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Guide du Rapport de Stage Universitaire

Ce document présente un plan détaillé pour un cours sur la méthodologie de recherche. Le plan couvre de nombreux sujets clés comme les conditions pour rédiger un rapport de stage, la formulation d'une question de départ, d'un objet de recherche et d'une problématique, l'élaboration d'hypothèses, les méthodes d'observation et d'écriture.

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Guide du Rapport de Stage Universitaire

Ce document présente un plan détaillé pour un cours sur la méthodologie de recherche. Le plan couvre de nombreux sujets clés comme les conditions pour rédiger un rapport de stage, la formulation d'une question de départ, d'un objet de recherche et d'une problématique, l'élaboration d'hypothèses, les méthodes d'observation et d'écriture.

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Burkina faso Année Scolaire :

Unité-Progrès-Justice 2023-2024
Enseignant : Dr. Issoufou Compaoré.
Chercheur à l’Université Joseph Ki-Zerbo
Contacts : 78 00 04 06
71 25 02 00
Email : issoufoucompaor@[Link]

INTITULÉ DU COURS : MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

1
Plan du cours.

1. Présentation
2. Conditions et exigences d’un rapport de stage.
2.1 Test avant de s’engager dans le cadre d’un rapport de stage.
2.2 Le choix du sujet et du directeur du rapport de stage
2.3 Erreurs à éviter : la gloutonnerie livresque ou statistique ; l’impasse aux
hypothèses ; l’emphase obscurcissant.
3. Les questions de départ : objectifs et critères d’une bonne question de
départ.
3.1 Le critère de clarté
3.2 Le critère de faisabilité
3.3 Le critère de pertinence.
4. L’objet de recherche.
4.1 Qu’appelle-t-on objet de recherche et objet de la recherche ?
4.2 Comment formuler l’objet de sa recherche ?
5. La problématique
5.1 La première phase d’une problématique : Mise au point des
problématiques possibles.
5.2 La deuxième phase d’une problématique : Choisir sa problématique.
6. L’élaboration des hypothèses de travail.
6.1 Sens et objectifs des hypothèses.
6.2 Les différentes formes d’hypothèses
6.3 Hypothèses induites ou déduites
6.4 Le critère de falsifiabilité de l’hypothèse.
7. Méthodes et outils de recherche : l’observation en question
7.1 Qu’est-ce que l’observation ?
7.2 Délimiter le champ d’investigation
7.3 Comment observer ?

2
8. La rédaction à proprement parler.
8.1 L’introduction
8.2 Le développement : les techniques de rédaction
8.3 La conclusion
9. Les notes de bas de pages.
10. Cartes, tableaux, schémas, graphiques.
[Link] bibliographie et les sources.
[Link] des matières
[Link]
[Link] soutenance.
[Link] générale.

3
1. Présentation

Le rapport de stage est un travail scientifique qui vient


clôturer, en général, le premier cycle à l’université. C’est dire déjà qu’il obéit
aux exigences fondamentales de tout travail scientifique. Ceci dit, le rapport de
stage se diffère du mémoire de recherche à la fois au niveau de la forme et
surtout du fond. Dans le cadre d’un mémoire de recherche, l’étudiant conduit un
objet face auquel il doit analyser les implications immédiates et lointaines. De ce
fait le mémoire se veut plus dense et plus exigeant des règles conventionnelles
de l’écriture scientifique. A la différence du mémoire, le rapport de stage
consiste à faire l’économie d’une expérience professionnelle vécue en fonction
d’une certaine duré.

On peut dire à cet effet que le rapport de stage n’est ni plus ni moins qu’un
compte rendu qui doit nécessairement présenter :

 Une description de l’administration et du service au sein desquels le


stage s’est déroulé ;
 Les différentes tâches exécutées par l’étudiant pendant son stage, de
même que la ou les méthodes à partir desquelles ces tâches ont été
exécutées, enfin les difficultés rencontrées durant la période du stage ;
 Un certain jugement au sujet de la conformité ou non entre ce qui est
enseigné à l’université et la réalité du terrain. Autrement dit, il s’agit
de mesurer la qualité de la formation universitaire à l’échelle des
exigences du milieu professionnel.

Au-delà de cette brève caricature du rapport de stage, il convient de préciser que


ce travail à tous les mérites de se présenter comme un véritable défi à relever
pour l’étudiant.

2. Conditions et exigences de la rédaction d’un


rapport de stage.

4
Le rapport de stage, quoi qu’il se présente comme un
exercice aisé, suppose préalablement un certain nombre d’exigences. Ces
exigences se présentent comme une sorte de propédeutique, afin de faciliter
l’élaboration du rapport. Ces exigences se résument au : questionnaire test, au
choix du directeur et du sujet, et enfin aux erreurs à éviter dès le départ.

2.1 Test avant de s’engager dans le cadre d’un rapport


de stage.

Tout impétrant qui fait ses débuts dans l’élaboration d’un


stage, doit d’abord se soumettre au questionnaire test. L’objectif de ce
questionnaire est de donner à l’étudiant une idée exacte au sujet de ses capacités
à affronter ce type de travail, et probablement ce qu’il peut faire pour se préparer
conséquemment afin de mieux aborder ce travail. De cette façon, le test se
présente comme un baromètre de mesure de mes capacités mais aussi de mes
limites. Il est tout à fait impératif que l’étudiant réponde sincèrement à ce
questionnaire :

 Voyez-vous votre avenir professionnel dans le domaine à l’intérieur


duquel vous voudriez effectuer votre stage ?
 Pouvez-vous consacrer les trois quarts de votre temps, sur une durée
de 3 mois au moins ou 6 mois au plus, sur votre stage ?
 Êtes-vous capable de faire le point sur un sujet donné en un temps
donné ?
 Pouvez-vous, après un minimum de travail, écrire 3 pages qui
tiennent sur un sujet donné ?
 Êtes-vous capable de mettre de l’ordre dans vos idées ?
 Êtes-vous capable de mettre de l’ordre dans votre documentation ?
 Pouvez-vous, vous imposez une discipline de travail sur une durée de
1 année au plus ?

5
 Avez-vous suffisamment de volonté et de ténacité pour surmonter une
succession de difficultés et de contrariétés ?
 Avez-vous déjà rédigé un travail satisfaisant qui tienne sur quelques
pages ?
 Êtes-vous très motivé pour faire un stage et, partant, un rapport de
stage ?

A la fin de ce questionnaire, si l’étudiant obtient la note


de 8 sur 10, alors c’est le bon moment pour s’engager dans le travail. Par contre
s’il obtient la note de 4 sur 10, il devra courageusement renoncer, du moins
temporairement, au stage et à la rédaction du rapport de stage. Il peut arriver que
l’étudiant subisse des affects de son milieu social (Famille, amis, relation
amoureuse). Dans ce cas de figure, il devra marquer une pause afin de retrouver
de meilleurs sentiments.

2.2 Le choix du directeur et du sujet du rapport de


stage.

Cette étape est cruciale en tant qu’elle dessine déjà les


facilités et les difficultés à venir dans le stage et dans la rédaction du rapport ;
mais également en tant qu’elle permettra de donner déjà une orientation à votre
vie professionnelle. Ainsi il convient de choisir un service qui vous motive
énormément, où vous vous sentirez bien tout au long du stage. Par suite, le choix
de sujet doit être orienté vers des thèmes qui vous intéresse beaucoup et qui
feront partis de votre image, voire de votre histoire. Il faut alors éviter
absolument les choix par défaut. Enfin la formulation du titre du rapport doit
être accrocheur et susceptible de toucher la sensibilité scientifique de votre
lecteur. Le titre ne doit être ni trop court ni trop long. Il doit pouvoir informer,
dès sa lecture, des sujets que vous entendez traiter dans votre rapport. On peut
noter qu’il existe deux types de titres à savoir :

6
 Le titre descriptif : ce titre présente des faits sans vraiment ouvrir vers une
quelconque analyse. Par exemple : « Mon expérience dans l’institution
bancaire xxx » ; « Récit de mon cours dans le service marketing xxx ».
 Le tire posant problématique : Il se constitue en général en forme de
question. Cette question peut annoncer un contenu ou donner déjà la
direction de la réponse. Par exemple : « comment améliorer la relation
client dans xxx ? » ; « Peut-on améliorer le retour sur investissement de
xxx ? »

Par ailleurs, le choix du directeur doit être orienté vers


une personne capable de vous encouragez, mais aussi et surtout, capable de
mettre une partie de son temps à votre disposition. De plus le choix du directeur
doit tenir compte de sa capacité à vous critiquez afin de mieux vous guidez dans
le travail. Il serait alors impératif d’éviter un directeur qui, pour une raison ou
pour une autre, pourrait être trop complaisant à votre égard. De même, il faudrait
éviter également un directeur qui ne semble pas prêt pour faire de votre travail
l’une de ses priorités. Ceci dit, il arrive des fois qu’un étudiant se retrouve avec
un sujet sans directeur de stage. Comment résoudre cette énigme ?

Dans ce cas de figure, il est conseillé à l’étudiant de


s’adresser à d’autres étudiants qui ont déjà effectué des travaux analogues afin
de faciliter l’accès à un enseignant qui serait qualifié et disposé à accompagner
votre travail. Dans la recherche du directeur, soignez courtois et faites preuves
de souplesse. Si plusieurs enseignants refusent de diriger votre travail, accepter
de vous remettre en cause. Changer de sujet au besoin, ou au pire des cas
demandez-vous si vous êtes encore prêts pour ce type de travail.

2.3 Erreurs à éviter : la gloutonnerie livresque ou


statistique ; l’impasse aux hypothèses ; l’emphase
obscurcissant.

7
Tout étudiant qui débute un travail de rédaction
scientifique, est confronté à un chaos originel. Ce chaos se manifeste à travers
des doutes qui s’installent progressivement une fois que l’objet de travail est
défini. L’étudiant possède un objet de travail mais sans vraiment savoir
comment s’y prendre pour faire de ce produit brut, un produit fini. Il ne sait pas
comment aborder son sujet ni d’ailleurs comment s’y prendre pour aboutir des
résultats concrets. De prime abord ces doutes dénotent justement d’un esprit
rigoureux et soucieux de produire un excellent travail. Toutefois, s’ils persistent,
ils peuvent induire l’étudiant en erreur. Ces erreurs se résument à :

 La gloutonnerie livresque ou statistique

Conformément à sa dénomination, la gloutonnerie livresque ou statistique


consiste à se charger la tête avec des livres, des articles ou des données chiffées
en a point finir. En se surchargeant de ces données, l’étudiant espère trouver ce
déclic pour aborder sereinement son thème. Cependant cette chasse démesurée
et désordonnée des données finit par rendre difficile le travail. Cette difficulté
est liée au fait que l’étudiant n’est pas toujours capable d’organiser ces
informations. Il importe alors d’aborder progressivement les données afin de se
donner beaucoup de chance pour l’exploration du sujet.

 L’impasse aux hypothèses

On parle d’impasse aux hypothèses à chaque fois qu’un étudiant s’empresse de


collecter des données sans préalablement élaborer des hypothèses de travail. Les
hypothèses sont nécessaires car c’est à partir de celles-ci que l’on recherche des
données. Aux questions de savoir : quelles données faut-il pour mon travail ?
Toutes les données sont-elles impératives ou, le sont-elles de mêmes degrés ?
(Etc.), répondent les hypothèses. L’étudiant doit donc éviter ce qu’on appelle
une fuite en avant.

 L’emphase obscurcissant

8
Ce dernier défaut se présente le plus souvent chez les étudiants qui débutent,
pour la première fois, un travail scientifique. Les impétrants à tout travail
scientifique sont généralement friands de démontrer qu’ils sont spéciaux ou que
les études universitaires qu’ils embrassent les obligent à développer des travaux
hors du commun. Ils sont excités par l’idée de produire un travail scientifique si
bien qu’ils sont tentés de s’exprimer de façon fantaisiste. De ce fait, on se
retrouve avec un travail plein de phrases grotesques, d’idées confuses, ou pire
encore, de la logorrhée. L’étudiant se retrouve face à un discours dont il a lui-
même du mal à comprendre le sens. Pour éviter cette erreur, il est absolument
nécessaire de se relire dès les premières pages du travail et de tenter de définir
certains mots ou certaines expressions afin de se rassurer qu’il produise un
travail intelligible.

En définitive, telles sont les erreurs à éviter au début de tout travail scientifique.
Ces erreurs une fois contenues, il faut à présent passer à l’étape de la position
des questions.

3. Les questions de départ : objectifs et critères d’une


bonne question.

Un travail scientifique, notamment un rapport de stage,


peut commencer par une question de départ. La question de départ n’est
cependant féconde que si elle est bien formulée. Aussi sommes-nous tentés
d’analyser les critères d’une bonne question de départ.

3.1 Les critères de clarté

Les critères de clarté sont tributaires de la concision et de


la précision de la question. Formuler une question de départ qui comporte
aucune ambiguïté et qui informe clairement quant à son contenu. Soit la
question suivante : Quel est l’impact des changements dans l’aménagement de
l’espace urbain sur la vie des habitants ?

9
Cette interrogation ne saurait faire l’objet d’une question de départ à cause des
interprétations multiples auxquelles elle suscite. La notion de changement ici
pourrait être interprété diversement : de quel changement s’agit-il en fait ? De
même l’expression « vie des individus » pourrait porter à confusion : S’agit-il de
leur vie sociale ? politique ? économique ? sanitaire ?

Comme on peut le voir, cette question n’obéit pas à la


règle de clarté. Il existe à cet effet un exercice que l’étudiant peut effectuer afin
de s’assurer que sa question obéit bien au critère de clarté. Cet exercice consiste
juste à poser la question à un groupe de personnes restreint. Si les différentes
interventions convergent vers la même réponse, et si cette réponse semble
conforme à l’intention de celui qui la pose, alors la question respecte le critère
de clarté. Par exemple la question suivante : quelles sont les causes de la
diminution des emplois dans les pays sous-développés ? Cette question est bien
claire : elle est concise et précise. Elle est donc l’exemple d’une question
obéissant au critère de clarté.

3.2 Les critères de faisabilité.

Les critères de faisabilité se portent sur le caractère


réaliste du travail que vous entendez mener à partir de la question de départ. Si
la question de départ est trop ambitieuse, il se pourrait que vous ne puissiez
disposer ni du temps, ni des moyens financiers nécessaires pour produire un
travail qui intègre toutes les implications du sujet. Il faut formuler la question de
départ de sorte à ce que le travail ne soit pas trop présomptueux. Un travail qui
s’annoncerait ainsi court le risque de ne jamais arriver à terme. Tel est le cas
d’une question de départ qui associerait plusieurs services de plusieurs pays
différents : les chefs d’entreprises des états africains se font-ils une idée
commune de la concurrence économique de la Chine et de la France ? Cette
question, comme on peut le voir, est ambitieuse, trop ambitieuse.

10
Pour relever le défi du critère de faisabilité, un certain
nombre de conditions s’impose. L’étudiant devra se rassurer : qu’il existe des
données au sujet de ce qu’il entend étudier ; ensuite qu’il possède des
connaissances de base et des moyens techniques sur le sujet en question ; aussi
qu’il existe des personnes ressources auprès desquelles il pourra s’informer
incessamment ; de plus qu’il existe des moyens logistiques à même de
l’accompagner dans le travail ; et enfin qu’il est capable de surmonter des
blocages psychologiques et moraux. Ce sont ces conditions qui participent aux
critères de faisabilité.

3.3 Les critères de pertinence

Les critères de pertinence se portent sur le registre qui


sous-tend la question de départ. Ce registre peut être normatif, descriptif,
explicatif. Dans les sciences sociales en général, notamment en topographie, ce
sont les modes explicatifs et descriptifs qui prévalent. Ainsi le critère de
pertinence est censé empêcher l’étudiant de porter confusion entre le registre
normatif et les deux autres. Une question de départ en science sociale ne saurait
et ne devrait être normative, c’est-à-dire morale ou moralisatrice. Tel est le statut
de la question suivante : la manière dont la topographie est organisée au Burkina
Faso, est-elle socialement juste ? Cette question dénote clairement d’une
confusion entre le registre descriptif (la manière dont la topologie se présente)
d’avec le registre normatif (est-elle socialement juste). Au nom du critère de
pertinence, on peut dire qu’une bonne question de départ ne doit pas juger, mais
analyser ; elle ne doit pas être axiologique mais descriptive.

Au regard de ces considérations, nous voyons de quelle façon l’étudiant doit s’y
prendre pour formuler une bonne question de départ.

4. L’objet de recherche.

11
Cette étape est décisive dans tout travail scientifique, et le
rapport de stage n’est pas exempt. A partir de la question de départ, l’étudiant
s’efforcera de formuler un objet de recherche conforme à cette question. Que
peut-on ou, que doit-on entendre par objet de recherche ?

4.1 Qu’appelle-t-on objet de recherche ou objet de la


recherche ?

L’objet de la recherche ou objet de recherche, s’élabore à


partir de la question suivante : qu’est-ce que je cherche ? Couramment appelé
dans le milieu anglo-saxon « research topic », l’objet de recherche peut être
assimilé à la problématique. C’est du reste l’usage que se donnent Quivy et
Campenhoudt. Tout compte fait, l’objet de recherche représente le noyau central
du sujet puisque c’est sur ce dernier que se cristallisera l’analyse. Il ne faut
d’ailleurs pas confondre le sujet avec l’objet de recherche. Le sujet censé
justement donner une piste qui mène à l’objet de recherche. On peut dire que
l’objet de recherche c’est la cause ou la raison qui justifie la formulation du
sujet. C’est à partir de l’objet de recherche que l’étudiant élaborera le plan du
travail. En somme on peut soutenir avec Marie Laure Gavard – Perret que
« L'objet de la recherche est donc un élément clé du processus de recherche qui
va cristalliser le projet du chercheur. » (Laure, M. et al, Méthodologie de
recherche. Réussir son mémoire ou sa thèse en science de gestion. 2008 : 66). Il
semble alors impératif de montrer la méthode par laquelle l’étudiant est censé
emprunté pour formuler l’objet de recherche.

4.2 Comment formuler l’objet de recherche ?

L’élaboration de l’objet du rapport de stage passe par la


position d’un certain nombre de questions. Ces questions seront censées
orientées l’étudiant dans la formulation de l’objet de son travail. Il s’agit en fait
de trois questions à poser, de sorte à ce que les aller-retours entre ces différentes
questions aboutissent à formulation définitive de l’objet de recherche.
12
D’une part, l’impétrant doit se poser et répondre à la
question de savoir : Quelle est la nature du projet ? Dans notre contexte, cette
question doit s’entendre ainsi : quelle orientation j’espère donner à mon rapport
de stage ? On voit clairement que la première question ambitionne de dégager
l’orientation générale de mon travail.

D’autre part, il est nécessaire de se confronter à la


question suivante : Quelle démarche vais-je envisager ? Autrement dit, par
rapport à l’orientation de mon travail, quelle méthode suis-je sensé adopter ?
Face à cette interrogation, se dresse deux orientations à savoir : est-il question
d’une démarche qui consisterait à tester, justifier une théorie ? Ou est-ce plutôt
une démarche qui reviendrait à construire, enrichir un domaine ? De ces
questions, la deuxième est plus conforme à notre contexte particulier.

Par ailleurs, pour le besoin de la formulation de l’objet de


recherche, la question suivante est absolument nécessaire : quel type de présence
sur le terrain puis-je négocier ? Cette question se porte en fait sur l’interaction
entre l’étudiant et le terrain. En fonction de la nature de l’interaction que
j’entretiendrais avec le terrain, je pourrai mieux définir mon objet. En d’autres
termes, il est absolument impossible de formuler définitivement un objet avant
le contact avec le terrain. La réalité du terrain peut par exemple, me pousser à
revoir l’orientation de mon travail.

En somme, c’est en se confrontant respectivement à


toutes ces questions que l’étudiant pourra définir clairement son objet. C’est au
soir de ces questions qu’il pourra finalement cristalliser et stabiliser son objet.
Ceci dit, étant donné la proximité qui existe entre l’objet et le problème, il
convient à présent de traiter de la problématique.

5. La problématique.

13
Il est connu déjà, au regard du point précédent, que le
problème est crucial dans le cadre d’un travail scientifique. Le problème est
alors « une étape essentielle du processus de la découverte scientifique. On ne
peut en faire fi si l'on ne veut pas naviguer à l'aveuglette. » (Nda, P.
Méthodologie de recherche. Réussir sa thèse, son mémoire de master de
recherche ou professionnel et son article. 2015 : 52). Ceci dit, le problème
débouche logiquement sur la problématique. La problématique se présente en
général comme l’éclatement du problème en question. Plus précisément, la
problématique peut et doit s’entendre comme le cadre, la perspective théorique à
l’intérieur de laquelle on aborde le problème. Dans cette logique, la
problématique est le procédé, c’est-à-dire la manière à partir de laquelle
l’étudiant entend résoudre son problème. En fait, il sera question d’analyser les
lectures et les différents entretiens afin de mettre en exergue les différents
aspects du problème. La formulation de la problématique peut se faire en deux
phases, dont nous éluciderons dans les points à venir.

5.1 La première phase d’une problématique : mise au


point des problématiques possibles.

Après l’étape exploratoire de mon travail, la première


phase de la problématique induit à l’étudiant de marquer un arrêt afin de
comparer les différentes approches du problème. C’est en cela que consiste la
première phase. Dans les faits, on recommande à l’étudiant de circonscrire les
différentes problématiques qui peuvent se rattacher au problème. C’est dans
cette phase que l’étudiant revient au cadre théorique de son travail. Le cadre
théorique d’un travail scientifique s’entend comme l’ensemble de la littérature
(ouvrages, manuels, polycopié), des différents courants de pensée, des concepts
relatifs au problème que je veux étudier. Ainsi, c’est à l’intérieur de ce cadre que
l’étudiant fera la mise au point des problématiques possibles.

14
Ces cadres théoriques sur la base desquels l’étudiant
devra s’appuyer pour mettre au point les problématiques possibles, sont des
données déjà existantes. Pour chaque objet de recherche, il existe tout un
ensemble de travaux déjà effectués et l’étudiant pourra s’en inspirer pour
délimiter le champ des problématiques possibles. Par exemple l’étudiant qui
voudra faire des travaux sur l’échec en milieu scolaire, il trouvera un cadre
théorique déjà élaboré, c’est-à-dire un déjà-là notamment :

« les mécanismes de reproduction des inégalités, liés aux ressources


financières et culturelles des parents ; l’écart plus ou moins important entre
la culture de l’école (ses valeurs, ses normes comportementales, son
langage…) et la culture du milieu social de l’élève ; la remise en question de
l’autorité de l’institution scolaire qui peine à obtenir la loyauté et la
confiance de certains milieux sociaux ; la montée en puissance de nouvelles
sources d’information et de nouveaux espaces de socialisation (comme
internet) et leur télescopage avec l’école comme source traditionnellement
dominante de savoirs ; les défauts d’organisation et de fonctionnement du
système éducatif, avec ses rigidités et sa tradition bureaucratique ; le
décalage entre le projet de l’école et celui des jeunes qui peuvent décider
délibérément de se faire renvoyer pour marquer leur refus de l’école et
poursuivre un autre projet ; les interactions entre jeunes qui se renforcent
réciproquement dans leurs attitudes par rapport à l’école et aux adultes. »
(Idem)

Il appartiendra alors à l’étudiant de s’informer au sujet de


ce qui a été déjà réalisé dans son domaine. Il sera de ce fait capable d’orienter
son travail dans la continuité ou il pourra aussi décider de prendre le contre-pied.
Ceci dit, il arrive des fois où l’étudiant s’intéresse à un domaine nouveau, au
sujet duquel il dispose très peu d’informations. Il aura alors l’impression de
partir de rien, toute chose qui complique la première phase de la problématique.
Sur ce cas de figure, il faudrait préciser qu’avant d’entamer tout travail
scientifique, il faut s’informer impérativement sur le patrimoine scientifique
existant dans ce travail.

15
Enfin, nous pouvons achever cette partie en ajoutant que
la tache de mise au point des problématiques possibles implique aussi de les
confronter. Cette confrontation permettra de dégager leurs convergences mais
aussi leurs dissemblances.

5.2 Choisir sa problématique.

Malgré la nécessité de la première phase, l’étudiant doit


apprendre à s’arrêter à un moment donné. Cet arrêt est aussi nécessaire car il
faudra bien quitter ce cadre théorique un jour afin de choisir sa problématique.
C’est l’occasion de dénoncer ici une attitude très répandue dans le cadre des
travaux scientifiques à savoir le perfectionnisme exagéré. Le perfectionnisme est
le désir de mieux faire, d’exceller. Ainsi si le perfectionnisme est loué en
science, il ne faudrait pas non plus en abuser. En découvrant un patrimoine
théorique de connaissances sur son domaine, l’étudiant peut être envahi par le
désir de produire un travail inédit sur le sujet. Ce désir peut engendrer une
conséquence grave : celle de ne jamais finir son travail. Du reste, le choix de la
problématique peut s’opérer suivant un certain nombre de critères :

 Les arguments de raison

Le choix de la problématique pourrait avoir pour baromètre de mesure les


arguments de raison. Parmi les problématiques possibles qui sont, chacune en sa
manière, pertinentes, il en existe qui se démarquent des autres. Aussi faut-il
choisir sa problématique en fonction des arguments de raison. Ces arguments de
raison peuvent être : l’actualité de certaines problématiques par rapport à
d’autres, la fécondité de certaines problématiques au détriment d’autres, et enfin
la pertinence de certaines problématiques face aux critiques les acerbes.

 La pertinence par rapport aux objectifs professionnels de l’étudiant

Dans un monde en pleine mutation professionnelle, le choix de la problématique


doit évidemment prendre en compte cet aspect. Au nombre des problématiques
16
possibles, celles qui doivent et peuvent retenir mon attention sont celles-là qui se
rapprochent au mieux de mes objectifs professionnels.

 Le réalisme par rapport aux ressources

La prise en compte de ce critère oblige l’étudiant à choisir sa problématique en


fonction des ressources disponibles dans son domaine. Le danger de la mise
entre parenthèse de ce critère, se résume fort bien en ces termes : « s’engager
dans un travail qui dépasse ses propres limites en temps, en moyens matériels,
en compétences intellectuelles et en expérience du métier ne peut conduire
qu’au découragement et à un résultat de qualité médiocre. » (Ibid. 102)

A l’aide de ces critères basics, le choix de la problématique devient plus facile,


et probablement mieux pensé. Le choix de la problématique, s’il est bien opéré,
pourrait aboutir à la reformulation de la question de départ. De sorte à ce que
l’étudiant puisse disposer d’une question de départ plus raffinée et plus
accessible quant à sa résolution. Cette question mieux reformuler, permettra de
recentrer le projet. Tout compte fait, ce qu’il faut retenir de l’étape de la
problématique c’est surtout ces deux grandes idées que sont : le cadre théorique
à l’aide duquel on délimite les problématiques possibles ; et le choix de la
problématique d’après les critères énumérés plus haut.

6. L’élaboration des hypothèses de travail.


6.1 Sens et objectifs des hypothèses.

Un travail scientifique est mieux organisé quand il


s’articule autour d’un certain nombre d’hypothèses. Les hypothèses permettent
de mieux ordonner ses idées et de produire un travail fluide. L’hypothèse est
déjà une phase préparatoire qui annonce l’étude à suivre. La présence des
hypothèses donne l’information au lecteur que l’étudiant a bien conscience des
enjeux de son travail et qu’il sait où il va. C’est dire donc qu’à partir des
hypothèses, les lecteurs sauront déjà dans quel but est dirigé le travail de

17
l’étudiant. L’hypothèse ainsi représentée est une proposition provisoire, elle est
en définitive le fil conducteur qui traverse tout le travail de l’étudiant.

L’une des fonctions de l’hypothèse serait de remplacer la


question de départ, si elle bien formulée. De là il apparait que l’hypothèse a une
fonction sélective. La fonction sélective de l’hypothèse, implique que celle-ci
poursuit l’objectif de vérifier la pertinence des données issues de l’observation.
Les hypothèses sont à la fois dérivées des données de l’observation et, en même
temps, elles doivent se confronter à ces données. De ce double mouvement on
peut en déduire que : les données de l’observation rendent possible l’hypothèse
et celle-ci à son tour permet de se faire une meilleure compréhension de ces
données. Nous sommes confrontés ici à un mouvement de va – et – vient entre
les données empiriques et théoriques. L’hypothèse constitue la pièce maitresse
de ce mouvement. On assigne également à l’hypothèse les fonctions suivantes :
anticiper sur le lien qui existe entre un phénomène et son concept ; et anticiper
aussi entre deux phénomènes ou deux concepts. Ces deux fonctions
correspondent en même temps aux deux formes d’hypothèses que nous pouvons
rencontrer.

6.2 Les différentes formes d’hypothèses.

Les différentes formes d’hypothèses, sont généralement propres à des groupes


de sciences bien déterminés. Ainsi la première forme d’hypothèse, en tant
qu’elle anticipe sur le lien existant entre un phénomène et un concept, est propre
aux sciences physiques. L’hypothèse que Pasteur avait formulé sur l’existence
des micro-organismes est bien de cet ordre. Quant à la deuxième forme
d’hypothèse, elle est le propre des sciences sociales. Les sciences sociales, parce
qu’elles traitent en général des phénomènes, c’est-à-dire des choses observables,
s’attèlent sur la deuxième forme d’hypothèse. Cette forme anticipe justement sur
la relation qui existe entre deux phénomènes. Au regard de ces deux formes, on
peut bien affirmer que l’hypothèse doit être formuler sous une forme observable.
18
Autrement dit « elle doit indiquer directement ou indirectement le type
d’observations à rassembler ainsi que les relations constatées entre ces
observations afin de vérifier dans quelle mesure est confirmée ou infirmée par
des faits ». (Ibid. 129)

Les risques liés à la formulation des hypothèses est le


piège des préjugés. Certaines hypothèses se fondent en effet sur des préjugés et
ne peuvent pas de ce fait avoir une certaine pertinence. Il s’agit de l’exemple des
hypothèses suivantes : « l’absentéisme dans les entreprises augmentent avec
l’accroissement du nombre des femmes dans le travail », ou « le taux de
criminalité dans une ville est lié au taux d’immigrés qui y vivent » (Ibid. 129).
Ce sont là autant de préjugés qui, quoi qu’ils puissent avoir certains fondements
scientifiques, ne doivent pas cependant avoir droit de citer parmi les hypothèses.

6.3 Les hypothèses déduites ou induites

Il est difficile de parler d’hypothèse sans l’associer à la


problématique. Dans le travail scientifique, l’impétrant ne doit pas se contenter
de la formulation d’une seule hypothèse. Il est plutôt question de formuler
plusieurs hypothèses qui restent intimement liées à la problématique. Toutes les
hypothèses doivent s’imbriquer et entretenir une relation étroite avec la
problématique. De ce fait « problématique, modèle, concepts et hypothèses sont
indissociables. » (Ibid. 130). Cette assertion se comprend dans la mesure où
c’est justement l’ensemble des hypothèses qui font le modèle. Le modèle est un
système d’hypothèses. Or, nous avions montré plutôt que l’hypothèse est une
anticipation de concepts. Partant, le modèle est également un ensemble de
concepts. On comprend mieux le rattachement qu’on établit entre ces trois. Etant
entendu le rapprochement qui existe entre ces notions, alors ce qui vaut pour
l’un vaut également pour l’autre. De fait l’élaboration des hypothèses reposent
soit sur un raisonnement déductif ou inductif.

19
Les hypothèses déduites sont formulées directement à
partir de la problématique. Elles n’ont pas nécessairement besoin de subir
l’étape de l’observation. A l’aide de la problématique, mais également du cadre
théorique (revue littéraire) l’étudiant est capable de tirer des hypothèses. De
pareilles hypothèses sont de nature déduite.

A la différence des premières, les hypothèses qui


s’appuient sur des données comme lectures de livres, données issues des
observations, sont toutes des induites. Face à une certaine formulation du sujet,
les hypothèses déduites ne sont pas possibles. Certains sujets exigent une
interaction avec le terrain, à l’issue de laquelle il serait possible de formuler des
hypothèses. Ces hypothèses sont fonction des observations, elles ont besoin
d’être construites mais non déduites. Pour ce que la topographie représente (elle
est l’ensemble des savoirs et techniques mis en œuvre pour la représentation
graphique ou numérique, à échelles exacte, au moyen des signes conventionnels,
du terrain naturel et de ses aménagements), elle sera plus conforme aux
hypothèses induites.

En somme, que ce soit les hypothèses déduites ou induites, il faut juste insister
que la formulation des hypothèses demeure impérative.

6.4 Le critère de falsifiabilité de l’hypothèse.

L’hypothèse, qu’elle soit déduite ou induite, peut être


vérifiée à tout moment par l’étudiant à travers des données empiriques, c’est-à-
dire celles qui sont obtenues à partir de l’interaction sur le terrain. Toutefois il
n’existe aucune hypothèse qui, malgré sa pertinence et la finesse d’esprit ayant
rendu possible sa formulation, soit absolument exempt de critiques. Autrement
dit, il n’existe jamais d’hypothèse qui serait absolument vraie, sinon elle serait
universellement valable. Aussi l’étudiant ne doit jamais espérer que son
hypothèse de travail recevra la bénédiction de tous les acteurs qui seront
impliqués lors de la soutenance du travail. La science, s’il faut le rappeler, n’est
20
pas le domaine des vérités absolues. C’est en cela qu’elle s’éloigne de la
religion. Les vérités scientifiques sont dépassables ou appelées à être dépassées.
De plus et surtout, parce que la réalité est en perpétuelle mutation, alors les
hypothèses sont toujours relatives. La relativité des hypothèses implique la
possibilité de leur falsifiabilité.

De là, il découle que l’étudiant doit formuler ses


hypothèses en tenant compte du critère de falsifiabilité. Cela permettra d’ouvrir
de nouveaux horizons à son travail en vue de son enrichissement. Pour prendre
en compte ce facteur, il existe deux conditions possibles : d’une part que
l’hypothèse revêtisse un caractère de généralité, et d’autre part que l’hypothèse
admette des énoncés contraires qui sont scientifiquement vérifiables. Une
hypothèse trop singulière ne saurait faire l’objet d’aucune contestation. Ainsi
elle ne serait plus une hypothèse scientifique. L’hypothèse scientifique possède
certes de la singularité, mais elle doit avoir aussi un caractère général.
L’hypothèse scientifique doit se trouver au juste milieu entre la singularité et la
généralité. De même, l’hypothèse n’est scientifiquement valable que si ces
contraires sont faux. Ce qui suppose déjà l’existence de ces contraires et la
possibilité de leur vérification. Une hypothèse vraie, admet son contraire qui est
nécessairement fausse. C’est sous ces deux conditions que l’étudiant pourra
formuler des hypothèses qui obéissent au critère de falsifiabilité.

7. Méthode et outils de recherche : l’observation en


question.
7.1 Qu’est-ce que l’observation ?

L’observation doit se comprendre comme la somme des


opérations à travers lesquelles les modèles d’analyse sont confrontés aux faits.
Couramment appelé « travail de terrain », l’observation est une phase décisive
de collecte de données ; elle peut être également entendue comme une forme
d’expérimentation. Aussi l’observation occupe-t-elle une place centrale dans les
21
sciences sociales plus exactement celles qui ont un lien intime avec le travail du
terrain. Ceci dit, il est impératif de clarifier les objectifs attendus dans le cadre
de l’étape de l’observation. Ces objectifs sont généralement au nombre de 3 qui
vont de : la vérification des hypothèses au sentiment de surprise qu’elle suscite,
en passant par le statut de la réalité que l’observation confère à la recherche.

D’une part, l’objectif premier de l’observation est bien de


vérifier les hypothèses préalablement définies. A ce titre, l’observation fait le
pont entre les concepts théoriques (hypothèses) et les matériaux recueillis sur le
terrain. C’est pour cette raison que l’observation participe à la cohérence de la
recherche. En clair l’objectif se résume ici à mesurer la validité et/ou la
fécondité des hypothèses à travers les matériaux de l’observation.

D’autre part, l’objectif de l’observation est d’élever la


recherche à un niveau de réalité donné. Autrement dit, c’est à la phase de
l’observation que la recherche dépasse le cadre théorique pour investir la réalité
effective. Il est vrai que le cadre théorique est important dans toute recherche
scientifique, mais il n’est pas une fin en soi. A ce cadre théorique, se complète la
phase pratique dont l’observation représente la matrice.

Enfin, l’objectif de l’observation est de susciter une sorte


d’étonnement, un effet de surprise auprès de l’impétrant. En termes plus
simples, l’observation vise à permettre l’impétrant d’explorer d’autres
alternatives. L’impétrant, à partir de la phase de l’observation, s’ouvre à d’autres
possibilités qui participeront à enrichir sa recherche, notamment ses hypothèses.
L’effet de surprise que suscitera l’observation est bien le symbole que la
recherche pourrait être enrichie.

En somme, la phase de l’observation pourrait s’articuler autour des questions


suivantes :

Quoi et comment observer ?

22
7.2 Délimiter le champ d’investigation.

La question de savoir que faut-il observer, entend amener


l’étudiant à délimiter le champ de son analyse. L’objet de l’observation devrait
être justement circonscrit afin de mieux orienter la recherche. Il faudrait alors
délimiter le contexte de l’analyse dans un cadre géographique et temporel bien
défini. A cet effet deux situations se présentent au chercheur :

D’une part, l’objet de recherche peut renvoyer à un


phénomène singulier. Dans ce cas, le champ de l’analyse est d’ores et déjà
délimité. La singularité de l’objet induit en effet à l’étudiant le ou les
phénomènes à observer. Mais quoi qu’on dise, l’étudiant peut toujours délimiter
le champ d’analyse en vue de se rassurer que ce champ soit bien conforme à
l’objet dont il est question.

D’autre part, la deuxième situation est celle par laquelle


l’étudiant ne s’intéresse pas à un ou des phénomènes singuliers. Ici la
délimitation du champ d’analyse devient un impératif. Cette délimitation peut
s’opérer déjà à partir des hypothèses préalablement définies. Les hypothèses
contiennent des informations qui orientent la délimitation du champ
d’investigation.

Cependant, il ne faudrait pas oublier que la détermination


de l’objet ou des objets de l’observation doivent prendre en compte aussi les
ressources de l’étudiant, ses compétences, notamment ses connaissances
linguistiques, mais également les délais dont il dispose pour son travail.

En somme, au-delà de ces considérations, il faut retenir


que le champ d’investigation doit être délimité et ce de façon claire et précise.
Un champ d’investigation trop large complique l’étape de l’observation. Or,
c’est l’erreur que commet certains étudiants quand ils sont confrontés pour la
première fois à ce type de travail. Ainsi pour se prémunir de cette erreur,

23
l’étudiant peut procéder par échantillonnage. Ce type de travail exige de définir
la population ciblée pour l’étude, ce qui permettra de choisir quelques
composantes de cette population pour l’observation. Cette composante de la
population est justement l’échantillon en question. On peut dire que la réponse à
la question de savoir que faut-il observer, consiste à montrer que le champ
d’analyse doit toujours être délimité.

7.3 Comment observer ?

Cette phase, comporte deux grands volets. D’une part il s’agira d’analyser les
outils à partir desquels se construit l’observation. Ces outils sont des principes
élaborés par l’étudiant afin de préparer l’étape de la collecte des informations.
Par ailleurs, nous tenterons ici de clarifier les différentes techniques à déployer
dans le cadre d’une observation.

- L’élaboration des instruments d’observation.

L’élaboration des instruments d’observation est fonction de la nature de


l’observation que l’étudiant entend adopter. Selon qu’il s’agisse d’observation
directe ou indirecte, les instruments d’observation ne sont pas strictement les
mêmes.

 L’observation directe : l’observation directe est celle par laquelle


l’étudiant procède lui-même, au recueillement des informations sans
passer par un intermédiaire. L’observation directe est une observation
brute en tant qu’elle n’implique aucune médiation. Elle se veut
immédiate. Dans ce cas l’étudiant peut se fier à son sens de l’observation.
Par exemple s’il entend étudier la taille des publics cibles qui fréquentent
le théâtre et le stade, il pourra se rendre lui-même directement aux lieux et
procéder par un décompte direct des amateurs. L’avantage de
l’observation directe est le fait qu’elle court peu de risque d’être dénaturé
ou modifié par les personnes qui seront questionnés. Autrement dit, dans

24
le cadre d’une observation directe, les éléments extérieurs n’influencent
pas trop la qualité de l’observation.
 L’observation indirecte : dans le cas d’une observation indirecte,
l’étudiant est tenu d’interroger des personnes ressources pour avoir les
informations. A l’aide de questionnaires ou par une interview, qui sont
des instruments d’observation, l’étudiant s’adresse à un sujet auprès
duquel il est sensé produire l’observation. De fait, il existe une barrière
entre le sujet et l’information et c’est bien là où les personnes
questionnées qui constituent cette barrière. Toute chose qui ne rend pas
trop fiable les informations reçues. En termes plus simples, les
informations reçues dans le cadre d’une information indirecte sont très
vulnérables aux erreurs. Il faut noter, à l’occasion, que le questionnaire se
diffère justement du guide d’interview. Le questionnaire est toujours
élaboré en prenant en compte tous les indicateurs impliqués dans
l’hypothèse. Tandis que le guide d’interview nécessité, certes, une
interrogation mais l’interrogation est ici souple et ouverte. Le type de
sujet propre au guide d’interview ne présente pas a priori de résultats, ces
résultats sont le fait d’une enquête. En fait le guide d’interview est une
forme d’enquête.
- Tester les instruments d’observation.

Dans le cadre d’une observation, il est impératif de vérifier les instruments


d’observation. Cette vérification vise, à terme, de se rassurer au sujet de la
congruence qui existe entre le sujet étudié et le mode d’observation choisi. Selon
qu’il s’agisse d’un questionnaire ou d’un guide d’interview, il faut vérifier tout
de même l’harmonie. Deux choses doivent susciter l’intérêt de l’étudiant à ce
niveau : le souci de précision ; et la disponibilité des informations auprès de la
personne ressource questionnée sur le sujet. Le questionnaire est réussi et mieux
productif si les questions formulées sont assez précises. Quand l’interlocuteur

25
requestionne les questions figurants dans le questionnaire, c’est le signe d’un
questionnaire confus et ambigu. De plus, il faut bien se rassurer que les
personnes contactées dans le cadre du questionnaire soient fiables. Cela doit
s’entendre : possèdent-elles les informations recherchées ? Si oui, qu’est-ce qui
garantit qu’elles donnent les vraies informations ?

Quant au guide d’interview, les exigences changent d’avec le questionnaire. Le


guide d’interview étant une forme d’entretien, ce qui préoccupe surtout
l’étudiant c’est la façon dont les questions seront formulées mais pas d’abord le
contenu de ces questions. Si les questions posées en vue de l’entretien donnent
lieu à des réponses qui n’ouvrent pas véritablement à un entretien, si le sujet
qu’on interview reste fermé à la possibilité d’une conversation alors le guide
d’interview est mal élaboré. Le guide d’interview s’il est bien structuré, doit
induire à la personne interrogée une marge de liberté dans les réponses qu’il
entend donner. La personne interrogée doit avoir la possibilité de converser au-
delà des réponses que l’étudiant attend. C’est en cela que le guide d’interview
est assuré d’être fécond.

- La collecte des données.

Elle correspond à la troisième étape de la phase d’observation. Son but est de


mettre en œuvre l’instrument de l’observation. La collecte des données est donc
essentiellement le moment de l’expérimentation de l’instrument retenu pour
l’observation. Dans le cadre d’une observation directe, étant entendue que
l’étudiant a un accès direct au phénomène à étudier, il n’aura pas besoin ici du
questionnaire ni du guide d’interview. Ici le guide d’observation est lié à
l’observateur lui-même. Mais dans le contexte de l’observation indirecte, la
collecte des données devrait prendre en compte un certain nombre d’exigences.
Dans la situation de l’observation indirecte qui implique justement soit le
questionnaire ou le guide de l’interview, le chercheur doit avant tout amener la
personne interrogée à dévoiler des réponses qui entre dans le cadre de son
26
travail. Ainsi, il doit tacher de convaincre son interlocuteur. Autrement dit, il
doit « vendre sa marchandise ». Par conséquent, il est nécessaire que le
chercheur participe lui-même à la phase de questionnement. Il évitera de
l’envoyer via le canal des NTIC ou de le faire par procuration. Il y va de la
crédibilité des informations à collecter.

Il faut faire remarquer ici, qu’il existe justement un certain nombre d’erreurs à
éviter dans le cadre d’une enquête par questionnaire. Il faut se garder
d’interpréter des réponses isolées en dehors du cadre holistique à l’intérieur
duquel elles ont été recueillies. Etant donné que l’enquête par questionnaire se
porte toujours sur un échantillon bien déterminé ou une population cible bien
précise, alors les réponses des personnes interrogées doivent être interprétées à
l’intérieur de l’échantillon dans lequel il se reconnait. De plus, il faut préciser
que les questions qui seront arrêtées pour la collecte des données doivent
prendre en compte les informations attendues et l’analyse que l’on voudra en
faire. Il y a en fait un rapport entre le type de questionnaire, les informations
attendues et le type d’analyse pressenti pour le travail.

8. La rédaction du rapport de stage.


8.1 L’introduction.

L’introduction est bien élaborée si elle arrive à présenter


non seulement de manière claire et précise le service, notamment les activités du
service ; mais aussi la tâche spécifique qui vous a été convié durant votre stage.
Il faut bien clarifier ce point dans l’introduction car c’est le moment le plus
crucial. Pour notre cas précis, il faut préciser que ces deux tâches seront
précédées par la présentation de la topographie, sa définition, ses objectifs
fondamentaux et une analyse des grands concepts de la topographie.

8.2 Le développement.

27
Au niveau du développement, le candidat se heurte
presque toujours à deux difficultés. Premièrement, il doit produire un travail
fluide et très précis face pourtant à un thème qui est souvent marqué de
complexité ; deuxièmement il est difficile d’écrire 5 ou 6 pages par jour. La
difficulté qui se trouve à ce niveau est la cohérence d’ensemble.

Dans les faits nous pouvons dire que le développement


doit s’efforcer de présenter toutes les tâches effectuées durant le stage. Il faut
expliquer sa position dans le service, et sa position dans l’organigramme de
l’entreprise. On peut avoir pour exemple de développement la proposition
suivante :

● l’activité du service ;

● la mission en elle-même ;

● les résultats obtenus.

8.3 La conclusion

Au niveau de la conclusion, il faut insister sur :

● Ce que le stage vous a apporté comme richesse dans votre parcourt et pour la
suite de votre parcourt. Les avantages que vous aurait apporté le stage sont deux
dimensions qu’il faille préciser. Il s’agit du point de vue personnel (confiance,
assurance) et le point de vue professionnel (choix d’orientation…).

● Sur la façon dont le stage précise également vos perspectives de même que le
développement de votre thème.

9. Les notes de bas de page.

Les notes de bas de pages ont pour rôle de préciser, ou de


clarifier un concept ou une idée qui vous semble important. Il peut s’agir d’une

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expression technique qui relève directement de votre domaine et qui n’est pas
trop connu par le profane. Dans ce cas on peut le clarifier en bas de page.

10. Les cartes, tableaux et schémas

L’étudiant peut éprouver, à un moment donné, le besoin


de représenter certaines données de façon plus imagée. Il pourrait alors faire
appel aux cartes, aux tableaux ou même aux schémas. Dans notre cas, il est
évident que le recours aux cartes et aux tableaux sera d’un grand secours.
Cependant, l’usage de ces genres de représentations doit tenir compte de : ce qui
est mieux pour le développement de votre démonstration ; ce qui donne la
présentation la plus rigoureuse et la plus lisible ; ce qui est le plus agréable pour
le lecteur.

A défaut donc de lister plusieurs informations chiffrées à


l’intérieur desquelles le lecteur risque de se noyer, il est important de :

● « dégager une ou deux grandeurs significatives par rapport à votre


démonstration et autour desquelles s’articulent deux ou trois pages du texte. »

● « éclairer ces grandeurs par un schémas, un graphique ou une carte »

Ces représentations comportent des sources et il est


absolument nécessaire de les préciser en bas de chaque tableau. Les sources
peuvent provenir soient d’autres documents et alors il faudra les préciser ou
encore vous les aviez obtenus à partir d’informations puisées d’ailleurs et alors il
faudra les préciser.

11. La bibliographie et les sources.

Les informations à l’aide desquelles vous aviez élaboré votre travail proviennent
de :

● lectures d’ouvrages ou d’articles ;

● travail sur documents d’archives ;


29
● matériaux statistiques ;

● enquêtes et entretiens ;

● dépouillements de journaux et périodiques etc.

Ces sources doivent être consignées à la fin du document à travers :

● La bibliographie

● la webographie

Ces informations doivent être indiquées de façon claire et


précise, afin que quiconque serait en contact de votre document puisse s’orienter
au sujet des ouvrages à consulter.

12. La table des matières

La table des matières doit présenter de façon détaillé les


grandes parties du travail, et les sous-parties de ces grandes parties. Cette
présentation suit l’ordre du document ou l’ordre dans le document. La table des
matières est différente du sommaire car le sommaire se trouve au début du
document et comporte juste les grandes parties du travail. C’est à partir de la
table des matières que le lecteur pourra saisir la cohérence d’ensemble de votre
document. C’est également à partir de la table des matières que le lecteur se fait
une idée du contenu de votre travail. Par conséquent une table de matière
confuse, brouillonne, laisse présager un mauvais travail et donc difficile à lire et
à comprendre.

13. Les index

Les index viennent toujours compléter utilement les


tables de matière. Les index sont de plusieurs ordre à savoir :

● index des personnes cités

● index des auteurs cités


30
● index des lieux géographiques cités

● index par thème ou analytique.

Pour certaines disciplines telles que la topographie les


index sont nécessaires. Il faut noter au passage que la présentation des index
varie en fonction de la nature de l’index. Les index de noms propres sont plus
faciles à élaborer. Le risque à ce niveau sont les homonymies. L’index par
thème est établi quant à lui sur la base de mots clés. Il peut être donc délicat. En
vue de la délicatesse de l’indexation, le candidat peut se passer de cette tâche, de
peur de présenter un index confus et insensé.

14. La soutenance

La soutenance d’un rapport de stage peut durer 30 à 45


minutes environ. Le candidat a environ 10 à 15 minutes pour présenter son
travail. Les membres du jury disposent chacun d’environ 15 minutes pour
échanger avec le candidat. Il ne faudrait pas se fier à la forme du travail pour
prendre à la légère la soutenance du rapport de stage. Il est un moment crucial
qui montre que le travail est bien du candidat. Le jury veut sentir que le candidat
habite bien son thème. C’est donc au candidat de démontrer au jury qu’il a été
assidu durant la période de stage et que son travail ne relève pas surtout d’un
plagiat. S’il y a une chose à craindre c’est bien le plagiat. L’éthique au niveau du
travail exige de s’éloigner au tant que faire se peut du plagiat ou même de la
tentative de plagier un auteur, une conférence, ou un autre rapport soutenu sous
d’autres cieux.

15. Conclusion générale

Ce présent cours nourrissait l’ambition de présenter les


grands traits de la méthodologie de recherche. Au sortir de ce cours, on peut tout
au plus dire que nous avions essayé de balayer les points essentiels dans le cadre
de la méthodologie de recherche. Ceci dit, il est évident que certains points, non
31
moins essentiels, n’ont pas été nécessairement analysés. Cela s’explique surtout
par la nature de la filière concernée par ce cours. Par ailleurs, il faudrait préciser
que ce cours ne s’attarde pas trop sur des détails liés à l’aspect technique de la
topographie. Cela ne nous empêche pas, dans le cadre des TD et des TP, de nous
attarder sur quelques thématiques rencontrées dans la carde des rapports de stage
produits en topographie.

Bibliographie

Méthodologie du Rapport de Stage, Université de Rouen, 9 e Promotion, 2016-


2017

Beaud (M.), L’art de la thèse : Comment préparer et rédiger un mémoire de


master, une thèse de doctorat, à l’ère du Net, éd. La Découverte, Paris, 1985,
1994, 2001, 2003, 2006.

N’Da (P.), Réussir sa thèse, son mémoire de master de recherche ou


professionnel, et son article, in collection Recherche et Méthodologie en
Sciences Sociales et Humaines, éd. L’Harmatan, Paris, 2015.

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N’Da (P.), Méthodologie de la recherche. De la problématique à la discussion
des résultats. Comment réaliser, un mémoire, une thèse, d’un bout à l’autre,
EDUCI, Abidjan, 2006.

Marie-Laure Gavard-Perret et al, Réussir son mémoire ou sa thèse en sciences


de gestion, éd. Pearson Education France, Paris, 2008.

Campenhoudt Van (L.), Quivy (R.), Manuel de Recherche en sciences sociales,


éd. Dunod, 4e édition, Paris, 2011.

33

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