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Du même auteur
Lacritique desdieuxdans leLivredela Sagesse (Sg13-15). Collection
Analecta Biblica, 53. Rome, Institut Biblique, 1973, XIX-323 p.
Morale et Ancien Testament, en collaboration avec J. LH
' OUR et J.
[Link] Vitae, [Link]-la-Neuve, Centre
Cerfaux-Lefort, 1976, 184p.
Lesacré dans l'Ancien Testament, dans L'expression du sacré dans les
grandesreligions, tome 1:Proche-Orientancien ettraditions bibliques,
ed. J. RIES. Collection Homo religiosus, 1: Louvain-la-Neuve, Centre
d'Histoire des Religions, 1978, pp. 205-289.
La Sagesse de l'Ancien Testament, encollaboration. Collection Biblio-
thecaEphemeridumTheologicarumLovaniensium,[Link],Ducu-
lot - Leuven, University Press - Peeters, 1990, 455 p.
LaSagesse etJésus-Christ, encollaboration avec J.-N. [Link]-
tion Cahiers Évangile, 32. Paris, Cerf, 1980,75p. Traduit enespagnol,
en italien et enportugais.
LaSagessed'Israël. BenSirac, leLivredela Sagesse, encollaboration.
CollectionÉcouterlaBible, [Link], DescléedeBrouwer, 1982,195p.
Sagesse de Salomon (ou Livre de la Sagesse), dans le Supplément au
Dictionnaire dela Bible, tomeXI, fascicule 60. Paris, Letouzey &Ané,
1986, col. 58-119.
Édition de: M.-J. Lagrange, L'Écriture enÉglise. Choixdeportraits et
d'exégèse spirituelle (1890-1937). Collection Lectio divina, 142. Paris,
Cerf, 1990, 225 p.
Édition de: M.-J. Lagrange, Exégète à Jérusalem. NouveauxMélanges
d'Histoire Religieuse (1890-1939). Collection Cahiers de la Revue Bi-
blique, 29. Paris, Gabalda, 1991, 259p.
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LES
LOUANGES
DU
SEIGNEUR
Commentaire pastoral et spirituel
des psaumes
du dimanche et des fêtes
par
Maurice GILBERT, S.J.
Préface de Claude WIÉNER
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Traduit en italien par:
«la Laude del Signore»,
éditon A.D.P. - Roma.
Coédition : Gédit - Edime International
ISBN 2-87217-22-7
D 1991-0774-23
(Q Edime International, 1991
Textes liturgiques © A.E.L.F., Paris.
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Àla mémoire de
José FEDER, s.j.
Il habitait les psaumes.
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Imprimi potest
Rome, le 5 mars 1991
Klemens Stock, S.J.,
Recteur
de l'Institut Biblique Pontifical
Imprimatur
Tournai, le 15 mars 1991
Albert Milet,
Ep. del.
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PRÉFACE
Lelivredescentcinquantepsaumes tientuneplace trèsparticu-
lière dans la Bible comme dans la vie de l'Église.
Dans laBible, il estle livre delaprière. Certes, ilYaçàetlà des
prières dansd'autres livres delaBible... et, d'autrepart, uncertain
nombre depsaumes ne sontpas à proprementparler desprières,
car ils ne s'adressent pas à Dieu —il suffit, pour s'en rendre
compte,delire [Link] estdevenu
tout entier le livre des chants liturgiques du temple de Jérusalem
avant de devenir celui des synagogues. C'est là que s'exprime tout
ceque le croyantpeut ressentir devantsonDieu: angoisse oujoie,
appel au secours ou action de grâce, détresse oupaix profonde,
peur ou confiance, retour sur le passé individuel et collectif ou
attentepassionnée del'avenir. Bref, tout l'hommeest là devantson
Dieu, à lafois dans sa relation personnelle au Seigneur et dans la
communion de son peuple.
Etl'Église n'apas tardé à s'yreconnaître. Ellea créé, certes, ses
propresprières etseschants, maisellea eutrès tôtconsciencequ'il
y avait dans les psaumes un trésor inestimable où pouvait se
retrouver tout homme et tout l'homme, en communion avec le
Christquia lui-mêmeprié aveccesmots. Cesontdonclespsaumes
qui constituent la trame de l'office divin que l'Église —spéciale-
ment les religieux et lesprêtres —célèbrent au long desjours. Et
dans la liturgie de la Parole, la réforme issue du concile Vatican
II a rétabli pour chaque messe, après la première lecture et en
liaison avec elle, un "psaume responsorial": quelques strophes
choisiesavecunrefrain; ainsi, aprèsla lecturedelaParoledeDieu
vient la réponse dupeuple tirée elle-même de la Parole de Dieu:
l'Esprit nous donne ainsi les motspour lui répondre.
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Ce sont lespsaumes choisis au long de l'annéepour les messes
des dimanches et desfêtes qu'on trouvera dans ce livre. Celui-ci
permettra donc depréparer cette partie de la liturgie dominicale
oufestive, mais au-delà de cet usage, on a làplus de la moitié des
centcinquantepsaumesde la Bible, enreprésentant les différentes
catégories; celadoitpermettreà chacun, à chaquegroupe,detrou-
ver une nourriture pour sa prière.
Le commentaire n'est évidemmentpas destiné à remplacer le
texte lui-même. Il est à son servicepour le situer, s'il ya lieu, dans
son contexte historique, pour faire saisir le déroulement de la
prière et ses différentes étapes,pour expliquer les motsouexpres-
sionsdifficiles,pouraideràdesrapprochementsavecd'autrespar-
ties de la Bible..., brefpourpermettre dereprendre ensuite le texte
lui-même et d'en tirer le maximum de richesse. Et le guide mérite
confiance: le Père Maurice Gilbert, quifut Recteurduprestigieux
Institut Biblique Pontifical de Rome, est à lafois un exégète à la
compétence indiscutable et unhabituédespublicsdechrétiensqui,
sans avoir uneformation spéciale, souhaitent se nourrir de la Pa-
role de Dieu.
Ce livre devrait donc aider des croyants à se nourrir des
psaumes. Pour en tirer le meilleur parti, ils devront d'abord
chercher à rejoindre leurfrère du tempsjadis qui a écrit ce texte,
etya exprimésafoi. Puis ils chercheront si ce cri, cetappel, cette
action de grâce rejoint leurpropre vie ou celle de tel ou telfrère,
deteloutelgroupe humaindenotremonde:prieraveclespsaumes,
cen'estpas seulementprier ensonpropre nom, c'est aussiprier au
nomdesfrères proches ou lointains. Et tout cela en relation avec
le Christ, quenouspouvonsreconnaîtreà lafois dansceluiquiprie
et dans celui à qui s'adresse la prière.
Àtous les lecteurs de ce livre,je souhaite d'y trouver ce qui les
fera grandir dans lafoi.
Claude WIÉNER
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INTRODUCTION
Laprière estunfait universel. Lescivilisations les plus ancien-
nes, les cultures lesplus éloignées delanôtre nous enapportentle
témoignage. Chant de louange, appel au secours, aveu et repentir
ouremerciementpourunefaveurobtenue,laprièreestunmoment
privilégié: l'être humain s'adresse directement à la Toute-Puis-
sance dontil reconnaît dépendre.
L'Écriture Sainte elle aussi est toute pétrie de prière. Depuis
l'intercessiond'AbrahamenfaveurdeSodome(Genèse18,22-33)
jusqu'aux chœurs des saints dans le ciel qu'entrevoit l'auteur de
l'Apocalypse, à chaque étape de son histoire, le peuple de Dieu
élèvelavoixdesaprièreverssoncré[Link]é:
Moïse(Exode32,9-14), les rois (2Samuel7,18-29; 1Rois8), les
prêtres(Esdras9),lesprophètes(Jérémie14),lessages(Sagesse9).
Cartoute laBible aconservé detrès belles prières. Dansles livres
les plus récents del'ancienne Alliance, ontrouve des confessions
despéchés(Néhémie9;Daniel3,25-45;9,4-19),dessupplications
pour le peuple en détresse (Esther 13, 8-17) ou pour soi-même
(Tobie3, 1-6; Esther 14, 3-19), des chants d'action degrâce (Ben
Sirac51, 1-12). Parfois—et dès les temps les plus anciens—,les
prières sont devéritables psaumes; tel le cantique deMoïseaprès
lepassagedelamer(Exode15)ouceluiqu'onluiattribuepeuavant
samort(Deutéronome32), lecantique d'Anne, lamèredeSamuel
(1Samuel2),l'actiondegrâceduroiDavidvieillissant(1Chroniques
29, 10-19) oucelui d'Ézékias malade (Isaïe 38, 10-20), la suppli-
cation deJonas (Jonas 2) oucelle du livre de BenSirac enfaveur
dupeupleetdeSion(BenSirac36)ouencorele cantique destrois
jeunes gens (Daniel 3, 52-90). Dans le Nouveau Testament, le
Magnificat de Marie (Luc 1, 46-55) et le Benedictus deZacharie
(Luc 1, 68-79) sont des chefs-d'œuvre du genre; mais d'autres
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prières, différentes des psaumes, s'y trouvent aussi, telle la prière
de la communauté de Jérusalem (Actes 4, 24-30). Et surtout
l'exemple de Jésus entraîne ses disciples; il rend gloire à son Père
(Matthieu 11,25-26),ilpriepourles siens (Jean17),il leurenseigne
commentprier(Matthieu6,9-13). Toutescesprièresbibliques sont
restées chères aux chrétiens.
Pourtant le Psautierjouit d'une place privilégiée, caril renferme
les louanges duSeigneuret les prières que le peupleélu, rassemblé
au sanctuaire, chantait au cours de la liturgie. Et les chrétiens, dès
les origines, les ont chantées à leur tour,jusqu'à nosjours. Paroles
inspirées autant queparoles d'hommes, prononcées devant Dieuet
s'adressant souvent àlui, les psaumesdévoilent avec unmaximum
de sincérité et d'authenticité l'âme du peuple de Dieu: la présence
duSeigneurausanctuaire neseprêtepas àl'hypocrisie. Prièrepure
et vraie, écho lyrique de la Loi, des Prophètes et des Sages, le
Psautier a façonné des générations de croyants de l'ancienne
Alliance comme de la nouvelle et, comme il est au cœur de la
liturgie d'Israël, il demeure unélément essentiel duculte chrétien.
Pour permettre aux chrétiens d'entrer dans l'intelligence du
Psautier,unedoubledémarchepeut apporteruneaide: enpartantdu
livre des psaumes tel qu'il nous parvient, onpeut remonter dans le
tempsjusqu'à sesoriginespourenmontrerlesprincipales étapes de
composition et les caractéristiques essentielles; ensuite, redescen-
dant le cours des temps, on peut souligner l'usage liturgique du
Psautier en Israël, puis dans l'Église jusqu'aujourd'hui et en
expliquer brièvement le sens chrétien.
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I. VERSLES ORIGINES DUPSAUTIER
Letexte du Psautier
Écrit enhébreu aulong dumillénaire qui précéda la naissance
de Jésus, traduit en grec, au 2e siècle avant notre ère, pour la
Diasporajuive d'Alexandrie, et ensuite en latin pour la commu-
nauté chrétienne, le Psautier nous parvient en français dans une
traduction liturgique officielle. Fidèle à la tradition chrétienne,
héritéesurcepointdujudaïsmeancien,cettetraductionrendlenom
deYHWH(Yahweh) par le Seigneur. Cedétail, dont la valeur se
mesure au respect qu'il exprime, ne peut laisser croire que la
fantaisie se soit donné libre cours dans l'effort de traduction: la
version française seveutfidèle auxtextes originaux. Maisceux-ci
n'ont pas la limpidité qued'aucuns s'imagineraient: beaucoup de
passages de ces textes vieux de plus de deux mille ans restent
obscurs. Dans l'interprétation deceux-ci, des options durent être
prises (et elles sontparfois sujettes àdiscussions), mais la fidélité
à l'original hébreu s'est alors doublée souvent d'une fidélité à la
tradition chrétienne.
Un simple coup d'œil sur les psaumes signale leur caractère
poétique. Ils recourent à toutes les formes du lyrisme. Deux
particularitésdel'écriturepoétiquebibliqueméritentd'êtrerelevées.
1. Levers hébraïque secaractérise, nonparlarime, maisparle
parallélismedesesdeux(outrois) membres. Onconnaîtplusieurs
formes deparallélisme:
—leparallélismesynonymiqueprésentelamêmeidéeavecdes
mots semblables:
Qu'est-ce que l'homme pourquetu penses àlui,
le fils d'un homme, quetu enprennes souci?
Psaume8, 5
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—leparallélismeantithétiqueopposedefaçonsymétriquedeux
contraires:
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des pécheurs se perdra.
Psaume 1,6
—le parallélisme synthétique développe et précise dans le se-
cond membre l'idée exprimée dans le premier:
Aujugement, les méchants ne se lèveront pas,
ni les pécheurs, au rassemblement des justes.
Psaume 1,5
Onl'aura remarqué, le parallélisme peut se doublerd'un croise-
ment des expressions parallèles: c'est le chiasme (voir Psaume 1,
5).
2. Levers hébraïque comporte deux outrois accents surchacun
deses membreset ces accents seplacent sur la dernière syllabe des
mots importants. Lalangue française metégalementl'accent surla
finale des mots: il était donc possible de rendre dans la traduction
française quelque chose du rythme de la poésie hébraïque.
La préhistoire du Psautier
Dans son état présent, déjà fixé deux siècles avant le Christ,
lorsqu'il futtraduitengrec, le Psautiersecomposede 150psaumes.
Les raisons de leur ordre actuel nous échappentenpartie. Pourtant
le Psautier a conservé les traces de sa préhistoire.
1. Ainsi les 150 psaumes se divisent en cinq livres, probable-
ment àl'instar des cinq livres dela Loi (ou Pentateuque): 1-40; 41-
71; 72-88; 89-105; 106-150. Chacun de ces livres se termine en
effet par une brève acclamation en l'honneur du Seigneur (voir
Psaumes 71,18-19; 88,53), saufau dernier livre oùle Psaume150
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en entier remplit cette fonction. Cependant cette organisation ul-
time du Psautier éclaire à peine son histoire.
2. Uneautreconsidérationpermetderemonterplushautdans le
passé. On observe en effet que dans les Psaumes 41-82, Dieu est
appelé Élohim, de façon presque systématique, tandis qu'ailleurs
son nom personnel jadis révélé à Moïse (Exode 3, 14), le tétra-
gramme sacré YHWH,traduit par le Seigneur en signe de respect,
apparaît continuellement. Il semble donc qu'indépendamment des
cinq livres, trois recueils différents aient existé à un certain mo-
ment: Psaumes 1-40; 41-82; 83-150.
3. Il estcertain, enoutre, qu'un stadeplus anciendelaformation
du Psautier puisse être atteint. Le texte hébreu des psaumes trans-
met en effet, pour la plupart d'entre eux, des titres (omis dans la
présente traduction liturgique). Or ces titres fournissent quelques
brèves indications sur l'origine d'un grand nombre depsaumes. À
la lumière de ces titres, on découvre trois milieux principaux de
collection de psaumes à l'usage de la liturgie:
—73 psaumes sont attribués àDavid, sans qu'il faille tenir ce
grand roi pour l'auteur de chacun d'eux; ce fut probablement la
collection qui porta le nom de David. On y trouve surtout les
Psaumes 3-40, soit presque tout le premier livre de l'organisation
finale, les Psaumes50-64 et 67-69 (le Psaume 71, pourtant attribué
àSalomon,s'achèvemêmeparcettenote: "findesprières deDavid,
fils deJessé"), les Psaumes 107-109 et 137-144. Laplupart deces
psaumes, qui forment ensemble près de la moitié du Psautier, sont
des prières dedemande individuelles, plus liées à la royauté qu'au
culte du Temple.
—12psaumes sont attribués auxfils deCoré: 41-48; 83-84; 86-
87; ils encadrent 12psaumes attribués àAsaph: 49et 72-82. Cesfils
deCoréet(d')Asaphétaientdesléviteschargésduchantliturgique.
Les psaumes de leurs collections ont un caractère plus national et
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leur rapport au culte est plus perceptible. Les psaumes d'Asaph
sont plus sombres et plus dramatiques que ceux des fils de Coré.
Ces trois collections occupent les trois premiers livres du
Psautier. Par contre, dans les deux derniers livres, on trouve trois
autres collections thématiques sans attribution:
—les Psaumes 92-98 célébrant le règne du Seigneur;
- les Psaumes119-133pourlesmontéesenpèlerinageàJérusa-
lem;
—etdespsaumescommençantpar1'invitationAlléluia, "Louez
le Seigneur": 104-106; 110-117; 134-135; 145-150.
Si on reconnaît l'existence de ces collections, le principe qui a
présidé à leur agencement nous échappe.
Laconstitution decesdiverses collectionsnesemblepasremon-
ter au-delà de l'Exil (586-539). Pourtant ontrouve dans toutes ces
collections des psaumes beaucoup plus anciens, dont certains
mêmepourraient avoir été composés au début de l'époque royale.
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Les genres littéraires
Pour expliquer la formation des psaumes, l'exégèse moderne a
distingué quelques grandes catégories de psaumes, définies en
fonction, non pas de leur attribution, mais de leur forme littéraire,
deleurcontenuetdumilieu deviequiles avusnaître: ondétermine
ainsi trois genres littéraires principaux:
—Dansleshymnes,onlouele Seigneurpourlesmerveillesqu'il
a réalisées soit dans la création (ainsi le Psaume 8) soit dans
l'histoire dusalut (ainsi le Psaume102). Cespsaumes débutent par
uneinvitation àlouerle Seigneur, puis ils développentlesmotifs de
la louange, et enfin ils reprennent l'invitation initiale ouformulent
une brève prière. Les psaumes qui célèbrent le règne du Seigneur,
les cantiques des "montées", les psaumes en l'honneur de Sion et
ceux qui magnifient le roi (Psaumes 2 et 109, par exemple)
s'apparentent à ce premier genre.
—Lessupplications formulent des demandes adressées au Sei-
gneur soit par un seul individu (le Psaume 21) soit par la commu-
nauté (Psaumes 78et 79). Cesprières commencentparunappel au
secours; puis elles décrivent la misère présente, soit la maladie,
l'injustice etc. dans les supplications individuelles, soitundésastre
national, sécheresse, défaite militaire, etc. dans la supplication
nationale. Ces descriptions imagées cherchent à émouvoir le
Seigneur, auquel onrappelle ses bienfaits passés et ses promesses.
Marquéesd'unetrèsgrandeconfiance, lessupplications s'achèvent
souvent d'une manière abrupte.
—Les actions de grâces remercient le Seigneur pour les bien-
faits reçus soit par un individu (ainsi le Psaume29) soit par tout le
peuple (ainsi les Psaumes 66 et 117).
Àces genres littéraires principaux, s'ajoutent quelques autres
(que le commentaire signalera). Deux d'entre eux doivent être
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signalésici: cesontlespsaumesdidactiquesquichantentlabeauté
et la grandeur delaLoi (Psaume 1; 18, 8-15; 118), et lespsaumes
alphabétiques. Qu'entend-on par psaume alphabétique? L'alpha-
bethébreucomporte 22lettres. Si l'on metentête dechaque vers
oudechaquestropheunmotcommençantparunelettredifférente,
selon l'ordre del'alphabet hébreu(voirPsaumes24;33; 111; 118;
144),onobtientuntextequelamémoireretientplusaisément, sans
doute, mais aussi un texte dont on veut souligner l'importance.
C'est unmessageplein qu'on avoulu yexprimer, unetotalité, de
A à Z, dirions-nous; car toutes les virtualités de l'écriture s'y
trouventinscrites implicitement,pourlaprière,laméditation,oula
louange. Ondevine enoutre dansceprocédé, impossible àrendre
en français, tout le respect dont l'art de l'écriture fut entouré:
l'écriture humaine devenait Écriture Sainte.
L'origine des psaumes
Si l'on admet aujourd'hui que le milieu d'origine des trois
genres littéraires fondamentaux doit être le culte, tout reste encore
obscur en ce qui concerne l'origine des psaumes eux-mêmes. En
particulier deux questions demeurent sans réponse communément
acceptée.
L'emploi duje dans un psaume indique-t-il une origine et une
utilisation vraiment individuelles? Aucunesolution absolueet sans
nuancesnerendcomptedestextes. Autantil est illusoire devouloir
ramener tout je à un nous implicite désignant la communauté,
autantil seraithâtifdeprendre chaqueje pourunedésignation d'un
seul individu. Un je peut fort bien manifester la composition
strictementpersonnelle d'unpsaumequi, finalement, estentrédans
la patrimoine liturgique commun d'Israël.
D'autre part, la datation dechaquepsaume suscite encorebeau-
coup d'incertitude, bien quela tendance sedessine actuellementen
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faveurdeleurancienneté. Maisdenouveauencettematière aucune
position absolue n'a dechance derejoindre l'objectivité. Il yades
psaumestrès anciens, du 10esièclemême,et il s'en trouve d'autres
qui proviennent d'après l'Exil (tels les Psaumes 125 et 136).
II. LEPSAUTIER HIER ETAUJOURD'HUI
Les psaumes dans la liturgie d'Israël
Onnesaitpasgrand-chosedel'usage quel'ancienIsraël faisait
des psaumes dans sa liturgie. Il importe de noter tout d'abord
qu'Israël ne connaissait pas notre distinction moderne entre fête
religieuseetfêtecivile. Toutefêteétaitreligieuse. Elleréunissaitla
communautéleplus souventausanctuaire,quiàpartirdu7esiècle
fut uniquement le temple deJérusalem. Pourtant, durant l'Exil et
aprèsleretour,laliturgiepouvaitsedéroulerend'autreslieux(voir
par exemple Psaume 136; Sagesse 18, 9; Matthieu 26, 30): dès
l'origine,lerepaspascalsecélé[Link]éroulementdes
cérémoniesestmalconnu. Certes des groupesdechantres avaient
au Temple la responsabilité du chœur: les fils de Coré et ceux
d'Asaph étaient dunombre; ils avaient leurs collections attitrées
qui furent intégrées plus tard dans le Psautier. Mais leur fonction
n'était paspurementvocale: ils accompagnaientleurs chants avec
denombreuxinstruments,surtoutàcordes; lePsaume150suggère
un véritable orchestre. On dansait également. On organisait des
processions aucours desquelles onexécutait despsaumescomme
le Psaume23,par exemple. Lescantiques des montées (Psaumes
119-133) devaient être utilisés lors des pèlerinages au sanctuaire.
L'assembléeelle-mêmechantaitprobablementtelleoutellepartie,
bienquesurcepointlesrenseignementsfournisparlaBiblesoient
[Link]ésdansquelquespsaumes:
Psaumes 8; 41; 42; 45; 66; 79; 135. Les Psaumes 23 et 117
suggèrentundialogueentreplusieurs groupes. Bref, unevéritable
ambiance de fête devant le Seigneur.
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Les psaumes dans la liturgie chrétienne de la Parole
Les psaumes sont fréquemment cités ou utilisés dans le Nou-
veau Testament. Ce fait montre combien les premiers chrétiens,
venusdujudaïsmecommedumondepaïen, étaient familiers dece
recueil. Il semble cependant que durant les célébrations propre-
mentchrétiennes centrées surl'Eucharistie, les chrétiens desdeux
premiers siècles aientutilisé, plutôtquelespsaumes,desprièreset
deshymneschrétiennes. Pourtant, autourdesannées200,croit-on,
et probablementparsouci depureté doctrinale, —l'erreur gnosti-
que avait envahi, pense-t-on, bonnombred'hymnes chrétiens —,
l'Église retourna aux psaumes et les intégra à sa liturgie de la
Parole,déjàconstituéedanssesélémentsessentiels: Tertullien(De
l'âme, 9,4) enrésumeainsi l'agencementversl'an 200: lecturede
l'Écriture, chant depsaumes, homélie, prière.
Du3eau6esiècle, lepsaumeétait proclaméou, depréférence,
chanté tout entier par un psalmiste; celui-ci n'était donc pas
normalement le lecteur de la première lecture. Au 4e siècle, le
psalmiste appartenait mêmeà un ordre spécifique et il chantait à
l'ambon, sorte d'estrade réservée àsonministère. Laraisonenest
qu'à l'intérieur delaliturgie delaParole, lepsalmisteproclamela
Parole de Dieu: qu'il chante un psaume ou un des cantiques de
l'Ancien TestamentouduNouveau,c'est toujours untextetiré de
l'Écriture. Quantàl'assemblée, elle marquerasonaccueildecette
parole de Dieu en reprenant, en guise de refrain, un passage
significatif dupsaume, de musique simple et facile àretenir; elle
répondainsi"oui"àlaParoledeDieuenlaredisantdetoutsonêtre;
de là vient le mot de répons, qui nous est resté dans la forme
caractéristique dupsaume responsorial.
Pourtant, àpartir du7esiècle, lepsaumefutréduitàunoudeux
versets, au profit d'un développement musical très soigné. Le
psalmiste le chantait alors sur les marches de l'ambon, sur ses
degrés, d'où le terme postérieur de graduel, aujourd'hui aban-
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donné. En effet la réforme instituée par le concile Vatican II est
retournée à l'ancienne tradition dupsaume responsorial, même si
onn'en retientqu'un maximumdehuitversets, pournepointlasser
l'assemblée.
Lepsaumeresponsorialvienttoujours après lapremière lecture,
dontil estenquelque sorte l'écho lyrique. Souvent,dansl'Écriture,
on trouve un cantique après le récit de grands événements: ainsi
après le passage dela mer, Moïse entonne uncantique (Exode 15);
de mêmelorsqu'Élisabeth l'accueille après l'annonciation, Marie
chante son Magnificat (Luc 7, 46-55). Cette qualité lyrique du
psaumese manifeste, non seulementdans sabeauté poétique, mais
aussi par le chant. Celui-ci permet à la Parole de Dieu de nous
pénétrer davantage, et, par notre réponse commune, elle nous
rassemble en une seule voix.
Lechoixdupsaumeresponsorial est établi selon divers critères.
Pour les grandes fêtes du cycle liturgique, le choix est celui-là
même de l'ancienne tradition. C'est le cas des fêtes suivantes:
Noël, messe de la nuit: Psaume 95
messe dujour: Psaume 97
Épiphanie: Psaume 77
Dimanche des Rameaux: Psaume 21
Veillée pascale: Psaume Il 7
Dimanche de la Résurrection: Psaume 777
Ascension: Psaume 46
Pentecôte: Psaume 103
Le psaume, qui revient les trois années (A, B, C) du cycle, est
alors compris essentiellement àla lumière dela fête qu'on célèbre.
Pour les autres dimanches du cycle et les fêtes, le choix du
psaume responsorial s'est fait généralement en fonction de la
première lecture, qu'il suit immédiatement. Cependant cette pre-
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mière lecture aété elle-mêmechoisie enfonction del'évangile. Le
psaume responsorial, écho de la première lecture, prépare donc
aussi l'assemblée à l'accueil de l'évangile. Par contre, la seconde
lecture est indépendante: elle parcourt de façon presque continue
les épîtres du Nouveau Testament.
Redire les psaumes aujourd'hui
Depuis des siècles et aujourd'hui encore, tant de croyants, juifs
et chrétiens, ou cœurs droits en quête de Dieu, reprennent les
psaumes, parce qu'ils ytrouvent l'expression la plus haute de tout
leur être et de leur vie. En eux revivent les psalmistes, avec leurs
plaintes et leurs révoltes, leur confiance, leur attente et leur adora-
tion. QuoideplusémouvantquecetteuniondeschercheursdeDieu
par-delà les millénaires et toutes nos divisions!
Prierles psaumes,c'est enassumertoute ladimensionhumaine,
celle de tout un peuple, avec qui le Seigneur a conclu une alliance
etquiattend le Messie. Onpeuts'étonnerquel'Église ait fait choix,
poursaprière liturgique, d'un recueil del'AncienTestament. Mais
quel que soit l'épanouissement de la grâce de notre baptême, ne
faut-il pas reconnaître que nous ne sommes pas encore totalement
chrétiens? Laprière deceux qui ont préparé le Christ peut grande-
ment nous aider à le rejoindre plus sûrement.
Certaines attitudesduPsautiernousdéroutent; nouslestrouvons
peu chrétiennes. Quandun psalmiste demande àDieu de punir ses
adversaires, nous nous scandalisons, car le pardon est essentiel à
l'attitude chrétienne. Avons-nous cependant lu correctement le
psaume? Jamais unpsalmiste n'a dit: "Je mevengerai", commeil
nous arrive de le faire. Il s'en remet à Dieu, maître de l'univers.
C'est lui seul qui aétabli un ordre dans le mondeet lui seul peut le
rétablir quand l'homme l'a rompuet rendre àchacun le prix de ses
actes. Quand le faible subit l'injustice ou l'oppression, c'est au
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Seigneur qu'il confie sa cause. La leçon ne devrait pas nous
échapper.
Quand les psalmistes ne semblent animés d'aucune espérance
dans l'au-delà de la mort physique, nous nous sentons gênés de
répéter leurs prières (voir par exemple le Psaume 87, 6. 11-13).
Pourtant une lueur d'espoir pointe parfois (voir Psaume 15, 10).
Mais la lumière de la foi, qui nous a été donnée, nous pousserait-
elle à méconnaître les grandeurs de ces croyants qui cherchaient
Dieu de tout leur être et attendaient sa pleine révélation? Ils
préparaient l'humanité à la venue deJésus, dont nous sommes par
grâce les disciples.
Pourtant la tradition chrétienne alu les psaumes àla lumière de
l'incarnation du Verbe, à la lumière de Jésus.
Uneconsidération fondamentale peut aider àen saisir la raison.
Jésus a prié les psaumes. Les évangiles rapportent que la dernière
Cène s'acheva par le chant des psaumes (Matthieu 26, 30); sur la
croixJésus aentonnéle Psaume21 (Marc 15,34) etquandil meurt,
leverset6duPsaume30monteàseslèvres (Luc23,46); ressuscité,
il explique aux apôtres:
Il fallait que s'accomplisse toutcequiaété écrit demoi
dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.
Luc 24, 44
Voir aussi Marc 12, 36 et 14, 62 (Psaume 109, 1).
Par son incarnation, le Verbe assume tout l'humain. Jésus a pu
redire ces prières et ces louanges qui embrassent toute la vie, les
joies et les peines, les espoirs et les angoisses humaines, toute la
geste des aïeux et toutes nos misères. Il est le juste par excellence
(Actes3,14; 7,52), il asubiles outrages, alors que "là oùilpassait,
ilfaisait le bien" (Actes 10,38). Il était sans péché (voirJean8,46;
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1Jean 3, 5), mais il a pris sur lui nos fautes.
Par saPassion et sarésurrection, il nous apporte le salut: il est le
Seigneur. C'est pourquoi, dans l'appellation grecque et latine de
Seigneur qui traduisait le nom sacré révélé à Moïse (Exode 3,14),
les chrétiens ont vu le Christ Jésus. Il comble l'espérance des
psalmistes.
Ainsilemystèredel'incarnationestlaclédelalecturechrétienne
des psaumes. Par son incarnation, le Christ "est aussi la tête du
corps, c 'est-à-dire de VÉglise" (Colossiens 7, 18). Quandla com-
munauté ecclésiale chante unpsaume, elle le fait entant que corps
du Christ, en tant que son épouse bien-aimée. Par ce biais, plus
compréhensible, l'Église sedit elle-même à son Seigneur, entoute
sincérité, avec ses grandeurs qui lui viennent de lui, avec ses rides
et ses tares dont il la purifie. C'est donc aussi la prière de l'Église
qui s'exprime dans les psaumeset parlaquelle elle entre davantage
dans le mystère du salut qu'elle doit sans cesse accueillir pour
aujourd'hui, toutcommejadis Israël dont elle estl'héritière dans la
foi.
Notre commentaire
Lechoix des psaumes commentés ici s'est porté surceux quela
liturgie chrétienne utilise les dimanches et les fêtes; ils sont plus
accessibles pour la prière et la louange ecclésiale.
Parfidélité àl'usage liturgique, onleur aconservé la numérota-
tion des anciennes versions grecque et latine; celle de la Bible hé-
braïque est ajoutée entre parenthèses en tête de chaque psaume.
Laliturgie chrétienne recourt aux psaumes à tout instant. L'of-
fice divin ou la Prière des Heures, dont l'antiquité n'est pas à
rappeler, n'a pourtant pas retenu ici l'attention. Pas plus d'ailleurs
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que les emplois secondaires dans la liturgie de la Parole, comme
antienned'ouverture, commeacclamationdel'Évangileoucomme
antienne dela communion. C'est le psaumeresponsorial qui est ici
éclairé. Quelquestables enfin devolume faciliteront leur repérage
pour les dimanches et les fêtes.
Cependant si le psaumeresponsorial actuel propose unchoixde
quelquesversets seulement,c'est enfait toutle psaumequiestvisé.
Àquelquesexceptionsprès,cesontdespsaumestoutentiers quiont
été retenus.
Lecommentairelitlepsaumecommetémoignagedel'expérien-
ce spirituelle de celui qui l'a écrit et de la communauté qui l'a
assumé. On s'est attaché en particulier à montrer la structure et le
mouvementinternedechaquepsaume.L'interprétation chrétienne,
fondée surle NouveauTestamentprincipalement, estproposée sur
la page de droite en tête de chaque psaume.
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Celivre aunehistoire. En1974,JoséFeder, s.j., m'invitaàfaire
partie de l'équipe qui préparait la collection "Écouter la Bible",
éditée par la suite chez Desclée De Brouwer. L'année suivante,
l'équipe medemandaitdecommenterles psaumesutilisés dansla
liturgie.
Rédigéaulongd'unedouzained'années,montexteétaitréguliè-
rement discuté en groupe avec Jean Brière, Paul Lamarche, s.j.,
Aimon-Marie Roguet, o.p., et Henry Troadec, o.p. Retravaillé, il
passait alors augroupe derevision, composédeMichel Danchin,
s.j., José Feder, s.j., MgrDaniel Perrot et Claude Wiéner.
Entre temps, je donnais, sur ces psaumes, des cours, des ses-
sions, des retraites, enBelgique, enFrance, auCanada, auxÉtats-
Unis, enItalie et enIsraël. Lemessage passait.
Lacollection"ÉcouterlaBible"étantinterrompue,cecommen-
taire, quetant d'amis avaient amélioré, merevint. Dedivers côtés
onm'en demandaitlapublication. AndréPierrard, deLouvain-la-
Neuve,m'enoffrelapossibilité, MlleIngridQuertonenpréparant
l'édition.
Merci àtous!
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TEXTE
ET
COMMENTAIRE
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Psaume 1
Portail à l'entrée de lagrande demeure du Psautier, commele disait
saintJérôme, le Psaume 1formeavecle Psaume2une sortedepréface
aurecueil:toutl'idéal moralducroyantetsonespérance messianiquese
trouvent ainsi exprimés dès le seuil. Lafin du Psaume 2fait d'ailleurs
échoàlabéatitude initialeduPsaume [Link]-être
eu des rapports plus étroits: le choix fondamental que décrit le Psaume
1était-il rappelé au roideJuda lejourdeson sacre? C'est possible (voir
Deutéronome 17, 18-20). Quoi qu'il en soit, le Psaume 1, du genre
didactique, est plusenlui-mêmeunsouhait, uneinvitation,qu'uneprière.
1. Heureux. Le premier mot du Psautier est une béatitude; le
discourssurlamontagne(Matthieu 5,3)commenceradelamêmefaçon.
Labéatitude est une formule par laquelle on félicite quelqu'un pour le
bonheur qui est le sien. LePsautier débute donc sur une note positive.
Chemin. L'hommeest félicité pour une seule raison, présentée
tout d'abord négativement: commeJérémie (15, 17), il ne s'est pas mis
du côté des méchants, des pécheurs, de ceux qui ricanent chaque fois
qu'il [Link] nesontnidesétrangers,
ni des athées (il n'y en avait pas à l'époque): c'est à l'intérieur de la
communautédescroyantsqueces gens fontfide Dieu. Lechemin,c'est
le modedeconduite qu'on adopte. Celuiqui nesuit pas ces réfractaires
à l'action de Dieu a pourtant choisi lui aussi une façon de vivre.
2. Laloi. Lejuste metsa joie dans l'œuvre merveilleuse que Dieu
accomplit pour son peuple et avec lui. La loi en effet, ce ne sont pas
seulement les codes législatifs du Pentateuque; c'est bien plutôt toute
l'histoiredusalutdans laquelle Dieuse révèleà l'humanitéet luipropose
l'Alliance. Le chrétien peut lui aussi entendre cette béatitude; car le
Christ, parquiDieus'incarnedansnotrehistoire, nousrévèlelePère. Par
le don de l'Esprit, la Loi n'est plus extérieure à nous: elle nous devient
intérieure (voir Romains 8, 2; Jérémie 31, 33; Ézékiel 36, 27).
Murmure. Non pas un rabâchage, mais bien la plénitude de
l'esprit et du corps: l'Alliance que le Seigneur a établie avec nous est à
ce pointaccueillie parcet hommequeses pensées etjusqu'àsa bouche
ne s'en séparent à aucun moment, ni lejour ni la nuit (voir Psaume 15,
7; Deutéronome 30, 14). Ainsi en est-il de l'amour envers le Seigneur
quand on fonde sur lui sa vie.
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Lesdeuxvoies
Tout l'idéal de la vie humaine est rappelé dès la première page du
Psautier sous forme de félicitations. Plus que tout autre, le Christ Jésus
l'a mis en pratique: "Ma nourriture est defaire la volonté de celui qui
m'a envoyé" (Jean 4, 34). Marie mérite cette autre béatitude prononcée
par son Fils: "Heureux ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la
gardent" (Luc 11,28). Pour sonÉglise, Jésus n'est-il pas "le Chemin, la
Vérité et la Vie" (Jean 14, 6)?
1 Heureux est l'homme
qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
2 mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit!
3 Il est comme un arbre
planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt;
tout ce qu'il entreprend réussira,
4 tel n'est pas le sort des méchants.
3. Arbre. Imagedelastabilité: bienenraciné, ilse dresse. Imagede
la vitalité: l'eau qui assure sa vie ne lui fera pas défaut, et donc il aura
normalement dufruit et neconnaîtra mêmepas l'automne.
Réussira. Àpremière vue, cette phrase est simpliste et fausse:
le croyantconnaît le malheurcommechacun. Maiss'il ne s'agit pas de
succès purement humain, ne peut-on dire que toute la vie du croyant
prendra unsens, mêmesi c'est le sens de la Croix salvatrice?
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4. Paille. Ceuxqui nes'enracinent pas dans le Seigneur ont lâché
celui qui leur donnait l'équilibre: ils ne connaîtront pas la stabilité inté-
rieure et extérieure; ils sont emportés au gré du vent. Ils ne sont que la
baiedubléqu'onvanne:elle n'a plusdepoidsetelle est inutile, alorsque
le bon grain est la nourriture de l'homme.
5. Jugement. L'imagede lamoissonamènecelledujugement(voir
Matthieu 3, 12; 13, 40-41). Ce jugement, c'est le rassemblement des
justes. Ainsi lejuste ne siège pas avec les pécheurs (1)et les pécheurs
n'ontpasdroità laparoledans l'assembléedesjustes. Lecloisonnement
est certain, mais l'avenir seulement le révélera, lorsque le Fils de
l'homme viendra.
6. Chemin. Lepsaumes'achève surlethèmedesdeuxvoies: celle
quiconduitàlavieetcellequivase perdre (voirMatthieu 7,13-14). C'est
le choix fondamental proposé à tout être humain: la vie ou la mort
(Deutéronome 30, 15-20), la béatitude ou la perdition, selon les deux
mots extrêmes du Psaume 1. Lechemin des justes, Dieu le connaît et
l'aime.
Psaume 2
LePsaume 2complète le Psaume 1pourformer une sorte de prélude
au Psautier. Les deux voies du Psaume 1ne sont pas uniquement un
choix pour l'individu, mais elles s'offrent aux nations. Opter pour le
Seigneur, c'est accepter son roi-messie. Avec le Psaume 71, le Psaume
2 sert aussi d'encadrement aux deux grands recueils davidiques (voir
l'introduction, p. 13).
Ce psaume, qui n'est pas plus une prière que le Psaume 1,a puservir
pour le sacre d'un roi de Juda (il est censé être prononcé par le roi lui-
même). Derrière lui, se profile l'oracle de Nathan à David(2Samuel 7,14;
Psaume 88, 28). Sur chaque nouveau roi reposait l'espérance mes-
sianique suscitée par la prophétie; elle se réalisera en plénitude en
Jésus, fils de Marie.
Le texte, admirablement travaillé, se divise en quatre strophes: au
centre, deuxstrophes (4-6et 7-9) présentent leSeigneuret le roideJuda;
l'évocation des rois de la terre les encadre dans la première et la
quatrième strophes (1-3 et 10-12).
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Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent:
5 au jugement, les méchants ne se lèveront pas
ni les pécheurs, au rassemblement des justes.
6 Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.
Tues monfils
Témoins de la résurrection du Seigneur, les Apôtres et les premiers
disciples proclament qu'en ressuscitant Jésus, Dieu lui a conféré la
royauté universelle: le roi-messie, c'est Jésus ressuscité (Actes 13, 33).
Païens et Juifs s'étaient ligués pour le faire mourir (Actes 4, 25-27).
Désormais, placé bien au-dessus des anges (Hébreux 1,5), il régnera sur
toutes les nations (voir Apocalypse 72,5) et ses fidèles partageront avec
lui cette royauté (Apocalypse 2,26-28) qui ne vient pas de ce monde (voir
Jean 18, 36). C'est pourquoi, pour les chrétiens, le Psaume 2 est surtout
un psaume pascal.
Cependant Luc (3, 22) a vu dans le baptême de Jésus, au début de sa
mission auprès du peuple, la révélation du roi-messie par le Père.
Le Credo de Nicée proclame, à son tour, le mystère du Verbe éternel
venu nous sauver: "Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le fils
unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu né du vrai
Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père". Tel est le
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Lesdeuxpremièresstrophesontlamêmestructure;aprèsuntableau
despersonnages, onentend uneparole:d'uncôtécelledelarévolte,et
del'autrecelledusacre. Lesdeuxdernièresstrophessontdesproclama-
tions; l'une est adressée parleSeigneurauroi, l'autre estdestinée aux
rois de la terre. Le mouvement d'ensemble part du tumulte général
provoquépar les rois et s'achève, par-delàlesacre duroideJuda, sur
uneexhortation adressée auxroisdelaterre: qu'ils serventleSeigneur
etrendenthommageàluietà[Link]ôleuniverselduroi,sacré
par leSeigneur, est misen relief.
1. Nations. Lamortd'un monarque était l'occasion rêvée pour la
rébellion desvassauxcontre lejougdupouvoircentral. C'est ainsi que
Edom,Moab,les Philistins,jadis soumispar David, recouvrent leurau-
tonomie.ÀlamortdeSalomon,lenordsesoulèveavecJéroboamcontre
le nouveausouverain Roboam(1 Rois 12).Sile"murmure"dujuste du
Psaume 1,2exprimelaméditationdansl'acceptationduSeigneur,celui
des nations manifeste leuropposition.
[Link] ridiculise larévolte des nations, carelle
lui paraît sans avenir, totalementvaine.
2. Messie. Leterme"messie"vientdel'hébreumashiahquisignifie
"consacré parl'onction". IlaététraduitengrecparChristos, d'où letitre
de ChristdonnéàJésus. LeroideJudaétait consacré solennellement
(voir2Samuel2,4et 5,3: David;1Rois 1,39:Salomon;2Rois 11,12:
Joas). L'oppositiondesroisetdesgrandsn'estpasd'abordpolitique:elle
s'organise contrecelui queleSeigneurasacré lui-même,etfinalement
ellesedressecontreleSeigneur lui-même,dontlesvassauxrefusentle
plan, aucentreduquelse trouveJérusalem et son roi-messie.
4. Cieux.C'estlàquetrôneleSeigneur. Lui,leroivéritable,est loin
de prendre peurdevant letumultedes nations et larévolte des rois: ils
sont pour lui objets d'amusement et de dérision. C'est bientôt sur les
rebelles eux-mêmesque vont s'abattre fureur et épouvante, quand ils
apprendrontqu'un nouveau roivientd'être sacré parleSeigneur.
6. J'aisacré. C'estbienleSeigneur quisacreleroi,parleministère
[Link]. Iltient
de luison pouvoirquinepourradoncpas être renversé.
Sion. Tel est le nomantique de la colline de Jérusalem oùse
dresse le Temple bâti par Salomon au 10e siècle. C'est à partir du
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mystère caché de toute éternité aux yeux humains que la vie de Jésus, sa
mort et sa résurrection, nous conduisent à proclamer.
La liturgie de Noël, dans l'antienne d'ouverture de la messe de
minuit, nous rappelle à la fois, que cet enfant dans la crèche est l&fils
unique de Dieu, engendré du Père avant tous les siècles, et que le
triomphe pascal est déjà présent, mais se cache: le nouveau-né de
Bethléem, c'est le Christ Jésus, notre Seigneur et notre roi.
1 Pourquoi ce tumulte des nations,
ce vain murmure des peuples?
2 Les rois de la terre se dressent,
les grands se liguent entre eux
contre le Seigneur et son messie:
3 "Faisons sauter nos chaînes,
rejetons ces entraves!"
4 Celui qui règne dans les cieux s'en amuse,
le Seigneur les tourne en dérision;
5 puis il leur parle avec fureur
et sa colère les épouvante:
6 "Moi, j'ai sacré mon roi
sur Sion, ma sainte montagne".
7 Je proclame le décret du Seigneur!
sanctuaire, centre de la Terre, que règne le roi.
7. Proclame. Cette phrase, sans doute ajoutée, précise que le
nouveau roipromulguelui-mêmela charte d'investiture rédigée au nom
du Seigneur.
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Tuesmonfils. Cette relationspécialedefiliationparadoption,qui
lieleroiauSeigneur, c'est proprementl'alliancedavidiqueannoncéepar
Nathan (voir2Samuel 7, 14; Psaume 88, 28). Lesévangélistes repren-
drontcette phraseaumomentdubaptêmedeJésus (Luc3,22)etyferont
aillusion dans la scène de la Transfiguration (Marc 9, 7).
Engendré. Parl'acte d'investiture, par son sacre, le nouveau roi
est engendré en tant que fils du Seigneur. Sans doute, il règne; mais il
tient sa charge duSeigneur, son père, seul vrai Roi. Larelation entre le
Seigneur et son roi est présentée, non comme une adoption juridique,
mais comme un engendrement, qui établit entre eux deux un lien
extrêmement profond et personnel.
8. Héritage. Commefils duSeigneur, l'héritage lui revient de droit;
illuisuffitdeledemander. "Commefils, tueshéritierparlagrâcedeDieu"
(Galates 4, 7).
Terre. Ils'agit toutd'abord de latotalité de laTerrepromise (voir
Psaume 71, 8; Zacharie 9, 10). Maispeut-être faut-il aussi entendre un
règne universel (voir Michée 5, 3), bien au-delà des possibilités réelles
d'un roi de Juda. Les perspectives d'un règne messianique universel
affleurent ici. "Toutpouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre", dira
Jésus Christ ressuscité (Matthieu 28, 18).
9. Détruiras. Ladominationduroi-messie se réaliseradans l'action
guerrière. L'arme est ici la masse de fer (métal découvert au 13esiècle
avant Jésus Christ), avec lequel on fracasse l'ennemi.
Àla suite de la Biblegrecque, l'Apocalypse (2, 27; 12,5; 19,15)
dit: "menerpaître", au lieu de "détruire". L'image est alors celle du roi
berger, qu'on trouve fréquemment dans la Bible (voir Psaume 22).
Vase. Ilest possible que lacérémoniedusacre comporte unrite
de malédiction: le roi brisait des vases sur lesquels étaient inscrits les
nomsdes peuples insoumis.
10. [Link]écretprononcé,leroilanceunultimatum:aulieu
de la révolte, ilexhorte les rois auservice duSeigneur, auquel Israël est
appelé dès la sortie d'Égypte (Josué 24, 14-25).
Juges. Nonpaslesmembresd'untribunal, maisceuxquigouver-
nentet dirigent. Telsfurent les Juges fameuxquiprécédèrent laroyauté
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Il m'a dit: "Tu es mon fils;
moi, aujourd'hui, je t'ai engendré.
8 Demande, et je te donne en héritage les nations,
pour domaine la terre tout entière.
9 Tu les détruiras de ton sceptre de fer,
tu les briseras comme un vase de potier."
10 Maintenant, rois, comprenez,
reprenez-vous, juges de la terre.
11 Servez le Seigneur avec crainte,
rendez-lui votre hommage en tremblant.
12 Qu'il s'irrite et vous êtes perdus:
soudain sa colère éclatera.
Heureux qui trouve en lui son refuge!
en Israël. VoirSagesse 1, 1; 6, 1.
11. Hommage. L'interprétation de cette phrase proposée par cer-
tains oriente vers l'hommage rendu au Seigneur; selon d'autres au fils.
Lesroissontdoncinvitésàfaireacted'obédienceenadorantleSeigneur
ouenbaisant les pieds duroiconsacré (voirMatthieu2,11; 28, 9; Luc7,
38).
Tremblant. Les rois en révolte n'ont plus qu'à faire amende
honorable, enespérantqueleSeigneuracceptera leurhommage:ilsont
dequoicraindreceluidontlacolères'est enflamméecontre leurrébellion
stupide (1-2. 5).
12. Heureux. Cette béatitude fait écho au début du Psaume 1.
Additionprobable, inspirée par Nahoum 1,7, elle achève le psaume sur
une note apaisante.
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Psaume 4
Unhommequi a de hautes responsabilités (3) écrivit ce psaume de
confiance (6. 9). Des gens ont attenté à son honneur (3), tandis que
beaucoup, amiset admirateurs probablement, ensontdésarçonnés (7).
Auxpremiers ilindique lechemindelaconversion (4-6) et, auxseconds,
il témoigne de sa paix dans cette affaire, car c'est sur le Seigneur qu'il
s'appuie (9).
2. Je crie. Lepsaumeesttoutd'abord prière, appelausecours;que
leSeigneurentende! Le psalmiste enadéjàfait l'expérience: "toiquime
libères"; ilsait queleSeigneurentend (4);aussi lesupplie-t-il à nouveau.
Majustice. Ellenevientpasdeshommesnidelui-même. Elleest
le Seigneur. "Le Christ Jésus a été envoyé par Dieu pour être notre
sagesse, notre justice, notre sanctification, notre rédemption" (1
Corinthiens 1,30).
Libères. Littéralement:"toiquimemetsaularge";ladétresse met
à l'étroit; qui en souffre aspire à un espace plus large où s'épanouir.
3. Filsdeshommes.L'expression désigne lanoblesse, paropposi-
tion au petit peuple ("fils d'Adam"): voir Psaume 48, 3. Le psalmiste
s'adresse à ces gens importants (3-6), maissans leur donner la parole.
C'est le chemin austère, mais sûr, de la vraie conversion qu'il va leur
indiquer.
Jusqu'où. L'affaire n'est pas terminée et nous n'en savons pas
l'objet. Elle est vécue par le psalmiste comme un outrage "àsa gloire",
c'est-à-dire àsonhonneur,uneinsulteàlachargequ'[Link]'aura
rendu responsable de quelque sérieuse difficulté.
Néant. Outrager quelqu'un est toujours démesuré et sonne
douloureusementcreux; l'outrage est prochedumensongeetyconduit.
Lepsalmiste voudraitqueces gens s'arrêtent deprendre laroutequi ne
les conduit à rien.
4. Sachez. Les versets 4-6 accumulent sept impératifs, qui in-
diquent tout l'itinéraire spirituel que le psalmiste propose à ses adver-
saires. Il les prie tout d'abord de reconnaître l'action du Seigneur à son
égard: ouvrez les yeux! Contrairement à ce qu'escomptent ceux qui
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Faites confiance au Seigneur
La patience de Jésus lui venait de sa confiance dans le Père. Jamais
celui-ci ne lequittait (voirJean8, 16.29). Durant saPassion, Jésuspriait;
il savait que le Père l'exauce toujours (Jean 11,42). Outragé par les au-
torités, récoltant le doute chez ses disciples (voir Luc 24, 20-21), il con-
nutlanuit dutombeau, mais "parsa mort, ila détruit notre mort" (1epré-
face de Pâques). Ce psaume est, pour les chrétiens, un cantique pascal.
Repris commeprière du soir, il nous unit aumystère pascal duChrist.
L'abandon au sommeil, aussi démunis que dans la mort, puissions-nous
le vivreavec la mêmeconfiancequeJésus dans l'amourduPère. Quenos
paroles et le témoignage de notre vie invitent sans cesse à la confiance
en Dieu!
2 Quand je crie, réponds-moi,
Dieu, majustice!
Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière!
3 Fils des hommes,
jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire,
l'amour du néant et la course au mensonge?
4 Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.
l'outragent, il sait, lui, que le Seigneur prend son parti parce qu'il lui est
fidèle; il l'a déjà expérimenté dans d'autres difficultés (voir déjà 2c).
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5. Tremblez. Les mots: "Mais vous" sont ajoutés inutilement dans
la traduction. Si les adversaires prennent conscience de l'action privi-
légiée du Seigneur en faveur de celui qu'ils insultent, qu'ils tremblent de
crainte pour s'être opposé au Seigneur. Cette crainte leur sera salutaire
s'ils en finissent avec leurs malversations: "ne péchez pas!" Onnote que
Éphésiens 4,26, au lieu de "Tremblez, ne péchez pas", atraduit: "Sivous
êtes en colère, ne tombez pas dans le péché".
Réfléchissez. Lepsalmiste les invite ensuite à un discernement
des esprits sur leur agir et sur la nouvelle expérience qu'ils font depuis
qu'ils acceptent d'ouvrir les yeux. Cette réflexion sera propice la nuit: on
a traduit: "dans le secref', littéralement: "sur votre couche", car la nuit
porte conseil. Mais pour cela, il faut le silence: seul avec sa conscience,
faisant taire les passions pourdiscerner les voies de Dieu, celui qui prend
le chemin de la conversion éprouvera aussi la confusion qui coupe toute
parole: il ne peut justifier ses actes passés; voir Daniel 3, 33.
6. Offrez. Ausilence confus et embarrassé, succède le temps des
offrandes. Les offrandes qui conviennent, qui sont justes, en cette
circonstance, auront valeur réparatrice pour le mal commis; elles mar-
queront aussi le désir explicite des coupables de se réconcilier avec le
Seigneur. Lessacrifices à offrirpourraient être ceux que prévoitla liturgie
du Temple, mais, comme l'explique le Psaume 50, 19, ils n'ont de sens
que s'ils s'accompagnent de l'offrande de soi (voiraussi Daniel 3,39-40).
Confiance. S'offrir soi-même, c'est déjà faire confiance au
Seigneur. Le psalmiste voudrait conduire ceux qui l'outragent sans
raison jusqu'à ce point de plénitude. Lorsque les choses ne tournent pas
rond à notre gré, mieuxvaut se purifier et s'en remettre au Seigneur que
de s'en prendre inconsidérément aux responsables de la communauté!
7. Beaucoup. Des gens influents se fourvoient et cela crée le
trouble et l'insécurité dans le cœur de la majorité des amis du psalmiste.
Celui-ci leur donne la parole: l'adversité qui atteint lejuste les fait douter;
lorsque leur guide, un homme fidèle (4), doit affronter l'opposition, ils ne
voient plus oùest la bonté du Seigneur, le vrai bonheur, qu'ils réclament.
S'illumine. Cette phrase s'inspire de la bénédiction en Nombres
6,25-26. Elle est probablement prononcée parcette mêmefouledésem-
parée, comme si l'adversité que connaît le psalmiste les mettait, eux,
dans une nuit sans lumière. Ils passent par la nuit obscure et, dans leur
pusillanimité, ils supplient le Seigneur de leur donner la lumière de sa
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5 Mais vous, tremblez, ne péchez pas;
réfléchissez dans le secret, faites silence.
6 Offrez les offrandes justes
et faites confiance au Seigneur.
7 Beaucoup demandent:
"Qui nous fera voir le bonheur?"
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage!
8 Tu mets dans mon cœur plus dejoie
que toutes leurs vendanges et leurs moissons.
9 Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors,
car tu me donnes d'habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.
bienveillance. Ils ne voient pas que c'est de l'intérieur, quel que soit le
trouble à l'extérieur, que la lumière du Seigneur éclaire et pacifie.
8. Joie. Àces amisquidoutent et perdent confiance, —leurprière
(7) le révèle, —le psalmiste apporte le témoignage de sa joie intérieure
et de sa paix dans la nuit. Sajoie dans l'opprobre surpasse celle d'une
bonne récolte: elle jaillit de l'intérieur (voir 9).
9. Danslapaix. Puisqu'on l'outrage, cette paixnepeutluivenirque
de l'intérieur. Lemothébreu qu'on atraduit par "moiaussi" serait mieux
rendu par"enmêmetemps", "aussitôt". Quis'endort dès qu'il se couche
est, certes, intérieurement paisible.
Car. La raison de cette paix, c'est que le psalmiste met sa
confiancedans le Seigneur. Lemot"seul"peutdésigner lepsalmiste: sa
solitude parmiles humains,quil'outragentouquidoutent, est rempliede
laprésence duSeigneur. "Seul"peutaussi désigner leSeigneur: luiseul
le metenconfiance. Quesontémoignageapaise les pusillanimes! Mais
qui ne voit la différence entre la nuit paisible du psalmiste confiant, la
demandede lumièredetantde gens jetés dans la nuitparsa mésaven-
ture (7) et la nuit de réflexion repentante qu'il propose à ceux qui l'ont
outragé (5)?
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Psaume 8
Hymnecaractéristique en l'honneur du Dieucréateur, le Psaume 8se
compose de quatre strophes, encadrées par un refrain (2a et 10). La
première strophe (2b-3) évoque le chant des "astres" (voircommentaire
v. 3); la deuxième (4-5) leur compare l'homme, la troisième (6-7) décrit
le pouvoir et la grandeur de l'homme, la dernière (8-9) énumère tous les
animaux soumis à l'homme. Aucentre du poème, comme au centre de
la création, se dresse l'homme.
Très semblable à une hymne égyptienne antique, influencée par une
conception cananéenne des étoiles, cette hymne biblique a pu être
chantée lors de célébrations nocturnes en l'honneur du Seigneur (voirle
v. 4). Elle date probablement d'avant l'Exil, car son verset 6 est moins
élaboré que le célèbre verset de Genèse 1, 26 (qui date de l'Exil).
2. Notre Dieu. Littéralement: "Yahweh notre Seigneur".
Ton nom. Quand quelqu'un révèle son nom, il se livre: quand le
Seigneur révèle son nom à Moïse (Exode 3,14), ilse donne lui-même et
se lie à son peuple. Lerefrain des versets 2et 10se réfère à la révélation
accordée à Israël et à son histoire du salut (voir Ézékiel 36, 23).
Cependant le corps du psaume est plutôt centré sur l'œuvre de Dieu
commecréateur de l'univers. Lemême Dieuqui se fait connaître dans la
création et dans l'histoire est le Seigneur, le Dieu d'Israël.
Terre. Non pas seulement la Terre sainte, mais, en opposition
aux cieux qui sont le domaine du Seigneur, tout ce qui est ici-bas.
Splendeur. Latraduction interprète un passage difficile.
3. Enfants. Lesens de la phrase paraît évident. L'utilisation qu'en
fait Jésus au temple de Jérusalem le renforce:
Leschefs des prêtres et les scribes s'indignèrent quand ils virent
ses actions étonnantes, et les enfantsquicriaientdansleTemple:
"HosannaauFilsdeDavid!"IlsdirentàJésus:"Tuentendscequ'ils
crient?"Jésus leurrépond: "[Link]'avezdoncjamais ludans
l'Écriture: De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait
monterla louange?"
Matthieu 21, 15-16
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Qu'il est grand ton Nom!
Cepsaumecélèbre la grandeuret la gloire de l'homme au centre de
l'univers créé par Dieu. Le Nouveau Testament l'applique à l'homme
parexcellencequ'est Jésus: les acclamations des enfants dans le temple
de Jérusalem en sont l'accomplissement (Matthieu 21, 15-16). Par sa
Passion et par sa mort, Jésus est "couronné de gloire et d'honneur"
(Hébreux 2, 6-9). En le ressuscitant, le Père "lui a tout soumis et, le
plaçantplus haut que tout, il afait de lui la tête de l'Église qui est son
corps" (Éphésiens 1, 22-23). Quandla mort, l'ennemi dernier, auraété
détruite, alors "ilsemettra lui-mêmesouslepouvoirduPèrequiluiaura
tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous" (1 Corinthiens 15, 28).
R2 ÔSeigneur, notre Dieu,
qu'il est grand ton nom
par toute la terre!
Jusqu'aux cieux, ta splendeur est chantée
3 par la bouche des enfants, des tout-petits:
Voir Sagesse 10, 21.
Cependant, dans un poème cananéen d'Ougarit, les "enfants"
désignaient les étoiles, et en particulier l'étoile du soir et l'étoile du matin.
Il pourrait donc s'agir dans ce verset des étoiles considérées comme la
cour du Seigneur, son armée (voir 1 Rois 22, 19); celle-ci assiste à
l'œuvre créatrice. Le Seigneur demande en effet à Job à propos de la
terre:
Quiposasapierreangulaire, parmileconcertdesétoilesdumatin,
et les acclamations unanimes des Fils de Dieu?
Job 38, 6-7
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Rempart. Seloncette interprétation, la louangedeces "enfants"
constituerait un rempart, une force que Dieu instituerait contre ses
ennemis. Lefirmament,eneffet, étaitconçuàl'époquecommeunevaste
demi-sphère de métal dur et résistant, établi par le Seigneur au terme
d'un combat engagé aux origines contre les forces rebelles du chaos:
Yam(la Mer), Léviathan (le Serpent), Rahab, etc. VoirGenèse 1,6-8.
4. Lalune. Iln'est pas question icidusoleil. Lepoète contemple la
nuit étoilée. Il n'éprouve pas l'effroi du "silence éternel des espaces
infinis"évoqué par Pascal, mais plutôt l'admiration de Kantpour "leciel
étoilé au-dessus de moi".
5. Fils d'un homme. Expression sémitique pour désigner l'être
humain. Ladouble question marque un étonnement plein d'admiration
devant lecontraste perçu entre lamajestéducielétoilé et lapetitesse de
l'homme, qui pourtant a tant de prix auxyeuxde Dieu.
Jobdétourne lesens de laquestion: pourl'hommetourmenté, la
sollicitude de Dieudevient unpoids insupportable; ilse croitcontinuelle-
ment épié par celui dont il n'est plus capable de découvrir l'amour, au
creux de sa souffrance (Job 7, 17-19; voir aussi Psaume 143, 3-4).
6. Undieu. Cemot(enhébreuélohim)désigneparfoisdanslaBible
des membresde lacourcéleste (Genèse 3,5.22). Dansle Psaume 137,
1, le mêmemotest traduit par ange.
Gloire. Les attributs royaux du Seigneur (voir Psaume 95, 6-8)
sont conférés à l'homme, revêtu ainsi de la dignité royale. LaGenèse,
dans latradition sacerdotale, ira encore plus loinen disant qu' "ille créa
à son image et à sa ressemblance"(Genèse 1,26).
7. Établis. Comme l'écrivain sacerdotal (Genèse 1, 26), le psal-
misteprécisequela maîtrise de l'hommes'exerce surl'œuvre créée par
Dieu.
Toutechose. L'hommeest le maîtrede lacréation. Pourautant,
ilnedoitpasoublierquetoutest sorti, nondeses mains, maisdes mains
de Dieu. Lamaîtrise de l'hommesur l'univers impliquequetoute réalité
lui est inférieure, et donc qu'aucune ne peut être considérée comme
sacrée. Dieu est pour l'homme le seul Seigneur.
8. Troupeaux. Lamaîtrise de l'homme (8-9) s'exerce directement
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rempart que tu opposes à l'adversaire,
où l'ennemi se brise en sa révolte.
4 Àvoir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
5 qu'est-ce que l'homme pour que tu penses à lui,
le fils d'un homme, que tu en prennes souci?
6 Tu l'as voulu un peu moindre qu'un dieu,
le couronnant de gloire et d'honneur;
7 tu l'établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds:
8 les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
9 les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.
sur tout le règne animal:
Qu'ilsoit maîtredespoissonsdelamer,desoiseauxduciel, des
bestiaux, detouteslesbêtessauvages, etdetouteslesbestioles
quivontetviennentsur laterre.
Genèse 1,26
9. Eaux. Ces derniers mots pourraient faire allusion aux monstres
duchaos primordial, au Léviathan, ce grand serpent des mers des my-
thes cananéens (voirJob 7,12; Psaume 103,26), toutcomme"lesbêtes
sauvages"duverset8pourraientdésignerBéhémoth,autre monstredes
origines(voirJob40,15-24). Mêmeces monstressontdésormaissoumis
à l'homme. Celui-ci avraiment reçu de Dieula royautésurtout le monde
animal.
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10. ÔSeigneur, notre Dieu. Le refrain du début (2) est repris ici.
L'homme ne doit pas oublierque:
Toutest àvous, maisvous, vousêtes auChrist,et leChristest à
Dieu.
1Corinthiens3,22-23
Psaume 14 (15)
Cette liturgie d'entrée au sanctuaire, analogue au Psaume 23,3-6, se
présente comme un bref dialogue. Le pèlerin demande quelles sont les
conditions d'accès. Unprêtre ou un lévite, gardien de la porte, répond en
précisant ces conditions: elles sont d'ordre moral. Qui veut prier au
temple ou y offrir un sacrifice, a fortiori qui souhaite passer sa vie au
service de la maison du Seigneur, doit conformer son comportement en
société aux exigences morales de l'alliance.
1. Seigneur. Àl'origine, la question était peut-être posée aux gar-
diens des portes. Ici, c'est duSeigneur lui-mêmequ'on désire la réponse.
Tente. Audésert, latente était le lieu où le Seigneurétait présent
et conversait avec Moïse, "comme un amiparle à son ami"(Exode 33,
11). Elle accompagnait le peuple dans son itinéraire (voir2Samuel 7,6).
Quand David amena l'arche de l'Alliance à Jérusalem, il la plaça sous la
tente (voir 2 Samuel 6, 17).
Habitera. Celui qui se présente est plus qu'un pèlerin de pas-
sage: il voudrait habiter au sanctuaire.
J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule chose que je
cherche: habiter la maison du Seigneurtous les jours de mavie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m'attacher à son
temple.
Psaume 26, 4
Ainsi la prophétesse Anne: "Elle ne s'éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière" (Luc 2, 37).
Montagne. La colline au nord de la cité de David, où Salomon
édifia le temple de Jérusalem.
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R 10 ÔSeigneur, notre Dieu,
qu'il est grand ton nom
par toute la terre!
Qui sera ton hôte?
Quiconque s'approche du Seigneur doit avoir une conduite où le
respect des droits d'autrui et la communion fraternelle se manifestent.
Paul le rappela aux Corinthiens: "Quiconque mange le pain et bois la
coupeduSeigneurindignementaura à répondre ducorps etdusangdu
Seigneur. Quechacundoncs'éprouve soi-mêmeetqu'il mangealors de
cepain etboivedecette coupe" (1 Corinthiens 11,27-28). LeChristqui
fait l'unité desesdisciples, intégrés àla MaisondeDieu,nous appelle à
une vie parfaite: "Voilà que, maintenant, Dieu vous a réconciliés avec
lui,grâceaucorpshumainduChristetparsamort,pourvousintroduire
ensaprésence, saints, irréprochables et inattaquables" (Colossiens 1,
22).Notreviequotidiennedoitelle-mêmedevenirunculte spirituel: "Je
vous exhorte... par la tendresse deDieu, à lui offrir votrepersonne et
votrevieensacrificesaint, capabledeplaireàDieu... Transformez-vous
enrenouvelantvotrefaçon depenserpoursavoirreconnaître quelle est
la volontédeDieu: cequiestbon,cequiestcapable deluiplaire, cequi
estparfait" (Romains 12, 1-2).
1 Seigneur, qui séjournera sous ta tente?
Qui habitera ta sainte montagne?
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2. [Link] lescultespaïens, onpouvaits'informer
à l'entrée du sanctuaire sur les conditions rituelles:
Commentdois-jemeprésenterdevantleSeigneur,meprosterner
devant le Très-Haut? Dois-je meprésenter avec dejeunes tau-
reaux pourles immolerensacrifice?
Michée6,6
Laréponse donnée à la question duverset 1du psaume rejoint
celle que donnait le prophète Michée:
Homme,leSeigneurt'afaitsavoircequiestbien,cequ'ilréclame
detoi,riend'autrequepratiquerlajustice, aimerlamiséricorde,et
marcherhumblementavecton Dieu.
Michée6,8
Lalongue réponse dupsaume (2-5) énumère unedizaine d'atti-
tudes morales; leur nombreexact est discuté (dix, onze oudouze?). Ce
quifrappedansces exigences, c'est nonseulementqu'elles nesontpas
rituelles ou liturgiques, mais qu'elles semblent aller plus loin que le
Décalogue:ondemandeplusqued'éviter levol, lemeurtreoul'adultère.
Celui qui se conduit selon la justice, qui parle sans détour, qui
refuse unprofitobtenuparlaviolence,quisecoue les mainspour
nepasaccepterunprésent,quisebouchelesoreillespournepas
écouter les paroles homicides, qui ferme les yeux pour ne pas
regardercequiest mal,celui-là résidera surles hauteurs.
Isaïe 33, 15-16
Dit. Lavie morale enconformité avec l'alliance necomportepas
seulement des actes. Nosparoles égalementdoiventêtre dans la vérité
de l'alliance qui nous fait partenaires du Seigneur. Or, ces paroles
montentducœur,cesiègedudiscernementetdeladécisionavantl'acte,
et souvent pour le mal:
Cequisortdela boucheprovientducœur, etc'est cela quirend
lh' omme impur. Carc'est ducœurque proviennent les pensées
mauvaises.
Mathieu 15, 18-19
3. Langue. Après l'énoncé d'attitudes générales (2), les versets
suivants vont donner les applications concrètes, le plus souvent des
choses à éviter, comme dans la seconde table du Décalogue. Tout
d'abord au sujet de la langue, révélatrice de nos pensées.
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2 Celui qui se conduit parfaitement,
qui agit avec justice
et dit la vérité selon son cœur.
3 Il met un frein à sa langue,
ne fait pas de tort à son frère
et n'outrage pas son prochain.
4 Àses yeux, le réprouvé est méprisable
mais il honore les fidèles du Seigneur.
Lesparoles dujuste sauront plaire, mais la langue des méchants
n'est que propos pervers.
Proverbes 10, 32
Uncoupdefouetlaisse unemeurtrissure, maisuncoupdelangue
briselesos. Vois,tuentourestondomained'unehaied'épines:fais
aussi à ta bouche une porte et unverrou.
Ben Sirac 28, 17. 24a. 25b
Quiplacera unegardesur maboucheet, sur meslèvres, lesceau
de la discrétion, pour les empêcher de causer ma chute et ma
langue de me perdre? Seigneur, Père et Maître de mavie,... ne
permet pas qu'elles mefassent tomber.
Ben Sirac 22, 27-23, 1
Outrage. Onfaittort à autrui, onjette sur lui l'opprobre, tout autant
par la parole que par l'acte.
4. Réprouvé. Lescoupables de faits graves, l'Ancien Testament les
condamnait à l'exclusion de la communauté et à la mort. Jésus, au
contraire, lui qui est venu pour sauver les pécheurs, n'a pas jeté la pierre
sur la femme adultère, mais l'a invitée à ne plus pécher (Jean 8,11).). La
morale chrétienne appelle à condamner le mal et à aimer le pécheur.
Fidèles. Dans la langue de l'Ancien Testament on dit des fidèles
authentiques qu'ils craignent le Seigneur: ils le vénèrent et pour rien au
monde ne feraient ce qui lui déplaît.
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Reprend. Il y a des serments irréfléchis, tels celui d'Hérode
(Matthieu 14,6-10). Lepsaume vise plus directement latentation de se
dédirequand lesermenttourneaupréjudicedeceluiquil'a prononcé;ce
futlecasduroiSédécias (2Chroniques36,13). L'AncienTestamentétait
strictsurl'accomplissementdessermentset desvœuxfaits auSeigneur
(voirNombres30,3et Deutéronome23,22-24). Proverbes20,25invitait
donc à bien réfléchir avant d'en prononcer un et Jésus ira encore plus
loin: voir Matthieu 5, 33-37.
5. Intérêt. Les civilisations antiques du Proche-Orient ancien con-
naissaient le prêt à intérêt, maiscelui-ci pouvaitallerjusqu'à 50%sinon
davantage. L'AncienTestamentautorisait leprêtà intérêtauxétrangers,
mais interdisait cette pratique entre les membres du peuple élu
(Deutéronome 23, 20-21). Ézékiel le rappelle (Ézékiel 18, 8. 13. 17)
comme un des éléments fondamentaux de la morale biblique. Prêter
sans intérêt est une vertu:
Quiprête à son prochainfait œuvredemiséricorde.
BenSirac29, 1
Et Jésus ajoute: "Aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez
sans attendre de retour" (Luc 6, 35): il faut savoir prêter, même à un
adversaire, sans compter sur la restitution, a fortiori sur un intérêt!
Innocent. Undes plusvieuxcodesd'Israëlénumérantlesméfaits
occultes stigmatisait le tueur à gages:
Maudit,celui quise laisse corromprepourfrapper uninnocent.
Deutéronome27, 25
Plus simplement, lejuge peut être tenté par le pot-de-vin:
Tun'accepteras pas decadeau, car lecadeau aveugle les clair-
voyantset comprometlacausedesjustes.
Exode23,8
Leprophète en voyait le résultat à Jérusalem:
Teschefssontdesrebelles,[Link],ilsaiment
lesprésents, ilscourentaprèslesgratifications, ilsnerendentpas
justiceàl'orphelinetlacausedelaveuven'arrivepasjusqu'àeux.
Isaïe 1,23
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S'il ajuré à ses dépens,
il ne reprend pas sa parole.
5 Il prête son argent sans intérêt,
n'accepte rien qui nuise à l'innocent.
Qui fait ainsi demeure inébranlable.
Inébranlable. Qui pratique ces préceptes de la morale biblique
sera l'hôte du Seigneur et dès lors sera inébranlable, car:
Qui s'appuie sur le Seigneur ressemble au mont Sion: il est
inébranlable, ildemeureàjamais.
Psaume 124,1
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Psaume 15 (16)
Ce psaume de confiance exprime l'authentique vie mystique d'un
homme, peut-être un lévite (5) qui revient de loin. Naguère idolâtre (3),
il s'est converti, malgré le succès évident et désastreux des idoles
cananéennes auprès de ses contemporains. En échange de ce qu'il a
quitté, il a reçuduSeigneursonamitié, saprésencetouteproche, lapaix
et lajoie.
Lapuissance de l'amour du Seigneur qu'il éprouve lui fait percevoir
par une intuition sûre que "l'amour est plus fort que la mort", que le
Seigneur ne peut abandonner son ami fidèle à la tombe. Des siècles
d'hésitation par rapport à l'au-delà sont balayés, sans pourtant que
l'affirmationsoitencoretoutàfaitnette. L'intuitiondel'amours'épanouira
dans l'affirmation de la foi.
Aprèsavoirdemandéàson Dieude legarderdanscequ'il vitaveclui
aujourd'hui (1-2), le psalmiste évoque le paganisme qu'il a rejeté (3-4).
Aprèsunenouvelle profession defoi, illoueleSeigneurquilecomble(5-
11).
1. Garde-moi. Lesplus grands mystiques eux-mêmes nesont pas
préservés de la tentation sinon par l'union à Dieu. Lepsalmiste supplie
le Seigneur de veiller sur lui et de demeurer son refuge contre la
séduction des dieux païens.
2. Tu es mon Dieu. Littéralement "mon Seigneur, c'est toi". Le
psalmiste réaffirme son choix fondamental en s'inspirant d'une formule
d'alliance:
S'il nevousplaîtpasdeservirleSeigneur,choisissezaujourd'hui
quivousvoulezservir: lesdieuxquevospères servaient au-delà
del'EuphrateoulesdieuxdesAmoritesdontvoushabitezlepays.
Moiet les miens, nousvoulonsservir leSeigneur.
Josué 24, 15
[Link]'hébreu, sous-entendre: "pourmoi".Lebonheur,
c'est la peinepossession dubien qu'ondésire. Dieuencomblecelui qui
ne cherche son bonheurqu'en lui.
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Seigneur, mon partage
Jésusarésistévictorieusementàtoutes lestentationsdel'Adversaire,
dutentateur (Luc 4, 1-13); il est demeuré fidèle auPèrejusqu'au bout.
Dieu ne l'a pas abandonné à la corruption du tombeau, mais il l'a
ressuscité. Pierre entémoigne: les propos du psalmiste se sont réalisés
parfaitementenJésusressuscité (Actes2,25-32). ÀAntiochedePisidie,
Paul ne dit pas autre chose: en ressuscitant Jésus, Dieu a pleinement
accompli lapromesse dupsaumeensafaveuret enla nôtre: "Celuique
Dieua ressuscitén'apas connula corruption... C'est grâceàJésusque
lepardon despéchés vous est annoncé et... par Jésus, tout hommequi
croit devientjuste" (Actes 13, 32-39). Toutchrétienpeut alors redire ce
psaumeavec Jésusdans l'attente dela rencontre par-delà lamort. Entre
temps, le Seigneurdemeure avecnous dans sonEucharistie: il est notre
coupe, notre chemin, notre vie. Cepsaume est particulièrement cher à
ceux qui se sont donnés totalement au Seigneur, dans le sacerdoce ou
dans la vie religieuse.
1 Garde-moi, mon Dieu:
j'ai fait de toi mon refuge.
2 J'ai dit au Seigneur: "Tu es mon Dieu!
Je n'ai pas d'autre bonheur que toi".
3 Toutes les idoles du pays,
3. Idoles. Littéralement: "les saints". En effet, les Cananéens ap-
pelaientleursdieuxdes "saints". Lasaintetécaractériseetdéfinitledivin.
C'est pourquoi le Seigneur lui-mêmesera appelé le trois foissaint(Isaïe
6, 3).
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Dieux. Littéralement: "ces illustres" ou "ces magnifiques". C'est
une autre appellation de la divinité; on la trouve appliquée au Seigneur
dans la Bible: "magnifique en sainteté" (Exode 15, 11).
J'aimais. Cesdieuxcananéens, lepsalmiste reconnaîtquedans
son passé il s'était attaché à eux au point d'en être fou. Telle est l'inter-
prétation la plus probable du passage.
Ravages. Les cultes païens furent la tentation et la faute conti-
nuelle d'Israël durant la période royale. Àcertaines époques, autemps
d'Élie par exemple (voir 1Rois 18), le fléau allajusqu'à menacer l'exis-
tencemêmedelafoidansleSeigneur. LaréformedeJosias, en622, réa-
gitvigoureusementcontre cedanger. Jean nousavertitencore: "Prenez
garde aux idoles" (1 Jean 5, 21).
4. Je n'iraipas. Endeuxphrases, leconverti renouvellesa décision
(exprimée au verset 2): il ne participera plus aux cultes païens; il
n'adressera plus aucune prière aux idoles (voir Osée 2, 19).
5. Partage et coupe. Quand les tribus se partagèrent la Terre
promise, celledeLévinereçutaucunterritoire: sapart, c'est leSeigneur,
au service duquel elle est consacrée. Lorsdu partage des parcelles de
terre, ontirait ausort par le moyendedés placés dans unecoupe; mais
pour le lévite, pas besoin de coupe, puisqu'il n'ambitionne pas deterre;
sa coupe, commesa partd'héritage, c'est le Seigneur, et rien ne lui est
préférable (6).
7. Je bénis. Paul Claudel ("Soyez béni, mon Dieu, qui m'avez
délivré des idoles') fait écho au psalmiste qui bénit le Seigneur poursa
présence continue. Bénir, c'est vouloir l'épanouissement de la vie de
celui auquel on s'adresse; quand l'homme bénit Dieu, il se réjouit de la
vitalité débordante de son Seigneur et chante cette générosité dont il
bénéficie.
Conseille. Peut-être s'agit-il de cette attirance intérieure qui a
permis au psalmiste d'aujourd'hui de rejeter les dieux païens qu'hier il
vénérait.
Mêmela nuit. Lasignification n'est pas tant: jour et nuit, c'est-à-
diresans relâche, maisbienplutôt: mêmedans l'obscurité, domainedes
ombresinquiétantesetdes rêveriestroublantes, leconvertiestalertépar
son "cœur"(l'hébreu ditenfait ici: "reins"), celieuprofonddelapersonne
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ces dieux quej'aimais,
ne cessent d'étendre leur ravages,
et l'on se rue à leur suite.
4 Je n'irai pas leur offrir le sang des sacrifices;
leur nom ne viendra pas sur mes lèvres!
5 Seigneur, monpartage et ma coupe:
de toi dépend mon sort.
6 La part qui merevient fait mes délices;
j'ai même le plus bel héritage!
7 Je bénis le Seigneur qui me conseille:
même la nuit mon cœur m'avertit.
8 Je garde le Seigneur devant moi sans relâche;
il est à madroite: je suis inébranlable.
9 Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
machair elle-même repose en confiance:
d'où surgissent pensées et sentiments.
8. Droite. LeSeigneurse dresse auxcôtés dupsalmiste, à laplace
où,traditionnellement, se tient ledéfenseur, leprotecteur (voirPsaumes
62, 9; 120, 5).
Inébranlable. Fort de la présence toute proche du Seigneur, le
psalmiste nerisque pasd'achopper nidechanceler: les dieux païens ne
le séduiront plus.
9. Âme. Certains manuscrits hébreux disent: "mon foie", c'est-à-
dire le siège des émotions fortes et des passions.
Chair. C'est tout l'être dans sa condition corporelle. Ilse trouve
établi dans l'assurance, lasécurité. Lemotifdecettejoiedans lapaixest
indiquée au verset suivant.
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10. Mort. Enhébreu "shéol", c'est-à-dire le lieu duséjourdes morts.
Dans cet endroit d'ombre et de tristesse sans fin demeuraient, aban-
donnés mêmede Dieu, les humains décédés; c'est l'Hadèsdes Grecs.
Corruption. Lemot"corruption"(décomposition, pourriture) vient
de la traduction grecque qui sera reprise par Actes 2, 27-31; le texte
hébreu dit: "fosse, tombeau". Au départ, il s'agit peut-être de l'espoir
d'échapper, avec l'aide de Dieu, à undanger mortel. Maisl'hommesait
bien que, tôt ou tard, il devra mourir. Pourtant, le croyant juif sent
confusémentquel'amourréciproquedontilafaitl'expérience entre Dieu
et luinedevraitpasfinir: Dieun'est-il pascapabledefaireéchappercelui
qu'il aimeàlapourrituredutombeau? Etcelaconcerne sa personnetout
entière, avec son corps. Au 2e siècle avant Jésus Christ, face à la
persécutionetaumartyre,lescroyantsfinirontparavoirunefoitrèsferme
en la résurrection des justes (2 Martyrs 7; Sagesse 3, 4). Ici il ne s'agit
encore que d'une intuition, d'une espérance; c'est ce qui explique en
particulier le tour négatif de la phrase.
11. Cheminde la vie. Ceverset final fait écho au début dupsaume.
Lelévite, quidans le Templevit "devantla face duSeigneur", demande
à Dieude lui enseigner le chemin quiconduit à la vie; ildemande donc
au Seigneur de poursuivre sa route de fidélité dans lajoie.
Lechemindela viemèneenhautlh' ommeavisé,
ledétournantdela fossed'en-bas.
Proverbes 15,24
Àtadroite. LelévitequiofficiedevantlafaceduSeigneursetenait
peut-êtreàdroitede l'autel. Onpourraitcomprendreégalement: "dansta
main droite": le psalmiste soulignerait encore que tout son bonheur lui
vient de la générosité de son Seigneur.
Psaume 16 (17)
Accusé à tort, le psalmiste prononce cette prière à la fin de la nuit,
avant que son cas ne soit jugé au matin. L'enquête a déjà été menée,
semble-t-il, et aucune charge n'a pu être confirmée; ses accusateurs
cependant continuent à le harceler. Aussi recourt-il directement au
Seigneur dans cette prière qu'il prononce probablement dans leTemple.
Après une introduction, où il supplie le Seigneur de l'écouter et d'ouvrir
les yeux sur son cas (1-2), le malheureux proclame son innocence (3-5);
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10 tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.
Il Tu m'apprends le chemin de la vie:
devant ta face, débordement dejoie!
Àta droite, éternité de délices!
Libère-moi des méchants
L'innocent injustement accusé, quand il se tourne vers le Seigneur,
éprouve les sentiments quedécrit cepsaume, enparticulier ce mélange
d'angoisses et deconfiance. Et l'innocent par excellence, ce fut Jésus:
"Pendantlesjours desa viemortelle, il aprésenté, avec ungrandcri et
des larmes, saprière et sa supplication à Dieuquipouvait le sauver de
la mort" (Hébreux5, 7). Seul le désir dela vengeance divine semueen
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sa prière est un appel au secours et à la protection du Seigneur (6-9)
contre ses accusateurs acharnés (10-12). Que le Seigneur les disperse
et les châtie (13-14), tandis que luijouira de la présence divine (15).
Letexte dupsaume est obscuren maintsendroits, enparticulier
auxversets 3-4et 14;ce peutêtre le refletdel'angoisse dupsalmistequi
ne parvient pas à s'exprimer avec clarté et sérénité.
1. Écoute. Lespsaumesdesupplication prononcéspar unindividu
débutentgénéralementparunappelvéhémentàl'attention duSeigneur,
commesi celui-ci risquait d'être distrait.
Justice. Lepsalmiste revendique déjà son innocence.
Nemententpas. Iljustifie son appelauSeigneurparlecaractère
réel et très sérieux de son drame.
2. Taface. Lejugementsera prononcéaunomduSeigneuretpeut-
être sera-t-il décidé par ordalie. Onyverra alors la sentence mêmedu
Seigneur. Cetypedejugementpouvaitêtreprononcédans lesanctuaire
en présence duSeigneur (voir Nombres5,16. 25). Lafinale dupsaume
revient sur cette image de la face du Seigneur (15).
3. [Link], l'enquêteetlamiseàl'épreuveont
eu lieu durant la nuit, mais aucune charge n'a puêtre confirmée contre
le psalmiste. Celui-ci revendique son innocence (3-5). Lafaute dont on
l'accuse demeure imprécise dans le texte.
Pensées. Texte obscur. Peut-être s'agit-il de projets impies: le
psalmiste aurait été tenté de blasphémeroud'invoquer les idoles, mais
jamais il n'a cédé à ces tentations.
6. Répond. L'appel ausecours, lepsalmiste le lanceparce qu'il est
sûr que le Seigneur yprêtera attention. Sa prière jaillit de sa foi.
7. Grâce. Fidèleàsonalliance, leSeigneurprotègeceuxquiluisont
fidèles. Qu'il le montre dans le jugement qui vient!
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MLePsautier fascine, mais beaucoup répètent :qui
nous introduira avecdesmotstrès simples àcetrésor
deprière et de louange? Pour répondre àleur attente,
90 psaumessont ici retenus et expliqués:ceuxquela
liturgie de la Parole propose le dimanche et aux
grandes fêtes.
MLepsaume,donnéle plus souvent enentier, est celui
dela version oecuménique liturgique. Il ressort en
grands caractères sur les pages dedroite: c'est lui le
cœur du volume et c'est vers lui que les explications
renvoient sans cesse le lecteur.
MSur les pages degauche, une introduction situe
lepsaumedans soncadreoriginel, enprécise legenre
et la composition, relève son apport spirituel. Ensuite,
verset parverset, lemouvementdupsaumeestdéployé
et ses expressions les plus originales ou les moins
connues, éclairées.
a Entête du psaume, sur la page dedroite, une
synthèse, fondée sur le Nouveau Testamentet la litur-
gie, en dévoile le sens chrétien.
L'auteur,jésuite belge, est néen 1934. Prêtre depuis 1965, ilaobtenuàRome,
en 1973, ledoctorat ensciences bibliques. Ila tout d'abordenseignél'exégèse
del'Ancien Testament,de1971à1978,àlafacultédeThéologiedel'Université
[Link]éen 1975àl'Institut Biblique Pontificalde
Rome,ily tient depuisla chaire d'exégèsedeslivres sapientiauxbibliques.
Recteurde cetInstitut de 1978à 1984, il est, depuis, le Directeurdusiègede
cet Institut àJérusalem. Depuis 1984également, il donnechaqueannée
un cours, àtitre deprofesseurinvité, àl'Ecole Biblique etArchéologiqueFran-
çaise deJérusalem, tout enpoursuivantsonenseignement romain. DESCLÉE
ISBN 2-87217-022-7
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