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Cours-DUT2 - 2015-2016

Ce document traite du calcul de primitives et d'intégrales. Il présente différentes méthodes pour calculer des primitives comme le changement de variable, la primitivation par parties ou la décomposition en éléments simples. Il fournit également des exemples de primitives pour certaines expressions.

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SOMMAIRE

1 Primitives et Intégrales 1
1.1 Méthodes de calcul de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Primitivation par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Z
Primitives de quelques expressions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Calcul de eαx P(x)dx, α ∈ C, P ∈ R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Z

1.2.2 Calcul de P (x) cos(αx), sin(αx) dx, α ∈ R, P ∈ R[X] . . . . . . . . . . . . . . 6
Z Z
1.2.3 Calcul de eαx cos(βx)dx, eαx sin(βx)dx α, β ∈ R . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Décomposition en éléments simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Décomposition en éléments simples (DES) dans R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.2 Décomposition en éléments simples dans C[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Primitivation de fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus hyperboliques . . . . . . . . . . 21
1.4.3 Primitivation de fraction en ex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5 Primitivation de fraction irrationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6 Intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.6.1 Intégrales et relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.6.2 Formules de la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

2 Equations Différentielles 33
2.1 Classification des équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.2 Résolution d’équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.1 Equations différentielles du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.2 Equations différentielles linéaires du second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Annexes

A Rappels de primitives usuelles 51

B Formules trigonométriques et hyperboliques 52


CHAPITRE 1
PRIMITIVES ET INTÉGRALES

1.1 Méthodes de calcul de primitives

Définition 1.1
Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle I de R. On dit qu’une fonction F est
une primitive de f sur I, si F 0 (x) = f (x). On note alors
Z
F (x) = f (x)dx

1 1
Exemple 1.1 La fonction x 7−→ ln x est une primitive de f (x) = sur R?+ car (ln x)0 = .
x x
Propriété 1.1 Si F est une primitive de f sur un intervalle I, alors l’ensemble des primitives
de f est obtenu en ajoutant à F une constante k. On a alors une primitive quelconque de f qui
s’écrit Z
f (x)dx = F (x) + k
Z
Exemple 1.2 ex dx = ex + k

Remarque 1.1 Il faut noter que si I est une réunion d’intervalles disjoints, alors la constante
k devient une fonction localement constante c-à-d dans chaque intervalle, k prend une valeur
donnée. A la place de la constante k,on met alors la fonction localement constante k(x).
Il est évident que cette notion de fonction localement constante suppose que l’on connaisse au
préalable le domaine de définition de la fonction à primitiver. Cependant il n’est pas question de
chercher le domaine de définition de la fonction à primitiver, il suffit juste de constater (men-
talement) que la fonction à traiter à un domaine de définition formé d’une réunion d’intervalles
disjoints.
[ Z
1 dx
Par exemple, la fonction x 7−→ est définie sur ] − ∞, 0[ ]0, +∞[. Sa primitive est =
x x
ln |x| + k(x)
8 π
1 < , si x > 0
Exemple 1.3 Démontrer que Arctan x + Arctan = 2
x π
: − , si x < 0
2

1
2 chapitre 1

1 [
Solution Posons f (x) = Arctan x + Arctan . f est définie sur ] − ∞, 0[ ]0, +∞[. On a
x
 1 0
f 0 (x) = Arctan x + Arctan
x
1  1 0 1
= +  1 2
1 + x2 x
1+
x
1 1
= − =0
1 + x2 1 + x2
Z
f 0 (x) = 0 ⇒ f (x) = f 0 (x)dx = k(x) une fonction localement constante. On peut donc
écrire 8
1 < k , si x > 0
1
Arctan x + Arctan = où k1 et k2 sont des constantes.
x : k , si x < 0
2
π 1
- Si x > 0, f (x) = k1 = f (1) = Arctan 1 + Arctan= 2 Arctan 1 = .
1 2
1 π
- Si x < 0, f (x) = k2 = f (−1) = Arctan(−1) + Arctan = 2 Arctan(−1) = −
−1 2
Finalement
8 π
1 < , si x > 0
Arctan x + Arctan = 2
x : − π , si x < 0
2

Propriété 1.2 Linéarité


Soient f et g deux fonctions α et β deux réels. On a
Z   Z Z
αf (x) + βg(x) dx = α f (x)dx + β g(x)dx

Z 
1 + x2 
Exemple 1.4 Calculer dx
x
Solution On a
Z  Z 
1 + x2  1 
dx = + x dx
x x
Z Z
dx
= + xdx
x
x2
= ln |x| + + k(x) où k est une fonction localement constante
2

1.1.1 Changement de variable

Soient f et g deux fonctions. Définissons la nouvelle variable u = g(x). On a donc la différen-


€ du Š
tielle du = g 0 (x)dx car = g 0 (x) et
dx
Z € Š Z
0
f g(x) g (x)dx = f (u)du

Z
dx
Exemple 1.5 Soit à calculer I(x) =
x2 +4

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Méthodes de calcul de primitives 3

Solution On a
Z Z
dx 1 dx
I(x) = = € Š2
x2 +4 4 x
+1
2
Z
1 2du € x dx Š
= ceci avec le changement u = , donnant du =
4 u2 + 1 2 2
1
= Arctan(u) + k, k∈ R
2

Finalement
Z €xŠ
dx 1
= Arctan + k, k∈ R
x2 + 4 2 2

Propriété 1.3 Primitives de fonctions usuelles


√ 1
f 0 c xα , α 6= −1 x sin x cos x ex
Z x
xα+1
2 √
f (x)dx k cx + k +k x x + k − cos x + k sin x + k ln |x| + k(x) ex + k
α+1 3
k et c sont des constantes réelles et k(x) une fonction localement constante.

Propriété 1.4 Primitives de fonctions


Dans le tableau suivant u et v représentent deux fonctions dérivables sur un intervalle I.

u0 u0 u0
f u0 un √ v 0 u0 ov
u un u
Z
un+1 1 √
f (x)dx + k ln |u| + k(x) − +k uov + k 2 u+k
n+1 (n − 1)un−1
k est une constante réelle et k(x) une fonction localement constante.

Exemple 1.6 Déterminer une primitive de tan x.


Solution On a
Z Z Z
sin x − sin x
tan xdx = dx = − dx
cos x cos x
Z
du
=− avec u = cos x
u
= − ln |cos x| + k(x), k étant localement constante

Z
Exemple 1.7 Calculer cos(3x + 1)dx
Solution Posons v = 3x + 1 et u0 = cos x
On a
Z Z Z
1 1
cos(3x + 1)dx = 3 cos(3x + 1)dx = v 0 u0 ov(x)dx
3 3
1 1
= uov(x) + k = sin(3x + 1) + k, k∈ R
3 3

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4 chapitre 1

1.1.2 Primitivation par parties


Soient u et v deux fonctions fonctions dérivables. On a
d  
u(x)v(x) = u0 (x)v(x) + v 0 (x)u(x)
dx
Z Z €
d   Š
u(x)v(x) dx = u0 (x)v(x) + v 0 (x)u(x) dx
dx Z Z
u(x)v(x) = u0 (x)v(x)dx + v 0 (x)u(x)dx
Z Z
d’où u0 (x)v(x)dx = u(x)v(x) − v 0 (x)u(x)dx

Définition 1.2
Par définition, on appelle primitivation par partie, l’expression
Z Z
udv = uv − vdu

Z
Exemple 1.8 Calculer ln xdx.
Solution
8 8
< u = ln x < u0 =
1
Posons alors x
: v0 = 1 :
v=x
D’où
Z Z
1
ln xdx = x ln x − .xdx
x
= x ln x − x + k, k∈ R

Z
Exemple 1.9 Calculer Arcsin xdx
Solution
8 8 1
< u = Arcsin x < u0 = √
Posons alors 1 − x2
: v0 = 1 :
v=x
D’où
Z Z Z
xdx 1 −2xdx
Arcsin xdx = x Arcsin x − √ = x Arcsin x + √
1− x2 2 1 − x2
Z
du 1
= x Arcsin x + √ avec u = 1 − x2
2 u
1 √ p
= x Arcsin x + (2 u) + k = x Arcsin x + 1 − x2 + k, k∈ R
2

1.2 Primitives de quelques expressions


Dans cette section et dans toute la suite du cours, K[X] désigne l’ensemble des polynômes à
coefficients dans K (K = R où C)
Z
1.2.1 Calcul de eαx P(x)dx, α ∈ C, P ∈ R[X]
Première méthode : succession de primitivation par parties
Cette méthode consiste à diminuer le degré du polynôme en faisant une
Z succession de primitivations
par partie jusqu’à ce qu’il ne reste plus une primitive de la forme eαx dx.

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Primitives de quelques expressions 5

Z
Exemple 1.10 Déterminer I(x) = (x2 − x)e−x dx
8 8
< u = x2 − x < u0 = 2x − 1
Solution Par parties, posons alors
: v 0 = e−x : v = −e−x
D’où
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx
Z
= −(x2 − x)e−x + (2x − 1)e−x dx
Z
Cherchons I2 (x) = (2x − 1)e−x dx par une nouvelle primitivation par parties où
8 8
< u = 2x − 1 < u0 = 2
et
: v 0 = e−x : v = −e−x
D’où
Z
I2 (x) = −(2x − 1)e−x + 2e−x dx

= −(2x − 1)e−x − 2e−x + k, k∈R

Finalement
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx
Z
= −(x2 − x)e−x + (2x − 1)e−x dx

= −(x2 − x)e−x − (2x − 1)e−x − 2e−x + k


= (−x2 − x − 1)e−x + k, k∈R

Deuxième méthode : identification


Il peut être prouver (on le constate d’ailleurs avec la première méthode) que
Z
eαx P (x)dx = eαx Q(x) + k (1.1)

où Q ∈ K[X] avec deg(P ) = deg(Q) et k une constante. Il suffit alors de dériver l’expression
(1.1) et de procéder par identification.
Z
Exemple 1.11 Soit calculer I(x) = (x2 − x)e−x dx.
Solution Il existe un polynôme Q ∈ R[X] de degré 2 tel que
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx = e−x Q(x) + k.

En d’autres termes, il existe a, b et c ∈ R tels que


Z
(x2 − x)e−x dx = e−x (ax2 + bx + c) + k

en dérivant de part et d’autre, on a (x2 − x)e−x = −e−x (ax2 + bx + c) + e−x (2ax + b)


€ Š
(x2 − x)e−x = − ax2 + (−b + 2a)x + (−c + b) e−x
8 8
>
> 1 = −a >
> a = −1
< <
Par identification, on obtient −1 = −b + 2a d’où b = −1
>
> >
>
: :
0 = −c + b c = −1
2 −x
Finalement I(x) = (−x − x − 1)e + k, k∈R

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6 chapitre 1

Z € Š
1.2.2 Calcul de P (x) cos(αx), sin(αx) dx, α ∈ R, P ∈ R[X]

On peut citer trois manières de calculer ces primitives. Les deux premières sont celles de la
section précédente, la troisième consiste à calculer les deux primitives simultanément.
Z
Exemple 1.12 Chercher par les trois méthodes x2 cos(3x)dx
Solution :
- 1ère méthode : succession de primitivation par parties
1
Posons u = x2 et v 0 = cos(3x) ; alors u0 = 2x et v = sin(3x). D’où
3
Z Z
x2 2
x2 cos(3x)dx = sin(3x) − x sin(3x)dx
3 3
Z
x2 2h x 1 i
= sin(3x) − − cos(3x) + cos(3x)dx après intégration par parties)
3 3 3 3
x2 2h x 1 i
= sin(3x) − − cos(3x) + sin(3x) + k
3 3 3 9
 x2 2  2x
= − sin(3x) + cos(3x) + k, k∈R
3 27 9

- 2eme méthode : identification


Soient Q(x) = ax2 + bx + c et H(x) = λx2 + βx + γ où (a, b, c) (λ, β, γ) ∈ R3 tel que
Z
x2 cos(3x)dx = (ax2 + bx + c) cos(3x) + (λx2 + βx + γ) sin(3x) + k, k∈R

en dérivant de part et d’autre, on a

€ Š € Š
x2 cos(3x) = 2ax + b + 3(λx2 + βx + γ) cos(3x) + − 3(ax2 + bx + c) + 2λx + β sin(3x)
€ Š € Š
x2 cos(3x) = 3λx2 + (2a + 3β)x + (b + 3γ) cos(3x) + − 3ax2 + (−3b + 2λ)x + (−3c + β) sin(3x)

8 8 1
>
> 3λ =1 >
> λ =
>
> >
> 3
>
> >
>
> 2a + 3β =0 > a =0
>
> >
>
< b + 3γ =0 =0 < β
par identification 2 ⇒
>
> −3a = 0 >
> b =
>
> >
> 9
>
> >
> 2
> −3b + 2λ = 0 > γ =−
>
> >
> 27
: −3c + β =0 :
c =0
Z  x2 2  2x
D’où x2 cos(3x)dx = − sin(3x) + cos(3x) + k, k∈R
e
3 27 9
- 3 méthode : calcul simultané Z Z
Elle consiste à calculer simultanément les primitives I(x) = x2 cos(3x)dx et J (x) = x2 sin(3x)dx
à l’aide du calcul du complexe

I + iJ

et de ses parties réelles et imaginaires qui ne sont rien d’autre que I(x) et J (x)
Z Z
Exemple 1.13 Soit à calculer x2 cos(3x)dx et x2 sin(3x)dx

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Primitives de quelques expressions 7

Solution
Z
I + iJ = x2 (cos(3x) + i sin(3x))dx (d’après la linéarité de la primitive)
Z
= x2 ei(3x) dx
3ix Z
2e 2
=x − xe3ix dx (après primitivation par parties)
3i 3i
Z
e 3ix
2 h e3ix 1 i
= x2 − x − e3ix dx (après primitivation par parties)
3i 3i 3i 3i
e 3ix
2 h e3ix 1 i
= x2 − x − 2 e3ix + k , k ∈ C
3i 3i 3i 9i
 x2 2x 2  3ix
= + − e +k
3i 9 27i
 x2 2x 2 € Š
= + − cos(3x) + i sin(3x) + k1 + ik2 (k1 + ik2 = k, k1 , k2 ∈ R)
3i 9 27i
Par identification,
2x x2 2
I = Re(I + iJ ) = cos(3x) + sin(3x) − sin(3x) + k1
9 3 27
x2 2x 2
J = Im(I + iJ ) = − cos(3x) + sin(3x) + cos(3x) + k2
3 9 27
D’où
2x x2 2
I= cos(3x) + sin(3x) −
sin(3x) + k1
9 3 27
x2 2x 2
J =− cos(3x) + sin(3x) + cos(3x) + k2
3 9 27
Z Z
1.2.3 Calcul de eαx cos(βx)dx, eαx sin(βx)dx α, β ∈ R
Z Z
αx
Pour calculer la primitive e cos(βx)dx ou eαx sin(βx)dx , on peut, de deux manières
différentes y arriver.
Première méthode : double primitivation
Dans ce cas, le choix des fonctions u et v doit être de tel sorte qu’une fois les deux primitivations
faites, l’on arrive à retrouver la primitive initiale.
Z
Exemple 1.14 Chercher I = e3x sin(2x)dx
Solution
8 Posons 8
< u = e3x < u0 = 3e3x
alors
: v 0 = sin(2x) : v = − 1 cos(2x)
2
D’où
Z
e3x 3
I=− cos(2x) + e3x cos(2x)dx (1.2)
2 2
Z
reste à chercher e3x cos(2x)dx. Posons
8 8
< u = e3x < u0 = 3e3x
alors
: v 0 = cos(2x) : v = 1 sin(2x)
2
D’où
Z Z
e3x 3
e3x cos(2x)dx = sin(2x) − e3x sin(2x)dx
2 2
e3x 3
= sin(2x) − I + k, k∈R
2 2

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8 chapitre 1

En remplaçant dans (1.2), on obtient

e3x 3  e3x 3 
I=− cos(2x) + sin(2x) − I +k
2 2 2 2
9 e3x 3e3x
ce qui entraîne I + I = − cos(2x) + sin(2x) + k
4 2 4
4 h 1 3 i
d’où I = − e3x cos(2x) + e3x sin(2x) + k
13 2 4
Deuxième méthode : calcul simultané
Comme vu précédemment, elle consiste à chercher le complexe I + iJ où
Z Z
I= eαx cos(βx)dx et J = eαx sin(βx)dx,

puis d’en déduire les parties réelle et imaginaire.


Z
Exemple 1.15 Calculer I = ex cos(2x)dx
Z
Solution Soit J = ex sin(2x)dx. On a
Z € Š Z
I + iJ = ex cos(2x) + i sin(2x) dx = ex ei2x dx
Z
e(1+2i)x
= e(1+2i)x dx = + k1 + ik2 , k1 , k2 ∈ R
1 + 2i
€ Š
ex cos(2x) + i sin(2x) (1 − 2i)
= + k1 + ik2
1+4
On a alors
ex ” —
I = Re(I + iJ ) = cos(2x) + 2 sin(2x) + k1 , k1 ∈ R
5
ex ” —
J = Im(I + iJ ) = sin(2x) − 2 cos(2x) + k2 , k2 ∈ R
5

1.3 Décomposition en éléments simples


Cette section sert à introduire le calcul des primitives de fractions rationnelles. Il s’agit de
transformer des fractions rationnelles quelconques en une somme des fractions dites simples dont
on connaît les primitives.

Définition 1.3
On appelle élément (fraction) simple de première espèce la fraction rationnelle

λ
(ax + b)r

où λ, a, b ∈ R ou C et r ∈ N?

Définition 1.4
On appelle élément (fraction) simple de seconde espèce la fraction rationnelle

λx + β
(ax2 + bx + c)r

où λ, β, a, b, c ∈ R tels que b2 − 4ac < 0, a 6= 0 et r ∈ N?

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Décomposition en éléments simples 9

Définition 1.5
Considérons une fraction F . On appelle pôle de F un zéro du dénominateur de F .
La multiplicité d’un pôle est le nombre de fois qu’il annule le dénominateur. Un pôle de mul-
tiplicité 1 est appelé pôle simple.

1
Exemple 1.16 x0 = 0 est un pôle de multiplicité 3 de la fraction f (x) = , tandis
x3 (x + 1)
que x1 = −1 est un pôle simple.

1.3.1 Décomposition en éléments simples (DES) dans R[X]

Théorème 1.1
Considérons la fraction
P (x)
F (x) =
Q(x)
avec P et Q deux polynômes dans R[X]. Si deg(P ) > deg(Q), alors il existe deux polynômes
E et R dans R[X] tel que

R(x)
F (x) = E(x) + (1.3)
Q(x)

avec deg(R) < deg(Q).

L’expression (1.3) peut être obtenue par division euclidienne de P par Q.


Le polynôme E est le quotient de la division ; il porte le nom de partie entière. Le polynôme R
correspond au reste de la division.

x3 + x + 1
Exemple 1.17 Ecrire sous la forme (1.3) la fraction F (x) =
x2 + 2
Solution

x3 + x + 1 x2 + 2
−x + 1 x

x3 + x + 1 −x + 1
D’où F (x) = =x+
x2 +2 x2 + 2

Théorème 1.2
Décomposition en éléments simples : cas de pôles simples uniquement
P (x)
Etant donnée la fraction F (x) = .
Q(x)
Si Q ne possède que des pôles de multiplicités simples x1 , x2 , . . . , xk en d’autres termes

Q(x) = K(x − x1 )(x − x2 ) . . . (x − xk ), (x1 , x2 , . . . , xk , K ∈ R) (1.4)

alors la fraction F peut s’écrire :


λ1 λ2 λk
F (x) = E(x) + + + ··· +
x − x1 x − x2 x − xk
où E est la partie entière de la division euclidienne de P par Q, λ1 , λ2 , . . . , λk sont des
constantes réelles.

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10 chapitre 1

x3 + 1
Exemple 1.18 Décomposer en éléments simples la fraction F (x) =
2x2 − x − 1
Solution Cherchons les pôles de F . Posons 2x2 − x − 1 = 0 ; x1 = 1 est racine évidente, l’autre
1
racine est x2 = − . Alors d’après le théorème de la décomposition en éléments simples on a
2
λ1 λ2
F (x) = E(x) + + 1 (1.5)
x−1 x+ 2

Cherchons E par division euclidienne suivante :

x3 + 1 2x2 − x − 1
2
x x x 1
+ +1 +
2 2 2 4
x 5
3 +
4 4
x 1
On a donc E(x) = + .
2 4
Pour déterminer un coefficient λk , il existe plusieurs méthodes : identification, système d’équation,
utilisation de la limite en l’infini, multiplication par le dénominateur de la fraction simple...
Nous allons appliquer la méthode dernièrement citée. Elle consiste à multiplier l’expression (1.5)
par (x − xk ) puis poser x = xk .
Pour λ1 :

x3 + 1 λ1 λ2
= E(x) + + 1
2x2 −x−1 x−1 x+ 2
x3 + 1 λ1 λ2
⇔ = E(x) + +
2(x − 1)(x + 12 ) x−1 x+ 1
2

en multipliant par (x − 1) puis simplifiant on a

x3 + 1  λ2 
1 = λ1 + (x − 1) E(x) + 1
2(x + 2
) x+ 2

en posant x = 1, on trouve
2
λ1 = .
3
En appliquant le même procédé, on trouve
h x3 + 1 i 7
λ2 = =− .
2(x − 1) x=− 1
2 24

Finalement
2 7
x3 + 1 x 1 3
− 24
= + + + 1
2x2 − x − 1 2 4 x−1 x+ 2

Théorème 1.3
Décomposition en éléments simples : cas de pôles de multiplicité quelconque
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page précédente possède une ou plusieurs racines
de multiplicités différentes de 1. Sans nuire à la généralité supposons que x1 soit de multiplicité
r, alors la combinaison de fractions simples induites par le facteur (x − x1 )r est

λ11 λ12 λ1r


+ + ··· +
(x − x1 ) (x − x1 )2 (x − x1 )r

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Décomposition en éléments simples 11

x3 + 1
En guise d’illustration, la décomposition en éléments simples de donnerait
x2 (x − 1)3
x3 + 1 λ11 λ12 λ21 λ22 λ23
= + + + +
x2 (x − 1)3 x x2 (x − 1) (x − 1)2 (x − 1)3
On remarque que la partie entière de cette décomposition vaut 0 ; ceci est dû au fait que le degré
du numérateur est strictement inférieur à celui du dénominateur.
Nous allons traiter dans les détails une fraction plus simple à décomposer.

x4 − 2x2 + 4x + 1
Exemple 1.19 Décomposer en éléments simple la fraction
x3 − x2 − x + 1
Solution La division euclidienne donne
x4 − 2x2 + 4x + 1 4x
=x+1+
x3 − x2 −x+1 x3 − x2 −x+1
3 2
Cherchons à factoriser le dénominateur Q(x) = x − x − x + 1. On remarque que Q(1) = 0 ;
donc Q est factorisable par (x − 1). On a

x3 − x2 − x + 1 = (x − 1)(x2 − 1)
= (x − 1)2 (x + 1).

Ainsi d’après le théorème de la décomposition en éléments simples , on a


4x a1 a2 b
= + + (1.6)
(x − 1)2 (x + 1) (x − 1) (x − 1)2 (x + 1)
Pour trouver a2 , multiplions l’expression (1.6) par (x − 1)2 puis remplaçons x par 1 On a alors
h 4x i 4
a2 = = =2
x+1 x=1 2
par le même procédé , on trouve
h 4x i 4
b= =− = −1
(x − 1)2 x=−1 4
Pour a1 on multiplie l’expression (1.6) par x puis on fait tendre vers l’infini, on a alors
h 4x2 i h  a1 a2 b i
lim = lim x + +
x→∞ (x − 1)2 (x + 1) x→∞ (x − 1) (x − 1)2 (x + 1)
0 = a1 + b
⇒ a1 = −b = 1.

Finalement la décomposition cherchée est


x4 − 2x2 + 4x + 1 1 2 −1
=x+1+ + + (1.7)
x3 − x2 −x+1 (x − 1) (x − 1)2 (x + 1)

Théorème 1.4
Décomposition en éléments simples : cas de facteurs quadratiques non répétés
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page 9 possède un ou plusieurs facteurs de la forme
ax2 + bx + c avec b2 − 4ac < 0, alors chaque facteur induit dans la décomposition une
fraction simple de seconde espèce de la forme

λx + β
ax2 + bx + c
où λ, β, a, b, c ∈ R

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12 chapitre 1

3x
En guise d’illustration, la décomposition de donnerait
(x − 2)(x2 + 1)(2x2 + x + 1)

3x α λ1 x + β 1 λ 2 x + β2
= + +
(x − 2)(x2 + 1)(2x2 + x + 1) x−2 x2 + 1 2x2 + x + 1

α, β1 , λ1 , β2 , λ2 ∈ R

x3 + 2x2 + 3x + 4
Exemple 1.20 Chercher la décomposition de
x3 + 4x
Solution La division euclidienne donne

x3 + 2x2 + 3x + 4 2x2 − x + 4
=1+
x3 + 4x x3 + 4x

2x2 − x + 4
Décomposons . On a
x3 + 4x

2x2 − x + 4 2x2 − x + 4 α λx + β
= = +
x3 + 4x x(x2 + 4) x x2 + 4

En multipliant cette expression par x(x2 + 4), on obtient

2x2 − x + 4 = α(x2 + 4) + x(λx + β)


= (α + λ)x2 + βx + 4α

Par identification, on a

α+λ=2 β = −1 4α = 4

D’où α = 1, β = −1, λ = 1.
Finalement la décomposition cherchée est

x3 + 2x2 + 3x + 4 1 x−1
=1+ +
x3 + 4x x x2 + 4

Théorème 1.5
Décomposition en éléments simples : cas de facteurs quadratiques répétés
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page 9 possède un ou plusieurs facteurs de la forme
(ax2 + bx + c)r avec b2 − 4ac < 0, alors chaque facteur induit dans la décomposition une
combinaison de fractions simples de secondes espèces de la forme
λ 1 x + β1 λ2 x + β 2 λr x + β r
+ + ··· +
ax2 + bx + c (ax2 + bx + c)2 (ax2 + bx + c)r

où λ, β, a, b, c ∈ R

−x3 + 2x2 − x + 1
Exemple 1.21 Chercher la décomposition en éléments simples de f (x) = .
x(x2 + 1)2
Solution Le degré du numérateur de f est strictement inférieur à celui de son dénominateur, donc
la partie entière de la décomposition est nulle. Ainsi

−x3 + 2x2 − x + 1 α λ 1 x + β1 λ2 x + β2
f (x) = = + +
x(x2 + 1)2 x x2 + 1 (x2 + 1)2

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Primitivation de fractions rationnelles 13

En multipliant par x(x2 + 1)2 , on trouve

−x3 + 2x2 − x + 1 = α(x2 + 1)2 + (λ1 x + β1 )x(x2 + 1) + x(λ2 x + β2 )


= α(x4 + 2x2 + 1) + λ1 (x4 + x2 ) + β1 (x3 + x) + λ2 x2 + β2 x
= (α + λ1 )x4 + β1 x3 + (2α + λ1 + λ2 )x2 + (β1 + β2 )x + (α)

par identification

α + λ1 = 0 β1 = −1 2α + λ1 + λ2 = 2 β1 + β2 = −1 α=1

D’où α = 1, λ1 = −1, β1 = −1, λ2 = 1 et β2 = 0. Finalement la décomposition cherchée est


−x3 + 2x2 − x + 1 1 x+1 x
= − +
x(x2 + 1)2 x x2 +1 (x2 + 1)2

1.3.2 Décomposition en éléments simples dans C[X]


Le principe de la décomposition en éléments simple dans C[X] est identique à celui dans R[X].
La seule différence réside sur le fait que l’ensemble C est scindé. En d’autres termes tout polynôme
de degré n dans C[X] admet n racines (certaines peuvent être identiques). Ceci fait que dans la
décomposition dans C[X] il n’y aura que des éléments de premières espèces.

1.4 Primitivation de fractions rationnelles


La primitivation de fractions rationnelles se fait généralement en deux étapes :
1. décomposition (si possible et nécessaire) de la fraction en une somme de fractions simples
2. primitivation des différentes fractions.
En résumé, le calcul de primitives de fractions rationnelles se ramène au calcul de primitives de la
forme
a
a) , n ∈ N?
(x − b)n
u0
b) n , n ∈ N? , u ∈ R[X]
u
λx + β
c) , n ∈ N? , a, b, c ∈ R, b2 − 4ac < 0, a 6= 0
(ax + bx + c)n
2

Nous allons, dans


Z ce qui suit, calculer les primitives de ces différentes quantités.
a
a) Calcul de dx, n ∈ N?
(x − b)n Z
a
Selon les valeurs de n, la primitive dx donne deux valeurs différentes.
(x − b)n
• cas où n = 1
On a alors
Z
a
dx = a ln |x − b| + k(x), avec k une fonction localement constante.
x−b

Z
x3 + 3x + 1
Exemple 1.22 chercher dx
x(x + 1)
Solution D’après le théorème de la décomposition en éléments simples dans R[X] on a

x3 + 3x + 1 a b
= E(x) + +
x(x + 1) x x+1

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14 chapitre 1

La division euclidienne de x3 + 3x + 1 par x(x + 1) donne

x3 + 3x + 1 4x + 1
=x−1+
x(x + 1) x(x + 1)

On a
4x + 1 a b
= +
x(x + 1) x x+1
h 4x + 1 i h 4x + 1 i
a= = 1 et b= =3
x+1 x=0 x x=−1

D’où
Z Z  
x3 + 3x + 1 1 3
dx = x−1+ + dx
x(x + 1) x x+1
x2
= − x + ln |x| + 3 ln |x + 1| + k(x), où k est une fonction localement constante
2
• cas où n > 1
On a alors
Z
a 1 a
dx = − + k(x), avec k une fonction localement constante.
(x − b)n n − 1 (x − b)n−1

Z
x4 − 2x2 + 4x + 1
Exemple 1.23 Calculer dx
x3 − x2 − x + 1
Solution La décomposition de la fraction dans cette primitive est donnée dans l’expression (1.7)
page 11. On a

x4 − 2x2 + 4x + 1 1 2 −1
=x+1+ + +
−x3 x2
−x+1 (x − 1) (x − (x + 1) 1)2
Z 4 2 Z  
x − 2x + 4x + 1 1 −1 2
d’où dx = x + 1 + + + dx
x3 − x2 − x + 1 (x − 1) (x + 1) (x − 1)2
x2 x−1 2
= + x + ln − + k(x),
2 x+1 (x − 1)

avec k une fonctionZ localement constante.


u0
b) Calcul de dx, n ∈ N? , u ∈ R[X]
un Z
u0
Le calcul des primitives dx, n ∈ N? a été déjà vu dans la propriété (1.4) page 3. Le lecteur
un
pourra s’y référer.Z
λx + β
c) Calcul de dx, n ∈ N? , a, b, c ∈ R, b2 − 4ac < 0, a 6= 0
(ax + bx + c)n
2
Selon les valeurs de λ, il faut distinguer deux cas :
- Premier cas : si λ = 0 Z
λx + β
Dans ce cas, la recherche de dx se ramène au calcul de
(ax2 + bx + c)n
Z
1
In = dx. (1.8)
(ax2 + bx + c)n

Là aussi, nous allons distinguer deux cas.


• Si n = 1
On a alors à chercher Z
1
I1 = dx.
ax2 + bx + c

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Primitivation de fractions rationnelles 15

Le calcul de I1 se fait en trois étapes :


- étape 1 écriture sous forme canonique de ax2 + bx + c
L’écriture sous sa forme canonique du trinôme ax2 + bx + c est
€ b cŠ
ax2 + bx + c = a x2 + x+
a a

b Š2 b2 ci
=a x+ − 2
+
2a 4a a
h€ b Š2 ∆ i
=a x+ − où ∆ = b2 − 4ac < 0
2a 4a2
b
- étape 2 changement de variable u = x + .
2a
b
En posant le changement de variable u = x + , on a du = dx d’où
2a
Z Z
1 1
I1 = h€ Š2 i dx = h i du
b ∆ ∆
a x+ 2a
− 4a2
a u2 − 4a2
Z Z
1 −4a
= € Šh q 2 i du = h q 2 i du
∆ 4a2 4a2
a − 4a2
u −∆
+1 ∆ u −∆
+1
Ê
4a2
- étape 3 changement de variable t = u .
−∆ Ê
4a2
En posant le nouveau changement de variable t = u , on se rend compte la primitive I1 est
Z −∆
dt
de la forme I1 = λ , λ est une constante réelle. D’où
t2 +1
Ê Ê
 4a2  h b  4a2 i
I1 = λ Arctan(t)+k = λ Arctan u +k = λ Arctan x+ +k, k∈R
−∆ 2a −∆

Z
1
Exemple 1.24 Calculer f (x) = dx
+ 2x + 5 x2
Solution Le discriminant du trinôme x + 2x + 5 = 0 est ∆ = 22 − 4 × 1 × 5 = −16. Celui-ci
2

étant négatif, la forme canonique du polynôme est alors

x2 + 2x + 5 = (x + 1)2 − 1 + 5 = (x + 1)2 + 4.

On pose le changement de variable u = x + 1 ; ce qui entraîne du = dx. D’où


Z
1
f (x) = dx
x2
+ 2x + 5
Z
1
= du
u2 + 4
Z
1 1
= u 2 du.
4 (2) + 1
u
Le second changement de variable, t = , donne
2
Z
1 1
f (x) = du
4 t2 +1
1
= Arctan t + k
4
1 u
= Arctan( ) + k.
4 2

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16 chapitre 1

D’où
Z  ‹
1 1 x+1
dx = Arctan + k, k ∈ R.
x2 + 2x + 5 4 2

Ê
€ 4a2 Š
Remarque 1.2 Pour éviter le second changement de variable t=u , on peut utiliser
−∆
la formule de primitivation
Z € u Š
du 1
= Arctan +k
u2 + α2 |α| |α|
Z
1
Exemple 1.25 Calculer f (x) = dx.
4x2 − 4x + 3
Solution Le discriminant de l’équation 4x2 − 4x + 3 = 0 est ∆ = 42 − 4 × 4 × 3 = −32 < 0.
Sous forme canonique

4x2 − 4x + 3 = (2x − 1)2 + 2


1
En posant le changement de variable u = 2x − 1, on a du = 2dx et x = (u + 1), d’où
2
Z Z
1 1
f (x) = dx = du
4x2 − 4x + 3 u2 +2
Z
1
= du
u2 + 2
1 u
= √ Arctan( √ ) + k, k une constante réelle
2 2
• Si n 6= 1
On a alors à chercher Z
1
In = dx.
(ax2 + bx + c)n
Z
1
En se référant aux trois étapes qui ont permis le calcul de I1 = dx, on se rend
ax2 + bx + c
compte que le calcul de In se ramène au calcul de
Z
dt
Jn = € Šn
t2 +1
Nous allons déterminer Jn par récurrence.
8 Pour cela, utilisons une primitivation par partie.
8 € Šn−1
> 1 >
> n(2t) 1 + t2
2nt
< u= € Šn < u0 = − € Š2n =−
Soit 1 + t2 alors 1 + t2 (1 + t2 )n+1
>
: >
>
v0 = 1 :
v=t
D’où
Z Z
dt t t2
Jn = € Šn = € Šn + 2n € Šn+1 dt
t2 + 1 1 + t2 1 + t2
Z
t (t2 + 1) − 1
= € Šn + 2n € Šn+1 dt
1 + t2 1 + t2
Z Z
t 1 1
= € Šn + 2n € Šn dt − 2n € Šn+1 dt
1 + t2 1+ t2 1 + t2
t
Jn = € Šn + 2nJn − 2nJn+1
1 + t2
1 h t i
d’où Jn+1 = € Šn + (2n − 1)Jn
2n 1 + t2

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Primitivation de fractions rationnelles 17

Application
D’après la formule précédente on a
Z
dt 1h t i
J2 = = € Š1 + (1)J1
(t2 + 1)2 2 1 + t2

Z
dt
par ailleurs, J1 = = Arctan(t) + k, k ∈ R ; par conséquent
t2 +1
Z
dt 1h t i
= + Arctan(t) + k, k ∈ R.
(t2 + 1)2 2 1 + t2

De même on a
Z
dt 1h t i
J3 = = € Š2 + (3)J2
(t2 + 1)3 4 1 + t2
1h t 3 t i
= € Š2 + + Arctan(t) +k
4 1 + t2 2 1 + t2
h1 t 3 t 3 i
= € Š2 + + Arctan(t) + k
4 1 + t2 2 1 + t2 2

- Deuxième cas : si λ 6= 0 Z
λx + β
La primitive à chercher est alors dx . Dans ce cas, la méthode que nous
(ax2 + bx + c)n
utilisons consiste à faire apparaître multiplicativement la dérivée de ax2 + bx + c au numérateur,
Z
u0
puis d’appliquer la linéarité de la primitive afin d’obtenir deux primitives de la forme et
Z un
µ
dx, µ ∈ R.
(ax2 + bx + c)n
Plus précisément, on a

λ λ λ
λx + β 2a
(2ax) +β 2a
(2ax + b) + β − 2a b
= =
(ax2 + bx + c)n 2
(ax + bx + c)n 2
(ax + bx + c) n

λ
λ (2ax + b) β− 2a
b
= +
2a (ax2 + bx + c)n (ax2 + bx + c)n
| {z } | {z }
µ
u0 /un
(ax2 +bx+c)n

Z
x+1
Exemple 1.26 Chercher dx
+x+1 2x2
Solution On sait que (2x2 + x + 1)0 = 4x + 1. On a

1 1 1 1
x+1 4
4x +1 4
(4x + 1) + 1 − 4 4
(4x + 1) 3
= = = +
2x2+x+1 x+1 2
2x +
+x+1 2x2 2x2 + x+1 4(2x2 + x + 1)
Z Z
x+1 1 3 1
alors 2
dx = ln(2x2 + x + 1) + 2
dx
2x + x + 1 4 4 2x + x + 1
Z
1
Cherchons dx.
2x2 + x + 1
On a
 1 2 1  1 2 7
2x2 + x + 1 = 2 x + +1− =2 x+ +
4 8 4 8

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18 chapitre 1

1
En posant le changement de variable t = x + , on obtient
4
Z Z Z Z
1 dt 8dt 8 dt
dx = 7 = = 7
2x2 +x+1 2t2 + 8
16t2 +7 16 t2 + 16
1 4  4 
= √ Arctan √ t + k, k ∈ R
2 7 7
2  4 € 1 Š
= √ Arctan √ x + + k.
7 7 4
Finalement
Z  4 €
x+1 1 3 2 1 Š
dx = ln(2x2 + x + 1) +
√ Arctan √ x + +k
2x2 + x + 1 4 4 7 7 4
1 3  4 1 
= ln(2x2 + x + 1) + √ Arctan √ x + √ + k.
4 2 7 7 7

1.4.1 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus


Z
Il s’agit de chercher des primitives de la forme R(sin x, cos x)dx où R est une fonction
rationnelle définie dans un intervalle de R. Nous allons d’abord commencer par deux cas assez
simples à étudier.

Préliminaires
Z Z
n
a) Calcul de sin xdx et cosn xdx

Pour chercher ces primitives, une méthode consiste à linéariser la fonction sinn x (resp. cosn x)
afin d’obtenir des fonctions trigonométriques de primitives connues.

Z
Exemple 1.27 Chercher cos6 xdx
Solution On commence par la linéarisation. On a
 eix + e−ix 6
cos6 x =
2
1  
= ei6x + 6ei5x e−ix + 15ei4x e−2ix + 20ei3x e−i3x + 15ei2x e−i4x + 6eix e−i5x + e−6ix
64
1  
= (ei6x + e−6ix ) + 6(ei4x + e−4ix ) + 15(ei2x + e−i2x ) + 20ei0
64
1  
= cos(6x) + 6 cos(4x) + 15 cos(2x) + 10
32
D’où
Z Z
1  
cos6 xdx = cos(6x) + 6 cos(4x) + 15 cos(2x) + 10 dx
32
1 1 3 15 
= sin(6x) + sin(4x) + sin(2x) + 10x + k, k∈R
32 6 2 2
Z
b) Calcul de sinm x cosn xdx

Selon la parité de exposants m et n, on utilise des changements de variables adaptés nous


ramenant à une primitivation de fonctions polynômiales.
• Si m est impair
Dans ce cas, on pose le changement de variable u = cos x ; ce qui donne du = − sin xdx.

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Primitivation de fractions rationnelles 19

Z
Exemple 1.28 Chercher sin3 x cos4 xdx
Solution Posons u = cos x, alors
Z Z
sin3 x cos4 xdx = sin2 x cos4 x sin xdx
Z Z
2 4
=− (1 − u )u du = − (u4 − u6 )du

u5 u7
=− + k, k ∈ R
+
5 7
Z
cos5 x cos7 x
d’où sin3 x cos4 xdx = − + + k, k ∈ R
5 7
• Si n est impair
Dans ce cas, on pose le changement de variable u = sin x ; ce qui donne du = cos xdx.
Z
Exemple 1.29 Chercher cos5 x sin3 xdx
Solution Posons u = sin x, alors
Z Z
cos5 x sin3 xdx = cos4 x sin3 x cos xdx
Z Z
= (1 − u2 )2 u3 du = (u3 − 2u5 + u7 )du
 u4 2 u8 
= −+ k, k ∈ R u6 +
4 6 8
Z
sin4 x 2 sin6 x sin8 x
d’où cos5 x sin3 xdx = − + + k, k ∈ R
4 6 8
• Si m et n sont pairs
Dans ce cas, on commence par la linéarisation du produit sinm x cosn x.
Z
Exemple 1.30 Chercher cos2 x sin4 xdx
1 + cos 2x
Solution on a cos2 x = et
2
 eix − e−ix 4
sin4 x =
2i
1 € 4ix Š cos 4x − 4 cos 2x + 3
= 4
e − 4e2ix + 6e0 − 4e−2ix + e−4ix =
16i 8
D’où
 1 + cos 2x  cos 4x − 4 cos 2x + 3 
cos2 x sin4 x =
2 8
1   1 1 3
= cos 4x − 4 cos 2x + 3 + cos 2x cos 4x − cos2 2x + cos 2x
16 16 4 16
Par ailleurs
1€ Š
cos a. cos b = cos(a + b) + cos(a − b)
2
entraîne que
1
cos 2x cos 4x = (cos 6x + cos 2x) .
2
D’où
1 € Š 1€ 1 € Š 3 Š
cos2 x sin4 x = cos 4x − 4 cos 2x + 3 + cos 6x + cos 2x −
1 + cos 4x + cos 2x
Z
16 32 8 16
1 €1 Š 1 €1 1 Š 1€ 1 Š
et cos2 x sin4 xdx = sin 4x − 2 sin 2x + 3x + sin 6x + sin 2x − x + sin 4x
16 4 32 6 2 8 4
3
+ sin 2x + k, k ∈ R
32
1 1 1 x
= sin 6x − sin 4x + sin 2x + + k, k ∈ R
192 64 64 16

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20 chapitre 1

Z
Calcul de R(sin x, cos x)dx
Pour déterminer la primitive de la fraction R(sin x, cos x), on utilise d’habitude un change-
ment de variables pour se ramener à une primitivation de fraction rationnelle.
Le changement de variable
€xŠ  1 − t2 2t 2t 1 + t2 
t = tan donnant cos x = 2
, sin x = 2
, tan x = , dt = dx
2 1+t 1+t 1 − t2 2
"marche" généralement.

Z
1 + sin x
Exemple 1.31 Calculer dx
cos x €xŠ
Solution En utilisant le changement de variable t = tan , on a
2
Z Z 1+ 2t
1 + sin x 1+t2 2
dx = 1−t 2 dt
cos x 1+t2
1 + t2
Z
1+t
=2 dt.
(1 − t)(1 + t2 )
La décomposition en éléments simples donne
1+t a bt + c
= + .
(1 − t)(1 + t2 ) 1−t 1 + t2
On trouve a = 1, b = 1 et c = 0. D’où
Z
1+t 1
ln(1 + t2 ) + k(t), k fonction localement constante
dt = − ln |1 − t| +
(1 − t)(1 + t2 ) 2
Z
1 + sin x
Finalement dx = −2 ln |1 − t| + ln(1 + t2 ) + k(t)
cos x
 1 + t2  h 1 i
cos2 (x/2)
= ln + k(t) = ln € Š2 + k(x)
(1 − t)2 1 − tan(x/2)
 1 
= ln € + k(x) Š2
x
− sin x2
cos 2
€ x xŠ
= −2 ln cos − sin + k(x)
2 2
Dans certains cas de primitives de fractions en sinus et cosinus, on utilise les règles dites de Bioche
qui paraissent alors plus pratiques.

Règles de Bioche
Z
Soit à chercher la primitive R(sin x, cos x)dx. Notons ω = R(sin x, cos x)dx

• si ω(−x) = ω(x), on pose alors le changement de variable cos(x) = t ;


• si ω(π − x) = ω(x), on pose alors le changement de variable sin(x) = t ;
• si ω(π + x) = ω(x) on pose alors le changement de variable tan(x) = t
Z
sin x
Exemple 1.32 Soit à calculer dx.
1 + cos2 x
Solution Ona
sin(−x) − sin x sin x
ω(−x) = d(−x) = (−dx) = dx = ω(x)
1 + cos2 (−x) 1 + cos2 (x) 1 + cos2 x

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Primitivation de fractions rationnelles 21

(car d(−x) = −dx et sin est impaire et cos paire). Alors d’après la règle de Bioche, on utilise le
changement de variable t = cos(x). Alors dt = − sin(x)dx et
Z Z
sin x dt
dx = − = − Arctan(t) + k, k ∈ R
1+ cos2 x 1 + t2
= − Arctan(cos(x)) + k

Z
1
Exemple 1.33 Soit à chercher dx.
cos2 x(1 + tan x)
Solution Ona
1 1
ω(π + x) = d(π + x) = dx = ω(x)
(cos2 (π + x))(1 + tan(π + x)) (cos2 x)(1 + tan x)
(car d(π + x) = dx et cos(π + x) = − cos(x) et tan(π + x) = tan(x)). Alors d’après la règle
1
de Bioche, le changement de variable le plus approprié est t = tan(x). Alors dt = dx et
cos2 x
Z Z
1 dt
2
dx =
cos x(1 + tan x) 1+t
= ln |1 + t| + k(t), k fonction localement constante
= ln |1 + tan(x)| + k(x)

1.4.2 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus hyper-


boliques
Z
Il s’agit de chercher des primitives de la forme R(sh x, ch x)dx où R est une fonction
rationnelle définie dans un intervalle de R.
La méthode que nous utilisons emploie les changements de variable de la section précédente.
Plus précisément, la méthode consiste
Z à: Z
– transformer la primitive R(sh x, ch x)dx en la primitive R1 (sin x, cos x)dx en utili-
sant les correspondants trigonométriques des fonctions hyperboliques ;
– déterminer le changement de variable ou la règle de Bioche convenant à la primitive de la
fraction R1 (sin x, cos x) ;
– puis prendre le correspondant hyperbolique du changement de variable choisi dans l’étape
précédente.
Z
ch x
Exemple 1.34 Chercher 2 dx.
1 + chZ x
cos x cos x
Solution Considérons la primitive dx. Notons ω(x) = dx. On a
1 + cos2 x 1 + cos2 x
cos(π − x) cos x
ω(π − x) = d(π − x) = dx = ω(x)
1+ cos2 (π − x) 1 + cos2 x
Z
cos x
donc d’après Bioche le changement de variable adapté pour dx est t = sin x. Par
Z 1 + cos2 x
ch x
conséquent pour dx, on utilise t = sh x. Alors dt = ch xdx et
1 + ch2 x
Z Z
ch x ch xdx
dx =
1 + ch2 x 1 + (1 + sh2 x)
Z € t Š
dt 1
= = √ Arctan √ + k, k ∈ R
2 + t2 2 2
1 € sh x Š
= √ Arctan √ +k
2 2

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22 chapitre 1

Z
ch x + sh x
Exemple 1.35 Calculer dx.
1 + ch x
Solution
Z On constate qu’ aucune des trois règles de Bioche ne peut être appliquée à la primitive
ch x + sh x
dx, donc on utilise le changement de variable
1 + ch x
x  1 + t2 2t 2t 1 − t2 
t = th donnant ch x = , sh x = , th x = , dt = dx .
2 1 − t2 1 − t2 1 + t2 2
D’où
Z Z 1+t2
+ 2t
ch x + sh x 1−t2 1−t2 2dt
dx = 1+t2
1 + ch x 1+ 1−t2
1 − t2
Z Z
1+t (1 − t) − 1 − 1
= dt = − dt
1−t 1−t
Z  
2
=− 1− dt = −t − 2 ln |1 − t| + k, k ∈ R
1−t
x x
= − th − 2 ln 1 − th +k
2 2

1.4.3 Primitivation de fraction en ex


Z
Il s’agit de chercher une primitive de la forme R(ex )dx où R est une fraction rationnelle.
Généralement cette primitive s’obtient par le changement de variable t = ex .

Z
e2x
Exemple 1.36 Chercher dx.
1 + ex
Solution En posant t = e , on a dt = ex dx = tdx et l’on trouve
x

Z Z Z
e2x t2 dt t
dx = = dt
1 + ex 1+t t 1+t
On a
t 1
=1−
1+t 1+t
D’où
Z Z € Š
e2x 1
x
dx = 1− dt
1+e 1+t
= t − ln |1 + t| + k
= ex − ln(1 + ex ) + k

Remarque 1.3 Le changement de variable t = ex est aussi adapté aux primitives des fractions
hyperboliques du fait que ces dernières s’expriment en fonction de la fonction exponentielle.

1.5 Primitivation de fraction irrationnelles


Certaines fractions irrationnelles peuvent à l’aide de changements de variables appropriés être
rendues rationnelles : c’est le cas des fractions de la section précédente.
È
Particulièrement quand
n
la fonction à primitiver contient une expression de la forme v(x), le changement de variable
È
n
u= v(x) peut s’avérer très efficace.

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Intégrales 23

Z √
x+4
Exemple 1.37 Chercher dx.
√ x
Solution Posons u = x + 4. Alors u2 = x + 4, x = u2 − 4 et dx = 2udu. Ainsi
Z √ Z Z
x+4 u u2
dx = 2udu = 2 du
x u2 − 4 u2 − 4
Z  
4
=2 1+ du
u2 − 4
Z
du 1 u−a
Sachant que = ln , a > 0. On a donc
u2 − a2 2a u+a
Z √
x+4 1 u−2
dx = 2u + 8. + k(x), k fonction localement constante
ln
x u+22.2

√ x+4−2
= 2 x + 4 + 2 ln √ + k(x)
x+4+2

Z
dx
Exemple 1.38 Chercher
x1/2 − x1/4
Solution Posons le changement u4 = x. Alors dx = 4u3 du et
Z Z Z Z  
dx 4u3 du u2 du 1
= =4 du=4 u+1+
x1/2 − x1/4 u2 − u u−1 u−1
 u2 
=4 + u + ln |u − 1| + k(x), k fonction localement constante
2
√ √ €√ Š4
= 2 x + 4 4 x + ln 4 x − 1 + k(x)

1.6 Intégrales

Définition 1.6
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b] de R. Subdivisons l’intervalle [a, b] en
n intervalles de bornes x0 = a, x1 , x2 , . . . , xn = b tels que x0 < x1 < x2 < · · · < xn .
Notons ∆ix = xi+1 − xi l’amplitude de l’intervalle [xi , xi+1 ]. Considérons ξ1 , ξ2 , . . . , ξn des
points se trouvant dans ces sous intervalles : le points ξi est dans [xi−1 , xii ]. Ainsi l’intégrale
de f entre a et b est définie par
Z b X
n
f (x)dx = lim f (ξi )∆ix
a n→+∞
i=1

Remarque 1.4 L’intégrale d’une fonction ne dépend pas de la variable. En d’autres termes
Z b Z b
f (x)dx = f (t)dt
a a

Remarque 1.5 La notion de continuité n’est pas une condition nécessaire pour qu’une fonction
soit intégrable sur un intervalle.

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24 chapitre 1

∆ix

©
f (ξi )

0 a ξi b x

Figure 1.1 – Définition d’une intégrale

Théorème 1.6
Soit f une fonction continue sur [a, b] et F une primitive de f sur cet intervalle. Alors
Z b ” —b
f (x)dx = F (x) = F (b) − F (a)
a a

Exemple 1.39 .

Z Z 3 ” —3
a) dx = x + k, k ∈ R alors dx = x =3−1=2
1
Z 1

b) (cos x − 2x)dx = sin x − x2 + k, k ∈ R alors


Z 1 ” —1
(cos x − 2x)dx = sin x − x2 = sin(1) − 1 − (sin 0 − 0) = sin(1) − 1
0 0
A l’aide de ce théorème, on arrive à prouver aisément les propriétés suivantes.

Propriété 1.5 Soient a, b et c trois réels, f et g deux fonctions continues sur [a, b].
Z a
1. f (x)dx = 0
a
Z b Z a
2. f (x)dx = − f (x)dx
a b
Z b Z c Z b € Š
3. f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx où a 6 c 6 b Relation de Chasles
a a c
Z b € Š Z b Z b € Š
4. αf (x) + βg(x) dx = α f (x)dx + β g(x)dx Linéarité de l’intégrale
a a a
Z 2
Exemple 1.40 Chercher |x − 1| dx
0
Solution On a
Z 2 Z 1 Z 2
|x − 1| dx = |x − 1| dx + |x − 1| dx
0 0 1
Z 1 Z 2 h x2 i1 h x2 i2
= −(x − 1)dx + (x − 1)dx = − −x + −x
0 1 2 0 2 1
1  4 €1 Š
=− −1−0 + −2− −1 =1
2 2 2

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Intégrales 25

Z −1  1 + x2 
Exemple 1.41 Calculer dx
−e x
Solution On a
Z −1  1 + x2  Z −1 1  Z −1 Z −1
dx
dx = + x dx = + xdx
−e x −e x −e x −e
h x2 i−1 € 1Š € e2 Š
= ln |x| + = 0+ − 1+
2 −e 2 2
2
1+e
=−
2

Propriété 1.6 Changement de variable


Soient a, b deux réels, g une fonction dont la dérivée est continue sur [a, b] et f une autre fonction
€ Š
continue sur g [a, b] . On a alors
Z b € Š Z g(b)
0
f g(x) g (x)dx = f (u)du
a g(a)
Z 2 √
Exemple 1.42 Chercher 3x + 1dx
0
Solution Posons u = 3x + 1 ; alors du = 3dx et
Z 2 Z 2.3+1 Z
√ √ du 1 7 1/2
3x + 1dx = u = u du
0 0+1 3 3 1
1 2h i7 2€ √ Š
= . u3/2 = 7 7−1
3 3 1 9

Z 1 p
Exemple 1.43 Chercher t 1 − t2 dt
0
π
Solution Posons t = sin u ; alors dt = cos udu. Si t = 0, u = 0 ; si t = 1, u =
2
Z 1 p Z π È  Z π
2 2
t 1 − t2 dt = sin u 1 − sin2 u cos udu = cos2 u sin udu
0 0 0
h cos3 u i π2  1 1
=− =− 0− =
3 0 3 3

Propriété 1.7 Intégrales de fonctions symétriques


Soit f une fonction continue sur [−a, a], (a > 0).
Z a Z a
a) si f est paire, alors f (x)dx = 2 f (x)dx
−a 0
Z a
b) si f est impaire, alors f (x)dx = 0
−a

Preuve .
a) si f est paire.
On a
Z a Z 0 Z a Z −a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = − f (x)dx + f (x)dx
−a −a 0 0 0

Posons u = −x, alors du = −dx et


Z −a Z a Z a  
f (x)dx = − f (−u)du = − f (u)du f (u) = f (−u)du fait de la parité de f
0 0 0

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26 chapitre 1

d’où
Z a Z 0 Z a Z a Z a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = f (u)du + f (x)dx = 2 f (u)du
−a −a 0 0 0 0

b) si f est impaire
Avec le même changement de variable u = −x, on a
Z −a Z a Z a  
f (x)dx = − f (−u)du = f (u)du f (−u) = −f (u)du fait de la parité de f
0 0 0

d’où
Z a Z 0 Z a Z a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = − f (u)du + f (x)dx = 0 C
−a −a 0 0 0

Z 1 x sin2 x
Exemple 1.44 Chercher dx.
ex2 −1
x sin2 x
Solution Notons f (x) = . On a
ex2
−x sin2 (−x) x sin2 x
f (−x) = =− = −f (x)
e(−x)2 ex2
Z 1 x sin2 x
Donc f est impaire. Comme le domaine d’intégration [−1, 1] est symétrique, alors dx =
−1 ex2
0.

Z π
2
Exemple 1.45 Calculer |sin x| dx
−π
2
Solution Soit f (x) = |sin x|. On a

f (−x) = |sin(−x)| = |− sin(x)| = |sin(x)| = f (x)

donc f est paire. Alors


Z π Z π Z π
2 2 2
|sin x| dx = 2 |sin x| dx = 2 sin xdx
−π
2 0 0
h i π2
= −2 cos x =2
0

1.6.1 Intégrales et relations d’ordre


Propriété 1.8 Positivité de l’intégrale
Soient f une fonction continue sur [a, b] (a < b). Si pour tout x ∈ [a, b] f > 0, alors
Z b
f (x)dx > 0.
a

Preuve Notons F une primitive de f sur [a, b]. On a

F 0 (x) = f (x) > 0 donc F est croissante sur [a, b], alors
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a) > 0. C
a

Propriété 1.9 Majoration de l’intégrale


Si f et g sont deux fonctions continues sur [a, b] telles que f > g, alors
Z b Z b
f (x)dx > g(x)dx.
a a

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Intégrales 27

Preuve Il suffit de prendre h = f − g et d’appliquer la positivité de l’intégrale. C

Exemple 1.46 Prouver


8 que ln 2 > 0.
<[1, 2] → R
Solution Soit f :
:x 7→ 1
x
On a
Z 2
1 1
> 0 ∀x ∈ [1, 2], donc dx > 0
x 1 x
h i2
⇒ ln x = ln 2 − ln 1 > 0
1

d’où ln 2 > 0

Théorème 1.7
Intégrale et valeur absolue
Si f est continue sur [a, b] (a < b), alors
Z b Z b
f (x)dx 6 |f (x)| dx
a a

Exemple 1.47 Prouver que |sin x − sin y| 6


8 |x − y| ∀x, y ∈ R.
<R → R
Solution Soient x, y ∈ R et la fonction f : .
:t 7→ cos t
Si x 6 y
D’après le théorème précédent, on a
Z y Z y
cos tdt 6 |cos t| dt
x x
Z y Z y  
donc cos tdt 6 1.dt car |cos t| 6 1 ∀ t
x x
 
|sin y − sin x| 6 y − x pour x 6 y ⇐⇒ |sin x − sin y| 6 |y − x|

Si x > y Z Z
x y
On obtient le même résultat en utilisant le fait que cos tdt = cos tdt .
y x

Théorème 1.8
Inégalité de Cauchy-Schwarz
Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle [a, b]. On a
Z b 2 Z b  Z b 
f (x)g(x)dx 6 f 2 (x)dx g 2 (x)dx
a a a

Preuve L’intégrale
Z b  2 Z b Z b Z b
2 2
f (x) − λg(x) dx = f (x)dx − 2λ f (x)g(x)dx + λ g 2 (x)dx
a a a a

étant positive, donc le déterminant ∆λ du trinôme en λ est de signe négatif.


 Z b 2 Z b  Z b 
2
∆λ 6 0 ⇐⇒ 2 f (x)g(x)dx −4 f (x)dx g 2 (x)dx 6 0
a a a
Z b 2 Z b  Z b 
⇐⇒ f (x)g(x)dx 6 f 2 (x)dx g 2 (x)dx C
a a a

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28 chapitre 1

1
Exemple 1.48 Appliquer l’inégalité de Cauchy-Schwarz aux fonctions f (x) = x, g(x) = sur
x
[1, e].
Solution Les fonctions f et g étant continues sur [1, e], alors elles y vérifient l’inégalité de
Cauchy-Schwarz i.e
Z e Z
1 2  e 2  e 1
Z 
x. dx 6 x dx 2
dx
1 x 1 1 x
 e3 − 1  1 1
(e − 1)2 6 − −
3 e 1
e2 + e + 1
16
3e
0 6 (e − 1)2

1.6.2 Formules de la moyenne

Théorème 1.9
Valeur moyenne
Soit f une fonction définie sur un intervalle [a, b]. Si f est continue, alors il existe c ∈ ]a, b[
tel que
Z b
1
f (c) = f (x)dx
b−a a

f (c) est appelé valeur moyenne de f sur [a, b].

Preuve f est continue sur le fermé borné [a, b], alors d’après le théorème de Weierstrass sur les
fonctions continues, f atteint ses valeurs extrémales sur cet intervalle. Notons
m le minimum absolu de f sur [a, b]
M le maximum absolu de f sur [a, b]
D’après le théorème (1.9),
Z b Z b Z b
m(b − a) = mdx 6 f (x)dx 6 M dx = M (b − a)
a a a
Z b
1
donc m 6 f (x)dx 6 M
b−a a

Alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b
1
f (c) = f (x)dx C
b−a a

1
Exemple 1.49 Chercher la valeur moyenne de f (x) = sur [1, e].
1+x
Solution Par définition, la moyenne de f sur [1, e] vaut
Z e h ie
1 dx 1 1 1+e
M oyf [1, e] = = ln(1 + x) = ln
e−1 1 1+x e−1 1 e−1 2

Théorème 1.10
Seconde formule de la moyenne
Soient f et g : [a, b] → R continues. Si f est décroissante et positive sur [a, b], alors il existe
c ∈ [a, b] tel que :
Z b Z c
f (t)g(t)dt = f (a) g(t)dt
a a

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Intégrales 29

Z x+1
Exemple 1.50 Chercher lim te−t dt
x→+∞ x
−t
Solution Soient f (t) = e et g(t) = t. Ces deux fonctions sont définies et continues sur
[x, x + 1] et en outre f (x) > 0 et est décroissante ∀x > 0. Alors d’après la seconde formule de
la moyenne, il existe c ∈ [x, x + 1] tel que
Z Z h t2 ic
x+1 c c2 − x2
te−t dt = e−x tdt = e−x = e−x
x x 2 x 2
Z x+1  c2 e−x 2 −x   
x e c2 e−x
d’où lim te−t dt = lim − = lim car lim x2 e−x = 0
x→+∞ x x→+∞ 2 2 x→+∞ 2 x→+∞

Par ailleurs pour x > 0,

x6c6x+1
x2 e−x 6 c2 e−x 6 (x + 1)2 e−x

or lim x2 e−x = lim (x+1)2 e−x = 0, alors d’après le théorème des gendarmes, lim c2 e−x =
x→+∞ x→+∞ x→+∞
0. D’où Z x+1
lim te−t dt = 0
x→+∞ x

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30 chapitre 1

1.7 Exercices
o Exercice 1 . Calculer les primitives suivantes :
Z Z Z
a) cos5 t dt d) cos5 t sin t dt g) cos(2t) sin(2t) dt
Z Z Z
b) ch3 t dt e) sh4 t dt h) cos(3t) sin(5t) dt
Z Z Z
c) cos4 t dt f) ch4 t dt i) cos(2t) cos(3t) dt

o Exercice 2 . Calculer les primitives suivantes :


Z Z Z
a) xα ln x dx d) ch2 xsh5 x dx g) Arcsinx dx
Z Z Z
b) cos8 x sin3 x dx e) ln x dx h) Arccosx dx
Z Z Z
c) sh3 xchx dx f) x ln x dx i) e3x cos xdx
Z
ln x
a) Primitivation par parties : u = ln x et v 0 = xα (avec α 6= −1). Si α = −1, on a =
x
1 2
(ln x)
2
o Exercice 3 . Calculer les primitives suivantes :
Z Z Z
a) e−x sin(2x) dx f) eax cos bx dx k) xn ex dx n ∈ N
Z Z Z
2 ax
b) (x − 3) sin(2x) dx g) e sin bx dx l) (x2 + 1)ex dx
Z Z Z
2
c) esin x
sin 2x dx h) xArsinx dx m) xex cos x dx
Z Z Z
d) cht sin t dt i) xArtanx dx. n) xex sin x dx
Z Z Z
e) cht cos t dt j) x2 e2x dx o) x2 chx dx

d) En primitivant
Z deux fois par parties avec u = cht, v 0 = sin t, puis u = sht, v 0 = cos t,
1
on obtient cht sin tdt = (−cht cos t + sht sin t) + k
2
Z
h) xArsinx dx : on pose le changement de variables x = sin t, d’où dx = cos tdt ; alors
Z Z Z
1
xArsinx dx = t sin t cos tdt = t sin(2t)dt. Il suffit de faire une primitivation
2
par parties de cette expression.
Z
i) xArtanx dx : primitivation par parties en posant u = Artanx et v = x ; ce qui donne
Z Z
1 1 x2
xArtanx dx = x2 Arctanx − dx
2 2 1 + x2
o Exercice 4 . Calculer les primitives des fonctions

cos3 x 1 f) sin6 x cos4 x


a) c) 4
sin x5 cos4 x + sin x
cos x shxchx
d) g)
1 + sin 2x sh4 x + ch4 x
sin3 x tan x − tan a chx
b) e) h)
1 + cos x tan x + tan a chx + shx

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Exercices 31

Z
e2x cos x 4
i) √ x 5 dx − .
e +1 Z sin x cos 4x + 3
cos x −1 On pose
cos3 x Z t = 4x, pour
3 dx = 4 + 4
j) sin x 4 sin x avoir dx =
sin x −1 cos 4x + 3
1 + k(x) Z
2
2 sin x dt
k) Z 3 . On pose
1 + tan x sin x cos t + 3
1 b) dx. Il suffit de t
l) 1 + cos x u = tan pour avoir
th2 x remarquer que Z 2
3
sin x du
a) Calcul de a(x) = du
Z = u2 + 2
cos3 x 1 + cos x Z
dx. sin(x)(1 − cos2 x) shxchx
sin5 x = g) dx. En
cos3 x 1 + cos x sh x + ch4 x
4
On a = sin(x)(1 − cos x)(1 + cos x) linéarisant, on trouve
sin5 x = shxchx
cos x cos2 x 1 + cos x =
= sin(x) − sin(x) cos(x) sh4 x + ch4 x
sin5 x Z sh2x
cos x(1 − sin2 x) 1 2 2 . Ensuite, on
= c) dx. ch (2x) + 1
sin5 x cos4 x + sin4 x
cos x cos x En linéarisant, on a pose u = ch(2x)
5 − 1
sin x sin3 x =
D’où a(x) = cos4 x + sin4 x

o Exercice 5 . Calculer les primitives suivantes :


Z Z Z
dx 2 + cos x dx
a) c) dx e)
1 + sin x 2 − sin x cos x + 2 sin x + 3
Z Z Z
dx sin x 1 + sin x
b) d) dx f) dx
sin x + cos x cos x − sin x 1 − sin x

o Exercice 6 . Quand une primitive contient une ou plusieurs puissance fractionnelle de la forme
xs/r , le changement de variable x = un où n est le plus petit commun multiple des dénominateurs
de fractions en exposant peut s’avérer très fructueux. Calculer les primitives suivantes :
Z Z Z Z
dx dx dx xdx
a) b) c) √ d) √
1+ x1/3 1+ x2/3 1+4 x 1+ x

o Exercice 7 . Calculer les primitives des fonctions

1 1 1
a) e) i)
a2 + t2 t2 +t+1 t3 +1
1 1 t4 + 1
b) 2 f) 2 j)
(4 + t2 ) (t2 + 2t − 1) t(t − 1)3
t3 3t + 1 t+1
c) g) 2
k) 2
t2 − 1 (t2 − 2t + 10) t(t + 2)
6t 3t + 1 (t2 − 1)(t3 + 3)
d) 2 h) l)
(t − 3) t2 − 2t + 10 2t + 2t2

o Exercice 8 . Calculer les primitives des fonctions suivantes :

2x3 + x2 − x + 1 2x 1
a) d) g)
x2 − 3x + 2 (1 − x + x2 )2 x4 +1
x5 x5 + x4 + 1 x
b) e) h)
(x − 1)2 (x2 + 4) x(x − 1)4 x4 + x2 + 1
1 1 x7
c) f) i)
(x + 2)(x2 + 2x + 5) (1 + x3 )3 (x − 1)(x2 − 2x − 2)2

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32 chapitre 1

o Exercice 9 . Décomposer en éléments simples dans R les fractions suivantes :

x2 3x4 − 9x3 + 12x2 − 11x + 7 2x8 + 5x6


a) 3 b) c) 4 2
(x2 + 3) (x + 1) (x − 1)3 (x2 + 1) x (x + 2)3

o Exercice 10 . Calculer les quantités suivantes :


Z 2 Z x+1 Z π
4 du
a) ln2 x dx d) lim t2 exp−t dt g) In =
1 x→+∞ x 0 cosn u
Z 1/2 Z 1 Z
dx e
b) dx e) ln(1 + x2 ) dx h) Jn = lnn udu (on
−1/2 1− x2 0 1
Z 1 Z pourra utiliser une récur-
1 1 xn
c) p dx f) lim dx
0 1 + ex/2 n→+∞ 0 1+x rence)
Z π
4 du
Pour le calcul de In = , on pourra transformer le numérateur en sin2 x + cos2 x, puis
0 cosn u
Z π
4 sin2 udu
ecrire une formule de récurence après intégration par partie du terme o Exercice
Z 0 cosn u
b
11 . Soient f ∈ C 1 ([a, b], R) et In = f (t) sin(nt)dt. A l’aide d’une intégration par parties,
a
montrer que In → 0.
Z b dx b−a
o Exercice 12 . Soient 0 < a 6 b. Montrer que 6 √ .
a x ab
Z π
2
o Exercice 13 . [Intégrales de Wallis] Soit In = sinn tdt.
0
a) Établir une relation de récurrence entre In et In+2 .
b) En déduire I2p et I2p+1 .
c) Montrer que (In )n∈N est décroissante et strictement positive.
d) En déduire que In ∼ In+1 .
e) Calculer nIn In+1 .
f) Donner alors un équivalent simple de In .

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CHAPITRE 2
EQUATIONS DIFFÉRENTIELLES

2.1 Classification des équations différentielles

Définition 2.1
Soit8une fonction
<I → R
f : admettant des dérivées f 0 , f 00 , . . . , f (n) . On appelle équation diffé-
:x 7→ y = f (x)
rentielle, toute égalité liant f , x et les dérivées de f .

Exemple 2.1
dy
= 2x + y 2 (2.1)
dx
y 00 + x3 y 0 + y = ex (2.2)
02 3
y + 3xy = 0 (2.3)

Définition 2.2
L’ordre d’une équation différentielle est l’ordre de la plus grande dérivée.

Exemple 2.2 Dans l’exemple précédent, les équations (2.1) et (2.3) sont d’ordre 1 tandis que
l’équation (2.2) est d’ordre 2.

Définition 2.3
Une équation différentielle est dite linéaire si dans son expression, les degrés de la fonction y et
de ses dérivées ne dépassent pas 1 et il n’y figure pas de produit entre y et une de ses dérivées.

Exemple 2.3 L’équation

x3 y (4) − xy 00 + y = sin x

est linéaire. Par contre

y 00 + xy 0 + y 2 = 0

n’est pas linéaire.

33
34 chapitre 2

2.2 Résolution d’équations différentielles


Les solutions d’une équation différentielle sont classées en deux types :
– solution générale : c’est une solution dans laquelle figurent une ou plusieurs constantes dues
à l’intégration de l’équation ;
– une solution particulière : solution ne comportant pas de constante d’intégration.
Il faut noter que dans l’énoncé de l’équation différentielle, il arrive souvent que l’on donne des
conditions supplémentaires qui sont vérifiées par la fonction y(x) ou/et par une ou plusieurs de
ses dérivées. De tels cas peuvent conduire à ce que la solution de l’équation différentielle soit
entièrement déterminée c-à-d qu’elle ne présente aucune constante.

2.2.1 Equations différentielles du premier ordre

Equations à variables séparables

Une équation différentielle du premier ordre est dite à variables séparables si l’on peut la
transformer de telle sorte que les expressions contenant la variable x soient mises dans un membre
et celle contenant la fonction y dans l’autre. Une telle équation peut s’écrire sous la forme

g(y)dy = f (x)dx (2.4)

où la fonction g dépend uniquement de y tandis que la fonction f dépend uniquement de x.

Résolution

Pour intégrer (résoudre) une équation à variables séparables, après l’avoir transformée en l’ex-
pression (2.4), on intègre de part et d’autre de l’égalité.

Exemple 2.4 Intégrer l’équation yy 0 − x2 − 2 = 0.


Solution Cette équation peut être transformer successivement comme suit

dy
y = x2 + 2
dx
ydy = (x2 + 2)dx

On a alors
Z Z
ydy = (x2 + 2)dx

y2 x3
⇒ =+ 2x + c, c constante réelle
2 3
2
D’où y 2 = x3 + 4x + k, k = 2c
3
On peut donner la valeur explicite de y (bien que cela ne soit pas nécessaire) :
r
2
y=± x3 + 4x + k
3

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Résolution d’équations différentielles 35

Exemple 2.5 Intégrer l’équation y 2 y 0 = x2 avec la condition y(0) = 1.


Solution Séparons les variables et intégrons de part et d’autre de l’égalité :

y 2 dy = x2 dx
Z Z
y 2 dy = x2 dx

y 3 = x3 + k, k constante réelle.

D’où
p
3
y= x3 + k.
p
3
Avec la condition y(0) = 1, on a : 1 = 0 + k, ce qui entraîne que k = 1. Finalement la solution
cherchée est
p
3
y= x3 + 1.

Equations homogènes

Une équation différentielle homogène du premier ordre est de la sorte

dy
= f (x, y) (2.5)
dx
où la fonction f vérifie f (tx, ty) = f (x, y).

Résolution

Pour résoudre cette équation, on se ramène à une équation à variables séparables en effectuant
le changement de variable y = tx.

Exemple 2.6 Intégrer l’équation (x − y)y 0 = y − 4x.


y − 4x
Solution Cette équation s’écrit y 0 = . En identifiant avec (2.5), on trouve f (x, y) =
x−y
y − 4x
.
x−y
ty − 4tx y − 4x
Alors f (tx, ty) = = = f (x, y) ; donc l’équation est bien homogène. Pour
tx − ty x−y
y − 4x
sa résolution, posons le changement y = tx. Alors dy = xdt + tdx et l’équation y 0 =
x−y
devient
xdt + tdx tx − 4x
=
dx x − tx
xdt t−4
+t=
dx 1−t
xdt t2 − 4
=
dx 1−t
1−t dx
dt =
t2 − 4 x
1−t
La décomposition en éléments simples de la fraction donne
t2 − 4
1−t a b
= + .
t2 −4 t−2 t+2

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36 chapitre 2

1 3
On trouve a = − et b = −
4 4
L’équation différentielle devient alors
 1 3  dx
− + dt =
4(t − 2) 4(t + 2) x

En intégrant, on obtient

ln |t − 2| + 3 ln |t + 2| = −4 ln |x| + k, k constante
ln (t − 2)(t + 2)3 = − ln x4 + ln |c| , en posant k = ln |c|, c ∈ R
c
ln (t − 2)(t + 2)3 = ln
x4
c
d’où (t − 2)(t + 2)3 =
x4
En remplaçant t par y/x, on obtient
 y − 2x  y + 2x 3 c
=
x x x4
d’où (y − 2x)(y + 2x)3 = c, c ∈ R

Equations différentielles linéaires du premier ordre

Une équation différentielle linéaire du premier ordre est de la forme

a(x)y 0 + b(x)y = c(x) (2.6)

où a, b et c sont des fonctions dépendant uniquement de la variable x avec a 6= 0. Dans le cas


où les fonctions a, b et c sont des constantes, on parle alors d’équation différentielle linéaire du
premier ordre à coefficients constants.

Résolution

Nous allons commencer par la résolution des équations à coefficients constants qui s’écrivent

αy 0 + βy = γ, avec α 6= 0 (2.7)

Première méthode.
Une manière de résoudre cette équation consiste à la transformer comme suit

y0 β
=− . (2.8)
y − γ/β α

En intégrant de part et d’autre de cette égalité, on obtient

β
ln |y − γ/β| = − x + k, k constante
α
γ β
d’où y = + ce− α x , où c = ek
β

Exemple 2.7 Résoudre l’équation y 0 + 2y = 3.


3
Solution Par application de la formule précédente, la solution de l’équation est y = + ce−2x .
2

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Résolution d’équations différentielles 37

Exemple 2.8 Intégrer l’équation

2y 0 − 3y = 5 (2.9)

Solution En appliquant la même formule que dans l’exemple précédent, on trouve alors la solution
de l’équation :
5 3
y=− + ce 2 x , c constante réelle
3
Deuxième méthode.
Une autre manière d’intégrer l’équation différentielle ay 0 + by = c consiste à :
– résoudre l’équation différentielle homogène (l’équation différentielle sans second membre)
associée : ay 0 + by = 0 ;
– trouver une solution particulière associée à l’équation avec second membre. La solution gé-
nérale de l’équation ay 0 + by = c est alors la somme de la solution générale de l’équation
sans second membre et de la solution particulière de l’équation avec second membre.

Exemple 2.9 Appliquer la méthode précitée pour retrouver la solution générale de l’équation à
coefficients constants (2.9) : 2y 0 − 3y = 5.
Solution L’équation homogène associée est 2y 0 − 3y = 0.On a :

2y 0 − 3y = 0
y0 3
⇔ =
y 2
y 3
ln = x, c ∈ R
c 2
3
⇔ y = ce 2 x

On trouve ainsi la solution de l’équation sans second membre. Reste à déterminer une solution
particulière de l’équation avec second membre (2.9) : 2y 0 − 3y = 5. Pour cela, supposons que la
solution particulière cherché yp = k une constante dans R. Alors en remplaçant dans l’équation
5 3 5
(2.9), on déduit yp = − . Finalement la solution générale de (2.9) est y = ce 2 x − .
3 3
Pour revenir au cadre général des équations différentielles linéaires du premier ordre

a(x)y 0 + b(x)y = c(x) (2.10)

Une troisième méthode utilise la constante d’intégration de la solution de l’équation homogène


pour en déduire la solution de l’équation avec second membre : la méthode de Lagrange dite de
variation de la constante.

Variation de la constante : méthode de Lagrange

Etant donnée l’équation différentielle linéaire (2.6), cette méthode elle aussi utilise l’équation
homogène associée

a(x)y 0 + b(x)y = 0. (2.11)

Elle consiste à supposer que la constante d’intégration contenue dans la solution générale de (2.11)
devient une fonction de la variable x, puis à remplacer cette solution et sa dérivée dans l’équation
avec second membre (2.6) de la page précédente pour en déduire la constante.

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38 chapitre 2

Exemple 2.10 Intégrer l’équation

xy 0 + 2y = 4x2 (2.12)

Solution
L’équation homogène associée est :

xy 0 + 2y = 0 (2.13)

Résolvons la :
y0 2
xy 0 + 2y = 0 ⇔ =−
y x
y 1
⇔ ln = −2 ln |x| = ln , k∈R
k x2

La solution de l’équation homogène est alors

k
y= k∈R (2.14)
x2
Faisons varier la constante k :
k 1 2
y= ⇔ y 0 = k0 −k
x2 x2 x3
Remplaçons ces valeurs de y et y 0 dans (2.12). Il vient :
 1 2   k 
x k0 −k +2 = 4x2
x2 x3 x2
⇔ k0 = 4x3
⇔ k = x4 + c, c ∈ R

Revenons à l’expression (2.14) pour en déduire la solution de l’équation initiale (2.12)

k x4 + c
y= =
x2 x2
2 c
y=x + , c∈R
x2

Exemple 2.11 Intégrer l’équation

y 0 + y tan x = sin x (2.15)

Solution
L’équation homogène associée est

y 0 + y tan x = 0. (2.16)

y0
y 0 + y tan x = 0 ⇔ = − tan x
y
y
⇔ ln = ln |cos x|
k
⇔ y = k cos x.

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Résolution d’équations différentielles 39

Faisons varier la constante k :

y = k cos x ⇔ y 0 = k0 cos x − ksin x

En remplaçant y et y 0 dans l’équation (2.15), on obtient :

k0 cos x − ksin x + (k cos x) tan x = sin x


sin x
⇔ k0 =
cos x
d’où k = − ln |cos x| + c

En remplaçant cette valeur de k dans la solution de l’équation homogène (2.16), on trouve la


solution de l’équation avec second membre (2.15)
€ Š
y = c − ln |cos x| cos x, c ∈ R

Equation de Bernoulli

Une équation différentielle de Bernoulli est une équation différentielle du premier ordre de la
forme

y 0 + a(x)y = b(x)y n .

On voit que si n = 0 ou 1, l’équation devient linéaire.

Résolution

Pour n 6= 0 et 1, on peut intégrer l’équation différentielle de Bernoulli en utilisant le change-


ment suivant

u = y 1−n .

Ce changement permet de transformer l’équation de Bernoulli en un équation linéaire. Auparavant,


pour faciliter la manipulation de l’équation de Bernoulli, on la "divise" par y n .

Exemple 2.12 Résoudre l’équation de Bernoulli

xy 0 + y = −xy 2 (2.17)

Solution
1 y0
Introduisons la fonction u = y 1−2 = . On a alors u0 = − . En divisant chaque membre de
y y2
(2.17) par y 2 , on obtient

y0 1
x + = −x (2.18)
y2 y
⇔ −xu0 + u = −x. (2.19)

L’équation homogène associée à (2.19) étant

−xu0 + u = 0,

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40 chapitre 2

après intégration, on trouve u = kx, k ∈ R. La variation, de la constante entraîne u0 = k0 x + k.


Alors l’équation (2.19) devient

−x(k0 x + k) + kx = −x, ce qui équivaut à


1
k0 =
x
x
d’où k = ln | |, c ∈ R
c
On a alors
x
u = kx = x ln | |.
c
La solution de l’équation (2.17) est alors
1 1
y= = , c ∈ R.
u x ln | xc |

Equation de Riccati

Une équation différentielle de Riccati est une équation différentielle du premier ordre de la
forme

y 0 + a(x)y = b(x)y 2 + c(x).

On voit que si c = 0, l’équation devient celle de Bernoulli.

Résolution

Pour résoudre l’équation de Riccati, il faut en connaître une solution particulière yp puis poser
le changement suivant

u = y − yp .

pour se ramener à la résolution d’une équation de Bernoulli.

Exemple 2.13 Résoudre l’équation de Riccati

y 0 + y = y 2 − 2 dans laquelle yp = 2 est une solution particulière (2.20)

Solution
Posons u = y − 2 ; alors u0 = y 0 et l’équation (2.20) devient

u0 + u + 2 = (u + 2)2 − 2 (2.21)
0 2
⇔ u − 3u = u (équation de Bernoulli) (2.22)
0
u 3
⇔ − =1 (2.23)
u2 u
1
Effectuons le changement t = u1−2 = dans l’équation (2.23) qui est de Bernoulli. Nous
u
obtenons

−t0 − 3t = 1.

Cette dernière équation est linéaire à coefficients constants sa solution est


1
t=− + ce−3x , c ∈ R
3

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Résolution d’équations différentielles 41

D’où
1 1
u= =
t − 13 + ce−3x
et y = u + 2
1
= + 2 est la solution de l’équation (2.20)
− 13 + ce−3x

2.2.2 Equations différentielles linéaires du second ordre


Dans cette section, nous étudions exclusivement les équations linéaires du second ordre à coef-
ficients constants. Ce sont des équations du type

ay 00 + by 0 + cy = f (x), a 6= 0 (2.24)

où a, b et c sont des réels et f une fonction de la variable x.


Dans un premier temps, nous traitons le cas où le second membre de f (x) est nul (équation
homogène associée), ensuite nous abordons tour à tour la situation où f (x) s’écrit sous la forme
Q(x)esx et λ1 sin(sx) + λ2 cos(αx) avec Q polynôme, s, λ1 , λ2 ∈ R.

Equations différentielles linéaires du second ordre sans second membre

Les équations différentielles linéaires du second ordre sans second membre s’écrivent

ay 00 + by 0 + cy = 0, a, b, c ∈ R, a 6= 0 (2.25)

Résolution

La solution générale de l’équation (2.25) dépend des racines de l’équation dite caractéristique

ar 2 + br + c = 0. (2.26)

Laquelle équation est associée au polynôme dit caractéristique

Pc (r) = ar 2 + br + c. (2.27)

Plus précisément :
– si l’équation (2.26) admet deux racines réelles distinctes r1 et r2 , la solution générale de
(2.25) est :
k1 er1 x + k2 er2 x , k1 , k2 ∈ R.
– si l’équation (2.26) admet une racine réelle double r, la solution générale est :

(mx + p)erx , m, p ∈ R.

– si l’équation (2.26) admet deux racines complexes (qui sont forcément distinctes et conju-
guées) c1 et c2 , la solution générale est :

k1 ec1 x + k2 ec2 x , k1 , k2 ∈ R.

Dans ce dernier cas, les racines c1 et c2 pouvant s’écrire c1 = α + iβ et c2 = α − iβ, on


arrive à montrer que la solution générale s’écrit :
€ Š
k1 cos(βx) + k2 sin(βx) eαx .

Cette dernière formulation est le plus souvent utiliser dans les cas où l’on ne veut pas faire
figurer de nombres complexes dans la solution.

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42 chapitre 2

Exemple 2.14 Résoudre

3y 00 + 2y 0 + y = 0

Solution L’équation caractéristique associée est

3r 2 + 2r + 1 = 0.
√ √
−1 + i 2 −1 − i 2
Son discriminant est ∆ = −8, ses racines sont c1 = et c2 = . La solution
3 3
générale cherchée est
 √ √
€2 Š € 2 Š −x
y = k1 cos x + k2 sin x e 3 , k 1 , k2 ∈ R
3 3

Exemple 2.15 Résoudre

y 00 + 2y 0 + y = 0

Solution L’équation caractéristique associée est r 2 + 2r + 1 = 0 ⇔ (r + 1)2 = 0. La racine


−1 étant ainsi double, la solution de l’équation différentielle est

y = (mx + p)e−x , m, p ∈ R.

Equations différentielles linéaires du second ordre avec second membre

Comme annoncé précédemment, nous allons étudier deux cas particuliers de second membre :
– f (x) = Q(x)esx et
– f (x) = λ1 sin(αx) + λ2 cos(αx)
Premier cas : f (x) = Q(x)esx
Dans ce cas l’équation différentielle est de la forme

ay 00 + by 0 + cy = Q(x)esx , a, b, c, s ∈ R, a 6= 0 (2.28)

où Q est un polynôme à coefficients dans R.

Résolution

Pour résoudre cette équation, nous employons la même méthode que celle utilisée pour les
équations linéaires du premier ordre :
– on résout l’équation sans second membre (équation homogène)
– on cherche une solution particulière de l’équation avec second membre.
La solution cherchée est obtenue en ajoutant à la solution de l’équation homogène la solution
particulière.
Au vu de ce qui précède, on se rend compte que la tâche restante est la recherche d’une solution
€ Š
particulière. L’expression du second membre Q(x)esx incite à "deviner" une solution particu-
lière de la forme yp (x) = P (x)esx où P est un polynôme à coefficients dans R.
La détermination du degré de P se fait comme suit :
– si s n’est pas racine du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q
– si s est racine simple du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q plus 1
– si s est racine double du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q plus
2

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Résolution d’équations différentielles 43

Exemple 2.16 Résoudre l’équation

y 00 + 5y 0 + 6y = xex (2.29)

Solution L’équation homogène associé à (2.29) admet comme équation caractéristique

r 2 + 5r + 6 = (r + 2)(r + 3) = 0

La solution de l’équation homogène est alors

yh = k1 e−2x + k2 e−3x , k1 , k2 ∈ R.

On voit que s = 1 n’est pas racine de l’équation caractéristique et que le polynôme Q(x) = x
est de degré 1, donc la solution particulière vaut

yp (x) = P (x)esx = (ax + b)ex

yp (x) étant solution de (2.29) alors


 00  0  
(ax + b)ex + 5 (ax + b)ex + 6 (ax + b)ex = xex
 0    
⇔ aex + (ax + b)ex + 5 aex + (ax + b)ex + 6 (ax + b)ex = xex
     
⇔ aex + aex + (ax + b)ex + 5 aex + (ax + b)ex + 6 (ax + b)ex = xex
€ Š
⇔ 2a + (ax + b) + 5 a + (ax + b) + 6(ax + b) =x

Par identification on a
1 7
7a + 12b = 0 et 12a = 1, ce qui entraîne a = , b=− .
12 144
D’où
1  7 
yp (x) = x− ex
12 12
Finalement, la solution générale de l’équation (2.29) de la de la présente page est
1  7 
y = k1 e−2x + k2 e−3x + x− ex , k1 , k2 ∈ R
12 12

Exemple 2.17 Intégrer l’équation

y 00 + 4y = x2 − 2 (2.30)

Solution L’équation caractéristique de l’équation homogène associée à (2.30) est

r 2 + 4 = (r − 2i)(r + 2i) = 0.

L’équation homogène a alors pour solution générale

yh = k1 cos(2x) + k2 sin(2x).

Le second membre x2 − 2 s’identifiant à Q(x)esx , on en déduit que s = 0. Puisque 0 n’est pas


racine du polynôme caractéristique r 2 + 4, la solution particulière recherchée est

yp (x) = P (x)e0x = P (x) où deg(P ) = deg(x2 − 2) = 2


d’où yp (x) = ax2 + bx + c, a, b, c ∈ R

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44 chapitre 2

yp étant solution de (2.30), on a

yp00 + 4yp = x2 − 2, ce qui équivaut à


2a + 4(ax2 + bx + c) = x2 − 2
⇔ 4ax2 + 4bx + 2a + 4c = x2 − 2

Par identification, on a

4a = 1, 4b = 0, 2a + 4c = −2
1 5
d’où a = , b = 0, c = −
4 8
x2 5
Par conséquent yp (x) = − et la solution de (2.30) est
4 8
x2 5
y = k1 cos(2x) + k2 sin(2x) + − , k1 , k2 ∈ R
4 8

Exemple 2.18 Intégrer l’équation

y 00 + 2y 0 + y = 3e−x (2.31)

Solution L’équation caractéristique de l’équation homogène associée à (2.31) est

r 2 + 2r + 1 = (r + 1)2 = 0.

L’équation homogène associée a pour solution générale

yh = (mx + p)e−x , m, p ∈ R.

s = −1 étant racine double du polynôme caractéristique, la solution particulière s’écrit

yp (x) = P (x)e−x

où deg(P ) = deg(Q) + 2 = 0 + 2 = 2 car Q(x) = 3.


€ Š
D’où yp (x) = ax2 + bx + c e−x , a, b, c ∈ R.
yp étant solution de (2.31), on a

yp00 + 2yp0 + yp = 3e−x , ce qui équivaut à


 0  
(2ax + b)e−x − (ax2 + bx + c)e−x + 2 (2ax + b)e−x − (ax2 + bx + c)e−x +
 
ax2 + bx + c e−x = 3e−x

⇔ (2a) − (2ax + b) − (2ax + b) + (ax2 + bx + c) + (4ax + 2b) − (2ax2 + 2bx + 2c)+


(ax2 + bx + c) = 3
3
⇔ 2a = 3 ⇔ a = , b et c arbitraires.
2
3
En choisissant b = c = 0, on obtient yp (x) = x2 e−x . La solution de l’équation (2.31) est donc
2
3
y = (mx + p)e−x + x2 e−x , m, p ∈ R.
2

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Résolution d’équations différentielles 45

Deuxième cas : f (x) = λ1 sin(βx) + λ2 cos(βx)


Dans ce cas l’équation différentielle (2.24) page 41 devient :

ay 00 + by 0 + cy = λ1 sin(βx) + λ2 cos(βx), a, b, c, λ1 , λ2 , β ∈ R, a 6= 0 (2.32)

Résolution

On montre que dans ce cas, une solution particulière de (2.32) est

yp (x) = c1 sin(βx) + c2 cos(βx)

Exemple 2.19 Intégrer l’équation

y 00 − y 0 − 2y = sin(3x) (2.33)

Solution La solution de l’équation homogène associée est

yh = k1 e−x + k2 e2x , k1 , k2 ∈ R

On voit que β = 3 n’est pas racine du polynôme caractéristique associé à (2.33). Cherchons alors
une solution particulière de la forme yp = c1 sin(3x) + c2 cos(3x).
yp étant solution particulière de (2.33) équivaut à

yp00 − yp0 − 2yp = sin(3x) ce qui équivaut à

 0    
3c1 cos(3x) − 3c2 sin(3x) − 3c1 cos(3x) − 3c2 sin(3x) − 2 c1 sin(3x) + c2 cos(3x) = sin(3x)
€ Š € Š € Š € Š
⇔ − 9c1 + 3c2 − 2c1 sin(3x) + − 9c2 − 3c1 − 2c2 cos(3x) = 1 sin(3x) + 0 cos(3x)

Par identification, on a

−11c1 + 3c2 = 1 et − 3c1 − 11c2 = 0

11 3
La résolution de ce système donne : c1 = − et c2 = . Alors le solution particulière est
130 130
11 3
yp = − sin(3x) + cos(3x)
130 130
et la solution générale de (2.33) :
11 3
y = k1 e−x + k2 e2x − sin(3x) + cos(3x), k1 , k2 ∈ R
130 130

Remarque 2.1 Le fait que les fonctions cos(3x) et sin(3x) soient linéairement indépendantes a
permis de procéder à l’identification précédente.

Exemple 2.20 Trouver une solution particulière de

y” − 3y 0 − 4y = 26et cos(2x) (2.34)

De manière similaire à l’équation 2.33, une solution particulière de l’équation 2.34 est de la forme

yp (x) = c1 ex sin(2x) + c2 ex cos(2x)

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46 chapitre 2

En dérivant successivement, on a :

yp (x)0 = (c1 − 2c2 )ex sin(2x) + (2c1 + c2 )ex cos(2x)

et

yp (x)00 = (−3c1 − 4c2 )ex sin(2x) + (4c1 − 3c2 )ex cos(2x)

En remplaçant dans ces deux dernières expressions dans 2.34 puis identifiant, on trouve que c1 et
c2 doivent satisfaire aux équations

2c1 + 10c2 = −26 et − 10c1 + 2c2 = 0.

1 5
D’où c1 = − et c2 = − ; par conséquent, une solution particulière de 2.34 est
2 2
1 5
yp (x) = − ex sin(2x) − ex cos(2x)
2 2
Remarque 2.2 : Principe de superposition
Il arrive souvent que le second membre f (x) de l’équation différentielle

ay 00 + by 0 + cy = f (x), a 6= 0 (2.35)

soit une somme finie de fonctions fi , i = 1, 2, . . . , n ; Ce qui transforme cette équation en

ay 00 + by 0 + cy = f1 (x) + f2 (x) + · · · + fn (x), a 6= 0. (2.36)

En supposant qu’une fonction fi s’écrive sous l’une des formes suivantes :


– fi (x) = Q(x)esx ou bien
– fi (x) = λ1 sin(βx) + λ2 cos(βx)
une solution particulière de (2.36) est obtenue en additionnant des solutions particulières ypi des
n équations différentielles

ay 00 + by 0 + cy = f1 (x)
ay 00 + by 0 + cy = f2 (x)
.. ..
. = .
ay 00 + by 0 + cy = fn (x)

Exemple 2.21 Résoudre l’équation

y 00 − 3y 0 − 4y = 2 sin x + 4x2 − 1 (2.37)

Solution L’équation homogène associée est

y 00 − 3y 0 − 4y = 0

et sa solution générale

yh = k1 e−x + k2 e4x , k1 , k2 ∈ R.

En notant f1 (x) = sin x et f2 (x) = 4x2 − 1, une solution particulière yp de (2.37) est obtenue
en additionnant une solution particulière de

y 00 − 3y 0 − 4y = 2 sin x et y 00 − 3y 0 − 4y = 4x2 − 1.

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Résolution d’équations différentielles 47

L’équation

y 00 − 3y 0 − 4y = 2 sin x (2.38)

admet une solution yp1 = c1 sin x + c2 cos x où c1 et c2 sont des constantes à déterminer. On a

yp0 1 = c1 cos x − c2 sin x et y 00 = −c1 sin x − c2 cos x.

En remplaçant yp1 et ses dérivées dans (2.38) puis réarrangeant les termes, on obtient

(−c1 + 3c2 − 4c1 ) sin x + (−c2 − 3c1 − 4c2 ) cos x = 2 sin x (2.39)

On trouve, après identification, c1 = −5/17 et c2 = 3/17. D’où la solution particulière de (2.38)


5 3
yp 1 = − sin x + cos x (2.40)
17 17
Concernant l’équation

y 00 − 3y 0 − 4y = 4x2 − 1, (2.41)

d’après la méthode à la page 42, elle admet yp2 = Ax2 + Bx + C comme solution particu-
lière.Déterminons les constantes A, B et C. On a

yp0 2 = 2Ax + B et y 00 = 2A.

En remplaçant yp2 et ses dérivées dans (2.41) puis réarrangeant les termes, il vient

(−4A)x2 + (−6A − 4B)x + (2A − 3B − 4C) = 4x2 − 1. (2.42)

Par identification A = −2, B = 3 et C = −3. D’où la solution particulière de (2.41)

yp2 = −2x2 + 3x − 3. (2.43)

Ainsi d’après le principe de superposition


5 3
yp = yp 1 + yp 2 = − sin x + cos x − 2x2 + 3x − 3
17 17
est solution particulière de l’équation avec second membre (2.37). Finalement la solution générale
de (2.37) est y = yh + yp ; d’où

5 3
y = k1 e−x + k2 e4x − sin x + cos x − 2x2 + 3x − 3, k1 , k2 ∈ R (2.44)
17 17

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48 chapitre 2

2.3 Exercices
o Exercice 14 . Résoudre les équations différentielles suivantes :
1. y 0 = y + x avec y(0) = 1,
2. y 0 = cos x + y,
3. y 0 + 2y = (x − 2)2 .
4. xy 0 − 2y = x4 .
5. x(1 + x2 )y 0 = y.
o Exercice 15 . Même question
1. y 0 (t) + 2y(t) = 0 ;
dx
2. − x = 0;
dt
3. y 0 (x) + 2y(x) = 0 avec (y − y 0 )(0) = 0.
4. (1 + x2 )y 0 − xy = 0 ;
π 3π
5. y 0 + y tan x = 0, pour x dans ] , [.
2 2
o Exercice 16 . Même question
1. y 0 + 2xy = 0, M = (0, 1),
π
2. y 0 + y tan x = sin x cos x M = ( , 0),
4
3. x(x2 − 1)y 0 + 2y = x2 .
4. x2 y 0 = x2 y 2 + xy + 1, on pourra remarquer que y = −1/x est solution de celle équation.
o Exercice 17 . On se propose d’intégrer sur l’intervalle le plus grand possible contenu dans
]0, ∞[ l’équation différentielle :

y(x)
(E) y 0 (x) − − y(x)2 = −9x2 .
x
1. Déterminer a ∈]0, ∞[ tel que y(x) = ax soit une solution particulière y0 de (E).
1
2. Montrer que le changement de fonction inconnue : y(x) = y0 (x) − transforme l’équa-
z(x)
tion (E) en l’équation différentielle

1
(E1) z 0 (x) + (6x + )z(x) = 1.
x

3. Intégrer (E1) sur ]0, ∞[.


4. Donner toutes les solutions de (E) définies sur ]0, ∞[.
o Exercice 18 . Résoudre les équations différentielles du second ordre suivantes :
1. y 00 + 4y 0 + 3y = 0,
2. y 00 − 6y 0 + 9y = 0,
3. 2y 00 − my 0 + 2y = 0.
4. (m + 1)y 00 − y 0 + 2y = 0.
o Exercice 19 . Résoudre les équations différentielles du second ordre suivantes :
1. y 00 − y = x3 + x2 ,
2. y 00 − 2y 0 + y = ex ,

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Exercices 49

3. y 00 − 2y 0 + y = cos(mx) où m ∈ R,
4. y 00 − 2y 0 + y = x3 ex + 2 cos x + (x3 + 3) (utiliser le principe de superposition).

o Exercice 20 . Résoudre :

y 00 + k2 y = cos mx, k, m ∈ R.

y 00 − y = −6 cos x + 2x sin x.

On discutera suivant les valeurs de k et m.


y
o Exercice 21 . Résoudre par le changement de fonction z = l’équation différentielle :
x
2
x00 (x) − 2xy 0 (x) + (2 − x2 )y(x) = 0.

o Exercice 22 . Une solution de glucose est administrée de façon intraveineuse avec un débit
constant r. Ce glucose est transformé en d’autres substances et est éliminé du sang à un dé-
bit proportionnel à sa concentration à l’instant t considéré. Le modèle donnant la concentration
instantané C(t) du glucose contenu dans le sang est :

dC
= r − kC
dt
où k est une constante positive.

1. La concentration à t = 0 valant C0 , déterminer la concentration à tout moment du sucre


dans le sang.
2. En supposant que C0 < r/k, déterminer lim C(t). Interprétez votre résultat.
t→∞

o Exercice 23 . On étudie l’équilibre chimique de la réaction

H2 + Br2 → 2HBr.

La loi d’action des masses dit que

d[HBr]
= k[H2 ][Br2 ]1/2 ;
dt
en d’autres termes
dx
= k(a − x)(b − x)1/2 ,
dt
où x = [HBr], a et b sont les concentrations initiales d’hydrogène et de brome et k ∈ R.

1. Si a = b, déterminer x en fonction de t sous la condition et x(0) = 0.


2. Dans le cas a > b, déterminer t en fonction de x. (Ind : On pourra poser le changement de
p
variable u = b − x.)

o Exercice 24 . Dans une certaine région, le taux de croissance de la population de moustiques


est proportionnel à la population de moustiques, et en l’absence de prédateurs cette population
double chaque semaine. Initialement, il y a 200.000 moustiques dans la région et les prédateurs
en dévorent 20.000 par jour.
Déterminer la quantité de moustiques à chaque instant.
Soit P (t) la population hebdomadaire de moustique En l’absence de prédateurs,

dP
= kP, D’où P (t) = Cekt .
dt

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50 chapitre 2

Le fait que la population double chaque semaine entraine 2P (0) = P (1) c’est à dire 2C = Cek .
On en déduit k = ln 2. En présence de prédateurs, le taux d’accroissement hebdomadaire est
donné par :
dP
= ln 2P − 7 × 20.000 (2.45)
dt
La solution générale de cette équation est :
140.000
P (t) = + λet ln 2 (2.46)
ln 2
140.000
Avec P (0) = 200.000, on en déduit la valeur de λ = 200.000 − . Finalement,
ln 2

P (t) = 201.997 − 1, 997et ln 2 (2.47)

o Exercice 25 . A t = 0, un réservoir contient une quantité q0 en grammes de sel dissout dans


100 cl d’eau. On y verse une concentration salée de 0,25 g/cl au débit de r cl/mn. La solution
ainsi obtenue est bien agitée dans le réservoir et en ressort au même débit.
– Chercher la quantité q(t) de sel à tout instant dans le réservoir et celle limite qL à une date
très longue.
– Si r = 3 et q0 = 2qL , trouver le temps T au bout duquel la quantité de sel vaut 2%qL .
– Trouver la valeur du débit nécessaire si celle de T ne dépasse pas 45 mn.

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ANNEXE A
RAPPELS DE PRIMITIVES USUELLES

C désigne une constante arbitraire. Les intervalles sont à préciser.


Z
eαt
eαt dt = +C (α ∈ C∗ )
α

Z
Z dt
α tα+1 = ln |t| + C
t dt = +C (α 6= −1) t
α+1
Z
dt 1 1+t
Z = ln +C
dt 1− t2 2 1−t
= Arctan t + C
1 + t2
Z p
dt
Z √ = ln t + t2 + α + C
dt t2 + α
√ = Arcsin t + C
1 − t2 Z
ch t dt = sh t + C
Z
cos t dt = sin t + C Z
sh t dt = ch t + C
Z
sin t dt = − cos t + C
Z
dt
Z = th t + C
dt ch2 t
= tan t + C
cos2 t Z
dt
Z = −coth t + C
dt sh2 t
= −cotan t + C
sin2 t Z
dt
Z  ‹ = 2Arctan et + C
dt t π ch t
= ln tan + +C
cos t 2 4
Z
dt t
Z = ln th +C
dt t sh t 2
= ln tan +C
sin t 2
Z
Z
th t dt = ln (ch t) + C
tan t dt = − ln |cos t| + C
Z Z
cotan t dt = ln |sin t| + C coth t dt = ln |sh t| + C

51
ANNEXE B
FORMULES TRIGONOMÉTRIQUES ET HYPERBOLIQUES

Propriétés trigonométriques : remplacer cos par ch et sin par i. sh.

p+q p−q
cos p + cos q = 2. cos . cos
cos(a + b) = cos a. cos b − sin a. sin b 2 2
p+q p−q
cos(a − b) = cos a. cos b + sin a. sin b cos p − cos q = −2. sin . sin
2 2
sin(a + b) = sin a. cos b + sin b. cos a p+q p−q
sin p + sin q = 2. sin . cos
2 2
sin(a − b) = sin a. cos b − sin b. cos a p−q p+q
sin p − sin q = 2. sin . cos
tan a + tan b 2 2
tan(a + b) =
1 − tan a. tan b
tan a − tan b
tan(a − b) =
1 + tan a. tan b
ch(a + b) = ch a. ch b + sh a. sh b
ch(a − b) = ch a. ch b − sh a. sh b
sh(a + b) = sh a. ch b + sh b. ch a
sh(a − b) = sh a. ch b − sh b. ch a
cos 2a = 2. cos2 a − 1
th a + th b
= 1 − 2. sin2 a th(a + b) =
1 + th a. th b
= cos2 a − sin2 a th a − th b
th(a − b) =
1 − th a. th b
sin 2a = 2. sin a. cos a
2 tan a
tan 2a =
1 − tan2 a

ch 2a = 2. ch2 a − 1
= 1 + 2. sh2 a

1 = ch2 a + sh2 a
cos a. cos b = [cos(a + b) + cos(a − b)]
2 sh 2a = 2. sh a. ch a
1 2 th a
sin a. sin b = [cos(a − b) − cos(a + b)] th 2a =
2 1 + th2 a
1
sin a. cos b = [sin(a + b) + sin(a − b)]
2

52
Formules trigonométriques et hyperboliques 53

p+q p−q
ch p + ch q = 2. ch . ch
2 2
1 p+q p−q
ch a. ch b = [ch(a + b) + ch(a − b)] ch p − ch q = 2. sh . sh
2 2 2
1 p+q p−q
sh a. sh b = [ch(a + b) − ch(a − b)] sh p + sh q = 2. sh . ch
2 2 2
1 p−q p+q
sh a. ch b = [sh(a + b) + sh(a − b)] sh p − sh q = 2. sh . ch
2 2 2

8
1 − t2 8
>
> 1 + t2
>cos x = >
>
>
< 1+ t2 > ch x =
x 2t >
< 1 − t2
avec t = tan sin x = x 2t
2>
> 1 + t2 avec t = th
2>
sh x =
> 2t > 1 − t2
>
:tan x > 2t
= >
:th x =
1 − t2 1 + t2

Dérivées : la multiplication par i n’est plus valable

cos0 x = − sin x ch0 x = sh x


sin0 x = cos x sh0 x = ch x
1 1
tan0 x = 1 + tan2 x = th0 x = 1 − th2 x =
cos2 x ch2 x
−1 −1
cotan0 x = −1 − cotan2 x = coth0 x = 1 − coth2 x =
sin2 x sh2 x

−1 1
Arccos0 x = √ (|x| < 1) Argch0 x = √ (x > 1)
1 − x2 x2 − 1
1
Arcsin0 x = √ (|x| < 1) Argsh0 x = √
1
1 − x2 x2 + 1
1 1
Arctan0 x = Argth0 x = (|x| < 1)
1 + x2 1 − x2
−1 1
Arccotan0 x = Argcoth0 x = (|x| > 1)
1 + x2 1 − x2

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