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Proudhon : État et oppression du peuple

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Partie 2

Dans la seconde phrase, Proudhon énumère encore une fois longuement les torts que l'État cause au
peuple. Cependant, cette fois, il axe surtout sa dénonciation sur la manière dont l' État met le peuple
en esclavage, et sur le fait que l' État justifie ses actions en prétextant qu'elles servent l'intérêt
public. Si l'on observe l'énumération, on observe les mots suivants : " mis à contribution, exercé,
rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé." Ainsi, par ce chant lexical,
Proudhon sous-entend que le peuple ne fait que servir les intérêts de l' État et non les siens. Encore
une fois, ce texte paraît en 1851, soit sous le mandat de président de Napoléon III, alors appelé
Louis-Napoléon Bonaparte. La France est alors majoritairement paysanne ou ouvrière, et beaucoup
de travailleurs souffrent de la pauvreté. Cependant, cette partie du texte relève également de la
vérité générale, et non uniquement du cas précis de la France de cette époque. Proudhon, dans ce
texte, exprime également son opinion sur le travail. Pour lui, le travail salarié est une soumission à
l'employeur et à l'État, qui "exploite, rançonne et vole."

Cependant, bien que le travail soit, à cette époque, une soumission presque totale du salariat au
patronat, l'État ne profite pas de cette situation et est un acteur extérieur. De manière générale, à part
en temps de guerre, ce qui n'est pas le cas lors de la parution de ce texte, les hommes ne servent pas
l'État ; certes ils obéissent à l'État, mais le fait que le peuple serve l'État n'arrive que très rarement,
et il est rare que l'État outrepasse sa fonction pour "mettre à contribution, exercer, rançonner,
exploiter, monopoliser, concussioner, pressurer, mystifier ou voler." Certes, on peut entendre que ce
fut le cas lors du règne de Napoléon III, mais en faire un cas général semble être un raccourcis peut-
être un peu rapide.

Maintenant, sur le cas du travail, le point de vue de Proudhon semble tout à fait entendable,
notamment sous la seconde République, où l'éducation était encore très élitiste, et rien ne
garantissait l'égalité des chances. De plus, les travailleurs avaient très peu de droits, les salaires
étaient très bas et les conditions de travail étaient très souvent ignobles. Ainsi, les mots "mis à
contribution, exercé, rançonné, exploité et volé" sont pour moi assez légitimes. De nombreux
progrès ont d'ailleurs été faits depuis, notamment lors de la troisième République, et on peut
supposer que le travail de Proudhon y a sans doute été pour quelque chose.

Partie 3

Dans la troisième partie, Proudhon utilise encore une fois son énumération, cette fois pour parler de
la répression du peuple par l'État : "à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé,
amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé,
mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé,
déshonoré." Cette partie fait très certainement référence aux révoltes de 1848 qui ont fait entre
douze mille et treize mille morts et plus de dix mille déportés au bagne. En effet, selon la
philosophie de Proudhon, le gouvernement et ceux qui le composent font, dans chaque cas, tout
pour rester au pouvoir. Ainsi, dès qu'une révolte éclate, il y a un risque pour que les membres du
gouvernement soient évincés, comme ce fut le cas, par exemple, lors de la révolution française ou
de la révolution de février 1848. Les membres du gouvernement font alors usage de leur pouvoir
pour étouffer cette menace, et parfois "réprime, emprisonne, fusille, condamne, déporte ou sacrifie."

Cependant, ce n'est pas le cas à chaque fois. De nombreuses révoltes se sont faites sans violence, et
le gouvernement n'a alors pas fait figure d'antagoniste et n'a pas été l'auteur des torts cités plus
hauts. Par exemple, la révolution des œillets, au Portugal, en est une référence car elle s'est faite
sans aucune violence. De même, au vingtième siècle, de nombreux mouvements d'indépendance se
sont faits pacifiquement. Mais si l'on prend le texte dans son contexte, c'est-à-dire le milieu du
XIXème siècle, il est vrai que l'histoire manque d'exemples pour contredire Proudhon, et également
que la plupart des grands mouvements de contestation ou de révolte pré-Proudhon se sont faits dans
la violence.

On peut d'ailleurs reprocher à Proudhon d'avoir une vision assez controversée de la violence. En
effet, dans ce texte, il semble dénoncer les violences subies par le peuple et qui proviennent du
gouvernement. Cependant, dans ses écrits, une partie du peuple semble être oubliée et ne semble
pas avoir droit à une défense aussi virulente : les femmes. C'est d'ailleurs avec une grande violence,
que Proudhon dénoncera la première candidature d'une femme à l'assemblée : "Une femme a
sérieusement posé sa candidature à l'Assemblée Nationale. […] Nous ne pouvons laisser passer sans
protester énergiquement, au nom de la morale publique et de la justice elle-même, de semblables
prétentions et de pareils principes. [...] L'égalité politique des deux sexes, c'est-à-dire l'assimilation
de la femme à l'homme dans les fonctions publiques est un des sophismes que repousse non point
seulement la logique mais encore la conscience humaine et la nature des choses ."

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