Professeur Jean-Paul K.
Tsasa
Assistant Bien-Aimé Kiakisolako
UPC, Année académique 2022–2023
SOLUTION - EXAMEN DE MATHÉMATIQUES
Sujet: Algèbre
Cible: L2 FASÉ / LMD
Question 1 (10 points)
Soit f une application définie sur un intervalle ouvert I de R et x0 ∈ I. On dit
que f est continue en x0 si f admet pour limite f (x0 ) en x0 , autrement dit si:
∀ε ∈ R∗+ , ∃ηε ∈ R∗+ , ∀x ∈ I : (|x − x0 | ≤ ηε ) ⇒ (|f (x) − f (x0 )| ≤ ε).
Déterminez soigneusement l’assertion quantifiée qui décrit la discontinuité de f en
x0 .
Solution
JARGON. En effet, l’assertion qui décrit la discontinuité de la fonction f en x0
n’est rien d’autre que la négation de l’assertion quantifiée ci-haut. Elle est donnée
par :
∃ε ∈ R∗+ , ∀ηε ∈ R∗+ , ∃x ∈ I : |x − x0 | ≤ ηε et (|f (x) − f (x0 )| > ε)
Question 2 (10 points)
Calculez les intégrales suivantes :
Z
(2x + 2)
a) dx
x2 + 3x + 2
Z
b) cos(x) sin(2 sin x)dx.
1
2
Solution
a) En effet:
Z Z
(2x + 2) (x + 1)
2
dx = 2 dx
x + 3x + 2 (x + 2)(x + 1)
Z
dx
= 2
x+2
= 2 ln(x + 2) + C, C∈R
b) En effet:
Z Z
1
cos(x) sin(2 sin x)dx = 2 cos x sin(2 sin x)dx
2
Z
1
= 2 cos x sin(2 sin x)dx
2
Z
1
= u′ sin udx avec u = 2 sin x
2
1
= (− cos u) + C, C∈R
2
cos(2 sin x)
= − + C, C∈R
2
Question 3 (15 points)
Soient f et g deux applications telles que f : x ∈ [0, 1] 7→ x et g : x ∈ [0, 1] 7→ 1−x.
Calculez:
a) sup (f + g)(x)
x∈[0,1]
b) sup f (x) + sup g(x)
x∈[0,1] x∈[0,1]
! !
c) sup f (x) × sup g(x) .
x∈[0,1] x∈[0,1]
3
Solution
a) Puisque:
(f + g)(x) = f (x) + g(x) = x + 1 − x = 1 (i.e. une application constante)
il suit que:
sup (f + g)(x) = 1.
x∈[0,1]
b) En effet:
sup f (x) = 1 et sup g(x) = 1
x∈[0,1] x∈[0,1]
d’où:
sup f (x) + sup g(x) = 2.
x∈[0,1] x∈[0,1]
c) En effet:
sup f (x) = 1 et sup g(x) = 1
x∈[0,1] x∈[0,1]
d’où:
sup f (x) × sup g(x) = 1.
x∈[0,1] x∈[0,1]
Question 4 (10 points)
Soient D un sous-ensemble non vide de R et x0 ∈ R un point adhérents à D. On
dit que l’application f de D dans R admet pour limite le réel l en x0 si:
P ≡ ∀ε ∈ R∗+ , ∃η ∈ R∗+ , ∀x ∈ R : (x ∈ D et |x − x0 | ≤ η) ⇒ (|f (x) − l| ≤ ε).
Déterminez proprement la négation de l’assertion quantifiée P, i.e. non(P).
Solution
La négation de cette assertion quantifiée est donnée par :
non(P) ≡ ∃ε ∈ R∗+ , ∀η ∈ R∗+ , ∃x ∈ R : (x ∈ D et |x − x0 | ≤ η) et (|f (x) − l| > ε).
4
Question 5 (15 points)
Résolvez les EDO suivantes :
dy
a) = exp{3x + 2y}
dx
dy
b) x = 4y
dx
c) dx + exp{3x}dy = 0.
Solution
a) En effet:
dy
= exp{3x + 2y}
dx
dy
⇐⇒ = exp{3x} exp{2y}
dx
dy
⇐⇒ = exp{3x}dx
exp{2y}
⇐⇒ exp{−2y}dy = exp{3x}dx
Z Z
⇐⇒ exp{−2y}dy = exp{3x}dx
1 1
⇐⇒ − exp{−2y} = exp{3x} + C
2 3
2
⇐⇒ exp{−2y} = − exp{3x} + C
3
2
⇐⇒ −2y = ln − exp{3x} + C .
3
5
b) En effet:
dy
x = 4y
dx
dy dx
⇐⇒ = 4
y x
Z Z
dy dx
⇐⇒ = 4
y x
⇐⇒ ln y = 4 ln x + C
⇐⇒ y = exp{4 ln x + C}
⇐⇒ y = exp{4 ln x} exp{C}
⇐⇒ y = K exp{4 ln x} avec K = exp{C}
⇐⇒ y = Kx4 K ∈ R.
c) En effet:
dx + exp{3x}dy = 0
⇐⇒ − exp{3x}dy = dx
dx
⇐⇒ −dy =
exp{3x}
Z Z
dx
⇐⇒ − dy =
exp{3x}
Z
1
⇐⇒ −y = − −3 exp{−3x}dx
3
1
⇐⇒ −y = − exp{−3x} + C
3
1
⇐⇒ y = exp{−3x} + C
3
6
Question BONUS
(vous n’êtes pas obligé de répondre à cette question bonus. Mais si vous décidez
d’y répondre, alors il faut répondre à toutes les 10 sous-questions. Toute réponse
partielle, i.e. < 10, ne sera pas considérée.)
Répondez par VRAI ou FAUX:
a) Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrables sur l’intervalle [a, b]. En-
suite, pour tout réel c ∈]a, b[, la fonction f est Riemann-intégrable sur [a, c]
Z b Z c Z b
et sur [c, b]; en outre: f (t)dt ≤ f (t)dt + f (t)dt.
a a c
FAUX. L’assertion correcte est:
(Relation de Chasles.) Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrables
sur l’intervalle [a, b]. Ensuite, pour tout réel c ∈]a, b[, la fonction f est
Riemann-intégrable sur [a, c] et sur [c, b]; en outre:
Z b Z c Z b
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt.
a a c
b) Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrables sur l’intervalle [a, b]. En-
suite, pour tout réel (α, β) ∈ R × R, la fonction αf + βg est Riemann-
Z b Z b Z b
intégrable sur [a, b] et: (αf + βg)(t)dt ≤ α f (t)dt + β g(t)dt.
a a a
FAUX. L’assertion correcte est:
Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrables sur l’intervalle [a, b]. En-
suite, pour tout (α, β) ∈ R × R, la fonction αf + βg est Riemann-intégrable
Z b Z b Z b
sur [a, b] et: (αf + βg)(t)dt = α f (t)dt + β g(t)dt.
a a a
c) Toute application continue par morceaux sur l’intervalle [a, b] n’est pas
forcément intégrable au sens de Riemann sur [a, b].
FAUX. L’assertion correcte est:
Toute application continue par morceaux sur l’intervalle [a, b] est intégrable
au sens de Riemann sur [a, b].
d) Soient f et g deux fonctions Riemann-intégrables sur l’intervalle [a, b]. En-
suite, le produit f × g est une fonction Riemann-intégrable sur [a, b] et:
Z b 2 Z b Z b
2 2
f (t) × g(t)dt = (f (t)) dt × (g(t)) dt .
a a a
FAUX. L’assertion correcte est:
(Inégalité de Cauchy-Schwarz.) Soient f et g deux fonctions Riemann-
intégrables sur l’intervalle [a, b]. Ensuite, le produit f × g est une fonction
7
Riemann-intégrable sur [a, b] et:
Z b 2 Z b Z b
2 2
f (t) × g(t)dt ≤ (f (t)) dt × (g(t)) dt .
a a a
e) Si f est une application lipschitzienne sur un intervalle I donné, alors elle
est uniformément discontinue sur I (et en particulier, elle est discontinue
sur I).
FAUX. L’assertion correcte est:
Si f est une application lipschitzienne sur un intervalle I donné, alors elle
est uniformément continue sur I (et en particulier, elle est continue sur
I).
f) Soit f une application définie sur un ensemble D. On appelle point fixe de
f tout réel x ̸∈ D tel que f (x) = x.
FAUX. L’assertion correcte est:
Soit f une application définie sur un ensemble D. On appelle point fixe de
f tout réel x ∈ D tel que f (x) = x.
g) Soit f une application définie sur un intervalle ouvert I. Ensuite, pour
n ∈ N, on dit que f est de classe C n sur I si f est dérivable jusqu’à l’ordre
n sur I et si f (n) est discontinue sur I.
FAUX. L’assertion correcte est:
Soit f une application définie sur un intervalle ouvert I. Ensuite, pour
n ∈ N∗ , on dit que f est de classe C n sur I si f est dérivable jusqu’à
l’ordre n sur I et si f (n) est continue sur I.
h) Si la suite (un )n définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) converge
vers le réel l et si f est continue en l, alors f n’est pas un point fixe de f .
FAUX. L’assertion correcte est:
Si la suite (un )n définie par la relation de récurrence un+1 = f (un ) converge
vers le réel l et si f est continue en l, alors f est un point fixe de f .
i) Soit f une application définie sur un intervalle I. On dit que f est lipschit-
zienne de rapport K sur I si
∀K ∈ R∗+ , ∃(x, y) ∈ I × I : |f (x) − f (y)| ≤ K|x − y|.
On dit que f est contractante sur I si f est lipschitzienne de rapport K
sur l avec K ∈]0, 1[.
8
FAUX. L’assertion correcte est:
(Application lipschitzienne.) Soit f une application définie sur un inter-
valle I. On dit que f est lipschitzienne de rapport K sur I si
∃K ∈ R∗+ , ∀(x, y) ∈ I × I : |f (x) − f (y)| ≤ K|x − y|.
On dit que f est contractante sur I si f est lipschitzienne de rapport K sur
l avec K ∈]0, 1[.
j) Soient I un intervalle fermé et f une application de I dans R. Si f n’est
pas contractante sur I et est telle que f (I) ̸⊂ I. alors, f admet un unique
point fixe x ∈ I.
FAUX. L’assertion correcte est:
(Théorème du point fixe de Cauchy.) Soient I un intervalle fermé et f
une application de I dans R. Si f est contractante sur I et est telle que
f (I) ⊂ I. alors, f admet un unique point fixe x ∈ I.
FIN DE L’EXAMEN.
Sé. Professeur Jean-Paul Tsasa