévoir l'évolution d'un
site soumis à des actions hydrodynamiques multiples. Cependant on
peut comprendre à l'aide de lois, les phénomènes physiques qui inter-
viennent, quitte à quantifier l'importance de ces mouvements dans les
cas simples. Nous invitons le lecteur à prendre connaissance de ces
lois et des paramètres en présence, à l'aide de Reineck et Singh, 1975
et Filliat, 1981 (chap. 16), dont les références figurent dans la
bibliographie d'intérêt général (B12).
La pression de courant est indépendante de la perméabilité: un terrain
argileux qui laisse sortir peu d'eau est aussi menacé sinon plus,
qu'un terrain sableux fournissant de forts débits d'émergence.
L'eau n'est pas un lubrifiant; le coefficient de friction entre
certaines surfaces minérales comme le quartz est plus fort- en pré-
sence d'eau que sans eau; l'effet lubrifiant est de foute façon
meilleur quand il n'y a qu'une pellicule très mince d'eau sur les
grains. Par contre, l'eau affecte la stabilité d'une pente en
éliminant l'air et donc des liens de cohésion, en augmentant le poids
unitaire du sol, et en élevant la surface piézométrique.
Les terrains poreux dans lesquels circule une nappe peuvent présenter
une variation latérale de faciès entraînant un changement de perméabi-
lité. Ainsi un matériau fin joue le rôle d'un barrage imparfait qui,
en freinant l'écoulement, provoque la naissance d'une retenue dans un
matériau grossier situé à l'amont. Inversement, si le matériau fin se
trouve à l'amont, une fois celui-ci franchi, l'eau s'écoulera plus
facilement vers l'exutoire. Ces considérations se rajoutent à celles
qui font ne pas oublier que la perméabilité horizontale est souvent
-30-
bien différente de la perméabilité verticale, en raison de la super-
position de différentes sortes de couches.
Afin de donner un exemple pratique illustrant l'action de l'eau,
imaginons un amas de sol meuble sur une pente rocheuse. Il suffit
d'une grosse pluie et d'un bouchon de glace à 1'exhaure, pour faire
monter la pression hydrostatique dans l'épaisseur de la couche meuble;
quelques grains commencent par se soulever; la cohésion décroit, en
particulier à l'interface préférentielle sol-roc, jusqu'à ce que
rupture s'en suive. A titre de deuxième exemple, supposons que la
pression interstitielle croit pour une raison ou pour une autre, dans
un lit plus silteux d'un dépôt d'argile varvée jusqu'à u = a: une
surface de rupture se crée à ce niveau.
En guise de conclusion partielle, nous soulèverons l'importance du
rabattement de nappe, surtout dans les dépôts meubles du nord-ouest
québécois, souvent saturés et mal drainés naturellement (Legget, 1960,
Bl). Il existe de nombreuses méthodes pour calculer un rabattement en
fonction de la distance et du temps; il faut en particulier évaluer
les perméabilités verticales et connaitre les variations de niveau
piézométriques en fonction du temps. L'efficacité de la méthode
employée doit constamment être vérifiée. Signalons qu'il existe de
nombreux ouvrages qui analysent les problèmes de rabattement et de
pompage, permettant entre autres de chiffrer les caractéristiques de
l'aquifère (filliat, 1981, B12).
3.3.4 Tassement des sols granulaires
3.3.4.1 Généralités
La compressibilité qui caractérise un tassement a été défini en 3.3.2.
Il est question dans ce paragraphe des conditions du milieu qui régis-
sent ce comportement, de l'état de saturation principalement.
-31-
Le tassement d'un sol granulaire, qui se traduit par l'expulsion de
l'air et un meilleur arrangement des grains, résulte d'une action
dynamique, comme celle de la circulation d'eau ou d'une vibration.
Cette action provoque une grande compacité du milieu quand celui-ci
est bien drainé ou non saturé; quand il est insuffisamment drainé et
complètement saturé, c'est un cisaillement ou une liquéfaction qui se
produit. Il est cependant possible d'observer des tassements aussi
bien avant d'en arriver à ce stade qu'après l'avoir dépassé, tant que
l'action est dynamique.
Donc, à l'état sec, un tassement est le résultat d'une vibration ou de
la pression des terres; à l'état humide ou saturé, il est provoqué par
une vibration ou un écoulement.
Ces tassements se produisent en particulier pour les remblais de
rebuts miniers, selon leur compaction initiale, et selon la manière
plus ou moins efficace dont le milieu est contenu latératement; nous y
reviendrons en 5.3.
3.3.4.2 Tassement des sols secs ou parfaitement drainés
Le sol peut subir des sollicitations verticales et horizontales. Une
accélération verticale sur un sable sec (D'appolonia, 1967, B12;
Whitman, 1971, B3), ne conduit pas à un changement de volume très
sensible, tant qu'elle reste inférieure à une ou deux fois la valeur
de l'accélération de la pesanteur. Le tassement intervient rapidement
quand ce seuil est dépassé, et se stabilise à une certaine valeur
limite.
L'atteinte de tels niveaux d'excitation est cependant fort improbable
dans le cas des vibrations minières, mime dans le cas des séismes. Le
tassement dépend en fait de la pression verticale Gy; si elle varie
cycliquement, l'effet pourrait être plus notable, le tassement
augmentant avec le nombre de cycles.
- 32 -
Les cisaillements horizontaux sont prédominants. Pour une amplitude
donnée des accélérations cycliques, la densité finale se stabilise
vers une valeur dépendante de a v; cette valeur limite ne sera
dépassée qu'en augmentant le niveau de sollicitation (Youd, 1970, B3);
deplus, ce tassement est inversement proportionnel à o v. Par contre
la pression a v ne semble pas intervenir quand on fait varier
l'amplitude des déformations de cisaillement; la densité finale est
alors obtenue sous un nombre de cycles d'autant moins élevé que cette
amplitude est plus grande (Youd, 1972, 63). Cependant, il est clair
que la contrainte de cisaillement à développer est d'autant plus
élevée que a v est plus grand, pour atteindre un résultat donné
(Silver et Seed, 1971, B3). D'autre part, on peut noter que la plus
grande partie du tassement est obtenue dans les premiers cycles,
surtout aux fortes amplitudes des déformations (Silver et Seed, 1971,
B3).
Remarquons que si .les deux sollicitations (verticale et horizontale)
se combinent (Pyke et al., 1974, B3), les tassements individuels
s'ajoutent; les accélérations verticales paraissent même plus effi-
caces que lorsqu'elles sont isolées.
3.3.4.3 Tassement des sols saturés et insuffisamment drainés
Ces tassements sont d'autant plus importants que la densité relative
initiale est plus faible, et augmentent d'autant plus vite que la
valeur finale de la pression interstitielle se rapproche davantage de
celle qui correspond à la liquéfaction (Lee, 1974, B3). Ils sont
cependant moins importants que ceux qui sont induits par la liquéfac-
tion. On observera des tassements plus élevés si la dimension des
grains est grande: ils doublent quand on passe de 0,3 mn à 3 mn de
diamètre; la forme des grains intervient aussi.
On estime à 1% le tassement relatif qui peut avoir lieu dans les
sables fins à grossiers pour des raisons autres que leur liquéfaction
-33-
et 4 ou 5% par cette dernière; il s'agit ici des tassements de densi-
fication dans la zone compétente des dépôts, et non de ceux qui
peuvent se produire à proximité des pentes.
En définitive, quand le sol est complètement saturé et insuffisamment
drainé, les tassements qui peuvent se produire à la suite d'une solli-
citation alternée (ou d'un écoulement), résultent d'une liquéfaction;
c'est ce dont on parle au paragraphe suivant.
3.3.5 Liquéfaction des sols granulaires
3.3.5.1 Distinction sable-argile
La liquéfaction des sables a été introduite au paragraphe 3.3.3.2 et
va faire l'objet des paragraphes suivants. Elle est conséquente à une
surpression interstitielle (apport d'eau ou vibration) et dépend moins
des caractéristiques physiques intrinsèques du dépôt. La liquéfaction
des sols granulaires s'applique surtout aux sables uniformes; nous
apporterons quelques nuances en 3.3.5.5.
La différence fondamentale réside dans le fait que si la rupture d'un
sol granulaire survient par liquéfaction, ce phénomène tel que formulé
n'a jamais été observé pour une argile, à moins que des couches de
sable soient intercalées dans l'argile. C'est l'existence de la cohé-
sion entre les particules argileuses et son inexistence entre les
grains du dépôt granulaire, qui font toute la différence. Ces liens
de cohésion varient grandement d'un dépôt argileux à l'autre, ce qui
va rendre difficile l'étude du comportement de l'argile. Un bon
échantillon d'argile est difficile à prélever si l'on ne veut pas
détruire la cohésion; un bon échantillon de sable est encore plus
difficile à prélever puisque ce sable n'a pas de cohésion!
La liquéfaction d'une argile est donc un phénomène et un processus
complètement différent; elle est susceptible de se réaliser quand
34
l'argile a des propriétés physiques bien spécifiques. Il s'avère en
particulier que sa sensibilité doit être forte, que son indice de
liquidité doit être supérieur à 1,2 environ (ou résistance remaniée
inférieure a 1 kPa), en mime temps que sa limite liquide doit être
inférieure à 40% environ. Par ailleurs, le phénomène ne peut se
produire que si un évènement extérieur, c'est-à-dire une condition
d'instabilité (topographie, surpression interstitielle, surcharge,
etc.), a entraîné une première rupture, ou la création d'une surface
de frottement.
Pour plus d'information, nous renverrons le lecteur aux travaux réali-
sés ces dernières années au Québec, au service de la Géotechnique du
ministère de l'Energie et des Ressources (Lebuis et Rissmann, 1979,
B12), à l'Université Laval (Flon, 1982, 812) ou à l'Université de
Sherbrooke (Grondin, 1978, B12).
Il reste entre autre à savoir si _l'apport d'une certaine quantité
d'eau (eau provenant d'un écoulement extérieur et non de la teneur en
eau intrinsèque de l'argile), ne pourrait pas rendre cette argile
liquéfiable, même si elle n'était pas susceptible de la devenir.
Cette question devrait en particulier être étudiée pour le cas des
argiles varvées du nord-ouest. La liquéfaction des argiles varvées
sera abordée au paragraphe 4.5
3.3.5.2 Causes de la liquéfaction des sables
La liquéfaction se produit surtout dans les milieux saturés et insuf-
fisamment drainés. Elle peut résulter d'un apport d'eau, d'un trem-
blement de terre, de tirs de mine, du dépassement de la vitesse du son
par un avion, de vibrations provoquées par des machines ou engins de
chantier.
La liquéfaction découle de la variation de pression interstitielle.
L'augmentation de u provient elle-même du resserrement des grains
-35-
entrainés par l'effondrement de la structure sous l'effet du choc ou
de la circulation d'eau. Celle-ci est fonction de la vitesse d'appli-
cation de la charge et de la perméabilité du milieu: pour une mime
vitesse d'application d'une mime charge, un milieu fin peu perméable
sera plus vulnérable à l'effet d'un choc qu'un milieu ouvert et plus
grossier. Dans le cas d'un niveau aquifère emprisonné dans un milieu
imperméable (ça peut être le cas d'une couche silteuse dans un dépôt
d'argile varvée), la liquéfaction peut intervenir pour des vitesses
d'applications relativement lentes (exemple des remblais de stériles
miniers sur argile varvée du nord-ouest québécois).
3.3.5.3 Caractéristiques de la liquéfaction des sables
La liquéfaction initiale est conditionnée par plusieurs facteurs (Seed
et Peacock, 1971; De Alba et al. 1975). En ce qui concerne la solli-
citation, des paramètres comme l'amplitude de la contrainte de cisail-
lement appliquée, et le nombre de cycles appliqués, jouent un rôle
déterminant. En ce qui concerne le sol, la liquéfaction est fonction
de la pression verticale effective a'v et de l'histoire géologique du
milieu; interviennent donc les conditions de formation, l'âge,
l'histoire des chargements et déformations (Mori et al., 1977; Mulilis
et al., 1977). On est mime parvenu à mettre en évidence des effets de
vibrations antérieurement subis par le milieu (Seed et al., 1977), ce
qui pourrait être d'un intérêt primordial pour les exploitations
minières; les états de contraintes antérieures ont aussi été mesurées
à l'aide du coefficient de surconsolidation cs et donc du coeffi-
cient de pression des terres Ko= Q L , puisque une corrélation (Seed
et Peacock, 1971) existe entre ces d'eux paramètres.
Les manifestations ultérieures de la liquéfaction présentent quelques
différences, suivant que le milieu était initialement dans un état
liche ou serré, l'inversion du comportement se situant en général
autour d'une densité relative de 0,40 à 0,50: dans le premier cas
(état liche) la liquéfaction initiale se poursuit immédiatement par
- 36 -
une liquéfaction complète (Seed et Lee, 1966), alors que dans le
deuxième cas (état serré), une liquéfaction progressive se produit,
pendant l'augmentation de la pression interstitielle u, et après que
u=a ait été atteint. Dans ce cas, le milieu présente toujours une
résistance résiduelle à la déformation; les grains ont simplement
acquis une grande mobilité; certains auteurs appellent ce comportement
"mobilité sous efforts alternés" ("cyclic mobility") ou "liquéfaction
initiale à déformabilité limite" ("initial liquefaction with limited
strain potential"): ce sont en particulier Castro (1975) et Seed
(1975). On notera par ailleurs qu'un sol granulaire n'atteint pas des
déformations limites très élevées; ainsi par exemple, la valeur de 11%
apparaît comme la valeur limite de la déformation qu'il est possible
d'imposer à un sable de densité relative Dr = 0,80 (De Alba et al,
1975).
A la suite d'une liquéfaction, l'indice des vides diminue et un tasse-
ment s'en suit (paragraphe 3.3.4); une certaine quantité d'eau est
donc devenue excédentaire et se trouve chassée vers la surface, vers
une pente ou un point bas, en risquant de provoquer des désordres
(paragraphe 3.3.3.3). On peut ainsi voir apparaître en surface
des fissurations et des résurgences d'eau et de sable. Quand la
couche liquéfiée est située à 3 m de profondeur et plus, on a peu de
chance d'en déceler une manifestation en surface (Ishihara, 1977); au
delà de 15-20 m de profondeur (terrain plat), la liquéfaction a tout
simplement peu de chance de se produire. Dans le cas d'une mine à
ciel ouvert, une couche liquéfiée, simple lentille ou mince couche de
sable ou silt, peut provoquer l'instabilité et la translation d'une
formation susjacente plus ferme, pour peu qu'elle soit inclinée dans
le mauvais sens.
3.3.5.4 Evaluation des possibilités de liquéfaction
De nombreux auteurs se sont penchés sur les méthodes d'évaluation du
potentiel de liquéfaction d'un sol: Seed et Idriss (1971), Shannon et
-37-
al. (1972), Seed et al (1975), Seed (1976), Muromachi (1974), Chris-
tian et Swiger (1975), Youd et al. (1975), Ishihara et al. (1976),
Ishihara (1977), Ishihara et Ogawa (1978), Botea et Perlea (1979),
Filliat (1981).
A) Méthode générale
Contrainte de cisaill - ment
Zone de liquéfaction
(d'après Seed et Idriss, 1971)
Elle consiste d'une part à évaluer les contraintes de cisaillement
variables induites par la source vibratoire aux diverses profondeurs
(courbe A); d'autre part la résistance des dépôts à la liquéfaction
doit être déterminée en divers points (courbe B); les deux courbes
ainsi tracées délimitent une zone susceptible de se liquéfier plus
facilement. (d'après Seed et Idriss, 1971)
Les résistances au cisaillement du sol mesurées in situ sous sollici-
tation sismique, varient dans le temps: la réponse irrégulière enre-
gistrée, doit alors être convertit en un certain nombre de cycles
uniformes; il existe des techniques de pondération (Seed et al. 1975)
permettant d'obtenir une sollicitation équivalente définie par l'am-
plitude des cycles T eq et leur nombre neq. Cette réponse
correspond à une résistance mesurée en général en surface, et il
convient donc d'en déduire d'autres valeurs de résistance pour diffé-
rentes profondeurs: on utilise pour ce faire un programme de calcul
aux éléments finis (Idriss et Seed, 1968, Schnabel et al., 1972, Dobry
et al., 1976), qui tient compte de la topographie de la surface du
rocher (Seed et Idriss, 1967), de la non-linéarité des déformations,
de la masse spécifique P du milieu et du module G de la déformation
par glissement, des différentes couches de sol. On trace ainsi la
courbe A.
Au laboratoire, par un essai de cisaillement simple ou un essai de
chargement cyclique ou triaxial (Seed et Idriss, 1971) sous une
pression verticale effective donnée (donc pour une profondeur donnée),
on calcule la résistance à la liquéfaction, exprimée par la valeur de
la contrainte cyclique de cisaillement T H, susceptible de provoquer
la liquéfaction initiale sous un nombre de cycle donné nec' (De
Alba et al., 1975). Chaque essai permet de reporter un point de la
courbe B. On délimite ainsi la zone de liquéfaction. Ces auteurs
montrent par ailleurs que les risques de liquéfaction diminuent quand
la densité relative augmente, et que le nombre de cycles nécessaires
pour provoquer la liquéfaction, est d'autant plus grand que la solli-
citation est faible (voir aussi Prakash, 1981).
Ces résultats s'appliquent pour le cas général d'une surface topogra-
phique à peu près plane. Les contraintes de cisaillement cycliques
peuvent aussi être calculées au voisinage d'un talus ou d'un remblai,
par la solution analytique du cas unidimentionnel à l'aide d'un
programme d'éléments finis, à partir de données enregistrées en un
point précis; ce modèle peut tenir compte de l'effet des vibrations
horizontales et verticales (Ambraseys, 1960; Clough et Chopra, 1966;
Seed et Martin, 1966; Idriss et Seed, 1967; Filliat, 1981).
-39-
B) Méthode symplifiée
'~
~~ Moyenne
E~ .. .:.1
~`
f
Enveloppe
~0 2 ..1\6,"
.
~ ,
\\
`
~~\`~
a ~ ~\ ~\
\ \\,•.
~~ :~
`,\.\.\&\1 \\,,
0.6 0.8
1
0.2 04
Valeurs de rd
4
ne
Moyen
+1 écart type
yenne
1 écaljt-type,'
7 8 9
Magnitude
-40-
Pour éviter l'emploi d'un programme d'ordinateur, Seed et Idriss
(1971) et Seed et al. (1975) proposent une méthode simplifiée pour
déterminer l'amplitude équivalente T eq , et le nombre de cycle
équivalent neq, par la relation:
T eq = 0,65 T max = 0,65 (;(h/g) a max rd
ou Yest le poids spécifique, h la profondeur, g l'accélération de la
pesanteur, amax l'accélération maximum; rd est une fonction de
h rendant compte de la déformation au milieu, et donné par le premier
graphique de la page précédente; neq est obtenu par le deuxième
graphique, à partir de la magnitude.
C) Méthodes empiriques
Une méthode simple et facile d'emploi, consiste à utiliser une
corrélation qui existe entre la résistance à la pénétration SPT et le
risque de liquéfaction. En effet, la résistance à la pénétration est
conditionnée, tout comme la résistance à la liquéfaction, par la
densité relative Dr, et par la pression verticale effective Q'v.
Ces deux paramètres influencent de plus les deux résistances dans le
même sens, et on peut donc normaliser les obsevations et résultats par
rapport a G.
- 41 -
Liquéfaction
Q5 Wab I
Ÿ 0-4
O
~y e~
Ai
0.3 ~ 4-
4
g a2
LiÎquéfaLion
0.1
i pi-4 pro~ âblë
I I
10 20 30 4
N/100 kPa
d'après Seed, 1976 ou Seed, 1979).
On choisit la valeur o'y = 100 kPa pour cette normalisation; le
graphique obtenu, établi par Seed (1976), donne la contrainte de
cisaillement équivalente normalisée Teq/ o'v en fonction du
nombre de coups pour 30 cm normalisé N/ o'v, pour différentes
magnitudes M.
Cette relation s'avère d'une gande utilité dans le nord-ouest québé-
cois car la majorité des études géotechniques dans cette région
présente déjà un profil de SPT, qui peut donc être réutilisé facile-
ment et rapidement. On cherchera à situer dans le graphe précédent
les sols du nord-ouest susceptibles de se liquéfier, et à apprécier
s'il y a lieu ou non de procéder à une étude plus approfondie; les
matériaux de résidus miniers, utilisés dans la construction de digues
de retenues minières, pourront faire l'objet aussi de ce style
d'évaluation.
-42-
Il existe d'autres méthodes empiriques qui peuvent aussi donner des
indications du potentiel de liquéfaction; elles sont illustrées par
les figures suivantes:
Diamètre - mm
200 20 2 0.2 0.02 0.002
A: Enveloppe des sols liquéfiables
90 d'après les observations in situ.
w
70 B: Enveloppe des sols liquéfiables
m
d'après les essais en laboratoi-
50 ;O
pO re.
30 .Y2
• é
10 ae
sable sabie
f
9grossier n silts
Ce premier graphique montre l'influence de la granulométrie sur le
risque de liquéfaction (Shannon et al., 1972).
-43-
N - coups/ 30 cm
10 15 20 25
Pas de liquéfaction
E
~1
Liquéfaction
e 15 possible si l'intensit
o. vaut VII ou plus.
Liquéfaction possible si l'intensité
séismique (MSK) vaut VI ou plus.
3 IX
.F
Q Liquéfaction
—possible
;â VIII
N
2 Pas de liquéfaction
.Ç VII
w
0.5 0.6 0.7 0.6 0.9 1.0
Densité relative
Les deux figures ci-dessus (Botea et Perlea, 1979) donnent une estima-
tion très grossière de la susceptibilité à la liquéfaction. Ces
auteurs rapportent de plus que si la couche liquéfiable a une épais-
seur supérieure à 3 m, ou qu'elle est limitée par deux autres couches
44
imperméables, elle est effectivement susceptible de se liquéfier; par
contre, si son épaisseur est inférieure à 3 m et si une des couches
limites est perméable, elle n'a pas de chance de se liquéfier. Ces
auteurs évoquent enfin la possibilité d'évaluer le potentiel de liqué-
faction par des mesures nucléaires, par gamma-densimétrie ou neutro-
humidité.
Nous citerons en dernier lieu une méthode qui commence à être uti-
lisée, basée sur l'utilisation du pressiomètre auto-foreur (Hughes et
al., 1980, maîtrise M. Tremblay, Univ. Laval,. 1983) et une autre
méthode éventuelle basée sur le pénétromètre à cône (thèse Ph.D., P.R.
Filho, Univ. de Londres, 1979, B-12, et Can Geot. J. no 19(2), M. Roy
et al, 1982). On rapportera enfin le critère de liquéfaction qui peut
être établi à l'aide d'un essai de dynamitage in situ (Prakash, 1981).
si 5 kg d'explosifs sont dynamités à 4,5 m de profondeur, il n'y a pas
risque de liquéfaction si le tassement moyen de la surface du sol sur
un rayon de 5 m est inférieur à 8 ou 10 cm; si le tassement est plus
grand après 3 dynamitages, le risque de liquéfaction est plus grand.
3.3.5.5 Susceptibilité à la liquéfaction de différents sols
Rappelons que la liquéfaction est plus facile dans les sables liches
et fins que les sables denses sujets à liquéfaction partielle. Elle
se produit assez rarement dans les sables grossiers, car la grande
perméabilité du milieu permet à la pression interstitielle de revenir
rapidement à la valeur hydrostatique (Wong et al., 1975).
La granulométrie intervient grandement dans le phénomène (Shannon et
al. 1972): le danger est plus grand pour les sables à grains unifor-
mes que pour ceux à granulométrie étagée. Il est difficile de géné-
raliser au milieu à grains de dimensions variées, car la valeur de la
pression interstitielle qui provoque la liquéfaction est variable d'un
endroit à l'autre. Par ailleurs, les particules fines s'intercalent
entre les grosses particules, et la matrice ainsi constituée est plus
-45-
dense et plus résistante. Enfin, la présence de particules très fines
argileuses, a un effet bénéfique du fait de l'introduction du terme de
cohésion.
On citera en dernier lieu la remarque suivante (rapport sur le glisse-
ment d'Asbestos en 1975 par Golder et Ass.); Si un morceau de dépôt
granulaire est emporté dans un glissement, tout en restant compétent
et saturé, des surcontraintes locales et un effet de mélange avec
l'air (augmentation de l'indice des vides et formation de poches
d'air), peuvent provoquer la liquéfaction de ce sol.
3.3.6 Comportements spécifiques à certains dépôts meubles
3.3.6.1 Généralités
Nous nous demandons dans ce paragraphe si les différentes sortes de
sédiments énumérés en 3.2 et présents dans le nord-ouest québécois, ne
doivent pas faire l'objet d'une étude particulière à chacun d'entre
eux quant à leur comportement.
Les sédiments superficiels, éoliens ou autres, ont peu d'incidence sur
les problèmes miniers, car ils sont peu épais, superficiels, assez
bien triés; ils entrent de toute façon assez bien dans le cadre de
l'étude qui précède. Les sédiments lacustres sont surtout constitués
d'argiles varvées et sont analysés dans le détail au chapitre suivant.
Les sédiments fluvio-glaciaires sont des sables et graviers avec quel-
ques cailloux, d'une compacité pas très élevée, et peuvent encore être
traités avec les considérations des derniers paragraphes; on donnera
toutefois quelques précisions. Les sédiments morainiques sont des
tills de granulométrie très étendue, en général assez compacts dont
on doit spécifier certains aspects du comportement.
- 46 -
3.3.6.2 Comportement de sédiments fluvio-glaciaires
Ces matériaux sont en général relativement compressibles et peuvent
par conséquent induire des tassements notables. Comme ils sont
souvent déformés et remaniés, assez peu compacts et perméables, l'éro-
sion souterraine est active, par lavage en particulier. L'altération
de ces matériaux est alors assez facile, surtout quand ils sont fragi-
les (shales, shistes), qu'ils contiennent des argiles et silts ou des
minéraux instables (fer, magnésium). Il s'ensuit en définitive que
ces milieux présentent parfois une stabilité précaire, particuliè-
rement quand prévaut localement un pourcentage notable d'argile et
silt. Dans le cas contraire, la pente du dépôt peut s'approcher de
l'angle de talus naturel. Ces tassements et résistances de ces sols
dépendent donc éminemment de leur composition.
Par contre le lessivage d'une couche a plutôt tendance à provoquer la
cimentation avec des carbonates de la couche sous-jacente qui devient
alors plus stable.
De manière générale, on considérera que ces matériaux peuvent s'étu-
dier comme un matériau granulaire courant, et que les paragraphes
précédents s'appliquent donc le plus souvent.
3.3.6.3 Comportement de sédiments morainiques (tills)
Constitués .de matériaux très variés, de l'argile au bloc, les tills
sont en général assez compacts, massifs, non stratifiés, faiblement
poreux, et présentent donc une assez bonne stabilité et des faibles
tassements. Les tills "d'ablation", plus instables que les tills "de
fond", se distinguent de ces derniers par la forme des débris, selon
les stries glaciaires ou d'après leur granulométrie, ou tout
simplement parce qu'ils sont moins denses.
- 47 - ~lI1SA,..7-41ArS
C-p(s22_ cN .
La stabilité et résistance d'un till dépendent en particulier de sa
composition minéralogique et granulométrique, c'est-à-dire de sa roche
d'origine et de son mode de déposition; ses propriétés sont variables
d'un lieu à l'autre. tout en étant assez bonnes; sa fragilité est
aussi fonction de son degré de fracturation et fissuration souvent
assez important dans les tills, et préjudiciable en présence d'eau
pour sa stabilité.
Les propriétés physiques et mécaniques des tills du nord-ouest québé-
cois pourront être extraites (comme pour les sédiments fluvio-
glaciaires) des compilations de données, qui ont été rassemblées à
l'occasion de ce travail de synthèse. Par ailleurs, le lecteur pourra
consulter la bibliographie relative aux tills (B2).
Une analyse bibliographique sommaire révèle grossièrement que la
perméabilité des tills varie de l0-5 à l0-9 cm/s, que l'indice de
compression cc vaut 0,0044 f + 0,003, où f est la teneur en argile
du till, que le coefficient de consolidation cv est donné par
log cv = 1,50 - 0,35 f, que la densité varie de 19 à 25 kN/m3, que
la vitesse de propagation des ondes se situe à peu près entre 1600 et
2300 m/s. Un till comprend environ 15 à 20% de matériel silteux ou
argileux; les blocs dépassent assez rarement 0,5 m de diamètre. La
cohésion effective varie de 0 à 55 kPa et l'angle de frottement
interne de 25 à 45°. Des relations ont été obtenues par Milligan
(1976) entre la teneur en eau optimum (Proctor Standard) et la densité
sèche maximum ou l'angle de frottement effectif.
Précisons que ces propriétés sont des moyennes très partielles à uti-
liser avec précaution, qui ne tiennent par exemple pas compte de la
fracturation du till, et qui oublient qu'un dépôt de till est hétéro-
gène aussi bien verticalement qu'horizontalement.
Quand la proportion argileuse du till est assez forte, on l'appelle
souvent argile à blocaux, dont les propriétés dépendent de cette
teneur en argile. Des pentes raides peuvent être adoptées dans
l'argile à blocaux sableuse, car le remaniement ou une rupture avec
faible déplacement ne semble pas affecter sa résistance. Les argiles
à blocaux plastiques peuvent avoir un comportement différent, qui
devra être évalué lors de l'étude du site.
En pratique, la construction d'un remblai ou une excavation dans ce
genre de matériau, sera limitée par les déformations qu'on jugera
acceptables. En tout état de cause, ce serait la résistance non-
drainée qui contrôlerait la stabilité d'excavation temporaire, faite
avec des pentes supérieures à celles permises par la stabilité à long
terme, à moins que le matériau soit tris sableux et donc très sensible
à l'eau. Donc, pour une argile à blocaux sableuse, c'est la déforma-
tion qui est le facteur limitatif dans le design d'une pente, car ce
matériau n'est pas fragile lors d'un cisaillement non drainé ou par
tiellement drainé.
De toute façon, il est difficile de mener à bien une étude de stabi-
lité dans un till, en particulier quand il est fissuré. Une étude en
contrainte effective par exemple, ne serait peut-être pas économique
(car très complexe), par rapport au coat nécessaire à la réparation
des glissements de surface qui se produiraient. D'ailleurs, ces
ruptures sont souvent superficielles et causées par l'ouverture de
fissures orientées dans le sens de la pente, et par l'anti-
écrouissage du till le long de ces fissures.
Là encore, les problèmes de stabilité sont largement influencés par
les conditions d'eau.
Les phénomènes d'érosion sont aussi à la base des changements de mor-
phologie d'une pente de till. On dénombre plusieurs mécanismes
d'érosion: le cycle de séchage, mouillage, puis coulée, en est un, si
la teneur en eau du till est inférieure à sa limite de retrait; on
-49-
peut citer aussi les fissures de traction et le ravinement, et bien
six les ruptures successives.
Il ressort que la méthode de l'enveloppe de résistance (Janbu, 1977,
B5) soit parmi les meilleures, pour analyser la stabilité d'une pente
de till et surtout pour réanalyser les cas de rupture ou d'instabilité
évidente, afin de mieux définir les paramètres c' et y+'. Il est clair
en tout cas que la rupture des tills est un phénomène complexe, que la
solution unique n'existe pas, que le facteur géologique mineur revêt
une grande importance.
-50-
4. LES ARGILES VARVÉES
4.1 Revue bibliographique
La recherche bibliographique sur les argiles varvées a été présentée au
paragraphe 2.3.1. A part les études sur les argiles varvées de Steep Rock
Iron Mines un peu avant 1960 (Sutherland, 1959), une bonne compilation et
synthèse des propriétés des dépôts varvés ont été effectuées de 1960 à 1964
par Metcalf ou Townsend (1960, 1961, 1964); le lecteur peut ainsi avoir une
bonne idée de l'état des connaissances à ce moment là.
L'étude qui suit résulte de la synthèse des travaux de recherche plus
récents, surtout depuis 1975. Ii n'en reste pas moins que de nombreuses
références entre 1960 et 1975, figurent dans la bibliographie de ce rapport
et sont parfois citées dans le texte. Nous nous sonnes essentiellement
inspirés des travaux conduits à l'Université de Sherbrooke par Lefebvre
depuis 1975, mais aussi entre autres, des résultats de Kenney (1973-1976),
Lacasse et Ladd (1973-1977), Quigley (1979-1982).
Nous analyserons d'abord dans ce chapitre le mode de déposition de ces
argiles, qu'il est bien important de connaitre pour mieux saisir la portée
des caractéristiques de ces dépôts sur leur comportement. Les propriétés
générales des argiles varvées seront ensuite synthétisées. L'étude de deux
sites en particulier qui ont déjà fait l'objet de recherches particulières,
permettra de mieux faire le lien entre les propriétés des argiles varvées et
leur comportement sous sollicitation quelconque.
-51-
4.2 Mode de déposition
4.2.1 Chronologie des évènements
En 1925, Antevs mit clairement en évidence la présence du lac Barlow-
Ojibway résultant de la fonte des glaces qui se retiraient vers le
nord. De nombreux auteurs ont étudié les caractéristiques de ce lac
par la suite, mais c'est surtout Hughes en 1965 qui confirme et
précise la chronostratigraphie des dépôts varvés, puis Tremblay,
Kenney et surtout Hardy (1977).
Un vaste lac glaciaire a donc été formé par les eaux de mélange et les
eaux de fonte, dans les bassins, retenu par les moraines ou autres, ou
simplement par le relèvement isostatique de la croate terrestre da au
déchargement des glaciers, qui a par exemple relevé les terres en
bordure sud du lac Barlow-Ojibway. La profondeur maximum du lac était
d'environ 250 m.
Entre le début de la déposition des sédiments et le moment précis du
drainage du lac, il y a environ 8 000 ans, 250 à 300 années se sont
écoulées, au cours desquelles une épaisseur maximum de 30 à 70 m
d'argile varvée a été déposée dans le fond du lac; ces chiffres sont
des ordres de grandeur, puisqu'un décompte de varves a indiqué que
l'épisode glacio-lacustre a duré quelque 600 ans à Matagami et moins
de 10 ans à une dizaine de kilomètres à l'ouest de la moraine de
Sakami. Le niveau maximum du lac se situait probablement autour du
niveau 350 m.
Un examen visuel de cette argile lacustre montre une alternance régu-
lière de deux couches différentes: celle qui fut déposée en été, à
particules plus grossières, argile silteuse gris-clair; et celle qui
fut déposée en hiver, à particules plus fines, argile gris-foncé. Les
sédiments foncés (déposition hivernale) représentent en fait la quan-
tité de matériel qui est demeuré en suspension jusqu'à l'hiver. D'où
la dénomination de varvée attribuée aux argiles lacustres. Il existe
- 52 -
de grandes variations d'un endroit à l'autre dans l'épaisseur et la
composition des varves; nous tenterons toutefois de faire une descrip-
tion générale au paragraphe suivant.
La région - fut témoin par la suite de la réavancée d'un front glaciaire
venant du nord-ouest. Cette réavancée (cochrane) remania la partie
supérieure des dépôts d'argile varvée et laissa lors de son retrait
des dépôts d'argile silteuse souvent appelée argile cochrane, et qui
s'apparente parfois à une moraine, cette période serait en fait compo-
sée de trois phases successives (Hardy, 1976). Nous reviendrons sur
les propriétés particulières de ces dépôts en 4.2.2.4.
Plus tard, au fur et à mesure de la retraite des glaciers, les basses
terres de la Baie James furent envahies par les eaux de la mer de
Tyrell, par dessus les argiles varvées et les matériaux apportés par
la réavancée de cochrane. On estime que le niveau maximum de l'inva-
sion marine se situait autour de la cote 190 m, et qu'elle a pénétré
sur plus de 200 km à l'intérieur des terres (figure 2).
Antevs (1925) a proposé une vitesse de retrait des glaciers en
fonction de la formation d'une varve, soit 150 m/varve. Les argiles
varvées sont partout séparées des argiles marines, soit par l'argile
de Cochrane, soit plus au nord par un horizon de transition
correspondant à la vidange du lac et à l'incursion des eaux marines,
ce sont des silts argileux stratifiés et lacustres contenant des
cailloux arrondis surmontés de silts argileux calcaires et marins avec
du sable et gravier, d'une épaisseur totale de 20 à 40 cm.
4.2.2 Procédés sédimentologiques
4.2.2.1 Conditions de sédimentation
Les conditions qui régissaient la formation des varves dans le grand
lac glaciaire Barlow-Ojibway sont sans doute différentes de celles qui
s'appliquent de nos jours dans un lac actuel, à cette époque, les
-53-
précipitations de neige et pluie étaient plus abondantes, la fonte des
glaces plus importante, les courants plus forts. D'autre part, les
lacs glaciaires véhiculent beaucoup moins de particules organiques que
les lacs tempérés, et les eaux de fonte sont plus froides que les eaux
du lac lui-même, alors que c'est souvent le contraire dans le cas d'un
lac tempéré (les eaux apportées par les rivières peuvent être moins
froides que les eaux du lac).
La différence entre les dépositions lacustre et marine réside dans la
teneur en sel: en mer, la teneur en sel cause la floculation des sédi-
ments en suspension; les particules fines et grosses sont mélangées
pendant toute l'année de déposition et le dépôt est à peu près cons-
tant avec la profondeur. Ceci est une raison essentielle permettant
d'expliquer la déposition stratifiée des argiles lacustres.
Les conditions de formation d'une argile varvée se résument par les
points suivants.
- apport périodique de matériaux de différentes tailles;
sédimentation dans une eau à basse température;
- concentration basse en électrolytes (pour empêcher la floculation
avant déposition);
circulation des eaux.
Plusieurs auteurs ont discuté de l'importance de chacun de ces élé
ments et élaboré une théorie de la formation des varves: De Geer
(1910) Antevs (1925), Kuenen (1951), Ashley (1972); on trouvera un
résumé de ces différentes théories dans Lacasse et Ladd (1973). Même
si chacune d'entre-elles présente quelques particularités, on s'accor-
de maintenant pour dire qu'une varve ne peut être déposée en une seule
année par la seule pesanteur des sédiments dans l'eau, et qu'il existe
des "courants de densité" dans le fond du lac glaciaire, où la concen-
tration de sédiments en suspension est plus forte. La déposition
dépendra donc de la force du courant et du poids des sédiments, la
nature du sédiment, sa texture et ses structures vont donc réfléter la
-54-
proximité ou l'éloignement de la source qui se trouve en général au
niveau du front glaciaire.
On distinguera donc les varves distales déposées loin du front
glaciaire des varves proximales déposées près du front glaciaire; les
premières sont dominées par les couches foncées (déposition hivernale
plus forte) et les deuxièmes par les couches claires (déposition esti-
vale plus forte).
L'hypothèse de l'accumulation annuelle d'une varve se trouve confirmée
par les datations au carbone 14 (Flint, 1971). D'autre part, il
semble acquis aussi depuis Terasmea (1963), qui trouva davantage de
pollen dans la couche silteuse que dans la couche argileuse de la
varve, que celle-ci corresponde à un dépôt d'hiver et celle-là à un
dépôt d'été. Le pollen contenu dans les varves et apporté par le vent
et les eaux de ruissellement, est un moyen d'identifier les couches
types, dont l'âge peut donc être évalué au carbone 14.
4.2.2.2 Caractéristiques des courants de densité
L'écoulement plus turbulent des eaux au fond du lac, ou courants,
s'effectue par densité et gravité; c'est pourquoi les expressions
"courants de turbidité de densité ou de gravité", sont indifféremment
employées. On peut distinguer les courants situés près du front
glaciaire, de ceux qui sont éloignés du front glaciaire (ou de tout
autre source d'écoulement, toute embouchure de rivière. par exemple).
A) Prés du front glaciaire
Ces courants proviennent des rivières sous-glaciaires ou directement
de la fonte du glacier, en formant des deltas ou en côtoyant des
eskers (Banerjee, 1973) et débouche dans le lac avec une vitesse
probablement inférieure à 30 cm/s (Kenney, 1976).
-55-
Les plus gros sédiments restent tout près du glacier, en delta, là oü
débouche le courant, dépendamment de sa force et aussi de la topogra-
phie du fond du lac (Gustavson, 1975). La concentration de la matière
en suspension dans ces eaux qui entrent dans le lac glaciaire, est
sans doute éminemment variable; elle varie selon les auteurs, de 1 g/Q
(Church et Gilbert, 1977) et 1,9 g/k (Kuenen, 1951) jusqu'à 5 g/2
(Gustavson, 1975, Kenney, 1976) si l'on se trouve en été. Dans le lac
glaciaire, la concentration est inférieure et n'excède pas 0,5 g/R
selon Gustavson (1975), précisons qu'elle est plus forte près de
l'entrée des courants, au fond du lac plutôt qu'en surface, en été
plutôt qu'en hiver (ou à la fin de l'hiver).
En raison surtout de la différence de densité entre les eaux du lac et
celles du courant, l'écoulement dans le lac donne naissance en été, à
des courants de turbidité à haute densité dans le fond du lac, et à
des courants internes à moyenne densité, à des profondeurs intermé-
diaires. En hiver, il peut arriver que la concentration dans le lac
soit supérieure à celle du courant, entraînant la circulation d'un
courant de surface à basse densité; il est moins fort, moins chargé en
sédiments et dépose des particules argileuses, en constituant un lit
assez régulier et homogène. Le courant de turbidité agit sur des
grandes distances, allant et revenant, et dépose sable et silt; le lit
d'été ainsi déposé est plus irrégulier et hétérogène. L'action du
courant interne est plus continu, et la déposition qui en résulte
aussi.
B) Loin du front glaciaire
La déposition est alors fonction de la vitalité du courant. Nous
savons que sur l'épaisseur de l'écoulement, les sables se tiennent
dans le fond, les silts surtout dans la partie inférieure, et les
argiles sur toute l'épaisseur. La vitesse de l'écoulement pourrait
être donné par l'expression suivante (Kenney, 1976):
-56-
_ pz
h sin 8
PfP f
- 8g f '(1 + a)
où v = vitesse moyenne
g = accélération de la pesanteur
Pf = densité du courant
Pk = densité du lac
h = épaisseur du courant
B = angle du fond du lac
a = "résistance au cisaillement" entre les eaux
du courant et du lac - 0,4
f = coefficient de friction = 0,01
En définitive, la vélocité est fonction de la densité relative des
deux fluides, de l'épaisseur du courant et de la pente.
La superposition évoquée ci-dessus, des différents sédiments dans
l'épaisseur de l'écoulement, indique qu'ils ne sont pas mélangés lors
de la déposition au moment où le courant décélère. A faible vitesse
cependant, les fluides se diluent à l'interface courant-lac et les
particules fines peuvent encore être transportées plus loin. Dans le
cas des "courants internes", la capacité de transport devient moins
grande dès que la densité du courant égale celle du lac. Enfin les
"courants superficiels" dispersent les fines particules qui se
déposeront tranquillement durant la période d'hiver.
On comprend peu ailleurs que l'épaisseur des varves diminue loin du
glacier et que les courants à haute densité soient rares, si ce n'est
au printemps (dégel) ou lors de submersion marine.
-57-
4.2.2.3 Processus de sédimentation
Etant donné la forte teneur en eau de la strate la plus argileuse
d'une varve, il semble depuis Quigley et Ogunbadejo (1972), Ashley
(1972), Kenney (1976), Van Olphen (1976), qu'une floculation se pro-
duise dans cette couche au moment même de la déposition, qui soit
fonction de la densité des sédiments, des collisions inter-particules,
des forces d'attraction ou de répulsion de la particule, ces forces
sont en fait le potentiel Zeta du système sol-eau, c'est-à-dire la
charge de la particule mesurée relativement à la phase liquide. Tout
comme les argiles marines, les argiles lacustres se déposent donc
aléatoirement, selon la minéralogie et chimie des particules, selon la
concentration des sédiments en suspension et selon la composition
chimique de l'eau dans laquelle la déposition se fait.
En assumant qu'une varve représente une accumulation saisonnière, il
est possible d'estimer le taux de sédimentation en tenant compte que
le sol a consolidé depuis sa mise en place. On constate ainsi (Locat
et Lefebvre, 1979) que le taux maximum aurait été d'au moins 2 cm/an;
il est intéressant de le comparer au taux estimé pour des sédiments
marins, qui se situe vers 0,01 cm/an.
Les mêmes auteurs (Locat et Lefebvre, 1981) ont réalisé par la suite
une étude précise du taux de sédimentation sur un site particulier
(Matagami), mais les résultats peuvent sans doute se généraliser. Ils
donnent une méthode d'évaluation du taux de sédimentation, basée non
plus uniquement sur l'épaisseur des varves, mais sur le poids sec de
sédiments déposés dans une année, qui s'écrit;
Ys Ht
W où Ys= densité des solides
WY s +1
W = teneur en eau
H = hauteur totale de la varve
-58-
La méthode est précise s'il est possible d'évaluer correctement les
unités lithologiques et la période de mise en place, et peut s'adapter
à des conditions de non saturation. Elle montre en tout cas que le
poids sec des sédiments augmente avec la profondeur, et que le taux de
sédimentation semble diminuer entre le début et la fin de la phase
glacio-lacustre.
En résumé et de façon générale, le processus sédimentaire du fond du
lac, sur les bords en allant vers le centre du lac, distribue les
sédiments en formant une varve telle qu'illustrée par le shéma
suivant.
Variation de la dimension
des grains
Lits proximaux '
Lits distaux
Le dépot C est le dépôt hivernal, argile silteuse surtout, et recouvre
tout le fond du lac. Les dépôts A et B sont apportés par les courants
de densité. Le dépôt A résulte d'un courant plus vigoureux: les sédi-
ments sont plus gros, sable et silt avec un peu d'argile, plus homogè-
nes, et tapissent tout le fond du lac; l'épaisseur ainsi que la dimen-
sion des grains diminuent avec l'éloignement de la source. On en
déduit aussi que les couches claires d'été d'un dépôt d'argile varvée
qui continuait de se former même si la source (le glacier) s'éloi-
gnait, ont davantage de chances d'être épaisses en profondeur qu'en
surface. La couche B, silt argileux, est déposé par des courants de
-59-
densité plus faibles, courants de gravité plus stagnants dans le fond
du lac et en particulier dans les endroits plus horizontaux, ou
"courants internes", qui proviennent de la source aussi, mais ont pu
être transportés plus loin. Comme pour la couche C, la déposition de
B se fait selon la loi de Stokes, et la granulométrie est moins
uniforme que A, les grosses au bas de la couche et les fines en haut.
4.2.2.4 Phénomènes post-dépositionnels
Le géologue observe fréquemment in situ que les sédiments du lac
Barlow-Ojibway sont affectés par plusieurs types de déformations:
failles, plissements, structures d'effondrement, disparitions locales
de varves, présence de cailloux et concrétions locales de carbonates,
inclinaison des lits.
L'inclinaison possible des varves ne dépasse pas 10° en général; elle
est surtout due au réajustement isostatique après le retrait des
glaciers.
Vers la surface d'un dépôt, il est plus difficile voire impossible, de
faire la distinction entre les deux strates d'une varve; cet état de
fait est da soit tout simplement aux oscillations du plan d'eau du lac
Barlow-Ojibway, soit aux remaniements subséquents. Nous pensons en
particulier à la réavancée cochrane qui laboura la partie supérieure
du dépôt et en modifia les propriétés; nous en reparlons à la fin de
ce paragraphe.
On découvre parfois localement des poches de matériaux grossiers dans
les lits d'été : ils proviennent de la fonte de radeaux de glace flot-
tante sur le lac; par contre, ceux qui existent dans les lits d'hiver
sont difficiles à expliquer. Les micro-failles ou les plissements
peuvent être la conséquence de l'action de certains courants de
turbidité. Ceux-ci peuvent en effet détenir la force suffisante pour
faire ébouler ou affaisser un amas de sédiments dans une pente forte,
-60-
ou remanier et distordre les varves. Il est nécessaire dans ce cas
d'essayer d'identifier ces anomalies avant de faire des essais de
laboratoire. Les cours d'eau de fonte sous-glaciaire peuvent aussi
incorporer aux varves des matériaux d'esker, ou interrompre le rythme
de sédimentation, plisser les varves, les incliner ou former des
deltas.
La création, après les évènements glacio-lacustres, d'une couverture
de tourbe épaisse et humide dans les régions mal drainées, entretien
une altération superficielle du dépôt.
Toutes ces perturbations n'empêchent pas que les phénomènes physico-
chimiques se produisant dès que la sédimentation est effective, tels
que la thixotropie ou la cimentation, soient le point de départ de
formation de la structure de l'argile varvée. Par ailleurs, l'étude
du lessivage dans les sols varvées ne fait que commencer car peu
d'information est disponible sur le sujet.
La réavancée glaciaire cochrane, dans la partie nord-ouest, déposa des
matériaux granulaires, sable graviers et cailloux, qui se sont mélan-
gés avec l'argile lacustre remaniée. Peu de données géotechniques
sont disponibles à ce jour quant à cette formation. Il semble tout de
mème (D'Astous, 1982) que son épaisseur soit rarement supérieure à 5 m
et qu'elle comporte les caractéristiques suivantes: entre 28 et 68% de
silt, entre 20 et 75% d'argile, une teneur en eau comprise entre 15 et
50%, la limite liquide sensiblement identique, et un indice de plasti-
cité entre 3 et 21.
Un profil stratigraphique établit dans cette zone, montre clairement
(Hardy, 1976; Qui gl ey, 1982) la présence de deux séquences correspon-
dant aux réavancées cochrane I et II. Ces séquences sont constituées
de varves proximales (l'épaisseur de couche d'été est plus forte qu'à
d'autres profondeurs); la teneur en carbonate y est 2 à 3 fois plus
-61-
grande dans la couche d'hiver, et 4 à 10 fois plus grande dans la
couche d'été, témoignant que la farine de roche charriée par les
glaces du nord-ouest (glacier Hudson), provenait d'un substratum riche
en shales paléozoïques et en carbonates. La teneur en eau est plus
faible dans les couches cochranes, mais l'indice de liquidité semble à
peu près inchangé. Par contre (Quigley, 1982), les carbonates
semblent neutraliser la smectite, ce qui provoquerait une nette
diminution de l'activité relative (indice de plasticité sur la surface
spécifique): une faible teneur en eau va de pair avec une faible
activité et une forte teneur en carbonate; le contraire s'applique
donc plutôt aux varves distales minces. Il s'avère enfin que ce
serait la consolidation, succédant au remaniement de la séquence
glaiciaire, qui réduisit la teneur en eau des séquences cochranes.
4.3 Propriétés des argiles varvées
4.3.1 Généralités
De nombreuses données géotechniques existent pour le nord-ouest québé-
cois (voir appendice A); plusieurs auteurs en ont tiré des propriétés
générales, en particulier Eden (1955), Wu (1958), Metcalf et al.
(1960), Milligan et al. (1962), Lacasse et al. (1973), Kenney (1976).
De manière générale, la plupart des études ont été effectuées sur les
varves distales, pour lesquelles la différence entre la couche d'été
et d'hiver est la plus nette. On dispose sur ces argiles, de toute la
panoplie des propriétés géotechniques courantes.
Il s'avère en première analyse, que les propriétés physiques reflètent
bien la nature stratifiée du sol, alors que les propriétés mécaniques
pourraient s'apparenter à celles d'une argile marine normalement
consolidée. Il s'agit bien sûr de propriétés relatives à une partie
compétente de dépôt, et non à une ou quelques varves, et donc la
question de la représentativité des essais géotechniques se pose. La
-62-
question serait d'abord de savoir si le dépôt doit être considéré dans
son ensemble, ou si l'on doit tenir compte des propriétés mécaniques
particulières à chacune des deux strates de la varve.
Cette question s'applique pour les essais de laboratoire, mais aussi
pour les essais in situ. En effet, nous devons tenir compte dans
l'interprétation des résultats, de l'éventualité de fréquents
changements de facies dans le dépôt d'argile varvée. Ceux-ci sont dus
entre autres à l'action des glaciers et de courants de densité, aux
turbulences et effondrements, aux fluctuations •du niveau du lac, à
l'invasion marine, aux évolutions du réseau de drainage, et entrainent
la distorsion des varves.
La propriétés des argiles varvées seront souvent dans les paragraphes
qui suivent, comparées à celles des argiles marines.
4.3.2 Propriétés chimiques et minéralogiques
Nous savons d'ores et déjà que la salinité des varves est inférieure à
celle des dépôts marins; la concentration en sel reste en général
inférieure à 0,3 ou 0,5 g/L, si toutefois ces argiles lacustres n'ont
pas été recouvertes d'argiles marines; car dans ce cas, l'action du
lessivage dans ces dernières, se fait sentir au niveau inférieur, et
on trouve des concentrations de sels plus élevées, probablement
jusqu'à 5 ou 10 g/ Q. La teneur en sel est d'environ 0,32 g/Q à Mata-
garni et les analyses chimiques dans cette région dénotent une propor-
tion équivalente des cations K, Ca, Mg, Cu, Fe; la proportion de
sodium semble à peu près trois fois plus grande dans le cas des argi-
les marines. A Matagami, l'activité de surface des particules est
importante, avec une surface spécifique globale de 48 à 81 m2/g et une
capacité d'échange cationique de l'ordre de 40 m.e.q./100 g (Locat et
Lefebvre, 1981).
-63-
Le dépôt lacustre contient davantage d'argile, de 40% dans les couches
piles à 95% dans les couches foncées; 25% sont des minéraux phyllosi-
licatés, en particulier de l'illite et de la chlorite, avec un peu de
kaolinite et vermiculite. Il comprend aussi beaucoup de quartz et pla-
gioclases, feldspaths, calcite, carbonate et 10 ou 15% environ de
matériaux amorphes (silice, alumine fer).
Les argiles varvées ne renferment quasiment pas de matières organiques
et de fossiles, car les conditions de déposition, continuelle et à
basse température, n'ont pas permis le développement de la flore et de
la faune.
La présence de carbonates est variable d'une région à l'autre et
dépend de la provenance du glacier: celui d'Hudson qui venait du nord-
ouest, en apportait beaucoup sous forme de farine de roche, alors que
le glacier du Nouveau-Québec, qui venait du nord-est, traversait des
roches granitiques dépourvues de carbonate. Ainsi, on en trouve 1 à
3% à Matagami, sauf dans les séquences cochranes où il peut y en avoir
23%; il semble en exister davantage dans le sud, 12 à 14% à New Lis-
keard par exemple. Les carbonates se tiennent davantage dans les
couches plus silteuses, car c'est en été que l'acide carbonique en
solution dans l'eau, peut précipiter lors de l'abaissement de la
température (Burwash, 1938). Cette présence serait en partie respon-
sable d'une meilleure cohésion ou d'une certaine cimentation de l'ar-
gile (Lacasse et Ladd, 1973). On signalera par ailleurs que la couche
foncée plus argileuse, semble présenter une microstructure de type
floculée à l'état naturel (Ballivy, 1970).
Sangrey (1972) prétend que les minéraux amorphes sont à l'origine de
ce phénomène de cimentation. Ces minéraux (amphiboles, cristobalites,
pyroxènes, feldspaths, etc.), résultant de l'érodabilité des roches et
présents dans les argiles surtout, et dans les silts, s'altèrent suf-
fisamment vite d'après Sangrey, pour former. des minéraux argileux
(chlorite, vermiculite) et divers oxydes (Fe, Al, Mn). Ces oxydes
-64-
seraient les agents de cimentation des particules entre-elles, ce qui
augmenterait la résistance en compression. Ce serait en particulier
la cristobalite qui accélère le processus. La question de la cimen-
tation préoccupe encore les spécialistes.
Il n'en reste pas moins que la composition minéralogique ressemble à
celle des argiles marines, si ce n'est la teneur en carbonates qui est
plus faible pour ces dernières, si ce n'est la teneur en minéraux
argileux et en minéraux amorphes qui est souvent plus forte pour les
argiles lacustres. Ces deux dernières caractéristiques laissent
présager pour les argiles varvées une meilleure stabilité et une plus
faible sensibilité.
De manière générale, le profil géochimique du dépôt aide à vérifier la
présence de couches distinctes.
4.3.3 Propriétés physiques
L'énumération des caractéristiques physiques d'un sol inclut plusieurs
aspects: la dimension des particules, leurs formes et arrangements,
leur poids, la densité, la teneur en eau, les limites et les indices.
On a déjà parlé un peu des premières et ce sont les dernières qui nous
intéressent dans ce paragraphe.
Rappelons qu'une varve a une épaisseur de quelques millimètres à 1 ou
2 ou 3 cm, mais qu'elle peut atteindre le mètre, gràce en particulier
au dépôt d'été.
Comme pour les argiles marines, la taille des particules est infé-
rieure à 60 u, et souvent à 2U u : elles proviennent en effet des mimes
procédés d'érosion sur les mêmes tills et roches, par les mimes gla-
ciers. La densité des sols varvés (ou marins) varie grosso modo de
2 72 à 2,77.
-65-
La teneur en eau de la couche foncée argileuse (dépôt d'hiver) se
situe entre 60 et 100%, tandis que celle de la couche claire silteuse
(dépôt d'été) est de 20 à 60%. La moyenne est peut-être de 50 à 70%,
dépendamment de la profondeur de la varve considérée. Il semblerait
en effet que si la teneur en eau de la couche foncée ne change guère
tout au long du profil, celle de la couche claire augmente de la base
au sommet du dépôt.
Les variations de teneur en eau sont reliées à l'équilibre des
pressions intergranulaires et à la porosité (quantité de sédiments par
unité de volume); c'est pourquoi le passage sans doute plus rapide de
la déposition hivernale à la déposition estivale, par rapport au sens
inverse expliquerait la variation plus abrupte de la teneur en eau,
quand on passe d'une couche foncée à la couche pàle qui s'est déposée
après (Kenney, 1976); par contre elle augmente plus progressivement
quand on passe de la couche claire à la couche foncée susjacente (de
même que la granulométrie diminue).
La limite liquide des argiles varvées est assez voisine de la teneur
en eau tout en lui étant parfois un peu supérieure, pour la varve
entière aussi bien que pour chacune des couches. La limite plastique
varie entre les valeurs suivantes: 25 à 35 pour la couche argileuse,
15 à 25 pour la couche silteuse, avec une valeur moyenne entre 25 et
30.
L'indice de liquidité est rarement supérieur à 1,5 et le plus souvent
il reste inférieur à 1,0, tout en restant supérieur à 0,8 pour la
couche foncée et à 0,5 pour la couche claire. On a toutefois trouvé
des valeurs extrêmes de 0,1 et 1,6 pour la couche la plus silteuse
La plasticité est donc plus faible pour les régions à forte couche
silteuse (varves proximales). Etant donné les limites évoquées ci-
dessus on trouvera un indice de plasticité très variable; sa valeur
sera dominée par celle de la couche argileuse foncée; elle peut être
-66-
comprise entre 10 et 45% pour le cas des varves distales la plasti-
cité est assez forte et peut attindre une moyenne de 40%. L'activité,
ou rapport de l'indice de plasticité sur le pourcentage de particules
inférieures à 2 U, varie grosso modo de 0,3 à 0,5 pour la couche
claire, de 0,5 à 0,7 pour la couche foncée.
4.3.4 Perméabilité
4.3.4.1 Généralités
La nature stratifiée des argiles varvées leur confère des caractéris-
tiques de perméabilité particulières qu'il est bon de souligner. Ce
sont surtout Chan et (ou) Kenney (1973, 76, 77) qui les ont étudiées.
La perméabilité d'un dépôt ou capacité du sol à empêcher un écoule-
ment, se traduit par des coefficients: kh (cm/s) perméabilité
horizontale, kv (cm/s) perméabilité verticale, et rk rapport de la
perméabilité parallèle aux couches (kh), sur la perméabilité
perpendiculaire (kv ). On distinguera les perméabilités mesurées au
laboratoire et in situ. Les premières se déterminent en faisant
pivoter l'échantillon dans sa cellule d'essai, et les secondes sont
calculées par approximations successives, en comparant les pressions
interstitielles calculées et mesurées. Ces pressions peuvent être
calculées par éléments finis par exemple, en supposant que le sol et
sa perméabilité sont uniformément anisotrope, que la loi de Darcy est
vraie et que les conditions d'infiltration sont régulières. Les
pressions mesurées sont celles données par des piézomètres installés
un peu partout dans le terrain à l'étude.
La perméabilité horizontale des sols varvés est supérieure à la per-
méabilité verticale, et c'est d'autant plus vrai pour les argiles
varvées qui ont une couche claire silteuse plus épaisse que la couche
foncée argileuse. Le rapport d'anisotropie de perméabilité, rk est
donc toujours supérieur à 1; sa valeur minimum, associée au passage
-67-
graduel du silt à l'argile, vaut 2 ou 3 d'après Kenney (1976); sa
valeur maximum correspondant à une limite bien marquée entre le silt
et l'argile, serait égale au tiers du rapport des perméabilités
horizontales du silt sur l'argile.
Ainsi le rapport rk peut varier de 1 à 10 et dépend en définitive de
l'écart de perméabilité entre les deux constituants de la varve, mais
aussi du changement de facies à l'intérieur mime de la varve. Dans le
cas de varves proximales où l'influence de la couche silteuse, voire
sableuse et parfois graveleuse, est primordiale, la valeur de rk
pourrait s'élever jusqu'à 300 par exemple. Par contre, les varves
distales plus minces afficheront un rk inférieur à 5. Il est assez
fréquent d'aboutir à la valeur moyenne rk = 3, mais les mesures ne
sont pas assez nombreuses pour certifier ce chiffre.
La perméabilité dans la croate superficielle peut être bien différente
et très hétérogène; elle est donc encore plus difficile à mesurer,
d'autant plus qu'elle dépend de la présence des fissures qui contrô-
lent l'écoulement.
4.3.4.2 Mesures au laboratoire
Ues travaux de recherche sur la perméabilité des argiles varvées en
laboratoire, ont été menés par Chan et Kenney (1973) pour la région de
New Liskeard et par la SEBJ (1978) pour la région de Matagami.
D'autres travaux devraient être entrepris prochainement à l'Luniver-
sité Laval de Québec.
A) New Liskeard
Les varves de la première région à l'étude sont distales, stratifiées
régulièrement, épaisses, et l'écart de granulométrie entre les couches
claire et foncée n'est pas très large. Les essais sont réalisés sur
un groupe de varves ou sur chaque strate constituant la varve.
-68-
On taille un échantillon cubique de 6,4 cm de côté, de façon à ce que
plusieurs varves soient incluses dans le processus de mesure. On le
consolide en général à la pression des terres, puis on le soumet à un
écoulement de gradient i = 10; on attend alors que le débit de sortie
soit égal au débit d'entrée et il suffit de mesurer la vitesse pour
obtenir le coefficient de perméabilité k = v/i. Les mesures sont
effectuées dans les deux directions, en faisant pivoter l'échantillon,
ou plutôt en en prenant un identique.
On détermine l'influence du remaniement des faces coupées de l'échan-
tillon en faisant un autre essai, après l'avoir recoupé plusieurs
fois perpendiculairement à la direction de l'écoulement. En reconso-
lidant, l'indice des vides diminue et on constate en effet que la
perméabilité est réduite de 1 à 1,5% par coupure additionnelle. Pour
un échantillon original qui a donc deux surfaces, la mesure de k doit
être réduite de 2 ou 3%.
En définitive, Chan et Kenney (1973) trouvent rk 2 pour les couches
minces (environ 1 cm) et rk = 3 ou 4 pour les couches épaisses
(environ 4 cm). Les auteurs remarquent de plus que le gradient
hydraulique imposé ne semble pas affecter les résultats, tout au moins
dans les limites de validité de la loi de Darcy (0,1 i 50). D'autre
part, les différentes consolidations utilisées semblent avoir relati-
vement peu d'influence sur le rapport .rk, ce qui nous porterait à
croire que le rk trouvé au laboratoire, doit ressembler à celui du
terrain, et qu'il varie moins si la strate est épaisse.
Une étude de perméabilité sur chaque constituant de la varve confirme
(Chan et Kenney, 1973) que rk est le plus souvent inférieur à 5.
Les considérations énumérées ci-après paraissent logiques:
- la perméabilité verticale kv de la varve équivaut à la somme des
différents kv de tous les constituants de la varve; ce calcul peut
se faire par une formule appropriée (Chan et Kenney, 1973);
-69-
- cette perméabilité k v de la varve entière est un peu supérieure à
celle de la couche d'argile et de transition, mais elle est grande-
ment inférieure à celle de la couche de silt;
- il n'est pas possible de déterminer la perméabilité horizontale
d'un seul constituant car l'échantillon est toujours trop mince pour
faire un essai; on peut cependant la calculer à l'aide d'équations
appropriées, à partir du rapport rk de la varve et des kv de
chaque constituant, moyennant quelques assomptions (Chan et Kenney
1973 ;
- La perméabilité horizontale de la varve entière sera un peu infé-
rieure à celle de la couche claiee.
B) Matagami
Nous n'avons pu rassembler beaucoup d'information sur la perméabilité
des argiles d'Olga près de Matagami. D'après la SEBJ (1978), le
coefficient de perméabilité varie de 0,6 à 1,5 x 10-7 cm/s à une
profondeur de 3,8 m, et de 1,2 à 2,1 x 10-7 cm/s à 7 m de profondeur.
D'après Jean (1982); le rapport d'anisotropie de perméabilité vaut
1,2 (à 7,5 m de profondeur), avec un coefficient vertical de
2,3 x 10-4) cm/s.
4.3.4.3 Mesures in situ
Le lecteur pourra se reporter à Kenney et Chan (1973). Il s'agit de
calculer par approximations successives, la valeur du rapport de
perméabilité qui conduisait à la distribution des pressions intersti-
tielles, mesurées par les piézomètres.
De manière générale il semble que l'on puisse établir aussi que
rk 5, tout au moins dans le cas de varves distales. On vérifie
aussi que le rk des varves proximales est plus élevé, et que les
-70-
couches minces présentent un rapport de perméabilité plus faible (1 ou
2) que les couches épaisses (2 à 5).
Rappelons tout de mime que ces résultats s'appliquent pour un talus
d'argile varvée à caractéristiques régulières en épaisseur et en com-
position. Il faut donc savoir que rk pourrait facilement augmenter
de valeur, pour d'autres sols varvés et d'autres conditions locales,
en tout cas pour les varves proximales. Par contre, la présence de
discontinuités survenues par exemple lors de la déposition, a tendance
à faire décroître le rapport rk. La régularité de la stratigraphie
est évaluée par corrélation entre les différents forages, en examinant
la séquence des varves, par radiographie en particulier.
D'autres mesures in situ à partir d'un perméamètre autoforeur,
devraient pouvoir être réalisées sous peu, suite aux résultats de M
.Tremblay (M.Sc., Université Laval, 1983).
4.3.4.4 Conséquences de l'anisotropie de perméabilité
Ces conséquences peuvent concerner les trois points suivants: l'écou-
lement, les pressions interstitielles, le taux de consolidation et les
pressions interstitielles développées pendant la consolidation.
Il est clair qu'on peut s'attendre normalement à une augmentation de
l'écoulement avec le rapport de perméabilité. Cependant, la granulo-
métrie des argiles varvées est très fine; la perméabilité reste faible
de toute façon et l'écoulement aussi. On comprend quand même que la
présence d'une strate plus sableuse, d'un profil à varves proximales
par exemple, puisse donner naissance à un écoulement horizontal.
Les pressions interstitielles pourraient aussi être affectées par un
changement de perméabilité. Il s'avère pourtant (Kenney, 1976) qu'une
variation du rapport rk de 1 à 10 n'entraine pas une modification
importante de la pression interstitielle, comparativement à
-71-
l'influence d'autres facteurs comme la topographie, la tête d'eau, la
variation de facies du sol.
De manière générale, on admet qu'une augmentation du degré d'anisotro-
pie fait croître le taux de consolidation, en permettant un déplace-
ment latéral de l'eau et un réarrangement des grains, et donc une
possible amélioration de la stabilité. Dans le cas d'une pente cepen-
dant, il est bon de savoir que les contraintes au pied de la pente
sont augmentées si la perméabilité horizontale est supérieure à la
perméabilité verticale.
Il existe cependant un cas défavorable important, quant à l'effet de
rk sur la stabilité d'un remblai sur un sol compressible varvé
(Kenney, 1976). La construction d'un remblai de résidus miniers
provoque en effet des supressions interstitielles à une profondeur z.
La perméabilité latérale aura tendance à faire fluer l'eau dans la
fondation, plus ou moins fortement selon le rapport rk, du centre
vers les pieds du remblai; ceci fera augmenter la pression intersti-
tielle juste sous les pieds du remblai, en affectant donc la stabi-
lité, ne serait-ce que temporairement. Ainsi, lorsque rk est faible
(environ 3 par exemple), la surpression interstitielle u causée sous
les pieds est compensée par la dissipation générale de u sous le
remblai, due aussi au drainage vertical; par contre, si rk est élevé
(environ 20), de fortes surpressions u peuvent s'amasser sous les
pieds et provoquer un danger momentané d'instabilité, surtout
d'ailleurs quand les varves sont minces.
En définitive, les conséquences de l'anisotropie de perméabilité sont
difficiles à prévoir, étant donné que la perméabilité calculée n'est
pas forcément représentative du milieu, que cette anisotropie existe
quasiment pour chaque couche prise une à une, et qu'une couche peut ne
pas être continue. Rowe (1964) montre que le taux de consolidation
d'une argile stratifiée peut varier énormément par la présence d'une
couche drainante non identifiée lors de l'investigation; or un essai
- 72 -
de perméabilité ne tient pas compte d'une telle couche et suppose la
stratification du sol régulière.
Saxena et al. (1978) prétend que la présence de couches très perméa-
bles dans un dépôt d'argile varvée est assez fréquente, et qu'elle
conduit à des valeurs de perméabilité in situ beaucoup plus fortes que
celles mesurées au laboratoire. On conviendra donc qu'il est
nécessaire de rassembler davantage d'informations sur le sujet.
4.3.5 Propriétés mécaniques
4.3.5.1 Résistance au cisaillement
La résistance au cisaillement des argiles varvées dépend en grande
partie de la couche argileuse foncée; dans l'ensemble, on peut classer
plutôt cette formation dans la catégorie des sols à résistance méca-
nique relativement faible. C'est pour cette raison que les remblais
sont en général construits par étape.
Etant donné la nature stratifiée des argiles varvées, leur résistance
au cisaillement est anisotrope (Carlsen, 1972) et la résistance non
drainée Cu est donc difficile à mesurer. L'anisotropie de résistance
a pourtant été déterminée sur les argiles varvées de Matagami (SEBJ,
1978) à partir d'essais de compression ou striction triaxiale et de
cisaillement simple. Cette anisotropie est caractérisée par le
rapport de la résistance au cisaillement non drainé horizontale
(essais de cisaillement simple) sur la verticale (essai triaxial).
Elle comprend deux types:
L'anisotropie intrinsèque se rapportant à la structure de l'argile
aux niveaux microscopique (orientation des particules) et macrosco-
pique (stratification). Cette anisotropie a été engendrée par la
sédimentation; en outre, certains autres facteurs tels la variation
-73-
des contraintes dans le temps, le vieillissement et la cimentation
peuvent aussi avoir contribué à cette anisotropie.
L'anisotropie induite par les containtes appliquées sur l'argile, un
remblai par exemple, ou le déviateur sur l'échantillon. Elle n'est
pas seulement fonction de l'inclinaison du plan de rupture, comme la
notion d'anisotropie intrinsèque le laisse supposer, mais dépend
également de la direction dans laquelle se produisent les augmen-
tations de contraintes, par rapport aux contraintes initiales sous
lesquelles l'argile a été consolidée.
En pratique, il n'est pas nécessaire de dissocier ces deux types
d'anisotropie, car les essais de laboratoire permettent de reproduire
d'une part l'orientation du plan de rupture, et d'autre part l'orien-
tation des contraintes principales prévues sous le futur remblai.
Les prédictions de comportement basées sur Cu consistent jusqu'à
présent à considérer le sol varvé comme un sol homogène, sa résistance
est alors grossièrement prise égale à celle de l'argile foncée. En
l'absence de méthode plus performante, on admet que cette approche est
conservatrice mais qu'elle fonctionne à peu près correctement.
Nous présenterons les valeurs moyennes suivantes, résumées par Kenney
(1976):
Cu/a'vo (couche foncée) = 0,25
Cu/a'va (couche claire) = 0,45
Cu/a'vo (varve) = 0,30
Ces valeurs sont conformes à l'expérience accumulée pour les argiles
en général; on peut les relier à l'indice de liquidité ou de plasti-
cité et la figure ci-dessous montre comment se situe la résistance au
cisaillement non drainé des argiles lacustres par rapport aux argiles
marines (Kenney, 1976).
0.6 -
~eire Argile homogène
b P~~~\e Argiles varvées
canadiennes
0.4-
Argile marine "jeu"
0.2-
Argile lessivée
,
20 40 60 BO too
IP
En faisant le rapport de la résistance intacte sur la résistance
remaniée, on constate que la sensibilité des argiles varvées est en
général bien inférieure à celle des argiles marines: une sensibilité
de 12 ou 15 est en effet rarement dépassée.
Les essais de laboratoire effectués très lentement pour que la
pression interstitielle puisse de dissiper, semblent montrer que la
résistance de la varve est quasiment égale à celle de la couche
argileuse. On conçoit tout de même que la résistance le long d'une
surface parallèle à la stratification est plutôt faible (c'est celle
de la couche foncée); par contre, la résistance le long d'une surface
perpendiculaire à la stratification est plus élevée, car c'est la
demi-somme de la résistance des deux couches, celle de la couche sil-
teuse étant plus forte; elle n'augmente en fait que de 10 à 15% par
rapport à la résistance horizontale, en tout cas pour les faibles taux
-75-
de déformation on a pourtant couramment relevé 30% d'augmentation
pour les argiles de Matagami (SEBJ, 1978). Kenney (1976) donne une
moyenne d'angle de frottement supérieure à 30° dans la couche pile
silteuse et inférieure à 25` dans la couche foncée argileuse notons
que cette différence est un peu plus grande quand le sol est norma-
lement consolidé Les paramètres de résistance effective de l'argile
varvée du site d'Olga (Matagami) varient de 0 à 10 kPa pour C' et 27°
à 38° pour 4)' (SEBJ, 1978).
Le long d'une grande surface de glissement, où la résistance inter-
vient donc aussi bien le long des strates que perpendiculairement, il
semble que la résistance moyenne n'est pas beaucoup plus grande que
celle de la couche foncée et vaut grosso modo en termes d'angle de
frottement (Kenney, 1976).
(arg.)+ 1/5 [ (1)' (silt) - (1)' (arg.) ]
En l'absence de données claires de mesures in situ. le concepteur
pourra faire un calcul de stabilité en tenant compte de l'influence un
peu renforçante de la couche de silt, en augmentant par exemple le 4)'
de la couche argileuse de 2° environ. Le lecteur trouvera un cas
concret de détermination de la résistance au cisaillement moyenne dans
un dépôt d'argile varvée à New Liskeard, dans Kenney et Chan (1977).
Plus précisément, on sait depuis Kenney (1976)., que le comportement
de la couche silteuse claire est identique à celui de la couche argi-
leuse foncée sous faible contrainte, quand l'état limite du matériau
n'est pas atteint ou quand la structure n'est pas détruite. Ainsi par
exemple, un essai de cisaillement non drainé montre une croissance
simultanée jusqu'au pic de résistance, puis celle de la couche silteu-
se est plus forte que l'autre, au deli d'une déformation relative de
5% environ. Nous préciserons dès maintenant que l'argile varvée offre
une bonne résistance à la déformation aux faibles pressions, mais elle
chute presque complètement au passage de a'p. Après que o'p soit
-76-
largement dépassé, la résistance au cisaillement réaugmente
linéairement en fonction des contraintes effectives (voir 4.4.2.3).
Le taux de déformation influence aussi la résistance au cisaillement
non drainé, dans le mime sens de variation, et beaucoup plus fortement
sur l'argile structurée que sur l'argile destructurée (voir 4.4.2.2).
Nous mettrons enfin l'accent sur le rôle que joue la pression inter
stitielle u. En temps normal, cette pression est voisine pour les
deux couches ou légèrement supérieure dans la couche foncée. Au fur
et à mesure que la sollicitation augmente, dans l'essai de laboratoire
à volume constant, mais sans doute aussi dans les conditions naturel-
les, une migration locale d'eau s'instaure de la couche d'argile vers
la couche de silt; l'argile a donc •plutôt tendance à consolider et le
silt à gonfler. Nous reviendrons sur ce phénomène en 4:4.2.3. La
pression interstitielle moyenne û est régie par l'équation (Kenney,
1976):
— uf+ up
u =
1 + a
où les indices f et p sont relatifs aux couches foncée et pâle respec-
tivement; est un paramètre qui dépend du coefficient de comprssibi-
lité de l'argile mf et du coefficient d'extensibilité du silt mp,
et vaut:
a - mP hp
mf hf
où h p et hf sont les épaisseurs de chaque couche.
En général, mp/mf <0,1 dans les conditions usuelles et si
h p = hf, la pression u est voisine de uf. Si la sollicitation
est élevée, la pression uf peut devenir bien supérieure à u p, et
u augmente.
-77-
En définitive, l'anisotropie de résistance dépend de la différence
entre les couches pâles et foncées, c'est-à-dire de leur chemin de
contraintes et histoire géologique, de la direction du cisaillement,
de leur taux de déformation et de la pression instertitielle moyenne.
On peut noter aussi que la couche de silt n'ajoute pas la résistance
escomptée au dépôt varvé, bien que le contraire peut parfois se réa
liser; en effet, certaines strates de silt ou de sable fin, lâche,
uniforme, peuvent présenter des faibles caractéristiques ou subir des
grandes déformations de l'ordre de 15%; cette couche devient alors
suffisamment faible pour que du cisaillement non drainé s'y produise,
avec des conséquences préjudiciables.
Nous rappellerons par ailleurs que la résistance au cisaillement de la
croûte, c'est-à-dire grossièrement des deux premiers mètres du dépôt,
est très difficile à déterminer et très variable; elle peut être lar-
gement supérieure à la résistance d'un point de la partie compétente
du dépôt (qui pourrait être comprise entre 20 et 60 kPa); elle peut
aussi être inférieure, par exemple dans la partie supérieure de la
croûte, directement sous la tourbe de surface, dans une zone à priori
mal drainée.
D'autre part, la résistance d'un dépôt d'argile varvée s'accroit
souvent en profondeur, où le pourcentage de couches plus silteuses
voire sableuses augmente.
Nous signalerons en dernier lieu qu'il existe de nombreuses méthodes
de détermination de la résistance au cisaillement, entre autres celle
de Bjerrum (et son facteur correctif u ), la méthode Shansep et les
méthodes classiques (scissomètre). Etant donné toutes leurs imper
fections, nous admettrons avec Trak et al. (1980) qu'une méthode
simple est celle qui est basée sur la détermination de la pression
préconsolidation a'p , par la relation Cu = 0,22 a'p ; ces auteurs
ont vérifié que cette méthode s'applique aussi bien que les autres,
pour les argiles varvées de New Liskeard et de Inatagami, sauf pour les
-78-
croûtes où la méthode de Bjerrum semble plus performante. Un profil
scissométrique est cependant moins long à établir qu'un profil oedomé-
trique; la méthode de Bjerrum devient alors plus avantageuse, en
admettant que le facteur de correction u est appliqué convenablement:
Dascal et al. (1972) tient compte que la plasticité varie grandement
d'une couche à l'autre dans l'argile varvée, et applique le facteur u
couche par couche; La Rochelle et al. (1974) utilise une moyenne de
Ip pour toute la masse argileuse. En définitive, la pertinence d'une
méthode par rapport à une autre réside dans la façon de mesurer a'p,
ou Cu, dans un pays ou dans un autre, par un opérateur ou un autre.
De toute façon, il est clair que l'anisotropie de résistance des argi-
les varvées doit continuer d'être étudiée au laboratoire, en termes de
cisaillement simple direct et de résistance en compression et exten-
sion triaxiales.
4.3.5.2 Compressibilité
Si l'indice des vides de la couche argileuse est environ e = 3,0 et si
celui de la couche silteuse est e = 1,5, on comprend que leurs carac-
téristiques de compressibilité sont différentes, celles de la varve
entière aussi, et que ces valeurs sont difficiles à déterminer par
l'essai oedométrique.
Sous l'effet d'une consolidation, les couches foncées tassent beaucoup
plus que les couches claires; la forte teneur en eau naturelle de la
couche argileuse diminue, tandis que celle de la couche silteuse
aurait plutôt tendance à augmenter. Pour prédire les tassements, la
meilleure méthode est encore à notre connaissance de déterminer un
profil moyen de teneur en eau 'et d'indice de vides, et de considérer
le dépôt homogène (Lefebvre et al., 1979).
Les zones envahies par la réavancée cochrane ont été assez fortement
préconsolidées par les glaciers. Les autres parties du nord-ouest
-79-
québécois présentent une quasi préconsolidation due à la compression
secondaire; sa mesure en laboratoire est donc probablement majorée par
rapport à la réalité, en raison par exemple de la vitesse de défor-
mation plus forte des essais de laboratoire
Les argiles varvées sont donc le plus souvent normalement consolidées
géologiquement ou légèrement surconsolidées; cette surconsolidation
apparente varie d'après Ballivy (197U) dans le même sens que la teneur
en constituants amorphes, et selon la position de l'échantillon par
rapport à la surface de la nappe phréatique; elle vaut en moyenne 25
ou 30 kPa sous la nappe et 100 kPa ou plus, au-dessus de la nappe ou
dans les couches oxydées, dans la région de Matagami. Comme pour
l'argile Champlain, celle du lac Barlow-Ojibway présente les proprié-
tés d'une argile cimentée: elle est faiblement compressible tant que
a'p n'est pas atteint, mais elle est fortement compressible sous des
pressions supérieures à a'p. L'argile varvée semble tout de mime
davantage rigide mais plus fragile qu'une autre. L'argile remaniée se
comporte par contre comme une argile non cimentée•
Les caractéristiques de compressibilité sont les suivantes:
- faible indice de recompression: Cr = 0,01 à 0,03
- faible rapport de surconsolidation: OCR = a'pa'vo 2 ou 3
- fort indice de compression: Cc = 1 3 à 5,8 pour des pressions
variant de 70 kPa (qui est un ordre de grandeur de la valeur de
a' ) à 100 kPa C
- fort rapport de compression: c - 0,3 à 1,6
1 + el)
Ces valeurs ont été déterminées dans la région de Matagami (Lemieux,
1975), mais sont probablement pertinentes pour une bonne partie des
dépôts lacustres étant donné les marges fournies; notons toutefois que
l'indice de recompression est souvent supérieur à l'écart donné ci-
80
dessus dans la région de New Liskeard, et que l'indice de compression
s'y situe autour de la limite inférieure de l'écart.
Par ailleurs, la consolidation d'une argile varvée s'accompagne d'un
phénomène particulier, la faible ou non dissipation de pression inter-
stitielle; cet aspect du comportement sera examiné en 4.4.2.3 et
4.5.2.
4.4 Propriétés des argiles varvées de deux sites particuliers
4.4.1 Généralités
Deux sites ont fait l'objet d'études géotechniques approfondies depuis
une dizaine d'années: l'un dans le nord du nord-ouest québécois, Mata-
gami, l'autre dans le sud en Ontario mais tout près de la frontière
québécoise, New Liskeard (fig. 2).
Le premier site est analysé dans les travaux de Ballivy et al. (1970
et 1971), Dascal et al. (1972 et 1973), Law (1974), Laverdière (1975)
et dans les rapports produits à l'Université de Sherbrooke par Lefeb-
vre et al. (1977 à 1981) et à la SEBJ (1978) . Le deuxième site est
présenté par Lo et Stermac (1965) , Raymond et al . , (1965 et 1973) et
Lacasse et al. (1973 et 1977)
Les caractéristiques de ces argiles s'inscrivent dans le cadre général
proposé au paragraphe précédent 4.3. Comme elles ont été discutées
par ces différents auteurs en termes de comportements du matériau var-
vé, sous l'action de l'application d'une charge de remblai, nous
croyons utile d'extraire quelques éléments de ces études, afin de
mieux cerner le comportement des argiles varvées que nous tenterons de
décrire plus généralement en 4.5, à partir de ces deux cas parti-
culiers.
-81-
4.4.2 Matagami
4.4.2.1 Caractéristiques du dépôt
Les caractéristiques des argiles de Matagami (site d'Olga) sont
résumées à la figure 3 de la page suivante et à l'annexe B (Laver-
dière, 1975; SEBJ, 1978; Jean, 1982).
L'épaisseur de la couche foncée (10 à 15 mm) est plus grande que celle
de la couche pèle (5 à 10 mm); les varves montrent de fréquentes
déformations et une inclinaison de 5 à 100 ; l'épaisseur des varves
augmente sensiblement avec la profondeur et passe de 1 cm à plus de
2,5 cm. Près de la base du dépôt, les couches sablo-silteuses claires
prédominent; elles sont séparées par de minces lits d'argile.
De manière générale, les argiles varvées de Matagami sont très argi-
leuses (60 à 90% de particules inférieures à 2 y), _et fortement plas-
tique (Ip = 30 à 40%). Leur teneur en eau varie entre 70 et 90%; elle
peut être supérieure vers la surface et diminuer avec la profondeur.
La limite liquide reste un peu inférieure à la teneur en eau et se
situe entre 60 et 70%; la limite plastique vaut 30% environ; ces
valeurs décroissent aussi avec la profondeur, surtout après 7 m.
L'indice de liquidité avoisine l'unité. Les indices de vide valent
1,3 à 1,5 dans la croûte et 2,3 à 2,9 en-dessous.
La résistance au cisaillement varie de 20 à 75 kPa dans la croûte,
avec une sensibilité de 10 à 40. Il semble en fait depuis Lefebvre et
Morissette (1981) que la résistance mobilisable dans la croûte serait
considérablement plus faible que celle évaluée au scissomètre, et
serait en réalité à peu près égale à la résistance de l'argile intacte
située immédiatement sous la couche altérée. Sous la croûte, elle est
proche de la résistance de la couche foncée et vaut 20 à 30 kPa, tant
que la pression effective des terres est inférieure à 100 kPa. Les
valeurs de (1)' varient de 34° à 38° et C' de 4 à 10 kPa pour l'argile
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Scissomètre
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- 83 -
structurée, de 27" à 38" (et C' = 0) pour l'argile destructurée. Plus
en profondeur, l'argile varvée normalement consolidée a un angle de
frottement de 25" environ. La sensibilité du dépôt vaut 7 à 9.
L'argile d'Olga est fortement consolidée dans la croate de surface
(OCR = al p/ a' vo = 5 à 15) et légèrement surconsolidée dans la
zone inférieure où le rapport OCR est voisin de 2. Le coefficient de
consolidation (cv ) aux pressions suppérieures à a'p varie de 0,2
6 .10-4 cm2 /s, la moyenne étant de 0,8 .10-4 cm2 /s (SEBJ, 1978); cv
a de fortes valeurs aux faibles pressions et diminue beaucoup quand la
pression appliquée excède la pression de préconsolidation. Aux
pressions équivalentes à la surchage du remblai (97 kPa), le
coefficient de perméabilité est de 0,6 .10-7 cm/s (SEBJ, 1978), alors
qu'il était de 2,4 .10-9 cm/s avant construction (Jean, 1982); la
pression a ' p varie autour de 80 kPa. Le rapport de compression
varie de 0,2 à 0,4 dans la croate, et de 0,6 à 1,0 dans le dépôt;
l'indice de recompression de l'argile est environ 0,013 et son indice
de compression varie entre 2 et 3. Ces valeurs, ainsi que celles très
élevées de l'indice des vides initial (e0 =2,5) caractérisent la
nature très compressible de l'argile du site d'Olga. Dascal et al. _
(1973) ont établi des relations entre l'indice ou le rapport de
comporession et la teneur en eau, sous la forme suivante:
84
Cc = 0,042 w - 1,314
I
Cc = 0,0096 w - 9,167
1+e
o
ou
Cc = 1,43 eo - 1,11
II
Cc = 0,339 eo - 0,16
1+e
o
pour 0,15 < Cc < 3,5
0,9 < eo < 3,5
Ces équations ont été établies avec les paramètres suivants pour les
groupes I et II respectivement:
- coefficient de régression r = 0,76 et 0,86
- écart type Sy = 0,19 et 0,59
- nombre d'échantillons N = 24 et 24.
Une relation existe aussi entre le rapport de surconsolidation et
l'indice de plasticité Ip ou la teneur en eau w, mais elle est plus
difficile à déterminer en raison des variations de Q'p ou 6'v°•
Dascal (1973) suggère la relation OCR = 4,17 - 0,04 Ip.
Ces relations pourraient être comparées à celles établies pour les
argiles marines par Leroueil et la Bihan (1981, B12).
4.4.2.2 Consolidation
L'étude du comportement de la fondation argileuse varvée sous l'action
d'une surcharge a donc fait l'objet dans la région de Matagami, d'une
étude approfondie ces dernières années, par l'Université de Sherbrooke
en particulier. Nous en donnerons ici les grandes lignes et les
-85-
principaux résultats, qui sont mis en relief dans les rapports prépa-
rés par la SEBJ (1978) ou par G. Lefebvre en 1977, et dans les thèses
de maîtrise de Lemieux (1975) et Ostiguy (1978). Ils résultent de
nombreuses études en laboratoire (essais triaxiaux), qui simulaient la
mise en place d'un remblai, pour étudier la variation de résistance au
cisaillement durant la consolidation.
Deux remblais sont construits en 1971 (Dascal et al., 1972 et 1973)
pour étudier le comportement à long terme de l'argile sous-jacente,
sous l'axe du remblai et à l'extérieur.
L'épaisseur du dépôt d'argile varvée est de 12 m en moyenne, recouvert
d'environ un mètre de tourbe, enlevée avant construction des remblais.
Le premier remblai est monté jusqu'à la rupture, à 4 m de hauteur au
lieu de 8 m comme prévu. Le deuxième comprend des bermes de 12 m de
largeur et une pente de 6 dans 1.
Deux ans et demi après la construction du remblai (Dascal et al.,
1973), très peu de pressions interstitielles se sont dissipées et on
observe 45 cm de tassement. Les calculs de tassements, effectués par
des méthodes classiques basées sur le phénomène de dissipation des
pressions interstitielles, ne paraissent valables que pour la détermi-
nation du tassement total; les vitesses de tassement, les contribu-
tions respectives des consolidations primaire et secondaire, sont
quasiment impossibles à évaluer. Il semble nécessaire de tenir compte
des caractéristiques de compressibilité et de préconsolidation des
argiles varvées, pour faire de meilleures prédictions.
En 1978 (Lefebvre, Locat et al., 1979), 90% des pressions intersti-
tielles se sont dissipées et un tassement maximum de 1,3 m a été
observé. De nombreux profils de teneur en eau sont tracés, sous le
remblai et à l'extérieur, dans les couches foncées et pâles, à plu-
sieurs profondeurs; des moyennes pour les deux sortes de couches et
des moyennes générales sont calculées.
-86-
Les couches argileuses se sont comprimées davantage que les couches
silteuses, tout au moins dans l'axe du remblai, et des variations de
teneur en eau ont été relevées. Dans les couches argileuses foncées,
elle reste assez constante et voisine de 100% à l'extérieur du
remblai, tandis qu'elle augmente puis diminue de 20% environ sous le
remblai. Dans les couches silteuses claires, la teneur en eau reste
voisine de 70% et 40%, à 4 et 7 m respectivement, que ce soit à
l'extérieur ou sous le remblai; à partir de 7 m de profondeur, elle
diminue encore plus, car l'épaisseur des silts et sables augmente.
De ce fait la différence de teneur en eau avant construction, entre
les couches foncées et piles, est de 30% vers 4 m de profondeur, et
60% vers 7 m de profondeur; cette différence est moindre après cons-
truction, jusqu'à 20% environ.
En définitive, la consolidation sous charge n'a pas pour effet d'homo-
généiser la teneur en eau entre couches foncées et piles, puisque
celle des couches claires reste sensiblement la mime alors que celle
des couches foncées diminue. Cette observation devient négligeable en
profondeur au fur et à mesure que l'épaisseur des couches claires
augmente.
Les essais oedométriques de 1978 (Lefebvre, Locat et al., 1979)
montrent de toute façon que la pression de préconsolidation initiale
de 1971 a été dépassée par la contrainte de charge et qu'en 1978, la
nouvelle pression Q' p est proche de la contrainte effective qui
existe sous le remblai; ce dernier résultat indique de plus que ces
essais ont été effectués à la fin de la consolidation primaire et que
la compression secondaire n'était pas suffisante pour produire une
quasipréconsolidation détectable, tout au moins sur la période
d'observation de 1971 à 1978. Par ailleurs, on notera que les auteurs
croient à la bonne représentativité de l'essai oedométrique pour les
argiles varvées, du moment que l'échantillon comprend un nombre
raisonnable de varves.
-87 -
Lemieux (1975) montre que lorsque la pression de consolidation dépasse
Q'p, des tassements importants se produisent alors que la pression
interstitielle u reste constante pendant une période de temps assez
longue, correspondant à 45% de la consolidation primaire environ.
Le taux d'application de la surcharge semble particulièrement impor-
tant sur les argiles varvées de Matagami. Dans les essais triaxiaux
sur l'argile d'Olga (SEBJ, 1978), la résistance diminue de 20% lorsque
le taux horaire de déformation axiale passe du taux régulier de 0,8%
au taux lent de 0,01%; par contre, elle augmente de 30% quand ce taux
passe de 0,8 à 13%.
Il est fréquent d'observer des fissures dans le remblai après cons-
truction; il est difficile de connaître la cause exacte de ces désor-
dres. Une étude menée par Capozio et al. (1980), sur une digue près
de Matagami, semble montrer que les fissures sont dues à un mode de
rupture horizontal et superficiel, et non circulaire et profond;
toutes les analyses de stabilité effectuées, confirment en effet que
tous les facteurs de sécurité sont supérieurs à 1,5 dans le cas de
cercles profonds, que la résistance non drainée soit corrigée ou non.
D'autres cas de littérature rapportent que les fissures seraient dues
à l'écartellement, à une rupture horizontale le long d'une petite
couche de sol mou et plastique ou d'une petite couche de sol ferme,
qui pourrait être la croûte entre le remblai et le sol (Thompson et
Emery, 1977; Graham, 1979).
4.4.2.3 Résistance au cisaillement
Les essais in situ montrent que la résistance au cisaillement (SEBJ,
1978) diminue sensiblement de 1971 à 1976, entre 0 et 6 m de profon-
deur, de manière non constante entre 3 et 6 m. A plus de 6 m de pro-
fondeur, elle augmente généralement, en 1977 aussi. A cette mime date
(1977), la résistance mesurée est encore un peu inférieure à celle
-88-
obtenue avant la construction sur les 3 premiers mètres; par contre,
elle a augmenté entre 3 et 6 m de profondeur. Elle est de toute façon
plus élevée au centre qu'à l'extérieur du remblai. Les contraintes
latérales effectives augmentent elles aussi, du pied vers le centre.
En général, dans la zone altérée, les résistances déterminées au labo-
ratoire sont inférieures aux résistances obtenues au scissomètre. Par
contre, il semble que l'inverse se produise dans la zone non altérée.
Ces différences sont difficiles à expliquer (SEBJ, 1978) et permettent
de mettre en doute la fiabilité du scissomètre; ce n'est que dans le
cas où il mesure une augmentation de résistance qu'on pourrait consi-
dérer qu'il s'est réellement produit un gain de résistance. L'aniso-
tropie de résistance au cisaillement non drainé a été déterminée par
des essais de compression triaxial et de cisaillement simple: la
résistance horizontale vaut de la moitié au 3/4 de la résistance
verticale (SEBJ, 1978).
Nous avons vu qu'il existe une période de temps correspon dant à
environ 45% de la consolidation primaire, où la pression
interstitielle demeure constante, alors que des tassements importants
se produisent, lorsque la pression appliquée a' excède la pression de
préconsolidation a'p. Le passage de a'p correspond à 1'"état
limite" du matériau. Si une légère augmentation de la résistance au
cisaillement est enregistrée en début de consolidation, elle n'aug-
mente plus lorsque a' dépasse a'p , ou mime diminue de 10% par
rapport à la résistance initiale: ce phénomène particulier a été
attribué (Lefebvre, 1977) à l'écrasement de la structure de l'argile,
caractérisé par un brusque changement de volume: l'indice des vides
qui était élevé initialement, chute brutalement tout en se retrouvant
à une valeur plus élevée que la normale; la compressibilité initiale
augmente très vite dès que a'p est dépassé; un degré de consoli-
dation de 100% peut alors être enregistré. La pression intersti-
tielle u reste faible pendant ce processus mais ne s'annule pas; à la
fin de cette consolidation, la pression u résiduelle s'accompagne d'un
-89-
fluage axial, sous l'action du dévia teur de consolidation principale.
Quand la structure est détruite et que la résistance se remet à
croître, la pression u augmente alors jusqu'à la fin du cisaillement
et se dissipe si on le lui permet.
En poursuivant l'application de a', on note qu'il faut un changement
de volume durant la consolidation triaxiale supérieure à 15%, avant de
provoquer une augmentation de résistance. En d'autres termes, il faut
faire croître a'jusqu'à une valeur dépassant 30% environ le a'p
évalué dans un essai oedométrique conventionnel à consolidation iso-
tropique, ou 50% dans un essai à consolidation anisotropique, pour que
la résistance augmente appréciablement et graduellement, conformément
aux théories classiques. La SEBJ (1978) ne relate toutefois pas
autant ce palier de résistance.
Remarquons à ce niveau (Lefebvre, 1977) que l'anisotropie de résis-
tance n'a pas été appréciée. On notera assi que les valeurs de résis-
tance données par des essais triaxiaux sont supérieures à celles qui
sont mesurées par le scissomètre; si on veut aussi utiliser les
valeurs triaxiales pour une analyse de stabilité, il faudrait tenir
compte entre autres du taux de cisaillement, de l'anisotropie de
résistance, de la rupture progressive.
Par ailleurs, les essais de fluage oedométrique (Lefebvre, 1977) ont
révélé une tendance au fluage plus élevée pour les chargements voisins
de a' p (en particulier à 70% de a 'p) qu'à des pressions plus
élevées.
Il est intéressant d'autre part de constater que les échantillons
triaxiaux cisaillés en compression non drainée, ont montré un mode de
rupture par un plan de cisaillement beaucoup plus marqué vers la
surface (2,6 m) que plus en profondeur (4,6 m), pour une pression de
consolidation initiale o' inférieure à Q 'p. Si a' s'approche de
-90-
6'p, l'essai de cisaillement provoque l'écrasement de la base ou
d'un coin de l'échantillon, ou sa fissuration.
En définitive, suite à ces remarques et aux observations énoncées au
paragraphe précédent (4.4.2.2), il convient de se souvenir que les
argiles varvées ne doivent pas forcément être étudiées de la même
façon que les sols homogènes. Comme l'avait déjà signalé Towsend et
Hughes (1964), une migration de l'eau interstitielle peut se produire
sous une différence de pression entre les couches du sol, et peut
entrainer des variations locales de résistance préjudiciables. De
toute façon, il est clair que la nature très stratifiée d'une argile
varvée, lui confère des propriétés de consolidation et de résistance
au cisaillement un peu particulières; en l'occurrence, elles auraient
tendance à être moindres par rapport à celles d'une argile plus
homogène.
La résistance du sol varvé dépend du rapport des résistances indivi-
duelles et des épaisseurs de couches, de la structure des couches et
de leur plasticité individuelle. Towsend et Hughes (1964) indiquent
aussi que le taux de cisaillement étant responsable de l'équilibre des
pressions de pores individuelles, il devient directement relié à la
résistance au cisaillement. Ostiguy (1978) montre qu'il faudrait
corriger la résistance pour tenir compte du taux de cisaillement, tout
au moins avant construction ou avant l'écrasement de la structure.
Cette résistance est en effet surestimée de 6 à 35% selon le site,
avant destruction partielle ou totale de la structure. Sinon, l'effet
du taux de cisaillement est réduit ou annulé, par exemple dans une
couche silteuse claire à faible cohésion, en train de s'écraser.
Il est clair en tout cas que pour des pressions de consolidation
élevées, voisines de l'état limite du matériau, comme celles qui sont
induites sous un remblai par exemple, les vitesses de cisaillement
augmentent en faisant diminuer la résistance au cisaillement, ce qui
précipite l'apparition du phénomène d'écrasement.
-91-
En tout état de cause, il semble que les liens de cimentation formés
dans les premiers stades de la sédimentation de ces dépôts, soient la
cause de la courbe de consolidation et de la résistance au cisaille-
ment un peu particulières de ces argiles varvées.
4.4.2.4 Comportement cyclique vertical
4.4.2.4.1 Généralités
Cette étude est celle menée à l'Université de Sherbrooke par Bossé
(1979) et Lefebvre, Bossé et al. (1979), et présente l'avantage d'être
un état des connaissances sur la question.
Le comportement dynamique des argiles n'avait pas fait l'objet d'étude
approfondie jusqu'à cette date, contrairement à l'étude du comporte-
ment dynamique des sols granulaires. Le problème est revenu récemment
à l'ordre du jour et trouve un impact particulier dans le domaine
minier. Il est possible en effet qu'une vibration cause le remanie-
ment ou la destructuration d'une argile sensible et contribue par
conséquent à diminuer sa résistance à la sollicitation cyclique; de
plus, la nature varvée des argiles lacustres pourrait rendre le pro-
blème plus aigu.
Il s'agit ici d'étuder le comportement de l'argile du site Olga sous
un chargement cyclique vertical et de déterminer la valeur du dévia-
teur critique sous laquelle l'échantillon demeure stable quel que soit
le nombre de cycles de chargement. De nombreux paramètres intervien-
nent dans un essai de chargement cyclique; les plus importants sur
lesquels l'Université de Sherbrooke a porté son attention, sont la
pression de consolidation, la fréquence des cycles, le déviateur maxi-
mal et le nombre de cycles.
-92-
4.4.2.4.2 Etat des connaisances en 1979
Le lecteur peut se reporter à la bibliographie B4 pour ce qui concerne
les propriétés dynamiques des argiles en général.
Alors que la rupture survient par liquéfaction dans les sols granu-
laires soumis â une contrainte cyclique, aucune référence ne fait
mention de ce phénomène dans le cas des argiles, sauf si des couches
de sable sont intercalées (Holzer et Hoeg, 1973).
L'existence de la cohésion entre les particules joue un rôle prépondé-
rant dans le comportement cyclique des argiles; contrairement aux sols
granulaires, il est donc essentiel de prélever des échantillons par-
faitement intacts, surtout pour les argiles structurées qui nous inté-
ressent. De plus, il est difficile de définir des modèles généraux
applicables à tous les types de sols cohérents, puisque les liens de
cohésion entre particules argileuses varient d'un dépôt à l'autre.
Il s'avère en définitive que peu de travaux ont été réalisé sur de
l'argile intacte, structurée et varvée. On peut toutefois faire
ressortir les points suivants (Bossé, 1979):
- la résistance cyclique d'une argile saturée est plus faible que la
résistance statique, sous le mime déviateur;
- si l'argile est sensible, il suffit d'un petit nombre de cycles pour
que cette résistance diminue; par contre elle ne sera sans doute pas
beaucoup affectée, si l'argile n'est pas sensible et que la
déformation relative reste modérée;
- la résistance statique mesurée après sollicitation cyclique est
inférieure à la résistance initiale, dépendamment de la déformation
accumulée; celle-ci peut atteindre 20% dans certains cas avant que
des désordres se produisent;
-93-
- la rupture d'une argile à forte structure peut se produire pour une
déformation inférieure à 5%, par création de plans de cisaillement
(Mitchell et King, 1977; Lee, 1979);
- pour une argile surconsolidée (structure non détruite), il semble
que la déformation cesse d'augmenter et que les effets soient
négligeables si la contrainte cyclique maximale et inférieure à 50%
de la résistance statique initiale (Mitchell et King, 1977);
- la résistance d'une argile normalement consolidée augmente entre
deux chargements cycliques (contrairement à une argile surconso-
lidée) et ceci dès que la contrainte cyclique de consolidation
dépasse la pression de préconsolidation.
Deux critères de rupture différents sont adoptés dans la littérature:
- le premier est déterminé par le pic de résistance du sol; cependant,
la déformation obtenue avant d'atteindre le pic peut être suffisante
pour causer la rupture (Sangrey et al., 1978);
- le deuxième critère est définit par la déformation admissible
atteinte pour un nombre de cycles donné ou une contrainte cyclique
donnée; cependant il n'est pas facile de prévoir la relation con-
trainte déformation pendant un chargement cyclique, et le critère
est difficile à appliquer (Hardin et Drnevich, 1972).
4.4.2.4.3 Résultats de l'étude de Bossé et Lefebvre (1979)
1) Il existe une valeur critique de la contrainte déviatorique quelle
que soit la pression de préconsolidation; c'est une fonction
complexe de la pression de consolidation et de la fréquence. Cette
valeur est assez élevée et jamais inférieure à 70% de la résistance
statique. Elle est plus forte dans le domaine normalement conso-
lidé que dans le surconsolidé; au voisinage de c'p , le déviateur
-94-
critique équivaut à celui mesuré dans le surconsolidé. Si le dévia-
teur est plus petit que la valeur critique, la déformation et la
pression interstitielle se stabilisent après un nombre de cycle qui
augmente avec la fréquence. Si, par contre, la contrainte de conso-
lidation est supérieure à la valeur critique, la déformation
augmente brusquement ou progressivement, et conduit d'autant plus
tôt à la rupture que le déviateur est grand.
2) Le comportement de l'argile d'Olga sous chargement cyclique est
fortement influencé par la pression sous laquelle le sol a été
consolidé (6'c), donc par l'état initial de la structure.
- Si la structure est intacte ( 6'c = a'vo)• la déformation
avant rupture est inférieure à 1%. La pression interstitielle
maximale atteinte au premier cycle varie peu ensuite, et se
stabilise d'autant plus vite que la fréquence est élevée; elle
peut diminuer légèrement juste avant la rupture. Si le déviateur
est suffisamment élevé et que la rupture se produise, elle est
brutale et se traduit pas un plan de cisaillement incliné, et une
augmentation brusque de la déformation; la pression intersti-
tielle u peut atteindre la pression de consolidation 'c.
- Si la sructure est détruite (6'c = 2,5 Œ'p), la déformation
peut augmenter jusqu'à 5% avant la rupture totale de l'échan-
tillon. La pression interstitielle augmente sans atteindre 'c
puis se stabilise. La rupture est progressive et commence par
l'apparition de micro-fissures horizontales parallèles aux
varves. Dans cet état normalement consolidé, le déviateur
critique correspond à la résistance cyclique évaluée à un taux de
déformation de 0,5% par heure.
- Si la structure est en voie de destructuration (a'c = 1,1 a ' p
85 kPa à Olga), la déformation dépasse les 6% avant rupture; si
elle reste inférieure à 5%, il n'y a pas de rupture. La pression
-95-
varie de la mime façon que pour a'c = 2,5 a'p et la rupture
se produit aussi de la mime façon, progressivement. Avant d'en
arriver à cette destructuration, la résistance cyclique reste
voisine de celle mesurée pour une sollicitation a'c =
a'vo; la résistance statique semble aussi de cet ordre de
grandeur.
3) De façon générale, une augmentation de la fréquence entraîne une
diminution de la déformation et de la pression interstitielle.
Il semble cependant exister une fréquence critique quand on dépasse
les 50 cycles ou quand la structure est brisée, proche de 0,01 Hz,
pour laquelle déformation et pression interstitielle seraient
maximales.
4) Le module de déformation croit avec le nombre de cycle, si le
déviateur est inférieur à la valeur critique. En d'autres mots,
l'argile résiste de mieux en mieux à la déformation avec une
augmentation du nombre de cycles.
5) La résistance statique d'échantillons non brisés a été évaluée pour
les essais lents après sollicitations cycliques, inférieures au
déviateur critique; celles-ci ont pour effet d'augmenter la résis-
tance statique, contrairement à ce qui a été dit au paragraphe
précédent 4.4.2.4.2. L'effet est général mais plus prononcé dans
le domaine normalement consolidé; l'augmentation a varié de 0 à 77%
par rapport à la résistance initiale.
Cet effet est difficile à expliquer mais doit être relié au réar-
rangement des teneurs en eau à l'intérieur de la varve.
6) I1 semble que l'enveloppe de la résistance cyclique effective est
légèrement inférieure à l'enveloppe de résistance statique de l'ar-
gile structurée (à a'vo). Les deux enveloppes coïncideraient
cependant quand l'argile est à l'état normalement consolidé.
-96-
A partir des procédures de prédiction de la pression intersticielle
énoncées dans le rapport (Lefebvre, Bossé et al. 1979), il devient
alors possible de prédire le comportement sous chargement cyclique à
la condition que l'on connaisse l'enveloppe de résistance statique.
D'ailleurs, l'étude a montré que la pression interstitielle maximum
générée dans l'échantillon lors du premier cycle de chargement, est un
indice révélateur du comportement ultérieur, à savoir de la plus
grande déformation; ceci est intéressant dans le domaine normalement
consolidé, di les déformations peuvent être très grandes, pour des
fréquences faibles (0,5% par heure). Pour des fréquences plus élevées
(0,01 Hz et 0,5 Hz), la pression u évolue différemment selon la charge
appliquée, et il est alors difficile de généraliser le comportement.
4.4.2.4.4 Discussion et conclusion
La consolidation maximale provoque, comme pour la consolidation
oedométrique (4.4.2.2), une diminution davantage marquée de la teneur
en eau dans les couches foncées (20%) que dans les couches claires
(7%), après le passage de a'p en particulier. La sollicitation
cyclique entraîne une décroissance supplémentaire de la teneur en eau
d'environ 13 à 15%, mais cette fois pour les deux couches. Il semble
donc qu'il y ait redistribution des teneurs en eau sous l'effet de
l'application des cycles, qui se traduit par une consolidation accrue
des couches claires.
Notons que ces couches claires sont impliquées dans la rupture de
l'échantillon et que leur consolidation accrue aux dépens des couches
foncées, pourraient expliquer en partie un certain écrouissage.
En définitive, l'effort cyclique que peut supporter l'argile varvée
d'Olga est plus élevé que ce qui est généralement admis dans la litté-
rature pour une argile sensible à forte teneur en eau.
-97-
La résistance cyclique de cette argile est aussi plus élevée que celle
d'un matériau granulaire, de 25% environ dans le cas d'un matériau
dense, de 50% environ dans le cas d'un matériau liche.
Cependant, il nous parait important de signifier que les essais
effectués à Sherbrooke ont été réalisés sur des échantillons verticaux
et une sollicitation verticale. Or tout le monde s'accorde à dire que
les sollicitations cycliques horizontales sont les plus préjudiciables
à la bonne tenue d'un dépôt!
A notre connaissance, aucune étude n'existe sur l'effet des sollici-
tations cycliques horizontales sur une argile varvée et fort peu sur
une argile non stratifiée. En attendant, on pourrait certes adopter
un critère, basé sur la valeur d'un tassement considéré comme admis-
sible, sous un nombre de cycles attendu (Seed et Chan, 1966). Dans le
cas d'une argile sensible, le critère pourrait être fourni par le
changement de pente de la courbe; la résistance dynamique peut alors
devenir inférieure à la résistance statique pour un nombre assez
faible de cycles. Dans le cas d'une argile moins sensible, 200 cycles
peuvent ne pas affecter la résistance si la déformation reste faible,
inférieure à 2% par exemple; d'après Seed et Chan (1966), une approxi-
mation raisonnable de la résistance pourrait être donnée par un essai
consolidé non drainé.
4.4.3 New Liskeard
4.4.3.1 Caractéristiques générales
Le dépôt de New Liskeard a une épaisseur d'environ 43 m, dont 2,5 m de
croûte. Les varves ont une épaisseur variant assez régulièrement de
1 à 4 cm avec la profondeur. Les propriétés physiques sont résumées
ci-dessous (Lacase et Ladd, 1973):
-98-
couche couche couche
silteuse argileuse globale
teneur en eau 30 + 5% 65+10% 45 + 6%
limite liquide 30 + 5% 70 + 10% 48 + 5%
indice de plasticité 10 + 6% 47 + 13% 25 + 5%
indice de liquidité 0,4 à 1,3 0,4 à 1,3 1,0
densité = 2,69 = 2,73 = 2,71
On peut noter par ailleurs une forte teneur en carbonate (13% dans les
couches argileuses et 30% dans les couches silteuses), et une faible
teneur en sel (1,2 g/L dans les couches foncées et 1,7 g/ 9. dans les
couches claires). Les minéraux dominants sont l'illite et la
chlorite, et un peu de vermiculite et montmorillonite; le pourcentage
d'argile varie de 50 à 75%. Les caractéristiques mécaniques se
décrivent de la façon suivante:
- Résistance au cisaillement non drainé: Cu = 20 à 40 kPa.
- Perméabilité verticale: kv =4 x 10-8 cm/s (varve entière).
kv =18 . 10-8 cm/s (couche silteuse)
kh/k v =3
- Rapport de compression: Cc/1 + eo = 0,05 à 0,3
- Rapport de recompression: Cr/1 + eo =0,01 à 0,04
- Coefficient de consolidation: cv =0,18 à 6,3 . 10-4 cm2/s
- Sensibilité: St = 5 à 15.
- Indice des vides initial: eo =1,0 à 1,5.
De manière générale, l'étude du comportement de l'argile varvée de New
Liskeard est moins poussée dans la littérature que pour Matagami;
comme cette étude est par ailleurs plus ancienne et abordée de façon
américaine (MIT), nous ne rentrerons pas dans tous les détails.
-99-
4.4.3.2 Comportement de l'argile varvée sous charge
Les considérations qui suivent résultent principalement des travaux de
Lacasse et Ladd (1973 et 1977) et Ladd et Foott (1977); on peut citer
par ailleurs la référence Ogunbadejo (1970).
Nous nous contenterons de dresser le tableau des principales conclu-
sions. Il s'agit de remblais d'autoroute d'environ 6 m de haut; le
premier remblai se ruptura et a fait l'objet d'analyses de stabilité;
des prédictions de déformations et de pressions interstitielles ont
été faites pour le deuxième remblai. Deux ans après la construction,
25% des pressions interstitielles se sont dissipées, aucune
augmentation de résistance n'est relevée, et un tassement de 15 cm se
produit par année.
Les auteurs effectuent en général des analyses en contraintes totales;
ils utilisent la résistance mesurée au scissomètre avec la correction
de Bjerrum, ou bien la méthode Shansep développée au MIT, à partir
d'un gros programme de laboratoire. L'analyse en contraintes effec-
tives est le plus souvent écartée en raison du choix difficile des
paramètres c' et (P,' (c' = 0 à 5 kPa, 4' =18 à 24°), mesurés au
laboratoire et sans doute supérieurs à la réalité in situ; les
pressions interstitielles prédites devaient quant à elles, être
inférieures aux valeurs existant sur le terrain. L'anisotropie de
résistance est mieux estimée par la méthode Shansep que la méthode
scissométrique; Ladd (1975) montre comment la déterminer, en
corrigeant par exemple les résistances de façon qu'une compatibilité
existe avec les déformations (effets de rupture progressive); le
programme utilisé (Feecon) tient compte de plus de l'état de
contrainte initial et de la rigidité du remblai. Le facteur de
correction de Bjerrum n'améliore pas forcément la répartition des
-100-
vraies résistances au cisaillement: l'emploi de ce facteur fait
diminuer par exemple le facteur de sécurité de 10 à 15% pour des
argiles dont l'indice de plasticité est compris entre 25 et 50%. Les
coefficients de consolidation cv mesurés in situ se sont avérés
trois fois plus grands que ceux mesurés au laboratoire. Les essais
de consolidation effectués par Ogunbadejo (1970) au laboratoire,
1
montre que l'argile varvée de New Liskeard est rigide mais fragile:
elle résiste bien sous faible contrainte, mais au voisinage de a'p,
la résistance à la compression chute considérablement, la structure de
la couche argileuse se détruit, les déformations sont grandes, mais la
rupture semble progressive; ces observations corroborent celles de
Lefebvre (4.4.3.2). La compression secondaire semble augmenter avec
la sollicitation jusqu'à a i l), puis diminuer pour des pressions plus
fortes.
Il semble cependant que les meilleures propriétés du sol sont obtenues
par combinaison des résistances corrigées du scissomètre et de l'ap-
proche Shansep, et que les déplacements et les pressions intersti-
tielles prédits par la méthode d'éléments finis Feecon, soient relati-
vement satisfaisants. La variation de pression interstitielle est en
général prise égale à la variation de containte de compression octaé-
drique sous le centre du remblai, auquel on lui rajoute la variation
de la containte de cisaillement octaédrique, à 12 m du pied du
remblai; cette influence de AT oct augmente avec la distance à
l'axe du remblai, et sans doute aussi avec la profondeur. Il apparait
en tout cas que la plupart des tassements de consolidation ont lieu
dans les premiers 5 m, que les pressions interstitielles se maintien-
nent élevées, et que le gain de résistance est en général assez
faible.
Lacasse et al. (1977) pense d'autre part que la rupture peut être
décrite par un arc circulaire même si le sol est stratifié.
-101 -
Ladd et Foott (1977) rappellent que la résistance le long d'une sur-
face de rupture est beaucoup plus faible si cette surface est paral-
lèle aux varves et prétendent que la consolidation est plus forte que
dans un dépôt homogène en raison d'un drainage latéral possible par
les couches silteuses.
Ils précisent les points suivants, relativement â l'évaluation de la
résistance des dépôts d'argile varvée du nord-est des Etats-Unis:
- La résistance non drainée le long d'une surface de rupture et l'ani-
sotropie de la résistance au cisaillement des sols varvés en géné-
ral, ne peuvent être déterminées par des essais conventionnels.
- Les essais triaxiaux UU sont particulièrement sensibles au remanie-
ment des échantillons.
- L'essai scissométrique in situ surestime la valeur de la résistance
qu'on peut alors corriger.
- La résistance Cu adoptée doit être vérifiée par la relation Cu/a'vs
OCR déterminée au MIT (Ladd et Foot, 1977, p.47).
Les paramètres effectifs c' et 4' sont déterminés en général par un
essai de cisaillement direct; (1)' = 25' est une valeur fréquemment
rencontrée pour les argiles varvées et c' = 0 ou 10 kPa selon que la
rupture est parallèle ou perpendiculaire aux strates.
En définitive, mime si la correspondance est meilleure entre prédic-
tion et observation, les recherches doivent se poursuivre, en
particulier pour ce qui est de l'anisotropie de résistance.
-102-
4.4.3.3 Stabilité d'une pente d'argile varvée
L'instrumentation, les pressions d'eau, la stabilité d'une pente d'ar-
gile varvée le long de la rivière Wabi prés de New Liskeard, ont été
suivies ces dernières années par Kenney (1977 et 1979).
Les équipotentielles ont été mesurées par piézomètres sur des profils
perpendiculaires à la pente, puis les lignes de courant ont été tra-
cées. Les angles adoptés entre lignes équipotentielles et lignes de
courant sont un peu supérieurs à 90° pour tenir compte du fait que la
perméabilité horizontale est supérieure à la perméabilité verticale.
Sur 7 ans de mesure, le réseau d'écoulement n'a guère changé. Les
précipitations, la température, l'humidité, affectent une mince couche
du sol en surface. Les pressions interstitielles u diminuent pendant
l'hiver, augmentent pendant la fonte, rebaissent légèrement pendant
l'été et réaugmentent légèrement pendant l'automne. Les variations de
u s'observent aussi davantage près de la rivière.
Les évènements climatiques influencent la pression d'eau, matérialisée
par le niveau de la nappe, sur les cinq premiers mitres environ. A
partir de cette profondeur, la pression interstitielle devient à peu
près stable; par exemple, on a mesuré 3 m de variation de pression
interstitielle ou à 3 m de profondeur et 1 m de Au à 10 m de pro-
fondeur.
Rappelons que ou à la profondeur z, est fonction de la variation de
hauteur de la nappe et du coefficient de consolidation cv, qui vaut
environ 0,02 cm2/s à cet endroit. Ce AU entraîne une variation de la
contrainte effective (contrainte totale = constante), donc un change-
ment de volume qui peut se traduire par une consolidation ou un gon-
flement. Les zones de fissuration ou de drainage sont susceptibles de
faire changer la tète d'eau de manière significative. Par contre, une
argile non fissurée avec un cv faible permet de supposer que les
-103-
pluies ont peu d'influence sur les pressions interstitielles, tout au
moins à court terme.
Les paramètres de résistance choisis sont voisins de ceux de la couche
argileuse, soit c' = 5 kPa et 0 = 24". Les calculs de stabilité ont
été effectués par la méthode de Bishop; les facteurs de sécurité trou-
vés dépendent davantage du niveau de la rivière que de la variation
des pressions interstitielles; par ailleurs, ce niveau conditionne la
localisation du fond du cercle de glissement qui peut se situer à
6-7 m sous le niveau de la rivière. La stabilité s'est revélée plus
ou moins marginale et les recommandations suivantes ont été
formulées:
- poursuivre l'étude de la résistance au cisaillement des sols varvés;
mesurer les déformations de pente par inclinomètre;
installer des drains horizontaux profonds et en étudier l'effica-
cité. La pose de drains de surface avec rejet en pied de pente
reste la méthode la moins chère. Les tranchées drainantes courantes
présentent une largeur de 50 cm, un espacement de 5 m et une profon-
deur maximum en crête du talus de 3 m (Desrosiers, 1981).
4.5 Comportement général des argiles varvées
4.5.1 Généralités
Il est prématuré de généraliser le comportement des argiles varvées
d'un ou deux sites particuliers, à celui de toutes les argiles varvées
du nord-ouest québécois. L'anisotropie naturelle de ces dépôts doit
être étudiée davantage, et d'autres données géotechniques sur d'autres
sites doivent être compilées.
Certains aspects peuvent toutefois être pris pour acquis ou mis à
jour; nous tentons dans les prochaines lignes d'extraire ces éléments
-104-
des deux paragraphes précédents, 4.3 et 4.4, afin de mieux définir un
comportement général des argiles varvées.
Ainsi par exemple, une stratigraphie régulière d'un dépôt varvé permet
de l'analyser d'une manière homogène avec plus de chances de succès.
On se souvient pourtant du milieu souvent changeant et turbulent dans
lequel les varves se sont formées, et l'on doit donc s'attendre à des
anomalies notables dans le dépôt. Une strate peut présenter un chan-
gement de faciès majeur, comme une grosse différence de compressibi-
lité, ce qui peut être la cause d'une forte augmentation de la
pression interstitielle. Celle-ci est en général plus forte dans une
couche argileuse foncée que dans une couche silteuse pile, mais une
surconsolidation locale ferait observer l'inverse. La présence d'une
couche de silt, ou de sable fin, liche ou uniforme, susceptible de
devenir la couche faible du dépôt, pourrait être le siège de fortes
pressions et de cisaillements. On doit savoir d'autre part que si
l'argile varvée ne semble pas sensible au remaniement quand elle est
intacte, elle le devient grandement à partir d'un certain stade de
destruction; en d'autres termes, c'est une argile rigide, mais
fragile.
Nous présenterons successivement dans les paragraphes suivants,
quelques éléments de comportement des argiles varvées, de tassement,
de liquéfaction, d'érosion, de stabilité de pentes et de fondations.
4.5.2 Tassement
Sous l'action d'une surcharge (ou d'un abaissement de nappe), il est
claire que l'argile varvée tasse, plus fortement dans les couches
argileuses foncées que dans les couches silteuses piles. Si la pres-
sion de consolidation appliquée dépasse a'p, il est bon de savoir:
- qu'il existe au passage de a'p , une bonne période de temps où la
pression interstitielle reste faible mais constante, alors que des
-105-
tassements importants se produisent, en correspondance avec l'écra-
sement progressif de la structure et une destruction des liens de
cimentation;
- que cette pression appliquée semble devoir dépasser O ' p d'au moins
30% avant que la résistance au cisaillement réaugmente; le tasse-
ment se poursuit mais de manière moindre (4.4.2.3).
Il semble par ailleurs (Lacasse et Ladd, 1977) que la grande majorité
des tassements dans un dépôt d'argile varvée, se produise dans les
cinq premiers mètres. Nous signalerons enfin qu'il est difficile dans
ces dépôts, de déterminer des vitesses de tassement et de différencier
les tassements primaires des secondaires (Dascal et al. 1973, et para-
graphe 4.4.2.2)
Sous une sollicitation cyclique (vibration), le tassement est proba-
blement beaucoup plus faible et reste mineur par rapport à celui qui
est occasionné dans un sol granulaire. Il augmente bien sûr quelque
peu dans le domaine normalement consolidé, et davantage quand la pres-
sion de consolidation atteint une certaine valeur critique assez éle-
vée (4.4.2.4). Le tassement se produirait dans les deux couches, car
la sollicitation cyclique aurait tendance à uniformiser les pressions
interstitielles. Ces résultats proviennent d'une étude de l'effet des
sollicitations cycliques verticales; rappelons que les sollicitations
cycliques horizontales sont beaucoup plus néfastes mais que leurs
effets sur les argiles varvées n'ont pas encore été étudiés à notre
connaissance.
Admettons de manière générale, que la consolidation d'un dépôt d'agile
varvée est retardée par rapport à celle d'un dépôt d'argile plus homo-
gène, en raison de sa nature très stratifiée (Capozio, 1980); ceci
expliquerait aussi en partie que sa résistance n'augmente pas autant
qu'on pourrait le croire.
-106-
4.5.3 Liquéfaction
Suite à ce qui vient d'être dit, la liquéfaction n'a pas non plus de
chance de se produire sous l'action d'une contrainte cyclique verti-
cale; mais l'inconnue reste entière quant à l'effet d'une contrainte
cyclique horizontale. De plus, les chances d'une liquéfaction locale,
préjudiciable pour la stabilité des couches susjacentes, augmentent
énormément avec la présence d'une couche sableuse uniforme susceptible
de se liquéfier facilement.
En tout état de cause, et en l'absence de données supplémentaires,
l'argile varvée ne semble pas facilement liquéfiable tant qu'elle
reste intacte ou tant que sa structure n'est pas entièrement détruite.
Par contre, l'argile varvée remaniée peut devenir très liquéfiée,
ainsi que le montre les évènements survenus aux mines Belmoral
(Lebuis, 1980) et Bettie (Eden, 1964). Des observations faites récem-
ment sur le site de la mine Gallen et de l'ancienne mine Du Magami
tendent à prouver la mime chose; dans le premier cas, les circonstan-
ces géomorphologiques empêchèrent le matériel de s'écouler; dans le
deuxième cas, la coulée d'argile provenait d'un remblai hétérogène
(argile et cailloux déjà remaniés), constitué des dépôts superficiels
de la mine à ciel ouvert.
Les caractéristiques de l'argile varvée corroborent ces indications.
Les propriétés physiques de liquidité ne sont pas défavorables le plus
souvent, puisque l'indice de liquidité est rarement supérieur à 1,5 et
la limite liquide presque jamais inférieure à 45%. Les propriétés
mécaniques nous laissent croire que l'argile varvée a une assez bonne
tenue, tant que la pression de préconsolidation n'est pas dépassée;
par ailleurs, la sensibilité reste toujours relativement faible: sa
valeur ne dépasse pas 10 ou 20.
Enfin, l'observation visuelle, et un essai de frottement de deux
parties argileuses l'une contre l'autre, ou des-doigts sur un morceau
-107-
d'argile, montrent que l'argile varvée est notablement plus difficile
à faire couler que certaines argiles marines.
Par contre, les conditions d'eau du dépôt, ainsi que les conditions
d'eau extérieures au dépôt mais qui viennent modifier les caractéris-
tiques et l'équilibre du dépôt varvé, sont des éléments très néfastes,
qu'il convient d'essayer de détecter et d'analyser. Ce dernier point,
l'apport d'eau extérieur, doit d'ailleurs être mis à l'ordre du jour
des chercheurs pour en observer et quantifier les effets, puis en
tenir compte.
Rappelons en dernier lieu que l'argile varvée est bien susceptible de
se liquéfier si elle est remaniée et surtout si l'énergie nécessaire
pour la remanier existe pendant une période de temps suffisante.
4.5.4 Erosion
Chapuis et al. (1979) montre que la susceptibilité à l'érosion fait
intervenir deux sortes de caractéristiques de l'argile. La résistance
maximum que les sols argileux peuvent opposer à l'érosion, ou la con-
trainte du cisaillement générée par l'écoulement au contact du sol,
définit le premier critère. Le deuxième fait intervenir la minéra-
logie et les propriétés physico-chimiques de l'argile et de l'agent
responsable de l'érosion. Le problème est complexe et les méthodes
d'évaluation quantitative de l'érosion sont différentes et aboutissent
à des résultats différents (Chapuis, 1979). On peut cependant identi-
fier des éléments favorisant ou défavorisant l'érosion.
Un rapport de dispersion élevé indique que les particules d'argiles
sont très faiblement liées électrochimiquement et qu'elles peuvent
donc être facilement détachées les unes des autres. Dans les argiles
varvées, ce rapport est sans doute assez faible étant donné leurs
liens de cimentation assez fort; Lefebvre (1977) rapporte que des
essais de "susceptibilité à l'érosion interne" (pin hole test)
-108-
indiquent que les argiles d'Olga, classifées comme non dispersives
dans leur état non remanié, deviendraient fortement dispersives après
complet remaniement.
La faible concentration en sels minéraux dans les argiles varvées,
nous indique que les eaux de circulation n'ont pas beaucoup de sels à
transporter, diminuant ainsi les possibilités d'érosion. Celle-ci
dépend aussi des caractéristiques de perméabilité.
La température de l'eau relativement basse dans le nord-ouest,
favorise peu les échanges physico-chimiques, et rend les argiles
varvées moins érodables.
L'érosion se produit aussi au pied des talus par les rivières, et
occasionne des glissements peu profonds, qui resteront relativement
mineurs tant que ces rivières seront à leur stade de jeunesse. Les
rives d'argiles varvées semblent cependant assez stables en général.
L'influence du lessivage sur les caractéristiques de consolidation et
de résistance de l'argile du site d'Olga a été étudiée à l'Université
McGill pour le compte de la SEBJ. Nous ne connaissons pas les résul-
tats ni ne possédons d'autres informations sur le lessivage des argi-
les varvées.
4.5.5 Stabilité des pentes
De manière générale, il semble que les pentes d'argiles varvées le
long de cours d'eau restent relativement stables, si ce n'est bien sûr
l'érosion qui vient perturber cette relative stabilité naturelle.
En attendant de bien maîtriser l'influence exacte de la stratification
particulière des argiles varvées, le concepteur a recours aux méthodes
classiques d'analyse de stabilité des pentes. En multipliant les
analyses de cas et en utilisant toujours la mime méthode d'analyse, il
-109-
sera toujours possible d'adapter pour les argiles varvées, une méthode
d'analyse calibrée et performante. Ceci dit, nous devons garder à
l'esprit que c'est souvent une anomalie locale non détectée ou un
évènement particulier dont on a négligé l'importance, qui génère une
stabilité précaire.
Chaque école tente donc de perfectionner sa propre méthode d'analyse.
Il n'est pas question de présenter ici toutes ces méthodes. Le
lecteur pourra cependant se reporter aux travaux récents réalisés à
l'Université Laval ou à l'Université de Sherbrooke. Les lignes
suivantes relatent quelques éléments spécifiques à quelques auteurs.
Eden (1964) rappelle que la règle de Terzaghi sur la hauteur critique
(Hc = 4 c/ Y) peut donner une indication de stabilité. Laverdière
(1975) souligne les difficultés d'interprétation à partir du scissomè-
tre (Nilcon en particulier) et propose une méthode d'analyse par la
résistance résiduelle qui tiendrait compte de la plasticité de l'argi-
le, même si elle est inférieure à la réelle valeur mobilisée le long
de la surface de rupture. Kenney (1976 et 1977) conseille de faire un
calcul de stabilité en contraintes effectives comme si le dépôt était
homogène et de tenir compte de l'influence un peu renforçante de la
couche de silt. Lacasse et al. (1977) préfèrent utiliser une analyse
en contraintes totales, et pensent que la rupture peut être décrite
par un arc circulaire, même si le sol est stratifié; ils admettent que
la recherche concernant l'anisotropie de résistance doit être poursui-
vie. Ladd et Foott (1977) passe en revue les méthodes d'analyses
qu'ils ont appliquées aux argiles varvées nord américaines; ils pré-
sentent les analyses en cas non drainé, drainé et semi-drainé, et
préconisent la méthode Shansep (méthode en contraintes totales).
Lefebvre (1977) montre qu'on ne peut utiliser les valeurs de résis-
tance données par les essais triaxiaux sans tenir compte du taux de
cisaillement, de l'anisotropie de résistance, de la rupture progres-
sive. Tavenas et al. (C.G.J., vol. 17 (1), 1980) suggère d'utiliser
la résistance à l'état critique en fonction de la profondeur, mais
-110-
l'application aux argiles varvées n'est pas rapportée. Les labora-
toires Ville-Marie (rapport géotechnique - Belmoral, 1980) font des
essais CID et se servent d'un programme basé sur Bishop modifié.
Lefebvre (C.G.J., vol. 18 (3), 1981) vante l'avantage d'une méthode
basée sur la résistance à grande déformation, mais il reste à l'appli-
quer aux argiles varvées. Desrosiers (1981) prétend que l'angle de
frottement assez élevé de l'argile varvée, a tendance à créer un
cercle de rupture peu profond; il pratique aussi la méthode d'analyse
de Bishop modifié.
De façon générale, tous les auteurs admettent que la méthode et les
paramètres de résistance doivent être choisis en tenant compte du fait
que la résistance horizontale de l'argile est plus faible que la
résistance verticale. L'étude la plus complète sur la stabilité d'une
pente d'argile varvée est rapportée au paragraphe 4.4.3.3.
Un ordre de grandeur raisonnable de paramètres effectifs serait
d'après nous, et après analyse de cas, c' = 5-7 kPa et (P' = 24-25'.
Les données sont cependant insuffisantes pour garantir cette moyenne.
Tout comme les argiles homogènes, les dépôts d'argiles varvées
n'échappent pas à l'influence des paramètres climatiques (pluie,
neige, vent, température, etc.), à l'action des eaux souterraines
(fluctuation de nappes, pression artésienne, etc.) et des conditions
de drainage, d'infiltration, de fissuration. La résistance de l'argi-
le varvée est aussi soumise à l'effet du temps et sa résistance à la
rupture ne peut non plus être déterminée de façon précise dans l'état
actuel de nos connaissances. Nous pouvons aussi déceler des indices
de rupture imminente par les déformations de fluage qui précèdent la
rupture, comme dans beaucoup d'autres sortes de dépôts argileux. Nous
devons aussi accumuler les informations in situ (nord-ouest québécois
ou région du nord-ouest), de climat, nappes, pressions intersti-
tielles, etc... afin de mieux analyser et prédire les glissements
dans les pentes d'argiles varvées; on imagine que la compilation de
-111-
glissements déjà survenus dans les argiles varvées et de glissements à
venir lors d'excavations par exemple, devrait permettre de prédire la
durée de vie des talus, comme Leonards (1979) le fait dans les argiles
de Londres, en traçant l'inclinaison des pentes rupturées versus la
durée de vie, pour différentes hauteurs de talus.
Nous rappellerons en dernier lieu que la rupture d'une pente, d'argile
varvée en particulier, est un concours de circonstances défavorables.
4.5.6 Stabilité de fondations
Le sujet est là aussi illimité, surtout quand on considère le dépôt
d'argile varvée comme homogène. Quelques éléments de stabilité de
remblais sur sols mous figurent dans Bouchard et al. (1982, B7). Dans
l'attente de données supplémentaires spécifiques aux argiles varvées
(Capozio et al., 1980) on peut appliquer ces considérations générales
à l'étude d'un remblai de résidus miniers sur argiles varvées.
Si l'on veut tenir compte de la nature particulière de la fondation
d'argile varvée, on doit bien sûr penser à l'anisotropie de résis-
tance, mais on doit suivre aussi le vécu de la construction très
précisément (le poids du remblai en particulier). A notre connais-
sance, nous ne possédons qu'un seul cas de remblai sur argile varvée
analysé dans le détail: celui d'Olga près de Matagami et nous conseil-
lons le lecteur de se reporter aux paragraphes 4.4.2.2 et 4.4.2.3 ou à
la littérature le concernant depuis 10 ans (Dascal et al., Lefebvre et
al., SEBJ, etc.).
De façon générale, nous croyons raisonnable de généraliser à
l'ensemble des argiles varvées, les trois points suivants:
- l'application d'une surcharge aurait tendance à différencier davan-
tage les teneurs en eau entre couches foncées et piles; les couches
argileuses se compriment plus que les couches silteuses.
-112-
- Dès que la pression appliquée par le remblai excède la pression de
préconsolidation, des tassements importants peuvent se produire
pendant une assez longue période de temps, alors que la pression
intertitielle reste faible et constante, et avant que la résistance
au cisaillement réaugmente à long terme.
- L'éventuelle plus forte perméabilité horizontale ne facilite pas
forcément la dissipation des pressions interstitielles, surtout si
les couches sont minces.
Il faut se rappeler de plus que la régularité d'un dépôt d'argile
varvée est loin d'être toujours assurée, et chaque cas devrait
nécessiter une étude particulière.
Nous avons vu qu'il est difficile de tenir compte de l'anisotropie de
résistance, surtout que celle-ci n'est pas évaluée avec certitude.
Certains programmes automatiques par éléments finis le permettent
cependant; certains auteurs en proposent une estimation empirique, de
manière simple comme Kenney (1976-1977), ou en utilisant un facteur de
correction en fonction de l'indice de plasticité, comme Dascal et al.
(1976); ce dernier établit en même temps une corrélation empirique due
à l'effet du temps et à la rupture progressive. La SEBJ (1978) déter-
mine l'anisotropie de résistance par des essais de laboratoire.
En dernier lieu, nous signalerons l'importance de l'influence du gel
et dégel: un remblai construit sur un sol gelé, peut subir des désor-
dres notables au moment du dégel.
-113-
5. PROBLEMES MINIERS
5.1 Identification
Les problèmes miniers sont multiples; nous nous intéressons dans ce chapitre
à ceux qui sont causés par la présence des dépôts meubles. Identifier les
problèmes, les prévenir et les éviter, est une tâche faisable; mais puisque
ce travail coûte cher, les exploitants miniers cherchent à trouver l'optimum
qui permettra de garantir la sécurité sans trop diminuer le coût de
production; cet optimum est par contre plus difficile à évaluer.
Le premier problème qui vient à l'esprit est celui de la stabilité des
pentes dans une mine à ciel ouvert, associé à un éventuel éboulement des
dépôts superficiels dans le fond de la mine. Si ces dépôts sont granu-
laires, la solution viendra surtout d'un contrôle efficace de l'eau souter-
raine, l'angle de la pente avoisinant l'angle de repos du matériau. Si le
sol est cohésif, la stabilité de la pente dépendra de sa perméabilité et de
sa résistance au cisaillement.
La deuxième étude est celle de la stabilité des résidus miniers. Elle
concerne donc aussi bien la structure du remblai de retenu que la fondation.
La structure du remblai sort un peu du cadre de cette étude, mais les deux
aspects sont interreliés et seront donc traités.
Nous aborderons ensuite le problème d'affaissement lié au sous-minage. Même
si cette question doit d'abord être résolue en terme de mécanique des
roches, il est clair que le sol intervient dans le phénomène; nous cherche-
rons à savoir quel est son rôle, selon ses propriétés et les circonstances,
et quelles seraient les causes et les précautions à prendre.
Dans une quatrième partie, nous analyserons un aspect important de l'acti-
vité minière: le dynamitage et les vibrations. L'impact de ces activités a
fait l'objet de nombreuses études quant à l'effet sur les bâtiments, mais il
-114-
en existe très peu à notre connaissance, quant à l'effet des vibrations sur
le sol. Il sera en particulier question de leur influence sur la stabilité
des pentes de mines à ciel ouvert, sur la stabilité des résidus miniers, ou
tout simplement sur la susceptibilité de certains sols.
En dernier lieu nous passerons en revue les problèmes d'environnement et de
pollution qui découlent d'une exploitation minière; dans la mesure où ces
problèmes affectent tout particulièrement les sols, nous tenterons de les
identifier et de proposer quelques solutions.
Nous croyons que les cinq plus gros problèmes miniers vis-à-vis des sols ont
été cités; ce sont ceux qui sont traités dans la suite de ce travail, en
s'intéressant particulièrement pour chacun d'entre eux, à l'influence de
l'eau, des écoulements d'eau.
Nous pouvons en énumérer quelques autres, par exemple la construction de
routes, les conditions climatiques (hiver sévère) et de drainage (beaucoup
de tourbières) confèrent quelques difficultés à la réalisation des routes
minières. Nous pouvons évoquer aussi quelques problèmes de fondation des
bàtiments situés au-dessus ou proches des mines, en liaison avec la fluctua-
tion des eaux souterraines, la pollution, les vibrations, les déformations
éventuelles du sol.
5.2 Stabilité des pentes de mines à ciel ouvert
5.2.1 Causes de l'instabilité
Nous avons déjà mentionné qu'une instabilité résulte d'un concours de
circonstances défavorables. Toutes n'entrent pas en ligne de compte
et certaines sont plus préjudiciables que d'autres, selon le cas.
Sans leur affecter un degré d'importance, nous les énumérons dans les
lignes qui suivent. Certains facteurs agissent à long terme, d'autres
à court terme. On distingue les facteurs internes, c'est-à-dire ceux
qui découlent des propriétés mécaniques du sol, et les facteurs
-115-
externes, comme la géométrie des pentes, les surcharges au sommet de
pente, l'excavation au pied de pente, les vibrations; les variations
de nappe et les écoulements d'eau peuvent être classés dans l'une ou
l'autre de ces catégories. On peut aussi séparer les causes
lointaines, des causes immédiates. Les premières établissent les
conditions d'instabilité, alors que les secondes sont celles qui
précipitent le glissement (cf. rapport Asbestos; service de
Géotechnique du MRN, 1975).
A) Causes lointaines
La variation continuelle de la hauteur et de l'angle de la pente, au
fur et à mesure de l'exploitation de la mine, entraîne la perpétuelle
remise en cause de l'évaluation de la stabilité. Comme celle-ci est
estimée par l'exploitant sous forme de compromis entre une pente trop
douce et trop chère, et une pente trop raide susceptible de s'effon-
drer, elle est sans arrêt incertaine, et les chances d'une évaluation
plus marginale peuvent exister à un moment donné.
Les conditions géologiques changeantes jouent à cet égard un rôle es-
sentiel. Ce sont aussi la variation de l'épaisseur des dépôts meubles
et de l'inclinaison, et la nature de la surface de contact sol-roc,
dont on doit vérifier si elle ne s'accentue pas vers le puits dans le
mauvais sens. Les changements de caractéristiques des matériaux
impliqués au fur et à mesure de l'avancement des travaux, peuvent
fausser l'estimation de la stabilité, surtout si l'exploration géo-
technique n'a pas détecté cette variation de facies.
D'autre part, les conditions d'exploitation sont aussi susceptibles
d'affecter la stabilité, par exemple en excavant trop le pied de
pente, ou en surchargeant le sommet.
En définitive, la stabilité du mort-terrain doit être réévaluée après
chaque opération minière, en tenant compte des nouvelles données, à
-116-
savoir en particulier: la stratigraphie du sol, les caractéristiques
des différentes couches, l'histoire des mouvements antérieurs, le
profil du roc, le profil et la hauteur de la pente, les conditions
d'eau.
B) Causes immédiates
Ces causes accélèrent le processus et font osciller légèrement le
facteur de sécurité. Elles peuvent être externes (angle trop abrupt
ou dynamitage trop néfaste), et sont le plus souvent reliées aux
fluctuations rapides de la nappe phréatique, et à l'augmentation
rapide de pressions interstitielles.
Cette hausse rapide des pressions d'eau dans le sol peut provenir du
gel des parois de l'escarpement, de fortes pluies, ou d'une montée de
la nappe due au mauvais fonctionnement des systèmes de rabattement.
Le gel des parois permet l'accumulation d'eau en arrière de celles-ci,
en particulier quand les eaux de ruissellement, de pluies ou de ruis-
seaux, sont mal canalisées, ou quand les systèmes de drainage dans la
pente et au sommet, sont inexistants ou ne remplissent plus leur
rôle.
La création et l'existence de fissures, failles, ou ancien plan de
glissement, ou surface préférentielle, sont bien sûr des causes sup-
plémentaires d'instabilité, qu'il est souvent difficile d'évaluer, en
admettant qu'elles soient découvertes. On peut ainsi évoquer la désa-
grégation de la surface du sol par décompression des terrains déchar-
gés et par action des agents atmosphériques. Les schémas de drainage
et d'écoulement d'eau souterraine et en surface, évoluent aussi cons-
tamment au cours de l'exploitation. La période correspondant à la
plus forte pression interstitielle doit être déterminée le plus
précisément possible.
-117-
L'effet du dynamitage et des vibrations est difficile à évaluer et
fait l'objet du paragraphe 5.5; on peut d'ores et déjà soupçonner que
le dynamitage pourrait être la cause de création de fissures de
traction, en crête de talus principalement (Richards et al., 1981).
5.2.2 Analyse de la stabilité
Une étude de la stabilité est complexe car elle dépend d'énormément de
facteurs, qu'on ne peut espérer tenir compte que partiellement et au
fur et à mesure qu'ils sont détectés en cours de travaux. Il s'agit
aussi de choisir les bonnes méthodes pour échantillonner, tester les
propriétés des matériaux et savoir adopter les bons essais, les bonnes
machines, les meilleurs niveaux de containte, taux de déformation,
conditions de drainage. Une certaine méthode d'analyse pourra petit à
petit s'avérer plus performante, devenir davantage calibrée pour une
région donnée ou pour une sorte de matériaux tels que ceux du nord-
ouest.
L'ingénieur doit souvent analyser la pente selon différentes combinai-
sons des divers paramètres: les résistances de pic, intermédiaire ou
résiduelle; le drainage assuré, partiel ou nul; la nappe en surface ou
à différentes profondeurs, un écoulement régulier ou non, au pied de
la pente par exemple; un calcul à court terme ou à long terme. Tous
ces calculs aboutissent souvent à un angle de pente qui coûte trop
cher.
Il n'en reste pas moins que le principe de l'analyse de stabilité
repose toujours sur les points de base suivants:
- les propriétés de résistance du sol sont régies par le principe de
Coulomb T = c + a tan (1). Le terme c de cohésion est fonction de la
surface de rupture et n'intervient pas pour un sable; le terme 4 de
friction est fonction de la pression et varie selon le temps, l'eau,
les fissures, etc. Il est certain que les propriétés de résistance
-118-
du sol sont plus importantes pour la stabilité, surtout dans la
section inférieure de la surface de rupture.
- La surface de rupture doit être imaginée; elle est souvent plus ou
moins plane dans les sables et plus ou moins circulaire dans les
argiles, mais dépend beaucoup des conditions locales.
- La stabilité s'exprime par un facteur de sécurité égal au rapport de
la résistance sur la sollicitation.
Toutes les méthodes d'analyse sont basées sur des programmes de calcul
automatique. Leurs différences résident dans la forme de la surface
de rupture, le nombre d'équation d'équilibre et la nature des hypothè-
ses. Les méthodes de Bishop ou de Janbu simplifiées sont en général
assez bien reconnues et employées.
Si l'étude détaillée d'une analyse de stabilité est complexe, il
existe quand mime quelques outils ràpides de design permettant de
dégrossir le problème. Kenney (Brawner and Milligan, 1972) propose de
déterminer l'angle de la pente à l'aide de la figure suivante:
tÔ 2ô 30 40
Angle de frottement
-119-
Si la géométrie de la pente est simple et si le dépôt n'est pas stra-
tifié, les abaques de Janbu permettent de traiter le cas général avec
fissures, surcharges, nappe, et avec des valeurs de c' et 4'.
Une attention particulière doit être apportée aux conditions d'eau.
L'eau est le paramètre le plus important, le plus sujet à variations,
le plus difficile à cerner et souvent trop négligé. Les conditions
d'eau dépendent de la complexité de la stratigraphie, des opérations
de déminage et de pompage-drainage. L'eau peut s'infiltrer dans cer-
taines couches, atteindre des dépressions de la surface rocheuse,
créer des chemins d'écoulement local, des niveaux de sous-pression ou
de sous-drainage, des nappes perchées ou captives. La pression
interstitielle est une fonction complexe du temps et de la profondeur,
selon le climat et le sol. En milieu stratifié, elle varie très vite
dans les couches perméables; les fissures permettent aussi une
diffusion rapide dans le massif de la variation de la pression
interstitielle.
Notons enfin que l'analyse de stabilité doit être davantage précise
dans les sols granulaires lâches ou les argiles molles que dans les
sols granulaires denses et les argiles raides; le décrochement ou le
glissement arrive plus vite dans le premier cas que dans le second.
Nous rappellerons enfin que l'interface sol-roc joue un grand rôle sur
la stabilité du mort-terrain: on doit donc chercher à connaître par-
faitement la topographie du socle rocheux, par géophysique en particu-
lier, afin d'en repérer les ravinements, les pendages.
Notons en dernier lieu que des recherches sont entreprises depuis 1974
par Moran et Cherry (B10), pour analyser numériquement et prédire les
changements de niveau d'eau, d'écoulement et de drainage, suite à une
opération minière. Les auteurs cherchent à évaluer toutes les
-120-
transformations de l'aquifère autour de la mine, au fur et à mesure de
l'avancement de l'exploitation, en tenant compte le mieux possible de
la stratigraphie et des caractéristiques des matériaux.
5.2.3 Recommandations et corrections de l'instabilité
La surface du sol doit bénéficier d'un examen visuel, au sol et du
haut des airs, afin d'identifier les zones de recharge et de décharge
et le drainage superficiel. Au cours des sondages, les couches granu-
laires soumises à des sous-pressions et mal drainées, doivent être
détectées, au moyen d'un piézopénétromètre par exemple. De nombreux
piézomètres devraient être installés un peu partout dans la pente et
au sommet de pente; ils doivent être efficaces (les piézomètres foncés
sont les plus étanches) et lus régulièrement.
La réduction des pressions interstitielles dans la pente est obtenue
en rabattant la nappe phréatique. Deux moyens principaux sont envisa-
geables pour créer un rabattement, la ligne de puits (ou de forages)
ou les drains horizontaux.
Le premier est l'installation d'un rideau de puits, suffisamment loin
du bord du trou (= 200 m) pour que l'avancement de l'exploitation
n'atteigne pas trop vite la zone d'influence de la ligne de puits; les
puits doivent être espacés convenablement (= 50 m) pour que le rabat-
tement soit efficace; le drainage est obtenu à l'aide de pompes.
L'emplacement des puits est choisi en fonction des conditions strati-
graphiques et hydrogéologiques du sol; il faut tenir compte de la
topographie du socle rocheux car elle se réflète sur le réseau d'é-
coulement. L'efficacité du système doit être constamment surveillée à
l'aide des résultats piézométriques. Il existe d'autres systèmes plus
ou moins équivalents, comme celui des pointes filtrantes.
-121-
Le forage de drains horizontaux dans la pente est aussi un moyen effi-
cace de rabattre la nappe et diminuer les pressions interstitielles.
Ils doivent être correctement espacés, verticalement et horizontale-
( ment; l'eau du sol est ainsi capté par les drains légèrement inclinés
vers la mine, puis elle est canalisée et récupérée.
( La stabilité est bien sûr augmentée irrémédiablement si l'on décharge
le sommet de pente, si on l'adoucit, ou si l'on construit un button au
pied de la pente; chaque design doit s'adapter au site. En cas de
stabilité marginale, on recommandera de ne pas effectuer d'opération
minière au pied de la pente 'en question, surtout pendant les périodes
d'hiver et de printemps, où la montée du niveau piézométrique entraîne
la décroissance supplémentaire préjudiciable du facteur de sécurité.
Il est fréquent de projeter une pente en escalier ou avec des bermes.
La hauteur et la position des différents paliers dépendent de la stra-
tigraphie et de l'interface sol-roc; nous devons nous rappeler en
effet que les surfaces de stratification sont des surfaces préféren-
tielles de glissement.
Quand la solution du button au pied de pente est adoptée, il est bon
de s'assurer qu'il existe une bonne résistance au cisaillement entre
le button et le roc sous-jacent, en particulier par un bon drainage et
un nettoyage de la surface de contact. Deux schémas de buttons
(Golder et Ass., 1975) sont présentés aux figures 4 et 5; remarquons
que la méthode A permet un meilleur contrôle de la densité du button
et de sa géométrie, ainsi que de la qualité des matériaux déversés.
Un tel button implanté à la base de la pente, forme un contrepoids.
D'autres interventions peuvent être efficaces pour améliorer la
stabilité, sur la pente elle-même par exemple.
Une pente gelée devrait être graffignée pour que l'eau ne s'accumule
pas sous la couverture gelée.
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Figure 6: Détails de la construction d'un couverture f iltre.
-125-
On doit chercher à éviter une première rupture, même locale, afin de
ne pas créer un autre équilibre instable. On peut déposer pour cela
sur la pente, une couverture de matériau granulaire, rocheux ou de
rebuts miniers, tel que montré à la figure 6 (Golder, 1975); un géo-
textile peut d'abord être étendu sur la pente, puis une couche de
matériaux fins, sable ou résidus miniers, sur 30 à 60 cm d'épaisseur;
on recouvre le tout de matériaux grossiers, cailloux puis roches ou
débris miniers, sur environ 2 m d'épaisseur; un drain est installé
dans la couche de fines au pied de pente, tel qu'illustré sur la
figure 6. Ce travail constitue un poids supplémentaire au pied de la
pente, permet un bon drainage et évite à la pente de geler, et aux
particules fines d'être emportées.
Parfois, la construction de tranchées drainantes dans la pente est
suffisante, à condition que leur profondeur et espacement soient
adéquates. Elles sont perpendiculaires au trou de mine, remblayées de
sables et graviers, et peuvent avoir les dimensions suivantes: 50 cm
de largeur, 5 m d'espacement, 3 m de profondeur maximum en crête du
talus.
L'installation d'un bon filtre au pied de la pente est essentiel,
puisque c'est un lieu de sous-pressions où débouchent bien souvent des
écoulements préférentiels; ça sert de plus de contrepoids.
La pente d'une mine peut aussi être stabilisée artificiellement, par
cables précontraints, tirants ou ancrages, par cimentation ou projec-
tion de résines ou autres produits chimiques, par traitement électro-
chimique des argiles ou densification des sables; dans certains cas
les techniques de congélation ou d'électro-osmose peuvent être avanta-
geusement employées. Cette dernière méthode contribue à augmenter la
résistance du sol, si la perméabilité des matériaux est trop faible
pour que le drainage soit efficace, et à diminuer la pression
interstitielle (Filliat, 1981, B12). Le lecteur se reportera à des
références spécialisées sur ces diverses méthodes.
-126-
Par ailleurs, l'élimination des infiltrations superficielles par un
réseau de rigoles, l'obturation des fissures superficielles, la pose
d'une feuille de polyane (ou d'un revêtement étanche) sur la pente,
représentent des actions qui parfois ne sont pas à négliger.
Nous mettrons l'accent en dernier lieu sur quelques phénomènes
importants.
Le drainage de matériaux argileux provoque leur consolidation progres-
sive: un certaine méfiance doit être portée aux désordres qui peuvent
en résulter, ne serait-ce que sur les constructions avoisinantes. A
ce sujet, on définit souvent une zone tampon autour de la mine (rap-
port MRN, Asbestos, 1975), ou zone sécuritaire où toute activité est
suspendue. Elle est variable et dépend de l'aspect dynamique de l'ex-
ploitation, mais aussi de conditions géologiques (nature et épaisseur
des dépôts meubles), topographiques (du socle rocheux) et mécaniques
(des matériaux).
Les anciennes surfaces de glissement constituent un danger potentiel à
tout moment. La résistance du sol est résiduelle à ce niveau et toute
réactivation du mouvement (par exemple par excavation en pied, ou sur-
charge en tête de talus, ou variation des pressions interstitielles)
peut provoquer la rupture totale instantanément; on peut noter en
effet qu'il n'y a pas d'anti-écrouissage, donc pas de phénomène auto-
accéléré dans un cas de réactivation. Le problème est en général de
détecter ces surfaces préexistantes si elles sont antérieures à
l'ouverture de la mine; par contre, celles qui se sont produites en
cours d'activité doivent être enregistrées et traitées. Il arrive
fréquemment dans ce cas, que le régime hydraulique soit perturbé par
cet ancien glissement, ou qu'un éboulis argileux vienne bloquer le
drainage de couches plus perméables.
-127-
Dans une pente argileuse, la rupture est toujours précédée d'un phéno-
mène de fluage, visible principalement vers le bas de la pente. Si
l'on observe attentivement ces déformations, on s'aperçoit que leur
vitesse augmente; on peut démontrer en fait (Tavenas et al., 1977 à
1981, 65) que le processus s'auto-accélère jusqu'à la rupture; ceci
veut dire qu'une observation précise et instrumentée des déformations
et des vitesses de déformation peut conduire à la prédiction d'un
glissement. Cette quantification du fluage se fait surtout au pied de
la pente, soumis à une forte concentration de contraintes. On exprime
l'évolution du fluage par une courbe log (vitesse de déformation)
versus log (temps). Si la pente m de cette courbe est inférieure à 1,
le fluage s'accélère rapidement vers la rupture; si m = 1, le fluage
est linéaire en log t; si m > 1, le fluage s'amortit et les déforma-
tions finissent par s'arrêter. Par ailleurs, le fluage est d'autant
plus fort que la contrainte effective (auquel le sol est soumis) se
rapproche de la pression de préconsolidation; dans le mime temps,
celle-ci diminue, ainsi que la résistance de la structure argileuse.
Tous ces phénomènes seront largement amoindris si les pressions inter-
stitielles se dissipent facilement, c'est-à-dire si les procédés de
drainage sont efficaces. Notons enfin que le fluage peut être varia-
ble dans le temps: la vitesse de déformation est forte en période de
nappe haute, et faible en période de nappe basse.
En définitive, une pente à stabilité marginale subit des déformations
importantes, saisonnières et visibles, qu'il convient donc d'observer
attentivement. On peut citer à cet égard l'exemple du glissement dans
la mine Asbestos en 1975: une accélération importante des déplacements
a été relevée la journée précédant le glissement, les déplacements
eux-mêmes étant d'environ 3 cm par jour.
-128-
5.2.4 Instrumentation
Il s'avère extrêmement nécessaire d'évaluer quantitativement et quali-
tativement les déplacements des parois de la mine et des replats
adjacents. Un réseau d'observation efficace doit être mis en place;
différents systèmes peuvent être utilisés: arpentage, inclinomètre,
piézomètre, nivellement, géodimètre, système d'alarme, photographie,
pour ne citer que les plus courants.
Un système d'arpentage de précision est constitué d'un appareil de me-
sure de di tances, à l'aide d'un rayon laser et de cibles placées aux
bons endroits. Les composantes verticales et horizontales de la
distance ne sont pas déterminées; les graphiques distances versus
temps, permettent d'évaluer rapidement la vitesse des déplacements.
Ce système n'empêche cependant pas les procédés classiques d'arpen-
tage, à l'aide des théodolites par exemple, d'être toujours autant
justifiés.
L'inclinomètre est constitué de tubes rigides enfoncés à de grandes
profondeurs dans le sol. Tout mouvement latéral déforme le tube, et
l'ampleur de la déformation est évaluée au moyen d'une sonde descendue
régulièrement dans le tube. La sonde mesure avec une grande précision
l'inclinaison des parois du tube aux points de lectures, qui sont
localisés à tous les mètres à partir du bas.
La sonde est reliée à un poste de lecture et les résultats sont obser-
vés sur un voyant. Les données obtenues sont mises en graphique et on
obtient la forme du tube. En comparant avec les lectures antérieures
on peut voir tout déplacement du sol, et aussi localiser les plans de
rupture. L'emploi de cet appareil est délicat et l'obtention des
résultats n'est pas immédiate, à cause de la complexité de la mise en
graphique. C'est cependant un moyen excellent pour l'observation à
long terme.
-129-
Les piézomètres permettent de connaître les fluctuations de la nappe
phréatique, et de mesurer les pressions interstitielles de l'eau
contenue dans le sol. Ce sont des tubes enfoncés dans le sol aux
niveaux où l'on désire observer la nappe. Un élément capteur est
placé au bas du tube et est isolé des couches supérieures. On mesure
la hauteur de la nappe directement dans le tube, à l'aide d'un fil
dont on connaît la longueur, et qui décèle la présence de l'eau. Ce
système est d'emploi simple et rapide.
Un réseau de nivellement est constitué de repères dont on mesure le
niveau quotidiennement, par une méthode d'arpentage conventionnelle;
tout déplacement vertical est rapidement décelé; ces repères sont
situés près de l'escarpement. On peut aussi compléter ce réseau par
des nivelles à bulle très sensibles à tout mouvement, et lisibles
immédiatement.
Le géodimètre mesure des grandes distances de 2 km avec une précision
de 4 à 6 mm. Certains géodimètres ou théodolites, à optique micromé-
tique ou électronique, mesurent des distances de 3 km à + 0,2 mm de
précision, et des angles à + 3 secondes. Les systèmes dT alarme
servent pas exemple en périphérie des secteurs évacués (zone tampon);
un système d'alarme est relié à une sirène qui ne peut fonctionner que
si les deux repères qui le composent, se déplacent simultanément.
Notons qu'il existe aussi des systèmes de détection sensorielle de
bruit.
Les appareils photogaphiques et de caméra peuvent aussi être utilisés
avantageusement pour suivre le comportement d'une pente (Shields,
1981). Ils permettent de visualiser les changements et mouvements de
la pente, et de surveiller à distance un gros secteur en mime temps,
sans l'intervention d'aucun opérateur.
-130-
En dernier lieu nous citerons l'importance des renseignements fournis
par les systèmes permettant de mesurer les quantités d'eau qui sortent
des drains.
Les systèmes d'observation nécessitent la présence continuelle sur les
lieux, d'un employé ressource qualifié, chargé de les surveiller et
les entretenir, et de les lire. Il doit récolter, analyser et synthé-
tiser les résultats de tous les systèmes d'observation, en contact
constant avec les ingénieurs conseils, et participer à toutes les
réunions d'information. Une autre personne ou un comité de surveil-
lance, non relié à l'exploitation afin d'éviter le conflit d'intérêt,
devrait pouvoir décider d'interrompre l'exploitation en cas critique.
Des critères permettant de préciser les situations critiques devraient
être établis; ils peuvent être basés par exemple sur les taux d'accé-
lération des déplacements, quitte à ce qu'ils se précisent avec l'ex-
périence, même si quelques fausses alertes sont données. Enfin, le
système de transmission des données et des informations, ainsi que la
collaboration entre les différents organismes concernés, doivent être
efficaces.
5.3 Stabilité des résidus miniers
5.3.1 Identification des problèmes
L'entreposage et le traitement des déchets de la mine font partie
intégrante des coûts de production. Un site particulier doit être
sélectionné à la suite d'une reconnaissance géotechnique, à l'aide de
cartes géologiques, photos aériennes, forages, essais de pompage,
géophysique et à la suite d'une étude d'impact environnemental. Les
résidus miniers, c'est-à-dire les matériaux et eaux usées inutilisa-
bles après extraction du minerai, doivent alors être érigés comme une
structure de génie civil; une étude de mécanique des sols devrait donc
précéder la construction d'une telle structure, qui doit être suivie,
-131-
pendant et après la construction, autant pour ce qui est du sol de
fondation, que pour le remblai lui-même. Selon la nature des résidus
qui vont être déposés, selon la nature de la fondation et le genre de
construction envisagée, il est essentiel de choisir un lieu de stocka-
ge suffisamment éloigné des trous de la mine et des bâtiments.
La disposition des déchets miniers comprend la construction d'un
remblai proprement dit avec les matériaux de la mine; il est chargé de
retenir la boue minière; cette boue consolide sous son propre poids,
les particules solides se séparent de l'eau qui reste en surface.
Ce stockage de stériles, réalisé au fur et à mesure de l'exploitation
de la mine, occasionnent souvent les déboires suivants:
rupture des pentes de remblai, rupture de la fondation;
tassements du sol de fondation et tassements différentiels des
matériaux de remblai, des sols fins, des boues minières et donc
apparition de fissures de tension;
forte érosion du niveau du pied du barrage et sous le barrage, par
insuffisance du drainage;
- radioactivité de certains résidus;
accroissement de la température des résidus huileux.
Les déchets miniers se composent en fait de résidus grossiers, sable,
cailloux, roches et de résidus fins, silts, argiles, farine de roche,
limons, vases, boue. Les premiers proviennent essentiellement d'une
séparation mécanique et les autres d'une séparation chimique, au
moment de l'extraction du minerai.
Les dépôts meubles de surface (la croate), les cailloux et roches,
sont le plus souvent entassés à part, séparément, de façon à pouvoir
éventuellement les utiliser. Ces entreposages ne posent en général
pas trop de problèmes, bien que les matériaux finissent par s'altérer
-132-
dans le temps; les shales peuvent se transformer en argile, les roches
peuvent se fendre (par le gel) et se désintégrer par lessivage; la
stabilité diminue, des pressions d'eau peuvent se créer, entrainant
des ruptures et éboulements plus ou moins boueux surtout après une
bonne pluie (Golder, 1979, B12).
Les matériaux fins proviennent du broyage de la roche mi néral i fère et
sont mélangés avec de l'eau; ils deviennent vaseux et boueux; 80% des
particules passent le tamis 200; leur perméabilité est de 10-3 à
10-6 cm/s. Ils sont rejetés dans un réservoir, retenu par une digue
construite avec la partie grossière des résidus, du sable en général.
En se déversant, les plus grosses particules de la boue se déposent
proche de la digue, tandis que les plus fines et l'eau vont se déposer
ou stagner plus loin vers le centre du réservoir.
La hauteur de ces constructions et stockages, augmente en même temps
que la poursuite des. opérations minières; les problèmes tels que ceux
énumérés précédemment, commencent alors à survenir, dépendamment de la
méthode employée pour ériger la digue de retenue, et de la nature des
résidus miniers.
5.3.2 Méthodes de constuctions, stabilité
A) Méthode de construction
Trois méthodes classiques de construction de digue de retenue ont été
pratiquées dans le passé; elles sont illustrées à la page suivante
(fig. 7) et discutées par plusieurs auteurs: Casagrande et McIver
(Brawner et Milligan, 1971), Brawner et Campbell (1973), Righter et
Tobin (1980).
La méthode "upstream", la plus ancienne, présente deux gros inconvé-
nients: elle ne permet pas un compactage efficace de chaque petite
digue construite successivement, à moitié - l'une sur l'autre; il est
a) Méthode "upstream"
Digues futures
V
Digues
subséquentes Résidus gr•—iers -
/ Surface de rupture critique
Isable~Surface de rupture critique ' pour un remblai haut
pour un remblai bas ~—
Résidus fins
_~-- g:17.3 kN/m'
Digue initiale perméable
b) Méthode "downstream"
Digue future ~ -C
jCouche imperméable
Tuyau de déversement
\— Eaux minières
. Compacté - Digues subséquentes
Sable
Filtre de pied"" Sables, c .' x ~ `ésidus fins
tout ant
Couche drainante Digue initiale imperméable
c) Méthode "centreligne"
Digues futures
Digues subséquentes...,'"
~
` Tuyau de déversement
f~ Eaux minières
Filtre de pied
Sade Résidus fins
Couche drainante "— Digue initiale imperméable
Figure 7 :Méthode de construction des remblais de résidus miniers.
-134-
difficile de prévoir une couche drainante entre le barrage et la fon-
dation. Ces dispositions conduisent à des risques d'érosion et d'é-
coulement sur la pente extérieure; les surfaces de rupture sont de
plus en plus probables au fur et à mesure que le remblai monte, car
elles englobent davantage de zones à sols fins et de boues. Une
surveillance instrumentale (piézomètres et pénétromètres) doit être
constamment maintenue dans ce cas. En définitive, cette méthode doit
être oubliée (Golder, 1979).
Les deux autres méthodes répondent à la nécessité absolue de compacter
les matériaux, permettent d'éloigner relativement la boue dans le
réservoir et prévoient une extension de la couche de drainage; un
système de drains doit de plus être prévu pour récupérer les eaux plus
ou moins contaminées qui proviennent du réservoir et ont traversé le
remblai. Les méthodes de construction classiques de barrage en terre
(en stériles dans le cas présent) avec noyau vertical et systèmes de
filtre de transition, sont bien sûr plus sécuritaires, mais ne permet-
tent pas d'en augmenter la hauteur au fur et à mesure de l'exploi-
tation.
11.
Toutefois, des zones et filtres de transition peuvent être mis en
place en même temps que la couche imperméable, sur la face intérieure
en contact avec les résidus fins du réservoir, dans le cas de la
méthode "downstream".
Il est recommandé dans la méthode "centerline" d'excaver et déplacer
davantage les boues vers le centre du réservoir, avant d'empiler une
autre couche par dessus l'autre; un procédé par lavage puis pompage,
peut être employé à cette fin. Il s'agit en fait de repousser le plus
possible la zone de séparation entre les particules fines de la rete-
nue et les particules plus grosses de la digue.
-135-
B) Stabilité
Il est possible d'établir des abaques de design pour barrages de
stériles comme Blight (1969) l'a déjà fait en Afrique du Sud et Mularz
(1977) en Pologne, et comme ça pourrait l'être pour le nord-ouest
québécois. L'inclinaison sécuritaire de la pente est donnée en fonc-
tion de la hauteur de la digue, pour différents taux de construction,
différents cas de fondation (perméable ou imperméable).
Cette inclinaison doit de plus tenir compte de la stabilité souvent
marginale dé cette pente extérieure soumise à une forte érosion lors
de fortes pluies.
Une méthode d'analyse de stabilité doit donc être développée et cali-
brée pour les remblais de stériles du nord-ouest québécois; les carac-
téristiques des relations contrainte-déformation-volume doivent être
étudiées par essais triaxiaux, et des surfaces de rupture concernant
le remblai, l'interface et la fondation, doivent être prédites.
Les barrages de déchets miniers sont en général beaucoup moins stables
que les barrages conventionnels, en raison de la différence de qualité
des matériaux de construction et de la fondation. Les premiers sont
le plus souvent composés de sols fins (silt et sable fin) susceptibles
de liquéfaction, si insuffisamment compactés; leur teneur en eau est
plus forte et leur résistance au cisaillement plus faible. Si le sol
de fondation est un sol granulaire liche, il existe un danger supplé-
mentaire de liquéfaction ; si le sol de fondation est cohésif, la
stabilité dépend de sa résistance au cisaillement et du taux de
construction.
En définitive, de nombreuses déformations peuvent être observées
pendant et après la construction; elles font l'objet du paragraphe
suivant.
-136-
5.3.3 Liquéfaction, tassement, fisuration, érosion, fluage
A) Liquéfaction
Les matériaux entreposés sont sujet à liquéfaction en raison de l'uni-
formité locale de leur granulométrie, de la forte susceptibilité des
sables fins à grains anguleux, et de leur compaction souvent insuffi-
sante et différentielle (d'autant plus que les fines sont difficiles à
compacter). Après avoir été déversés dans la retenue, les dépôts
s'organisent selon la granulométrie; leur perméabilité varie selon la
distance au point de déchargement. Les sédiments les plus grossiers
consolident au fur et à mesure que les dépôts susjacents s'empilent;
les plus fins forment souvent une croûte de surface plus ou moins
imperméable, ce qui retarde le taux de consolidation, et ce qui fait
augmenter les pressions interstitielles. Avant que cette consolida-
tion soit complétée, ces sédiments sont davantage sensibles à la
liquéfaction.
On peut avoir une idée qualitative du potentiel de liquéfaction d'un
stérile en faisant des essais au pressiomètre auto-foreur (Hughes et
al., 1980, B3).
B) Tassements
Des tassements élastiques à effets négligeables se produisent si la
fondation est argileuse raide ou granulaire dense. Si le sol de
fondation est granulaire lèche, on observera des tassements rapides au
fur et à mesure de la construction. Dans le cas d'une fondation argi-
leuse plus ou moins compressible, des piézomètres et tassomètres
doivent étre installés afin de suivre l'évolution de tassements lents
qui peuvent être néfastes à long terme.
Par ailleurs, les dépôts de stériles sont sujets à tassements diffé-
rentiels importants (par différences de compaction) qui entraînent la
-137-
formation de fissures ou autres désordres préjudiciables, étant donné
que la structure n'est pas prévue pour palier à ces phénomènes; en
effet, la construction par étape d'une digue de retenue minière, ne
prévoit pas en général la réalisation d'une zone centrale graduelle-
ment imperméable comme dans un barrage conventionnel.
C)Fissuration, érosion
Les fissures ainsi créées permettent à l'eau de s'engouffrer; un phé-
nomène d'érosion régressive peut s'amorcer. Si aucune couche de tran-
sition, de zone imperméable, ou de drains ne contribuent à atténuer le
problème, l'érosion se propage et mine le remblai, des écoulements
préférentiels et non contrôlés s'installent. Les fissures se déve-
loppent en particulier dans les coins de remblais, et augmentent loca-
lement la possibilité de rupture par érosion ou par liquéfaction.
Plusieurs études indiquent que la rupture d'une digue de retenue de
résidus miniers commcence bien souvent par une érosion régresive à
partir du pied.
D)Fluage
Les remblais de stériles miniers sont aussi soumis à des déformations
de fluage. Elles n'ont pas fait l'objet pour l'instant d'études très
précises, et il est difficile d'affirmer qu'elles sont le signe d'une
rupture prochaine, rupture d'autant plus proche que la vitesse de
fluage est plus élevée.
Il n'en reste pas moins que toutes les déformations énumérées précé-
demment, contribuent à augmenter les chances de rupture; on présente
un cas de rupture au paragraphe suivant.
-138-
5.3.4 Rupture de remblais de stériles
La poursuite des opérations minières tend à faire empiler de plus en
plus de résidus miniers. De grandes hauteurs sont ainsi atteintes,
aussi bien pour les remblais de stériles grossiers que pour les rési-
dus fins avec leur digue de retenue. Hoare et Hill (1970) estime que
70% des entreprises minières ont des déboires avec l'entreposage de
leurs déchets.
L'analyse de cas de rupture de remblais de rejets miniers permet à
Highter et Tobin (1980) de penser qu'elle se produit très rapidement
et que le remaniement du pied du remblai par érosion régressive,
associé à une augmentation de la pression interstitielle et une dimi-
nution de la résistance, dégénère souvent en coulée de sol granulaire
saturé. L'extension de la coulée dépend de la variation de la résis-
tance au cisaillement pendant le mouvement.
Richards et al. (1981, B12), précisent que la diminution de résistance
de matériau sensible et saturé à la base du remblai, pourrait s'accom-
pagner de craquements puis mouvements des bords de remblai sur une
surface de rupture plane. Ces ruptures seraient dues principalement
aux différents tassements et compactages; les auteurs les prédisent
par une analyse de stabilité en contraintes totales par éléments
finis. Ces dislocations sont en tout cas le siège d'écoulements d'eau
préférentiels.
Capozio et al. (1980) confirme l'hypothèse d'une surface de rupture
plane: toutes les analyses de stabilité à rupture circulaire aboutis-
sent à des coefficients de sécurité supérieurs à 1,5, alors que celles
qui adoptent un type de rupture plane, conduisent à des coefficients
plus proches de l'unité. Ils attribuent cet état de chose au fait que
la faible résistance du matériau sur la surface circulaire, profonde,
devient inopérante devant le poids imposant du remblai sur cette sur-
face profonde. Les auteurs complètent ces indications, en pensant que
-139-
la rupture fait suite à la distribution non profonde d'un système de
dislocations à travers le remblai. Ces perturbations pourraient
provenir de diverses tensions horizontales (dynamitage par exemple),
de tassements différentiels, d'une rupture horizontale locale à l'in-
terface sol-remblai, ou dans une couche plus faible d'un sol de
fondation stratifié (Thompson et al., 1977, Graham, 1979,61).
Bishop (1973) définit un indice de fragilité IF du sol, qui donne-
rait une idée du comportement du matériau en train de couler:
IF (drainé) = T p -Tr x 100%
Tp
IF (non drainé) = CUp - CUr x 100%
Cup
où Cu est la cohésion apparente pour le cas 0 = 0 et T est la résis-
tance au cisaillement sur la surface de rupture, l'indice p corres-
pondant au pic de résistance, l'indice r à la résistance résiduelle.
Pour un I faible, le glissement ne prend pas d'extension, tandis
qu'il dégénère en coulée si IF est fort. La coulée se produit en
conditions non drainées, le point de départ du mouvement se situant
sous la nappe et les taux rapides de construction et des déformations
induisant de fortes pressions interstitielles (Mittal et Hardy, 1977,
B11).
Highter et Tobin (1980) cherchent à définir la compaction minimum pour
que IF soit suffisamment faible et la coulée évitée. Ils réalisent
52 essais triaxiaux CIU sur différentes sortes de résidus miniers
(zinc, fer, etc.); ce sont en général du sable non plastique uniforme,
sauf le minerai de fer où 20% des particules passent le tamis 200.
Ils tracent alors le rapport de compaction initial:
-140 -
"Yd (échantillon) %
Id max (Proctor modifié)
versus l'indice de fragilité (IF %) pour différentes pressions de
consolidation, et aboutissent aux conclusions suivantes:
Les rejets miniers à particules anguleuses peuvent aussi se mettre à
couler dès que la pression interstitielle est assez forte et la
résistance au cisaillement assez faible. Au laboratoire, des défor-
mations de 14% ont été obtenues en une fraction de seconde.
- La compaction initiale est le paramètre le plus important qui
gouverne le comportement contrainte-déformation dans les essais.
Yd
Si <
70 - 75%, Tu (résiduelle) < Tu(pic)
Yd max
2
Si Y d = 75 - 80%, Tu (résiduelle)= Tu (pic)
Yd max
En d'autres termes, l'indice des vides initial est le paramètre im-
portant qui gouverne l'indice de fragilité non drainé du matériau.
- Pour des pressions de consolidation comprises entre 50 et 200 kPa,
une coulée a très peu de chance de se produire sous accroissement
régulier d'une charge, si le rapport de compaction initial est au
moins de 80% de sa valeur maximum. Si ce rapport avoisine 75-80%,
l'indice de fragilité chute brutalement; s'il est inférieur à 75%,
l'indice de fragilité est supérieur à 50%; un rapport plus faible
encore, n'a quasiment plus d'influence sur l'indice. Ces résultats
semblent valables quel que soit le type de résidu.
Deux restrictions à la validité de ces essais doivent être rapportées:
les échantillons ont subi une consolidation isotrope; une consolida-
tion anisotrope aurait sans doute fait croître la résistance de pic et
l'indice de fragilité, en conditions non drainées. D'autre part,
l'influence de l'échantillonnage n'a pas été étudiée.
- 141 -
Mularz et Rybicki (1977) ont observé en Pologne la rupture d'un dépôt
de stériles de 30 m de hauteur sur une fondation d'argile stratifiée.
Ils montrent que les déformations de pied et le fluage de la fonda-
tion, sont dus à la nature du sol de fondation (selon sa résistance,
le taux de déformation et le taux de dissipation des pressions inter-
stitielles) et à la manière d'entasser les rejets miniers (selon le
taux de chargement en particulier). Ils constatent des déplacements
massifs du sol de fondation sous forme de structures plissées autour
du remblai, sur des distances atteignant 500 m (220 m en moyenne) et
des hauteurs de 15-20 m! Les pieds du remblai se sont déformés aussi
à des taux moyens de 6-7 m par jour, dépendamment de chaque nouveau
profil de la pente. Suite à la rupture du pied, des glissements et
toutes sortes de fissuration et dislocation ont affecté le remblai à
plusieurs endroits.
Les auteurs précisent par ailleurs que les premières déformations
apparaissent dès que le remblai a 10 m de hauteur, qu'elles sont plus
importantes au moment du déversement des matériaux (exactement 5-6
heures après déchargement) et qu'elles se stabilisent 5-6 mois après
l'interruption d'un déchargement. Les déplacements se font par
accoups; la vitesse de déformation, ainsi que la diminution de l'in-
clinaison de la pente (37" à 15"), sont plus grandes pour les faibles
hauteurs du remblai (10 à 22 m); l'angle d'inclinaison diminue plus
lentement (15' à 6") pour les fortes hauteurs d'amoncellement de
résidus miniers (après 22 m de hauteur); l'explication pourrait venir
en partie du fait que le fluage sous-jacent et les plis résultants,
ainsi que les anciennes déformations du pied, ralentissent les nouvel-
les déformations qui ont tendance à se produire à la suite des déver-
sements successifs. Ceci n'empêche pas que le profil de la pente
varie peu si le déchargement est lent.
Une relation entre l'inclinaison et la hauteur de remblai de stériles
a pu être tracée et figure ci-dessous. Cette figure réalisée en
Pologne devrait être envisagée aussi pour le nord-ouest québécois.
-142-
. 2ô . 40
io 30
Hauteur de pente
Rappelons que ces résultats sont valables pour un mode de rupture de
pied qui est d'ailleurs le cas le plus fréquent.
5.3.5 Contrôle de l'eau des retenues minières
Plusieurs auteurs ont étudié cette question: Osler et Galpin (brawner
et Milligan, 1972), Swaisgood (1972, 810), Pettibone (1971), Isaacs
(1981).
La boue minière rejetée dans la retenue, se sépare en eau qui reste en
surface et en limons qui se déposent; ceux-ci sont en général saturés,
mous et liches. L'eau subit un genre de cycle: alimentation par opé-
rations minières ou conditions atmosphériques, évaporation, écoulement
souterrain ou à travers le remblai de retenu. Cet écoulement dépend
en fait de la perméabilité comparative des rebuts miniers proprement
dits et de la digue qui les retient. L'analyse de l'écoulement con-
siste à estimer la quantité d'eau qui sort du remblai de retenue,
déterminer le point de sortie et la vitesse d'écoulement. On peut
-143-
noter d'ores et déjà que la perméabilité des matériaux de rejets et de
la digue est difficile à obtenir, et il en sera donc de même pour la
décharge hydraulique au travers du remblai; la perméabilité du sol de
fondation doit aussi être déterminée.
Le système de déversement doit être placé de façon que l'eau minière
soit rejetée le plus loin possible de la digue de retenue, les parti-
cules solides se déposant d'abord et formant une sorte de plage incli-
née. Si les résidus miniers à particules fines (les limons) sont trop
imperméables, il arrive fréquemment que l'eau vienne en contact avec
le remblai et une étude de la distribution de l'eau dans ce remblai
doit d'autant plus être envisagée.
La surface d'écoulement peut alors être plus courte et plus dangereuse
pour la stabilité de la digue, surtout si elle atteint la surface
extérieure, ou si un chenal d'écoulement préférentiel se crée à l'in-
térieur. Cette situation de contact entre la digue et l'eau doit être
prévue avant construction, afin de donner une structure adéquate au
remblai, avec différentes sortes de matériaux. On devra installer
en effet une bonne couche drainante à la fase (sur la moitié exté-
rieure du barrage) pour rabattre la nappe, et prévoir un voile imper-
méable avec une couche filtrante sur la face intérieure (selon la
sorte de matériau du barrage lui-mime). On définit une gradation
granulométrique de la base drainante du remblai, basée sur la densité
relative, par le critère suivant (Osier, 1972):
D15 (filtre) 5 ~ D15 (filtre)
D85 (remblai) ~ ~ D15 (remblai)
D50 (filtre) 25
D50 (remblai)
Un fossé de drainage doit être construit sur tout le tour de la
digue de retenue, en vue de collecter toute l'eau de percolation
-144-
en provenance de la retenue; son dimensionnement est fonction de la
perméabilité des matériaux de remblai, du débit de drains prévus dans
la constrution, du débordement éventuel de l'eau minière par dessus la
digue.
Pour que le contrôle de l'eau soit efficace, on doit établir les rela-
tions entre le potentiel d'emmagasinage de la retenue, la quantité et
la qualité de solide et de liquide de la boue minière, la vitesse de
décharge des résidus, et la vitesse de construction de la digue. Le
concepteur doit en définitive estimer tous les facteurs suivants: les
gains et pertes d'eau, l'influence des infiltrations et des fuites, le
réseau d'écoulement dans le remblai (sa perméabilité ainsi que celle
de la fondation), la variation du niveau d'eau dans la retenue, et
donc les périodes des fortes exploitations, les précipitations et
fonte des neiges, les possibilités de réutilisation d'eau dans la
mine, la nécessité de traiter l'eau pour la dépolluer, et les
changements dans le réseau hydrogéologique naturel.
Toutes ces dispositions conduisent à plus d'efficacité et d'économie,
si elles sont prises avant construction et opération de l'ouvrage. Le
contrôle de l'eau continue de s'appliquer par la suite sur la plupart
des points précités; il permet de surveiller constamment la stabilité
de l'ouvrage, de déterminer l'ampleur et le coat des installations de
dépollution de l'eau minière retournée au réseau naturel, et des
travaux de dérivation qui évitent de contaminer ces eaux naturelles
extérieures.
Un exutoire doit cependant être prévu en cas de surcharge hydraulique
importante. Cette récupération de l'eau minière peut se faire par un
conduit passant sous le barrage, ou par une pompe ou un siphon instal-
lé à la surface du lac. La première solution comporte les désavan-
tages suivants: surcharge hydraulique et de sédiments sur le tuyau,
longueur et bouchage éventuel du tuyau, fuites et infiltrations
(risque d'érosion autour du tuyau), mouvements et ruptures des
-145-
installations suite aux déplacements des résidus miniers (lors du
déversement en particulier), difficulté d'intervention en cas de
besoin de réparation. La barge de pompage présente l'inconvénient de
devoir être déplacée assez souvent sur la surface du lac. Le siphon
quant à lui, installé sur la partie haute de la face intérieur du
remblai et passant par dessus lui, doit subir le tassement du remblai
et l'influence du gel; il doit par ailleurs être relocalisé au fur et
à mesure de l'empilement des rejets miniers.
5.3.6 Conclusion
Nous pensons devoir rappeler en guise de conclusion que l'entreposage
des stériles miniers doit être considéré comme une structure de génie
civil; elle doit faire l'objet d'une étude géotechnique préalable puis
suivie, sur le sol de fondation, sur la stabilité des remblais prévus,
sur le contrôle de l'eau minière; nous devons savoir aussi que les
résidus miniers sont en général des matériaux assez sensibles à la
liquéfaction, et qui ont des résistances qui diminuent facilement sous
l'action de charges cycliques. Signalons qu'une étude toute récente
publiée par Jehapalan, J.K. et al. 1983 (bibliographie B7) analyse les
coulées de résidus miniers, en donne des caractéristiques et l'exten-
sion possible.
Les phénomènes de fissuration et d'érosion, ainsi que le niveau d'eau,
doivent être surveillés régulièrement. La surface des remblais peut
être protégée contre les vents forts, les froides températures et l'é-
rosion; les moyens de protection les plus appropriés sont d'étendre
une couche de sable graveleux puis de résidus plus grossiers, ou d'in-
jecter du ciment dans la pente à plusieurs hauteurs, ou recouvrir
totalement la pente de ciment, ou encore de passer plusieurs fois un
rouleau vibrateur sur la pente (Brawner, 1972). On peut aussi procé-
der à une stabilisation par traitement chimique (floculation, cimenta-
tion), par congélation, par électro-osmose. Cette dernière méthode
consiste à augmenter la résistance par migration d'eau, des anodes (+)
-146-
fixées dans la digue, vers les cathodes (-) plantées le plus loin
possible de la digue; des dérivés métalliques se déposent autour de
l'anode par cimentation. Les électrodes (+) se fichent horizonta-
lement dans la pente et sont espacées d'environ 14 m horizontalement
et 7 m dans le sens de la hauteur; le voltage et les effets peuvent
être déterminés selon le cas, par essais simples en laboratoire.
Les systèmes de drainage doivent faire l'objet d'une attention soute-
nue. Les matériaux de la digue doivent être compactés à une densité
relative minimum de 50 ou 60%, sans qu'elle soit trop élevée non plus
pour pouvoir encaisser les tassements différentiels. Notons qu'un
barrage à pente forte et compactée, est plus économique qu'un barrage
à pente faible et non compactée. Un minimum d'instrumentation doit
être mis en place, pour suivre la progression des tassements et de la
dissipation des pressions interstitielles, et pour mesurer la défor-
mation de la digue. On peut aussi penser bien sar à réduire l'insta-
bilité en aplanissant les pentes, en réduisant les hauteurs, et en
construisant des bermes additionnelles.
En dernier lieu, nous conseillons au lecteur de se référer aux études
géotechniques' de remblais de stériles miniers sur dépôt d'argile
varvée, réalisées par les laboratoires Ville-Marie (Capozio et al.,
1980) dans les régions de Rouyn et de Matagami. Ces études tiennent
compte de l'état actuel des connaissances tel que présenté dans ce
rapport; même si la méthodologie adoptée pourrait être discutée, elles
constituent un bon exemple d'application possible. D'autre part, nous
devons signaler l'existence d'un rapport guide, édité par le ministère
fédéral "Energy, Mines and Resources" en 1972, sur le plan, la cons-
truction et l'entretien des terrils; le lecteur peut y puiser de nom-
breuses précisions complémentaires. La deuxième édition est incor-
porée dans les rapports "Pit Slope Manual" du CANMET, rapport no 77-1,
1977.
-147-
5.4 Affaissement lié au sous-minage
5.4.1 Généralités, causes
Les affaissements et effondrements entraînent la réduction des réser-
ves potentielles de minerai, baissent la production, modifient grande-
ment le régime hydraulique, et diminuent dramatiquement la sécurité.
L'affaissement est toute déformation ou éboulement du toit de la mine
ou de la surface du sol, ainsi que toute déformation de compression
induite par la courbure des couches ou les arches de compression
(Dunrud, 1976). Les affaissements ont principalement lieu dans les
mines de charbon ou de sel, par altération des piliers de support, ou
par approche trop grande du toit d'une galerie ou de la surface du
socle rocheux; ces évènements se produisent bien sûr aussi dans les
autres sortes de mines. Un affaissement peut faire suite à la solubi-
lité des sels minéraux; des cavités se forment souvent par dissolution
(dans une zone carbonatée par exemple) des eaux souterraines acides.
Enfin, un fort abaissement de la nappe phréatique, par pompage violent
de l'eau de la nappe ou de l'eau de la mine souterraine, peut provo-
quer des tassements importants, voir des affaissements (Golder, 1979,
B12).
5.4.2 Processus de formation, effets
Le mode de formation de l'affaissement dépend de la géométrie de la
mine et de la vitesse d'exploitation, de la lithologie et structure
des couches, de l'épaisseur des morts-terrains, des pendages des lits
de minerais, et des affleurements. L'affaissement peut être progres-
sif et lent, et la dépression résultante continue. Il peut par contre
être brutal, plus ou moins prévisible, et la dépression en surface est
discontinue. Cet affaissement observé en surface, est moindre que
celui du toit de la cavité en profondeur, en raison du foisonnement
des couches sus-jacentes à la cavité; mais la surface peut s'affaisser
-148-
longtemps après, car la progression de la déformation vers le haut
peut être lente.
L'exploitation souterraine perturbe l'état des contraintes et des
déformations du massif. Les charges du mort-terrain sont ainsi conti-
nuellement redistribuées autour de la mine, selon la lithologie et les
accidents structuraux. Dépendamment de l'évolution de l'exploitation,
des arches de compression migrent vers le haut puis vers le bas; dif-
férentes strates, et en particulier celles qui sont entrecoupées par
les travaux miniers, supportent souvent des compressions puis des
décompressions. On imagine par exemple que les couches à faible
résistance naturelle subissent un effort de compression plus important
que d'autres, au droit des piliers miniers, et surtout pour les
piliers étroits. Selon la courbure des couches, et au voisinage des
pieds des arches de compression, existent parfois des fortes concen-
trations de contraintes. Les strates situées directement dessous et
dessus la cavité minière, subissent par contre des décompressions qui
se répercutent de façon hétérogène vers la surface.
Suite à la rupture d'un pilier ou d'un toit de galerie, ou suite à la
formation d'une cavité à l'intérieur mime du massif, l'affaissement se
produit d'abord localement, selon la hauteur, l'extension latérale de
la cavité et son état de contrainte qui l'entoure. Il existe alors un
foisonnement, dû aux forces capillaires surtout, du toit de la cavité
qui cède, selon la profondeur de la cavité originale, son volume et sa
géométrie, et selon les propriétés des matériaux sus-jacents. De
poche en poche, le foisonnement peut amortir le phénomène dans sa
progression vers la surface, et un équilibre peut s'établir avant que
le vide n'atteigne la topographie du socle rocheux ou de la surface du
sol. Certains bancs rocheux sont capables de travailler en dalle au-
dessus du vide; par contre, les argiles plastiques, molles ou sensi-
bles, ou les sols granulaires lâches, favorisent le développement du
processus.
-149-
Les affaissements miniers sont à l'origine de perturbations impor-
tantes du réseau hydrographique et des aquifères souterrains: inver-
sion des écoulements, formation de zones marécageuses, inondations,
tarissement de sources, etc. Des écoulements préférentiels contri-
buent sans doute à augmenter la liquéfaction de sols meubles entraînés
dans le processus d'affaissement, d'autant plus si ces sols étaient
déjà susceptibles de liquéfaction; cet apport d'eau facilite l'écoule-
ment du produit affaissé. Par ailleurs, on peut observer d'importants
tassements différentiels en surface, voire même des phénomènes de
boulance dans les zones affaissées.
Il s'ensuit que ces affaissements peuvent être meurtriers, peuvent
interrompre l'exploitation et augmenter le coût de production.
5.4.3 Remèdes, conclusion
Les trous et cavités, les anciennes galeries abandonnées, doivent être
recherchés, répertoriés et bouchés, par remplissage avec les résidus
miniers et injection de béton. Les processus d'affaissement doivent
être détectés et surveillés de près, ainsi que les modifications du
réseau d'écoulement souterrain; la nappe doit être constamment rabat-
tue et contrôlée. L'épaisseur de la déformation en surface doit être
mesurée, ainsi que sa vitesse, son étendue et l'évolution des rebords
de l'affaissement.
En définitive, l'étude, le contale, la prédiction des affaissements
miniers sont d'abord un problème de mécanique des roches et de struc-
turologie; l'épaisseur du mort-terrain est cependant une donnée essen-
tielle et il convient que la géologie et la mécanique des bancs de
minerai, soient analysées en même temps que celle des terrains
meubles. Il s'avère par ailleurs que ces analyses peuvent être numé-
riques, quantitatives et qualitatives; de nombreux ouvrages et réfé-
rences traitent de ces questions; un exemple en est donné dans la
bibliographie sur les affaissements (Brauner et al., 1969). Ces
-150-
études doivent être réalisées avant et pendant la vie de la mine, et
devraient être régies par une réglementation la plus précise et appro-
priée possible.
5.5 Vibrations, dynamitage, séismes
5.5.1 Définition du problème
Les vibrations sont causées par la machinerie, par les tirs de mine et
par les séismes éventuellement. Principalement quand elles sont sou-
tenues pendant un grand nombre de cycles, les vibrations sont suscep-
tibles d'affecter à peu près toutes les caractéristiques du milieu,
les constructions, les êtres humains, les roches et les sols. Nous
nous intéressons dans ce travail aux désordres qu'elles occasionnent
sur les sols.
L'effet des vibrations induit par les camions et les foreuses n'a
guère été étudié; nous croyons que c'est parce que l'effet est faible,
bien que la répétition inlassable de cette sollicitation mériterait
peut-être qu'on s'y intéresse.
Le dynamitage met en jeu des énergies considérables, dont une assez
faible part est utilisée dans le processus de fragmentation de la
roche, et une assez grosse part est transmise dans le sol sous forme
d'ondes sismiques qui perturbent les zones proches.
Le nord-ouest québécois n'est pas un lieu de forte activité sismique
mais il est susceptible d'être affecté par les séismes survenant dans
la vallée du St-Laurent. Environ mille tremblements de terre ont été
enregistrés dans cette région depuis le début du siècle; certains ont
atteint la magnitude 7 sur l'échelle de Richter (Milne et Davenport,
1969) et sont ressentis dans une zone très étendue autour de l'épicen-
tre (Basham et al., 1979). Pour un tel tremblement, l'accélération du
-151-
sol dans le nord-ouest pourrait être d'environ 1% de l'attraction
terrestre (1% de 9,8 m/s2).
La comparaison de ces différentes sollicitations indique que le dyna-
mitage est sans doute la plus préjudiciable.
Pour tenter de connaître l'impact des vibrations sur un sol, on doit
d'abord étudier la propagation des ébranlements, ou déterminer le
niveau des vibrations transmises, en fonction de la distance et de
l'énergie mise en oeuvre par l'explosion. Il faut aussi définir des
critères de nuisance fixant les seuils d'apparition des désordres dans
divers types de sols. On pourra ensuite prédire les effets d'un tir
donné sur un sol donné.
Le problème n'est cependant pas si facilement résolu. Il existe des
relations empiriques, et Chapot (1981) en propose une, qui permet de
trouver un ordre de grandeur des vibrations provoquées à une distance
donnée par une explosion; il définit en particulier la vitesse maximum
de la vibration, qui est le paramètre adopté par tout le monde comme
critère de nuisance. Toutefois, cette caractéristique s'adapte
surtout pour les désordres provoqués sur les habitations, et ne doit
pas être le seul critère utilisé pour les désordres du sous-sol; de
plus, il faut se rappeler que si les phénomènes de fatigue des struc-
tures soumises à des tirs répétés sont encore mal connus, ceux du
sous-sol soumis aussi à cette répétition, le sont encore moins.
Notons pourtant que Seed, Mori et Chan (1977) proposent une méthode
pour tenir compte des vibrations subies antérieurement par le milieu.
5.5.2 Caractéristiques des vibrations
En raison de la réponse élastique du sol, la perturbation due à la
vibration est constituée d'une série d'oscillations autour d'une posi-
tion d'équilibre, ces oscillations s'amortissent petit à petit. La
perturbation se propage sous forme de fronts d'ondes de trois types
-152-
différents: les ondes longitudinales (tractions et compressions
successives), les ondes transversales (cisaillement) et les ondes de
surface (mouvement elliptique); ces ondes se propagent à des vitesses
différentes, selon le milieu traversé, la première étant la plus
rapide. Les ondes spatiales (longitudinales et transversales) sont
les plus actives sur des distances faibles, de l'ordre de 100 m par
rapport au tir. Les ondes superficielles agissent au contraire à des
distances plus importantes; elles présentent des fréquences plus
basses et des amplitudes plus élevées. Pour étudier une vibration, on
écrit l'équation du mouvement d'un point donné, en fonction du temps;
on détermine l'accélération, la vitesse ou le déplacement du point,
ainsi que la fréquence du mouvement. Celui-ci est toujours plus ou
moins sinusoïdal, et les grandeurs que l'on vient de nommer sont liées
par des relations bien connues (Chapot, 1981).
La recherche des effets sur les sols, l'adoption de critères de nui-
sance, la prédiction de ces effets, supposent donc d'abord que l'on
connaisse la façon dont les ébranlements se propagent dans le sol, et
l'influence des divers facteurs caractérisant le tir. Parmi ces
facteurs, on peut citer la distance entre l'explosion et le point de
mesure, la nature et la quantité de l'explosif, le dispositif d'amor-
çage et la qualité du bourrage, la nature de la roche et du sol.
L'étude de ces divers facteurs et de la loi de propagation, sera
précédée par l'énumération des paramètres utilisés pour caractériser
une vibration.
Les paramètres qui permettent de quantifier les effets destructeurs
exercés par une vibration sont la magnitude, l'intensité, l'accéléra-
tion maximale, la durée de l'anomalie et sa fréquence. Le premier
est relié à l'amplitude et à l'énergie. Le deuxième s'évalue par com-
paraison des effets observés, incorpore les effets des particularités
géologiques et géotechniques locales, et laisse une grande part à
l'appréciation de l'observateur. L'accélération maximale amax,
atteinte par un point du sol au cours de la vibration, caractérise le
-153-
mouvement du sol. L'effet de la durée de l'anomalie est surtout
manifeste pendant la phase d'accélération. Enfin, ce sont sans doute
les basses fréquences qui sont les plus préjudiciables. Dans l'ordre
des basses aux hautes fréquences, on peut classer celles des
tremblements de terre, puis celle des explosions nucléaires et enfin
celles des tirs de mine à faible distance (Chapot, 1981).
Tous ces paramètres sont plus ou moins reliés entre eux. D'autre
part, on affecte la contrainte de facteurs d'atténuation selon la
durée d'application de la pression initale, la célérité du signal, le
rayon de la cavité initiale, le paramètre d'amortissement du milieu;
la courbe d'amortissement, en coordonnés bilogarithmiques, devient
pratiquement rectiligne, à partir d'une distance supérieure à 3 fois
le rayon de la cavité initiale (Chapot, 1981). Un grand nombre de
lois d'atténuation existe dans la littérature: Donovan (1973), Trifu-
nac et Brady (1975), Seed et Murarka et al. (1976), Blume (1977),
McGuire (1978), Chapot (1981). Celle qui a été établie pour le site
en question, et qui prend en compte les caractéristiques locales des
vibrations produites, sera la meilleure.
5.5.3 Influence de divers facteurs
A) L'explosion
La nature de l'explosif intervient relativement peu dans le phénomène
comparativement à l'influence du site ou à la sorte de matériau.
La quantité de l'explosif joue par contre un rôle essentiel; les
calculs théoriques montrent que la charge intervient dans les formules
de propagation, par la pression régnant à l'origine et par le diamètre
de la cavité initiale.
Le dispositif de mise à feu de tous les trous chargés peut se faire
isolément ou successivement, chaque mise à feu étant séparée de la
-154-
suivante par un intervalle plus ou moins long (0,025 ou 0,5). Etant
donné la dispersion des mesures en général, la façon dont la quantité
des explosifs est répartie ne joue pas beaucoup; cette répartition
aurait quand même davantage d'impact dans le cas des mines à ciel
ouvert (Richards et al., 1981) que dans le cas des mines souterraines.
Une série de charges décalées apparaît sur les enregistrements, mais
il semble que les ébranlements successifs ont la même probabilité de
se retrancher que de s'ajouter.
Les expérimentateurs utilisent en général des charges de quelques
kilos à quelques dizaines de kilos. Certains exploitants miniers
utilisent de plus fortes charges, dont les effets sont probablement
plus proches de ceux des séismes naturels. On notera aussi que la
force du tir a sans doute une influence plus aigue dans le cas de
mines à ciel ouvert.
Tout le monde s'accorde à dire que la durée et la répétition de l'ano-
malie joue un rôle très néfaste quant aux effets produits (Housner
(1965), Bolt (1973), Trifunac et Brady (1975), Boxho (1977), Chapot
(1981)). I1 est reconnu que la durée croit avec la magnitude, qu'elle
est plus ou moins liée à la distance du point d'observation à la
course, qu'elle est plus forte dans un sol meuble que dans une roche.
B) La distance
La perturbation apportée par le front d'onde, d'allure plus ou moins
sphérique ou cylindrique, diminue au fur et à mesure de l'éloignement
de la source, pour deux raisons: le volume concerné par la perturba-
tion augmente constamment; le sol n'est pas parfaitement élastique.
L'effet de la distance est le plus facile à étudier: il suffit de dis-
poser plusieurs capteurs à différentes distances de la source. La
courbe représentative est en général une droite en coordonnées
bilogarithmiques.
-155-
C) Les conditions du site
Les conditions de gisement (altération, fissuration, pendage, épais-
seur des bancs et des couches, etc.) sont aussi importantes que la
nature géologique de la roche ou du sol.
Il est certain par exemple que les lignes de faille constituent des
points faibles, par lesquels l'énergie accumulée donne naissance à un
ébranlement qui se propage beaucoup mieux qu'ailleurs. La topographie
du socle rocheux intervient aussi sur la transmission des ondes; un
changement de pente de la surface rocheuse amplifie généralement les
vibrations, sauf quand le relief est trop accidenté. On a observé des
amplifications de l'ordre de 30 à 50% dans le cas d'un relief assez
faible et pour des fréquences assez hautes (2 à 3 Hz). L'amplitude
est plus faible dans le cas d'un relief accidenté, mais elle porte sur
une plus large bande de fréquences (Dezfullian et Seed, 1970).
L'impact d'une vibration semble plus notable sur un sol que sur une
roche (ou une construction); on observe par exemple que la fréquence
est en général plus faible dans les sols, et les déplacements mesurés
sont souvent plus importants dans les sols que dans les roches (ou les
constructions). Pourtant, la vibration se propage en général mieux
dans la roche que dans le sol; mais les couches meubles peuvent se
comporter comme un oscillateùr multiple particulier, qui transmet
alors l'excitation imprimée à la base par le rocher. L'expérience
semble montrer que a max (sol)<
a max (roche ) quand la
fréquence est inférieure à 2 Hz, mais que la situation s'inverse quand
la fréquence est supérieure à 2 Hz Filliat, 1981, B12). Il semble
aussi que la traversée de sédiments lâches affaiblit davantage les
ondes que la traversée des sédiments raides; en fait, c'est l'accélé-
ration qui apparaît plus forte dans les sols raides, tant que la fré-
quence est inférieure à 1 Hz; puis l'inverse se produit. Le manque
d'études et d'expérience ne nous permet pas cependant d'affirmer
-156-
définitivement ces observations, d'autant plus que la qualité du sol
n'intervient pas très souvent parmi les expériences faites et les
critères donnés.
De plus, il existe une réelle difficulté à mesurer les mouvements du
sol, dans la mesure oü le capteur est plus ou moins bien couplé avec
le matériau: il faudrait que le capteur ait la mime densité que le sol
dont il occupe le volume. S'ajoute à celà le problème du choix du
point de mesure. Par une méthode de déconvolution, il est possible à
partir d'un point de mesure en surface, de connaître le spectre de
réponse en d'autres points, en passant par le calcul du mouvement à la
surface du rocher (Schnabel et al., 1972, Filliat, 1981).
Le cas des pentes (ou des falaises rocheuses d'ailleurs) devrait faire
l'objet d'études plus spécifiques, où la prise en compte de l'accélé-
ration et du déplacement serait toute indiquée; ceci permettrait une
meilleure compréhension des phénomènes, que par le seul examen de la
vitesse maximum. L'impact des vibrations sur une pente de mine à ciel
ouvert, diffère de celui qui est mesuré à l'intérieur d'un massif, en
ce sens que c'est une zone à réponse plus élastique; par ailleurs, on
y observerait davantage d'ondes de surface alors qu'elles sont plutôt
sphériques (ondes de volume) dans les mines souterraines. En tout
état de cause, les tirs de mine à ciel ouvert donnent des vibrations
moins importantes que les tirs de mine souterraine; ceux-ci sont des
tirs confinés, alors que les premiers sont en général bien répartis et
bien rangés.
Les ondes de vibration qui se propagent dans le sous-sol sont affec-
tées par l'anisotropie et l'hétérogénéité du milieu. Il existe de
multiples réflexions, réfractions et diffractions; ces ondes sont donc
plus ou moins amorties ou amplifiées, selon l'état de saturation du
milieu et ses propriétés géotechniques. Rappelons enfin que la durée
d'une anomalie est plus grande dans un sol meuble que dans un sol
rocheux, pour une magnitude donnée (Trifunac et Brady, 1975).
-157-
5.5.4 Lois de propagation
Les calculs théoriques sont complexes et nécessitent des hypothèses
simplificatrices concernant la nature du milieu et la forme du front
d'onde. Il existe des programmes de calcul élaborés, basés sur la
modélisation du milieu, sous forme d'éléments finis par exemple; ces
programmes ne tiennent pas compte un général de l'irréversibilité de
certaines déformations, de la rotation de certaines contraintes ou de
la compatibilité des déformations calculées, et des états limites.
On définit tout de même une loi de propagation assez générale (Chapot,
1981), admise par de nombreux auteurs, sous la forme:
-b
Y = k( D l
Qc
où V = la vitesse
D = la distance
Q = la charge
b = la pente de la droite expérimentale qui relie la vitesse et la
distance
c = 1/3 ou 1/2 selon les auteurs
k = une constante caractéristique du site.
Cette loi exprime la propagation et l'amortissement des ondes sismi-
ques dans le sol, et dépend beaucoup des conditions de l'explosion
(pression maximum, durée d'application, rayon de la cavité initiale).
Il est possible de rechercher quelques constantes dans cette loi, et
de prévoir sinon la valeur de la vitesse, au moins une valeur limite.
Notons que Snodgras et Siskind (1974) pensent que la distance devrait
être réduite par la racine carrée de la charge, pour faire de meil-
leures prédictions.
-158-
La meilleure loi reste celle qui est déterminée spécialement pour le
site étudié. A titre d'indication ou d'exemple, on donnera la valeur
des constantes déterminée par le laboratoire des Ponts et Chaussées de
Lyon en France (Chapot, 1981): b = 1,8, c = 1/2, k = 120 pour une
carrière ( mine à ciel ouvert), k = 250 pour des travaux de terrasse-
ment souterrain (mine souterraine).
5.5.5 Effets sur les sols
Nous avons présenté aux chapitres précédents quels pourraient être les
effets du dynamitage sur les sols granulaires et sur les argiles
varvées. De manière générale, nous pouvons dire que les sols granu-
laires lâches et saturés sont les plus susceptibles, que les argiles
compressibles résistent beaucoup mieux aux vibrations, et que les sols
granulaires très denses et les argiles raides sont très résistants.
Ceci dit, il est clair que nous ne possédons pas beaucoup de données
et d'études sur cette question. Nous tentons de faire ressortir les
points importants dans les lignes qui suivent, quant aux effets sur
les sables puis les argiles d'une part, dans les mines à ciel ouvert,
dans les mines souterraines et les terrils miniers d'autre part.
Certains sables lâches à granulométrie uniforme, sont susceptibles de
se liquéfier sous sollicitation vibratoire répétée. On admet qu'une
telle force dynamique entraîne la réduction de l'angle de frottement
tout au moins pour des valeurs modérées de la contrainte normale,
selon la forme:
tg ;bd = tg 4)' e-samax/9
où çhd = nouvel angle de frottement interne, après vibration
a max = accélération maximum qui caractérise la vibration
g = accélération de la pesanteur
= coefficient fonction de la contrainte verticale av, donné
par Youd (1970, 63) pour les milieux secs:
-159-
0.2
A
0.1
0.1 0.2 0.3
Qv ( MPa )
Dans le cas d'un milieu partiellement saturé, il existerait une teneur
en eau optimale (wopt = 13%) pour laquelle la réduction de 0' est
minimum; si w <10% ou w >18%, on retrouve sensiblement les valeurs
données pour les sables secs. Dans le cas du milieu saturé non
drainé, on se place dans les conditions de liquéfaction.
Suite à l'étude de Bossé (1979, B4), il est raisonnable de penser que
les vibrations ont relativement peu d'influence sur les argiles, méme
si l'impact des composantes horizontales d'une sollicitation cyclique
reste inconnu; on doit pourtant se méfier du cas particulier des argi-
les varvées, qui pourraient être sensibles à une telle sollicitation
horizontale, comme tout autre sol stratifié d'ailleurs; nous avons
déjà dit que ce cas méritait une étude approfondie, qui devra inclure
l'étude de l'influence de nappes aquifères.
Même si les vibrations sont moins fortes dans les mines à ciel ouvert,
il n'en reste pas moins que les dépôts meubles de la pente d'une telle
mine, sont plus vulnérables que ceux qui sont situés au-dessus d'une
mine souterraine. Si l'on démontre cependant que les dépôts meubles
de surface d'une mine souterraine, sont sensibles aux vibrations, ou
susceptibles de se liquéfier, l'ingénieur minier devra en tenir compte
pour le design des piliers souterrains, ou pour le mode d'exploration.
-160-
Des précautions seront bien sür prises aussi dans le cas des mines à
ciel ouvert, si les matériaux de la pente sont liquéfiables, si l'in-
clinaison des couches s'abaisse vers la mine, etc. On imagine aussi
que chaque oscillation supplémentaire augmente le fluage de la pente
ou fait subir un petit déplacement supplémentaire à la pente à chaque
fois, surtout au-dessus d'un certain niveau de contrainte, ou quand la
stabilité de la pente est déjà marginale.
Les remblais de résidus miniers sont proabablement encore plus sensi-
bles aux vibrations. Whitman (Brawner et Milligan, 1971, B7) prétend
qu'il existe une assez bonne probabilité de rupture si l'accélération
atteint 0,06.g, et 50% de chance de rupture si elle atteint O,l.g.
Dans les sols stratifiés, l'auteur parle d'une accélération maximum de
0,2.g ou 0,3.g, mais qu'elle peut être réduite à 0,1.g si la
sollicitation persiste. D'autres auteurs donnent aussi une valeur
limite générale de 0,2.g à 0,3.g pour des matériaux de barrage. Ces
valeurs ne sont certes pas très souvent atteintes lors de dynamitage,
et il reste une certaine marge de sécurité avant que des conditions de
liquéfaction ou de "mobilité cyclique" soient remplies; mais il suffit
d'un seul cas exceptionnel, un couplage avec une contrainte séismique
par exemple, pour provoquer l'instabilité.
Les références qui suivent permettent de trouver des informations
supplémentaires: le rapport CANMET 77-1 ("Pit Slope Manual" 1977, B7)
donne des règles de design qui minimiseront le risque de liquéfaction.
Seed (1979) montre que la méthode d'analyse de stabilité "en contrain-
tes totales" s'applique mal aux sols saturés sans cohésion plus ou
moins liches, comme les résidus miniers; il suggère plutôt la méthode
qui tient compte des dissipations de pressions interstitielles et de
la réduction de résistance (par éléments finis). Klohn et al. (1978,
B7) donne une version plus simple de cette méthode. Basham et al.
(1979) présente une méthode d'estimation de risque seismique.
Richards et al. (1981) observent que le relâchement des contraintes et
le dynamitage provoquent des fissures de traction dans les zones de
-161-
crête de talus des remblais miniers. Conlin (1981) propose d'utiliser
les résidus miniers comme base de fondation pour des structures, en
les déposant en couches horizontales.
De toute façon, il est certain que si le sol est naturellement liqué-
fiable, si la stabilité est d'avance marginale, ou s'il existe d'an-
ciennes surfaces de rupture dans le dépôt, toute forme de vibration
sera néfaste.
5.5.6 Critère de dommage
Le "seuil" d'apparition des dégâts est assez vague, et dépend des
procédés d'observation, surtout en ce qui concerne les désordres que
peut subir un sol. Mime les expériences effectuées sur les construc-
tions en Suède, au Canada, aux USA, en Tchécoslovaquie, en France ou
en Suisse (Chapot, 1981), n'ont jamais mis en évidence une vitesse de
vibration séparant nettement des zones avec et sans dégâts.
Le critère de dommage qui devrait être mis au point pour les sols du
nord-ouest québécois, sera basé entre autres sur la vitesse de l'onde
longitudinale: plus elle est grande, plus le sol résiste aux vibra-
tions. La fréquence pourra aussi intervenir: plus elle est haute,
meilleure sera la résistance du sol.
On admet généralement pour les constructions une vitesse limite de
5 cm/s. Cette valeur n'est cependant pas nuancée. Oriard (Brawner et
Milligan, 1972) considère que cette valeur est la limite inférieure
pour laquelle on ne constate pas encore de dommage, et précise que
certaines constructions peuvent résister à des vitesses 5 ou 10 fois
plus grandes. Il pense que la plage de valeurs est encore plus grande
pour les sols et les roches, étant donné tous les facteurs qui entrent
en ligne de compte, et conseille d'étudier chaque cas, de faire des
essais pour resserrer les marges, et de connaître l'histoire des
sautages. Yong S. Chae (1978)' confirme que le critère de 5 cm/s est
MORRIS 0 délai > 25 mitlisecondes
E;(-QA12
/
MORRIS () délai <25 millisecondes
E; 0.66( 292
Si le délai f 5 millisecondes , considérer la
charge totale et la courbe de Morris 0.
A : Amplitude maximum que la digue peut
absorber : 10 (10-3 po. )
D : Distance • Tir - Structure (pi.) C.
F : Facteur du site 200 ` -
~Q
E - Charge maximum par délai (livres) J
} I c'
ltr
•`
j
01
F y
t t 4 +_
100 1000
Distance m pieds
Figure 8: Influence du dynamitage d'après les Laboratoires
Ville-Marie Inc.
-163-
beaucoup trop rigide, dans un sens ou dans l'autre; il donne une marge
de 1,3 à 10 cm/s pour les structures, et pense que l'être humain
supporte une vitesse largement moindre. Boxho (1977) suggère de
choisir une vitesse maximum verticale de 1,5 à 2 cm/s qui tiendrait
compte de la qualité du sol de fondation. Chapot (1981) nuance aussi
la valeur de 5 cm/s et confirme qu'il faut procéder à une étude
spécifique pour chaque cas. La prise en compte du déplacement et de
l'accélération lui semble en particulier nécessaire pour établir un
critère de nuisance pour les pentes.
L'expérience montre qu'un critère qui utiliserait la déformabilité du
sol serait formule de la façon suivante: une déformation relative ou
unitaire de 10-4, constitue une limite de comportement élastique du
sol, en dessous de laquelle on peut considérer que l'amplitude d'une
vibration n'a pas d'influence (Filliat, 1981).
Les Laboratoires Ville-Marie (1981) fournissent un critère basé sur
une valeur limite de charge d'explosif en fonction de la distance à la
source; cette courbe établie par Morris, figure à la page suivante;
par exemple, les effets d'une détonation à une distance (profondeur)
de 100 m de la digue seront négligeables à condition que le poids de
la charge soit inférieur à 978 N (220 lbs) pour des délais supérieurs
à 25 millisecondes. Notons par ailleurs que l'accélération maximum
enregistrée dans la région dans les 80 dernières années, sous l'effet
d'un séisme, a été de 0,02.g. Ville-Marie utilise une valeur de
0,06.g dans les analyses, pour tenir compte de l'existence de maté-
riaux silteux saturés sous l'argile varvée.
5.5.7 Mesures de vibrations
L'interprétation de mesures prises directement sur le site dès le
début de l'exploitation minière est donc le meilleur moyen d'essayer
d'analyser et de prédire les effets dus au dynamitage. Les instru-
ments utilisés doivent correspondre aux conditions du site, de distan-
ce, de magnitude, de mécanisme au foyer, etc.,. Un nombre suffisant
-164-
de mesures pour des distances et des charges assez variées doit être
pris, avec les trois composantes orthogonales du mouvement. Il est
nécessaire en plus, que la période propre de l'instrument soit infé-
rieure à celle de l'onde la plus courte que l'on se propose d'enregis-
trer. Ces mesures devraient permettre de prévoir raisonnablement les
caractéristiques du mouvement du sol, d'adopter une limite en vitesse,
d'établir des valeurs de la charge admissible en fonction de la dis-
tance entre explosions et terrains sensibles; de telles figures ont
par exemple été établies par Snodgrass et Siskind (1974): elles
donnent les relations entre vitesse ou accélération maximum et dis-
tance entre le point de mesure et la source.
Pour éviter la dispersion des points de mesure, les tirs d'essais
doivent être réalisés dans des conditions aussi proches que possible
des véritables sautages; on évite par exemple de tirer plusieurs fois
dans le même forage avec des charges différentes, pour l'établissement
de la loi de propagation. Une fourchette assez grande de charges
prévisibles est en général établie dis le début de l'exploitation, ce
qui n'empêche pas d'effectuer des contrôles en cours de minage et de
corriger les prévisions.
Les instruments de mesure sont des accélérogrammes, qui peuvent être
des appareils automatiques à affichage numérique du maximum, ou qui
font des mesures épisodiques à des moments choisis. Ces mesures de
vibration sont nécessaires en particulier dans les zones qui seraient
susceptibles de se liquéfier ou de glisser, ou quand l'extrapolation à
partir de résultats d'essais devient trop hasardeuse.
On peut aussi étudier les vibrations en mesurant le spectre de fré-
quence de la vibration, ce qui diminue les incertitudes concernant la
prise en compte des déplacements (et des accélérations dans les
séismes naturels) aux basses fréquences. Cette méthode implique un
appareillage sophistiqué de traitement du signal, et se développera
sans doute avec la diffusion croissante des enregistreurs magnétiques
et calculateurs numériques.
-165-
Les enregistreurs les plus fréquemment employés sont des galvanomè-
tres, souvent accompagnés d'amplificateur, et bien sûr de géophones
pour les mesures de vitesse d'oscillation. Les capteurs de fréquence
ne doivent pas éliminer les basses fréquences inférieures à 3 Hz par
exemple, puisque ce sont souvent les plus intéressantes. Comme cités
plus haut, il existe certains modèles perfectionnés qui impriment sur
un ruban de papier la date, l'heure, et les valeurs maximales pendant
un intervalle de temps donné, ou en continu lorsque le signal dépasse
une valeur seuil préalablement fixée.
Le spectre de réponse ne suffit pas à caractériser l'agressivité des
sollicitations cycliques, fréquentes au cours d'une exploitation
minière: une information complète doit comporter une indication de
durée de l'évènement.
5.5.8 Conclusion
Le souci de réaliser un bon rendement du sautage, va de pair avec
celui de diminuer les vibrations transmises: en effet, le tir qui
provoque le moins de vibration est celui qui transforme la plus grande
part de l'énergie apportée par l'explosif, en travail mécanique pour
abattre et briser la roche.
Même si l'on s'efforce de maintenir les vibrations en dessous d'un
certain seuil (déformation relative inférieure à 10-4 par exemple)
pour rester dans le domaine élastique, il peut arriver que cette
valeur soit dépassée. Les mesures effectuées par instrumentation sont
dispersées et ne suffisent pas à prédire exactement l'influence des
vibrations et de leur répétitivité sur le milieu environnant.
Pour résoudre le problème, l'ingénieur n'a en général à sa disposition
que des méthodes simples ou compliquées. Les premières consistent à
-166-
définir des coefficients sismiques ou vibratoires uniformes à l'inté-
rieur d'un milieu supposé indéformable, et à les comparer aux états
limites du domaine statique. A l'opposé, on trouve des programmes de
calcul élaborés qui adoptent des hypothèses trop simplistes. Les
méthodes compliquées vont plutôt dans le sens de la sécurité, et les
méthodes simples dans le sens contraire; la vérité est sans doute
entre les deux; la tendance est d'utiliser les premières dans le cas
de risque exceptionnel, les deuxièmes dans le cas simple.
5.6 Environnement et pollution
5.6.1 Généralités
Les problèmes d'environnement et de pollution sont complexes car ils
touchent à des disciplines très variées: technique, biologie, chimie,
santé, écologie, sociologie, pédologie, foresterie, agriculture, con-
servation (de la faune et de la flore) etc.,. L'expérience montre
qu'il existe beaucoup plus d'avantages à tenir compte de ces activités
reliées à l'environnement, dès les premiers stades de la planification
minière.
Dans le passé, l'ingénieur géotechnicien regardait surtout les problè-
mes de stabilité physique et devait dimensionner les ouvrages pour
qu'un drainage correct s'effectue, et que la stabilité soit assurée;
peu d'attention était portée à l'aspect toxicité de l'écosystème.
C'est en particulier le problème de la radio-activité pour les mines
d'uranium qui a commencé à faire changer cette approche (Shields et
al., 1980).
L'ingénieur doit maintenant considérer la quantité et la qualité des
rebuts, leur potentiel de lessivage, les risques de liquéfaction,
l'efficacité des digues de retenue des eaux minières, leur contrôle et
leur recyclage, la différence entre les sources radio-actives naturel-
les et fabriquées par l'homme, la pollution de l'air, la restauration
-167-
des terrains après exploitation , etc.,. Les deux problèmes les plus
importants sont peut-être l'acidification des eaux et la contamination
par les métaux dissous (des sédiments, du poisson, etc.); le ministère
de l'Environnement autorise des valeurs de pH de 5,5 à 9,5 pour l'eau
qui est rejetée dans le réseau hydrographique naturel, et définit des
concentrations maximales des contaminants dans l'effluent final
(Directive 019, 1982).
Nous ne voulons pas faire le tour complet de la question dans ce para-
graphe, mais essayer de montrer les différentes facettes principales
de la pollution, présenter les différents règlements miniers qui
touchent à ces problèmes d'environnement et signaler que beaucoup de
questions restent sans réponse (Shield et al., 1980).
5.6.2 Différentes formes et contrôle de la pollution
Le minerai et la roche exploitée au fond de la mine sont susceptibles
de contenir des substances toxiques qui sont aussi remontées en surfa-
ce. Quand la toxicité des matériaux minés est connue, quand les coef-
ficients d'infiltration et les conditions de contamination sont con-
nus, des méthodes de stockage et des traitements des déchets miniers
peuvent être prévues pour le meilleur design possible des remblais
miniers. On recommande aussi des procédés de fertilisation et de réu-
tilisation des matières liquides et des eaux de drainage, on prédit
les facteurs d'érodabilité pour les différents ouvrages, comme les
bassins de décantation, les exutoires, les terrasses, les fossés de
drainage, etc.; on peut même prévoir une enveloppe étanche ou imper-
méable (argile ou plastique) pour contenir des déchets ou des eaux
minières spécialement polluants; de toute façon, les réactifs, hydro-
carbures, et autres produits chimiques, doivent être confinés.
On doit porter une attention particulière aux problèmes de la qualité
de l'eau contaminée par les résidus miniers; elle est principalement
devenue acide, et elle doit être neutralisée avant d'être rejetée dans
-168-
le réseau naturel. Les matériaux qui contiennent des minéraux sulfi-
des, entre-autres, et qui sont exposés à l'air, à l'eau ou autre agent
d'altération, forment des acides. Par exemple, tout rebut de pyrite
produit de vaste quantité d'acide sulfurique qui peut anéantir de
grandes zones vierges autour des dépôts de stériles (en semi-coulée)
comme on en rencontre souvent dans le nord-ouest québécois. Même si
les dépôts meubles renferment une certaine quantité de minéraux
neutralisants (calcite, dolomite, ...), elle est insuffisante pour
contrebalancer une eau acide à pH inférieur à 6.
Identifier les quantités exactes d'alcalins et d'acides dans les
roches et les sols n'est pas fiche facile, et il convient de se
reporter à des références spécialisées (Wiram, 1980; Miller, 1979;
Sobek, 1978; Smith, 1982; etc.).
Etablir la toxicité des matériaux eux-mêmes et trouver ensuite un
traitement adéquat, n'est pas chose évidente non plus (Miller., 1979;
Byrne, 1980; Sandoval, 1977; Hood, 19 ; Tettenburn, 1980; etc.).
Les recherches se poursuivent pour définir les valeurs limites admis-
sibles, et les combinaisons chimiques élémentaires qui conduisent à
créer des conditions de toxicité des matériaux. Il s'agit de détermi-
ner des % de certains minéraux métallifères, leurs conditions de réac-
tions chimiques, leurs caractéristiques de lessivage et de migration
sous différentes conditions, les relations géochimiques d'échange
entre l'eau et le mort-terrain (comme l'identification de la solution
d'équilibre), les échanges d'ions, le taux de minéralisation.
Ces études physiques et chimiques commencent par un bon échantillon-
nage bien représentatif, et comprennent en particulier des essais
granulométriques ou sédimentologiques, des essais minéralogiques,
des essais de densité, de résistance, d'analyse de l'eau, et des
mesures de saturation, d'adsorption, d'érosion, de dispersion
("Pinhole test"), etc. (Gee, 1976; Gilley, 1976; Sherard, 1976).
-169-
Les études d'environnement se font maintenant avant exploitation de la
mine, et se poursuivent tout au long de la vie de la mine car les pro-
priétés physico-chimiques évoluent, et les exploitants miniers doivent
adapter ou modifier, ou inventorier de nouvelles dispositions contre
la pollution. Ils interviennent par exemple dans les domaines
suivants:
- nouvelle technologie du broyage du minerai;
- choix de meilleurs sites d'entreposage, qui doivent présenter les
caractéristiques suivantes (Cherry, 1979-80): stabilité géomorpholo-
gique et structurale, fondation hydrogéologique simple (pas de frac-
tures dans le roc, ni de fissures dans le sol), pas d'écoulement de
surface conduisant à une source, basses vitesses de radio-nucléides
(par des vitesses d'écoulement d'eau souterraine favorables et des
"retards chimiques"), nappe d'eau basse;
traitement des remblais existants, par stabilisation chimique à long
terme; deux moyens principaux existent (Shields, 1981): le retard
chimique et la solidification; le premier consiste par exemple à
produire des sulfates, à partir de l'oxydation de la pyrite, ou la
dissolution de la calcite, ou la précipitation du gypse et siderite,
ou la co-précipitation du radon et des métaux lourds, et en contrô-
lant le pH des réactions d'adsorption-désorption. La solidification
est un traitement par cimentation qui utilise la teneur en silicate
du résidu minier; ce procédé affaiblit la diffusion (par diminution
de la perméabilité), minimise le lessivage et l'érosion;
- création d'usine de traitement des eaux minières et amélioration des
systèmes de recirculation de l'eau;
- traitement et restauration des zones déjà atteintes par la pollu-
tion. Une première opération consiste à répandre de la chaux sur
les sols pour neutraliser l'acidité de surface; les analyses en
-170-
laboratoire déterminent les quantités de chaux nécessaires selon les
terrains. Dans un deuxième temps, on travaille les sols, on incor-
pore des engrais chimiques, on ensemence différentes variétés de
légumineuses.
Tous ces programmes d'intervention n'éliminent sans doute pas tous les
problèmes d'environnement, en particulier le caractère acide des
ruissellements, mais ils contribuent à diminuer le volume des ef-
fluents acides, réduire l'érosion des sols, embellir les paysages.
Les exploitants miniers entre-autres, doivent continuer à observer
constamment les conséquences écologiques de leur exploitation, les
contrôler et les traiter, et poursuivre les recherches.
5.6.2 Les règlements
Le Québec est sans doute la province la moins réglementée au Canada,
moins que les Etats-Unis et l'Europe, pour ce qui a trait aux nuisan-
ces publiques ou privées. Le gouvernement québécois a voté une loi
assez puissante en 1972 (Loi de la qualité de l'Environnement) qui
s'attaque à toute forme de pollution, même le bruit. Mime si elle est
appuyée directement par les dispositions législatives de la Loi des
Mines de 1965, elle ne concerne pas uniquement l'exploitation minière
et ne comprend pas de normes ou quantités suffisamment précises. Par
contre, le ministère de l'Environnement du Québec vient de publier en
août 1982, des directives à soumettre aux compagnies minières (Direc-
tive 019) concernant toute la vie de la mine depuis le début de la
planification de l'exploitation, jusqu'à la remise en état des sols
après la fermeture de la mine; elle propose en particulier des normes
sur les effluents liquides, l'entreposage des résidus miniers, le
recyclage ou le traitement des déchets et eaux minières, la pollution
de l'air, etc.,.
-171-
Le gouvernement fédéral dispose de quelques lois qui ne sont pas très
puissantes ni très spécifiques: "Ore Treatment Tailings Disposal Act"
(1965), The Waste Material Disposal Act" (1973), "Environmental
Protection Act" (1973), "Mining and Environmental Law" (1973).
Les américains ont une réglementation assez sévère quant è la pollu-
tion par les mines. Le règlement de 1977 ("The Surface Mining Control
and Reclamation Act") prévoit une étude des caractéristiques physiques
et chimiques des sols, et des ressources hydrologiques, ainsi qu'une
détermination de "facteurs limites", au delà desquels l'environnement
est susceptible de se dégrader et l'exploitation d'être retardée.
Les mines européennes sont sujettes à une réglementation très stricte
comparativement aux mines nord-américaines. Ceci provient du fait que
l'exploitation minière n'est pas récente en Europe, et que ces pays ne
peuvent laisser les territoires se polluer étant donné la forte
densité de population.
5.6.4 Conclusion
Une coopération assidue entre les différents partenaires concernés par
les problèmes d'environnement, exploitants miniers, gouvernements,
organismes de recherche, etc..., doit contribuer au succès à long
terme de l'opération minière, tant d'un point de vue environnement que
rentabilité de l'exploitation, en assurant constamment l'emploi des
meilleures technologies dans ces domaines. Cette coopération doit
s'effectuer à tous les stades de la vie de la mine, avant, pendant et
après l'exploitation, afin de minimiser, réduire et supprimer les
risques de pollution dans l'air, l'eau et le sol.
Le problème est particulièrement critique au Québec; nous espérons que
la directive 019 portera ses fruits et que tous les gens qui oeuvrent
dans le domaine minier deviendront de plus en plus sensibles à la
qualité de l'environnement.
-172-
6. DISCUSSIONS
6.1 Généralités
Comparativement à d'autres régions plus habitées, les dépôts meubles du
nord-ouest québécois ont fait l'objet d'un nombre relativement peu élevé
d'études et de recherches sur leur comportement, surtout pour les argiles
varvées. Pourtant, depuis les grands travaux entrepris depuis 10 ans dans
la région de Matagami, depuis que les exploitants miniers doivent s'intéres-
ser davantage à ces dépôts superficiels, la connaissance de leurs propriétés
et de leurs comportements devient essentielle, en particulier pour compren-
dre et traiter les problèmes que ces sols posent à l'exploitation minière.
La géotechnique minière québécoise est en grande partie importée, ou elle
est basée sur la géotechnique classique. En attendant qu'elle se développe
et qu'elle s'affine, le plus d'information possible doit être récupérée et
compilée. C'est pourquoi de nombreux instruments et dispositifs doivent
être mis en place pour observer et surveiller sans arrêt, puis pour inter-
préter.
Le concepteur peut utiliser de nombreux moyens d'exploration (forages,
essais, géophysique, géomorphologie, hydrologie, etc...) et de surveillance
(paragraphe 5.2.4) pour accumuler les données. Il peut aussi s'aider de
l'ordinateur, s'il en connaît ses limites: il est difficile en effet d'in-
clure toutes les données du sol qui sont souvent imprécises et très varia-
bles dans le temps, et de tenir compte des évènements fortuits (forte pluie,
brusque changement d'écoulement ou de drainage, etc.). Des programmes exis-
tent cependant pour analyser toutes les données et annoncer une planifica-
tion complète de toute l'exploitation minière, du début à la fin (Hoppe,
1976). Ii n'en reste pas moins qu'il sera bien souvent moins coûteux de
consulter les services d'ingénieurs, plutôt que d'avoir à endosser et corri-
ger les conséquences d'un glissement ou d'un affaissement.
-173-
6.2 Travaux et recherches futurs
La compilation des données géotechniques des sols du nord-ouest québécois
(annexe A) devrait être poursuivie afin par exemple d'extraire des caracté-
ristiques particulières aux argiles varvées, et d'apprécier avec plus de
précision le comportement de ces sols meubles. Une carte géotechnique du
nord-ouest devra être établie, des tableaux pourront être dressés, des ten-
dances ou des courbes sur les propriétés de ces dépôts devront être tracées,
des analyses à rebours seront réalisées. D'autres campagnes de forages et
d'essais in situ seront effectuées pour augmenter le volume des infor-
mations.
Une méthode d'analyse de stabilité devrait pouvoir être adaptée spécialement
pour les dépôts du nord-ouest, ou pour certains de ces dépôts. Des abaques
seront établies pour les pentes de mines à ciel ouvert et pour les remblais
de résidus miniers; elles donneront par exemple un angle d'inclinaison sécu-
ritaire en fonction de la_hauteur de la pente, pour différents taux de dépo-
sition; de telles abaques existent déjà dans le monde, comme en Angleterre
pour les pentes (Leonards, 1968, 812) ou en Afrique du Sud pour les remblais
miniers (Blight, 1969, B7); il faut pour cela multiplier les cas d'analyse
de stabilité et calibrer la méthode choisie pour un dépôt stratifié du nord-
ouest, un dépôt d'argile varvée par exemple.
L'étude et l'analyse des réseaux hydrographiques est l'élément essentiel
pour la compréhension des phénomènes; elle doit être efectuée tout au long
de la vie de la mine, mais aussi avant et après l'exploitation. Il convient
donc de suivre l'évolution des technologies utilisables pour mener à bien
cette tâche, dans le domaine de l'instrumentation, des techniques de
détection des anomalies et de compréhension de la circulation des eaux, dans
le domaine aussi de la transmission des informations.
Une étude systématique des vibrations doit être entreprise pour déterminer
leur impact non plus sur les bâtiments ou sur les humains, mais sur les
sols. Si l'influence des sollicitations cycliques est à peu prés connue sur
-174-
les sables, elle ne l'est guère sur les argiles, en tout cas si la sollici-
tation est horizontale, et en particulier sur les argiles varvées. La
vibration doit pouvoir être mesurée exactement, question intensité, vitesse,
accélération, déplacement, fréquence; un critère de nuisance devrait être
établi spécialement pour les sols, en ne tenant plus compte seulement de la
vitesse maximum de la vibration, mais aussi de l'accélération et du déplace-
ment dans le cas des pentes, de la vitesse de l'onde longitudinale et de la
fréquence dans le cas général. D'autre part, les phénomènes de fatigue des
sols soumis à des sollicitations (cycliques ou non) répétées (tirs de mine
par exemple), n'ont pas encore été l'objet à notre connaissance de mesures
précises.
Les mesures de l'intensité des vibrations devront en particulier être compa-
rées aux forces de liquéfaction admissibles; celles-ci seront déterminées
avec précision, par des essais de résistance cylique (essais CIU ou de
cisaillement simple); la zone de sol susceptible de se liquéfier devra bien
sûr être établie. On pourra par exemple situer les sols du nord-ouest dans
le graphique (paragraphe 3.3.5.4) donnant la résistance à la liquéfaction en
fonction de la résistance SPT (Seed, 1976, B3).
Par ailleurs, on étudiera l'influence d'un apport d'eau extérieur sur un
dépôt de sable ou d'argile varvée; on quantifiera le fluage (au pied sur-
tout) des remblais de résidus miniers; on cherchera à prédire les coulées de
résidus miniers, par une méthode énergétique par exemple (Flon, 1982, B12);
on tiendra compte de l'épaisseur et des propriétés des dépôts superficiels
pour l'établissement de règlements en vue d'éviter les affaissements
miniers; on poursuivra les recherches et les mises en garde concernant la
pollution et en particulier sur toutes les circonstances qui favorisent
l'acidification de l'eau, la contamination des sols par cette eau et par les
métaux.
Toutes ces recherches peuvent bien sûr être adaptée aux différents sols du
nord-ouest québécois et aux évènements survenant dans le nord-ouest. Ainsi
par exemple, une étude systématique et une instrumentation complète devrait
-175-
être mises sur pied lors de l'ouverture de la prochaine exploitation
minière, à l'aide d'une en coopération entre les divers organismes.
6.3 Avenir de la géotechnique minière québécoise
Si l'exploitation minière québécoise n'a pas trop tenu compte jusqu'à nos
jours de la présence des dépôts meubles superficiels, c'est que les
problèmes n'étaient pas si visibles ou ne se faisaient sans doute pas
sentir. Les inconvénients de cette action ont grandi suffisamment pour être
maintenant pointés du doigt, et les différents intervenants sont de plus en
plus sensiblisés aux problèmes miniers associés à la présence de dépôts
meubles.
I1 devient donc nécessaire de multiplier les rapports d'ingénierie et d'éta-
blir des règlements couvrant tous les aspects de l'exploitation minière,
l'exploration, la planification, la construction, l'opération, le contrôle,
la restauration. Sachant d'ailleurs qu'une règlementation précise et com-
plète existe dans d'autres pays, aux Etats-Unis ou en France par exemple, on
invitera volontiers le Québec à s'en inspirer. D'autre part, on doit
rappeler qu'une collaboration accrue et plus conséquente entre les
différents organismes concernés par les mines, devrait permettre de mettre à
jour, prévoir et traiter tous les obstacles à l'exploitation minière, et
ceci pour la bonne rentabilité de la mine.
En dernier lieu, nous soulèverons l'idée de la sensibilisation nationale qui
doit être faite pour qu'on s'aperçoive de la nécessité de créer au Québec,
une formation universitaire en génie géotechnique minier. Charnière entre
le génie minier et la géotechnique, cette formation s'inspirerait des écoles
supérieures des Mines, américaines (Minesota, Colorado), ou françaises
(Paris, St-Etienne, Douai). La géotechnique minière est actuellement
assurée au Québec par des ingénieurs formés sur le tas et surtout par des
consultants extérieurs: il est donc temps que le Québec assure lui-même ses
besoins dans ce domaine, en formant ses propres ingénieurs.
-176-
7. CONCLUSION
Suite au besoin de l'industrie minière québécoise de mieux connaître le
comprotement des dépôts meubles, afin de mieux cerner et traiter
les problèmes d'exploitation dus à la présence de ces dépôts, le ministère
de l'Energie et des Resources du Québec cherche à répondre à ce besoin, sous
forme par exemple de ce rapport publié par le ministère.
On rappelle les .principales caractéristiques physiques et mécaniques des
sols granulaires, de compressibilité et de résistance au cisaillement. Il
est noté que le comportement des sols granulaires est régi par l'état de
compacité du matériau, et surtout par l'action statique et dynamique de
l'eau, tant au niveau du grain que du dépôt. L'eau affaiblit les caracté-
ristiques physico-chimiques et la tenue mécanique des matériaux, provoque un
tassement par réarrangement des grains, ou entraîne la liquéfaction des
sables; ces processus sont mis en évidence, et les méthodes d'évaluation du
potentiel de liquéfaction sont rapportées. On présente aussi l'impact
préjudiciable d'une sollicitation cyclique sur les sols granulaires.
L'origine lacustre des argiles varvées- est précisée, afin de décrire
adéquoitement leurs caractéristiques, et demieux comprendre leur
comportement;on porte une grande attention sur la nature stratifiée de ce
matériau et sur les conséquences de cette particularité, et on évoque
l'impact des changements de facies. On peut faire ressortir lespropriétés
principales suivantes, caractéristiques des argiles vavées:
- Le pourentage de minéraux argileux est élevé en général; la teneur en eau
moyenne, voisine de la limite liquide, se situe autour de 60%; la limite
plastique est environ 28%; l'indice de liquidité vaut 0,9.
- Les propriétés mécaniques permettent de qualifier cette argile de rigide
mais fragile: en effet, elle résiste bien sous faible contrainte, même si
la résistance de pic n'est pas très élevée; par contre, sa résistance
-177-
chute brutalement au passage de la pression de préconsolidation, la
pression insterstitielle reste faible mais constante pendant longtemps, la
déformation est importante. Le gain de résistance obtenu en réhaussant le
point de préconsolidation restera de toute façon relativement faible à
court ou moyen terme.
Il est bon de savoir que les pressions interstitielles ne se dissipent
pas, sous charge, aussi facilement qu'on pourrait s'y attendre, que des
résultats sur la répartition des teneurs en eau dans la varve sont acquis,
et que l'on doit se méfier des montées en charge dans une couche silteuse
particulièrement faible et susceptible de devenir un plan de glissement
préférentiel.
- La sensibilité assez faible (10 à 20) des argiles varvées, leur indice
IL presque toujours inférieur à 1,2 et leur limite wL presque toujours
supérieure à 45, permettent de croire que ces argiles lacustres se liqué-
fient beuacoupmoains facilement quecetaines argiles marines. Leur résis-
tance à la liquéfaction par frottement semble assez bonne; la liquéfaction
est de toute façon improbable tant que l'ragile n'est pas complètement
remaniée. L'argile varvée est de plus considérée non dispersive dans son
état intact.
- Les effets de l'anisotropie de perméabilité et de l'anisotropie de résis-
tance de l'argile varvée doivent continuer d'être étudiés. Cependant, les
méthodes actuellement disponibles pour analyser le comportement des argi-
les en général semblent valables pour les argiles varvées; l'adaptation de
ces méthodes au cas des argiles varvées doit tout de mime se poursuivre.
- L'influence d'une sollicitation cyclique verticale est relativement
faible; par contre, l'impact d'une sollicitation cyclique horizontale
n'a pas encore été étudié.
L'étude du comportement des dépôts superficiels est essentiel pour prévoir
la stabilité des pentes d'une mine à ciel ouvert au fur et à mesure de
-178-
l'exploitation. Les facteurs qui conditionnent la stabilité sont passés en
revue, ceux qui agissent à court ou à long terme, ceux qui découlent des
propriétés mécaniques au sol, ou les facteurs externes reliés à la gémétrie
des lieux ou le déroulement de l'exploitation. Des recomandations concer-
nant plusieurs de ces facteurs sont présentées; l'accent est porté sur une
compréhension et un contrôle efficace de l'eau souterraine. On cite
quelques critères qui permettent de détecter une stabilité marginale; on
note la nécessité de l'installation d'une bonne instrumentation.
La stabilité des résidus miniers se rapporte aussi bien à la structure du
remblai de stériles et de retenue des eaux minières, qu'à la fondation sous-
jacente. On envisage le choix du site pour l'entreposage, on présente les
différentes sortes de déchets, et les différentes méthodes de construction.
Les problèmes susceptibles de survenir en raison de l'emploi de telle ou
telle méthode, ou en raison de la qualité des résidus, sont rapportés. Il
s'agit en particulier de la stabilité (des pentes et de la fondation), et
des moyens disponibles pour l'évaluer; on parle aussi de liquéfaction,
tassement, fissuration, érosion, fluage, drainage, ainsi que du contrôle de
l'eau des retenues minières.
Même si l'affaissement lié au sous-minage doit d'abord être prévu en terme
de mécanique des roches, il est clair que le sol intervient dans la suite du
processus. On a donc cherché à connaître le rôle des dépôts meubles, selon
leur propriété et les circonstances; on évoque les causes du phénomène, le
processus de formation et de propagation, les effets et certaines précau-
tions à prendre.
Toute exploitation minière entraîne la création de vibrations, dans la mine
et autour de la mine. La plus importante est celle qui est produite par le
dynamitage. On étudie l'impact que ces sollicitations induisent aux dépôts
superficiels, en présentant le processus et les lois de propagation, l'in-
fluence des divers facteurs intervenants, les critères de dommage et les
mesures que l'on peut prendre. On relie ces données à la stabilité des
-179-
pentes de mine à ciel ouvert, à la stabilité des résidus miniers, à la
susceptibilité de certains sols vis-à-vis de ces vibrations.
Les problèmes d'environnement et de pollution qui découlent de l'activité
minière sont passés en revue, pour ce qui concerne le sol. On aborde les
différentes formes et contôle de la pollution, on cite différents règlements
miniers, et on évoque la nécessité d'intensifier les précautions à prendre.
En dernier lieu, nous rassemblons les éléments permettant de dresser une
liste des recherches et travaux futurs à entreprendre, pour améliorer les
connaissances dans le domaine des problèmes d'exploitations minières asso-
ciés à la présence des dépôts meubles, dans le nord-ouest québécois. Nous
élaborons enfin une importante bibliographie, qui cite une bonne part des
sources de cette étude, et contribue à créer une base de travail dans le
domaine.
BIBLIOGRAPHIE
2
B-1 - BIBLIOGRAPHIE RELATIVE AUX ARGILES VARVEES
Note: Les auteurs précédés d'un astérisque (*) sont ceux cités dans le texte.
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Retreat of the last ice-sheet in Eastern Canada. C.S.C., Mem. 146,
138 p., 9 pl.
* ANTEVS, E., 1925
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Bull., vol. XXXVI, pp. 171-172, or (1930), Journal Geol., p. 382.
ANTEVS, E., 1951
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Thèse de maîtrise, Ecole Polytechnique de Montréal.
* BALLIVY, G., POULIOT, G., LOISELLE, A., 1971
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3
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ANNEXE A
COMPILATION ET CARTOGRAPHIE DES DONNÉES GÉOTECHNIQUES
DU NORD-OUEST QUÉBÉCOIS
-A.2-
A.1 Provenance des données
Il existe en fait une foule de données puisque l'intervention humaine est
présente dans le nord-ouest québécois depuis longtemps. Il et donc néces-
saire de faire une sélection, ce qui n'empêche pas que cette recherche et
compilation pourront être poursuivies au cours des années à venir.
C'est d'abord dans les régions à forte déposition d'argiles varvées que nous
avons surtout cherché à récupérer des données. La sélection doit ensuite
être imposée par l'ancienneté des mesures, des essais in situ et du labora-
toire; on comprend en effet que les caractéristiques géotechniques détermi-
nées par des instruments vétustes et souvent non standards, ne soit pas
faciles à utiliser aujourd'hui, à l'exception peut-être de données qui
s'accompagnent d'une charte de correction.
La sélection s'effectue aussi selon l'accessibilité aux documents qui nous a
été plus ou moins accordée par les compagnies et laboratoires, et selon le
temps dont nous avons disposé pour récupérer et traiter toute cette infor-
mation.
Elle dépend enfin de la qualité ou de la catégorie d'essais réalisés, ainsi
que de l'emplacement des lieux d'essais.
Compte tenu de cette sélection, la provenance des données se répartit gros-
sièrement come suit:
- quelques-unes seront extraites d'études publiées qui commencent à dater,
mais qui traitent d'une zone intéressante pour cette recherche, une zone
minière par exemple.
- D'autres proviennent de sociétés ou laboratoires qui interviennent rela
tivement peu dans le nord-ouest, comme la Soquem, le Canadien National,
Terratech, Techmat ou les Laboratoires SM.
- A.3 -
Plusieurs données ont été ou seront fournies par le ministère de l'Energie
et des Ressources et le ministère des Transports du Québec, parmi des
études et campagnes déjà effectuées par ces ministères (Chemins miniers,
compilation géoscientifique pour le MER, études de ponts pour le MTQ), et
à la suite d'une campagne de sondage effectuée cette année par le minis-
tère de l'Energie et des Ressources pour les besoins propres à cette
recherche.
D'autres ont été ou seront réunies avec l'aide de l'Hydro-Québec (Compila-
tion A. D'Astous, oct. 1982), de Lavalin, de la compagnie Nationale de
Forage et de Sondage, et de la Commission de la Santé et Sécurité au
Travail. Notons ici qu'un travail de compilation est déjà en cours au
service Sols et Fondation de l'Hydro-Québec.
- Une information conséquente sera préparée pour les argiles de la région de
Matagami, issue en particulier de la Société d'Energie de la Baie James et
de l'Université de Sherbrooke.
La plus grande partie de l'information proviendra des laboratoires Monter-
val et Ville-Marie qui nous ont donné libre accès à leurs données géotech-
niques, et qui ont sans doute contracté le plus d'études dans le nord-
ouest québécois depuis une dizaine d'années; on retiendra surtout les plus
récentes.
A.2 Composition des données
Les caractéristiques des dépôts sont tirées des rapports de forage et de
différents essais in situ et de laboratoire. Toutes les données les plus
significatives sont rassemblées dans un tableau comme celui de la page
suivante. Un exemple en est donné à la page d'après. Chaque tableau
correspond à un point de localisation précis; la carte retenue pour situer
toute cette compilation est une carte topographique au 1:25 000.
A.4
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-A.6-
L'information la plus systématique consiste en une description stratigra-
phique, accompagnée en général de valeurs granulométriques pour quelques
profondeurs, valeurs intéressant davantage la couche globale du dépôt
d'argile varvée que les deux couches prises séparément, foncée et pile, ou
plus argileuse et moins argileuse, ou d'hiver et d'été. La différence
granulométrique entre ces deux couches est en effet rarement précisée. Les
tableaux présentent par ailleurs de nombreuses valeurs de teneur en eau,
beaucoup de valeurs de limites, déterminées pour la plupart par la méthode
d'Atterberg et une grande quantité d'incides N de pénétration standard
(coups/0,3 m).
Les profils de résistance au cisaillement intacte montrent que le scissomè-
tre Nilcon est un instrument de mesure fréquemment utilisé; les études les
plus récentes nous permettent de constater que les essais au cône suédois se
généralisent, avec bon droit d'ailleurs, puiqu'il donne souvent de meilleurs
résultats, et permet en plus d'établir quelques corrélations entre diverses
caractéristiques argileuses.
Les caractéristiques de consolidation (principalement pression de préconso-
lidation a'p) sont plus rarement déterminées et encore moins les coeffi-
cients de perméabilité, k ou rk. On ne dispose enfin que de très peu de
valeur de cohésion c' ou de frottement 0'.
D'autres renseignements sont souvent annotés en remarque dans le tableau, ce
qui complète ou précise les informations géotechniques du lieu en question.
A.3 Traitement des données
Sur la carte au 1:250 000, plusieurs numéros peuvent être attribués pour une
seule localisation, indiquant que plusieurs études s'y rapportent. Plusieurs
forages peuvent avoir été effectués pour la même étude, le numéro chiffré
est alors indexé d'une lettre.
-A.7-
Les descriptions stratigraphiques sont toujours transcrites très fidèlement,
afin de respecter l'esprit de l'auteur; on propose parfois une simplifica-
tion de la description en remarque, en annonçant par exemple l'épaisseur
probable de la couche varvée.
Les autres caractéristiques géotechniques ne sont pas sujettes à interpréta-
tion, puisque chaque point ou chiffre se rapporte à une profondeur donnée.
La compilation des données et des tableaux devrait permettre dans l'avenir
d'extraire quelques moyennes ou relations statistiques, qui révéleront peut-
être que les argiles varvées présentent certaines caractéristiques propres,
ou certains indices de comportement propres.
La référence exacte de toutes ces informations est indiquée dans le titre de
chaque tableau, ce qui permet au lecteur intéressé par un secteur en parti-
culier de pouvoir retracer l'étude au besoin.
A.4 Echéancier
Ce travail de recherche de données, puis de leur compilation, est excessive-
ment long et ne peut pas être finalisé au moment de la remise de ce rapport.
Tout le début du travail a donc été classé et annoté; tous ces documents
sont remis au ministère sous forme de chemises ou dossiers, afin que cette
étude puisse être poursuivie.
Parmi toutes les sources de données énumérées en A.1, il reste assez peu de
sociétés qui n'ont pas été contactées: il s'agit en particulier de Soquem et
de Lavalin, de la Compagnie Nationale de Forage et de Sondage, de la
Commission de la Santé et Sécurité au Travail et du ministère des Transports
du Québec.
Environ cent cinquante tableaux de données sont actuellement établis, mime
s'ils demandent parfois à être homogénéisés; certains points sont déjà
reportés sur la carte topographique. Il en reste peut-être autant à compi-
ler, puis à reporter sur la carte.
ANNEXE B
LOCALISATION DU SITE DE MATAGAMI
ET CARACTÉRISTIQUES DES ARGILES DE CETTE REGION
d'après
la S.E.B.J. (1978)
1'UNIVERSITE LAVAL (P. Jean, 1982)
B.1
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Le Pbrd-Ouest Ouébécois
B.2
Argile silteuse marine
3B
Argile sitteuse varvée avec lits de
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Rupert
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11;
de sable ( lacustre)
Till grossier
Argile lacustre
Till grossier
Roc
79 rr- 7'$
1A Plaine d'argile lacustre continue
lA Dépôts d'argile lacustre discontinus
2 : Till de Cochrane prés de la surface
3B: Plaine d'argile marine continue
3B Dépôts d'argile marine discontinus
Distribution des différents types d'argile sur le territoire
du complexe NBR, d'après SEBJ - 1978
B.3
I i _4i _-' --
20 408080
i
Cu I
1-----
kPa
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Résistance
' -- ; - - - ----
I j ;i~
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Caractéristiques géotechniques des dépôts argileux, Matagami, d'après Jean, P - 1982.
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CARACT ÉR ISTIQUESDEL 'ARGILEDE MATAGAMI
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d 'après Jean P. (1 982)
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d 'après Jean P., 1982
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d 'après Jean P., 1982
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B.7
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Site d'essai d'Olga, d'apis SEBJ-1978
B.8
2 1 Fbids
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des bandes gris foncé •,
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de strates argileuses gris fon • ii
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Bandes d'argile gris pâle alter - r--' / •
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bandes gris foncé • 1
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-14- Ârgire ét silf s-frâtirrs
Sift et sable fini !. ; i 1 ,
Note 1: La description générale provient du rapport HO1, forage TFD-A1-71
Note 2: Les profondeurs sont reportés à partir de la surface de l'argile; au
droit du forage TFD-A1-71 la couche de tourbe a 1.5 m d'épaisseur
Profil géotechnique de l'argile sous la digue A , site d'Olga, d'après SEBJ 1978
B.9
2 1 Poids
p Teneur en eau volumique Grsntto'
metric Nilcon • Cu
E Description Limites d' Atterberg apparent
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40 60
Argile grise à brunâtre, homo*. 8 % kNim1 % kPa
ne. granuleuse et très fissurée '
- 1 - en profondeur. Présence de quel-
ques cailloux et sous la profon-
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gris pale. petites poches de sa- $
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Argile un peu silteuse et traces . t o //
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- bands gris pâle à gris fonce _ +,~ 0 ''
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- - tance trés molle, les strates sil-
teuses gris clair et des strates
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argileuses gris foncé diminuent sep ) : /,: i /
- 5 - avec la profondeur. •s s i ii !/
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-12 - I Globale
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o Bloc 76
• Bloc 77
— 13—
Note 1: La description générale provient des rapports US3 et H02
Note 2: Les profondeurs sont reportés à partir de la surface de l'argile;
l'épaisseur de tourbe au droit de chaque forage est donnée ci-dessous
forage : Bloc 77 Bloc 76 TFD-09 TFD-B1 TFD-B2
épaisseur : 0.3 - 0.8 1.2 1.2
Profil géotechnique de l'argile sous la digue B , site d'Olga d'après SEBJ 1978
B.10
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SUR L 'ARG ILE D 'OLGA (SELON LE RAPPORT CNR2)
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Cisaillement simple
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B.14
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résistance à grande
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