Mat 122
Mat 122
Licence 1
Mathématiques
MAT 122
Analyse 2
Version β
Avril 2020
OBJECTIFS GÉNÉRAUX
+ Étudier de fonctions
+ Etude des fonctions vectorielles et polaires
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
[1] Bourdon M. Chen G. Constantini G. Desideri L. Hanani A. Bodin A., Borne N. and Rouget
J.L. Analyse : Cours de mathématiques 1ere année. Janvier 2016.
french french
Fiche de Progression ii
Sommaire
1.1 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Dérivabilité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Considérons la fonction cosinus cos : R → [−1, 1], x 7→ cos x. Pour obtenir une bijection
à partir de cette fonction, il faut considérer la restriction de cosinus à l’intervalle [0, π]. Sur cet
intervalle la fonction cosinus est continue et strictement décroissante, donc la restriction
cos(arccos(x)) = x ∀x ∈ [−1, 1]
arccos(cos(x)) = x ∀x ∈ [0, π]
Autrement dit :
Si x ∈ [0, π] cos(x) = y ⇔ x = arccos y
0 −1
arccos (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2
Arcsinus
La restriction h π πi
sin| : − , → [−1, 1]
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arcsinus :
h π πi
arcsin| : [−1, 1] → − ,
2 2
sin(arcsin(x)) = x ∀x ∈ [−1, 1]
h π πi
arcsin(sin(x)) = x ∀x ∈ − ,
2 2
Si x ∈ [0, π] sin(x) = y ⇔ x = arcsin y
0 1
arcsin (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2
Artangente
La restriction i π πh
sin| : − , →R
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arctangente :
i π πh
arctan : R → − ,
2 2
tan(arctan(x)) = x ∀x ∈ R
i π πh
arctan(tan(x)) = x ∀x ∈ − ,
2 2
i π πh
Si x ∈ − , tan(x) = y ⇔ x = arctan y
2 2
La dérivée est également donnée par
0 1
arctan (x) = ∀x ∈ R
1 + x2
Exercice 1.1
√ √
2 3
1. Calculer les valeurs de arccos et arcsin en 0, 1, 12 , 2
, 2
. De même pour arctan en 0, 1,
√ 1
3, √3
2. Calculer arccos(cos 7π
3
), arcsin(sin 7π
3
) et arctan(tan 7π
3
) (attention aux intervalles !)
3. Calculer cos(arctan x), cos(arcsin x), tan(arcsin x).
x
4. Calculer la dérivée de f (x) = arctan( √1−x 2 ). En déduire que f (x) = arcsin(x), pour
tout x ∈] − 1, 1[
5. Montrer que arccos x + arcsin x = π2 , pour tout x ∈ [?1, 1]
ex + e−x
chx =
2
La restriction ch| : [0, +∞[→ [1, +∞[ est une bijection. Sa bijection réciproque est Argch :
[1, +∞[→ [0, +∞[.
ex − e−x
shx =
2
sh : R → R est une fonction continue, dérivable, strictement croissante vérifiant limx→−∞ shx =
−∞ et limx→+∞ shx = +∞, c’est donc une bijection. Sa bijection réciproque est Argsh : R →
R.
shx
thx =
chx
Trigonométrie hyperbolique
1.2.1 Dérivée
Dérivée en un point
0 f (x) − f (x0 )
f (x0 ) = lim (1.1)
x→x0 x − x0
Exemple 1.1. La fonction définie par f (x) = x2 est dérivable en tout point x0 ∈ R. En effet :
f (x)−f (x0 ) x2 −x2
x−x0
= x−x00 = x + x0 →x→x0 2x0 .
Tangente
La droite qui passe par les points distincts (x0 , f (x0 ))et(x, f (x)) a pour coefficient direc-
f (x)−f (x0 ) 0
teur x−x0
.
À la limite, on trouve que le coefficient directeur de la tangente est f (x0 ). Une
équation de la tangente au point (x0 , f (x0 )) est donc
0
y = (x − x0 )f (x0 ) + f (x0 ).
que limx→x0 f (x) = f (x0 ). Comme f est dérivable en x0 , alors f (x) = f (x0 )+(x−x0 )l +(x−
x0 )ε(x) avec limx→x0 ε(x) = 0. En calculant la limite de f en x0 avec cette dernière expression
de f (x0 ), nous obtenons limx→x0 f (x) = f (x0 ). 2
Exercice 1.3
Proposition 1.2.3. Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :
0 0 0
+ (f + g) (x) = f (x) + g (x)
0 0
+ (λf ) (x) = λf (x) où λ est un réel fixé
0 0 0
+ (f × g) (x) = f (x)g(x) + f (x)g (x)
0
0
+ ( f1 ) (x) = − ff 2(x)
(x)
si (f (x) 6= 0)
0 0
0 f (x)g(x)−f (x)g (x)
+ ( fg ) (x) = g 2 (x)
si (g(x) 6= 0)
Exercice 1.4
Justifier le 3e résultat.
i) Ecrire f g(x)−f
x−x0
g(x0 )
= f (x)g(x)−f
x−x0
(x0 )g(x0 )
= f (x)−f
x−x0
(x0 )
g(x) + g(x)−g(x
x−x0
0)
f (x).
f g(x)−f g(x0 )
ii) Calculer la limite de x−x0
lorsque x → x0 . Conclure.
Le premier tableau est un résumé des principales formules à connaître, x est une variable.
Le second tableau de est celui des compositions, u représente une fonction x 7→ u(x)
Fonction Dérivée
xn nxn−1 (n ∈ N)
1
− x12
√x 1
x √
2 x
α α−1
x αx (α ∈ R)
ex ex
1
ln(x) x
cos x − sin x
sin x cos x
tan x 1 + tan2 x =
1
cos2 x
Fonction Dérivée
0
un nu un−1 (n ∈ N)
0
1
u
− uu2
√ u
0
u √
2 u
0
uα αu u α−1
(α ∈ R)
0
eu u eu
0
u
ln(u) u
0
cos u −u sin u
0
sin u U cos u
0 0
u
tan u u (1 + tan2 u) = cos2 u
Composition
Proposition 1.2.4. Si f est dérivable en x et g est dérivable en f (x) alors g ◦ f est dérivable
en x de dérivée :
0 0 0
(g ◦ f ) (x) = g (f (x)) · f (x).
Exercice 1.5
0 0 0
Justifier que (g ◦ f ) (x) = g (f (x)) · f (x).
i) Ecrire gof (x)−gof
x−x0
(x0 )
= g(f (x))−g(f
x−x0
(x0 ))
= g(ff(x))−g(f (x0 )) f (x)−f (x0 )
(x)−f (x0 ) x−x0
.
g(f (x))−g(f (x0 )) f (x))−f (x0 ))
ii) Calculer la limite de f (x)−f (x0 ) lorsque f (x) → f (x0 ) et la limite de x−x0
lorsque
x → x0 . Conclure. 2
Corollaire 1.1. Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont on note
0
f −1 : J → I la bijection réciproque. Si f ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable et on a
pour tout x ∈ J :
0 1
(f −1 ) (x) = 0 −1
f (f )(x)
Exercice 1.6
0
Justifier que, sous les hypothèses du Corrolaire, (f −1 ) (x) = f 0 (f −11)(x) .
Poser g = f −1 la bijection réciproque de f. Soit y0 ∈ J et x0 ∈ I tel que y0 = f (x0 ). i) Justifier
que g(y)−g(y
y−y0
0) g(y)−x0
= f (g(y))−f (x0 )
.
g(y)−g(y0 )
ii) Lorsque y tend vers y0 , calculer la limite de g(y) et en déduire la limite de y−y0
.
Conclure.
Dérivées successives
0 0
Soit f : I → R une fonction dérivable et soit f sa dérivée. Si la fonction f : I → R est
00 0 0
aussi dérivable on note f = (f ) la dérivée seconde de f . Plus généralement on note : f 0 = f
0 00 0
, f 1 = f , f 2 = f et f n+1 = (f n ) .
Si la dérivée n-ième f n existe on dit que f est n fois dérivable.
Théorème 2 – Formule de Leibniz
(n) (n) n (n−1) (1) n (n−k) (k)
(f · g) =f ·g+ f .g + · · · + f · g + · · · + f · g (n)
1 k
Autrement dit n
(n)
X n
(f · g) = f (n−k) · g (k)
k=0
k
Exercice 1.7
1. Calculer les dérivées des fonctions suivantes : f1 (x) = x ln x, f2 (x) = sin x1 , f3 (x) =
p √ 1
1 + 1 + x2 , f4 (x) = (ln( 1+x
1−x
)) 3 , f6 (x) = arctan(x) + arctan( x1 ) .
0
f
2. On note ∆(f ) = f
. Calculer ∆(f × g).
3. Soit f :]1, +∞[→] − 1, +∞[ définie par f (x) = x ln(x)?x. Montrer que f est une bijec-
0
tion. Notons g = f −1 . Calculer g(0) et g (0).
4. Calculer les dérivées successives de f (x) = ln(1 + x)
5. Calculer les dérivées successives de f (x) = ln(x) · x3 .
+ On dit que f admet un maximum local en x0 (resp. un minimum local en x0 ) s’il existe
un intervalle ouvert J contenant x0 tel que
Théorème 4 –
Soit I un intervalle ouvert et f : I → R une fonction dérivable. Si f admet un maximum
0
local (ou un minimum local) en x0 alors f (x0 ).
En d’autres termes, un maximum local (ou un minimum local) x0 est toujours un point
critique. Géométriquement, au point (x0 , f (x0 )) la tangente au graphe est horizontale. Preuve :
0
1) Supposons que f admet un maximum local en x0 et montrons que f (x0 ) = 0.
Comme f admet un maximum local en x0 , alors il existe un intervalle ouvert J contenant x0 tel
que pour tout x ∈ I ∩ J, f (x) ≤ f (x0 ). Nous distinguons deux cas :
1er cas : pour x ∈ I ∩ J tel que x < x0 . Nous avons f (x)−f x−x0
(x0 )
≥ 0 (car f (x) − f (x0 ) ≤ 0 et
x − x0 < 0). Ainsi, par passage à limite, nous avons limite de limx→x−0 f (x)−f x−x0
(x0 )
est négative.
2e cas : pour x ∈ I ∩ J tel que x > x0 . Nous avons f (x)−f x−x0
(x0 )
≤ 0 (car f (x) − f (x0 ) ≤ 0 et
f (x)−f (x0 )
x − x0 > 0). Ainsi, par passage à limite, nous avons limx→x+0 x−x0 est positive.
Comme f est dérivable en x0 , alors limx→x−0 f (x)−f
x−x0
(x0 )
= limx→x+0 f (x)−f (x0 )
x−x0
= f 0 (x0 ). Ainsi,
les inégalités précédentes impliquent que f 0 (x0 ) ≤ 0 et f 0 (x0 ) ≥ 0. Donc f 0 (x0 ) = 0.
0
2) Justifier que si f admet un minimum local en x0 alors f (x0 ) = 0. 2
Théorème de Rolle
Exercice 1.8
Exercice 1.9
Preuve du Théorème des Accroissements finis.
f (b)−f (a)
Considérer la fonction g(x) = f (x) − l(x − a) avec l = b−a
. Appliquer le Théorème de
Rolle à cette fonction et Conclure.
Corollaire 1.2. Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
0
1. ∀x ∈]a, b[ f (x) > 0 ⇔ f est croissante ;
0
2. ∀x ∈]a, b[ f (x) ≤ 0 ⇔ f est décroissante ;
0
3. ∀x ∈]a, b[ f (x) = 0 ⇔ f est constante ;
0
4. ∀x ∈]a, b[ f (x) > 0 ⇒ f est strictement croissante ;
0
5. ∀x ∈]a, b[ f (x) < 0 ⇒ f est strictement décroissante ;
Remarque 1.2. La réciproque au point (4) (et aussi au (5)) est fausse. Par exemple la fonction
x 7→ x3 est strictement croissante et pourtant sa dérivée s’annule en 0.
Corollaire 1.3. (Inégalité des accroissements finis) Soit f : I → R une fonction dérivable sur
0
un intervalle I ouvert. S’il existe une constante M telle que pour tout x ∈ I, |f (x)| ≤ M alors
Règle de l’Hospital
Exercice 1.10
3 2
1. Soit f (x) = x3 + x2 − 2x + 2. Étudier la fonction f . Tracer son graphe. Montrer que f
admet un minimum local et un maximum local
√
2. Soit f (x) = x. Appliquer le théorème des accroissements finis sur l’intervalle [100, 101].
1
√ 1
En déduire l’encadrement 10 + 22 ≤ 101 ≤ 10 + 20
1
3. Appliquer le théorème des accroissements finis pour montrer que ln(1 + x) − ln(x) < x
(pour tout x > 0)
4. Soit f (x) = ex . Que donne l’inégalité des accroissements finis sur [0, x] ?
5. Appliquer la règle de l’Hospital pour calculer les limites suivantes (quand x → 0) :
x
(1+x)n −1
; ln(x+1)
√
x
; 1−cos
tan x
x x−sin x
; x3
Exercice 1.2
Exercice 1.3
1
1. (a) Montrer que ∀x ∈ R, cos(arctan x) = √1−x 2 . (On remarquera que si cos a ≥ 0
√ 1
alors cos a = cos2 a = √1+tan2 a , prendre ensuite a = arctan x.
|x|
(b) Déduire que ∀x ∈ R, sin(arctan(x)) = √
1−x2
.
2. On considère l’équation (E) : arccos x = arcsin 2x.
(a) Donner le domaine de définition de l’équation (E).
√
(b) Montrer que ∀x ∈ [− 21 , 12 ], sin(arccos x) = 1 − x2 .
(c) Résoudre l’équation (E).
1−3x2
3. Montrer que cos(3 arctan(x)) = 3 .
(1+x2 ) 2
1−x2
4. Soit la fonction f définie de R vers R par : f (x) = arccos 1+x2
.
(a) Déterminer le domaine de définition Df de f .
(b) Montrer que ∀x ∈ Df , on a : f (x) = 2 arctan(|x|).
√
5. Montrer que ∀x ∈ R, on a : arctan(x) + 2 arctan( 1 + x2 − x) = π2 .
Exercice 1.5
Exercice 1.6
Soit n ∈ N∗ , x0 ∈ R, f et g deux fonctions n fois dérivables en x0 .
dk
On note f (k) (x0 ) = dx k (f (x0 )) la dérivée d’ordre k de f en x0 , (k ≤ n) et f
(0)
= f.
dn dn dn −x dn dn
2. Calculer dxn
(sin x), dx n (ln x), dxn (e sin x), dxn
(e−x ln x) et dxn
(e2x (x + 1)).
2
3. Montrer que ∀x ∈ R, la dérivée nème de la fonction f (x) = e−x est de la forme f (n) (x) =
2
Pn (x)e−x où Pn est un polynôme de degré n.
Exercice 1.7
1. Définir les fonctions x 7−→ argcosh(x) et x 7−→ argsinh(x) et donner leur expression.
2. Calculer arctan(tan 3π
4
) et arccos(cos(− π4 )).
3. Completer le tableau suivant :
f (x0 + h) − f (x0 − h)
fs0 (x0 ) = lim .
h→0 2h
1. Montrer que si f est dérivable en x0 , alors f admet une dérivée symétrique en x0 . Com-
parer fs0 (x0 ) et f 0 (x0 ).
2. La réciproque de 1. est-elle vraie ?
3. Montrer que si f est dérivable à gauche et à droite en x0 , alors f admet une dérivée
symétrique en x0 . Exprimer fs0 en fonction des dérivées à droite fd0 et à gauche fg0 .
(
x sin x1 si x 6= 0
4. Pour f définie par : f (x) = , montrer que fs0 (0) existe alors que ni
0 si x = 0
fd0 (0) ni fg0 (0) n’existent. Conclure.
5. Soit f (x) = |x|. Représenter f 0 , fd0 , fg0 et fs0 .
6. On suppose que f est deux fois dérivables en x0 . Déterminer :
Exercice 1.9
g(x) = x6 −9x4 +10x3 −2x5 −26x2 +2x+28 et h(x) = 30x4 −108x2 +60x−40x3 −52.
Exercice 1.12
Soient f et g deux fonctions n fois continûment dérivables sur un intervalle ouvert I de
R et vérifiant :
(
f (x0 ) = f (k) (x0 ) = 0, g(x0 ) = g (k) (x0 ) = 0, ∀k ∈ {1, 2, . . . , n − 1}
g (n) (x0 ) 6= 0
Sommaire
2.1 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2 Développements limités au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.4 Applications des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.5 Formule de Développements limités des fonctions usuelles au voisinage
de zéro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Nous noterons Tn (x) la partie polynomiale de la formule de Taylor (elle dépend de n mais
aussi de f et a) :
00
0 f (a) f (n) (a)
Tn (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n
2! n!
Exemple 2.1. La fonction f (x) = exp x est de classe C n+1 sur I = R pour tout n. Fixons
0 00
a ∈ R. Comme f (x) = exp x, f (x) = exp x,. . . alors pour tout x ∈ R :
Z x
exp(a) exp(a) exp(t)
exp(x) = exp(a)+exp(a)·(x−a)+ (x−a)2 +···+ (x−a)n + (x−t)n dt.
2! n! a n!
Exemple 2.2. Soient a, x ∈ R. Pour tout entier n > 0 il existe c entre a et x tel que exp x =
exp a + exp a · (x − a) + · · · + exp
n!
a exp c
(x − a)n + (n+1)! (x − a)n+1 .
Dans la plupart des cas on ne connaîtra pas ce c. Mais ce théorème permet d’encadrer le
reste. Ceci s’exprime par le corollaire suivant :
Corollaire 2.1. Si en plus la fonction |f (n+1) | est majorée sur I par un réel M, alors pour tout
n+1
a, x ∈ I, on a : |f (x) − Tn (x)| ≤ M |x−a|
(n+1)!
6
)| ≤ (0.01)
24
, comme (0.01) 24
≈ 4.16 · 10?10 alors notre approximation donne au moins 8
chiffres exacts après la virgule.
Théorème 16 –
f étant une fonction de classe C n nous appliquons la formule de Taylor avec reste f (n) (c)
au rang n − 1. Pour tout x, il existe c = c(x) compris entre a et x tel que f (x) = f (a) +
00
0
f (a)(x − a) + f 2!(a) (x − a)2 + · · ·
(n−1) (n) (n) (a) f (n) (c)−f (n) (a)
+ f (n−1)!(a) (x − a)n−1 + f (c)−f
n!
(x − a)n
. On pose ε(x) = n!
. Puisque f (n) est
continue et que c(x) → a alors limx→a ε(x) = 0
2.1.4 Résumé
Il y a donc trois formules de Taylor qui s’écrivent toutes sous la forme
C’est l’expression du reste Rn (x) qui change (attention le reste n’a aucune raison d’être un
polynôme).
x
f (n+1) (t)
Z
Rn (x) = (x − t)n dt Taylor avec reste intégrale
a n!
f (n+1) (c)
Rn (x) = (x − a)n+1 Taylor avec reste f (n+1) (c), c entre a et x
(n + 1)!
Rn (x) = (x − a)n ε(x) Taylor-Young avec (x) →x→a 0,
Selon les situations l’une des formulations est plus adaptée que les autres. Bien souvent nous
n’avons pas besoin de beaucoup d ?information sur le reste et c’est donc la formule de Taylor-
Young qui sera la plus utile.
Exercice 2.1
où limx→a ε(x) = 0
2.2.2 Unicité
Si f admet un DL alors ce DL est unique. Preuve. Écrivons deux DL de f : f (x) =
c0 + c1 (x − a) + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε1 (x) et f (x) = d0 + d1 (x − a) + · · · + dn (x −
a)n + (x − a)n ε2 (x). En faisant la différence entre les deux expressions on obtient
Lorsque l’on fait x = a dans cette égalité alors on trouve d0 − c0 = 0. Ensuite on peut diviser
cette égalité par x − a : (d1 − c1 ) + (d2 − c2 )(x − a) + · · · + (dn − cn )(x − a)n−1 + (x −
a)n (ε2 (x) − ε1 (x)). En évaluant en x = a on obtient d1 − c1 = 0, etc. On trouve c0 = d0 ,
c1 = d1 , ..., cn = dn . Les parties polynomiales sont égales et donc les restes aussi.
Corollaire 2.2. Si f est paire (resp. impaire) alors la partie polynomiale de son DL en 0 ne
contient que des monômes de degrés pairs (resp. impairs).
Par exemple x 7→ cos x est paire et nous verrons que son DL en 0 commence par : cos x =
x2 4 6
1 − + x4! + x6! + · · · Preuve. f (x) = c0 + c1 (x) + c2 x2 + c3 x3 + · · · + cn xn + xn ε(x). Si
2!
f est paire alors f (x) = f (−x) = c0 − c1 x + c2 x2 − c3 x3 + · · · + (−1)n cn xn + xn ε(x). Par
l’unicité du DL en 0 on trouve c1 = −c1 , c3 = −c3 , · · · et donc c1 = 0, c3 = 0, · · ·
Remarque 2.1. 1. L’unicité du DL et la formule de Taylor-Young prouve que si l’on connaît
le DL et que f est de classe C n alors on peut calculer les nombres dérivés à partir de la
(k)
partie polynomiale par la formule ck = f k!(a) . Cependant dans la majorité des cas on
fera l’inverse : on trouve le DL à partir des dérivées.
2. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n > 0 alors f est continue en a et c0 = f (a).
3. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n > 1, alors f est dérivable en a et on a
0
c0 = f (a) et c1 = f (a). Par conséquent y = c0 + c1 (x − a) est l’équation de la tangente
au graphe de f au point d’abscisse a.
4. Plus subtil : f peut admettre un DL à l’ordre 2 en un point a sans admettre une dérivée
0
seconde en a. Soit par exemple f (x) = x3 sin x1 . Alors f est dérivable mais f ne l’est
pas. Pourtant f admet un DL en 0 à l’ordre 2 : f (x) = x2 ε(x) (la partie polynomiale est
nulle).
x x 2 x3 xn
exp x = 1 + + + +···+ + xn ε(x)
1! 2! 3! n!
x2 x4 x2n
chx = 1 + + +···+ + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + +···+ + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1)n + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + + · · · + (−1)n + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x3 xn
ln(1 + x) = x − + − · · · + (−1)n−1 + xn ε(x)
2 3 n
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x +···+ x + xn ε(x)
2! n!
1
= 1 − x + x2 − x3 + · · · + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x
1
= 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + xn ε(x)
1−x
√ x 1 2 1 · 3 · 5 · · · (2n − 3) n
1+x=1+ − x + · · ·(−1)n−1 x + xn ε(x)
2 8 2n n!
Exercice 2.2
Tronquer un polynôme à l’ordre n signifie que l’on conserve seulement les monômes de
degré ≤ n.
√
Exemple 2.4. Calculer le DL de cos x × 1 + x en 0 à l’ordre 2. On sait que cos x = 1 − 12 x2 +
√
x2 ε1 (x) et 1 + x = 1 + 12 x − 81 x2 + x2 2 (x). Donc :
√ 1 1 1
cos x × 1 + x = (1 − x2 + x2 ε1 (x)) × (1 + x − x2 + x2 ε2 (x))
2 2 8
1 5 2
= 1 + x − x + x2 ε(x)
2 8
On a en fait écrit beaucoup de choses superflues, qui à la fin sont dans le reste et n’avaient
pas besoin d’être explicitées ! Avec l’habitude les calculs se font très vite car on n’écrit plus les
termes inutiles. Voici le même calcul avec la notation petit ◦ : dès qu’apparaît un terme
x2 ε1 (x) ou un terme x3 , · · · on écrit juste ◦(x2 ) (ou si l’on préfère x2 ε(x)).
√ 1 5
cos x × 1 + x = 1 + x − x2 + ◦(x2 )
2 8
La notation petit ◦ évite de devoir donner un nom à chaque fonction, en ne gardant que
sa propriété principale, qui est de décroître vers 0 au moins à une certaine vitesse. Comme on
le voit dans cet exemple, ◦(x2 ) absorbe les éléments de même ordre de grandeur ou plus petits
que lui : ◦(x2 ) − 14 x3 + 12 x2 ◦ (x2 ) = ◦(x2 ). Mais il faut bien comprendre que les différents
◦(x2 ) écrits ne correspondent pas à la même fonction, ce qui justifie que cette égalité ne soit
pas fausse !
2.3.1 Composition
On écrit encore :
1 1
h(x) = 1 + u − u2 + ◦(u2 )
2 8
1 1 2 1 4 1 1 4
=1+ − x + x − x + ◦(x4 )
2 2 24 8 4
1 1 1
= 1 − x2 + x4 − x4 + ◦(x4 )
4 48 32
1 2 1 4
= 1 − x − x + ◦(x4 )
4 96
2.3.2 Division
Voici comment calculer le DL d’un quotient f =g. Soient
f (x) = c0 + c1 x + · · · + cn xn + xn ε1 (x)
g(x) = d0 + d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x)
1
Nous allons utiliser le DL de 1+u
= 1 − u + u2 − u3 · ··
1
1. Si d0 = 1 on pose u = d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x) et le quotient s’écrit f /g = f × 1+u .
2. Si d0 est quelconque avec d0 6= 0 alors on se ramène au cas précédent en écrivant
1 1 1
= xn ε2 (x)
g(x) d0 1 + d1
x +···+ dn n
x +
d0 d0 d0
3. Si d0 = 0 alors on factorise par xk (pour un certain k) afin de se ramener aux cas précé-
dents.
Ainsi
1 1
=
cos x 1+u
= 1 − u + u2 − u3 + u3 ε(x)
x2 x4 x4
=1+ − + + x5 ε(x)
2 24 4
x2 5
=1+ + x4 + x5 ε(x)
2 24
Finalement
1
tan(x) = sin x ×
cos x
3
x x5 x2 5
= (x − + + x5 ε(x))(1 + + x4 + x5 ε(x))
6 120 2 24
x3 2
=x+ + + x5 ε(x)
3 15
2.3.3 Intégration
Soit f : I → R une fonction de classe C n dont le DL en a ∈ I à l’ordre n est f (x) =
c0 + c1 (x − a) + c2 (x − a)2 + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε(x)
Théorème 18 –
Notons F une primitive de f . Alors F admet un DL en a à l’ordre n + 1 qui s’écrit :
où limx→a η(x).
Cela signifie que l’on intègre la partie polynomiale terme à terme pour obtenir le DL de F (x) à
la constante F (a) près.
Exercice 2.3
1
1. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de exp(x) − 1+x , puis de x cos(2x) et cos(x) × sin(2x)
√ √
2. Calculer le DL en 0 à l’ordre 2 de 1 + 2 cos x, puis de exp( 1 + 2 cos x)
3. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de ln(1 + sin x). De même à l’ordre 6 pour ln(1 + x2 )2
ln(1+x3 ) ex
4. Calculer le DL en 0 à l’ordre n de x3
. De même à l’ordre 3 avec 1+x
.
5. Par intégration retrouver la formule du DL de ln(1 + x). De même à l’ordre 3 pour
arccos x.
1 2
f (x) = ln(1 + x) − tan x + sin x
2
x2 x3 x4 4 x3 4 1 x3
= (x − + − + ◦(x )) − (x + + ◦(x )) + (x − + ◦(x3 ))2
2 3 4 3 2 6
x2 x4 1 2 1 4
=− − + (x − x ) + ◦(x4 )
2 4 2 3
5 4
= x + ◦(x4 )
12
et
5 5
x4 +◦(x4 ) +◦(1)
Ainsi fg(x)
(x)
= 123x4 +◦(x4 ) = 123+◦(1) en notant ◦(1) une fonction (inconnue) tendant vers 0
quand x → 0. Donc lim fg(x)(x) 5
= − 36
Il y a 3 cas possibles.
0
+ Le DL en 1 : on calcule f (1), f (1), · · · pour trouver le DL en 1 ; f (x) = −2(x −
1) + 2(x − 1)3 + (x − 1)4 . L’équation de la tangente au point d’abscisse 1 est
donc y = −2(x − 1). Comme 2(x − 1)3 change de signe en 1, 1 est aussi un point
d’inflexion de f .
1
où ε x
tend vers 0 quand x → +∞
f (x)
Proposition 2.4.2. On suppose que la fonction x 7→ x
admet un DL en +∞ (ou en −∞) :
f (x) a1 ak 1 1
= a0 + + · · · + k + kε
x x x x x
, où k est le plus petit entier > 2 tel que le coefficient de x1k soit non nul. Alors limx→+∞ f (x) −
(a0 x + a1 ) = 0 (resp. x → −∞) : la droite y = a0 x + a1 est une asymptote à la courbe de f
en +∞ (ou −∞) et la position de la courbe par rapport à l’asymptote est donnée par le signe
ak
de f (x) − y, c’est-à-dire le signe de xk−1
Exercice 2.4
√
sin x−x 1+x−sh(x/2)
1. Calculer la limite de x3
lorsque x tend vers 0.De même avec xk
(pour k =
1, 2, 3, · · ·)
√ 1
x−1
2. Calculer la limite de ln x
lorque x → 1. De même pour ( 1−x
1+x
) x puis 1
tan2 x
− 1
x2
lorsque
x→0
3. Soit f (x) = exp x + sin x. Calculer l’équation de la tangente en x = 0 et la position du
graphe. De même avec g(x) = shx.
x x 2 x3 xn
exp x = 1 + + + +···+ + xn ε(x)
1! 2! 3! n!
x2 x4 x2n
chx = 1 + + +···+ + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + +···+ + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1)n + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + + · · · + (−1)n + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x3 n−1 x
n
ln(1 + x) = x − + − · · · + (−1) + xn ε(x)
2 3 n
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x +···+ x + xn ε(x)
2! n!
1
= 1 − x + x2 − x3 + · · · + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x
1
= 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + xn ε(x)
1−x
√ x 1 2 1 · 3 · 5 · · · (2n − 3) n
1+x=1+ − x + · · ·(−1)n−1 n
x + xn ε(x)
2 8 2 n!
Exercice 2.3
Exercice 2.4
1 1 (−1)n+1
un = 1 − + − ··· + .
2 3 n
Exercice 2.6
Exercice 2.7
suivantes :
Calculerles limites 1
1 1 sin x−x cos x ex −esin x sin x x2
(a) lim sin2 x − x2 , (b) lim sinh x−x cosh
, (c) lim x3
, (d) lim x
,
x→0 x→0 x→0 x→0
1 arctan x −etan x cosn x−n cos x+n−1
(e) lim cos x + 21 sin2 x x4 , (f) lim eearcsin x −e sin x , (g) lim sin4 x
,
x→0 x→0 x→0
2
a −ax xe−x −sin x 1
(h) lim log xx−log , avec (a > 0 et a 6= 1), (i) lim (j) lim (cos x) sin x ,
,
x→0 a xa x→0 arctan x−x x→0
1 1
1
2 1 a x +b x x
(k) lim (sin x + cos x) x , (l) lim (1 + arctan x) x sin x , (m) lim 2
, a > 0, b > 0,
x→0 x→0 x→+∞
√ √
(n) lim x2 − x + 1 + 3 x3 + λx2 + 1 , λ ∈ R.
x→−∞
Exercice 2.8
On considère la fonction f définie de R vers R. Dans chacun des cas suivants : préciser
le domaine de définition de f , étudier le comportement asymptotique en +∞ et en −∞,
en déduire les asymptotes
q éventuelles et la position de la courbe par rapport à celle-ci.
x(x+2) 1 x 1p
(a) f (x) = x + x+1
, (b) f (x) = (x + x
) , (c) f (x) = e x x(x + 2),
p 2x
1
(d) f (x) = 3 x2 (x + 1), (e) f (x) = xe x2 −1 , (f) f (x) = x2 arctan( 1+x ).
Sommaire
3.1 Fonctions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Etude d’une courbe plane au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Etude des branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4 Plan d’étude d’une fonction vectorielle en dimension deux . . . . . . . . . 42
→
− → −
(O, i , j ) est un répère orthonormé du plan.
1. On appelle fonction vectorielle de la variable t définie sur une partie I de R, une ap-
→
− →
−
plication f : I → R2 (resp. R3 définie par : ∀t ∈ I, f (t) = (x(t), y(t)) (resp.
→
−
f (t) = (x(t), y(t), z(t)).
→
− →
−
2. Soit f une fonction vectorielle. L’indicatrice relativement à O de f est l’ensemble des
−−→ → −
points M du plan (resp. de l’espace) tels que OM = f (t) lorsque t ∈ D− → (domaine de
f
→
−
f .)
3. On appelle courbe plane (resp. courbe de l’espace), l’indicatrice (C) relativement au point
O d’une fonction vectorielle.
→
−
Précisons que la donnée f équivaut à la donnée de deux (resp. trois) fonctions nu-
de
x = x(t)
(
x = x(t)
mériques (resp. y = y(t) qui sont appelées les équations paramétriques de
y = y(t)
z = z(t)
(C).
Exemple 3.1. 1. Une droite vectorielle de vecteur directeur →−v passant par le point A est
→
− −→ →
−
l’indicatrice de la fonction vectorielle f (t) = OA + t v , avec t ∈ I = R.
Définition 3.2
→
−
Soit f (t) = (x(t), y(t)) une fonction vectorielle n fois dérivable (c-à-d, x et y sont n fois
dérivables).
→
−
1. Sa dérivée f 0 (t) = (x0 (t), y 0 (t)).
Définition 3.3
Types de points à la courbe à une fonction vectorielle.
Soit t0 ∈ I ⊂ R.
1. Un point M0 = M (t0 ) de (C) est régulier ou ordinaire si M 0 (t0 ) = dM
dt
6= 0.
Définition 3.4
→
−
Tangente à la courbe en un point M0 = M (t0 ) de f (t).
C’est la droite passant par M0 = M (t0 ) et admettant pour vecteur directeur le premier vecteur
p →
−p
dérivé non nul M (p) (t0 ) = ddtM
p = f (t0 ) 6= 0.
Solution :
1er cas : M0 est régulier.
(i) Cas où le système (M 0 (t0 ), M 00 (t0 )) est libre.
Conclusion : La courbe est située d’un même côté de la tangente en M0 , au voisinage du point
M0 .
(ii) Cas où le système (M 0 (t0 ), M 00 (t0 )) est lié et le système (M 0 (t0 ), M 000 (t0 )) est libre.
Lemme 3.1. Si l’une au moins des coordonnées de M (t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une
branche infinie.
Preuve : Supposons que x(t) ou y(t) tend vers ∞ et montrons que OM (t) tend vers +∞.
Comme ( x(t) ou y(t) tend vers ∞ alors |x(t)| ou |y(t)| tend vers +∞.
p
|x(t)| ≤ x2 (t) + y 2 (t) = OM (t)
Comme p et |x(t)| ou |y(t)| tend vers +∞, alors OM (t)
|y(t)| ≤ x2 (t) + y 2 (t) = OM (t)
tend vers +∞. 2
Problème : Détermination pratique des branches infinies.
Solution :
1er cas(: Une seule coordonnée de M (t) = (x(t), y(t)) tend vers ∞.
x(t) → ∞
(i) Si , alors la droite d’équation y = y0 est une asymptote (horizontale) à (C).
y(t) → y0
(
x(t) → x0
(ii) Si , alors la droite d’équation x = x0 est une asymptote (verticale) à (C).
y(t) → ∞
(
x(t) = t2 + t
Exemple 3.4. Etudier les branches infinies de la courbe (C) d’équations paramétriques 3 +1
y(t) = tt3 −1
2eme cas : Les deux coordonnées de M (t) = (x(t), y(t) tendent vers ∞.
y(t)
i) Le rapport x(t) tend vers 0, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction (Ox).
y(t)
ii) Le rapport x(t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction
(Oy).
y(t)
iii) Le rapport x(t) tend vers a ∈ R∗ , alors nous distinguons deux cas :
- Si y(t) − ax(t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction
∆ : y = ax.
- Si y(t) − ax(t) tend vers b ∈ R, alors la droite d’équation ∆ : y = ax + b est l’asymptote
oblique à C.
Exemple 3.5. Etudier les branches infinies de la courbe (C) dans chacun des cas suivants :
(
x(t) = t3 + t
1.
y(t) = t2 − t
(
t2
x(t) = 1−t
2. t
y(t) = (1−t)3
(
x(t) = t3
3.
y(t) = t3 − t2
Remarque 3.1. Dans le cas où les expressions x(t) et y(t) admettent des développements limi-
tés, la recherche de l’asymptote oblique et la position de la courbe par rapport à l’asymptote
s’effectuent à l’aide des développements limités.
(
x(t) = t exp( 2t )
Exemple 3.6. Etudier les branches infinies de la courbe (C) :
y(t) = (t − 2) exp(− 2t )
3) Déterminer les points remarquables (points d’intersection avec les axes, points singuliers,
etc) et déterminer les branches infinies.
4) Construire la courbe.
Exercice 3.5
On considère dans l’espace Oxyz, la courbe C, intersection de l’hémisphère z ≥ 0 de la
sphère de centre O et de rayon 2, avec le cylindre droit de révolution, qui rencontre le plan
(xOy) suivant le cercle de diamètre OA où A(0, 2, 0). (C) s’appelle la fenêtre de Viviani.
Faire un schéma, donner les équations cartésiennes de (C) et donner les équations paramétriques
de (C).
Exercice 3.7
(
et
x(t) = t
1. Montrer que tout point d’équations paramétriques t2 +1
est un point ordi-
y(t) = t2
naire et déterminer les points d’inflexion de cette courbe.
(
x(t) = t2 ln t
2. Déterminer le nombre de points d’inflexion de la courbe (C) : .
y(t) = t(ln t)2
Montrer que le point M (−1) est un point de rebroussement de premier espèce de (C) :
3. (
x(t) = t2 + 2t
.
y(t) = 2t − t12
(
x(t) = sin t
4. Déterminer les points de rebroussements de la courbe (C) : cos2 t
.
y(t) = 2−cos t
(
x(t) = t2 + 2t
5. Montrer que le point (1, −5) est un point de double de (C) : .
y(t) = 2t − t12
Existe-t-il encore d’autres points doubles ?. Justifier.
(
x(t) = t21−t
6. Montrer que la courbe paramétrée (C) : t
possède un point double et que
y(t) = t2 −1
les tangentes en ce point sont perpendiculaires
Exercice 3.8
Étudier
( les branches infinies ( de la courbe (C) dans chacun
( des cas suivantes :
2 t
x(t) = t + t x(t) = t2 −1 x(t) = t3
a) 3 +1 , b) t2
, c) ,
y(t) = tt3 −1 y(t) = t−1 y(t) = t3 − t2
( (
t2
x(t) = 1−t x(t) = t exp( 2t )
d) 1
, e)
y(t) = (1−t) 3 y(t) = (t − 2) exp(− 2t )
Exercice 3.9
(
x(t) = sin 3t
1. Soit (C) la courbe plane paramétrée définie par : (t ∈ R).
y(t) = sin 2t
Montrer que l’étude de (C) se ramène à l’intervalle [0, 3π].
Exercice 3.10
Étudier(et construire les courbes planes( paramétriques suivantes : (
x(t) = t − t 2
x(t) = t2 + 2t x(t) = t + 1t
(C1 ) : , (C 2 ) : , (C 3 ) : ,
y(t) = t2 y(t) = t2 + t12 y(t) = 3t + t13
( ( (
x(t) = t33t+1 x(t) = 2t−1
t2 −1
x(t) = sin t
(C4 ) : 3t2
, (C5 ) : t2
, (C6 ) :
y(t) = t3 +1 y(t) = t−1 y(t) = cos 3t
Exercice 3.11
Exercice 3.12
Sommaire
4.1 Coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Courbes en coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
−→
On se donne dans le plan R2 : (i) un point O appelé pôle, (ii) une demi-droite orientée Ox,
→
−
d’origine O, de vecteur directeur unitaire i , appelé axe polaire, (iii) pour un nombre réel θ, on
−−→ −→ −−→
considère le vecteur u(θ), d’origine O tel que θ = (Ox, u(θ)) (angle algébrique orienté, défini
modulo 2π.)
M est un point de R
1. Préciser la méthode de construction d’un point M = (r0 , θ0 ) (On suppose que le pôle O
−→
et l’axe polaire Ox sont fixés.
Proposition 4.1.1. Soit M = (x, y) les coordonnées cartésiennes de M dans le répère ortho-
normé (O, i, j) et M = (r, θ) les coordonnées polaires de M. Alors les relations liant les deux
( (
x = r cos θ r 2 = x2 + y 2
systèmes de coordonnées sont : ou
y = r sin θ tan θ = xy
Preuve : Exo. 2
2. Si r est dérivable, alors en tout point M = (f (θ), θ), ∈ C où r(θ) 6= 0, C admet une
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
tangente dirigée par le vecteur M T = r0 (θ)u(θ) + r(θ)v(θ), où OM = r(θ)v(θ), et
−−→
v(θ) = u(θ + π2 ).
−−→
Remarque 4.1. 1. Pour construire M T à C en M, on utilisera le fait que la direction de la
−−→ −−→
tangente est définie par l’angle W = (OM , M T ) tel que tan W = rr(θ) 0 (θ) .
Un cas particulier courant est celui des angles θ0 tels que r(θ0 ) 6= 0 et r0 (θ0 ) = 0 ; alors
−−→
tan W = ∞ et W = π2 (modπ) : la tangente M T est donc orthogonale au rayon vecteur
−−→
OM .
−−→ −−→
2. Par ailleurs, le répère (O, u(θ), v(θ) = u(θ + π2 )) est appelé répère mobile.
f
3. Tableau de variation (les lignes sont relatives à θ, f, f 0 et pour les tangentes : f = 0
f0
−−→
détermine les tangentes en O, f 0 = 0 détermine les tangentes à OM , où M ∈ C.
5. Construire la courbe.
1
2. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = sin 4θ
.
sin
√θ
3. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = cos θ− 3 sin θ
.
1
4. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = cos θ cos 2θ
.
Exercice 4.5
On considère dans l’espace Oxyz, la courbe C, intersection de l’hémisphère z ≥ 0 de la
sphère de centre O et de rayon 2, avec le cylindre droit de révolution, qui rencontre le plan
(xOy) suivant le cercle de diamètre OA où A(0, 2, 0). (C) s’appelle la fenêtre de Viviani.
Faire un schéma, donner les équations cartésiennes de (C) et donner les équations paramétriques
de (C).