Systèmes de preuve en droit comparé
Systèmes de preuve en droit comparé
CHAPITRE I :
Le système de la preuve libre, dite aussi système de" preuve morale" ou "
de libre conviction 1 ."
1
- Abderrahmane charkaoui, droit civil, partie 4 ; la preuve de l’obligation 2eme édition, 2022 imprimerie
almararif El-Jadida, p 13. ( en arabe)
saxons, du droit germanique et du droit de la suisse, ainsi qu’il a des juristes
musulmans qui ont pris ce système 2. Souvent on trouve ce système de preuve
en matière commercial3 en raison des caractéristiques de se domine (la
rapidité, la confiance et le crédits)
Ce système donc accorde au juge une certaine flexibilité pour rendre des
décisions qui tiennent compte de toutes les circonstances du cas. Cependant,
cette liberté est risquée d’entrainer une certaine subjectivité dans le processus
décisionnel, car le juge repose largement sur son appréciation personnelle, et
par conséquence l’hypothèse d’existence des décisions incohérents et
arbitraires existe. La raison pour laquelle certains législations s’oriente vers
l’adoption d’un autre système qui apparait plus fiable que ce dernier
Comme on a déjà cité c’est la loi qui détermine la force de chaque moyen
de preuve, le juge dans ce système doit pris une position neutre et
n’intervient qu’à examiner les preuves présentées par les parties, ainsi que n’a
دار النهضة العربية، اثار االلتزام- االثبات: االلتزام بوجه عام، الجزء الثاني، الوسيط في شرح القانون المدني، عبد الرزاق السنهوري- 2
.28 ص،1968
3
Article 334 du code de commerce
4
- abderrahmane charkaoui, opt cite, p 14.
pas le pouvoir d’apprécier les moyens il tenue de respecter la hiérarchie prévue
par la loi. Par exemple, si une personne prétend avoir une dette (10000 DHS)
envers une autre personne, il ne peut pas arriver à prouver l’existence de sa
dette par témoignage puisque la loi exige l’écrit
Cependant ce système n’est pas non plus exempté des critiques elle aussi ,
de fait qu’il arrive parfois qu’il difficile à apporter la preuve par ses moyens
déterminer par la loi5.
5
- abderrahmane charkaoui, opt cite, p 15.
6
- khalid said, la preuve en contentieux civil 1eme édition 2014, imprimerie dar salam, p 16. ( en arabe)
En revanche ses législations essayent encore de dépasser les
inconvénients de système de la preuve légal, en confiant au juge une certaine
marge de liberté en ce qui concerne l’appréciation de certains modes de
preuve.
Les règles de la preuve ont une double nature, il y a les règles de fonds qui
déterminent les modes de preuve ainsi que la force de chacun d’elles, il y a les
règles de formes ou de procédure qui déterminent les procédures à suivre dans
la présentation de preuve devant le juge. La raison pour laquelle on va essayer
de distinguer entre les règles de preuve de fonds et celle de forme, avant
d’entamer la question de la place de ses règles, arrivent en fin à discuter la
question des règles de la preuve et sa relation avec l’ordre public.
1- L’aveu de la partie ;
2- La preuve littérale du écrite ;
3- La preuve testimoniale ;
4- La présomption ;
5- Le serment et le refus de le prêter. »
1- L’expertise ;
2- Le visite des lieux ;
3- L’enquête ;
4- La vérification d’écriture et du faux incident.
En effet, ces mesures peuvent demander soit par les parties, ou l’une
d’elle seulement, soit d’ordonner d’office par le juge sans l’accord des
parties. Ainsi que le ministère public peut assister à la constations de ces
mesures7
Toutefois, il faut noter que les parties qui ont chargé de payer les frais de
ces mesures lorsqu’ils sont toutes d’accord sur sa demande, sinon c’est la
partie qu’il la demande qui paye les frais. S’il n’arrive pas à déposer les frais
dans le délai fixé par le juge, sa demande est rejeté.8
7
Article 55 du code de procédure civil
8
Article 56 du code de procédure civil
La question de la place des règles de la preuve à une grande importance,
puisque les législations ne sont pas unanimes sur la place qu’on doit le
règlementer. A cette effet on va distinguer entre trois courants différents :
En effet, les règles de preuve de forme sont les règles qui détermine les
procédures que les parties doivent suivre dans la présentation de la preuve
devant le juge, il concerne donc le fonctionnement de l’autorité judiciaire et
par conséquent les parties ne peuvent pas les déroger .il s’agit des règles qui
font partie à l’ordre public et donc les parties ne peuvent pas se les déroger
ou même les modifier.
9
- abderrahmane charkaoui , opt cet ; p 17 .
10
- Toutefois il faut signaler que l’Égypte n’a règlementer les règles dans code indépendant qu’après la
promulgation de la loi n°25 en 196
11
.19 ص،2012 مطبعة دار النشر، أدلة االثبات في األنظمة المقارنة، محمد نصر محمد-
Les règles de preuve de forme sont don des règle d’ordre public, cela
apparait claire ainsi que cette question ne soulève aucun débat au niveau de
la jurisprudence, le débat se pose sur les règles de preuve de fond, est ce
que font partie à l’ordre public ou non ?
En effet, la loi marocaine n’a donné aucune réponse express et claire sur
cette question, mais si en référant à l’ensemble des règles prévue dans le DOC
on trouve qu’il y a règles qui font partie à l’ordre public et d’autres ne font
pas12.
Ainsi parmi les règles qui fait partie à l’ordre public, on peut citer les
suivants :
En revanche, il existe des règles qui ne font pas partie à l’ordre public.
Comme la règles le cas de la règle concernant la charge de la preuve,
puisque même si le DOC à prévue explicitement que la charge de la preuve
incombe au demandeur rien n’interdit à ce que les parties partageant la
charge de la preuve entre eux.
12
- Abderrahmane echarkaoui, opt cet ; p 25.
13
- article 419 du DOC
14
- article 425 du DOC
15
- article 453 du DOC
puisqu’ils ont établies pour protéger les droits des parties, et n’affecte que
les intérêts des parties et ne s’étend pas aux intérêt public, il n’a donc aucun
problème si les parties arriver à les déroger 16. C’est ainsi que la cour de
cassation égyptienne, affirme dans un arrêt : « les règles de la preuve ne
font pas partie de l’ordre public, mais ils ont établi au seul bénéfice des
adversaires. Le fait que le recourant n’invoque pas l’irrecevabilité de preuve
par témoignage jusqu’à ce que le tribunal ait entendu tous les témoins est
considéré ultérieurement comme renonciation sur l’invocation de la
violation des règles établies pour la preuve17 »
Ainsi, les faits à prouver doivent satisfait certaines conditions pour qu’il
soit acceptable comme objet de preuve
16
- idriss Allaoui el Abdellaoui ; les moyens de preuve dans la législation civil marocain ; 1ére édition,
imprimeries français et marocain 1971, p 51.
17
- 51 ص، م س،أورده ادريس العبدالوي-1944 يونيه1 صادر في-حكم محكمة النقض المدنية
18
Suivant l’ancien adage latin « Juris novit curia »
En principe, l’objet de la preuve ne peut être qu’un fait matériel ou un
acte juridique. Cependant, il peut arriver parfois que l’objet de la preuve ça
peut être une règle de droit ou encore une coutume
En effet même s’il n’a pas prévu expressément par la loi, la preuve des
fait matériel est libre, le principe c’est la liberté de la preuve. Autrement-dit
le demandeur peut prouver ses prétentions en ce qui concerne les faits
juridiques par n’importe qu’elle moyen. Ce principe se justifie par le fait que
dans la plupart des cas, on se trouve en présence de situation qui ne
comportaient pas normalement la possibilité que l’on puisse préconstitué
une preuve déterminer.19
19
Khalid said, opt , p 19
partie (testament, donation…) ou émane de la volonté des deux parties ( vente,
location..)
Nonobstant, cette règle de preuve par écrit ne joue pas à l’égard des actes
de commerce établie entre commerçant. Les actes établis entre partie
commerçant et partie civil l’écrit est exigé pour le commerçant cependant la
partie civile peut bénéficier de cette liberté cette l’acte est commercial pour lui.
Dans ce sens la cour d’appel à Rabat aura eu l’occasion d’affirmer dans un arrêt
qu’« il n’est pas permis à l’entrepreneur de construction de prouver par
témoignage à l’encontre du propriétaire du bâtiment avec lequel il a contracté
qu’il l’a autorisé ce dernier a effectuer des travaux supplémentaires qui
dépassent ce qui est indiqué dans le contrat , car même si le travail est
commerciale pour l’entrepreneur il ne l’est pas forcément pour le propriétaire
du bâtiment , pour qui le travail reste civil pour le propriétaire et il n’est pas
permis de l’attaquer par liberté de preuve … »21
20
Article 443 du DOC
21
Arrêt n°866, en 03/08/2011, dossier n°602/1202/2010 (non publié) cité par Khalid Saïd dans son ouvrage « la
preuve en contentieux civil », p 115
En dérogation des règles déjà citer le demandeur est tenu de preuve la
règle du droit dans des cas exceptionnels, comme le cas d’une loi étrangère ou
une règle coutumière
En effet, la doctrine juridique prévalent était que le juge n’est pas tenu
de prouver la loi étrangère et que la charge de la preuve incombe à la partie
qui demande son application pour cela on va arrêter dans ce point pour
distinguer entre deux choses. Le premier si de savoir que le juge est tenu
d’appliquer d’office les règles de la loi étrangère ou ne recourt règle de
rattachement que si les parties le demandent. Le second si de savoir est ce
que le juge est tenu de connaitre les règles de la loi étrangère ou ce sont les
parties qui doivent les apporter ?
Les règles de rattachement sont des règles juridiques que le juge est
tenu l’appliquer. Ainsi tout comme il est tenu d’appliquer la loi nationale
aux différents litiges comportent un élément d’extranéité, il se réfère aux
règles de rattachement pour déterminer la loi applicable. Ainsi que la loi
étrangère ne constitue pas un fait matériel pour le juge mais bien une règle
obligatoire. Aussi que le juge est tenu connaitre les règles de la loi
étrangère22, dans ce sens la cour de cassation français en 2015 affirme
qu’ «il incombe au juge français saisi d’une demande d’application d’un
droit étrangère , de rechercher la loi compétente selon la règle de conflit
22
Khalid said opt cité, p 22
puis de déterminer son contenu au besoin avec l’aide des parties et
d’appliquer »23
Pour les premières le juge est censé le connaitre 24, alors que les seconde le
jugé ne peut pas le connaitre puisque chaque région à des coutumes
différentes à l’autre, c’est aux partie de preuve l’existence et le contenu du
règle coutumière local. Le juge n’intervient qu’à vérifier l’existence de cette
coutume sans soumis au contrôle de la cour de cassation, mais une fois prouvé,
l’application de cette coutume est soumise au contrôle de la cour de cassation
Il en ressort donc que le fait doit être licite et concluant dans le litige,
toutefois la doctrine à ajouter d’autre conditions à côté de ces derniers comme
on peut le regrouper et les citer comme suivant :
Il est nécessaire qu’un fait à prouver doit être pertinent et concluant dans
le litige en question. Ces deux critères sont très proche et relevant de la même
idée.
Un fait est pertinent lorsqu’il a un rapport avec le litige, cela est apparait
logique puisque le fait de prouver des fait qui n’ont aucun lien avec n’aura
aucune raison25
25
Suivant l’ancien adage latin « frustra probatur quod probatum » qui signifie qu’il est vain de prouver les faits
qui ne sont pas pertinent.
26
[Link] ET [Link], cour de droit civil français, 6 éme édition, p 153 .
Cette condition est édictée expressément par l’article 403 alinéa 1 du
DOC qui stipule que la preuve de l’obligation ne peut être fait « … lorsqu’elle
tendrait à établir l’existence d’une obligation illicite »
Il nécessaire que la preuve doit être établie sur un fait déterminé et non
un fait ambigu ou non connus. C’est, le cas par exemple d’une personne qui
prétend avoir une dette sur une autre personne sans déterminer la nature ou le
montant de cette dette, ou même encore le cas d’une personne qui prétend
propriétaire d’un bien sans désigner la nature du contrat sur laquelle se base sa
propriété
4- Un fait possible
27
Abderrazak sanhouri, opt , p58
La neutralité dans ce cadre ne signifie pas l’impartialité, puisqu’il est
évident que le juge doit impartial, mais il signifie plutôt que le juge doit pris une
position négative au litige.
Le principe de la neutralité signifie que le juge statue que sur la base des
preuves présentés par les parties est discuté entre elles, ainsi qu’il tenu de
clarifier la manière dans laquelle à forger sa conviction.
1- Le juge doit statue sur la base des preuves présentés par les
parties
Le juge ne peut forger sa conviction dans le litige dont il est saisi, qu’à
sur la base des preuves que les parties arrivent à les présentés devant elle. Il
tenu de statuer que dans les limites fixées par les demandes des parties, il
doit se prononcer sur tout ce dont il est saisi et seulement sur ce qui lui est
demandé. Le juge donc ne peut pas statuer à la base d’une preuve figure
dans le dossier mais qui n’a pas invoqué par la partie qui a intérêt 28
2- Le juge doit statuer sur les preuves discutées par les parties
En, il résulte que le juge pris une position neutre dans le litige, mais sa
neutralité ne doit pas empêcher de rechercher la vérité. La raison pour
laquelle le législateur l’a accordé certains pouvoirs dans l’instruction de
l’affaire
28
Idriss Abdellaoui , opt , p 39
29
Khalid Saïd, opt , p 36
Convaincu par les avantages du système de preuve mixte, le législateur
marocain à veiller à accorder au juge une certains pouvoirs dans l’instruction de
l’affaire qui ne compromettant pas le principe de neutralité mais donnant un
caractère positive au rôle du juge
Cela apparait dans le fait que la loi octroie au juge d’instruction tout
mesure d’instruction et un pouvoir d’appréciation de certains moyens de
preuve
En effet le documents il est livres présenté par les parties ne pouvons pas
suffire au juge pour trancher le litige ou seulement une partie d'elle ,
cependant il peut estimer que l'un des mesures d'instruction mais à sa
disposition par la loi pourrait permettre de révéler ce qui est caché dans le
litige à condition que cette fille peut être prouvé par cette moyen 30 ,ainsi par
exemple c'est la créance est inférieure à 10000 dirhams c'est-à-dire qu'il peut
être prouvé par témoignage et que d'après les faits du litige constate que des
témoignages ont assisté à la conclusion du contrat il peut ordonner d'office une
enquête et autant et entendu et les témoigner après avoir informé le
demandeur afin de donner leur adresse sans pour autant déranger au principe
de neutralité 31
30
Khalid Saïd, opt , p 41
31
Article 71 DU CPC dispose « l’enquête peut être ordonnée sur les fait de nature à être constatés par les
témoins et dont la vérification parait admissible et utile à l’instruction de l’affaire »
2- Le pouvoir de juge dans l’appréciation des moyens de
preuve
4-présomption
Mais pour nous on va les mettre seulement notre étude sur les moyens de
preuve prévue dans le DOC
En principe la preuve littérale peut résulte soit d'un acte authentique soit
d'un acte sous seing privé
En vertu de l'article 418 du DOC : " l'acte authentique est celui qui a été
reçus avec les solennités requises par des officiers publics ayant le droit
d'instrumenter dans les lieux ou l'acte a été rédigé ..."
Pour qu'elle soit valable l'acte authentique doit respecter les conditions
suivantes
Dès que les conditions déjà cité son requis l'acte authentique devient une
moyen de preuve qui a une force probante par rapport aux autres moyens
,ainsi qu'on ne peut l'attaqué que par l'inscription du faux , ou pour cause
de violence de fraude de dol et de simulation ou d'erreur matérielle
En effet le législateur n'a donné aucun définition à l'acte sous seing privé
cependant la doctrine l'a défini l'acte sous seing privé comme étant l'écrire
rédigé entre les parties sans l'intervention de l'officier public
Ainsi un acte pour qu'il soit qualifié de ce seing il doit respecter certains
conditions pour qu'il puisse avoir une force comme mode de preuve
En effet le législateur marocain ne définit pas l’acte sous seing privé, c’est
la doctrine qui le définit comme étant, l’écrit rédigé entre les parties sans
l’intervention d’un officier public, ou par suite de l’incompétence de ce dernier
ou de son incapacité ou d’un défaut de forme, s’il a été signé par les parties,
dont le consentement est nécessaire pour la validité de l’acte[54]
L’acte sous seing privé, est définit selon le législateur égyptien comme
étant les acte rédigés par les intéressés, signés par eux, soit par signature,
caché ou empreinte.[59]
Au cours de cette étude, sera examiné, les actes sous seing privé
préétablis destinés à faire preuve, et ceux qui ne le sont pas, mais qui disposent
d’une force probante de l’acte sous seing privé
C’est l’acte établit par les parties, lors de leur conclusion d’un acte
juridique donné, dans lequel est stipulé les clauses convenues, la consignation
de leur accord et la signature des parties, ayant pour objet l’engagement des
deux contractants à exécuter ce qui a été conclu.
Si la règle est que les actes sous seing privé sont établis afin de prouver
l’existence de certains actes juridiques, il y a notamment des actes sous seing
privé qui ne sont pas rédigés à cette fin, mais Il convient de préciser que ces
actes peuvent en cas d’engendrement d’un litige être usés par les justiciables
comme des modes de preuve.
D’ailleurs l’acte sous seing privé comme l’acte authentique ne peut faire
l’objet que d’un recours à la procédure d’inscription de faux, effectuée par une
action incidente ou principale[70].