INSTITUT SUPERIEUR DE BURKINA FASO
SECURITE HUMAINE Unité – Progrès - Justice
SUPPORT DE MODULE : FONDAMENTAUX JURIDIQUES
Chargé de cours : Paul KABRE
Conseiller en droits humains
Expert en gestion des conflits
[email protected]PREMIERE PARTIE : INTRODUCTION
A L’ETUDE DE DROIT
(11éme mn)
(143) Cours d'introduction au droit : l'essentiel
de la matière - YouTube
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
Section 1 : Notion de droit
definition du droit en vidéo youtube - Recherche Google
Le droit est l'ensemble des règles juridiques officielles établies par la société dans
le but d'organiser les rapports entre les personnes. Selon le Wikipédia, Le droit est
défini comme « l'ensemble des règles qui régissent la conduite de l'Homme en
société, les rapports sociaux », ou de façon plus complète « l'ensemble des règles
imposées aux membres d'une société pour que leurs rapports sociaux échappent à
l'arbitraire et à la violence des individus et soient conformes à l'éthique
dominante »
Selon le lexique des termes juridiques, le droit désigne, en son sens de droit
objectif, un ensemble de règles visant à organiser la conduite de l’homme en
société et dont le respect est assuré par la puissance publique.
Le droit objectif reconnaît et sanctionne lui-même des droits subjectifs,
prérogatives attribuées dans leur intérêt à des individus, qui leur permettent de
jouir d’une chose, d’une valeur ou d’exiger d’autrui une prestation.
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
Section 2 : Finalité de la règle de droit
Le droit correspond à une construction sociale et a pour objectif d’organiser la vie en
société, et les relations entre les personnes qui la composent de manière
harmonieuse. Il apporte des solutions aux problèmes posés par la vie sociale en
essayant de trouver un équilibre entre les intérêts souvent divergents des personnes.
La règle de droit peut donc évoluer en fonction des comportements sociaux et des
mécanismes de régulations existants. La prise en compte des finalités du droit permet
de mieux comprendre le sens de la règle, donc de mieux la retenir, de l’interpréter et
d’en prévoir éventuellement leur évolution en fonction des changements sociaux
(apparition de nouvelles technologies).
Le droit doit :
Assurer l’ordre social : éviter la « loi du plus fort », permettre de vivre en société
tout en garantissant une liberté individuelle ;
Assurer la sécurité des personnes et des biens ;
Réaliser la justice entre les individus et entre les individus et la société ;
Protéger l’intérêt général.
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
Section 2 : Finalité de la règle de droit
Finalités Présentation de la finalité Exemples
poursuivies
Sécurité des Assurer la protection de la personne Pénalisation de toutes les atteintes à la vie
personnes dans ses diverses activités
Sécurité des Assurer la protection des biens Pénalisation du vol et de la dégradation
biens privés de la personne et de ceux de la chose d’autrui
utilisés par tous (biens communs) Possibilité de récupérer une chose
détenue par autrui
Stabilité des maintenir en l’état ce qui a été la loi n’a pas d’effet rétroactif ; elle ne vaut
situations établi et éviter de perpétuelles que pour l’avenir.
juridiques remises en cause
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
Section 2 : Finalité de la règle de droit
Finalités Présentation de la finalité Exemples
poursuivies
Organisation Doter la vie économique des règles qui Respect de la propriété individuelle Respect de
économique vont en permettre le fonctionnement le la liberté contractuelle
plus harmonieux
Organisation Doter la cité de règles de droit pour Règles relatives aux élections, à l’accès aux
politique assurer le gouvernement des hommes fonctions électives Respect des libertés
publiques Respect des libertés individuelles
Garanties contre l’arbitraire de l’État
Organisation Fournir à la société des règles qui vont Règles relatives à l’égalité hommes/ femmes
sociale en faciliter le fonctionnement et lutter Règles encadrant le mariage, le divorce,
contre certaines dérives considérées la procréation
comme socialement non désirables
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA
COMPREHENSION DE LA NOTION DU DROIT
Section 3 : Les branches du droit
Le droit a, de par ses finalités, un champ d’application extrêmement large. Pour des raisons à la
fois pédagogique et un souci d’efficacité, il va donc être divisé en différentes branches. Les
acteurs et les juridictions vont ainsi être spécialisés dans des domaines précis comme c’est le cas
en médecine. La distinction entre droit public et droit privé Cette distinction prend en compte
l’existence de personnes, ayant des prérogatives exceptionnelles (modification unilatérale d’un
contrat, expulsion pour cause d’utilité publique) : l’Etat et les collectivités locales.
le droit public s’intéresse à l’organisation et au fonctionnement des pouvoirs publics et régle
les relations et les conflits entre ces personnes publiques entre elles et entre personnes
publiques et personnes privées (personnes physiques et personnes morales de droit privé :
sociétés, associations). Les règles sont plutôt impératives. Les juridictions compétentes seront-
elles celles de l’ordre administratif (tribunal administratif). Les principales branches sont le
droit constitutionnel, le droit administratif, le droit pénal, le droit financier.
Le droit privé va, au contraire, s’intéresser aux relations et aux conflits entre personnes privées
entre elles. Les règles sont souvent supplétives. Les juridictions appartiennent à l’ordre
judiciaire (tribunal d’instance et tribunal de grande instance). La branche traditionnelle est le
droit civil (code civil de 1804), puis d’autres branches ont pris leur autonomie avec l’évolution
de la société : droit commercial (tribunal de commerce), droit du travail (conseil des
prud’hommes), droit de la consommation, de la concurrence, de la sécurité sociale.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
• Le droit objectif est l’ensemble des règles de droit qui gouvernent les
rapports des hommes entre eux et avec les choses. La règle de droit est
une règle de conduite générale et abstraite, permanente et obligatoire,
qui a un contenu normatif.
• Le droit objectif est constitué par l'ensemble de ces règles juridiques.
Lorsqu'on étudie la règle de droit objectif, cela signifie qu'on prend en
considération la règle de droit, en elle-même et pour elle-même,
abstraction faite de son contenu.
• Il s'agit de délimiter la part de liberté et de contrainte de chacun. Il faut
définir ce qui est permis ou pas pour que la vie sociale soit possible. La
société établit des règles destinées à régir son fonctionnement, et par
voie de conséquence, à organiser les relations des personnes qui la
composent
• Le droit est en définitive l’ensemble des règles qui tendent à structurer la
société, à travers une combinaison complexe de normes.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 1 : Identification de la règle de droit
Paragraphe 1 : Les caractères de la règle de droit
(143) La règle de droit (caractères) | Introduction au droit - YouTube
Générale : cela signifie que la règle de droit s’applique à toutes les personnes ou à une catégorie
de personne et non à tel individu en particulier. On peut aussi dire que la règle de droit est
impersonnelle ou qu’elle a un caractère objectif. Cela ne signifie pas que la règle de droit s’applique
indifféremment à tout individu et à tout moment, cela doit s’entendre en ce sens que tout individu
se trouvant dans les mêmes circonstances sera régi par les mêmes règles.
Abstraite : La règle de droit est dite abstraite car elle vise une situation qui est susceptible de se
produire, mais ne décrit pas une situation réelle.
Permanente : La loi s’applique sans interruption de sa promulgation à son abrogation. Toutefois,
certains textes ne sont pris que pour une durée limitée et cessent d’être en vigueur
automatiquement à l’expiration du délai prévu.
Obligatoire : La règle de droit est dite obligatoire car elle s'impose à toute personne, qui a le devoir
de la respecter. Le Code de la route est obligatoire, il s'impose à tout le monde. À partir du moment
où une personne viole une règle de droit, elle encourt une sanction. La règle de droit est en
principe sanctionnée par la puissance publique, les tribunaux peuvent contraindre le destinataire
de la règle à respecter. C’est ce qui distingue la règle de droit des autres règles de conduite comme
la morale ou la règle religieuse qui ne sont sanctionnées que par la conscience individuelle et/ou le
jugement social ou divin.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 1 : Identification de la règle de droit
Paragraphe 2 : Règle de droit et autre règles d’organisation sociale
Règle de droit et morale
• La morale désigne l’ensemble des règles de conduite, considérées comme
bonnes de façon absolue ou découlant d'une certaine conception de la vie.
Elle revoit à la bienséance, à la bienveillance donc subjective tandis que la
règle de droit est objective, s’applique à tous et est objective
• La règle morale tend à rendre l'homme meilleur en tant qu'individu : elle
vise son perfectionnement et poursuit donc une finalité individuelle. La
règle de droit vise à réguler la vie sociale, à assurer la paix dans les
relations entre les hommes vivant en société.
• Le droit est écrit pour être légitime et permanent, la morale n'en a pas
besoin, elle réside dans la conscience collective. Le droit vise seulement
l'ordre et la paix contrairement à la morale qui vise aussi le
perfectionnement intérieur.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 1 : Identification de la règle de droit
Paragraphe 2 : Règle de droit et autre règles d’organisation sociale
Règle de droit et bienséance ou civilité
• La bienséance et la civilité appartiennent aux règles de convenances sociales. Ce sont des
règles d’usage (pourboire), de courtoisie (céder sa place à une personne âgée ou une femme
enceinte ou allaitante), de politesse (saluer une personne en se prosternant) de savoir-vivre
(avoir de bonnes manières ou des attitudes de vie) En somme ce sont des règles qui
permettent aux individus de se respecter dans la société et de favoriser la cohésion sociale.
• Il ressort donc que les règles de bienséance et de civilité tout comme les règles de droit ont
pour finalité d’organiser la vie sociale et les comportements entre les individus. Toutefois les
règles de bienséance peuvent devenir une règle de droit. Par exemple, la loi 024-2017 portant
protection des personnes âgées fait obligation d’accorder les priorités des places assises dans
les spectacles aux personnes âgées et de leur accorder une priorité dans les file telles que pour
payer l’électricité, l’eau ou des ordonnances.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 1 : Identification de la règle de droit
Paragraphe 2 : Règle de droit et autre règles d’organisation sociale
• Règle de droit et religion
• La règle religieuse vise le perfectionnement de l'homme afin d'accéder au salut, à la vie
éternelle. La règle de droit vise à régir les rapports sociaux. La finalité de la norme juridique est
de favoriser une vie harmonieuse des individus au sein de la société.
• Le droit et la religion se recoupent très souvent. Ainsi, il est fréquent qu'une règle de droit soit
fondée sur une règle morale et/ou religieuse. Exemple : l'un des principes moraux est celui de
ne pas nuire à autrui. L'un des commandements religieux est « Tu ne voleras pas »
• Si la règle religieuse est dépourvue de caractère obligatoire et n’est pas impersonnelle, il faut
rappeler que le caractère obligatoire est un caractère clé de la règle de droit autrement à
l’absence de ce caractère la règle deviendra un conseil et non une règle de droit.
• (135) Le Droit et la Religion (Introduction au droit) - YouTube
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 2 : Les sources du droit
Paragraphe 1 : Les sources directes
Les normes juridiques sont écrites et hiérarchisées, c’est-à-dire classées en
fonction de leur valeur juridique. La hiérarchie des normes « pyramide de Kelsen
» se présente de la manière suivante :
Le bloc de constitutionnalité : les textes constitutionnels;
Le bloc de conventionalité : les traités internationaux et accords internationaux
approuvés par le Burkina Faso ;
Le bloc de légalité : les lois votées par le l’Assemblée nationale ou l’organe
législatif (conseil national de la transition, Assemblée législative de la transition
etc...) et les textes à valeur législative prises par l’exécutif tels que les
ordonnances. Ce bloc prend en compte les lois organiques, les lois référendaires,
les lois ordinaires
Le bloc réglementaire : les décrets et les arrêtés émanant du pouvoir exécutif.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 2 : Les sources du droit: hiérarchie des normes
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 2 : Les sources du droit
Paragraphe 2 : Les sources indirectes
• Les usages et la coutume
Il faut opérer une distinction entre les usages et la coutume. Les usages, par principe, n'ont pas de force
obligatoire contrairement à la coutume même s'il peut arriver qu'un usage devienne une coutume dès lors que
les sujets de droit le considèrent comme obligatoire. Par conséquent, tous les usages ne sont pas des
coutumes, car tous les usages ne sont pas obligatoires. Les usages, généralement, se contentent simplement
de fixer la conduite à tenir dans telles ou telles circonstances, mais ils ne sont, en aucun cas, obligatoires. Le
plus souvent, les usages se développent dans des milieux restreints comme dans le milieu professionnel et l'on
parle alors, logiquement, d'usages professionnels.
La coutume apparaît comme une pratique de la vie juridique qui présente un caractère habituel et qui, de ce
fait, tend à se poser en règle de droit. La coutume suppose la réunion d'un élément matériel et d'un élément
psychologique.
L'élément matériel. Les critères classiques sont : usage ancien, constant, notoire et général. L'usage doit être
ancien, c'est-à-dire résulter d'un assez grand nombre d'actes semblables; constant, ce qui signifie que les
comportements doivent avoir été relativement semblables ; notoire, c'est-à-dire connu du groupe de
personnes concernés et général, c'est-à-dire s'appliquer à l'ensemble du groupe de personnes. L'usage doit
être un comportement suivi de manière habituelle.
L'élément psychologique : Il y a une véritable conviction du groupe d'agir en vertu d'une règle obligatoire.
L'usage est perçu comme un comportement obligatoire par l'opinion commune. Il est perçu comme étant
une règle de droit et devient ainsi règle de droit. La coutume émane directement du peuple sans passer par
ses représentants
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 2 : Les sources du droit
Paragraphe 2 : Les sources indirectes
• La jurisprudence
Elle désigne les différentes décisions de justice qui sont rendues à l'occasion des contentieux avec une importance
donnée aux décisions des juridictions suprêmes. Au sens technique, elle comprend les décisions concordantes sur
un point de droit déterminé. Elle peut aussi renvoyer à l’interprétation de la loi. En effet, lorsque la loi est obscure
ou incomplète, le juge doit l’interpréter pour l’adapter à la situation concrète qui lui est présentée. Il devra respecter
les différents procédés d’interprétation.
• La doctrine
La doctrine désigne l’ensemble des opinions émises par ceux qui enseignent le droit ou le pratiquent et l’étudient.
Ce n’est pas une source de droit. En droit romain, les opinions émises par certains jurisconsultes s’imposaient aux
juges qui devaient les respecter. Aujourd’hui l’opinion d’un auteur ne s’impose pas au juge, mais le juge peut se
rallier à une opinion doctrinale sans pour autant pouvoir fonder sa décision uniquement sur les écrits d’un auteur.
La doctrine peut aussi exercer une influence sur le législateur, soit indirectement par ses travaux soit directement
lorsque le législateur demande à un auteur de présider à l’élaboration des projets de réforme.
• Les circulaires
Contrairement à une croyance extrêmement répandue, n'ont pas, en tant que telles, de force obligatoire et ne sont
donc pas directement des sources du droit. La circulaire contient l’interprétation officielle que le ministre donne de
telle ou telle disposition à l’usage de ses différents services. Elle s’impose aux agents administratifs mais est
dépourvue de toute autorité vis-à-vis des tribunaux judiciaires car ce n’est pas une règle de droit.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
Paragraphe 1 : Entrée en vigueur et disparation de la loi
La promulgation
• Conformément à l’article 48 de la Constitution, le Président du Faso promulgue la loi dans les
vingt et un jours qui suivent la transmission du texte définitivement adopté. Ce délai est réduit
à huit jours en cas d'urgence déclarée par l’Assemblée nationale. Le Président du Faso peut,
pendant le délai de la promulgation, demander une deuxième lecture de la loi ou de certains
de ses articles ; la demande ne peut être refusée. Cette procédure suspend les délais de
promulgation.
• A défaut de promulgation dans les délais requis, la loi entre automatiquement en vigueur après
constatation du Conseil constitutionnel saisi à cet effet.
• Les lois organiques et le règlement de l’Assemblée nationale, avant leur promulgation ou leur
mise en application, doivent être soumis au Conseil constitutionnel. Aux mêmes fins, les lois
ordinaires et les traités soumis à la procédure de ratification, peuvent être déférés au Conseil
constitutionnel, avant leur promulgation.
La publication au journal officiel
• Toutes les lois doivent être publiées au journal officiel du Faso pour être opposables. En effet,
c’est 8 jours après la publication d’une loi au journal officiel que sa rigueur peut être appliquée
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
Paragraphe 1 : Entrée en vigueur et disparation de la loi
• Disparation de la loi
En principe, une loi ne cesse de s'appliquer que par son abrogation qui a pour effet d'anéantir
pour l'avenir une loi ou un règlement. En effet, une loi abrogée n'est pas rétroactivement
anéantie: quand il y a abrogation d'une loi, celle-ci disparaît pour le futur et non pour le passé
(contrairement à l'annulation). Il y a trois formes d’abrogation d’une loi
• Abrogation expresse
Il y a abrogation expresse quand la loi nouvelle contient une disposition spéciale d'abrogation de
la loi ancienne...
il y a abrogation par ricochet dans l’hypothèse où le législateur abroge une disposition à laquelle
une autre loi se réfère. En principe, cette dernière est considérée comme abrogée.
Il y a abrogation formulée abstraitement quand le nouveau texte énonce que "sont abrogées
toutes les dispositions contraires à la présente loi", il y a une incertitude quant à la portée de
l'abrogation. C'est la cour de cassation qui va interpréter et contrôler la portée exacte de cette
abstraction.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
Paragraphe 2 : Application du droit dans le temps (Conflit de compétence de loi dans le temps)
Une loi est applicable dans le temps de la date de son entrée en vigueur jusqu'à celle de son abrogation. Il arrive
parfois qu'il y ait concurrence entre plusieurs normes, dues à leur succession dans le temps, il s'agit d'un conflit
de lois dans le temps
Le principe
En cas de conflit de lois dans le temps, la difficulté est souvent réglée par la loi nouvelle qui inclut des dispositions
transitoires. En l’absence de dispositions transitoires, s’appliquent les règles suivantes .
Il résulte de l’article 2 du Code civil que la loi nouvelle s’applique de manière immédiate et non-rétroactive. Il en
découle trois conséquences concernant une situation juridique (extracontractuelle) :
les situations juridiques nées et éteintes antérieurement à la promulgation de la loi nouvelle restent soumises à la
loi ancienne.
les situations juridiques en cours sont régies par la loi ancienne concernant la naissance de la situation et les
effets passés. En revanche, les effets futurs sont régis par la loi nouvelle.
les situations juridiques nées postérieurement à l’entrée en vigueur de la loi nouvelle sont régies par la loi
nouvelle.
En outre il faut retenir que :
en cas de conflit entre deux lois de même nature, c’est la loi la plus récente qui s’applique
en cas de conflit entre une loi générale et une loi spéciale, c’est la loi spéciale qui s’applique
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
Paragraphe 2 : Application du droit dans le temps (Conflit de compétence de loi dans le temps)
• Les exceptions
1. Les exceptions à l’application immédiate de la loi nouvelle
La loi ancienne survit en matière contractuelle. Ainsi la loi nouvelle ne s’applique pas à une
situation contractuelle en cours. La loi nouvelle ne régira que les situations contractuelles
postérieures à son entrée en vigueur.
Il existe une exception à l’exception et donc un retour au principe de l’article 2 du Code civil.
Lorsque la loi nouvelle est d’ordre public, elle s’applique de manière immédiate aux situations
contractuelles en cours.
2. Les exceptions à l’application non-rétroactive de la loi nouvelle
La loi interprétative produit un effet rétroactif car elle précise le sens d’une loi antérieure avec
laquelle elle fait corps. Aussi cette loi entre en vigueur au jour de l’entrée en vigueur de la loi
interprétée.
La loi nouvelle peut être rétroactive. Dans cette hypothèse, l’intention du législateur de déroger à
la règle de la non-rétroactivité doit apparaître sans équivoque. Il en est de même pour les lois
prises à titre de régularisation (voire acte fondamental et charte de la transition)
La loi nouvelle pénale plus douce s’applique de manière rétroactive.
Une loi de procédure ou une loi relative aux preuves est applicable au procès en cours.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
• Paragraphe 3 : Application du droit dans l’espace (Conflit de compétence de loi dans l’espace)
A. Les règles gouvernant l’application des lois dans l’espace
1. Le principe de la territorialité des lois
• Le caractère obligatoire de la loi se limite au niveau des frontières d’un pays bien donné ou dans les limites des
territoires concernées lorsqu’il s’agit d’une convention. Cela signifie que l’application de la règle de droit stricto
sensu est influencée par le principe de souveraineté des Etats.
• Le principe de territorialité des lois a un double fondement au Burkina Faso. L’article 4 de la loi constitutionnelle
énonce que « tous les burkinabè et toute personne vivant au Burkina Faso bénéficie d’une égale protection de la
loi… »
• Au plan législatif, l’article 3 du code civil et 113-1 du code pénal qui disposent respectivement que « les lois de police et
de sureté obligent tous ceux qui habitent le territoire. Les immeubles, même ceux possédés par les étrangers sont régis par la
loi burkinabè », « La loi pénale burkinabè s'applique à toute infraction commise sur le territoire national quelle que soit la
nationalité de son auteur ».
• Le principe de territorialité des lois signifie que l’application de la loi est assise sur un critère spatial en ce que la loi
régie tous les habitants du territoire national qu’ils soient nationaux ou étrangers. Ce principe vaut pour la loi
pénale, les biens immobiliers, les règles de formes relatives aux actes juridiques.
• L’exception au principe de territorialité concerne les immunités dont jouissent les personnalités diplomatiques et les
fonctionnaires internationaux et des dirigeants politiques en exercice.
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
• Paragraphe 3 : Application du droit dans l’espace (Conflit de compétence de loi dans
l’espace)
A. Les règles gouvernant l’application des lois dans l’espace
2. Le principe de la personnalité des lois
L’article 1013 du Code des personnes et de la famille burkinabè dispose que « L'état et la capacité
des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et certaines libéralités sont régis par la
loi nationale, suivant les distinctions et sous les réserves exprimées… » Cette règle se justifie dans
la mesure où l’état d’une personne est une qualité qui ne saurait changer au gré des déplacements
notamment par le franchissement de frontières.
La règle de la personnalité vaut pour l’état des personnes c.-à-d. les règles ayant trait à :
l’identification individuelle des personnes ;
les relations familiales (mariage et filiation, nationalité)
la capacité des personnes (minorité, le régime protecteur des incapables)
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
• Paragraphe 3 : Application du droit dans l’espace (Conflit de compétence de loi dans l’espace)
B. Les conflits de lois dans l’espace ou conflit de juridiction
Le conflit vise à répondre à la question de savoir quel droit s’applique dès lors qu’il y a un problème
d’extranéité. La gestion de ce conflit est réglée par le droit international privé à ne pas confondre
avec le droit privé international.
1. Cartographie des problèmes du conflit de lois dans l’espace
C’est la diversité des ordres juridiques qui posent le problème de lois dans l’espace ou diversité des conflits
souveraines. Les conflits de lois se posent quand ces rapports présentent un élément d’extranéité. Ce sont les
cas suivant par exemple :
Un burkinabé épouse une franco-malienne au bénin. A quelle loi soumettre le contrat de mariage vu que les
éléments du rapport de droit mettent en cause concurremment plusieurs systèmes juridiques ;
Un burkinabè voyageant à bord d’air France venant de suisse avec un escale en cote d’ivoire où il continue
au Burkina et se rend compte de l’absence de son sac de voyage. A quelle lois soumettre le contentieux ?
Un commerçant burkinabè vend du beurre de karité livrable en Ukraine à un commerçant russe vivant en
Italie. Quelle est la loi qui sera applicable au contrat de vente vu que la relation commerciale met en rapport
des éléments relevant de plusieurs ordres juridiques ;
Un burkinabè décide à Gao au Mali laissant divers biens dont une ferme et un champ de coton, de l’argent
déposé dans un compte sénégalais, des véhicules immatriculés au Burina Faso, des enfants nés les uns d’une
mère burundaise et les autres d’une mère togolaise. Quelle loi devra gouverner la succession du défunt ?
CHAPITRE 1 : LE DROIT OBJECTIF
Section 3 : Application de la loi
• Paragraphe 3 : Application du droit dans l’espace (Conflit de compétence de loi dans l’espace)
B. Les conflits de lois dans l’espace ou conflit de juridiction
2. Résolution des conflits de lois dans l’espace
Il y a essentiellement quatre règles pour la résolution des conflits de lois dans l’espace à savoir la
règle du statut réel, du statut personnel, de la loi d’autonomie ou du lieu du fait dommageable.
Le rattachement à la loi du lieu de situation (statut réel). Cette règle veut que les biens
mobiliers et immobiliers soient régis par la loi du lieu de situation
Le rattachement à la loi nationale (situation personnel). Cette règle veut que les questions
relatives à l’état et à la capacité des personnes soient régies par la loi nationale des intéressés
Le rattachement opéré par la volonté des parties (loi d’autonomie). Cette règle conduit à ce
que les contrats (effets, extinctions, condition de fond) soient soumis aux règles décidées par
les parties et à défaut par la loi désignée par le juge en fonction de l’économie du contrat. Pour
les questions de formes, la loi applicable est celle du lieu de conclusion du contrat à moins que
les parties en ait décidé autrement ;
Le rattachement à la loi du lieu du fait dommageable (la lex loci delecti). Cette règle veut que
la loi qui gouverne la responsabilité extracontractuelle ou délictuelle soit la loi où s’est produit
le fait dommageable.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
cours de droits subjectif en vidéo youtube -
Recherche Google
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 1 : les actes juridiques
Les actes juridiques sont la manifestation de volonté destinée à produire des effets
de droit. Il peut s’agir d’un acte unilatéral (exemple : un testament) ou d’un accord
de volonté c’est-à-dire une convention. Quels sont les effets produits par ces
manifestations de volonté destinées à produire des effets de droit ?
l’acte peut constater un droit préexistant (exemple : la reconnaissance d’un
enfant);
l’acte peut créer un droit nouveau ;
L’acte peut transmettre un droit préexistant (exemple : la vente transfère le droit
de propriété sur une chose déterminée).
L’acte peut éteindre un droit préexistant (exemple : la remise de dette permet de
renoncer à un droit de créance par convention).
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 1 : les actes juridiques
A. Classification des Actes Juridiques
1. Distinction des actes juridiques en fonction de leur objet. On peut distinguer 4
types d’actes juridiques
Actes constitutifs : ont pour objet de créer des droits et des obligations. Exemple
type le contrat.
Actes déclaratifs : ils constatent officiellement un droit ou une situation
préexistante. La reconnaissance d’un enfant. Cette reconnaissance vient déclarer
le lien de filiation entre un homme et un enfant.
Actes translatifs : objet de transférer des droits préexistant d’une personne à
une autre. Exemple la donation.
Actes abdicatifs : ont pour objet la renonciation à un droit ou à une situation
juridique préexistant. L’auteur du doit va décider de ne plus sans prévaloir.
Renonciation à la succession.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 1 : les actes juridiques
A. Classification des Actes Juridiques
2. Distinction fondée sur l’auteur de l’acte qui conduit à
envisager deux catégories d’actes
Les conventions/ actes conventionnels : il s’agit d’acte juridique
entre plusieurs personnes. Exemple les contrats.
Les actes unilatéraux : acte juridique qui repose sur la volonté
d’une seule personne. Pour produire des effets de droit ils
doivent être admis soit par la loi ou par l’usage. Exemple le
testament, reconnaissance de dette. Ces exemples sont prévus
par la loi.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 1 : les actes juridiques
A. Classification des Actes Juridiques
3. Distinction en fonction du degré de gravité de l’acte.
Les actes conservatoires : actes qui ne sont pas graves car ils conservent le patrimoine dans
son état actuel. Exemple : contrat de réparation, quand un bien est en train de se détériorer on
peut conclure un contrat de réparation.
Les actes d’administration : ont pour objet de faire fructifier le patrimoine, augmenter la
valeur. Contrat de location, percevoir des loyers qui viennent faire fructifier le bien.
Les actes de disposition : acte le plus grave des actes juridiques car son effet est d’entamer le
patrimoine, diminuer, faire sortir un bien du patrimoine. Exemple la vente. Plus un acte est
grave plus la loi vient protéger l’auteur de l’acte. C’est pour ça que les personnes incapables
n’ont pas le droit de passer seul des actes de disposition. Distinction fondée sur le motif de
l’acte. On distingue deux espèces d’actes juridiques
Actes à titre gratuit : ont pour motif une volonté de bienfaisance, il veut réaliser une libéralité,
acte qui ne recherche pas de contrepartie. Exemple donation
Actes à titre onéreux : inspiré par une volonté d’échange, conclure un acte afin de recevoir une
contrepartie en échange de la prestation.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
•Paragraphe 1 : les actes juridiques
A. Classification des Actes Juridiques
4. Distinction fondée sur le moment de la réalisation
des effets de l’acte
Actes entre vifs (entre personnes vivantes)
produisent leur effet du vivant de leur auteur
Actes à cause de mort : actes dont les effets se
produisent après la mort de leur auteur. Exemple le
testament.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 1 : les actes juridiques
A. Classifications propres aux contrats
2. Classification fondée sur la réciprocité ou non des obligations des partis
Contrat synallagmatique ou contrat bilatéral : il y a une réciprocité entre les obligations
des partis, il y a un échange, l’une des partis exécute une obligation en échange d’un bien.
Art 1102 du Code Civil.
Contrat unilatéral : ce sont des accords entre deux personnes au moins mais cet accord ne
crée d’obligation qu’à la charge de l’une des partis. Deux volontés mais des obligations
seulement à la charge de l’une d’elle. Il est défini par l’article 1103 du Code Civil.
3. La classification fondée sur la certitude ou l’incertitude des effets du contrat
Le contrat commutatif : lorsque les effets qu’il doit produire sont certains dès sa
conclusion.
Le contrat aléatoire : lorsque les avantages et les pertes que le contrat peut emporter
dépendent d’un évènement incertain et extérieur à la volonté des partis. Exemple le
contrat d’assurance.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 2: Les sources du droit subjectif
• Paragraphe 2 : les faits juridiques
• Les faits juridiques concernent tout évènement indépendant de la
volonté humaine, susceptible de produire des effets de droit. Un
fait juridique peut être volontaire sans que les effets de droit aient
été recherchés. Par exemple on peut volontairement se rendre
coupables de coups sans en vouloir qu’il entraine la mort et les
conséquences de droit qui en découlent
• Le fait juridique est soit une situation de fait comme la naissance,
la mort ou l’âge, soit il peut s’agir d’une action de la personne qui
va entrainer les conséquences juridiques qui sont déterminés par
la loi et non pas voulu par la personne concernée. Exemple, fait
d’avoir 18 ans change les droits des individus, accidents qui
entrainent responsabilité civile, personne agit mais ne veut pas les
conséquences juridiques qui en découlent.
CHAPITRE 2 : Les Droits subjectifs
Section 3: Classification des droits subjectifs
• les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux.
Paragraphe 1 : Les droits patrimoniaux
Les droits patrimoniaux sont des droits qui ont une valeur pécuniaire, c'est-à-dire qu'ils sont appréciables en argent.
Ils constituent l'actif du patrimoine d'une personne.
Ils sont cessibles, ce qui signifie qu'ils peuvent être vendus.
Ils sont transmissibles aux héritiers en cas de décès. Ils sont saisissables par le créancier de la personne titulaire du
droit patrimonial, en cas de dettes impayées.
Le droit de propriété sur un bien est un droit patrimonial, tout comme une créance sur une personne.
Paragraphe 2 : Les droits extrapatrimoniaux
Ce sont des droits directement et fortement attachés à une personne et qui, comme le nom l'indique, se situent en
dehors du patrimoine de cette personne. Ils ne peuvent pas être perçus comme ayant, directement du moins, une
valeur pécuniaire, et ne peuvent pas faire l'objet de commerce.
Contrairement aux droits patrimoniaux, les droits extrapatrimoniaux sont incessibles : ils ne peuvent pas être
vendus. Par exemple, le droit à l'honneur, le droit à la vie, le droit d'être éligible à une assemblée politique, le droit
au nom ne peuvent pas être vendu.
Les droits extrapatrimoniaux sont intransmissibles : en cas de décès, ils ne peuvent pas être transmis aux héritiers.
Ils sont insaisissables, c'est-à-dire que le créancier d'une personne ne peut pas saisir les droits extrapatrimoniaux de
celle-ci. Ils sont imprescriptibles : ils n'ont pas de limite dans le temps
• (143) Classification des droits subjectifs - YouTube
Deuxième partie: introduction aux
droits humains et à l’approche
basée sur les droits humains
Sous-partie 1: introduction aux
droits humains
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• Le code d’Hammourabi (environ 1750 av. J.-C.). Il fut vraisemblablement le premier
code écrit. A l’instigation du Roi de Babylone (actuel Iraq), Hammourabi, il fut élaboré
et gravé sur une stèle de 2,25 mètres de hauteur. Il était destiné à faire régner la justice
dans le royaume, à détruire les mauvais et les violents, à empêcher les forts d’opprimer
les faibles, à développer le pays et à promouvoir le bien-être du peuple. Il régit
notamment la hiérarchisation de la société « trois groupes existent, les hommes libres,
les subalternes et les esclaves » ; les prix « les honoraires des médecins varient selon
que les soins donnés s’adressent à un homme libre ou à un esclave » ; les salaires (ils
varient selon la nature des travaux réalisés) ; la responsabilité professionnelle (un
architecte qui a réalisé une maison qui s’est effondré sur ses occupants et ayant causé
leur mort est condamné à la peine de mort) ; le fonctionnement judiciaire ( la justice est
rendue par les tribunaux et il est possible de faire appel auprès du roi, les décisions
doivent être écrites) ; les peines( toute une échelle de peines est inscrites suivant les
délits et crimes commis. La loi du talion est la base de cette échelle). Le code
d’Hammourabi est un texte établie sur la base de compilation de décisions de justice
prises par le roi Hammourabi
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• Le décalogue ou les dix commandements (aux environs de 900 ans avant J.C.), a selon
la tradition été donné par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï. Il contient plusieurs
prescriptions, sous forme d’interdits dont plusieurs, reconnaissent notamment le droit
au respect de la vie, le devoir de respecter les biens d’autrui, l’obligation de ne pas
porter de faux témoignage, et pour les parents, le droit de jouir du respect de leurs
enfants.
• La Magna carta : C’est le premier texte constitutionnel de l’Angleterre. Elle fut arrachée
par le baronnage au roi Jean SANS TERRE le 15 juin 1215 après une courte guerre civile.
Elle est à l'origine de trois idées essentielles: le gouvernement par la loi (rule of law), la
séparation des pouvoirs grâce au lien entre l'impôt et la représentation au Parlement
(pas de taxation sans représentation) et la garantie des libertés individuelles.
• La Charte de Kurukan Fuga (1236 Cercle de Kangaba –Mali) : adoptée au lendemain de
la bataille de Kirina qui a vu la victoire de Soundiata KEITA sur Soumaoro KANTE. Elle
régit l’organisation sociale, les droits et devoirs de la personne, l’exercice du pouvoir, les
droits patrimoniaux et extrapatrimoniaux, la place des femmes dans la société, la
famille, la culture de la tolérance, la gestion des étrangers, la préservation de la nature.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• La loi d’Habeas corpus (1679) (Angleterre) : cette loi visait à mieux garantir la liberté du
sujet et éviter les déportations d’outre-mer. En vingt et une section, elle garantit la
protection des libertés individuelles en décrétant que tout détenu doit être présenté à
un juge, afin que ce dernier puisse vérifier le bien-fondé de l‘arrestation. Cette loi
établie une procédure très détaillée pour éviter les arrestations arbitraires et mettre fin
à certaines pratiques qui permettaient de présenter les prisonnier aux juges, en les
changeant régulièrement de prison ou même en les déportant dans les colonies. La
section 2 fixe un délai bref pour la présentation de tout prisonnier au juge et la section
3 impose la libération sous caution du détenu dans l’attente de son jugement, à
l’exception des auteurs des crimes les plus graves. Des sanctions sévères sont prévues
pour punir les fonctionnaires et les magistrats qui ne respectent pas ces règles
édictées.
• Bill of right (1689) (Angleterre) : après la seconde révolution anglaise, elle limite les du
gouvernement fédéral et garanti les libertés de presse, de parole, de réunion, du port
d’armes et le droit de propriété. Elles témoignent de concessions croissantes de la
monarchie en reconnaissant des droits de plus en plus étendus à ses sujets
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• La déclaration d’indépendance des États Unis du 4 juillet 1776 : C’est le premier texte
qui proclame l’idée de « l’égalité originelle » des hommes aux États unis. « Nous tenons
pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés
égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se
trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur ». Cette déclaration précise que
chaque être humain née sur le territoire américain peut aspirer à une vie enrichissante,
à la liberté et à la recherche du bonheur. Cette déclaration signée par Thomas Jefferson,
a jeté les bases d’une société démocratique. Cette déclaration a proclamé
l’indépendance des treize Etats
• La déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 : proclamation de
l’égalité aux yeux de la loi et des libertés individuelles.
• La Charte des Nations unies de mai 1945 proclame les Droits de l’homme et les
libertés fondamentales en son préambule et à ses articles 1.3 et 55.c et 76.c. dès le
préambule la charte proclame proclamer à nouveau des peuples des Nations Unies
dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne
humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations,
grandes et petites.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• La Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 : Trois ans après la
charte des nations unies, la Communauté internationale, à travers l’Assemblée générale des
Nations unies adoptait cette déclaration qui est le premier texte moderne en matière de
promotion et de protection des droits fondamentaux de la personne humaine Cet instrument
international est la traduction solennelle et morale de la proclamation faite dans le Préambule
de la CNU et de l’un des buts fixés à l’article 1 de ladite Charte, à savoir la promotion et le
respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de
race, de sexe, de langue ou de religion. Dans cet instrument, des droits individuels y sont
consacrés pour les individus dans leurs rapports interpersonnels, mais aussi et surtout dans
leurs rapports avec l’Etat son adoption est intervenue à la suite de la seconde guerre mondiale
avec pour objectif principal de permettre à tous les êtres humains de vivre épanouis dans un
monde pacifique. Cette déclaration qui n’a qu’une simple valeur morale a inspirer la législation
de bon nombre de pays et les normes qui y sont contenus ont acquis une valeur coutumière.
Pour le cas du Burkina Faso, la DUDH a été incorporé dans la Constitution dès son préambule et
a en conséquence acquis une valeur constitutionnelle. Cette déclaration a été subdivisée en
deux documents contraignant en 1966 à travers l’adoption du pacte international, relatif aux
droits civils et politiques et le pacte international relatif aux droits économique, sociaux et
culturels.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
• Section 1 : Aperçu historique de la consécration des humains
• La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. tenant compte des
vertus de leurs traditions historiques et des valeurs de civilisation africaine qui
doivent inspirer et caractériser leurs réflexions sur la conception des droits de
l’homme et des peuples, les chefs d’Etats et de Gouvernement de l’OUA ont
adoptée par la dix-huitième Conférence 27 Juin 1981, les états parties à la
charte. Cette charte a la particularité de consacrer aussi bien des droits
individuels que des droits des peuples. Aussi, c’est le premier instrument des
droits de l’homme qui consacre expressément des devoirs de l’être humain
(article 27 à 29).
Section 2 : Définition des concepts clés
des droits de l’homme
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
SEcTIOn 2 : DéfInITIOn DES cOncEPTS cLéS DES DROITS DE L’HOMME
Les concepts « droits de l’homme » ; « droits humains » et « droit de la personne »
recouvrent la même réalité. Ces appellations sont nées de la précision de langage entre
l’anglais et le français. En Angleterre, les textes de la grande charte de 1215, de la
Pétition des droits de 1627 et du Bill of rights de 1688 consacrent l’expression « Human
Rights » traduit en français par « droits humains », tandis que les différentes
déclarations françaises sur ces mêmes droits parlent de « Droits de l’Homme » pouvant
être traduit par « Right of Man ». De même, pour les mouvements féministes,
l’expression droits de l’homme ne prendrait pas en compte les droits de la femme. C’est
du reste, ce qui a conduit les pays surtouts scandinaves a adopté l’appellation droits de
la personne. Les droits humains peuvent être donc définis comme des prérogatives ou
des libertés reconnues à tout individu en vertu de sa qualité d’être humain, dans ses
relations avec la collectivité et avec les autres individus, en vue d’assurer le respect de
sa dignité et de son bien-être.
Les droits humains sont les droits et les libertés… que chacun possède dès sa
naissance, parce qu’il est par essence un être humain. Ces droits ne sont pas des
privilèges qui doivent être conquis et ils s’appliquent à tous sans distinction d’âge, de
sexe, de race, d’ethnicité et quel que soit le statut économique et social de la personne.
Parce que ce sont des droits, personne ne peut en être privé par le gouvernement (bien
qu’ils puissent être limités et parfois suspendus pendant un état d’urgence).
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : Définition des concepts clés des
DROITS DE L’HOMME
Les libertés publiques Elles sont des libertés consacrées par la
Constitution ou les lois dans un Etat donné. Ce sont donc l’ensemble des
libertés consacrées par la législation en vigueur et dont l’exercice, s’opérant
dans un cadre public, nécessite une assistance publique. Toute liberté est
fondamentale parce que rattachée à la dignité humaine. Cependant, la
liberté n’acquiert le caractère public que lorsqu’elle est consignée dans une
norme supérieure de l’Etat
Atteinte aux droits humains et violations des droits humains : L’atteinte
aux droits de l’homme renferme l’inobservance des droits humains par un
particulier, un individu tandis que la violation elle, renvoi à l’inobservance
des droits humains par l’Etat ou par une personne agissant en qualité de
représentant de l’Etat .
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : Définition des concepts clés des droits de
L’HOMME
La jouissance d’un droit C’est être titulaire d’un droit et avoir le bénéfice des privilèges et
avantages que ce droit comporte.
L’exercice d’une liberté C’est pouvoir mettre en mouvement la liberté dont on est titulaire
ou bénéficiaire. A l’opposé du droit qui est inné ou naturel, la liberté n’est pas acquise du
fait de la naissance mais attribuée suivant un contexte et de façon non éternelle et ou sous
certaines conditions. Son exercice peut donc différé d’une législation à une autre.
Les droits garantis Ce sont des droits consacrés par les normes juridiques et qui obligent
l’Etat à prendre des mesures ou actions concrètes pour leur mise en œuvre effective. Il
pèse donc sur l’Etat une obligation de résultat quant à leur effectivité.
Les droits reconnus A la différence des droits garantis, ils sont des droits énoncés par la
Constitution ou la loi, pour lesquels il ne pèse sur l’Etat qu’une obligation de moyen quant
à leur effectivité. L’Etat ne se fixe donc pas des obligations particulières pour leur
jouissance par les citoyens. Chacun en jouit librement et selon ses moyens.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
SEcTIOn 2 : DéfInITIOn DES cOncEPTS cLéS DES DROITS DE L’HOMME
La promotion des droits : La promotion des droits humains est une mission définie par les textes internationaux
et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et peut être définie comme le fait « d’engager des
initiatives de culture et d’éducation des droits humains, par la sensibilisation, la formation et la vulgarisation des
textes relatifs aux droits humains au niveau des acteurs publics et privés ». En effet, les droits de l’homme étant
un idéal vers lequel l’on doit toujours chercher à tendre, la “promotion’’ se fixe pour but essentiel d’empêcher que
les droits soient violés. Elle intervient donc pour préserver le droit en l’état et a ainsi, un but préventif. Selon la
formule de Karel Vasak, par apposition à la protection, la promotion serait « résolument tournée vers l’avenir ».
La protection des droits : La protection des droits humains est une mission dévolue aux acteurs étatiques et de la
société civile agissant dans le domaine des droits humains qui signifie, engager des mesures et actions visant à
mettre fin aux violations des droits humains, par la prévention et la réparation. Selon Keba Mbaye, elle s’intéresse
plutôt à ce qui est fait ou est en train de se faire à propos des DH. Elle est donc ancrée dans le présent et regarde
vers le passé. Elle a pour objectif principal de restituer l’ordre des choses quand il est dérangé par tout acte qui
porterait atteinte aux DH. Par opposition donc à la promotion, la protection a un but curatif ; c’est-à-dire qu’elle
apporte un remède à une situation qui s’est produite ou qui se produit et qui n’est pas conforme aux règles qui
régissent les droits de l’Homme. Il y a nécessité de protéger les DH lorsqu’une situation présente ou passée n’est
pas en harmonie avec les règles se rapportant à ceux-ci. La protection implique nécessairement un besoin de
remédier à une violation des DH.
La défense des droits humains : La défense des droits est mission principalement destinée aux acteurs non
étatiques des droits humains et consistant à dénoncer les violations des droits et à entreprendre des actions
d’interpellation, d’assistance ou de réparation auprès des autorités en vue de corriger ou de faire cesser les
agissements attentatoires aux droits humains ou de requérir leur indemnisation.
Section 3 : Les principes
fondamentaux des droits humains
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 3 : Les principes fondamentaux des droits humains
le principe de la dignité humaine : les droits humains sont fondés sur le postulat que chaque
personne, quels que soient son âge, sa culture, sa religion, son origine ethnique, sa couleur, son sexe, sa
langue, son handicap ou son origine sociale, mérite d’être respectée ou estimée. La dignité est le
patrimoine inséparable de l’homme auquel se greffent des valeurs.
le principe d’égalité : le principe d’égalité exprime la notion de respect de la dignité inhérente à tous
les êtres humains. La non-discrimination fait partie intégrante du principe d’égalité. Elle assure que
personne ne doit se voir nier la protection de ses droits humains sur la base de facteurs visibles.
le principe d’universalité : il signifie que certaines valeurs morales et éthiques s’appliquent de façon
égale à toutes les personnes. Chacun peut s’en prévaloir partout dans le monde. L’universalité des
droits ne signifie pas pour autant leur uniformité. Ces valeurs ne sont pas systématiquement vécues de
la même manière par tous. Ils constituent notre patrimoine commun, chaque culture apportant ses
richesses non pour relativiser l’acquis mais pour en ajouter.
le principe d’indivisibilité : Ce principe signifie qu’il ne peut y avoir de hiérarchie entre les différentes
catégories de droits. Les droits humains sont donc placés sur un pied d’égalité.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 3 : Les principes fondamentaux des droits humains
le principe de l’interdépendance : les droits humains sont inter-reliés. La jouissance d’un droit n’est
possible que si les autres droits sont satisfaits et vice versa. De même, la perte de l’un des droits a des
effets sur les autres droits humains.
le principe de l’inaliénabilité : Les droits que les personnes possèdent ne peuvent pas leur être retirés
ni abdiqués ou transférés. On ne peut être arbitrairement privé de leur jouissance. Cependant, des
atteintes légales sont admises, à titre de sanction ou fondées sur l’intérêt général (peine privative de
liberté, expropriation, déchéance de nationalité).
le principe de responsabilité. Il y a essentiellement deux niveaux de responsabilité. La Responsabilité
du gouvernement : les droits humains ne sont pas des cadeaux octroyés selon la bonne volonté des gouvernements.
Les gouvernements ne devraient pas non plus les supprimer ou les appliquer qu’à certaines personnes et pas à
d’autres. S’ils le font, ils doivent en être tenus responsables. En matière de droits humains, les Etats ont la
responsabilité de respecter les droits humains, de les protéger et de tout mettre en œuvre pour leur effectivité. La
Responsabilité individuelle : tout individu a la responsabilité d’enseigner les droits humains, de les respecter et de
défier les institutions et les individus qui les violent. Toute entité de la société, y compris les entreprises, les
organisations non gouvernementales, les fondations et les institutions d’éducation partagent aussi la responsabilité
de la promotion et de la protection des droits humains.
Section 3 : la classification des
droits humains
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 1 : Les droits civils et politiques ou droits de la première génération:
La première génération des droits humains est celle des
droits civils et politiques. Ce sont des droits que l’individu
peut opposer non seulement à l’Etat qui ne peut agir dans
un sens contraire pour limiter ou supprimer ces droits ou
libertés (protection verticale), mais à ses semblables qui ne
peuvent les transgresser (protection horizontale). Ces
droits consacrent la primauté de l’individu, conformément
à la doctrine libérale dont ils sont issus.
Les droits de la première génération sont appelés droits
abstentionnistes car l’Etat doit s’abstenir d’intervenir dans
leur réalisation tout en garantissant leur respect
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 1 : Les droits civils et politiques ou droits de la première génération: les droits civils
Ce sont les droits reconnus à la personne humaine dans ses relations privées avec les autres personnes
humaines, en famille ou dans la société. Les principaux droits civils sont :
le droit à la vie ;
le droit à l’enregistrement de sa naissance ;
le droit à la nationalité ;
la liberté de consentement de l’homme et de la femme pour le mariage ;
le droit à la liberté;
le droit à l’égalité;
le droit à l’égale protection de la loi ;
le droit à la dignité ;
le droit à la sûreté de sa personne ;
le droit à l’intégrité physique ;
la liberté d’aller et venir y compris la liberté de quitter son pays et d’y revenir ;
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 1 : Les droits civils et politiques ou droits de la première génération: les droits civils
Ce sont les droits reconnus à la personne humaine dans ses relations privées avec
les autres personnes humaines, en famille ou dans la société. Les principaux
droits civils sont :
le droit de ne pas être arrêté ou détenu arbitrairement ;
le droit de ne pas être tenu en esclavage ;
le droit à la vie privée et à l’inviolabilité de la famille et du domicile et le droit
au secret de la correspondance ;
la liberté de pensée, de conscience et de religion ;
la liberté d’association et de réunion ;
la liberté d’opinion et d’expression ;
la liberté de presse ;
le droit à la présomption d’innocence ;
le droit à un procès équitable.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits
humains
Paragraphe 1 : Les droits civils et politiques ou
droits de la première génération: les droits
Politiques
Les droits politiques sont les droits reconnus au citoyen pour lui
permettre de participer à la gestion des affaires publiques de son
pays. On peut retenir entre autres:
- Le droit d’électeur
- Le droit d’éligibilté
- La participation à la gestion des affaires publiques
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 2 : les droits économiques, sociaux et culturel ou droits de la
deuxième génération
• Les droits économiques, sociaux et culturels (DESC) sont les droits qui
garantissent l’épanouissement social, intellectuel et culturel de l’individu
dans la société. Pour leur réalisation, ces droits nécessitent l’intervention de
l’État qui doit assurer aux citoyens certains biens et services indispensables
à leur vie et à leur épanouissement. L'État n'intervient que pour
réglementer ou sanctionner, mais sans s'immiscer dans les choix de
l'individu, c'est au pouvoir d'intervenir pour garantir à tous l'exercice effectif
des droits reconnus (d'où l'appellation de droits-créances pour qualifier ces
droits : les individus et les groupes disposent de créances sur la société qui
doit donc leur donner les moyens de les mettre effectivement en pratique).
Ils sont appelés également « droits de la deuxième génération ».
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 2 : les droits économiques, sociaux et culturel ou droits de la deuxième génération
•les droits économiques :
• le droit à un travail ;
• le droit à des conditions de travail justes et favorables.
•Les droits sociaux :
• les droits syndicaux ;
• le droit à la sécurité sociale ;
• le droit à la protection de la famille ;
• le droit à un niveau de vie suffisant ;
• le droit à la santé ;
• le droit au logement ;
• le droit à l’éducation.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 1 : Les droits civils et politiques ou droits de la première
génération
•les droits culturels :
• le droit de participer à la vie culturelle ;
• le droit de bénéficier du progrès scientifique et de ses applications ;
• le droit de bénéficier de la protection des intérêts moraux et matériels
découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont
il est l’auteur ;
• le droit de vivre et de promouvoir sa culture ;
• le droit à la propriété intellectuelle.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 2 : la classification des droits humains
Paragraphe 1 : Les droits de solidarité ou droits de la troisième génération
Ils sont également appelés droits de la troisième
génération. Ils sont dits « droits de solidarité» parce
qu’ils exigent une solidarité effective de tous les Etats
et de tous les individus pour leur plein épanouissement.
Ainsi, ils établissent une liaison intime entre les DCP et
les DESC d’une part, et les conditions de leur
réalisation. Quoique nombreux, ils ne sont pour la
plupart pas consacrés par des instruments juridiques
universels.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 3 : la classification des droits humains
Paragraphe 3 : Les droits de solidarité ou droits de la troisième génération
Ils comprennent entre autres :
le droit à l’autodétermination politique, économique et
culturelle qui implique l’indépendance politique, le libre
choix du régime politique, du système économique et de
vie culturelle;
le droit des peuples à la libre disposition de leurs richesses
et ressources naturelles ;
le droit à un environnement sain ;
le droit à la paix et à la sécurité ;
le droit au développement
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de l’enfant
1. Définition du concept de l’enfant
• Qui peut-on considérer comme enfant ? La question est importante car elle a des aspects
juridiques et non juridiques. La réponse à cette question procède d’une certaine perception du
développement de l’être humain, du moment à partir duquel il peut s’assumer, répondre de lui-
même, être responsable.
• Ainsi, Le Petit Larousse illustré définit l’enfance comme étant la « Période de la vie humaine, de la
naissance à l’adolescence », et l’enfant, le « garçon ou fille dans l’âge de l’enfance ».
• L’enfant en droit international des droits de l’homme n’est pas un personnage monolithique.
L’enfant est un personnage éclaté, son concept est un concept autonome. La CIDE, suivie en cela
par d’autres textes, retient le critère de l’âge: est enfant, tout être humain âgé de moins de 18 ans,
sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable. Il faut donc
distinguer l’enfance et la majorité. 18 ans, c’est l’âge de la majorité pour tous les Etats qui ratifient
la convention. Mais cette majorité peut fluctuer en fonction des lois nationales. Au Burkina Faso
est majeur conformément à l’article 554 du CPF toute personne qui a vingt ans révolus.
• En d’autres termes, la Convention des Nations Unies, à la différence de la Charte africaine,
abandonne une bonne part de la définition de la notion même d’enfant aux ordres juridiques
nationaux et à d’autres réglementations internationales. Les différences sont, à ce sujet,
particulièrement importantes d’un Etat à un autre.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de l’enfant
1. Les principes clés de la protection de l’enfant
• L’intérêt supérieur de l’enfant
Philippe Meirieu définit ainsi la notion « d’intérêt supérieur de l’enfant » : « C’est une notion
difficile à définir, à ne pas confondre avec le fait de se soumettre aux caprices des enfants. Ce
n’est pas s’agenouiller devant eux et faire tout ce qu’ils veulent. C’est le fait de considérer l’enfant
du point de vue de celui qui doit être un sujet au terme de son éducation. Un sujet physique
équilibré (santé et alimentation), un sujet psychique (équilibre psychique), un sujet social et
culturel (capable de comprendre, de parler), et un sujet citoyen (capable de participer à la
délibération du bien commun dans une démocratie).»
Tout ce qui a un impact sur les enfants doit être bénéfique pour eux et les aider à se développer.
Conformément à l’article 3 de la CIDE, le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant doit guider
toutes les actions et décisions des gouvernements, toutes les dispositions légales ainsi que les
décisions judiciaires et administratives et les projets, programmes et services qui ont un impact
sur les enfants. Il en est de même des actions et décisions de la société civile. La CIDE reconnaît
expressément que la responsabilité d’élever les enfants revient en priorité aux parents. Tous les
décideurs (juges, fonctionnaires, organes législatifs, garde de sécurité pénitentiaire etc.) doivent
tenir compte de ce principe dans tous leurs agissements.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de l’enfant
1. Les principes clés de la protection de l’enfant
• La non-discrimination
La CIDE prend en compte la situation de tous les enfants sur la base de la non-discrimination.
Les droits énoncés par la CIDE concernent tous les enfants, filles et garçons, quelle que soit leur
origine ou celle de leurs parents. Les États ayant ratifié la CIDE s’engagent ainsi à faire respecter
les droits de l’enfant de tous les enfants.
Le respect de ce principe est essentiel pour lutter contre la différence de traitement entre les
filles et les garçons, en matière d’éducation par exemple. Il implique prendre des mesures pour
prévenir et combattre la discrimination dont sont victimes les enfants étrangers, les enfants
appartenant à des groupes minoritaires et les enfants handicapés, réduire les inégalités entre les
sexes, créer un climat de progrès social, de justice et d’égalité.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de l’enfant
1. Les principes clés de la protection de l’enfant
• La survie et le développement de l’enfant
En énonçant clairement les droits des enfants, la CIDE vise à assurer les conditions de leur survie et de
leur développement.
La CIDE engage la responsabilité des États. En effet, dans presque tous les domaines tels que l’éducation
ou la santé, les enfants sont les premiers touchés par l’action ou l’inaction des gouvernements. Dans des
situations de conflit armé ou d’urgence, par exemple, les enfants sont toujours les premières victimes. Si
les États ne s’engagent pas pour améliorer la situation des enfants, le prix à payer sera énorme puisqu’ils
représentent l’avenir de la société.
• La participation de l’enfant
La CIDE affirme l’importance de la participation des enfants. La Convention reconnaît combien il est
important que les enfants eux-mêmes soient informés de leurs droits et soient en mesure de les faire
respecter. L’enfant doit participer à la prise des décisions le concernant. Il ne doit pas en conséquence se
voir imposer les points de vue de ses parents sous réserve de l’application du principe de l’intérêt
supérieur de l’enfant.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de la femme
1. Protection contre les discriminations et les violences
• L'expression "discrimination à l'égard des femmes" vise toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui
a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice par les femmes,
quel que soit leur état matrimonial, sur la base de l'égalité de l'homme et de la femme, des droits de l'homme et des
libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine.
• Par violence à l’égard des femmes et des filles, il faut entendre tout acte de violence dirigé contre les personnes de sexe
féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes et aux filles un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles,
psychologiques, morales, économiques et culturelles y compris la menace de tels actes, que ce soit dans la vie publique
ou dans la vie privée ;
les violences psychologiques et morales : ( les accusations de sorcellerie; la fuite de responsabilité de certains maris
face aux charges familiales; le délaissement ou l’abandon des femmes stériles ; le délaissement ou l’abandon des
femmes qui n’accouche que des filles;
. Les atteintes au droit de mariage des femmes (les mariages forcés et précoces ; le lévirat ; le rapt des filles (le rapt
forcé ;le rapt par nécessité; le rapt organisé)
Les violences sexuelles: le viol conjugal, le harcèlement sexuel
Autres formes de violences basées sur le genre: Les pratiques de veuvages ; Le déni du droit d’obtenir la garde des
enfants; Les atteintes au droits successoraux; Les atteintes au droit à la propriété immobilière des femmes
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 1 : Les droits de la femme
1. Les violences basées sur le genre
Le « Genre » fait référence à des comportements imposés par la société, ainsi qu’à des attentes spécifiques
associées à chacun des deux sexes (masculin, féminin). C’est un concept sociologique désignant les "rapports
sociaux de sexe" et de façon concrète, l’analyse des statuts, rôle sociaux, relations entre les hommes et les femmes
dans une société donnée.
L’approche Genre analyse les rapports de pouvoirs entre les femmes et les hommes basés sur l’assignation des rôles
socialement construits en fonction du sexe. Cette répartition des rôles, des responsabilités, des activités et des
ressources entre femmes et hommes est source d’inégalités et limite la liberté des femmes à jouir des droits
humains
L’approche Genre promeut l’égalité des droits, ainsi qu’un partage équitable des ressources et responsabilités entre
les femmes et les hommes. L’approche Genre promeut des droits formels et réels égaux pour les femmes et les
hommes, l’amélioration de l’accès aux espaces d’expression et de pouvoir, au capital humain incorporé (santé,
éducation) et aux facteurs de production. L’approche genre comprend aussi la prévention et la répression des
violences fondées sur le sexe, un partage équitable des ressources et des responsabilités, ainsi qu’un
développement humain plus complet et durable pour tous et toutes.
le sexe est biologiquement défini, universel, invariable.
il y a des différences biologiques entre l’homme et la femme que chaque culture interprète à sa façon.
ainsi, les rôles liés au sexe sont ceux qui sont distribués aux femmes et aux hommes sur la base de leur
appartenance biologique.
la grossesse et l’allaitement sont des fonctions sexuelles qui incombent naturellement à la femme.
en revanche, nourrir un enfant, faire la cuisine et le ménage ne sont pas des fonctions du sexe féminin, mais des
rôles attribués à la femme par la société.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Genre et sexe
1. Les violences basées sur le genre
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 3: droit des personnes handicapées
1. Définition
Par des personnes handicapées on entend des
personnes qui présentent des incapacités physiques,
mentales, intellectuelles ou sensorielles durables
dont l’interaction avec diverses barrières peut faire
obstacle à leur pleine et effective participation à la
société sur la base de l’égalité avec les autres.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 3: droit des personnes handicapées
2. Les principes de de protection des droits des
personnes handicapées
Le principe de la dignité intrinsèque
Le principe de l’autonomie individuelle
Le principe de non-discrimination
les principes de pleine et effective participation, de
l’intégration et de l’accessibilité
Le principe du respect de la différence.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 4: droit des personnes âgées
1. Notion et protection de la personne âgée en droit burkinabè
Par personne âgée, il faut entendre toute personne âgée de 60 ans et plus. Elles
sont protégées contre les abandons, l’exclusion sociale et la maltraitance (confère
loi 024-2016 du 17 octobre 2016 portant promotion et protection des droits des
personnes âgées au Burkina Faso)
abandon de personne âgée : tout agissement tendant à délaisser sans aide et
sans appui la personne âgée ;
exclusion sociale de personne âgée : tout acte ou comportement tendant à priver
la personne âgée de son droit de vivre dans sa famille ou dans la communauté ou
à porter atteinte à sa dignité d’être humain de sorte à menacer sa vie en famille
ou en communauté ;
maltraitance de personne âgée : toute atteinte à l’intégrité physique de la
personne âgée ou tout traitement humiliant ou dégradant touchant à l’intégrité
morale de la personne âgée.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 4: droit des personnes âgées
2. Quelques droits spécifiques des personnes âgées
La loi 024-2016 du 17 octobre 2016 portant promotion et protection des droits des personnes âgées au
Burkina Faso consacre entre autre les droits suivants :
toute personne âgée, détentrice de la carte de personne âgée, bénéficie d’une réduction des actes des
professionnels de la santé et des frais d’hospitalisation dans les structures publiques suivant les
conditions définies par le régime de l’assurance maladie universelle au Burkina Faso
toute personne âgée, détentrice de la carte de personne âgée, bénéficie prioritairement du soutien et
de l’accompagnement des services de la solidarité nationale.
les personnes âgées, détentrices de la carte de personne âgée, bénéficient de la réduction des frais
d’accès aux manifestations culturelles, sportives et de loisirs organisées par l’Etat ou ses
démembrements.
toute personne âgée, détentrice de la carte de personne âgée, bénéficie de la réduction des tarifs de
transport public routier, aérien et ferroviaire interne. Les conditions de bénéfice de ces réductions sont
fixées par décret pris en Conseil des ministres.
toute personne âgée, détentrice de la carte de personne âgée et reconnue indigente, bénéficie en
priorité de l’assistance judiciaire
toute personne âgée bénéficie de l’assistance des membres de sa famille, quel que soit son état
physique et/ou mental.
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 5: droit des personnes detenues
• Respect de la dignité humaine: Tous les détenus sont traités avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérente
à la personne humaine (Règle 1 des RM).
• Maintien des relations avec le monde extérieur: L'emprisonnement et les autres mesures qui ont pour effet de
couper des personnes du monde extérieur sont afflictifs par le fait même qu‘ils les dépouillent du droit de
disposer d’elles-mêmes en les privant de leur liberté. Sous réserve des mesures de séparation justifiées ou du
maintien de la discipline, le système pénitentiaire ne doit donc pas aggraver les souffrances inhérentes à une telle
situation. (Règle 3 des RM)
• Non discrimination: Les présentes règles doivent être appliquées impartialement. Il ne doit y avoir aucune
discrimination fondée sur la race, la couleur, le sexe, la langue, la religion, l’opinion politique ou autre, l’origine
nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation. Les croyances religieuses et les préceptes
moraux des détenus doivent être respectés (Règle 2 des RM)
• Aménagement raisonnable et prise en compte des besoins spécifiques : Il faut prendre en compte les besoins de
chaque détenu, en particulier ceux des catégories les plus vulnérables en milieu carcéral. (Règle 2.2 des RM)
• Interdiction de la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Aucun détenu ne
peut être soumis à la torture ni à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants Tous les détenus
sont protégés contre de tels actes qui ne peuvent en aucun cas être justifiés par quelque circonstance que ce soit.
(article 7 du PIDCP, Règle 1 des RM, convention contre la torture, code pénal)
CHAPITRE 1 : APPROCHE CONCEPTUELLE DES DROITS DE
L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUES
Section 4 : les droits catégoriels
Paragraphe 5: droit des personnes détenues
• Interdiction des arrestations et détentions arbitraires : Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé
(article 9 de la DUDH)
• Principe de conservation des DCP et des DESC: Le détenu conserve ses droits politiques, civils, sociaux,
économiques et culturels, à l'exception de ceux dont il a été privé par décision judiciaire (Article 26 de la loi
pénitentiaire)
• Communication du RI: Lors de son admission et aussi souvent que nécessaire, chaque détenu est informé par
écrit ou oralement dans une langue qu'il comprend, de la réglementation relative à la discipline, ainsi que de ses
droits et obligations en établissement pénitentiaire. (Article 26 de la loi pénitentiaire)
• Possibilité de formuler des plaintes: Toute personne détenue peut présenter des requêtes ou des plaintes au
directeur de l'établissement qui lui accorde audience si elle invoque un motif suffisant (Article 29 de la loi
pénitentiaire)
• La légalité de la privation de la liberté: interdiction de détention sans titre: Nul ne peut être incarcéré dans un
établissement pénitentiaire s 'il ne fait l'objet d'un des titres suivants (mandat de dépôt ; un mandat d'arrêt; un
mandat d'amener ; une ordonnance de garde provisoire ; un réquisitoire d'incarcération délivré après jugement
de condamnation à l'emprisonnement devenu définitif ; un réquisitoire d'incarcération délivré en vue de
l'exécution de la contrainte par corps ): Article 31 de la loi pénitentiaire
• La présomption d’innocence et les garanties du droit à la défense (article 10 et 11 de la DUDH, article 111-5 et
111-6 du CP)
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES
DE PROTEcTIOn DES DROITS DE L’HOMME ET
DES LIBERTES PUBLIQUE
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION DES
DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
SEcTIOn 1 : LES InSTRUMEnTS jURIDIQUES ADOPTéS SOUS L’égIDE DES nATIOnS Unies
• La charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme
• la convention sur l’élimination de toutes les discriminations raciales du 21 décembre 1965
• Le pacte international relatif aux droits civils et politique du 16 décembre 1966 et ses
protocoles
• Le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels du 16 décembre
1966
• La convention contre la torture et autres peines ou traitements inhumains ou dégradants de
1984
• la convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de
leur famille du 18 décembre 1990
• la convention relative aux droits de l’enfant de 1989 et ses protocoles facultatifs de 2000
• la convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes du
18 décembre 1979 et son protocole facultatif du 6 octobre 1999
• la convention relative aux droits des personnes handicapées du 13 décembre 2006
• la convention internationale pour la protection de toutes personnes contre les disparitions
forcées de du 20 décembre 2006
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques africains
Nom de l’instrument Date Date d’entrée en Ratification
d’adoption vigueur ou adhésion
du Burkina
Charte africaine de la démocratie, des élections 30 janvier 2007 15 février 2012 26 mai 2010
et de la gouvernance
Charte africaine des droits de l'homme et des 1er juin 1981 21 octobre 1986 21 octobre
peuples 1986
Protocole à la Charte africaine des droits de 10 juin 1998 25 janvier 2004 25 février
l'homme et des peuples portant création d'une 2004
Cour africaine des droits de l'homme et des
peuples
Charte africaine des droits et du bien-être de 1er juillet 1990 29 novembre 29 novembre
l'enfant 1999 1999
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques africains
Nom de l’instrument Date Date d’entrée en Ratification
d’adoption vigueur ou adhésion
du Burkina
Convention de l'Union africaine sur la 23 octobre 6 décembre 6 décembre 2012
protection et l'assistance aux personnes 2009 2012
déplacées en Afrique (Convention de Kampala)
Protocole à la Charte africaine des droits de 1er juillet 2003 25 novembre 9 juin 2006
l'homme et des peuples relatif aux droits des 2005
femmes en Afrique
Convention de l'OUA sur la prévention et la 1er juillet 1999 6 décembre 25 juillet 2003
lutte contre le terrorisme 2002
Charte africaine de la jeunesse 2 juillet 2006 8 août 2009 D. n° 2008-
371 du 24
juin 2008
Convention de l’Union africaine sur la 11 juillet 2003 05 mai 2006 29 novembre
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques africains
Quelques particularités du système africains
• Droits des peuples dans la charte CADHP
• Article 19 : Tous les peuples sont égaux ; ils jouissent de la même dignité et ont
les mêmes droits. Rien ne peut justifier la domination d’un peuple par un autre.
• Article 20 : Tout peuple a droit à l’existence. Tout peuple a un droit
imprescriptible et inaliénable à l’autodétermination.
• Article 21 : Les peuples ont la libre disposition de leurs richesses et de leurs
ressources naturelles.
• Article 22 : Tous les peuples ont droit à leur développement économique, social
et culturel, dans le respect strict de leur liberté et de leur identité, et à la
jouissance égale du patrimoine commun de l’humanité.
• Article 23 : Les peuples ont droit à la paix et à la sécurité
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques africains
Quelques particularités du système africains
• Devoirs des individus
• Article 27 : Chaque individu a des devoirs envers la famille et la société, envers l’Etat et
les autres collectivités légalement reconnues et envers la Communauté Internationale.
• 2. Les droits et les libertés de chaque personne s’exercent dans le respect du droit
d’autrui, de la sécurité collective, de la morale et de l’intérêt commun.
• Article 28 Chaque individu a le devoir de respecter et de considérer ses semblables
sans discrimination aucune, et d’entretenir avec eux des relations qui permettent de
promouvoir, de sauvegarder et de renforcer le respect et la tolérance réciproques.
• Article 29 L’individu a en outre le devoir de préserver le développement harmonieux
de la famille et d’œuvrer en faveur de la cohésion et du respect de cette famille ; de
respecter à tout moment ses parents, de les nourrir, et de les assister en cas de
nécessité ;
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques africains
Quelques particularités du système africains
• Devoirs de l’enfant dans la CADBE
• Tout enfant a le devoir
- d’œuvrer pour la cohésion de sa famille, de respecter ses parents, ses
supérieurs et les personnes âgés
-de préserver et de renforcer la solidarité de la société et de la nation
De préserver et de renforcer les valeurs culturels africaines
De préserver et de renforcer l’indépendance nationale et l’intégrité de son pays
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
Section 1 : les instruments juridiques
Nationaux
• La Constitution
• Le CPF
• Le CP et le CPP
• La loi 039-2017 portant protection des DDH
• La loi 015-2019portant organisation Judiciaire
• Le Code de procédure civile
• Le Code civil, etc…
Les mécanismes de protection des droits
humains
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes non juridictionnels: Lmécanismes Onusiens
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
•Section 2 : les mécanismes non
juridictionnels
•Les mécanismes africains
• la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP)
qui surveille l’application de la charte africaine des droits de l’homme
et des peuples de 1981
• Le Comité africain des droits et du bien-être de l’enfant qui surveillent
l’application de la Charte africaine des droits et du bienêtre de l’enfant
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes non juridictionnels
• Les Attributions des organes de Traités
Les Organes de traités (OT) surveillent le respect des obligations
conventionnelles des Etats membres via:
1 2 3 4
L’examen des
rapports périodiques Les plaintes Les visites de pays Les enquêtes
individuelles (OP-CAT)
Les OT interprètent les traités et cherchent à prévenir les violations
des droits de l’Homme via:
5 6
Les commentaires
Les mesures
généraux
d’urgence/ Alerte
précoce
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes non juridictionnels
• Conditions de saisines et de recevabilité des organes de traités
• indiquer l’identité de leur auteur même si celui-ci demande au comité de garder
l’anonymat ;
• être compatibles avec l’instrument juridique visé et la Charte des nations unies ;
• ne pas contenir des termes outrageants ou insultants à l’égard de l’Etat mis en cause,
• ne pas se limiter à rassembler exclusivement des nouvelles diffusées par des moyens
de communication de masse ;
• être postérieures à l’épuisement des recours internes s’ils existent, à moins qu’il ne
soit manifeste que la procédure de ces recours se prolonge d’une façon anormale;
• être introduites dans un délai raisonnable courant depuis l’épuisement des recours
internes ou depuis;
• ne pas concerner des cas qui ont été réglés ou qui sont en instance devant un organe
de traité ou une juridiction internationale
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes juridictionnels
• La cour africaine des droits de l’homme et des peuples
• La cour de justice de la CEDEAO
• La cour pénale internationale
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes juridictionnels
• Conditions de saisines et de recevabilité devant la Cour africaine des droits de
L’HOMME
• indiquer l’identité de leur auteur même si celui-ci demande à la Commission de garder l’anonymat ;
• être compatibles avec la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine ou avec la présente Charte ;
• ne pas contenir des termes outrageants ou insultants à l’égard de l’Etat mis en cause, de ses institutions
ou de l’OUA ;
• ne pas se limiter à rassembler exclusivement des nouvelles diffusées par des moyens de communication
de masse ;
• être postérieures à l’épuisement des recours internes s’ils existent, à moins qu’il ne soit manifeste à la
Commission que la procédure de ces recours se prolonge d’une façon anormale;
• être introduites dans un délai raisonnable courant depuis l’épuisement des recours internes ou depuis la
date retenue par la Commission comme faisant commencer à courir le délai de sa propre saisine ;
• ne pas concerner des cas qui ont été réglés conformément soit aux principes de la Charte des Nations
Unies, soit de la Charte de l’Organisation de l’Unité Africaine et soit des dispositions de la présente
Charte.
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes juridictionnels
• Particularité de la Cour africaine de Justice de la CEDEAO
• Pas besoin de d’épuiser les voies de recours internes
• La litispendance n’est pas opérante devant la CJCEDEAO
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes juridictionnels
• Particularité de la Cour pénale internationale
• Compétence d’Attribution: Crime de guerre, crime contre l’humanité, crime de génocide et
crime d’agression
• Conditions de saisine: Si l’Etat ne veux pas, ne peux pas ou juge dans le seul but de soustraire
le mis en cause de la Justice
• Auteurs de saisine: le procureur de la CPI, le conseil de sécurité, les Etats ayant ratifié le Statut
de Rome ( les individus n’ont pas qualité pour saisir la CPI)
• Justiciables: La CPI à la différence des organes de traités et des autres juridictions
internationales juge les individus et non les Etats
• Qualité officielle: Devant la CPI , la qualité officielle n’est pas opérante, Ainsi que tu sois
ministre, résident, tous le monde est justiciables devant la CPI
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
• Section 2 : les mécanismes Nationaux
• Les mécanismes non juridictionnel
• le gouvernement, l’assemblée nationale,
• les autorités administratives: la commission nationale des droits humains, Le
recours au Médiateur du Faso, La Commission de l’informatique et des libertés,
• les acteurs de la société civile ( association , syndicat, organes de presse etc)
• Les autorités religieuses et coutumières (La FAIB, la FEME, la commission
épiscopale, les chefferies coutumières et traditionnelles )
CHAPITRE 2 : LES INSTRUMENTS JURIDIQUES DE PROTECTION
DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES PUBLIQUE
les juridictions
Tribunal Cour de
militaire Cassation
Conseil d’Etat
Haute cour
de justice
Cour d’appel
Cour administrative
Conseil d’appel
Constitutionnel
Tribunal
administratif
Tribunal Tribunal Tribunal de
Tribunal de Grande
départemental ou de travail
commerce instance
d’arrondissement
Deuxième sous-PARTIE: L’APPROcHE BASéE
sur les droits humains
CHAPITRE 1 : HISTORIQUE ET fOnDEMEnT DE L’ABDH
• Section 1: HISTORIQUE DE L’ABDH
• L’approche basée sur la charité ou la solidarité: Cette approche a été très largement mise en
œuvre et continue d’occuper une place importante dans les actions de développement. Elle est
fondée sur la charité, la bienfaisance ou la solidarité. Les acteurs interviennent sur la base d’un
sentiment, de réflexions altruistes et de nécessité. Elle est d’inspiration religieuse. Elle répond
souvent aux situations d’urgence comme la gestion des migrants ou des réfugiés. Il s’agit le plus
souvent de collecter des fonds auprès de généreux donateurs pour venir en aide à des
personnes en situation de vulnérabilité. C’est le cas de certains ONG qui viennent en aide aux
réfugiés ou aux sinistrés en leur apportant l’aide alimentaire nécessaire. Cependant, les
denrées alimentaires mobilisées peuvent ne pas correspondre aux habitudes alimentaires du
groupe. Les limites de cette approche se situent dans la non implication des bénéficiaires des
aides dans la détermination de leurs besoins et l’absence d’obligation juridique d’apporter
l’aide.
• Limites : la non implication des bénéficiaires dans la détermination de leurs besoins et l’absence d’obligation
juridique d’apporter de l’aide (seulement un devoir moral).
CHAPITRE 1 : HISTORIQUE ET fOnDEMEnT DE L’ABDH
• Section 1: HISTORIQUE DE L’ABDH
• L’approche basée sur la satisfaction des besoins fondamentaux: Elle est une stratégie d’intervention
qui considère que l’aide au développement devrait se focaliser sur quelques secteurs reconnus comme
essentiels à la satisfaction des besoins vitaux (sécurité alimentaire, éducation, santé, eau et
assainissement…). Cette approche considère qu’au lieu de chercher à répondre à tous les besoins des
populations, il est plus efficace de se concentrer sur les plus importants. Une fois les besoins vitaux
satisfaits, ces populations seront en mesure de prendre en charge les autres aspects de leur
développement. La limite essentielle de cette approche c’est qu’elle ne prend pas en compte la
participation active des populations. Elles ne sont pas véritablement impliquées dans la détermination
de leurs « besoins vitaux ». L’intervention est cadrée par des données techniques sectorielles qui
déterminent les objectifs et le processus de l’intervention. Les cibles de l’intervention considérées
comme des sujets passifs. Il s’agit ici d’une approche technocratique.
• L’approche communautaire: Cette approche consiste à renforcer les capacités des individus au sein des
groupes et des communautés. Elle implique les populations dans la recherche des solutions à leurs
problèmes et prend en compte les facteurs environnementaux dans l’analyse de la pauvreté.
Cependant, cette approche ne prend pas en compte le renforcement des connaissances des
bénéficiaires sur l’existence de leurs droits et sur la possibilité de les revendiquer.
• Limites : absence de renforcement de connaissances des bénéficiaires sur l’existence de leurs droits et
sur la possibilité de les revendiquer.
CHAPITRE 1 : HISTORIQUE ET FONDEMENT DE L’ABDH
•Section 1: HISTORIQUE DE L’ABDH
• L’approche basée sur les droits humains
• Elle est un cadre conceptuel de développement qui est fondée sur les normes et principes des
droits humains qui vise à renforcer les capacités des détenteurs de droits afin qu’ils puissent
exiger le respect de leurs droits auprès des débiteurs d’obligation. Elle vise à renforcer les
capacités des détenteurs de droits à revendiquer et celles des débiteurs d’obligations à
respecter, protéger et réaliser les droits humains. Elle permet d’analyser les inégalités au cœur
des problèmes de développement et de corriger les pratiques discriminatoires et les
répartitions injustes de pouvoir qui entravent le processus de développement
• Son apport par rapport aux autres approches réside dans le fait que l’individu est considéré
comme un sujet actif, détenteur de droits et capable de les revendiquer et donc de participer
activement au processus de développement. Elle met l’accent sur les groupes marginalisés et
ceux victimes de discriminations et vise la réalisation progressive de tous les droits de
l’homme.
CHAPITRE 1 : HISTORIQUE ET fOnDEMEnT DE L’ABDH
• Section 1: cOMPRéHEnSIOn cOMMUnE DE L’ABDH
• En 1997, le Secrétaire général des Nations unies, Koffi Annan avait demandé à toutes les institutions du
système des Nations unies d’intégrer les droits de l’homme dans les activités et programmes qu’elles
poursuivent dans le cadre de leurs missions. Cependant, il faut noter que chaque institution avait
tendance à avoir sa propre interprétation de ladite approche et de ses modalités concrètes
d’application. Dans ce contexte, une interprétation commune de l’ABDH s’est imposée en mai 2003 et se
résume ainsi :
• BUT: tous les programmes de coopération, les politiques et l’assistance technique pour le
développement devraient soutenir la réalisation des droits de l’homme défini dans la DUDH et dans les
autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme.
• PROCESUS : les normes contenues dans la DUDH, les principes qui en découlent ainsi que les autres
instruments relatifs aux droits de l’homme doivent guider l’ensemble de la coopération et la
programmation en matière de développement dans tous les secteurs et dans toutes les phases du
processus de programmation.
• RESULTAT : La coopération pour le développement contribue au développement des capacités des
débiteurs d’obligations pour s’acquitter de leurs devoirs et/ou des détenteurs de droits pour faire valoir
leurs droits.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET
STAnDARDS DE L’ABDH
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 1: Concepts clés de L’ABDH
• Développement et pauvreté
• La pauvreté est généralement perçue comme le manque de matériels, de biens physiques et sociaux, de
possibilités…comme le manque d’emploi, de propriété, de logement… Ces causes sont nombreuses
mais il est le plus souvent admis qu’elle est le résultat d’une perte d’autonomie et d’une exclusion.
• Selon l’ABDH, la pauvreté n’est pas simplement une question de manque de ressources adéquates et ne
saurait alors être convenablement combattue que par des solutions matérielles. Le pauvre serait celui
qui ne connait pas ses droits, qui ignore comment et envers qui les revendiquer. La pauvreté est donc
liée à l’absence de capacités de revendiquer et de jouir de ses droits. La pauvreté en ABDH est donc le
manque de savoir, d’avoir et de pouvoir
• Les Groupes Vulnérables
• Dans ce contexte, l’ABDH intègre la notion de « Groupes vulnérables ». Cette notion fait référence à des
catégories de personnes dont la jouissance des droits peut être limitée dans certains contextes, du fait
de l’âge, du sexe, de la condition sociale, économique, ethnique, physique, psychologique…Ces groupes
sont vulnérables parce que leurs droits sont violés ; leurs droits sont violés parce qu’ils sont vulnérables.
Cette vulnérabilité n’est pas figée, elle est fonction du temps et de la situation géographique, du
contexte dans lequel l’individu se trouve. L’ABDH s’intéresse donc à comment concrétiser les droits des
populations exclues et marginalisées et celles dont les droits risquent d’être violés.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 1: Concepts clés de l’ABDH
• Les Débiteurs d’Obligations (DO)
• Les DO sont toutes les personnes ou structures à qui incombent des obligations au titre
des droits humains. Ce sont principalement l’Etat et ses démembrements, les
institutions internationales et leurs représentants. Les principales obligations sont :
l’obligation de respecter, de protéger et de réaliser (mettre en œuvre) les droits
humains.
• Les Détenteurs de Droits (DD)
• Les DD sont les individus et groupes d’individus sans distinction de sexe, d’âge, de
religion, de couleur, de langue… ils doivent connaitre leurs droits et avoir l’aptitude et
les compétences adéquates pour les revendiquer en cas de besoin. L’ABDH doit servir à
leur procurer les outils nécessaires pour :
comprendre ou connaitre leurs droits ;
formuler des demandes à l’Etat pour la réalisation de ces droits ;
exiger réparation en cas de violations de ces droits.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 1: Concepts clés de L’ABDH
• Le Gap de capacités
• On appelle « gap de capacités » ou « défaut de capacités » ou encore « capacités
manquantes », la part de capacités dont les parties prenantes ont besoin pour
d’une part, revendiquer leurs droits et d’autre part, pour protéger, réaliser
(mettre en œuvre) et respecter les droits humains. Les gaps de capacités ne se
résument pas seulement aux gaps de connaissances qui impliqueraient
seulement un besoin en formation.
• Travailler sur les gaps de capacités ou capacitation, c’est travailler sur tout ce qui,
structurellement, institutionnellement ou individuellement, empêche ou est
susceptible d’empêcher le débiteur d’obligation de réaliser, protéger ou respecter
les droits humains et les détenteurs de droits de connaitre leurs droits et de
pouvoir les revendiquer.
SEcTIOn 2 : LES PRIncIPES DE L’APPROcHE
basée sur les droits humains
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
La compréhension commune des Nations unies a dégagé cinq (05) principes devant
guider le processus de l’ABDH qui sont :
la Participation et l’Inclusion ;
l’Autonomisation ;
la Redevabilité (obligation de rendre compte) et l’Etat de droit ;
le Lien avec le cadre normatif des droits humains ;
l’Egalité et la non-discrimination.
• On synthétise souvent ces principes par l’acronyme « P.A.R.L.E ».
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
• Le principe de la participation
• La participation signifie l’implication effective des détenteurs de droits y compris des plus vulnérables - et des principaux
débiteurs d’obligations dans l’analyse situationnelle, la planification, la mise en œuvre et le suivi des stratégies de
développement. Une participation ABDH :
• accorde une attention particulière à la mise en place de canaux de participation pour les pauvres et les personnes
vulnérables dont les droits sont les plus affectés ;
• requiert que la participation soit active, libre et significative ;
• requiert l´inclusion systématique des détenteurs de droits dans leur propre développement ;
• s´attache à ce que ne soit pas que l’élite de la communauté qui participe (chef du village, chef coutumier, chef religieux,
groupe majoritaire) ;
• implique (responsabilise) de manière réelle et effective toutes les parties prenantes, c´est à dire des détenteurs de
droits et des débiteurs d´obligations, dans les actions de développement ;
• requiert de rendre disponible et accessible en temps utile des informations sur le processus de participation ;
• demande la mise en place des mécanismes de dialogue/concertation entre tous les acteurs aux différents niveaux des
processus décisionnels ;
• exige un effort délibéré pour inclure les groupes vulnérables (personnes âgées, enfants, femme en situation
vulnérables, personnes vivant avec un handicap, minorités religieuse, ethnique, très pauvre etc.).
• ATTENTION : la participation ne se limite pas à la consultation ou à une participation de surface !
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
• Le principe DE L’AUTOnOMISATIOn
• l´autonomisation est le renforcement des capacités des détenteurs de droits et des
débiteurs d´obligations, car pour que la protection des droits de l´homme soit
effective, les détenteurs de droits doivent avoir la capacité de connaitre, revendiquer
et défendre leurs droits et les débiteurs d’obligations doivent avoir la capacité de
protéger, respecter et mettre en œuvre les droits dont ils sont garants.
• Dans l´ABDH l´autonomisation va chercher à :
faire l´analyse des parties prenantes et leurs rôles pour déterminer les capacités
manquantes ;
appuyer les détenteurs de droits pour qu´ils puissent connaitre leurs droits, les
comprendre, les revendiquer utilement auprès du ou des débiteurs d´obligations
correctement identifiés ou demandés réparation s´ils sont violés ;
appuyer les débiteurs d’obligations à avoir la capacité de protéger, respecter et
mettre en œuvre les droits dont ils sont garants.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
• Le principe de la Redevabilité
• Ce principe signifie que les débiteurs d´obligations doivent mettre à la disposition des détenteurs de
droits des mécanismes de redevabilité c´est à dire de reddition des comptes. Il implique la gestion
transparente des affaires et des comptes publiques, la mise en œuvre de ces obligations par l´Etat en
matière de droits humains, la mise en place de mécanismes efficaces de réparation des violations de
droits et la mise en place de systèmes de contrôle et de respect de la légalité et de l´État de droit.
• Dans l´ABDH, la redevabilité exige :
la mise en place des mécanismes de gestion transparente des ressources publiques ;
le compte-rendu de gestion en termes d’amélioration de la situation des droits humains ;
la mise en œuvre des obligations en matière de droits humains ;
la mise en place des mécanismes efficaces de réparation (des violations des droits) et de systèmes de
contrôle ;
que l’Etat veille au respect des lois et se soumette aux dites lois ;
de fournir aux citoyens l’information juste qui leur permette de juger de la qualité des services rendus.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
• Le principe du Lien avec le cadre normatif des droits humains
• Ce principe signifie que toutes les stratégies de développement doivent avoir pour fondement,
la législation nationale, les accords et traités régionaux et internationaux auxquels l’Etat a
souscrit.
• Dans l´ABDH, le lien avec le cadre normatif signifie que :
le ou les problèmes soient identifiés par rapport aux normes (nationale(s) ou internationale(s))
qu´il(s) viole(nt) ;
les résultats et objectifs à atteindre soient définis en rapport avec les standards des droits
humains qui sont précisés dans les normes ;
les rapports établis en lien avec l´Examen Périodique Universel ou les instruments issus des
traités soient des sources à consulter systématiquement en ce qu´ils recensent les situations
problématiques au regard des droits humains et les recommandations formulées.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 2: les principes de L’ABDH
• Le principe DE L’ Egalité et non-discrimination
• Nul ne devrait se voir discriminer en vertu de son ethnie, sa religion, son genre, son opinion
politique, son handicap, son statut économique, statut personnel. De fait, une gestion habituelle
des projets de développement ou des activités renforce les mécanismes de discrimination
structurels présents dans toute communauté.
• Dans l´ABDH, le principe de l´Egalité et de la non-discrimination exige :
• de traiter les individus sur un pied d’égalité, c´est à dire pas de différenciation dans le traitement
pour des situations similaires ;
• de se focaliser sur les groupes vulnérables et de prioriser leurs besoins spécifiques ;
• de tenir compte du fait que le statut de vulnérabilité est fonction du temps et de la situation
géographique ainsi que d’autres facteurs ;
• de prendre en compte la dimension genre dans la législation, les politiques et les programmes ;
• un effort particulier pour faire en sorte qu’à tous niveaux, à chaque étape, dans chaque interaction
et intervention, c´est à dire de manière transversale, ce principe soit réitéré et mis en application ;
• que la priorité soit donnée à ceux qui sont le plus susceptibles d´être discriminés ou affectés par
les inégalités sociales, économiques ou politiques.
Section 3 : les Standards des
droits humains
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Section 3 : les Standards des droits humains
• En matière de Droits Economiques Sociaux et Culturels et de Droits Civils et Politiques,
les standards varient d´un droit à l´autre mais reprennent en général les critères
suivants :
• Disponibilité/Adéquation : Les installations, biens et services doivent être disponibles
en quantité et qualité suffisante et équipés de manière à pouvoir fonctionner.
• Accessibilité (physique, économique et psychologique): Les installations, biens et
services doivent être sans danger et se trouver à une distance accessible par toutes les
catégories de la population, surtout les groupes vulnérables ou marginalisés. Ils doivent
également être à un prix abordable afin que les ménages pauvres n’aient pas à payer
des frais excessifs. Cela exige également la levée d’obstacles administratifs susceptibles
d’empêcher l’accès à des installations, biens et services. Elle implique la non-
discrimination dans la jouissance des droits.
• Acceptabilité : Les installations, biens et services doivent être acceptés par la culture et
sensibles au genre. Il faut satisfaire aux exigences spécifiques liées sexe, au stade de la
vie.
CHAPITRE 2 : CONCEPTS CLES, PRINCIPES ET STANDARDS
DE L’ABDH
• Conclusion