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Alimentation au Moyen Âge : Viandes et Épices

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Ismaël Ström
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L’alimentation au Moyen Age

Que mangeait‐on ?

Au Moyen Age, l'alimentation avait une grande importance, car les famines étaient fréquentes :
une mauvaise saison, une guerre, et s'en était fini de la récolte. De cette importance est née une
grande disparité sociale : la table du seigneur ne ressemble en rien à celle du paysan.
L'alimentation était principalement composée de viandes, de pain et des dérivés de pâtisserie.
Sauf pour les nobles, la cuisine médiévale est souvent une cuisine d'économie.

La cuisine médiévale est épicée mais ce n'est certainement pas pour


masquer la piètre qualité des mets. Le Moyen Age témoigne d'une
perpétuelle quête dans la maîtrise de l'harmonie des épices dont le nombre
est réellement impressionnant. Certaines épices telles le poivre long
d'Insulinde sont même oubliées aujourd'hui. Rappelons enfin que les épices
ne sont pas non plus à portée de toutes les bourses ! Elles constituent un
critère de distinction sociale. Plus classiques comme le safran, la cannelle ou
encore le gingembre. Le peuple ne se refuse pas non plus le plaisir des
épices et les plus humbles sont comblés lorsqu'ils détiennent du poivre,
épice devenue un peu trop accessible pour les plus riches. Pourquoi cet
engouement pour les épices ? Les médecins de l'époque leur confèrent des
qualités digestives. La provenance des épices apporte aussi une part de
rêve, L'Orient est assimilé à une sorte de paradis...etc. Elles assureraient
longévité ?

Dans tous les cas, la cuisine du Moyen‐âge fait preuve d'une certaine diététique : assez peu de
corps gras, pas de sucre (le sucre était plus considéré comme une forme de médication que
comme un réel agent gustatif).

Un souci diététique aussi, dans le déroulement des repas.

En effet, les grands repas démarraient par des salades assaisonnées ou des fruits frais, destinés à
ouvrir l'appétit. Ensuite venaient les potages ou brouets puis les viandes rôties accompagnées de
sauces diverses. Les sauces étaient bien souvent liées à la mie de pain ou encore avec du jaune
d'œuf mais absolument sans matière grasse (ex : sauce au raisin noir). Puis venait l'entremets,
sorte de distraction entre les mets... ballade chantée par quelque barde, jongleries, pitreries de
bouffon, voire même plats pastiches tels que des « pâtés d'oiseaux vivants » afin d'étonner ses
invités. Tout le monde profitait du spectacle en grignotant de petites préparations salées (petits
beignets par exemple). Le repas reprenait alors son cours avec « la desserte », qui correspond à
notre dessert et enchaînait sur « l'issue de table » composée de fromages, fruits ou gâteaux
légers. Des vins légèrement sucrés accompagnaient à merveille ces derniers plats qui visaient à
fermer le repas, à accélérer la digestion.
Enfin, pour terminer complètement le repas, les invités étaient conviés dans une autre pièce où
chacun pouvait purifier son haleine et faciliter sa digestion en absorbant des dragées, des épices
confites ou naturelles, le tout proposé à grands frais par le seigneur. C'était ce que l'on nommait
le « boute‐hors ». Ces petites gâteries de fin de repas s'accommodaient parfaitement des vins de
clairet et d'hypocras. L'hypocras est un vin blanc doux dans lequel on a laissé macérer de
nombreuses plantes et épices (cannelle, gingembre, cardamome...).

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Que mangeait‐on ?
LES VIANDES

La noblesse était très grande consommatrice de viandes, contrairement aux couches plus
populaires. En Europe la viande la plus courante à l'époque médiévale était le porc et ses dérivés
de charcuterie (jambons, saucisses, saucissons, pâtés, lard, etc.).
Les gros gibiers (sanglier, cerf et chevreuil) étaient réservés aux nobles, le petit peuple se
contentait de lièvres et lapins de garenne.
Les oiseaux de prestige (faisans, cygnes, aigles, paons) revêtus de leurs plumes, avec le bec doré,
entourés de bannières et disposés sur des socles de pâte en forme de château fort etc., figuraient
sur les tables de festins seigneuriaux. Les nobles consommaient également des poulardes, oies,
pintades, dindes, canards. Le peuple se contentait de perdrix, pigeons, bécasses, cailles, et de
petits oiseaux (merles, grives, ortolans…).
La poule, la vache et le mouton étaient servis qu'occasionnellement, sur les tables médiévales (en
ragoûts, farcis, en croûte, en terrines) mais ces gibiers étaient habituellement conservés pour les
œufs, le lait, la laine. Le bœuf étant l'animal de trait le plus répandu au Moyen Âge était peu servi
à table.

Cuisson à la broche chez les nobles et en sauce, en ragoût ou en pâté pour le peuple.
En principe, tous les gibiers étaient rôtis à la broche, souvent après avoir été bouillis pour être
plus tendres. Ou encore, ils étaient découpés en morceaux et cuits dans une sauce au vin épaissie
de pain grillé broyé ou de purée de féculents, en sorte de civets ou de hochepots. On pouvait
aussi mélanger plusieurs sortes de viandes pour utiliser les restes ou les abats, coupés en
morceaux et mis à la sauce (épicée), ou broyés avec des herbes fines pour faire des pâtés ou des
tourtes (avec de la pâte).

LES POISSONS

En période de carême, la viande, les œufs et le beurre étant interdit, on les remplaçait par :
- les poissons frais : carpes, anguilles, perches, brochets ‐ nombreux dans les étangs des
couvents et des châteaux.
- les truites et saumons gardés dans des viviers, étaient le privilège des nobles.
- les poissons salés ou fumés (morues, maquereaux, harengs).
- les escargots, les grenouilles, les écrevisses.

LES EPICES

Les épices sont rares et chères en Europe car elles sont importées d'Orient. Les grandes tables
d'Europe rivalisent par la finesse des épices utilisées. Les épices connues à l'époque sont : le
gingembre, la cardamome, la cannelle, le poivre, les clous de girofle, la muscade, le cumin, les
amandes, le sucre, le safran... on utilise également des épices de nos contrées : feuilles de laurier,
oignons, ciboulette, ail. Il est à noter que le sel n'est pas considéré comme une épice.

On prête souvent à ces plantes des vertus thérapeutiques utilisées par les guérisseurs.
Tous ces gibiers étaient préparés faisandés et pour en masquer le goût (ou par plaisir), on les
accommodait avec des épices venues d'orient et mises à la mode par les croisés et aussi avec des
oranges et des citrons dont le jus était utilisé pour parfumer certaines sauces. Les épices fortes
communes (thym, laurier, ail, oignon, échalote, persil, ciboulette) aromatisaient les nombreux

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Que mangeait‐on ?
plats en sauce : au vin, au vinaigre ou au verjus (jus de raisin vert). L'abondance des épices fortes
dans tous les plats s'explique également par l'absence d'excitants (thé et café n'étant pas encore
apparus en Europe) en dehors du vin et des alcools.

LES SAUCES

Acides et aigres. Les sauces étaient servies à part : froides, l'été, à base de vinaigre ou de verjus
additionné de fines herbes hachées (sarriette, menthe, ciboulette) ; chaudes et épaissies avec du
pain, du jaune d'œuf ou des foies de volailles, l'hiver, pour accompagner venaisons et viandes.

La cuisson

Les poissons frais étaient cuits au court‐bouillon fortement aromatisée, ou frits, ou accompagnés
d'une sauce au vin ou présentés en gelés, ou encore, mêlés et broyés en pâtés ou en tourtes.

LES DESSERTS ET DOUCEURS

En fin de repas, apparaissaient des desserts :


Tartes au flan, rissoles aux fruits secs et au miel, pain perdu, riz "engoulé" aux amandes et au
miel, blancs‐mangers colorés et parfumés de fleurs d'oranger.
Dans les repas de fête, on aimait croquer des "douceurs" qui ressemblaient à nos actuels petits
fours, sucré au miel ‐ le sucre étant un luxe venu des croisades !
Des dragées faites de grains de coriandre ou de genièvre, des fruits secs enrobés de sucre ou pilés
et malaxés avec du miel (pignons de pin, pistaches, amandes, noix, noisettes), des fruits confits,
ou cuits dans le vin ou le sirop, les pâtes de fruits, les massepains parfumés à la rose… Ces "épices
de chambre" faisaient l'objet de cadeaux de bienvenue, de remerciement, et étaient très
appréciés !

LE PAIN QUOTIDIEN DU PAYSAN

Le pain était avec les fromages, les racines et les fruits, la base de la nourriture paysanne. Il se
présentait en grosses miches rondes, en couronnes, en petits pains individuels.
Au début du Moyen Age, le pain était fabriqué à partir de farines de seigle, d'avoine ou d'orge, car
en cette époque troublée, on privilégiait les céréales les plus rentables. Au XIIe siècle pourtant, on
est revenu à la farine de froment (blé), plus digeste. Ils étaient saupoudrés de cumin ou d'anis,
voire de marjolaine ! Les boulangers et les ménagères en fabriquaient de toutes sortes ; on
raconte que même les pains "ratés" étaient vendus sur le parvis de Notre‐Dame pour faire des
liants de sauce !
De grosses tranches épaisses, un peu rassises, nommées "tranchoirs", servaient d'assiettes ou de
supports aux viandes en sauce. A la fin du repas, soit on les mangeait, soit on les donnait aux
pauvres, soit on les jetait aux chiens avec les restes.

LES FRUITS

Moins consommés par les nobles que par le peuple, les fruits étaient exclusivement ceux de la
région et de la saison (fraîcheur oblige) (à part les dattes, figues, oranges, citrons, abricots,
pêches, mis à la mode par les croisés, et ensuite implantés dans les régions les plus chaudes).

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Que mangeait‐on ?
Pommes, prunes, raisins, poires étaient récoltés dans les jardins, alors que fraises, framboises,
mûres étaient cueillies sauvages en forêts.

LES LEGUMES

C'est sans doute parmi les légumes qu'il y a beaucoup de


différences.
Les légumes sont essentiellement des racines. Leur forme
diffère grandement de ce que l'on connaît maintenant !
La carotte, par exemple, est loin d'avoir la couleur
orangée et la belle forme conique qui nous est
aujourd'hui si familière, c'est plutôt une racine
blanchâtre tordue et assez proche du panais.
Le riz a été rapporté par les croisés mais il n'est
véritablement donné qu'aux malades...
Chez les moins fortunés, on consomme aussi beaucoup
de petit épeautre. Il s'agit d'un « blé vêtu » ou « blé
engrain » dont la culture se satisfait de conditions
médiocres et qui est surtout ‐ peu ou pas taxée ‐. Ce blé
se consomme en bouillie mais il sert aussi pour cuire le
pain.

Les légumes peuvent être classés sous trois sortes principales :


 les racines (carottes, navets, betteraves, salsifis);
 les féculents (pois, fèves);
 les légumes verts (choux, salades, bettes, cardons, pinards).
 Les herbes fines étaient utilisées surtout comme condiment à la place du sel sur lequel
pesait un impôt très lourd : la gabelle.

BOISSONS ET BREUVAGES

La boisson principale était le vin : en effet, l'eau pouvait souvent être


contaminée et rendre malade (dysenterie). Avec le vin, pas de problème. Le
vin de l'époque avait un plus faible titrage et ne se conservait guère plus
d'une année. On consommait également une boisson appelée piquette,
fabriquée à partir de raisin, d'eau et de sucre.
Au XIe siècle, on consommait surtout du vin blanc, mais à partir du XIIe
siècle, la préférence est allée au vin rouge, du moins dans les pays du sud de
l'Europe. Le vin de l'époque était très acide et il était souvent coupé à l'eau
et agrémenté d'épices, de miel ou d'herbes (clairet et hypocras).
En dehors du vin et des alcools servis pendant les repas, la bière (cervoise)
et le cidre étaient aussi appréciés ‐ selon la région ‐ que les bourgognes
rouges et blancs.
Pour faciliter la digestion, on servait des breuvages aux herbes (vin d'anis, d'absinthe, de romarin,
de sauge) ou aux épices, tels que l'hypocras et le clairet.
Avec les sucreries on servait des vins très généreux (malvoisie) et des vins doux.

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Les paysans
Les paysans consomment une nourriture peu variée : le porc, tué au début de l’hiver et conservé
dans du sel, leur donne du lard qui agrémente les repas de fête, baptêmes ou mariages. Le reste
du temps, ils se nourrissent de soupes de légumes, de galettes, de bouillies de seigle ou d’orge et
de pain. Le pain est la base de l'alimentation et chacun en consomme à peu près un kilo par jour.
Au début du Moyen Age, le pain était confectionné à partir de farines de seigle, d'avoine ou d'orge
car on privilégiait les céréales les plus rentables. Au XIIe siècle, on est revenu à la farine de
froment (blé), plus digeste.

Si les conditions météorologiques sont mauvaises, la récolte


devient insuffisante. Et voilà donc les paysans incapables de faire
face à leurs redevances et de subvenir à leurs propres besoins en
nourriture. Ils souffrent alors de la disette (manque de
nourriture) et parfois même de la famine (absence de nourriture).
Affaiblis par une mauvaise alimentation à laquelle se rajoute un
manque d'hygiène, beaucoup d'entre eux sont alors emportés
par les maladies.

Famines et grands festins

Avec la guerre et la peste, la famine est une des


trois grandes plaies du Moyen Age.
Plusieurs années de mauvaises récoltes peuvent
décimer les populations, qui ne reçoivent de
l'extérieur qu'un maigre recours. Les villages
vivent en effet en économie fermée, ainsi que les
petites bourgades ; et l'essentiel de la population
européenne habite la campagne.
Quand la récolte est compromise, il faut
s'attendre à la disette. Aussi forme‐t‐on des
processions pour que tombe la pluie ou que cesse
le gel. La survie dépend du ciel. Dans les villes, la situation n'est pas meilleure. Le prix du pain
grimpe quand les campagnes fournissent moins de blé.
A la ville comme à la campagne, la table du pauvre demeure maigre : du pain noir et pas de
viande; les bêtes sont vendues aux riches des villes. Il ne reste que les entrailles ou les têtes de
veau. Le lard sauve la soupe de légumes.
Bourgeois et nobles

Bourgeois et nobles se nourrissent mieux ainsi que les petits bourgeois qui font courir dans les
rues des villes des porcs qui s'engraissent des détritus. Le "bien manger fait désormais partie de
l'éducation des filles.
Chez les riches, les viandes sont nombreuses et variées, les légumes, fournis par les fermiers, sont
servis en garniture. On consomme beaucoup de gibier, non seulement les lièvres et les perdrix,
mais aussi les hérissons et les écureuils. On adore, en période de carême, la morue fraîche et le
saumon. La baleine salée, dont on tire le "lard du pauvre", est le "poisson du pauvre".
Les épices (cannelle, girofle, safran ou poivre vert) sont particulièrement recherchées par les
riches qui aiment la nourriture très relevée. Il est vrai que l'odeur des épices fait passer les mets
trop faisandés ! Le vin se boit à la fin du repas, avec les fromages.
Mais cette table bourgeoise n'est rien à côté des grands banquets des fêtes seigneuriales, où l'on
peut servir jusqu'à trente plats, avec les viandes, les poissons et les gibiers les plus divers comme,
par exemple, le paon, servi avec ses plumes. Au temps de la famine et de la misère, la table aussi
est symbole de puissance.
Présentation, ordonnance et diversité des mets

Le goût des plats en croûte s'explique par l'absence de couverts à table et la commodité de les
manger.
Il n'existait pas la même ordonnance dans le service des mets. Des fruits et des salades diverses
pouvaient très bien être servies en début. Le sucré et salé cohabitaient constamment soit à
l'intérieur d'un même plat, soit en se suivant. L'ordre des plats n'avait, en fait, aucune
importance!
Chaque convive n'était pas invité à prendre de chaque plat, d'où l'extrême diversité et le nombre
étonnant de mets sur la table ! On choisissait ce qui plaisait ou ce qui était à la portée. Pouvaient
donc se mêler pâtés de viande en croûte, tourtes de poisson aux amandes et au vin blanc,
jambons ou gibiers enrobés de pâtes croustillantes et dorées, gâteaux rustiques (à base de pâte à
pain, de fromage blanc, colorés de safran ou épicés de cannelle, de cumin, d'anis, de gingembre),
pains d'épice, bretzels salés, fougasses sucrées (sortes de brioches), gaufres, beignets, crêpes,
pets‐de‐sœurs, etc.

Les jours maigres

La religion imposait de nombreux jours maigres, aussi bien pour des raisons religieuses que de
santé publique.

L'Eglise imposait de ne manger ni viande ni graisse animale les vendredi et samedi de chaque
semaine... Ajoutez à cela des périodes de jeûne comme celle du Carême qui démarrait 40 jours
avant Pâques... et vous obtenez en gros 150 jours dans l'année où l'Eglise interdisait de toucher à
de la viande ou à ses dérivés... Même le lait était interdit, on le remplaçait alors par du lait
d'amande très digeste et permettant des liaisons extrêmement onctueuses.
Comme jours "maigres" on avait : les Mercredi et Vendredi, 40 jours de Carême avant Pâques,
avant Noël et après la Pentecôte.

Les viandiers

Les ouvrages qui abordent ce qui entretient la vie, ce qui a trait aux vivres, sont dénommés
viandiers. Le viandier est l'ancêtre de notre actuel livre de cuisine. Si bon nombre de viandiers
furent écrits dans le plus total anonymat, certains ouvrages signés sont aujourd'hui fort célèbres.
On parle ainsi très souvent du « Viandier de GUILLAUME TIREL alias TAILLEVENT », cuisinier des
rois Philippe de Valois, Charles V et Charles VI. Dans l'ensemble, on peut dire que la plupart des
ouvrages traitant du sujet furent rédigés au XIVe et XVe siècle. Ne vous méprenez pas sur le terme
« viandier », ce n'est pas un ouvrage qui parle uniquement de viande... En fait, au Moyen Age, on
désignait plutôt la viande par le mot « chair ».

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Présentation, ordonnance et diversité des mets

Comment reproduire le service et l’ambiance d’un repas médiéval ?

Beaucoup de recettes de nos grands‐mères (civets, daubes, bourguignons, soupes paysannes,


rôtis farcis, tourtes, tartes, pain perdu, gaufres, pâtes de fruits, compotes, etc.) viennent en ligne
directe de celles du Moyen Âge, il est donc très simple de préparer un repas "d'époque"
satisfaisant !

 Placez sur la table des petits bols dans lesquels vous aurez mis des fleurs séchées coupées
en petits morceaux (lavande, thym ou origan, menthe, anis étoilé) et des pétales (roses, aux
autres, colorés), ainsi que des écorces d'oranges pelées d'un seul coup puis séchées.
Vous pouvez également placer des oranges, piquées de clous de girofle serrés les uns contre les
autres sur toute la surface. Elles joueront le rôle de déodorants.

 La fourchette est une invention de la Renaissance. À l'époque, on se servait des doigts,


d'une cuillère et d'un couteau. Chaque convive (les dames également) portait sur lui un couteau
presque en permanence.

 Pour se laver les doigts, placez sur la table des bols remplis d'eau et offrez à vos invités des
essuie‐mains de tissus. Dans les grands festins, offrez ce service via les personnes qui font office
de serviteurs.

 Pour faciliter le service et faire comme à l'époque médiévale, apportez en même temps
sur la table plusieurs plats, variés, mélangez sucrés et salés, chauds et froids. Si vous servez les
plats chauds dans de la vaisselle de grès ou de terre cuite, sortant du four et coiffée de
couvercles, vous n'aurez pas besoins de trop de personnel, ni de vous déranger trop souvent!

 Pour les boissons, emplissez de cidre ou de bière des grosses cruches en grès et disposez‐
les sur la table tous les cinq convives. Alternez‐les avec des flacons de vins de formes anciennes
(genre Dom Pérignon), ou des aiguières, ou autres…

 Invitez vos amis à se servir eux‐mêmes.

 Si vous en avez, posez sur cales des petits tonnelets de vin et de bière ("de garde") ;
placez‐les à proximité de la table, tant pour l'aspect décoratif que pour le côté pratique du
service…
Si vous achetez votre vin dans un vinier, n'oubliez pas de le transvaser dans un récipient plus
adéquat ! La dame‐jeanne est moins pratique pour verser et soutirer que le tonnelet.

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Présent ou non au Moyen Age

Les anachronismes
les frites et les pommes de terre en général (importé d'Amérique à la Renaissance);
le thé (importé de Chine à la Renaissance);
le café (importé d'Amérique);
le cacao et chocolat;
les eaux de vie (inventées au 16ème siècle);
la dinde ou dindon (sauf si camouflé pour simuler un paon ou un cygne);
la banane, l'ananas, la mangue, les fruits de la passion, la rhubarbe, le kiwi, la canneberge, la
fraise de jardin et le bleuet;
les arachides ou le beurre d'arachide, les noix du Brésil, noix de pacane, noix de coco;
les choux de Bruxelles, artichauts, le brocoli, les haricots verts, la laitue Iceberg, le maïs ou blé
d'Inde, l'avocat;
les piments rouges ou vert mexicains (pas les poivrons);
la tomate (importée du Pérou à la Renaissance);
certaines épices : le poivre de Chili, poivre de Jamaïque, la vanille, le poivre vert et rose;
la margarine (invention chimique moderne);
le sirop ou tire d'érable ou de maïs.

PRESENCES
ALIMENTS MEDIEVALES ANECDOTES
EN EUROPE
Le dindon est un volatile qui vivait à l'état sauvage en Amérique,
DINDON NON (les glouglous d'Obélix), les "découvreurs" de l'Amérique croyant
être en Inde, appelant l'animal, la poule d'inde, ou la dinde
Animal très courant depuis l'antiquité en France, il est facile à
PORC OUI
nourrir, et très rentable (tout est bon dans le cochon)
La poule était principalement élevée pour ses œufs mais
également pour sa viande,
POULE COQ les gélines (leurs noms médiévaux) étaient prisée sur las tables
OUI
POULET riches.
Attention les œufs et la viande n'étaient pas mangés le vendredi,
lors du carême et de l'avent
BŒUF VACHE Principalement élevée pour le lait, la vache est rarement
OUI
VEAU mangée, les jeunes mâles et les bœufs sont abattus.
Le haricot est une petite fève américaine, qui porte le nom d'un
HARICOTS NON
plat de mouton autrefois servi avec des vraies fèves.
La tomate vient de l'Amérique Centrale, le Mexique. Sur les
terrasses de Versailles on cultivait des tomates pour la
TOMATES NON
décoration, personne n'osait les manger, on croyait que c'était
du poison…la couleur rouge vif n'inspirait pas confiance
La pomme de terre est américaine, c'est grâce au stratagème de
POMME DE
NON Parmentier sous le roi Louis XVI qu'elle est diffusé dans toute la
TERRE
France
Céréale américaine et plus précisément andine, elle est le 'blé "
MAÏS NON
d'Amérique
CHOUX OUI Plante européenne facile à faire pousser
POMME OUI Plante cultivé en Europe depuis très longtemps.

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Présent ou non au Moyen Age
FRAISES DE La fraise des bois sauvage est récoltée au Moyen Âge, la fraise
OUI
BOIS actuelle est une espèce asiatique
CITRON ET Cultivé sur les bords de la méditerranée, ces agrumes sont
OUI
ORANGE connus en France, mais elles voyagent sous forme confites
Epice commune du Moyen Âge elle vient du Sri Lanka, c'est
CANNELLE OUI
l'écorce d'un arbre, on l'utilise dans les plats salés ou sucrés
PIMENT NON Il est américain
Il est également américain, consommé par les indiens lors de
CHOCOLAT ET
NON cérémonies religieuses, Christophe Colomb s'en vit offrir à son
CACAO
arrivée aux Antilles
La vanille est la gousse d'une orchidée amazonienne, fécondé par
VANILLE NON un papillon local, On diffusa sa culture à Madagascar et à la
réunion mais la fécondation doit être faite par les agriculteurs.
La légende la plus répandue veut qu'un berger d'Abyssinie
(actuelle Éthiopie), ait remarqué l'effet tonifiant de cet arbuste
sur les chèvres qui en avaient consommé. Une autre hypothèse
CAFE NON soutient que ce berger, ayant accidentellement laissé choir une
branche de cet arbuste sur un poêle, aurait remarqué l'arôme
délicieux qui s'en dégageait.

Les amandes et les noix sont des fruits à coques dur qui
présentent l'avantage de bien se conserver une fois séchées.
AMANDES Dans la cuisine médiévale, le lait d'amande réalisé avec de la
OUI
poudre d'amande et de l'eau était utilisé pour remplacer le lait
les jours maigres.

La distillation des fruits des plantes, des céréales, et des racines


WHISKY ET (betterave), fut élaborée au Moyen Âge par les Alchimistes dans
NON
EAU DE VIE un but thérapeutique, et non culinaire, sa diffusion en France
n'apparait qu'à l'Epoque Moderne
La mangue et le litchi sont d'origine asiatiques leur culture
existait déjà au Moyen Âge en Inde, Chine etc.… mais ils ne
FRUITS purent jamais être consommé en France avant le XXème siècle
NON
EXOTIQUES en raison de la longueur des moyens de transport.
L'ananas est quant à lui américain au même titre que la noix de
pécan ou de cajou
Le thé est connu depuis des millénaires en Asie, sa culture est
séculaire mais ce n'est qu'au XVIIème siècle qu'il se diffuse en
Europe.
THE VERT Le Thé vert s'est popularisé au Maghreb qu'à partir du XIXème
NON
siècle, les Anglais ont développés son commerce dans cette
région qui connaissait une tradition d'infusions pour remplacer
le marché Slave et principalement russe qui s'était fermé depuis
la guerre de Crimée (1853‐1956).

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