Cours-DUT2 - 2015-2016
Cours-DUT2 - 2015-2016
1 Primitives et Intégrales 1
1.1 Méthodes de calcul de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.1.1 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1.2 Primitivation par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Z
Primitives de quelques expressions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.1 Calcul de eαx P(x)dx, α ∈ C, P ∈ R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Z
1.2.2 Calcul de P (x) cos(αx), sin(αx) dx, α ∈ R, P ∈ R[X] . . . . . . . . . . . . . . 6
Z Z
1.2.3 Calcul de eαx cos(βx)dx, eαx sin(βx)dx α, β ∈ R . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 Décomposition en éléments simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.3.1 Décomposition en éléments simples (DES) dans R[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3.2 Décomposition en éléments simples dans C[X] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4 Primitivation de fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.4.2 Primitivation de fractions rationnelles en sinus et cosinus hyperboliques . . . . . . . . . . 21
1.4.3 Primitivation de fraction en ex . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.5 Primitivation de fraction irrationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6 Intégrales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.6.1 Intégrales et relations d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1.6.2 Formules de la moyenne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2 Equations Différentielles 33
2.1 Classification des équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.2 Résolution d’équations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.1 Equations différentielles du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.2 Equations différentielles linéaires du second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
2.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
Annexes
Définition 1.1
Soit f une fonction définie et continue sur un intervalle I de R. On dit qu’une fonction F est
une primitive de f sur I, si F 0 (x) = f (x). On note alors
Z
F (x) = f (x)dx
1 1
Exemple 1.1 La fonction x 7−→ ln x est une primitive de f (x) = sur R?+ car (ln x)0 = .
x x
Propriété 1.1 Si F est une primitive de f sur un intervalle I, alors l’ensemble des primitives
de f est obtenu en ajoutant à F une constante k. On a alors une primitive quelconque de f qui
s’écrit Z
f (x)dx = F (x) + k
Z
Exemple 1.2 ex dx = ex + k
Remarque 1.1 Il faut noter que si I est une réunion d’intervalles disjoints, alors la constante
k devient une fonction localement constante c-à-d dans chaque intervalle, k prend une valeur
donnée. A la place de la constante k,on met alors la fonction localement constante k(x).
Il est évident que cette notion de fonction localement constante suppose que l’on connaisse au
préalable le domaine de définition de la fonction à primitiver. Cependant il n’est pas question de
chercher le domaine de définition de la fonction à primitiver, il suffit juste de constater (men-
talement) que la fonction à traiter à un domaine de définition formé d’une réunion d’intervalles
disjoints.
[ Z
1 dx
Par exemple, la fonction x 7−→ est définie sur ] − ∞, 0[ ]0, +∞[. Sa primitive est =
x x
ln |x| + k(x)
8 π
1 < , si x > 0
Exemple 1.3 Démontrer que Arctan x + Arctan = 2
x π
: − , si x < 0
2
1
2 chapitre 1
1 [
Solution Posons f (x) = Arctan x + Arctan . f est définie sur ] − ∞, 0[ ]0, +∞[. On a
x
1 0
f 0 (x) = Arctan x + Arctan
x
1 1 0 1
= + 1 2
1 + x2 x
1+
x
1 1
= − =0
1 + x2 1 + x2
Z
f 0 (x) = 0 ⇒ f (x) = f 0 (x)dx = k(x) une fonction localement constante. On peut donc
écrire 8
1 < k , si x > 0
1
Arctan x + Arctan = où k1 et k2 sont des constantes.
x : k , si x < 0
2
π 1
- Si x > 0, f (x) = k1 = f (1) = Arctan 1 + Arctan= 2 Arctan 1 = .
1 2
1 π
- Si x < 0, f (x) = k2 = f (−1) = Arctan(−1) + Arctan = 2 Arctan(−1) = −
−1 2
Finalement
8 π
1 < , si x > 0
Arctan x + Arctan = 2
x : − π , si x < 0
2
Z
1 + x2
Exemple 1.4 Calculer dx
x
Solution On a
Z Z
1 + x2 1
dx = + x dx
x x
Z Z
dx
= + xdx
x
x2
= ln |x| + + k(x) où k est une fonction localement constante
2
Z
dx
Exemple 1.5 Soit à calculer I(x) =
x2 +4
Solution On a
Z Z
dx 1 dx
I(x) = = 2
x2 +4 4 x
+1
2
Z
1 2du x dx
= ceci avec le changement u = , donnant du =
4 u2 + 1 2 2
1
= Arctan(u) + k, k∈ R
2
Finalement
Z x
dx 1
= Arctan + k, k∈ R
x2 + 4 2 2
u0 u0 u0
f u0 un √ v 0 u0 ov
u un u
Z
un+1 1 √
f (x)dx + k ln |u| + k(x) − +k uov + k 2 u+k
n+1 (n − 1)un−1
k est une constante réelle et k(x) une fonction localement constante.
Z
Exemple 1.7 Calculer cos(3x + 1)dx
Solution Posons v = 3x + 1 et u0 = cos x
On a
Z Z Z
1 1
cos(3x + 1)dx = 3 cos(3x + 1)dx = v 0 u0 ov(x)dx
3 3
1 1
= uov(x) + k = sin(3x + 1) + k, k∈ R
3 3
Définition 1.2
Par définition, on appelle primitivation par partie, l’expression
Z Z
udv = uv − vdu
Z
Exemple 1.8 Calculer ln xdx.
Solution
8 8
< u = ln x < u0 =
1
Posons alors x
: v0 = 1 :
v=x
D’où
Z Z
1
ln xdx = x ln x − .xdx
x
= x ln x − x + k, k∈ R
Z
Exemple 1.9 Calculer Arcsin xdx
Solution
8 8 1
< u = Arcsin x < u0 = √
Posons alors 1 − x2
: v0 = 1 :
v=x
D’où
Z Z Z
xdx 1 −2xdx
Arcsin xdx = x Arcsin x − √ = x Arcsin x + √
1− x2 2 1 − x2
Z
du 1
= x Arcsin x + √ avec u = 1 − x2
2 u
1 √ p
= x Arcsin x + (2 u) + k = x Arcsin x + 1 − x2 + k, k∈ R
2
Z
Exemple 1.10 Déterminer I(x) = (x2 − x)e−x dx
8 8
< u = x2 − x < u0 = 2x − 1
Solution Par parties, posons alors
: v 0 = e−x : v = −e−x
D’où
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx
Z
= −(x2 − x)e−x + (2x − 1)e−x dx
Z
Cherchons I2 (x) = (2x − 1)e−x dx par une nouvelle primitivation par parties où
8 8
< u = 2x − 1 < u0 = 2
et
: v 0 = e−x : v = −e−x
D’où
Z
I2 (x) = −(2x − 1)e−x + 2e−x dx
Finalement
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx
Z
= −(x2 − x)e−x + (2x − 1)e−x dx
où Q ∈ K[X] avec deg(P ) = deg(Q) et k une constante. Il suffit alors de dériver l’expression
(1.1) et de procéder par identification.
Z
Exemple 1.11 Soit calculer I(x) = (x2 − x)e−x dx.
Solution Il existe un polynôme Q ∈ R[X] de degré 2 tel que
Z
I(x) = (x2 − x)e−x dx = e−x Q(x) + k.
Z
1.2.2 Calcul de P (x) cos(αx), sin(αx) dx, α ∈ R, P ∈ R[X]
On peut citer trois manières de calculer ces primitives. Les deux premières sont celles de la
section précédente, la troisième consiste à calculer les deux primitives simultanément.
Z
Exemple 1.12 Chercher par les trois méthodes x2 cos(3x)dx
Solution :
- 1ère méthode : succession de primitivation par parties
1
Posons u = x2 et v 0 = cos(3x) ; alors u0 = 2x et v = sin(3x). D’où
3
Z Z
x2 2
x2 cos(3x)dx = sin(3x) − x sin(3x)dx
3 3
Z
x2 2h x 1 i
= sin(3x) − − cos(3x) + cos(3x)dx après intégration par parties)
3 3 3 3
x2 2h x 1 i
= sin(3x) − − cos(3x) + sin(3x) + k
3 3 3 9
x2 2 2x
= − sin(3x) + cos(3x) + k, k∈R
3 27 9
x2 cos(3x) = 2ax + b + 3(λx2 + βx + γ) cos(3x) + − 3(ax2 + bx + c) + 2λx + β sin(3x)
x2 cos(3x) = 3λx2 + (2a + 3β)x + (b + 3γ) cos(3x) + − 3ax2 + (−3b + 2λ)x + (−3c + β) sin(3x)
8 8 1
>
> 3λ =1 >
> λ =
>
> >
> 3
>
> >
>
> 2a + 3β =0 > a =0
>
> >
>
< b + 3γ =0 =0 < β
par identification 2 ⇒
>
> −3a = 0 >
> b =
>
> >
> 9
>
> >
> 2
> −3b + 2λ = 0 > γ =−
>
> >
> 27
: −3c + β =0 :
c =0
Z x2 2 2x
D’où x2 cos(3x)dx = − sin(3x) + cos(3x) + k, k∈R
e
3 27 9
- 3 méthode : calcul simultané Z Z
Elle consiste à calculer simultanément les primitives I(x) = x2 cos(3x)dx et J (x) = x2 sin(3x)dx
à l’aide du calcul du complexe
I + iJ
et de ses parties réelles et imaginaires qui ne sont rien d’autre que I(x) et J (x)
Z Z
Exemple 1.13 Soit à calculer x2 cos(3x)dx et x2 sin(3x)dx
Solution
Z
I + iJ = x2 (cos(3x) + i sin(3x))dx (d’après la linéarité de la primitive)
Z
= x2 ei(3x) dx
3ix Z
2e 2
=x − xe3ix dx (après primitivation par parties)
3i 3i
Z
e 3ix
2 h e3ix 1 i
= x2 − x − e3ix dx (après primitivation par parties)
3i 3i 3i 3i
e 3ix
2 h e3ix 1 i
= x2 − x − 2 e3ix + k , k ∈ C
3i 3i 3i 9i
x2 2x 2 3ix
= + − e +k
3i 9 27i
x2 2x 2
= + − cos(3x) + i sin(3x) + k1 + ik2 (k1 + ik2 = k, k1 , k2 ∈ R)
3i 9 27i
Par identification,
2x x2 2
I = Re(I + iJ ) = cos(3x) + sin(3x) − sin(3x) + k1
9 3 27
x2 2x 2
J = Im(I + iJ ) = − cos(3x) + sin(3x) + cos(3x) + k2
3 9 27
D’où
2x x2 2
I= cos(3x) + sin(3x) −
sin(3x) + k1
9 3 27
x2 2x 2
J =− cos(3x) + sin(3x) + cos(3x) + k2
3 9 27
Z Z
1.2.3 Calcul de eαx cos(βx)dx, eαx sin(βx)dx α, β ∈ R
Z Z
αx
Pour calculer la primitive e cos(βx)dx ou eαx sin(βx)dx , on peut, de deux manières
différentes y arriver.
Première méthode : double primitivation
Dans ce cas, le choix des fonctions u et v doit être de tel sorte qu’une fois les deux primitivations
faites, l’on arrive à retrouver la primitive initiale.
Z
Exemple 1.14 Chercher I = e3x sin(2x)dx
Solution
8 Posons 8
< u = e3x < u0 = 3e3x
alors
: v 0 = sin(2x) : v = − 1 cos(2x)
2
D’où
Z
e3x 3
I=− cos(2x) + e3x cos(2x)dx (1.2)
2 2
Z
reste à chercher e3x cos(2x)dx. Posons
8 8
< u = e3x < u0 = 3e3x
alors
: v 0 = cos(2x) : v = 1 sin(2x)
2
D’où
Z Z
e3x 3
e3x cos(2x)dx = sin(2x) − e3x sin(2x)dx
2 2
e3x 3
= sin(2x) − I + k, k∈R
2 2
e3x 3 e3x 3
I=− cos(2x) + sin(2x) − I +k
2 2 2 2
9 e3x 3e3x
ce qui entraîne I + I = − cos(2x) + sin(2x) + k
4 2 4
4 h 1 3 i
d’où I = − e3x cos(2x) + e3x sin(2x) + k
13 2 4
Deuxième méthode : calcul simultané
Comme vu précédemment, elle consiste à chercher le complexe I + iJ où
Z Z
I= eαx cos(βx)dx et J = eαx sin(βx)dx,
Définition 1.3
On appelle élément (fraction) simple de première espèce la fraction rationnelle
λ
(ax + b)r
où λ, a, b ∈ R ou C et r ∈ N?
Définition 1.4
On appelle élément (fraction) simple de seconde espèce la fraction rationnelle
λx + β
(ax2 + bx + c)r
Définition 1.5
Considérons une fraction F . On appelle pôle de F un zéro du dénominateur de F .
La multiplicité d’un pôle est le nombre de fois qu’il annule le dénominateur. Un pôle de mul-
tiplicité 1 est appelé pôle simple.
1
Exemple 1.16 x0 = 0 est un pôle de multiplicité 3 de la fraction f (x) = , tandis
x3 (x + 1)
que x1 = −1 est un pôle simple.
Théorème 1.1
Considérons la fraction
P (x)
F (x) =
Q(x)
avec P et Q deux polynômes dans R[X]. Si deg(P ) > deg(Q), alors il existe deux polynômes
E et R dans R[X] tel que
R(x)
F (x) = E(x) + (1.3)
Q(x)
x3 + x + 1
Exemple 1.17 Ecrire sous la forme (1.3) la fraction F (x) =
x2 + 2
Solution
x3 + x + 1 x2 + 2
−x + 1 x
x3 + x + 1 −x + 1
D’où F (x) = =x+
x2 +2 x2 + 2
Théorème 1.2
Décomposition en éléments simples : cas de pôles simples uniquement
P (x)
Etant donnée la fraction F (x) = .
Q(x)
Si Q ne possède que des pôles de multiplicités simples x1 , x2 , . . . , xk en d’autres termes
x3 + 1
Exemple 1.18 Décomposer en éléments simples la fraction F (x) =
2x2 − x − 1
Solution Cherchons les pôles de F . Posons 2x2 − x − 1 = 0 ; x1 = 1 est racine évidente, l’autre
1
racine est x2 = − . Alors d’après le théorème de la décomposition en éléments simples on a
2
λ1 λ2
F (x) = E(x) + + 1 (1.5)
x−1 x+ 2
x3 + 1 2x2 − x − 1
2
x x x 1
+ +1 +
2 2 2 4
x 5
3 +
4 4
x 1
On a donc E(x) = + .
2 4
Pour déterminer un coefficient λk , il existe plusieurs méthodes : identification, système d’équation,
utilisation de la limite en l’infini, multiplication par le dénominateur de la fraction simple...
Nous allons appliquer la méthode dernièrement citée. Elle consiste à multiplier l’expression (1.5)
par (x − xk ) puis poser x = xk .
Pour λ1 :
x3 + 1 λ1 λ2
= E(x) + + 1
2x2 −x−1 x−1 x+ 2
x3 + 1 λ1 λ2
⇔ = E(x) + +
2(x − 1)(x + 12 ) x−1 x+ 1
2
x3 + 1 λ2
1 = λ1 + (x − 1) E(x) + 1
2(x + 2
) x+ 2
en posant x = 1, on trouve
2
λ1 = .
3
En appliquant le même procédé, on trouve
h x3 + 1 i 7
λ2 = =− .
2(x − 1) x=− 1
2 24
Finalement
2 7
x3 + 1 x 1 3
− 24
= + + + 1
2x2 − x − 1 2 4 x−1 x+ 2
Théorème 1.3
Décomposition en éléments simples : cas de pôles de multiplicité quelconque
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page précédente possède une ou plusieurs racines
de multiplicités différentes de 1. Sans nuire à la généralité supposons que x1 soit de multiplicité
r, alors la combinaison de fractions simples induites par le facteur (x − x1 )r est
x3 + 1
En guise d’illustration, la décomposition en éléments simples de donnerait
x2 (x − 1)3
x3 + 1 λ11 λ12 λ21 λ22 λ23
= + + + +
x2 (x − 1)3 x x2 (x − 1) (x − 1)2 (x − 1)3
On remarque que la partie entière de cette décomposition vaut 0 ; ceci est dû au fait que le degré
du numérateur est strictement inférieur à celui du dénominateur.
Nous allons traiter dans les détails une fraction plus simple à décomposer.
x4 − 2x2 + 4x + 1
Exemple 1.19 Décomposer en éléments simple la fraction
x3 − x2 − x + 1
Solution La division euclidienne donne
x4 − 2x2 + 4x + 1 4x
=x+1+
x3 − x2 −x+1 x3 − x2 −x+1
3 2
Cherchons à factoriser le dénominateur Q(x) = x − x − x + 1. On remarque que Q(1) = 0 ;
donc Q est factorisable par (x − 1). On a
x3 − x2 − x + 1 = (x − 1)(x2 − 1)
= (x − 1)2 (x + 1).
Théorème 1.4
Décomposition en éléments simples : cas de facteurs quadratiques non répétés
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page 9 possède un ou plusieurs facteurs de la forme
ax2 + bx + c avec b2 − 4ac < 0, alors chaque facteur induit dans la décomposition une
fraction simple de seconde espèce de la forme
λx + β
ax2 + bx + c
où λ, β, a, b, c ∈ R
3x
En guise d’illustration, la décomposition de donnerait
(x − 2)(x2 + 1)(2x2 + x + 1)
3x α λ1 x + β 1 λ 2 x + β2
= + +
(x − 2)(x2 + 1)(2x2 + x + 1) x−2 x2 + 1 2x2 + x + 1
α, β1 , λ1 , β2 , λ2 ∈ R
x3 + 2x2 + 3x + 4
Exemple 1.20 Chercher la décomposition de
x3 + 4x
Solution La division euclidienne donne
x3 + 2x2 + 3x + 4 2x2 − x + 4
=1+
x3 + 4x x3 + 4x
2x2 − x + 4
Décomposons . On a
x3 + 4x
2x2 − x + 4 2x2 − x + 4 α λx + β
= = +
x3 + 4x x(x2 + 4) x x2 + 4
Par identification, on a
α+λ=2 β = −1 4α = 4
D’où α = 1, β = −1, λ = 1.
Finalement la décomposition cherchée est
x3 + 2x2 + 3x + 4 1 x−1
=1+ +
x3 + 4x x x2 + 4
Théorème 1.5
Décomposition en éléments simples : cas de facteurs quadratiques répétés
Supposons que l’expression de Q dans (1.4) page 9 possède un ou plusieurs facteurs de la forme
(ax2 + bx + c)r avec b2 − 4ac < 0, alors chaque facteur induit dans la décomposition une
combinaison de fractions simples de secondes espèces de la forme
λ 1 x + β1 λ2 x + β 2 λr x + β r
+ + ··· +
ax2 + bx + c (ax2 + bx + c)2 (ax2 + bx + c)r
où λ, β, a, b, c ∈ R
−x3 + 2x2 − x + 1
Exemple 1.21 Chercher la décomposition en éléments simples de f (x) = .
x(x2 + 1)2
Solution Le degré du numérateur de f est strictement inférieur à celui de son dénominateur, donc
la partie entière de la décomposition est nulle. Ainsi
−x3 + 2x2 − x + 1 α λ 1 x + β1 λ2 x + β2
f (x) = = + +
x(x2 + 1)2 x x2 + 1 (x2 + 1)2
par identification
α + λ1 = 0 β1 = −1 2α + λ1 + λ2 = 2 β1 + β2 = −1 α=1
Z
x3 + 3x + 1
Exemple 1.22 chercher dx
x(x + 1)
Solution D’après le théorème de la décomposition en éléments simples dans R[X] on a
x3 + 3x + 1 a b
= E(x) + +
x(x + 1) x x+1
x3 + 3x + 1 4x + 1
=x−1+
x(x + 1) x(x + 1)
On a
4x + 1 a b
= +
x(x + 1) x x+1
h 4x + 1 i h 4x + 1 i
a= = 1 et b= =3
x+1 x=0 x x=−1
D’où
Z Z
x3 + 3x + 1 1 3
dx = x−1+ + dx
x(x + 1) x x+1
x2
= − x + ln |x| + 3 ln |x + 1| + k(x), où k est une fonction localement constante
2
• cas où n > 1
On a alors
Z
a 1 a
dx = − + k(x), avec k une fonction localement constante.
(x − b)n n − 1 (x − b)n−1
Z
x4 − 2x2 + 4x + 1
Exemple 1.23 Calculer dx
x3 − x2 − x + 1
Solution La décomposition de la fraction dans cette primitive est donnée dans l’expression (1.7)
page 11. On a
x4 − 2x2 + 4x + 1 1 2 −1
=x+1+ + +
−x3 x2
−x+1 (x − 1) (x − (x + 1) 1)2
Z 4 2 Z
x − 2x + 4x + 1 1 −1 2
d’où dx = x + 1 + + + dx
x3 − x2 − x + 1 (x − 1) (x + 1) (x − 1)2
x2 x−1 2
= + x + ln − + k(x),
2 x+1 (x − 1)
Z
1
Exemple 1.24 Calculer f (x) = dx
+ 2x + 5 x2
Solution Le discriminant du trinôme x + 2x + 5 = 0 est ∆ = 22 − 4 × 1 × 5 = −16. Celui-ci
2
x2 + 2x + 5 = (x + 1)2 − 1 + 5 = (x + 1)2 + 4.
D’où
Z
1 1 x+1
dx = Arctan + k, k ∈ R.
x2 + 2x + 5 4 2
Ê
4a2
Remarque 1.2 Pour éviter le second changement de variable t=u , on peut utiliser
−∆
la formule de primitivation
Z u
du 1
= Arctan +k
u2 + α2 |α| |α|
Z
1
Exemple 1.25 Calculer f (x) = dx.
4x2 − 4x + 3
Solution Le discriminant de l’équation 4x2 − 4x + 3 = 0 est ∆ = 42 − 4 × 4 × 3 = −32 < 0.
Sous forme canonique
Application
D’après la formule précédente on a
Z
dt 1h t i
J2 = = 1 + (1)J1
(t2 + 1)2 2 1 + t2
Z
dt
par ailleurs, J1 = = Arctan(t) + k, k ∈ R ; par conséquent
t2 +1
Z
dt 1h t i
= + Arctan(t) + k, k ∈ R.
(t2 + 1)2 2 1 + t2
De même on a
Z
dt 1h t i
J3 = = 2 + (3)J2
(t2 + 1)3 4 1 + t2
1h t 3 t i
= 2 + + Arctan(t) +k
4 1 + t2 2 1 + t2
h1 t 3 t 3 i
= 2 + + Arctan(t) + k
4 1 + t2 2 1 + t2 2
- Deuxième cas : si λ 6= 0 Z
λx + β
La primitive à chercher est alors dx . Dans ce cas, la méthode que nous
(ax2 + bx + c)n
utilisons consiste à faire apparaître multiplicativement la dérivée de ax2 + bx + c au numérateur,
Z
u0
puis d’appliquer la linéarité de la primitive afin d’obtenir deux primitives de la forme et
Z un
µ
dx, µ ∈ R.
(ax2 + bx + c)n
Plus précisément, on a
λ λ λ
λx + β 2a
(2ax) +β 2a
(2ax + b) + β − 2a b
= =
(ax2 + bx + c)n 2
(ax + bx + c)n 2
(ax + bx + c) n
λ
λ (2ax + b) β− 2a
b
= +
2a (ax2 + bx + c)n (ax2 + bx + c)n
| {z } | {z }
µ
u0 /un
(ax2 +bx+c)n
Z
x+1
Exemple 1.26 Chercher dx
+x+1 2x2
Solution On sait que (2x2 + x + 1)0 = 4x + 1. On a
1 1 1 1
x+1 4
4x +1 4
(4x + 1) + 1 − 4 4
(4x + 1) 3
= = = +
2x2+x+1 x+1 2
2x +
+x+1 2x2 2x2 + x+1 4(2x2 + x + 1)
Z Z
x+1 1 3 1
alors 2
dx = ln(2x2 + x + 1) + 2
dx
2x + x + 1 4 4 2x + x + 1
Z
1
Cherchons dx.
2x2 + x + 1
On a
1 2 1 1 2 7
2x2 + x + 1 = 2 x + +1− =2 x+ +
4 8 4 8
1
En posant le changement de variable t = x + , on obtient
4
Z Z Z Z
1 dt 8dt 8 dt
dx = 7 = = 7
2x2 +x+1 2t2 + 8
16t2 +7 16 t2 + 16
1 4 4
= √ Arctan √ t + k, k ∈ R
2 7 7
2 4 1
= √ Arctan √ x + + k.
7 7 4
Finalement
Z 4
x+1 1 3 2 1
dx = ln(2x2 + x + 1) +
√ Arctan √ x + +k
2x2 + x + 1 4 4 7 7 4
1 3 4 1
= ln(2x2 + x + 1) + √ Arctan √ x + √ + k.
4 2 7 7 7
Préliminaires
Z Z
n
a) Calcul de sin xdx et cosn xdx
Pour chercher ces primitives, une méthode consiste à linéariser la fonction sinn x (resp. cosn x)
afin d’obtenir des fonctions trigonométriques de primitives connues.
Z
Exemple 1.27 Chercher cos6 xdx
Solution On commence par la linéarisation. On a
eix + e−ix 6
cos6 x =
2
1
= ei6x + 6ei5x e−ix + 15ei4x e−2ix + 20ei3x e−i3x + 15ei2x e−i4x + 6eix e−i5x + e−6ix
64
1
= (ei6x + e−6ix ) + 6(ei4x + e−4ix ) + 15(ei2x + e−i2x ) + 20ei0
64
1
= cos(6x) + 6 cos(4x) + 15 cos(2x) + 10
32
D’où
Z Z
1
cos6 xdx = cos(6x) + 6 cos(4x) + 15 cos(2x) + 10 dx
32
1 1 3 15
= sin(6x) + sin(4x) + sin(2x) + 10x + k, k∈R
32 6 2 2
Z
b) Calcul de sinm x cosn xdx
Z
Exemple 1.28 Chercher sin3 x cos4 xdx
Solution Posons u = cos x, alors
Z Z
sin3 x cos4 xdx = sin2 x cos4 x sin xdx
Z Z
2 4
=− (1 − u )u du = − (u4 − u6 )du
u5 u7
=− + k, k ∈ R
+
5 7
Z
cos5 x cos7 x
d’où sin3 x cos4 xdx = − + + k, k ∈ R
5 7
• Si n est impair
Dans ce cas, on pose le changement de variable u = sin x ; ce qui donne du = cos xdx.
Z
Exemple 1.29 Chercher cos5 x sin3 xdx
Solution Posons u = sin x, alors
Z Z
cos5 x sin3 xdx = cos4 x sin3 x cos xdx
Z Z
= (1 − u2 )2 u3 du = (u3 − 2u5 + u7 )du
u4 2 u8
= −+ k, k ∈ R u6 +
4 6 8
Z
sin4 x 2 sin6 x sin8 x
d’où cos5 x sin3 xdx = − + + k, k ∈ R
4 6 8
• Si m et n sont pairs
Dans ce cas, on commence par la linéarisation du produit sinm x cosn x.
Z
Exemple 1.30 Chercher cos2 x sin4 xdx
1 + cos 2x
Solution on a cos2 x = et
2
eix − e−ix 4
sin4 x =
2i
1 4ix cos 4x − 4 cos 2x + 3
= 4
e − 4e2ix + 6e0 − 4e−2ix + e−4ix =
16i 8
D’où
1 + cos 2x cos 4x − 4 cos 2x + 3
cos2 x sin4 x =
2 8
1 1 1 3
= cos 4x − 4 cos 2x + 3 + cos 2x cos 4x − cos2 2x + cos 2x
16 16 4 16
Par ailleurs
1
cos a. cos b = cos(a + b) + cos(a − b)
2
entraîne que
1
cos 2x cos 4x = (cos 6x + cos 2x) .
2
D’où
1 1 1 3
cos2 x sin4 x = cos 4x − 4 cos 2x + 3 + cos 6x + cos 2x −
1 + cos 4x + cos 2x
Z
16 32 8 16
1 1 1 1 1 1 1
et cos2 x sin4 xdx = sin 4x − 2 sin 2x + 3x + sin 6x + sin 2x − x + sin 4x
16 4 32 6 2 8 4
3
+ sin 2x + k, k ∈ R
32
1 1 1 x
= sin 6x − sin 4x + sin 2x + + k, k ∈ R
192 64 64 16
Z
Calcul de R(sin x, cos x)dx
Pour déterminer la primitive de la fraction R(sin x, cos x), on utilise d’habitude un change-
ment de variables pour se ramener à une primitivation de fraction rationnelle.
Le changement de variable
x 1 − t2 2t 2t 1 + t2
t = tan donnant cos x = 2
, sin x = 2
, tan x = , dt = dx
2 1+t 1+t 1 − t2 2
"marche" généralement.
Z
1 + sin x
Exemple 1.31 Calculer dx
cos x x
Solution En utilisant le changement de variable t = tan , on a
2
Z Z 1+ 2t
1 + sin x 1+t2 2
dx = 1−t 2 dt
cos x 1+t2
1 + t2
Z
1+t
=2 dt.
(1 − t)(1 + t2 )
La décomposition en éléments simples donne
1+t a bt + c
= + .
(1 − t)(1 + t2 ) 1−t 1 + t2
On trouve a = 1, b = 1 et c = 0. D’où
Z
1+t 1
ln(1 + t2 ) + k(t), k fonction localement constante
dt = − ln |1 − t| +
(1 − t)(1 + t2 ) 2
Z
1 + sin x
Finalement dx = −2 ln |1 − t| + ln(1 + t2 ) + k(t)
cos x
1 + t2 h 1 i
cos2 (x/2)
= ln + k(t) = ln 2 + k(x)
(1 − t)2 1 − tan(x/2)
1
= ln + k(x) 2
x
− sin x2
cos 2
x x
= −2 ln cos − sin + k(x)
2 2
Dans certains cas de primitives de fractions en sinus et cosinus, on utilise les règles dites de Bioche
qui paraissent alors plus pratiques.
Règles de Bioche
Z
Soit à chercher la primitive R(sin x, cos x)dx. Notons ω = R(sin x, cos x)dx
(car d(−x) = −dx et sin est impaire et cos paire). Alors d’après la règle de Bioche, on utilise le
changement de variable t = cos(x). Alors dt = − sin(x)dx et
Z Z
sin x dt
dx = − = − Arctan(t) + k, k ∈ R
1+ cos2 x 1 + t2
= − Arctan(cos(x)) + k
Z
1
Exemple 1.33 Soit à chercher dx.
cos2 x(1 + tan x)
Solution Ona
1 1
ω(π + x) = d(π + x) = dx = ω(x)
(cos2 (π + x))(1 + tan(π + x)) (cos2 x)(1 + tan x)
(car d(π + x) = dx et cos(π + x) = − cos(x) et tan(π + x) = tan(x)). Alors d’après la règle
1
de Bioche, le changement de variable le plus approprié est t = tan(x). Alors dt = dx et
cos2 x
Z Z
1 dt
2
dx =
cos x(1 + tan x) 1+t
= ln |1 + t| + k(t), k fonction localement constante
= ln |1 + tan(x)| + k(x)
Z
ch x + sh x
Exemple 1.35 Calculer dx.
1 + ch x
Solution
Z On constate qu’ aucune des trois règles de Bioche ne peut être appliquée à la primitive
ch x + sh x
dx, donc on utilise le changement de variable
1 + ch x
x 1 + t2 2t 2t 1 − t2
t = th donnant ch x = , sh x = , th x = , dt = dx .
2 1 − t2 1 − t2 1 + t2 2
D’où
Z Z 1+t2
+ 2t
ch x + sh x 1−t2 1−t2 2dt
dx = 1+t2
1 + ch x 1+ 1−t2
1 − t2
Z Z
1+t (1 − t) − 1 − 1
= dt = − dt
1−t 1−t
Z
2
=− 1− dt = −t − 2 ln |1 − t| + k, k ∈ R
1−t
x x
= − th − 2 ln 1 − th +k
2 2
Z
e2x
Exemple 1.36 Chercher dx.
1 + ex
Solution En posant t = e , on a dt = ex dx = tdx et l’on trouve
x
Z Z Z
e2x t2 dt t
dx = = dt
1 + ex 1+t t 1+t
On a
t 1
=1−
1+t 1+t
D’où
Z Z
e2x 1
x
dx = 1− dt
1+e 1+t
= t − ln |1 + t| + k
= ex − ln(1 + ex ) + k
Remarque 1.3 Le changement de variable t = ex est aussi adapté aux primitives des fractions
hyperboliques du fait que ces dernières s’expriment en fonction de la fonction exponentielle.
Z √
x+4
Exemple 1.37 Chercher dx.
√ x
Solution Posons u = x + 4. Alors u2 = x + 4, x = u2 − 4 et dx = 2udu. Ainsi
Z √ Z Z
x+4 u u2
dx = 2udu = 2 du
x u2 − 4 u2 − 4
Z
4
=2 1+ du
u2 − 4
Z
du 1 u−a
Sachant que = ln , a > 0. On a donc
u2 − a2 2a u+a
Z √
x+4 1 u−2
dx = 2u + 8. + k(x), k fonction localement constante
ln
x u+22.2
√
√ x+4−2
= 2 x + 4 + 2 ln √ + k(x)
x+4+2
Z
dx
Exemple 1.38 Chercher
x1/2 − x1/4
Solution Posons le changement u4 = x. Alors dx = 4u3 du et
Z Z Z Z
dx 4u3 du u2 du 1
= =4 du=4 u+1+
x1/2 − x1/4 u2 − u u−1 u−1
u2
=4 + u + ln |u − 1| + k(x), k fonction localement constante
2
√ √ √ 4
= 2 x + 4 4 x + ln 4 x − 1 + k(x)
1.6 Intégrales
Définition 1.6
Soit f une fonction continue sur un intervalle [a, b] de R. Subdivisons l’intervalle [a, b] en
n intervalles de bornes x0 = a, x1 , x2 , . . . , xn = b tels que x0 < x1 < x2 < · · · < xn .
Notons ∆ix = xi+1 − xi l’amplitude de l’intervalle [xi , xi+1 ]. Considérons ξ1 , ξ2 , . . . , ξn des
points se trouvant dans ces sous intervalles : le points ξi est dans [xi−1 , xii ]. Ainsi l’intégrale
de f entre a et b est définie par
Z b X
n
f (x)dx = lim f (ξi )∆ix
a n→+∞
i=1
Remarque 1.4 L’intégrale d’une fonction ne dépend pas de la variable. En d’autres termes
Z b Z b
f (x)dx = f (t)dt
a a
Remarque 1.5 La notion de continuité n’est pas une condition nécessaire pour qu’une fonction
soit intégrable sur un intervalle.
∆ix
©
f (ξi )
0 a ξi b x
Théorème 1.6
Soit f une fonction continue sur [a, b] et F une primitive de f sur cet intervalle. Alors
Z b b
f (x)dx = F (x) = F (b) − F (a)
a a
Exemple 1.39 .
Z Z 3 3
a) dx = x + k, k ∈ R alors dx = x =3−1=2
1
Z 1
Propriété 1.5 Soient a, b et c trois réels, f et g deux fonctions continues sur [a, b].
Z a
1. f (x)dx = 0
a
Z b Z a
2. f (x)dx = − f (x)dx
a b
Z b Z c Z b
3. f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx où a 6 c 6 b Relation de Chasles
a a c
Z b Z b Z b
4. αf (x) + βg(x) dx = α f (x)dx + β g(x)dx Linéarité de l’intégrale
a a a
Z 2
Exemple 1.40 Chercher |x − 1| dx
0
Solution On a
Z 2 Z 1 Z 2
|x − 1| dx = |x − 1| dx + |x − 1| dx
0 0 1
Z 1 Z 2 h x2 i1 h x2 i2
= −(x − 1)dx + (x − 1)dx = − −x + −x
0 1 2 0 2 1
1 4 1
=− −1−0 + −2− −1 =1
2 2 2
Z −1 1 + x2
Exemple 1.41 Calculer dx
−e x
Solution On a
Z −1 1 + x2 Z −1 1 Z −1 Z −1
dx
dx = + x dx = + xdx
−e x −e x −e x −e
h x2 i−1 1 e2
= ln |x| + = 0+ − 1+
2 −e 2 2
2
1+e
=−
2
Z 1 p
Exemple 1.43 Chercher t 1 − t2 dt
0
π
Solution Posons t = sin u ; alors dt = cos udu. Si t = 0, u = 0 ; si t = 1, u =
2
Z 1 p Z π È Z π
2 2
t 1 − t2 dt = sin u 1 − sin2 u cos udu = cos2 u sin udu
0 0 0
h cos3 u i π2 1 1
=− =− 0− =
3 0 3 3
Preuve .
a) si f est paire.
On a
Z a Z 0 Z a Z −a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = − f (x)dx + f (x)dx
−a −a 0 0 0
d’où
Z a Z 0 Z a Z a Z a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = f (u)du + f (x)dx = 2 f (u)du
−a −a 0 0 0 0
b) si f est impaire
Avec le même changement de variable u = −x, on a
Z −a Z a Z a
f (x)dx = − f (−u)du = f (u)du f (−u) = −f (u)du fait de la parité de f
0 0 0
d’où
Z a Z 0 Z a Z a Z a
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx = − f (u)du + f (x)dx = 0 C
−a −a 0 0 0
Z 1 x sin2 x
Exemple 1.44 Chercher dx.
ex2 −1
x sin2 x
Solution Notons f (x) = . On a
ex2
−x sin2 (−x) x sin2 x
f (−x) = =− = −f (x)
e(−x)2 ex2
Z 1 x sin2 x
Donc f est impaire. Comme le domaine d’intégration [−1, 1] est symétrique, alors dx =
−1 ex2
0.
Z π
2
Exemple 1.45 Calculer |sin x| dx
−π
2
Solution Soit f (x) = |sin x|. On a
F 0 (x) = f (x) > 0 donc F est croissante sur [a, b], alors
Z b
f (x)dx = F (b) − F (a) > 0. C
a
d’où ln 2 > 0
Théorème 1.7
Intégrale et valeur absolue
Si f est continue sur [a, b] (a < b), alors
Z b Z b
f (x)dx 6 |f (x)| dx
a a
Si x > y Z Z
x y
On obtient le même résultat en utilisant le fait que cos tdt = cos tdt .
y x
Théorème 1.8
Inégalité de Cauchy-Schwarz
Soient f et g deux fonctions continues sur un intervalle [a, b]. On a
Z b 2 Z b Z b
f (x)g(x)dx 6 f 2 (x)dx g 2 (x)dx
a a a
Preuve L’intégrale
Z b 2 Z b Z b Z b
2 2
f (x) − λg(x) dx = f (x)dx − 2λ f (x)g(x)dx + λ g 2 (x)dx
a a a a
1
Exemple 1.48 Appliquer l’inégalité de Cauchy-Schwarz aux fonctions f (x) = x, g(x) = sur
x
[1, e].
Solution Les fonctions f et g étant continues sur [1, e], alors elles y vérifient l’inégalité de
Cauchy-Schwarz i.e
Z e Z
1 2 e 2 e 1
Z
x. dx 6 x dx 2
dx
1 x 1 1 x
e3 − 1 1 1
(e − 1)2 6 − −
3 e 1
e2 + e + 1
16
3e
0 6 (e − 1)2
Théorème 1.9
Valeur moyenne
Soit f une fonction définie sur un intervalle [a, b]. Si f est continue, alors il existe c ∈ ]a, b[
tel que
Z b
1
f (c) = f (x)dx
b−a a
Preuve f est continue sur le fermé borné [a, b], alors d’après le théorème de Weierstrass sur les
fonctions continues, f atteint ses valeurs extrémales sur cet intervalle. Notons
m le minimum absolu de f sur [a, b]
M le maximum absolu de f sur [a, b]
D’après le théorème (1.9),
Z b Z b Z b
m(b − a) = mdx 6 f (x)dx 6 M dx = M (b − a)
a a a
Z b
1
donc m 6 f (x)dx 6 M
b−a a
Alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b
1
f (c) = f (x)dx C
b−a a
1
Exemple 1.49 Chercher la valeur moyenne de f (x) = sur [1, e].
1+x
Solution Par définition, la moyenne de f sur [1, e] vaut
Z e h ie
1 dx 1 1 1+e
M oyf [1, e] = = ln(1 + x) = ln
e−1 1 1+x e−1 1 e−1 2
Théorème 1.10
Seconde formule de la moyenne
Soient f et g : [a, b] → R continues. Si f est décroissante et positive sur [a, b], alors il existe
c ∈ [a, b] tel que :
Z b Z c
f (t)g(t)dt = f (a) g(t)dt
a a
Z x+1
Exemple 1.50 Chercher lim te−t dt
x→+∞ x
−t
Solution Soient f (t) = e et g(t) = t. Ces deux fonctions sont définies et continues sur
[x, x + 1] et en outre f (x) > 0 et est décroissante ∀x > 0. Alors d’après la seconde formule de
la moyenne, il existe c ∈ [x, x + 1] tel que
Z Z h t2 ic
x+1 c c2 − x2
te−t dt = e−x tdt = e−x = e−x
x x 2 x 2
Z x+1 c2 e−x 2 −x
x e c2 e−x
d’où lim te−t dt = lim − = lim car lim x2 e−x = 0
x→+∞ x x→+∞ 2 2 x→+∞ 2 x→+∞
x6c6x+1
x2 e−x 6 c2 e−x 6 (x + 1)2 e−x
or lim x2 e−x = lim (x+1)2 e−x = 0, alors d’après le théorème des gendarmes, lim c2 e−x =
x→+∞ x→+∞ x→+∞
0. D’où Z x+1
lim te−t dt = 0
x→+∞ x
1.7 Exercices
o Exercice 1 . Calculer les primitives suivantes :
Z Z Z
a) cos5 t dt d) cos5 t sin t dt g) cos(2t) sin(2t) dt
Z Z Z
b) ch3 t dt e) sh4 t dt h) cos(3t) sin(5t) dt
Z Z Z
c) cos4 t dt f) ch4 t dt i) cos(2t) cos(3t) dt
d) En primitivant
Z deux fois par parties avec u = cht, v 0 = sin t, puis u = sht, v 0 = cos t,
1
on obtient cht sin tdt = (−cht cos t + sht sin t) + k
2
Z
h) xArsinx dx : on pose le changement de variables x = sin t, d’où dx = cos tdt ; alors
Z Z Z
1
xArsinx dx = t sin t cos tdt = t sin(2t)dt. Il suffit de faire une primitivation
2
par parties de cette expression.
Z
i) xArtanx dx : primitivation par parties en posant u = Artanx et v = x ; ce qui donne
Z Z
1 1 x2
xArtanx dx = x2 Arctanx − dx
2 2 1 + x2
o Exercice 4 . Calculer les primitives des fonctions
Z
e2x cos x 4
i) √ x 5 dx − .
e +1 Z sin x cos 4x + 3
cos x −1 On pose
cos3 x Z t = 4x, pour
3 dx = 4 + 4
j) sin x 4 sin x avoir dx =
sin x −1 cos 4x + 3
1 + k(x) Z
2
2 sin x dt
k) Z 3 . On pose
1 + tan x sin x cos t + 3
1 b) dx. Il suffit de t
l) 1 + cos x u = tan pour avoir
th2 x remarquer que Z 2
3
sin x du
a) Calcul de a(x) = du
Z = u2 + 2
cos3 x 1 + cos x Z
dx. sin(x)(1 − cos2 x) shxchx
sin5 x = g) dx. En
cos3 x 1 + cos x sh x + ch4 x
4
On a = sin(x)(1 − cos x)(1 + cos x) linéarisant, on trouve
sin5 x = shxchx
cos x cos2 x 1 + cos x =
= sin(x) − sin(x) cos(x) sh4 x + ch4 x
sin5 x Z sh2x
cos x(1 − sin2 x) 1 2 2 . Ensuite, on
= c) dx. ch (2x) + 1
sin5 x cos4 x + sin4 x
cos x cos x En linéarisant, on a pose u = ch(2x)
5 − 1
sin x sin3 x =
D’où a(x) = cos4 x + sin4 x
o Exercice 6 . Quand une primitive contient une ou plusieurs puissance fractionnelle de la forme
xs/r , le changement de variable x = un où n est le plus petit commun multiple des dénominateurs
de fractions en exposant peut s’avérer très fructueux. Calculer les primitives suivantes :
Z Z Z Z
dx dx dx xdx
a) b) c) √ d) √
1+ x1/3 1+ x2/3 1+4 x 1+ x
1 1 1
a) e) i)
a2 + t2 t2 +t+1 t3 +1
1 1 t4 + 1
b) 2 f) 2 j)
(4 + t2 ) (t2 + 2t − 1) t(t − 1)3
t3 3t + 1 t+1
c) g) 2
k) 2
t2 − 1 (t2 − 2t + 10) t(t + 2)
6t 3t + 1 (t2 − 1)(t3 + 3)
d) 2 h) l)
(t − 3) t2 − 2t + 10 2t + 2t2
2x3 + x2 − x + 1 2x 1
a) d) g)
x2 − 3x + 2 (1 − x + x2 )2 x4 +1
x5 x5 + x4 + 1 x
b) e) h)
(x − 1)2 (x2 + 4) x(x − 1)4 x4 + x2 + 1
1 1 x7
c) f) i)
(x + 2)(x2 + 2x + 5) (1 + x3 )3 (x − 1)(x2 − 2x − 2)2
Définition 2.1
Soit8une fonction
<I → R
f : admettant des dérivées f 0 , f 00 , . . . , f (n) . On appelle équation diffé-
:x 7→ y = f (x)
rentielle, toute égalité liant f , x et les dérivées de f .
Exemple 2.1
dy
= 2x + y 2 (2.1)
dx
y 00 + x3 y 0 + y = ex (2.2)
02 3
y + 3xy = 0 (2.3)
Définition 2.2
L’ordre d’une équation différentielle est l’ordre de la plus grande dérivée.
Exemple 2.2 Dans l’exemple précédent, les équations (2.1) et (2.3) sont d’ordre 1 tandis que
l’équation (2.2) est d’ordre 2.
Définition 2.3
Une équation différentielle est dite linéaire si dans son expression, les degrés de la fonction y et
de ses dérivées ne dépassent pas 1 et il n’y figure pas de produit entre y et une de ses dérivées.
x3 y (4) − xy 00 + y = sin x
y 00 + xy 0 + y 2 = 0
33
34 chapitre 2
Une équation différentielle du premier ordre est dite à variables séparables si l’on peut la
transformer de telle sorte que les expressions contenant la variable x soient mises dans un membre
et celle contenant la fonction y dans l’autre. Une telle équation peut s’écrire sous la forme
Résolution
Pour intégrer (résoudre) une équation à variables séparables, après l’avoir transformée en l’ex-
pression (2.4), on intègre de part et d’autre de l’égalité.
dy
y = x2 + 2
dx
ydy = (x2 + 2)dx
On a alors
Z Z
ydy = (x2 + 2)dx
y2 x3
⇒ =+ 2x + c, c constante réelle
2 3
2
D’où y 2 = x3 + 4x + k, k = 2c
3
On peut donner la valeur explicite de y (bien que cela ne soit pas nécessaire) :
r
2
y=± x3 + 4x + k
3
y 2 dy = x2 dx
Z Z
y 2 dy = x2 dx
y 3 = x3 + k, k constante réelle.
D’où
p
3
y= x3 + k.
p
3
Avec la condition y(0) = 1, on a : 1 = 0 + k, ce qui entraîne que k = 1. Finalement la solution
cherchée est
p
3
y= x3 + 1.
Equations homogènes
dy
= f (x, y) (2.5)
dx
où la fonction f vérifie f (tx, ty) = f (x, y).
Résolution
Pour résoudre cette équation, on se ramène à une équation à variables séparables en effectuant
le changement de variable y = tx.
1 3
On trouve a = − et b = −
4 4
L’équation différentielle devient alors
1 3 dx
− + dt =
4(t − 2) 4(t + 2) x
En intégrant, on obtient
ln |t − 2| + 3 ln |t + 2| = −4 ln |x| + k, k constante
ln (t − 2)(t + 2)3 = − ln x4 + ln |c| , en posant k = ln |c|, c ∈ R
c
ln (t − 2)(t + 2)3 = ln
x4
c
d’où (t − 2)(t + 2)3 =
x4
En remplaçant t par y/x, on obtient
y − 2x y + 2x 3 c
=
x x x4
d’où (y − 2x)(y + 2x)3 = c, c ∈ R
Résolution
Nous allons commencer par la résolution des équations à coefficients constants qui s’écrivent
αy 0 + βy = γ, avec α 6= 0 (2.7)
Première méthode.
Une manière de résoudre cette équation consiste à la transformer comme suit
y0 β
=− . (2.8)
y − γ/β α
β
ln |y − γ/β| = − x + k, k constante
α
γ β
d’où y = + ce− α x , où c = ek
β
2y 0 − 3y = 5 (2.9)
Solution En appliquant la même formule que dans l’exemple précédent, on trouve alors la solution
de l’équation :
5 3
y=− + ce 2 x , c constante réelle
3
Deuxième méthode.
Une autre manière d’intégrer l’équation différentielle ay 0 + by = c consiste à :
– résoudre l’équation différentielle homogène (l’équation différentielle sans second membre)
associée : ay 0 + by = 0 ;
– trouver une solution particulière associée à l’équation avec second membre. La solution gé-
nérale de l’équation ay 0 + by = c est alors la somme de la solution générale de l’équation
sans second membre et de la solution particulière de l’équation avec second membre.
Exemple 2.9 Appliquer la méthode précitée pour retrouver la solution générale de l’équation à
coefficients constants (2.9) : 2y 0 − 3y = 5.
Solution L’équation homogène associée est 2y 0 − 3y = 0.On a :
2y 0 − 3y = 0
y0 3
⇔ =
y 2
y 3
ln = x, c ∈ R
c 2
3
⇔ y = ce 2 x
On trouve ainsi la solution de l’équation sans second membre. Reste à déterminer une solution
particulière de l’équation avec second membre (2.9) : 2y 0 − 3y = 5. Pour cela, supposons que la
solution particulière cherché yp = k une constante dans R. Alors en remplaçant dans l’équation
5 3 5
(2.9), on déduit yp = − . Finalement la solution générale de (2.9) est y = ce 2 x − .
3 3
Pour revenir au cadre général des équations différentielles linéaires du premier ordre
Etant donnée l’équation différentielle linéaire (2.6), cette méthode elle aussi utilise l’équation
homogène associée
Elle consiste à supposer que la constante d’intégration contenue dans la solution générale de (2.11)
devient une fonction de la variable x, puis à remplacer cette solution et sa dérivée dans l’équation
avec second membre (2.6) de la page précédente pour en déduire la constante.
xy 0 + 2y = 4x2 (2.12)
Solution
L’équation homogène associée est :
xy 0 + 2y = 0 (2.13)
Résolvons la :
y0 2
xy 0 + 2y = 0 ⇔ =−
y x
y 1
⇔ ln = −2 ln |x| = ln , k∈R
k x2
k
y= k∈R (2.14)
x2
Faisons varier la constante k :
k 1 2
y= ⇔ y 0 = k0 −k
x2 x2 x3
Remplaçons ces valeurs de y et y 0 dans (2.12). Il vient :
1 2 k
x k0 −k +2 = 4x2
x2 x3 x2
⇔ k0 = 4x3
⇔ k = x4 + c, c ∈ R
k x4 + c
y= =
x2 x2
2 c
y=x + , c∈R
x2
Solution
L’équation homogène associée est
y 0 + y tan x = 0. (2.16)
y0
y 0 + y tan x = 0 ⇔ = − tan x
y
y
⇔ ln = ln |cos x|
k
⇔ y = k cos x.
Equation de Bernoulli
Une équation différentielle de Bernoulli est une équation différentielle du premier ordre de la
forme
y 0 + a(x)y = b(x)y n .
Résolution
u = y 1−n .
xy 0 + y = −xy 2 (2.17)
Solution
1 y0
Introduisons la fonction u = y 1−2 = . On a alors u0 = − . En divisant chaque membre de
y y2
(2.17) par y 2 , on obtient
y0 1
x + = −x (2.18)
y2 y
⇔ −xu0 + u = −x. (2.19)
−xu0 + u = 0,
Equation de Riccati
Une équation différentielle de Riccati est une équation différentielle du premier ordre de la
forme
Résolution
Pour résoudre l’équation de Riccati, il faut en connaître une solution particulière yp puis poser
le changement suivant
u = y − yp .
Solution
Posons u = y − 2 ; alors u0 = y 0 et l’équation (2.20) devient
u0 + u + 2 = (u + 2)2 − 2 (2.21)
0 2
⇔ u − 3u = u (équation de Bernoulli) (2.22)
0
u 3
⇔ − =1 (2.23)
u2 u
1
Effectuons le changement t = u1−2 = dans l’équation (2.23) qui est de Bernoulli. Nous
u
obtenons
−t0 − 3t = 1.
D’où
1 1
u= =
t − 13 + ce−3x
et y = u + 2
1
= + 2 est la solution de l’équation (2.20)
− 13 + ce−3x
ay 00 + by 0 + cy = f (x), a 6= 0 (2.24)
Les équations différentielles linéaires du second ordre sans second membre s’écrivent
ay 00 + by 0 + cy = 0, a, b, c ∈ R, a 6= 0 (2.25)
Résolution
La solution générale de l’équation (2.25) dépend des racines de l’équation dite caractéristique
ar 2 + br + c = 0. (2.26)
Pc (r) = ar 2 + br + c. (2.27)
Plus précisément :
– si l’équation (2.26) admet deux racines réelles distinctes r1 et r2 , la solution générale de
(2.25) est :
k1 er1 x + k2 er2 x , k1 , k2 ∈ R.
– si l’équation (2.26) admet une racine réelle double r, la solution générale est :
(mx + p)erx , m, p ∈ R.
– si l’équation (2.26) admet deux racines complexes (qui sont forcément distinctes et conju-
guées) c1 et c2 , la solution générale est :
k1 ec1 x + k2 ec2 x , k1 , k2 ∈ R.
Cette dernière formulation est le plus souvent utiliser dans les cas où l’on ne veut pas faire
figurer de nombres complexes dans la solution.
3y 00 + 2y 0 + y = 0
3r 2 + 2r + 1 = 0.
√ √
−1 + i 2 −1 − i 2
Son discriminant est ∆ = −8, ses racines sont c1 = et c2 = . La solution
3 3
générale cherchée est
√ √
2 2 −x
y = k1 cos x + k2 sin x e 3 , k 1 , k2 ∈ R
3 3
y 00 + 2y 0 + y = 0
y = (mx + p)e−x , m, p ∈ R.
Comme annoncé précédemment, nous allons étudier deux cas particuliers de second membre :
– f (x) = Q(x)esx et
– f (x) = λ1 sin(αx) + λ2 cos(αx)
Premier cas : f (x) = Q(x)esx
Dans ce cas l’équation différentielle est de la forme
ay 00 + by 0 + cy = Q(x)esx , a, b, c, s ∈ R, a 6= 0 (2.28)
Résolution
Pour résoudre cette équation, nous employons la même méthode que celle utilisée pour les
équations linéaires du premier ordre :
– on résout l’équation sans second membre (équation homogène)
– on cherche une solution particulière de l’équation avec second membre.
La solution cherchée est obtenue en ajoutant à la solution de l’équation homogène la solution
particulière.
Au vu de ce qui précède, on se rend compte que la tâche restante est la recherche d’une solution
particulière. L’expression du second membre Q(x)esx incite à "deviner" une solution particu-
lière de la forme yp (x) = P (x)esx où P est un polynôme à coefficients dans R.
La détermination du degré de P se fait comme suit :
– si s n’est pas racine du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q
– si s est racine simple du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q plus 1
– si s est racine double du polynôme caractéristique, le degré de P est égal à celui de Q plus
2
y 00 + 5y 0 + 6y = xex (2.29)
r 2 + 5r + 6 = (r + 2)(r + 3) = 0
yh = k1 e−2x + k2 e−3x , k1 , k2 ∈ R.
On voit que s = 1 n’est pas racine de l’équation caractéristique et que le polynôme Q(x) = x
est de degré 1, donc la solution particulière vaut
Par identification on a
1 7
7a + 12b = 0 et 12a = 1, ce qui entraîne a = , b=− .
12 144
D’où
1 7
yp (x) = x− ex
12 12
Finalement, la solution générale de l’équation (2.29) de la de la présente page est
1 7
y = k1 e−2x + k2 e−3x + x− ex , k1 , k2 ∈ R
12 12
y 00 + 4y = x2 − 2 (2.30)
r 2 + 4 = (r − 2i)(r + 2i) = 0.
yh = k1 cos(2x) + k2 sin(2x).
Par identification, on a
4a = 1, 4b = 0, 2a + 4c = −2
1 5
d’où a = , b = 0, c = −
4 8
x2 5
Par conséquent yp (x) = − et la solution de (2.30) est
4 8
x2 5
y = k1 cos(2x) + k2 sin(2x) + − , k1 , k2 ∈ R
4 8
y 00 + 2y 0 + y = 3e−x (2.31)
r 2 + 2r + 1 = (r + 1)2 = 0.
yh = (mx + p)e−x , m, p ∈ R.
yp (x) = P (x)e−x
Résolution
y 00 − y 0 − 2y = sin(3x) (2.33)
yh = k1 e−x + k2 e2x , k1 , k2 ∈ R
On voit que β = 3 n’est pas racine du polynôme caractéristique associé à (2.33). Cherchons alors
une solution particulière de la forme yp = c1 sin(3x) + c2 cos(3x).
yp étant solution particulière de (2.33) équivaut à
0
3c1 cos(3x) − 3c2 sin(3x) − 3c1 cos(3x) − 3c2 sin(3x) − 2 c1 sin(3x) + c2 cos(3x) = sin(3x)
⇔ − 9c1 + 3c2 − 2c1 sin(3x) + − 9c2 − 3c1 − 2c2 cos(3x) = 1 sin(3x) + 0 cos(3x)
Par identification, on a
11 3
La résolution de ce système donne : c1 = − et c2 = . Alors le solution particulière est
130 130
11 3
yp = − sin(3x) + cos(3x)
130 130
et la solution générale de (2.33) :
11 3
y = k1 e−x + k2 e2x − sin(3x) + cos(3x), k1 , k2 ∈ R
130 130
Remarque 2.1 Le fait que les fonctions cos(3x) et sin(3x) soient linéairement indépendantes a
permis de procéder à l’identification précédente.
De manière similaire à l’équation 2.33, une solution particulière de l’équation 2.34 est de la forme
En dérivant successivement, on a :
et
En remplaçant dans ces deux dernières expressions dans 2.34 puis identifiant, on trouve que c1 et
c2 doivent satisfaire aux équations
1 5
D’où c1 = − et c2 = − ; par conséquent, une solution particulière de 2.34 est
2 2
1 5
yp (x) = − ex sin(2x) − ex cos(2x)
2 2
Remarque 2.2 : Principe de superposition
Il arrive souvent que le second membre f (x) de l’équation différentielle
ay 00 + by 0 + cy = f (x), a 6= 0 (2.35)
ay 00 + by 0 + cy = f1 (x)
ay 00 + by 0 + cy = f2 (x)
.. ..
. = .
ay 00 + by 0 + cy = fn (x)
y 00 − 3y 0 − 4y = 0
et sa solution générale
yh = k1 e−x + k2 e4x , k1 , k2 ∈ R.
En notant f1 (x) = sin x et f2 (x) = 4x2 − 1, une solution particulière yp de (2.37) est obtenue
en additionnant une solution particulière de
y 00 − 3y 0 − 4y = 2 sin x et y 00 − 3y 0 − 4y = 4x2 − 1.
L’équation
y 00 − 3y 0 − 4y = 2 sin x (2.38)
admet une solution yp1 = c1 sin x + c2 cos x où c1 et c2 sont des constantes à déterminer. On a
En remplaçant yp1 et ses dérivées dans (2.38) puis réarrangeant les termes, on obtient
(−c1 + 3c2 − 4c1 ) sin x + (−c2 − 3c1 − 4c2 ) cos x = 2 sin x (2.39)
y 00 − 3y 0 − 4y = 4x2 − 1, (2.41)
d’après la méthode à la page 42, elle admet yp2 = Ax2 + Bx + C comme solution particu-
lière.Déterminons les constantes A, B et C. On a
En remplaçant yp2 et ses dérivées dans (2.41) puis réarrangeant les termes, il vient
5 3
y = k1 e−x + k2 e4x − sin x + cos x − 2x2 + 3x − 3, k1 , k2 ∈ R (2.44)
17 17
2.3 Exercices
o Exercice 14 . Résoudre les équations différentielles suivantes :
1. y 0 = y + x avec y(0) = 1,
2. y 0 = cos x + y,
3. y 0 + 2y = (x − 2)2 .
4. xy 0 − 2y = x4 .
5. x(1 + x2 )y 0 = y.
o Exercice 15 . Même question
1. y 0 (t) + 2y(t) = 0 ;
dx
2. − x = 0;
dt
3. y 0 (x) + 2y(x) = 0 avec (y − y 0 )(0) = 0.
4. (1 + x2 )y 0 − xy = 0 ;
π 3π
5. y 0 + y tan x = 0, pour x dans ] , [.
2 2
o Exercice 16 . Même question
1. y 0 + 2xy = 0, M = (0, 1),
π
2. y 0 + y tan x = sin x cos x M = ( , 0),
4
3. x(x2 − 1)y 0 + 2y = x2 .
4. x2 y 0 = x2 y 2 + xy + 1, on pourra remarquer que y = −1/x est solution de celle équation.
o Exercice 17 . On se propose d’intégrer sur l’intervalle le plus grand possible contenu dans
]0, ∞[ l’équation différentielle :
y(x)
(E) y 0 (x) − − y(x)2 = −9x2 .
x
1. Déterminer a ∈]0, ∞[ tel que y(x) = ax soit une solution particulière y0 de (E).
1
2. Montrer que le changement de fonction inconnue : y(x) = y0 (x) − transforme l’équa-
z(x)
tion (E) en l’équation différentielle
1
(E1) z 0 (x) + (6x + )z(x) = 1.
x
3. y 00 − 2y 0 + y = cos(mx) où m ∈ R,
4. y 00 − 2y 0 + y = x3 ex + 2 cos x + (x3 + 3) (utiliser le principe de superposition).
o Exercice 20 . Résoudre :
y 00 + k2 y = cos mx, k, m ∈ R.
y 00 − y = −6 cos x + 2x sin x.
o Exercice 22 . Une solution de glucose est administrée de façon intraveineuse avec un débit
constant r. Ce glucose est transformé en d’autres substances et est éliminé du sang à un dé-
bit proportionnel à sa concentration à l’instant t considéré. Le modèle donnant la concentration
instantané C(t) du glucose contenu dans le sang est :
dC
= r − kC
dt
où k est une constante positive.
H2 + Br2 → 2HBr.
d[HBr]
= k[H2 ][Br2 ]1/2 ;
dt
en d’autres termes
dx
= k(a − x)(b − x)1/2 ,
dt
où x = [HBr], a et b sont les concentrations initiales d’hydrogène et de brome et k ∈ R.
dP
= kP, D’où P (t) = Cekt .
dt
Le fait que la population double chaque semaine entraine 2P (0) = P (1) c’est à dire 2C = Cek .
On en déduit k = ln 2. En présence de prédateurs, le taux d’accroissement hebdomadaire est
donné par :
dP
= ln 2P − 7 × 20.000 (2.45)
dt
La solution générale de cette équation est :
140.000
P (t) = + λet ln 2 (2.46)
ln 2
140.000
Avec P (0) = 200.000, on en déduit la valeur de λ = 200.000 − . Finalement,
ln 2
Z
Z dt
α tα+1 = ln |t| + C
t dt = +C (α 6= −1) t
α+1
Z
dt 1 1+t
Z = ln +C
dt 1− t2 2 1−t
= Arctan t + C
1 + t2
Z p
dt
Z √ = ln t + t2 + α + C
dt t2 + α
√ = Arcsin t + C
1 − t2 Z
ch t dt = sh t + C
Z
cos t dt = sin t + C Z
sh t dt = ch t + C
Z
sin t dt = − cos t + C
Z
dt
Z = th t + C
dt ch2 t
= tan t + C
cos2 t Z
dt
Z = −coth t + C
dt sh2 t
= −cotan t + C
sin2 t Z
dt
Z = 2Arctan et + C
dt t π ch t
= ln tan + +C
cos t 2 4
Z
dt t
Z = ln th +C
dt t sh t 2
= ln tan +C
sin t 2
Z
Z
th t dt = ln (ch t) + C
tan t dt = − ln |cos t| + C
Z Z
cotan t dt = ln |sin t| + C coth t dt = ln |sh t| + C
51
ANNEXE B
FORMULES TRIGONOMÉTRIQUES ET HYPERBOLIQUES
p+q p−q
cos p + cos q = 2. cos . cos
cos(a + b) = cos a. cos b − sin a. sin b 2 2
p+q p−q
cos(a − b) = cos a. cos b + sin a. sin b cos p − cos q = −2. sin . sin
2 2
sin(a + b) = sin a. cos b + sin b. cos a p+q p−q
sin p + sin q = 2. sin . cos
2 2
sin(a − b) = sin a. cos b − sin b. cos a p−q p+q
sin p − sin q = 2. sin . cos
tan a + tan b 2 2
tan(a + b) =
1 − tan a. tan b
tan a − tan b
tan(a − b) =
1 + tan a. tan b
ch(a + b) = ch a. ch b + sh a. sh b
ch(a − b) = ch a. ch b − sh a. sh b
sh(a + b) = sh a. ch b + sh b. ch a
sh(a − b) = sh a. ch b − sh b. ch a
cos 2a = 2. cos2 a − 1
th a + th b
= 1 − 2. sin2 a th(a + b) =
1 + th a. th b
= cos2 a − sin2 a th a − th b
th(a − b) =
1 − th a. th b
sin 2a = 2. sin a. cos a
2 tan a
tan 2a =
1 − tan2 a
ch 2a = 2. ch2 a − 1
= 1 + 2. sh2 a
1 = ch2 a + sh2 a
cos a. cos b = [cos(a + b) + cos(a − b)]
2 sh 2a = 2. sh a. ch a
1 2 th a
sin a. sin b = [cos(a − b) − cos(a + b)] th 2a =
2 1 + th2 a
1
sin a. cos b = [sin(a + b) + sin(a − b)]
2
52
Formules trigonométriques et hyperboliques 53
p+q p−q
ch p + ch q = 2. ch . ch
2 2
1 p+q p−q
ch a. ch b = [ch(a + b) + ch(a − b)] ch p − ch q = 2. sh . sh
2 2 2
1 p+q p−q
sh a. sh b = [ch(a + b) − ch(a − b)] sh p + sh q = 2. sh . ch
2 2 2
1 p−q p+q
sh a. ch b = [sh(a + b) + sh(a − b)] sh p − sh q = 2. sh . ch
2 2 2
8
1 − t2 8
>
> 1 + t2
>cos x = >
>
>
< 1+ t2 > ch x =
x 2t >
< 1 − t2
avec t = tan sin x = x 2t
2>
> 1 + t2 avec t = th
2>
sh x =
> 2t > 1 − t2
>
:tan x > 2t
= >
:th x =
1 − t2 1 + t2
−1 1
Arccos0 x = √ (|x| < 1) Argch0 x = √ (x > 1)
1 − x2 x2 − 1
1
Arcsin0 x = √ (|x| < 1) Argsh0 x = √
1
1 − x2 x2 + 1
1 1
Arctan0 x = Argth0 x = (|x| < 1)
1 + x2 1 − x2
−1 1
Arccotan0 x = Argcoth0 x = (|x| > 1)
1 + x2 1 − x2