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Courant Littéraire

Ce document décrit plusieurs mouvements et courants littéraires français classés par époque, notamment l'humanisme, la Pléiade, le baroque, la préciosité et le classicisme aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que le libertinage au XVIIIe siècle.

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Courant Littéraire

Ce document décrit plusieurs mouvements et courants littéraires français classés par époque, notamment l'humanisme, la Pléiade, le baroque, la préciosité et le classicisme aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que le libertinage au XVIIIe siècle.

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📚𝗟𝗘𝗦 𝗠𝗢𝗨𝗩𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧𝗦 𝗢𝗨 𝗖𝗢𝗨𝗥𝗔𝗡𝗧𝗦

𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗟𝗜𝗧𝗧É𝗥𝗔𝗧𝗨𝗥𝗘 𝗙𝗥𝗔𝗡Ç𝗔𝗜𝗦𝗘

𝘗age:Cours de français Ali Lmghari ✍️

𝗣𝗿é𝗮𝗺𝗯𝘂𝗹𝗲

Selon le dictionnaire du littéraire, un 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲 designe un groupe d’écrivains,


d’artistes ou d’intellectuels qui partagent les mêmes idées, la même vision de la littérature à une
époque donnée. Ils partagent également les mêmes conceptions esthétiques, c’est à dire les mêmes
principes d'écriture et les mêmes conceptions de ce qui est beau.

Quand ces hommes et femmes de belles lettres se réunissent autour d’un manifeste littéraire (un
écrit public qui expose les idées et conceptions de leur mouvement), on parlera alors de
𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲 ou 𝗱'é𝗰𝗼𝗹𝗲 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲 . Mais lorsque le mouvement est moins organisé et ne
se construit pas autour d’un manifeste et que des auteurs et des œuvres présentent une esthétique
similaire, on parlera plutôt de 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲.

D’ailleurs, garde à l’esprit que beaucoup d’écrivains n’ont pas eu le souci de se concerter pour mettre
en commun leurs idées.

Leur appartenance à un courant littéraire est souvent déterminée après coup par les critiques. Par
exemple, le terme « classicisme » n’est apparu que vers 1820 pour désigner la littérature de la
seconde moitié du XVIIème siècle que l’on oppose alors au romantisme, mouvement littéraire
émergent.

De même, tous les auteurs ne sont pas liés à un mouvement littéraire. Certains auteurs sont
inclassables ou bien se situent à la croisée de plusieurs courants artistiques. Ci-dessous, vous
trouverez des mouvements ou courants littéraires classés par époque.

𝗜- 𝗠𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘅𝘃𝗶𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲

1 – L’humanisme

L’humanisme est un mouvement culturel européen du 16ème siècle.

Les humanistes redécouvrent les cultures grecque et latine. Animés d’une soif de savoir (ils étudient
les langues anciennes, les sciences…), ils prônent un retour aux textes antiques qu’ils étudient
attentivement.
Les humanistes placent l’homme au centre de leur réflexion. Ils ont foi en sa raison. Leur but est de
contribuer à l’épanouissement de l’homme (personnel, culturel et politique).

Ils rejettent le Moyen-Âge perçu comme une période obscure.

Quelques principaux auteurs humanistes : Thomas More, Erasme, Rabelais, Montaigne.

2 – La Pléiade

Au 16ème siècle, dans les années 1549-1570, sept poètes de la Renaissance française se
donnent pour nom La pléiade (en allusion au nom d’une constellation de sept étoiles). Ces poètes
participent au mouvement humaniste.

On retrouve ainsi chez eux la même admiration pour les textes antiques mais aussi pour les textes
italiens (notamment la poésie de Pétrarque).

Les poètes de la Pléiade défendent la langue française contre le latin. Ils enrichissent la langue
française dans le but qu’elle rivalise avec la poésie grecque et latine (par exemple, les poètes
empruntent des mots au grec, au latin ou à l’italien, créent des néologismes…).

Leurs thèmes de prédilection sont des thèmes lyriques : l’amour, la fuite du temps, l’immortalité
de la poésie.

Leur écriture est très travaillée : alexandrin, métaphores, allégories, périphrases, hyperboles…

Les principaux poètes de la Pléiade : Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Jean-Antoine de Baïf,
Étienne Jodelle, Rémy Belleau, Jean Dorat, Jacques Peletier et Pontus de Tyard

𝗜𝗜- 𝗠𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝘂 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘅𝘃𝗶𝗶𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲

1 – Le baroque

Le baroque naît à la fin du 16ème siècle et va être important pendant toute la première moitié du
17ème siècle.
Dans une époque marquée par les guerres de religion, le mouvement baroque présente un monde
changeant, chaotique. Ses thèmes de prédilection sont l‘illusion, le rêve, la métamorphose, le
mouvement.

Cette sensibilité au mouvement s’exprime dans le mélange des genres (par exemple en mêlant
comédie et tragédie au théâtre) et dans une écriture riche, foisonnante voire même exubérante
(nombreuses métaphores, comparaisons, périphrases, hyperboles, antithèses…).

Auteurs de mouvement baroque : D’Urfé, D’Aubigné, Corneille, Viau

2)— La préciosité

La préciosité est un courant littéraire et de pensée essentiellement parisien qui se développe au XVIIe
siècle dans les salons littéraires, et connaît son apogée entre 1650 et 1660 autour de quelques figures
précieuses, dont Mademoiselle de Scudéry. Il s’agit d’un ensemble des traits (concernant les
manières, le comportement, l’expression des sentiments, le langage) particuliers aux Précieuses du
XVIIe siècle, et implique la période de l’histoire littéraire française dominée par les Précieuses.

Selon René Bray (romancier, essayiste et spécialiste de la littérature baroque et classique du XVIIe s.),
il existe quatre formes de préciosité:

✅La préciosité de relation : « Elle repose sur des rapports mondains, sur l’existence d’une société ; elle
ne se conçoit pas hors d’une cour ou d’un salon. Elle n’est pas solitaire, mais publique… Elle suppose
la vanité que nourrit le compliment ».

✅La préciosité de figuration : Elle « n’est plus à base sociale; c’est une tendance de l’individu, du
poète; elle tient à une certaine esthétique »; « elle se plaît à la création de bibelots poétiques, à
l’exécution d’acrobaties verbales ; elle s’adonne au formalisme ; surtout elle figure un paysage idéal,
mignard, où se joue une comédie badine, décor d’opérette, scène pour fête galante…; décoration
pour ciel de lit ou plafond d’opéra, forme très inférieure de la poésie précieuse ».

✅La préciosité de l’expression : « plus originale et plus personnelle », elle est le fait d’un poète
solitaire. « S’il est précieux, c’est par la tension de l’expression, dans un hiatus qui s’ouvre entre ce
qu’il veut dire et ce qu’il peut dire, dans un recours de fortune au convenu et à l’artifice consacré ».

✅La préciosité de création : « précieux au sens exact, par sa volonté même de se donner un prix, par
son désir non plus, d’exprimer des idées ou des sentiments, ni de reproduire le réel, mais de créer un
monde à soi, selon sa propre exigence ».

Finalement, René Bray aboutit à cette définition de la préciosité: L’art qui joue. Dès que l’utilité
apparaît, elle disparaît. Son œuvre ne répond à rien d’autre qu’à elle-même ; elle n’a pas de nécessité
extérieure ni même d’utilité ; elle est le jeu inutile et sans cause d’un oisif à l’esprit agile et à
l’imagination féconde, se plaisant dans une création de luxe.

Par ailleurs, les précieux usent d’un style orné, voire ostentatoire, et recourent à l’envi à la
périphrase, à la métaphore, à l’hyperbole, aux bons mots et au néologisme (de nombreuses
expressions comme « s’enthousiasmer » ou « s’encanailler » ont été créées autour des salons). Les
mots trop communs, jugés vulgaires, sont bannis de leur vocabulaire. Ainsi, selon Antoine Baudeau
sieur de Somaize, les dents sont « l’ameublement de bouche » et les pieds « ces chers souffrants ».
Les bons mots et les compliments sont d’autant plus recherchés qu’ils sont adressés à un public et
doivent toujours être applaudis par l’assemblée.

Les précieux ont recourt à plusieurs genres littéraires, de la maxime à la métamorphose, de l’éloge
au portrait, de la lettre au roman idéaliste, de la poésie galante psychologique à l’éloge. Ils tendent à
percer les secrets de l’âme prônant une analyse intérieure qui annonce la psychologie. Parmi les
principales œuvres précieuses figurent donc : des romans idéalistes dont le roman pastoral (L’Astrée)
et le roman d’aventure (Artamène ou le Grand Cyrus, 1649-1653, et Clélie de Madeleine de Scudéry) ;
des lettres : (les Lettres de Madame de Sévigné, celles de Jean Louis Guez de Balzac, ou Lettre de la
carpe au brochet, 1643, de Vincent Voiture ; des métamorphoses (La Métamorphose de Julie en
diamant du duc de Montausier à Julie d’Angennes, fille de Madame de Rambouillet) ; des portraits ;
des éloges ; de la poésie galante : les épigrammes, blasons et madrigaux ; de la poésie ingénieuse : les
rondeaux, énigmes, bouts rimés ou gloses, etc.

Les principaux précieux, outre ceux ci-dessus cités, sont Mesdames du Plessis-Guénégaud, Fouquet,
du Plessis-Bellière, Jean Chapelain, Claude Malleville (1597-1647), François Tristan, dit Tristan
l’Hermite (1601-1655), Georges de Scudéry (1598-1667), Antoine Godeau (1605-1672), Isaac de
Benserade (1613-1691), Gilles Ménage, l’abbé Charles Cottin (1604-1681), Jean-François Sarrasin (v.
1614-1654), Antoine Girard, sieur de Saint-Amant.

3 – Le classicisme

Le classicisme se manifeste dès 1634 avec la création de l’Académie française et va connaître son
apogée de 1660 à 1715 sous la monarchie absolue de Louis XIV.

Le mouvement classique se caractérise par la recherche de l’ordre, de la clarté, de la mesure et de


la retenue.

Loin du foisonnement baroque, l’écriture classique est maîtrisée et se plie à des règles exigeantes :
respect de la règle des trois unités au théâtre, de la vraisemblance, de la bienséance. Respect de la
mesure, du naturel, de la séparation des genres…
Auteurs classiques célèbres : Molière, Racine, La Fontaine, Bossuet, La Rochefoucauld, La Bruyère.

𝗜𝗜𝗜- 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝘂 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘅𝘃𝗶𝗶𝗶𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲

1)- Le libertinage

a)- Le libertinage religieux et philosophique

Le mot latin "libertinus" désignait un esclave affranchi. Au XVII et XVIIIème siècles, le libertinage
désigne la liberté de pensée en matière de religion. Ce courant remet en question les dogmes
catholiques et attaque l'autorité 'divine' du roi.

Les origines du mouvement : Le XVIIème siècle voit s'affronter catholiques et protestants,


jansénistes et jésuites. L’Édit de Nantes (1598) est révoqué en 1685. Les protestants sont cruellement
persécutés. L'Europe s'en indigne.

✅Le libertinage religieux : la contestation de l'Eglise catholique et de ses dogmes

Selon les jansénistes, l'homme est pêcheur et ne peut être sauvé que par la grâce divine. Aussi, c'est
devant Dieu seul qu'il est redevable. L'autorité du pape et des évêques est secondaire. L’Église
catholique réplique : les religieuses de l’abbaye de Port-Royal-des-Champs sont arrêtées en 1664,
l’abbaye détruite en 1711.

La Compagnie de Jésus a été fondé par Ignace de Loyola en 1540. Les jésuites veulent convertir les
incroyants et éduquer les croyants par la direction de conscience. Blaise Pascal en fait la satire dans
Les Provinciales (1656-1657).

Les dévots de la Compagnie du Saint-Sacrement (créée en 1629, dissoute en 1661) forment un parti
puissant qui veut réformer les mœurs, qui condamne le libertinage et le théâtre. Molière, condamné
par les dévots, sera enterré au cimetière de nuit.

✅Le libertinage philosophique : l'affirmation du matérialisme


Il ne reconnait que la matière. L'âme est faite d'atomes, la Nature et non Dieu organise le monde.
Fontenelle (Entretien sur la pluralité des mondes, 1686) ou Pierre Bayle (Dictionnaire historique et
critique, 1695-1705) affirment la puissance de la raison et se moquent des préjugés et des
superstitions religieuses

b)- Le Libertinage de mœurs

Au XVIIIème siècle, les libertins aiment la provocation et la liberté sexuelle. Le libertinage de mœurs
prend toute son ampleur avec des auteurs comme Choderlos de Laclos (Les liaisons dangereuses,
1782) et le marquis de Sade (Justine ou les malheurs de la vertu, 1791).

2)- Les Lumières

Les Lumières sont un mouvement intellectuel qui cherche à développer les connaissances et la
raison.

Les écrivains des Lumières, que l’on appelle souvent « philosophes des Lumières », mettent l’accent
sur :

♦ La foi dans le progrès scientifique qui permettra d’améliorer toutes les dimensions de la vie
humaine (sociale, culturelle, politique, artistique…)

♦ La primauté de la raison pour faire avancer l’homme et le recours à l’esprit critique.

♦ La tolérance, de la justice, de la fraternité et de la liberté.

♦ Le refus des dogmes religieux et du fanatisme.

Quelques philosophes des Lumières : Voltaire, Diderot, D’Alembert, Montesquieu, Rousse𝗮𝘂

3)- Le préromantisme

Le préromantisme, terme issu de l'épithète « préromantique » mise à la mode par Paul Van Tieghem,
importée en France notamment par André Monglond, postule l'existence d'un réseau de
représentations artistiques et de postures intellectuelles qui annoncerait le romantisme du xixe
siècle.
Dans une première acception, le « préromantisme » a servi à désigner, plutôt qu'un mouvement
littéraire, une esthétique et une sensibilité qui innerveraient la littérature et les arts de la deuxième
moitié du xviiie siècle. Ainsi, certains critiques littéraires du xxe siècle ont cru discerner les
caractéristiques d'une sensibilité romantique au xviiie siècle et ont regroupé les manifestations de
cette prétendue précocité sous le nom de « préromantisme ». Rousseau, Diderot ou Prévost seraient
ainsi plus ou moins directement liés à un « préromantisme » du xviiie siècle.

Des historiens des idées ont également postulé l'existence d'une forme de préromantisme au xviiie
siècle dans le domaine des sciences et de la philosophie, à l'image de Georges Gusdorf dans certains
tomes de l'ensemble Les Sciences humaines et la Pensée occidentale (notamment le tome VII :
Naissance de la conscience romantique au siècle des Lumières, 1976).

On parle également d'un courant « préromantique » dans l'art pictural (Girodet, Pierre-Paul Prud'hon,
Francisco de Goya entre autres).

Dans un deuxième temps, le terme a permis de mettre un nom provisoire sur une période de
l'histoire littéraire peu connue et difficilement saisissable, « une période sans nom » d'après le
colloque qui s'est tenu à Toulouse en avril 2014 : le tournant des Lumières (1770 ou 1780-1820).

Le préromantisme se caractérise par :

✅ La réhabilitation des passions et du Moi ;

✅ Le culte de la sensibilité, sentimentalisme ;

✅ L'exaltation du sentiment de la nature, philosophie de la nature ;

✅ L'exaltation de l'originalité de style et de personnalité, aux dépens de la doctrine de l'imitation


classique ;

✅ L'Irrationalisme, celui des Contre-Lumières, et déjà de la philosophie romantique et de


l'antiphilosophisme.

Quelques auteurs de ce mouvement :Baculard d'Arnaud, Pierre Le Tourneur, Bernardin de Saint-


Pierre, Mercier, Joseph Marie Loaisel de Tréogate, Ramond de Carbonnières, André Chénier,
Germaine de Staël, Benjamin Constant Senancour, Auguste Creuzé de Lesser .
𝗜𝗩 - 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝘂 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘅𝗶𝘅𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲

1)– Le romantisme

Le romantisme est un mouvement littéraire de la première moitié du 19ème siècle. Ce mouvement se


construit en réaction contre le classicisme et l’esprit des Lumières. Ses caractéristiques sont :

♦ Une exaltation de la sensibilité et des sentiments (opposée au culte de la raison du siècle des
Lumières).

♦ Une liberté artistique importante. Les auteurs romantiques s’affranchissent des règles classiques et
traditionnelles. Par exemple, au théâtre, ils mélangent les genres et les registres, assouplissent
l’alexandrin, refusent la règle des trois unités au théâtre : c’est la naissance du drame romantique.

Les thèmes de prédilection des romantiques sont les grands sentiments (douleur, mal de vivre,
amour, appel de la liberté, mélancolie…), la nature et la glorification de l’artiste.

Auteurs romantiques : Victor Hugo est le chef de file des romantiques. Chateaubriand, Lamartine,
Musset.

2)– Le Parnasse

Le Parnasse est un mouvement littéraire du 19ème siècle qui se crée en réaction contre la poésie
romantique.

Aux romantiques, les parnassiens reprochent une exaltation des sentiments et un culte du moi
excessif.

Ils sont partisans de « L’Art pour l’Art » : ils cherchent à atteindre une beauté pure, objective à travers
un travail méticuleux de la forme poétique. La poésie ne doit pas être utile : sa seule raison d’être est
la beauté.

Quelques auteurs parnassiens : Leconte de Lisle, Théophile Gautier, Hérédia.


3) – Le réalisme

Le réalisme est un mouvement littéraire du 19ème siècle qui nait en réaction contre le romantisme.

Les écrivains réalistes veulent rompre avec l’idéalisme et le lyrisme romantique.

Ils rejettent toute idéalisation de la réalité en cherchant à représenter le réel le plus exactement
possible, sans déformation due à la subjectivité de l’auteur.

Les auteurs réalistes donnent à voir la société. Ils étudient les différents milieux sociaux, les mœurs, le
contexte historique, l’influence du milieu social sur les individus, l’ascension sociale des personnages.

Auteurs réalistes : Balzac, Stendhal, Flaubert, Maupassant.

4)– Le naturalisme

Le naturalisme est un mouvement littéraire du 19ème siècle qui cherche à aller plus loin que le
réalisme.

Influencé par les sciences et la médecine, les écrivains naturalistes veulent donner un statut
scientifique à la littérature.

Cette idée peut nous sembler étrange aujourd’hui, mais pour les écrivains naturalistes, le roman était
perçu comme un laboratoire dans lequel le romancier expérimente le rôle des déterminismes
(sociaux et biologiques) sur ses personnages.

Les naturalistes n’hésitent pas à dépeindre la misère du peuple et à rendre compte de détails
sordides.

Auteurs naturalistes : Zola, Maupassant, Les frères Goncourt.

5) – Le symbolisme
Le symbolisme est un mouvement littéraire du 19ème siècle qui se crée en réaction contre le
naturalisme et le Parnasse.

Pour les poètes symbolistes, notre monde est le reflet d’un univers spirituel supérieur. Les
symbolistes essaient de traduire cet univers invisible grâce à des images concrètes, des rythmes et
des sonorités qui fonctionnent comme des symboles pour décrypter l’invisible.

L’écriture symboliste préfère suggérer que nommer. Elle est très soucieuse de la musique d’un texte,
de son harmonie et de son pouvoir évocateur.

Poètes symbolistes : Verlaine, Rimbaud, Mallarmé.

6)- Le dandysme

« Culte de soi-même » selon Charles Baudelaire, « culte de la différence dans le siècle de l’uniforme »
selon Roger Kempf (1927-2014), le dandysme apparaît dans les mondanités parisiennes dès 1815. Au
XIXe siècle, le dandysme est une attitude esthétique et morale liée à l’élégance.

Lors de son apparition en Angleterre vers la fin du XVIIIe siècle, le dandy désigne d’abord un jeune
homme fréquentant l’église ou la foire annuelle dans un vêtement excentrique. À partir de 1813, le
terme est adopté à Londres pour désigner les « élégants », ceux qui détiennent l’autorité en matière
de mode. Le plus célèbre d’entre eux, George Brummel, connu sous le nom du « Beau Brummel »,
influence bientôt l’écrivain George Byron par son esprit et son élégance. Puis, durant la Restauration
et parallèlement à la vague d’anglomanie qui déferle en France, vocable et attitude traversent la
Manche.

Selon le dictionnaire, un dandy est : en Angleterre, au début du XIXe siècle, un jeune homme
appartenant à un groupe de la haute société, qui réglait la mode ;

en France, à l’époque romantique, un élégant qui se pique de suivre rigoureusement les modes.

En particulier, c’est un personnage dont le raffinement témoigne d’un anticonformisme et d’une


recherche éthique, fondée sur le mépris des conventions sociales et de la morale bourgeoise.
(Source : Le TLFi)

Le dandy défini par Villiers de l’Isle-Adam ou Charles Baudelaire reste un élégant, soucieux de
recherche vestimentaire. En insistant sur les connotations éthiques et intellectuelles du mot, on est
passé à des valeurs d’emploi excluant le concept d’élégance.
Le mot, au sens de élégant, raffiné, peut, dans cette acceptation, s’employer en parlant de toute
époque, et notamment de l’époque moderne ; mais il connote le plus souvent une élégance de style
britannique ou des caractères plus ou moins empruntés au type de personnage de la tradition
littéraire française.

Le personnage du dandy occupe une place prépondérante dans les œuvres littéraires françaises du
XIXe siècle, comme en attestent certains personnages de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac –
de Marsay, Rastignac ou Charles Grandet. Les écrivains eux-mêmes apportent du soin à leur aspect
physique et à leur mise : Stendhal, Eugène Sue, Balzac (auteur d’un Traité de la vie élégante) et
Charles Baudelaire se montrent particulièrement élégants.

Au milieu du XIXe siècle, Baudelaire (dans Le Peintre de la vie moderne), Villiers de l’Isle-Adam, puis
Barbey d’Aurevilly (avec Du dandysme et de George Brummel) réhabilitent l’idée du dandysme,
comme seule possibilité de l’élégant, pour en faire un mouvement ayant surtout des attributs
spiritualistes et éthiques ; éthique que Barbey d’Aurevilly résume en ces termes :

J’ai parfois, dans ma vie, été bien malheureux, mais je n’ai jamais quitté mes gants blancs.

Le dandysme, un idéal esthétique

Le dandy se présente comme un être oisif, d’une totale inutilité sociale. Sa recherche de la perfection
vestimentaire témoigne de son désir de privilégier le paraître plutôt que l’être, l’artifice plutôt que le
naturel. Charles Baudelaire s’empare du type social du dandy pour incarner son idéal esthétique.

Au-delà de la recherche systématique de l’originalité et du culte du moi, le dandy représente « le


dernier éclat d’héroïsme dans les décadences ». Le poète, en refusant les valeurs prônées par une
société contemporaine matérialiste et en posant l’incompatibilité radicale des notions d’Utile et de
Beau, se condamne à l’isolement. Les Fleurs du mal se font l’écho de cette protestation en accordant
une place essentielle à la beauté. Le poète considère celle-ci comme la forme privilégiée de l’idéal
que l’artiste aspire à atteindre par le dévoilement du sens secret du monde, afin de chercher une
issue au spleen et à l’ennui qui l’accablent.

8)- Le décadentisme

Le décadentisme (également appelé mouvement décadent, décadisme ou simplement décadence)


est une doctrine des décadents, développée à la fin du XIXe siècle en France. Ce terme désigne un
trait caractéristique de ce qui se rapporte aux décadents.
L’idée de « décadence » apparaît dès le Second Empire, où l’on parle de « déclin ». L’humiliation de la
défaite de 1871 et la Commune sont présentées, par de nombreux écrivains et artistes comme la fin
d’un monde. C’est avec la publication des Essais de psychologie contemporaine de Paul Bourget en
1883 que le mouvement décadent commence à se définir. Face au sentiment de déliquescence qui
l’habite, une génération d’artistes se reconnaît dans son analyse de la névrose des maîtres
contemporains.

De la fin du XIXe siècle jusqu’à la Belle Époque, le dandysme prend un tour paroxystique avec le «
décadentisme », dont une des figures emblématiques demeure le comte Robert de Montesquiou. Les
personnages de Joris-Karl Huysmans (Des Esseintes dans À rebours), de Marcel Proust (le baron de
Charlus dans À la recherche du temps perdu) ou encore de Jean Lorrain (le duc de Fréneuse dans
Monsieur de Phocas) en sont partiellement mais incontestablement inspirés.

À l’opposé du dandy, le décadent se laisse porter par ses faiblesses, use de ses talents qu’il se plaît à
mettre en scène dans les plus infimes détails, jusqu’à l’outrance. Excès d’esthétisme, complaisance
dans la morbidité, fascination pour le mortifère et le funèbre, cette déviation du dandysme a des
effluves capiteux de tubéreuses et d’orchidées. Le décadentisme se manifeste à l’étranger sous la
plume d’Oscar Wilde, notamment dans Le Portrait de Dorian Gray.

Le titre de « décadent » est décerné à une élite d’êtres précieux. Ces esthètes raffinés, ennemis de la
réalité prosaïque, rejettent le triomphe du positivisme, les dogmes du scientisme et tous les idéaux
collectifs et utilitaires de la société bourgeoise. Leur crise de confiance est ainsi révélatrice d’un
contexte marqué par la faillite historique et politique. Ce nouveau dandysme se traduit par une
conduite insouciante aggravée par un pessimisme absolu. Face à un monde matérialiste caractérisé
par le goût de l’argent et par le « bon sens », on assiste à une véritable éclosion de groupes
décadents (les hydropathes, les hirsutes, les zutistes, les jemenfoutistes) qui affirment leur foi en l’art
et en l’esprit.

𝗩- 𝗟𝗲𝘀 𝗺𝗼𝘂𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗼𝘂 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗹𝗶𝘁𝘁é𝗿𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗱𝘂 𝘅𝘅𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲

1— Le Dada ou le dadaïsme

Le dadaïsme est un mouvement artistique, intellectuel et littéraire international, apparu pendant la


Première Guerre mondiale, qui a cherché la rupture avec la culture, les valeurs et les formes
d’expression traditionnelles. Ce mouvement met en avant un esprit mutin et caustique, un jeu avec
les convenances et les conventions, son rejet de la raison et de la logique, et marque avec son
extravagance notoire sa dérision des traditions et son art très engagé. Les artistes se voulaient
irrespectueux, extravagants en affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé. Ils
cherchaient à atteindre la plus grande liberté d’expression, en utilisant tout matériau et support
possible. Ils avaient pour but de provoquer et d’amener le spectateur à réfléchir sur les fondements
de la société. Ils cherchaient également cette liberté dans le langage, qu’ils aimaient lyrique et
hétéroclite.

Les atrocités liées à la Première Guerre mondiale mettent fin à l’optimisme qui prévalait à la fin du
XIXe siècle. Désormais l’homme de science peut être un producteur de mort et non un pasteur
bienfaiteur de l’humanité. Dès lors, pourquoi croire encore en l’homme ? Deux courants littéraires de
l’immédiat après-guerre répondent à cette question. D’un côté « dada », terme absurde qui ne veut
strictement rien dire, volontairement emprunté au vocabulaire enfantin, dénonce l’intolérable d’une
condition humaine dépourvue de sens, débouchant sur le nihilisme ; de l’autre, les surréalistes
veulent percer, au-delà du réel et de ses apparences, la vérité d’un sens qui, spontanément, nous
échappe totalement.

Le terme « dada » est inventé par dérision, au sein d’un groupe qui se constitue à Zurich en 1915
autour d’artistes (Jean Arp, Sophie Taeuber, Marcel Janco, Hans Richter) et de poètes (Hugo Ball,
Richard Huelsenbeck, Tristan Tzara). Ils organisent au Cabaret Voltaire, dont l’ouverture, le 5 février
1916, marque la naissance officielle du mouvement, des soirées scandaleuses consacrées à de
nouvelles formes de poésie et d’art, basées sur la recherche d’expressions brutes et primitives,
dégagées des liens du sens et de la logique commune.

Hugo Ball et Richard Huelsenbeck inventent de nouvelles formes de langage utilisant les
onomatopées et les suites incohérentes de phonèmes. Jean Arp et Marcel Janco créent des collages
et des reliefs de formes abstraites. Tzara en poésie, et Arp et Sophie Taeuber en art introduisent le
hasard dans la réalisation de leurs œuvres. Ils publient les revues Cabaret Voltaire et Der Zeltweg, qui
n’ont qu’un numéro chacune en 1916 et 1919, et Dada, publiée jusqu’en 1919 à Zurich, puis à Paris.

Simultanément, un groupe d’esprit dadaïste naissait en 1915 à New York autour d’artistes français
ayant fui la guerre (Marcel Duchamp, Francis Picabia, Jean Crotti) et d’artistes et poètes américains
(Man Ray, Morton Schamberg, Paul Haviland, Walter Arensberg). Picabia, qui peignait des machines,
fournissant à tout le mouvement dada son iconographie de prédilection, s’installe en 1917 à
Barcelone où il crée la revue 391. Il entre ensuite en contact avec Tzara et le groupe dada de Zurich en
1919. Celui-ci éclate bientôt et se dissémine dans toute l’Europe. Tzara rejoint Picabia à Paris en 1920,
et Huelsenbeck gagnait Berlin tandis que Jean Arp se trouvait à Cologne, avec Max Ernst et Johannes
Baargeld.

À Hanovre, Kurt Schwitters fondait son propre mouvement, qu’il baptisa « Merz ». Des groupes
dadaïstes se créent encore en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Yougoslavie, et même au Japon.

Le dadaïsme parisien privilégie les attitudes ludiques et ironiques, exaltant le hasard et l’éphémère à
travers de nombreuses actions et créations d’événements provocateurs. Le groupe de la revue
Littérature (André Breton, Philippe Soupault, Louis Aragon), proche de dada à ses débuts, finit par le
supplanter pour donner naissance au surréalisme.
Le dadaïsme allemand est plus fortement marqué par la poursuite d’objectifs politiques, voire
révolutionnaires : à Berlin, Raoul Hausmann, Hannah Höch, Johannes Baader, John Heartfield et
George Grosz protestent violemment, dans un langage visuel très direct, contre le régime de Weimar
ou contre le nazisme naissant. Le photomontage (dont l’invention est disputée entre Hausmann,
Höch et Heartfield) devient l’un de leur mode d’expression les plus efficaces et les plus
caractéristiques, avec le style volontiers caricatural de Grosz.

Le dadaïsme nordique tend aussi vers l’intégration des arts dans une visée sociale et utopique : c’est
le cas de Kurt Schwitters notamment, mais aussi de Theo Van Doesburg qui, sous le pseudonyme de
I.K. Bonset, se livre à des activités dadaïstes simultanément à celles de son rôle de propagateur du
néoplasticisme.

Le dadaïsme peut ainsi se fondre dans les tendances constructivistes des années 1920, dans un
rapprochement initié lors du Congrès international des constructivistes-dadaïstes à Weimar, en 1922.

Mouvement international et cosmopolite, le dadaïsme est moins un style ou un ensemble de


techniques qu’une entreprise de subversion qui dépasse les frontières : le dadaïsme est en effet
marqué par sa dimension activiste, sa propagande effrénée qui passait à travers la réalisation de
tracts, de revues, de livres remarquables par leurs recherches typographiques, de photographies et
de photomontages, de performances, d’actions et de soirées-spectacles. Toutes ces stratégies
anticipaient sur les formes d’art contestataires apparues en Europe et aux États-Unis après-guerre.

2 – Le surréalisme

Le surréalisme est un mouvement littéraire de la première moitié du 20ème siècle qui veut libérer
l’art et la pensée de toutes les contraintes.

La première contrainte, c’est la morale et la raison. Pour s’en libérer, les surréalistes explorent les
zones mystérieuses de l’homme : le rêve, la folie, l’inconscient, l’amour fou…

La seconde contrainte, c’est celle des règles d’écriture. Pour s’en libérer, les surréalistes font preuve
d’une grande liberté formelle dans leurs écrits : absence de ponctuation, collages, associations
d’images surprenantes, écriture automatique…

Ecrivains surréalistes : Breton, Eluard, Aragon, Desnos.


3– L’absurde

L’absurde est un courant littéraire du 20ème siècle.

Deux guerres mondiales sont passées par là. Les écrivains de l’absurde présentent une image tragique
de l’homme : ce dernier n’est qu’un pantin, voué à la solitude, incapable de communiquer, dans un
monde dénué de sens.

Le théâtre de l’absurde remet en cause les règles traditionnelles du théâtre : il remet en question la
notion de personnages, d’intrigue et de dialogue. C’est un théâtre expérimental qui donne à voir la
solitude et l’absurdité de la condition humaine.

Auteurs absurdes : Sartre, Camus. Le théâtre de l’absurde est représenté par Ionesco et Beckett.

4– Le nouveau roman

Le Nouveau Roman est un mouvement littéraire des années 1950/1960 qui remet en cause toutes les
traditions du genre romanesque.

Les écrivains du Nouveau Roman refusent la facilité de l’intrigue et le réalisme psychologique des
personnages.

Le roman devient alors un laboratoire d’écriture. Les personnages ne sont parfois qu’une silhouette,
un nom ou une lettre. La restitution de la pensée des personnages ne suit plus la chronologie des
faits.

L’esthétique du Nouveau Roman se caractérise par une écriture très précise, souvent froide, objective
et une importance accrue donnée aux objets (objets parfois décrits sur plusieurs pages).

Ecrivains du Nouveau Roman : Robbe-Grillet, Butor, Sarraute, Duras...

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Common questions

Alimenté par l’IA

René Bray décrit la préciosité comme un "art qui joue" parce qu'elle privilégie l'esthétique et le formalisme sur l'expression d'idées utiles ou la reproduction du réel. Son œuvre n'a pas de nécessité extérieure, se constituant comme un luxe esthétique, dénué de toute utilité pratique. Cette description met en lumière le rejet par les précieux de tout ce qui est vulgaire ou commun, visant à créer un monde littéraire autonome, se concentrant sur les jeux de langage sophistiqués pour un public cultivé et dans des contextes sociaux comme les salons .

Le dadaïsme a transformé les conventions artistiques en rejetant les normes traditionnelles, valorisant l'absurde, et encourageant une expression libre et anarchique. Apparu pendant la Première Guerre mondiale, ce mouvement internationalement présentait un art provocateur, amusant, et engagé, utilisant des supports variés tels que les collages et le photomontage. Sa nature mutine et critique visait à une réflexion sur la société contemporaine, favorisant des manifestations événementielles provocatrices et souvent dénuées de logique .

Le surréalisme et le dadaïsme sont reliés par leur défi commun aux conventions artistiques traditionnelles et leur quête de nouvelles formes d'expression. Tandis que le dadaïsme émerge en réponse à la désillusion de la Première Guerre mondiale, cherchant à renverser la logique et la raison par des œuvres absurdes et provocantes, le surréalisme poursuit cette subversion des normes en explorant l'inconscient et les rêves. Bien que dada ait délibérément choisi l'absurde et le nihilisme, les surréalistes visent à découvrir des sens cachés au-delà de la réalité superficielle .

Le préromantisme du XVIIIe siècle prépare la transition vers le romantisme du XIXe siècle en réhabilitant les passions et le "Moi", en exaltant le sentiment de la nature, et en valorisant l'originalité de style par rapport à l'imitation classique. Ce mouvement anticipe l'irrationalisme et la philosophie romantique, en se focalisant sur le sentimentalisme et l'individualité, distinct des idéaux de la période des Lumières .

Le mouvement décadent à la fin du XIXe siècle cherchait à exprimer le malaise et la dégénérescence perçus après les bouleversements politiques et sociaux, notamment suite à la défaite de 1871. Ce mouvement élitiste et esthétique rejetait le positivisme et les idéaux bourgeois, favorisant un excès d'esthétisme et une complaisance dans la morbidité. Il influença profondément la littérature et les arts par son style outrancier et sa mise en scène des faiblesses humaines, conduisant à une introspection et un isolement artistiques .

La préciosité du XVIIe siècle se distingue par ses formes d'expression sophistiquées et ses créations littéraires complexes. Elle se développe dans les salons littéraires parisiens et se caractérise par un langage orné, dans lequel priment métaphores, hyperboles, et néologismes. Parmi les œuvres précieuses, on trouve des romans idéalistes, dont le roman pastoral et d'aventure, des lettres, des métamorphoses, des portraits, et de la poésie galante psychologique, ainsi qu'une tendance à une analyse intérieure annonçant la psychologie .

Le classicisme français du XVIIe siècle se caractérise par la recherche de l'ordre, de la clarté, de la mesure et de la retenue, opposée au foisonnement baroque. L'écriture classique se plie à des règles strictes, comme le respect des trois unités au théâtre (temps, lieu, action), la vraisemblance et la bienséance, et la séparation des genres. Ce mouvement prône une expression littéraire maîtrisée et naturelle .

Le mouvement romantique du XIXe siècle s'affranchit des règles classiques en plaçant les sentiments et la sensibilité au-dessus de la raison, emblématique de l'esprit des Lumières. Les auteurs romantiques revendiquent une liberté artistique importante, abandonnant les contraintes classiques comme les règles rigides des unités de temps, de lieu, et d'action, et mélangeant les genres et les registres dans leurs œuvres pour exprimer les émotions humaines de façon plus libre et authentique .

Les dandys du XIXe siècle, incarnant un idéal esthétique de perfection vestimentaire et sociale, prônaient le paraître et l'artifice plutôt que la réalité et le naturel. Ce dandysme exprimait une protestation contre les valeurs matérialistes, privilégiant la recherche de la beauté comme idéal ultime, souvent reflétée dans la littérature par la célébration de la forme et le dévoilement du sens caché du monde, pour combattre le spleen et l'ennui .

Le mouvement baroque, qui naît à la fin du 16ème siècle et s'étend principalement pendant la première moitié du 17ème siècle, présente un monde changeant et chaotique, influencé par les guerres de religion. Les thèmes principaux incluent l'illusion, le rêve, la métamorphose et le mouvement. L'expression de la sensibilité au mouvement se manifeste par le mélange des genres - par exemple, en mêlant comédie et tragédie au théâtre - et dans une écriture riche et foisonnante, voire exubérante, comprenant de nombreuses métaphores, comparaisons, périphrases, hyperboles, et antithèses .

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