Université Pierre et Marie Curie - UPMC 1M002, groupe 21.
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Suites et intégrales, algèbre linéaire Année 2015-2016
Feuille TD : Espaces vectoriels et applications linéaires
Exercice 1 (Définition et exemples). Justifier si les objets suivants sont des espaces vectoriels :
1. L’ensemble des fonctions réelles sur [0, 1], continues, positives ou nulles, pour l’addition et le produit par
un réel.
2. L’ensemble des fonctions réelles sur R vérifiant lim f (x) = 0 pour les mêmes opérations.
x→∞
3. L’ensemble des fonctions sur R telles que f (3) = 7.
4. L’ensemble R∗+ pour les opérations x ⊕ y = xy et λx = xλ (λ ∈ R).
5. L’ensemble des points (x, y) ∈ R2 vérifiant sin(x + y) = 0.
6. L’ensemble des vecteurs (x, y, z) ∈ R3 orthogonaux au vecteur (−1, 3, −2).
7. L’ensemble des fonctions de classe C 2 vérifiant f 00 + f = 0.
Z 1
8. L’ensemble des fonctions continues sur f : [0, 1] → R vérifiant f (x) sin(x) dx = 0.
0
a b
9. L’ensemble des matrices A = ∈ M2 (R) vérifiant a + d = 0.
c d
Exercice 2 (Sous-espaces vectoriels). Décider si les ensembles suivantes sont des sous-espaces vectoriels
des espaces précisés :
1. L’ensemble des fonctions continues sur R dans l’espace vectoriel des fonctions f : R → R.
2. L’ensemble des suites réelles convergentes dans l’espace vectoriel des suites réelles.
3. L’ensemble F1 = {(x, y) ∈ R2 | x + y = 2} dans l’espace vectoriel R2 .
4. L’ensemble F2 = {(x, y) ∈ R2 | x = 0 ou y = 0} dans l’espace vectoriel R2 .
5. L’ensemble F3 = {(x, y) ∈ R2 | x > 0 et y > 0} dans l’espace vectoriel R2 .
6. L’ensemble F4 = {(x, y) ∈ R2 | x = 0} dans l’espace vectoriel R2 .
7. L’ensemble des fonctions paires P dans l’espace vectoriel des fonctions f : R → R.
8. L’ensemble Sn des matrices symétriques de taille n dans l’ espace vectoriel M2 (R).
Exercice 3 (Combinaison linéaire). On considère les deux vecteurs u = (1, 2, −1) et v = (6, 4, 2) de R3 .
1. Le vecteur (9, 2, 7) est-il combinaison linéaire de u et v ? Et (4, −1, 8) ?
2. Existe-t-il un nombre réel x tel que (x, 2, −3) est combinaison linéaire de u et v ?
Exercice 4. On se place dans R3 . On note, pour v et v 0 deux vecteurs de R3 , hv, v 0 i leur produit scalaire.
1. Montrer que P = {(x, y, z) ∈ R3 | 3x + y − 4z = 0} est un sev de R3 .
2. Soient v 0 = 1 2 3 . Montrer que l’application f : R3 → R définie par f (v) = hv, v 0 i est linéaire.
3. Montrer que l’ensemble des vecteurs orthogonaux à v 0 est un sous-espace vectoriel.
Exercice 5. Déterminer si les applications fi suivantes sont linéaires :
f1 : R2 → R2 f1 (x, y) = (2x + y, x − y)
f2 : R3 → R3 f2 (x, y, z) = (xy, x, y)
f3 : R3 → R3 f3 (x, y, z) = (2x + y + z, y − z, x + y)
f4 : R2 → R4 f4 (x, y) = (y, 0, x − 7y, x + y)
f5 : R3 [X] → R3 f5 (P ) = (P (−1), P (0), P (1))
Pour les applications linéaires, déterminer Ker fi et Im fi . En déduire si fi est injective, surjective, bijective.
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UPMC 1M002 Suites, intégrales, algèbre linéaire 2015-2016
Exercice 6. Soit S = SR le R-espace vectoriel de toutes les suites réelles.
1. Pour deux suites u = (un ) et v = (vn ) et pour t ∈ R, rappeler la définition des suites u + v et tu.
2. Soit L l’ensemble des suites réelles (un )n∈N qui sont convergentes. Montrer que L est un sev de S.
3. Soit L0 l’ensemble des suites de limite 0. Montrer que L0 est un sev de L.
Exercice 7. Soient K un corps et S = SK le K-espace vectoriel de toutes les suites (un )n∈N d’éléments de
K. On fixe un entier p ≥ 1.
1. Montrer que l’application φ : S → Kp , (un )n∈N 7→ (u0 , u1 , . . . , up−1 ) est linéaire.
2. Est-elle surjective ? Injective ? Déterminer son noyau.
Exercice 8. Soient K un corps et S = SK le K-espace vectoriel de toutes les suites (un )n∈N d’éléments
de K. Soit T : S → S l’opérateur de décalage, qui envoie toute suite u = (u0 , u1 , u2 , . . . ) sur la suite T (u)
définie par T (u)n = un+1 , c.-à.-d. T (u) = (u1 , u2 , u3 , . . . ).
1. Montrer que T est un endomorphisme de S.
2. T est-il surjectif ? Injectif ? Déterminer son noyau.
Exercice 9. Soient K un corps et K[X] le K-espace vectoriel des polynômes à coefficients dans K.
1. Soit n ∈ N. Montrer que l’ensemble Kn [X] des polynômes de degré ≤ n est un sous-espace vectoriel de
K[X] (par convention, le polynôme nul est de degré −∞).
2. (∗) Soit F = (P1 , . . . , Pm ) une famille de polynômes non nuls, telle que deg(P1 ) < deg(P2 ) < · · · <
deg(Pm ). Montrer que la famille F est libre. Indication : si l’on a t1 P1 + · · · + tm Pm = 0, avec ti ∈ K,
montrer que tm = 0, puis que tm−1 = 0, etc.
(Indication : on pourra raisonner par l’absurde et considérer le coefficient du polynôme de plus haut
degré apparaissant dans une combinaison linéaire des Pk valant 0.)
Exercice 10. Soit F l’ensemble des fonctions de R dans R de la forme x 7→ A sin(x + ϕ), où A ∈ R+ et
ϕ ∈ R.
1. Montrer que tout élément de F est une combinaison linéaire des fonctions sin(x) et cos(x).
2. Réciproquement, pour tout pa, b ∈ R, montrer que la fonction x 7→ a cos(x) + b sin(x) appartient à F .
Indication : considérer A = a2 + b2 puis déterminer un ϕ approprié.
3. Montrer que F est un sev du R-espace vectoriel F(R, R) des fonctions de R dans R, et que les fonctions
cos et sin engendrent ce sous-espace.
Exercice 11. Soit E un espace vectoriel de dimension n et φ une application linéaire de E dans lui-même
telle que φn = 0 et φn−1 6= 0. Soit x ∈ E tel que φn−1 (x) 6= 0.
Montrer que la famille {x, φ(x), φ2 (x), . . . , φn−1 (x)} est une base de E.
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