Physique Quantique: Concepts et Applications
Physique Quantique: Concepts et Applications
Département de Physique
Tétouan
Physique Quantique
2020
TABLE DES MATIERES
I- Introduction…………………………………………………………………………..43
La description complète de l’état d’u système en physique classique est réalisée par la
connaissance à un instant t de toutes ses coordonnées et des vitesses. Avec les conditions
initiales, les équations du mouvement déterminent complètement le comportement du système
(de manière exacte) à tous les instants ultérieurs. En physique quantique, une telle description
est impossible en principe puisque les coordonnées et les vitesses n’existent pas
simultanément parfaitement (principe d’Heisenberg) ; c'est-à-dire qu’il ya abandon de la
notion de trajectoire. Ce qui implique que la physique quantique ne peut pas faire des
prédictions rigoureuses et sa tache consiste à la détermination des probabilités d’avoir tel ou
tel résultat. (Bien entendu, dan certains cas particulier, la probabilité d’un certain résultat de
mesure déterminé peut être égale à l’unité).
L’appareil mathématique de la physique quantique repose l’affirmation que l’état d’une
particule est décrit au moyen d’une fonction d’onde 𝛹(𝑟,
⃑⃑⃑ 𝑡) dont l’interprétation physique est
que la probabilité de trouver la particule à l’instant t dans un volume 𝑑 3 𝑟⃑ est :
⃑⃑⃑ 𝑡)|2 𝑑3 𝑟⃑ . Et que la superposition linéaire de fonctions d’onde est une
𝑑𝑃(𝑟⃑, 𝑡) = |𝛹(𝑟,
fonction d’onde possible.
La particule se trouvant quelque part dans l'espace, l'intégrale étendue à tout
5
1- Structure de ξ
1-1 : Définition
Le principe de superposition linéaire conduit à ce que ξ a une structure d’espace
vectoriel, formé des fonctions de carre sommable. Ainsi si les fonctions Ψ1 (x) et Ψ2 (x)
appartiennent à ξ et si 𝜆1 et 𝜆2 sont deux nombres complexes quelconques alors la fonction
Ψ(x) donnée par :
Ψ(x) = 𝜆1 Ψ1 (x) + 𝜆2 Ψ2 (x) appartient également à ξ
Pour le montrer, il suffit de développer |Ψ(x)|2:
|Ψ(𝑥)|2 = |𝜆1| 2 |Ψ1(𝑥)|2 + |𝜆2| 2 |Ψ2(𝑥)|2 + 𝜆1∗ 𝜆2Ψ 1(𝑥)∗ Ψ2(𝑥) + 𝜆1𝜆 2∗ Ψ1(𝑥)Ψ2(𝑥)∗
+∞ +∞ +∞
|∫ Ψ1Ψ2𝑑𝑥| ≤ √∫ |Ψ1(𝑥)|2 𝑑𝑥 √∫ |Ψ2(𝑥)|2 𝑑𝑥
−∞ −∞ −∞
+∞
Alors ∫−∞ |Ψ(x)|2 dx qui est inferieure à une intégrale convergente, est elle même
convergente et Ψ(x) est une fonction de carré sommable et appartient à ξ.
On définit le produit scalaire dans ξ d’une fonction φ (r⃑) par une fonction ψ (r⃑) par le
Propriétés :
2- Bases orthonormées
Définition
6
o Cet ensemble est orthonormé si : (ui , uj ) = ∫𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 ui ∗ (𝑟⃑) uj (𝑟⃑) 𝑑 3 𝑟⃑ = 𝛿𝑖𝑗
o Il est complet si toute fonction ψ(𝑟⃑) peut être développée d’une façon unique
⃑⃑⃑⃑
suivant les ui (r⃑): ψ(r⃑)=∑i ci ui (r)
où les coefficients 𝑐𝑖 sont appelés composantes de ψ(r⃑) sur les ui (r⃑) donnés
par : 𝑐𝑖 = (ui , ψ).
En effet : (uj , ψ)=( uj , ∑i 𝑐𝑖 𝑢𝑖 ) = ∑i 𝑐𝑖 (ui , uj ) = ∑i 𝑐𝑖 𝛿𝑖𝑗 = 𝑐𝑗
C’est la relation de fermeture qui exprime que l’ensemble {ui(r⃑)}constitue une base
Lors de la recherche des fonctions d’onde décrivant l’état d’une particule libre, nous
avons tout d’abord considéré ce que l’on appelle l’onde plane Ψ(x)=𝑒 𝑖𝑘𝑥 où pour une
particule libre le vecteur d’onde k est relié à l’impulsion par p=ћk. Malheureusement cette
n’est pas de carré sommable, on était amené à décrire l’état par un paquet d’onde de la forme :
1
Ψ(x)=
√2π
∫ g(k) eikx dk où g(k) est un coefficient de pondération
ipx
1 1
Qu’on peut écrire sous la forme : Ψ(x)= ̅ (p) vp (x)dp avec vp (x) =
∫Ψ e ћ
√2πћ √2πћ
Sous cette forme, on constate que Ψ(x) peut être développée sur l’ensemble des vp (x), qui
constitue donc une base où l’indice p varie de manière continue.
7
̅ (p) sur la base des vp (x) est
Par analogie avec la base discrète les composantes Ψ
ipx
1 −
̅ (𝑝)=
donnée , Ψ ∫ Ψ(x) e ћ dx ,qui n’est rien d’autre que le transformé de Fourier de
√2πћ
Ψ(x).
o La relation d’orthonormalisation :
′
1 +∞ i(p−p )x
(vp , vp′ ) = ∫𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 vp (𝑥) vp′ (𝑥) 𝑑𝑥=
∗
∫ e ћ dx=𝛿(𝑝 − 𝑝′ )
2πћ −∞
o La relation de fermeture :
i(x−x′)p
1 +∞
∫𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 vp ∗ (𝑥) vp (𝑥′) 𝑑𝑝=2πћ ∫−∞ e ћ dp= 𝛿(𝑥 − 𝑥 ′ )
Sous cette dernière forme on constate que ψ(r⃑) peut être développée sur l’ensemble des
- 𝑟0 , 𝜉⃑⃑⃑⃑⃑⃑⃑
(𝜉⃑⃑⃑⃑⃑ r′ 0
) = ∫𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝜉⃑⃑⃑⃑⃑
𝑟0 (r
∗
⃑) 𝜉⃑⃑⃑⃑⃑⃑⃑
r′ 0
(r⃑) d3 r⃑=𝛿(𝑟⃑⃑⃑⃑0 − ⃑⃑⃑⃑⃑⃑
r′ 0)
𝑟0 (r ) d ⃑⃑⃑⃑=
∗ ⃑⃑⃑′ 3 𝑟0 𝛿(r⃑ − ⃑⃑⃑
- ∫𝑒𝑠𝑝𝑎𝑐𝑒 𝜉⃑⃑⃑⃑⃑
𝑟0 (r ⃑) 𝜉⃑⃑⃑⃑⃑ r′ )
3-1 : Définition
Choisir une représentation c’est se donner une base orthonormée complète (discrète ou
continue) suivant laquelle se décompose chaque fonction de ξ. Ainsi une même fonction
̅ (p), ψ (r⃑⃑⃑⃑)...).
peut être représentée par plusieurs ensembles de coordonnées (ci , Ψ 0 Cette
8
situation est analogue à celle d’un point de l’espace ordinaire qui peut être repérée par
différentes coordonnées suivant le système d’axes défini.
On représente le vecteur ket |Ψ〉 dans une base donnée en rangeant ses coordonnées
verticalement sous la forme d’une matrice à une colonne et à plusieurs lignes :
𝑐1 ̅ (p)
Ψ ψ (r⃑⃑⃑⃑)
0
|Ψ〉 = = =
𝑐𝑖 ̅ (pi )
Ψ ψ (r⃑0i )
( ) ( ) ( )
Définition: un bra est une fonctionnelle linéaire 〈φ| qui à tout ket|Ψ〉 fait correspondre par le
biais du produit scalaire un nombre complexe : (|φ〉, |Ψ〉) ≡ ⟨φ|Ψ⟩ ∈ ∁
L’ensemble des vecteurs bras constitue un espace qu’on note ξ∗ et qu’on appelle espace dual
de ξ.
Correspondance entre ket et bra
A tout ket correspond un bra et la correspondance est anti linéaire :
9
Remarque : A tout bra ne correspond pas nécessairement un ket, car de façon générale
l’espace dual ξ∗ de ξ ne lui est pas isomorphe
3-3 : Notations de Dirac
a) Propriétés du produit scalaire
⟨φ|ψ⟩∗ = ⟨ψ|φ⟩
⟨φ|λ1 ψ1 + λ2 ψ2 ⟩ = λ1 ⟨φ|ψ1 ⟩ + λ2 ⟨φ|ψ2 ⟩
⟨λ1 φ1 + λ2 φ2 |ψ⟩ = λ1∗ ⟨φ1 |ψ⟩ + λ∗2 ⟨φ2 |ψ⟩
⟨ψ|ψ⟩ : la norme réelle, positive (nulle SSI |ψ〉 = 0)
b) Caractéristiques des bases
- relation d’orthonormalisation :
base discrète :⟨ui |uj ⟩ = δij
base continue : ⟨vα |vα′ ⟩ = δ(α − α′ )
- relation de fermeture
base discrète :
L’ensemble {|ui 〉} constitue une base si |Ψ〉 de ξ⇒|Ψ〉 = ∑i ci |ui 〉
Comme ci = ⟨ui |Ψ⟩, alors |Ψ〉 = ∑i⟨ui |Ψ⟩ |ui 〉=∑i |ui 〉⟨ui |Ψ⟩
On en déduit que : ∑i |ui 〉 〈ui | = ¶
base continue:∫ |vα 〉〈vα |dα = ¶
𝐢𝐩
⃑⃑⃑⃑⃑⃑.𝐫
𝟎 ⃑⃑⃑
𝟏
𝐩𝟎 (𝐫
𝐯⃑⃑⃑⃑⃑ ⃑) = 𝟑 𝐞 ћ ↔ les vecteurs kets |𝐩
⃑⃑⃑⃑⃑〉
𝟎
(𝟐𝛑ћ)𝟐
⟨p
⃑⃑⃑⃑⃑|p
0 ⃑⃑⃑⃑⃑′⟩ ⃑⃑⃑⃑⃑0 − ⃑⃑⃑⃑⃑⃑
0 = δ(p p0 ′) et ∫ |p
⃑⃑⃑⃑⃑〉〈p
0 ⃑⃑⃑⃑⃑|d
0
3
p0 = ¶
⃑⃑⃑⃑⃑
10
i) Composantes d’un ket |Ψ〉 sur la base {|r⃑⃑⃑⃑〉}
0
|Ψ〉 = ¶|Ψ〉 = ∫ |p 3
⃑⃑⃑⃑⃑〉〈p
0 ⃑⃑⃑⃑⃑|Ψ〉d
0 p0 où les composantes sont 〈p
⃑⃑⃑⃑⃑ ⃑⃑⃑⃑⃑|Ψ〉
0 données
⃑⃑⃑⃑⃑⃑.r
−ip 0 ⃑⃑⃑
1
par : 〈p
⃑⃑⃑⃑⃑|Ψ〉
0 = ∫ v⃑⃑⃑⃑⃑⃑
p0 (r ⃑)∗ Ψ(r⃑) d3 r⃑=∫ 3 e ћ ̅ (p
Ψ(r⃑) d3 r⃑ = Ψ ⃑⃑⃑⃑⃑).
0
(2πћ)2
Finalement : 〈r⃑⃑⃑⃑|Ψ〉
0 0 et 〈p
= Ψ(r⃑⃑⃑⃑) ⃑⃑⃑⃑⃑|Ψ〉
0
̅ (p
=Ψ ⃑⃑⃑⃑⃑)
0
⃑⃑⃑⃑⃑⃑.r
ip 0 ⃑⃑⃑⃑⃑⃑⃑
0
1
Remarque : pour |Ψ〉 = |p 0 ⇒ 〈r
⃑⃑⃑⃑⃑〉 ⃑⃑⃑⃑|Ψ〉
0 p0 (r
= v⃑⃑⃑⃑⃑⃑ ⃑⃑⃑⃑)
0 = 3 e ћ
(2πћ)2
⃑⃑⃑) et ∫ |𝐫⃑〉〈𝐫⃑|𝐝𝟑 𝐫⃑ = ¶
⟨𝐫⃑|𝐫⃑′⟩ = 𝛅(𝐫⃑ − 𝐫′
⟨𝐩
⃑⃑|𝐩 ⃑⃑ − ⃑⃑⃑⃑
⃑⃑′⟩ = 𝛅(𝐩 ⃑⃑|𝐝𝟑 𝐩
⃑⃑〉〈𝐩
𝐩′) et ∫ |𝐩 ⃑⃑ = ¶
〈𝐫⃑|𝚿〉 = 𝚿(𝐫⃑) et 〈𝐩 ̅ (𝐩
⃑⃑|𝚿〉 = 𝚿 ⃑⃑)
⃑⃑.𝐫
𝐢𝐩 ⃑⃑⃑
𝟏
〈𝐫⃑|𝐩
⃑⃑〉 = 𝐯𝐩⃑⃑(𝐫⃑) = 𝟑 𝐞 ћ
(𝟐𝛑ћ)𝟐
4- Operateurs linéaires
4-1 : Définition
Un operateur linéaire A fait correspondre à tout ket |Ψ〉 appartenant à ξ un autre ket |Ψ′〉
appartenant à ξ. La correspondance étant linéaire :
- |Ψ′ 〉 = A|Ψ〉
- A|λ1 ψ1 + λ2 ψ2 〉 = λ1 A|ψ1 〉 + λ2 A|ψ2 〉
11
En général, le produit AB est différent du produit BA. On de´finit le commutateur de
A et B qu’on note [A, B] par l’operateur [A, B] = AB - BA
Si [A, B] = 0, on dit que les deux operateurs commutent.
Exemple d’opérateurs :
- Opérateur Parité : π ψ(r⃑)= ψ(−r⃑)
- L’opérateur multiplication par x : X ψ(r⃑)= x ψ(r⃑)
∂ψ(r⃑⃑)
- Dérivation partielle par rapport à x :Dx ψ(r⃑) = ∂x
Propriétés :
- (𝐴+ )+ = 𝐴
- (𝐴 + 𝐵)+ = 𝐴+ + 𝐵 +
- (λA)+ = λ∗ 𝐴+
- (AB)+ = 𝐵 + 𝐴+
- Si A= 𝐴+ l’opérateur A est dit hermétique
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Règles de conjugaison :
D’après les propriétés des produits scalaires :
⟨φ|ψ′⟩∗ = ⟨ψ′|φ⟩ Comme |ψ′ 〉 = A|ψ〉 ↔ 〈ψ′| = 〈ψ| A+ alors ⟨φ|A|ψ⟩∗ = ⟨ψ|A+ |φ⟩
D’où la règle : Pour obtenir l’expression conjuguée d’une expression donnée il faut :
- Renverser l’ordre des termes,
- Remplacer ket par bra et réciproquement
- Prendre le complexe conjugue des constantes
- Remplacer les operateurs par leurs adjoints.
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même valeur propre et ne différant que par une phase eiθ. (|ψ〉 et eiθ |ψ〉)
conduisent aux mêmes probabilités)
iii) λ est dite dégénéré d’ordre g lorsqu’il lui correspond g vecteurs propres
linéairement indépendants : A|φi 〉 = λ|φi 〉, i :1,2,……,g
Dans ces conditions, la combinaison linéaire de ces g vecteurs propres est
encore vecteur propre avec la même valeur propre. En effet : Soit
g
|ψ〉 = ∑i ci |φi 〉, alors
g g g g
A|ψ〉 = A(∑i ci |φi 〉) = ∑i ci A|φi 〉 = ∑i ci λ|φi 〉 = λ ∑i ci |φi 〉 = λ|ψ〉
L’ensemble des vecteurs propres de A associé à la même valeur propre λ
constitue un sous espace vectoriel de dimension g, engendré par les {|φi 〉}.
Pour déterminer les valeurs propres λ d’un operateur A, il faut chercher s’il existe des
vecteurs |ψ〉 tel que :A|ψ〉 = λ|ψ〉.
Si on choisit une représentation {|ui 〉}, |ψ〉 = ∑i ci |ui 〉 , la recherche des vecteurs
propres se réduit à celle des composantes sur la base. Par projection de A|ψ〉 = λ|ψ〉 sur les
éléments de la base, on obtient : ⟨ui |A|ψ⟩ = λ⟨ui |ψ⟩. Soit en insérant la relation de fermeture
entre A et |ψ〉 : ∑j⟨ui |A|uj 〉〈uj |ψ⟩ = λ⟨ui |ψ⟩
ou encore en utilisant les notations habituelles : ci =⟨ui |ψ⟩ et Aij = ⟨ui |A|uj ⟩ :
∑j Aij cj = λ ci Qu’on peut écrire sous la forme : ∑j(Aij− λδij ) cj = 0 (*)
On aura un système d’équations linéaires homogènes qui admet une solution différente
de zéro si et seulement si le déterminant correspondant est nul, soit :
Det(A- λI) = 0 ( où I est la matrice identité)
𝐴11− λ ⋯ 𝐴1𝑛
[ ⋮ ⋱ ⋮ ]=0
𝐴𝑛1 ⋯ 𝐴𝑛𝑛− λ
L’équation de degré n en λ, obtenue en annulant le déterminant est appelée équation
caractéristique. Ses racines λ sont les valeurs propres de l’operateur A.
Pour une valeur propre donnée, le ou les vecteurs propres associés peuvent déterminés en
substituant la valeur propre de λ dans l’équation (*). Ce qui permettra de déterminer les
coefficients cj
Dans la base des vecteurs, la matrice de A sera diagonale et les valeurs propres sont les
éléments de cette diagonale
14
5-3 : Propriétés des valeurs et vecteurs propres d’un opérateur hermétique A = A+
6- Observables
6-1 : Définition
L’opérateur hermétique A (A|uin 〉 = an |uin 〉 ; i: 1 … . . , g n ) est une observable si le
système de vecteurs propres forme une base dans l’espace des états c'est-à-dire
g
qu’on a toujours : ∑N n i i
n=1 ∑i=1 |un 〉〈un | = ¶
15
6-2 : Ensemble complet d’observables qui commutent : (E.C.O.C)
a) Théorème 1
“Si deux observables A et B commutent, et si |𝜓〉 est un vecteur propre de A,
alors B|𝜓〉 est aussi vecteur propre de A, avec la même valeur propre”.
b) Théorème 2
“Si deux observables A et B commutent, l’élément de matrice de B entre
deux vecteurs propres de A, de valeurs propres différentes est nul”.
En effet : Soit A|𝜓1 〉 = a1 |𝜓1 〉 et A|𝜓2 〉 = a2 |𝜓2 〉
D’après le Théorème 1, on a B|𝜓2 〉 vecteur propre de A avec la valeur propre a2 .
Comme a1 ≠ a2 , alors |𝜓1 〉 et B|𝜓2 〉 sont orthogonaux. C'est-à-dire 〈𝜓1 |B|𝜓2 〉 = 0
c) Théorème fondamental 3 :
“Si deux observables A et B commutent, on peut construire une base
orthonormée de l’espace des états constituée par des vecteurs propres
communs à A et à B .
En effet : Soit A|uin 〉 = an |uin 〉 ; i: 1 … . . , g n où g n est le degré de dégénérescence
de la valeur propre an , c'est-à-dire la dimension sous espace ξ𝑛 correspondant.
Puisque A est une observable, il existe au moins un système orthonormé de
j
vecteurs propres de A qui forme une base : 〈uin |un′ 〉=𝛿𝑛𝑛′ 𝛿𝑖𝑗
j
D’après le Théorème 2, les éléments de matrice 〈uin |B|un′ 〉 sont nuls lorsque n≠ n′
(par contre on peut rien dire si n=n’ et i≠ j). On obtient alors pour B une matrice
diagonale par bloc :
ξ1 ξ2 ξ3 ….
ξ1 0 0 0
ξ2 0 0 0
ξ3 0 0
. 0 0 0
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i) Dans le cas où an est non dégénérée, il existe un seul vecteur propre |𝑢n 〉
de A, de valeur propre an (l’indice i dans |uin 〉 est inutile). La dimension g n
de ξ𝑛 est égale à 1 et le bloc correspondant se réduit à une matrice 1x1 :
Cela traduit que |𝑢n 〉 est vecteur propre commun à A et B
ii) Dans le cas où an est dégénérée, on peut toujours trouver dans chaque sous
espace ξ𝑛 , des vecteurs propres |vni 〉 qui sont combinaisons linéaires des
|uin 〉 et qui diagonalisent la matrice B. Ces vecteurs sont automatiquement
vecteurs propres de A avec la valeur propre an puisqu’ils appartiennent à
ξ𝑛 .
d) Définition de l’E.C.O.C
Un ensemble d’observables A, B, C , ... est un E.C.O.C, si :
i) ces observables commutent 2 a` 2
ii) la donnée des valeurs propres 𝑎𝑛 ,𝑏𝑚 ,𝑐𝑝 ,... de tous les observables
A,B,C,…, suffit à déterminer un vecteur propre commun unique qui
sera noté : |𝑎𝑛 , 𝑏𝑚 , 𝑐𝑝 , . .. 〉
⃑⃑⃑(𝑿, 𝒀, 𝒁) 𝒆𝒕 ⃑𝑷
6-3 : Exemples d’observables Position et Impulsion :𝑹 ⃑⃑(𝑷𝒙 , 𝑷𝒚 , 𝑷𝒛 )
a) Définitions
i) Par définition de l’opérateur X, le ket |𝜓′〉 = X|𝜓〉 est représenté dans la
base {|r⃑(𝑥, 𝑦, 𝑧)〉} par la fonction : 𝜓′(r⃑) = 𝑥𝜓(r⃑)
Or 𝜓′(r⃑) = 〈r⃑|𝜓′ 〉 = 〈r⃑|X|𝜓〉 et 𝜓(r⃑)=〈r⃑|𝜓〉⇒〈r⃑|X|𝜓〉 = 𝑥〈r⃑|𝜓〉
Donc en représentation{|r⃑〉}, l’Opérateur X coïncide avec la multiplication par
x. On introduit de manière analogue les deux autres opérateurs Y et Z et
finalement on a :
〈r⃑|X|𝜓〉 = 𝑥〈r⃑|𝜓〉
〈r⃑|Y|𝜓〉 = 𝑦〈r⃑|𝜓〉
〈r⃑|Z|𝜓〉 = 𝑧〈r⃑|𝜓〉
17
ii) On définit de manière L’opérateur vectoriel 𝑃⃑⃑ par se composantes 𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 , 𝑃𝑧
dont l’action en représentation {|p
⃑⃑(px , py , pz )〉} est donnée par :
〈p
⃑⃑| 𝑃𝑥 |𝜓〉 = px 〈p
⃑⃑|𝜓〉
〈p
⃑⃑| 𝑃𝑦 |𝜓〉 = py 〈p
⃑⃑|𝜓〉
〈p
⃑⃑| 𝑃𝑧 |𝜓〉 = pz 〈p
⃑⃑|𝜓〉
Remarques :
i) Action de 𝑃⃑⃑ sur la base {|r⃑〉} : 〈r⃑|𝑃⃑⃑|𝜓〉 =?
〈r⃑| 𝑃𝑥 |𝜓〉 = 〈r⃑|¶𝑃𝑥 |𝜓〉 =? où ¶= ∫ |p ⃑⃑|d3 p
⃑⃑〉〈p ⃑⃑
=∫〈r⃑|p ⃑⃑|𝑃𝑥 |𝜓〉d3 p
⃑⃑〉〈p ⃑⃑
=∫〈r⃑|p ⃑⃑|𝜓〉d3 p
⃑⃑〉px 〈p ⃑⃑
⃑⃑.𝐫
𝒊𝐩 ⃑⃑⃑
𝟏
= 𝟑 ∫𝒆 ћ px 𝜓̅(p
⃑⃑)d3 p
⃑⃑
(𝟐𝝅ћ)𝟐
⃑⃑.𝐫
𝒊𝐩 ⃑⃑⃑
ћ ∂ 𝟏
= i ∂x( 𝟑 ∫𝒆 ћ 𝜓̅(p
⃑⃑)d3 p
⃑⃑)
(𝟐𝝅ћ)𝟐
ћ ∂ ћ 𝜕
= i ∂x 𝜓(r⃑)= 𝑖 𝜕𝑥 〈r⃑|𝜓〉
ћ ∂
Donc en définitif : 〈r⃑| 𝑃𝑥 |𝜓〉 = 〈r⃑|𝜓〉
i ∂x
ћ
Finalement : 〈r⃑|𝑃⃑⃑|𝜓〉 = 𝑖 ∇
⃑⃑ 〈r⃑|𝜓〉 c’est à dire dans la représentation{|r⃑〉},
⃑⃑2 2
⃑⃑ et par conséquent 𝑃 coïncide avec -ћ ∆
l’opérateur ⃑P⃑ coïncide avec -i ћ∇ 2𝑚 2𝑚
= i ћ〈r⃑|𝜓〉
Finalement : 〈r⃑|[𝑋, 𝑃𝑥 ]|𝜓〉 = i ћ¶〈r⃑|𝜓〉. Donc dans la base {|r⃑〉} : [𝑋, 𝑃𝑥 ] = 𝑖 ћ¶
18
b) ⃑𝑹
⃑⃑(𝑿, 𝒀, 𝒁) 𝒆𝒕 ⃑𝑷
⃑⃑(𝑷𝒙 , 𝑷𝒚 , 𝑷𝒛 ) sont hermétiques
Pour montrer par exemple que X est hermétique, il suffit de montrer que :
〈φ|X|𝜓〉 = 〈𝜓|X|φ〉∗ ? Soit en insérant la relation de fermeture : ∫ |r⃑〉〈r⃑|d3 r⃑ = ¶
〈φ|X|𝜓〉 = ∫〈φ|r⃑〉〈r⃑|𝑋|𝜓〉d3 r⃑
=∫ φ∗ (r⃑)𝑥 𝜓(r⃑)d3 r⃑
=(∫ 𝜓 ∗ (r⃑)𝑥 φ(r⃑)d3 r⃑)∗
=〈𝜓|X|φ〉∗
Des démonstrations analogues prouvent que Y et Z, ainsi que 𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 , 𝑃𝑧 sont aussi
hermétiques.
⃑⃑⃑(𝑿, 𝒀, 𝒁) 𝒆𝒕 ⃑𝑷
c) Valeurs et vecteurs propres de𝑹 ⃑⃑(𝑷𝒙 , 𝑷𝒚 , 𝑷𝒛 )
〈r⃑|X|r⃑⃑⃑⃑〉 ⃑|r⃑⃑⃑⃑〉
0 = 𝑥〈r 0
= 𝑥𝛿(r⃑-r⃑⃑⃑⃑)
0
= 𝑥0 𝛿(r⃑-r⃑⃑⃑⃑)
0
=𝑥0 〈r⃑|r⃑⃑⃑⃑〉
0
19
j) On considère l’action de 𝑃𝑥 sur le Ket |p
⃑⃑〉 . Des arguments analogues montrent
que : 𝑃𝑥 |p
⃑⃑〉 = px |p
⃑⃑〉
𝑃𝑦 |p
⃑⃑〉 = py |p
⃑⃑〉
𝑃𝑧 |p
⃑⃑〉 = pz |p
⃑⃑〉
On en déduit que 𝑃⃑⃑(𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 , 𝑃𝑧 ) est une observable et que l’ensemble(𝑃𝑥 , 𝑃𝑦 , 𝑃𝑧 ) constitue un
E.C.O.C dans l’espace des états à 3 dimensions ξr⃑⃑
Introduction :
La description d’un système physique a été faite dans l’espace des états à partir de la
fonction d’onde pour une particule. Cependant, on raisonnait tantôt à une dimension
dansξx , tantôt à trois dimensions dansξr⃑⃑ . La question qu’on se pose alors est la suivante :
Existe-t-il une relation entre ξx et ξr⃑⃑ et d’une manière générale entre les espaces d’états
associés à chaque degré de liberté externe (position, impulsion) ou interne (spin). Pour
résoudre ce problème, on a recours à la notion du produit tensoriel des espaces des états.
C’est une opération très utile qui va nous permettre de généraliser les notions
présentées sur l’espace à une dimension ξx à l’espace à trois dimensions ξr⃑⃑ d’une
particule. Elle nous permettra également d’étudier l’espace des états orbitaux ou de spins
de deux particules et d’incorporer en général, dans un même formalisme, la partie orbitale
et la partie spin décrivant l’état quantique d’une même particule.
7-1 : Définition
Soit ξ un espace des états de dimension 𝑛1 sous-tendu par les vecteurs de base |i〉 (i =
1, ..., 𝑛1 ) dont le vecteur le plus général est désigné |χ〉 et un espace des états ξ′ de
dimension 𝑛2 sous-tendu par les vecteurs de base |i′〉 (i’ = 1, .. …., 𝑛2 ) et de vecteur
général |χ′〉.
On appelle produit tensoriel de ξ par ξ′, l’espace vectoriel ξ à 𝑛1 . 𝑛2 dimensions, noté :
E= ξ⊗ ξ′ et tel que a tout couple de vecteurs |χ〉 appartenant à ξ et |χ′〉appartenant à ξ′ on
peut faire correspondre un vecteur |ψ〉 de E noté |ψ〉 = |χ〉⊗|χ′〉) qu’on appelle produit
tensoriel de |χ〉 et |χ′〉.
Pour simplifier, on note aussi : |ψ〉 = |χ, χ′ 〉.
Le produit tensoriel satisfait aux propriétés suivantes :
20
i) Il est associatif par rapport a la multiplication par un scalaire : `
λ (|χ, χ′ 〉)= |λχ, χ′ 〉 = |χ, λχ′〉
ii) Il est distributif par rapport a l’addition vectorielle : `
|χ, λ1 X ′1 + λ2 X ′ 2 〉 = λ1 |χ, X ′1 〉 + λ2 |χ, X ′ 2 〉
|λ1 χ1 + λ2 χ2 , χ′〉 = λ1 |χ1 , χ′〉 + λ2 |χ2 , χ′〉
iii) L’ensemble des vecteurs {|i〉⊗ |i′ 〉 = |i, i′ 〉} constitue une base orthonormée dans
E = ξ⊗ ξ′
21
c) Prolongement dans E= ξ⊗ ξ′ d’un operateur agissant dans 𝛏 ou 𝛏′
Soit A un opérateur agissant dans ξ. On lui associe un operateur 𝐴̃ agissant dans
E= ξ⊗ ξ′, que l’on appelle prolongement de A dans E, défini de la manière suivante
: 𝐴̃|χ, χ′ 〉 = |Aχ, χ′ 〉
̃ |χ, χ′ 〉 =
On définit de façon analogue le prolongement de A′ dans E= ξ ⊗ ξ′par : A′
|χ, A′χ′ 〉
22
Donc, le spectre de A est le même dans ξ que dans E= ξ⊗ ξ′.Toute fois une
valeur propre an dégénéré gn fois dans ξ, a dans E un degré de dégérescence qui
vaut : gn . n2 où n2 est la dimension de ξ′
b) Equation aux valeurs propres de 𝐴̃+ A′
̃
On aura souvent à résoudre dans un espace produit tensoriel, des équations aux
valeurs propres pour des opérateurs de la forme : C=𝐴̃+ A′
̃
7-3 : Application
Soit ξx l’espace des états d’une particule à une dimension, c'est-à-dire l’espace des états
associé aux fonctions d’onde f(x). Dans ξx l’observable X constitue un ECOC tel que :
X|x〉 = x |x〉 et |f〉 ∈ ξx ⇒〈x|f〉 = f(x).
On introduit de la même manière les espaces ξy et ξz à partir des fonctions
Dans ξz l’observable Z constitue un ECOC tel que : Z|z〉 = z |z〉 et |h〉 ∈ ξz ⇒〈z|f〉 = h(z)
On forme alors le produit tensoriel ; ξx ⊗ξy ⊗ξz ≡ ξxyz dont une base est obtenue par produit
23
X|x, y, z〉 = x|x, y, z〉 ;
Y|x, y, z〉 = y|x, y, z〉 ;
Z|x, y, z〉 = z|x, y, z〉
Or nous avons dans ξr⃑⃑ que l’action des observables X , Y, Z sur la base {|r⃑(x, y, z)〉}
X|r⃑〉 = x|r⃑〉 ;
Y|r⃑〉 = y|r⃑〉 ;
Z|r⃑〉 = z|r⃑〉
Par conséquent ξxyz coïncide avecξr⃑ et la réponse à la question qu’on s’est posée en
introduction est que la relation entre ξr⃑ et ξx est déduite du produit tensoriel des espaces des
états : ξr⃑ = ξx ⊗ ξy ⊗ ξz
Il existe dans ξr⃑ des kets|ψ〉 qui sont des produits tensoriels de trois kets : un dans ξx
,un dans ξy et un dans z : |ψ〉 = |f〉 ⊗ |g〉 ⊗ |h〉 ≡ |f, g, h〉. Leurs composantes dans la base
{|r⃑〉} sont alors : 〈r⃑|ψ〉 = 〈x|f〉. 〈y|g〉. 〈z|h〉 ou encore : ψ(r⃑) = f(x). g(y). h(z)
Exemple : Un des exemples importants est celui où l’on désire résoudre dans ξr⃑
L’équation aux valeurs propres : H|ψ〉 = E|ψ〉 avec : 𝐻 = 𝐻𝑥 + 𝐻𝑦 + 𝐻𝑧 où 𝐻𝑥 , 𝐻𝑦 𝑒𝑡𝐻𝑧 sont
les prolongements agissant respectivement dans ξx , ξy et ξz .
L’étude de H|ψ〉 = E|ψ〉 se ramène alors à celle de 𝐻𝑥 puis celle𝐻𝑦 de et enfin celle de 𝐻𝑧 :
𝐻𝑥 |f〉 = 𝐸𝑥 |f〉 ;
𝐻𝑦 |g〉 = 𝐸𝑦 |g〉 ;
𝐻𝑧 |h〉 = 𝐸𝑧 |h〉
24
II- Les fondements de la Physique Quantique
Nous allons maintenant procéder à l’énoncé des postulats généraux sur lesquels est
basée la description quantique des systèmes physiques. Ces postulats ont été déjà
introduits de façon qualitative et partielle aux chapitres de l’introduction de la physique
quantique. Nous allons les préciser dans le cadre du formalisme afin de permettre la
description de :
- L’état d’un système physique à un instant donné,
- Les grandeurs physiques associées au système
- Les prévisions des résultats de mesure des diverses grandeurs physiques
- L’évolution du système au cours du temps.
1- Les postulats
⃑⃑(X, Y, Z) et à
Remarque : A la position r⃑(x, y, z) de la particule est associée l’observableR
l’impulsion p ⃑⃑(Px , Py , Pz ). Cependant, si dans une
⃑⃑(px , py , pz ) est associée l’observableP
grandeur apparait le produit des variables dynamiques, tel que par exemple : Å =r⃑. p
⃑⃑ on ne
⃑⃑. P
pourra pas construire l’observable correspondante telle que A=R ⃑⃑ car ni R
⃑⃑. P
⃑⃑ ni P
⃑⃑. R
⃑⃑ ne
25
1
sont hermétiques. Par contre si l’on associe à r⃑. p ⃑⃑. ⃑P⃑ + ⃑P⃑. ⃑R⃑) on vérifie
⃑⃑ l’opérateur A=2 (R
3ème postulat : la mesure de Å dans état |𝝍〉 déterminé, ne peut donner comme
résultat que des valeurs propres de l’observable correspondante A :
Une mesure donnera toujours une valeur réelle puisque A est par définition hermétique.
Lorsque le spectre de A est discret (A|𝑢𝑛𝑖 〉 = 𝒂𝒏 │𝑢𝑛𝑖 〉 ; i : 1,……..,𝑔𝑛 ) les résultats que
l’on peut obtenir en mesurant A sont quantifiés.
26
1-5 Réduction du paquet d’ondes
Si l’on connait le ket |𝜓〉 qui représente l’état du système avant la mesure, le postulat
précédent permet de prédire les probabilités d’obtenir les divers résultats possibles de mesure
d’une grandeur physique. Toutefois lorsqu’on effectue cette mesure, on obtient un seul de ces
résultats possibles et immédiatement après la mesure, on ne peut plus parler de
probabilité « d’avoir obtenu » telle ou telle mesure, puisqu’on sait celle qui é été
effectivement obtenu : on possède une information supplémentaire que l’état du système après
la mesure doit incorporer
Il ya un saut du système de son état avant la mesure à son état après la mesure compatible
avec le résultat de la mesure. La mesure perturbe donc le système.
5ème postulat : Si la mesure de Å sur le système dans l’état |𝝍〉 donne le résultat𝒂𝒏 ,
𝑷𝒏 |𝝍〉
l’état du système immédiatement après la mesure est la projection normée, de
√⟨𝝍|𝑷𝒏 |𝝍⟩
𝒈
|𝝍〉 sur le sous espace propre associé à 𝒂𝒏 ; où 𝑷𝒏 =∑𝒊 𝒏 |𝒖𝒊𝒏 〉〈𝒖𝒊𝒏 |
𝑔 𝑔 𝑔
Or ∑𝑖 𝑛 𝑐𝑛𝑖 │𝑢𝑛𝑖 〉=∑𝑖 𝑛⟨uin |ψ⟩ │𝑢𝑛𝑖 〉=∑𝑖 𝑛 │𝑢𝑛𝑖 〉⟨uin |ψ⟩ =𝑃𝑛 |𝜓〉
𝑔 2 𝑔 𝑔
Et ∑𝑖 𝑛|𝑐𝑛𝑖 | = ∑𝑖 𝑛 𝑐𝑛𝑖∗ 𝑐𝑛𝑖 = ∑𝑖 𝑛⟨ψ|uin ⟩⟨uin |ψ⟩ = ⟨𝜓|𝑃𝑛 |𝜓⟩ .
𝑃𝑛 |𝜓〉
De sorte que : |𝜓′ 𝑛 〉 =
√⟨𝜓|𝑃𝑛 |𝜓⟩
totale du système
27
2- Conséquences et Interprétations
Deux kets |𝜓〉 𝑒𝑡|𝜓 ′ 〉 = 𝑒 𝑖𝜃 |𝜓〉 ( 𝜃 ∈ ℝ) représentent le même état physique car les
probabilités que l’on prédit pour une mesure quelconque à partir de |𝜓〉 𝑜𝑢 𝑑𝑒|𝜓′ 〉 sont les
mêmes. En effet : 〈𝜓|𝜓〉=〈𝜓′|𝜓′〉 et quelque soit│uin 〉, on a :
2 2 2
|〈uin |𝜓′〉| = |𝑒 𝑖𝜃 〈uin |𝜓〉| = |〈uin |𝜓〉|
Donc si le système est décrit par ses vecteurs propres les résultats mesurés sont sûrs et
certains : aucune erreur
∑𝑛 𝑎𝑛 𝑃(𝑎𝑛 )
Par définition mathématique de la valeur moyenne : 〈𝐴〉|𝜓〉 = ∑𝑛 𝑃(𝑎𝑛 )
Pour avoir une idée sur la dispersion des résultats des mesures autour de 〈𝐴〉|𝜓〉 , on
pourrait par exemple prendre pour chaque mesure de A, la différence entre la valeur obtenue
et 〈𝐴〉 : A-〈𝐴〉 . On calculera ensuite la moyenne de ces écarts ; mais cela conduit à un résultat
nul car à cause de la définition même de 〈A〉 les écarts positifs compensent les écarts négatifs
et on a : 〈A − 〈A〉〉 = 〈A〉 − 〈A〉 = 0.
Pour palier à cette difficulté, on introduit par définition de l’écart quadratique moyen :
∆A = √〈(A − 〈𝐴〉)2 〉
Or : 〈(A − 〈𝐴〉)2 〉 = 〈A2 − 2A〈𝐴〉 + 〈𝐴〉2 〉
= 〈A2 〉-2〈𝐴〉2+〈𝐴〉2 =〈A2 〉-〈𝐴〉2
- Considérons deux observables A et B qui commutent :[𝐴, 𝐵] = 0. Il existe alors une base
de l’espace d’états constituée des kets propres communs à A et à B notée : |𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉 telle
que :
A|𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉 = 𝑎𝑛 |𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉
B|𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉 = 𝑏𝑝 |𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉
Pour un état propre |𝑎𝑛 , 𝑏𝑝 , 𝑖〉 une mesure de A donnera à coup sûr 𝑎𝑛 (P(𝑎𝑛 )=1) et une
mesure de B donnera à coup sûr 𝑏𝑝 (P(𝑏𝑝 )=1). Les observables A et B qui peuvent ainsi
simultanément et parfaitement déterminées, sont dites compatibles (l’incertitude est
arbitraire)
Au contraire si A et B ne commutent pas, un état ne peut être en général simultanément
vecteur propre de A et B. Les observables sont dites incompatibles .C’est à dire qu’on ne peut
les mesurer simultanément : L’incertitude n’est plus arbitraire mais obéit à la forme générale
des relations d’incertitude d’Heisenberg. En effet :
29
On pose A’= A − 〈𝐴〉 et B’= B − 〈𝐵〉
Dans ces conditions, on a :
[𝐴, 𝐵] = [𝐴′, 𝐵′] ;(∆A)2 = 〈𝐴′2 〉 et (∆B)2 = 〈𝐵′2 〉
Considérons le vecteur |𝜓′〉 transformé de |𝜓〉 ( normé) par l’application de l’operateur A’+
iλB’ où λ est un paramètre réel quelconque : |𝜓′ 〉 =( A’+ iλB’) |𝜓〉
On a : ⟨𝜓′|𝜓′⟩ = ⟨𝜓|( A’ − iλB’) ( A’ + iλB’) |𝜓⟩
⟨𝜓′|𝜓′⟩ étant une norme, donc une quantité positive, le polynôme du second degré en
λ doit être toujours positif ou nul. Pour qu’il en soit toujours ainsi quelque soit λ il faut que
𝟏
son discriminant soit négatif. Ce qui conduit à ∆𝐀. ∆𝐁 ≥ 𝟐 |⟨𝝍|[𝑨, 𝑩]|𝝍⟩|
Exemple : En appliquant ces inégalités aux composantes des observables 𝑅⃑⃑ 𝑒𝑡 𝑃⃑⃑ où :
[𝑋, 𝑃𝑥 ] = [𝑌, 𝑃𝑦 ] = [𝑍, 𝑃𝑧 ] = 𝑖 ћ¶ ⇒
ћ
∆X. ∆𝑃𝑥 ≥ 2
ћ
∆Y. ∆𝑃𝑦 ≥ 2
ћ
∆Z. ∆𝑃𝑧 ≥ 2
Remarque :
La quatrième relation d’incertitude d’Heisenberg est celle qui relie le couple énergie
ћ
(E) et le temps (t) : ∆E. ∆𝑡 ≥ 2 . Bien que l’application de l’inégalité précédente conduit à ce
résultat, la démonstration est en faite erronée car si l’énergie est une observable, il n’en est
pas de même pour le temps. La quantité ∆𝑡 s’interprète simplement comme la durée du temps
nécessaire pour que l’énergie du système varie de manière appréciable.
30
a) Déterminisme dans l’évolution
𝑑|𝜓(𝑡)〉
L’équation iћ = H(t) |𝜓(𝑡)〉 est une équation différentielle du premier
𝑑𝑡
degré par rapport au temps. Il en résulte que la donnée de l’état initial |𝜓(𝑡0 )〉 suffit à
déterminer exactement |𝜓(𝑡)〉 à un instant t quelconque : Aucun indéterminisme ne
s’introduit don dans l’évolution au cours du temps.
Par ailleurs, l’équation de Schrödinger est linéaire et homogène. Il s’en suit que
ses solutions sont linéairement superposables et que la correspondance entre
|𝜓(𝑡0 )〉𝑒𝑡|𝜓(𝑡)〉 est linéaire. Par conséquent on peut définir un opérateur linéaire
𝑈(𝑡, 𝑡0 ) qui transforme | 𝜓(𝑡0 )〉𝑒𝑛|𝜓(𝑡)〉 : | 𝜓(𝑡)〉 = 𝑈(𝑡, 𝑡0 )|𝜓(𝑡0 )〉 . P par
𝜕𝑈(𝑡,𝑡0 )
substitution dans l’équation de Schrödinger, on obtient : iћ = H(t) 𝑈(𝑡, 𝑡0 )
𝜕𝑡
Remarques :
i) Calcul de 𝑈 entre deux instants voisins : t et t+dt
𝑖
L’équation de Schrödinger peut s’écrire : 𝑑|𝜓(𝑡)〉 = − ћ H(t) |𝜓(𝑡)〉 𝑑𝑡
𝑑|𝜓(𝑡)〉 1 𝑑〈𝜓(𝑡)| 1
=iћ H(t) |𝜓(𝑡)〉 ⇒ =− iћ 〈𝜓(𝑡)| H(t) ⇒
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑⟨𝜓(𝑡)|𝜓(𝑡)⟩ 1 1
= − iћ 〈𝜓(𝑡)|H |𝜓(𝑡)〉 + iћ 〈𝜓(𝑡)|H| 𝜓(𝑡)〉 = 0
𝑑𝑡
31
C’est un résultat attendu car la probabilité globale de trouver la particule dans l’espace
est la même et ⟨𝜓(𝑡)|𝜓(𝑡)⟩ représente justement cette probabilité globale. En effet :
⟨𝜓(𝑡)|𝜓(𝑡)⟩=⟨𝜓(𝑡)¶|𝜓(𝑡)⟩ où ∫ |r⃑〉〈r⃑|d3 r⃑ = ¶
=∫〈𝜓(𝑡)|r⃑〉〈r⃑|𝜓(𝑡)〉d3 r⃑ = ∫|𝜓(r⃑, t)|2 d3 r⃑ =(1 si lecteur d’état est normé)
Remarque :
A la conservation de la probabilité globale doit correspondre une équation de
conservation locale pour la densité de probabilité ρ(r⃑, t) = |ψ(r⃑, t)|2 (pour 𝜓(𝑡)〉 normé) .
Tout comme pour les charges électriques, elle correspond une loi de conservation locale pour
la densité d’énergie qui s’exprime par :
𝜕𝜌(r⃑⃑,t)
+ 𝑑𝑖𝑣 𝐽⃑⃑(r⃑, t)=0 où l’on montre que l’on peut définir un vecteur
𝜕𝑡
ћ
⃑⃑⃑ ⃑⃑𝜓(r⃑, t) − 𝜓(r⃑, t)∇
J (r⃑, t) = 2im (𝜓∗ (r⃑, t)∇ ⃑⃑𝜓∗ (r⃑, t)) appelé courant de probabilité pour
𝑑〈𝐴〉|𝜓〉 𝑑⟨𝜓|A|𝜓⟩
=
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑〈𝜓(𝑡)| d|𝜓(𝑡)〉 ∂A
=〈( )𝐴|𝜓(𝑡)〉 + 〈𝜓(𝑡)|A ( ) + ⟨𝜓| ∂t |𝜓⟩
𝑑𝑡 dt
𝑑〈𝐴〉|𝜓〉 1 ∂A
= 𝑖ћ ⟨𝜓|AH − HA|𝜓⟩+〈 ∂t 〉 soit :
𝑑𝑡
𝒅〈𝑨〉|𝝍〉 𝟏 𝛛𝐀
= 𝒊ћ 〈[𝐀, 𝐇]〉 + 〈 𝛛𝐭 〉 c’est le Théorème d’Ehrenfest
𝒅𝒕
32
𝑥 𝑃2 ∂X ∂Px
𝐻 = 2𝑚 + 𝑉(𝑋) où = = 0 et l’on a :
∂t ∂t
𝑑〈𝑋〉|𝜓〉 1 𝑑〈Px 〉|𝜓〉 1
= 𝑖ћ 〈[X, H]〉 et = 𝑖ћ 〈[Px , H]〉
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝜕𝐹(𝐵)
Sachant que : [𝐴, 𝐹(𝐵)] = [𝐴, 𝐵] ; les règles de commutation nous permettent de
𝜕𝐵
𝑃 𝜕𝑉(𝑋)
calculer facilement les commutateurs : [X, H] = iћ 𝑚 et [Px , H] = −iћ 𝜕𝑋
𝒅〈𝐗〉 〈𝐏〉 𝒅〈𝐏𝐱 〉 𝝏𝑽(𝑿)
Finalement : = et =− 〈 〉
𝒅𝒕 𝒎 𝒅𝒕 𝝏𝑿
𝑑𝑥 𝑑2 𝑥 𝜕𝑉(𝑥)
Or en mécanique classique, on a : m 𝑑𝑡 = px et m 𝑑𝑡 2 = Fx = − 𝜕𝑥
Ce qui montre que les valeurs moyennes des observables obéissent aux équations
classiques
Ce sont les systèmes pour lesquels l’hamiltonien ne dépend pas explicitement du temps. En
mécanique classique la conséquence la plus importante est que l’énergie est une constante du
mouvement. Nous allons voir qu’en physique quantique, ces systèmes possèdent des
propriétés particulières importantes.
33
−i𝐸𝑛 𝑡
ii) On obtient alors|𝜓(𝑡)〉 en multipliant chaque coefficient cn,τ (0) par e ћ ; 𝐸𝑛
−i𝐸𝑛 𝑡
étant la valeur propre de H associée à |𝜑𝑛,𝜏 〉 : |𝜓(𝑡)〉 = ∑n,τ cn,τ (0) e ћ |𝜑𝑛,𝜏 〉
−𝑖𝐻𝑡
C’est l’action de l’opérateur évolution 𝑈(𝑡, 0) = 𝑒 ћ sur |𝜓(0)〉 :
|𝜓(𝑡)〉 = 𝑈(𝑡, 0)|𝜓(0)〉
Cas particulier : Si 𝜓(0)〉 est lui-même état propre de H, c'est-à-dire qu’il existe une
seule valeur propre 𝐸𝑛 (pas de sommation sur n). Dans ce
cas : |𝜓(0)〉 = ∑τ cn,τ (0) |𝜑𝑛,𝜏 〉 d’où :
−i𝐸𝑛 𝑡 −i𝐸𝑛 𝑡 −i𝐸𝑛 𝑡
|𝜓(𝑡)〉 = ∑τ cn,τ (0)e ћ |𝜑𝑛,𝜏 〉 = e ћ ∑τ cn,τ (0) |𝜑𝑛,𝜏 〉 = e ћ |𝜓(0)〉
−i𝐸𝑛 𝑡
Donc |𝜓(𝑡)〉 et |𝜓(0)〉 ne différent l’un de l’autre que par un facteur de phase e ћ .
Par conséquent, ils décrivent le même état quantique. En conclusion : Toutes les
propriétés physiques d’un système qui se trouve dans un état propre de H ne varient pas
au cours du temps. Les états propres de H sont appelés pour cette raison des états
stationnaires.
Si le système est décrit par un état propre de H, la probabilité lors de l’énergie est égal
à 1. C'est-à-dire que son énergie est parfaitement définie∆𝐸 = 0. Comme l’état est
stationnaire, c'est-à-dire qu’il n’évolue pas au cours du temps et l’on peut dire que le
temps d’évolution est infini. Par conséquent le relation d’incertitude énergie temps
ћ
∆E. ∆𝑡 ≥ 2 est bien vérifiée.
Propriétés :
[A, H] = 0 ⇒ il existe des vecteurs propres communs |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 tels que :
H|𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 = 𝐸𝑛 |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉
A|𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 = 𝑎𝑝 |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉
34
Les |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 sont états propres de H, ils sont donc des états stationnaires. Il en résulte que
si le système est initialement décrit par |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 il le demeurera indéfiniment.
Par conséquent, lorsque A est une constante du mouvement, les états |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 demeurent
toujours vecteurs propres quelque soit t : Si à l’instant 𝑡0 , la mesure de A donne 𝑎𝑝 , une
nouvelle mesure de A à un instant ultérieur redonnera 𝑎𝑝 avec certitude : 𝑎𝑝 est appelé un bon
nombre quantique.
Dans un état |𝜓(𝑡)〉 quelconque, la probabilité de trouver la valeur 𝑎𝑝 lors d’une mesure de la
constante de mouvement A est indépendante du temps. En effet :
|𝜓(0)〉 = ∑n,p,τ cn,p,τ (0) |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉 ⇒ |𝜓(𝑡)〉 = ∑n,p,τ cn,p,τ (t) |𝜑𝑛,𝑝,𝜏 〉
Les probabilités de trouver la valeur propre 𝑎𝑝 aux divers instant sont données par :
2 2
P(𝑎𝑝 , 0)=∑𝑛,𝜏|⟨𝜑𝑛,𝑝,𝜏 |𝜓(0)⟩| =∑𝑛,𝜏|cn,p,τ (0)|
2 2
P(𝑎𝑝 , 𝑡)=∑𝑛,𝜏|⟨𝜑𝑛,𝑝,𝜏 |𝜓(𝑡)⟩| =∑𝑛,𝜏|cn,p,τ (t)|
−i𝐸𝑛 𝑡
Comme cn,p,τ (t) = cn,p,τ (0) e ћ ⇒ P(𝑎𝑝 , 0) = P(𝑎𝑝, 𝑡)
3-3 : Fréquences de Bohr du système
Soit A une observable quelconque du système, dont on veut calculer la valeur moyenne
dans l’état |𝜓(𝑡)〉 qui décrit un système conservatif :
−i𝐸𝑛 𝑡 +i𝐸𝑛′ 𝑡
∗
|𝜓(𝑡)〉 = ∑n,τ cn,τ (0) e ћ |𝜑𝑛,𝜏 〉 Comme 〈𝜓(𝑡)| = ∑n′,τ′ cn′,τ′ (0) e ћ 〈𝜑𝑛′,𝜏′ | ⇒
Cette expression montre que l’évolution de A(t) est décrite par une série de termes
(𝐸𝑛′ −𝐸𝑛 )
oscillant aux fréquences𝜈𝑛′𝑛 = . Ces fréquences appelées fréquences de Bohr sont
h
35
𝐴𝑛′ 𝜏′ ,𝑛𝜏 =0, la fréquence 𝜈𝑛′𝑛 est absente du spectre d’ou les règles de sélection des divers
types de transitions qui reposent sur l’étude des éléments non diagonaux des observables.
D’une manière générale l’équation de Schrödinger est donnée par le 6ème postulat :
𝑑|𝜓(𝑡)〉
iћ = H(t) |𝜓(𝑡)〉 où H est l’observable associée à l’énergie totale. Soit pour une
𝑑𝑡
P ⃑⃑2
⃑⃑, t)
particule (non relativiste) qui se déplace dans un potentiel V(r⃑,t) : H = 2m + V(R
Par ailleurs, on montre que si A|𝜑〉 = 𝑎|𝜑〉 , alors F(A)|𝜑〉 = 𝐹(𝑎)|𝜑〉. On en déduit :
⃑⃑, t)|𝜓(𝑡)⟩ = V(r⃑, t) 𝜓(r⃑, t)
⟨r⃑|V(R
De sorte que l’équation de Schrödinger générale dans la base {|r⃑〉} s’écrit :
𝑑𝜓(r⃑⃑,t) ћ2
iћ = − 2m ∆𝜓(r⃑, t) + V(r⃑, t) 𝜓(r⃑, t)
𝑑𝑡
Cas particulier : dans le cas d’une particule dans un potentiel indépendant du tempsV(r⃑), on
cherche des solutions sous la forme : 𝜓(r⃑, t) = 𝜑(r⃑)χ(t) où par substitution dans l’équation
𝑑χ(t) ћ2
précédente : iћ 𝜑(r⃑) = − 2m χ(t)∆ 𝜑(r⃑) + V(r⃑) 𝜑(r⃑)χ(t)
𝑑𝑡
Le 1er membre de cette équation ne dépend que de t, tandis que le 2ème membre ne dépend
que de r⃑. L’égalité entre ces 2 membres n’est possible que s’ils sont égaux à une constante
qu’on pose égale à E. Dans ces conditions :
iEt
1 𝑑χ(t)
iћ χ(t) 𝑑𝑡
= 𝐸 ⇒ χ(t) = e− ћ où l’on vérifie que E a les dimensions d’une énergie
1 ћ2 ћ2
(− 2m ∆ 𝜑(r⃑) + V(r⃑) 𝜑(r⃑)) = 𝐸 ⇒ − 2m ∆ 𝜑(r⃑) + V(r⃑)𝜑(r⃑) = E 𝜑(r⃑)
𝜑(r⃑⃑)
36
Finalement : dans le cas d’une particule dans un potentiel indépendant du tempsV(r⃑),
Les fonctions d’onde sont telles que :
iEt
ћ𝟐
𝜓(r⃑, t) = 𝜑(r⃑)e− ћ où 𝜑(r⃑) obéit à l’équation :− 𝟐𝐦 ∆ 𝝋(𝐫⃑) + 𝐕(𝐫⃑)𝝋(𝐫⃑) = 𝐄 𝝋(𝐫⃑)
C’est l’équation de Schrödinger indépendante du temps, que l’on peut écrire sous la
ћ2
forme : H|𝜑〉 = 𝐸|𝜑〉 avec H=− 2m ∆ + V(r⃑)
Remarque : Soit 𝑉𝑚𝑖𝑛 le minimum de V, alors les valeurs propres de H, 𝐸𝑛 sont supérieures à
𝑉𝑚𝑖𝑛 . En effet H=T+V où T est l’énergie cinétique. La valeur moyenne dans un état
quelconque est égale à la somme des valeurs moyenne : 〈H〉 = 〈T〉 + 〈V〉.
b) Etats liés :
Par définition un état d’énergie E est lié ou non, selon que sa fonction d’onde s’annule où ne
s’annule pas à l’infini.
Etude de deux cas particuliers:
⇒ 𝜓(∞) ≠ 0. C’est donc un état non lié ou libre. En fait dans cette région
H|𝜓〉 = 𝐸|𝜓〉 est celui d’une particule libre où le spectre d’énergie est continu.
𝑝2
Si E< 0. Par l’absurde, la particule ne peut été libre (contradiction avec H= 2𝑚⇒
E> 0)
Donc l’état est lié et le spectre d’énergie sera discret.
ii) E< V(∞) : dans ces conditions, le mouvement de la particule est limité. Cela
implique que la fonction d’onde s’annule à l’infini et par conséquent l’état est
lié et le spectre d’énergie sera discret.
37
c) Mouvement à une dimension :
i) Tous les niveaux d’énergie des spectres discrets sont non dégénérés. En effet :
Supposons qu’un état lié d’énergie E soit dégénéré 2 fois. C'est-à-dire qu’on a :
2m 2m
𝜓1" + (𝐸 − 𝑉)𝜓1 = 0 et 𝜓2" + (𝐸 − 𝑉)𝜓2 = 0
ћ2 ћ2
𝜓" 𝜓"
Cela implique :𝜓1 = 𝜓2 ou encore : 𝜓1" 𝜓2 − 𝜓2" 𝜓1 = 0 d’où par intégration par partie :
1 2
𝜓1′ 𝜓2 − 𝜓2′ 𝜓1 = constante. Comme 𝜓1 𝑒𝑡𝜓2 représentent des états liés, elles s’annulent
à l’infini où la quantité précédente est donc nulle et par conséquent la constante en tout
𝜓′ 𝜓′
point est nulle, et l’on a : 𝜓1′ 𝜓2 − 𝜓2′ 𝜓1 = 0 ou encore : 𝜓1 = 𝜓2 Ceci n’est possible que
1 2
Schrödinger n’est pas altéré par le changement de x en –x. Cela veut dire que si 𝜓(𝑥)est
solution, alors 𝜓(−𝑥) l’est également avec la même valeur propre.
Si l’on introduit l’opérateur parité : 𝑃 𝜓(𝑥) = 𝜓(−𝑥). On vérifie aisément que[𝐻, 𝑃] = 0.
On en déduit que les fonctions propres de H sont également fonctions propres de 𝑃 :
L’équation aux valeurs propres de cet opérateur est𝑃 𝜓(𝑥) = λ𝜓(𝑥)⇒𝑃2 𝜓(𝑥) = λ2 𝜓(𝑥)
Or d’après la définition de 𝑃 : 𝑃 𝜓(𝑥) = 𝜓(−𝑥) ⇒ 𝑃2 𝜓(𝑥) = 𝜓(𝑥) ⇒λ2 = 1⇒ λ = ∓1
Les fonctions associées à la valeur propre λ = 1 sont les fonctions symétriques et les
fonctions associées à la valeur propre λ = −1 sont les fonctions antisymétriques.
Conséquence : cet exemple permet la règle suivante :
A chaque fois que l’hamiltonien H est invariant par un changement quelconque,
l’opérateur associé à cette opération commute avec H.
L’oscillateur harmonique est le modèle le plus simple qu’on puisse utiliser pour décrire
les états de vibration d’un système physique. Nous traiterons d’abord l’oscillateur a une
dimension et on généralisera au cas de l’oscillateur isotrope à trois dimensions.
En mécanique classique: la force de rappel est en 1ère approximation de la forme :F=-kx
38
𝑑𝑥 2 𝑘
Et l’équation fondamentale de la dynamique s’écrit : 𝑑𝑡 2 + 𝜔02 𝑥 = 0 où 𝜔02 = 𝑚 . La
𝑑𝑉
force de rappel dérive d’un potentiel et l’on a : 𝐹 = − 𝑑𝑥 ce qui implique que l’énergie
1 1
potentielle de cet oscillateur harmonique linéaire est 𝑉(𝑥) = 2 𝑘𝑥 2 =2 𝑚𝜔02 𝑥 2 , de sorte que
P2 1
l’hamiltonien de l’oscillateur harmonique s’écrit :H = 2m + 𝑚𝜔02 𝑋 2 . C’est l’hamiltonien
2
d’un système conservatif où la fonction qui décrit l’état du système est de la forme :
−𝑖𝐸𝑛 𝑡
𝜓𝑛 (𝑥, 𝑡) = 𝜑𝑛 (𝑥)𝑒 ћ
Remarques :
- Les valeurs propres de l’hamiltonien sont positives. En effet : E𝑛 > 𝑉𝑚𝑖𝑛 où 𝑉𝑚𝑖𝑛 = 0
- V(x)=V(-x) cela implique que les fonctions d’onde ont une parité définie : paires ou
impaires
- V(∞) = ∞ et 0 < E𝑛 ≪ 𝑉(∞) : Le mouvement est limité. C’est un état lié et le spectre
d’énergie est discret. Comme le mouvement est à une dimension, les valeurs propres : E𝑛
sont non dégénérés.
Au lieu d’utiliser une méthode fondée sur l’algèbre des commutateurs, nous allons utiliser
ћ2 d2 1
la méthode polynomiale pour résoudre : (− 2m dx2 + 2 𝑚𝜔02 𝑥 2 )𝜑𝑛 (𝑥) = E𝑛 𝜑𝑛 (𝑥) (1)
2𝑚 2𝑚𝐸 𝑚𝜔0
En multipliant les 2 membres par - ћ2 et posant 𝛽 = − et 𝛼 = > 0, l’équation (1) se
ћ2 ћ
d2
réécrit sous la forme : dx2 + (𝛽 − 𝛼 2 𝑥 2 )𝜑𝑛 (𝑥) = 0 (2)
Parmi toutes les solutions de cette équation, seules sont à considérer celles qui restent
finies lorsque x varie de moins l’infini à plus l’infini et qui s’annulent lorsque x tend vers
l’infini. Ce qui nous amène à chercher d’abord une solution asymptotique au voisinage de
l’infini.
i) Pour x très grand 𝛽 ≪ 𝛼 2 𝑥 2 de sorte que l’équation (2) s’écrit dans cette région :
𝛼𝑥2
d2
− 𝛼 2 𝑥 2 𝜑𝑛 (𝑥) ≈ 0 dont les solutions asymptotiques sont 𝜑 ≈ 𝐶𝑒 ± 2 . En effet :
dx2
39
𝛼𝑥2
𝑑𝜑 d2 𝜑
= ±𝐶𝛼𝑥𝑒 ± 2 ⇒ =( 𝛼 2 𝑥 2 ± 𝛼) 𝜑 . Comme pour x très grand ±𝛼 est
𝑑𝑥 dx2
𝛼𝑥2
négligeable devant 𝛼 2 𝑥 2 : donc 𝜑 ≈ 𝐶𝑒 ± 2 est bien une solution asymptotique où
𝛼𝑥2
seule la solution 𝜑 ≈ 𝐶𝑒 − 2 est acceptable physiquement puisqu’elle s’annule à
l’infini.
ii) Pour trouver la bonne solution de l’équation(2) on amené à poser :
𝛼𝑥2
−
𝜑(𝑥) = 𝑓(𝑥)𝑒 2 (3)
Où f(x) sous forme d’un polynôme dont il faudra chercher les coefficients et le degré.
Par substitution de (3) dans (2), on obtient l’équation à laquelle obéit f(x) :
𝑓 ′′ (𝑥) − 2𝛼𝑥𝑓 ′ + (𝛽 − 𝛼)𝑓(𝑥) = 0 ou encore en posant : 𝜒 = 𝑥√𝛼 ; f(x) devient
alors une fonction H(𝜒) qui est solution de l’équation différentielle :
𝑑2 𝐻 𝑑𝐻 𝛽
− 2𝜒 𝑑𝜒 + (𝛼 − 1) 𝐻(𝜒) = 0 (4) où l’on cherche une solution sous la forme d’un
𝑑𝜒2
-
-
-
𝛽
(n+1)(n+2) 𝑎𝑛+2 +(𝛼 − 1 − 2. 𝑛) . 𝑎𝑛 =0
𝛽
−1−2.𝑛
𝛼
On obtient donc la relation de récurrence : 𝑎𝑛+2 = − (n+1)(n+2) . 𝑎𝑛 (5)
𝑎𝑛+2 2
- Lorsque n est très grand, d’après (5) : ≅𝑛
𝑎𝑛
40
2
- Or il se trouve que ce comportement est le même que la fonction 𝑒 𝜒 dont le
2
développement en série entière est: 𝑒 𝜒 = 1 + 𝑏2 𝜒 2 + ⋯ + 𝑏𝑛 𝜒 𝑛 + 𝑏𝑛+2 𝜒 𝑛+2
1 𝑏𝑛+2 2
avec 𝑏𝑛 = (𝑛 ce qui implique que =𝑛
⁄2)ǃ 𝑏𝑛
2 2
Donc si n est très grand H(𝜒) a le même comportement que la fonction 𝑒 𝜒 : H(𝜒) ≅ 𝑒 𝜒
𝛼𝑥2 𝛼𝑥2
𝛼𝑥 2 −
Dans, ces conditions f(x)= 𝑒 et 𝜑(𝑥) = 𝑓(𝑥)𝑒 2 =𝑒 2 qui ne s’annule pas à l’infini :
2
Solution non acceptable. Il faut donc empêcher que H(𝜒) ait le comportement de 𝑒 𝜒 c'est-à-
dire qu’il faut empêcher que n soit très grand. Autrement dit il faut que le polynôme soit de
degré fini : n par exemple ce qui implique que 𝑎𝑛+2 = 0 et on a donc d’après (5) :
𝛽
= 1 + 2𝑛 . (6)Il faut non seulement que (6) soit vérifiée mais aussi que 𝑎1 = 0 si n est
𝛼
Remarques :
i) Energie la plus basse (état fondamental) :
Contrairement à la physique classique ou l’énergie la plus basse n’est nulle (état de repos
ou la position et la vitesse sont parfaitement nulles), la physique quantique interdit l’état
1
de repos. En effet : L’énergie la plus basse correspond au cas où n=0 et doncE0 = 2 ћ ω0 .
1
Ceci est très étroitement lié à la relation d’incertitude d’Heisenberg ∆𝑥. ∆𝑝 ≈ 2 ћ qui
41
1
et l’on retrouve : 𝐸𝑚𝑖𝑛 = 2 ћ ω0
42
Chapitre 2 : Moment cinétique en Physique Quantique
I- Introduction
En mécanique classique, le moment cinétique orbital est une grandeur vectoriel qui se
conserve dans une rotation quelconque d’un système isolé ou soumis à une force centrale
𝐹⃑ (𝐹⃑ est colinéaire avec𝑟⃑). Sa connaissance nous permet en principe d’atteindre les lois
qui régissent le mouvement de ce système.
Au moment cinétique orbital défini classiquement à partir des grandeurs position 𝑟⃑et
vitesse 𝑝⃑ (variables qui déterminent la trajectoire et donc l’orbite) par :𝑙⃑ = 𝑟⃑ ∧ 𝑝⃑ , on
⃑⃑ = 𝑅⃑⃑ ∧ 𝑃⃑⃑ ayant pour composantes :
associe en physique quantique l’observable : 𝐿
𝜕 𝜕
𝐿𝑥 = 𝑌𝑃𝑧 − 𝑍𝑃𝑦 ou encore dans la base {|r⃑(𝑥, 𝑦, 𝑧)〉}: 𝐿𝑥 = −𝑖ћ(𝑦 𝜕𝑧 − 𝑧 𝜕𝑦)
𝜕 𝜕
𝐿𝑦 = 𝑍𝑃𝑥 − 𝑋𝑃𝑧 𝐿𝑦 = −𝑖ћ(𝑧 𝜕𝑥 − 𝑥 𝜕𝑧)
𝜕 𝜕
𝐿𝑧 = 𝑋𝑃𝑦 − 𝑌𝑃𝑥 𝐿𝑧 = −𝑖ћ(𝑥 𝜕𝑦 − 𝑦 𝜕𝑥)
43
On remarque queLx , Ly et Lz ne commutent pas entre eux, on ne peut donc les mesurer
simultanément.
ii) ⃑⃑2 , 𝐿
Commutateur [𝐿 ⃑⃑] où 𝐿
⃑⃑2 = 𝐿2𝑥 + 𝐿2𝑦 + 𝐿2𝑧 ≡ ∑𝑖 𝐿2𝑖 où i : x, y, z
Or [𝐿2𝑥 , 𝐿𝑥 ] = 0 ;
[𝐿2𝑦 , 𝐿𝑥 ] = 𝐿𝑦 [𝐿𝑦 , 𝐿𝑥 ] + [𝐿𝑦 , 𝐿𝑥 ]𝐿𝑦 = - 𝑖ћ(𝐿𝑦 𝐿𝑧 + 𝐿𝑧 𝐿𝑦 )
[𝐿2𝑧 , 𝐿𝑥 ] = 𝐿𝑧 [𝐿𝑧 , 𝐿𝑥 ] + [𝐿𝑧 , 𝐿𝑥 ]𝐿𝑧 =+ 𝑖ћ(𝐿𝑧 𝐿𝑦 + 𝐿𝑦 𝐿𝑧 )
⃑⃑2 , 𝐿𝑥 ] = 0, un calcul similaire montre que : [𝐿
Finalement : [𝐿 ⃑⃑2 , 𝐿𝑦 ] = [𝐿
⃑⃑2 , 𝐿𝑧 ] = 0 de sorte
⃑⃑2 , 𝐿
que :[𝐿 ⃑⃑ ] = 0 .
⃑⃑2
Cette relation exprime, de point de vue physique qu’on peut mesurer simultanément 𝐿
⃑⃑ , c’est à dire qu’on peut mesurer simultanément la
et une composante quelconque de 𝐿
longueur du moment cinétique et sa projection sur un axe.
Remarque : Pour un système isolé ou plongé dans un potentiel central, on vérifie que :
⃑⃑2 , 𝐻] = 0
[𝐿𝑖 , 𝐻] = [𝐿 c'est-à-dire qu’on dispose de 4 constantes du
⃑⃑2 , 𝐿𝑥 , 𝐿𝑦 , 𝐿𝑧 . Cependant, ces 4 observables ne commutent pas entre elles.
mouvement : 𝐿
⃑⃑2 et l’une des trois
Pour pouvoir former un ECOC avec H, on peut seulement prendre 𝐿
⃑⃑2 𝑒𝑡 𝐿𝑧 .
composantes : par exemple 𝐿𝑧 donc les états propres de H seront communs à 𝐿
44
1- Définition
De façon générale, la relation de commutation [𝐽𝛼 , 𝐽𝛽 ] = 𝑖ћ𝐽𝛾 𝜖𝛼,𝛽,𝛾 définit une
2- Spectre de 𝑱⃑𝟐 𝒆𝒕 𝑱𝒛
Tout d’abord, on va introduire les opérateurs : 𝐽± = 𝐽𝑥 ± 𝑖𝐽𝑦 qui vérifient les relations
suivantes :
[𝐽⃑2 , 𝐽± ] = 0 ; [𝐽𝑧 , 𝐽± ] = ±ћ𝐽± ; [𝐽+ , 𝐽− ] = 2ћ𝐽𝑧 ; (𝐽± )+ = 𝐽∓
1
𝐽+ 𝐽− = 𝐽⃑2 − 𝐽𝑧 2 + ћ𝐽𝑧 et 𝐽− 𝐽+ = 𝐽⃑2 − 𝐽𝑧 2 − ћ𝐽𝑧 ⇒ 𝐽⃑2 = 2 (𝐽+ 𝐽− + 𝐽− 𝐽+ )+ 𝐽𝑧 2
Il s’agit de chercher d’une manière générale les valeurs propres de 𝐽⃑2 𝑒𝑡𝐽𝑧 .
Comme: [𝐽⃑2 , 𝐽𝑧 ] = 0
Il existe des vecteurs propres orthonormés communs |a, m〉 tels que :
𝐽⃑2 |a, m〉 = aћ2 |a, m〉
𝐽𝑧 |a, m〉 = mћ|a, m〉
Les nombres a et m sont donc des réels dont on va déterminer les caractéristiques.
a) La valeur propre a est positive ou nulle : 𝑎 ≥ 0. En effet :
aћ2 = ⟨a, m|𝐽⃑2 |a, m⟩
= ⟨a, m|𝐽𝑥2 |a, m⟩ + ⟨a, m|𝐽𝑦2 |a, m⟩ + ⟨a, m|𝐽𝑧2 |a, m⟩
2
= ‖𝐽𝑥 |a, m〉‖2 + ‖𝐽𝑦 |a, m〉‖ + ‖𝐽𝑧 |a, m〉‖2
2
Or ‖𝐽𝑥 |a, m〉‖2 ≥ 0 , ‖𝐽𝑦 |a, m〉‖ ≥ 0 𝑒𝑡 ‖𝐽𝑧 |a, m〉‖2 = 𝑚2 ћ2 . On a donc 𝑎 ≥ 𝑚2
45
Calcul des coefficients de proportionnalité 𝛂± :
𝐽+ |a,m〉 𝐽− 〈a,m+1|
i) On a 𝐽+ |a, m〉 = α+ |a, m + 1〉 ⇒ |a, m + 1〉 = ⇒〈a, m + 1| = ⇒
α+ α∗+
⟨a,m|𝐽− 𝐽+ |a,m⟩
1=⟨a, m + 1|a, m + 1⟩ = |α+ |2
⇒
Récapitulation:
𝑱⃑𝟐 |𝐣, 𝐦〉 = 𝐣(𝐣 + 𝟏)ћ𝟐 |𝐣, 𝐦〉
𝑱𝒛 |𝐣, 𝐦〉 = 𝐦ћ|𝐣, 𝐦〉 avec −𝒋 ≤ 𝒎 ≤ 𝒋
𝑱± |𝐣, 𝐦〉 = ћ√𝒋(𝒋 + 𝟏) − 𝒎(𝒎 ± 𝟏)|𝐣, 𝐦 ± 𝟏〉
Remarques :
i) Valeurs de j :
J caractérise la grandeur du moment cinétique. Pour j fixé : −𝑗 ≤ 𝑚 ≤ 𝑗 c’est à
dire que m ne peut prendre que l’une des 2j +1 valeurs suivantes :
m = -j, -j + 1, ....j - 2, j - 1, j. Donc pour j donné, la dimension de ξj est égala à
2j +1.
46
j est nécessairement un nombre entier ou demi-entier positif ou nul : j =
1 3 5
0,2 , 1, 2 , 2, 2 ,.
impair
ii) Mesure de 𝐽𝑥 et 𝐽𝑦
Les |j, m〉 sont vecteurs propres communs de 𝐽⃑2 𝑒𝑡 𝐽𝑧 . La mesure simultanée de ces
deux observables dans état |j, m〉 est parfaitement déterminée. C'est-à-dire que les
écarts quadratiques moyens sont nuls : ∆𝐽⃑2 = ∆𝐽𝑧 = 0 . Ce résultat peut être
retrouver par le calcul. Par exemple : Par définition de l’écart quadratique moyen
de 𝐽𝑧 dans un état |j, m〉 : (∆𝐽𝑧 )2 = 〈𝐽𝑧 2 〉 − 〈𝐽𝑧 〉2 . Or 𝐽𝑧 |j, m〉 = mћ|j, m〉 et
𝐽𝑧2 |j, m〉 = m2 ћ|j, m〉 Cela implique que 〈𝐽𝑧 〉2 = 〈𝐽𝑧 2 〉 = m2 de sorte que : ∆𝐽𝑧 = 0
cependant les |j, m〉ne sont pas vecteurs propres de 𝐽𝑥 et 𝐽𝑦 , la mesure de ces
observables dans un système un état |j, m〉ne peut être connue avec certitude. On
ne peut que calculer leur valeur moyenne et l’incertitude sur le résultat de leur
mesure, qui est donnée par leur écart quadratique moyen. En effet :
Pour 𝐽𝑥 par exemple(∆𝐽𝑥 )2 = 〈𝐽𝑥 2 〉 − 〈𝐽𝑥 〉2 . Or :
1 1
〈𝐽𝑥 〉 = ⟨j, m|𝐽𝑥 |j, m⟩ = ⟨j, m|(𝐽+ + 𝐽− )|j, m⟩ = 0 car 𝐽𝑥 = 2 (𝐽+ + 𝐽− ) et l’action
2
de 𝐽+ 𝑒𝑡𝐽− sur les états |j, m〉 donne dés états |j, m ± 1〉 qui sont orthogonaux aux
états|j, m〉. Donc : (∆𝐽𝑥 )2 = 〈𝐽𝑥 2 〉 .
1 1
Or : 𝐽𝑥 2 = 4 (𝐽+ 2 + 𝐽− 2 + 𝐽+ 𝐽− + 𝐽− 𝐽+ ) = 4 (𝐽+ 2 + 𝐽− 2 + 2𝐽⃑2 − 2𝐽𝑧 2 )
Comme l’action de 𝐽+ 2 𝑒𝑡𝐽− 2 sur les états |j, m〉 donne dés états |j, m ± 2〉 qui sont
orthogonaux aux états|j, m〉 , on aura :
47
2
1 ћ
(∆Jx )2 = 2 ⟨j, m|J⃑2 − Jz 2 )|j, m⟩ = 2 [𝑗(𝑗 + 1) − 𝑚2 ]
- ∑j ∑+j
m=−j |j, m〉〈j, m| = ¶
De manière générale, les éléments de matrice d’un opérateur A dans la base {|j, m〉} sont
donnés par : ⟨j′, m′|A|j, m⟩. Ainsi pour 𝐽⃑2 , 𝐽𝑧 , 𝐽+ et 𝐽− :
⟨j′, m′|𝐽⃑2|j, m⟩ = j(j+1) ћ2 δj′ ,j . δm′ ,m
⟨j′, m′|𝐽𝑧 |j, m⟩ =m ћδj′ ,j . δm′ ,m
Exemple 1 : J=1 .
Dimension de ξj est égala à 2j +1=3. Comme −1 ≤ m ≤ 1, les valeurs de m sont:
m : -1, 0, +1 et les vecteurs de base sont:
{|1, m〉}={|1, +1〉, |1,0〉, |1, −1〉}≡{|+1〉, |0〉, |−1〉} puisque j est fixe
1 0 0 1 0 0 0 1 0
𝐽⃑2 = 2ћ2 (0 1 0) ; 𝐽𝑧 = ћ (0 0 0) ; 𝐽+ = ћ√2 (0 0 1)
0 0 1 0 0 −1 0 0 0
48
0 0 0
Comme (𝐽± )+ = 𝐽∓ alors : 𝐽− = ћ√2 (1 0 0) et l’on déduit les matrices de :
0 1 0
0 1 0 0 −i 0
√2 √2
𝐽𝑥 = ћ 2 (1 0 1) et 𝐽𝑦 = ћ 2 ( i 0 −i)
0 1 0 0 i 0
1 1
Exemple 2 : J=2 que l’on note S=2
1 1
Dimension de ξj est égala à 2j +1=2. Comme − 2 ≤ m ≤ 2, les valeurs de m sont: m :
1 1 1 1 1 1
-2, +2 et les vecteurs de base sont: {| 2 , m〉}={| 2 , + 2〉 , | 1, − 2〉}≡{|+〉, |, |−〉}
3 1 0 ћ 1 0 ћ 1 0
S⃑⃑ 2 = 4 ћ2 ( ) ; S𝑧 = 2 ( ) = 2 𝜎𝑧 où 𝜎𝑧 =( )
0 1 0 −1 0 −1
0 1 0 0
S+ = ћ ( ) ; S− = S+ + = ћ ( )⇒
0 0 1 0
ћ 0 1 ћ 0 1 ћ 0 i ћ 0 i
S𝑥 = 2 ( ) = 2 𝜎𝑥 𝑜ù 𝜎𝑥 = ( ) et S𝑦 = 2 ( )=2 𝜎𝑦 où 𝜎𝑦 = ( )
1 0 1 0 −i 0 −i 0
ћ
On peut écrire : 𝑆⃑ = 2 𝜎⃑ où les 𝜎𝑖 sont les matrices de Pauli
49
Les dérivées partielles cartésiennes s’écrivent :
𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕
= 𝜕𝑥 𝜕𝑟 + 𝜕𝑥 𝜕𝜃 + 𝜕𝑥 𝜕𝜑
𝜕𝑥
𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕
= 𝜕𝑦 𝜕𝑟 + 𝜕𝑦 𝜕𝜃 + 𝜕𝑦 𝜕𝜑
𝜕𝑦
𝜕 𝜕𝑟 𝜕 𝜕𝜃 𝜕 𝜕𝜑 𝜕
= 𝜕𝑧 𝜕𝑟 + 𝜕𝑧 𝜕𝜃 +
𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝜑
Or :
𝜕𝑟 𝑥 𝜕𝑟 𝑦 𝜕𝑟 𝑧
- 𝑟 2 = 𝑥 2 + 𝑦 2 + 𝑧 2 ⇒ 𝜕𝑥 = 𝑟 = sin θ cos φ ; = = sin θ sinφ ; = 𝑟 = 𝑐𝑜s θ
𝜕𝑦 𝑟 𝜕𝑧
𝑧 𝜕𝜃 𝑧 𝜕𝑟 1𝑧𝑥 1
- 𝑐𝑜𝑠𝜃 = 𝑟 ⇒ −𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝑥 = − 𝑟 2 𝜕𝑥 = − 𝑟 𝑟 𝑟 = − 𝑟 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑
𝜕𝜃 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝜃 𝑐𝑜𝑠𝜃𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕𝜃 −𝑠𝑖𝑛𝜃
On obtient :𝜕𝑥 = ; = ; =
𝑟 𝜕𝑦 𝑟 𝜕𝑧 𝑟
𝑦 1 𝜕𝜑 −𝑦 𝜕𝜑 −𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜕𝜑 𝑐𝑜𝑠𝜑 𝜕𝜑
- 𝑡𝑔𝜑 = 𝑥 ⇒𝑐𝑜𝑠2 𝜑 𝜕𝑥 = on en déduit : 𝜕𝑥 = ; 𝜕𝑦 = 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 et =0
𝑥2 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝑧
𝝏 ћ𝟐 𝝏 𝝏 𝝏𝟐
𝑳𝒛 = −𝒊ћ ; ⃑𝑳⃑𝟐 = − (𝒔𝒊𝒏𝜽 (𝒔𝒊𝒏𝜽 )+ )
𝝏𝝋 𝒔𝒊𝒏𝟐 𝜽 𝝏𝜽 𝝏𝜽 𝝏𝝋𝟐
𝜕 𝜕
et 𝐿± = ћ𝑒 ±𝑖𝜑 (𝜕𝜃 ± 𝑖𝑐𝑜𝑡𝑔𝜃 𝜕𝜑)
Où la fonction ψlm (r, θ, φ) est telle que : ψlm (r, θ, φ)= 〈r⃑|lm〉
On remarque que la coordonnée r n’apparait pas dans les operateurs différentiels. C'est-à-
⃑⃑2 𝑒𝑡 𝐿𝑧 n’agissent que dans l’espace angulaire, on peut alors poser :
dire que 𝐿
ψlm (r, θ, φ) = f(r)𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
50
⃑⃑2 𝑒𝑡 𝐿𝑧 associée
On considérera alors 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) comme la fonction propre commune à 𝐿
aux valeurs propres 𝑙(𝑙 + 1)ћ𝟐 et mћ de sorte que les équations aux valeurs propres de ces
operateurs peuvent s’écrire ;
⃑⃑2 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) = 𝑙(𝑙 + 1)ћ𝟐 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
𝐿
𝐿𝑧 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) = mћ𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
Tout comme précédemment, on remarque que la coordonnée φ n’apparait dans 𝐿𝑧 =
𝜕
−𝑖ћ 𝜕𝜑 et l’on pose : Ylm (θ, φ) = g 𝑙𝑚 (θ)hm (φ) . Comme 𝐿𝑧 (g 𝑙𝑚 (θ)hm (φ)) =
𝜕
mћ(𝑔𝑙𝑚 (θ)hm (φ) ) cela implique = −𝑖 𝜕𝜑 hm (φ) = mhm (φ) qui donne après
Remarque :
Comme la fonction Ylm (θ, φ) est continue et uniforme, elle n’admet qu’une seule
valeur en un point donné de l’espace. Ainsi pour les points identiques définis par (r, θ, φ) et
(r, θ, φ + 2π) on doit avoir : 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) = 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ + 2π) ce qui entraine que : ei2πmφ =1.
Cette égalité montre que m doit être entier, Comme : m = -l, -l+1,-l+2, ...,l -1,l ; l aussi doit
être entier = 0, 1, 2,.
En conclusion, dans le cas d’un moment cinétique orbital l et m ne peuvent être
qu’entiers. l est appelé nombre quantique azimutal et m est appelé nombre quantique
magnétique
Pour définir complètement les fonctions 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) il faut chercher la dépendance en θ
de g lm (θ). Pour ce faire il suffit par exemple de partir d’une fonction 𝑌𝑙±𝑙 (𝜃, 𝜑) et par
application successive de 𝐿± , on aura toutes les 2l+1 fonctions associées à l donné. En effet,
d’après les propriétés du moment cinétique, nous disposons de la relation de récurrence :
𝐿± |𝑙, m〉 = ћ√𝑙(𝑙 + 1) − 𝑚(𝑚 ± 1)|𝑙, m ± 1〉
𝜕
Partons de |𝑙, −𝑙〉 où l’on sait que 𝐿− 𝑌𝑙−𝑙 (θ, φ) = 0 . Comme 𝐿− = ћ𝑒 −𝑖𝜑 (𝜕𝜃 −
𝜕 𝜕 𝜕
𝑖𝑐𝑜𝑡𝑔𝜃 𝜕𝜑), alors : 𝐿− = ћ𝑒 −𝑖𝜑 (𝜕𝜃 − 𝑖𝑐𝑜𝑡𝑔𝜃 𝜕𝜑) (𝑔𝑙−𝑙 (θ)e−i𝑙φ )=0 ⇒
𝜕gl−l (θ) −ilφ 𝜕g𝑙−𝑙 (θ)
e − 𝑖𝑐𝑜𝑡𝑔𝜃. g 𝑙−𝑙 (θ). (−i𝑙) e−i𝑙φ=0 soit − 𝑙𝑐𝑜𝑡𝑔𝜃. g 𝑙−l (θ) = 0 ou encore :
𝜕𝜃 𝜕𝜃
51
𝑑g 𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑑(𝑠𝑖𝑛𝜃)
=𝑙 𝑑𝜃 = 𝑙 dont la solution générale est 𝑔𝑙−𝑙 (θ) = c𝑙 sin𝑙 θ où c𝑙 est une
𝑔 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑠𝑖𝑛𝜃
constante de normalisation. On aura donc pour chaque valeur entière positive ou nulle de l
une fonction Yl−l (θ, φ) unique définie par : 𝑌𝑙−𝑙 (θ, φ) = c𝑙 sin𝑙 θe−i𝑙φ
Par action répétée de 𝐿+ , on construit 𝑌𝑙−𝑙+1 , 𝑌𝑙−𝑙+2 ,,,,,,,, 𝑌𝑙𝑚 ,,,,,, 𝑌𝑙𝑙−1 , 𝑌𝑙𝑙 . Ainsi au
couple de valeurs propres 𝑙(𝑙 + 1)ћ2 𝑒𝑡 mћ correspond une fonction propre et une seule
𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) qui est appelé harmonique sphérique donnée par :
1
(2𝑙+1)(𝑙−m)ǃ 2 m
𝑌𝑙𝑚 (θ, φ) = (−1)m [ ] P𝑙 (cosθ) eimφ
4π(𝑙+m)ǃ
m
(1−u2 ) 2 d𝑙+m
Avec P𝑙m (u) = (u2 − 1)𝑙 est le polynôme de Legendre
2𝑙 𝑙ǃ du𝑙+m
par :
2𝜋 𝜋 ∗
c𝑙,m = ⟨𝑌𝑙𝑚 |𝑓⟩ = ∫0 𝑑𝜑′ ∫0 𝑠𝑖𝑛𝜃′𝑑𝜃′ 𝑌𝑙𝑚 (θ′, φ′) f(θ′, φ′) ⇒
2𝜋 𝜋+𝑙 𝑚 𝑚 ∗
f(θ, φ) = ∫0 𝑑𝜑′ ∫0 𝑠𝑖𝑛𝜃′𝑑𝜃′ ∑∞
𝑙=0 ∑m=−𝑙 𝑌𝑙 (θ′, φ′)𝑌𝑙 (θ, φ) f(θ′, φ′)
52
D’où finalement la réécriture de la relation de fermeture sous la forme:
𝑚∗ 1
∑∞ +𝑙 𝑚
𝑙=0 ∑m=−𝑙 𝑌𝑙 (θ′, φ′)𝑌𝑙 (θ, φ) = δ(φ − φ′ )δ(θ − θ′ )
sinθ
53
Pour l=1, m=±1, la probabilité est la plus grande lorsque 𝑠𝑖𝑛θ2 = 1,l’orbite
correspondante se trouve de préférence dans le plan oxy. Inversement, l’état
l=1, m=0 favorise les positions 𝑐𝑜𝑠θ2 = 1 soit θ: 0 ouπ, l’orbite reste de
préférence perpendiculaire au plan oxy.
Comme le potentiel est central, les coordonnées sphériques sont mieux adaptées et le
1 𝜕2 1 ∂ ∂ ∂2
laplacien Δ s’écrit : ∆= 𝑟 𝜕𝑟 2 𝑟 + r2 sin2 θ (sinθ ∂θ (sinθ ∂θ) + ∂φ2 )
ћ2 ∂ ∂ ∂2
Comme ⃑L⃑2 = − sin2 θ (sinθ ∂θ (sinθ ∂θ) + ∂φ2 ), le laplacien peut se mettre sous la forme :
1 𝜕2 ⃑⃑2
L −ћ2 1 𝜕2 ⃑⃑2
L
∆= 𝑟 𝜕𝑟 2 𝑟 − r2 ћ2 , de sorte que l’hamiltonien : 𝐻 = 𝑟 + 2μr2 + V (r)
2μ 𝑟 𝜕𝑟 2
54
L’équation de Schrödinger indépendante du temps s’écrit :H 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) = 𝐸𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑)
−ћ2 1 𝜕2 ⃑L⃑2
[ 2μ 𝑟 + 2μr2 + V (r)] 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) = 𝐸𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) (*)
𝑟 𝜕𝑟 2
Avec toutefois lim𝑟→0 𝑟𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) = 0 pour assurer la validité de l’action de H sur 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑)
dans tout l’espace y compris à l’origine. La fonction d’onde 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) doit en outre être de
carré sommable, elle doit donc être bornée pour toute valeur de r,
Dans cette expression, on constate que, toute la dépendance en θ et 𝜑 est contenue
⃑⃑2 . L
dans l’opérateurL ⃑⃑2 commute donc avec le premier et le dernier terme de H qui n’agissent
⃑⃑2 ] = 0.
que sur la variable r. Comme il commute avec lui-même, on a donc : [𝐻, L
∂
De même l’operateur Lz = −iћ ∂φ qui ne dépend que de φϕ et qui commute avec ⃑L⃑2 ,
commute aussi avec H soit : [H , Lz ] = 0. L’ensemble {𝐻, ⃑L⃑2 , Lz } constitue donc un E.C.O.C.
⃑⃑2 et Lz et correspondant a
Or nous savons déjà que les fonctions propres communes à L
des valeurs de l et m fixées sont les harmoniques sphériques𝑌𝑙𝑚 (θ, φ). Les fonctions
𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) sont donc forcement les produits d’une fonction R(r) de la variable r par
l’harmonique sphérique𝑌𝑙𝑚 (θ, φ), soit : 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) = 𝑅(𝑟)𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
Comme⃑⃑⃑
L2 𝜓(𝑟, 𝜃, 𝜑) = ⃑⃑⃑
L2 𝑅(𝑟)𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
= 𝑅(𝑟)⃑⃑⃑
L2 𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
= 𝑙(𝑙 + 1)ћ2 𝑅(𝑟)𝑌𝑙𝑚 (θ, φ)
Donc par substitution dans (*) et après simplification, on aboutit à l’équation
−ћ2 1 𝑑2 𝑙(𝑙+1)ћ2
radiale suivante : [ 2μ 𝑟+ + V (r)] 𝑅(𝑟) = 𝐸𝑅(𝑟)
𝑟 𝑑𝑟 2 2μr2
55
Remarques :
56
Cependant, il est à noter qu’en réalité, c’est la dépendance angulaire de la fonction d’onde
qui est essentielle dans les probabilités précédentes car ⃑L⃑2 et Lz n’agissent que sur θ et φ
Les atomes hydrogénoides sont les atomes à un seul électron de charge -e qui gravite
autour du noyau portant une charge Ze. Il s’agit de deux particules en mouvement soumises à
𝑍𝑒 2
une interaction mutuelle du type coulombienne 𝑉(|𝑟⃑1 − 𝑟⃑2 |) 𝑉(|𝑟⃑1 − 𝑟⃑2 |) = − 4𝜋𝜀 =
0 |𝑟⃑1 −𝑟⃑2 |
𝑍𝑞 2 𝑒2
− |𝑟⃑ où 𝑞 2 = 4𝜋𝜀 et 𝑟⃑1 et 𝑟⃑2 étant les vecteurs positions des deux particules dans un
1 −𝑟⃑2 | 0
Pour rendre H sous forme d’un hamiltonien séparable, on introduit le changement de variables
suivant :
𝑟⃑ = 𝑟⃑1 − 𝑟⃑2 : Position relative de la première particule par rapport à la deuxième
𝑚 𝑟⃑ +𝑚 𝑟⃑
𝑅⃑⃑𝐺 = 𝑒𝑚1 +𝑚𝑛 2 Position du centre de masse G du système
𝑒 𝑛
𝑚 𝑚 𝑚𝑒
et 𝜇(masse réduite) = 𝑚 𝑒+𝑚𝑛 = 𝑚 ≈ 𝑚𝑒
𝑒 𝑛 1+ 𝑒
𝑚𝑛
La dernière expression montre que l’hamiltonien se met sous la forme de deux termes :
𝐻 = 𝐻𝐺 + 𝐻𝑟 C'est-à-dire un hamiltonien séparable (chacun des termes agit dans un espace),
Avec :
𝐻𝐺 = 2 𝑀𝑅⃑⃑̇𝐺2 hamiltonien du centre de masse qui traduit son énergie cinétique dans le
1
-
référentiel fixe.
1
- 𝐻𝑟 = 2 𝜇𝑟⃑̇ 2 + 𝑉(𝑟) hamiltonien d’une particule relative, qui représente l’énergie du
57
𝐻𝐺 et 𝐻𝑟 commutent entre eux et commutent donc avec l’hamiltonien H. L’ensemble
{𝐻𝐺 , 𝐻𝑟 , H} constitue un E.C.O.C. et les trois observables admettent un système commun de
vecteurs propres. Soit |φ〉 le vecteur propre commun, d’après les propriétés du produit
tensoriel l’étude de H|φ〉 = E|φ〉 se ramène à celles de :
𝐻𝐺 |G〉 = EG |G〉 et 𝐻𝑟 |𝛹r 〉 = Er |𝛹r 〉 Avec : E=EG + Er et |φ〉 = |G〉⊗ |𝛹r 〉
- 𝐻𝐺 |G〉 = EG |G〉 : Cette équation montre que la particule associée au centre de masse est
libre et sa fonction d’onde est une onde plane ayant pour expression :
⃑⃑⃑G .𝑅
iP ⃑⃑⃑𝐺
1 ⃑P⃑2G
𝐺(𝑅⃑⃑𝐺 ) = 3 e ћ avec EG = ⃑⃑G = M𝑅⃑⃑𝐺
où P
2M
(2πћ)2
radiale :
−ћ2 𝑑2 𝑙(𝑙+1)ћ2
[ 2μ + + V (r)] χ (r) = 𝐸χ (r) avec lim𝑟→0 χ (r) = 0
𝑑𝑟 2 2μr2
−ћ2 𝑑2 𝑙(𝑙+1)ћ2 𝑍𝑞 2
Soit en remplaçant V(r) par son expression : [ 2μ + − ] χ (r) = 𝐸χ (r)
𝑑𝑟 2 2μr2 𝑟
Cette équation différentielle obtenue pour χ (r) peut s’interpréter comme une équation
de Schrödinger à une dimension relative à une particule de masse μ se déplaçant dans
𝑙(𝑙+1)ћ2 𝑍𝑞 2
un potentiel effectif 𝑉𝑒𝑓𝑓 (𝑟) tel que : 𝑉𝑒𝑓𝑓 (𝑟) = − dont l’allure en fonction
2μr2 𝑟
58
- Pour une valeur positive de l’énergie E, le mouvement classique n’est pas borné, il est
limité à gauche mais non à droite. A l’infini la fonction d’onde est celle d’une particule
libre. Le spectre de H est dans ce cas continu et les fonctions propres correspondantes ne
sont pas de carre sommable
- Pour une valeur négative de l’énergie E, le mouvement classique est borné. Il en résulte
que l’équation aux valeurs propres n’a de solutions acceptables que pour certaines valeurs
de l’énergie. Le spectre de H est donc discret et correspond aux niveaux d’énergie de
l’atome. C’est ce que nous allons étudier par la suite, puisqu’on est en présence d’un
système où les états sont liés.
𝐸 𝑑2 2𝑍 𝑙(𝑙+1)
∈= 𝐸 (< 0) où par substitution dans(1), on obtient : [𝑑𝜌2 +∈ + − ] χ (𝜌) = 0 (2)
1 𝜌 𝜌2
i) Comportement asymptotique
1 1
Lorsque ρ tend vers l’infini, les termes en 𝜌 𝑒𝑡 𝜌2 deviennent négligeables devant la
𝑑2
quantité constante∈ . L’équation radiale se réduit alors à [𝑑𝜌2 +∈] χ (𝜌) = 0 , équation
qui admet pour solution χ (𝜌) = e±αρ 𝑜ù 𝛼 = √−∈ . Comme χ (𝜌) doit être bornée à
l’infini, nous ne retiendrons que la solution physiquement acceptable : χ (𝜌) = e−αρ
La solution générale de l’équation radiale (2) sera alors de la forme : χ (𝜌) = e−αρ f(ρ)
qui par substitution dans (2), donnera l’équation différentielle à laquelle obéit f(ρ) :
𝑑2 𝑑 2𝑍 𝑙(𝑙+1)
[𝑑𝜌2 − 2𝛼 𝑑𝜌 + ( 𝜌 − )] f (𝜌) = 0 (3) avec : avec lim𝜌→0 f (𝜌) = 0
𝜌2
59
ii) Solution sous forme de séries entières
On va chercher les solutions de l’équation radiale en développant f (𝜌) en puissances
de ρ. On posera: 𝑓(𝜌) = 𝜌 𝑠 ∑∞ 𝑝 𝑠
𝑝=0 𝑎𝑝 𝜌 où visiblement 𝜌 est la solution au voisinage
de zéro (avec𝑎0 ≠ 0)
Où par substitution dans (3) et en égalant à zéro le coefficient de 𝜌𝑝+𝑠−2 qui est le
terme de plus bas degré et celui le plus dominant au voisinage de zéro, il vient :
[(𝑝 + 𝑠)(𝑝 + 𝑠 − 1) − 𝑙(𝑙 + 1)]𝑎𝑝 − 2[𝛼(𝑝 + 𝑠 − 1) − 𝑍]𝑎𝑝−1 = 0 (4)
Pour p=0, on a 𝑎0 ≠ 0 et 𝑎−1 =0, ce qui implique s(s-1)-l(l+1)=0. Donc s ne peut
prendre que l’une des deux valeurs : s=-l et s=l+1. Comme s est strictement positif si
l’on veut que lim𝜌→0 f (𝜌) = 0 , alors on a nécessairement s= l+1 et 𝑓(𝜌)
s’écrit :𝑓(𝜌) = 𝜌𝑙+1 ∑∞ 𝑝
𝑝=0 𝑎𝑝 𝜌 et On aboutit alors a la relation de récurrence suivante
:
2[𝛼(𝑝+𝑙)−𝑍]
𝑎𝑝 = 𝑎𝑝−1 (5) qui permet de calculer 𝑎𝑝 en fonction de 𝑎0 .
𝑝(𝑝+2𝑙+1)
𝑎𝑝 2𝛼 𝑎𝑝
o Pour p très grand ≈ . Ce qui montre que tend vers zero quand p tend
𝑎𝑝−1 𝑝 𝑎𝑝−1
vers l’infini. On en déduit que la série correspondante est convergente quel que
soit ρ et que pour une valeur quelconque de𝛼, on peut déterminer sans ambiguïté
les f(ρ) et par suite les χ(ρ).
o Or il se trouve que ce comportement est le même que la fonction 𝑒 2𝛼𝜌 dont le
𝑏𝑝 2𝛼
développement en série entière est: 𝑒 2𝛼𝜌 = ∑∞ 𝑝
𝑝=0 𝑏𝑝 𝜌 avec =
𝑏𝑝−1 𝑝
fonction que 𝑒 2𝛼𝜌 . Dans ces conditions : 𝑓(𝜌) ≡ 𝜌𝑙+1 𝑒 2𝛼𝜌 et χ (𝜌) = e−αρ f(ρ) ≡
𝜌𝑙+1 eαρ
Cette fonction est divergente et est non acceptable physiquement. Pour y
remédier, il suffit de réduire le développement à un polynôme comportant un nombre
fini de termes. C'est-à-dire un polynôme de degré fini.
On admettra alors qu’il existe un nombre entier strictement positif k qui est le
degré du polynôme. Cela implique que 𝑎𝑘+1 = 0 et d’après la relation (5) on
aura :𝛼(𝑘 + 𝑙 + 1) − 𝑍 = 0 (6) c'est-à-dire que l’interruption de la série ne peut avoir
𝑍
lieu que pour une valeur particulière de 𝛼 = (𝑘+𝑙+1) soit en remplaçant 𝛼 par son
𝜇𝑞 4 𝑍 21
expression :𝐸𝑘,𝑙 = − .
2ћ2 (𝑘+𝑙+1)2
60
On remarque que l’énergie𝐸𝑘,𝑙 , ne dépend pas de k et l séparément mais
seulement de leur somme. On peut alors pose : n=k+l+1 appelé nombre quantique
𝜇𝑞 4 𝑍 2 1
principal. Ce qui donne pour les différents niveaux d’énergie : 𝐸𝑛 = − =
2ћ2 𝑛2
𝐸
− 𝑛12 ; n : 1,2 ,3,,,,
est un polynôme dont le terme de plus bas degré est en 𝜌𝑙+1 et celui de plus haut degré
en𝜌𝑘+𝑙 . Ses différents coefficients se calculent en fonction de 𝑎0 à partir de la relation
2(𝑝−𝑘)
de récurrence (5) qui s’écrit en tenant compte de (6) : 𝑎𝑝 = 𝑝(𝑝+2𝑙+1)(𝑝+𝑙) 𝑎𝑝−1
où 𝐿2𝑙+1
𝑛+1 (𝑥) est l’expression dérivée des polynômes de Laguerre𝐿𝑘 (𝑥) par la relation :
𝑑𝑠 𝑑𝑘
𝐿𝑠𝑘 (𝑥) = 𝑑𝑥 𝑠 𝐿𝑘 (𝑥) avec 𝐿𝑘 (𝑥) = 𝑒 𝑥 𝑑𝑥 𝑘 [𝑥 𝑘 𝑒 −𝑥 ]
Propriétés :
i) Valeurs de l pour n donné :
On a la relation : n=k+l+1. Donc pour :
l=0⇒ k=n-1
l=1⇒ k=n-2
l=2⇒ k=n-3
‘‘
‘l=n-1⇒ k=0
l=n⇒ k= -1 impossible car k est positif ou nul
Finalement pour n donné, on a : 𝟎 ≤ 𝒍 ≤ 𝒏 − 𝟏
61
ii) Degré de dégénérescence
On a : 𝐻𝜓𝑛,𝑙,𝑚 (𝑟, 𝜃, 𝜑) = 𝐸𝑛 𝜓𝑛,𝑙,𝑚 (𝑟, 𝜃, 𝜑)
Si l’on se fixe une valeur donnée de n, plusieurs valeurs de sont possibles : l= 0, 1, 2,
.., n - 1 et à chacune de ces valeurs correspondent (2l + 1) valeurs possibles de m (m
= -l , -l + 1,..,l ) La dégénérescence du niveau d’énergie est alors: g(𝐸𝑛 ) =
2𝑛(𝑛−1)
∑n−1
𝑙=0 (2𝑙 + 1) = + 𝑛 = 𝑛2
2
En fait c’est 2𝑛2 si l’on tient compte des états de spin de l’électron.
62
Remarque
𝜇𝑞 4 𝑍 2 1
La même démarche que précédemment conduit à : 𝐸𝑘,𝑙∗ = − .Soit :
2ћ2 (𝑘+𝑙 ∗ +1)2
𝜇𝑞 4 𝑍 2 1
𝐸𝑛∗ = − où 𝑛∗ = 𝑘 + 𝑙 ∗ + 1
2ћ2 𝑛∗ 2
2μ𝑍𝑞 2 𝜎
Or d’après la relation (*) : 𝑙(𝑙 + 1) − 𝑙 ∗ (𝑙 ∗ + 1) = ћ2
2μ𝑍𝑞 2 𝜎
Soit : (l+𝑙 ∗ )(l-𝑙 ∗ )+(l-𝑙 ∗ )= où pour les faible valeurs de 𝜎 on peut écrire :
ћ2
2μ𝑍𝑞 2 𝜎
∆𝑙(2𝑙 + 1) = , de sorte que les niveaux d’énergie seront donnés par
ћ2
𝜇𝑞 4 𝑍 2 1
𝐸𝑛,𝑙 = − 2 . La dégénérescence en l est levée
2ћ2 μ𝑞2 𝜎 1
(𝑛− 2 1 )
ћ 𝑙+
2
Pour n fixé, l’énergie est une fonction croissante du nombre quantique l. Pour
les faibles valeurs de n, celui-ci joue encore son rôle de nombre quantique principal et
c’est lui qui détermine essentiellement la valeur de l’énergie (tous les niveaux n=2
sont situés au dessus du niveau n=1 et en dessous des niveaux n=3). Mais à partir de
n=4, les écarts d’énergie correspondant aux variations de n ou de l deviennent du
même ordre de grandeur. Ainsi :
4s≈3d ; 5s≈4d ; 6s≈5d ; 4f> 5s et 5p mais 4f≈5d
63
IV- Moment cinétique de spin
1- Introduction
64
En sortant du four, les atomes ont des moments magnétiques orientés dans toutes
les directions possibles. Dans l’aimant, ils sont soumis à un champ magnétique ⃑B⃑
parallèle à l’axe z. Le moment magnétique subit alors la précession de Larmor. Pendant
que l’atome se déplace dans l’aimant, il effectue plusieurs tours complets autour de ⃑B⃑ :
Les composantes μx , μy de μ
⃑⃑ sont donc en moyenne nulle, tandis que μz reste constante.
La force due au gradient du champ magnétique provient donc de la seule composante
μz :
𝜕𝑊 𝜕𝐵
𝐹𝑧 = − ⃑⃑ =-𝜇𝑧 𝐵 ⇒𝐹𝑧 = 𝜇𝑧
où W=-𝜇⃑. 𝐵
𝜕𝑧 𝜕𝑧
Par conséquent :un atome du jet ayant une masse M et une vitesse initiale ⃑V⃑
⃑⃑ = Mγ
parallèle à l’axe x sera soumis à l’action d’une force :F ⃑⃑ où par projection sur les
axes:
d2 y
Selon x : M dt2 = 0 ⇒ y = Vt (1)
d2 z F
Selon z : M dt2 = Fz ⇒ z = 2Mz t 2 (2)
z F 2
2 y une trajectoire parabolique le long de l’aimant
dans (2) ⇒ z = 2MV
l’écran :
zD z F lD ∂B 1
Z0 = l = MV
⁄2 2 = μz ∂z lD MV2 . Jusqu’à présent, nous avons effectué le calcul
65
vitesses différentes. Selon la théorie cinétique des gaz la vitesse la plus probable est
1 3 ∂B 1
donnée par :2 MV 2 = 2kT d’où finalement : Z0 = μz ∂z lD 3kT
Dans cette expression, toutes les quantités sont connues excepté μz . Cette
expérience permet donc de la mesurer : Comme les moments magnétiques des atomes
issus du four sont orientés au hasard de façon isotrope : On s’attend donc classiquement
à une distribution continue des valeurs de 𝜇𝑧 .
Or nous avons établi au paragraphe III que le moment cinétique orbital est
entier. Par conséquent l’existence des valeurs demies entières ne peut être expliquée
sans hypothèse supplémentaire.
Pour résoudre les difficultés précédentes, Uehlenbeck et Goudsmit (1925)
proposèrent l’hypothèse suivante : l’électron “tourne sur lui-même” (en anglais, “to
spin”), ce qui lui confère un moment cinétique intrinsèque, qu’on appelle le spin.
Pauli précisa ensuite cette hypothèse, et donna du spin une description quantique
valable à la limite non relativiste. Les postulats généraux de la mécanique quantique
que nous avons énoncés au Chapitre 1 paragraphe II doivent être complétés par un
certain nombre de postulats relatifs au spin, que nous allons maintenant préciser.
66
2- Les postulats de Pauli
Le mouvement d’une particule n’est pas uniquement caractérisé que par ses
variables orbitales𝑟⃑ 𝑒𝑡 𝑝⃑, mais il l’est aussi avec un degré de liberté interne caractérisé
par un moment cinétique de spin𝑆⃑.
Soit ξr⃑⃑ l’espace des états orbitaux. On ajoute aux variables orbitales des variables
de spin qui vérifient les postulats suivants :
i) L’opérateur de spin 𝑆⃑ est un moment cinétique. Cela signifie que ses trois
composantes sont des observables vérifiant les relations de commutation :
[𝑆𝑥 , 𝑆𝑦 ] = 𝑖ћ𝑆𝑧
[𝑆𝑦 , 𝑆𝑧 ] = 𝑖ћ𝑆𝑥
[𝑆𝑧 , 𝑆𝑥 ] = 𝑖ћ𝑆𝑦
Les opérateurs de spin agissent dans un nouvel espace, “espace des états
de spin” ξs , où 𝑆⃑2 et 𝑆𝑧 constituent un E.C.O.C. L’espace Es est donc
engendré par l’ensemble des états propres |s, m〉 communs à 𝑆⃑2 et 𝑆𝑧 :
𝑆⃑2 |s, m〉 = s(s + 1))ћ2 |s, m〉
𝑆𝑧 |s, m〉 = mћ|s, m〉 avec −𝑠 ≤ 𝑚 ≤ 𝑠
𝑆± |s, m〉 = ћ√𝑠(𝑠 + 1) − 𝑚(𝑚 ± 1)|s, m ± 1〉
D’après la théorie générale du moment cinétique, nous savons que s ne peut être
qu’entier ou demi-entier, et que m prend toutes les valeurs comprises entre -s et+s.
Une particule donnée est caractérisée par une valeur unique de s : on dit que cette
particule a un spin s. L’espace des états de spin ξs est donc toujours de dimension finie
(2s+1)
iii) L’électron est une particule de spin 1/2 (s = 1/2) et son moment magnétique
2𝜇𝐵
intrinsèque est donné par 𝜇⃑𝑆 = − 𝑆⃑ . Pour l’électron, la dimension de
ћ
67
𝟏
3- Rappel de l’espace dés états de spin 𝑺 =
𝟐
1
Pour s = 2 la dimension de l’espace ξs : 2s+1=2. Les valeurs de m possibles sont
ћ 1 1
± 2 et les états propres communs à 𝑆⃑2 et 𝑆𝑧 sont :{| 2 , ± 2〉} que l’on note :{|±〉}
ћ
On peut écrire : 𝑆⃑ = 2 𝜎⃑ où les 𝜎𝑖 sont les matrices de Pauli, qui possèdent les
68
𝟏
4- Description d’une particule de spin 𝑺 =
𝟐
Chaque ket |r⃑, ϵ〉 est unique à un facteur près, puisque X, Y , Z, 𝑆⃑2 et 𝑆𝑧 constituent un
E.C.O.C. Le système|r⃑, ϵ〉} est orthonormé, car les ensembles {|r⃑〉} et {|ϵ〉} le sont dans ξr⃑⃑ et
Avec cette notation, le produit scalaire de deux vecteurs d’état |Ψ〉 et |φ〉 est après
introduction de la relation de fermeture égal à :
〈ψ|φ〉 = ∑ ∫ d3 r⃑ 〈Ψ|r⃑, ϵ〉 〈r⃑, ϵ|φ〉 = ∫ d3 r⃑[Ψ+∗ (r⃑)φ+ (r⃑) + Ψ−∗ (r⃑)φ− (r⃑)]
ϵ
70
De sorte que le spineur aura la forme :
φ(r⃑) c+ c+
[Ψ](r⃑) = ( ) = φ(r⃑) ( c )
φ(r⃑) c− −
ii) Opérateur
En faisant agir un operateur linéaire A sur le ket |Ψ〉 on obtient un ket |Ψ′〉 = A
|Ψ〉 appartenant à ξ. D’après les résultats précédents |Ψ〉 et |Ψ′〉 peuvent être
représentés par des spineurs à deux composantes : [Ψ](r⃑) 𝑒𝑡 [Ψ′](r⃑) tels que :
[Ψ′](r⃑) = ⟦𝐴⟧[Ψ](r⃑) où ⟦𝐴⟧est une matrice (2 × 2) associée à A dont les
éléments deviennent en général des opérateurs différentiels vis à vis de x, y, z :
Exemple 1 : Opérateur 𝑃𝑥
|Ψ′〉 = 𝑃𝑥 |Ψ〉 = 𝑃𝑥 [∫ d3 r⃑|r⃑, +〉Ψ+ (r⃑) + ∫ d3 r⃑|r⃑, −〉Ψ− (r⃑)]
ћ ∂ ћ ∂
=[∫ d3 r⃑|r⃑, +〉 i ∂x Ψ+ (r⃑) + ∫ d3 r⃑|r⃑, −〉 i ∂x Ψ− (r⃑)]
Exemple 2 : Opérateur 𝑆+
|Ψ′〉 = 𝑆+ |Ψ〉 = 𝑆+ [∫ d3 r⃑|r⃑, +〉Ψ+ (r⃑) + ∫ d3 r⃑|r⃑, −〉Ψ− (r⃑)]
ћ∫ d3 r⃑|r⃑, +〉Ψ− (r⃑)
Ce qui donne pour le spineur :
1 Ψ+ (r⃑)
[Ψ′](r⃑) = ћ (Ψ− (r⃑)) = ћ (0 0 1
)( ) Soit ⟦𝑆+ ⟧ = ћ ( )
0 0 0 Ψ− (r⃑) 0 0
71
La probabilité dP( r⃑ , +) pour que l’électron soit trouvé dans le volume
élémentaire d3 r⃑ autour du point r⃑ (x, y, z) avec son spin “vers le haut” (composante
suivant Oz égale à +ћ/2) vaut : dP(r⃑, +)=|〈r⃑, +|Ψ〉|2 d3 r⃑ = |Ψ+ (r⃑)|2 d3 r⃑
De la même façon, La probabilité dP(r⃑, +) pour que l’électron soit trouvé dans le
volume élémentaire d3 r⃑ autour du point r⃑ (x, y, z) avec son spin “vers le haut”
(composante suivant Oz égale à −ћ/2) vaut : dP(r⃑,−)=|〈r⃑, −|Ψ〉|2 d3 r⃑ = |Ψ− (r⃑)|2 d3 r⃑.
Si l’on ne cherche pas à mesurer son spin, la probabilité de trouver l’électron
dans le volume élémentaire d3 r⃑ autour du point r⃑ (x, y, z) vaut dP(r⃑)=[|Ψ+ (r⃑)|2 +
|Ψ− (r⃑)|2 ]d3 r⃑.
De la même façon, si l’on ne cherche pas mesurer les variables orbitales, , la
probabilité de trouver l’électron avec son spin “vers le haut” (composante suivant Oz
égale à +ћ/2) vaut :𝑑𝑃(+) = ∫|Ψ+ (r⃑)|2 d3 r⃑
Remarque :
Si c’est la composante du spin le long de Ox que l’on mesure en même temps
que la position, Les opérateurs X, Y, Z et 𝑆𝑥 forment aussi un E.C.O.C: au résultat de
mesure {x,y,z et ± ћ /2} correspond un seul vecteur d’état : :|r⃑, ±〉𝑥 ≡ = |r⃑〉⊗|±〉𝒙 =
1
(|r⃑, +〉 ± |r⃑, −〉).
√2
1- Introduction
Pour une particule possédant un spin est placé dans un potentiel central tel que:
𝑃⃑⃑2
𝐻0 = 2𝑚 + 𝑉(𝑟) . La description de l’état se fera dans une base. Adaptée associé à
Cependant, si l’on tient compte des corrections on introduit dans l’hamiltonien certains
termes dont notamment celui du couplage spin-orbite. Ce couplage traduit l’interaction du
moment magnétique du spin de l’électron avec le champ magnétique intérieur dû au
mouvement de l’électron sur son orbite : Hs.o = a(r)l. s⃑ En effet :
72
Supposons que l’électron décrit une orbite circulaire. Le champ magnétique créé par le
μ ⃑r⃑ μ0 e ⃑r⃑ μ e ⃑r⃑
⃑⃑ = 0 ev
mouvement de l’électron est : B ⃑⃑˄ r3 = − ˄v 0
⃑⃑ = − 4πm ˄l⃑
4π 4π r3 r3
Ze2 ∂V 1 Ze2 1 4πϵ0 ∂V μ0 ϵ0 ∂V
Comme V(r)= − 4πϵ ⇒ = 4πϵ ⇒ = d’où : ⃑B⃑ = mer ⃑l
2 r2 Ze2 ∂r
0r ∂r 0 r ∂r
= 𝑎(𝑟)[𝑖ћ𝑙𝑥 𝑠𝑦 − 𝑖ћ𝑙𝑦 𝑠𝑥 ] ≠ 0
- Soit ⃑J1 un moment cinétique agissant dans un espace d’étatξJ1 , qui est rapporté à la base
2
{|𝑗1 , 𝑚1 〉} constituée des vecteurs propres communs à ⃑J1 et 𝐽1𝑧 et on a :
2
⃑J1 |𝑗1 , 𝑚1 〉 = 𝑗1 (𝑗1 + 1)ћ2 |𝑗1 , 𝑚1 〉
𝐽1𝑧 |𝑗1 , 𝑚1 〉 = 𝑚1 ћ|𝑗1 , 𝑚1 〉 avec −𝑗1 ≤ 𝑚1 ≤ 𝑗1
𝐽1 ± |𝑗1 , 𝑚1 〉 = ћ√𝑗1 (𝑗1 + 1) − 𝑚1 (𝑚1 ± 1)|𝑗1 , 𝑚1 ± 1〉
- De même soit ⃑J2 un moment cinétique agissant dans un espace d’étatξJ2 , qui est rapporté à
2
la base {|𝑗2 , 𝑚2 〉} constituée des vecteurs propres communs à ⃑J2 et 𝐽2𝑧 et on a :
2
⃑J2 |𝑗2 , 𝑚2 〉 = 𝑗2 (𝑗2 + 1)ћ2 |𝑗2 , 𝑚2 〉
𝐽2𝑧 |𝑗2 , 𝑚2 〉 = 𝑚2 ћ|𝑗2 , 𝑚2 〉 avec −𝑗2 ≤ 𝑚2 ≤ 𝑗2
73
𝐽2 ± |𝑗2 , 𝑚2 〉 = ћ√𝑗2 (𝑗2 + 1) − 𝑚2 (𝑚2 ± 1)|𝑗2 , 𝑚2 ± 1〉
- L’espace du système global des deux moments cinétiques est le produit tensoriel de ξj1 et
ξj2 : ξ(j1, j2 ) = ξJ1 ⊗ ξJ2 qui est alors rapporté à la base formée par le produit tensoriel des
bases de ξJ1 et ξJ2 |𝑗1 , 𝑚1 〉 ⊗ |𝑗2 , 𝑚2 〉 notée |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉 qui sont vecteurs propres
2 2
communs des observablesJ⃑1 , 𝐽1𝑧 , ⃑J2 𝑒𝑡 𝐽2𝑧 de valeurs propres respectives : 𝑗1 (𝑗1 + 1)ћ2
, 𝑚1 ћ , 𝑗2 (𝑗2 + 1)ћ2 et 𝑚2 ћ. Cette base est bien adaptée à l’étude des moments cinétiques
individuels ⃑J1 et ⃑J2
- Soit ⃑J = ⃑J̃1 + ⃑J̃2 = ⃑J1 ⊗ ¶𝑗2 + ¶𝑗1 ⊗ ⃑J2 ≡ ⃑J1 + ⃑J2 . C’est par définition, le moment
cinétique total du système. Bien entendu, les composantes de ⃑J1 d’une part, et de ⃑J2 d’autre
part, vérifient les relations de commutation caractéristiques des moments cinétiques. Il est
facile de s’assurer que les composantes de ⃑J vérifient également de telles relations. Par
conséquent[J⃑2 , Jz ] = 0. On peut donc diagonaliser simultanément ⃑J 2 et Jz et l’on a :
2 2
Comme ⃑J1 et ⃑J2 commutent séparément avec ⃑J1 etJ⃑2 , il en est de même deJ⃑ ; en
2 2
particulier, ⃑J 2 et Jz commutent avec ⃑J1 et ⃑J2 :
2 2
[Jz , ⃑J1 ] = [Jz , ⃑J2 ] = 0
2 2
[J⃑2 , ⃑J1 ] = [J⃑2 , ⃑J2 ] = 0
D’autre part, 𝐽1𝑧 , et 𝐽2𝑧 commutent évidemment avec Jz : [𝐽1𝑧 , Jz ] = [𝐽2𝑧 , Jz ] = 0. Par
2 2
contre ⃑J 2 ne commute ni avec 𝐽1𝑧 ni avec𝐽2𝑧 . En effet : ⃑J 2 = ⃑J1 + ⃑J2 + 2J⃑1. ⃑J2 . Tout
comme en introduction où ⃑l. s⃑⃑⃑ ne commute ni avec 𝑙𝑧 ni avec 𝑠𝑧 , le terme ⃑J1 . ⃑J2 et
donc ⃑J 2 ne commute ni avec 𝐽1𝑧 ni avec𝐽2𝑧 .
2 2
D’après ce qui précède, les observables ⃑J1 , ⃑J2 , ⃑J 2 , Jz commutent entre elles. Nous
allons construire un système orthonormé de vecteurs propres communs à ces dernières
observables |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉 tels que :
2
⃑J1 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉 = 𝑗1 (𝑗1 + 1)ћ2 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉
2
⃑J2 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉 = 𝑗2 (𝑗2 + 1)ћ2 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉
74
𝐽⃑2 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉 = J(J + 1)ћ2 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉
𝐽𝑧 |𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉 = Mћ|𝑗1 , 𝑗2 , J, M〉
Cette nouvelle base sera bien adaptée à l’étude du moment cinétique total du système.
Notons que cette base sera distincte de la précédente, puisque ⃑J 2 ne commute pas avec 𝐽1𝑧
et 𝐽2𝑧
On se place dans le sous espace propre ξ(j1, j2 ) de deux observables ⃑J1 et ⃑J2
a) Spectre de 𝑱⃑𝟐
Nous n’allons pas donner une démonstration rigoureuse, mais on peut s’aider, tout en
restant prudent, du modèle vectoriel pour comprendre cette proposition.
75
∑𝐽=j1 +j2 𝐽=j1 +j2 𝐽=j1 +j2
𝐽=j1 −j2 (2𝐽 + 1) = 2 ∑𝐽=j1 −j2 𝐽 + ∑𝐽=j1 −j2 1
𝐽=j +j
Or : ∑𝐽=j11 −j22 1 =(j1 + j2 ) − ( j1 − j2 − 1)=2j2 + 1
𝐽=j +j
2 ∑𝐽=j11 −j22 𝐽 = [(j1 + j2 ) − (j1 − j2 ) + 1][(j1 − j2 ) + (j1 + j2 )] = 4j1 . j2 + 2j1
𝐽=j +j
Finalement : ∑𝐽=j11 −j22(2𝐽 + 1) = 4j1 . j2 + 2j1 +2j2 + 1=(2j1 + 1)(2j2 + 1)
b) Spectre de 𝑱𝒛
Les vecteurs propres|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉 sont vecteurs propres de 𝐽𝑧 avec les valeurs propres
M=𝑚1 + 𝑚2 〉 :
𝐽𝑧 |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉 = (𝐽1𝑧 + 𝐽2𝑧 )|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉
=(𝑚1 + 𝑚2 )ћ|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉
= 𝑀ћ|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉
Remarque : Dégénérescence de M
Pour M donné, on cherche le nombre g(M) de couple (𝑚1 , 𝑚2 ) tel que : M=𝑚1 + 𝑚2 .
L’état correspondant à M = j1 + j2 est unique : il n’ya qu’une seule façon de le réaliser
(𝑚1 = j1 , 𝑚2 = j2 ). Par contre il y a deux façons de réaliser l’état correspondant à M =
j1 + j2 − 1; on peut en effet avoir (𝑚1 = j1 , 𝑚2= j2 − 1) ou (𝑚1 = j1 − 1, 𝑚2 = j2) : La valeur
propre M = j1 + j2 − 1 est donc deux fois dégénérée. Pour M = j1 + j2 − 3 il y aura trois
possibilités g(M)=3 : ( 𝑚1 = j1 , 𝑚2= j2 − 2 ) ou ( 𝑚1 = j1 − 1, 𝑚2 = j2 − 1 ) ou ( 𝑚1 = j1 −
2, 𝑚2 = j2 ).
76
c) Vecteurs propres communs à 𝑱⃑𝟐 et 𝑱𝒛
77
{|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉} . En effet, à cause de M=j1 + j2 − 1 qui doit être égale à 𝑚1 + 𝑚2 , il est de
la forme : |j1 + j2 − 1, j1 + j2 − 1〉 = α′|𝑗1 , j1 − 1, 𝑗2 , j2 〉 + β′|𝑗1 , j1 , 𝑗2 , j2 − 1〉. Ce vecteur doit
être perpendiculaire au vecteur|j1 + j2 , j1 + j2 − 1〉, ce qui donne : α′ = − β et β′ = α (à un
facteur de phase prés). Soit :
j1 j2
|j1 + j2 − 1, j1 + j2 − 1〉 = √j |𝑗1 , j1 , 𝑗2 , j2 − 1〉 − √j | 𝑗1 , j1 − 1, 𝑗2 , j2 〉.
1+j2 1 +j2
Les vecteurs |J, M〉 et |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉 sont les vecteurs des bases et doivent donc
satisfaire aux relations d’othonormalisation et de fermeture.
+𝑗 𝑗
|J, M〉 = ¶|J, M〉 = ∑𝑚11=−𝑗1 ∑𝑚22 =−𝑗2 |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉
Les coefficients 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉 de ces développements sont appelés coefficients de
Clebsch-Gordan. Les résultats précédents montrent que 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉 n’est différent de
zéro que si : M=𝑚1 + 𝑚2 et |j1 − j2 | ≤ 𝐽 ≤ j1 + j2
De la même façon : |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉 = ¶|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉
j +j
1 2
= ∑𝐽=|j ∑+𝐽 |𝐽, 𝑀〉〈𝐽, 𝑀|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉
1 −j2 | 𝑀=−𝐽
Comme d’autre part les coefficients de Clebsch-Gordan ont été choisis par convention, tous
réels : 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉 = 〈𝐽, 𝑀|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉.
Les coefficients de Clebsch-Gordan possèdent des propriétés intéressantes, dont nous allons
citer quelques unes :
o Relation d’orthogonalité :
〈J, M|J′, M′〉=δJ,J′ δM,M′ soit en introduisant la relation de fermeture :
∑+𝑗1 𝑗2
𝑚1 =−𝑗1 ∑𝑚2 =−𝑗2 〈J, M|𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J′, M′〉 = δJ,J′ δM,M′
De la même façon : 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |𝑗1 , 𝑚′1 , 𝑗2 , 𝑚′2 〉=δ𝑚1, 𝑚′1 δ𝑚2 ,𝑚′2 . Soit :
∑j𝐽=|j
1 +j2
∑+𝐽 〈𝑗 〉
−j | 𝑀=−𝐽 1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |𝐽, 𝑀〉〈𝐽, 𝑀|𝑗1 , 𝑚′1 , 𝑗2 , 𝑚′2 ==
1 2
78
o Relation de récurrence
Par application de 𝐽− = 𝐽1− + 𝐽2− à l’égalité
+𝑗 𝑗
|J, M〉 = ∑𝑚11=−𝑗1 ∑𝑚22 =−𝑗2 |𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 〉〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉 , on obtient :
o Changement d’ordre de 𝑗1 𝑒𝑡 𝑗2
〈𝑗2 , 𝑚2 , 𝑗1 , 𝑚1 |J, M〉 = (−1)𝑗1 +𝑗2 −𝐽 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉
o Changement de signe de M, 𝑚1 et 𝑚2
〈𝑗1 , −𝑚1 , 𝑗2 , −𝑚2 |J, −M〉 = (−1)𝑗1 +𝑗2 −𝐽 〈𝑗1 , 𝑚1 , 𝑗2 , 𝑚2 |J, M〉
3- Applications
𝟏
3-1 : Cas particulier de l’addition de deux spins 𝟐
deux moments cinétiques est le produit tensoriel de ξs1 et ξs2 : ξ(s1, s2 ) = ξs1 ⊗ ξs2
de dimension 4 est alors rapporté à la base formée par le produit tensoriel des
bases deξs1 et ξs2 : |±〉 ⊗ |±〉 notée {|±, ±〉} = {|+, +〉, |+, −〉, |−, +〉, |−, −〉} qui
2 2
sont vecteurs propres communs des observablesS⃑⃑1 , 𝑆1𝑧 , ⃑⃑S2 𝑒𝑡 𝑆2𝑧
- Le moment cinétique total : ⃑S⃑ = ⃑S⃑1 + ⃑S⃑2 sera étudié dans la base
2
adaptée : {|s1 , s2 , S, M〉} ≡ {|S, M〉} qui sont vecteurs propres communs de S⃑⃑1 ,
2
⃑S⃑2 , ⃑S⃑ 2 𝑒𝑡 𝑆𝑧 Avec s1 = s2 = 1 on a : |s1 − s2 | ≤ 𝑆 ≤ s1 + s2 soit : 0 ≤ 𝑆 ≤ 1
2
79
- Relation entre les bases :
Pour déterminer le premier vecteur, on part de la plus grande valeur de M(M = 1)
1
qui correspond à 𝑚1 , = 𝑚2 = 2 et pour laquelle il n’existe qu’une seule valeur de
S(S = 1). Comme la valeur de M = 1 n’est pas dégénérée les vecteurs |1,1〉 et
|+, +〉 sont proportionnels et l’on a :|1,1〉 = |+, +〉.
Les autres vecteurs propres associés à S = 1 s’obtiennent par application répétée de
𝑆− = 𝑆1− + 𝑆2− sur |1,1〉 , soit : 𝑆− |1,1〉 = ћ√1(1 + 1) − 1(1 − 1)| 1,0〉 =
𝑆− |1,1〉 (𝑆1− +𝑆2− )|+,+〉 1
ћ√2|1,0〉 d’où :|1,0〉 = = = (|+, −〉 + |−, +〉)
ћ√2 ћ√2 √2
En résumé, on a :
|1,1〉 = |+, +〉
1
Un triplet :{ |1,0〉 = √2 (|+, −〉 + |−, +〉)
|1, −1〉 = |−, −〉
1
Un singulet : |0,0〉 = (|+, −〉 − |−, +〉)
√2
𝟏
3-2 : Couplage d’un moment cinétique orbital l d’un spin 𝟐
80
{|𝑙, m𝑙 , s, ms 〉} ≡ {|m𝑙 , ms 〉} qui sont vecteurs propres communs des observables :
⃑⃑2 , 𝐿𝑧 , 𝑆⃑2 𝑒𝑡 𝑆𝑧
𝐿
1 1
On a deux séries deux vecteurs ; | J = 𝑙 + 2 , M〉 et | J = 𝑙 − 2 , M〉
2𝑙 1
= √2𝑙+1 |𝑙 − 1, +〉 + √2𝑙+1 |𝑙, −〉
1
De façon générale, le vecteur | J = 𝑙 + 2 , 𝑀〉 est une combinaison
1
linéaire des deux seuls vecteurs de base associés| 𝑀 − 2 , +〉 et | 𝑀 +
1
, −〉. En comparant les expressions précédentes, on aboutit à la
2
combinaison suivante :
81
1 1
1 𝑙+𝑀+ 1 𝑙−𝑀+ 1
|J = 𝑙 + 2 , 𝑀〉 = √ 2𝑙+12| 𝑀 − 2 , +〉 + √ 2𝑙+12 | 𝑀 + 2 , −〉
1
o Pour J = 𝑙 − 2
orthogonal à
1 1
| J = 𝑙 + 2 , 𝑙 − 2〉 . On obtient :
1 1 2𝑙 1
|J = 𝑙 − 2 , 𝑙 − 2〉 = √2𝑙+1| 𝑙, −〉 − √2𝑙+1 |𝑙 − 1, +〉
1 3 3 1
Avec M : 𝑙 − 2 , − 2 ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, −𝑙 + 2 , −(𝑙 − 2)
C’est une particule dans un potentiel central, la base d’étude est notée |𝑛, 𝑙, 𝑚〉 associé
82
1 1 1
Pour l donné, les valeurs de J sont telles que : :|𝑙 − 2 | ≤ 𝑗 ≤ 𝑙 + 2 , Soit 𝑗 = 𝑙 ± 2 et
𝑎(𝑟)
donc : H = 𝐻0 + (𝑗⃑⃑⃑⃑2 − ⃑⃑⃑⃑
𝑙 2 − ⃑⃑⃑⃑⃑
𝑠 2 ) aura pour valeur propre:
2
𝑎(𝑟)ћ2
𝐸𝑛,𝑙,𝑗 = 𝐸𝑛0 + (𝑗(𝑗 + 1) − 𝑙(𝑙 + 1) − 𝑠(𝑠 + 1)).
2
Interprétation géométrique :
⃑j est le moment cinétique du système isolé.
Toutes les grandeurs physiques attachées au système
tournent autour de ⃑j qui est un vecteur constant.
⃑⃑, seule
En particulier pour une grandeur vectorielleV
subsiste en valeur moyenne dans le temps,
sa projection sur ⃑J, c'est-à-dire un vecteur parallèle à ⃑J
V.j⃑ ⃑⃑⃑
donné par : ⃑⃑⃑⃑
Vǁ = ⃑j2 ⃑j
83
〈l⃑.j⃑〉 〈s⃑⃑.j⃑〉k,j
Dans ces conditions : lz = 〈j⃑2 〉k,j jz et sz = j
〈j⃑2 〉k,j z
k,j
Or :
⃑l. ⃑j = ⃑l. (l⃑ + s⃑) = ⃑l2 + ⃑l. s⃑=l⃑2 + 1 (j⃑⃑⃑2 − ⃑⃑⃑
l2 − s⃑⃑⃑⃑2 )
2
1
s⃑. ⃑j = s⃑. (l⃑ + s⃑) = s⃑2 + ⃑l. s⃑=s⃑2 + 2 (j⃑⃑⃑2 − ⃑⃑⃑
l2 − ⃑⃑⃑⃑
s2)
ћ 2
〈l⃑. ⃑j〉k,j = l(l + 1)ћ2 + (j(j + 1) − l(l + 1) − s(s + 1))
2
ћ2
〈s⃑. ⃑j〉k,j = s(s + 1)ћ2 + (j(j + 1) − l(l + 1) − s(s + 1))
2
84
Chapitre 3 : Les méthodes d’approximation
L’étude quantique d’un système physique est basée essentiellement sur la résolution de
l’équation de Schrödinger relative à ce système. Cette résolution ne peut se faire exactement
que dans des cas très particuliers où l’hamiltonien est suffisamment simple pour être
facilement diagonalisable. A titre d’exemple on ne sait pas traiter, même en ne tenant compte
que de l’interaction électrostatique, les atomes à deux ou plusieurs électrons ; on ne sait pas
diagonaliser exactement l’hamiltonien d’un système lorsqu’on tient compte du couplage spin-
orbite, du couplage avec un champ électromagnétique,..., II est aussi souvent difficile de
résoudre l’équation de Schrödinger dépendant du temps. Il faut alors avoir recours à une
résolution numérique, effectuée le plus souvent sur ordinateur. Il existe cependant des
méthodes d’approximation qui permettent dans certains cas, d’obtenir analytiquement des
solutions approchées de l’équation aux valeurs propres ou des probabilités.
Nous commencerons par celles qui permettent de trouver de façon approchée les états
stationnaires d’un système, avant d’aborder le problème plus complexe des phénomènes
dépendant du temps.
On décompose la fonction cherchée en fonction des Ѱ0n (r) : 𝛹𝑛 (r) = ∑𝑛 𝐶𝑛 Ѱ0n (𝑟⃗) (2)
(2) dans (1) donne: ∑𝑛 𝐶𝑛 ( 𝐸𝑛0 + 𝑊) Ѱ0𝑛 = ∑𝑛 𝐶𝑛 𝐸Ѱ0𝑛
Soit en intégrant sur tout l’espace
0∗ 0 0∗ 0
∫ ∑𝑛 𝐶𝑛 𝐸𝑛0 Ѱ𝑚 Ѱ𝑛 𝑑3 𝑟⃗ + ∫ ∑𝑛 𝐶𝑛 Ѱ𝑚 WѰ𝑛 𝑑 3 𝑟⃗ = ∫ ∑𝑛 𝐶𝑛 𝐸Ѱ0∗ 0 3
𝑚 Ѱ𝑛 𝑑 𝑟
⃗
Et en tenant compte des relations d’ortho normalisation des fonctions d’onde :
0
𝐶𝑚 𝐸𝑚 + ∑𝑛 𝐶𝑛 𝑊𝑛𝑚 = 𝐶𝑚 𝐸
𝑜𝑢 ∶ 𝑊𝑛𝑚 = ∫ 𝑑3 𝑟⃗ Ѱ(0)∗ 0
𝑚 𝑊Ѱ𝑛 =< Ѱ𝑚 |𝑊|Ѱ𝑛 >
86
(5) Dans (4) donne :
Cette présentation de l’équation (4) permet de la résoudre facilement par la méthode des
approximations successives. [2]
i) Approximation d’ordre zéro :
On ne garde que l’équation en 𝝀𝟎
0
On a [𝐸𝑚 − 𝐸 (0) ]𝐶𝑚
0
=0 Avec m= 1, 2,3……k…..
(𝟎) (𝟎)
Pour le Kéme équation 𝑬(𝟎) = 𝑬𝒌 et 𝑪𝒎 = 𝜹𝒎𝒌 ⟹(6) c. à .dire que tous les 𝐶𝑚
0
= 0 sauf
𝐶𝑘0 = 1
Finalement :
Ŵ𝒌𝒏 Ŵ𝒏𝒌
𝑬𝒌 = 𝑬𝟎𝒌 + 𝝀Ŵ𝒌𝒌 + 𝝀𝟐 ∑𝒏≠𝒌 + 𝟎𝝀𝟑
𝑬𝟎𝒌 −𝑬𝟎𝒏
87
Remarque :
- L’hypothèse d’une faible valeur de l’operateur W par comparaison avec 𝐇 𝟎 se traduit par :
𝜆Ŵ𝑛𝑚
|𝐸0 −𝐸 0 | << 1 n≠ m (la valeur propre tout proche de celle de 𝐇 𝟎 )
𝑛 𝑚
|𝑊𝑛𝑚 |
- Soit pour l’opérateur de perturbation W : 0 −𝐸 0 |
|𝐸𝑚
<< 1 m≠ n où encore 𝐸 (2) = 𝐸 (1)
𝑛
88
Ckβ ≠0 pour 𝐸 (0) = 𝐸𝑘0 non seulement pour un seul Ckβ mais pour tous les Ckβ se rapportant
à 𝐸𝑘0 , i,e, Ckβ :β=1,2 …….gk
Ainsi l’approximation d’ordre zéro pour une fonction de niveau K sera :
0
Ckβ = Ckβ (b0 ) β=1,2……..gk
0
𝐶𝑚𝛽 =0 Pour m≠β
Dans cette approximation, ou prendre des équations (8) celles qui contienne des
0 0 (0) (𝑂)
{𝐶𝑘𝛽 ≠ 0, 𝐶𝑘𝛼 ≠ 0} pour chercher : [𝐸𝑘0 + 𝑊𝑘𝛽,𝑘𝛽 − 𝐸]𝐶𝑘𝛽 + ∑𝛼≠𝛽 𝑊𝑘𝛽,𝑘𝛼 𝐶𝑘𝛼 = 0 (9)
(0) (0)
Où pour simplifier les calculs, on pose 𝑊𝛼𝛽 = 𝑊𝑘𝛼,𝑘𝛽 et 𝐶𝛼 = 𝐶𝑘𝛼 (α=1,2 ….gk)
(0) (0) 𝑔 (0)
D’ou (9) s’écrit :[𝐸𝑘 + 𝑊𝛽𝛽 − 𝐸]𝐶𝛽 + ∑𝛼≠𝛽
𝑘
𝑊𝛽𝛼 𝐶𝛼 = 0 (β=1,2,…….gk)
a) Oscillateur anharmonique
89
P2 1
l’hamiltonien peut s’écrire sous la forme: 𝐻 = 𝐻 0 + 𝑊 où 𝐻 0 = 2m + 𝑚𝜔02 𝑋 2 et
2
Selon la théorie des perturbations dans le cas non dégénéré, l’énergie du kème niveau
(0) (𝑥 3 )𝑛𝑘 (𝑥 3 )𝑘𝑛
d’énergie au second ordre est donnée par : 𝐸𝑘 = 𝐸𝑘 + 𝛼(𝑥 3 )𝑘𝑘 + 𝛼 2 ∑𝑛≠𝑘 (0) (0)
𝐸𝑘 −𝐸𝑛
Il suffit donc de calculer les éléments de matrice de (𝑥 3 )𝑘𝑛 . Or d’après les règles de
multiplication des matrices on peut calculer (𝑥 3 )𝑘𝑛 à partir de 𝑥𝑚𝑛 . En effet :
(𝑥 3 )𝑘𝑛 = ∑𝑙 𝑥𝑘𝑙 (𝑥 2 )𝑙𝑛 = ∑𝑙 𝑥𝑘𝑙 ∑𝑚 𝑥𝑙𝑚 𝑥𝑚𝑛 = ∑𝑙 ∑𝑚 𝑥𝑘𝑙 𝑥𝑙𝑚 𝑥𝑚𝑛 où l’on connait les
ћ
éléments de matrice : 𝑥𝑚𝑛 = (√𝑛𝛿𝑛−1,𝑚 + √𝑛 + 1𝛿𝑛+1,𝑚 )√2𝑚𝜔 . Cela implique :
0
3
ћ 2
(𝑥 3 )𝑘𝑛 = (2𝑚𝜔 ) ∑𝑙,𝑚( √𝑘𝛿𝑘−1,𝑙 + √𝑘 + 1𝛿𝑘+1,𝑙 )
0
. (√𝑙𝛿𝑙−1,𝑚 + √𝑙 + 1𝛿𝑙+1,𝑚 ).
. (√𝑚𝛿𝑚−1,𝑛 + √𝑚 + 1𝛿𝑚+1,𝑛 )
3
ћ √𝑘(𝑘 − 1)(𝑘 − 2)𝛿𝑘−3,𝑛 + √9𝑘 3 𝛿𝑘−1,𝑛
2
= (2𝑚𝜔 ) { }
0 +√9(𝑘 + 1)3 𝛿𝑘+1,𝑛 + √𝑘(𝑘 + 1)(𝑘 + 2)𝛿𝑘+3,𝑛
En conséquence : (𝑥 3 )𝑘𝑘 = 0 donc la correction au 1er ordre est nulle. La correction
d’ordre 2 contient une somme suivant n où les éléments de matrice non nuls sont :
𝑛 = 𝑘 ± 3 𝑒𝑡 𝑛 = 𝑘 ± 1. En plus (𝑥 3 )𝑘𝑛 = (𝑥 3 )𝑛𝑘 . Finalement :
1 𝛼2 ћ 3 15 11
𝐸𝑘 = ћ𝜔0 (𝑘 + 2) − ћ𝜔 (𝑚𝜔 ) (𝑘 2 + 𝑘 + 30)
0 0 4
90
b) Effet Stark : Dissociation des raies spectrales de l’atome d’hydrogène dans un
champ électrique faible
Considérons un atome d’Hydrogène - supposé sans spin et au repos - placé dans un champ
électrique ⃑⃑⃑⃗ ⃑⃑⃑⃑⃗(‖𝐸⃑⃗ ‖ = E). On rappelle
𝐸 constant dont l’orientation est suivant le vecteur 𝑒𝑧
qu’en l’absence de champs extérieurs et du couplage spin-orbite, les niveaux d’énergie sont
donnés par :
𝐸
𝐸𝑛 = − 𝑛2𝐼 Avec 𝑛 ≥ 1 et EI = 13, 6 eV
Ils sont dégénérés n² fois (si l’on ne tient pas compte du spin) et les états propres associés
sont notés|𝒏𝒍𝒎〉. L’Hamiltonien de perturbation peut alors s’écrire sous la forme :
𝐫 ⃑⃗ = −𝐞𝐳𝐄
𝐖 = − 𝐞⃑⃑⃑⃗𝐄
Où z est l’opérateur position. Ce Hamiltonien décrit l’énergie d’interaction du moment
⃑⃑⃑⃑⃗ de l’atome avec le champ 𝐸⃑⃗ et qui induit une modification des
dipolaire électrique 𝑒𝑟
niveaux d’énergie En (effet Stark) que l’on en train d’étudier. [4]
i) Perturbation au 2nd ordre de l'état fondamental n = 1(effet Stark quadratique) :
D’après la théorie de perturbation, l’effet du champ électrique s’obtient au premier ordre en
calculant l’élément de matrice : niveau n = 1 non-dégénéré.
δE₁= ⟨n = 1, l = 0, mL = 0|W|n = 1, l = 0, mL = 0⟩ = −eE⟨100|z|100⟩
+∞
où ⟨100|z|100⟩ = ∫−∞ Ψ₁₀₀ (z) ∗ . z . Ψ₁₀₀(z) dz
Avec : Ψ₁₀₀(z) la fonction d’onde associée au ket |100〉.
+∞
D’où : ⟨100|z|100⟩ = ∫−∞ z|Ψ₁₀₀ (z)|²dz
Avec le changement de variable z → -z on obtient :
+∞ +∞
⟨100|z|100⟩ = ∫−∞ −z|Ψ₁₀₀ (−z)|²(−dz) = − ∫−∞ z|Ψ₁₀₀ (−z)|²dz
Or Ψ₁₀₀(z) est soit paire soit impaire ("parité définie") sous inversion spatiale (c’est-à-dire,
pour nous, quand z devient -z), donc : Ψ₁₀₀ (-z) = Ψ₁₀₀(z) ou -Ψ₁₀₀ (z)
D’ou : |Ψ₁₀₀ (−z)| = |Ψ₁₀₀(z)|dans les 2 cas
+∞
Et finalement :⟨100|z|100⟩ = − ∫−∞ z|Ψ₁₀₀ (z)|²dz = −⟨100|z|100⟩ = 0
Il n’y a pas d’effet Stark du 1er ordre pour le niveau fondamental de l’atome d’hydrogène
(sans spin). Il faut passer au terme suivant de la série de perturbation : perturbation en seconde
|⟨100|W|n,l,m⟩|2
ordre. δ2 E1 = ∑n≠1
l,m E1 −En
91
1
Or E1 − En = −EI (1 − n2 ) < 0 , ou En = −EI ⁄n2 étant la valeur propre de H₀
(eE)2 |⟨100|z|n,l,m⟩|2
associée a l’état propre |n, l, m>. Alors : δ2 E1 = (− ) ∑n≠1 1 <0
EI l,m 1− 2
n
La somme précédente n’est certainement pas nulle, car il existe des états |n, l, m> de parité
opposée a celle de |1, 0,0>.pour que les termes ⟨100|z|n, l, m⟩i soient non nuls, Il faut donc
que : m = 0 et l impair :
(eE)2 |⟨100|z|n,l,0⟩|2
δ2 E1 = (− ) ∑n≠1 1
EI l,m 1− 2
n
|⟨1,0,0|z|2,1,0⟩|2
n = 2 =) l = 0 ou 1, mais seul l = 1 (impair) convient le terme : 3⁄4
|⟨1,0,0|z|3,1,0⟩|2
n = 3 =) l = 0; 1 ou 2, mais seul l = 1 (impair) convient le terme : 8⁄9
(eE)2 4 9
δ2 E1 = (− ) ( |⟨1,0,0|z|2,1,0⟩|2 + |⟨1,0,0|z|3,1,0⟩|2
EI 3 8
16
+ |⟨1,0,0|z|4,1,0⟩|2 + |⟨1,0,0|z|4,3,0⟩|2 + ⋯ )
15
92
j) Perturbation du niveau n= 2 et levée de dégénérescence (effet Stark linéaire):
On va étudier l’effet de W sur le niveau n=2, en calculons la correction au premier ordre
en diagonalisant la matrice W.
La dégénérescence du niveau n = 2 est : n2 = 4 : E2 dégénéré 4 fois
n = 2→ l = 0 (et donc m = 0) ou l = 1 (et donc m = -1; 0 ou 1) la base étudier est formé par
quatre Etats : |200>, |210>, |211> ,21 - 1>.
L’état |200> est paire, les trois états |21 m> sont impaire .comme W est un operateur
vectoriel impaire, l’élément de matrice ⟨200|W|200⟩ et les neuf éléments de matrice
⟨21m|W|21m′⟩ sont nuls. Par contre, comme les états |200> et |21 m> sont de parités
⟨210|W|200⟩ = αE
opposées, ⟨21m|W|200⟩ différent de zéro {
⟨200|W|210⟩ = αE
La matrice représentent W dans la multiplicité n=2 a donc finalement la forme suivant (les
vecteurs de base sont ranges dans l’ordre :( |200>, |210>, |211> ,21 - 1>)
|200> |210> |211> |21 - 1>
0 𝛼𝐸 0 0
𝛼𝐸 0 0 0
W= ( )
0 0 0 0
0 0 0 0
On en déduit immédiatement les corrections a l’ordre un en E, et les états propres a l’ordre
zéro : |211> et |21 -1> sont donc vecteur propre de W pour la valeur propre 0 (ie que W n’a
aucun effet sur ces vecteurs).
* Il ne reste donc qu’à diagonaliser la sous-matrice :
|200> |210>
0 1 −𝜆 𝛼𝐸
W’= 𝛼𝐸 ( ) il faut calculer Déterminant W’- λI =0 ⟹ | |=0
1 𝑂 𝛼𝐸 −𝜆
𝛿𝐸2 = 0
donc λ = ± 𝛼𝐸 , Alors on déduit: { 𝛿𝐸2 = 𝛼𝐸
𝛿𝐸2 = −𝛼𝐸
Le niveau E(0)2 se scinde donc en 3 niveaux :
(E2)1 = E (0)2 – 𝛼𝐸 (non-dégénérée)
(E2)2 = E (0)2 +𝛼𝐸 (non-dégénérée)
(E2)3 = (E2)4 = E(0)2 (dégénérée 2 fois)
⟹sont les valeurs propre de l’Hamiltonien H=H₀+W
Les nouveaux états propres associés aux valeurs propres ±𝛼𝐸 sont solutions de :
0 1 𝛽
𝛼𝐸 ( ) ( ) = ±𝛼𝐸 (𝛽𝛾) , on déduit alors (|200 > ± |210 >) ⁄√2
1 0 𝛾
93
Etats propres corrections
1
(|200 > + |210 >) → 𝛼𝐸
√2
1
(|200 > − |210 >) → −𝛼𝐸
√2
|211 > → 0
|21 − 1 > → 0
Remarque :
On voit que la dégénérescence du niveau n=2 est partialement levée et que les
déplacements énergétiques sont linéaires et non plus quadratique en E. L’apparition d’un
effet Stark linéaire est typique de l’existence de deux nivaux de parité opposée et de même
énergie, ici les niveaux sont 2S 2p .cette situation n’existe que dans le cas de l’Hydrogène.]
𝜶𝑬
E2 0
−𝜶𝑬
𝐸⃑⃗ = ⃑⃑⃑⃗
𝟎 𝐸 ≠ ⃑⃑⃑⃗
⃑⃑⃑⃗ 𝟎
2- Méthode variationnelle
Il arrive souvent qu’on ne peut pas décomposer l’hamiltonien total H du système en une
partie principale H0 et une perturbation W. Il arrive également que la résolution de l’équation
aux valeurs propres de H0 soit très difficile. Dans beaucoup de cas on s’intéresse à l’énergie
de l’état fondamental pour comprendre au moins quelques propriétés du système. La méthode
variationnelle qui nous allons présenter constitue un outil d’approximation simple pour
résoudre ce type de problème.
94
2-1 : Principe de la méthode
obtient :
∗ ∗
- ⟨𝜓|𝜓⟩ = ∑n,m cm cn ⟨𝜑𝑚 |𝜑𝑛 ⟩ = ∑n,m cm cn δmn = ∑n|cn |2
∗ ∗
- ⟨𝜓|H|𝜓⟩ = ∑𝑛,𝑚 cm cn ⟨𝜑𝑚 |H|𝜑𝑛 ⟩ = ∑n,m cm cn 𝐸𝑛 δmn = ∑n 𝐸𝑛 |cn |2
≥ 𝐸0 ∑n|cn |2 = 𝐸0 ⟨𝜓|𝜓⟩
⟨𝜓|H|𝜓⟩
Finalement : 〈𝐻〉|𝜓〉 = ⟨𝜓|𝜓⟩
≥ 𝐸0 , qui signifie que quelque soit le choix de l’état|ψ〉,
La valeur moyenne 〈𝐻〉 est stationnaire (extrémum) si le vecteur d’état |ψ〉 qui lui est
associé est vecteur propre de H et les valeurs stationnaires de H sont les valeurs propres
de l’hamiltonien. En effet :
La valeur moyenne de l’énergie dans l’état |ψ〉 peut s’écrire sous la forme :
95
〈𝐻〉⟨𝜓|𝜓⟩ = ⟨𝜓|H|𝜓⟩ . Soit, en calculant l’accroissement 𝑑〈𝐻〉 lorsque |ψ〉 subit un
accroissement infiniment petit:
⟨𝜓|𝜓⟩𝑑〈𝐻〉 + 〈𝐻〉[⟨𝜓|𝑑𝜓⟩ + ⟨𝑑𝜓|𝜓⟩] = ⟨𝜓|H|𝑑𝜓⟩ + ⟨𝑑𝜓|H|𝜓⟩
Puisque 〈𝐻〉 est un nombre, on obtient :
⟨𝜓|𝜓⟩𝑑〈𝐻〉 = ⟨𝜓|[H − 〈𝐻〉]|𝑑𝜓⟩ + ⟨𝑑𝜓|[H − 〈𝐻〉]|𝜓⟩
La valeur moyenne 〈𝐻〉 sera stationnaire si d 〈𝐻〉 = 0 , ce qui signifie d’après
l’équation précédente que ⟨𝜓|[H − 〈𝐻〉]|𝑑𝜓⟩ + ⟨𝑑𝜓|[H − 〈𝐻〉]|𝜓⟩ = 0 on encore si l’on
pose : |𝜑〉 = [H − 〈𝐻〉]|ψ〉, l’égalité précédente s’écrit : ⟨𝜑|𝑑𝜓⟩ + ⟨𝑑𝜓|𝜑⟩ = 0.
Cette dernière relation doit être vérifiée pour tout ket infinitésimal|dψ〉, en particulier si
l’on choisit : |dψ〉 = ε|𝜑〉 où ε est un infiniment petit réel. La dernière relation redevient :
2⟨𝜑|𝜑⟩ε = 0.
Le ket |φ〉 est donc de norme nulle et par suite nécessairement nul ; ceci entraîne,
compte tenu de |𝜑〉 = [H − 〈𝐻〉]|ψ〉 : 𝐻|ψ〉 = 〈𝐻〉|ψ〉
L’hamiltonien étant pair, on peut montrer que son état fondamental est décrit par une
fonction d’onde paire qui doit s’annuler à l’infini puisqu’il s’agit d’un état lié. Une gaussienne
de la forme : ψα (𝑥) = ⟨𝑥|ψ(α)⟩ = exp(−𝛼𝑥 2 ) où 𝛼 > 0 est un paramètre, possède ces
propriétés.
⟨ψα |H|ψα ⟩
L’énergie du système dans l’état ψα (𝑥) vaut :𝐸(α) = 〈𝐻〉(α) = ⟨ψα |ψα ⟩
. Or nous avons,
96
+∞ 2 𝜋 +∞ 2 1 𝜋
Comme : ∫−∞ 𝑒 −2𝛼𝑥 𝑑𝑥 = √𝛼 et ∫−∞ 𝑥 2 𝑒 −2𝛼𝑥 𝑑𝑥 = 2𝛼 √𝛼
ћ2 𝑚𝜔02 1
On en déduit que : 𝐸(α) = 〈𝐻〉(α) = 2𝑚 𝛼 + . Cette énergie est minimale si :
2 𝛼
𝑑〈𝐻〉(α) 𝑚𝜔0 ћ𝜔0
= 0 . Soit pour𝛼 = 𝛼0 = qui donne alors : 〈𝐻〉(𝛼0 ) = .
𝑑α 2ћ 2
Le calcul exact donne aussi cette valeur. Ce résultat est du fait que la fonction d’onde de l’état
fondamental de l’oscillateur est précisément l’une des fonctions de la famille d’essai, c’est
celle correspondant a la valeur 𝛼0 du paramètre α.
1
Si on avait choisit une fonction d’essai : ψα (𝑥) = avec > 0 . Le même type de calcul
𝑥 2 +α
ћ2 𝑚𝜔02 𝑑〈𝐻〉(α) 1 ћ
conduit à : 𝐸(α) = 〈𝐻〉(α) = 4𝑚𝛼 + 𝛼 où = 0 pour 𝛼 = 𝛼0 = et donc
2 𝑑α √2 𝑚𝜔0
ћ𝜔0
〈𝐻〉(𝛼0 ) =
√2
Si le système est initialement dans l’état |ψ(0)〉 et si son hamiltonien est indépendant du
temps on en déduit facilement |ψ(t)〉 dans le cas d’un système conservatif par application de
l’opérateur d’évolution à|ψ(0)〉. Dans le cas général où l’hamiltonien dépend explicitement
du temps, le problème est complexe et l’on doit souvent se contenter de chercher des solutions
approchées. Tout comme pour les perturbations stationnaires, nous nous intéressons au
̂ est scindé en deux parties : 𝐻
problème dans lequel l’hamiltonien 𝐻 ̂ = 𝐻
̂0 + Ŵ où 𝐻
̂0 est
l’opérateur non perturbé indépendant du temps.
Nous avons vu au paragraphe précédent que lorsque la perturbation Ŵ est indépendante du
̂0 en levant éventuellement leur
temps, elle modifie légèrement les niveaux d’énergies de 𝐻
̂ peuvent alors être décrits comme des combinaisons
dégénérescence. Les états propres de 𝐻
̂0 et le système reste dans un état
linéaires à coefficients constants des états propres de 𝐻
stationnaire.
Lorsque la perturbation Ŵ(t) dépend du temps, on ne peut plus parler des corrections aux
̂0 puisque le système n’est plus conservatif : l’énergie ne se conserve
niveaux d’énergie de 𝐻
pas et les états du système ne sont plus stationnaires. Le problème consistera ici à un calcul
approché des fonctions d’ondes à partir des états stationnaires du système non perturbé et où
l’effet de la perturbation aura à induire des transitions entre les différents états d’énergie.
97
1- Position du problème
C’est une équation différentielle du 1er ordre, la solution |𝛹(𝑡)〉 de cette équation répondant à
la condition initiale |𝛹(𝑡 = 𝑡0 )〉 = |𝜑𝑖 〉 est unique et la probabilité de transition cherchée
s’écrit:
2
𝒫if (t) = |⟨φ0f |Ψ(t)⟩| (4)
̂0 , il est
La probabilité 𝒫𝑖𝑓 (𝑡)fait intervenir explicitement les états propres |𝜑n0 〉de𝐻
donc naturel de choisir la représentation {|𝜑n0 〉} et d’utiliser la méthode de la variation de
la constante lors de la recherche de 𝛹(𝑡) c.-à-d. qu’on décompose 𝛹(𝑥, 𝑡) suivant les
̂0 :
fonctions propres de 𝐻
Ψ(x, t) = ∑n cn (t)φ0n (𝑥, t) (5)
2
d
̂ 0 φ0n (x, t) et 𝒫𝑖𝑓 (𝑡) = |⟨𝜑𝑓0 |𝛹(𝑡)⟩|2 = |𝑐𝑓 (𝑡)|
Avec iħ dt φ0n (x, t) = H
98
(0)∗
En multipliant à gauche𝜑𝑓 (𝑥, 𝑡) et en intégrant, tout en en tenant compte de la
relation d’orthogonalité, on obtient:
dcf (t)
iħ = ∑n Wfn (t)eiωfn t cn (t) (7)
dt
(0)∗
Où : Wfn (t) = ∫ φf (x) Ŵ(t)φ0n (x) dx = ⟨φ0f |Ŵ(t)|φ0n ⟩
E0f −E0n
et ωfn = Fréquence de Bohr pour la transition Ef ⟶ En
ħ
On suppose qu’à l’instant initial, le système se trouve dans l’état𝐸 = 𝐸𝑖 , en conséquence pour
𝑐 (0) = 1 si 𝑛 = 𝑖
𝑡 = 𝑡0 = 0:{ 𝑛 i.e. : 𝑐𝑛 (0) = 𝛿𝑛𝑖
𝑐𝑛 (0) = 0 si 𝑛 ≠ 𝑖
Comme W est une faible perturbation, on remarque que, si l’on néglige complètement W dans
(7) les 𝑐𝑘 (𝑡) seront des constants donc on peut considérer l’approximation d’ordre zéro
comme :
(0)
𝑐𝑘 (0) ≡ ck = 𝛿𝑛𝑘 (9)
La méthode des perturbations consiste à chercher, comme pour les états stationnaires, les
coefficients sous forme d’un développement en puissance de la perturbation Ŵ :
(0) (1) (2)
ck (t) = ck (t) + ck (t) + ck (t) + ⋯
(1) (2)
Où ck (t) est du même ordre queŴ, ck (t) de l’ordre de Ŵ2 , etc
En portant l’approximation d’ordre zéro (9) dans la partie droite de l’équation (7), on obtient
l’approximation d’ordre un.
(1)
dcf (t) (0)
iħ = ∑n Wfn (t)eiωfn t cn = Wfi (t)eiωfi t . Soit, après intégration :
dt
(1) 1 𝑡 ′
𝑐𝑓 (𝑡) = ∫ 𝑊𝑓𝑖 (𝑡 ′ )𝑒 𝑖𝜔𝑓𝑖 𝑡 𝑑𝑡 ′ (10)
𝑖ħ 0
(1)
En portant cette approximation d’ordre 1 af (t) dans la partie droite de (7) on a l’équation de
l’approximation d’ordre 2
(2)
dc (t) (1)
iħ f = ∑ Wfk (t)eiωfn t cn (t) (11)
dt
n
Etc...
99
Remarques :
i) Si l’on se limite au1er ordre, la probabilité de transition du système de l’état |i〉
àl’état |f〉due à la perturbation Ŵ(t) est :
t 2
(1) (1)
2 1 ′
𝒫if (t) = |cf (t)| = 2 |∫ Wfi (t ′ )eiωfi t dt ′ | (12)
ħ 0
ii) Il faut remarquer cependant, que dans cette approximation, on admet que l’on fait
une erreur négligeable en en remplaçant les coefficients cn (t) par leur valeurcn (0),
à l’instant t = 0. Ceci n’est valable que si les cn (t) ont des valeurs voisines
decn (0), c’est à dire tant que t reste suffisamment petit. Pour t grand il faut
pousser les calculs aux ordres supérieurs ou trouver un autre type d’approximation.
(1) 1 t ′ ′
cf (t) = ∫ (F̂fi ei(ωfi −ω)t + F̂if∗ ei(ωfi +ω)t ) dt ′
iħ 0
100
3-1 : Transition entre deux états stationnaire
̂ (t) peut prendre l’une des deux formes simples :
Une perturbation sinusoïdale W
̂ cos ωt
V ̂ sin ωt
V
̂ (t) = {V̂
Soit W ̂ (t) = { V̂
ou W
(eiωt + e−iωt ) (eiωt − e−iωt )
2 2i
Une telle perturbation est fréquente en physique. Par exemple la perturbation d’un
système par un champ électromagnétique sinusoïdale, par un champ électrique et/ou
magnétique sinusoïdale. Dans tous les cas la réponse du système à cette perturbation se traduit
par des transitions entre état initial et autres états avec des probabilités de transitions
𝒫if (t)qu’il est utile de determiner.
a) Calcul de 𝓟𝐢⟶𝐟 (𝐭, 𝛚) :
D’après la relation(15), La probabilité de transition de l’état initial |φi 〉 à l’état final|φf 〉 entre
0 et t est donc :
(1)
̂fi |2 (1 − ei(ωfi −ω)t ) (1 − ei(ωfi +ω)t ) 2
|V
𝒫i⟶f (t, ω) = | + | (16)
4ħ2 (ωfi − ω) (ωfi + ω)
(1) ̂ fi |2
|V 1−𝑒
𝑖(𝜔𝑓𝑖 ±𝜔)𝑡
C.-à-d. de la forme :𝒫i⟶f (t, ω) = |A− + A+ |2 Où 𝐴± =
4ħ2 (𝜔𝑓𝑖 ±𝜔)
Lorsque le temps t est fixé, la probabilité de transition est une fonction de la seule variable ω
et nous allons voir que 𝒫𝑖𝑓 (𝜔)représente un maximum pour 𝜔 ⋍ 𝜔𝑓𝑖 ou 𝜔 ⋍ −𝜔𝑓𝑖
Pour l’absorption :
ωfi − ω 2
2 2
̂
|V | ̂
|V | sin ( ) t
(1)
𝒫i⟶f (t, ω) =
fi
|A− |2 =
fi
( 2 ) (17)
4ħ 2 4ħ 2 ω fi − ω
2
101
ii. Cas où : ω ⋍ −ωfi |A− | ≪ |A+ | (terme antirésonnant) :
ωfi = ωi − ωEf = Ei − ħω, l’atome émet un photon d’énergie ħω lorsque l’électron passe
du niveau Ei au niveau Ef plus bas. Cette émission résulte de l’interaction d’un photon
incident d’énergie ħω avec l’atome. Après interaction, il y a deux photons en phase de même
énergie. Ce phénomène s’appelle émission stimulée et ne doit pas être confondu avec la
désexcitation d’un atome de Ei vers Ef en l’absence de champ (E.M) extérieur qui est
l’émission spontanée
Ef
Emission
d’un quantum
Ei
Pour l’émission :
2
2 ωfi + ω
̂
|Vfi | sin ( ) t
(1)
𝒫i⟶f (t, ω) = ( 2 ) (18)
4ħ2 ωfi + ω
2
Donc, en résumé :
Remarque :
Il est important de retenir pour la suite que le termeeiωt est associé à l’émission d’un
photon, alors que le terme e−iωt correspond au contraire à une absorption.
102
b) Validité de l’approximation résonnante :
D’après la figure précédente, on remarque que |𝐴+ (𝜔)|2 = |𝐴− (−𝜔)|2 et que les deux
courbes ont la même largeur∆𝜔. Pour que les deux courbes n’interférent pas il faut que :
∆𝜔 ≪ 2𝜔𝑓𝑖 . La largeur ∆ω peut être définie approximativement comme étant la distance qui
4𝜋
sépare les deux premières zéros de 𝒫𝑖𝑓 (𝑡, 𝜔) autour de 𝜔 = 𝜔𝑓𝑖 ∆𝜔 ⋍ (plus le temps t
𝑡
pendant lequel on applique la perturbation est faible, plus ∆𝜔 est grand. Ce résultat est à
1
rapprocher de ∆𝐸𝑡 ≥ ħ et ∆𝜔 ≥ 𝑡 ).
perturbation effectue plusieurs oscillations afin qu’il puisse être ressentie par le système
comme une perturbation sinusoïdale.
puisqu’une probabilité est inférieure à 1. Donc pour que l’approximation d’ordre un soit
2ħ
valable à la résonance il faut que la probabilité soit très petite devant l’unité, c.-à-d. : t ≪ |V̂ |.
fi
Remarques :
i) Dans le cas d’une perturbation stationnaire (indépendante du temps) il suffit par
̂ (t) = 𝑉̂ cos ωt
exemple de poser ω = 0 dans 𝑊
Dans ces conditions :
ω t 2
̂fi |2
|V 2 ̂fi |2 sin ( 2fi )
|V
𝒫i⟶f (t) = 2 2 |1 − eiωfi t | = 2 ( ω ) (20)
ħ ωfi ħ fi
2
103
𝜔𝑓𝑖 𝑡 2
2 𝑠𝑖𝑛( )
̂𝑓𝑖 | t2
|𝑉 2
Qu’on peut sous la forme : 𝒫𝑖⟶𝑓 (𝑡) == f(t, 𝜔𝑓𝑖 ) où f(t, 𝜔𝑓𝑖 ) = ( 𝜔𝑓𝑖 t )
ħ2
2
Ceci signifie que les transitions se font préférentiellement vers les états dont
l’énergie est située dans une bande de largeur δE = 2πћ/t autour de l’énergie 𝐸𝑖 de
l’état initial. Autrement dit les transitions conservent l’énergie jusqu’à une valeur de
l’ordre de δE.
Pour t → ∞, il n’y a plus de transitions. Une perturbation constante en
permanence, ne peut pas “ébranler” le système et donc ne peut induire de transitions.
Pour un état final donné, la probabilité de transition 𝒫if (t) oscille avec la période
̂ |2
2|V 2𝜋
2π/𝜔𝑓𝑖 autour de la valeur moyenne(ћ𝜔 fi )2. Pour des temps𝑡 ≪ 𝜔 , 𝒫if (t) a un
𝑓𝑖 𝑓𝑖
comportement en𝑡 2 .
ii) Pour mettre clairement en évidence le caractère de résonance, on a :
̂ fi |2 sin2 αt
|V ωfi ±ω − pour l′absortion
𝒫i⟶f (t) = où α = {
4ħ2 α2 2 +pour l′émission
Or d’après les propriétés de la fonction de distribution de Dirac on a:
sin2 αt
lim ≅ πtδ(α) (21)
t→∞ α2
sin2 αt
α ≠ 0 limt→∞ →0
πtα2
sin2 αt (αt)2
En effet : pour α ⋍ 0 limt→∞ ~ ~t → ∞
πtα2 πtα2
1 sin2 αt
{ De plus ∫ =1
π tα2
104
Par conséquent pour t suffisamment grand :
2
̂𝑓𝑖 |
|𝑉 𝜔𝑓𝑖 ±𝜔 1
𝒫𝑖⟶𝑓 (𝑡) = 𝜋𝑡𝛿 ( ) Or : δ(aα) = |a| δ(α) (22)
4ħ2 2
𝜋 2
Finalement : 𝒫𝑖⟶𝑓 (𝑡) = 2ħ |𝑉̂𝑓𝑖 | 𝑡𝛿(𝐸𝑓 − 𝐸𝑖 ± ħ𝜔) (23)
Jusqu’à présent nous avons considéré un hamiltonien non perturbé 𝐻0 qui possède
seulement un spectre discret, mais il peut arriver que 𝐻0 admet un spectre mixte forme de
valeurs propres aussi bien discrètes que continues. Cette situation se rencontre dans de
nombreuses situation et l’état final |𝜑𝑓 〉
peut appartenir à un continuum d’états d’énergies voisines
Ef ρ(Ef ) dEf d’états d’énergie
∈ [Ef , Ef + dEf ]
Ei
Supposons maintenant que l’état |𝜑𝑓 〉 appartienne à un spectre continu et qu’il y ait
𝜌(𝐸𝑓 ) 𝑑𝐸𝑓 états dans l’intervalle d’énergie compris entre 𝐸𝑓 et 𝑑𝐸𝑓 . La quantité 𝜌(𝐸𝑓 )
représente la densité d’états par unité d’intervalle d’énergie.
Dans ces conditions, l’état du système solution de l’équation de Schrödinger sera décrit
par :
𝐸𝑘 𝑡 𝐸𝛼 𝑡
𝛹(𝑥, 𝑡) = ∑ 𝑐𝑘 (𝑡)𝜑𝑘 (𝑥)𝑒 −𝑖 ħ + ∫ 𝑐𝛼 (𝑡)𝜑𝛼 (𝑡)𝑒 − ħ 𝑑𝛼 (25)
𝑘
105
Avec comme précédemment, si le système se trouve initialement dans l’état 𝐸𝑖 :
Les équations(29) et (30) sont connues sous le nom de règle d’or de Fermi.
terme décrit l’interaction du moment magnétique S⃑⃗ de spin de l’électron avec le champ
q
⃑⃗s . ⃑B⃗oùμ
magnétique de l’onde(W = −μ ⃑⃗s = 2μB avec μB = 2m le magnéton de Bohr)
106
̂=H
En développantH, on peut le mettre sous la forme : H ̂0 + W
̂ (t)
0,53Ȧ) et λ est la longueur d’onde qui, pour les sources lumineuse utilisés (⋍ 5000Ȧ) est très
supérieure à a0 , de sorte qu’on a :
̂2
W
≪1
̂1
W (37)
a0
{ky~ < 1 → sin(ky − ωt) ⋍ − sin ωt
λ
Cette simplification est appelée approximation dipolaire électrique, elle est bien justifiée
(d’une manière générale) dans l’annexe 2.
L’hamiltonien d’interaction atome-onde se réduit donc à :
q ⃑⃗ q E0
̂ (t) ⋍ −
W ⃑A⃗. ̂
P= ̂
P sin ωt (38)
m mω z
L’équation (38) appelée hamiltonien dipolaire électrique.
En effet :
q E0
̂fi (t) = ⟨φf |V
V ̂(t)|φi ⟩ = ̂ |φ ⟩ sin ωt
⟨φ |P
mω f z i
𝑖ћ
̂0 ] = 𝑃𝑧 , on en déduit : ⟨φf |P
Comme[𝑍, 𝐻 ̂z |φi ⟩ = imωfi ⟨φf |ẑ|φi ⟩oùωfi = (Ef − Ei )/ħ
𝑚
107
̂fi (t) = −E(0, t)D
Donc : V ̂z (39)
fi
E0 −iωt
Avec E(0, t) = e ̂ z = q. ẑfi : le moment dipolaire électrique de l’atome.
et D
2 fi
Où m′′ = 0, ±1. On peut faire les remarques suivantes sur cette expression :
- L’intégrale radiale portant sur r n’est jamais nulle.
- Le terme concernant le spin n’est différente de zéro que si ms = m′s . Il n’y a donc
pas de retournement de spin lors d’une transition dipolaire.
- On aurait pu démontrer, en utilisant les propriétés des harmoniques sphériques, que
∆m = m′′ = m′ − m = 0, ±1 et ∆l = l − l′ = ±1
En résumé, les règles de sélection pour une transition dipolaire électrique sont les suivants :
∆l = ±1 ∆m = 0, ±1 ∆ms = 0 (63)
108
La règle ∆l = ±1 assure que l’état initial et l’état final sont de parités différentes c.-à-
d. une transition dipolaire électrique ne peut avoir lieu qu’entre des états de parités
différentes, les transitions qui n’obéissent pas à (63) sont dites interdites.
m = −2m = −1m = 0m = −1m = −2
𝑙=2
σ− πππσ+
𝑙=1
m = −1m = 0m = 1
Transitions σ+ , σ− et πrespectivement sous l’effet d’une polarisation circulaire droite,
gauche et une lumière polarisé linéairement suivant l’axe de quantification.
109