Eddy Travail
Eddy Travail
0. INTRODUCTION GENERALE
Les problèmes dont s’emparent les géosciences suscitent l’intérêt du public, qu’ils
renvoient à l’histoire de la terre (crises biologiques), à des phénomènes spectaculaires
(volcanismes, séisme) ou qu’ils soient directement en prise avec des enjeux sociétaux (les
changements climatiques, la question des ressources naturelles). Dans une société où le partage
du savoir de chercheurs et l’acculturation scientifique régulièrement mis en avant, c’est ainsi
nous avons voulu contribuer dans ce présent travail au savoir scientifique en générale et plus
particulièrement au savoir géologique sur une étude d’impact économique des ressources
minérale du plutonisme felsique à intermédiaire (cas de la pegmatite de Manono-Kitotolo).
Très peu connu du grand public, les pegmatites sont pourtant des roches exploitées
depuis toujours, notamment pour certain métaux comme l’étain (sous forme de cassitérite) ou
encore pour l’exploitation du kaolin (sous forme de feldspath) servant entre autre pour la
fabrication de céramique, dont la porcelaine. Depuis quelques décennies, l’intérêt pour ces
roches a augmenté du fait de leur richesse en métaux dits « stratégiques ».
2. ETAT DE LA QUESTION
Au cours de nos recherches, nous avons rencontrés quelques travaux menés sur des
thèmes similaires au notre, et d’autres visant différents objectifs dont les contenus de certains
points nous ont permis d’élaborer ce présent travail.
Cherchant à nous écarter des travaux précédents, nous vous présentons alors ce présent
travail dont le thème est ci-haut mentionné.
3. PROBLEMATIQUE
En géologie, le pluton est défini comme étant un massif cristallin formé des roches
plutoniques constituant une grosse masse ovoïde (batholite) ou une grosse lentille (laccolithe,
lopolite) le pluton est le devenir de magma lorsqu’ils sont retenus en profondeur dans la croûte,
par opposition aux cônes volcaniques qui sont le résultat de la remontée en surface de ces
derniers. Le pluton n’apparaisse donc en surface que par suite de processus d’érosion et de
rééquilibrage isostatique. Sur terre deux grands types des roches plutoniques sont représentées
majoritairement, il s’agit du granite et du gabbro formant ce qu’on appelle un massif granitique
et un massif gabbroïque.
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Les roches plutoniques sont des roches magmatiques grenues en général de grande
extension géographique, elles se forment par refroidissement lent d’un magma, c’est la lenteur
du refroidissement (typiquement, plusieurs dizaines de milliers d’années) qui permet la
formation des gros cristaux au minimum visible à l’œil nu). Elle est due à la grande profondeur
de mise en place du pluton. Les roches plutoniques affleurent ensuite grâce à l’érosion qui cisèle
les montagnes et retire les couches de terrains sous lesquelles le pluton s’était installé.
Les roches filoniennes, (aplites, pegmatites) sont parfois classées parmi les roches
plutoniques. Mais elles sont plutôt considérées comme un groupe intermédiaire entre les roches
plutoniques et les roches volcaniques. Les pegmatites forment des filons (poches ou veines), en
bordure ou au voisinage immédiat des plutons granitique auxquels elles sont génétiquement
associées. Elles correspondent généralement au liquide résiduel, riche en eau de fin de
cristallisation d’un magma granitique.
Notre préoccupation dans cette étude nous suscite des questions suivantes :
Qu’elles sont les modèles génétiques pouvant expliquer la genèse des pegmatites
granitiques à éléments rares ? et lequel est capable d’élucider la mise en place de la
pegmatite de Manono ?
Comment pouvons-nous caractériser la pegmatite de Manono d’après la classification
géochimique et quels sont les minéraux stratégiques de cette pegmatite ?
Telles sont les préoccupations auxquelles nous essayerons d’élaborer ce présent travail.
4. HYPOTHESES
En didactique, l’hypothèse est définie comme étant une supposition que l’on fait sans se
demander si elle est vraie ou fausse, mais seulement pour en tirer des conséquences à vérifier.
C’est ainsi en nous penchant à notre problématique, nous formulons les hypothèses des
manières suivantes :
A ce jour, deux modèles sont souvent employés pour expliquer la genèse des pegmatites à
éléments rares : ils s’agit notamment du modèle d’anatexie crustale et le modèle de granite
parent, ce dernier permet d’élucider la mise en place de la pegmatite de Manono-Kitotolo.
Nous pouvons approcher la pegmatite de Manono d’après la classification géochimique aux
pegmatites de type LCT enrichie en éléments tels que Lithium (Li), tantale (Ta), ou les terres
rares, éléments indispensables utilisés dans les nouvelles technologies.
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5. METHODOLOGIE
Pour le traitement de données nous avons recouru au méthode d’analyse qui nous a
permis de mieux synthétiser le thème de notre travail, et pour la récolte des données utiles à
notre travail, nous avons recouru aux techniques documentaires qui nous a permis de consulter
les ouvrages similaires à notre sujet avec comme sources : les livres, thèses, mémoires, sites
web, ainsi que certaines notes de cours.
6. OBJECTIF DU TRAVAIL
Pour ce faire, nous nous sommes fixés trois objectifs qui sont :
Présenter aux lecteurs un support renfermant une connaissance générale sur le plutonisme
felsique à intermédiaire en mettant un accent sur les pegmatites granitiques ;
Présenter un support renfermant une connaissance générale sur la situation géologique de
la région de Manono ;
Et enfin, il s’agira de démontrer aux lecteurs l’impact économique de la minéralisation de
la pegmatite de Manono-Kitotolo.
7. DIFFICULTES RENCONTRES
Comme dans tout travail scientifique nous avons connu deux difficultés majeures, à
savoir :
8. DIVISION DU TRAVAIL
- Le premier chapitre où nous présentons aux lecteurs un résumé sur les ressources minérales du
plutonisme felsique à intermédiaire et un état de l’art sur les connaissances actuelles des
pegmatites et les deux grands modèles de formation de pegmatites proposés actuellement.
- Le deuxième chapitre où nous présentons un état de l’art sur la zone d’étude, Manono-Kitotolo
et son champ des pegmatites.
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Lors de la cristallisation d’un magma, les éléments peuvent avoir deux types de
comportement selon leur coefficient de partage KD entre magma et cristaux. Certains intègrent
le réseau cristallin des minéraux, essentiellement des silicates, qui se forment : ce sont les
éléments compatibles (Fe, Mg, V, Cr, etc.) ; d’autres, au contraire, se concentrent dans le liquide
résiduel : ce sont les éléments dits incompatibles ou hygromagmaphiles.
La nature incompatible d’un élément résulte de deux facteurs qui peuvent se combiner
: un rayon ionique trop grand pour une incorporation dans le réseau des minéraux communs, ou
une charge ionique trop forte qui contrarie les liaisons atomiques. On divise les éléments
incompatibles en deux familles : les LILE (pour Large Ion Lithophile Elements), à grand rayon
ionique et à charge faible, assez mobiles, qui comptent notamment Sr, K, Rb, Ba et Cs (classés
par ordre d’incompatibilité croissante) ; et les HFSE (pour High Field Strengh Elements), à
petit rayon ionique mais à forte charge, moins mobiles, qui comprennent notamment Th, Ta,
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Nb, Ce, P, Zr, Hf, les terres rares, Ti, Y et Yb (classés par ordre d’incompatibilité croissante).
La nature incompatible n’est pas une caractéristique intrinsèque d’un élément ; elle varie en
fonction de la valence de l’ion, de la nature du magma, de la présence ou non d’eau, du KD qui
peut changer selon les conditions du milieu, etc. Ainsi, le nickel est compatible dans les magmas
ultramafiques où il intègre le réseau de l’olivine, et incompatible dans les magmas mafiques en
présence de soufre, où il rejoint le liquide résiduel et cristallise ensuite sous forme de sulfures.
Enfin de processus, le liquide résiduel concentre donc ces éléments incompatibles qui
cristallisent sous forme de minéraux accessoires rares.
Les granitoïdes de type I sont souvent des tonalites ou des diorites quartziques passant
à des granodiorites, plutôt oxydées, tandis que les granitoïdes de type S, sont des monzonites
quartziques et des diorites, et sont peralumineux et réduits.
Les types A et M sont des variantes du type I. Cette classification a été affinée en y
reconnaissant six types (Barbarin, 1999) :
Deux types de granitoïdes d’origine crustale. Ce sont les MPG (Muscovite Peraluminous
Granitoid) à muscovite et biotite, et les CPG (Cordierite-bearing Peraluminous Granitoid) ;
Deux types de granitoïdes calco-alcalins d’origine mixte croûte-manteau. Ce sont les ACG
(Amphibole-rich Calc-alkaline Granitoid), riches en calcium et pauvres en potassium, où la
participation mantellique domine, et les KCG (K-feldspar porphyritic Calc-alkaline
Granitoid), pauvres en calcium et riches en potassium, où la croûte est dominante ;
Deux types de granitoïdes d’origine mantellique d’abord, un type alcalin, le PAG (Peralkaline
and Alcaline Granitoid), pauvres en aluminium et calcium mais riches en sodium et potassium.
Puis, un type « tholéiitique », les ATG (Arc Tholéiitique Granitoid), essentiellement des
tonalites et des diorites des arcs volcaniques et des marges actives, et intégrant les rares RTG
(Ridge Tholeiitic Granitoid) associés aux roches mafiques en contexte de rift.
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Deux facteurs semblent les plus importants : l’état d’oxydation du magma et son degré
de différenciation. Les magmas oxydés de la série à magnétite (Ishihara, 1977), de type I,
montrent des minéralisations en cuivre et or, tandis que les magmas plus réducteurs à fortement
réduits, de type S, produisent des minéralisations en étain. Le molybdène est associé à des
plutons plus fractionnés, tandis que le tungstène semble lié à des granites plus réduits que ceux
à molybdène, mais moins oxydés que ceux à étain. Ces associations reflètent l’origine
magmatique d’une partie des métaux et des fluides hydrothermaux. Au cours de sa
différenciation depuis les termes dioritiques vers des termes plus felsiques, le magma expulse
par exsolution des fluides directement associés à l’évolution des intrusions. Ces fluides
magmatiques contribuent aux apports métalliques surtout s’ils sont riches en ligands comme le
c hlore, capable de transporter les métaux. Ces gisements de Sn-W-Mo associés étaient autrefois
désignés sous les termes de gîtes de type « départ acide » ou « granophile ».
Figure 1.2 Genèse de magma en zone de subduction. La fusion initiale générée par le plongement de la
croûte océanique amène la production de magma chaud de composition mafique. L’injection multiple de dykes et
de sills gabbroïques dans la croûte profonde provoque une seconde fusion mélangeant le manteau et la croûte
profonde et donnant des magmas hybrides : c’est la zone MASH (Melting Assimilation Storage Homogeneization,
de Hildreth et Moorbath, 1988). Cette fusion étagée à magmas hybrides va donner naissance à des porphyres
cuprifères dans le batholite de la croûte supérieure et à des gisements épithermaux en surface et subsurface.
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Par ailleurs, des fluides d’origines plus variées, parfois météorique, sont mis en
mouvement convectif dans l’encaissant par la chaleur du pluton (Norton, 1984). Ces fluides
peuvent mobiliser des éléments des roches encaissantes, et concernent les épisodes tardifs des
gisements porphyriques, notamment les phases de rétromorphose tardive et, bien sûr, les
phénomènes d’oxydation de surface. Dans les deux cas, la masse de fluide mobilisée est
inférieure ou égale à celle du pluton (Elder, 1981) ; les fluides présentent un contenu très
variable en éléments métalliques, emprunté aux roches encaissantes ou issu du magma lui-
même. Les granites issus de fusion crustale pourront hériter des métaux déjà concentrés dans
leur environnement.
Tableau 1.1- grandes lignées granitiques et métaux associés (d’après Picther, 1983).
Lignée S I M A
Matériel Sédimentaire igné mantellique Alcalin
(magmatique)
Géodynamique chaîne de cordillère (zones rift océanique rift continental
collision de subduction)
Nature Leuco- tonalite, diorite à plagiogranite, granite rapakivi, syénite,
monzogranite monzonite gabbro anorthosite
porphyrique
Volcanisme Rhyolite andésite et dacite basalte et volcanisme bimodal à
associé andésite dominante felsique
Contexte Réducteur Oxydant oxydant ? Oxydant
Métaux associés Sn, W, Mo, F, U Cu, Pb, Zn, Au, Au, Cu Fe, Cu, TR, Au, Nb, Sn,
(granophile) Ag, Mo Ta, F
Profondeur 5-12 km 3-9 km 5 km 0-5 km
Les principaux éléments volatils dans les magmas felsiques sont l’eau, le chlore et le
CO2. Le contenu minimum en eau des magmas peut être estimé à partir de la présence de phases
hydratées telles que la muscovite, la biotite, ou la hornblende qui contiennent respectivement
7,4 %, 3,3 % et 2,7 % d’eau. Avec l’apatite, ces minéraux permettent d’estimer le contenu en
volatils du magma.
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Les pegmatites sont des roches magmatiques silicatées à gros grains qui correspondent
aux produits de fin de cristallisation des magmas enrichis en éléments volatils : H2O, CO2, F,
Cl, B. Les plus fréquentes se rencontrent en association avec le magmatisme felsique, d’autres,
plus rares, avec le magmatisme mafique : on utilise alors le terme de pegmatoïdes. Dans ce
chapitre, seules les premières, couramment dénommées pegmatites granitiques, seront traitées
(Cerny, 1991 ; Cerny et al. 2005).
Ces métaux occupent une place de choix dans les nouvelles technologies, que ce soit :
1. la métallurgie des métaux légers (Be, Li, plus léger que l’eau),
De ce fait, les pegmatites revêtent une importance économique pour ces métaux, ainsi
que pour le césium, le rubidium et le gallium. Cependant, bien que le béryllium ait été autrefois
extrait des pegmatites qui ont fourni des cristaux de béryl de très grande taille (7 mètres pour
18 tonnes à Albany, Maine, et un cristal record de 18 mètres de long pour 470 tonnes à
Malakialina, Madagascar). On exploite aussi les pegmatites pour leurs constituants principaux
: les feldspaths pour la céramique, les micas comme isolants, le quartz pour son caractère
piézoélectrique. Enfin, les pegmatites peuvent contenir plusieurs sortes de gemmes, en
particulier des variétés précieuses de béryl (aigue-marine, bleu-vert ; morganite, rose ;
héliodore, jaune ; plus rarement émeraude), des topazes et des tourmalines.
On peut distinguer quatre types principaux de pegmatites felsiques selon leur profondeur
de formation (figure 1.4) :
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Les pegmatites abyssales (> 11 km). Ce sont des mobilisats et des leucosomes anatectiques
dans des terrains au faciès amphibolite ou granulite, encaissées par des schistes à sillimanite et
disthène ; elles sont riches en Ca, Ba, Sr, Mg, Fe, mais généralement sans intérêt sur le plan
économique ;
Les pegmatites profondes (de 7 à 11 km), à muscovite, conformes à la foliation, rarement
minéralisées, mais qui peuvent produire des feldspaths et de la muscovite (photo e, planche 8).
On les a parfois considérées comme résultant d’un métamorphisme de haute pression,
encaissées par des schistes à grenat almandin et disthène ; elles peuvent contenir des
concentrations en Th, U, Nb, Ta, Zr ou Ti ;
Les pegmatites de profondeur moyenne (de 3,5 à 7 km), à éléments rares, de basse pression,
avec des terres rares et des minéralisations en éléments lithophiles (Li, Rb, Cs, Be, Ta, Sn,
etc.), encaissées par des schistes à cordiérite-andalousite et associées à des granites allochtones.
Les teneurs sont souvent assez basses, de l’ordre de 0,02 % Ta2O5, 0,05 % BeO et 1 % Li2O ;
Les pegmatites miarolitiques, à gemmes, associées aux coupoles épigonales à subvolcaniques.
(de 1,5 à 3,5 km) dans des zones faiblement métamorphiques ; elles contiennent du quartz pur
pour usage piézo-électrique, du béryl parfois précieux, de la topaze et, parfois, de la fluorine
de qualité optique.
Figure1. 4 Diagramme pression-température montrant la position des différents types de pegmatite vis-
à-vis du point triple des silicates d’alumine et de différents gradients géothermiques. La flèche indique un chemin
de refroidissement post-orogénique en contexte de basse pression. Les pegmatites de transition désignent les
pegmatites de profondeur moyenne, à éléments rares.
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Figure 1.5 Zonalité idéalisée dans une pegmatite à quartz et éléments rares. Les minéraux rares ou peu
abondants sont entre parenthèses.
Les gisements sont presque tous liés aux pegmatites de profondeur moyenne, que la
géochimie permet de distinguer d’après différents facteurs (voir classification au paragraphe
suivant).
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À ce jour, la classification la plus complète des pegmatites granitiques est celle fournie
par Černý & Ercit (2005), qui ont subdivisé les pegmatites granitiques en 5 classes suivant des
critères minéralogiques, géochimiques, géologiques (e.g. profondeur de mise en place, degré
du métamorphisme encaissant) et économiques.
Les pegmatites à éléments rares ont été classées en 3 familles géochimiques distinctes :
1) la famille LCT qui traduit un enrichissement principal du magma pegmatitiques en
lithium (Li), césium (Cs) et tantale (Ta),
2) la famille NYF qui traduit un enrichissement du magma en terres rares, niobium (Nb),
yttrium (Y) et fluor (F), et enfin,
3) une famille mixte LCT/ NYF traduisant une signature géochimique de mélange liée
à des contaminations ou au mélange de deux magmas pegmatitiques. Les pegmatites à éléments
rares appartenant à la sous-classe Li sont les objets qui présentent les plus gros tonnages et la
plus grande diversité de commodités.
La diversité des pegmatites granitiques à éléments rares de type LCT est telle
minéralisations, zonations internes, taille de grains, volume et localisation), que l’établissement
d’un modèle de genèse et de mise en place commun à l’ensemble de ces pegmatites est rendu
difficile.
consolidation d’un granite, le plus souvent hyperalumineux à deux micas d’où s’échapperaient,
depuis sa coupole, les magmas pegmatitiques résiduels enrichis en éléments volatils et
incompatibles. D’après le modèle présenté par London (2008), plus les magmas pegmatitiques
sont éloignés de leur source granitique parentale, plus ils sont enrichis en éléments rares et
volatils (e.g. Li, Nb, Ta, F, B, H2O). Ce modèle est basé sur des évidences physico-chimiques
(listées dans Černý et al. 2005) telles que : 1/ la continuité géochimique des suites granite-
pegmatitiques, 2/ la composition granitique des magmas pegmatitiques à éléments rares, 3/ la
zonation régionale observable autour de certains plutons granitiques (i.e. granites
hyperalumineux de type HHP)
Les études géochimiques réalisées sur des échantillons de pegmatites et granites voisins
sont de loin les plus importantes. La continuité du fractionnement magmatique, basée sur les
indicateurs type K/Rb, Li/Cs, entre les granites et pegmatites sus-jacentes a été le principal
argument pour justifier les relations génétiques entre ces granites et les pegmatites à éléments
rares de type LCT.
Figure 1.6 : Modèle du granite parent revisité par London (2008). Les magmas pegmatitiques évolués à
éléments rares dérivent d'une seule et même source granitique hyperalumineuse à deux micas.
Le modèle d’anatexie crustal est alternatif au modèle du granite parent (d’après Černý
et al. 2005). Ce modèle a vu le jour dans les années 70 (e.g. Norton, 1973). La génération des
pegmatites à éléments rares par l’anatexie crustale a été suggérée pour justifier le phénomène
de regroupement de certains types de pegmatites. Il s’agissait également de justifier la large
étendue des champs de pegmatites comparée à celle des plutons granitiques). Plus récemment,
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ce modèle a été réutilisé pour justifier les champs de pegmatites LCT en l’absence de granite
parent, les écarts temporels existants entre granites et pegmatites (e.g. Melleton et al, 2012),
ainsi que la non-continuité du fractionnement magmatique entre les granites et les pegmatites
les plus évoluées (e.g. Martins et al, 2012 ; Robles et al, 1999).
D’après Simmons et al, (1995) et Simmons & Webber (2008), la mise en place des
plutons granitiques en contexte orogénique pourrait favoriser un faible taux de fusion partielle
autour du pluton. Les roches métasédimentaires riches en évaporite constituent une source
idéale pour les éléments incompatibles et volatils. Par conséquent, les éléments remobilisés
dans les plutons granitiques dans un contexte tectonique collisionnel le seront également dans
des volumes de magma beaucoup plus faibles (faible taux de fusion partielle). Ce mécanisme
d’anatexie directe serait à l’origine des pegmatites minéralisées à éléments rares. Le même
argument a été utilisé par Robles et al. (1999) pour justifier les différents chemins de
fractionnement magmatique observés dans chaque type de pegmatites du champ de la
Fregenada (Espagne). Ces mêmes auteurs soutiennent que les différences observées dans les
tendances de fractionnement seraient directement reliées à des contributions variées de roches
quartzo-feldspathiques. D’après Nabelek et al. (1992
Les problèmes soulevés par Černý et al, (2005 et références associées) sont
principalement basés sur des critères géochimiques et sur les résultats de nombreux travaux
expérimentaux.
A notre connaissance, le modèle alternatif de fusion partielle n’a toujours pas fait l’objet
de travaux expérimentaux. À ce jour, ces deux modèles sont recevables, le premier étant plus
adapté pour justifier la présence de pegmatites à éléments rares à proximité de pluton granitique,
dans des zones dépourvues de grandes structures tectoniques, tandis que le second est davantage
cité pour justifier la présence de ces mêmes pegmatites dans des environnements dépourvus de
granitoïdes, mais où les indices de déformation sont à même de constituer des drains privilégiés
pour l’ascension et/ou le piégeage de magmas pegmatitiques. Néanmoins, ces deux approches
nécessitent l’utilisation d’outils bien distincts et la considération de matériaux de départ
différents (e.g. granites, migmatites). Par conséquent, les méthodes nécessaires à la
caractérisation de ces deux modèles génétiques sont donc bien différentes (e.g.. géochimie
minérale, traçage isotopique, analyses expérimentales, inclusions fluides et magmatiques,
analyse spatiale statistique).
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La mise en place des pegmatites est contrôlée par des zones de fractures et elle résulte,
le plus souvent, d’une fracturation hydraulique. Les pegmatites sont souvent plus abondantes
dans les encaissants compétents recoupés par des failles majeures qui peuvent être marquées
par des ruptures sédimentaires ou des grabens. Les pegmatites profondes peuvent occuper des
zones en selles, conformes à l’encaissant, des fentes de tension, ou des zones d’ombres de
pression.
Les tonnages des gisements (production + réserves) sont indiqués en millions de tonnes (Mt) et en teneurs moyennes.
Ces chiffres sont indicatifs, les sources consultées donnant des chiffres parfois différents. Ils sont de plus susceptibles
d’évolutions pour les gisements en exploitation, les tonnages de réserves augmentant lors de découvertes d’extensions des
gisements, et les teneurs de coupure étant revues en cas de variations notables des cours, ce qui entraîne une variation des
tonnages de réserves et des teneurs moyennes (d’après Cerny et al., 2005).
Foote, Kings Mountain, etc. (Caroline du Nord, États-Unis) 56,5 Mt à 1,5 % Li2O
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Eléments Minéraux
Si, Al, K, Na quartz, microcline, muscovite,
albite
B tourmalines :
schorl NaFe3 Al6 (BO3)3Si6O18
(O,F,OH)4
elbaïte Na(Al,Li)3 Al6 (BO3)3 Si6
O18(OH)4
Be béryl Be3Al2Si6O18
béryllonite NaBePO4
hambergiteBe2BO3(OH)
bertranditeBe4Si2O7 (OH)2
F fluorine CaF2
topaze Al2SiO4(F,OH)2
cryolite Na3AlF6
Li spodumène LiAlSi2O6
pétalite LiAlSi4O10
lépidolite
K(Li,Al)3(Si,Al)4O10(F,OH)2
bikitaïte LiAlSi2 O6.H2O
amblygonite LiAlF(PO4)
elbaïte
Na(Al,Li)3Al6(BO3)3Si6O18(OH)4
triphylite LiFe(PO4)
lithiophyllite LiMnPO4
1
GEOLOGIE DES RESSOURCES MINERALES M. Jebrack et E. Marcoux page 170
18
Nb – Ta « columbo-tantalite » : columbite
(Fe,Mn)(Nb,Ta)2O6 et tantalite
(Fe,Mn)(Ta,Nb)2O6
microlite (Ca,Na)2Ta2O6
(O,OH,F)
pyrochlore (Na,Ca)2Nb2O6
(OH,F)
euxénite
(Y,Ca,Ce,U,Th)(Nb,Ta,Ti)2 O6
fergusonite YNbO4
P triplite (Mn,Fe)2 (PO4)(F,OH)
triphylite LiFe(PO4)
amblygonite LiAlF(PO4)
éosphorite MnAl(PO4)(OH)2.H2O
childrenite FeAl(PO4)(OH)2 .2H2O
lithiophyllite LiMnPO4
Rb, Cs pollucite (Cs,Na)AlSi2O6.nH2O
lépidolite (Cs) microcline (Rb)
Sc thortvéitite (Sc,Y)2 Si2O7
Sn cassitérite SnO2
Terres rares (Ce, La, Gd, Sm, aeschynite
Nd, Dy, etc.) et Y (Ce,Ca,Fe,Th)(Ti,Nb)2(O,OH)6
allanite
(Ce,Ca)2(Al,Fe)3(SiO4)3(OH)
monazite CePO4 xénotime YPO4
euxénite
(Y,Ca,Ce,U,Th)(Nb,Ta,Ti)2O6
gadolinite Y2FeBe2 Si2O10
fergusonite YNbO4
samarskite (Y,Ce,Fe,U)(Nb,Ta)O4
Ti2 rutile TiO2
2
M. JEBRACK ET E. MARCOUX : GEOLOGIE DES RESSOURCES MINERALE, page 170
19
3
U, Th uraninite UO2
samarskite (Y,Ce,Fe,U)(Nb,Ta)O4
monazite (Ce,La,Nd,Th)PO4
xénotime (Y,Th)PO4
fergusonite (Y,U,Th)NbO4
euxénite
(Y,Ca,Ce,U,Th)(Nb,Ta,Ti)2O6
aeschynite (Ce,Ca,Fe,Th)(Ti,Nb)2
(O,OH)6
Zr zircon ZrSiO4
3
M. JEBRACK ET E. MARCOUX : GEOLOGIE DES RESSOURCES MINERALE, page 170
20
2. CLIMAT
C’est une région au climat tropical caractérisé principalement par l’alternance de deux
saisons dont cinq mois de saisons sèches et sept mois de pluie. De manière générale, le climat
Aw5 (critère de Koppen) domine le MANONO avec une moyenne de pluies de 165 jours dont
sa hauteur est de 1138mm. La température moyenne est de 22.4°C avec le maxima de 19.3.
3. HYDROGRAPHIE
Le territoire de Manono est drainé par le fleuve Congo (lwalaba) la rivière Luvua et ses
nombreux affluents. Le fleuve Congo est appelé en amont Lwalaba et en aval, Kamalondo tout
juste en son point de rencontre avec la rivière Luvua à Ankoro.
La Luvua coule sur une couche d’alluvions souvent épaisse dans une vallée bien
régularisée. Plus en amont et jusqu’au goulot de déversement de lac Moero, chutes et rapides
se succèdent presque sans interruption. La première chute et celle de Mpiana-Mwanga, qui a
été partiellement captée et la Géomines y a construit une centrale hydroélectrique. On y trouve
d’autres rivières notamment ; Luvidjo, Bally, Lubumbu, Kananga, Lukulu, Lumumba, Lukulu,
Musyi, Nyemba, Lwiboso et Lukushi.
Outre les rivières, la région contient des principaux lacs (étangs) tels que : le lac Lukushi
(à la cité de Manono) Tohwe-sanga et Zibya à Ankoro, Mpete, Kaulwe, Kyatunga, Tohwe,
Ladji.
4. VEGETATION
5. SOL ET RELIEF
6. GEOMORPHOLOGIE
Le pays se présente sous l’aspect d’une vaste pénéplaine couverte par la végétation
caractéristique de la savane boisée, légèrement ondulée, avec quelques ressauts de terrain, telles
les collines de M’Pete et de Manono. L’altitude moyenne est de 600 mètres. Une seule rivière,
la Lukushi, affluant de la Luvua, draine la région du Sud au Nord.
Les deux ceintures sont séparées par une élévation du socle Ruzizien qui représente
l’extension Nord-Ouest à travers le lac Tanganyika de la ceinture paléoprotérozoïque d’Ubende
(Sud-Ouest de la Tanzanie).
Le groupe de Kiora est estimé à 1700 à 4300 m d'épaisseur et se caractérise par des
quartzophyllites et des schistes, avec des horizons quartzitiques et avec des rhyolites au
sommet.
Le groupe de Lufira ou Nzilo a une épaisseur entre 2700 et 7000 mètres est à dominante
quartzitique, avec localement des niveaux quartzo-phyllitiques et une séquence importante de
laves doléritiques et des sills au sommet.
Le groupe du mont Hakansson est de 1900 à 4000 mètres épais et contient des ardoises et des
quartzites de couleur foncée.
Groupe de Lubudi a une épaisseur de 600 à 1850 mètres se compose d'arkoses et lentilles
conglomératiques de couleur foncée des schistes graphitiques noirs avec des niveaux de grès
et une partie supérieure avec des calcaires et des dolomies.
Une datation récente U–Pb SHRIMP indique la présence de seulement deux générations
de granitiques principales dans le Kibara (Kokonyangi et al, 2001, 2004, 2006).
Cette génération de granit E a été interprété comme le granite parental pour les
pegmatites abondantes des veines de quartz pouvant être minéralisées en métaux rares (Cahen
et London, 1979 ; Cahen et al, 1984) sur la base de leurs apparence leucocratique, l’âge similaire
et relation spatiale avec la minéralisation. Plusieurs échantillons de microcline, muscovite et
lépidolite de différentes localisations de pegmatites au Katanga (Manono, Sofwe et Shienzi)
ont donné un âge Rb–Sr de 973 ± 13 Ma, qui a été considéré comme âge des pegmatites dans
le Kibara par Cahen et Ledent (1979). De nombreux modèles géodynamiques existent pour le
Kibara et le Karagwe. Ces ceintures ont été interprétées comme :
Premièrement, une foliation S1 parallèle au litage S0, orienté N40-70°E dans les
métasédiments et dans le granite folié et porphyrique de Manono.
Une deuxième foliation S2, qui est interprétée comme étant liée aux plis, est orientée
NW et intersecte la foliation S1.
La déformation D2 n’était pas suffisamment pénétrante pour effacer les structures D1.
Ces dernières orientations définissent donc les orientations structurelles du territoire. Les roches
sont également affectées par une fracturation cassante plus jeune avec des orientations diverses.
Sur la base de la présence de S1 et S2, les roches au voisinage de Manono-Kitotolo peuvent
être attribuées au super groupe de Kibara (cfr Kokonyangi et al, 2004,2006).
Trois types de granites ont été identifiés dans la région de Manono par Ngulube (1994).
Il y a tout d’abord les granites foliés et porphyriques de couleur grise (granite de Lukushi,
Kisudji et Pongo) qui se caractérise par la présence à la fois d’une foliation S1 et S2. Les
granites sont holocristallins, inéquigranulaires avec des phénocristaux des perthite, microcline,
plagioclase et quartz et avec des porphyroblastes à dominance biotite et muscovite mineure
dans le granite de Kisudji et de Pongo, des pegmatites minéralisées sont décrites suivant
l’orientation S2.
4
DEWAELE (2015) : GEOLOGICAL SETTING AND TIMING OF THE WORLD-CLASS SN, NB-TA AND
LI MINERALIZATION OF MANONO-KITOTOLO (KATANGA, DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO)
25
Figure 2.2 carte géologique détaillée de la plus grande région de Manono D’après Ngulube (1994).
Aucune foliation ne peut être identifiée dans ce type de granite. A Lukushi, on observe
que les leucogranites recoupent également les granits foliés et porphyriques. A ce contact le
leucogranites peut avoir une structure aplitique, ils contiennent souvent des cavités
miarolitiques remplies des minéraux comme la muscovite et la tourmaline. Ces derniers granites
se présentent en petits stocks à proximité immédiate de la carrière de Manono-Kitotolo. Aucune
veine de quartz et pegmatite transversales n’est identifiée dans ces leucogranites, des zones
pegmatitique minéralisées ont étés identifiées dans les parties supérieures de ces granites. Sur
la base de l’absence de foliation transversale et de la texture leucocratique de ce troisième
groupe de granites, ils sont interprétés comme intrusif après déformation et pourraient être
identifiés comme granite de types E.
II.2.3. LITHOSTRATIGRAPHIE
La constitution géologique comprend essentiellement de schistes lustrés, grisâtres,
redressés, au sein desquels apparaissent quelques lentilles de quartzites claires ou foncés,
parfois rubanés et oligistifères : ce sont les horizons de Kibara inférieur. De nombreux
affleurements de granite à mica noir et à deux micas y ont été relevés. En aval de Manono, la
26
Le gisement primaire est constitué par deux laccolites de pegmatite, qui ont tous deux
sensiblement les mêmes dimensions : 5 kilomètres en longueur, tandis que la largeur varie de
50 à 80 mètres, avec une moyenne de 400 mètres. La pegmatite affleure sur une surface de
1.200.00 mètres carrées à Manono et 1.350.000 mètres carrés à Kitotolo. Entre les deux
lentilles, il existe une interruption de 2,5 km, où l’on trouve des schistes et des granites à deux
micas. L’orientation générale du gisement est plus ou moins N.50°E.
La laccolite Est (Manono) est également limité par ces mêmes micaschistes, mais nous
y trouvons en plus une importante intrusion des roches vertes à prédominance de dolerite.
Un gisement détritique s’est formé au nord des laccolites et recouvre les micaschistes.
Il est surtout développé à Kitotolo, où il atteint une largeur de près d’un kilomètre, tandis qu’à
Manono il se réduit à quelque centaine de mètres.
Le faciès de la pegmatite est loin d’être uniforme, car les conditions de formation et de
mis en place ont certainement été différentes d’un point à l’autre du gisement, étant données
ses dimensions extraordinaires.
Par ailleurs, une roche composée d’allophane, de quartz, de micas muscovite forme des
zones étendus mais peu nombreuses.
Apatite
Micas lithique
Fluorine
Zircon
Rutile
Et les minerais :
Cassitérite,
Tantalite,
Colombite,
28
Thoreaulite,
Loellingite avec trace de mispickel,
Pyrite,
Ilménite
Oxyde de fer et de manganèse,
Autunite (ou uranocircite),
La pegmatite a été altérée jusqu’à des profondeurs variables sur toute son étendu il est
pourtant à remarquer qu’à Kitotolo l’altération atteint des profondeurs moindres qu’à Manono.
Tandis qu’à Kitotolo la zone décomposée a une épaisseur générale d’une dizaine de mètres avec
quelques cuvettes atteignant 30 mètres, à Manono l’altération moyenne est d’une quarantaine
de mètre avec quelques cuvettes allant jusqu’à 80 mètres.
L’action des agents atmosphériques a transformé les dix premiers mètres de pegmatite
en une terre brune sableuse ou argilo-sableuse ; les feldspaths ont été pratiquement lessivés.
Plus bas, le phénomène se manifeste par une kaolinisation plus au moins avancée.
La roche verte est surtout une dolerite dont la texture ophitique est nette et dont les
constituants sont le labrador, l’augite brune et des minéraux opaques ferreux.
Parfois la texture devient microlitique, tandis que les minéraux constituants restent de
même nature et dans les mêmes proportions.
La dolerite est parfois traversée par des filons de quartz laiteux dont les épontes montrent
des accumulations de tourmaline brune, de mica noir et par endroits d’idocrase. De plus, une
multitude des petites fractures remplies de tourmaline parcourent la roche.
a. Les contacts se produisent soit entre la pegmatite de bordure soit entre la pegmatite et les
lambeaux des schistes noyés dans la masse pegmatitique. Les deux contacts montrent des
caractères identiques.
b. Ces contacts, examinés à l’échelle du gisement ou à l’échelle d’un échantillon, sont fort
irréguliers par rapport à la schistosité, à la direction et au pendage de micaschistes.
c. Le passage de la pegmatite aux micaschistes et relativement net, la zone de cette transition étant
fort étroite : de l’ordre de 1 à 2 centimètres. Elle est souvent affectée de plissotements résultant
de la pression que la pegmatite a exercée sur la roche encaissante
Par endroit on constate la continuation, dans la pegmatite, en un réseau moins, des joints
de schistosité des micaschistes, comme s’il y avait un remplacement de micaschiste par la
pegmatite. Ce phénomène est surtout bien marqué dans les digitations de la pegmatite au sein
des micaschistes.
Notons encore l’existence entre les micaschistes et la pegmatite de bandes des quartzs dont la
puissance varie de quelques centimètres à quelques décimètres.
Les études menées sur les contacts entre la pegmatite et la dolerite permettent les
considérations suivantes :
1. La dolerite est antérieure à la formation de la pegmatite. Elle est intrusive dans les
micaschistes. La pegmatite s’est développée dans la dolerite d’une façon désordonnée.
2. Le contact entre la pegmatite et la dolerite est marquée par une zone métamorphique étroite
affectant la dolerite et constitué par le mica noir et la tourmaline brune.
D’autres part, entre la pegmatite et la dolérite, s’observe les mêmes bandes quartzeuses
qu’entre la pegmatite et les micaschistes.
Le minerai essentiel de notre pegmatite est la cassitérite qui est disséminée pratiquement
d’une manière homogène dans toute la masse.
30
Elle se présente en petits grains aplatis, noirs, montrant rarement des formes
cristallographiques, on en distingue pourtant deux types des cristaux : le quadroctaèdres et les
quadroctaèdres allongés parallèlement à une arête et donnant au cristal un aspect prismatique.
Les cristaux sont parfois maclés. D’une façon normale, la cassitérite est fine.
Le gisement est constitué par un dyke épais de pegmatite granitique présentant dans sa
partie centrale une discontinuité qui le divise en deux tronçons. En effleurement s’observe des
branches multiples ; mais celles-ci peuvent se souder assez rapidement en profondeur en une
lentille unique. De cette disposition résulte pour la pegmatite une carte d’affleurement aux
allures assez irrégulières (fig. 2.3). L’épaisseur du dyke, qui sur des grandes longueurs reste
comprise entre 200 et 300 mètres, se trouve portée localement à 700 mètres et davantage ; elle
s’abaisse ailleurs à 100 mètres et moins, parfois par un étranglement rapide Orienter du Nord
est au Sud-Ouest, le dyke mesure, dans extension reconnues, y compris la coupure centrale,
près de 14 kilomètres, les chantiers d’exploitation se répartissent entre le domaine de Kitotolo
à l’Ouest et celui de Manono à l’Est. Dans l’épaisseur de la pegmatite se trouve pincées des
lentilles du schiste encaissant, qui joue à une échelle moindre le rôle que les paquets de terrain
compris entre les branches du dyke.
Les parois du dyke sont en générale très redressées, mais il arrive qu’elles plongent sous
le schiste, notamment là où des branches de la pegmatite, isolées en surface, inclinent vers une
racine commune.
Des sondages montrent par ailleurs que les allures en coupe verticale pouvaient n’être
pas moins irrégulières que celles traduite par la carte des affleurements, d’épais paquet des
schistes ont été recoupés entre des amas de pegmatite.
Dans l’environnement immédiat du dyke, le terrain encaissant est formé des fin
micaschistes, où s’intercalent des lits de quartzites. Nous manquons d’éléments d’observation
pour préciser la position de la lentille de pegmatite par rapport aux allures des terrains
avoisinants. Dans les détails des zones de contact, on voit souvent les surfaces d’épontes de la
pegmatite recouper obliquement les lits de schiste.
Un fait intéressant est l’existence d’un dyke épais de dolerite auquel la pegmatite accole
son flanc méridionale sur plusieurs kilomètres de longueur dans la zone orientale (Manono). Ce
dyke possède des satellites de même nature ; un d’entre eux occupe le flanc septentrional de la
pegmatite dans la partie extrême de l’exploitation (carrière Kahungwe). Tandis que les amas
ou des filons plus minces, se trouvent logés en pleine pegmatite entre les deux masses de
dolerite précédentes. En d’autres points encore les petites lames doléritiques dans la pegmatite,
notamment à la carrière de l’Est et à l’extrémité occidentale du domaine Manono.
Figure 2.3 carte géologique détaillée de la pegmatite de Manono, basée sur des archives inédites de Géomines
(MRAC) B. coupe simplifié à travers la zone de Kitotolo indiquant la présence de différents corps de pegmatite
recoupant des métasédiments. La localisation des coupes est indiquée par les archives inédites de Géomines
(MRAC).
II.3.3. ZONALITE
L'étude de la zonation des pegmatites primaires est d'autant plus compliquée que les
carrières ont été inondées après l'arrêt de l'exploitation industrielle il y a une trentaine
d'années. Bien que la localisation exacte des échantillons étudiés ne soit pas connue, il est tenté
de positionner les différents échantillons dans le schéma de zonation typique des pegmatites
(Cameron et al. 1949 ; London, 2008, 2014) en fonction de leur composition minéralogique, de
leur granulométrie et morphologie.
Sur la base de cette classification théorique, les échantillons de pegmatite peuvent être
divisés en :
33
Cela n'implique pas nécessairement que toutes ces zones soient toujours présentes et
bien développées. Cependant, pour la facilité de la description (nous utiliserons les termes
zonaux généraux décrits dans la littérature (Cameron et al. 1949 ; London, 2008, 2014). Une
zonation a été décrite à Manono - Kitotolo (Bassot et Morio, 1989 ; Landa et al, 1950 ; Ngulube,
1994 ; Thoreau, 1950) dans le passé est principalement composé de quartz, de muscovite, de
microcline et d’albite Quelques grains isolés de béryl de couleur verte peuvent être
identifiés. La marge pegmatite - hostrock. Historiquement appelées " aplite albitique " (Landa
et al, 1950 ; Thoreau, 1950). Là encore, du béryl a été identifié.
Figure 2.4 A. roche haute altérée avec de la tourmaline (T) et de la muscovite (Musc).C. zone frontalière a grain
fin de pegmatite, avec quartz, microcline, albite et micas. D. zone de paroi à grain fin de pegmatite constituée de
quartz, d’albite microcline et de micas. E. zone intermédiaire de pegmatite avec microcline (Mi), albite (Alb) et
muscovite (Musc). F. zone intermédiaire de pegmatite avec spodumène (Spod), albite (Alb) et quartz (Q)
La zone intermédiaire est caractérisée par une forte augmentation de la taille des cristaux
et contient du quartz, du spodumène, de la pétalite, du microcline, de l’albite et des micas.
34
Chacune des phases peut, d’une zone à une autre du gisement se manifester avec des
caractères un peu variables, et aussi prendre des développements divers, manquer ici et dominer
ailleurs.
Si les oppositions entre les divers chantiers de travail sont frappantes, il est malaisé dans
l’état actuel de ces chantiers, de délimiter exactement les aires de caractères particulier et aussi
de découvrir s’il existe une répartition des faciès en zones parallèles aux épontes du dyke,
comme il arrive fréquemment dans les filons de pegmatite. Nous sentons bien que notre
documentation présente des lacunes. Aussi notre effort portera-t-il surtout sur les relations
existants dans le temps entre les diverses phases de la roche.
35
Les cristaux de feldspaths sont dans cette dernière zone particulièrement grande, ils
forment communément avec le quartz des structures graphique.
De cette phase initiale se sépare nettement, dans la succession des phénomènes, la mise
en place des phases suivantes. La pegmatite va devenir le siège d’une opération métasomatique,
où les cristallisations de l’albite vont jouer un rôle majeur. Ces opérations ne se laisseront plus
divisées aisément en phases bien distinctes. Les minéraux de base, albite, quartz, muscovite, y
perdurons à travers les épisodes multiples trahis par l’étude de structures, mais en modifiant
parfois un peu leurs caractères. L’albite notamment, termine ses incursions par le dépôt d’une
phase d’un type particulier que nous approcherons de la cleavelandite des auteurs américains.
36
5
Dans les phases albitiques apparaissent une série des minéraux parmi lesquels
apparaissent ceux qui donne à la roche sa valeur économique : la cassitérite et le niobo-
tantalates. Mentionnons d’abord le spodumène, le béryl commun, la tourmaline de ton claire,
l’apatite ; peut-être faut-il y ajouter le zircon et le grenat.
Des détails seront donnés sur ces minéraux dans le chapitre suivant. Il ne s’agit ici que
de marquer les étapes de formation de la pegmatite et les conditions dans lesquelles se
présentent ses minéraux composant.
Parmi les minéraux cités, plusieurs ne jouent quantitativement qu’un rôle très
accessoire. C’est le cas du béryl, de la tourmaline bleu ou verte, de l’apatite, il se présente en
cristaux petits, quelques millimètres, au maximum quelques centimètres.
5
L. LANDA. D. KARPOFF et E. CLAEYS, COMMUNICATION N°1, GEOLOGIE DU GISEMENT DE
MANONO (1950), page 350.
37
visiteur se heurte à des amoncellements des blocs dont le spodumène est le constituant principal,
les cristaux, le plus souvent aplatis (h1), montrent constamment les arrêtes d’insertion des faces
m et h1 et accuse fortement leurs clivage ; tantôt en prisme long de quelques centimètres,
enchevêtrés sans orientation définie, et intimement associés à des cristallisations de
cleavelandite, quartz et muscovite argentés, tantôt en cristaux gigantesques offrant une large
surface plane (h1) que sillonne des veines occupés par ce même minéraux. Il y a là pour le
minéralogiste, et même pour l’œil, profane un sujet à émerveillement.
Dans les autres carrières, le faciès est généralement différent. Le spodumène se présente
en prisme minces, prenant souvent le caractère d’aiguilles dont la longueur peut atteindre plus
d’un mètre. Celles-ci peuvent se grouper en faisceaux d’éléments rapprochés, subparallèles ou
se distribuent sporadiquement à travers la pegmatite, en divers points les aiguille s’écartent peu
de la verticale, elles se présentent pour l’observateurs comme si elles avaient fusé à partir d’une
source profonde. C’est l’endroit de signaler le zonage qu’accuse la pegmatite de l’extrémité Ij
de carrière de Kitotolo, ces zonage de caractère mécanique, présente une coupe transversale du
dyke une allure en dôme très surbaissé. Les aiguilles de spodumène se disposent
perpendiculairement aux surfaces de zonage et montre donc dans leur ensemble une distribution
rayonnante.
Un fait très commun est l’altération du spodumène, elle se généralise dans certains
quartiers du gisement ; elle affecte surtout le minérales en prismes minces allongés. Ailleurs,
et notamment là où se rencontrent les cristaux de très grandes tailles (Kahungwe), le minéral
est resté intact.
Le spodumène appartient bien aux phases albitiques. Mais celles-ci couvrent une assez
longue période tandis que la cristallisation du pyroxène lithique pourrait constituer un épisode
relativement court, à placer certainement avant la période finale de cristallisation de l’albite, et
peut-être à un stage peut avancer.
C’est le moment d’en venir aux minéralisations stannifères, d’une façons générale, on
peut dire que la cassitérite est dispersée en éléments de très petites tailles à travers la pegmatite,
on l’observe parfois sur le terrain en cristaux un peu plus grand, de l’ordre de centimètre ou
davantage, soit au sein même de la pegmatite proprement dite, soit surtout dans les « greisens »
quartzeux et micacés formant des veine dans la pegmatite ou rognant aux schistes de l’éponte,
dans la zone de contact, on remarque une concentration en cassitérite dans les greisens, ,ais
nous pensons qu’on ne peut attribuer aux greisens la totalité de la cassitérite du gisement,
38
6
J. THOREAU : LA PEGMATITE DE MANONO, 1950, PAGE 351.
39
Nous plaçons ici la description des caractères des composants de la pegmatite. Pour
plusieurs minéraux, les commentaires pourront être brefs.
Feldspath potassique
Albite
L’albite d’une phase ultérieure se présente, dans les lames minces, sous forme d’un
enchevêtrement des petits prismes non orientés plus finement maclé que l’albite précédente et
non déformés. Il s’agit en réalité des cristaux tabulaires, minces dont la cassure de la roche
montre à la manière des fines aiguilles, les sections allongées clivées ; la longueur de celles-ci
est en générale inférieur à 5 millimètres, le plus souvent beaucoup plus petits, mais dans
quelques cas elle atteint et dépasse même 10 millimètres. La masse est blanche de neige, à reflet
bleutés, peut etre rapporté à la cleavelandite.
Quartz
Le quartz est en générale de teinte claire : blanc, parfois grisâtre ou jaunâtre, le plus
souvent à cassure vitreuse, mais parfois semi-laiteux, notamment là où il s’associe à des grands
spodumènes et y présente un éclat gras très marqué surtout aux endroit où se manifeste une
assimilation des terrains encaissants : schistes granitisés, pegmatite à inclusions des schistes à
biotite à trainés micacés. Par endroits le quartz de la phase à albite et spodumène montre des
trainés parallèles d’inclussions liquides ou gazeuses passant sans déviation à travers plusieurs
40
grains du minéral. C’est là un phénomène qui a été signalé souvent chez des quartzs des
gisements divers, ces inclusions peuvent être secondaires est due à l’action de solution
hydrothermales.
Micas
Les micas blancs en large paillettes, dont la formation couvre une longue période dans
la formation de la pegmatite, sont tous des muscovites.
Spodumène
On a décrit au paragraphe précédent l’aspect des gros cristaux de spodumène tels qu’ils
s’offrent l’observateur sur le terrain même, avec leurs clivages caractéristiques.
Le spodumène s’altère en une substance verte ou gris verdâtre, à cassure terne, qui se
révèle, formée d’un agrégat de très fins éléments micacés, souvent régulièrement orientés
suivant l’allongement du pyroxène primitif, on y remarque parfois un élément interstitiel à
apporter sans doute à l’albite (Landa 1950).
Béryl
Tourmaline
Tandis que les terrains encaissants contiennent en abondance la tourmaline noire (brune
en lame mince), en prismes et fines aiguilles, on trouve dans notre pegmatite que de la
tourmaline de teinte claire, bleu ou verte, celle-ci se présente sur la cassure de la roche en tache
bleu ou gerbes d’éléments prismatique longs de plusieurs centimètres.
Apatite
Il est de teintes vert pâle, passant au brun dans la section d’un même cristal, le minéral
est rendu opaque par des inclusions nombreuses.
Par ailleurs on remarque la présence des petits cristaux d’apatite en divers points dans
les schistes à biotite de l’éponte, au contact immédiat de la pegmatite. Le minéral semble y être
dû à l’influence de la masse éruptive.
41
Kaolins
Les produits kaolineux meubles qui font l’objet de l’extraction minière sons dus
probablement, pour la plus grande part, à l’altération superficielle c’est-à-dire formés par la
décomposition et la transformation très lente sous l’action des éléments climatiques de
feldspaths ou de roches contenant des feldspaths. La plupart des gisements de formation
kaoliniques ont subi l’action des eaux de ruissellement, qui ont entrainé le kaolin délayé ainsi
que des débris les plus fins des minéraux de la roche mère. Pendant le transport par les eaux.
Les conditions dans lesquelles se rencontrent ces minéraux sont décrites au paragraphe
précédent. Dans ce paragraphe nous nous bornerons à rappeler ici que la cassitérite est très
foncée, presque noire, et à signaler que la tantalite est souvent observée dans le filon de quartz
de la zone orientale. Il serait, d’après les données de notre documentation, sensiblement plus
riche en tantale que celle de la pegmatite : 45% Ta2O5 environ pour la première, 30% Ta2O5
pour la seconde, nous ne possédons pas d’analyses nouvelles.
Nous nous bornerons pour ces minéraux à une simple mention, le zircon trouvé dans
divers concentrés de lavage d’après ([Link], archive inédit), proviendrais des schistes
encaissants ; peut-être constitué-t-il, là où la pegmatite s’est substituer au schiste, un élément
résiduaire au sein de la pegmatite.
Les oxydes de fer et manganèse sont des produits secondaires, très commun notamment
en dendrite dans les joints de la roche.
La définition d'un métal rare varie selon l'abondance, le prix courant et l'utilisation
industrielle de l'élément. Cependant, les chercheurs, les géologues et les ingénieurs de
l'industrie minière de même que les prospecteurs considèrent que les éléments suivants
appartiennent au groupe des métaux rares (Cerny, 1981, 1989 ; Boily, 1989) soit : le zirconium
(Zr), le niobium (Nb), le tantale (Ta), l’étain (Sn), le wolfram (W) le béryllium (Be), le lithium
42
(Li), le hafnium (Hf), le rubidium (Rb) et le thorium (Th) ainsi que les « Éléments des Terres
Rares » ou ETR. Les ETR comprennent les lanthanides regroupant 15 éléments (La, Ce, Pr, Nd,
Pm, Sm, Eu, Gd, Tb, Dy, Ho, Er, Tm, Yb, et Lu ainsi que l'yttrium (Y). Une description
succincte des principales utilisations des divers métaux rares de la pegmatite de Manono est
présentée ici.
Parmi ceux de ces métaux rares qui possèdent un intérêt stratégique élevé, le Li est
majoritairement utilisé (71% de la production mondiale) pour la conception de batterie à
Lithium particulièrement destinées à l’industrie automobile, le Ta est utilisé dans la conception
des condensateurs, qui sont des composants d’appareils électroniques (ordinateurs,
smartphones, ….). Le Nb entre principalement dans la fabrication d’alliages de l’acier, destiné
à la construction, à l’industrie automobile et à la fabrication de pipe-lines. Le Sn et le W sont
diversement utilisés dans l’électronique, le génie des procédés et la conception d’alliages (fer-
blanc, bronze, laiton, acier…).
LITHIUM (Li)
Le lithium est un métal alcalin, occupant les 32 rangs sur 83 des éléments
significativement présents au sein de l'écorce terrestre (abondance moyenne estimée entre 20 et
35 ppm). Il est également présent dans les océans à raison de 0,18 mg/L. Le lithium ne se
rencontre jamais à l’état natif, autrement dit sous forme métallique. Il se présente sous forme
dissoute, en solution dans des fluides (saumures ou « salars », eaux souterraines géothermales,
eau de mer, etc.), ou sous forme solide au sein du réseau cristallin de minéraux, notamment les
phosphates et les silicates. Environ 145 espèces minérales contenant du lithium sont
répertoriées.
UTILISATION DE LITHIUM
Le lithium (Li) est utilisé dans les produits industriels sous forme de métal, de composé
ou de minéral. La faible densité du Li, son petit rayon ionique, son électropositivité élevée, et
sa basse température de fusion favorisent sa grande utilisation dans les produits de céramique,
les batteries et l'industrie nucléaire.
Batteries : Les propriétés ioniques du Li sont favorables à son utilisation dans les
batteries rechargeables de longue durée. Aujourd’hui, le principal secteur tirant la vente de ces
batteries est la production de véhicules électriques. La consommation totale de lithium pour cet
usage est passée d’une part de marché de 20% en 2008 (soit 4 260 t Li) à près de 58% en 2018.
Selon les prévisions, cette part pourrait passer à 85% en 2025 voire 2030.
L’Afrique (fig. 3.2) semble bien positionnée pour jouer un rôle significatif dans la
production future avec quatre projets de pegmatites à spodumène à l’étape de faisabilité. C’est
en particulier le projet Manono en République Démocratique de Congo, développé par la
44
compagnie australienne AVZ Minerals Ltd., qui présente les meilleures chances de réussite à
court terme, après la finalisation du rapport définitif de faisabilité du premier semestre 2020.
Figure. 3.2 : Afrique : état d’avancement des projets d’extraction de Lithium de qualité batterie.
LE CESIUM (Cs)
7
[Link]
45
2013). Le principal minerai du césium est la pollucite. (CsAlSi2O6), rencontré uniquement dans
les pegmatitiques de type LCT les plus évoluées, en association avec le spodumène ou la
pétalite, le lépidolite et les tourmalines lithinifères (e.g. London, 2008). La concentration en Cs
dans la croûte avoisine 3 ppm. Cette concentration atteint ~ 6 ppm dans les granites. Le Cs est
très soluble (compatible) dans les liquides hypersilicatés (> 68% SiO2). Par conséquent, la
teneur en Cs doit être très élevée pour saturer le magma en pollucite aux conditions
magmatiques (~ 700°C), London (2008). D’après London et al. (1998), la concentration en Cs
doit atteindre ~ 40 000 ppm dans les magmas granitiques hydratés pour que la pollucite puisse
cristalliser. La grande majorité de corps magmatiques felsiques n’atteignent pas ce degré de
fractionnement, et la plupart du temps, le Cs est dispersé dans les micas au dernier stade de la
consolidation. Par conséquent, il n’existe que très peu de pegmatites riches en pollucite. La
pegmatite de Manono quant à lui contient plus de lépidolite que de pollucite.
TANTALE (Ta)
Le tantale (Ta) possède un point de fusion extrêmement élevé (3017 °C), une force de
tension atteignant le double de celle des alliages d'acier et une résistance à l'altération par les
acides. Appareils électroniques : Approximativement les deux tiers de tout le tantale extrait sont
utilisé dans la production de composantes électroniques, notamment les capaciteurs.
8
Métallurgie : Des alliages de Ta très résistants et pouvant subir de hautes températures entrent
dans la fabrication de moteurs d'avion. Le Ta métal, par ses qualités anticorrosives et sa
résistance à la chaleur, sert de scellant dans les usines chimiques et nucléaires. Produits
résistants : L'extrême dureté du carbure de Ta permet son utilisation dans les outils coupants,
les têtes de foreuses et d'autres équipements miniers. Verres : L'oxyde de Ta est ajouté au verre
pour augmenter son indice de réfraction et produire des lunettes et des lentilles de caméra plus
légères. Industrie médicale : La résistance à la corrosion du Ta permet son utilisation dans la
fabrication d'implants et d'instruments chirurgicaux.
Plus de 96 espèces minérales porteuses de Ta ont été répertoriées dans la littérature (e.g.
Audion & Piantone, 2011), 85 d’entre elles sont porteuses de Ta sous sa forme sous sa forme
8
SARAH DEVEAU : CARACTERISATION DE LA MISE EN PLACE DES CHAMPS DE PEGMATITES A
ELEMENTS RARES DE TYPE LCT, pages 40
46
de pentoxyde (Ta2O5) Seule une dizaine présente une teneur significative en Ta2O5. Les
substitutions du Nb et du Ta sont nombreuses. La composition des minéraux du groupe de la
colombo-tantalite varie entre le pôle colombite (Nb2O5) et le pôle tantalite (Ta2O5) Le principal
minerai du tantale est la tantalite (Fe, Mn) (Ta2O5).
La production minière de tantale raffiné a été estimée en 2013 entre 1100 et 1300 t (e.g.
USGS, 2015 ; BRGM, 2015). Les mines artisanales du Rwanda représentent à elles seules 44,5
% de la production mondiale. Le République Démocratique du Congo est le 2ème producteur
avec plus de 19 % du tantale mondial extrait de ses mines artisanales. Le Brésil est 3ème du
classement avec seulement 7,7 % de la production mondiale (e.g. Audion & Piantone, 2011).
Fig. 3.3 : Evolution de la production minière de tantale depuis 1990, jusqu’à 2014. Notez le transfert brutal de la production
depuis l'Australie vers l'Afrique Centrale et la région des grands lacs à partir de 2009. Données disponibles sur
[Link]
NIOBIUM (Nb)
Le niobium (Nb), tout comme le tantale, est un bon conducteur d'électricité et de chaleur.
Il possède une température de fusion élevée (2470 °C) et est résistant à l'attaque chimique.
Aciéries : Le Ferro columbium et le Ni-columbium sont utilisés dans l'industrie de l'acier.
Industrie : De nouveaux superalliages de Fe-Ni-Nb sont utilisés dans l'industrie aérospatiale, la
construction des turbines génératrices à gaz ainsi que dans les équipements de combustion
résistants à la chaleur et les moteurs de fusée.
48
L’ETAIN (Sn)
9
La cassitérite est le principal minerai d’étain, exploité depuis l’époque colonial dans
les gîtes de la pegmatite de Manono par la société Géomine (compagnie géologique et minière
des ingénieurs industriels belges) , créé en 1910 et a exploité l’étain du gisement de Manono-
kitotolo pour devenir un de plus grands producteurs d’étain au monde, puis il a été repris par la
société Zaïretain en 1968 qui sera par la suite devenu Congo-étain. Le gisement de Manono-
Kitotolo comprend une réserve de plus de 165 000 tonnes d’étain.
L’étain étant un élément assez rare, sa consommation n’est pas très élevée en
comparaison à d’autres métaux. Selon l’international Tin association, en 2018, 372 000 tonnes
d’étain ont été consommée dans le monde. Selon sa consommation en 2018, son utilisation se
repartie comme suit :
9
SARAH DEVAU : CARACTERISATION DE LA MISE EN PLACE DES CHAMPS DE PEGMATITES A ELEMENTS RARES DE
TYPE LCT, page 44
49
CONCLUSION GENERALE
Nous voici à la fin du présent travail consacré à l’étude d’impact économique des
ressources minérales du plutonisme felsique à intermédiaire. (cas de la pegmatite de Manono-
Kitotolo). Après avoir défini la problématique, nous sommes partis des hypothèses selon
lesquelles, la genèse de pegmatites granitiques est expliquée par deux modèles distincts se
basant sur les relations structurales des pegmatites avec leurs roches encaissantes, mais aussi
sur la comparaison de la signature géochimique des pegmatites avec celles des encaissants. Ces
deux modèles sont le modèle de fusion partielle d’un protolithe, et le modèle de différenciation
magmatique d’un granite parent. Nous avons tentés de présenter ces deux modèles avec les
arguments en faveur ainsi que leurs limites.
Ces grandes parties nous ont permis d’élucider les phénomènes géologiques liés à la
formation des pegmatites de Manono et ainsi classer ces pegmatites à la famille géochimique
de pegmatites à éléments rares des types LCT.
Toutefois cela n’implique pas que les leucogranites de Lukushi et M’pete soient
précisément les granites parentaux de pegmatite de Manono-Kitotolo, puisque les pegmatites
fondues peuvent provenir des sources granitiques plus profondes.
1. La métallurgie des métaux légers (Be, Li, plus léger que l’eau) ;
Notre étude a voulu, être, en première lieu descriptive. Même ainsi considérée, elle reste
fort incomplète. Des nouvelles études permettrons presque certainement d’allonger la liste de
minéraux du gisement et de préciser l’esquisse qui a été présentée des diverses étapes de la
formation de la roche.
51
4. HYPOTHESE ......................................................................................................................... 2
7. DIFFICULTES RENCONTRES............................................................................................. 3
UTILISATION DE LITHIUM...................................................................................................... 42
TANTALE (Ta)..................................................................................................................... 45
BIBLIOGRAPHIE
I. OUVRAGES
1. Dewaere (2015) : Geological setting and timing of the world-class Sn, Nb-Ta
and Li mineralization of Manono-Kitotolo (Katanga, Democratic Republic of
Congo)
2. J. THOREAU (1950), La pegmatite stannifère de Manono (Katanga), inédit.
3. L. LANDA. D. KARPOFF et E. CLAEYS, communication N°1, Géologie du
gisement de Manono, Bruxelles (1950).
4. Atlas de la république du Zaïre, édition jeune Afrique, Paris 1978.
5. Géologie des ressources minérales : Michel Jebrak et Eric Marcoux (2008).
III. THESES
[Link]
[Link]
paradoxes