Université Sidi Mohammed Ben Abdellah
Faculté des Sciences Juridiques
Économiques et Sociales
Fès
Analyse Mathématique
Limites de fonctions
Enseignante : K. ELAMRI
Filière : Sciences Économiques et Gestion
Semestre 1
Année universitaire : 2020/2021
Sommaire
Chapitre 1. Fonctions Numériques d’une Seule Variable
Généralités - Limites
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.1 Définitions de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2.2 Propriétés des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.3 Opérations sur les limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.4 Branches infinies et asymptotes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1
Chapitre 1
Fonctions Numériques d’une Seule
Variable
Généralités - Limites
2
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -3-
1.1 Généralités
Définition 1.1 (Fonction Numérique).
Une fonction numérique est une relation mathématique entre deux ensembles numériques (un
ensemble de départ et un ensemble d’arrivée) tel qu’à chaque élément de l’ensemble de départ,
on fait correspondre au plus 1 un élément de l’ensemble d’arrivée.
On note la fonction f d’une partie I de R et à valeurs dans R, comme suit :
f : I ⊆ R −→ R
x 7−→ f (x)
Où x désigne la variable de f (ou l’antécédent de y = f (x)) et f (x) est l’image de x par f
(f (x) est unique si elle existe).
Définition 1.2 (Domaine de définition d’une fonction).
Le domaine de définition de f (ou l’ensemble de définition de f ) est l’ensemble qui regroupe
tous les réels admettant une image par f :
Df = { x ∈ I/f (x) existe}.
Définition 1.3 (Courbe d’une fonction).
La courbe représentative de f (ou le graphe de f ) est l’ensemble des couples de réels de la forme
(x, f (x)) où x est un élément du domaine de définition de f :
Cf = { (x, f (x)/x ∈ Df } (on note aussi Gf ).
La représentation graphique de la fonction f est schématisée géométriquement dans le plan
cartésien (xoy) sous forme d’une courbe Cf d’équation : y = f (x).
Définition 1.4 (Parité, Périodicité).
Soit f : I −→ R une fonction.
Fonction paire. f est paire si : f (−x) = f (x), ∀x ∈ I.
Fonction impaire. f est impaire si : f (−x) = −f (x), ∀x ∈ I.
Périodicité. f est périodique s’il existe un réel T 6= 0 (appelé période) tel que :
f (x + T ) = f (x), ∀x ∈ I.
1. Soit un seul élément ou aucun élément.
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -4-
Propriétés 1.1.
1. Si f est paire (resp. impaire) alors la courbe de f est symétrique par rapport à l’axe (oy)
(resp. à l’origine o).
2. Si f est périodique de période T , alors f est aussi périodique de période k T (∀k ∈ N) et
l’étude de f se restreint sur un intervalle quelconque de la forme [a, a + T ] (a ∈ R).
Définition 1.5 (Opérations sur les fonctions).
1. Soient f, g : I −→ R deux fonctions.
Égalité de deux fonctions. L’égalité de f et g (f = g) est définie par :
f (x) = g(x), ∀x ∈ I.
Somme de deux fonctions. La somme de f et g est la fonction définie sur I par :
(f + g)(x) = f (x) + g(x), ∀x ∈ I.
Produit de deux fonctions. Le produit de f et g est la fonction définie sur I par :
(f g)(x) = f (x) g(x), ∀x ∈ I.
Produit d’une fonction par un réel. Le produit de f par (α ∈ R) est la fonction
définie sur I par : (αf )(x) = α f (x), ∀x ∈ I.
Quotient de deux fonctions. Le quotient de f et g est la fonction définie sur I par :
f f (x)
(x) = , ∀x ∈ I (si g(x) 6= 0, ∀x ∈ I).
g g(x)
2. Soient f : I −→ J et g : K ⊆ J −→ R deux fonctions (I, J ⊆ R).
Composée de deux fonctions. La composée de f et g est la fonction g ◦ f : I −→ R
définie par : g ◦ f (x) = g(f (x)), ∀x ∈ I.
Exemples.
√
x−1 x2 − 1
1. f (x) = √ 2 , g(x) = : f (x) = g(x).
x −1 x+1
√ √ √
2. f (x) = ln x, g(x) = x2 + 1 : g ◦ f (x) = (ln x)2 + 1 et f ◦ g(x) = ln( x2 + 1).
3. h(x) = esin x+1 = g ◦ f (x)
Choix 1 : f (x) = sin x + 1, g(x) = ex .
Choix 2 : f (x) = sin x g(x) = ex+1 .
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -5-
1.2 Limites
1.2.1 Définitions de limites
Soit f : I −→ R une fonction (I un intervalle de R) et soit x0 ∈ I ou une extrémité de I.
Définition 1.6 (Limite finie en un point).
On dit que f admet la limite ℓ ∈ R en x0 (ou f tend vers ℓ quand x tend vers x0 ) si :
∀ ϵ > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I tel que |x − x0 | < η =⇒ |f (x) − ℓ| < ϵ.
On écrit : lim f (x) = ℓ.
x→x0
Cela signifie que la limite de f en x0 est le réel ℓ vers lequel se rapproche les valeurs f (x)
quand x se rapproche aussi près que l’on veut de x0 .
Définition 1.7 (Limite finie au voisinage de l’infini).
On dit que f admet la limite ℓ ∈ R au voisinage de +∞ ou tend vers ℓ quand x tend vers +∞
(resp. vers −∞) si :
∀ ϵ > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ I tel que x > B (resp. x < −B) =⇒ |f (x) − ℓ| < ϵ.
On écrit : lim f (x) = ℓ.
x→±∞
Dire que la limite de f en +∞ (resp. −∞) est égale à ℓ ∈ R, signifie que f (x) reste dans
un voisinage de ℓ (c-à-d dans un intervalle de la forme ]ℓ − ϵ, ℓ + ϵ[) dès que x est suffisamment
grand (resp. suffisamment petit).
Définition 1.8 (Limite infinie en un point).
On dit que f admet la limite +∞ en x0 ou tend vers +∞ (resp. −∞) quand x tend vers x0 si :
∀ A > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I tel que |x − x0 | < η =⇒ f (x) > A (resp. f (x) < −A).
On écrit : lim f (x) = ±∞.
x→x0
Dire que la limite de f en x0 est égale à +∞ (resp. −∞) est ℓ signifie que f (x) devient de
plus en plus grand (resp. petit) dès que x est suffisamment proche de x0 .
Définition 1.9 (Limite infinie au voisinage de l’infini).
On dit que f admet la limite +∞ ou tend vers +∞ (resp. −∞) quand x tend vers +∞ si :
∀ A > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ I tel que x > B =⇒ f (x) > A (resp. f (x) < −A).
De même, on dit que f admet la limite +∞ ou tend vers +∞ (resp. −∞) quand x tend vers
−∞ si :
∀ A > 0, ∃ B > 0, ∀ x ∈ I tel que x < −B =⇒ f (x) > A (resp. f (x) < −A).
On écrit : lim f (x) = ±∞.
x→±∞
Dire que la limite de f en +∞ est égale à +∞ (resp. −∞) signifie que f (x) devient de plus
en plus grand dès que x est suffisamment grand (resp. suffisamment petit).
Exemples.
sin x
1. lim = 1.
x→0 x
1
2. lim = 0.
x→±∞ x
x
3. lim 2 = ±∞.
x→1 x − 1
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -6-
√
4. lim |x| = +∞.
x→±∞
Définition 1.10 (Limite à droite et limite à gauche en un point).
On dit que f admet ℓ ∈ R pour limite à droite en x0 si :
∀ ϵ > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I tel que 0 < x − x0 < η =⇒ |f (x) − ℓ| < ϵ.
On écrit : lim+ f (x) = x→x
lim f (x) = ℓ.
x→x0 0
x>x0
On dit que f admet ℓ ∈ R pour limite à gauche en x0 si :
∀ ϵ > 0, ∃ η > 0, ∀ x ∈ I tel que 0 < x0 − x < η =⇒ |f (x) − ℓ| < ϵ.
On écrit : lim− f (x) = x→x
lim f (x) = ℓ.
x→x0 0
x<x0
Théorème 1.1.
ℓ est la limite de f quand x tend vers x0 si et seulement si les deux limites à droite et à gauche
de f en x0 existent et sont égales à ℓ :
lim f (x) = ℓ ⇐⇒ lim+ f (x) = lim− f (x) = ℓ.
x→x0 x→x0 x→x0
1.2.2 Propriétés des limites
Théorème 1.2 (Unicité de la limite).
La limite quand elle existe (finie ou infinie) est unique.
Théorème 1.3 (Inégalité des limites).
Soient f, g : I −→ R et x0 ∈ I ou une extrémité de I.
Si f (x) ≤ g(x) sur un voisinage de x0 , alors x→x
lim f (x) ≤ x→x
lim g(x).
0 0
En particulier : si f (x) ≥ 0 (resp. f (x) ≤ 0) sur un voisinage de x0 , alors lim f (x) ≥ 0
x→x0
lim f (x) ≤ 0).
(resp. x→x
0
Théorème 1.4 (Limite par encadrement (Théorème des gendarmes)).
Soient f, g, h : I −→ R et x0 ∈ I ou une extrémité de I tels que : g(x) ≤ f (x) ≤ h(x) (sur un
voisinage de x0 ). Si x→x
lim g(x) = x→x
lim h(x) = ℓ alors x→x
lim f (x) = ℓ.
0 0 0
Théorème 1.5 (Limite par majoration ou minoration).
Soient f, g : I −→ R et x0 ∈ I ou une extrémité de I. Si f (x) ≤ g(x), ∀x ∈ I alors on a :
Si lim f (x) = +∞ alors lim g(x) = +∞.
x→x0 x→x0
lim g(x) = −∞ alors x→x
Si x→x lim f (x) = −∞.
0 0
1.2.3 Opérations sur les limites
Théorème 1.6.
I. Soient f, g : I −→ R deux fonctions et x0 ∈ I ou une extrémité de I. Alors :
a. Limite de la somme. x→x
lim (f + g)(x) = x→x
lim f (x) + x→x
lim g(x).
0 0 0
b. Limite du produit. x→x
lim (f g)(x) = x→x
lim f (x) x→x
lim g(x).
0 0 0
En particulier : lim (αf )(x) = α lim f (x) (α ∈ R).
x→x0 x→x0
c. Limite du quotient.
f lim f (x)
x→x0
lim
x→x0 g
(x) = (avec : g(x) 6= 0 ∀x ∈ I et x→x
lim g(x) 6= 0).
lim g(x) 0
x→x0
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -7-
II. Soient f : I −→ J et g : J −→ R deux fonctions et x0 ∈ I ou une extrémité de I.
Si x→x
lim f (x) = y0 et y→y lim g ◦ f (x) = x→x
lim g(y) = ℓ, alors x→x lim g(f (x)) = ℓ.
0 0 0 0
Conventions de calcul.
(+∞) + (+∞) = +∞, (−∞) + (−∞) = −∞.
±∞ + α = ±∞, (+∞) × (+∞) = +∞.
(−∞) × (−∞) = +∞, (+∞) × (−∞) = −∞.
α × (+∞) = (signe α)∞, α × (−∞) = (−signe α)∞ (α ∈ R).
Formes indéterminées.
∞ 0
(+∞) + (−∞), , , 0 × ∞, 00 , ∞∞ , ∞0 , 1∞ .
∞ 0
Exemples de calcul de limites.
1
1. lim sin( ).
x→+∞ x
1 1
Puisque lim = 0 et lim sin(x) = 0, alors lim sin( ) = 0 (Composée de fonctions).
x→+∞ x x→0 x→+∞ x
cos x
2. lim √ (Notons qu’au voisinage de +∞ la limite de cos n’existe pas).
x→+∞ x
−1 cos x 1
Puisqu’on a : −1 ≤ cos x ≤ 1, ∀x > 0, alors √ ≤ √ ≤ √ , ∀x > 0 et par
x x x
−1 1
encadrement : lim √ = lim √ = 0 (même limite des deux fonctions encadrantes),
x→+∞ x x→+∞ x
cos x
alors lim √ = 0.
x→+∞ x
3. lim x − sin(x).
x→−∞
En majorant la fonction comme suit : x − sin(x) ≤ x + 1, ∀x ∈ R
et comme lim x + 1 = −∞, alors par majoration, lim x − sin(x) = −∞.
x→−∞ x→−∞
√ √
1 1
4. lim+ 1+ − = +∞ − ∞ (F I).
x→0 x x
En multipliant par le conjugué, on obtient :
√ √ √ √
√ √ 1 1 1 1
( 1+ − )( 1 + + )
1 1 x x x x
lim+ 1+ − = lim+ √ √
x→0 x x x→0 1 1
1+ +
x x
1 1
1+ −
= lim+ √ x √x
x→0 1 1
1+ +
x x
1 1
= lim+ √ √ ( lim+ = +∞)
x→0 1 1 x→0 x
1+ +
x x
√ √
1 1
Ainsi : lim+ 1+ − = 0.
x→0 x x
Analyse Mathématique - K. ELAMRI -8-
sin 3x
5. lim .
x→0 x
On pose le changement de variable u = 3x et (x −→ 0 ⇐⇒ u −→ 0), ainsi :
sin 3x 3 sin u sin u
lim = lim = 3 lim = 3 × 1.
x→0 x u→0 u u→0 u
sin 3x
Donc : lim = 3.
x→0 x
1.2.4 Branches infinies et asymptotes
Branches infinies et asymptotes.
On dit que la courbe Cf de f présente une branche infinie si l’une au moins des coordonnées
d’un point de la courbe est infinie.
En général, tous les cas que l’on puisse rencontrer au niveau des branches infinies se résument
comme suit :
1. Si lim f (x) = ±∞, alors Cf admet la droite d’équation x = x0 comme asymptote
x→x0
verticale.
2. Si lim f (x) = y0 , alors Cf admet la droite d’équation y = y0 comme asymptote
x→±∞
horizontale.
f (x)
3. Si lim f (x) = ±∞, dans ce cas on calcule lim et là on distingue les sous-cas
x→±∞ x→±∞ x
ci-dessous :
f (x)
a. Si lim = 0, alors Cf admet une branche parabolique de direction asympto-
x→±∞ x
tique (ox).
f (x)
b. Si lim = ±∞, alors Cf admet une branche parabolique de direction asymp-
x→±∞ x
totique (oy).
f (x)
c. Si lim = a 6= 0, alors on distingue à nouveau deux cas :
x→±∞ x
c1 . Si lim f (x) − ax = ±∞, alors Cf admet une branche parabolique de direction
x→±∞
asymptotique d’équation y = ax.
c2 . Si lim f (x) − ax = b, alors Cf admet une asymptote oblique de direction
x→±∞
y = ax + b.