Table des matières
Chapitre I. : INTRODUCTION ....................................................................................... 3
1.1. Objectif du cours .................................................................................................... 3
1.2. Terminologie ........................................................................................................... 4
1.3. Sciences d’appui ..................................................................................................... 5
1.4. Finalité des repeuplements artificiels ................................................................. 5
1.1. Principes généraux sur le reboisement ............................................................... 7
Chapitre II : Destruction des ressources forestières au Congo .................................. 9
2.1. Aperçu sur le déboisement au Congo................................................................. 9
2.2. Etat de pression sur les forêts............................................................................. 10
2.3. Facteurs de destruction ....................................................................................... 11
CHAPITRE III : LES SEMENCES FORESTIERES...................................................... 14
3.1. Introduction .......................................................................................................... 14
3.2. La récolte des fruits et des semences ................................................................ 14
3.3. La préparation des semences ............................................................................. 15
3.1. La conservation des semences ........................................................................... 16
CHAPITRE IV : LES PEPINIERES FORESTIERES .................................................... 21
4.1. Principes généraux............................................................................................... 21
4.2. Les pépinières permanentes ............................................................................... 21
4.3. Pépinièresvolantes ............................................................................................... 33
4.4. Pépinières semi-permanentes ............................................................................ 36
4.5. Production industrielle de plants forestiers..................................................... 38
Chapitre V. Travaux d’amélioration préparatoires au reboisement artificiel ....... 39
5.1. Chemins, coupe-feu, cordons feuillus et travaux préventifs contre
l’incendie ..................................................................................................................... 39
5.2. La lutte contre la sécheresse ............................................................................... 41
Chapitre VI : Les repeuplements artificiels ................................................................ 44
6.1. Choix des essences de reboisement ................................................................... 44
6.2. Stations et limites du choix ................................................................................. 44
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6.3. Choix des essences et objectifs poursuivis ....................................................... 48
6.4. Choix des essences et frais de gestion............................................................... 48
6.5. Facteur de risques ................................................................................................ 48
6.6. Mode de reboisement 6.6.1. Principe généraux............................................... 49
6.7. Reboisement par semis ........................................................................................ 54
6.8. Reboisement par plantation ............................................................................... 65
Chapitre VII. Entretien des repeuplements artificiels .............................................. 86
7.1. Remplacement ...................................................................................................... 86
7.2. Dépressage ............................................................................................................ 86
7.3. Rechaussement ..................................................................................................... 87
7.4. Dégagement .......................................................................................................... 87
7.5. Recépage ................................................................................................................ 87
7.6. Taille ....................................................................................................................... 88
7.7. Protection contre les animaux ............................................................................ 88
7.8. Protection contre les insectes et les champignons .......................................... 89
7.9. Protection des tiges .............................................................................................. 89
7.10. Soins culturaux ................................................................................................... 89
Chapitre VIII : Repeuplements de protection et de restauration ............................ 90
8.1. Boisements de restauration en montagne ........................................................ 90
8.2. Boisements à la limite supérieure de la végétation forestière ....................... 90
8.3. Boisements des déblais, déchets et fonds de carrière ..................................... 90
Chapitre IX : Aperçu sur les essences d’afforestation............................................... 97
9.1. Emploi et qualification des essences d’afforestation ...................................... 97
9.2. Inventaire des principales essences utilisées en afforestation 9.2.1. Acacia
(Mimosacées) ............................................................................................................... 97
Bibliographie sommaire .............................................................................................. 102
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Chapitre I. : INTRODUCTION
Chaque année, l’homme coupe ou arrache de millions d’hectares
de forets pour rendre ses zones cultivables, exploitation de bois et du
charbon de bois, production des pâturages, d’y construire des
habitations et autres infrastructures. Cette pratique entraine pour
conséquence la déforestation.
La déforestation est un phénomène de dégradation des forets, a
très grande ampleur dans le monde notamment en Afrique sous les
tropiques. L’homme est le principal agent causal de la déforestation,
Elle est un phénomène essentiellement anthropique.
Si la déforestation continue à ce rythme en Afrique, la forêt
tropicale pourrait bien totalement disparaitre dans moins de 100 ans.
L’Afrique est très touchée par la disparition des forets à une vitesse de 4
millions d’hectares chaque année.
1.1. Importance de la forêt
• Sans les forets, la terre serrait inhabité (photosynthèse) ;
• La forêt abrite de millier, voire de millions d’espèces
végétales et animales.
Les spécialistes estiment que l’ensemble des forets renferme 50 % des
êtres vivants de la planète terre ;
• La forêt absorbe les gaz carboniques et autres et élimine
toute sorte des pollutions atmosphériques produites par
les industries ;
• Elle produit la nourriture pour les êtres vivants (Produits
ligneux et non ligneux).
1.2. Objectif du cours
A l’issue de ce cours, l’apprenant devra être à mesure de :
• Définir le reboisement, son importance et ses liens avec
d’autres disciplines (sylviculture et l’agroforesterie);
• Acquérir les capacités de définir le besoin de reboisement et
établir un plan d’action de reboisement ;
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• Définir des stratégies de gestion des peuplements forestiers
en vue de la production ligneuse et ou de la conservation de la
nature ;
• Maitriser les techniques de récolte et de conservation des
matériels de plantation ;
• Implanter et gérer une pépinière forestière et un peuplement
forestier.
1.3. Terminologie
Le reboisement est une technique de gestion de
l’Environnement, qui consiste à transformer un terrain nu en forêt.
Ce terme est synonyme de Reforestation ou Afforestation ou encore
Treeplaniting en anglais.
Le reboisement ou repeuplement artificiel a pour objectif de
créer un nouveau peuplement ou régénérer un peuplement existant
en vue de satisfaire aux divers besoins de l’homme, les besoins
économiques. Il y a boisement quand on implante une végétation
ligneuse dans des surfaces nues: terres incultes, terrains pastoraux,
agricoles ou industriels. Le reboisement est repeuplement artificiel
d’une zone antérieurement boisé. Le plus souvent la régénération
artificielle est adoptée à l’exclusion de tous procédés naturels parce
qu’elle est avantageuse à de nombreux points de vue.
On peut également souligner que le reboisement, qui en
langage courant couvre aussi la notion de boisement, constitue une
activité de réponse au phénomène de déboisement ou déforestation.
Ce phénomène de dégradation des forêts est aujourd’hui de très
grande ampleur dans le monde, notamment sous les tropiques.
Le déboisement reste donc essentiellement anthropique
(cultures, combustibles, pâturages, résidences, méthodes de chasse
etc…) tel que les causes non anthropiques, bien que réelles restent
mineures et rares (cataclysmes naturels dont les tornades, la
sécheresse, la salinisation, les infestations par des insectes, les
séismes, les coupe de foudre…
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Le repeuplement artificiel est obtenu le plus généralement par
semis ou par plantation. Certaines essences sont introduites par
bouturage, le marcottage et la greffe sont exceptionnels et réservés à
des situations particulières (POURTET, 1964).
Enfin, il est notoire que le reboisement concerne non comme il
est couramment compris par le public, une activité de gestion de
l’environnement qui s’intéresse aussi bien à la savane qu’à la forêt.
1.4. Sciences d’appui
Le reboisement est une technique dont la réussite d’exécution
requiert des connaissances de base notamment en :
• Botanique, climatologie ;
• Pédologie ;
• Hydrologie ;
• Topographie (par établissement des plantations pour la lutte
antiérosive suivant les courbes de niveau) ;
• Agriculture générale ;
• Ecologie générale et forestière.
1.5. Importance de reboisement artificiel
La régénération artificielle et les repeuplements artificiels ont
pour objectifs de :
• Pallier les difficultés de la régénération naturelle ou remplacer
entièrement celle-ci en cas de carence complètes ou
d’impossibilité technique ;
• Créer des boisements nouveaux ou façonner les peuplements
existants en vue de mieux atteindre les objectifs de production
envisagée, à savoir : la protection, l’esthétique et la recréation,
de faciliter l’exercice rationnel de la chasse et pâturage.
Le terme de protection couvre la lutte contre les
avalanches, l’érosion, la formation et divagation des torrents ; la
régulation des eaux des bassins versants, l’assainissement des zones
marécageuses, complété par le boisement ; la salubrité des régions
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industrielles par la récolte des déchets industriels et urbains,
absorption des diverses pollutions atmosphériques ; la fixation des
terres mouvantes, des dunes maritimes et continentales et des terrils
des talus et berges.
L’esthétique et la recréation sont redevables de l’implantation
artificielle d’essences variées par la teinte du feuillage, la forme
spécifique ou forestière, l’aspect ornemental ; de la création de
lisières et d’allées, de bouquets, de zones vertes, d’arboretums de
collections… Des arbres à fleurs et fruits sont souvent esthétiques,
attirent les oiseaux et fixent leur population. La variété et
l’abondance de la faune sylvestre peuvent dépendre de
l’introduction et du traitement de certaines essences, l’organisation
et les objectifs de la chasse peuvent être modifiés.
Dans certaines régions, les pâturages sont limités aux
territoires boisés et des forêts de parcours ou des forêts-parcs
peuvent être créées par plantation. Le boisement peut modifier les
conditions éco-biologiques d’un milieu déterminé.
Il s’agit en général de rideaux forestiers ou brise-vents
implantés dans une vallée traversée par des vents violents secs,
chauds ou froids ou dans des zones semi-steppiques. Il peut
améliorer les techniques d’utilisation rationnelle des essences
forestières.
La régénération artificielle intervient fréquemment dans les
mélanges, la création de sous-étages et de cordons feuillus. Elle
étend l’éventail du choix des essences et permet de mieux utiliser
les ressources d’un milieu déterminé par des espèces, races,
écotypes ou plants sélectionnés. Elle augmente et diversifie la
production et donne des produits plus homogènes recherchés par
certaines industries. Le repeuplement artificiel permet de faire face
aux modifications des conditions et besoins économiques.
C’est la régénération artificielle qui transforme le paysage
forestier ; permet de convertir rapidement les taillis et taillis sous-
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futaie. Elle crée des richesses nouvelles et donne du travail :
utilisation de la main-d’œuvre ; production de matières premières
avec répercussions économiques et financières ; industries de
transformation, commerce et valeur ajoutée ; indépendance vis-à-
vis des pays étrangers fournisseurs ; gamme de produits plus
étendue et choix possible d’une politique forestière rationnelle. Elle
peut alimenter spécialement une industrie existante ou à implanter,
mettre en valeur les terres incultes et donner une destination aux
terres marginales de l’agriculture etc.
1.6. Principes généraux sur le reboisement
Les périodes de jachère trop courtes, les durées de cultures
sous l’agriculture itinérante trop longues, le pâturage, le feu et
l’érosion ont conduit à la dégénération d’immenses territoires en
terre dénudées ou paysages sans arbres.
Selon les estimations de REHM (1973), la mégestion dans les
tropiques permanemment humides et saisonnièrement humides a
transformé quelques 1.700 millions ha en savanes plus ou moins
productives. L’étendue de forêt actuellement perdue par année sous
les tropiques peut être évaluée à environ 6-7 millions d’hectares. Ce
taux de perte accuse une tendance croissante. Ainsi, le reboisement
est une tâche essentielle sur de grandes étendues sous les tropiques,
tant en vue de restaurer les territoires dévastés que de prévenir ou
remédier aux déficits en bois, bien que l’urgence semble être
reconnue partout de nos jours.
On a souvent l’impression dans les tropiques que la foresterie
est égale à la simple plantation d’arbres. Ensemble, les autorités et le
grand public sont généralement plus vraisemblablement prêts à
apprécier et supporter les projets de reboisement que d’autres types
de projets forestiers.
Ceux pouvant présente des étendues nouvellement boisées
par année là où elles ne peuvent être négligées, exemple autour des
villes, sont considérés ayant accompli du bon travail. Toutefois bien
de projets de reboisement ont constitué une ruine, un mauvais
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usage de ressources… D’où deux questions doivent être examinées
avant toute décision pour ou contre le reboisement :
Quel est l’objectif du projet du reboisement, c’est-à-dire quels buts
tente-t-il de servir ?
Pourquoi le territoire à reboiser est-il démuni de forêt ?
Un projet de reboisement n’est justifié que si le bénéfice direct
ou indirect à en tirer compense au moins les dépenses engagées
dans son établissement et son entretien. Dans les tropiques, surtout
en régions à villages éloignés, ceci n’est nullement le cas en terrains
ouverts propices à la reforestation.
Un bénéfice direct adéquat peut être attendu du boisement
lorsqu’il existe un marché réel ou potentiel actif pour le bois à
produire, et si des conditions locales permettent la culture d’espèces
à croissance rapide et de valeur marchande.
Les bénéfices indirects se rapportent à la capacité du
boisement à remplir certaines fonctions environnementales
(exemple : conservation de l’eau et du sol, conservation de la
biodiversité, séquestration du carbone etc,…) dans la meilleure
approche la plus rémunératrice possible. Toutefois, les lieux
requérant un besoin de protection de l’environnement (exemple :
bassins versants qui sont des sources d’eau potable) devraient
mériter l’emploi des ressources limités dont disposent les pays à
faible revenu.
Bref, plus grands sont les effets bénéfiques généraux attendus
du reboisement, plus justifiée est la raison de son entreprise. En fait,
le besoin de forêts à usage multiple est toujours plus que croissant,
car il faille viser des forêts productives d’un coté et des forêts pour
la conservation et la recréation d’autre part.
Considérant la seconde question de base, il est établi que des
causes tant naturelles qu’humaines expliquent le dénudement
d’anciennes terres forestières. On en parle ailleurs.
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Chapitre II : Destruction des ressources forestières au Congo
2.1. Aperçu sur le déboisement au Congo
Comme partout au monde, et particulièrement en zones
intertropicales, la déforestation sévit au Congo plus ou moins
intensément dans ses régions tropicales. Elle est d’autant plus
étendue et grave qu’on s’éloigne de l’Equateur et que la saison
sèche est plus longue. Bien que le problème soit identique partout,
étudions-en l’aspect congolais.
La question du recul de la forêt au Congo autrefois débat ou
discussion ; car les causes anciennes sont mal connues et les
époques incertaines, est aujourd’hui un danger évident, bien
qu’inégal, d’après les régions et le climat, car le facteur climatique
est prépondérant.
Exemple : avant l’indépendance, en Ubangi 2500 ha de forêt
étaient transformés en savanes à Imperata par la culture de maïs
sans interruption. En Uélé 400 ha étaient défrichés annuellement
pour la culture de coton. Au Kivu, deux types de forêt couvraient la
dorsale jusqu’aux grands lacs, celle du haut est fort menacée, tandis
que celle du bas avait disparu ; recul total en altitude 500 m.
Maniema : N-Ouest entre le Lualaba et le Lomani, récolte de
Copal issu de forêts disparues. Les cas de régression se constatent
dans les régions forestières et souvent sur des surfaces
considérables. Au Mayombe : en 25 ans, la proportion des forêts
secondaires a doublé, la forêt primaire ne représente plus qu’un
sixième de l’ensemble. En matière de déboisement, les conditions se
présentent différemment suivant qu’on se trouve dans ou en dehors
de la cuvette.
Dans la cuvette centrale, par contre, on rencontre un climat
favorable à la forêt et à l’évolution des sols ; pente nulle ou faible,
peu d’érosion ; population peu dense, bétail absent, réaction
progressive de la forêt d’où certitude de la régénération périodique
10 | P a g e
par la jachère ; système cultural continu, à rotation longue, mais
allongé encore. Court cycle de culture sans épuisement du sol :
assolement couvrant de grandes surfaces de formations secondaires
d’où bonne réaction de la forêt et déboisement peu à craindre dans
les conditions actuelles. Le drame ici résulte à présent de
l’exploitation forestière mécanisée.
En dehors de la grande forêt se rencontre un climat moins
favorable à la forêt et au sol (tropical) lequel évolue rapidement.
Terrains en pente plus nombreux, érosion souvent forte, population
assez dense ou dense, petit bétail ou parfois beaucoup de gros
bétail. Régression des formations secondaires et dégradation du sol
rapide, d’où jachère de moins ou moins espacées et régénératrices ;
système cultural discontinu a caractère spoliateur pour le sol et
partant réclamant périodiquement le défrichement de nouvelles
parcelles de formation primitives ; nomadisme cultural plus ou
moins prononcé suivant les besoins de terres neuves ; feux de
brousse plus ou moins intenses et réguliers.
2.2. Etat de pression sur les forêts
Comme toutes les forêts du monde, la forêt du Congo
représente une ressource naturelle qui est diverses façons mise à
contribution pour satisfaire soit les besoins de survie de l’homme
soit les besoins de développement local, régional ou national, soit
encore pour répondre à des préoccupations d’ordre éthique,
cultural et esthétique ou même de façon évidente aujourd’hui pour
contribuer aux préoccupations d’équilibre environnemental.
Parmi les pressions les plus évidentes qui s’exercent sur les
forêts congolaises, on peut retenir l’agriculture, la récolte du
combustible, la récolte du bois industriel, la récolte des produits
forestiers non ligneux, la pression touristique et la mise en place des
d’équipements publics pour le développement du pays.
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2.3. Facteurs de destruction
2.3.1. Agriculture itinérante
L’agriculture itinérante reste sans contexte la principale cause
de la destruction de la forêt sous les tropiques. Ce sont les habitudes
acquises de génération en génération qui font que les paysans
défrichent chaque année des milliers d’hectares de forêts et
procèdent à l’abattage systématique de grands arbres.
Le passage fréquent de brousse ne permet pas la reconstitution
rapide de la forêt mais au contraire, l’on constate des jachères
pauvres en essences de valeur.
2.3.2. Non-respect de la législation forestière
Toutes les forêts classées ou réserves forestières font l’objet
d’une destruction de la part des paysans à la recherche des zones de
cultures dans les campagnes ou dans des cite’ à la recherche des
terrains pour construire.
Kinshasa n’a plus de réserves forestières même les espaces
verts reboisés disparaissent car l’autorité municipale en complicité
avec le Ministère des Affaires Foncières ayant la gestion des terres
dans leurs attributions procèdent au lotissement anarchique de ses
espaces. Les érosions fréquentes constatées par ci-par là en sont
l’illustration concrète.
2.3.3. Exploitation forestière mécanique
Les entreprises forestières parfois par non-respect de la
législation forestière sont également à la base de la déforestation
accélérée.
Voici une illustration des superficies exploitées (ha) par
quelques exploitants forestiers relevées dans le rapport d’évaluation
fiscale 1991 du Fonds de Reconstitution du Capital Forestier
(F.R.C.F) :
12 | P a g e
Année Superficie exploitée
1986 70.935,2
1987 78.424,2
1988 81.474,7
1989 91.877,5
1990 70.584,2
Malheureusement, aucun programme de reforestation ne suit
le rythme de déforestation observée ci-dessus. Il arrive parfois que
ces exploitants forestiers dilapident les arbres dans nos réserves
forestières surtout au Mayombe.
2.3.4. Elevage
L’élevage représente aussi un sous-secteur important dans la
destruction de la forêt. En 1982, on a dénombré environ 1,2 millions
de tête de gros bétail réparties pour 47% dans le système
traditionnel (Kibali-Ituri et Nord-Kivu), pour 20% dans le Bas-
Congo, Bandundu, Equateur et les deux Kasaï ; pour 8 % dans le
système organisé moyen et pour 25 % dans le type industriel
(Katanga, Bas-Congo, Equateur, Bandundu et deux Kasaï).
A cet effectif de gros bétail, il faut ajouter ± 2,75 millions de
têtes de caprins et 753. 000 ovins. L’élevage utiliserait
approximativement 4,5 millions d’ha de terres de pâturages (Source
: Plan quinquennal 86-90).
En revanche, le recours au charbon de bois énergie privilégie
des citadins, ne manque pas d’exercer des pressions de plus en plus
fortes sur le capital forestier du pays. C’est dans le voisinage de
grands centres que ce problème se pose avec acuité.
Le prix à payer est la désertification (les bonnes terres arables
et des dommages irréparables infligés à l’environnement). En effet,
que ce soit pour les usages domestiques, commerciaux et
industriels, la demande en bois de feu devrait atteindre 55 millions
m3 équivalent bois en l’an 2005 avec une progression annuelle de
13 | P a g e
2,72 % soit à peu près le taux de croissance démographique qui sera
de 3 %.
Ces projections prennent en compte le constat ci-après :
Il y a un accroissement démographique de 2,9 % par an
jusqu’en 1990, puis de 2,6 % jusqu’en l’an 2005 ;
Des villes connaissant un gonflement de la population au taux
de 6 % par an jusqu’en 1990 et 5,3 % de 1990 en 2005 ;
Il y a une diminution de la population rurale au rythme de 0,89
%;
L’utilisation de charbon de bois aux fins de la cuisson est
évaluée à 60 % de ménage urbains.
Il y a aussi d’autres pressions sur les écosystèmes forestières
notamment :
L’ouverture de nouvelles routes ;
La création des pâturages en zones forestières ;
Implantation de certains projets d’aménagement agricole ;
L’extension des villes et autres agglomérations ;
L’exploitation pétrolière, etc…
En tirant les conséquences, face à la complexité des
problèmes soulevés dans le domaine de l’exploitation forestière et
de leur impact sur l’environnement, les autorités du pays avaient
initié en 1984, le premier symposium en vue de faire le point sur ce
secteur et jeter les basses d’une politique concertée de l’exploitation
forestière et du reboisement en RDC.
14 | P a g e
CHAPITRE III : LES SEMENCES FORESTIERES
3.1. Introduction
Tout plant forestier de repeuplement artificiel a pour origine
une semence, que le mode d’introduction soit le semis direct ou la
plantation de sujets éduqués préalablement dans une pépinière. Il
peut également procéder d’une bouture ou d’un drageon prélevés
directement sur un sujet issu d’une graine ou de matériel reproduit
végétativement.
Le choix par le forestier d’une bonne ou mauvaise semence
entraine lourdes conséquences. Il engage l’avenir pour des dizaines
d’années chez les résineux et pour environ un siècle voire plus,
pour les feuillus.
Entre les diverses provenances d’une espèce, il existe des
différences énormes de production, de forme, d’adaptabilité au
milieu, de résistance aux agents atmosphériques ou aux parasites…
Les observations de ces comportements sont déjà anciennes. Des
expériences comparatives les ont confirmées depuis quelques
dizaines d’années. Une réglementation s’impose pour organiser un
contrôle des qualités génétiques et des propriétés germinatives.
3.2. La récolte des fruits et des semences
La récolte des graines forestières n’est faite à grande échelle
que par le commerce spécialisé qui engage, pour la collecte, des
entrepreneurs dont on doit surveiller de très près la compétence et
l’honnêteté.
Les services forestiers, quand ils ne s’adressent pas aux
grandes firmes, n’assurent eux-mêmes que leurs propres ressources.
Le propriétaire forestier privé aurait grand avantage à récolter lui-
même les semences dont il a besoin. Il assure ainsi non seulement
des propriétés germinatives des semences récoltées dans de bonnes
conditions, mais il est en outre certain de leur provenance.
15 | P a g e
Chaque espèce a son époque de maturation et de
dissémination ainsi que son mécanisme propre de dispersion,
élément dont on doit tenir compte. La récolté se fait autant que
possible par temps sec.
On attend la chute naturelle des semences lourdes et on
récolte à la main les graines qui, à vue, sont de bonne qualité. On
peut prévoir, pour faciliter la tâche, d’éliminer les semences qui
tombent les premières : elles sont habituellement attaquées par les
insectes, mal formées, pourries ou non mûres. On attend leur chute
puis balaie sous les arbres producteurs ou on couvre le terrain de
bâches.
Les graines sont ramassées fréquemment pour éviter la
germination prématurée sous l’effet de l’humidité ambiante.
3.3. La préparation des semences
Les graines ou cônes aussitôt arrivés dans les lieux de dépôt et
de traitement doivent être sorties des sacs et mis en couches minces
dans un grenier ou un hangar bien ventilé, à l’abri de l’humidité et
des rongeurs. La masse doit être ressuyée pour éviter
l’échauffement, les moisissures et la germination prématurée.
L’épaisseur des couches varie avec les espèces ainsi que la
fréquence des pelletages nécessaires.
Généralement, la préparation se réduit à l’enlèvement des
graines mauvaises et des impuretés diverses. Le travail est déjà
poussé lors du ramassage des gros fruits, il suffit de compléter à la
main. Les autres semences sont nettoyées au van ou au tamis ou
passées au tarare. Le passage au tarare est ensuite nécessaire pour
éliminer les déchets, les graines vaines ou trop petites, ainsi que
celles encore munies de leur aile qui les rend trop légères. Des
dispositifs sont prévus pour récupérer ces dernières afin de les
retraiter.
16 | P a g e
3.1. La conservation des semences
3.4.1. Objectifs et principes de la conservation
Il est avantageux d’utiliser les semences aussi fraiches que
possible, à un moment peu éloigné de l’époque de la dissémination
naturelle. Les exigences du commerce et de la pratique forestière
courante ne le permettent pas souvent. On est obligé, par exemple,
de semer souvent beaucoup plus tard parce que la fourniture vient
trop tard à l’arrière saison.
Le plus souvent, l’espacement des fructifications oblige à
pratiquer une récolte abondante et à constituer des réserves qui
servent plusieurs années. Il convient dès lors de recourir à des
procédés propres à conserver les semences en bon état jusqu’à leur
utilisation en les préservant de la germination prématurée, de la
fermentation, des moisissures, de la dessiccation, des prédateurs…
3.4.2. Techniques de conservation et appareils
[Link]. Conservation en tas à l’air libre
Le procédé le plus simple est la conservation à l’air libre, en
tas, dans un local sec, bien aéré comme un grenier, à l’abri des
grands froids et des prédateurs, particulièrement des rongeurs. Les
semences sont étalées en couches d’épaisseur variable (10-30 cm).
Elles sont brassées périodiquement, 1 à 3 fois par semaine au début,
pour qu’elles perdent leur eau de transpiration et ne s’échauffent
pas.
L’épaisseur des couches est augmentée progressivement au
fur et à mesure de la dessiccation et les pelletages s’espacent. Les
pelles utilisées ne sont pas en métal mais en bois (pour éviter de
choc).
C’est le système fréquemment en usage pour les graines de
conservation facile, celles qui sont petites, sèches et transpirant peu
(semences légères de feuillus) ; pour les semences qui reprennent
difficilement leur humidité après avoir été desséchées, la mise en
17 | P a g e
tas empêche une déperdition exagérée d’eau. Les grosses graines se
mouillent, s’échauffent et moisissent si on ne les aère pas
fréquemment et perdent rapidement leur valeur. Si on les aère trop
vite, elles se dessèchent dangereusement et germent alors
difficilement.
La conservation en tas est simple ; appliquée convenablement
elle donne de bons résultats pour les graines de conservation facile.
Elle est plus délicate pour les autres pour lesquelles elle ne permet
simplement que de retarder ou ralentir la détérioration. Elle exige
de vaste locaux, beaucoup de manipulations et de main d’œuvre.
D’autres procédés variant avec les espèces sont donc à envisager.
[Link]. Conservation en sacs aérés
Les sacs en toile de jutes facilement perméables à l’air
sont remplis de semences aux trois quarts et suspendus dans un
local sec et bien aéré. Ils sont visités assez fréquemment, brassés et
inspectés.
Pour une meilleure garantie contre les rongeurs, les
sacs sont suspendus au bout d’une tige métallique munie d’un
crochet à chaque extrémité, l’un recevant par un lien le sac
solidement fermé, l’autre permettant l’accrochage à une poutre. Ce
moyen ne convient que pour les graines petites, sèches, transpirant
peu, ne nécessitant pas trop de contrôle et conservant facilement.
[Link]. Conservation en caisses
Les graines sont stockées dans les caisses en bois en
forme de parallélépipède rectangle terminé vers le bas par un tronc
de pyramide régulière. Le procédé est fréquemment employé pour
les petites semences se conservant facilement. Il faut visiter, remuer
et aérer périodiquement. Le travail est facilité quand la caisse est
munie à sa partie inférieure d’une ouverture à clapet permettant de
soutirer, dans un récipient, une quantité de graines que l’on reverse
ensuite à la partie supérieure du lot afin d’effectuer un mélange.
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[Link]. Conservation par stratification
La stratification consiste à conserver les semences
en couches alternées avec du sable grossier le plus souvent,
quelques fois avec du gravier fin ou une autre matière du
commerce.
On se sert de tonneaux, de caisses, de récipients
divers, de fosses dont le fond est drainé (drain, rigole, lit de pierres,
etc.). Suivant que l’on désire hâter ou retarder la germination, le
milieu est maintenu humide ou sec. Le semis est effectué à la saison
au premier signe de germination.
Les récipients peuvent être rangés dans un local
aéré mais frais sans grande amplitude de température, comme une
cave ou un hangar abrité. Ils peuvent être placés à l’extérieur contre
un mur qui sert d’abri. Le procédé est excellent dans son principe :
il se rapproche du processus naturel de conservation mais il
demande des précautions et des soins. Il est particulièrement
efficace pour quelques catégories de semences :
• Les fruits gros et charnus, d’une conservation difficile ;
• Les semences à enveloppe dure ;
• Les graines à enveloppe mince ou riches en essences volatiles
(sapin) qui pourraient perdre facilement leur pouvoir
germinatif.
[Link]. Conservation en silo ou en cave
La conservation en silo est une application de la
stratification à de grandes quantités de grosses semences. Celle-ci
sont mises en tas, le plus souvent par lits alternés avec du sable ou
de la paille hachée, sur un sol à l’abri de l’humidité. Il y a de
nombreuses modalités mais en général, le tas sont recouverts de
paille, de feuilles mortes ou de mousse. Un fossé périphérique
autour des tas ou des fosses évacuent les eaux de surface.
Les dangers de moisissures et d’attaques de
rongeurs sont toujours à craindre. Si possible, on préfère un peu
19 | P a g e
surélevé d’un hangar fermé. Pour faciliter la surveillance, la lutte
contre les rongeurs et atténuer les risques d’humidités, on les
dispose à l’air libre, dans une « hutte » de section triangulaire dont
les parois sont garnies d’une épaisse couche de terre que l’on peut
renforcer lors de très grands froids.
A côté de ces moyens de fortune, il existe de vrais
silos construits en maçonnerie ou en béton avec des dispositifs
parfaits de drainage et de protection contre les dégâts des rongeurs
et l’envahissement des eaux. C’est la conservation en silo qui donne
les meilleurs résultats pour les gros fruits charnus.
[Link]. Conservation à moyen terme
a)Conservation en récipients clos en milieu frais
Quand la conservation ne s’adresse qu’à un petit
volume de graines, on peut recourir à l’ensilage hermétique. Les
semences normalement desséchées sont déposées dans les
récipients en métal ou en verre (boites en fer blanc, bouteilles,
flacons ou bonbonnes) bien étanches, bouchés ou scellés
hermétiquement ou soudés. Des précautions sont à prévoir pour
éviter l’humidité : les boites ou récipients en verre sont chauffés
pour éliminer l’eau. On utilise parfois des produits déshydratants,
tel le silicagel bleu, enrobé dans de l’ouate.
Dans des essais de laboratoire, on a même créé le
vide, introduit des gaz inertes et déposé de la chaux vive entourée
d’ouate pour absorber l’anhydride carbonique. Ces récipients sont
alors avantageusement déposés dans un milieu frais tel une cave
froide (température estivale aux environs de 5-6°C).
b) Conservation en glacière
La conservation en chambres froides, glacières ou
chambres frigorifiques à température oscillant entre 3 et 4°C, dans
des installations domestiques ou industrielles donne d’excellents
résultats. Elle est de plus en plus fréquente et, pour que les
quantités soient assez importantes et régulièrement demandées,
20 | P a g e
elles remplacent alors tous les autres procédés. Les grosses graines
immobilisent d’importants frigos.
Avant la mise en glacière, les graines doivent être
convenablement séchées à chaud, en tenant compte de leur aptitude
à la déshydratation. Elles sont mises en boites métalliques
hermétiquement closes, voire soudées.
[Link]. Conservation à long terme
On étudie et on applique des procédés de conservation de
longue durée en glacière à des températures inférieures à 0°C. La
teneur en eau doit être bien définie pour chaque essence et pour la
température employée. Il y a un seuil de dessiccation à ne pas
dépasser.
[Link]. Semis immédiat après la récolte
On évite les difficultés de la conservation en semant
immédiatement les graines qui s’altèrent facilement (fruits gros et
charnus) ou le plus rapidement possible certaines semences légères.
Le procédé ne se défend que quand les terres sont libres et
préparées. En tant que un futur ingénieur la plantation par semis
immédiat est-elle recommandée ? Vrai ou faux ?
Vrai, parce que lorsqu’on dans une exploitation
forestière vous disposée d’une espace appropriée pour le semis et
que ces graines arrivent facilement en maturité et on un pouvoir
germinatif assez important et aussi on éprouve certaines difficultés
de conservation telle est le cas pour de gros fruits et de fruits
charnus.
Donc, vous êtes obligé de les mettre rapidement pour éviter des
pertes des semences.
21 | P a g e
CHAPITRE IV : LES PEPINIERES FORESTIERES
4.1. Principes généraux
La pépinière forestière qui ne diffère en rien d’une pépinière
pour les cultures constitue un site et un lit de transit des plantules
avant leur mise en place définitive.
Dans la pépinière, on éduque donc des semis qui sont extraits
à l’âge d’un ou de deux ans, pour être repiqués dans une autre
planche ou introduits dans les boisements. Ou bien, s’il s’agit de
plants repiqués que l’on maintient un an, deux ans rarement plus en
cas de second repiquage.
La pépinière doit être localisée dans un endroit relativement
plat où il existe un point d’eau à proximité et de préférence proche
des sites à reboiser. Les germoirs doivent être équipés d’un bon
système de drainage et les plates-bandes de dimensions
appropriées (1 x 10 m). Le site de la pépinière doit être protégé par
des clôtures.
4.2. Les pépinières permanentes
4.2.1. Introduction
Les pépinières permanentes sont destinées à produire, chaque
année, une quantité plus ou moins importante de plants sur une
surface déterminée et pendant une longue période.
Il est de ce fait désirable d’implanter ces cultures spécialisées
dans un endroit bénéficiant de conditions climatiques édaphiques
voisines ou identiques à celles des zones à boiser et située à
proximité de celle-ci. Mais, les pépinières industrielles sont le plus
souvent localisées dans les régions non forestières. La concentration
en certains terroirs est conditionnée par les facteurs suivants :
climat, sol, main d’œuvre, tradition.
En général, les préférences des pépiniéristes de métier vont
aux régions bénéficiant d’un climat relativement doux et de sols
22 | P a g e
plutôt légers mais bien alimentés en eau profonde ou par les
précipitations. Ils recherchent également les zones rurales à
populations susceptibles de fournir une main d’œuvre façonnée par
une longue tradition et où des travailleurs temporaires peuvent être
recrutés parmi les petits cultivateurs.
Les possibilités de location de terres pour les extensions et les
assolements, et d’achat de fumier de ferme sont un élément à ne pas
négliger. Un bon développement du réseau de communication est
un facteur favorable car le rayon de fourniture s’étend actuellement,
par l’emploi de camions rapides, à de centaines de kilomètres.
4.2.2. Critères du choix de l’emplacement d’une
pépinière permanente
Dans le climat général de la région à boiser, on choisira un
emplacement jouissant de conditions climatiques les plus favorables
aux plants destinés aux reboisements futurs. Le climat local, ou
méso climat, sera le plus doux possible. Les basses altitudes seront
donc préférées, mais les conditions climatiques de la pépinière
projetée seront étudiées avec soin (fréquence des brouillards, des
gelées hors saison, des vents desséchants, etc.).
On évitera à priori les dépressions humides et froides, les fonds de
vallées étroites et sujettes aux nappes d’air refroidi ; les crêtes sont
également à éviter à cause des vents violents et desséchants. Bien
entendu, le terrain sera horizontal si le sol est parfaitement filtrant
ou en légère pente pour favoriser le drainage latéral. Les versants à
inclinaison trop forte sont victimes de phénomènes d’érosion et sont
impropres à la mécanisation, facteur de première importance.
L’étude des microclimats locaux des divers sites sera faite
avec soin à l’aide de l’appareillage météorologique classique.
Le sol sera de richesse au moins moyenne et susceptible
d’amélioration par l’apport d’engrais et d’amendements. Le pH sera
propice à la croissance des plants.
23 | P a g e
En terrain fertile, les plants sont, à priori, de meilleure qualité
: plus forts, mieux conformes et à bon enracinement. Repiqués et
transplantés en forêt, ils surmontent plus facilement la crise de
l’extraction et de la plantation que s’ils étaient mal nourris, chétifs et
sans réserves.
Une étude pédologique préliminaire est indispensable. En
sols encore boisés, la phytosociologie peut rapidement donner les
premiers éléments d’appréciation. Il faut une terre suffisamment
profonde 40 cm au moins meuble et perméable, non pierreuse,
fraiche et non encombrée d’une végétation sauvage difficile à
maitriser.
L’alimentation en eau doit être convenable, qu’elle soit le fait
de précipitations satisfaisantes régulièrement réparties ou assurées
par une nappe profonde dont les effets bienfaits se font sentir par la
capillarité. Les sols naturellement secs sont donc à éviter. Les terres
compactes retenant l’eau sont sujettes au déchaussement, à
l’envahissement des mauvaises herbes et en particulier au
chiendent ; les travaux y sont difficiles et onéreux. L’enracinement
n’y est pas assez fourni et la végétation est tardive car ces terres
sont lentes à se réchauffer.
Les terres sablonneuses contenant une certaine quantité de
limon et d’argile sont recherchées et conviennent particulièrement
bien pour les semis. Des parties de la pépinière qui seraient plus
riches en limon seraient propices aux repiquages. Une bonne terre
de pépinière aurait les propriétés granulométriques suivantes :
Argile ( 0,002 mm) : 10 – 13 %
Limon (0,02 à 0,002 mm) : 5 – 6 %
Sable fin (0,2 à 0,02 mm) : 15 – 17 %
Sable grossier (2 à 0,2 mm): 60 70 %
Pour une pépinière annexée à un domaine forestier, mieux
vaut chercher un sol dont les propriétés physiques sont voisines de
celles des terrains à boiser. Les plants se constitueraient un
24 | P a g e
enracinement qui serait mieux adapté aux sols où ils devront
croitre. Il ne faut pas pousser trop loin cette analogie des propriétés
physiques. Il vaut mieux produire des plants dont les appareils
foliaires et radiculaires sont bien développés par la culture dans un
terrain dont vient de voir les qualités.
On parle également de la possibilité de remédier à l’état
défectueux d’un terrain par une préparation préalable convenable
(épierrage, ameublissement, assainissement, apport de tourbe ou
d’amendements, etc…). On peut éviter de pareils travaux en
choisissant judicieusement l’emplacement de la future pépinière.
Une amélioration qui doit être prise en considération est la
constitution d’abris : rideaux boisés, haies contre les vents violents
froids et desséchants. Si le terrain est adossé à un boisement âgé, on
peut profiter de la partie ombragée et abritée pour éduquer les
espèces particulièrement délicates.
La pépinière pourrait être crée dans le domaine forestier par
le défrichement d’une parcelle boisée convenablement choisie, mise
en état par des travaux préliminaires. Elle sera d’un seul bloc avec
un périmètre aussi court que possible pour faciliter la clôture, la
division et la surveillance.
Pour les mêmes raisons, il est préférable, pour une même
surface totale, de ne prévoir qu’une seule grande pépinière plutôt
que plusieurs petites. Elle sera à proximité immédiate d’une maison
forestière ou comprendra dans une enceinte, le logis d’un gardien
ou chef ouvrier, pour la surveillance des cultures et le contrôle des
allées et venues. Elle sera pourvue en eau. L’accès en sera facile aux
camions chargés de transports de plants, d’engrais, de matériaux et
marchandises diverses. L’éloignement des lieux de plantation parait
plutôt secondaire eu égard aux facilités de transport par camion ; il
peut être discuté lorsqu’il s’agit d’une vaste circonscription
25 | P a g e
forestière où les déplacements s’allongent en kilomètres et en
temps.
4.2.3. Travaux préparatoires d’amélioration
Dans le cas d’une terre agricole, la préparation se fait avec les
méthodes et les soins habituels de l’agriculture. Elle est apte à
recevoir immédiatement les semis et les repiqués. S’il s’agit d’une
prairie, l’enfouissement du gazon doit se faire quelques mois avant
la mise en culture. Il y a lieu de prendre certaines précautions de
lutte contre les insectes et leurs larves que pourrait contenir le sol de
la prairie en prévoyant des insecticides avant tout semis et
repiquage.
Dans une parcelle boisée défrichée, les travaux préparatoires
sont indispensables, parfois difficiles et onéreux et obligent à
différer la culture. Le défrichement se fait soit par abattage des
arbres et extraction des souches, soit par déracinement des sujets
debout. Dans l’un et l’autre cas, les souches doivent être
débarrassées du maximum de terre, particulièrement de la terre
superficielle et de l’humus. Il reste des cavités qu’il importe de
combler par le labour et les façons culturales pour niveler le terrain.
Le sol sera homogénéisé sur toute la profondeur de la tranche
intéressée par les travaux.
La terre doit avoir au maximum 40 cm de profondeur ; le
terrain est travaillé par un labour normal de 20 à 25 cm, pratiqué à
la main dans les pays de main d’œuvre surabondante, par traction
animale ou mécaniquement. Il est conseillé de conserver la bonne
terre dans les couches superficielles en évitant de l’enfouir trop
profondément. Les racines et les pierres sont évacuées. Si le tapis
végétal sauvage est continu et dense, on peut écobuer et brûler les
gazons desséchés. A l’occasion de ce labour préparatoire, on essaie
de corriger la compacité par l’apport d’humus, d’amendements
calcaires, ou de tourbe moulue ou cela est possible.
26 | P a g e
Il est très recommandable de faire précéder la pépinière
forestière par une culture agricole avec apport d’engrais, pendant
une ou plusieurs années. Les sols trop compacts, trop pauvres ou
trop salis par une végétation sauvage se propageant par marcottes,
rhizomes ou racines sont ainsi fortement améliorés. Les plantes
sarclées, dont la pomme de terre, sont les plus efficaces à cause des
soins qu’elles reçoivent, ainsi que les végétaux améliorants et
étouffants comme les lupins, la vesce, les trèfles, etc., qui sont
ensuite enfouis en vert.
4.2.4. Aménagement de la pépinière
[Link]. Division
La pépinière sera de forme régulière, carrée ou rectangulaire
si possible, pour faciliter la clôture et la surveillance.
Les allées sont permanentes, jamais labourées. Elles ne
doivent pas être trop nombreuses car elles nécessitent un entretien
coûteux et diminuent la surface utile de la pépinière, donc son
rendement et sa rentabilité.
Elles se recoupent à angle droit et délimitent des
compartiments définitifs (C).Elles comprennent des allées
principales qui sont des chemins empierrés (A) larges de 3 m,
accessibles aux attelages et aux camions. Les allées secondaires (B)
non empierrées, larges de 1 m à 1,5 m permettent le passage de la
brouette ou de petits véhicules à pneus tractés à la main.
Les allées principales et secondaires délimitent des
compartiments carrés ou rectangulaire qui sont les unités
permanentes de culture de la pépinière. Les limites en sont
matérialisées par des piquets implantés aux angles des
compartiments, dépassant le sol de quelques centimètres et portant
une indication définitive en lettres majuscules ou en chiffres
romains (plaques clouées ou inscriptions en noir sur fond blanc ou
27 | P a g e
en blanc sur fond noir, à même le bois de la prairie supérieure du
piquet).
Les compartiments sont utilisés tels que les repiquages
occupant le terrain pendant plusieurs années, notamment pour
l’éducation des moyennes et hautes tiges. Quand il s’agit de semis
et de repiquage habituels, les compartiments sont divisés en
planches ou plates-bandes (D) d’une largeur de 1 à 1,2 m et séparés
par des sentiers de 0,3 à 0,4 m de largeur. Ces dimensions
dépendent, en cas de travail mécanisé, de la distance d’axe des
essieux du tracteur et des instruments utilisés dans l’exploitation.
La division en plates-bandes est nécessaire pour faciliter les
déplacements du personnel, l’exécution des travaux, la répartition
de la culture, le contrôle des opérations et l’inventaire. La direction
des planches est à considérer avec soin quand l’inclinaison du
terrain est assez forte, ce qui n’est pas recommandable, elle doit être
perpendiculaire à la pente pour éviter les ravinements. Sinon, il est
préférable d’orienter la grande dimension dans le sens est-ouest,
pour protéger plus facilement les cultures du soleil et des vents
froids desséchants. La mécanisation demande, pour faciliter et la
rentabilité des travaux, de longues lignes et par conséquent des
compartiments rectangulaires plus étendus, mais il s’agit alors de
pépinières de surface plus importante.
L’exécution des travaux est plus facile quand un
compartiment est occupé par des sujets à enlever à la même époque.
Ceci est surtout valable et important dans les grandes entreprises
mécanisées.
De nombreuses pépinières forestières possèdent, comme en
horticulture, des bâches (coffres ou caisses munis de châssis vitrés
ou garnis de matière plastique) pour la production de plants rares
ou difficiles à éduquer et pour les semis d’espèces communes, avec
utilisation de « sols artificiels ».
28 | P a g e
4.2.2. Identification
Un étiquetage systématique et convenable doit assurer
l’identification des parcelles dans les plates-bandes. Les inscriptions
sont faites au crayon indélébile, souvent en noir sur fond jaune, sur
une étiquette longue et étroite enfouie de quelques centimètres dans
le sol. Elles sont tournées vers le plateau intéressé, l’étiquette faisant
un angle obtus avec le terrain ; on y note l’espèce, la race, variété ou
écotype, les dates de semis et de repiquage et un numéro d’ordre.
Ces divers renseignements sont reportés sur un plan parcellaire et
condensés dans un livre ad hoc qui sert en même temps pour les
inventaires.
4.2.3. Clôture
Il est généralement indispensable d’entourer la pépinière
d’une clôture pour la protéger des incursions, vols et déprédations
de l’homme et des dégâts des animaux domestiques et sauvages.
La clôture peut être établie avec des moyens de fortune,
puisés dans les ressources locales. Celle en bois, pieux et perches est
habituellement peu durable, sauf si l’on utilise des essences
résistantes à la pourriture et moyennant, le traitement au feu ou
l’imprégnation chimique de la pointe des pieux.
On a utilisé également des fils de ronces avec piquets en bois,
fer et béton. Un socle en béton prolonge la vie des piquets en fer.
Ces clôtures sont à surveiller constamment pour leur intégrité et
remplacer assez souvent. Une haie vive dense faite de plantes
épineuses diverses peut constituer pour l’homme et les animaux
domestiques courants une protection suffisante mais non pour la
volaille et le petit gibier.
La meilleure clôture est le grillage à mailles calibrées, tendu
sur des piquets de fer d’une hauteur de 1,5 m et muni à la plante
supérieure d’un bavolet. Un chemin de ronde intérieur permettra la
29 | P a g e
surveillance de la pépinière. Si celle-ci est bordée par la forêt, un
chemin de circulation extérieur doublé d’un fossé sera utile.
4.2.4. Annexes et installations diverses
Le ravitaillement en eau devra être assuré pour les diverses
opérations et les besoins du personnel (irrigation, arrosage,
préparation, nettoyage, toilettes, etc.). Le raccordement à un réseau
sous pression est souhaitable, sinon on érigera un petit château
d’eau alimenté par une motopompe élévatrice. Certaines pépinières
disposent en effet de canalisations amenant cette eau sous pression
en divers points. L’eau proviendra éventuellement de puits, des
citernes, de captages ou retenues.
Des fossés abrités seront pour le finissage des fumiers et des
composts. Des remises à outils, des hangars pour les machines et
l’appareillage, d’autres pour les matériaux à mettre en dépôt tels
que engrais, produits divers, paille, mousse, nattes, claies, etc., des
abris pour les diverses manipulations, un petit atelier de réparation
seront les annexes indispensables à une exploitation industrielle.
4.2.5. Fertilisation de la pépinière
1) Préférences des diverses essences
Les différentes essences ont certes des préférences plus ou
moins accusées pour un ou plusieurs éléments nutritifs mais on ne
peut donner que des indications à ce sujet, plus ou moins
confirmées par les résultats expérimentaux. Généralement, les
essences qui préfèrent les pH élevés sont également exigeantes en
calcium. Les besoins en azote des différentes essences varient très
nettement.
WITTICH (1961) analysant la teneur en azote des feuilles et aiguilles
de dix-sept essences croissant sur un sol à réserve en azote correcte
mais non optimale, a trouvé des chiffres variant de 1,38 % à 4,49 %.
30 | P a g e
Dans l’ensemble, on peut dire que les besoins en azote des plants
forestiers sont importants et qu’il n’existe guère d’essences qui ne
réagissent favorablement, dès le jeune âge, à un bon apport en cet
élément sous forme minérale ou organique.
Il semble que les besoins en magnésium des arbres forestiers
soient plus importants qu’on ne le supposait. La question se pose
d’un approvisionnement suffisant en cet élément dans les sols
légers souvent pauvres en Mg et dans les sols artificiels.
2) Propriétés du sol
Le sol d’une bonne pépinière forestière doit avant tout être
suffisamment riche en matières organiques. Outre qu’il fournit des
éléments nutritifs qui sont mis lentement mais constamment à la
disposition des végétaux, l’humus augmente le complexe absorbant.
Il favorise le réchauffement du sol et améliore la structure physique
avec comme conséquence, une vie microbienne intense, une activité
renforcée de la pédofaune et un meilleur approvisionnement des
plantes en eau, air et éléments fertilisants.
La teneur en matière organique dans un bon sol varie avec le
climat, la minéralisation, les techniques culturales. Elle est d’autant
plus élevée que le sol est plus lourd, le climat plus doux et plus
humide. On admet généralement comme teneur raisonnable, des
concentrations de l’ordre de 3 à 8 % (BENZIAN, 1967).
Une réaction moins acide convient pour la plupart des espèces
feuillues (pH compris entre 5,0 et 6,0) par opposition à la plupart
des résineux. Si le pH du sol est trop élevé, on l’abaisse notamment
par l’emploi d’engrais acidifiants (sulfate d’ammoniaque,
superphosphates). De plus, on peut apporter de la tourbe, de
l’humus brut ou pratiquer la culture d’engrais verts.
3) Appréciation de la fertilité
La fertilité du sol est habituellement appréciée subjectivement
par l’étude de la végétation naturelle, s’il s’agit de sols forestiers ou
31 | P a g e
de terres incultes. Le meilleur précédent est le champ cultivé ou la
prairie bien entretenue. Cette appréciation peut être confirmée par
l’analyse chimique du sol et le diagnostic foliaire. Quelques chiffres
de seuils de carence et d’optimum existent (BAULE et FRICKER,
1969), à propos de certains éléments. Des essais de fumures
comparatifs en plein champ ou en stade de végétation peuvent
apporter de précieuses informations.
Les agents causant la fonte des semis se développent
particulièrement dans les sols à pH élevé, compacts et riches en
matière organique.
4) Elimination de la rémanence des pesticides
Pour lutter contre la rémanence des produits phytosanitaires
utilisés, on renforce l’activité des microorganismes par l’usage de
fortes doses d’engrais organiques (fumier demi- décomposé)
données à un sol de jachère travaillée.
4.2.6. Soins à donner aux semis et plants en pépinière
[Link]. Lutte contre les parasites et les animaux
a)Désinfection des graines avant le semis
La désinfection avant le semis a été vue précédemment.
b) Fonte de semis
La fonte de semis est une des plus graves maladies qui
ravagent les pépinières, diminuent le rendement et abaissent la
rentabilité. Les plantules qui émergent du sol qui ont déjà
développé leurs cotylédons sont détruits, parfois en quelques
heures, en plages qui s’élargissent rapidement. Les agents de cette
pourriture du collet sont des champignons terricoles divers et
nombreux tels que Fusarium, Pythium, Phytophthora, Rhizoctonia,
Verticilium, qui vivent souvent en simples saprophytes.
32 | P a g e
Il semble que les conditions favorables au développement de
ces agents destructeurs soient :
• Milieu neutre ou faiblement acide dont le pH est supérieur à 5
;
• Température suffisamment élevée, supérieure à 20 °C ;
• Humidité élevée, l’eau libre favorisant au maximum les
dégâts ;
• Sol riche en matières organiques ou en nitrates ;
• Plantules très tendres, non lignifiées, très succulents, ce qui est
favorisé par une alimentation minérale déséquilibrée trop riche
en azote ;
• Semis tardifs.
Les risques sont d’autant plus élevés que la parcelle est
d’utilisation plus ancienne. Pratiquement, on considère les plantules
sauvées quand elles ont six semaines à deux mois.
Vu la diversité des agents pathogènes et la variabilité des
circonstances locales de sol, d’humidité, de température, de date et
d’évolution des semis, la lutte préventive est difficile en pratique.
On combat la fonte installée antérieurement dans les
planches de semis par la stérilisation à la vapeur, au formol, au
sulfate de cuivre, à la chloropicrine ou dichloropropène. En cas
d’attaque, les mesures curatives consistent à exposer directement au
soleil, avec suspension des arrosages, et à appliquer des fongicides.
On doit alterner ou combiner les produits fongicides. Les matières
actives sont variables et la lutte est coûteuse.
[Link]. Lutte contre les mauvaises herbes
Etant donné que les écrans disposés sur le sol ralentissent la
croissance des mauvaises herbes, les binages et sarclages, manuels
ou mécaniques détruisent également les mauvaises herbes. La lutte
chimique par l’usage des herbicides totaux ou sélectifs est
couramment pratiquée dans les grandes installations.
33 | P a g e
Lutte contre la dessiccation du sol et de l’atmosphère est assurée au
moyen de :
• Aménagement d’abris divers (artificiel, d’un peuplement
voisin, de haies vives, de brise-vent) ;
• Binages et sarclages ;
• Arrosages ;
• Irrigation….
4.3. Pépinières volantes
4.3.1. Principe
La pépinière volante est celle qui, momentanément, fournit
des plants pour un boisement ou un reboisement déterminé. Quand
la récolte est terminée, elle est abandonnée et éventuellement
réinstallée dans une autre station pour satisfaire les besoins d’une
autre plantation. Elle se déplace donc de proche selon les nécessités.
On y exécute, soit des semis, soit des repiquages, soit les deux
à la fois d’une seule ou de plusieurs essences. Généralement, on vise
plutôt l’éducation des repiqués en laissant la charge de cultiver les
semis aux pépiniéristes professionnels de faire passer par la
pépinière volante des repiqués du commerce, jeunes ou bons à
planter, mais dont on veut améliorer les chances de reprise. Parmi
les essences, on a en vue soit l’espèce principale de culture, soit
celles dont les jeunes sujets supportent difficilement le choc des
manipulations d’extraction, de transport et de plantation.
4.3.2. Techniques
La pépinière volante est établie dans le périmètre à planter ou
à proximité immédiate. Les essences héliophiles et robustes
s’accommodent du plein découvert en terrain nu. La plupart des
autres sont plus ou moins délicates et demandent ou exigent une
protection. Un coupe-feu peut convenir comme emplacement s’il
34 | P a g e
bénéficie de l’abri latéral de peuplements antérieurs. On peut
installer la pépinière volante sous le couvert bien dosé, plus ou
moins léger ou dense, d’un taillis, taillis sous futaie ou futaie
feuillue et résineuse. Le choix d’un bon emplacement doit avoir
pour critère non seulement l’abri nécessaire mais aussi un sol de
bonne qualité. Ce dernier doit être assez profond, meuble, drainé,
de fertilité au moins moyenne. Une rapide étude phytosociologique
et pédologique sera très utile. La composition botanique et la
vigueur du peuplement protecteur sera déjà guide précieux.
Comme le nombre de récoltes est limité, on est conduit, lors
de l’installation, à envisager que les soins strictement nécessaires,
sans cependant ne pas trop les limiter. La clôture pourrait paraître
superflue : elle sera néanmoins indispensable dans la plupart des
cas pour éviter les déprédations du gibier, mais on peut limiter les
frais.
La préparation du terrain, à profondeur superficielle ou
moyenne, est faite mécaniquement quand c’est possible (terrain nu,
coupe-feu) ou manuellement en travaillant entre les couches du
peuplement. On ne fertilise habituellement pas mais des engrais
mobilisateurs à base de P2O5 ou de N seraient très utiles.
On peut assimiler à une pépinière volante les noyaux
ANDERSON à fort densité où on reprend avec motte des plants en
excès pour étendre la surface occupée. Les sujets à prélever font
l’objet d’une préparation avant l’extraction. Elle consiste en un
cernage préalable, antérieur d’une saison, qui permet de refaire un
enracinement concentré dans la future motte. Au moment de la
transplantation, un coup de bêche profond dépivoté le plant et
soulève la motte en un seul bloc. Celui-ci est mis en place dans une
fosse de dimensions appropriées, en le déposant sans tassement
pour éviter le désagréger la motte. Les nouvelles racines passent
rapidement de la tranche fraiche inférieure au fond de la cavité. Les
35 | P a g e
racines latérales pénètrent dans le sol en place quand le contact est
établi entre ce dernier et les parois de la motte.
On peut également considérer comme pépinières volantes les
placeaux à sol travaillé, éventuellement fumés et en grillagés, que
l’on installe sous le couvert d’arbres semenciers, en prévision ou à
l’occasion d’une bonne fructification, pour obtenir, en quantité
importante, des semis naturels de valeur. Ces derniers seront repris
avec ou sans motte pour la plantation d’un parterre voisin. On peut
le faire également à partir de bandes travaillées dans un
peuplement en régénération. C’est en réalité une modalité de la
régénération naturelle assistée.
4.3.3. Avantages et inconvénients
La pépinière volante présente de nombreux avantages qui justifient
son extension.
Les plantes vivent dans le climat local dont elles épousent les
rythmes. Lors de la plantation définitive, les frais d’emballage et de
transport sont supprimés. Les plants sont extraits au fur et à mesure
de la mise en place, ne souffrent guère des manipulations et de la
plantation, gardent leur fraîcheur et ont ainsi une reprise en général
excellente. Point important pour les espèces délicates qui sont
particulièrement visées, les mortalités éventuelles ont lieu dans la
pépinière même.
On élimine encore les rebuts et on utilise que des sujets
vigoureux. Les remplacements sont réduits et le boisement plus
régulier, il est possible, par le prélèvement en motte, de pratiquer la
culture de plants forts, sélectionnés, à grands intervalles.
L’extraction et la plantation ultérieure en motte est facilitée si
on ménage les écartements satisfaisants dans une terre
suffisamment liante. Cette pratique élève les coûts de l’extraction et
de la plantation mais l’emballage est supprimé et le transport
facilité par les faibles distances. Les pépinières volantes autorisent
36 | P a g e
l’éducation de semis naturels dont on améliore l’enracinement, la
forme et la vigueur. Elles permettent de tirer des semences récoltées
dans le domaine et d’éduquer ainsi les écotypes locaux. Elles
changent de place fréquemment et sont ainsi peu exposées aux
champignons et insectes.
En pépinière volante, les prix de revient à l’unité marchande
dépassent habituellement ceux du commerce. Les travaux sont
ordinairement manuels. On mobilise, pour des besognes
intermittentes, un personnel d’exécution et de surveillance. Les
mortalités et les rebuts consentis influencent évidement le prix au
mille. Mais les conditions de plantation et les plants eux-mêmes
sont meilleurs, la reprise est plus élevée, la vigueur et la régularité
du jeune boisement favorisées, les coûts de remplacement et de
dégagement abaissés. En résume, le bilan est positif pour les
essences délicates.
4.3.4. Etendue de la pépinière
Pour déterminer l’étendue d’une pépinière volante ou semi-
permanente, il y a lieu de considérer :
Le nombre de plants normalement utilisés chaque année ;
A l’âge des sujets à planter ou la durée de leur séjour dans la
pépinière ;
La densité au m² ou à l’are tenant compte de l’écartement entre les
lignes et de la distance des plants dans la ligne ; les rebuts et déchets
et surtout l’intensité du triage.
4.4. Pépinières semi-permanentes
Les pépinières semi-permanentes sont des pépinières volantes
prolongées pendant quelques années ou des pépinières
permanentes à objectifs limités. Dans le premier cas, on ne change
rien à l’installation, aux objectifs et à la technique. On prélève
simplement plusieurs récoltes au même endroit, en envisageant une
fertilisation d’entretien et quelques sarclages aujourd’hui facilités
par des herbicides bien choisis et si possible sans rémanence.
37 | P a g e
La véritable pépinière semi-permanente occupe le même
emplacement pendant plusieurs années mais on y réduit au
minimum les équipements. Elle conserve tous les objectifs de la
pépinière volante ; éducation de peu d’espèces avec une essence
principale et de la seule catégorie des repiqués, culture complète de
plants rares ou d’écotypes locaux et surtout élevage d’essences
délicates sensibles au repiquage et à la plantation.
Son étendue varie de quelques dizaines d’ares à un hectare.
Elle est installée dans un bon sol répondant aux critères définis
antérieurement mais en plein découvert, après défrichement et
dessouchement. L’abri latéral sera donné par la ceinture des
peuplements voisins. Souvent, on choisit pour l’emplacement une
terre de culture ou une prairie dont le sol à des qualités exigées
pour une pépinière permanente, bordée par un bois ou une rangé
d’arbres protégeant des vents secs et froids.
La clôture est haute, solidement établie pour une durée de
plusieurs années. Les chemins sont limités à des sentiers de
circulation et, éventuellement, une étroite allée en sol naturel
permet le passage d’un petit véhicule à deux roues tractées de main
d’homme. L’alimentation en eau est réduite à un ruisseau, une mare
ou fossé voisin ; les arrosages ne sont habituellement pas prévus. La
protection latérale est quelquefois complétée par le procédé simple
des rameaux fichés verticalement en terre.
Les travaux sont réduits mais prennent plus d’ampleur que
dans la pépinière volante. Le labour et la préparation du sol
peuvent être mécaniques. On peut utiliser les outils tractés de
l’exploitation agricole voisine du domaine. Les autres travaux se
font manuellement sans investissements onéreux de machines. La
fertilisation doit être étudiée et appliquée comme dans la pépinière
permanente. L’entretien annuel consiste surtout en sarclages
manuels ou chimiques.
38 | P a g e
4.5. Production industrielle de plants forestiers
La production industrielle de plants forestiers repose sur la
nature de semis en conteneurs. Elle est souvent combinée à une
plantation mécanisée ou non en sols préparés. Dans les climats à
période de végétation courte, les semis en conteneurs sont éduqués
en serre, puis mis à l’extérieur pour s’endurcir avant la plantation.
Sur le plan technique, la culture de semis se fait
ordinairement en conteneurs de petites dimensions. Très
rapprochés les uns des autres, ils occupent de faibles surfaces. Au
Canada, on avance des chiffres évoluant de 2.500.000 à 3.200.000
sujets à l’acre (0,40 ha) soit 625-800 au m².
Les serres, ordinairement en plastique, sont relativement
onéreuses et leurs frais de fonctionnement sont à prendre en
considération. Elles sont munies de systèmes de chauffage et
souvent équipées d’appareils automatiques d’arrosage et de
fertilisation. Parfois même, un éclairage d’appoint est prévu pour
lever la dormance ou allonger la durée du jour. On expérimente
également l’enrichissement de l’atmosphère en CO2 et on
recommande l’inoculation des mycorhizes spécifiques.
L’élevage de semis en conteneurs sous serre isole les plants de
conditions édaphiques et climatiques adverses, les protège des
parasites, des prédateurs et de la concurrence des mauvaises
herbes.
39 | P a g e
Chapitre V : Travaux préparatoires au reboisement artificiel
5.1. Chemins, coupe-feu, cordons feuillus et travaux
préventifs contre l’incendie
5.1.1. Chemins et coupe-feu
Les chemins et coupe-feu facilitent le transport ultérieur des
produits forestiers. Ils abaissent les prix de revient et influencent
favorablement les prix unitaires marchandises. Ils rendent efficace
et possible la lutte contre les incendies en compartimentant la forêt
en blocs isolés plus faciles à défendre. Les noms de coupe-feu
(Belgique), de pare-feu ou garde (France) sont ainsi justifiés.
Outre ces deux rôles essentiels, on peut reconnaitre aux
coupe-feux et chemins
Objectifs et avantages :
• Facilitent la circulation, la surveillance et la chasse ;
• Contribuent à la bonne gestion du domaine par la division
matérielle et définitive en compartiments et coupes ;
• Sont parfois transformés en prairies ou cultures destinées à
l’alimentation du gibier dont on désire diminuer les dégâts à la
végétation forestière.
Le réseau de voie de transport doit être étoffé, on estime, en
Belgique, qu’il devrait exister, par 100 hectares de peuplements, un
kilomètre de routes et chemins en bon état. Le coupe-feu classique
est un espace, sans végétation basse, délimité par deux fossés, qu’il
importe d’assécher. La terre provenant du creusement des fossés est
rejetée vers l’axe pour façonner un bombement régulier permettent
l’évacuation latérale des eaux de ruissellement.
Le pare-feu est une simple bande débarrassée de toute
végétation séparant des boisements.
La largeur des coupe-feux est variable suivant leur affectation.
S’ils servent principalement à la circulation et au transport des
40 | P a g e
produits, on leur donne la dimension minimum permettant le
passage d’un véhicule ordinaire, soit 3 m. quand ils doivent
contribuer à la protection contre l’incendie, la largeur varie d’un
minimum de 6 m, fossés compris, à 15 – 20 m. les dimensions
peuvent varier dans un même boisement, des coupe-feux plus
efficaces sont prévus en tenant compte de la direction dangereuse
du vent et de l’origine possible du feu (chemin de fer, route
fréquentée, agglomération, usine).
5.1.2. Cordons feuillus
Des cordons feuillus longeant un ou deux côtés des coupe-
feux complètent avantageusement ceux-ci. Ils sont peuplés
d’essences feuillues non combustibles, autant que possible à
régénération naturelle facile et précoce par la semence, à couvert
satisfaisant pour éliminer les herbages et autres végétaux
dangereux. Ces cordons ont une largeur variable mais il semble
qu’un minimum de 10 m soit indispensable pour assurer une bonne
protection.
Ces coupe-feux nécessaires dans les forêts résineuses sont une
perte de surface utile. Quand les cordons feuillus doublent et
triplent la largeur indispensable, l’étendue ainsi soustraite à la
production peut s’élever à une fraction importante de la surface
totale. Soit un compartiment de 400 x 250 m ou 10 ha ; si les coupe-
feu et les cordons réduisent ensemble (de l’axe du coupe-feu à la
bordure du peuplement) de 10 m la dimension de chaque côté, la
surface utile sera de 380 x 230 ou 8,74 ha. L’étendue soustraite à la
production sera de 1,26 ha ou 12,6 %. Si la bande non plantée ou
semée n’a que 10 m de largeur de bord à bord, le parterre
réellement occupé par le peuplement producteur sera de 390 x 240
m ou 9,36 ha. La diminution de surface utile sera ramenée à 6,40 %.
41 | P a g e
5.1.3. Travaux préventifs contre l’incendie
La lutte passive contre l’incendie repose, non seulement sur
un bon réseau bien entretenu de chemins et coupe-feu mais
également sur un service de surveillance bien équipée avec guetteur
en permanence pendant les périodes critiques, munies de tables
d’orientation qui permettent le repérage exact des fumées suspectes,
téléphone raccordé au centre de lutte active ou appareil de
radiotéléphonie. L’équipement est complété par des aires
d’atterrissage pour hélicoptère, des réservoirs ou retenues d’eau,
des cabanes et abris pour les outils et le matériel spécialisés.
On préconise aussi de ménager des pistes cyclables pour
faciliter les déplacements et améliorer ainsi la surveillance. Il est
quelquefois nécessaire de prévoir des restrictions à la circulation du
public dont la présence n’est pas justifiée dans le domaine forestier.
5.2. La lutte contre la sécheresse
5.2.1. Influence de l’excès de sécheresse du sol
L’eau étant un facteur primordial de la croissance des
végétaux, il est évident que la densité, la taille, la production et la
valeur économique des peuplements décroissent au fur et à mesure
que s’accentue la sécheresse du terrain. Les essences ont des
réactions variables. Le manque d’eau comme son excès est relatif, il
serait donc désirable de donner un supplément d’eau aux stations
arides.
5.2.2. Techniques de lutte contre la sécheresse
a)Irrigation
L’irrigation des terres agricoles et forestières est habituellement du
ressort du génie rural. Le sylviculteur peut s’y intéresser
directement. Elle est pratiquée dans les pays chauds à longue saison
de végétation mais à période caractérisée de sécheresse. Elle aboutit
le plus souvent à des productions spectaculaires à partir de
42 | P a g e
certaines essences (Eucalyptus etc.). Elle se pratique par
ruissellement sur une pente douce, par submersion en sole plane
entourée de diguettes, par infiltration souterraine à partir de fossés.
b) Irrigation par fossés horizontaux
Des expériences ont montré que, en sols filtrants, l’irrigation
par une série de fossés horizontaux provoque une augmentation
appréciable de la production, même en climat à pluviosité régulière
et, à plus forte raison, en région a été sec.
L’établissement, en forêt, d’un système d’irrigation, même
simple, est cependant difficile et onéreux. Par conséquent, on
cherche plutôt à ralentir le ruissellement et à favoriser l’infiltration
de l’eau par des éléments de fossés horizontaux, disposés en
chicane selon les courbes de niveau. Ils emmagasinent les eaux de
pluie ou de fonte des neiges.
c)Banquettes antiérosives
Les banquettes antiérosives continues ou discontinues sont
destinées à combattre les ruissellements et leurs effets. Elles
facilitent l’infiltration des eaux et améliorent le statut hydrique des
sols. Leur construction et la disposition sur le terrain relèvent de la
lutte contre l’érosion du sol.
d) Arrosage par impluvium
L’impluvium est une technique d’irrigation des arbres
fruitiers et ornementaux dans laquelle on creuse à quelque distance
du pied. Une cuvette circulaire peu profonde ceinturée par un petit
bourrelet de retenue. L’eau y est amenée par un procédé
quelconque : tuyau d’arrosage, distribution à partir de réservoir
véhiculé. Le procédé ne s’adresse qu’à des essences forestières de
parcs, d’allées ou de plantations routières. On pourrait s’inspirer
également de la technique israélienne de l’irrigation souterraine
goutte à goutte par tuyaux perforés, placés en terre à proximité
immédiate des racines.
43 | P a g e
e)Economie de l’eau
Au lieu d’apporter un supplément d’eau aux stations
déficitaires, il serait utile dans beaucoup de situations où la
sécheresse est moins accusée, d’économiser l’eau par le paillage.
Cette technique concerne les pépinières forestières. Dans les
plantations, on rencontre habituellement à l’apport de feuilles,
d’herbages, de déchets végétaux ou de fumier pailleux, pour des
raisons économiques.
Le paillage à l’aide de film plastique est alors préconisé. Pour
chaque plant, on utilise une feuille de 2 m² environ, munie d’une
perforation centrale et dont les bords sont fixés par un peu de terre.
Les avantages généraux des films plastiques sont : l’économie
de l’eau, un facteur limitant la croissance (FROCHOT et LEVY,
1980) par suppression de l’évaporation du sol et des prélèvements
de la végétation adventice qui est éliminée ; amélioration de la
structure du sol protégé de l’impact mécanique des pluies battantes
et de la grêle. Un bilan favorable de l’eau permet une meilleure
utilisation des sels minéraux préexistants ou introduits par
fertilisation.
Les trois types de plastiques (transparents, noir ou opaque-
thermique) ont des effets variables sur les adventices et la
température du sol (FROCHOT et LEVY, 1980 ;
1986). Le plastique noir semble supérieur : il élimine les adventices
par suppression totale de la lumière, permet une certaine élévation
de la température, surtout la nuit. Le film transparent qui augmente
davantage la température, dessèche finalement les végétaux ; le film
opaque-thermique à des résultats intermédiaires.
Par contre, les paillis pourraient servir de refuge aux petits
rongeurs et de réceptacle de parasites divers. Ils seraient recherchés
et fouillés par les sangliers et les cervidés.
44 | P a g e
Chapitre VI : Le reboisement artificiel
6.1. Choix des essences de reboisement
Le choix des essences est complexe, délicat et définitif. Une
erreur doit se supporter pendant toute la vie du peuplement qui
vient d’être crée. Elle peut se traduire par des pertes et des
inconvénients sérieux : réduction de la production, vulnérabilité
aux agressions, défauts et tares, qualités technologiques moindres
difficultés de régénération, etc.
L’objectif est la création d’un peuplement reproduisant
l’association naturelle ou une association des essences ou un
complexe forestier, en vue de satisfaire les divers besoins de
l’homme, qu’ils soient économiques ou autres.
Les facteurs écologiques vont intervenir de manière
fondamentale dans le choix des essences : celles-ci doivent trouver
un milieu leur assurant des conditions satisfaisantes de croissance
et de reproduction. Dans l’éventail des espèces adaptées à la station
considérée, le sylviculteur peut affiner sa décision en s’inspirant de
considérations spéciales que conseille ou impose la communauté.
Quand il s’agit de terrains nus, le choix est limité. Il faut parfois
l’appoint d’espèces transitoires ou à fonction de mélange cultural. Il
n’est pas exclu de recourir à certains travaux préliminaires
améliorant la situation.
6.2. Stations et limites du choix
Le sylviculteur doit choisir une essence capable de se
développer normalement dans les conditions écologiques de la
station à boiser ou à reboiser. Une analyse succincte mais complète
examinera les facteurs de production et leurs influences possibles :
le climat, la topographie, le sol, la nature de la végétation
spontanée, le comportement des arbres forestiers eux-mêmes, la
destination du terrain, les travaux éventuels d’amélioration.
45 | P a g e
L’examen du climat général tiendra des composantes
agissant sur la végétation : température, précipitations, humidité,
photopériode, régime des vents, non seulement en s’intéressant aux
moyennes annuelles, mais encore à la répartition par saison et par
mois et aux extrêmes. Les moyennes sont issues des périodes
d’observation prolongées.
Dans le climat général, les facteurs topographiques tels
que l’altitude, l’exposition, la pente, façonnent des climats beaux
qui ont énormément d’importance.
La vie des arbres forestiers dure de quelques dizaines à quelques
centaines d’années. Les anomalies climatiques qui surviennent de
temps en temps au cours d’un siècle suffisent à réduire les chances
d’une espèce ou à l’éliminer complètement, qu’il s’agisse de
chaleurs ou de froids exceptionnels, de gelées anormales, de
sécheresses prolongées ou répétées. Sans altérer la vitalité de l’arbre
et ses capacités de production, les facteurs climatiques rendent
parfois aléatoire ou impossible la régénération naturelle. Les méso
et microclimat sont également influencés par les conditions
édaphiques de la station.
Certains travaux comme l’assainissement, l’irrigation, la
création d’abris ou de brise-vent, permettent parfois de faire
survivre une essence à la limite de ses possibilités d’existence.
Dans le cadre du climat général et local, ce sont les propriétés
édaphiques qui corrigent, améliorent ou amoindrissent le potentiel
de production de la station.
Les propriétés physiques du sol et le cycle de l’eau priment
généralement la composition minéralogique et la richesse en
éléments nutritifs. Ces derniers ne sont cependant pas à négliger,
surtout pour éduquer des espèces foncièrement exigeantes. Le
sylviculteur peut corriger les défectuosités du sol par
l’assainissement, l’ameublissement, la fertilisation et la fixation.
Dans une zone à boiser, on peut repérer et étudier plusieurs types
46 | P a g e
de stations. On éduquera dans chacun, l’espèce ou les espèces les
plus adéquates.
Appréciations du niveau de productivité d’une station
Les offices météorologiques fournissent des renseignements
qui peuvent être confirmés, corrigés ou complétés par les
observations locales et l’expérience. La géologie, la géomorphologie
et la pédologie permettent d’apprécier les propriétés édaphiques
d’une station. Les cartes spéciales seront consultées et étudiées. Les
investigations personnelles tireront des carrières, tranchées chemins
creux, fossés et d’un réseau de profils et de sondages.
La flore spontanée locale caractérise les associations végétales.
Celles-ci déterminent le niveau de fertilité de la station pour
diverses essences spontanées et exotiques et guident le choix des
espèces. Ces études sont complexes et du ressort des spécialistes.
Ceux-ci peuvent aider le sylviculteur en établissant la liste de
quelques plantes localement typiques des principales associations et
subdivisions. La pédologie à elle seule peut donner quelques
caractéristiques édaphiques valables à l’échelle régionale, pour
définir les stations et leur niveau de fertilité (DECOURT et LE
TACON, 1971).
Dans le cas de reboisement en forêt, l’association végétale
peut exister à proximité immédiate. Il est élémentaire d’apprécier la
présence, la présence, la répartition, en croissance, la production et
la reproduction des arbres forestiers eux-mêmes. Quand une
essence prospère et se rajeunit naturellement dans une station
déterminée, c’est généralement qu’elle y est à sa place, qu’elle soit
spontanée ou naturalisée.
Dans l’appréciation de la valeur d’un fonds à boiser, il faut
également tenir compte de l’occupation antérieure du terrain. Les
terres marginales abandonnées récemment par l’agriculture sont de
meilleure qualité que les vieilles landes. La prairie est notamment
47 | P a g e
un très bon précédent. La concurrence du tapis herbacé est à
éliminer au moins pendant la première année.
La plupart des terrains incultes sont de nature telle qu’ils
doivent nécessairement être occupés par un boisement préparatoire
avant de songer à passer à la forêt définitive d’espèces
fondamentales indigènes ou vicariantes. Les terres incultes sont
celles dont l’agriculture n’a pas voulu ou qu’elle a délaissées depuis
longtemps, parce qu’elles sont de qualité médiocre : elles sont
superficielles, tassées, pauvres, acides et encombrées d’une
végétation adventice haute et dense. Les sols sont généralement
nus, sans abri, et exposés directement aux vents et aux extrêmes
thermiques. Ces terres ne peuvent être mises en valeur que par des
espèces frugales adaptées au milieu ingrat, constituant le premier
boisement. Ces essences occupent le terrain, améliorent les
conditions du milieu, peuvent abriter les espèces de la forêt
définitive et leur cèdent la place, à un moment donné des phases
progressives de l’évolution.
Le choix est donc limité aux essences de lumière à
tempérament robuste qui vont constituer le premier boisement. Les
autres essences, plus sciaphiles et plus délicates profiteront de l’abri
du peuplement pionnier pour former la forêt définitive qui
substituera, à un moment donné, au boisement primitif. Outre sa
fonction de protection et de préparation de la station, sa production
n’est pas négligeable.
Les espèces transitoires les plus habituelles tirent parti des
sols médiocres, les préparent à un bois bien définitif, donnent des
produits d’éclaircie appréciés. Leurs rendements, à l’exploitation
définitive, sont plus ou moins rémunérateurs selon le terme
d’exploitabilité et leurs utilisations technologiques. Leur emploi est
donc avantageux au point de vue cultural, économique et financier.
48 | P a g e
6.3. Choix des essences et objectifs poursuivis
Choix des essences basé sur des considérations écologiques
peut être infléchi selon les buts qui sont d’une part ceux qui ont en
vue l’intérêt général défini par les besoins variés et complexes d’une
société humaine et d’autre part ceux qui reflètent les préoccupations
immédiates et personnelles des propriétaires.
Sont à ranger dans la première catégorie, les objectifs
ressortissants à l’intérêt général sans recherche poussée du
rendement financier : augmentation de la surface boisée du pays,
choix d’une politique forestière, amélioration générale et
publication de la production, recherche des catégories les plus utiles
à la société grosses grumes ou bois spéciaux, régularisation des
conditions climatiques et du régime des eaux, protection,
esthétique, récréation et salubrité.
6.4. Choix des essences et frais de gestion
Choix des essences dépend parfois des capacités de gestion
du propriétaire, de ses ressources financières globales et de
l’importance du domaine boisé. Les particuliers optent le plus
fréquemment pour les solutions simples et faciles à appliquer les
moins onéreuses et les plus immédiates. Le prix de revient du
boisement est également un facteur primordial, principalement
l’importance (1) des travaux préliminaires, (2) des soins à donner,
(3) de la protection à prévoir qui alourdissent les investissements et
par (4) le prix des plants de certaines essences ou catégories.
6.5. Facteur de risques
Les dangers météorologiques frappent particulièrement
certaines essences surtout dans des stations déterminées.
Il faut tenir compte aussi des agressions et des destructions qui
diminuent la production, l’efficacité et la rentabilité de la culture et
compromettent même l’existence de l’espace par leur intensité, leur
49 | P a g e
répétition et leur gravité. Il s’agit des insectes, des champignons,
des incendies, du pâturage ou des déprédations du gibier. Les
accidents sont particulièrement nombreux et opérant dans le cas de
clones ou d’espèces exotiques dont les parasites ne sont pas
accompagnés de leurs prédateurs. Ils sont favorisés par des
conditions climatiques particulières et par le mode de culture
forestière.
6.6. Mode de reboisement
6.6.1. Principes généraux
a)Semis
En sylviculture, le semis a été de tout temps, le mode de
repeuplement prépondérant. Depuis une centaine d’années, la
plantation a remplacé progressivement le semis. Elle est devenue
presque exclusive. Des circonstances locales du milieu et la tradition
ont maintenu le semis dans quelques régions. Si la plantation est
largement préférée au semis, c’est qu’on lui reconnait une
supériorité technique. On la considère comme plus sûre, plus rapide
dans ses résultats, plus économique en général.
Si l’on référait aux processus spontanés de régénération, on
n’adopterait que le semis. Mais la nature est prodigue, gaspille les
semences et les germes, les distribue en surabondance. Pour peu
que les conditions soient favorables - sols propres sous le couvert,
couverture morte bien décomposée et conditions physiques du sol
convenables, facteurs climatiques propices – les résultats de la
germination peuvent être spectaculaires et le boisement acquis au
bout de quelques années peut être parfait. Il y a des échecs
retentissants. Parfois la régénération naturelle est impossible.
Le semis de main d’homme ne rencontre généralement pas
toutes ces conditions favorables. La réussite du repeuplement s’en
ressent. Le sylviculteur est beaucoup moins prodigue que la nature :
50 | P a g e
Il utilise avec parcimonie des graines qu’il a dû récolter ou qu’il a
achetées, que les manipulations de récolte et de préparation n’ont
pas améliorées et que la conservation a plus ou moins altérées. Le
semis lui-même est souvent exécuté de façon assez sommaire,
précédé d’une bonne préparation du terrain, notamment le labour
en plein avec fertilisation.
Quelques précautions dans le choix des graines et dans
l’exécution du semis rendent celui-ci moins aléatoire.
Des moyens techniques peuvent venir à bout des principaux
obstacles au semis direct : concurrence de la végétation et
déprédations des oiseaux, des rongeurs et des insectes. Pour venir à
bout de la végétation spontanée et laisser un bon lit aux semences,
on préconise :
• Le travail du sol par les moyens mécaniques classiques de
préparation du terrain, en plein ou par bandes ou
• Son élimination grâce aux herbicides et fongicides
On met l’accent sur l’enrobage des graines par un répulsif
valable contre les oiseaux et les rongeurs. Les prédateurs sont
écartés par des répulsives efficaces, non nuisibles et polyvalentes,
complétés par des poissons spécifiques. C’est ainsi que le semis
direct est remis en honneur aux Etats-Unis (DERR et MANN, 1971)
et en Afrique du Sud (DONALD, 1969).
Il reste vrai que le semis artificiel est souvent irrégulier
malgré que par endroits, les résultats dépassent toutes les
espérances : la germination servie par des circonstances favorables a
été excellente, les plants ont survécu nombreux ; trop densément
serrés, ils demandent des dépressages et même des dégagements
précoces couteux, au moment où les produits sont sans valeur.
Ailleurs, il y a des vides plus ou moins fréquents et étendues dont
les causes sont multiples : mauvaises répartition des semences ou
consommation par les oiseaux, les rongeurs et autres prédateurs ;
conditions locales défavorables de sol et de climat, déchaussement,
51 | P a g e
sécheresse, coups de chaleur, grands froids, la concurrence de la
végétation adventice ; les agressions multiples que subissent les
jeunes plants du fait des oiseaux, du gros et petit gibier, des
rongeurs, limaces, insectes et champignons. Les plants
surabondants peuvent être extraits avec ou sans motte et servir au
repeuplement des vides ou au boisement d’incultes voisins.
b) Plantation
Les sujets introduits par plantation sont plus développés et
robustes. Ils résistent mieux aux diverses agressions. Leur survie et
leur développement futur sont mieux assurés surtout si les besoins
requis leur ont été donnés. Soustraits à la concurrence mutuelle
pendant les premières années, ils disposent d’espace vital pour les
racines et l’appareil foliacé, puisque la densité du massif peut être
réglée à volonté. L’alimentation en eau et en matières minérales est
bien assurée ainsi que l’apport de lumière et de chaleur.
Dans les plantations, la croissance individuelle est favorisée,
et la production globale du peuplement est supérieure du moins
jusqu’à un certain âge. En général, les plantations sont plus
résistantes à la neige et aux vents que les semis maintenus trop
serrés, mais il s’agit ici d’une question de traitement. La plantation
est plus expéditive diton souvent, c’est-à-dire qu’elle est plus rapide
dans ses résultats. En effet, elle introduit des plants déjà plus érigés
qui ont bénéficié de soins appropriés pendant leur séjour en
pépinière. Le développement des racines et des tiges leur donne
une avance notable sur le semis exécuté en même temps, plants plus
âgés et de plus grandes tailles. Les regarnissages sont faits
rapidement tandis que les résultats définitifs d’un semis ne sont
souvent appréciables qu’après quelques années ; les semences
germant la seconde année, disparition échelonnée de jeunes sujets.
La plantation est complétée plus tôt. L’état de massif avec toutes ses
conséquences est acquis rapidement, mais un semis bien réussi
présente ces avantages encore plus précocement.
52 | P a g e
On dit que la plantation est en général plus économique ; son
prix de revient reste habituellement bas eu égard aux difficultés et
aux aléas du semis comme aux soins culturaux subséquents plus
onéreux : notamment dépressage, remplacements, dégagements
plus nombreux. Quand le labour en plein et la fertilisation sont
indispensables, le semis trouve de meilleures conditions pour son
exécution et son efficacité. Il doit être comparé à la plantation faite
dans les mêmes conditions.
On peut signaler à l’actif du semis artificiel la sélection
naturelle plus sévère à part d’un nombre élevé de sujets à l’hectare.
Une première et brutale épuration s’opère lors de la germination et
pendant les premières semaines. Elle est d’ailleurs hautement
souhaitable. Comparé à une plantation de même origine génétique.
Le peuplement issu de semis contient, à côté d’abondants déchets,
un nombre plus ou moins élevé de tiges droites, élaguées haut. Le
semis artificiel en lui-même est plus rapide, demande moins de
main d’œuvre et est moins coûteux que la plantation proprement
dite. L’opportunité du semis ou de la plantation doit faire l’objet
d’un examen dont certaines règles générales peuvent être avancées.
6.6.2. Règles d’application
La plantation est recommandée :
• Quand la semence est rare, chère ou de mauvaise qualité. Le
semis absorbe des quantités considérables de semences. Il ne
peut se pratiquer que lors des années de bonne fructification,
en recourant pour la conservation temporaire aux procédés
traditionnels.
• Quand le semis direct réussi difficilement ;
53 | P a g e
• Quand les plants doivent recevoir des soins spéciaux de
protection et traitement parce qu’ils appartiennent à des
essences délicates ou dont le développement est lent dans la
prime jeunesse ; quand ils appartiennent à des espèces qui
s’accommodent très bien de la plantation parce que les
repiquages en pépinière favorisent la concentration au collet
de l’appareil radiculaire comme chez les épicéas ;
• Quand doit boiser des stations aux conditions difficiles en
raison du sol (excès d’humidité ou de sécheresse, de
compacité ou de mobilité, soulèvement ou déchaussement et
fentes de retrait en végétation adventice dense et haute) ou
du climat (sécheresse généralisée hors saison, vents aux
lisières) ; les terres à boiser sont souvent nues et exposées aux
conditions difficiles ;
• Quand on se trouve dans des stations ou les semis et même
les tout jeunes, plants sont exposés à de sérieuses causes de
destruction : les oiseux, les rongeurs, le gibier, le bétail.
• Quand on veut installer des arbres d’ornement, de lisières ou
d’allées, repeupler les vides, introduire une espèce, une race
ou une origine nouvelle ou peu représentée dans le
peuplement ou la région, constituer des mélanges, installer
rapidement une végétation ligneuse de fixation, de protection
ou d’agrément ;
54 | P a g e
• Quand, pour des raisons techniques et économiques, on
désire des boisements de densité déterminée et régulière.
Le semis peut se justifier dans les circonstances qui lui sont
favorables :
• Quand on utilise des espèces héliophiles, robustes, ne
demandant pas d’abri, de croissance rapide dès la naissance ;
quand l’enracinement spécifique rend la plantation aléatoire ;
• Quand la graine est abondante de bonne qualité et peu
coûteuse lors de fructifications massives. Cela permet de
réussir un boisement avec une densité satisfaisante et régulière
;
• Quand on veut boiser des stations dont le sol et le climat sont
favorables à la germination des essences et au développement
des jeunes plats. C’est le cas notamment des terrains frais,
meubles, relativement propres, tels que les terres marginées de
l’agriculture abandonnées en sous-étage d’un peuplement qui
fournit l’abri et un sol relativement propre et meuble, ou sur
des terres qui ont été améliorées par le travail du sol en plein
ou par plateaux sur les terrains trop pierreux où la plantation
est matériellement impossible ;
• Quand la main d’œuvre est rare, chère ou inexperte, les
étendues à boiser considérables, la période de travail coutre ;
• Quand il est possible de recourir aux techniques qui abaissent
les frais de préparation du terrain et ceux des soins culturaux :
semis en lignes espacées, herbicide, dépressage mécanique,
dégagements et nettoiement chimiques.
6.7. Reboisement par semis
6.7.1. Les travaux préparatoires
Sur les pépinières une attention a été consacrée aux semences
forestières récolte, préparation, conservation, qualités, contrôle etc.
55 | P a g e
il faut juger de l’opportunité des travaux préparatoires qui ont été
examinés antérieurement, établissement des chemins et coupe-feux,
création de cordons feuilles, assainissement, élimination de la
couverture morte et de la végétation adventice, ameublissement,
fertilisation, fixation des sols mobiles, lutte antiérosive etc.
Si la préparation du sol est envisagée, il faut adopter le
système que dans une station donnée, offre le plus d’avantages et le
moins d’inconvénients. Il faut en outre qu’elle soit en concordance
avec le mode de semis qui sera adopté : en plein par bandes
continues, discontinues ou disposés en échelons, par placeaux ou
cellules, par trous, etc.
Les terres agricoles marginales récemment abandonnées et
rassises peuvent être semées directement si elles sont encore nues
ou garnies d’une végétation clairsemée et courte. Elles conviennent
pour les espèces robustes comme les pins qui sont souvent semés :
les graines peu coûteuses et de bonne qualité sont abondamment
distribuées, les jeunes plants de croissance juvénile rapide
surmontent aisément la concurrence. Au siècle dernier, on a
également semé les pins et l’espèce sur le terrain meuble, propre et
frais que laissait la coupe récente de genêts denses. Il en a été de
même, après essartage à feu couvert, ou plus simplement après
coupe rase du taillis simple. Des dégagements répétés étaient
nécessaires pour sauver le semis pratiqué entre les souches.
56 | P a g e
6.7.2. Les techniques de semis
[Link]. Modes de semis
a)Semis en plein
Les graines sont reparties uniformément sur toute la surface.
Le procédé est utilisé dans les terrains non, ameublis ou dans ceux
où la préparation a été faite en plein. Le semis est exécuté à la volée,
à la main. On recherche la répartition uniforme des graines qui n’est
pas toujours facile à obtenir, surtout avec de la fine semence. Les
précautions suivantes doivent être prises : semer par temps calme,
délimiter les virées par des jalons, préparer à l’avance les quantités
par surfaces partielles, quelquefois mélanger avec de la matière
inerte comme du sable pour faciliter une distribution régulière, faire
l’opération en deux temps par passages perpendiculaires à demi-
dose, etc. rien ne vaut la main et les doigts de l’ouvrier expérimenté.
b) Semis par bandes
Le terrain est préparé par bandes continues, discontinues ou
disposées en échelons. Le semis se fait à la main en prenant les
précautions nécessaires pour que la graine légère ne soit pas
emportée en dehors des endroits travaillés. Les gros fruits sont
déposés ou enfoncés à un écartement déterminé, selon des
alignements. L’opération qui est surtout pratiquée avec les glands,
s’appelle « piquetage ». Elle consiste à disposer les semences, une à
une, à un écartement variant de 0,75 à 1 m entre les lignes en
utilisant 3 à 7 fruits par mètres courant d’alignement.
57 | P a g e
Les avantages du semis par bandes sur celui pratiqué en plein
sont les suivants : la végétation sauvage des intervalles procure une
protection latérale aux jeunes plants, elle fixe le sol et diminue les
dangers de déchaussement, de ravinement et d’érosion. La
circulation par les bandes incultes et l’exécution des sois culturaux
sont facilitées. Le procède abaisse les prix de revient de la
préparation du sol et du semis lui-même. Il économise la semence
en fonction de la surface réellement occupée, la quantité employée
varie de la moitié aux fonctions de la dose requise par le semis en
plein. La préparation en plein donne au boisement une meilleure
impulsion que celle faite partiellement.
c)Semis en lignes
Il est pratiqué dans les terrains préparés en plein ou par
bandes continues, brisées ou disposées en échelons. Dans les
surfaces étendues, le semis se fait en alignements à distances
appropriées, dans les bandes selon l’axe. Dans les terres travaillées
en plein, il y a piquetage des glands.
Il existe des semoirs : les uns, manuels, sont à un seul tube
semeur, les autres tractés, sont à tubes multiples. L’usage de ces
instruments exige une terre sans obstacles, finement ameublie, bien
nivelée et raffermie quoique meuble, telle que pourrait l’offrir le
labour en plein à profondeur ordinaire suivi des façons
préparatoires appropriées, comme dans les terres sablonneuses. Les
avantages de semoir sont utilisation de faibles quantités de graines,
la réparation uniforme sur profondeur déterminée et constante, la
germination favorisée et régulière.
58 | P a g e
d) Semis par places, par placeaux ou par potets
La concurrence de la végétation naturelle est menaçante. C’est
pourquoi il y a une surface minimum à respecter. Le sol est préparé
par placeaux de 40 x 40 cm au minimum. L’épandage des graines se
fait à la main comme dans le procédé par bandes. Les avantages
sont ceux exposés dans le système par bandes pour ce qui est de la
protection des jeunes plants et du sol. L’économie en semences
permet de n’utiliser que le quart ou la moitié de la dose du semis en
plein. Il faut que le développement des plants forestiers soit
satisfaisant pour qu’on puisse se contenter d’une pareille solution.
e)Semis par cellules
On prépare de grands placeaux circulaires de 1 à 3 m de diamètre
que l’on travaille en plein. Le semis se fait en plein ou en lignes ou
par piquetage régulier pour les glands notamment.
f) Semis en trous ou poquets
C’est un vieux procédé expéditif, sommaire, ne demandant que de
faibles quantités de graines et quelque peu aléatoire en ses résultats.
Il consiste à creuser dans le sol, soit à intervalles réguliers soit, pour
les terrains rocheux et rocailleux, dans les poches de terre, des trous
auxquels il serait bon de donner un certain ameublissement. On y
dépose quelques grosses semences ou une pincée de petites. Le
recouvrement suit immédiatement soit au pied, soit en laissant
retomber le gazon soulevé.
g) Semis en « nids »
Dans les sols préparés en plein ou par bandes, les graines,
souvent des glands ou de grosses semences de légumineuses
59 | P a g e
arborescentes, sont disposées en « nids » de 5-7 ou plus regroupées
en petites surfaces séparées par des intervalles non ensemencés,
dans l’alignement. Entre les lignes de nids des cultures agricoles
diverses sont pratiquées pendant plusieurs années pour maintenir
le sol propre, abriter les plants forestiers et surtout éviter la
concurrence des herbages. En même temps, on nettoie le terrain
dans les files de nids.
h) Semis combinés d’essences différentes
Les différentes essences sont représentées en proportions
variables, à fixer. Le mélange peut être intime si les semences sont
de la même grosseur, du même poids et si les espèces ont des
exigences identiques. On mélange et on sème en une seule
opération. Quand les graines sont dimensions, de poids ou de
caractéristiques anatomiques différentes, on répand et enfouit à
profondeur convenable les fruits volumineux, puis les plus fines
graines que l’on enterre superficiellement. On peut adopter le semis
par bandes distinctes, chacune occupée par une essence. Le terrain
préparé en plein est divisé en bandes contiguës ou chaque bande est
elle-même subdivisée. Dans le cas d’une préparation par bandes, la
séparation des espèces est facilitée. Le mélange des essences par
groupes de surface plus ou moins grande semble plus difficile
réaliser par semis que par plantation.
60 | P a g e
[Link]. Recouvrement de la graine
Une épaisseur convenable de recouvrement augmente les
chances d’une germination rapide et régulière. Elle est, en outre,
mais jusqu’à un certain point, un obstacle à la voracité des
prédateurs. Elle varie avec les essences, avec le volume de la graine
et avec les conditions ambiantes. Elle est généralement d’autant
plus forte que la semence est grosse. Les normes sont celles du
semis en pépinière. Le recouvrement est relativement plus épais
dans un sol au climat sec, dans des terres légères perméables à l’air,
à la chaleur et à l’eau. Elle est plus faible dans les cas inverses.
Quand la couche superficielle est à l’abri de la sécheresse et assurée
d’une humectation satisfaisante et régulière, un recouvrement
mince semble être favorable. Trop profondément enterrées, les
graines pourrissent ou germent trop tardivement en donnant
naissance à des plantules malingres, malformées en fin de saison.
Voici quelques indications sur les techniques de recouvrement en
fonction de l’épaisseur à atteindre.
a)Semis en plein avec ou sans préparation du sol
Pour les semences légères, on pratique un hersage léger, en
décrochant, par une herse garnie de faisceaux d’épines ou ramilles
et par une herse-chaîne, articulée ou roulante, pour un travail un
peu plus poussé. Au siècle dernier, après le semis de pin, on a pu
faire souvent passer un troupeau de moutons dont le piétinement
assurait l’enfouissement superficiel. En terrain non ameubli, le
61 | P a g e
grattage de la herse n’étant pas suffisant, on creusait parfois des
fossés de distance en distance. La terre qui en était extraite était
rejetée sur les entrebandes et répandue uniformément sur les
graines par un hersage.
b) Semis par bandes ou placeaux
On pratique le hersage ou ratissage. Il a été vu que les grosses
semences pouvaient être semées ou piquetées dans l’axe des bandes
ou dans le fond des sillons creusés par la charrue.
6.7.3. Epoque ou saison de semis
Théoriquement, l’époque du semis devrait coïncider avec celle de la
dissémination spontanée des semences. Des obstacles divers s’y
opposent comme le délai inévitable entre la récolte et la livraison
des graines à l’utilisateur, les difficultés et les dangers de la
conservation. En outre, la nature qui dispose de ressources
exceptionnelles de bonnes graines peut faire face aux pertes
occasionnées, pendant la mauvaise saison, ce que ne peut se
permettre l’homme dont les moyens sont limités. En principe,
l’époque varie avec les types de climat.
6.7.4. Quantité de semences à utiliser
a)Principes généraux
En principe, on recherche pour la végétation forestière un état
de massif normal vers 8-10 ans. Trop de graines et trop de plants,
aboutissent à son peuplement trop dense avec tous les
inconvénients économiques et culturaux que l’on sait. Le massif est
trop précoce et les végétaux trop serrés sont effilés, malingres et
demandent des dépressages et nettoiements répétés et coûteux que
62 | P a g e
l’on a tendance à négliger ou à retarder. La croissance individuelle
est faible et la résistance aux dangers météorologiques et au
parasitisme moindre.
Les peuplements trop clairs dont l’état de massif est retardé
ont un mélange qui se fait mal et à partir de grosses branches : le
bois est noueux et de qualité défectueuse.
Au début de la vie du peuplement, il y aurait une perte de
production l’occupation insuffisante du terrain se traduit par des
récoltes inférieures ou différées lors des premières éclaircies, la
situation se normalisant avec le temps.
Pendant quelques années après la création du boisement, le
sol reste envahi par une végétation adventice qui nuit à la
croissance des plants forestiers, attire les cervidés et pourrait être un
élément pour l’incendie.
b) Facteurs influençant la quantité des graines à semer
1. Essence
Le semis est relativement épais pour les essences à croissance
lente et à tempérament délicat. Plus la semence est lourde et
volumineuse, plus élevé est le poids nécessaire ; meilleure elle est,
moins il en faut. Quand elle est rare, de mauvaise qualité ou
coûteuse, mieux vaut la réserver à l’éducation en pépinière.
Certains ont préconise d’en introduire une faible quantité dans un
mélange à base d’espaces communes.
2. Milieu
On sème à des doses relativement fortes quand les conditions
édaphiques sont défavorables à la conservation, à la germination de
la semence et à la croissance des jeunes plants (compacité, humidité,
sécheresse, soulèvement, préparation sommaire, couverture
63 | P a g e
vivante…). Il en est de même quand les particularités climatiques
sont défectueuses ou dangereuses surtout s’il s’agit d’essences
délicates.
3. Travaux préparatoires et d’autres éléments
Les doses varient avec le degré de préparation ; avec le mode de
semis ; avec le recouvrement plus ou moins épais et parfait ; avec la
saison ; avec, pour les semences et les plantules, l’incidence des
dangers, du parasitisme, des prédateurs ainsi qu’avec la menace
des ravinements et de l’érosion.
4. Objectifs
On tend aux objectifs suivants par des peuplements relativement
denses : recruter plus facilement des élites ; obtenir des fûts longs,
propres et cylindriques appréciés comme bois d’œuvre ; disposer
de petits produits à enlever en première éclaircie que le marché
général et les conditions locales sont favorables à ces catégories de
dimensions (débouchés spéciaux, proximité de centres de
consommation, voie de transport…) ; hâter la formation du massif
là où il est utile et urgent (rideaux de protection, brise-vent, cordons
feuillus, fixation de sols mobiles…).
6.7.5. Traitement des semences avant le semis
a)Limite d’application des procédés utilisés en pépinière
Le traitement des graines avant le semis en pépinière a été vu
précédemment. Les procédés considérés ne sont, pas d’application
facile dans le boisement par semis, car les quantités à manipuler
sont importantes.
b) Protection contre les oiseaux et les rongeurs
L’enrobage au minimum donne des résultats satisfaisants
quand la population des oiseaux et rongeurs n’est pas trop forte. Le
procédé au minimum et au phosphure de zinc est utilisé pour les
64 | P a g e
graines de résineux notamment. On a également proposé de
plonger très rapidement les graines dans du pétrole au moment du
semis. Depuis peu, on préconise un enrobage de protection qui fixe
sur les glands (CLAUDOT, 1974), un produit toxique, de préférence
répulsif.
Les produits retenus sont :
• Un répulsif : le thirame à l’état de suspension aqueuse ;
• Un poison : le minimum de plomb ou la chlorophacinone ;
• Un liant : le latex dilué en émulsion aqueuse ;
• Un fixateur : film de poudre d’aluminium pour faciliter la
manipulation des glands qui glissent l’un sur l’autre.
On procède aussitôt à l’enrobage en utilisant une petite
bétonnière ou un simple tonneau de 100 litres fermant bien que l’on
fait rouler. Les glands sont ajoutés à la préparation. On mélange le
tout énergiquement en faisant tourner bétonnière ou tonneau
pendant quelques minutes. On n’y ajoute la poudre d’aluminium,
on brasse le tout pendant une ou deux minutes. On fait sécher les
glands à l’ombre en les remuants pour qu’ils ne s’agglutinent pas.
Ils doivent être semés le plus tôt possible après le traitement, sans
quoi le pouvoir germinatif se perdrait.
c)Préparation à la germination
Tous les procédés utilisent le trempage. Ils ne sont pas à conseiller
car, pour faciliter le semis, les graines doivent rester sèches et dures.
En outre, les quantités à traiter sont trop importantes.
65 | P a g e
6.8. Reboisement par plantation
6.8.1. Considération générale sur les plants forestiers
[Link]. Qualités des plants
a)Identité, origine, provenance
Il faut, en premier lieu, s’assurer de la conformité de l’espèce.
La question de race, d’origine ou de provenance est importante. Les
caractéristiques extérieures ne sont pas suffisantes pour les
départager, encore que les différences se font jour dès l’état de
semis ou de repiqués. Il est hautement souhaitable qu’un contrôle
effectif et efficace soit exercé, avec certificats et attestations à
l’appui.
b) Caractéristiques extérieures
Les bons plants ont une conformation extérieure parfaite et
une grande aptitude à supporter la transplantation. L’émission de
nouvelles racines est fonction des réserves accumulées durant la
saison de végétation précédente. Les caractéristiques extérieures
suivantes sont à rechercher, non seulement au moment de
l’extraction mais surtout à la réception et à la plantation car, dans
l’intervalle, certaines qualités peuvent régresser.
L’appareil radiculaire doit être bien fourni, ramifié et
concentré au collet. Les racines doivent être en rapport avec
l’essence et l’âge ou les dimensions du plant, aussi abondantes que
possible, développées symétriquement, bien ramifiées autour du
collet et pourvues d’un chevelu abondant. A ce propos, il faut
considérer comme rebut et refuser catégoriquement, malgré le bon
état de l’appareil foliaire tout plant dont l’enracinement est déficient
: asymétrie par repiquage oblique, pivot et longues racines
recourbées, appareil radiculaire en « chignon » par culture dans un
récipient mal conditionné de trop faible capacité et où le séjour a été
trop prolongé. La concentration autour du collet favorise
l’extraction, la plantation et la reprise et évite les longs pivots et
66 | P a g e
racines latérales qui peuvent être arraché meurtris ou mal disposés.
Elle est obtenue par le repiquage dans un sol meuble, frais et riche
ou par la pratique du dépivotage, du soulèvement ou du cernage et
l’absence de repiquage. La culture en pots ou sachets peut y
contribuer en évitant le chignon (type et capacité du récipient,
durée du séjour). Certains ajoutent que les trous percés dans les
parois latérales ont mauvaise influence par excès d’oxygène.
DELVAUX (1980) pense que le succès de la culture en pots est
fonction des conditions suivantes :
• Capacité satisfaisante du récipient ;
• Durée du séjour appropriée ;
• Percolation du « sol » artificiel ou naturel ;
• Mode et abondance de l’arrosage.
La tige doit être droite, régulière et non bifurquée,
spécialement chez les résineux. Cependant, le développement d’une
flèche terminale multiple à la suite d’un accident (traumatisme, gel
ou dessiccation) n’est pas un vice éliminatoire : on peut rectifier la
forme par l’ablation des pousses en excès. Cette défectuosité
transitoire est assez fréquente chez certaines espèces comme légales
de contrôle prévoient un rapport entre la hauteur et le diamètre au
collet.
Elles limitent le nombre de repiqués à l’are pour permettre
d’atteindre de bonnes caractéristiques. Les plants maintenus trop
serrés sont effilés, beaucoup plus minces et moins hauts. L’appareil
foliaire est réduit et les ramifications inférieures sont souffreteuses ;
l’enracinement est mal conformé et peu développé. La résistance
aux dangers et parasites est affaiblie. La reprise est défectueuse et le
départ de la plantation mal assuré.
L’appareil foliaire est normalement constitué, formé de
ramifications vigoureuses en rapport avec l’âge du plant, les
branches inférieures étant largement développées. La cime est
conique et non fusiforme. Des rameaux épais et longs, des
67 | P a g e
bourgeons volumineux et gonflés sont des signes de vitalité et de
santé. Les aiguilles et feuilles quand elles existent, doivent être
caractéristiques de l’espèce et de l’âge du plant, par le
développement et leur teinte accusée, tirant vers le vert foncé.
L’écorce doit avoir sa teinte normale : elle sera saine, séveuse
et turgescente ; lorsque ridée et terne, elle annonce un début de
dessiccation. Il faut être particulièrement exigeant en ce qui
concerne la fraicheur de tous les organes et particulièrement des
racines. Celle-ci et surtout le chevelu se dessèchent très rapidement
au contact de l’air. D’après RUPF (1948), il suffit d’une exposition
de 3 à 6 minutes au soleil et au vent pour tuer le chevelu et les
radicelles.
On sait que les manipulations accompagnant l’extraction et la
plantation détruisent la presque totalité de ce chevelu. C’est à partir
des réserves des racines et des radicelles que se constituent les
nouveaux points végétatifs. Le plant dont l’appareil radiculaire a
subi une certaine dessiccation ne reprend pas ou traverse une crise
de développement pendant une, deux et parfois plusieurs années.
On dit alors qu’il « boude ». Beaucoup d’échecs dans les plantations
sont le résultat d’un manque de fraicheur des plants et en
particulier de leur appareil radiculaire.
Il faut en outre insister sur la différence entre reprise et bon
départ de la plantation. Un plant repris est celui qui reste vivant : il
peut souffrir longtemps de la crise de transplantation et perdre ainsi
plusieurs années d’accroissement. Les sujets frais bien « installés »
ne subissent pas cette crise, partent immédiatement et assurent à la
plantation vigueur et régularité sans perte de croissance. Les
remplacements sont réduits et l’état de massif rapidement atteint.
Les plants ne doivent pas être endommagés ou blessés ni être
porteurs de parasites.
Il faudrait également, pour éviter une crise d’adaptation, que
les plants soient éduqués sous un éclairement qui sera celui de leur
68 | P a g e
station définitive. Les feuilles et aguilles d’ombre ou de lumière,
habituées à un ombrage donné conservent pendant une année au
moins, leurs caractéristiques anatomiques et physiologiques
induites. Elles sont ainsi perturbées dans leur faculté d’assimilation.
Le manque de fraicheur des plants, surtout de leur appareil
radiculaire, conditionne non seulement la mortalité et, chez les
survivants, la croissance en hauteur mais aussi la production de
matière sèche. C’est ce qui résume les deux notions de « reprise » et
de « bon départ ». De nombreux travaux sont à signaler à ce propos
(HERMANN, 1967 ; VON BURGHARD VON LÜPKE, 1973 ; RUPF,
1948 ; SCHOLANDER et al. 1965).
Non seulement la durée de l’exposition à l’air et au soleil
serait à considérer, mais encore l’époque de l’année, l’intervalle de
temps entre l’extraction et la plantation, le procédé de conservation.
La dessiccation est fonction également de la température, du degré
hygrométrique et donc du déficit de saturation de l’air ambiant. Il y
aurait lieu, à ce sujet, de rappeler l’intérêt des anti-transpirants et
du pralinage, soit classique, soit à l’aide de gelée à base d’alginate
de soude, encore que les effets en soient contestés.
[Link]. Age ou dimension des plants
Selon l’âge ou la taille, on distingue les semis (S1 ou S2) qui
n’ont pas été transplantés hors de leurs planches et les plants
repiqués qui ont été déplacés une ou deux fois en pépinière (R1 et
R2 ou R1 R1 et R2 R2). Les feuillus semés, ou plus généralement
repiqués, sont classées en basses tiges dont la hauteur ne dépasse
pas 1 m, en moyennes tiges ou demi-tiges ayant entre 1 et 2 m et en
hautes tiges lorsque la taille dépasse 2 m.
En principe, plus les plants utilisés sont jeunes, mieux la
reprise de la plantation à racines nues est assurée. Ils doivent être
suffisamment développés pour supporter les opérations allant de
l’extraction à la mise en place et résister aux conditions adverses du
milieu, aux prédateurs et aux parasites. Des sujets trop faibles sont
69 | P a g e
difficiles à manipuler et supportent mal les vicissitudes de
l’existence. La notion de sujets jeunes est toute relative, elle est
fonction de l’essence et des conditions ambiantes de la station
définitive. C’est ainsi que les espèces à développement juvénile
ralenti sont mises en place à un âge plus retardé que celles à
croissance plus rapide. Les résineux exposés à une
évapotranspiration permanente supportent plus difficilement la
transplantation dès qu’ils dépassent certaines dimensions.
Plusieurs raisons militent en faveur des jeunes plants : les
manipulations sont plus faciles et moins dommageables,
l’extraction est plus aisée et respecte l’intégrité des racines et
radicelles, particulièrement chez les espèces à enracinement
profond et pivotant ; les prix de revient du boisement sont modérés.
La culture en pépinière, si elle se contente d’un séjour moins
prolongé dans les planches de semis et de repiquage, occupe des
surfaces plus réduites. Toutes les manipulations sont plus faciles et
plus rapides, y compris la plantation : les frais sont ainsi abaissés.
Les procédés de mise en terre expéditifs et moins couteux sont
d’application comme celui en fente ou au coup de pioche ou la
mécanisation avec usage de machines planteuses. Il faut
nécessairement recourir aux petits plants là où la nature rocailleuse
du terrain interdit le creusement de grands trous.
Les plants présentent moins de prise aux vents secs ou
violents, sont plus facilement abrités ou souffrent moins de l’excès
d’évapotranspiration. Ils s’adaptent mieux que les plants âgés aux
différences d’éclairement et aux variations de l’ambiance, sol et
climat. En résumé, ils traversent plus facilement la crise de
transplantation.
Cependant, on utiliser de préférence des plants relativement
forts dans les cas ci-après :
• Lorsque les essences sont très sensibles à la dessiccation des
parties herbacées ;
70 | P a g e
• Lorsque des plants plus forts, plus hauts, plus vigoureux ayant
plus de réserves sont capables de résister aux dangers
spéciaux. Malgré le choc de la plantation plus marqué chez les
plants forts mais atténué par la motte, ceux-ci conservent leur
avance initiale et se comportent mieux dans leur
développement, surtout si le diamètre du collet est important ;
• Dans les compléments de régénération naturelle ou artificielle
où les plants doivent être de taille identique ou supérieure à
ceux qui sont déjà en place ;
• Quand on repeuple les vides dans les taillis et les taillis sous
futaie où les rejets, de souches sont menaçants ;
• Dans les parcs, plantations routières et tous les cas où il faut
immédiatement des arbres de dimensions assez fortes.
[Link]. Provenance des plants
Les plants peuvent être prélevés en forêt dans des semis
naturels ou artificiels, dans des noyaux ANDERSON ou dans des
surfaces et bandes ameublies et ensemencées par voie naturelle. Ils
peuvent être éduqués par le propriétaire, en pépinière volante ou
semi-permanente. Ils peuvent être achetés à des professionnels qui
les produisent en quantités industrielles dans les pépinières
permanentes.
Considérons que les plants repris dans les semis naturels ou
artificiels sont généralement assez mal conformés, peu vigoureux,
de reprise difficile et de départ trop lent. Ces semis densément
serrés les uns contre les autres sont effilés, à tige grêle, cime étriquée
et enracinement déficient. Ce dernier n’est habituellement
représenté que par un profond pivot, ou de longues racines
obliques ou latérales, représenté que par un profond pivot, ou de
longues racines obliques ou latérales, peu garnies de chevelu. Le sol
est ordinairement assez tassé et dur et l’extraction à racines nues est
difficile et mutile gravement l’appareil radiculaire. En outre, ces
plantules se sont développées sous le couvert et supportent
71 | P a g e
difficilement la transplantation dans les endroits un peu mieux
éclairés. La reprise en forêt est donc limitée. On devra prendre
certaines précautions ; choisir les plants dans les endroits éclairés, à
sol resté meuble et frais ; se limiter aux plages où les semis, quoique
nombreux, ont disposé d’un espace suffisant pour développer
normalement leurs appareils foliaire et radiculaire ; faire un choix
sévère limité aux plants encore jeunes, bien équilibrés ; les prélever
avec motte.
Les semis ainsi récupérés peuvent passer par la pépinière
volante pour leur rendre vigueur, refaire leur enracinement,
augmenter leur chance de reprise et de bon départ. Ces
manipulations gonflent les frais.
Au lieu de semis, on utilise des drageons ou faux-drageons
d’essences à racines superficielles drageonnantes. Ces derniers
émettent, en certains points, un chevelu abondant et un ou
plusieurs rejets. Lors du sevrage, après une année de croissance
favorisée par un bon éclairement, on conserve le meilleur rejet avec
l’enracinement et un fragment de la racine.
On se sert habituellement, pour combler les vides des
régénérations naturelles ou artificielles par semis, de plants extraits
avec motte des plages trop peuplées. On les utilise également pour
les extensions de ces régénérations, pour faire les raccords entre
celles-ci, pour de nouvelles plantations.
6.8.2. Travaux préparatoires avant la plantation
Ces divers travaux ont été examinés antérieurement. Il reste à en
discuter l’opportunité dans chaque cas.
6.8.3. Techniques de plantation
[Link]. Opérations et instructions préalables à la plantation
a)Achat, conditionnement, transport et mise en jauge
Si les plants sont achetés à un pépiniériste professionnel, il est
bon de visiter l’établissement pour rendre compte sur place de
72 | P a g e
l’identité et de la qualité des sujets et éventuellement marquer sa
préférence pour un lot déterminé. Des accords sont pris en ce qui
concerne l’extraction, le pralinage des racines, l’emballage et les
moyens de transport. La date, l’heure et le lieu de livraison sont
fixés et le fournisseur doit confirmer ces engagements par téléphone
ou par lettre, quelques jours avant l’expédition. Les plants sont
acheminés par les moyens les plus rapides, réceptionnés et mis en
jauge immédiatement. En cas d’achat à un pépiniériste local, on
peut exiger une fourniture journalière répondant aux besoins du
chantier ou aux possibilités de l’équipe de planteurs. Les plants sont
alors simplement déposés dans un endroit frais et abrité, et les
racines protégées pendant les quelques heures précédant la mise en
terre.
b) Traitement des plants
Lors des manipulations, il faut que les organes conservent
leur fraicheur et en particulier, les racines qui sont sensible à
l’exposition à l’air. Cette fraicheur conditionne la reprise et le bon
départ de la plantation.
Les recommandations suivantes pourraient être faites :
1. Eviter les périodes de vents secs et de soleil intense ;
2. Opérer de préférence par temps couvert et calme quand le
degré hygrométrique de l’air est satisfaisant ;
3. Laisser le sol se ressuyer pour que la terre ne colle pas et ne
rendre difficile le recouvrement et la plantation elle-même,
mais les couches superficielles du sol doivent rester fraiches ;
4. Enlever les plants de la jauge au fur et à mesure des besoins ;
5. Procéder éventuellement au pralinage de l’appareil radiculaire
avant la plantation par le trempage dans une solution
d’alginate de soude, si l’opération n’a pas été faite en pépinière
avant l’emballage et le transport ;
73 | P a g e
Eviter la dessiccation des racines. Les plants ne doivent pas
6.
être répartis à l’avance dans les trous ou à côté de la fosse de
plantation ou en face de son emplacement futur, sauf s’il s’agit
de quelques plants d’essence robuste et lorsque l’atmosphère
est humide.
c)Organisation d’un chantier de plantation
Le travail est réparti entre les ouvriers, chacun recevant une
tâche délimitée d’une ou de plusieurs lignes contiguës. Des repères
sont placés pour vérifier la bonne exécution et partager les
responsabilités. L’ouvrier ouvre la fosse, met le plant en place,
recouvre les racines et tasse, selon les règles admises. Parfois les
fosses sont ouvertes par les hommes adultes, la mise en place étant
laissée aux adolescents. L’ouverture des trous se fait
immédiatement avant la plantation ou précède celle-ci de quelques
jours ou semaines et parfois de toute une saison. Il faut veiller
également à la distribution correcte des engrais si leur emploi est
décidé.
Des aides s’occupent de jalonner les alignements, de l’extraction des
plants de la jauge et de la distribution régulière de ceux-ci aux
planteurs.
d) Instructions et directives de plantation
Des dimensions sont données quant à l’exécution des travaux.
Les fosses auront les dimensions en rapport avec la force des plants,
le développement de la masse radiculaire et la nature du terrain. En
sol très riche mal structuré, il faut agrandir les trous dont les bords
s’éboulent. La tige est fixée, autant que possible contre une paroi
verticale pour empêcher ou limiter les déplacements du
déchaussement éventuel. Les racines sont étalées en position
normale, non recourbées ni enroulées, recouvertes de terre fine,
riche et fraiche. On tasse pondéralement à la plante du pied, non au
talon, et on termine le recouvrement par la terre grossière, les
pierrailles et le gazon. Un sujet bien planté et bien fixé ne doit pas
74 | P a g e
céder à une légère traction : le tassement ne doit être ni trop fort ni
insuffisant.
La profondeur de la fosse qui règle l’enfouissement des
racines varie avec les facteurs du sol et du climat qui pourraient
favoriser la dessiccation. Le respect du niveau sol / collet est
toujours important ; il est absolument impératif pour certaines
espèces.
A l’occasion de plantations d’essences précieuses, on
économise l’eau et on favorise la reprise et l’accroissement par le
paillage de la terre remuée autour du collet des plants. Les paillis
classiques d’herbes ou de fumier pailleux est remplacé aujourd’hui
par des paillis en plastique transparent, noir ou opaque thermique.
6.8.4. Modes de plantation
a)Plantation à racines nues
❖ Plantation en fente
Une fente est une cavité étroite et de profil triangulaire
creusée dans le sans extraction de terre, par la pénétration et les
oscillations d’un outil immédiatement après, le plant est introduit
au niveau normal du collet et les racines sont recouvertes par
refoulement latéral de la terre. Les dimensions de la fente sont
fonction du développement radiculaire du plant. Divers
instruments sont utilisés : la bêche plate ou en coin, la pique
triangulaire, les plantoirs à ailettes. L’ouverture de la fente est
suivie immédiatement par la mise en place du plant. Les racines
sont donc introduites dans la cavité en position naturelle ce qui
n’est pas toujours facile.
Elles sont recouvertes par refoulement de la terre avec l’outil
ou le plus souvent à l’aide du pied.
Dans la plantation en fente les conditions ne sont pas toujours
favorables à la reprise. Les parois sont lissées et tassées, le profil
75 | P a g e
triangulaire plutôt réduit ne permet pas la disposition des racines
en position idéale sans les recourber ou les enrouler.
❖ Plantation en trous
Les fosses sont creusées avec extraction de terre qui est
déposée en ados à proximité. Les dimensions sont en concordance
avec le développement du plant de façon à étaler l’appareil
radiculaire en position naturelle. Elles vont de 20 x 20 x 20 cm pour
les basses tiges, à 60 x 60 x 60 cm pour les hautes tiges.
Les instruments utilisés varient avec la compacité et la constitution
du sol : la bêche plate dans les sables, la houe dans les terres plus
fermes non ou peu pierreuse, la pioche quand l’emplacement est
encombré de racines et de pierres, le pic dans les endroits
rocailleux, la bêche creuse ou la tarière dans la tourbe. La fosse bien
faite à trois parois verticales, la dernière oblique ou effritée par
l’extraction de la terre. Le profil n’est pas en forme d’entonnoir car
le fond doit être suffisamment large pour permettre d’étaler les
racines.
A la plantation, on jette un peu de bonne terre dans le fond si
ce dernier n’a pas été ameubli. Le plant est placé au milieu de la
fosse pour bien étaler les racines en position naturelle. On recouvre
l’appareil radiculaire de terre fine humifère réservée lors de
l’extraction. On secoue légèrement pour faire couler la terre dans les
interstices et on tasse modérément à la main ou à la plante du pied.
La plantation en trous est le mode le plus employé et le plus
naturel. Elle donne d’excellents résultats. Elle est d’application dans
toutes les situations quelles que soient les essences, l’âge ou les
dimensions et la nature du sol.
A ce mode de plantation en trous peuvent être assimilés toute
une série de procédés qui ont été employés ou qui sont encore en
usage. On a autrefois planté à la charrue : les racines des plants
introduits dans un sillon étaient recouvertes par la terre d’un
76 | P a g e
second billon. Des résultats satisfaisants ont été enregistrés dans des
terrains assez meubles à tassement modère mais suffisant pour
assurer un contact intime avec les racines.
❖ Plantation par touffes
Dans un même trou de plantation, on introduit plusieurs
petits plants jointifs dans l’espoir que l’un d’eux survivrait. Le plus
souvent tous dépérissaient ou bien la plupart survivaient et, en
l’absence de dépressage, aboutissant à des peuplements d’arbres
trop serrés, malingres et mal conformés.
❖ Plantation sur buttes ou rejets de terre
Dans ce procédé, les racines sont introduites dans des buttes
surmontant le sol en place, avec comme objectif de soustraire les
plantes aux mauvaises conditions naturelles du terrain (humidité
ou compacité) ou à la concurrence d’une végétation dense et haute.
Elle vise également dans les sols trop pierreux ou tourbeux, à
procurer un peu de terre meuble de terre meuble pour recouvrir les
racines.
La plantation sur butte assure une bonne reprise et un bon
départ, mais les plants traversent malgré tout une crise plus ou
moins marquée lorsqu’ils atteignent par les racines, le milieu sous-
jacent non amélioré. On pourrait dire qu’elle augmente les frais
d’investissement. C’est vrai si les buttes ont été confectionnées par
des prélèvements de terre faits à cette intention. Mais dans la
plupart des cas, elles sont bâties avec les matériaux provenant du
creusement des fossés. Les dépenses sont alors justifiées par
l’assainissement.
❖ Modes spéciaux de plantation
• Plantation en contre-bas ou en cave
77 | P a g e
On pratique cette plantation dans les terrains très secs,
fortement ensoleillés et exposés aux vents. Dans les terres qui
permettent le travail, on creuse des cavités allongées de profondeur
telle que le plant ne dépasse guère le niveau du sol. Le fond de la
fosse et le plant se trouvent protégés du vent et aussi de
l’évapotranspiration. La protection est encore renforcée par le talus
des terres extraites que l’on dépose en ados du côté du soleil ou de
vent. Il faut donc tenir compte de cette orientation et des lignes de
niveau. La fosse ne doit pas être noyée lors des précipitations ; le sol
doit donc être suffisamment perméable.
• Plantation sur banquettes
Les banquettes antiérosives continues ou discontinues,
comportent essentiellement un fond incliné vers l’amont et un
solide bourrelet vers l’aval. Les premières plantations ont été
établies dans le bourrelet même, pour donner aux plants le
maximum de profondeur de terre. On n’avait pas compté avec le
déplacement des l’ados vers l’aval, suite aux coups d’eau que le
dispositif antiérosif ne parvient pas entièrement à amortir. Presque
tous les sujets sont déformés en sabre à la base de la tige et les «
chignons » des racines les déforment encore davantage. Par après,
les plants ont été introduits dans le fond travaillé de la banquette
mais contre le bourrelet. Les conditions édaphiques et l’abri ont été
meilleurs et les risques de déformations évités.
• Plantation de boutures racinées ou non
La plantation de boutures se fait comme celle des plants
ordinaires, dans un trou de dimensions appropriées. Pour réduire
l’évapotranspiration et faciliter la reprise, on équilibre l’appareil
foliaire en le réduisant par la taille. On peut mettre en place
directement des boutures non racinées que l’on enfonce à refus sans
préparation du sol ou après avoir creusé un trou légèrement plus
78 | P a g e
petit au bâton ou à la barre à mine. Les résultats souvent excellents
avec les espèces enracinement facile.
• Plantation d’espèces mélangées
On doit se préoccuper de la proposition des essences, du
mode de mélange des époques d’installation, des travaux
préliminaires utiles pour chacune des essences.
Aucune règle générale ne peut être avancée.
• Plantation et semis combinés
Ce sont des cas exceptionnels. On peut par exemple planter
un abri clair de l’espèce A et semer, sous cette protection, en lignes
ou bandes, des glands ou des semences de l’espèce B. On pourrait
envisager le mélange de deux semences dont l’une se prête mieux
au semis (pin maritime) et l’autre à la plantation (pin sylvestre)
mais il faut considérer la différence dans développement juvénile.
b) Plantation en motte
Dans ce procédé, les plants ont leurs racines entourées d’un
bloc de terre ou de sol artificiel. Les mottes garnies le plus
généralement d’un seul plant sont extraites d’une pépinière de type
quelconque ou prélevées en forêt, avec un instrument approprié :
bêche plate, creuse ou circulaire. Dans la culture de plants en
caissette, ceux-ci sont isolés à la bêche ou au long couteau ou par
séparation des compartiments. Les pots, sachets ou mottes
artificielles sont individuels.
Les trous de plantation sont creusés avec le même instrument
qui a servi à l’extraction. Les mottes s’y adaptent exactement. Le
contact intime entre la base de la motte et le fond de la cavité, se fait
sous le poids de la masse. Celui entre les parois verticales de la
fosse et la motte s’établi par simple compression du sol autour de la
motte, soit au pied, soit à l’outil, mais il ne faut jamais piétiner et
79 | P a g e
disloquer la motte. Lorsqu’il s’agit de mettre en place les hautes
tiges, le contact fait latéralement en laissant couler de la terre fine
que l’on tasse modérément au bâton ou à la poignée de la bêche
tenue verticalement mais renversée. Il est bon de recouvrir la motte
de gazon, de pierres ou des déchets végétaux disponibles pour
garder la fraicheur, éviter le retrait, le soulèvement et le
déchaussement. La plantation en motte donne d’excellents résultats,
meilleurs en général que procédé en trous, l’activité du plant n’étant
presque pas perturbée.
S’il est sûr et offre de bonnes garanties de reprise et de départ
des plants, ce procédé est le plus coûteux des divers modes de
plantation. Lors d’une transaction avec un pépiniériste
professionnel, l’achat des plants est onéreux ainsi que l’emballage,
le transport et la plantation ; le prix de revient par plant est très
élevé. Aussi il est conseillé de préparer les plants dans une
pépinière volante à proximité du lieu d’utilisation.
Le procédé est exceptionnel et ne se défend que dans certains cas
particuliers, quand on veut, par exemple :
➢ Planter pendant la saison de végétation et prolonger la durée
des travaux et l’utilisation de la main d’œuvre ;
➢ Boiser dans des conditions très difficiles de climat et de sol, si
la plantation à racines nues est impossible ou aléatoire. C’est le
cas notamment des pays et régions à longues saison sèche et
chaude ;
➢ Utiliser des essences dont la transplantation à racines nues
donne de médiocres résultats à cause du développement du
pivot et de la rareté du chevelu ;
➢ Combler les vides de repeuplements et boisements où on exige
des plants assez forts, de bonne reprise et de départ immédiat ;
80 | P a g e
➢ Lutter, dans certains cas, contre la concurrence d’une
végétation spécialement envahissante, haute et très dense, ou
mettre les plants en état de résister aux prédateurs, par
l’emploi de sujets plus forts ou plus âgés que ne le prévoient
les normes habituelles ;
➢ Introduire des plants forts, sélectionnés, à de grands
intervalles.
La sélection par deux temps de plants forts, le premier au stade de
semis avant le repiquage, et le second pour les repiqués avant
l’introduction en forêt est recommandable.
6.8.5. Epoque ou saison de plantation
C’est en définitive l’expérience locale qui décide du choix de
l’époque de plantation en tenant compte des conditions climatiques,
de la nature du sol de l’ambiance forestière ou de l’absence d’abri,
de l’essence et de sa phénologie. Parfois la question de main-
d’œuvre doit être prise en considération.
6.8.6. Densité des plants à la plantation
Les considérations générales qui ont été avancées à propos de
la création de boisement par semis sont valables pour les
plantations. Le massif doit être constitué à un âge normal, ni trop
avancé, ni trop tardif.
a)Dispositif des plants
La plantation est dite régulière quand les plants sont disposés
selon des alignements : elle est irrégulière dans le cas contraire.
Disposition régulière
• En carré
81 | P a g e
La distance est la même entre les plants dans la ligne et entre
les lignes. Les sujets occupent les 4 coins d’un carré.
• En lignes
La distance entre les plants dans la ligne et entre les lignes est
différente. Souvent l’écartement des alignements est plus grand que
celui des sujets dans la ligne. Les plants occupent ici les 4 coins d’un
rectangle.
• En quinconce
Il y a quinconce lorsque dans deux alignements contigus, les
sujets sont décalés d’une demi-longueur et sont disposés en triangle
sur 3 alignements, 4 sujets forment un rectangle avec un cinquième
au centre, celui de la ligne intermédiaire.
Toutes ces dispositions régulières facilitent le calcul du
nombre de plants nécessaires, l’exécution de la plantation, des
remplacements, des dégagements, la lutte contre les parasites, la
circulation et le transport des produits. Elles permettent une
occupation uniforme du terrain. A ce dernier point de vue, c’est la
plantation en quinconce qui assure les meilleurs résultats. Si on la
conçoit en répartissant les plants de la manière à former des
triangles équilatéraux, elle donne aux sujets une place égale dans
toutes les directions : par exemple 2 m d’écartement entre les plants
disposés dans les files (disposer sur une même ligne) et 1,73 m entre
les alignements. Il y aurait ainsi 2.857 sujets à l’ha contre 2.500 dans
la disposition en carré à 2 x 2 m et 3.086 dans celle en carré à 1,8 x
1,8 m. Elle autorise, selon l’espacement choisi, d’utiliser le
maximum de plants à l’unité de surface. Certains préconisent
l’écartement des lignes de 4 m et un intervalle de 2 m entre les
plants disposés en quinconce, soit 1.250 plants ha-1 ; ce qui équivaut
à une plantation de 2,83 x 2,83 m. les dégagements mécaniques sont
grandement facilités. Ces dispositifs en quinconce à grand
écartement sont utilisés, chez les essences à croissance juvénile
82 | P a g e
rapide, dans les conversions de taillis, avec des plants forts
sélectionnés. Des jalons matérialisent les alignements. Les distances
entre plants sont mesurées au pas.
Dans la plantation en carré, l’orientation des lignes
n’intervient pas. Si les plants sont installés à faible distance dans des
alignements écartés, il serait bon, en terrain plat, de les disposer
d’ouest en est dans les sols secs ou très enherbés, pour ombrager le
sol et les plants aux heures les plus chaudes et les plus sèches de la
journée. En pente, n les trace selon les lignes de niveau pour éviter
les ravinements, surtout si une préparation du sol quelconque a été
donnée. Pour faciliter le débardage, les alignements pourraient être
disposés obliquement par rapport au chemin de vidange en tenant
compte de la direction du transport.
Disposition irrégulière
On plante irrégulièrement quand il faut chercher un
emplacement convenable aux plants (sol ou abri) et quand il faut
éviter des obstacles (souches, blocs rocheux) ou compléter des
jeunes boisements.
b) Espacement des plants
L’écartement des plants permettant un bon état de massif à un
âge normal est fonction de facteurs culturaux et économiques.
Du point de vue cultural on plante relativement serré quand
l’essence est sciaphile, à tempérament délicat ou quand elle a une
cime étroite. Il en est de même pour les essences ou les élites assez
peu nombreuses avec de nombreux rebuts ; quand les plants sont
de qualité médiocre ou de reprise difficile ; si la station est
défectueuse par le climat, la végétation naturelle et le sol ; là où les
travaux de préparation du terrain et l’exécution de la plantation
sont sommaires ou laissent à désirer ; dans les milieux où les
83 | P a g e
dangers sont sérieux pour les jeunes plantes (gibier…) ; pour hâter
l’état de massif, constituer les cordons feuillus et les rideaux d’abri.
Du point de vue économique, on adopte une densité plus
forte quand les plants sont peu coûteux, quand les petits produits
du nettoiement et de premières éclaircies ont une valeur marchande
satisfaisante : si on veut obtenir des arbres à fût élevé et propre dont
les cernes étroits sont, pour les résineux et le chêne de tranchage,
propice à de bonnes qualités technologiques. Dans les cas
contraires, on choisit les distances plus grandes.
La plantation à plus larges écartements augmente
notablement les diamètres individuels (BOUDRU, 1976, DE
CHAMPS, 1987) et ce d’autant plus que la station est sèche. La
récolte des produits intermédiaires est constituée de peu d’arbres de
fortes dimensions. Si dans la production totale, il y a perte d’un
faible pourcentage en volume, le peuplement de valeur reste
considérable. D’un autre côté, il faut des nettoiements énergiques et
très précoces réduisant fortement le nombre de tiges à l’hectare
dans des massifs initialement serrés pour obtenir les mêmes
résultats. La présence de gros nœuds ne s’observe qu’à partir d’un
écartement déjà excessif et pour les élites, l’élagage artificiel règle
cette question chez la plupart des essences. Chez d’autres, les plaies
s’infectent facilement et l’élimination des gourmands alourdit les
frais de l’opération déjà onéreuse en elle-même. La stabilité des
peuplements est mieux assurée par des écartements plus larges,
notamment chez le douglas, dont l’enracinement est ainsi mieux
développé en sols relativement lourds.
Le facteur d’élancement (EL = H/D x 100 où H est exprimé en
m, D en cm est plus faible, l’arbre est plus trapu, son centre de
gravité est plus bas (DECHAMPS, 1987). La résistance aux dégâts
des neiges est accrue. On doit noter également l’intérêt des
boisements où les distances sont grandes entre les lignes et les
84 | P a g e
plants plus serrés dans les alignements : il y aurait régression plus
rapide de la végétation adventice et notamment des graminées, une
meilleure défense contre le gel, le vent, la neige, le gibier, un bon
élagage (KRAMER et al., 1971 : DELVAUX, 1973).
c)Nombre de plants à l’hectare
En terrains nus, l’écartement étant fixé, il est facile de calculer le
nombre de plants nécessaires par hectare, pour une plantation en
lignes. La formule est la suivante :
10.000𝑚2
𝑁=
𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑑𝑒 2 é𝑐𝑎𝑟𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑒𝑛 𝑚
Le nombre sera donc :
• Pour 1.00 x 1.00 m : 10 000 / (1,00 x 1,00) = 10
000 plants ;
• Pour 1.25 x 1.25 m : 10 000 / (1,25 x 1,25) = 6 400
plants ;
et ainsi de suite.
On peut, par ces calculs, vérifier l’influence d’un écartement plus
large de quelques décimètres et l’économie de plants qui en résulte.
La formule est valable quand on se tient à une distance du
périmètre égale à la moitié de l’écartement. Si on respecte les
distances légales (2 ou 6 m), il faut rectifier en considérant la surface
réellement occupée ; elle devient, pour une étendue quelconque :
10.000𝑚2
𝑁=
𝑝𝑟𝑜𝑑𝑢𝑖𝑡 𝑑𝑒 2 é𝑐𝑎𝑟𝑡𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 𝑒𝑛 𝑚
En sous-étage, la présence de souches ou d’arbres sur pieds est un
obstacle à la répartition régulière : le nombre de sujets introduits
serait diminué. On s’efforce de maintenir la densité du boisement
au niveau désiré, en serrant les plants dans les espaces disponibles
des alignements. Si on perçoit encore les anciennes lignes de
85 | P a g e
plantation, on peut maintenir la disposition précédente et on plante
dans l’axe entre les lignes de souches.
Il est souvent intéressant de prévoir, à l’achat des plants, un
nombre supplémentaire représentant approximativement les pertes
à la reprise. Les plants en surnombre sont installés dans les lignes
intercalaires ou dans des alignements définitifs mais à mi-distance
de l’écartement normal dans la ligne. Ils servent en temps utile aux
remplacements ou, s’ils sont en excédent, à un nouveau boisement.
Dans les terrains en pente ensouchés, on plante en amont de
la souche et non en aval. Le ravinement est moins à craindre et le
sol est plus profond par accumulation de la terre fine contre
l’obstacle.
6.8.7. Densité de la plantation et rentabilité
De nombreuses expériences sur les densités de plantation ont
montré que la production totale à un âge quelconque était toujours
supérieure dans le boisement serré (BARTOLI, 1971). La perte
d’accroissement est d’autant plus forte que les distances entre les
lignes et entre les plants augmentent. Cette perte est acquise
pendant les premières années de la vie du peuplement ou
l’occupation du terrain est imparfaite. A partir d’un certain âge,
d’autant plus avancé que la densité est faible, les accroissements
annuels courants sont les mêmes, mais le retard ne se comble pas.
Cependant, la différence entre les accroissements annuels moyens
diminue progressivement (BARTOLI et DECOURT,
1969).
Au point de vue rentabilité, la situation n’est pas identique :
elle dépend des rapports entre les prix. Il faut considérer les frais
d’investissements et les prix unitaires des diverses catégories
commerciales. Dans un marché favorable aux petites dimensions, la
préférence pourrait être donnée au boisement serré si les conditions
économiques permettent un prix de revient pas trop élevé pour la
plantation et les soins culturaux.
86 | P a g e
Chapitre VII. Entretien des repeuplements artificiels
7.1. Remplacement
Les vides d’un semis artificiel ou d’une plantation doivent
être combinés pour de multiples raisons exposées précédemment.
Les causes des vides dans les semis artificiels sont nombreuses et
variées : graines détruites par les prédateurs, endommagées et non
germées ; jeunes semis exposés à la dessiccation au soulèvement, au
déchaussement, aux gelées, à la concurrence de la végétation
adventice. Pour les plantations, le dépérissement des plantes est la
conséquence de la crise de transplantation aggravée par le manque
de soins, les circonstances défavorables du milieu, la concurrence de
la végétation, les accidents climatiques, les parasites, les dégâts du
gibier, les maladies des racines et du collet (Armillariella, Formes,
etc.). Les pertes accumulées et la répétition des remplacements
grèvent les frais d’investissement et déprécient la plantation,
surtout si on a restreint le nombre de plants à l’hectare.
Il faut prévoir les remplacements sans trop tarder : deux ou
trois opérations successives sont parfois nécessaires. Il faut attendre
1 ou 2 ans après le boisement pour décider du sort de celui-ci et de
la nécessité et de l’ampleur des regarnis. Dans le semis, il faut
attendre que les jeunes plantules aient surmonté les difficultés des
premiers mois ou des premières semaines.
Dans la plantation, il faut laisser passer la crise de
transplantation qui est rapidement décisive pour certaines espèces
mais laisse plus de chances pour d’autres. L’utilité des regarnis
n’est pas à discuter quand il s’agit de vides étendus.
Habituellement, le retard est tel que les sujets introduits ne
participent jamais à la vie du peuplement définitif (DELVAUX,
1972). Il est donc important d’éviter les pertes à la reprise.
7.2. Dépressage
Cette opération s’adresse aux semis, dans les plages trop
densément garnies. On enlève les sujets surabondants par divers
87 | P a g e
procédés qui ont été exposés, lors de l’étude des soins culturaux
(BOUDRU, 1989). Autant que possible, les plants en surnombre
mais vigoureux et bien constitués seront repris, avec mottes, pour
les remplacements dans les vides voisins.
7.3. Rechaussement
Cette opération est à exécuter en cas de nécessité, dans les
milieux où le déchaussement des plants est à craindre. On recouvre
les racines avec de la terre prélevée à proximité et il suffit parfois de
laisser avec le pied.
7.4. Dégagement
On a vu précédemment les inconvénients et quelques
avantages de la végétation spontanée. Il a été discuté de
l’opportunité et des techniques de dégagement, de la saison, de
l’époque et de la répétition de l’opération. Il est bon de rappeler
également l’enlèvement progressif de l’abri artificiel ou naturel.
Dans un fourré bien dense d’une régénération naturelle bien
venante d’essences précieuses se mêlent certaines espèces
indésirables. On y pratique une opération qui combine le
dégagement et le nettoiement. Elle consiste à ouvrir des « filets » ou
bandes nettoyés de 2 m espacées de 10 m d’axe en axe au
gyrobroyeur : le travail est rapide et peu couteux. L’ouvrier, de part
et d’autre des « filets », à 1,5 m environ à l’intérieur du peuplement,
dégagera tous les 2 m les plants valables à favoriser. On sauvera
ainsi 1.000 plants à l’hectare distants de 5 x 2 m. On peut réduire
l’espacement des axes à 8 m et placer les futures allées à 4 x 2 m, soit
en soigner 1250 à l’hectare (BOUDRU, 1989).
7.5. Recépage
Le recépage s’adresse spécialement aux essences feuillues
susceptibles de rejeter facilement des souches. Sont donc exclues
nos essences résineuses et même le hêtre sous notre climat. La
coupe ras-de-terre permet à la souche d’émettre des rejets dont on
réserve le meilleur. Le maitre rejet se développe rapidement et
remplace ainsi la tige ou l’appareil foliacé en mauvais état. Il peut
88 | P a g e
arriver que des plants aient souffert des manipulations d’extraction,
de transport et de plantation (blessures, gelées, dessiccation, perte
de la flèche…). En outre, après la mise en place, des accidents,
dommages et dégâts ont pu réduire la valeur et la vitalité des sujets
du boisement : gelées, neige collante, sécheresse, rongeurs, gibier et
incendie. Cependant, il faut insister sur le fait que l’émission des
rejets suppose l’exposition à la lumière et à la chaleur et qu’un
couvert même léger est nuisible. Il faut attendre que la reprise soit
bien effective et que l’appareil radiculaire ait suffisamment de
réserves pour l’émission de rejets vigoureux. Cela demande 3 à 5
ans après la plantation.
7.6. Taille
Cette opération est exceptionnelle sur les sujets de
repeuplements artificiels. Il pourrait s’agir de remplacer une pousse
terminale abimée ou de corriger une fourche accidentelle. Les plants
spontanément fourchus répètent ce défaut chaque année et sont à
enlever à l’occasion du nettoiement. C’est une opération délicate à
confier au seul garde forestier.
7.7. Protection contre les animaux
Les jeunes boisements sont mis en défens : le parcours du
bétail y est donc interdit. Le gibier est une nuisance par son
abondance et même par sa simple présence pour certaines essences
particulièrement recherchées. Les moyens de lutte sont la chasse de
destruction ou de contrôle avant le boisement, les plans de tir pour
équilibre forêt-gibier ou la clôture spécialisée pour chaque animal
sauvage, mais coûteuse.
Pour la protection individuelle des tiges, on a préconisé la
gaine en treillis métallique (botte), le berceau de rondins, les
spirales ou capuchon métalliques entourant le bourgeon terminal,
l’emploi de divers enduits ou produits répulsifs (thirame, zirame,
etc.) pour le petit et gros gibier. Il y a lieu de comparer le prix de
revient de plusieurs produits et celui du grillage.
89 | P a g e
7.8. Protection contre les insectes et les champignons
On pratique, sur les jeunes plants, la lutte directe curative par
pulvérisation ou poudrage de produits répulsifs ou toxiques de
contact ou d’ingestion comme le lindane. La surveillance doit se
poursuivre pendant 3 ou 4 ans. En outre, on incinère les rémanents
car l’insecte peut pondre dans les grosses branches restantes.
Les insectes, prédateurs plus ou moins spécialisés, demandent
des moyens de lutte généraux ou spécifiques. La bonne adaptation
des essences aux conditions climatiques et édaphiques, les mélanges
des âges et des espèces, les soins culturaux permettent ainsi des
mesures satisfaisantes de prévention contre les endémies et les
épidémies. Après une invasion, les éclaircies répétées purgent les
boisements et rétablissent l’équilibre. La lutte biologique est
aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour (CRISON, 1970). Il
n’est pas interdit de combiner les deux méthodes d’intervention
sans oublier les pratiques forestières de bonne hygiène des
peuplements.
7.9. Protection des tiges
Les hautes tiges sont exposées à divers dangers : soulèvement,
déracinement, courbure ou bris sous l’action du vent et du poids de
la neige ; ballottement de la tige qui ébranle l’appareil radiculaire et
brise les radicelles ; les blessures et accidents divers. On renforce la
stabilité des tiges par une butte de terre qui se tasse
progressivement. C’est suffisant en stations protégées comme dans
les clairières et vides des massifs forestiers. Ailleurs, il faut recourir
aux tuteurs munis de ligature appropriée pour ne pas endommager
l’écorce ni étrangler la tige.
7.10. Soins culturaux
Les autres soins culturaux tels que l’élagage, le nettoiement,
les éclaircies et l’émondage, largement considérés précédemment
dans le cours de sylviculture sont à envisagés dans l’entretien des
peuplements mis en place.
90 | P a g e
Chapitre VIII : Repeuplements de protection et de
restauration
8.1. Boisements de restauration en montagne
La restauration des montagnes combine les travaux de
correction et d’extinction des torrents, lesquels relèvent plutôt de
l’art de l’ingénieur, et l’établissement d’un manteau végétal. La
fixation urgente est assurée par le gazonnement de graminées et de
légumineuses à fort enracinement. Elle est complétée par
embroussaillement de plantes buissonnantes drageonnantes ou se
bouturant et marcottant facilement. Le reboisement se fait, vu
l’altitude, la plupart du temps avec des résineux, surtout à partir de
pins.
8.2. Boisements à la limite supérieurs de la végétation forestière
Les études phytosociologiques sont nécessaires pour
déterminer le véritable étage de végétation. Le reboisement est voué
à l’échec dans les vraies pelouses alpines. Il pourrait réussir dans les
anciens niveaux forestiers où le pâturage et les abus ont anéanti le
manteau végétal primitif. Les espèces à introduire sont celles des
étages supérieurs : pins de montagne etc.
Sont à prévoir en outre les aménagements sylvopastoraux et
touristiques de la haute montagne avec les travaux nécessaires
d’équipement, de correction de torrents, des ouvrages
paravalanches et de protection des plantations (ARBEZ et al. 1971).
8.3. Boisements des déblais, déchets et fonds de carrière
Le reverdissement en est possible, selon les situations, avec ou
sans apport d’une couche suffisante de terre végétale. La possibilité
d’implantation d’arbres forestiers est fonction des facteurs
édaphiques divers : composition géologique (sables, craies, marnes,
grès, schistes, terres plastiques) ; réserves en eau utile (eau courante
ou eau stagnante, nappes perchées) ; richesse en matière minérales ;
ancienneté, murissement et constitution d’un sol forestier etc.
91 | P a g e
chaque cas doit être traité en particulier et les essences pionnières et
définitives choisies avec discernement.
Le remodelage sera peut-être nécessaire pour l’intégration
dans l’environnement et la satisfaction des besoins locaux en
habitations, aires de jeu, promenades, mares ou étangs de pêche,
etc. Le reverdissement direct serait sans doute possible avec des
graminées choisies. L’apport de terre végétale améliorerait la
situation et permettrait l’implantation, par bouquets, d’essences
pionnières.
8.4. Boisements des décharges d’ordures ménagères
Les anciens dépôts d’ordures ne posaient pas de sérieux
problèmes de reboisement. Après quelques temps de fermentation
aérobie et de tassement, le recouvrement d’une épaisseur de 30 à 40
cm de terre végétale permettait le gazonnement puis l’implantation
de feuillus.
Malheureusement, les « progrès » technologiques de notre
société de consommation ont modifié entièrement la composition
des déchets ménagers ; moindre proportion de matières
fermentescibles, abondance des papiers, cartons, emballages en bois
ou métalliques et surtout invasion de plastiques non
biodégradables.
En outre, le compactage par des engins lourds pour réduire
les volumes a pour effet de ralentir la fermentation qui devient
anaérobie avec dégagement de méthane sur les flancs et le sommet
du dôme. Cependant, les techniques de reverdissement sont assez
bien au point. Quand la fermentation, aidée par le broyage
préalable au dépôt qui réduit le volume de 50 % environ, est
terminée, la décharge est recouverte d’une couche d’au moins 20 cm
de terre de deuxième qualité surmontée d’au moins 20 cm de terre
végétale, chaulée et fertilisée. La pelouse est crée par un semis
mélange de ray-grass anglais, de trèfle blanc, de dactyle.
92 | P a g e
8.5. Fixation, engazonnement et plantation des emprises
autoroutières
Les terrassements des emprises autoroutières se présentent
comme une succession de déblais et de remblais. Ces derniers sont
habituellement recouverts d’une couche satisfaisante de terre
végétale mise en réserve lors des fouilles. Ils sont parfois reverdis
spontanément mais souvent habillés de bandes de gazon disposées
en losange et complétées ou non par un ensemencement de
graminées et de légumineuses. Les talus des déblais entament des
couches géologiques qui n’ont jamais été exposées aux influences
du climat et des plantes. Les uns taillés dans des roches dures,
parfois avec des redents brisant la pente, ne demandent pas de
travaux de fixation et sont lentement repris par la végétation,
surtout sur les banquettes.
Les autres sont friables, sensibles à l’érosion, tantôt très
perméables et secs, tantôt imperméables sans pénétration des eaux
de pluie. Le recouvrement par une couche de terre végétale est
souhaitable mais il faut accrocher celle-ci sur une surface rugueuse.
Le fascinage onéreux est parfois nécessaire (très forte pente,
exposition sud, couche épaisse de terre). La terre végétable est
sensible à l’érosion, peut glisser et décrocher. Si l’installation de la
végétation est retardée, il faut protéger la surface par un mulch.
8.6. Fixation et boisements des terrils et crassiers
Les terrils sont des dépôts de forme variée, le plus souvent
conique, et à pentes raides, formés de déchets des exploitations
minières (schistes argileux, grès stériles, boues de lavage, poussières
charbonneuses…). Abandonnées à eux-mêmes, ils sont le siège d’un
processus de maturation et de formation de sol.
Sous un bon climat, les stades successifs de la recolonisation
aboutissent à un couvert forestier. L’évolution naturelle, même si
elle n’est pas perturbée, peut durer de 50 à 80 ans. Les masses nues
des terrils noirâtres ou rougeâtres sont des plaies dans un paysages
93 | P a g e
déjà dégradé par les installations industrielles abandonnées. Leur
reboisement entre dans le cadre de la protection et de la
restauration l’environnement qui préoccupent de nombreux pays.
Les essais de reboisement sont nombreux, anciens ou récents
et les techniques extrêmement variables. Chaque terril est un
problème compliqué par la mosaïque des situations sur chacun de
ses flancs.
On utilise des plantes à l’enracinement traçant et a
reproduction végétative vigoureuse (chiendent, dactyle, Agrotis,
etc…) dont le feutrage dense des racines diminue le ruissellement et
la reptation. L’engazonnement permet d’incorporer aux couches
superficielles un stock important de matière organique. Si on
introduit des légumineuses (mélilot, trèfles, luzernes…), il y a
fixation d’azote de l’air et le sol est ainsi enrichi. Sa structure est
améliorée. Il est le siège d’activités biologique qui rendent apte à
recevoir ultérieurement d’autres plantes et en particulier des arbres.
Les techniques d’engazonnement, outre le semis manuel dans les
parties accessibles, sont celles utilisées dans la fixation des talus
d’autoroutes.
Les méthodes de plantation diffèrent selon les pays et les
époques : en trou comblé de terre végétale ou de tourbe saturée
d’eau ou de sol du terril enrichi par un de ces matériaux ; étalement
sur le terril d’une couche de terre végétale ou d’un mélange de terre
et de gadoue sur une épaisseur minimum de 10 cm ainsi de suite…
8.7. Remodelage
Pour le paysagiste, le terril est une insulte au paysage par sa
forme peu naturelle, surtout s’il est conique à pente raide, ce qui est
souvent le cas partout. Ce n’est pas un habillage de verdure que
l’on pourra masquer l’aspect insolite des dépôts. Le terril cache le
problème de l’ensemble des dégradations que fait subir au paysage
l’activité minière. Il est beaucoup plus important de reconquérir le
94 | P a g e
paysage autour des terrils. Planter autour et aux alentours des
terrils, outre que cela sera plus facile et moins cher, permettra
souvent beaucoup mieux de les cacher qu’en plantant dessus
(DOUCHERET, 1973). Cette opinion a sa part de vérité.
Les crassiers des déchets industriels ont les mêmes
caractéristiques de forme et posent les mêmes problèmes, renforcés
par la nature des matériaux. Les couches superficielles, outre le
ruissellement et la reptation, sont souvent soumises à l’érosion
éolienne. La fixation y est un impératif majeur et se fait au moyen
de liants appropriés (bitume, cellulose).
8.8. Fixation et boisements des dunes
Dans les régions recouvertes de sables fins, l’action des vents
dominants, en période non humide, transporte et peut accumuler
les particules arénacées en monticules appelés dunes. Les dunes
sont « maritimes » le long des côtes plates et sablonneuses,«
continentales » à l’intérieur des terres en conditions plus ou moins
arides. Elles sont instables, susceptibles de se déplacer et d’envahir
les terres, cultures et agglomérations voisines, d’obstruer et de
combler les canaux et cours d’eau.
Les dunes continentales sont redevables des mêmes
techniques de fixation (palissades, fascinages, cordons de
branchages). La couverture utilise les matériaux beaux et les plantes
fixatrices sont choisies dans la flore indigène ou acclimatée. Les
essences forestières sont frugales, adaptées aux conditions
édaphiques précaires et aux caractéristiques climatiques.
En résumé, la pratique et l’esprit d’observation seront des
guides précieux dans l’élaboration des techniques de fixation et de
boisements.
95 | P a g e
8.9. Plantation d’arbres non forestiers
8.9.1. Brise-vent
Des rideaux-abris de hauteur, de largeur, de densité et de
profil calculés sillonnent les régions exposées aux vents dangereux,
qu’ils soient violents, secs, en même temps que froids ou chauds.
Les plantations réduisent la radiation solaire, brisent la vitesse du
vent, améliorent et régularisent les conditions ambiantes de
température et d’humidité, et freinent l’évapotranspiration. Elles
assurent une protection efficace aux cultures agricoles et horticoles,
aux pépinières et boisements, aux voies de communication, aux
usines et établissements industriels, aux habitations privées et aux
quartiers résidentiels.
Les essences doivent être choisies en fonction du climat, sol et
de l’efficacité recherchée du brise-vent. Le profil est habituellement
à un ou deux plans inclinés : la partie centrale est occupée par les
grands arbres à croissance rapide tandis que les espèces sont de
taille de plus en plus réduite en gagnant les lisières du rideau.
Des recherches très poussées ont été menées dans divers pays,
notamment aux États-Unis et en ex-URSS où des applications à
grande échelle ont été conduites dans la plaines étendues exposées
aux vents secs et à l’érosion éolienne (READ, 1964 ;
NAKHDJEVANI, 1972). Des objectifs plus limités ont été envisagés
ailleurs avec succès : régions côtières, grandes vallées, lieux de
résidence, bâtiments industriels (KREUTZ, 1954 ; PERRIN, 1958).
8.9.2. Plantations routières
Les plants sont installés en alignement de part et d’autre ou
d’un seul côté, le long des voies de communication vicinale ou
urbaines. On y assimile les plantations le long des canaux et les
boisements des zones abandonnées, résultant notamment de la
rectification d’un virage ou des excédents d’emprise d’autoroute.
Les buts sont variables et peuvent être combinés : protection,
96 | P a g e
ombrage, esthétique, signalisation par temps de neige ou de
brouillard ainsi que pendant la nuit accessoirement production.
Les arbres sont principalement installés à l’état de hautes tiges
quoique de basses et moyennes tiges puissent être plus
judicieusement utilisées dans les massifs ornementaux ou de
protection. Les espèces devraient être sélectionnées en fonction du
climat, du sol, de l’ambiance locale dans les agglomérations et des
objectifs poursuivis. La plus grande fantaisie règne souvent dans le
choix des essences dont les exigences biologiques ne sont pas
toujours respectées (DE LA FOUCADIERE, 1968). Des publications
spécialisées traitent de cette question des plantations routières.
8.9.3. Ecrans végétaux contre le bruit et les poussières
Les études sont déjà nombreuses mais difficiles à comparer et
à interpréter. L’intensité du son est mesurée en décibels selon une
échelle logarithmique. La sensation reçue dépend également de la
fréquence mesurée en hertz ou cycles par seconde, elle parait plus
intense aux hautes fréquences qu’aux basses.
La réduction apparente du caractère bruyant est une notion
assez subjective : une diminution de 10 décibels donne une
impression de réduction d’environ 50 % ; une diminution de 15
décibels correspondant à une atténuation de 65 %.
Des bandes boisées denses provoquent, selon les conditions,
des atténuations de 5 à 15 décibels pour 30 m de largeur. Cette
efficacité est moindre aux basses fréquences inférieures à 1.000 Hz.
Des formations végétales encore plus denses et suffisamment
hautes (maïs, roseau) peuvent avoir un effet plus net, aux hautes
fréquences surtout. Aux basses fréquences (500 Hz), le rôle du sol
est prépondérant. Plus il est poreux, plus son efficacité augmente :
l’ameublissement est donc favorable. La combinaison d’écrans
végétaux, d’écrans inertes (murs, talus) et de l’aménagement du sol
(labour, pelouse) serait efficace en même temps qu’elle permettrait
un aménagement esthétique et récréatif (DECOURT, 1975).
97 | P a g e
Chapitre IX : Aperçu sur les essences d’afforestation
9.1. Emploi et qualification des essences d’afforestation
On les utilise pour satisfaire un objectif ou plusieurs mais
dans ce cas-là ; il faut rigoureusement subordonner les objectifs
secondaires à celui considérer comme primordial. Ces objectifs
peuvent concerner :
➢ La production de bois d’œuvre, de bois de feu, de poteaux de
perche, bois pour la pâte à papier, de bois de trituration pour
les fabrications de panneaux de particules, de produits
accessoires, gomme, tanin, etc.
➢ La conservation de sols des bassins-versants, la récupération
des terrains dégradés, la mise en valeur de terrains
marécageux, etc.
➢ La fixation des sols mouvants et leur protection sables côtiers,
sables continentaux, brise-vent, etc.
L’essence retenue devra :
➢ Satisfaire au mieux au but de l’opération, production
maximale en quantité et en qualité, efficacité de l’effet de
conservation, restauration ou protection ;
➢ Manifester une végétation vigoureuse et soutenue dans les
conditions de milieu où on l’emploiera (adaptation
écologique);
➢ Ne pas présenter des difficultés de mise en œuvre, semences,
semis, plantation, entretien, élagage, éclaircies, régénération.
La rentabilité du reboisement est fonction de l’adaptation plus ou
moins grande de l’essence à ces impératifs.
9.2. Inventaire des principales essences utilisées en
afforestation
9.2.1. Acacia (Mimosacées)
Nombreuses espèces largement reparties dans la zone sèche et
très sèche en Afrique, Asie et Australie. Souvent grégaires, sources
98 | P a g e
appréciables sinon unique dans ces régions, de produits ligneux,
fourragers, accessoires, tanins, gomme… les matériaux épineux
pour les enclos, etc. Grand intérêt forestier mais :
➢ Exigences écologiques souvent précises ;
➢ Nombreuses sous-espèces et variétés qu’ont diversifiées les
conditions sévères qui règnent sur les vastes aires de
répartition.
Il faut donc faire précéder les introductions en grand de
sérieux essaies de provenances. On rencontre en particulier :
➢ Acacia albida Del. (Faidherbia albida) : arbre non épineux,
fournit bois de feu, de service et même d’œuvre (gros sujets) et
aussi des graines fourragères de valeur ;
➢ A. cyanophyllaMindl : bonne espèce fixatrice des dunes seule
ou en mélange avec d’autres pour constituer des brise-vent ;
➢ A. melanoxylon ;
➢ A. molissima var decurrens ; ➢A. senegal Wild etc.
9.2.2. Balsa – Ochroma lagopusSw (Bombacacées)
Originaire de l’Amérique tropicale ; arbre moyen à très
grandes feuilles fournissant dans son jeune âge un bois très léger,
résistant, isolant. Essence de basse altitude, à croissance rapide,
prospère avec 125O à 3000 mm de pluies et 2 à 5 mois sec avec
toutefois des brouillards fréquents. Veut des sols profonds,
indifférent quant à leur nature. Assez fréquemment introduit en
Afrique.
9.2.3. Les bambous – (Poacées)
Trois bambous en Afrique :
➢ Oxytebantheraabyssinica Munro, des savanes sèches de
l’Afrique, de 900 à 2000 m d’altitude ;
➢ Arundinariaalpina K. Schul. Espèce des montagnes humides
de l’Afrique au-delà 1800 m ;
99 | P a g e
➢ Bambusa vulgaris introduit d’Asie, parfois subspontané, dans
les régions de base altitude à pluviosité supérieure à 1000 mm.
D’utilisation innombrable en Asie y compris pour la pâte à
papier, B. vulgaris est utilisé à petite échelle en Afrique et pourrait
être intéressant pour les plantations papeteries. L’enracinement
puissant et la faculté qu’ont les touffes déracinées à repartir en font
une espèce de choix pour le maintien des terres. Les conditions
écologiques bien tranchées qui leur sont nécessaires fixent le choix
de l’espèce Bambusa vulgaris craint les sols argileux, compacts et
salins tandis que Oxytebantheraabyssinica supporte une longue
saison sèche et s’accommode de sols superficiels et ferrugineux ou
volcaniques.
9.2.4. Cassia Lam. (Cesalpiniacées)
Actuellement dénommée Senna ce genre comprend d’autres
espèces introduites : C. fistula, C. javanica, C. nodosa, C. spectabilis.
Seul S. siamea à des applications forestières dans la production de
bois de feu, de perche et l’établissement de brise-vent. Essence de
basse altitude avec 1200 à 1600 mm de pluie et 4 à 6 mois secs, il se
reproduit facilement par semences moyennant une scarification
préalable.
9.2.5. Eucalyptus (Myrtacées)
Originaire d’Australie et des îles de archipels voisins du Pacifique,
le genre Eucalyptus comporte des centaines d’espèces adaptées à
des climats divers. Elles ont fourni de nombreuses essences de
plantation, seuls les climats équatoriaux constamment chaudes et
humides leur sont interdits. En Afrique, de belles réussites ont été
enregistrées en région subéquatoriale. En région équatoriale, les
travaux d’introductions sont en cours. Les productions atteignent
couramment 15 m3 / ha / an et en bonnes conditions dépassent ce
chiffre.
100 | P a g e
Superficies plantées en 1963
Afrique du Sud 136.000 ha Angola 27.000 ha
Madagascar 150.000 ha RD Congo 25.000 ha
Burundi 26.000 ha Rhodésie 20.000 ha
Rwanda 18.000 ha Kenya 9.500 ha
Certaines espèces sont particulièrement plastiques pouvant donner
hors de leur aire des productions supérieures à celles de leur pays
d’origine. Comme les hybridations sont fréquentes, on enregistre
parfois des croisements particulièrement brillants (hétérosis) ; la
consanguinité par contre produit des sujets nains improprement
dits « vireux ».
La systématique est excessivement complexe, la même espèce a
souvent été appelée sous des noms différents, des espèces voisines
ont parfois été confondues, l’hybridation facile a encore compliqué
la question.
Il découle de cela que :
❖ Le choix de l’espèce et de l’origine est de la plus haute
importance, il doit s’effectuer sur un très large éventail ;
❖ Les programmes d’envergure doivent comprendre une phase
préliminaire pour l’exécution d’essais pousses, dotés de
moyens généreux ;
❖ Il est nécessaire de prendre toutes les précautions pour
n’utiliser que des semences de qualité isolement des
semenciers, contrôle de populations, vergers à graines avec
reproduction asexuée, etc.
La systématique n’est pas à la portée des non-spécialistes et la
détermination ne peut être tentée que par des laboratoires sur
échantillons complets comportant rameaux, inflorescences, boutons
101 | P a g e
floraux, fleurs à l’anthèse, fruits, feuilles adultes, jeunes semis, avec
les premières feuilles et aussi un échantillon d’écorce adulte. Le tout
doit être complété par des renseignements sur le port, les
dimensions, l’écorce, l’habitat. On compte dès lors de nombreuses
espèces dont notamment :
a)En régions sèches :
➢ Eucalyptus alba Reinv ;
➢ E. camaldulensisDehn, avec les sous-espèces E. tereticonis, E.
umbellata, E. rudis.
La seconde sous-espèce a été préférée en RD Congo ;
➢ E. citridora Hook (planté avec succès au Nigeria, Rwanda et au
Katanga) ;
➢ E. smith, E. globulus, etc. testées avec succes dans le Kivu.
b)En climats humides tropicaux et subtropicaux : E.
camaldulensis, E. degulpaBlume, E. grandis Maiden, E.
maculata Hook, E. robusta Sm, E. saligna, E. urophylla.
Autres espèces
➢ GmelinaarboreaRoxb (Verbenacées)
➢ Neem : Azadirachta indica A. Juss (Méliacées)
➢ Pins – Pinus spp (Pinacées) : les principales espèces tropicales
utilisées en reboisement sont : P. caribea, P. hondurensis, P.
patula, P. radiata, P. elliotti…
➢ Teck : Tectonia grandis L. I. (Verbenacées)
➢ Rônier : Borassus aethiopium Mart (Palmacées)
➢ Legumineuses arbustives à usages multiples tels :
Leucaenaleucocephala, Calliandracallothyrsus,
Gliricidiasepium, Acacia auriculiformis, Albizzia lebbeck, etc.
➢ Autres espèces forestières à grande valeur marchande tels :
Afromosiaelata, Entandrophragmaspp, Chlorophoraexcelsa,
Gossweilerodendronbalsamiferum, etc.
102 | P a g e
Bibliographie sommaire
Assuli N. 2000. Déboisement et problématique du reboisement.
Communication. In : Forum national sur la politique
forestière : Pour un développement harmonieux et durable
du secteur forestier. Kinshasa, 22-25 mai 2000.
Boudru M. 1992. Forêt et sylviculture : boisements et
reboisements artificiels. Presses Agronomiques de Gembloux,
Gembloux. 348 p.
De Vleminck I. 1973. Sylviculture. Notes des cours, I.S.E.A.
Bengamisa. 114 p. + annexes.
Lambprechet H. 1989. Sylviculture in the tropics : Tropical
forestecosystems and their treespecies – Possibilites and Methods
for their long-termutilization. Deutsche GezellschaftfürTechnische.
Ministère de la Coopération et du Développement 1981. Mémento
du Forestier, 2ème Ed., Techniques rurales en
Afrique. République Française.