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Mat 122

Ce document présente un cours d'analyse sur le calcul différentiel réel et les courbes réelles. Il contient des objectifs, un plan de progression et aborde des sujets tels que la dérivabilité, les développements limités, les fonctions vectorielles et les courbes polaires.

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Université de Douala

Faculté des Sciences

Licence 1
Mathématiques
MAT 122

Analyse 2
Version β

Calcul différentiel réel et courbes


réelles

LOUIS AIMÉ FONO


[email protected]

Avril 2020

Tout est logique


Page i sur 51

UE MAT 122 - Analyse 2 : Calcul différentiel réel et courbes réelles : 60 HEURES

OBJECTIFS GÉNÉRAUX

+ Étudier de fonctions
+ Etude des fonctions vectorielles et polaires

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

+ Etude de la dérivabilité des fonctions et des résultats classiques y associés.


+ Etude du Développement limité d’une fonction et de quelques applications.
+ Etude et représentation graphique des courbes planes des fonctions vectorielles.
+ Etude et représentation graphique des courbes polaires.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


Fiche de Progression
Dans le tableau suivant, nous subdivisons le cours en cinq séquences.
Séquence Thèmes développés Durée
Dérivabilité 1.2.1 Dérivée ; 1.2.2 Calcul des dérivées ; 1.2.3 Extremum lo- CM : 7h
cal, théorème de Rolle ; 1.2.4 Théorème des accroissements TD : 3h
finis TPE : 2h
Développements Formules de Taylor ; Développements limités au voisinage CM : 7h
limités d’une d’un point ; Opérations sur les développements limités TD : 3h
fonction TPE : 2h
Applications des Opérations sur les développements limités (suite et fin) ; Appli- CM : 7h
développements cations des développements limités ; Lecture et utilisation des TD : 3h
limités Formules de Développements limités des fonctions usuelles au TPE : 2h
voisinage de zéro
Etude et tracé Fonctions vectorielles ; Etude d’une courbe plane au voisinage CM : 7h
des courbes d’un point ; Etude des branches infinies ; Etude des variations TD : 3h
planes des d’une fonction vectorielle en dimension deux ; Représentation TPE : 2h
fonctions vecto- graphique
rielles
Etude et tracé Coordonnées polaires ; Courbes en coordonnées polaires ; CM : 7h
des courbes des Equation de la tangente ; Branches infinies, Etude des varia- TD : 3h
polaires tions d’une fonction r = f (θ) ; Représentation graphique TPE : 2h

ii © Université de Douala 2019-2020


Sources Documentaires

[1] Bourdon M. Chen G. Constantini G. Desideri L. Hanani A. Bodin A., Borne N. and Rouget
J.L. Analyse : Cours de mathématiques 1ere année. Janvier 2016.

iii © Université de Douala 2019-2020


Table des matières

french french

Présentation des Objectifs du Cours i

Fiche de Progression ii

Table des matières v

1 Rappel des fonctions usuelles et Etude de la dérivabilité des fonctions 6


1.1 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Fonctions circulaires inverses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses . . . . . . . . . . . 8
1.2 Dérivabilité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1 Dérivée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Calcul des dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.3 Extremum local, théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.4 Théorème des accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

2 Développements limités d’une fonction 24


2.1 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.1 Formule de Taylor avec reste intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.1.2 Formule de Taylor avec reste f (n+1) (c) . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.3 Formule de Taylor-Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.4 Résumé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2 Développements limités au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.2.1 Définition et existence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.2.2 Unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.2.3 DL des fonctions usuelles à l’origine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.3 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.1 Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.3.2 Division . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3.3 Intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

iv © Université de Douala 2019-2020


TABLE DES MATIÈRES Page v sur 51

2.4 Applications des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33


2.4.1 Calculs de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.4.2 Position d’une courbe par rapport à sa tangente . . . . . . . . . . . . . 33
2.4.3 Développement limité en +∞ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.5 Formule de Développements limités des fonctions usuelles au voisinage de zéro 36

3 Etude et tracé des courbes planes des fonctions vectorielles 39


3.1 Fonctions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Etude d’une courbe plane au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Etude des branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4 Plan d’étude d’une fonction vectorielle en dimension deux . . . . . . . . . . . 42

4 Etude et tracé des courbes des polaires 47


4.1 Coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Courbes en coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2.1 Définition et courbes usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
4.2.2 Tangente à la courbe d’équation polaire r = f (θ). . . . . . . . . . . . . 48
4.2.3 Branches infinies de la courbe polaire C . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.4 Périodicité et symétrie pour la recherche du domaine d’étude de C : r =
f (θ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2.5 Plan d’étude d’une courbe polaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


Chapitre Premier

R APPEL DES FONCTIONS USUELLES ET E TUDE DE LA


DÉRIVABILITÉ DES FONCTIONS

D I˛ CO

Sommaire
1.1 Fonctions usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2 Dérivabilité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

1.1 Fonctions usuelles

1.1.1 Fonctions circulaires inverses


Arccosinus

Considérons la fonction cosinus cos : R → [−1, 1], x 7→ cos x. Pour obtenir une bijection
à partir de cette fonction, il faut considérer la restriction de cosinus à l’intervalle [0, π]. Sur cet
intervalle la fonction cosinus est continue et strictement décroissante, donc la restriction

cos| : [0, π] → [−1, 1]

est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arccosinus :

arccos| : [−1, 1] → [0, π]

On a donc, par définition de la bijection réciproque :

cos(arccos(x)) = x ∀x ∈ [−1, 1]

arccos(cos(x)) = x ∀x ∈ [0, π]

6 © Université de Douala 2019-2020


1.1. FONCTIONS USUELLES Page 7 sur 51

Autrement dit :
Si x ∈ [0, π] cos(x) = y ⇔ x = arccos y

Donnons l’expression de la dérivée de arccos

0 −1
arccos (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2

Arcsinus

La restriction h π πi
sin| : − , → [−1, 1]
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arcsinus :
h π πi
arcsin| : [−1, 1] → − ,
2 2

sin(arcsin(x)) = x ∀x ∈ [−1, 1]
h π πi
arcsin(sin(x)) = x ∀x ∈ − ,
2 2
Si x ∈ [0, π] sin(x) = y ⇔ x = arcsin y
0 1
arcsin (x) = √ ∀x ∈] − 1, 1[
1 − x2

Artangente

La restriction i π πh
sin| : − , →R
2 2
est une bijection. Sa bijection réciproque est la fonction arctangente :
i π πh
arctan : R → − ,
2 2

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.1. FONCTIONS USUELLES Page 8 sur 51

tan(arctan(x)) = x ∀x ∈ R
i π πh
arctan(tan(x)) = x ∀x ∈ − ,
2 2
i π πh
Si x ∈ − , tan(x) = y ⇔ x = arctan y
2 2
La dérivée est également donnée par

0 1
arctan (x) = ∀x ∈ R
1 + x2

Exercice 1.1
√ √
2 3
1. Calculer les valeurs de arccos et arcsin en 0, 1, 12 , 2
, 2
. De même pour arctan en 0, 1,
√ 1
3, √3
2. Calculer arccos(cos 7π
3
), arcsin(sin 7π
3
) et arctan(tan 7π
3
) (attention aux intervalles !)
3. Calculer cos(arctan x), cos(arcsin x), tan(arcsin x).
x
4. Calculer la dérivée de f (x) = arctan( √1−x 2 ). En déduire que f (x) = arcsin(x), pour

tout x ∈] − 1, 1[
5. Montrer que arccos x + arcsin x = π2 , pour tout x ∈ [?1, 1]

1.1.2 Fonctions hyperboliques et hyperboliques inverses


Cosinus hyperbolique et son inverse

Pour x ∈ R, le cosinus hyperbolique est donné par :

ex + e−x
chx =
2

La restriction ch| : [0, +∞[→ [1, +∞[ est une bijection. Sa bijection réciproque est Argch :
[1, +∞[→ [0, +∞[.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.1. FONCTIONS USUELLES Page 9 sur 51

Sinus hyperbolique et son inverse

Pour x ∈ R, le sinus hyperbolique est :

ex − e−x
shx =
2

sh : R → R est une fonction continue, dérivable, strictement croissante vérifiant limx→−∞ shx =
−∞ et limx→+∞ shx = +∞, c’est donc une bijection. Sa bijection réciproque est Argsh : R →
R.

Proposition 1.1.1. + ch2 − sh2 = 1


0 0
+ ch x = shx et sh x = chx
+ Argsh : R → R est strictement croissante et continue.
0
+ Argsh est dérivable et Argsh x = √ 1 .
x2 +1

+ Argshx = ln(x + x2 + 1).

Tangente hyperbolique et son inverse

Par définition, la tangente hyperbolique est :

shx
thx =
chx

La fonction th : R →] − 1, 1[ est une bijection, on note Argth :] − 1, 1[→ R sa bijection


réciproque.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.1. FONCTIONS USUELLES Page 10 sur 51

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 11 sur 51

Trigonométrie hyperbolique

Nous avons les propriétés suivantes :


+ ch2 x − sh2 x = 1
+ ch(a + b) = cha · chb + sha · shb
+ ch2a = ch2 a + sh2 a = 2ch2 a − 1 = 1 + 2sh2 a
+ sh(a + b) = sha · chb + shb · cha et sh(2a) = 2sha · cha
tha+thb
+ th(a + b) = 1+tha·thb
0 0
+ ch x = shx et sh x = chx
0 1
+ th x = 1 − th2 x = ch2 x
0
+ Argch x = √ 1 (x > 1)
x2 −1
0
+ Argsh x = √ 1 (x > 1)
x2 +1
0 1
+ Argth x = (|x| < 1)
1−x2

+ Argchx = ln(x + x2 − 1) (x > 1)

+ Argshx = ln(x + x2 + 1) (x ∈ R)
+ Argthx = 21 ln( 1+x
1−x
) (−1 < x < 1)
Exercice 1.2
1. Prouver par le calcul la formule ch(a + b) = cha · chb + sha · shb. En utilisant que
ix ix
cos x = e +e2
retrouver la formule pour cos(a + b).
2. Résoudre l’équation shx = 3.
sh(2x)
3. Montrer que 1+ch(2x)
= thx.
4. Calculer les dérivées des fonctions définies par th(1+x2 ), ln(chx), Argch(exp x), Argth(cos x).

1.2 Dérivabilité d’une fonction

1.2.1 Dérivée
Dérivée en un point

Soit I un intervalle ouvert de R et f : I → R une fonction. Soit x0 ∈ I.


Définition 1.3 Dérivabilité en un point
f (x)−f (x0 )
f est dérivable en x0 si le taux d’accroissement x−x0 a une limite finie lorsque x tend
0
vers x0 . La limite s’appelle alors le nombre dérivé de f en x0 et est noté f (x0 ). Ainsi

0 f (x) − f (x0 )
f (x0 ) = lim (1.1)
x→x0 x − x0

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1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 12 sur 51

Définition 1.4 Dérivabilité sur un intervalle


0
f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point x0 ∈ I. La fonction x 7→ f (x) est la
0 df
fonction dérivée de f , elle se note f ou dx .

Exemple 1.1. La fonction définie par f (x) = x2 est dérivable en tout point x0 ∈ R. En effet :
f (x)−f (x0 ) x2 −x2
x−x0
= x−x00 = x + x0 →x→x0 2x0 .

Tangente

La droite qui passe par les points distincts (x0 , f (x0 ))et(x, f (x)) a pour coefficient direc-
f (x)−f (x0 ) 0
teur x−x0
.
À la limite, on trouve que le coefficient directeur de la tangente est f (x0 ). Une
équation de la tangente au point (x0 , f (x0 )) est donc

0
y = (x − x0 )f (x0 ) + f (x0 ).

Autres écritures de la dérivée

Voici deux autres formulations de la dérivabilité de f en x0


f (x0 +h)−f (x0 )
Proposition 1.2.1. + f est dérivable en x0 si et seulement si limh→0 h
existe et
est finie.
0
+ f est dérivable en x0 si et seulement s’il existe l ∈ R (qui sera f (x0)) et une fonction
ε : I → R telle que ε(x) →x→x0 0 avec f (x) = f (x0 ) + (x − x0 )l + (x − x0 )ε(x).

Preuve : 1) Justifions le 1er résultat.


Considérer la définition d’une fonction dérivable en x0 . Changer de variable en posant x =
x0 + h. Ainsi, lorsque x → x0 , nous avons h → 0. Et on déduit le résultat.
2) Justifions le second résultat.
La définition stipule que : f est dérivable en x0 si et seulement limx→x0 f (x)−f
x−x0
(x0 )
= l = f 0 (x0 ).
Avec la reformulation de cette limite, nous obtenons : f est dérivable en x0 si et seulement
f (x)−f (x0 )
x−x0
= l + ε(x) avec limx→x0 ε(x) = 0. D’où le résultat. 2

Proposition 1.2.2. Soit I un intervalle ouvert, x0 ∈ I et soit f : I → R une fonction.


+ Si f est dérivable en x0 , alors f est continue en x0 .
+ Si f est dérivable sur I, alors f est continue sur I.
+ La réciproque est fausse. En effet la fonction valeur absolue est continue en 0 mais pas
dérivable en 0.

Preuve : 1) Justifions le 1er résultat.


Supposons f fonction dérivable en x0 et montrons que f est continue en x0 , c-à-d, montrons

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 13 sur 51

que limx→x0 f (x) = f (x0 ). Comme f est dérivable en x0 , alors f (x) = f (x0 )+(x−x0 )l +(x−
x0 )ε(x) avec limx→x0 ε(x) = 0. En calculant la limite de f en x0 avec cette dernière expression
de f (x0 ), nous obtenons limx→x0 f (x) = f (x0 ). 2
Exercice 1.3

1. On suppose f dérivable en x0 . Justifions, à l’aide de la définition que limx→x0 f (x) =


f (x0 ).
0
2. Montrer que la fonction f (x) = x3 est dérivable en tout point x0 ∈ R et que f (x0 ) = 3x20 .
√ 0
3. Montrer que la fonction f (x) = x est dérivable en tout point x0 > 0 et que f (x0 ) =
1
2x0
.

4. Montrer que la fonction f (x) = x (qui est continue en x0 = 0) n’est pas dérivable en
x0 = 0.
5. Calculer l’équation de la tangente (T0 ) à la courbe d’équation y = x3 − x2 − x au point
d’abscisse x0 = 2. Calculer x1 afin que la tangente (T1 ) au point d’abscisse x1 soit
parallèle à (T0 ).
0
6. Montrer que si une fonction f est paire et dérivable, alors f est une fonction impaire.

1.2.2 Calcul des dérivées


Somme, produit

Proposition 1.2.3. Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables sur I. Alors pour tout x ∈ I :
0 0 0
+ (f + g) (x) = f (x) + g (x)
0 0
+ (λf ) (x) = λf (x) où λ est un réel fixé
0 0 0
+ (f × g) (x) = f (x)g(x) + f (x)g (x)
0
0
+ ( f1 ) (x) = − ff 2(x)
(x)
si (f (x) 6= 0)
0 0
0 f (x)g(x)−f (x)g (x)
+ ( fg ) (x) = g 2 (x)
si (g(x) 6= 0)

Exercice 1.4
Justifier le 3e résultat.
i) Ecrire f g(x)−f
x−x0
g(x0 )
= f (x)g(x)−f
x−x0
(x0 )g(x0 )
= f (x)−f
x−x0
(x0 )
g(x) + g(x)−g(x
x−x0
0)
f (x).
f g(x)−f g(x0 )
ii) Calculer la limite de x−x0
lorsque x → x0 . Conclure.

Dérivée de fonctions usuelles

Le premier tableau est un résumé des principales formules à connaître, x est une variable.
Le second tableau de est celui des compositions, u représente une fonction x 7→ u(x)

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1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 14 sur 51

Fonction Dérivée
xn nxn−1 (n ∈ N)
1
− x12
√x 1
x √
2 x
α α−1
x αx (α ∈ R)
ex ex
1
ln(x) x
cos x − sin x
sin x cos x
tan x 1 + tan2 x =
1
cos2 x

Fonction Dérivée
0
un nu un−1 (n ∈ N)
0
1
u
− uu2
√ u
0
u √
2 u
0
uα αu u α−1
(α ∈ R)
0
eu u eu
0
u
ln(u) u
0
cos u −u sin u
0
sin u U cos u
0 0
u
tan u u (1 + tan2 u) = cos2 u

Composition

Proposition 1.2.4. Si f est dérivable en x et g est dérivable en f (x) alors g ◦ f est dérivable
en x de dérivée :
0 0 0
(g ◦ f ) (x) = g (f (x)) · f (x).

Exercice 1.5
0 0 0
Justifier que (g ◦ f ) (x) = g (f (x)) · f (x).
i) Ecrire gof (x)−gof
x−x0
(x0 )
= g(f (x))−g(f
x−x0
(x0 ))
= g(ff(x))−g(f (x0 )) f (x)−f (x0 )
(x)−f (x0 ) x−x0
.
g(f (x))−g(f (x0 )) f (x))−f (x0 ))
ii) Calculer la limite de f (x)−f (x0 ) lorsque f (x) → f (x0 ) et la limite de x−x0
lorsque
x → x0 . Conclure. 2

Corollaire 1.1. Soit I un intervalle ouvert. Soit f : I → J dérivable et bijective dont on note
0
f −1 : J → I la bijection réciproque. Si f ne s’annule pas sur I alors f −1 est dérivable et on a
pour tout x ∈ J :
0 1
(f −1 ) (x) = 0 −1
f (f )(x)
Exercice 1.6
0
Justifier que, sous les hypothèses du Corrolaire, (f −1 ) (x) = f 0 (f −11)(x) .
Poser g = f −1 la bijection réciproque de f. Soit y0 ∈ J et x0 ∈ I tel que y0 = f (x0 ). i) Justifier

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1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 15 sur 51

que g(y)−g(y
y−y0
0) g(y)−x0
= f (g(y))−f (x0 )
.
g(y)−g(y0 )
ii) Lorsque y tend vers y0 , calculer la limite de g(y) et en déduire la limite de y−y0
.
Conclure.

Dérivées successives
0 0
Soit f : I → R une fonction dérivable et soit f sa dérivée. Si la fonction f : I → R est
00 0 0
aussi dérivable on note f = (f ) la dérivée seconde de f . Plus généralement on note : f 0 = f
0 00 0
, f 1 = f , f 2 = f et f n+1 = (f n ) .
Si la dérivée n-ième f n existe on dit que f est n fois dérivable.
Théorème 2 – Formule de Leibniz

   
(n) (n) n (n−1) (1) n (n−k) (k)
(f · g) =f ·g+ f .g + · · · + f · g + · · · + f · g (n)
1 k

Autrement dit n  
(n)
X n
(f · g) = f (n−k) · g (k)
k=0
k

Exercice 1.7

1. Calculer les dérivées des fonctions suivantes : f1 (x) = x ln x, f2 (x) = sin x1 , f3 (x) =
p √ 1
1 + 1 + x2 , f4 (x) = (ln( 1+x
1−x
)) 3 , f6 (x) = arctan(x) + arctan( x1 ) .
0
f
2. On note ∆(f ) = f
. Calculer ∆(f × g).

3. Soit f :]1, +∞[→] − 1, +∞[ définie par f (x) = x ln(x)?x. Montrer que f est une bijec-
0
tion. Notons g = f −1 . Calculer g(0) et g (0).
4. Calculer les dérivées successives de f (x) = ln(1 + x)
5. Calculer les dérivées successives de f (x) = ln(x) · x3 .

1.2.3 Extremum local, théorème de Rolle


Extremum local

Soit f : I → R une fonction définie sur un intervalle I


Définition 1.10
0
+ On dit que x0 est un point critique de f si f (x0 ) = 0.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 16 sur 51

+ On dit que f admet un maximum local en x0 (resp. un minimum local en x0 ) s’il existe
un intervalle ouvert J contenant x0 tel que

pour tout x ∈ I ∩ J f (x) ≤ f (x0 )

(resp. f (x) > f (x0 )).


+ On dit que f admet un extremum local en x0 si f admet un maximum local ou un mini-
mum local en ce point.

Théorème 4 –
Soit I un intervalle ouvert et f : I → R une fonction dérivable. Si f admet un maximum
0
local (ou un minimum local) en x0 alors f (x0 ).

En d’autres termes, un maximum local (ou un minimum local) x0 est toujours un point
critique. Géométriquement, au point (x0 , f (x0 )) la tangente au graphe est horizontale. Preuve :
0
1) Supposons que f admet un maximum local en x0 et montrons que f (x0 ) = 0.
Comme f admet un maximum local en x0 , alors il existe un intervalle ouvert J contenant x0 tel
que pour tout x ∈ I ∩ J, f (x) ≤ f (x0 ). Nous distinguons deux cas :
1er cas : pour x ∈ I ∩ J tel que x < x0 . Nous avons f (x)−f x−x0
(x0 )
≥ 0 (car f (x) − f (x0 ) ≤ 0 et
x − x0 < 0). Ainsi, par passage à limite, nous avons limite de limx→x−0 f (x)−f x−x0
(x0 )
est négative.
2e cas : pour x ∈ I ∩ J tel que x > x0 . Nous avons f (x)−f x−x0
(x0 )
≤ 0 (car f (x) − f (x0 ) ≤ 0 et
f (x)−f (x0 )
x − x0 > 0). Ainsi, par passage à limite, nous avons limx→x+0 x−x0 est positive.
Comme f est dérivable en x0 , alors limx→x−0 f (x)−f
x−x0
(x0 )
= limx→x+0 f (x)−f (x0 )
x−x0
= f 0 (x0 ). Ainsi,
les inégalités précédentes impliquent que f 0 (x0 ) ≤ 0 et f 0 (x0 ) ≥ 0. Donc f 0 (x0 ) = 0.
0
2) Justifier que si f admet un minimum local en x0 alors f (x0 ) = 0. 2

Remarque 1.1. 1. La réciproque du théorème 2 est fausse. Par exemple la fonction f : R →


0
R, définie par f (x) = x3 vérifie f (0) = 0 mais x0 = 0 n’est ni maximum local ni un
minimum local.
2. L’intervalle du théorème 2 est ouvert. Pour le cas d’un intervalle fermé, il faut faire
attention aux extrémités. Par exemple si f : [a, b]R est une fonction dérivable qui admet
un extremum en x0 , alors on est dans l’une des situations suivantes :
+ x0 = a,
+ x0 = b,
0
+ x0 ∈]a, b[ et dans ce cas on a bien f (x0 ) = 0 par le Théorème 2.
3. Pour déterminer max[ a, b]f et min[ a, b]f (où f : [a, b] → R est une fonction dérivable)
il faut comparer les valeurs de f aux différents points critiques et en a et en b.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 17 sur 51

Théorème de Rolle

Théorème 6 – Théorème de Rolle


Soit f : [a, b] → R telle que
+ f est continue sur [a, b],
+ f est dérivable sur ]a, b[,
+ f (a) = f (b).

Exercice 1.8

+ Dessiner le graphe de fonctions vérifiant : f1 admet deux minimums locaux et un maxi-


mum local ; f2 admet un minimum local qui n’est pas global et un maximum local qui est
global ; f3 admet une infinité d’extremums locaux ; f4 n’admet aucun extremum local.
+ Calculer en quel point la fonction f (x) = ax2 + bx + c admet un extremum local.
+ Soit f : [0, 2] → R une fonction deux fois dérivable telle que f( 0) = f (1) = f (2) = 0.
0 0
Montrer qu’il existe c1 , c2 tels que f (c1 ) = 0 et f (c2 ) = 0. Montrer qu’il existe c3 tel
00
que f (c3 ) = 0.
+ Montrer que chacune des trois hypothèses du théorème de Rolle est nécessaire

1.2.4 Théorème des accroissements finis


Théorème des accroissements finis

Théorème 8 – Théorème des accroissements finis


Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Il existe c ∈]a, b[
tel que
0
f (b) − f (a) = f (c)(b − a)

Exercice 1.9
Preuve du Théorème des Accroissements finis.
f (b)−f (a)
Considérer la fonction g(x) = f (x) − l(x − a) avec l = b−a
. Appliquer le Théorème de
Rolle à cette fonction et Conclure.

Fonction croissante et dérivée

Corollaire 1.2. Soit f : [a, b] → R une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.

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1.2. DÉRIVABILITÉ D’UNE FONCTION Page 18 sur 51

0
1. ∀x ∈]a, b[ f (x) > 0 ⇔ f est croissante ;
0
2. ∀x ∈]a, b[ f (x) ≤ 0 ⇔ f est décroissante ;
0
3. ∀x ∈]a, b[ f (x) = 0 ⇔ f est constante ;
0
4. ∀x ∈]a, b[ f (x) > 0 ⇒ f est strictement croissante ;
0
5. ∀x ∈]a, b[ f (x) < 0 ⇒ f est strictement décroissante ;

Remarque 1.2. La réciproque au point (4) (et aussi au (5)) est fausse. Par exemple la fonction
x 7→ x3 est strictement croissante et pourtant sa dérivée s’annule en 0.

Inégalité des accroissements finis

Corollaire 1.3. (Inégalité des accroissements finis) Soit f : I → R une fonction dérivable sur
0
un intervalle I ouvert. S’il existe une constante M telle que pour tout x ∈ I, |f (x)| ≤ M alors

∀x, y ∈ I |f (x) − f (y)| ≤ M |x − y| (1.2)

Règle de l’Hospital

Corollaire 1.4. (Règle de l’Hospital) Soient f, g : I → R deux fonctions dérivables et soit


x0 ∈ I. On suppose que
+ f (x0 ) = g(x0 ) = 0,
0
+ x ∈ I \ {x0 } g (x) 6= 0.
0
f (x) f (x)
Si lim 0 = l ∈ R alors lim =l
x→x0 g (x) x→x0 g(x)

Exercice 1.10
3 2
1. Soit f (x) = x3 + x2 − 2x + 2. Étudier la fonction f . Tracer son graphe. Montrer que f
admet un minimum local et un maximum local

2. Soit f (x) = x. Appliquer le théorème des accroissements finis sur l’intervalle [100, 101].
1
√ 1
En déduire l’encadrement 10 + 22 ≤ 101 ≤ 10 + 20
1
3. Appliquer le théorème des accroissements finis pour montrer que ln(1 + x) − ln(x) < x
(pour tout x > 0)
4. Soit f (x) = ex . Que donne l’inégalité des accroissements finis sur [0, x] ?
5. Appliquer la règle de l’Hospital pour calculer les limites suivantes (quand x → 0) :
x
(1+x)n −1
; ln(x+1)

x
; 1−cos
tan x
x x−sin x
; x3

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FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR DÉRIVATION
Faculté des Sciences - DMI MAT 122
Mathématiques Licence 1
Année Académique 2019-2020
Exercice 1.1

1. (a) Résoudre les équations suivantes 2 cosh x + 3 sinh x = 1 et 3 cosh x + 2 sinh x = 4.


(
cosh x + cosh y = 3
(b) Résoudre le système :
sinh x + sinh y = 2
1−cosh x tanh x
2. Calculer les limites en 0 des fonctions f (x) = x2
et g(x) = x
.
3. Calculer les limites en +∞ des fonctions h(x) = ln(cosh x) − x et t(x) = e1−tanh x .
4. Calculer la dérivé des fonctions u(x) = tanh( x1 ) et v(x) = tanh x − 1
cosh x
.

Exercice 1.2

1. Préciser le domaine de définition et simplifier les fonctions suivantes :


1−x2 2x

f1 (x) = arccos( 1+x 2 ), f2 (x) = arcsin( 1+x 2 ), f3 (x) = arcsin(2x 1 − x2 ),
f4 (x) = arctan(x) + arctan( x1 ), f5 (x) = arcsin( √1+x 1 √ −x
2 ) + arccos( 1+x2 ),
x
f6 (x) = arctan( √1−x 2 ).

2. Déterminer les domaines de définition, de dérivabilité et la dérivée de chacune des fonc-


tions suivantes :
1p
f (x) = 2argcosh(x)+argcosh(2x2 −1), g(x) = (1+sin x)coth x , h(x) = e x x(x + 2),
√ √ p
l(x) = arctan(log x), v(x) = argsinh( x) − 32 arcsin( 2x ), t(x) = log( 1 − 2 sin2 x).

Exercice 1.3
1
1. (a) Montrer que ∀x ∈ R, cos(arctan x) = √1−x 2 . (On remarquera que si cos a ≥ 0
√ 1
alors cos a = cos2 a = √1+tan2 a , prendre ensuite a = arctan x.
|x|
(b) Déduire que ∀x ∈ R, sin(arctan(x)) = √
1−x2
.
2. On considère l’équation (E) : arccos x = arcsin 2x.
(a) Donner le domaine de définition de l’équation (E).

(b) Montrer que ∀x ∈ [− 21 , 12 ], sin(arccos x) = 1 − x2 .
(c) Résoudre l’équation (E).
1−3x2
3. Montrer que cos(3 arctan(x)) = 3 .
(1+x2 ) 2
1−x2

4. Soit la fonction f définie de R vers R par : f (x) = arccos 1+x2
.
(a) Déterminer le domaine de définition Df de f .
(b) Montrer que ∀x ∈ Df , on a : f (x) = 2 arctan(|x|).

5. Montrer que ∀x ∈ R, on a : arctan(x) + 2 arctan( 1 + x2 − x) = π2 .

19 © Université de Douala 2019-2020


Exercice 1.4 Continuité de dérivabilité

1. Calculer la dérivée de chacune des fonctions suivantes :


2 x −x x −x
f1 (x) = xx2 −3x+2
+3x+2
, f2 (x) = x + coth(x), f3 (x) = e +e 2
, f4 (x) = e −e
2
,
√ √
f5 (x) = tan(ln x), f6 (x) = sin x−cos x
sin x+cos x
, f7 (x) = x x ln x, f8 (x) = ln(x + x4 + 4).
0
2. En utilisant la dérivée logarithmique,
q calculer yq dans chacun des cas suivants :
(x−3)2 (2x−1) −x3 x
(a) y = (x+1)3 (b) y = x 1−x
1+x
(c) y = x+1 (d) y = xx (d) y = xsin x .
3. Étudier la continuité et la dérivabilité en x0 = 0 des fonctions suivantes :
( x
(
1 si x 6= 0 xn sin x1 si x 6= 0
f (x) = 1+e x et g(x) = (n ∈ N).
0 si x = 0 0 si x = 0

Exercice 1.5

1. Calculer l’angle sous lequel se coupe la parabole y = x2 et la droite 3x − y − 2 = 0.


2. En quel point de la parabole y = x2 la tangente est :
(a) parallèle à la droite y = 4x − 5, (b) perpendiculaire à la droite 2x − 6y + 5 = 0, (c)
fait un angle de 45o avec la droite 3x − y + 1 ?
x+1 x2 +4x+8
3. Calculer les angles sous lequel se coupent les courbes : y = x+2
et y = 16
.

Exercice 1.6
Soit n ∈ N∗ , x0 ∈ R, f et g deux fonctions n fois dérivables en x0 .
dk
On note f (k) (x0 ) = dx k (f (x0 )) la dérivée d’ordre k de f en x0 , (k ≤ n) et f
(0)
= f.

1. Démontrer la formule de Leibniz :


n
X n!
(f g)(n) (x0 ) = Ckn f (k) (x0 )g (n−k) (x0 ); où Ckn = .
k=0
k!(n − k)!

dn dn dn −x dn dn
2. Calculer dxn
(sin x), dx n (ln x), dxn (e sin x), dxn
(e−x ln x) et dxn
(e2x (x + 1)).
2
3. Montrer que ∀x ∈ R, la dérivée nème de la fonction f (x) = e−x est de la forme f (n) (x) =
2
Pn (x)e−x où Pn est un polynôme de degré n.

Exercice 1.7

1. Définir les fonctions x 7−→ argcosh(x) et x 7−→ argsinh(x) et donner leur expression.
2. Calculer arctan(tan 3π
4
) et arccos(cos(− π4 )).
3. Completer le tableau suivant :

20 © Université de Douala 2019-2020


√ √ √ √
3 2 2 3
x −1 − 2
− 2
− 12 0 1
2 2 2
1
arccos x
arcsin x

Exercice 1.8 Dérivée symétrique


Soit f une fonction définie au voisinage de x0 ∈ R. On pose :

f (x0 + h) − f (x0 − h)
fs0 (x0 ) = lim .
h→0 2h

Lorsque cette limite existe, on l’appelle dérivée symétrique de f en x0 .

1. Montrer que si f est dérivable en x0 , alors f admet une dérivée symétrique en x0 . Com-
parer fs0 (x0 ) et f 0 (x0 ).
2. La réciproque de 1. est-elle vraie ?
3. Montrer que si f est dérivable à gauche et à droite en x0 , alors f admet une dérivée
symétrique en x0 . Exprimer fs0 en fonction des dérivées à droite fd0 et à gauche fg0 .
(
x sin x1 si x 6= 0
4. Pour f définie par : f (x) = , montrer que fs0 (0) existe alors que ni
0 si x = 0
fd0 (0) ni fg0 (0) n’existent. Conclure.
5. Soit f (x) = |x|. Représenter f 0 , fd0 , fg0 et fs0 .
6. On suppose que f est deux fois dérivables en x0 . Déterminer :

f (x0 + h) + f (x0 − h) − 2f (x0 )


lim .
h→0 h2

Exercice 1.9

1. Énoncer et démontrer le théorème de Rolle.


2. (a) Montrer que la fonction f (x) = x3 + 4x2 − 7x − 10 satisfait aux conditions du
théorème de Rolle dans l’intervalle [−1; 2].
(b) Montrer que la fonction g(x) = log(sin x) satisfait aux conditions du théorème de
Rolle dans l’intervalle π6 ; 5π
 
6
.
√3
3. Soit la fonction h(x) = 1 − x2 . On a h(−1) = h(1).
(a) Montrer que ∀x ∈ [−1; 1], h0 (x) 6= 0.
(b) y a-t’il contradiction avec le théorème de Rolle ?
2
4. La fonction k(x) = 2−x x2
prend des valeurs égales aux extrêmités de l’intervalle [−1; 1].
Vérifier que la dérivée de cette fonction ne s’annule en aucun point de l’intervalle [−1; 1]
Expliquer cette contradiction avec le théorème de Rolle.

21 © Université de Douala 2019-2020


5. Sans calculer les dérivées de la fonction u(x) = (x − 1)(x − 2)(x − 3)(x − 4), établir
combien de solutions réelles possède l’équation u0 (x) = 0 et indiquer les intervalles qui
les contiennent.

Exercice 1.10 Théorème de Rolle

1. Rappeler le théorème de Rolle.


2. Soit f une fonction deux fois dérivables sur [a, b]. On suppose que ∃c ∈ [a, b] tel que
f (a) = f (b) = f (c). Montrer que ∃x0 ∈]a, b[ tel que f 00 (x0 ) = 0.
3. On considère les fonctions

g(x) = x6 −9x4 +10x3 −2x5 −26x2 +2x+28 et h(x) = 30x4 −108x2 +60x−40x3 −52.

(a) Calculer g(−3), g(1) et g(4).


(b) En déduire qu’il existe x0 ∈ R tel que h(x0 ) = 0.

Exercice 1.11 Théorème des accroissements finis

1. Énoncer et démontrer le théorème des accroissements finis.


2. En appliquant convenablement le théorème des accroissements finis, démontrer les inéga-
lités suivantes :
(a) arcsin x < √ x si 0 < x < 1.
1−x2
x
(b) arctan x > 1+x2
, si x > 0.
x
(c) x+1
< log(1 + x) < x si x > 0.
1
(d) ln(1 + x) − ln(x) < x
si x > 0.
(
π
si x > 0 ,
3. Montrer que : arctan x + arctan( x1 ) = 2
− π2 ,
si x < 0

4. Montrer que pour tout réel x, on a : arctan x + arctan( 1 + x2 − x) = π2 .

Exercice 1.12
Soient f et g deux fonctions n fois continûment dérivables sur un intervalle ouvert I de
R et vérifiant :
(
f (x0 ) = f (k) (x0 ) = 0, g(x0 ) = g (k) (x0 ) = 0, ∀k ∈ {1, 2, . . . , n − 1}
g (n) (x0 ) 6= 0

f (x) f (n) (x0 )


1. Montrer que lim = g (n) (x0 )
.
x→x0 g(x)

22 © Université de Douala 2019-2020


2. Calculer les limites suivantes :
ex −e−x x2 (sinh x)3 −x3 ln(x+1)
lim , lim 1−cos
3 sin 2x , lim 3 3 , lim √ ,
x→0 sin x x→0 x x→0 (sin x) −x x→0 x
√ √
2(1−cos x) sin x−x3 1−x2
lim 5
sin x−x5
, lim cos x− cos 2x
sin2 x
, lim x
n ,
x→0 x→0 x→0 (1+x) −1
1
sin x−sin ln(x2 +x−1)
lim sin 3x
, lim 1
x
, lim , lim 1−x−log
√ x
2.
x→π sin 2x x→1 ex −e x x→1 ln x x→1 1− 2x−x

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Chapitre Deux

D ÉVELOPPEMENTS LIMITÉS D ’ UNE FONCTION



D I˛ CO

Sommaire
2.1 Formules de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.2 Développements limités au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . 27
2.3 Opérations sur les développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.4 Applications des développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.5 Formule de Développements limités des fonctions usuelles au voisinage
de zéro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

2.1 Formules de Taylor


Nous allons voir trois formules de Taylor, elles auront toutes la même partie polynomiale
mais donnent plus ou moins d’informations sur le reste. Nous commencerons par la formule de
Taylor avec reste intégral qui donne une expression exacte du reste. Puis la formule de Taylor
avec reste f (n+1) (c) qui permet d’obtenir un encadrement du reste et nous terminons avec la
formule de Taylor-Young très pratique si l’on n’a pas besoin d’information sur le reste.
Soit I ⊂ R un intervalle ouvert. Pour n ∈ N, on dit que f : I → R est une fonction de
classe C n si f est n fois dérivable sur I et f (n) est continue. f est de classe C 0 si f est continue
sur I. f est de classe C n si f est de classe C n pour tout n ∈ N .

2.1.1 Formule de Taylor avec reste intégral


Théorème 10 – Formule de Taylor avec reste intégral
Soit f : I → R une fonction de classe C n+1 (n ∈ N) et soit a, x ∈ I. Alors
00 n
f (n) (a) f (n+1) (t)
Z
0 f (a) 2
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a) + · · · + (x − a)n + (x − t)n dt
2! n! a n!

Nous noterons Tn (x) la partie polynomiale de la formule de Taylor (elle dépend de n mais

24 © Université de Douala 2019-2020


2.1. FORMULES DE TAYLOR Page 25 sur 51

aussi de f et a) :
00
0 f (a) f (n) (a)
Tn (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n
2! n!

Exemple 2.1. La fonction f (x) = exp x est de classe C n+1 sur I = R pour tout n. Fixons
0 00
a ∈ R. Comme f (x) = exp x, f (x) = exp x,. . . alors pour tout x ∈ R :
Z x
exp(a) exp(a) exp(t)
exp(x) = exp(a)+exp(a)·(x−a)+ (x−a)2 +···+ (x−a)n + (x−t)n dt.
2! n! a n!

Bien sûr si l’on se place en a = 0 alors on retrouve le début de notre approximation de la


2 3
fonction exponentielle en x = 0 : exp x = 1 + x + x2! + x3! + · · ·

2.1.2 Formule de Taylor avec reste f (n+1) (c)


Théorème 12 – Formule de Taylor avec reste f (n+1) (c)
Soit f : I → R une fonction de classe C n+1 (n ∈ N) et soit a, x ∈ I. Il existe un réel c
entre a et x tel que
00
0 f (a) 2 f (n) (a) n f (n+1) (t)
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a) + · · · + (x − a) + (x − t)n+1 dt
2! n! (n + 1)!

Exemple 2.2. Soient a, x ∈ R. Pour tout entier n > 0 il existe c entre a et x tel que exp x =
exp a + exp a · (x − a) + · · · + exp
n!
a exp c
(x − a)n + (n+1)! (x − a)n+1 .
Dans la plupart des cas on ne connaîtra pas ce c. Mais ce théorème permet d’encadrer le
reste. Ceci s’exprime par le corollaire suivant :
Corollaire 2.1. Si en plus la fonction |f (n+1) | est majorée sur I par un réel M, alors pour tout
n+1
a, x ∈ I, on a : |f (x) − Tn (x)| ≤ M |x−a|
(n+1)!

Exemple 2.3. Approximation de sin(0.01).


00 0
Soit f (x) = sinx. Alors f (x) = cos x, f (x) = − sin x, f (3) (x) = − cos x, f (4) (x) = sin x.
0 00
On obtient donc f (0) = 0, f (0) = 1, f (0) = 0, f (3) (0) = −1. La formule de Taylor ci-dessus
2 3 4
en a = 0 à l’ordre 3 devient : f (x) = 0 + 1 · x + 0 · x2! − 1 · x3! + f (4) (c) x4! , c’est-à-dire
3 4
f (x) = x − x6 + f (4) (c) x4! , pour un certain c entre 0 et x.
Appliquons ceci pour x = 0.01. Le reste étant petit on trouve alors
3
sin(0.01) ≈ 0.01 − (0.01) 6
= 0.00999983333 · ··
On peut même savoir quelle est la précision de cette approximation : comme f (4) (x) = sin x
3 4
alors |f (c) | ≤ 1. Donc |f (x) − (x − x6 )| ≤ x4 . Pour x = 0.01 cela donne | sin(0.01) − (0.01 −
(0.01)3 4 4

6
)| ≤ (0.01)
24
, comme (0.01) 24
≈ 4.16 · 10?10 alors notre approximation donne au moins 8
chiffres exacts après la virgule.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.1. FORMULES DE TAYLOR Page 26 sur 51

Pour la preuve du théorème nous aurons besoin d’un résultat préliminaire

Lemme 2.1 (Égalité de la moyenne). Supposons a < b et soient u, v : [a, b] → R deux


Rb
fonctions continues avec v positive ou nulle. Alors il existe c ∈ [a, b] tel que a u(t)v(t)dt =
Rb
u(c) a v(t)dt.
Rb Rb
Preuve. Notons m = inf t∈[a,b] u(t) et M = supt∈[a,b] u(t) On a alors m a v(t)dt ≤ a u(t)v(t)dt ≤
Rb
Rb u(t)v(t)dt
M a v(t)dt (car v(t) > 0). Ainsi m ≤ aR b v(t)dt ≤ M . Puisque u est continue sur [a, b] elle
a
prend toutes les valeurs comprises
Rb
entre m et M (théorème des valeurs intermédiaires). Donc il
a u(t)v(t)dt
existe c ∈ [a, b] avec u(c) = R b v(t)dt Preuve. (Preuve du théorème)
a
Pour la preuve nous montrerons la formule de Taylor pour f (b) en supposant a < b.
Nous montrerons seulement c ∈ [a, b] au lieu de c ∈]a, b[.
n
Posons u(t) = f (n+1) (t) et v(t) = (b−t) n!
(qui est bien positive ou nulle). La formule de Taylor
Rb
avec reste intégral s’écrit f (b) = Tn (a) + a u(t)v(t)dt. Par le lemme, il existe c ∈ [a, b] tel
Rb Rb Rb Rb n
que a u(t)v(t)dt = u(c) a v(t)dt. Ainsi le reste est a u(t)v(t)dt = f (n+1) (c) a (b−t) n!
dt =
(n+1) (b−a)n+1
f (c) (n+1)! . Ce qui donne la formule recherchée.

2.1.3 Formule de Taylor-Young


Théorème 14 – Formule de Taylor-Young
Soit f : I → R une fonction de classe C n et soit a ∈ I. Alors pour tout x ∈ I on a :
00
0 f (a) f (n) (a)
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n + (x − a)n ε(x)
2! n!

où ε est une fonction définie sur I telle que ε → 0

Théorème 16 –
f étant une fonction de classe C n nous appliquons la formule de Taylor avec reste f (n) (c)
au rang n − 1. Pour tout x, il existe c = c(x) compris entre a et x tel que f (x) = f (a) +
00
0
f (a)(x − a) + f 2!(a) (x − a)2 + · · ·
(n−1) (n) (n) (a) f (n) (c)−f (n) (a)
+ f (n−1)!(a) (x − a)n−1 + f (c)−f
n!
(x − a)n
. On pose ε(x) = n!
. Puisque f (n) est
continue et que c(x) → a alors limx→a ε(x) = 0

2.1.4 Résumé
Il y a donc trois formules de Taylor qui s’écrivent toutes sous la forme

f (x) = Tn (x) + Rn (x)

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.2. DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS AU VOISINAGE D’UN POINT Page 27 sur 51

où Tn (x) est toujours le même polynôme de Taylor :


00
0 f (a) f (n) (a)
Tn (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n
2! n!

C’est l’expression du reste Rn (x) qui change (attention le reste n’a aucune raison d’être un
polynôme).
x
f (n+1) (t)
Z
Rn (x) = (x − t)n dt Taylor avec reste intégrale
a n!

f (n+1) (c)
Rn (x) = (x − a)n+1 Taylor avec reste f (n+1) (c), c entre a et x
(n + 1)!
Rn (x) = (x − a)n ε(x) Taylor-Young avec (x) →x→a 0,

Selon les situations l’une des formulations est plus adaptée que les autres. Bien souvent nous
n’avons pas besoin de beaucoup d ?information sur le reste et c’est donc la formule de Taylor-
Young qui sera la plus utile.
Exercice 2.1

1. Écrire les trois formules de Taylor en 0 pour x 7→ cos x, x 7→ exp(−x) et x 7→ shx.


2. Écrire les formules de Taylor en 0 à l’ordre 2 pour x 7→ √1 , x 7→ tan x.
1+x

3. Écrire les formules de Taylor en 1 pour x 7→ x3 − 9x2 + 14x + 3.


√ √
4. Avec une formule de Taylor à l’ordre 2 de 1 + x, trouver une approximation de 1.01.
De même avec ln(0.99)

2.2 Développements limités au voisinage d’un point

2.2.1 Définition et existence


Soit I un intervalle ouvert et f : I → R une fonction quelconque.
Définition 2.2
Pour a ∈ I et n ∈ N, on dit que f admet un développement limité (DL) au point a et à
l’ordre n, s’il existe des réels c0 , c1 ,. .. , cn et une fonction ε : I → R telle que limx→a ε(x) = 0
de sorte que pour tout x ∈ I :

f (x) = c0 + c1 (x − a) + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε(x).

L’égalité précédente s’appelle un DL de f au voisinage de a à l’ordre n .


+ L’égalité précédente s’appelle un DL de f au voisinage de a à l’ordre n

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.2. DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS AU VOISINAGE D’UN POINT Page 28 sur 51

+ Le terme c0 + c1 (x − a) + · · · + cn (x − a)n est appelé la partie polynomiale du DL


+ Le terme (x − a)n ε(x) est appelé le reste du DL.

La formule de Taylor-Young permet d’obtenir immédiatement des développements limités


(
en posant ck = f k)(a)
k!

Proposition 2.2.1. Si f est de classe C n au voisinage d’un point a alors f admet un DL au


point a à l’ordre n, qui provient de la formule de Taylor-Young
00
0 f (a) f (n) (a)
f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n + (x − a)n ε(x)
2! n!

où limx→a ε(x) = 0

2.2.2 Unicité
Si f admet un DL alors ce DL est unique. Preuve. Écrivons deux DL de f : f (x) =
c0 + c1 (x − a) + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε1 (x) et f (x) = d0 + d1 (x − a) + · · · + dn (x −
a)n + (x − a)n ε2 (x). En faisant la différence entre les deux expressions on obtient

d0 − c0 + (d1 − c1 )(x − a) + · · · + (dn − cn )(x − a)n + (x − a)n (ε2 (x) − ε1 (x)).

Lorsque l’on fait x = a dans cette égalité alors on trouve d0 − c0 = 0. Ensuite on peut diviser
cette égalité par x − a : (d1 − c1 ) + (d2 − c2 )(x − a) + · · · + (dn − cn )(x − a)n−1 + (x −
a)n (ε2 (x) − ε1 (x)). En évaluant en x = a on obtient d1 − c1 = 0, etc. On trouve c0 = d0 ,
c1 = d1 , ..., cn = dn . Les parties polynomiales sont égales et donc les restes aussi.
Corollaire 2.2. Si f est paire (resp. impaire) alors la partie polynomiale de son DL en 0 ne
contient que des monômes de degrés pairs (resp. impairs).
Par exemple x 7→ cos x est paire et nous verrons que son DL en 0 commence par : cos x =
x2 4 6
1 − + x4! + x6! + · · · Preuve. f (x) = c0 + c1 (x) + c2 x2 + c3 x3 + · · · + cn xn + xn ε(x). Si
2!
f est paire alors f (x) = f (−x) = c0 − c1 x + c2 x2 − c3 x3 + · · · + (−1)n cn xn + xn ε(x). Par
l’unicité du DL en 0 on trouve c1 = −c1 , c3 = −c3 , · · · et donc c1 = 0, c3 = 0, · · ·
Remarque 2.1. 1. L’unicité du DL et la formule de Taylor-Young prouve que si l’on connaît
le DL et que f est de classe C n alors on peut calculer les nombres dérivés à partir de la
(k)
partie polynomiale par la formule ck = f k!(a) . Cependant dans la majorité des cas on
fera l’inverse : on trouve le DL à partir des dérivées.
2. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n > 0 alors f est continue en a et c0 = f (a).
3. Si f admet un DL en un point a à l’ordre n > 1, alors f est dérivable en a et on a
0
c0 = f (a) et c1 = f (a). Par conséquent y = c0 + c1 (x − a) est l’équation de la tangente
au graphe de f au point d’abscisse a.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.2. DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS AU VOISINAGE D’UN POINT Page 29 sur 51

4. Plus subtil : f peut admettre un DL à l’ordre 2 en un point a sans admettre une dérivée
0
seconde en a. Soit par exemple f (x) = x3 sin x1 . Alors f est dérivable mais f ne l’est
pas. Pourtant f admet un DL en 0 à l’ordre 2 : f (x) = x2 ε(x) (la partie polynomiale est
nulle).

2.2.3 DL des fonctions usuelles à l’origine


Les DL suivants en 0 proviennent de la formule de Taylor-Young.

x x 2 x3 xn
exp x = 1 + + + +···+ + xn ε(x)
1! 2! 3! n!

x2 x4 x2n
chx = 1 + + +···+ + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + +···+ + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1)n + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + + · · · + (−1)n + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x3 xn
ln(1 + x) = x − + − · · · + (−1)n−1 + xn ε(x)
2 3 n
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x +···+ x + xn ε(x)
2! n!
1
= 1 − x + x2 − x3 + · · · + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x
1
= 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + xn ε(x)
1−x
√ x 1 2 1 · 3 · 5 · · · (2n − 3) n
1+x=1+ − x + · · ·(−1)n−1 x + xn ε(x)
2 8 2n n!
Exercice 2.2

1. Calculer le DL en 0 de x 7→ chx par la formule de Taylor-Young. Retrouver ce DL en


x −x
utilisant que chx = e +e2
√ 1
2. Écrire le DL en 0 à l’ordre 3 de 3 1 + x. De même avec √1+x .

3. Écrire le DL en 2 à l’ordre 2 de x
1
4. Justifier l’expression du DL de 1−x
à l’aide de l’unicité du DL et de la somme d’une suite
géométrique.

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2.3. OPÉRATIONS SUR LES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 30 sur 51

2.3 Opérations sur les développements limités


On suppose que f et g sont deux fonctions qui admettent des DL en 0 à l’ordre n : f (x) =
c0 + c1 x + · · · + cn xn + xn ε1 (x) g(x) = d0 + d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x)

Proposition 2.3.1. + f +g admet un DL en 0 l’ordre n qui est : (f +g)(x) = f (x)+g(x) =


(c0 + d0 ) + (c1 + d1 )x + · · · + (cn + dn )xn + xn ε1 (x)
+ f × g admet un DL en 0 l’ordre n qui est : (f × g)(x) = f (x) × g(x) = Tn (x) + xn ε(x)
où Tn (x) est le polynôme (c0 + c1 x + · · · + cn xn ) × (d0 + d1 x + · · · + dn xn ) tronqué à
l’ordre n.

Tronquer un polynôme à l’ordre n signifie que l’on conserve seulement les monômes de
degré ≤ n.

Exemple 2.4. Calculer le DL de cos x × 1 + x en 0 à l’ordre 2. On sait que cos x = 1 − 12 x2 +

x2 ε1 (x) et 1 + x = 1 + 12 x − 81 x2 + x2 2 (x). Donc :

√ 1 1 1
cos x × 1 + x = (1 − x2 + x2 ε1 (x)) × (1 + x − x2 + x2 ε2 (x))
2 2 8
1 5 2
= 1 + x − x + x2 ε(x)
2 8

On a en fait écrit beaucoup de choses superflues, qui à la fin sont dans le reste et n’avaient
pas besoin d’être explicitées ! Avec l’habitude les calculs se font très vite car on n’écrit plus les
termes inutiles. Voici le même calcul avec la notation  petit ◦  : dès qu’apparaît un terme
x2 ε1 (x) ou un terme x3 , · · · on écrit juste ◦(x2 ) (ou si l’on préfère x2 ε(x)).

√ 1 5
cos x × 1 + x = 1 + x − x2 + ◦(x2 )
2 8

La notation  petit ◦  évite de devoir donner un nom à chaque fonction, en ne gardant que
sa propriété principale, qui est de décroître vers 0 au moins à une certaine vitesse. Comme on
le voit dans cet exemple, ◦(x2 ) absorbe les éléments de même ordre de grandeur ou plus petits
que lui : ◦(x2 ) − 14 x3 + 12 x2 ◦ (x2 ) = ◦(x2 ). Mais il faut bien comprendre que les différents
◦(x2 ) écrits ne correspondent pas à la même fonction, ce qui justifie que cette égalité ne soit
pas fausse !

2.3.1 Composition
On écrit encore :

f (x) = C(x) + xn ε1 (x) = c0 + c1 x + · · · + cn xn + xn ε1 (x)

g(x) = D(x) + xn ε2 (x) = d0 + d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x)

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2.3. OPÉRATIONS SUR LES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 31 sur 51

Proposition 2.3.2. Si g(0) = 0 (c’est-à-dire d0 = 0) alors la fonction f ◦ g admet un DL en


0 à l’ordre n dont la partie polynomiale est le polynôme tronqué à l’ordre n de la composition
C(D(x)).

Exemple 2.5. Soit h(x) = cos x. On cherche le DL de h en 0 à l’ordre 4. On utilise la notation
√ √
 petit ◦ . On connaît le DL de f (u) = 1 + u en u = 0 à l’ordre 2 : f (u) = 1 + u =
1 + 12 u − 81 u2 + ◦(u2 ).Et si on pose u(x) = cos x − 1 alors on a h(x) = f (u(x)) et u(0) = 0.
D’autre part le DL de u(x) en x = 0 à l’ordre 4 est : u = − 12 x2 + 24
1 4
x + ◦(x4 ). Et ainsi

1 1
h(x) = 1 + u − u2 + ◦(u2 )
2 8   
1 1 2 1 4 1 1 4
=1+ − x + x − x + ◦(x4 )
2 2 24 8 4
1 1 1
= 1 − x2 + x4 − x4 + ◦(x4 )
4 48 32
1 2 1 4
= 1 − x − x + ◦(x4 )
4 96

2.3.2 Division
Voici comment calculer le DL d’un quotient f =g. Soient

f (x) = c0 + c1 x + · · · + cn xn + xn ε1 (x)

g(x) = d0 + d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x)
1
Nous allons utiliser le DL de 1+u
= 1 − u + u2 − u3 · ··
1
1. Si d0 = 1 on pose u = d1 x + · · · + dn xn + xn ε2 (x) et le quotient s’écrit f /g = f × 1+u .
2. Si d0 est quelconque avec d0 6= 0 alors on se ramène au cas précédent en écrivant

1 1 1
= xn ε2 (x)
g(x) d0 1 + d1
x +···+ dn n
x +
d0 d0 d0

3. Si d0 = 0 alors on factorise par xk (pour un certain k) afin de se ramener aux cas précé-
dents.

Exemple 2.6. DL de tan x en 0 à l’ordre 5.


3 x5 2 4
Tout d’abord sin x = x − x6 + 120 + x5 ε(x). D’autre part cos x = 1? x2 + x24 + x5 ε(x) = 1 + u
2 4
en posant u =? x2 + x24 + x5 ε(x).
2 4 4
Nous aurons besoin de u2 et u3 : u = (? x2 + x24 +x5 ε(x))2 = x4 +x5 ε(x) et en fait u3 = x5 ε(x).
(On note abusivement ε(x) pour différents restes.)

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2.3. OPÉRATIONS SUR LES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 32 sur 51

Ainsi

1 1
=
cos x 1+u
= 1 − u + u2 − u3 + u3 ε(x)
x2 x4 x4
=1+ − + + x5 ε(x)
2 24 4
x2 5
=1+ + x4 + x5 ε(x)
2 24

Finalement

1
tan(x) = sin x ×
cos x
3
x x5 x2 5
= (x − + + x5 ε(x))(1 + + x4 + x5 ε(x))
6 120 2 24
x3 2
=x+ + + x5 ε(x)
3 15

2.3.3 Intégration
Soit f : I → R une fonction de classe C n dont le DL en a ∈ I à l’ordre n est f (x) =
c0 + c1 (x − a) + c2 (x − a)2 + · · · + cn (x − a)n + (x − a)n ε(x)
Théorème 18 –
Notons F une primitive de f . Alors F admet un DL en a à l’ordre n + 1 qui s’écrit :

(x − a)2 (x − a)3 (x − a)n+1


F (x) = F (a)+c0 (x−a)+c1 +c2 +···+cn +(x−a)n+1 η(x) (2.1)
2 3 n+1

où limx→a η(x).
Cela signifie que l’on intègre la partie polynomiale terme à terme pour obtenir le DL de F (x) à
la constante F (a) près.

Exercice 2.3
1
1. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de exp(x) − 1+x , puis de x cos(2x) et cos(x) × sin(2x)
√ √
2. Calculer le DL en 0 à l’ordre 2 de 1 + 2 cos x, puis de exp( 1 + 2 cos x)
3. Calculer le DL en 0 à l’ordre 3 de ln(1 + sin x). De même à l’ordre 6 pour ln(1 + x2 )2
ln(1+x3 ) ex
4. Calculer le DL en 0 à l’ordre n de x3
. De même à l’ordre 3 avec 1+x
.
5. Par intégration retrouver la formule du DL de ln(1 + x). De même à l’ordre 3 pour
arccos x.

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2.4. APPLICATIONS DES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 33 sur 51

2.4 Applications des développements limités


Voici les applications les plus remarquables des développements limités. On utilisera aussi
les DL lors de l’étude locale des courbes paramétrées lorsqu’il y a des points singuliers.

2.4.1 Calculs de limites


Les DL sont très efficaces pour calculer des limites ayant des formes indéterminées ! Il
suffit juste de remarquer que si f (x) = c0 + c1 (x − a) + · · · alors limx→a f (x) = c0
ln(1+x)−tan x+ 1 sin2 x
Exemple 2.7. Limite en 0 de 3x2 sin2 x
2
.
Notons fg(x)
(x)
cette fraction. En 0 on a

1 2
f (x) = ln(1 + x) − tan x + sin x
2
x2 x3 x4 4 x3 4 1 x3
= (x − + − + ◦(x )) − (x + + ◦(x )) + (x − + ◦(x3 ))2
2 3 4 3 2 6
x2 x4 1 2 1 4
=− − + (x − x ) + ◦(x4 )
2 4 2 3
5 4
= x + ◦(x4 )
12

et

g(x) = 3x2 sin2 x


= 3x2 (x + ◦(x))2
= 3x4 + ◦(x4 )

5 5
x4 +◦(x4 ) +◦(1)
Ainsi fg(x)
(x)
= 123x4 +◦(x4 ) = 123+◦(1) en notant ◦(1) une fonction (inconnue) tendant vers 0
quand x → 0. Donc lim fg(x)(x) 5
= − 36

2.4.2 Position d’une courbe par rapport à sa tangente


Proposition 2.4.1. Soit f : I → R une fonction admettant un DL en a : f (x) = c0 + c1 (x −
a) + ck (x − a)k + (x − a)k ε(x), où k est le plus petit entier > 2 tel que le coefficient ck soit non
nul. Alors l’équation de la tangente à la courbe de f en a est : y = c0 + c1 (x − a) et la position
de la courbe par rapport à la tangente pour x proche de a est donnée par le signe f (x) − y,
c’est-à-dire le signe de ck (x − a)k .

Il y a 3 cas possibles.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.4. APPLICATIONS DES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 34 sur 51

+ Si ce signe est positif alors la courbe est au-dessus de la tangente.

+ Si ce signe est négatif alors la courbe est en dessous de la tangente.


+ Si ce signe change (lorsque l’on passe de x < a à x > a) alors la courbe traverse la

tangente au point d’abscisse a. C’est un point d’inflexion.


00
0
Comme le DL de f en a à l’ordre 2 s’écrit aussi f (x) = f (a) + f (a)(x − a) + f 2(a) (x − a)2 +
0
(x − a)2 ε(x), alors l’équation de la tangente est aussi y = f (a) + f (a)(x − a). Si en plus
00
f (a) 6= 0 alors f (x)?y garde un signe constant autour de a. En conséquence si a est un point
00
d’inflexion alors f (a) = 0. (La réciproque est fausse.)

Exemple 2.8. Soit f (x) = x4 − 2x3 + 1.


1. Déterminons la tangente en 12 du graphe de f et précisons la position du graphe par
0 00 00
rapport à la tangente. On a f (x) = 4x3 ?6x2 , f (x) = 12x2 ?12x, donc f ( 12 ) =?3 6= 0
et k = 2. On en déduit le DL de f en 12 par la formule de Taylor-Young :
00 2  2
f ( 12 )
     
1 0 1 1 1 1
f (x) = f 1 +f x− + x− + x− ε(x)
2 2 2 2! 2 2
   2  2
13 1 3 1 1
= − x− − x− + x− ε(x).
16 2 2 2 2

Donc la tangente en 12 est y = 13 − x − 21 et le graphe de f est en dessous de la tangente



16
2
car f (x) − y = − 32 + ε(x) x − 21 est négatif autour de x = 12


2. Déterminons les points d’inflexion.


00
Les points d’inflexion sont à chercher parmi les solutions de f (x) = 0. Donc parmi
x = 0 et x = 1.
+ Le DL en 0 est f (x) = 1 − 2x3 + x4 (il s’agit juste d’écrire les monômes par
degrés croissants !). L’équation de la tangente au point d’abscisse 0 est donc y = 1
(une tangente horizontale). Comme −2x3 change de signe en 0 alors 0 est un point
d’inflexion de f .

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.4. APPLICATIONS DES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS Page 35 sur 51

0
+ Le DL en 1 : on calcule f (1), f (1), · · · pour trouver le DL en 1 ; f (x) = −2(x −
1) + 2(x − 1)3 + (x − 1)4 . L’équation de la tangente au point d’abscisse 1 est
donc y = −2(x − 1). Comme 2(x − 1)3 change de signe en 1, 1 est aussi un point
d’inflexion de f .

2.4.3 Développement limité en +∞


Soit f une fonction définie sur un intervalle I =] − x0 , +∞[. On dit que f admet un DL
en +∞ à l’ordre n s’il existe des réels c0 , c1 ,. .. , cn tels que
 
c1 cn 1 1
f (x) = c0 + + · · · + n + n ε
x x x x

1

où ε x
tend vers 0 quand x → +∞
f (x)
Proposition 2.4.2. On suppose que la fonction x 7→ x
admet un DL en +∞ (ou en −∞) :
 
f (x) a1 ak 1 1
= a0 + + · · · + k + kε
x x x x x

, où k est le plus petit entier > 2 tel que le coefficient de x1k soit non nul. Alors limx→+∞ f (x) −
(a0 x + a1 ) = 0 (resp. x → −∞) : la droite y = a0 x + a1 est une asymptote à la courbe de f
en +∞ (ou −∞) et la position de la courbe par rapport à l’asymptote est donnée par le signe
ak
de f (x) − y, c’est-à-dire le signe de xk−1

Exercice 2.4

sin x−x 1+x−sh(x/2)
1. Calculer la limite de x3
lorsque x tend vers 0.De même avec xk
(pour k =
1, 2, 3, · · ·)
√ 1
x−1
2. Calculer la limite de ln x
lorque x → 1. De même pour ( 1−x
1+x
) x puis 1
tan2 x
− 1
x2
lorsque
x→0
3. Soit f (x) = exp x + sin x. Calculer l’équation de la tangente en x = 0 et la position du
graphe. De même avec g(x) = shx.

4. Calculer le DL en +∞ à l’ordre 5 de x x2 − 1. pareil à l’ordre 2 pour (1 + x1 )x


q
3 +1
5. Soit f (x) = xx+1 .Déterminer l’asymptote en +∞ et la position du graphe par rapport
à cette asymptote.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


2.5. FORMULE DE DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS DES FONCTIONS USUELLES
AU VOISINAGE DE ZÉRO Page 36 sur 51

2.5 Formule de Développements limités des fonctions usuelles


au voisinage de zéro

x x 2 x3 xn
exp x = 1 + + + +···+ + xn ε(x)
1! 2! 3! n!
x2 x4 x2n
chx = 1 + + +···+ + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + +···+ + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x4 x2n
cos x = 1 − + − · · · + (−1)n + x2n+1 ε(x)
2! 4! (2n)!
x x3 x5 x2n+1
shx = + + + · · · + (−1)n + x2n+2 ε(x)
1! 3! 5! (2n + 1)!
x2 x3 n−1 x
n
ln(1 + x) = x − + − · · · + (−1) + xn ε(x)
2 3 n
α(α − 1) 2 α(α − 1) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + αx + x +···+ x + xn ε(x)
2! n!
1
= 1 − x + x2 − x3 + · · · + (−1)n xn + xn ε(x)
1+x
1
= 1 + x + x2 + x3 + · · · + xn + xn ε(x)
1−x
√ x 1 2 1 · 3 · 5 · · · (2n − 3) n
1+x=1+ − x + · · ·(−1)n−1 n
x + xn ε(x)
2 8 2 n!

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LES DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS
Faculté des Sciences - DMI MAT 122
Mathématiques Licence 1
Année Académique 2019-2020
Exercice 2.1
Dans chacun des cas suivants :

1. Déterminer le développement limité au voisinage de 0 à l’ordre n de la fonction f .


2. En déduire dans le plan rapporté à un repère orthogonal une équation de la tangente à
la courbe d’équation y = f (x) au point d’abscisse 0, puis illustrer graphiquement cette
situation.
√ √
(a) f (x) = ex − 2 1 + x, n = 2 ; (b) f (x) = 1 − x, n = 2 ;
(c) f (x) = ln(1 + x) + ex , n = 3 ; (d) f (x) = ln(1 − x) − cos x, n = 3 ;
3
(e) f (x) = ex cos x + x3 − x − 1, n = 4, (f) f (x) = cosh x − cos x, n = 3 ;
(g) f (x) = tan x ln(1 + x), n = 3.
Exercice 2.2

1. Trouver le développement limité à l’ordre 3 au point 0 des fonctions suivantes:


(a) f (x) = ex − sin x ; (b) g(x) = x cos x − sin x et (c) h(x) = x2 sin x.
x−1
2. Trouver le développement limité à l’ordre 4 au point 2 de la fonction f (x) = x+1
.

Exercice 2.3

1. (a) Écrire la formule de Mac-Laurin à l’ordre 5 pour les fonctions


x 7→ sin x, x 7→ cos x, x 7→ sinh x et x 7→ cosh x.
(b) En déduire une valeur approchée des nombres sin(0, 001), cos(0, 001), sinh(0, 001)
et cosh(0, 001). En précisant si c’est par excès ou par défaut, donner dans chaque
cas l’ordre de grandeur de l’erreur commise.
√ √ √
2. Donner une valeur approchée de chacun des nombres 65, 10001 et 3 1001.
3. Calculer une valeur approchée à 10−5 près de sin 47o .

Exercice 2.4

1. En appliquant la formule de Taylor à la fonction exponentielle, déterminer la limite de la


suite :
1 1 (−1)n
un = 1 − + − · · · + .
1! 2! n!
2. En appliquant la formule de Taylor de x 7−→ ln(1 + x), déterminer la limite de la suite :

1 1 (−1)n+1
un = 1 − + − ··· + .
2 3 n

37 © Université de Douala 2019-2020


Exercice 2.5
1
1. En partant du développement de Taylor à l’ordre n de √1+x 1
= (1 + x)− 2 au voisinage de
1
0, déterminer le développement limité à l’ordre 2n de x 7−→ √1−x 2 puis le développement

limité à l’ordre 2n + 1 de arcsin x au voisinage de 0.


2. Par la même procédure qu’en 1., déterminer les développements limités à l’ordre 2n + 1
1
de x 7−→ √1+x 2 au voisinage de 0.

Exercice 2.6

1. Déterminer le développement limité ou généralisé au voisinage de x = 0 de :


f1 f2 1
(a) x 7−→ cosh(2x) sinh(3x) à l’odre 7, (b) x 7−→ (1 + x) x à l’ordre 3,
f3 f4
(c) x 7−→ sinx x , x 7−→ log(1+x)
1+x
, (d) x 7−→ exx−1 à l’ordre 4.
2. Déterminer le développement limité ou généralisé au voisinage de x = 1 de :
f5 √ f6
(a) x 7−→ x à l’odre 3, (b) x 7−→ logx2
x
à l’odre 4.
3. Déterminer le développement asymptotiqueau voisinage
 de +∞ à l’ordre 6 de :
q
f7 f 8
(a) x 7−→ log(x tan x1 ) (b) x 7−→ arctan x+1
x+2
.

Exercice 2.7
suivantes :
Calculerles limites   1
1 1 sin x−x cos x ex −esin x sin x x2
(a) lim sin2 x − x2 , (b) lim sinh x−x cosh
, (c) lim x3
, (d) lim x
,
x→0 x→0 x→0 x→0
1 arctan x −etan x cosn x−n cos x+n−1
(e) lim cos x + 21 sin2 x x4 , (f) lim eearcsin x −e sin x , (g) lim sin4 x
,
x→0 x→0 x→0
2
a −ax xe−x −sin x 1
(h) lim log xx−log , avec (a > 0 et a 6= 1), (i) lim (j) lim (cos x) sin x ,
,
x→0 a xa x→0 arctan x−x x→0
1 1 
1
2 1 a x +b x x
(k) lim (sin x + cos x) x , (l) lim (1 + arctan x) x sin x , (m) lim 2
, a > 0, b > 0,
x→0 x→0 x→+∞
√ √ 
(n) lim x2 − x + 1 + 3 x3 + λx2 + 1 , λ ∈ R.
x→−∞
Exercice 2.8
On considère la fonction f définie de R vers R. Dans chacun des cas suivants : préciser
le domaine de définition de f , étudier le comportement asymptotique en +∞ et en −∞,
en déduire les asymptotes
q éventuelles et la position de la courbe par rapport à celle-ci.
x(x+2) 1 x 1p
(a) f (x) = x + x+1
, (b) f (x) = (x + x
) , (c) f (x) = e x x(x + 2),
p 2x
1
(d) f (x) = 3 x2 (x + 1), (e) f (x) = xe x2 −1 , (f) f (x) = x2 arctan( 1+x ).

38 © Université de Douala 2019-2020


Chapitre Trois

E TUDE ET TRACÉ DES COURBES PLANES DES FONCTIONS


VECTORIELLES

D I˛ CO

Sommaire
3.1 Fonctions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.2 Etude d’une courbe plane au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . 40
3.3 Etude des branches infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.4 Plan d’étude d’une fonction vectorielle en dimension deux . . . . . . . . . 42

− → −
(O, i , j ) est un répère orthonormé du plan.

3.1 Fonctions vectorielles


Définition 3.1

1. On appelle fonction vectorielle de la variable t définie sur une partie I de R, une ap-

− →

plication f : I → R2 (resp. R3 définie par : ∀t ∈ I, f (t) = (x(t), y(t)) (resp.


f (t) = (x(t), y(t), z(t)).


− →

2. Soit f une fonction vectorielle. L’indicatrice relativement à O de f est l’ensemble des
−−→ → −
points M du plan (resp. de l’espace) tels que OM = f (t) lorsque t ∈ D− → (domaine de
f


f .)

3. On appelle courbe plane (resp. courbe de l’espace), l’indicatrice (C) relativement au point
O d’une fonction vectorielle.



Précisons que la donnée  f équivaut à la donnée de deux (resp. trois) fonctions nu-
de
 x = x(t)
( 
x = x(t)
mériques (resp. y = y(t) qui sont appelées les équations paramétriques de
y = y(t) 
z = z(t)

(C).

39 © Université de Douala 2019-2020


3.2. ETUDE D’UNE COURBE PLANE AU VOISINAGE D’UN POINT Page 40 sur 51

Exemple 3.1. 1. Une droite vectorielle de vecteur directeur →−v passant par le point A est

− −→ →

l’indicatrice de la fonction vectorielle f (t) = OA + t v , avec t ∈ I = R.

2. Dans le plan orthonormé, un cercle de centre O et de rayon R est l’indicatrice relati-




vement à O de la fonction vectorielle f (t) = (R cos t, R sin t) avec t ∈ I = R. Ainsi
(
x = x(t) = R cos t
sont les équations paramétriques de ce cercle.
y = y(t) = R sin t

Définition 3.2


Soit f (t) = (x(t), y(t)) une fonction vectorielle n fois dérivable (c-à-d, x et y sont n fois
dérivables).


1. Sa dérivée f 0 (t) = (x0 (t), y 0 (t)).

2. De la même façon, on définit les dérivées d’ordre supérieure.



− →

Par abus, pour tout t ∈ I ⊂ R, f (t) sera noté M (t) et f 0 (t) sera noté M 0 (t) = dM
dt
.


Dans la suite (C) est la courbe indicatrice relativement à O de la fonction vectorielle f .

Définition 3.3
Types de points à la courbe à une fonction vectorielle.
Soit t0 ∈ I ⊂ R.
1. Un point M0 = M (t0 ) de (C) est régulier ou ordinaire si M 0 (t0 ) = dM
dt
6= 0.

2. Un point M0 = M (t0 ) de (C) est un point singulier (ou stationnaire) si M 0 (t0 ) = dM


dt
= 0.

Définition 3.4


Tangente à la courbe en un point M0 = M (t0 ) de f (t).
C’est la droite passant par M0 = M (t0 ) et admettant pour vecteur directeur le premier vecteur
p →
−p
dérivé non nul M (p) (t0 ) = ddtM
p = f (t0 ) 6= 0.

3.2 Etude d’une courbe plane au voisinage d’un point




1ere hypothèse : f = (x, y) est la fonction vectorielle définie et dérivable autant de fois en
t0 .
2eme hypothèse : Les dérivées successives de M (t) au point t0 ne sont pas toutes nulles.
Problème : Etudier la disposition de (C) par rapport à la tangente au point M0 et au voisinage
de ce point.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


3.3. ETUDE DES BRANCHES INFINIES Page 41 sur 51

Solution :
1er cas : M0 est régulier.
(i) Cas où le système (M 0 (t0 ), M 00 (t0 )) est libre.
Conclusion : La courbe est située d’un même côté de la tangente en M0 , au voisinage du point
M0 .
(ii) Cas où le système (M 0 (t0 ), M 00 (t0 )) est lié et le système (M 0 (t0 ), M 000 (t0 )) est libre.

Conclusion : La courbe traverse la tangente en M0 (M0 est un point d’inflexion).


(
x(t) = t2 − t
Exemple 3.2. Soit (C) la courbe d’équations paramétriques
y(t) = t3

1. Justifier que tout point M de (C) est régulier.

2. Déterminer les points d’inflexion de (C).

2eme cas : M0 est un point singulier (c-à-d x0 (t0 ) = y 0 (t0 ) = 0.)


(i) Cas où M 00 (t0 ) 6= 0 et le système (M 00 (t0 ), M 000 (t0 )) est libre.
Conclusion : M0 est un point de rebroussement de 1ere espèce.
(ii) Cas où le système (M 00 (t0 ), M (4) (t0 )) est libre.
Conclusion : M0 est un point de rebroussement de 2eme espèce.
(
x(t) = t2 + 2t
Exemple 3.3. Soit (C) la courbe d’équations paramétriques
y(t) = 2t − t12
Déterminer les points singuliers de (C) et préciser leurs natures.

3.3 Etude des branches infinies


Définition 3.5
Branche infinie à une courbe plane.
Le point M (t) décrit une branche infinie si la distance OM (t) tend vers +∞ lorsque t → t0 ou
∞.

Lemme 3.1. Si l’une au moins des coordonnées de M (t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une
branche infinie.

Preuve : Supposons que x(t) ou y(t) tend vers ∞ et montrons que OM (t) tend vers +∞.
Comme ( x(t) ou y(t) tend vers ∞ alors |x(t)| ou |y(t)| tend vers +∞.
p
|x(t)| ≤ x2 (t) + y 2 (t) = OM (t)
Comme p et |x(t)| ou |y(t)| tend vers +∞, alors OM (t)
|y(t)| ≤ x2 (t) + y 2 (t) = OM (t)
tend vers +∞. 2
Problème : Détermination pratique des branches infinies.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


3.4. PLAN D’ÉTUDE D’UNE FONCTION VECTORIELLE EN DIMENSION
Page 42
DEUX
sur 51

Solution :
1er cas(: Une seule coordonnée de M (t) = (x(t), y(t)) tend vers ∞.
x(t) → ∞
(i) Si , alors la droite d’équation y = y0 est une asymptote (horizontale) à (C).
y(t) → y0
(
x(t) → x0
(ii) Si , alors la droite d’équation x = x0 est une asymptote (verticale) à (C).
y(t) → ∞
(
x(t) = t2 + t
Exemple 3.4. Etudier les branches infinies de la courbe (C) d’équations paramétriques 3 +1
y(t) = tt3 −1

2eme cas : Les deux coordonnées de M (t) = (x(t), y(t) tendent vers ∞.
y(t)
i) Le rapport x(t) tend vers 0, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction (Ox).
y(t)
ii) Le rapport x(t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction
(Oy).
y(t)
iii) Le rapport x(t) tend vers a ∈ R∗ , alors nous distinguons deux cas :
- Si y(t) − ax(t) tend vers ∞, alors M (t) décrit une branche parabolique dans la direction
∆ : y = ax.
- Si y(t) − ax(t) tend vers b ∈ R, alors la droite d’équation ∆ : y = ax + b est l’asymptote
oblique à C.

Exemple 3.5. Etudier les branches infinies de la courbe (C) dans chacun des cas suivants :
(
x(t) = t3 + t
1.
y(t) = t2 − t
(
t2
x(t) = 1−t
2. t
y(t) = (1−t)3
(
x(t) = t3
3.
y(t) = t3 − t2

Remarque 3.1. Dans le cas où les expressions x(t) et y(t) admettent des développements limi-
tés, la recherche de l’asymptote oblique et la position de la courbe par rapport à l’asymptote
s’effectuent à l’aide des développements limités.
(
x(t) = t exp( 2t )
Exemple 3.6. Etudier les branches infinies de la courbe (C) :
y(t) = (t − 2) exp(− 2t )

3.4 Plan d’étude d’une fonction vectorielle en dimension deux


1) Domaine de variation de t.
2) Etude séparée des variations de x et y, construction d’un tableau de variation commun.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


3.4. PLAN D’ÉTUDE D’UNE FONCTION VECTORIELLE EN DIMENSION
Page 43
DEUX
sur 51

3) Déterminer les points remarquables (points d’intersection avec les axes, points singuliers,
etc) et déterminer les branches infinies.
4) Construire la courbe.

Exemple 3.7. Construire la courbe (C :)


(
x(t) = t + 1t
1.
y(t) = 3t + t13
(
x(t) = 2t−1
t2 −1
2. t2
y(t) = t−1

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FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR ETUDE ET TRACÉ DE COURBES PLANES
Faculté des Sciences - DMI MAT 122
Mathématiques Licence 1
Année Académique 2019-2020
Exercice 3.1
(
exp(t)
x(t) = t
1. Montrer que tout point d’équations paramétriques t2 +1
est un point ordinaire
y(t) = t2
et déterminer les points d’inflexion de cette courbe.
(
x(t) = t2 ln t
2. Déterminer le nombre de points d’inflexion de la courbe (C) :
y(t) = t(lnt)2
(
1
x(t) = t+1
+ 1t
3. Eudier le point singulier de la courbe (C) : 1
y(t) = t−1
+ 1t
(
x(t) = t − t2
4. Construire la courbe (C) :
y(t) = t2

Exercice 3.2 Etude de courbes planes


( (
3
x(t) = sin t x(t) = t2 −2t
Etudier et construire les courbes planes paramétriques suivantes : , t3 −3
,
y(t) = cos 3t y(t) = t
(
x(t) = t33t+1
et 3t2
y(t) = 1+t 3

Exercice 3.3 Courbe de Lissajous


(
x(t) = sin 3t
On considère la courbe plane paramétrique (C) suivante :
y(t) = sin 2t

1. Montrer que l’étude de (C) se ramène à l’intervalle [0, 3π].

2. Etudier et construire (C) (Courbe de Lissajous).

Exercice 3.4 Reconnaître des courbes


( Reconnaître les ( courbes d’équations (
paramétriques (: ( √
1−t2
x(t) = a cosh t x(t) = t x(t) = t x(t) = a 1+t 2 x(t) = arccos t − π
, √ , , 2bt
et √
y(t) = b sinh t y(t) = 4 − t2 y(t) = t2 y(t) = a 1+t 2 y(t) = t + 1

Exercice 3.5
On considère dans l’espace Oxyz, la courbe C, intersection de l’hémisphère z ≥ 0 de la
sphère de centre O et de rayon 2, avec le cylindre droit de révolution, qui rencontre le plan
(xOy) suivant le cercle de diamètre OA où A(0, 2, 0). (C) s’appelle la fenêtre de Viviani.
Faire un schéma, donner les équations cartésiennes de (C) et donner les équations paramétriques
de (C).

44 © Université de Douala 2019-2020


Exercice 3.6
1. ( ( suivantes :
Reconnaitre les courbes(d’équations paramétriques ( 2
x(t) = a cosh t x(t) = t x(t) = cos t + 3 x(t) = a 1−t
1+t2
√ 2bt
y(t) = b sinh t y(t) = 4 − t2 y(t) = sin t y(t) = a 1+t 2

2. Donner une paramétrisation (x(t), y(t)) des courbes d’équations suivantes :



a) y = −x2 − 3x + 4, b) x(y 2 −x2 ) = 2y 2 −x2 , c) x3 −y 3 +xy −2x+2y +3 = 0.
(
x(t) = cos t
3. Montrer que le support de la courbe paramétrée est une ellipse,
y(t) = cos t + sin t
et en déduire les éléments caractéristiques.

Exercice 3.7
(
et
x(t) = t
1. Montrer que tout point d’équations paramétriques t2 +1
est un point ordi-
y(t) = t2
naire et déterminer les points d’inflexion de cette courbe.
(
x(t) = t2 ln t
2. Déterminer le nombre de points d’inflexion de la courbe (C) : .
y(t) = t(ln t)2
Montrer que le point M (−1) est un point de rebroussement de premier espèce de (C) :
3. (
x(t) = t2 + 2t
.
y(t) = 2t − t12
(
x(t) = sin t
4. Déterminer les points de rebroussements de la courbe (C) : cos2 t
.
y(t) = 2−cos t
(
x(t) = t2 + 2t
5. Montrer que le point (1, −5) est un point de double de (C) : .
y(t) = 2t − t12
Existe-t-il encore d’autres points doubles ?. Justifier.
(
x(t) = t21−t
6. Montrer que la courbe paramétrée (C) : t
possède un point double et que
y(t) = t2 −1
les tangentes en ce point sont perpendiculaires

Exercice 3.8
Étudier
( les branches infinies ( de la courbe (C) dans chacun
( des cas suivantes :
2 t
x(t) = t + t x(t) = t2 −1 x(t) = t3
a) 3 +1 , b) t2
, c) ,
y(t) = tt3 −1 y(t) = t−1 y(t) = t3 − t2
( (
t2
x(t) = 1−t x(t) = t exp( 2t )
d) 1
, e)
y(t) = (1−t) 3 y(t) = (t − 2) exp(− 2t )
Exercice 3.9
(
x(t) = sin 3t
1. Soit (C) la courbe plane paramétrée définie par : (t ∈ R).
y(t) = sin 2t
Montrer que l’étude de (C) se ramène à l’intervalle [0, 3π].

45 © Université de Douala 2019-2020


(
x(t) = cos3 t
2. Soit (C) la courbe plane paramétrée définie par : (t ∈ R).
y(t) = sin3 t
Montrer que l’étude de (C) se ramène à l’intervalle [0, π2 ].
(
x(t) = t ln t
3. Soit (C) la courbe plane paramétrée définie par : (t ∈]0, +∞[).
y(t) = lnt t
Comparer les points de paramètres t et 1t , et en déduire un domaine d’étude de (C).

Exercice 3.10
Étudier(et construire les courbes planes( paramétriques suivantes : (
x(t) = t − t 2
x(t) = t2 + 2t x(t) = t + 1t
(C1 ) : , (C 2 ) : , (C 3 ) : ,
y(t) = t2 y(t) = t2 + t12 y(t) = 3t + t13
( ( (
x(t) = t33t+1 x(t) = 2t−1
t2 −1
x(t) = sin t
(C4 ) : 3t2
, (C5 ) : t2
, (C6 ) :
y(t) = t3 +1 y(t) = t−1 y(t) = cos 3t
Exercice 3.11

1. Reconnaitre les courbes d’équations polaires suivantes :


2
a) r = −2, b) θ = 2π, c) θ = −π, d) r = 2 cos θ, e) r = 2 sin θ, f) r = cos θ
,
2
g) r = sin θ
et h) r4 = 16.
1
2. Déterminer les points d’inflexion de la courbe d’équation polaire r = 4+cos 3θ
.
3. Déterminer les points multiples de la courbe d’équation polaire
a) r = 22 cos θ+1
sin θ+1
, b) r = 1 + 2 cos θ − 4 cos2 θ.

Exercice 3.12

1. Construire la courbe polaire r = f (θ) = cos 3θ.


2. Construire la courbe polaire r = f (θ) = 4 cos2 θ − 1
1
3. Construire la courbe polaire r = f (θ) = sin 4θ
sin
√θ
4. Construire la courbe polaire r = f (θ) = cos θ− 3 sin θ
1
5. Construire la courbe polaire r = f (θ) = cos θ cos 2θ

6. Construire la courbe polaire r = f (θ) = 1θ .

46 © Université de Douala 2019-2020


Chapitre Quatre

E TUDE ET TRACÉ DES COURBES DES POLAIRES



D I˛ CO

Sommaire
4.1 Coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Courbes en coordonnées polaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
−→
On se donne dans le plan R2 : (i) un point O appelé pôle, (ii) une demi-droite orientée Ox,


d’origine O, de vecteur directeur unitaire i , appelé axe polaire, (iii) pour un nombre réel θ, on
−−→ −→ −−→
considère le vecteur u(θ), d’origine O tel que θ = (Ox, u(θ)) (angle algébrique orienté, défini
modulo 2π.)
M est un point de R

4.1 Coordonnées polaires


Définition 4.1
Coordonnées polaires de M.
−−→ −−→
Ce sont des nombres réels r et θ, tels que OM = ru(θ).
−→ −−→
Nous noterons : M = (r, θ) où θ = (Ox, u(θ)) s’appelle angle polaire de M et r =
−−→
OM =abscisse de M sur l’axe orienté Dθ d’origine O et de vecteur directeur unitaire u(θ).

Exemple 4.1. Construire un point donné en coordonnées polaire la courbe :

1. Préciser la méthode de construction d’un point M = (r0 , θ0 ) (On suppose que le pôle O
−→
et l’axe polaire Ox sont fixés.

2. Construire les points M = (r0 , θ0 ), M1 = (−r0 , θ0 + π), M2 = (−r0 , θ0 ),


M3 = (r0 , θ + π). Peut-on dire qu’un point donné du plan admet une infinité de représen-
tations en coordonnées polaires ? Si oui, donner d’une façon générale les coordonnées
polaires qui représentent le même point que M = (r0 , θ0 ).

Proposition 4.1.1. Soit M = (x, y) les coordonnées cartésiennes de M dans le répère ortho-
normé (O, i, j) et M = (r, θ) les coordonnées polaires de M. Alors les relations liant les deux

47 © Université de Douala 2019-2020


4.2. COURBES EN COORDONNÉES POLAIRES Page 48 sur 51

( (
x = r cos θ r 2 = x2 + y 2
systèmes de coordonnées sont : ou
y = r sin θ tan θ = xy

Preuve : Exo. 2

4.2 Courbes en coordonnées polaires

4.2.1 Définition et courbes usuelles


Définition 4.2
Courbe en coordonnée polaire (r, θ).
C’est la donnée d’une relation r = f (θ).

Exemple 4.2. Equations des courbes usuelles en coordonnées polaires :


1. θ = θ0 est l’équation polaire de la droite d’angle polaire θ0 .

2. r = R (R constante) est l’équation polaire du cercle de centre O et de rayon |R|.

3. Donner l’équation polaire de la droite d’équation ax + by = c.

4. Donner l’équation polaire du cercle x2 + y 2 − 2ax − 2by = 0.

4.2.2 Tangente à la courbe d’équation polaire r = f (θ).


Proposition 4.2.1. Soit C une courbe d’équation polaire r = f (θ).
1. Si pour une valeur θ0 de θ, on a r = f (θ0 ) = 0, alors :
(i) la courbe C passe par le pôle O pour θ = θ0 .
(ii) la droite (D) d’équation polaire θ = θ0 est la tangente à C en O.

2. Si r est dérivable, alors en tout point M = (f (θ), θ), ∈ C où r(θ) 6= 0, C admet une
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
tangente dirigée par le vecteur M T = r0 (θ)u(θ) + r(θ)v(θ), où OM = r(θ)v(θ), et
−−→
v(θ) = u(θ + π2 ).
−−→
Remarque 4.1. 1. Pour construire M T à C en M, on utilisera le fait que la direction de la
−−→ −−→
tangente est définie par l’angle W = (OM , M T ) tel que tan W = rr(θ) 0 (θ) .

Un cas particulier courant est celui des angles θ0 tels que r(θ0 ) 6= 0 et r0 (θ0 ) = 0 ; alors
−−→
tan W = ∞ et W = π2 (modπ) : la tangente M T est donc orthogonale au rayon vecteur
−−→
OM .

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


4.2. COURBES EN COORDONNÉES POLAIRES Page 49 sur 51

−−→ −−→
2. Par ailleurs, le répère (O, u(θ), v(θ) = u(θ + π2 )) est appelé répère mobile.

Proposition 4.2.2. Points d’inflexion à une courbe polaire.


Soit M (θ0 ) un point de la courbe polaire C : r = f (θ).
M est un point d’inflexion à C si θ0 est solution de l’équation 1
f
+ ( f1 )00 = 0.

4.2.3 Branches infinies de la courbe polaire C


Cas 1) Si limθ→α f (θ) = ∞, alors la courbe C admet une branche infinie et la demi-droite
−→ −−→
[O, X) telle que (Ox, OX) = α définit la direction asymptotique.
Cas 2) Soit Y (θ) = f (θ) sin(θ − α).
−−→ −−→
- Si limθ→α Y (θ) = L ∈ R, alors la droite D d’équation Y = L dans le répère (O, OX, OY ),
−−→ −−→
où (OX, OY ) = π2 , est asymptote à C.
Dans ce cas, le signe de Y (θ) − L donne les positions relatives de C et D.
- Si limθ→α Y (θ) = ∞, alors il n’y a pas d’asymptote mais plutôt une branche parabolique de
−−→
direction OX.
Cas 3) Si limθ→α f (θ) = a :
- Si a ∈ R∗ , alors C admet le cercle r = |a| comme cercle asymptote.
Dans ce cas, comparer f (θ) et |a| pour θ tendant vers l’infini. Si f (θ) > |a|, alors C est extérieur
au cercle asymptote. Si f (θ) < |a|, alors C est intérieur au cercle asymptote.
- Si a = 0, alors C admet le pôle O comme point asymptote.
- Si a = ∞, alors C admet une branche spirale.

4.2.4 Périodicité et symétrie pour la recherche du domaine d’étude de


C : r = f (θ)
1. Périodicité : r = f (θ) est périodique de période T si f (θ + T ) = f (θ).
Dans ce cas, la courbe polaire C est invariante par la rotation R(O, T ) de centre O et
d’angle T.

2. Symétries : la droite polaire θ = α2 est axe de symétrie à C si r(α − θ) = r(θ) ou


r(α − θ + π) = −r(θ).
Cas particuliers usuels :
−→
- Si f (−θ) = f (θ), (pour α = 0) : l’axe polaire Ox est un axe de symétrie.
−→
- Si f (π − θ) = f (θ), (pour α = π) : l’axe Oy est un axe de symétrie.
−→
- Si f (−θ) = −f (θ), (pour α + π = 0) : l’axe Oy est un axe de symétrie.
−→
- Si f (π − θ) = −f (θ), (pour α + π = π) : l’axe Ox est un axe de symétrie.

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles


4.2. COURBES EN COORDONNÉES POLAIRES Page 50 sur 51

4.2.5 Plan d’étude d’une courbe polaire


1. Domaine de variation de t. Puis réduire ce domaine.

2. Etude des variations de f (θ) : calculer f 0 (θ) et déterminer son signe.

f
3. Tableau de variation (les lignes sont relatives à θ, f, f 0 et pour les tangentes : f = 0
f0
−−→
détermine les tangentes en O, f 0 = 0 détermine les tangentes à OM , où M ∈ C.

4. Etudier les branches infinies

5. Construire la courbe.

Exemple 4.3. 1. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = 4 cos2 θ − 1.

1
2. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = sin 4θ
.

sin
√θ
3. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = cos θ− 3 sin θ
.

1
4. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = cos θ cos 2θ
.

5. Construire la courbe d’équation polaire r = f (θ) = 1θ .

Exemple 4.4. Reconnaître les courbes d’équations polaires :


2 2
1) r = −2, 2)θ = 2π, 3)θ = −π, 4)r = 2 cos θ, 5)r = 2 sin θ, 6)r = cos θ
, 7)r = sin θ
et
r4 = 16.

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FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR ETUDE ET TRACÉ DE COURBES POLAIRES
Faculté des Sciences - DMI MAT 122
Mathématiques Licence 1
Année Académique 2019-2020
Exercice 4.1
(
exp(t)
x(t) = t
1. Montrer que tout point d’équations paramétriques t2 +1
est un point ordinaire
y(t) = t2
et déterminer les points d’inflexion de cette courbe.
(
x(t) = t2 ln t
2. Déterminer le nombre de points d’inflexion de la courbe (C) :
y(t) = t(lnt)2
(
1
x(t) = t+1
+ 1t
3. Eudier le point singulier de la courbe (C) : 1
y(t) = t−1
+ 1t
(
x(t) = t − t2
4. Construire la courbe (C) :
y(t) = t2

Exercice 4.2 Etude de courbes planes


( (
3
x(t) = sin t x(t) = t2 −2t
Etudier et construire les courbes planes paramétriques suivantes : , t3 −3
,
y(t) = cos 3t y(t) = t
(
x(t) = t33t+1
et 3t2
y(t) = 1+t 3

Exercice 4.3 Courbe de Lissajous


(
x(t) = sin 3t
On considère la courbe plane paramétrique (C) suivante :
y(t) = sin 2t

1. Montrer que l’étude de (C) se ramène à l’intervalle [0, 3π].

2. Etudier et construire (C) (Courbe de Lissajous).

Exercice 4.4 Reconnaître des courbes


( Reconnaître les ( courbes d’équations (
paramétriques (: ( √
1−t2
x(t) = a cosh t x(t) = t x(t) = t x(t) = a 1+t 2 x(t) = arccos t − π
, √ , , 2bt
et √
y(t) = b sinh t y(t) = 4 − t2 y(t) = t2 y(t) = a 1+t 2 y(t) = t + 1

Exercice 4.5
On considère dans l’espace Oxyz, la courbe C, intersection de l’hémisphère z ≥ 0 de la
sphère de centre O et de rayon 2, avec le cylindre droit de révolution, qui rencontre le plan
(xOy) suivant le cercle de diamètre OA où A(0, 2, 0). (C) s’appelle la fenêtre de Viviani.
Faire un schéma, donner les équations cartésiennes de (C) et donner les équations paramétriques
de (C).

51 © Université de Douala 2019-2020


4.2. COURBES EN COORDONNÉES POLAIRES Page 52 sur 51

Dico, 2019-2020 . Calcul différentiel réel et courbes réelles

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