Éthique, déontologie et propriété intellectuelle
3. Ethique et déontologie dans le monde du travail :
3.1) Confidentialité juridique en entreprise :
- Obligation législative
Les règles régissant la confidentialité sont consignées aux articles de la Loi. Elles concernent tous les
administrateurs, membres de comités et dirigeants des entreprises.
Résumé des textes législatifs sur la confidentialité :
Devoir de garder le secret sur les renseignements.
Interdiction d’utiliser les renseignements confidentiels à son propre profit ou avantage.
Devoir spécifique de confidentialité sur les opérations des sociétaires.
Exceptions : quand les renseignements peuvent être divulgués.
Les lecteurs sont priés de se reporter au texte de la Loi s’ils désirent une description complète de leurs
obligations à l’égard de la confidentialité.
- Saines pratiques
De saines pratiques commerciales et financières exigent que chacun garde le secret le plus absolu sur toutes
les opérations de l’établissement et des sociétaires, sauf exceptions prévues par la Loi, les règlements
administratifs applicables ou d’autres textes. Outre les règles prévues par la Loi, les documents suivants
donnent des directives sur l’utilisation de renseignements confidentiels.
- Ententes de confidentialité
Avant d’assumer des fonctions donnant accès aux dossiers des sociétaires, les administrateurs, les membres
de comités et les membres du personnel doivent être priés de signer une entente de confidentialité. Il s’agit
d’un engagement écrit à garder le secret le plus absolu sur les questions confidentielles.
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- Protection des dossiers
Chaque entreprise doit mettre en place certains contrôles administratifs et matériels permettant de protéger les
dossiers contre l’accès ou la divulgation non autorisés, les dégâts matériels ou la destruction. Les contrôles
instaurés doivent être proportionnels à la confidentialité des dossiers et permettre, au minimum :
• de tenir les dossiers hors de la vue du public;
• de surveiller, pendant les heures de bureau, l’endroit où les dossiers sont entreposés, afin d’empêcher les
personnes non autorisées de pénétrer dans ce secteur ou d’accéder aux documents.
- Conduite des employés
Le directeur général de chaque entreprise doit s’assurer que les membres du personnel relevant de son autorité
sont conscients de leur devoir de confidentialité. Les employés doivent savoir ce qu’ils sont tenus defaire pour
protéger les renseignements personnels, vérifier si ceux-ci sont exacts, utiles et complets, et éviter toute
divulgation non autorisée, soit verbalement, soit par écrit.
- Violations de la confidentialité
Les pratiques suivantes sont des violations de la confidentialité et elles doivent donc être évitées :
Fournir (vendre, prêter ou rendre disponibles d’une autre manière) des copies du registre ou de la liste
de distribution des sociétaires aux personnes non autorisées;
Discuter de façon inconsidérée des opérations effectuées par un sociétaire ou des activités de la caisse
(c.-à-d. faire des commérages) avec des personnes qui n’ont pas droit à ces informations;
Choisir des endroits inappropriés, tels que des lieux publics (restaurants ou ascenseurs) pour réunir le
conseil ou les comités ou s’entretenir avec les employés de questions confidentielles;
Envoyer par la poste des renseignements confidentiels à l’adresse professionnelle des destinataires quand
on n’est pas sûr qu’ils leur seront remis directement;
Examiner des renseignements confidentiels de telle manière que l’on risque, par négligence, absence de
supervision ou imprudence, de les divulguer à des personnes non autorisées (par ex. en les lisant dans un
lieu public ou en les laissant traîner);
Demander à des bénévoles de participer aux tâches administratives sans leur avoir exposé au préalable
les règles de confidentialité.
- Dérogations aux règles de confidentialité
Les personnes ayant le droit d’obtenir des renseignements confidentiels de l’entreprise sont citées dans le code
de déontologie de l’entreprise
3.2) Fidélité à l’entreprise :
La loi définit l’obligation de fidélité comme l’obligation pour le travailleur de sauvegarder fidèlement les
intérêts légitimes de l’employeur. L’obligation de fidélité est avant tout une obligation de ne pas faire. Le
travailleur doit donc, sommairement, éviter tout acte pouvant entraîner un dommage économique pour
l’employeur.
L’obligation de fidélité générale et les obligations spéciales citées dans la loi vont être traitées en détail ci-
après.
- Les différentes obligations de fidélité :
Obligation générale de fidélité :
Le travailleur se rend coupable d’une violation de l’obligation de fidélité dans les cas suivants :
comportement illicite ou immoral vis-à-vis de l’employeur
agitation aux fins de perturber la paix dans l’entreprise ou
souillure de la réputation de l’entreprise ou
détournement de clients et de fournisseurs ou
utilisation des installations de l’entreprise à des fins privées.
Traitement avec soin des instruments de travail :
Le travailleur est, tenu de traiter avec soin le matériel, les machines, les installations techniques, les
véhicules etc.
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Secrets de fabrication et d’affaires :
Le travailleur ne doit, au cours du rapport de travail, pas utiliser ni révéler à des tiers des faits destinés à rester
confidentiels dont il a pris connaissance au service de l’employeur. Sont considérés comme confidentiels tous
les faits qui ne sont pas notoires, non généralement accessibles au public et qui sont d’un intérêt confidentiel
pour l’employeur.
Le travailleur est tenu de garder le secret même après la fin du contrat. Cette obligation n’existe qu’en tant
que l’exige la sauvegarde des intérêts légitimes de l’employeur.
Travail clandestin :
Au cours de la durée du contrat de travail, le travailleur n’est pas en droit d’effectuer des travaux rémunérés
pour un tiers si ce travail constitue une activité concurrentielle pour l’employeur. Il lui est également interdit
de travailler à son compte ou de travailler gratuitement.
Obligation de rendre compte et de remise :
Le travailleur doit remettre à l’employeur tout ce qu’il reçoit des tiers pour lui dans l’exercice de son activité
contractuelle. Il doit l’informer sur tous ce qu’il a reçus et doit remettre immédiatement tout ce qu’il produit
par son activité contractuelle.
Sanctions
Si le travailleur se rend coupable d’une violation de son obligation de fidélité, il est passible de différentes
sanctions :
résiliation (sans préavis uniquement en cas de violation grave)
responsabilité (uniquement en cas de faute)
obligation d’exécuter par l’intermédiaire d’une action en justice.
3.3) Responsabilité au sein de l’entreprise :
La Responsabilité au sein de l’entreprise peut se traduire sous forme des devoirs qui peuvent être séparés en
trois catégories : l’obligation générale de travail, le devoir de fidélité et de diligence ainsi que les obligations
contractuelles individuelles.
La première catégorie, l’obligation générale de travail, comprend l’obligation de travail personnel,
l’obligation d’accomplir des heures supplémentaires ou du travail supplémentaire (sous certaines conditions)
et l’obligation d’appliquer ordres et indications.
L’obligation de fournir un travail soigné, de sauvegarder les intérêts de l’employeur et l’obligation de rendre
compte et de restituer font partie de la deuxième catégorie (devoir de fidélité et de diligence).
Les obligations contractuelles individuelles quant à elles sont très diverses. Elles comprennent par exemple
le devoir de signaler des activités accessoires, le devoir de cession d’inventions ou de découvertes ou encore
le devoir de formation continue.
3.4) Conflits d'intérêt :
Un « conflit d'intérêts » existe lorsque les intérêts personnels d’un individu interfèrent ou paraissent interférer,
d’une manière ou d’une autre, avec les intérêts de l’Entreprise. Une situation conflictuelle peut exister
lorsqu’une personne entreprend des actions ou possède des intérêts qui peuvent rendre difficile l’objectivité
et l’efficacité de son travail pour l’Entreprise. Des conflits d’intérêts peuvent également exister lorsqu’un
Collaborateur ou un des membres de sa famille, obtient des avantages personnels illicites suite àsa position
dans l’Entreprise. Aucun Collaborateur ne doit accepter de tels avantages de la part de l’Entreprise qui n’ont
pas été en bonne et due forme approuvés et autorisés conformément à la politique et à la procédure de
l’Entreprise, notamment tout prêt ou caution de dettes personnelles. Les Collaborateurs sont tenus de
promouvoir au mieux de leurs capacités les intérêts commerciaux d’entreprise. Aucun Collaborateur ne peut
avoir un intérêt personnel, commercial ou financier qui soit incompatible à la fidélitéet à la responsabilité
dues à l’Entreprise.
Les règles sur le conflit d’intérêts sont établies dans la Loi. Le code de déontologie doit reconnaître ces règles
et comprendre également des politiques de protection contre leur violation.
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3.5) Intégrité (corruption dans le travail, ses formes, ses conséquences, modes de lutte et sanctions
contre la corruption) :
La corruption est un phénomène international, il ne se limite pas aux pays en développement. Même les pays
développés ont vécu de fameux scandales. Mais, ce qui a laissé la littérature économique se concentrer sur le
cas des pays en développement c'est l'ampleur que la corruption a prise dans la vie quotidienne.
1) Corruption dans le travail :
La corruption est un comportement pénalement répréhensible par lequel une personne (le corrompu) sollicite,
agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue
d'accomplir, de retarder ou d'omettre d'accomplir un acte entrant d'une façon directe ou indirecte dans le cadre
de ses fonctions.
L'infraction a une double portée puisqu'elle recouvre l'existence d'un corrompu et d'un corrupteur. Le Code
pénal distingue ainsi la corruption active, qui est le fait du corrupteur, et la corruption passive, qui est le fait
du corrompu. Les fonctions du corrompu peuvent être aussi bien publiques que privées mais leur caractère
public va entraîner une peine plus lourde que celle prévue pour la corruption privée.
2) Les formes de la Corruption :
La corruption peut prendre des formes et des types variés.
- La corruption active : La corruption active est commise par une personne faisant des offres, promesses,
ou accordant des avantages indus à une autre personne pour que cette dernière commette un acte
malhonnête ou illégal, en relation avec sa fonction.
- La corruption passive : A l’inverse, une personne commet un acte de corruption passive en sollicitant,
recevant ou acceptant la promesse d’un avantage indu pour agir d’une certaine façon (c'est-à-dire faire
quelque chose, s’abstenir de faire quelque chose, ou encore influencer une décision). La corruption
passive est dès lors un abus de pouvoir dans le but d’obtenir un gain personnel.
Les formes les plus répandues de corruption sont :
Pots-de-vin et commissions occultes (ainsi que paiements de facilitation, cadeaux et frais de
représentation, recours à des intermédiaires)
Conflit d’intérêt
Fraude
Prélèvements illicites
Courtage en information illégal
Criminalité organisée
Blanchiment d’argent
3) Les conséquences de la Corruption :
La corruption se traduit par un accord (le « pacte de corruption ») entre le corrompu et le corrupteur.
L'existence même de cet accord est constitutive de l'infraction sans qu'il soit nécessaire de s'attacher à ses
effets.
On peut résumer les conséquences de la corruption on :
Risques de réputation : La réputation d’une entreprise est devenue un enjeu majeur et participe à sa
valorisation, notamment boursière lorsqu’elle est cotée.
Risques économiques : Le risque économique émerge quand l’entreprise a, par exemple, décidé d’user
de corruption dans ses affaires en cherchant à réaliser des bénéfices. L’acte de corruption peut donner
ou non les résultats attendus.
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Risques financiers : la corruption a un coût et donc une conséquence financière systématique.
Financièrement, si le ratio coût /bénéfices de la corruption est supérieur à un, l’entreprise n’a aucun
intérêt à recourir à la corruption, la conséquence est une perte sèche.
Risques humains : Si la corruption pratiquée ou subie par un individu a des conséquences personnelles
(sanctions pénales, perte d’emploi, réputation individuelle,…),
Risques sociétaux : Un comportement inapproprié de l’entreprise peut provoquer des réactions du
corps social ou accentuer des tensions internes allant jusqu’à un rejet de l’opinion publique et de la
société. Dans ce domaine, les conséquences de la corruption interne au niveau individuel peuvent
dégénérer en crise en fonction du pouvoir des partenaires sociaux.
Risques environnementaux : si E1 sert à obtenir une concession dans une zone naturelle protégée,
ou si E2 a pour but de ne pas déclarer la toxicité de certains produits alors que la réglementation locale
l’impose.
Risques juridiques : les conséquences juridiques concernent les personnes physiques et morales.
3.1) Modes de lutte et sanctions contre la corruption :
- Peine et sanction
La corruption est sévèrement sanctionnée par le Code pénal. La loi prévoit que le corrompu et le corrupteur
encourent chacun une peine maximale d'emprisonnement ainsi qu'une amende.
Outre ces sanctions, corrompu et corrupteur s'exposent également à des peines complémentaires et notamment
à l'interdiction d'exercer une fonction publique ou l'activité professionnelle ou sociale concernée par
l'infraction.
- Sanctions
Renforcer l’obligation de rendre compte passe nécessairement par la mise en place et l’application de
sanctions. En général, celles-ci portent principalement sur des mesures législatives qui criminalisent la
corruption. Dans certains pays, le code pénal permet d’intenter des poursuites non seulement lorsqu’il y a des
preuves concrètes de corruption, mais également pour « enrichissement illicite », c’est-à-dire la possession de
richesses et de revenus dont la provenance ne peut être retracée dans aucune activité licite.
De toute évidence, les sanctions demeureront vaines s’il est impossible de les appliquer.
Les modes de lutte contre la corruption sont :
Mobilisation des gestionnaires
Les gestionnaires et les superviseurs sont responsables de l’intégrité des opérations qu’ils commandent.
L’expérience démontre que pour tenir la corruption en échec, il faut une coopération efficace entre les
procureurs, les enquêteurs, les gestionnaires et le personnel à tous les paliers.
Réforme judiciaire
L’obligation de rendre compte exige qu’on applique les sanctions, mais encore faut-il que cette application
soit impartiale. Sans cela, les lois contre la corruption n’ont aucun effet et elles ne font que susciter et accroître
le cynisme à leur égard. Pour tenir les représentants des secteurs public et privé responsables, l’appareil
judiciaire a besoin d’indépendance et il doit pouvoir se prémunir contre l’ingérence extérieure, qu’elle
provienne de la direction ou d’ailleurs.
Réforme électorale
Des élections libres et justes sont un mécanisme important pour obliger les représentants publics à rendre
compte. Toutefois, pour être efficace, le processus électoral doit s’accompagner de garanties significatives
quant aux libertés civiles qui consistent à voter et à briguer les suffrages.
De plus, les procédures de scrutin doivent être équitables.
Le financement des campagnes pose de sérieuses difficultés face à l’équité et il peut être une source importante
de corruption. La divulgation des sources de financement, du temps d’antenne gratuit à la télévision et à la
radio, des sources de financement extrabudgétaire, qu’elles proviennent du gouvernement ou d’ailleurs, sont
une partie importante de l’obligation de rendre compte.