Littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle – Olympe de Gouges, la
Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne – 1791 – le Préambule
Texte 1 :
À décréter par l’Assemblée nationale dans ses dernières séances ou dans
celle de la prochaine législature.
Préambule
Les mères, les filles, les sœurs, représentantes de la nation, demandent
d'être constituées en Assemblée nationale. Considérant que l'ignorance,
l'oubli ou le mépris des droits de la femme, sont les seules causes des
malheurs publics et de la corruption des gouvernements, [elles] ont résolu
d'exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels inaliénables
et sacrés de la femme, afin que cette déclaration, constamment présente
à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et
leurs devoirs, afin que les actes du pouvoir des femmes, et ceux du
pouvoir des hommes, pouvant être à chaque instant comparés avec le but
de toute institution politique, en soient plus respectés, afin que les
réclamations des citoyennes, fondées désormais sur des principes simples
et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, des
bonnes mœurs, et au bonheur de tous.
En conséquence, le sexe supérieur, en beauté comme en courage, dans les
souffrances maternelles, reconnaît et déclare, en présence et sous les
auspices de l'Être suprême, les droits suivants de la femme et de la
citoyenne.