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Sciences du Langage et Communication

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N° 9, décembre 2015, vol 2 ISSN : 1996-8310 (Imprimé) N° 9, décembre 2015, vol 2

ISSN : 2226-406X (En ligne)

Revue Ivoirienne
Revue Ivoirienne
des des
Sciences du Langage et de la Communication
Sciences du Langage et de la Communication

Varia 369

Germain-Arsène Kadi Sexualité, violence et transgression dans Les naufragés de l’intelligence 371

Jean-Marie Soungoua Glottophagy, hegemony and gendered violence: fanonian reading… 385

Konan Yao Lambert Renart, personnage paradoxal des contes a rire de la France médiévale 409

Koffi Brou Emile & Assué Yao Jean-Aimé L’économie des corridors… 425

Honoré Kouamé Dago Bernard B. Dadié, icône africaine de la résistance… 441

Idrissa Daboné & René Kouamé Brou Les déterminants de la non-participation… 455

Mavouangui Vangou David Rousseau et Locke à propos de la religion et de la tolérance 465

Togbé Codjo Timothée, Botchi Gomido Jean-Marie & Koné Issiaka Logiques politiques… 485

Etty Assamoi Isidore La problématique de la libéralisation de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire 497

Tiémoko Doumbia Représentations sociales des violences sexuelles et leurs prises en charge… 513
UFR Communication, Milieu et Société
Jean Didier Mbélé Etat de la prise en compte des personnes vivant avec handicaps au Congo- Brazzaville 527
Université de Bouaké
Koffi Yao Jean Julius L’esploitation des bas-fonds : une alternative économique… 541

Lonan Camara La femme, un personnage ambigu des contes négro-africains 565

Moto Ndong François Le paradoxe des Etats africains « souverains » mais dépendant culturellement… 577

Itoua Joseph Les messianiques et prophétiques au Congo (1943-1948) 603

Remany-Ziza Judith Rachel Journée de travail continue et gestion des activités de la vie hors travail 627 Revue annuelle du département
des Sciences du Langage et de la Communication

ISBN : 2-84220-031-4

ISSN : 1996-8310 Contact France


© éditions Paari 83, rue de Reuilly
[Link] 75012 Paris
9782842 200312 Décembre 2015 edpaari@[Link] Paari
N° 9, décembre 2015, vol 2 ISSN : 1996-8310 (imprimé)
ISSN : 2226-406X (en ligne)

Revue Ivoirienne
des Sciences du Langage et de la Communication

Publication annuelle du Département des Sciences du Langage


et de la Communication de l’Université de Bouaké
UFR Communication, Milieu et Société

Université de Bouaké Éditions Paari


27 B.P. 529 Abidjan 27 83, rue de Reuilly
Côte d’Ivoire 75012 Paris, France
Revue Ivoirienne des Sciences du Langage
et de la Communication

Directeur scientifique : Professeur KOUAKOU N'GUESSAN François


Directeur de publication : ABOLOU Camille Roger

Comité Scientifique
KOUAKOU N'GUESSAN François, Université de Bouaké,
Drescher Martina, Université de Bayreuth (Allemagne)
FOUCAULT Jean, Universités de Cergy et d'Artois (France)
CABAKULU Mwamba, Université Gaston Berger (Sénégal)
KOUVOUAMA Abel, Université de Pau et des Pays de l'Adour (France)
KOMENAN AKA Landry, Université de Bouaké
AKINDES Françis, Université de Bouaké
POAMÉ Marcelin Lazare, Université de Bouaké
KOUADIO N'GUESSAN Jérémie, Université de Cocody
GADOU HENRI, Université de Cocody
YAHAYA Diabi, Université de Cocody
BALIMA Serge Théophile, Université de Ouagadougou (Burkina Faso)
NZETE Paul, Université Marien Ngouabi (Congo)
MASSOUMOU Omer, Université Marien Ngouabi (Congo)
AHOUA Firmin, Université de Cocody
N'GORAN Léa Marie Laurence, Université de Bouaké
BLÉ Germain Raoul, Université de Cocody

Comité de rédaction
ABOLOU Camille Roger
N'GORAN Léa Marie Laurence
DAHIGO ABRAHAM
KOUAMÉ Kouakou
TOURÉ Irafiala
Kaul Guy
KAMATÉ Banhouman

Marketing & publicité : DJE BI KAHOU ALBERT


Infographie : GOUHERE LAGO ANTOINE
Éditeur : Éditions PAARI - Gpe Makitec

_________________________________________________________________________
N.B. : Droits de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays
© éditions Paari
Abidjan, Brazzaville, Paris, décembre 2015
ISSN : 1996-8310
ISBN : 2-84220-031-4
EAN : 9782842200312
SOMMAIRE

Editorial 7
Volume 1
Sciences du Langage 9

Takoré-Kouamé Aya Augustine 11


La conjonction « et » élément de transphratisation dans Allah n’est pas oblige.

Abo Kouamé Justin 21


Sprachökonomie, kohärenzproblematik und argumentative strategie in
werbeslogans

Kossonou Kouabena Théodore 45


Description morpho-sémantique de quelques items du « nouchi-zouglou »

Kouamé Yao Emmanuel 61


Les aspects morphologiques et sémantiques de la documentation du baoulé

Kra Kouakou Appoh Enoc 71


Manifestations du morphème de la négation en koulango

Sib Sié Justin 91


Réduplication verbale en Lobiri de Bouna : cas d’un procédé répétitif

Ibo Lydie 101


La pulsion et l'effort comme régulateur dans les pratiques culturelles

Odo Flora Ingrid 115


Méthodologie et épistémologie du concept de signe dans la démarche qualité

Evariste Dupont Boboto 135


De l’oralité au langage formel : étude comparative entre Platon et Granger

Jean-Jacques Angoundou 149


Person, space, and time deixis in english and lingala: a descriptive and
contrastive analysis

Kouamé Kouakou 163


Francophonie africaine et performance des entreprises : l’usage des langues
nationales dans le secteur microfinancier ivoirien à côté du français, un démenti à
l’exoglossie ?

Mbaho Ngawa Liliane Carline 193


La politesse par le choix des termes d’adresse : le cas de la vente ambulante des
médicaments dans les cars au Cameroun

Ouattara Zié Yacouba 209


Le déictique « je » : jeu et enjeu dans Les voix dans le vent
Sciences de la Communication 217

Akrégbou Boua Sylvain 219


Usages des technologies de communication mobiles en public et construction
d’une identité chez les jeunes abidjanais

Boni Kouadio Georges 231


Organisation de la communication et des soins en situation d’urgence créées
par des épidémies

Pamphile Biyoghé 243


La communication politique et les Lumières cathodiques des présidentielles de
1981 et 1995 en France

Mbélo Prosper 259


La communication interne, une fonction stratégique de l’entreprise

Goa Kacou 273


Les organisations ivoiriennes à l’épreuve de la communication de crise

Bassémory Koné 291


Marketing de projet, outils de pérennisation des projets d’insertion professionnelle
en Côte d’Ivoire

Kalilou Traoré 311


La politique socio-éducative du livre en Côte d’Ivoire : le cas de la région de
Gbêke

Ndong Ngoua Anaclet 323


Plaidoyer pour un nouveau mode de régulation de la communication au Gabon

Kouassi Ngoran François 343


Mobilisation sociale et éducation pour le changement de comportement dans trois
quartiers d’Abidjan (Abobo, Adjamé, Cocody)

Toppé Gilbert 353


Le travail du politique en faveur du développement des médias en Côte d’Ivoire

Volume 2

Varia 369

Germain-Arsène Kadi 371


Sexualité, violence et transgression dans Les naufragés de l’intelligence de Jean-Marie
Adiaffi et Un dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche

Jean-Marie Soungoua 385


Glottophagy, hegemony and gendered violence: fanonian reading of postcolonial
african fiction
Konan Yao Lambert 409
Renart, personnage paradoxal des contes à rire de la France médiévale

Koffi Brou Emile & Assué Yao Jean-Aimé 425


L’économie des corridors dans la stratégie de reduction du chômage à Bouaké

Honoré Kouamé Dago 441


Bernard B. Dadié, icône africaine de la résistance ideologico-culturelle occidentale

Idrissa Dabone & René Kouamé Brou 455


Les déterminants de la non-participation des demandeuses d’emploi aux tests de
recrutement a une offre d’emploi à l’AGEPE

Mavouangui Vangou David 465


Rousseau et Locke. A propos de la religion et de la tolérance

Togbé Codjo Timothee, Botchi Gomido Jean Marie & Koné Issiaka 485
Logiques politiques face aux représentations paysannes de la promotion de la
culture du riz dans le département du Mono au Bénin

Etty Assamoi Isidore 497


La problémetique de la libéralisation de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire

Tiémoko Doumbia 513


Représentations sociales des violences sexuelles et leurs prises en charge chez les
adolescents des quartiers sociaux de la commune de Yopougon (Abidjan)

Jean Didier Mbélé 527


Etat de la prise en compte des personnes vivant avec handicaps au Congo-
Brazzaville

Koffi Yao Jean Julius 541


L’exploitation des bas-fonds : une alternative économique dans les villages de la
sous-préfecture de Napié

Lonan Camara 565


La femme, un personnage ambigu dans les contes négro-africains

Moto Ndong François 577


Le paradoxe des Etats africains « souverains » mais dépendants culturellement, à
travers les langages, les langues et les religions

Itoua Joseph 603


Les églises messianiques et prophétiques au Congo (1943-1948)

Renamy-Ziza Judith Rachel 627


Journée de travail continue et gestion des activités de la vie hors travail

Instructions aux auteurs 471


527

SLC n°9, décembre 2015, vol 2 éd. Paari, Paris, 2015, p. 527-539

Etat de la prise en compte des personnes vivant avec


handicaps au Congo- Brazzaville

Jean Didier MBELE


Université Marien NGOUABI

Résumé
Ce texte fait le tour d’horizon sur la situation Générale et sociale des personnes
vivant avec handicaps au Congo- Brazzaville. Il présente de manière analytique un
état des lieux sur la perception et l’intégration sociale des personnes vivant avec
handicaps au sein de la société congolaise. Il s’agit d’une réflexion faite à partir
d’une approche psychosociale qui trouvera sa place parmi tant d’autres en vue
d’une amélioration du regard vis-à-vis des personnes vivant avec handicaps au
Congo.
Mots clés : Handicaps, personne handicapée, déficience, Congo, insertion sociale,
protection.

Abstract
This contribution examines the social situation of handicapped persons in Congo.
It discusses the social perception and integration of handicapped persons in the
republic of Congo. This study is based on psycho-social approach. Finally, this
study purports to pinpoint views capable of improving the way Congolese
consider handicapped people in the Republic of Congo.
Keywords: Handicap, handicapped person, deficiency, Congo, social integration,
protection.

Introduction

Cette réflexion sur les handicaps est tirée des recherches que nous menons
depuis le début des années deux mil, sur le phénomène social du handicap
au Congo-Brazzaville, dans le cadre de nos travaux universitaires. Ce
528

thème sur le handicap suscite pour nous, un enjeu important suivant


quatre dimensions :
Sur le plan psychologique : au vu des nombreux problèmes humains liés au
handicap comme la frustration, la négation, le meurtre, la marginalisation,
le manque d’identité, une approche psychologique trouverait sa place
parmi tant d’autres, pour l’amélioration du regard vis-à-vis des personnes
vivant avec handicaps.
Sur le plan humanitaire le thème que nous abordons est plus que jamais
d’actualité au regard du nombre d’Organisations Non Gouvernementales
(ONG) et d’associations qui se disent préoccupées par la situation des
personnes handicapées.
Sur la sphère culturelle : les mentalités, les coutumes, les attitudes et les
considérations socioculturelles influencent aussi la vie des personnes en
situation de handicaps.
Enfin au plan socio-économique, l’enjeu est plus qu’important au vu des
problèmes comme l’absence de revenus, le chômage, le manque de
logement, les difficultés liées au transport, auxquels sont confrontées les
personnes handicapées.
Nous nous interrogeons sur le contenu que l’on attribue au concept de
handicap dans le contexte congolais? Ensuite, quelles structures ou
organisations sociales prennent en charge, de façon concrète, les problèmes
liés à la vie des personnes vivant avec handicaps au Congo et de quelle
manière le font-elles ?
Tout au long de cet exposé, nous nous appuyons sur les données que nous
avons récoltées sur le terrain à partir des entretiens, des observations et de
l’analyse des documents élaborés par les ONG, les associations pour
handicapés ainsi que les institutions étatiques du Congo.
Notre principal objectif est de mettre à jour la place que fait la société
congolaise à la personne handicapée physique ou sensorielle, afin de :
- cerner la définition du concept de handicap dans le contexte congolais ;
- repérer les structures socio-sanitaires, associatives et les institutions
administratives qui sont impliquées dans la prise en charge des personnes
vivant avec handicaps ;
- sensibiliser l’opinion publique, les décideurs et les gouvernants sur la
situation préoccupante des personnes handicapées.
Ainsi, nous essayons tant soit peu, de contribuer à l’amélioration des
conditions de vie de la personne vivant avec handicap au Congo.
Il s’agit donc ici, de porter un regard de manière analytique sur la situation
socio-économique des personnes handicapées à partir de leur intégration
scolaire et socioprofessionnelle. Avant de nous atteler à cette tâche, nous
allons d’abord clarifier le concept de handicap et souligner le rôle des
institutions et des organisations associatives en faveur des personnes
handicapées.
529

I- Clarification du concept de ‘’ handicap’’

I-1- Qu’est ce que le handicap ?

En son sens général, le ‘’handicap’’ se définit comme un désavantage, une


infériorité. Il est à la fois un concept et un phénomène individuel et social,
qui singularise la personne concernée.
‘’Handicap’’ est un mot d’origine anglaise qui tient son premier sens de la
compétition interne de jeu. C’est une contraction de trois mots de la langue
anglaise ‘’ hand in cap’’ (ce qui signifie : la main dans le chapeau ou la
casquette).
L’usage du terme handicap est passé progressivement du jeu de hasard aux
courses des chevaux puis au golf, pour égaliser les chances. De la limitation
des performances des meilleurs chevaux, le terme est passé au fil de
l’histoire, sans explication précise, à la limitation des capacités humaines.
D’après Jean Marc ALBY1 (1987), l’utilisation figurée qui nous concerne
aujourd’hui (désavantage, infériorité) est un néologisme.
Par ailleurs, en France le mot handicap est devenu un terme juridique
depuis 1957, année où il apparaît pour la première fois dans la législation
sur le reclassement des travailleurs handicapés. Ils étaient classés en
catégories A, B, C suivant la gravité du handicap, tout en attribuant un
pourcentage d’invalidité ouvrant droit à des mesures de compensation ou
d’aide comme les AAH (Allocations pour Adultes Handicapés).
Sur le plan professionnel, ou mieux de l’emploi, la loi du 10 juillet 1987,
contraint toute entreprise (publique ou privée) d’au moins vingt salariés,
exerçant en France à embaucher 6% des personnes handicapées parmi son
effectif total, au risque de payer une contrepartie financière, qui servira à
l’insertion professionnelle des personnes handicapées.
Dans le même temps, les termes stigmatisant tels ‘’débile’’ ou ‘’ infirme’’ se
sont vus disparaitre progressivement des textes législatifs et
réglementaires.
L’apport de l’organisation de Nations Unies (ONU) pour la lutte contre les
situations de handicaps est aussi significatif. Les droits des personnes
handicapées sont par définition les droits fondamentaux du citoyen tels
qu’ils sont exprimés dans l’article premier de la déclaration des droits de
l’homme : ‘’ les hommes naissent libres et demeurent égaux en droits ‘’, ainsi que
dans le troisième article : ‘’ tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sureté
de sa personne ‘’. A côté de cette législation universelle, il existe une
législation spécifique aux personnes handicapées avec ses limites.
De nos jours, les spécialistes des handicaps distinguent le handicap de la
maladie et retiennent trois types principaux de handicaps :

1 ALBY, Jean Marc : Handicaps, vécu, évalué, Pensée sauvage ; Paris 1987
530

- les handicaps physiques comme la paralysie des membres inférieurs


ou supérieurs, les bosses, les lépreux, l’éléphantiasis, la
malformation des doigts, des orteils ou d’autres membres du corps ;
- les handicaps sensoriels concernant les malvoyants, les aveugles, les
sourds et les muets, par exemple ;
- les handicaps mentaux comme les débiles, les autistes et les
déficients intellectuels.
Ces trois formes de handicaps peuvent soit survenir à la naissance, soit
intervenir après la naissance, donc acquises. Des barrières sont parfois
difficiles à établir entre la personne dite ‘’normale’’ et la personne
‘’handicapée’’, car le phénomène de la vicariance permet parfois aux
personnes vivant avec handicaps de développer certaines qualités de
façon inattendue. Il existe, au plan mondial, une Classification
Internationale des Handicaps (C.I.H)2, qui depuis l’année 2001 est
devenue la Classification Internationale des Fonctionnements (C.I.F)3.
Cette classification clarifie la notion de handicap en distinguant trois
dimensions:
- la déficience en tant que notion permettant d’identifier les
altérations du corps, aux plans organique et fonctionnel ;
- l’incapacité liée aux conséquences des déficiences en termes
d’activité fonctionnelle;
- le désavantage, résultant des conditions défavorables dans
lesquelles peut se trouver un individu, du fait de sa déficience, dans
son environnement au regard des normes sociales en vigueur.

I-2- Le mot ‘’handicap’’ dans le contexte congolais

Au Congo-Brazzaville, selon la principale Loi numéro 009/92 du 22 avril


1992 « portant statut, protection et promotion de la personne handicapée »
(l’équivalent à peu près de la loi de juillet 1987 en France), « Est considérée
comme personne handicapée, toute personne frappée d’une déficience physique ou
mentale, congénitale ou acquise, éprouvant des difficultés à accomplir des fonctions
normales pour toute personne dite valide de même âge. » (Article 1er de la loi).
Cette définition a été élaborée en 1992, dans un contexte de protestation et
de revendications sociopolitiques généralisées, marqué par la tenue d’une
Conférence Nationale dite souveraine, regroupant tous les partis politiques
et toutes les associations que comptait le Congo à cette époque. L’apport
des spécialistes du handicap et des personnes vivant avec handicaps a été
moindre. Cette loi définit le handicap en mettant l’accent exclusivement sur
l’individu et la déficience que porterait celui-ci, sans prendre en compte les
aspects sociaux ni environnementaux. Elle semble être l’œuvre de quelques
administrations et spécialistes pressés de résoudre un problème et qui n’ont
pris en compte que quelques aspects de la Classification Internationale des

2OMS: Classification Internationale des Handicaps; PUF; Paris; 1983.


3OMS : Classification Internationale du Fonctionnement du Handicap et de la santé;
Librairie ; Privat : Paris 2001
531

Handicaps. D’ailleurs, cette loi considérée comme texte de base organisant


le statut et la promotion des personnes handicapées au Congo, est restée
jusqu’à ce jour sans décrets d’application, malgré son acceptation par
défaut de mieux, par les multiples et dynamiques associations pour
personnes handicapées congolaises.

I.2. Le « Kikata »

Au Congo, pour désigner une personne handicapée, l’expression la plus


souvent utilisée en langues nationales (Lingala et Kikongo) et dans
plusieurs autres langues du pays, est ‘’Kikata’’. Ce concept qui a une
connotation négative pourrait être traduit en français par un handicapé, un
paralysé, un arriéré, un dépendant voire un incompétent. Il évoque
l’absence de mouvement et vise souvent les handicapés physiques. Ce mot
n’est rien d’autre qu’un stéréotype propice à une vision réductrice et
caricaturale de la personne handicapée et de ses capacités.
Ainsi, les personnes handicapées congolaises et leurs associations ont
toujours demandé que soit bannie cette expression qu’elles jugent honteuse
et frustrante pour le handicapé et sa famille. Elles dénoncent l’usage du
mot ‘’kikata’’ par certains journalistes à la radio ainsi qu’à la télévision, car
cette expression est parfois utilisée par l’opinion publique comme une
insulte.
De notre avis, les spécialistes congolais du handicap doivent éviter de faire
usage de ce terme aussi discriminatoire que réducteur, afin de mettre en
valeur ou de prendre en compte l’ensemble des potentialités souvent
inexplorées, des personnes vivant avec handicaps.
La littérature sur les personnes handicapées congolaises est pauvre.
Cependant, quelques travaux de recherches (mémoires et thèses) ont été
menés au Congo sur l’enfant handicapé, presque tous en milieu urbain, en
prenant en compte des aspects spécifiques comme : l’éducation des
déficients intellectuels.4 L’insertion de certains handicapés sensoriels sortis
des écoles, l’intégration des handicapés physiques en milieu scolaire
ordinaire. A ces quelques recherches, pourraient s’ajouter les rapports des
associations et des institutions étatiques et internationales comme
l’UNHACO, l’OMS et le BIT.

III- Les institutions et organisations associatives en faveur des personnes


handicapées.

Au Congo-Brazzaville, des données statistiques fiables sur les personnes


handicapées sont presque inexistantes, comme il en est souvent le cas dans
bien d’autres pays d’Afrique. Le Congo s’était lancé en 1984 dans un
recensement exhaustif des personnes handicapées, mais devant les

4MIAKALOUBANZA Benoit : l’éducation des déficients intellectuels au Congo ;


Thèse de doctorat 3e cycle ; Paris 10 ; Nantère ; 1985.
532

innombrables difficultés, ce recensement était resté inachevé. Pour palier à


ce problème, il serait souhaitable de prévoir, comme le font d’autres pays,
d’intégrer quelques questions relatives aux handicaps lors d’un
recensement général de la population du pays.
Cependant en Février 1994, le Congo, avec une population globale de
2.500.000 habitants, comptait environ 250.000 personnes handicapées ;
selon un dossier du Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées
sur : ‘’la situation sociale des personnes handicapées face à la dévaluation du Franc
CFA’’. Ce ratio de 10% est également évoqué par l’Organisation Mondiale
de la santé (OMS).
Le chiffre de 10% proposé par l’OMS comme pourcentage moyen de
personnes handicapées dans la population totale de chaque pays du monde
est valable aussi bien pour les pays du Nord que ceux du Sud.
Or, le Congo qui a connu des guerres civiles de1993 à 1999 pourrait
enregistrer, en conséquence, un changement du nombre des personnes
handicapées soit de façon plus probable à la hausse (le fait des blessures et
traumatismes de guerre), soit à la baisse (par élimination des minorités
handicapées). De nos jours, ce chiffre est estimé à environ 400.000
handicapés, sur une population d’environ 4.000.000 d’habitants (2015).
Par ailleurs, les statistiques sur les personnes vivant avec handicaps au
Congo sont beaucoup plus difficiles à établir en milieu rural qu’en milieu
urbain, comme à Brazzaville la capitale du pays. Ainsi le tableau suivant
résume les effectifs des personnes handicapées de la ville de Brazzaville
après les guerres.

Statistiques des personnes handicapées de Brazzaville par


catégories des handicaps
Catégories Effectifs Total
HANDICAPES Hommes 39.546 62.146
MOTEURS Femmes 22.600
Sourds et
Hommes 11.798
déficients 19.600
Femmes 7.802
auditifs
Aveugles et
déficients visuels
Hommes 10275
handicapes 18.000
Femmes 7725
mentaux et
intellectuels
Handicapes mentaux
Hommes 4919
et déficients 7.600
Femmes 2681
intellectuels
Hommes 401
Lépreux 654
Femmes 253
Source : Statistiques (Source UNHACO, Brazzaville).

A Brazzaville, plus de la moitié (58%) des personnes vivant avec handicaps


le sont au niveau des membres supérieurs et inferieurs, donc des
533

handicapés physiques. Les hommes sont plus touchés par tous les types da
handicaps (62%) que les femmes (28%). Cette situation pourrait s’expliquer
par le fait que le sexe masculin est plus exposé aux phénomènes comme les
guerres, les bagarres et les accidents de toute sorte.
En juin 2000, la ville de Brazzaville, avec une population d’environ un
million d’habitants comptait donc 108.000 handicapés selon l’Union
Nationale des Handicapés du Congo (UNHACO). Ce chiffre conforte notre
parie sur une augmentation du chiffre des handicapés après les guerres.

II-1- La place et le rôle des associations :

L’association des Handicapés Physiques du Congo ([Link]) : créée le


09 Mars 1979 à Brazzaville, cette association pourrait être considérée à la
fois comme une toute première pour les handicapés Congolais et puis
comme l’ancêtre de l’actuelle Union Nationale des Handicapés du Congo
(UNHACO). Cette association catégorielle aux objectifs globalisants et
vagues n’a pas fait long feu, et d’autres plus organisées et plus ambitieuses
ont pris le relais.
Depuis la fin des années quatre-vingt et le début des années quatre- vingt
dix, on observe au Congo une dynamique très remarquable des milieux
associatifs œuvrant pour la promotion et l’amélioration des conditions de
vie des personnes vivant avec handicaps. Cette dynamique encouragée,
tant bien que mal, par les autorités politiques, est surtout le fruit des efforts
des personnes handicapées elles-mêmes qui ont bien voulu s’organiser en
associations de types catégoriels, avec comme pionniers ou précurseurs les
handicapés moteurs qui se sont souvent montrés à la tête des
revendications. Ainsi, presque toutes les associations de personnes
handicapées congolaises se sont regroupées au sein d’une grande union
nationale qui défend leurs intérêts aussi bien au plan national
qu’international.
L’[Link] est une association sociale à caractère humanitaire et
d’utilité publique, régie par la loi française du 1er juillet 1901 et son décret
d’application du 15 août 1901. Elle se dit autonome, apolitique et à but non
lucratif.
Elle a été créée le 30 juillet 1987 â Brazzaville avec un catalogue très large et
ambitieux d’objectifs que sont:
- promouvoir l’organisation et te développement des services et des
programmes de prévention, de réadaptation et de réinsertion
sociale en collaboration avec les administrations locales privées ou
publiques existants et les organismes internationaux;
- stimuler les administrations et les partenaires en vue de la création
des structures appropriées au profit des personnes handicapées;
- amener les pouvoirs publics à créer et à appliquer une législation
spéciale relative à la protection, à la formation, et à l’emploi des
personnes handicapées;
- renforcer les capacités des associations membres à réaliser leur
programme pour l’égalisation des chances;
534

- constituer un système de coordination destiné à promouvoir et à


assurer un échange d’informations pour la participation dans
l’égalité au niveau national, régional et international;
- promouvoir la réalisation des projets communautaires pour le
maintien des revenus et la sécurité sociale;
- rechercher les moyens financiers, matériels et humains à la
réalisation de ces objectifs.
Le grand ensemble UNHACO regroupe en son sein les associations
catégorielles des personnes handicapées suivantes:
- L’Association Nationale des personnes Handicapées Motrices du
Congo (ANHAMCO).
- L’Association Nationale des Lépreux du Congo (ASL).
- L’Association Nationale des Personnes Handicapées Mentales du
Congo (ANPHMC).
- L’Association Nationale des Aveugles et Déficients Visuels du
Congo (ANADVC).
- L’Association Nationale des Sourds et Déficients Auditifs du Congo
(ANSDACO).
- L’Association Nationale des Femmes Handicapées du Congo
(ANAFHCO).
Certains groupements ou associations ne faisant pas partie directement de
l’UNHACO, lui sont affiliés; dans ce cas nous pouvons citer:
- Groupe d’intégration des Personnes Handicapées de la Cuvette-
Ouest (GIPHCO).
- L’Association des Enfants Albinos du Congo (ASEALCO).
- Handicap 3 (H-3).
- Handicap - Secours du Congo (FIASECO).
D’autres associations ou structures existent au Congo et s’occupent de la
défense des droits et des intérêts des personnes handicapées, sans pour
autant appartenir au grand ensemble UNHACO ; il s’agit entre autres :
- Du Comité de Défense des droits des Personnes Handicapées
(COD-PH).
- De la Ligue d’Education, de Formation et d’Information des
Personnes Handicapées (LEFIPH).
- Congo-Assistance (Association humanitaire présidée depuis les
années quatre vingt par l’épouse du Chef de l’Etat congolais et qui
mène une lutte contre le SIDA et des actions de bienfaisance en
faveur des malades, des enfants, des pauvres et des handicapés).
Par ailleurs, l’UNHACO est membre actif de plusieurs Organisations
Internationales ou Mondiales, telles que:
- L’Organisation Mondiale des Personnes Handicapées (OMPH)
- La Fédération Mondiale des Sourds (FMS).
- Inclusion internationale.
- La Panafricaine des Personnes Handicapées (PANHA).
- La Fédération d’Afrique Centrale des Associations pour la
Promotion et la Protection des Droits des Personnes Handicapées.
535

Le grand ensemble UNHACO travaille également en partenariat avec l’État


ainsi qu’avec des organisations et institutions mondiales comme l’OMS, le
PNUD, la Fondation Raout FOLLEREAU, le FUNUAP, Lions-Club, Caritas,
l’institut Africain de Réadaptation.

II-2. Les apports de I’ Etat Congolais

Les acteurs en charge du secteur du handicap et les personnes vivant avec


handicaps elles- mêmes ont souvent dénoncé le peu d’intérêt des
institutions congolaises vis-à-vis des personnes en situations de handicaps,
et le manque d’une politique socio-économique en leur faveur, en dépit de
la loi du 22 avril 1992 portant statut, protection et promotion des personnes
handicapées. De leur côté, les pouvoirs publics congolais déclarent ne
ménager aucun effort pour le respect des droits de l’homme et des
minorités en établissant une égalité de chances entre toutes les couches
sociales. L’article 31 de la Constitution du 6 novembre 2015 stipule que les
personnes vivant avec handicaps ont

droit à des mesures de protection en rapport avec


leurs besoins physiques, moraux ou autres, en vue
de leur épanouissement. L’Etat a le devoir de
promouvoir la présence de la personne vivant avec
handicap au sein des institutions et administrations
nationales et locales.

Le même texte institue en son article 234 un Conseil consultatif des


personnes vivant avec handicap chargé de faire des suggestions au
gouvernement sur leur vie. Les questions liées au handicap au Congo
dépendent du Ministère es Affaires Sociales et de la Famille qui a le devoir
de développer des projets et des programmes en faveur des handicapés sur
toute l’étendue du territoire, notamment pour scolariser les enfants en
situations de handicaps.
Quelques mesures et actions positives visant la protection, la promotion et
l’épanouissement des personnes handicapées à divers niveaux, sont
l’œuvre de l’Etat, des pouvoirs publics en connivence avec les associations
en faveur des handicapés. Il s’agit de :
- la signature et l’approbation par le Congo, de l’accord portant
création de l’institut Africain de Réadaptation (IAR) du 8 avril 1985
à Addis Abéba, ainsi que l’obtention le 18 septembre 1986 de
l’implantation du siège et d’une antenne au Congo,
- la création de l’Union Nationale des Handicapés du Congo
(UNHACO) en 1987, bénéficiant des subventions financières de
l’Etat, qui lui a affecté par note de service un siège social dans un
bâtiment administratif en février 1991,
- la participation à raison d’une voix à l’Assemblée Nationale
congolaise des personnes handicapées de 1988 à 1992;
536

- la diffusion à la radio et à la télévision d’Etats des émissions des


personnes handicapées (Promo-Handi);
- l’édition d’un bulletin d’information “LIAISON” spécialisé sur les
questions liées au handicap,
- l’adoption de l’Acte 079 de la Conférence Nationale demandant la
création d’un Secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées,
- l’Adoption à la Conférence Nationale et la promulgation par Je
Président de la République de la loi n° 009192 du 22 avril 1992
portant statut, protection et promotion de la personne handicapée
au Congo,
- l’institution en novembre 2015 d’un Conseil consultatif des
personnes vivant avec handicap dans la loi fondamentale.
MaIgré ces quelques actions positives et encourageables, la situation des
personnes vivant avec handicaps au Congo reste difficile à cause d’un
cadre de vie très déplorable par rapport à la moyenne nationale.

II.3- L’insertion scolaire et sociale des personnes handicapées

Au plan scolaire, la fréquentation est obligatoire de 6 à 14 ans, car selon la


loi n° 008 du 06 septembre 1990 portant réorganisation du système éducatif
congolais "Etat garantit à chaque enfant une scolarité obligatoire. Cette mesure s
‘étend aux personnes handicapées (mentaux, sensoriels, moteurs et inadaptés
sociaux)". Cette disposition légale n’est pas respectée partout dans le pays,
car selon l’Union Nationale des Handicapés du Congo, à peine 19 % des
personnes handicapées sont scolarisées, dont 2,9 % dans les trois
Institutions spécialisées concentrées à Brazzaville la capitale.
Ces établissements dont les effectifs des élèves varient de façon
décroissante suivant l’augmentation du niveau scolaire sont:
- l’Institut Psychopédagogique de Brazzaville qui reçoit des enfants
ayant des anomalies mentales;
- l’Institut des Jeunes Sourds de Brazzaville (IJSB) créé par les
religieux et accueillant les sourds-muets, qui a appartenu à l’Etat
jusqu’en 1992, ensuite a été rétrocédé à l’Eglise catholique par l’Etat
après la Conférence Nationale souveraine;
- l’Institut des Aveugles du Congo (IAC) situé dans la banlieue sud
de Brazzaville: est un établissement que l’Etat congolais gère en
partenariat avec l’Armée du Salut.
A ces Institutions, on peut ajouter le Centre de Réadaptation Professionnel
des personnes handicapées qui est une antenne de l’Institut Africain de
Réadaptation, dont on déplore l’insuffisance de formation et l’absence d’un
statut clair du personnel.
Au plan socioprofessionnel la situation est différente en milieu rural qu’en
milieu urbain.
En milieu rural, même s’il n’a jamais été nulle part facile d’être handicapé,
la personne handicapée en milieu rural congolais est intégrée dans la
société traditionnelle. La personne en situation de handicap ne vit pas dans
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un “monde” à part, elle appartient à un clan ou à un village au sein duquel


elle participe à toutes les activités suivant ses possibilités.
Les autres membres de la communauté villageoise lui sont solidaires en lui
épargnant des tâches qui lui sont impossibles à réaliser. Bref, en milieu
rural traditionnel, le handicapé est déchargé des obligations de travail ou
chargé simplement des petites obligations productives, sans être exclu de la
consommation collective.
Au plan culturel, l’insertion est parfois fonction de la nature du handicap la
question est par exemple plus grave chez les personnes privées du langage
que chez les aveugles qui, eux, disposent du langage, dans une société où la
culture se transmet de façon orale.
En milieu urbain, l’accès à l’emploi reste difficile et limité même au sein des
services publics. Parmi les emplois manuels exercés par les personnes
handicapées, on note l’artisanat, l’horlogerie, la mécanique, la poterie, la
cordonnerie, la fabrique des briques (4).
Les difficultés d’insertion sociale de la personne handicapée au Congo sont
réelles sur les plans scolaire, socio-économique ou familial. Cette personne
souvent abandonnée à sa famille ou pire à elle-même, est tenue de fournir
un effort nécessaire pour surmonter son handicap sans aide particulière,
dans les mêmes conditions que certaines personnes dites “valides".

Conclusion

L’éducation et le travail modernes exigent des attitudes et des


appréhensions nouvelles vis-à-vis des personnes handicapées, au regard
des nombreuses difficultés que posent leur intégration scolaire et socio-
professionnelle au Congo : manque et insuffisance d’établissements
spécialisés, manque d’enseignants, chômage, difficultés de transport, de se
loger, de se soigner et de se nourrir….
Enfin, pour améliorer l’accompagnement des personnes handicapées en
République du Congo, les propositions suivantes peuvent être prises-en
compte parmi tant d’autres, sur les plans de :
La Formation
- créer des établissements spécialisés, avec des internats, dans
l’accueil des personnes handicapées dans toutes les régions du pays;
- former les formateurs et les techniciens spécialisées, dont j’effectif
total demeure insuffisant pour tout le pays;
- organiser des forums, des ateliers, des séminaires, des colloques et
des campagnes de sensibilisation des populations sur les handicaps.
- former les interprètes en langues de signes pour les femmes sourdes
dans les blocs d’accouchement et l’information sur le VIH/SIDA.
La législation et les Institutions
- prendre le plus tôt possible des textes d’application (décrets et
arrêtés) de la principale loi 009/92 du 22 avril 1992, portant statut,
promotion et protection de la personne handicapée au Congo -
Brazzaville;
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- ratifier les textes de l’ONU inhérents aux questions du handicap;


- recréer au sein du Gouvernement un Secrétariat d’Etat chargé des
personnes handicapées comme l’avait exigé la Conférence Nationale
en 1991 ;
- mettre en place des Maisons des Personnes Handicapées (MDPH) à
l’image de celles qui existent en France et qui s’occuperaient de
préciser le degré ou le pourcentage du handicap ainsi que de la
prise en charge des personnes vivant avec handicaps.
L’action socio-sanitaire
- attribuer une allocation à toute personne handicapée, reconnue
comme telle, variable selon le degré du handicap. Cette allocation,
dit-on, en vigueur pendant l’époque coloniale n’a jamais été
supprimée;
- instaurer une carte de handicapé ou d’invalidité, qui sera délivrée
par un organisme habileté;
- améliorer l’accessibilité à tous les bâtiments publics, pouvant
accueillir une personne handicapée.
L’emploi et l’économie
- fixer un quota d’embauche des personnes handicapées de 5% à
toutes les grandes entreprises et de 10% pour l’Etat, afin
d’encourager leur embauche;
- exonérer d’impôts et taxes les personnes handicapées ayant créé
une activité économique.
La culture, le sport et les loisirs
- encourager et aider les personnes handicapées à se produire et à
exposer leurs œuvres au Congo et à l’étranger;
- créer au sein des fédérations sportives et des grandes compétitions
nationales des catégories et des équipes des personnes handicapées.
Au terme de cette réflexion, nous sommes loin d’avoir épuisé en quelques
lignes, un sujet aussi vaste et complexe que celui du handicap. Bien
d’autres dimensions comme les représentations psychosociales des
handicaps n’ont pas été abordées ici et nous le regrettons. Cependant il
s’agit ici, d’une réflexion offrant différentes pistes d’entrée pour l’étude des
personnes handicapées au Congo.

Bibliographie

ALBY Jean Marc: Handicaps, vécu, évalué; Pensée Sauvage ; Grenoble; 1987.
Nations Unies : Déclaration Universelle des Droits de l’Homme; 1948.
OMS: Classification Internationale du Fonctionnement, du Handicap et de la
Santé ; Librairie Privat ; Paris ; 2001.
PORTALIER Serge: Colloque sur la Perception, la Cognition et le Handicap:
Recherches en Défectologie ; Université Lumière Lyon2 ; Lyon; 1996.
Loi numéro 008 du 06 septembre1990 portant réorganisation du système
éducatif congolais.
OMS : Classification Internationale des Handicaps ; PUF ; Paris ; 1883.
539

Constitution Congolaise du 06 novembre 2015.


HAMONET Claude : les personnes Handicapées; PUF ; Paris ; 1996.
Loi numéro 009/92 du 22 Avril 1992 ‘’ portant statut, protection et promotion
de la personne handicapée au Congo.
MIAKALOUBANZA Benoit : l’éducation des déficients intellectuels au Congo ;
thèse de doctorat 3e cycle ; Paris 10 ; Nanterre ; 1985.
1MORVAN Jean Sébastien : Représentations des situations de handicaps
CTNRHI ; PUF ; Paris ; 1990.
NGAMBOU Jean : l’insertion socioprofessionnelle des jeunes handicapés de
Brazzaville : cas des handicapés auditifs ; Mémoire pour le CAIJS ; INJS ;
Brazzaville ; 1995.

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