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Levé bathymétrique de Pareloup 1988

Le document décrit un levé bathymétrique réalisé en octobre 1988 sur la retenue de Pareloup en France. Le levé a été effectué à l'aide d'un sondeur à ultrasons embarqué sur un bateau pneumatique afin de mettre à jour les courbes de capacité de la retenue et d'établir une cartographie des isobathes.

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Levé bathymétrique de Pareloup 1988

Le document décrit un levé bathymétrique réalisé en octobre 1988 sur la retenue de Pareloup en France. Le levé a été effectué à l'aide d'un sondeur à ultrasons embarqué sur un bateau pneumatique afin de mettre à jour les courbes de capacité de la retenue et d'établir une cartographie des isobathes.

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Hydroécol. Appl. (1995) Tome 6 Vol. 1-2, pp.

9-17

Levé bathymétrique de la retenue de Pareloup


Bathymetric sunley of Pareloup resen/oir

Hewé Pujo *
' Électricité de France, Direction des Études et Recherches. Dbpartement LNH. 6 Quai Watier,
F-78401 Chatou Cedex, France.

Résumé. - Afin de mettre à jour les courbes de capacité de Pareloup, et de disposer


d'une cartographie des isobathes, un relevé bathymétrique a été réalisé à Pareloup en
octobre 1988. Ce levé bathymétrique a été effectué à partir d'un bateau pneumatique
(zodiac MARK III) sur lequel était embarqué un sondeur à ultra-son ATLAS KRUPP
DESO 20, bifréquence (33 kHz et 210 kHz) et un calculateur HP 9807. La position du
1 bateau était repérée avec un théodolithe télémétrique AGA 140.

Mots-clés. - bathymétrie, courbe de capacité, courbes isobathes, échosondeur, Pare-


loup, théodolithe.

Abstract. - A bathymetric survey was carried out at Pareloup in October 1988 with a
view to updating Pareloup capacity curves and to rnapping the isobaths. The survey
was conducted from a rubber boat (Zodiac MARK III), equipped with an ATLAS KRUPP
DESO 20 ultra-sound depth finder, set for two frequencies (33 kHz and 210 kHz), and
an HP 9807 computer. Bearings of the boat were taken with an AGA 140 telemetric
theodolite.
1

I Key words. - bathymetry, capacity curve, isobath, echo sounder, Pareloup, theodolite.

I INTRODUCTION loup, nous avons procédé à une ba-


thymétrie, qui est l'étude des reliefs
immergés, avec un double objectif :
La retenue de Pareloup a été mise
en eau en 1950 et la connaissance - mettre à jour les courbes de ca-
que nous avons des fonds immergés pacités, exprimant le volume et la sur-
date de cette époque. face à une profondeur donnée, afin de
Dans le cadre général de l'étude de bien dimensionner le maillage des
l'écosystème de la retenue de Pare- modèles mathématiques ;
10 H. Pujo

- disposer d'une cartographie des ainsi, un appareil multifréquence per-


isobathes, indispensable à la compré- met de mieux repérer le relief immer-
hension des circulations internes de gé. D'autre part, plusieurs fréquences
masses d'eau étudiées au cours de garantissent une sécurité dans I'ac-
plusieurs campagnes de traçages. quisition des mesures et apportent
plus de précision.
Pour nos besoins en matière de
II PRINCIPE DE LA BATHYMÉTRIE bathymétrie, nous avons choisi un
sondeur hydrographique bifréquence
(basse fréquence et haute fréquence).
La bathymétrie, qui étudie les reliefs La basse fréquence (environ 30 kHz)
immergés, s'apparente à la topogra- traverse les fonds très mous et se ré-
phie terrestre. Cependant le levé ba- fléchit sur les fonds durs, alors que
thymétrique a lieu << en aveugle ,), ce la haute fréquence (environ 200 kHz)
qui implique une méthodologie parti- se réfléchit sur la vase. La différence
culière. de pénétration entre les deux fais-
L'acquisition des profondeurs se ceaux permet ainsi de connaître la na-
fait à partir d'une embarcation qui na- ture des fonds et éventuellement
vigue en suivant une série de routes l'épaisseur de la vase molle (fig. 1).
parallèles entre elles et perpendicu-
Les faisceaux émis se propagent
laires aux lignes de niveaux, appelées
dans I'eau selon un cône d'émission
les profils. La finesse de représenta-
dont l'angle au sommet est de 10' en-
tion des fonds dépendra de I'espace-
viron pour la haute fréquence et 20'
ment entre les profils, et sera
environ pour la basse fréquence. Si
déterminée par l'objectif de l'étude :
I'instant de départ de l'impulsion est
sûreté de la navigation, envasement
parfaitement connu, l'instant de son
d'une retenue, connaissance du profil
retour est mal défini, en raison de la
moyen d'une rivière etc ...
dispersion du faisceau et des diffé-
La mesure de la profondeur d'eau rents chemins parcourus. L'appareil
est basée sur celle de la propagation prend en compte I'instant de retour
dans I'eau d'une impulsion ultra-so- correspondant à l'arrivée du premier
nore. Cette impulsion, émise en sur- signal réfléchi par le fond, qui mesure
face par un sondeur, est réfléchie par la distance la plus courte entre le fond
le fond. Connaissant le temps de par- et le transducteur. Cette disposition
cours (aller et retour) de l'impulsion permet, sur fond plat, de fournir une
et la vitesse de propagation du son mesure correcte même si le faisceau
dans I'eau, il est possible d'en déduire n'est pas vertical (à cause du roulis
la profondeur d'eau, appelée sonde. du bateau par exemple). Par contre,
Les sondeurs utilisés peuvent sur les fortes pentes, la profondeur
émettre une ou plusieurs fréquences. mesurée est minorée, car le signal le
Chaque fréquence renvoie un écho plus rapide provient du bord du cône
différent selon l'obstacle rencontré ; qui rencontre le fond le premier, c'est-
Levé bathymétrique de la retenue de Pareloup 11

1
CalculateurRécepteur
HP9.7
Matériel embarqué
UHF 11 9
Emetteur UHF

Station de localisation

Transducteur

/
Dépôt de vase

Fig. 1. - Représentation schématique du matériel utilisé pour une bathymétrie.


Fig. 1. - Materials used for bathymetrics surveys.

à-dire, d'un point situé légèrement au- pour corriger les erreurs systémati-
dessus du point visé. ques.
Afin de minimiser l'erreur de me- La vitesse du son dans l'eau, dé-
sure, on doit, dans ce cas, effectuer pendant de la température, est mesu-
les relevés en suivant des routes per- rée in situ au début du sondage à
pendiculaires aux isobathes. Ainsi le l'aide d'un transducteur d'étalonnage
bateau se déplaçant dans le sens de et vérifiée en fin de sondage. II est
la plus forte pente, la distance par- préférable, pour la précision de la me-
courue horizontalement entre I'émis- sure, que la masse d'eau sondée soit
sion et la réception du signal permet isotherme et que sa température varie
une localisation de la sonde plus re- peu au cours du sondage. Toutefois,
présentative de la profondeur d'eau. lorsque la zone à sonder est profonde
Actuellement, un traitement du signal ou que les caractéristiques de la
est intégré aux sondeurs modernes masse d'eau sont susceptibles de va-
12 H. Pujo

der verticalement, ilfaudra déterminer Au pféaWe, une cartographie de


la vdeur moyenne vedoale de la vi- *profils oieonques~ a 6% Btablie.
tesse du son. On peut alors procéder Ces epronls theoriques. sont desti-
en intégrant verticalement l'écho ren- r guide à la navigation.
nés à s e ~ de
voyé tous les mbtres par une barre Ils ont 6% 6tablii à partir d'un agran-
mdtallique que l'on immerge de la sur- dissement à l'échelle 1/10000 de la
face jusqu'au fond (avec un maximun carte IGN (1/25000) puis digitalii.
de 25 m). Afin de couvrir toute la superficie de
Pendant l'opération de sondage, la retenue, 180 profils, espacés de
l'embarcation est localisée en plan par 100 m, ont 6t6 nécessaires.
dii6rents moyens que l'on adapte aux
condiions de travail : poursuite opti-
que, radiolocalisation ou moyens sa-
tellitaires (GPS). Pour cette bathym6trie' nous avons
Les résultats sont en permanence utilii
enregistk par un calculateur embar- - un bateau pneumatique (zodiac
qu6. Les mesures de profondeur sont MARK III) ;
acquises environ quatre fois par se-
conde pour chaque fréquence, alors
que la position du bateau est connue
toutes les 1,s seconde pour une lo-
calisation avec un théodolithe AGA.
Compte tenu d'une vitesse de pro-
gression du bateau de l'ordre de
1 m. s-', l'acquisition de la mesure de
=
c
L
- profondeur a lieu tous les 0,25 m par-
courus horizontalement et celle & la
position tous les 1,5 m. Au d6pouille-
.
ment, la W i m de chaque sa&
est calculds par interpolation linéaire
entre deux positions mesurées de
l'embarcation.
- -

III LA BATHYM~IIÉTRIE DU LAC


DE PARELOUP

using the AGA 140 te-


Levé bathymétrique de la retenue de Pareloup 13

Photos 2 et 3. - Matériel embarqué sur le zo-


diac : le sondeur A ultra-son surmonte de la
couronne de prismes, le calculateur HP 9807,
le récepteur UHF.
Photos 2 and 3. - Equipment on board the
zodiac: ultrasonic depth finder with ring of
prisms, HP 9807 cornputer, UHF receiver.
H. Pujo

- un sondeur à ultra-son ATLAS gles horizontaux et verticaux, tandis


KRUPP DES0 20, bifréquence que la distance oblique est mesurée
(33 kHz et 210 kHz) ; aprbs réflexion du rayon infra-rouge
- un calculateur HP 9807 ; sur les prismes.
- un théodolithe télémétrique Pour chaque station à terre, cet ap-
AGA 140. pareil est étalonné sur des points dont
les coordonnées sont connues. En
111.2 La localisation sonde, l'opérateur vise en perma-
nence la couronne de prismes du ba-
Pour le positionnement, nous avons teau. La position ainsi mesurée est
opte pour la poursuite optique de transmise toutes les 1,5 secondes au
I'embarcation de sondage, à partir calculateur embarqué grâce à un
d'une station à terre. émetteur radio UHF.
L'appareil utilisé est un théodolithe Cette méthode de localisation né-
télémétrique AGA 140, qui émet un cessite que la station à terre <<voit,,
rayon infra-rouge. L'opérateur vise I'embarcation. Aussi, à cause de la
une couronne de prismes fixée sur la forme complexe de la retenue, il a fal-
base de transducteurs du sondeur. La lu implanter quinze stations de locali-
visée fournit mécaniquement les an- sation sur les berges; kour pouvoir
11 1 ' 1 8 _ ' I

- - - --. - ---O 4. - Le suivi 1 - ' rofil.


oto 4. - Pro

. - - I- d - .

-
,
Levé bathymétrique de la retenue de Pareloup 15

positionner le bateau dans toutes les limnimétrique du barrage. La hauteur


zones. Certaines de ces stations ont du plan d'eau a été vérifiée par une
pu être positionnées par visée directe visée sur le repère no 10 scellé dans
1 à partir de la borne IGN no48 située le parapet du Pont des Vernhes, à
au lieu-dit Puech Montgrand. A partir l'opposé du barrage.
Il
de ces stations principales, des sta- Pendant toute la durée du levé ba-
' tions secondaires ont été positionnées
pour permettre la localisation du ba-
thymétrique, le niveau du plan d'eau
est resté pratiquement stable à la cote
teau au fond des anses. 801,20 mètres : au cours d'une jour-
née, la fluciuation de niveau la plus
grande a atteint 6 cm.
111.3 AlWude du pian d'eau

La bathymetne s96tendant sur dix 111-4


jours, la cote du plan d'eau a éth me-
surée r6guliérement. Un rephre a 6té Pour réaliser la bathymétrie, le lac a
installé devant la base EDF de Cha- été divisé en 4 zones, pour lesquelles
rouzech et cote par rapport à l'échelle le tracé des routes (ou profils) théo-

Fïg. 2. - Courbes isobathes de la retenue de Pareloup.


-
Fig. 2. lsobath aiwes for Pareloup resewoir.
16 H. Pujo

riques a été mémorisé sur le calcula- maintenir constante la vitesse du ba-


teur du bateau. Le suivi de ces routes teau et, en même temps, corriger sa
sur le terrain se décompose en deux route pour se rapprocher au mieux du
phases, l'approche et le suivi du profil. profil théorique. Le tracé instantané,
sur l'écran du calculateur, de la posi-
111.4.1 L'approche tion du bateau permet à un barreur
expérimenté de ne pas s'éloigner de
Le calculateur embarqué reçoit en plus de 2,5 m de part et d'autre du
permanence les paramètres de l'AGA profil théorique.
et calcule en temps réel la position
de l'embarcation. Sur l'écran du cal-
culateur sont visualisés la route suivie 111.5 Les résultats
par le bateau et le tracé du profil théo-
rique recherché. Le barreur peut ainsi Pour les besoins de l'étude, la géo-
se positionner sur le point corres- métrie des fonds doit être connue jus-
pondant au début du profil théorique. qu'à la cote maximale 805 m. Comme
II passe alors en suivi de profil ,>.
((
la cote du plan d'eau lors du sondage
était aux environs de 801,20 m, il au-
111.4.2 Le suivi de profil rait fallu, en toute rigueur, prolonger
L'acquisition des données n'a lieu que chaque extrémité de profil par une to-
pendant cette phase. Le barreur doit pographie jusqu'à la cote 805 m. Une

Fig. 3. - Courbe de capacité (volume-profondeur) de la retenue de Pareloup.


Fig. 3. - Capacity curve (volume-depth) for Pareloup rese~oir.
Levé bathymétrique de la retenue de Pareloup 17

telle opération sur 180 profils n'était sieurs stations à terre et un opérateur
pas envisageable. Aussi, à partir du à temps complet.
tracé relevé par I'IGN à la cote 805 m, Enfin, certaines contraintes tech-
avons-nous procédé par interpolation niques ne nous ont pas permis de
linéaire. Nous reviendrons sur ce choisir la meilleure période pour un le-
point ultérieurement. vé bathymétrique. En effet, la période
Les résultats des minutes de sonde la plus propice pour obtenir le maxi-
ont été traités pour obtenir les infor- mum d'information correspond à celle
mations souhaitées : où la cote est maximale, c'est-à-dire
- le tracé des isobathes sur un généralement en été. Or I'été compor-
(1R5O00) tait trois inconvénients majeurs pour
(fig. 2) ; la mise en œuvre de cette bathymé-
trie :
- un plan des abords du barrage
à l'échelle 1/5000 ; - la végétation est abondante sur
les berges, ce qui gêne les visées et
- le calcu' de la 'Ourbe de entraîne des stations relais supplé-
cité (volume-profondeur) (fig. 3). mentaires ;
- I'été est la période où la strati-
IV REMARQUES ET CONCLUSION fication thermique est maximale dans
un lac, ce qui altère la propagation ul-
Cette bathymétrie a représenté un tra- tra-sonore ;
vail important qui appelle quelques re- - à cela s'ajoute la présence de
marques. nombreux touristes pratiquant des ac-
Le choix d'une embarcation pneu- tivités nautiques intenses en été.
matique de type Zodiac limite l'espace Un compromis entre ces contrain-
de travail à bord. Cependant, ce ba- tes nous a conduits à opérer au début
teau est très manœuvrable dans les de l'automne, lorsque le lac est mé-
petits fonds et permet des relevés jus- langé et la saison touristique terminée
qu'à 40 cm sous la surface. L'inconvé- mais avant que ne commencent les
nient de ce type de bateau sans quille grands creux hivernaux. Malheureu-
est la dérive par grand vent. sement, le turbinage d'Alrance re-
La localisation en temps réel effec- prend dès septembre, et c'est la
tuée par poursuite optique avec le raison pour laquelle la tranche de sur-
géodimètre est très précise mais face restera mal estimée dans cette
contraignante, car elle nécessite plu- bathymétrie.

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