Comportement
mécanique des
matériaux.
MEC533 Matériaux de Construction H. NIANDOU
Table des matières
Introduction 5
I - Schématisation du comportement des matériaux 7
A. Elasticité...........................................................................................7
1. Loi de Hooke généralisée...................................................................... 7
2. Elasticité orthotrope............................................................................. 8
3. Elasticité à isotropie transverse..............................................................9
4. Elasticité linéaire isotrope.................................................................... 10
B. Visco-Elasticité................................................................................ 12
1. Généralités........................................................................................12
2. Corps de Maxwell............................................................................... 14
3. Solide de Kelvin-Voigt......................................................................... 18
3
Introduction
Par loi de comportement les mécaniciens entendent la manière dont le matériau
s'oppose à la sollicitation, cette loi peut dépendre du point du matériau considéré,
de la température et du temps.
La plupart des matériaux de construction destinés à réaliser des éléments structuraux ou
des éléments de second œuvre sont sensible à la durée l'application des charges ou de
déformations imposées. La conception d'un élément quelconque doit prendre en compte
le comportement instantané et différé de ces matériaux, vis-à-vis des sollicitations qui lui
seront imposées. On garantira ainsi la stabilité dimensionnelle des éléments non
structuraux en limitant le niveau des chargements extérieurs, et la stabilité structurelle
d'éléments résistants fortement sollicités par l'estimation des déformations différées.
L'allure qualitative de la réponse des matériaux aux sollicitations permet de les classer à
l'aide des qualificatifs : rigide, élastique, visqueux, plastique et parfaitement
plastique. A chaque schéma type correspond une théorie mathématique.
Prenons l'exemple d'un tunnel chargé en surface : les lois de comportements nous
permettrons d'étudier les relations entre les déplacements, les contraintes et les
déformations. Par conséquent, on doit vérifier : l'équilibre, la cinématique, le
comportement, les conditions d'interface et l'interaction fluide-squelette. On
constate dans cet exemple que les trois dernières vérifications font intervenir les matériaux.
5
Schématisation du
I -
I
comportement des
matériaux
Elasticité 7
Visco-Elasticité 12
A. Elasticité
Dés qu'il s'agit du comportement rhéologique antérieur à la rupture, les données
expérimentales sur les matériaux sont généralement analysées sur la base de la
théorie de l'élasticité.
1. Loi de Hooke généralisée
a) Généralités
Le comportement élastique linéaire signifie que le tenseur des contraintes ij
reste proportionnel au tenseur de déformations ij au cours du chargement.
En d'autres termes, nous supposons q'un milieu linéaire, élastique, homogène et
continu satisfait la loi de Hooke généralisée. Ainsi, nous avons :
ij =Cijkl kl
Où Cijkl est le tenseur d'élasticité.
Dans le cas tridimensionnel le plus général, le tenseur d'élasticité a 81 composantes
indépendantes. Cependant, la symétrie du tenseur des contraintes et du tenseur
des déformations ramènent ce nombre à 36. Si l'existence d'une énergie de
déformation est en plus postulée, le tenseur d'élasticité devient symétrique et
réciproquement. Le nombre de coefficient élastiques est donc réduit à 21.
L'équation peut être ré écrite comme suit :
ij=A ijkl hk
Où Aijkl est le tenseur de compliances avec 21 composantes indépendantes.
Si nous considérons la représentation matricielle des tenseurs ij , kl et Aijkl dans
un système de coordonnées arbitraire (x, y, z), l'équation est équivalente à :
= A
7
Schématisation du comportement des matériaux
Les 21 éléments de la matrice (A) jouent différentes rôles et ont différentes
significations physiques.
Si la structure interne du milieu possède un type de symétrie, alors cette symétrie
peut être observée dans ses propriétés élastiques. Le nombre de coefficients
élastiques devient inférieurs à 21.
2. Elasticité orthotrope
a) Matériaux orthotropes
Dans la plupart des cas pratiques, les matériaux anisotropes sont modélisées
comme des matériaux orthotropes ou isotropes transverses dans un système de
coordonnées lié à leur structure apparente ou directions de symétrie.
Un milieu est dit orthotrope pour une propriété donnée, si cette propriété est
invariante par changement de direction obtenue par symétrie relative à deux plans
orthogonaux (ce qui entraîne d'ailleurs la symétrie par rapport au troisième plan
orthogonal).
Un milieu est élastique isotrope transverse si ses caractéristiques d'élasticité sont
identiques pour tous les couples de directions symétriques par rapport à un axe.
Pour un matériau orthotrope avec un repère structurale :
Figure 1 : Définition du repère de structure.
La loi de Hooke peut être écrite, dans un espace à 6 dimensions, comme suit :
8
Schématisation du comportement des matériaux
1 −21 −31
0 0 0
E1 E2 E3
−12 1 −32
0 0 0
1 E1 E2 E3 1
2 −13 −23 1 2
0 0 0
= E1 E2 E3
3 3
23 1 23
0 0 0 0 0
31 G23 31
12 1 12
0 0 0 0 0
G31
1
0 0 0 0 0
G12
Où E1 , E2 , E3 sont les modules d'Young dans les directions S1 , S2 et S3 ;
G23 , G31 , G12 sont les modules de cisaillement dans les plans
S2 , S3 , S3 , S1 , S1 , S2 respectivement. Ainsi, le coefficient de déformabilité
1
caractérise la variation de l'angle droit entre S2 et S3 23 , effet de la
G23
cause qui est la contrainte de cisaillement dans le plan S2 , S3 . Le coefficient de
Poisson, ij , caractérise le raccourcissement ou l'allongement (effet) dans la
direction (j) pour une traction ou une compression (cause) dans la direction (i). Par
exemple, 12 caractérise l'allongement dans la direction 2 pour une compression
dans la direction 1.
La matrice des coefficients de déformabilité (A) étant symétrique, nous avons les
relations suivantes :
12 21 13 31 23 32
= ; = ; =
E 1 E2 E1 E3 E2 E3
Le matériau est caractérisé par 9 coefficients indépendants.
Remarque
La formulation orthotrope a été utilisée pour caractériser la déformation des
matériaux composites, le bois, des roches tel que les charbons, les schistes, les
ardoises, les gneiss et les granites.
3. Elasticité à isotropie transverse.
a) Matériaux isotropes transverses.
Pour un matériau isorope transverse, seulement 5 constantes élastiques
indépendantes sont nécessaires pour décrire la réponse mécanique. Si l'axe
d'isotropie est repéré par S1, le matériau est "isotrope" dans tous les plans
normaux à S1. Ainsi, en supposant, par exemple, que les paramètres élastiques in
dépendants sont E1 , E2 , 12 , 23 et G12 , par rapport au cas orthotrope, nous
avons les égalités suivantes :
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Schématisation du comportement des matériaux
E1=E2 , mêmes modules d'Young dans les directions S2 et S3 .
12 =13 , mêmes contractions ou dilatations suivant S2 et S3 pour une
traction ou une compression appliquée suivant S1 .
G12=G31 , mêmes modules de cisaillement dans les
plans S1 ,S2 et S3 , S1 .
E2
G23= module de cisaillement autour de S1 .
2123
E2
En outre : 21 =31 = 12 .
E1
Remarque
La formulation isotrope transverse a été utilisée pour caractériser la déformabilité
des matériaux composites, le bois et des roches tel que le schiste, l'argilite,
l'ardoise et le basalte. Pour des telles roches, le plan isotrope transverse est
supposé parallèle aux plans de foliation, de schistosité ou de litage.
4. Elasticité linéaire isotrope
a) Matériaux isotropes
Enfin, pour un matériau isorope, seulement 2 constantes élastiques indépendantes
E, sont nécessaires pour décrire la réponse mécanique.
Fondamental
Le milieu élastique linéaire est isotrope si et seulement si le tenseur élastique est
de la forme :
ij =trace ij2 ij
, : Coefficientsde Lamé.
E E
= , =
11−2 21
Ou bien :
1
ij= ij − trace ij
E E
Remarque
La formulation isotrope a été utilisée pour caractériser la déformabilité des métaux,
des bétons, des sols tel que les sables etc...
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Schématisation du comportement des matériaux
b) Etat de déformation plane
Définition
L'état élastique u , ]
[ est un état de déformation plane par rapport au plan
Ox1 x2 si :
u =u x1 , x 2 =1, 2
u 3=0
Avec u
le champ de déplacement.
Les implications d'un tel choix du vecteur déplacement sont :
13 =23=33=0 ⇔ 33 = 11 22
Remarque
L'état de déformation plane sert d'hypothèse de calcul en 2D, des ouvrages tels
que les barrages, les murs de soutènement, les fondations filantes, les tunnels
etc...
c) Etat de contrainte plane
Définition
L'état élastique u , ]
[ est un état de contrainte plane par rapport au plan
Ox1 x2 si le tenseur de contrainte ne dépend que de x 1 et x2 et est tel que :
13 = 23 = 33 =0
Conséquence :
−
33 = 11 22
E
Remarque
L'état de contrainte plane sert d'hypothèse de calcul en 2D, des ouvrages tels que
les radiers, les plaques minces etc...
d) Essai oedométrique
Schématisation de l'essai oedométrique, conditions aux limites :
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Schématisation du comportement des matériaux
Essai oedométrique.
Question
1. Déterminer la contrainte 22 .
2. Calculer le module oedométrique Ed en fonction de E, .
B. Visco-Elasticité
1. Généralités
a) Caractéristiques
La viscosité caractérise les phénomène de dissipation d'énergie dans les matériaux.
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Schématisation du comportement des matériaux
Figure 2 : Première caractéristique.
r s'annule avec le temps.
Figure 3 : Deuxième caractéristique.
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Schématisation du comportement des matériaux
2. Corps de Maxwell.
a) Schématisation
Considérons un modèle simple de corps à visco élasticité linéaire, celui de Maxwell
constitué par un ressort et un amortisseur en série :
Schématisation du modèle de Maxwell simple.
Comme les éléments sont en série, les contraintes sont égales dans les éléments
successifs et la déformation totale est la somme des déformations élémentaires :
= 1= 2 et
=1 2
Ressort : 1 =E.1
d 2
Amortisseur : 2 =.
dt
Par conséquent :
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Schématisation du comportement des matériaux
d 2
=E.1 =.
dt
Et
d d 1 d 2 1 d
=1 2 ⇒ = =
dt dt dt E dt
Fondamental
La relation différentielle contrainte déformation est :
d 1 d
=
dt E dt
Remarque
Applications :
aux solides "mous" :
Polymères thermoplastiques au voisinage de la température de fusion.
Béton frais en négligeant son vieillissement.
De nombreux métaux aux températures proches de la température de
fusion.
Aux EME (Enrobés à Module Élevé), matériau dense pour couche d'assise
(couche de roulement).
D'une manière générale, les enrobés ne sont pas des corps élastiques, mais des
corps visco-élastique. Les déformations sous charge dépendant de la durée du
chargement et, de façon étroite, de la température à laquelle on opère.
Autrement dit la rigidité d'une couche de surface épaisse en béton bitumeux sera
très différente selon qu'il s'agit d'un parking en été (charge de longue durée,
température élevée) ou d'une section d'autoroute en hiver (charge brève,
température basse). La déformation de l'enrobé et les contraintes de traction seront
très différentes. Les pressions au sol également.
b) Sollicitations de fluage et de relaxation
Essai de Fluage :
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Schématisation du comportement des matériaux
Chemin de chargement, essai de fluage.
= 0 pour t0
Essai de Relaxation :
=0 pour t0
Question
1. Etudier la réponse du modèle de Maxwell simple à une sollicitation
composite : fluage entre t 0 et t 1 , puis absence de sollicitation au-delà de
t1 .
2. Etudier la réponse de ce modèle à une sollicitation de relaxation.
Dans ces deux cas, vous tracerez l'allure des graphes des réponses
correspondantes.
3. Conclure sur les limites d'utilisation de ce modèle par rapport aux
comportements réels de matériaux.
3. Solide de Kelvin-Voigt
a) Schématisation
Schématisation du modèle de Kelvin-Voigt : cas unidimensionnel.
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Schématisation du comportement des matériaux
Schématisation du modèle de Kelvin-Voigt.
Les éléments sont en parallèle, les déformations sont égales dans les éléments
successifs, la contrainte totale est la somme des contraintes élémentaires :
=1 =2 et
= 1 2 .
Ressort : 1 =E.1 .
d 2
Amortisseur : 2 =. .
dt
Par conséquent :
d 2
= 1 2=E1
dt
Fondamental
La relation différentielle contrainte déformation est :
d
=E
dt
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Schématisation du comportement des matériaux
Remarque
Applications :
Les polymères, le caoutchouc, le bois si la sollicitation n'est pas trop élevée.
b) Essai de fluage
Chemin de chargement, essai de fluage.
= 0 pour t0
Question
Etudier la réponse du modèle de Kelvin-Voigt à une sollicitation de fluage.
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