Texte examen la boîte à merveilles chapitre 1 :
TEXTE 3 :
Ma mère me calma :
- Je t'emmène prendre un bain, je te promets un orange et un œuf dur et tu trouves le
moyen de braire comme un âne !
Toujours hoquetant, je répondis :
- Je ne veux pas aller en Enfer.
Elle leva les yeux au ciel et se tut, confondue par tant de niaiserie.
Je crois n'avoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance. Une vague
appréhension et un sentiment de malaise m'ont toujours empêché d'en franchir la porte. A
bien réfléchir je n'aime pas les bains maures. La promiscuité, l'espèce d'impudeur et de
laisser-aller que les gens se croient obligés d'affecter en de tels lieux m'en écartent. Même
enfant, je sentais surtout ce grouillement de corps humides, dans ce demi-jour inquiétant,
une odeur de péché. Sentiment très vague, surtout à l'âge où je pouvais encore
accompagner ma mère au bain maure, mais qui provoquait en moi un certain trouble.
Dès notre arrivée nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes. Après avoir
payé soixante-quinze centimes à la caissière nous commençâmes notre déshabillage dans un
tumulte de voix aiguës, un va-et-vient continu de femmes à moitié habillées, déballant de
leurs énormes baluchons des caftans et des mansourias, des chemises et des pantalons, des
haïks à glands de soie d'une éblouissante blancheur. Toutes ces femmes parlaient fort,
gesticulaient avec passion, poussaient des hurlements inexplicables et injustifiés.
Je retirai mes vêtements et je restai tout bête, les mains sur le ventre, devant ma mère
lancée dans une explication avec une amie de rencontre. Il y avait bien d'autres enfants,
mais ils paraissaient à leur aise, couraient entre les cuisses humides, les mamelles
pendantes, les montagnes de baluchons, fiers de montrer leurs ventres ballonnés et leurs
fesses grises.
Je me sentais plus seul que jamais. J'étais de plus en plus persuadé que c'était bel et bien
l'Enfer. Dans les salles chaudes, l'atmosphère de vapeur, les personnages de cauchemar qui
s'y agitaient, la température, finirent par m'anéantir. Je m'assis dans un coin, tremblant de
fièvre et de peur. Je me demandais ce que pouvaient bien faire toutes ces femmes qui
tournoyaient partout, couraient dans tous les sens, traînant de grands seaux de bois
débordants d'eau bouillante qui m'éclaboussait au passage.
I. Compréhension : (10 points)
1)
- Titre de l’œuvre :
- Auteur :
- Genre de roman :
- Époque des évènements :
-Remplissez le tableau ci-dessus en vous référant à l’œuvre d’où le texte est tiré. (0,25 x 4)
2) D'après votre lecture de l’œuvre, quel métier (activité) exerce chacun de ces
personnages? (0,5 x 2)
- Abdallah :
- Lalla Kanza :
3) Dans le lieu où se trouvait le narrateur :
-Mettez une croix dans la case qui convient en vous référant au texte. (0,25 x 4)
4) Quels sentiments le narrateur éprouve-t-il dans le dernier paragraphe du texte ? (se
limiter à deux sentiments) (0,5 x 2)
5) Dans ce même paragraphe (le dernier) :
a) À quoi le narrateur compare-t-il ce lieu ? (0,5)
b) Justifiez votre réponse en vous limitant à deux indices. (0,25 x 2)
6) a)- Je ne veux pas aller en Enfer.
b) Dès notre arrivée, nous grimpâmes sur une vaste estrade couverte de nattes.
-Précisez le mode d'énonciation (le système énonciatif) utilisé dans chacun des deux énoncés
ci-dessus. (0,5 x 2)
7) Relevez dans le texte :
a) quatre mots relatifs au champ lexical du « corps humain ». (0,25 x 4)
b) une phrase comportant une comparaison. (1 pt)
8) À votre avis, le narrateur a-t-il gardé un bon souvenir du lieu où il était ? Justifiez votre
réponse. (1 pt)
9) D'après votre lecture du passage, quelle idée vous faites-vous du narrateur ? (1 pt)
Texte examen la boîte à merveilles chapitre 1:
Texte 4 :
Le lendemain du bain, ma mère ne manquait pas de raconter la séance à toute la maison,
avec des commentaires détaillés où abondaient les traits pittoresques et les anecdotes. Elle
mimait les gestes de telle Cherifa connue dans le quartier, la démarche de telle voisine
qu'elle n'aimait pas, parlait avec éloge de la caissière ou se révoltait contre les masseuses,
ces entremetteuses, mères des calamités, qui escroquaient les clientes sans leur apporter la
moindre goutte d'eau. Le bain maure était naturellement le lieu des potins et des
commérages. On y faisait connaissance avec des femmes qui n'habitaient pas le quartier. On
y allait autant pour se purifier que pour se tenir au courant de ce qui se faisait, de ce qui se
disait. Il arrivait qu'une femme chantât un couplet et le couplet faisait ainsi son entrée dans
le quartier. Deux ou trois fois, ma mère assista à de vrais crêpages de chignons. De telles
scènes donnaient matière à des galas de comédie. Pendant une semaine, ma mère mimait
devant les femmes de la maison, les amies de passage et les voisines la dispute et ses phases
multiples. On avait droit à un prologue suivi de la présentation des personnages, chacun
avec sa silhouette particulière, ses difformités physiques, les caractéristiques de sa voix, de
ses gestes et de son regard. On voyait naître le drame, on le voyait se développer, atteindre
son paroxysme et finir dans les embrassades ou dans les larmes.
Ma mère remportait auprès des voisines un gros succès. Je n'aimais pas beaucoup ces
sortes d'exhibitions. L'excès de gaîté de ma mère était pour moi lié à de fâcheuses
conséquences. Le matin, débordante d'enthousiasme, elle ne manquait jamais, le soir, de
trouver quelque motif de querelle ou de pleurs.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) Recopiez et complétez le tableau suivant : (0,25 pt x 4)
Titre de l’œuvre : .......................................................................
Auteur : ......................................................................................
Genre de l’œuvre : .....................................................................
Siècle : .........................................................................................
2) Situez ce passage par rapport à ce qui précède. (1 pt)
3) Relevez dans le texte deux avantages et deux inconvénients du bain maure. (0,5 pt x 2)
4) La mère du narrateur excelle dans le rôle de comédienne. L’enfant apprécie-t-il ce talent ?
Justifiez votre réponse. (0,5 pt x 2)
5) La mère du narrateur rapporte-t-elle objectivement les scènes auxquelles elle assistait au
bain maure ? Justifiez votre réponse. (0,5 pt x 2)
6) Quel sentiment éprouve la mère du narrateur en rapportant ces scènes ? (1 pt)
7) Relevez dans le texte quatre termes appartenant au champ lexical du théâtre. (0,25 pt x 4)
8) Pourquoi à votre avis ce champ lexical est-il abondant dans ce passage ? (1 pt)
9) Identifiez la figure de style contenue dans l'énoncé suivant :
« Le matin, débordante d'enthousiasme,... ». (1 pt)
10) Selon vous, la mère du narrateur a-t-elle de bonnes raisons de jouer la comédienne
devant ses proches ? Justifiez votre réponse. (0,5 pt x 2)
Texte examen la boîte à merveilles chapitre 1:
Texte 5 :
Toujours silencieux, mon père continuait à manger.
Ma mère recommença :
- Oui, tout cela ne te fait rien. Que ta femme subisse tous les affronts, ton appétit n’en est
pas affecté et tu manges comme à l’ordinaire. Moi, j’ai tellement de peine sur le cœur que je
ne mangerai plus jamais de ma vie.
Ma mère, se cachant le visage dans ses deux mains, poussa un long sanglot et se mit à
pleurer à chaudes larmes. Elle gémissait, se lamentait, se donnait de grandes claques sur les
cuisses, chantant sur un air monotone et combien triste tous les malheurs qui l’avaient
frappée. Elle énumérait les insultes qu’elle avait reçues, les épithètes dont on l’avait
gratifiée, recommençait intarissablement le panégyrique de ses ancêtres qui, par la même
occasion, se trouvaient offensés.
Mon père, rassasié, but une gorgée d’eau, s’essuya la bouche, tira à lui un coussin pour
s’accouder et demanda :
- Avec qui tu t’es encore disputée ?
La phrase eut sur ma mère un effet magique. Elle cessa de pleurer, releva la tête et, avec une
explosion de fureur, s’adressa à mon père :
- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues ! Cette
dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent l’étable. Elle
ne se lave jamais d’ordinaire, elle garde ses vêtements trois mois, mais pour provoquer une
querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. Tu connais ma
patience, je cherche toujours à aplanir les difficultés, je ne me départis jamais de ma
courtoisie coutumière ; je tiens cela de ma famille, nous sommes tous polis. Les gens qui
nous provoquent par des paroles grossières perdent leur temps. Nous avons conservé notre
calme et garder notre dignité. Il a fallu cette pouilleuse...
La voix de Rahma troua la nuit.
- Pouilleuse ! Moi ! Entendez-vous, peuple des Musulmans ? La journée ne lui a pas suffi, les
hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner devant Dieu qui de nous
deux a dépassé les limites des convenances.
I. ÉTUDE DE TEXTE (10 points) :
Lisez attentivement le texte et répondez aux questions suivantes :
1. a) À quel genre littéraire appartient « La Boîte à Merveilles »
b) À quelle date a-t-elle été publiée ?
c) Qui en est l’auteur ?
d) Citez une autre œuvre du même auteur. (0,25 pt x 4)
2. Pour situer le texte dans l’œuvre, répondez à ces questions : (0,5 pt x 2)
a) Dans quel type de logement habite la famille du narrateur ?
b) Quel métier fait le père du narrateur ?
3. a) Que reproche la mère du narrateur à son mari ? (0,5 pt x 2)
b) Justifiez votre réponse par un énoncé du texte.
4. a) Avec qui la mère du narrateur s’est-elle disputée ? (0,5 pt x 2)
b) Pour quelle raison ?
5. Dans la première partie du texte, que fait la mère du narrateur pour convaincre son mari
qu’elle est victime de cette dispute ? (1 pt)
6. La mère du narrateur brosse un portrait dévalorisant de la femme avec laquelle elle s’est
disputée. Relevez du texte deux éléments qui le montrent. (0,5 pt x 2)
7. « Je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière. »
Le mot souligné dans cet énoncé signifie :
-Crainte -Patience -Politesse
Recopiez la bonne réponse. (1 pt)
8. « Je ne mangerai plus jamais de ma vie »
La figure de style employée dans cet énoncé est :
- Une métonymie -Une hyperbole -Une antiphrase
Recopiez la bonne réponse. (1 pt)
9. Dans le texte, la mère du narrateur évoque sa famille (ses origines) avec beaucoup de
fierté. Pour quelle raison selon vous ? (Répondez en trois lignes au maximum). (1 pt)
10. Le père du narrateur écoute avec calme ce que sa femme lui raconte à propos de sa
dispute. Que pensez-vous de cette attitude ? Justifiez votre réponse (en quatre lignes au
maximum). (1 pt)
Texte examen la boîte à merveilles chapitre 1 :
Texte 6
Mon père, rassasié, but une gorgée d’eau, s'essuya la bouche, tira à lui un coussin pour
s'accouder et demanda : - Avec qui t'es-tu encore disputée ?
La phrase a eu sur ma mère un effet magique .Elle cessa de pleurer, releva la tête et, avec
une
explosion de fureur, s'adressa à mon père :
- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues ! Cette
dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent l'étable .Elle
ne se lave jamais d’ordinaire, elle garde ses vêtements trois mois, mais pour provoquer une
querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. Tu connais ma
patience, je cherche toujours à aplanir les difficultés, je ne me départis jamais de ma
courtoisie coutumière; je tiens cela de ma famille, sous sommes polis.
Les gens qui nous provoquent par des paroles grossières perdent leur temps .Nous savons
conserver notre calme et garder notre dignité. Il a fallu cette pouilleuse ...
La voix de Rahma troua la nuit.
- Pouilleuse ! Moi ! Entendez-vous, peuple des Musulmans ? La journée ne lui a pas suffi, les
hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner devant Dieu qui de nous
deux a dépassé les limites des convenances.
Ce qui se passa après ne peut être décrit par des mots, Ce furent d'abord des cris aigus et
prolongés, des vociférations, des sons sans suite et sans signification .Chacune des
antagonistes, penchée hors de sa fenêtre, gesticulait dans le vide, crachait des injures que
personne ne comprenait, s'arrachait les cheveux .Possédées du démon de la danse, elles
faisaient d'étranges contorsions .Voisins et voisines sortirent de leurs chambres et mêlèrent
leurs cris aux cris des deux furies. Les hommes, de leur voix graves, les exhortaient au calme,
insistaient pour qu'elles maudissent solennellement Satan, mais ces sages conseils les
excitaient davantage.
Le bruit devient intolérable. C'était une tempête, un tremblement de terre, le
déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde.
Je n'en pouvais plus .Mes oreilles étaient au supplice, mon cœur dans ma poitrine heurtait
avec force les parois de sa cage. Les sanglots m'étouffèrent et je m'écroulai aux pieds de ma
mère, sans connaissance.
I. ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1) Recopiez et complétez : (0,25 x 4)
- Titre de l’œuvre :
- Genre de l’œuvre :
- Auteur :
- Un autre titre de ses œuvres :
2) Situez le passage par rapport à ce qui précède. (1 pt)
3) « Avec qui t'es-tu encore disputée ? » D'après cette phrase, est-ce que Lalla Zoubida est :
a) Tolérante.
b) Querelleuse.
c) Patiente. (1 pt)
4) Qu'est-ce-qui a déclenché la nouvelle dispute des deux voisines ? (1 pt)
5) Dans le texte, Lalla Zoubida ressent une fierté par rapport à sa voisine. Quelle est l'origine
de cette fierté ? (1 pt)
6) Relevez du texte quatre termes appartenant au champ lexical de l’insulte. (0,5 x 4)
7) « C'était une tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces obscures,
l'écroulement du monde. » Dans cette phrase la gradation est :
a) Croissante.
b) Décroissante. (1 pt)
8) Quel est l'effet recherché par l'utilisation de cette figure de style ? (1 pt)
9) L'intervention des hommes a-t-elle réussi à faire revenir le calme à la maison ? Justifiez
votre réponse à partir du texte. (0,5 x 2)
10) Comment réagit l'enfant face à cette dispute ? (1 pt)