0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
242 vues37 pages

Conception Système D'info

Ce document traite du système d'information au sein d'une entreprise. Il définit notamment ce qu'est un système d'information, son fonctionnement et ses fonctions principales comme le recueil et le stockage d'informations internes et externes à l'entreprise.

Transféré par

Keen
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
242 vues37 pages

Conception Système D'info

Ce document traite du système d'information au sein d'une entreprise. Il définit notamment ce qu'est un système d'information, son fonctionnement et ses fonctions principales comme le recueil et le stockage d'informations internes et externes à l'entreprise.

Transféré par

Keen
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

SUPPORT DE COURS

UE : CONCEPTION
SYSTEME
D’INFORMATION 1

LPRGL 1

Equipe Pédagogique

INFORMATIQUE
Propriété exclusive de PIGIER CI. Toute reproduction même partielle de ce document est strictement interdite.
22-23

Formation – Placement - Consultance


Tél : (225) 27 20 30 35 00 / Fax : (225) 27 20 22 67 64 SARL au capital de 300.000.000 FCFA
E-mail : pigierci@[Link] / pigierci@[Link] RC N° CI-ABJ-1977-B-26872
01 BP 1585 Abidjan République de Côte d'Ivoire CC : 77 02508 P / Centre des Impôts : DGE
23 Boulevard de la République - Plateau Régime d’Imposition : Réel Normal
PIGIER CI Conception système d’information 1

Contenu
LE SYSTÈME D’INFORMATION ............................................................................................... 2
I) L’approche systémique ............................................................................................... 2
II) L’entreprise comme système .................................................................................... 3
III) Le système d’information au sein de entreprise ............................................. 3
LES METHODES D’ANALYSE INFORMATIQUE ..................................................................... 7
I) Le besoin de méthodes d’analyse informatique ................................................. 7
II) Objectif des méthodes d’analyse informatique ................................................... 7
III) LES METHODES FRANCAISES D’ANALYSE INFORMATIQUE .......................... 8
A- LA METHODE D’ANALYSE : RACINES ....................................................................... 8
B- LA METHODE D’ANALYSE : MERISE ............................................................................ 9
le modèle conceptuel de données (mcd) ................................................................ 13
I) Notion d’événement, entité et relation ......................................................................... 13
II) Formalisation du MCD............................................................................................... 14
III) Construction du MCD ....................................................................................................... 22
le modèle conceptuel de traitements (mct) ....................................................... 26
I) Présentation du MCT .................................................................................................... 26
II) Les concepts du MCT ................................................................................................. 26
III) Représentation graphique du MCT .......................................................................... 28
IV) Les étapes d’élaboration du MCT ..................................................................................... 28
V) Méthode d’établissement du MCT ..................................................................................... 28
VI) Représentation de la matrice des flux................................................................................ 30
VII) Représentation du graphe d’ordonnancement des évènements........................................ 30

1
PIGIER CI Conception système d’information 1

LE SYSTÈME D’INFORMATION

I) L’approche systémique
1) Concept de système
Un système est un ensemble d’éléments matériels ou immatériels (hommes,
machines, méthodes, règles, etc.) en interaction transformant par un
processus des éléments en entrée (les entrées) en d’autres éléments en sortie
(les sorties).

2) Caractéristiques d’un système


 Un système existe, il est identifiable, différentiable de ce qui
l’entoure.
Exemple : un avion, un être humain et une entreprise sont des
systèmes.

 Un système a un comportement. Il agit en fonction d’un but.


Exemple : un être humain, une machine et une entreprise sont des
systèmes agissant.
L’être humain agit pour atteindre un but : être riche, être en bonne
santé, être riche et en bonne santé, etc.

 Un système a un comportement régulé.


En fonction des entrées, le système réagit en régulant son
comportement c’est-à-dire en adaptant son action aux changements
externes.
Exemple : un être humain, un thermostat et une entreprise sont des
systèmes régulés.
Si l’être humain est malade, il prend des médicaments pour être en
bonne santé.

 Un système s’informe sur son propre comportement


Exemple : un être humain, un animal et une entreprise sont des
systèmes informés sur leur comportement.
Le passage de l’état « en bonne santé » à l’état « fiévreux » est une
information sur un être humain ayant contracté la grippe.

 Un système décide de son comportement.


En fonction des informations générées par un système, il élabore ses
propres décisions de comportement
Exemple : un être humain, une famille et une entreprise sont des
systèmes qui décident de leur comportement.

2
PIGIER CI Conception système d’information 1

L’arrivée de l’information « état fiévreux » fait réagit l’être humain qui


décide d’aller chez un médecin.

 Un système mémorise
Pour élaborer ses décisions, le système analyse les informations qu’il a
mémorisées ultérieurement.
Exemple : un être humain, une famille et une entreprise sont des
systèmes qui mémorisent des informations.
L’arrivée annoncée du virus de la grippe fait réagit l’être humain en
bonne santé qui décide de se faire vacciner plutôt que de reprendre les
médicaments prescrits l’an dernier.

II) L’entreprise comme système


 Toute entreprise existe, elle est identifiable et différentiable de ce
qui l’entoure.
 Elle agit en fonction d’un but.
 Elle a un comportement régulé.
 Elle s’informe sur son propre comportement
 Elle décide de son comportement.
 Elle mémorise toutes ses activités

III) Le système d’information au sein de entreprise


1) Notion de système d’information (SI)
Un Système d’Information (SI) est un ensemble d’éléments divers
(employés, ordinateurs, règles et méthodes, etc.) chargés de stocker et
de traiter les informations relatives au système opérant afin de les
mettre à la disposition du système de pilotage.
Ainsi, le Système d’Information de l’entreprise est l’ensemble des
informations circulant dans une entreprise et des moyens mis en
œuvre pour les gérer.

3
PIGIER CI Conception système d’information 1

2) Fonctionnement du système d’information de l’entreprise

L’entreprise

Système de pilotage

Décisions à Informations
mémorisées mémorisées

Informations
internes
Environnement
Système d’informations Extérieur

Informations
externes
Décisions
Informations à
mémorisées
mémorisées

Système opérant

4
PIGIER CI Conception système d’information 1

NB :
 Une information est tout ce qui forme de manière significative
une représentation imagée de la réalité.
 Un système est donc décomposables en trois composants de base
interagissant l’un en vers l’autre : le système de pilotage (ou système
de décisions), le système d’informations et le système opérant.
 Un SIA (Système d’Information Automatisé) est un sous-système d’un
Système d’Information (SI) dans lequel toutes les transformations
significatives d’informations sont effectuées par des ordinateurs.
Tout SIA permet la conservation et le traitement automatique des
informations.
 L’ensemble de ces caractéristiques est applicable à une entreprise. On
peut donc définir l’entreprise comme un système.

3) Les fonctions du système d’information (SI)


 Le SI permet de recueillir les informations à partir des
sources internes et externes. Face à ces sources, le SI
remplit des tâches d’écoute, d’analyse et de saisie.
 Le SI permet de mémoriser les informations saisies sur
des supports de stockage (disques durs, clé USB, CD-R,
CD-RW, DVD-R, DVD-RW, etc.
 Le SI permet d’exploiter les informations stockées à
travers la consultation, le tri, le filtre et la mise à jour
(ajout, modification et suppression) des informations.
 Le SI permet de diffuser les informations stockées et
exploitées à travers un support oral, papier, électronique
ou magnétique.

4) Les structures de systèmes d’informations (SI)

De nos jours, tous les SI (Systèmes d’Informations) des entreprises


évoluent vers des SIA (Systèmes d’Informations Automatisés).
Nous avons essentiellement deux structures de SIA qui sont : les SIA
centralisés et les SIA décentralisés

1. Les SIA centralisés


Ils sont caractérisés par le regroupement des moyens
informatiques sur un site central appelé le service
informatique. Dans ce cas, l’outil informatique est
uniquement entre les mains des informaticiens.

5
PIGIER CI Conception système d’information 1

2. Les SIA décentralisés


Ils sont caractérisés par la décentralisation des ressources
informatiques à l’ensemble des moyens de traitement et de
stockage de l’information. Dans ce cas, chaque utilisateur
(comptable, secrétaire, etc.) a à sa disposition un micro-
ordinateur qui lui permet de travailler de façon autonome
sur son poste ou de se connecter à un ordinateur
SERVEUR pour accéder à certaines informations mises à la
disposition de plusieurs utilisateurs à travers un réseau
informatique.

6
PIGIER CI Conception système d’information 1

LES METHODES D’ANALYSE INFORMATIQUE

I) Le besoin de méthodes d’analyse informatique


La conception d'un système d'information n'est pas évidente car il faut réfléchir à l'ensemble
de l'organisation que l'on doit mettre en place. La phase de conception nécessite des méthodes
permettant de mettre en place un modèle sur lequel on va s'appuyer. La modélisation consiste
à créer une représentation virtuelle d'une réalité de telle façon à faire ressortir les points
auxquels on s'intéresse. Ce type de méthode est appelé analyse. Il existe plusieurs méthodes
d'analyse, à savoir :
- la méthode RACINES et la méthode MERISE (Méthodes françaises)
- les méthodes SSADM, SDM/S ou Axial (Méthodes anglo-saxons)
La méthode la plus utilisée en France est la méthode MERISE.

II) Objectif des méthodes d’analyse informatique


Une méthode d'analyse et de conception a pour objectif de permettre de formaliser les
étapes préliminaires du développement d'un système afin de rendre ce développement plus
fidèle aux besoins du client.
Pour ce faire, on part d'un énoncé informel (le besoin tel qu'il est exprimé par le client,
complété par des recherches d'informations auprès des experts du domaine fonctionnel,
comme par exemple les futurs utilisateurs d'un logiciel), ainsi que de l'analyse de l'existant
éventuel (c'est-à-dire la manière dont les processus à traiter par le système se déroulent
actuellement chez le client).
La phase d'analyse permet de lister les résultats attendus, en termes de fonctionnalités, de
performance, de robustesse, de maintenance, de sécurité, d'extensibilité, etc.
La phase de conception permet de décrire de manière non ambiguë, le plus souvent en
utilisant un langage de modélisation, le fonctionnement futur du système, afin d'en faciliter la
réalisation.

7
PIGIER CI Conception système d’information 1

III) LES METHODES FRANCAISES D’ANALYSE INFORMATIQUE

A- LA METHODE D’ANALYSE : RACINES

1- Définition et présentation
La méthode RACINES est une méthode informatique destinée à étudier la stratégie du
système d'information. RACINES est un acronyme de RAtionalisation des Choix
INformatiquES. Elle a pour but de définir des priorités d'informatisation par domaine dans le
cadre d'un fonctionnement global futur, en tenant compte des budgets et des calendriers.
L'étude correspondante est appelée un Schéma Directeur
Elle a été conçue en 1976 par le ministère de l'industrie qui a publié en 1988 un guide RACINES qui la
formalise. La méthode a surtout été utilisée dans un contexte d'administrations publiques, en
France. Souvent les projets importants de refonte de systèmes d'information étaient menés
avec la double Méthode RACINES et MERISE.

2- Schémas directeurs
Le schéma directeur est un outil :
- A visée diagnostique, permettant la formulation d’une situation
- De prévision, présentation de la stratégie d’accompagnement d’une politique générale de
l’entreprise,
- De décision par la mise en place de plans d’actions,
- D’argumentation budgétaire, servant de support à la présentation du budget annuel,
- De suivi, permettant de vérifier que les objectifs visés sont ou non atteints. On distingue les
schémas directeurs Stratégiques (horizon 5-10 ans) et les schémas directeurs opérationnels
(3-5 ans).

a- Les schémas directeurs stratégiques


Il définit la politique générale de l’entreprise et tient compte des évolutions technologiques
pour consolider un système d’information commun à des organismes différents ou des
domaines d’activité distincts. Les schémas directeurs stratégiques ont une portée prospective,
sur l'activité et les principes d'organisation à mettre en place, les grands choix informatiques,
les décisions générales et les priorités à fixer. Aujourd'hui, l'évolution ultra-rapide des
technologies et de l'environnement rend cette réflexion presque impossible à mener sur des périodes
aussi longues.

b- Les schémas directeurs opérationnels


Il a pour objectif de faire évoluer de concert la politique d’ensemble d’un organisme et les
méthodes de traitement et de communication de son système d’information. Les schémas
directeurs opérationnels précisent les précédents, et notamment insistent davantage sur les
priorités entre les projets, la façon de les traiter, les budgets et les calendriers. Ils ont tendance
aussi à disparaître au profit d'une réflexion limitée à l'horizon de l'exercice budgétaire.

8
PIGIER CI Conception système d’information 1

B- LA METHODE D’ANALYSE : MERISE

1- Définition et historique
1.1 Définition
MERISE (Méthode d'Étude et de Réalisation Informatique par les Sous-Ensembles ou pour
les Systèmes d'Entreprises) est une méthode française d'analyse, de conception et de gestion de projet
informatique.
1.2 Historique
Issue de l'analyse systémique, la méthode Merise, étant le résultat des travaux menés par
Hubert Tardieu, date de 1978-1979, et fait suite à une consultation nationale lancée en 1977
par le ministère de l'Industrie dans le but de choisir des sociétés de conseil en informatique
afin de définir une méthode de conception de systèmes d'information.
Elle a été très utilisée dans les années 1970 et 1980 pour l'informatisation massive des
organisations. Cette méthode reste adaptée pour la gestion des projets internes aux
organisations, se limitant à un domaine précis. Elle est en revanche moins adaptée aux projets
transverses aux organisations, qui gèrent le plus souvent des informations à caractère sociétal
(environnemental et social) avec des parties prenantes, c'est-à-dire là où se situent les plus
grands enjeux du XXIe siècle.
Merise, méthode spécifiquement française, a d'emblée connu la concurrence internationale de
méthodes anglo-saxonnes telles que SSADM, SDM/S ou Axial. Elle a ensuite cherché à
s'adapter aux évolutions rapides des technologies de l'informatique avec Merise/objet, puis
Merise/2 destinée à s'adapter au client-serveur.

2 – Les caractéristiques de la méthode MERISE

Les principales caractéristiques de la méthode sont :

2.1 Approche globale menée parallèlement sur les données et les traitements.
2.2 Description du SI en trois niveaux:

2.3 Découpage du processus de développement en quatre étapes


2.3.1 Étude préalable :
 recueil des informations
 élaboration des MCD (modèle conceptuel des données) et MCT (modèle
conceptuel des traitements) actuels
 critiques et suggestions (services rendus, analyse des insuffisances,
synthèse des besoins d'amélioration).

9
PIGIER CI Conception système d’information 1

2.3.2 Étude détaillée :


 Elaboration du MCD, MCT, MLD (modèle logique des données) et MOT
(modèle organisationnel des traitements) nouvelle solution
 Evaluation de la charge de réalisation (durée), évaluation de la mise en
œuvre, plan d'équipement matériels-logiciels.

2.3.3 Réalisation :
 Etude technique : Description de l'environnement technique, description de
l'architecture du logiciel, description du modèle physique des données
(MPD).
 Production du logiciel : Ecriture du logiciel (en appliquant les méthodes du
génie logiciel), élaboration du MOpT (modèle opérationnel des
traitements) tests unitaires (par unité de traitement) et d'intégration.

2.3.4 Mise en œuvre:


 Mise en place des moyens : Moyens techniques (locaux, matériel
informatique, fournitures, etc.). Moyens humains (formation des
utilisateurs, mise en place des fichiers et de la documentation.
 Réception et lancement : Exécution des jeux d'essais utilisateurs.
Conformité avec le dossier d'étude détaillée. Lancement effectif du
nouveau système en parallèle avec le système existant pendant une période
d'observation. Arrêt de l'ancien système.

2.4 Description de la structure de travail :

 Comité directeur: fixe les orientations, prend les décisions importantes, etc.
 Groupe projet: seule structure permanente, il comprend le chef de projet
informatique, les concepteurs et les développeurs des logiciels, les
représentants du groupe utilisateur. C'est lui qui réalise les dossiers d'étude et
les logiciels.
 Comité utilisateur: participe à l'élaboration des solutions, à la validation des
dossiers d'étude produits par le groupe projet.

3 - Cycle d'abstraction de conception des systèmes d'information

La conception du système d'information se fait par étapes, afin d'aboutir à un système


d'information fonctionnel reflétant une réalité physique. Il s'agit donc de valider une à une
chacune des étapes en prenant en compte les résultats de la phase précédente. D'autre part, les
données étant séparées des traitements, il faut vérifier la concordance entre données et
traitements afin de vérifier que toutes les données nécessaires aux traitements sont présentes
et qu'il n'y a pas de données superflues.

Cette succession d'étapes est appelée cycle d'abstraction pour la conception des systèmes
d'information :

10
PIGIER CI Conception système d’information 1

L'expression des besoins est une étape consistant à définir ce que l'on attend du système
d'information automatisé, il faut pour cela :

 faire l'inventaire des éléments nécessaires au système d'information


 délimiter le système en s'informant auprès des futurs utilisateurs

Cela va permettre de mettre au point le MCD (Modèle conceptuel des données) et le MCT
(Modèle conceptuel des traitements) qui décrivent les règles et les contraintes à prendre en
compte.

Le modèle organisationnel consiste à définir le MOT (Modèle organisationnel des


traitements) décrivant les contraintes dues à l'environnement (organisationnel, spatial et
temporel).
Le modèle logique représente un choix logiciel pour le système d'information.
Le modèle physique reflète un choix matériel pour le système d'information.

Ainsi, nous distinguons trois niveaux d’abstraction dans la conception d’un système
d’information :
- le niveau conceptuel
- le niveau logique (ou organisationnel)
- le niveau physique (ou opérationnel).

11
PIGIER CI Conception système d’information 1

a) Le niveau conceptuel
Le niveau conceptuel consiste à penser le SI sans envisager aucun concept
lié à l’organisation, tant du point de vue des données que celui des
traitements. On ne se préoccupe pas du matériel utilisé ni de l’organisation
du travail.
Le niveau conceptuel consiste à se poser la question QUOI FAIRE ? et AVEC
QUELLES DONNEES ?

b) Le niveau logique
 Le niveau organisationnel (ou logique) consiste à intégrer à l’analyse
les critères liés à l’organisation (notion de lieu, de temps, d’acteur et
donc de poste de travail).
 Au point de vue des traitements, on se pose les questions : QUI ?,
Où ?, QUAND ? et on envisage le partage des tâches entre l’Homme et
la Machine.
 Du point de vue des données, on commence à étudier leur
organisation, compte tenu du logiciel utilisé.

c) Le niveau physique (ou opérationnel)


 Le niveau opérationnel consiste à apporter des solutions techniques
au problème. Il consiste à se poser la question COMMENT ?
Pour les traitements automatiques, on étudie le découpage en
programmes.
 Du point de vue des données, on effectue des choix sur les méthodes
de stockage et d’accès (fichiers physiques)

En somme, on obtient le tableau ci-dessous.

Niveau Traitement Données Choix


Conceptuel MCT (Modèle MCD (Modèle de gestion
Conceptuel de Conceptuel de
Traitement) Données)
Logique MOT (Modèle MLD (Modèle d’organisation
(ou organisationnel) Organisationnel de Logique de Données)
Traitement)
Physique MOpT (Modèle MPD (Modèle technique
(ou opérationnel) Opérationnel de Physique de
Traitement ) données)

12
PIGIER CI Conception système d’information 1

le modèle conceptuel de données (mcd)

I) Notion d’événement, entité et relation


1) Notion d’évènement
Un évènement est le fait que quelque chose survient et que l’on perçoit que
quelque chose survient.
Exemple :

Passation Bon de
de commande
commande
Arrivée du Réaction
BC au service du service
commercial commercial
2) Notion d’entité
Une entité est la représentation d’un objet matériel ou immatériel de
l’univers extérieur. Des propriétés ou attributs sont associés à chaque
entité.
Exemple : A l’entité CLIENT, on peut associer les propriétés suivantes : code
client, Nom, Prénom, Tél., etc.
De même, à l’objet immatériel ‘’une commande’’, on peut associer les
propriétés suivantes : Numéro commande, date commande, etc.

3) Notion de relation
Une relation est la prise en charge par le SI (système d’information) du fait
qu’il existe une association entre des objets de l’univers extérieur et prendra
la forme d’une association entre les entités correspondantes.
Exemple : la relation ‘’concerne’’ exprimant l’association qui existe entre
l’objet ‘’Commande’’ et certains objets de type ‘’Produits’’.
Par exemple, la Commande numéro 125 ‘’concerne’’ les produits X12 et X25.
A une relation peut être rattachées des propriétés.
Exemple : la relation ‘’concerne’’ peut être porteuse de la propriété ‘’Qté’’
exprimant pour chaque produit Commandé la quantité commandée.

13
PIGIER CI Conception système d’information 1

II) Formalisation du MCD


1) Concepts de base
1.1. Entité, Relation, Propriété
 Une entité est la représentation dans le SI d’un objet matériel ou
immatériel de l’univers extérieur.
 Une relation est la prise en charge par le SI du fait qu’il existe une
association entre des objets de l’univers extérieur.
 Une propriété est une caractéristique (ou attribut, ou rubrique) d’une
entité ou d’une relation.

1.2. Occurrence et identifiant


 Une occurrence d’entité est un individu particulier d’une entité.
Exemple : ‘’Client’’ est une entité
Koffi et Koné sont des occurrences de l’entité « Client ».
 L’identifiant est une propriété particulière d’une entité, permettant de
distinguer de façon unique chaque occurrence de cette entité.
Exemple : Le code client est l’identifiant de l’entité ‘’Client’’.
Les clients codés C01 et C12 constituent des occurrences distinctes de
‘’Client’’.
 Une relation est une association entre plusieurs entités.
 La collection est la liste des entités qui participent à une relation.
Exemple : ‘’Affecter à’’ est une relation définie sur la collection des entités
‘’Personne’’ et ‘’Service’’.
 Une occurrence d’une propriété est une valeur prise par cette
propriété.
Exemple : Nomclient est une propriété de l’entité ‘’Client’’ et représente les
noms de tous les clients.
 Une propriété est caractérisée par une certaine structure :

14
PIGIER CI Conception système d’information 1

♦ Son type :
- N : Numérique (chiffre)
- A : Alphabétique (lettre ou espace)
- AN : Alphanumérique (tous caractères)
♦ Sa longueur : nombre maximum de caractère.
1.3. Représentation schématique

Nom entité-type Nom relation-type Nom entité-type

SALAIRE AFFECTER A SERVICE


Matricule Date affectation N° Service
Nom INTITULE
Prénom

Propriété-type Nom propriété-type


Identifiant souligné

1.4. Caractéristiques d’une relation


 La collection d’une relation est la liste des entités sur laquelle la
relation est définie.
Exemple : La relation ‘’AFFECTER A’’ est définie sur la collection :
{SALAIRE, SERVICE}
 La dimension d’une relation est le nombre d’occurrences d’entités
concernée par une occurrence de la relation. Elle est supérieure ou
égale au nombre d’entités de la collection.
Exemple :
Livre Auteur
Ecrit par
Code Livre Code Auteur
Titre Nom Auteur

Collection : {Livre, Auteur} deux entités

Dimension : 2

Personne Est marié à


Code Personne
Nom Personne

15
PIGIER CI Conception système d’information 1

Collection : {Personne} une entité


Dimension : 2

N.B. : Une relation de dimension 2 est une relation binaire.


Une relation de dimension 3 est une relation tertiaire.

Exemple :

Personne Produit
A vendu
Code Personne Code Prod
Nom Libellé Prod

Une relation de dimension n est dite n-aire.

 On distingue 3 types de relations-types :

- 1 A 1 (1-1)
A toute occurrence de l’entité-type X ne correspond qu’une et une seule
occurrence de l’entité-type Y et réciproquement.

Exemple :
(1,1) (1,1 Femme
Homme
Est marié à )

CodeHom CodeFem
NomHom NomFem

Un homme n’est marié qu’à une femme et une femme n’est mariée qu’à un
homme.

- 1 A Plusieurs (1-n)
A toute occurrence de X correspond une ou plusieurs occurrences de Y et à
toute occurrence de Y une seule de X.
Exemple : un auteur a écrit un ou plusieurs livres mais un livre a été écrit
par un seul auteur.

(1,1) (1,n) Auteur


Livre
Ecrit par
Code Livre Code Aut
Titre Livre Nom Aut

16
PIGIER CI Conception système d’information 1

- Plusieurs à plusieurs (m-n)


A toute occurrence de X correspond une ou plusieurs occurrences de Y et
réciproquement.
Exemple : un client peut commander plusieurs produits et chaque produit
peut être commandé par plusieurs clients.

(1,n (1,n) Produit


Client ) commande
Code Client Code Produit
Nom Cli Libellé Pro

1.5. Cardinalité

 Une relation mettant en jeu les entités X et Y est dite :


- Totale si aucune occurrence de X et aucune occurrence de Y ne peut
exister sans participer à une occurrence de la relation.
- Partielle si certaines occurrences de X ou certaines occurrences de Y
peuvent n’être impliquées dans aucune occurrence de la relation.

 La cardinalité minimum d’une relation est le nombre minimum de fois


où chaque occurrence d’une entité participe à la relation. La
cardinalité minimum 0 correspond à une relation partielle. Les
cardinalités minimum non nulle correspondent à des relations totales.

 La cardinalité maximum d’une relation est le nombre maximum de


fois où chaque occurrence d’entité peut participer à une occurrence de
la relation.
La cardinalité maximum 1 signifie que toute occurrence de l’entité ne peut
participer qu’à une occurrence de la relation au plus.
La cardinalité maximum n signifie qu’une occurrence de l’entité peut être
impliquée dans un maximum de n occurrences de la relation.

17
PIGIER CI Conception système d’information 1

 Représentation graphique
Exemple 1 : Un homme est fils d’au moins et d’au plus une femme et d’une
seule. Une femme peut ne pas avoir d’enfants (0 enfant) ou au contraire en
avoir plusieurs.

Card min Card max Card min Card max

1,1 0,n Femme


Homme
Est fils de
CodeHom CodeFem
NomHom NomFem

Exemple 2 : Un professeur fait au moins un enseignement. Il peut en faire


plusieurs. Une matière peut ne pas être enseignée. Si elle l’est, elle peut
l’être plusieurs fois. Une classe à au moins un enseignement et peut en
avoir plusieurs.

1,n 0,n Matière


Professeur
enseigne
Matricule Prof Code Mat
Nom Prof Libellé Mat
Prénom Prof
1,n

Classe

Code Clas
Libellé Clas

1.6. Règles de gestion

Les règles de gestion du MCD précisent les contraintes qui doivent être
respectées par le modèle.
Exemple : Dans le MCD d’une école les règles de gestion (RG) peuvent être
les suivantes :

RG1 : Tout professeur enseigne en principe au moins une matière, mais


certains d’entre eux peuvent être dispensés d’enseigner en raison de leurs
travaux de recherche.

18
PIGIER CI Conception système d’information 1

RG2 : Toute matière est enseignée dans au moins une classe

RG3 : Toute classe a au moins 3 enseignants.

Le MCD devient alors :

Professeur 0,n 1,n Matière


enseigne
Matricule Prof Code Mat
Nom Prof Libellé Mat
Prénom Prof 3,n

Classe

Code Clas
Libellé Clas

2) Dépendances fonctionnelles (DF)


2.1. Dépendance fonctionnelle élémentaire directe entre propriétés

On dit que deux propriétés a et b sont reliées par une dépendance


fonctionnelle élémentaire directe si la connaissance de la valeur de a
détermine une et une seule valeur de b, s’il n’existe pas de transitivité entre
a et b et si aucune partie de a ne détermine b.
On la note a → b
Exemple 1
CodeClient → NomClient et NumeroCommande + RéférenceProduit →
QtéCommandée sont des dépendances fonctionnelles élémentaires directes.
Exemple 2
MAT Professeur → CodeMatière
CodeMatière → LibelléMatière
MAT Professeur → LibelléMatière
Les deux premières sont directes, mais la 3e ne l’est pas en raison de la
transitivité :
MatProfesseur → CodeMatière → LibelléMatière

2.2. Dépendance fonctionnelle entre entités.


On dit qu’il existe une dépendance fonctionnelle entre deux entités A et B et
on note A → B.
Si toute occurrence de A détermine une et une seule occurrence de B.
Exemple : Commande → Client
Cette Df signifie que tout bon de commande détermine un et un seul client.

19
PIGIER CI Conception système d’information 1

3) Règles relatives au MCD

3.1. Normalisation des entités


Les entités du MCD doivent vérifier les règles suivantes :

 1ère forme normale (1FN)


Dans une entité, toutes les propriétés sont élémentaires et il existe au moins
un identifiant.

 2ème forme normale (2FN)


Toute propriété d’une entité doit dépendre de l’identifiant par une
dépendance fonctionnelle élémentaire. Autrement dit, toute propriété de
l’entité doit dépendre de tout l’identifiant.
Exemple :
Ligne-Cde
NumCom+ RefProd
Désignation
Quantité

L’identifiant est la concaténation de NumCom + RefProd, mais la


dépendance fonctionnelle NumCom + RefProd → Désignation n’est pas
élémentaire puisque : RefProd → Désignation.
Cette entité n’est pas en deuxième forme normale. Le MCD devrait devenir :

1,n 0,n Produit


Cde
Concerne
NumCom Qté RefProd
Désignation

En revanche l’entité :
Client
CodeClient
Nom
Prénom
Tel
Ville

est en 2FN, car Nom, Prénom, Tel et Ville dépendent de l’identifiant


CodeClient par une dépendance fonctionnelle élémentaire.

3ème forme normale (3FN)


Dans une entité, toute propriété doit dépendre de la clé par une dépendance
fonctionnelle élémentaire directe.

20
PIGIER CI Conception système d’information 1

Exemple :
L’entité
Client
CodeClient
NomClient
CodeCatégorie
NomCatégorie

n'est pas en 3FN car la dépendance fonctionnelle CodeClient →


NomCatégorie n’est pas directe du fait de la transitivité : CodeClient →
CodeCatégorie → NomCatégorie
Le MCD devrait devenir :

1,1 0,n Catégorie


Client appartient
à
CodeClient Codecatégorie

NomClient Nomcatégorie

 Forme normale de BOYCE-CODD (BCFN)


Si une entité a un identifiant concaténé, un des éléments composant cet
identifiant ne doit pas dépendre d’une autre propriété.
Exemple : Admettons la RG suivante :
Tout professeur enseigne une matière et une seule. Toute classe n’a qu’un
seul professeur par matière.
Dans ce cas, l’entité
Cours
Matière + CodeClasse
MatProf

n'est pas en BCFN, car Matière (partie de l’identifiant concaténé Matière +


CodeClasse) dépend de la propriété MatProf.
Le MCD devrait être :
1,n 1,n Classe
Professeur fait cours

MatProf CodeClasse
Matière

21
PIGIER CI Conception système d’information 1

3.2. Respect des contraintes d’intégrité


Le MCD doit respecter les règles de gestion qui expriment les contraintes
d’intégrité.

3.3. Normalisation des relations


Chaque propriété de la relation doit dépendre fonctionnellement de
l’ensemble des identifiants des entités qui participent à la relation, mais
d’aucun sous-ensemble de cet ensemble.

III) Construction du MCD


Les différentes étapes d’élaboration du MCD sont les suivantes :
- Domaine de gestion,
- Les règles de gestion (RG),
- Dictionnaire des données,
- Graphe de dépendance fonctionnelle ou structure d’accès théorique
(SAT),
- Graphe du MCD.
Nous allons faire comprendre la méthode de construction du MCD à l’aide
d’un exemple.
Supposons que le SI contient essentiellement des propriétés figurant sur les
bons de commande et les factures :

N° Bon …. Date …
Nom Client …
Adresse …
Nom Représentant …
Réf Désignation Qté P.U. Montant
--- --- --- --- ---
--- --- --- --- ---

TOTAL …

1) Domaine de gestion
Il s’agit de dire en quelques mots de quoi il est question dans un texte
soumis à votre étude.

22
PIGIER CI Conception système d’information 1

2) Les règles de gestion


On explicite clairement les règles de gestion

RG1 : Un client peut passer une ou plusieurs commandes ou aucune


commande.

RG2 : Une commande peut concerner un ou plusieurs produits.

RG3 : Une commande est passée à un représentant qui n’est pas toujours le
même pour un client.

3) Dictionnaire des données


Un dictionnaire de données est un tableau qui recense et décrit l’ensemble
des propriétés qui seront utilisées pour élaborer le MCD

Pour construire le dictionnaire des données, on établit la liste des propriétés


à partir des documents, des fichiers et des règles de gestion. On imagine des
codes pour identifier les entités évidentes dans le cas d’un système manuel.
Il faut éviter d’utiliser les synonymes et les polysèmes dans un dictionnaire
de données
Une propriété est concaténée si elle est décomposable en plusieurs
informations élémentaires.
Une propriété est calculée si elle est le résultat d’une opération
mathématique.
Une propriété signalétique est une propriété dont la valeur ne change pas
(souvent).
Une propriété de situation est une propriété dont la valeur exprime un état
de l’entité à un instant donné.
Une propriété de mouvement est une propriété qui n’existe que parce qu’un
évènement a eu lieu.
Un signifié est la signification d’une propriété
Un signifiant est le code qui permet de désigner une propriété
Exemple : Le signifiant « NumCli » a pour signifié « Numéro du client »
Les synonymes sont des signifiés différents qui ont le même signifiant.
Exemple : Les signifiés Numéro du client et Numéro de la chambre sont des
synonymes s’ils ont le même signifiant NumC (pour numéro du client et
numéro de la chambre
Les polysèmes sont des signifiants différents qui désignent le même signifié.
Exemple : Les signifiants CodeCli et NumCli sont des polysèmes s’ils
désignent tous « Code du client ».

23
PIGIER CI Conception système d’information 1

Exemple de Dictionnaire de Données

Code Désignation Type Longueur Nature Contraintes


E, Sig, d’intégrité ou
Ca, Sit, règles de calcul
Co Mvt
NumCom Numéro du Bon N 4 E Sig ID
de Commande
DateCom Date de la AN 10 E Sig JJ/MM/AAAA
commande
CodeCli Code du Client AN 6 E Sig ID
NomCli Nom du Client A 10 E Sig
PrenomCli Prénom du client A 20 E Sig
TelCli Téléphone du N 11 E Sit
Client
CodeRep Code du AN 3 E Sig ID
Représentant
NomRep Nom du AN 30 E Sig
Représentant
RefPro Référence du AN 6 E Sig ID
produit
DesignPro Désignation du A 30 E Sig
produit
Qté Quantité N 3 E Mvt
Commandée
PUPro Prix unitaire du N 9 E Sit
produit

Lexique

ID : Identifiant
A : Alphabétique E : Elémentaire Sig : Signalétique
N : Numérique Ca : Concatenée Sit : Situation
AN Alphanumérique Co : Calculée Mvt : Mouvement

24
PIGIER CI Conception système d’information 1

4) Graphes des dépendances fonctionnelles

On obtient donc le graphe des dépendances fonctionnelles (ou structure


d’accès théorique (SAT), ou couverture minimale qui représente les divers
chemins d’accès aux données).
NumCom RefPro

Qté
DateCom CodeRep CodeCli DésignPro PUPro

NomRep NomCli PrénomClili TelCli

5) Graphe du MCD
Les arcs terminaux obtenus à partir des propriétés élémentaires définissent
les entités. Les origines de ces arcs sont des identifiants.
Dans la SAT, on remplace les propriétés correspondantes par les entités
ainsi définies. Les arcs restant mettent en évidence les relations. Les
propriétés non isolées restantes sont affectées à des relations.
Les règles de gestion doivent permettre de trouver les cardinalités.

Cde (1,n) Se compose de (0,n) Produit


NumBon RefPro
Qté
DateCom DesignPro
PUPro

(1,1)
(1,1)

Obtient Passe

(0,n) (0,n)

Représentant Client
CodeRep CodeCli
NomRep NomCli
PrénomCli
TelCli

25
PIGIER CI Conception système d’information 1

le modèle conceptuel de traitements (mct)


Introduction
La modélisation des traitements a pour but de faire la représentation dynamique
du système d’information, c’est – à – dire de représenter l’enchaînement des
traitements réalisés.
Cette modélisation s’effectue à deux niveaux :
- le niveau conceptuel où l’on s’intéresse aux opérations en dehors de toute mise
en œuvre organisationnelle. On a le MCT.
- le niveau organisationnel, où l’on se pose les questions suivantes : qui ? Où ?
quand ? On a le MOT.

I) Présentation du MCT
L’objectif du MCT est de répondre à la question QUOI faire par rapport à un
événement. C’est la chronologie qui importe. Autrement dit, le MCT est une
représentation de la succession des règles de gestion dont l’entreprise veut se
doter pour répondre aux événements auxquels elle doit faire face, du fait de son
activité et de son environnement.
Le MCT est la représentation de l’enchaînement des opérations d’un processus.

II) Les concepts du MCT


1) L’événement
C’est une sollicitation du système d’information qui génère une réaction de la
part de celui-ci.
Un événement peut être externe au domaine étudié (ex : commande client) ou
interne au SI, souvent le résultat d’un processus antérieur (ex : ordre de
préparation). Un événement peut-être aussi temporel, c'est-à-dire lié à des dates
qui rythment l’exécution de certains traitements (délai de maintenance,
relances)
2) L’opération
C’est un ensemble d’actions accomplies par le système d’information en
réaction à un événement ou à une conjonction d’événements et non
interruptibles par un événement externe.
Remarque : Une opération déclenche au moins un résultat. Une opération est
représentée par un verbe ou mieux un substantif (ex : Préparer la commande ou
préparation de la commande)
3) Le résultat
Un résultat est le produit de l’exécution d’une opération.
Un résultat peut-être un document, un message externe, un nouvel état du SI
(nouvelle situation, nouvelles données), créé par une opération, qui peut lui-
même jouer le rôle d’événement.

26
PIGIER CI Conception système d’information 1

Un résultat externe représente une information envoyée à l’extérieur du SI (ex :


facture)
Un résultat interne est un nouvel état du système d’information (ex : ordre de
préparation)
4) La synchronisation
C’est une condition booléenne (ET / OU) traduisant les règles de gestion que
doivent respecter les événements pour déclencher une opération. Dans le cas
ET, elle marque qu'un événement déjà là doit en attendre un ou plusieurs autres.
Remarque : Pour qu'il soit question de synchronisation, il faut la présence de
plusieurs événements déclencheurs ; aussi, le symbole de synchronisation est
laissé à blanc dans le cas d'un événement unique.
Si tous les événements entrants sont liés par le même opérateur, on peut
seulement faire figurer l'opérateur dans le symbole de synchronisation sinon il
faut numéroter les événements (a, b, c, etc.) et constituer l'expression à l'aide
des événements et des opérateurs. Exemple : (a ET b) OU c
5) La règle d'émission
C’est une condition qui traduit les règles de gestion et qui permet d'exprimer des
conditions de sortie des résultats.
Remarques : L'expression d'une règle d'émission peut être composée de
plusieurs conditions élémentaires reliées par les opérateurs ET, OU. On peut
également utiliser l'opérateur NON pour exprimer la négation d'une condition.
6) Le processus
C’est un enchaînement synchronisé d'opérations au sein d'un même domaine,
généralement déclenché par un événement externe (externe au domaine ou au SI
tout entier).
7) Le rôle des règles de gestion
Recensées lors de l'étude de l'existant ou définies pour le futur SI, elles
décrivent les enchaînements d'opérations. Elles rendent possible le
regroupement des actions au sein d'une seule opération non interruptible au
niveau conceptuel.
8) Le flux
C’est un lot d'informations transmis entre deux acteurs du SI étudié.
9) L’acteur
C’est tout ce qui peut émettre ou recevoir des flux.
Par exemple un domaine, un service, une personne, un rôle joué par une
personne. Dépend du degré de finesse de l’analyse.
Un acteur externe : c’est une entité externe à l'organisation ou au domaine
étudié. Exemple : un client, la banque de l’entreprise, etc.
Un acteur interne : c’est une entité qui appartient à l'organisation ou au
domaine étudié. Exemple : le service production, un commercial…

27
PIGIER CI Conception système d’information 1

III) Représentation graphique du MCT


Le modèle conceptuel des traitements permet de représenter schématiquement la gestion des
événements :

IV) Les étapes d’élaboration du MCT


1) Déterminer le domaine de gestion
2) Déterminer les acteurs
3) Construire le graphe (ou diagramme) des flux ou la matrice des flux
4) Construire le graphe d’ordonnancement des évènements
5) Construire le graphe du modèle conceptuel des traitements

V) Méthode d’établissement du MCT


1) Réaliser le diagramme des flux (représentation des acteurs, événements et
résultats externes)
2) Pour chaque événement, recenser les opérations déclenchées, et/ou les
événements internes produits.
3) Regrouper dans une même opération tous les traitements qui ont les mêmes
déclencheurs dans une unité de temps, avec la même synchronisation

28
PIGIER CI Conception système d’information 1

Règles de validation : une opération ne peut pas être interrompue par


l’attente d’un événement externe. Si tel est le cas, il faut décrire une seconde
opération déclenchée par cet événement en attente.

Cas particuliers
Le cycle : pour une même opération, l'événement déclencheur et l'événement
résultat sont identiques.
Cas pratique
Une commande de client est servie si les marchandises sont disponibles, sinon
cette commande est mise en attente. Les commandes en attente sont
réexaminées lors de chaque réapprovisionnement afin de les livrer.
Il faut s'assurer que le cycle a bien un début et une fin : ici, c'est l’événement
"Réapprovisionnement effectué" qui permet d'éviter que le cycle ne se déroule
sans fin sur les commandes en attente.
Noter l'importance du concept d'occurrences d'événement :
- une occurrence de Réapprovisionnement est-elle autorisée à consommer toutes
les occurrences de Commande en attente ?
- si le réapprovisionnement est insuffisant, de nouvelles occurrences de
Commande en attente doivent-elles être créées ?

29
PIGIER CI Conception système d’information 1

VI) Représentation de la matrice des flux

La matrice des flux est un tableau qui décrit les flux d'informations entre les
acteurs. Les acteurs figurent en tête des lignes et des colonnes. Un flux apparaît
à l'intersection d'une ligne et d'une colonne.

VERS Acteur 1 Acteur 2 Acteur 3

DE
Acteur 1 Flux 1 Flux 2
Acteur 2 Flux 3
Acteur 3 Flux 4 Flux 5

VII) Représentation du graphe d’ordonnancement des évènements


Le graphe d’ordonnancement des évènements est la représentation de
l’enchainement des évènements internes en les associant aux évènements
externes ou aux évènements temporels.

Evènement 1

Evènement Evènement 2
résultat 1

Evènement Evènement Evènement 3


résultat 2 résultat 3

Evènement
résultat 4

30
PIGIER CI Conception système d’information 1

Etude de cas
Lorsqu'un employé dépose une demande de promotion, le secrétariat du
personnel recherche et examine son dossier pour déterminer si la demande est
recevable ou non.
Si l'ancienneté ou les états de service sont défavorables, le dossier est rejeté. Le
dossier et la demande recevable sont transmis à une commission de promotion
qui, dans le cas où son ancienneté et ses états de service le justifie, lit le rapport
du supérieur hiérarchique de l'employé. Un vote détermine si l'avis est favorable
ou non. Si c'est le cas, la promotion est accordée, sinon elle est refusée.
Travail à faire
Déterminer le domaine de gestion
Déterminer les acteurs
Construire le graphe des flux
Construire le graphe d’ordonnancement des évènements
Construire le graphe du modèle conceptuel des traitements

Etude de cas : Inscription universitaire


A la réception du dossier rempli, un agent du département administratif effectue
un premier contrôle visuel de présence des pièces demandées.
Le dossier est repris par un autre agent expérimenté qui étudie son contenu dans
le délai : contrôles sur l’état civil du candidat (limite d’âge), sa scolarité (niveau
de scolarité). Puis un cadre supérieur du département étudie la « lettre de
motivation » rédigée par l’étudiant, et faisant partie des éléments à fournir dans
le dossier, si le bilan de tous ces contrôles est favorable, une secrétaire saisit sur
un terminal du mini-ordinateur de l’université les informations importantes de
l’étudiant, qui sont stockées sur une base de données des candidats l’ordinateur
édite une convocation à l’étudiant, précisant date, heure et lieu des épreuves de
sélection.

Travail à faire
Déterminer les acteurs
Construire le graphe des flux
Construire le graphe d’ordonnancement des évènements
Construire le graphe du modèle conceptuel des traitements

31
PIGIER CI Conception système d’information 1

ETUDE DE CAS : GESTION DES APPROVISIONNEMENTS


A partir des demandes d’approvisionnement établies par le service commercial,
le service des achats envoie des demandes de prix aux fournisseurs possibles,
pour les articles nouveaux ou d’approvisionnement exceptionnel (on se limitera
à ces articles, laissant de côté les articles connus et à approvisionnement
régulier).
Les fournisseurs envoient des offres, étudiées en détail et comparées par les
acheteurs ; ces derniers font ensuite un choix. Le choix est effectué au plus tard
10 jours après l’envoi des offres. Le service des achats établit un bon de
commande à destination du fournisseur retenu. Une copie est remise au magasin
en vue de la réception. Quand la livraison arrive, le magasinier contrôle
quantitativement la marchandise. Un contrôle de qualité est effectué. La
livraison arrive généralement 2 jours après le choix définitif du fournisseur. La
livraison est renvoyée en bloc si l’un des contrôles est négatif. Les contrôles
satisfaisants aboutissent à l’entrée en stock des articles. Le magasin établit le
bon à payer aux services financiers. Quand les services financiers reçoivent la
facture du fournisseur (généralement 3 jours après la livraison), ils vérifient
qu’il lui correspond le bon à payer et émettent le chèque de paiement.

NB : on considérera que le magasin et le service des achats ne forment qu’un


unique service.

Travail à faire
Déterminer les acteurs
Construire le graphe des flux
Construire le graphe d’ordonnancement des évènements
Construire le graphe du modèle conceptuel des traitements

32
PIGIER CI Conception système d’information 1

CORRECTION

Graphe des flux

33
PIGIER CI Conception système d’information 1

Graphe du Modèle Conceptuel des Traitements (MCT)

34
PIGIER CI Conception système d’information 1

ETUDE DE CAS : GESTION DES CARTES BLEUES

Le demandeur désirant obtenir une carte bleue doit en faire la demande auprès
de son agence. La carte bleue n’est pas accordée si le demandeur n’est pas un
client de l’agence. Chaque jour, l’agence transmet au centre de gestion des
cartes bleues les demandes de ses clients.
Dès que l’agence a reçu la carte bleue en provenance du centre (en général 4
jours après la demande), elle adresse au client un avis de mise à disposition et
un avis de prélèvement de la cotisation annuelle. Le client vient alors retirer sa
carte.
Si au bout de 2 mois la carte n’a pas été retirée, elle est détruite.

Travail à faire
Déterminer les acteurs
Construire le diagramme des flux
Construire le graphe d’ordonnancement des évènements
Construire le graphe du modèle conceptuel des traitements
CORRECTION
Diagramme des flux

35
PIGIER CI Conception système d’information 1

Graphe du Modèle conceptuel des traitements

36

Vous aimerez peut-être aussi