dmt dossier médico-technique TC 110
Une nouvelle réglementation
sur le bruit au travail
La directive « Bruit » 2003/10/CE diminue les seuils d’exposition et instaure une valeur
limite d’exposition. Transposée en droit français, sans écart majeur, par le décret 2006-892 du 19 juillet 2006
modifiant le Code du travail et l’arrêté du 19 juillet 2006, il a paru nécessaire de présenter ces nouveaux
éléments ainsi que les conséquences sur les actions de prévention.
P. CANETTO
à 85 dB(A) pendant plus de 20 heures (ce que l’étude
Département Ingéniérie
En résumé considère comme équivalent à une exposition quoti- des équipements
dienne), ce qui représente environ 1,2 million de per- de travail, INRS.
2006 est l’année de la transposition de la nouvelle direc- sonnes [1]. En 2004, 1 221 cas d’atteintes auditives ont
tive « Bruit » 2003/10/CE dans les pays membres de l’Union été reconnus comme maladies professionnelles en
européenne. L’évolution par rapport à l’ancienne réglementa- France, et ont représenté un coût direct de 96,4 M €
tion est motivée par l’expérience acquise et par les progrès pour les entreprises. Au niveau européen, une enquête
de la politique de santé et sécurité au travail de la Commis- d’Eurostat établit que la perte auditive est la 4e mala-
sion européenne qui se formalise par une homogénéisation die professionnelle en termes de reconnaissances [2].
des textes réglementaires. Le contenu de la nouvelle régle- Ce constat accompagne l’événement majeur dans
mentation s’est enrichi de la référence aux principes géné- ce domaine qu’est la transposition dans les États
raux de prévention et d’exemples de solutions de réduction membres en 2006 de la nouvelle directive européenne
du bruit. Les changements les plus significatifs sont la diminu- 2003/10/CE, dite « directive Bruit ». Cette actualité a
tion des valeurs d’exposition déclenchant des actions de pré- été soulignée par de nombreuses manifestations, sou-
vention et l’apparition d’une valeur limite d’exposition. Le vent reliées à « l’année européenne du bruit » organi-
rôle des médecins du travail est confirmé et élargi. La confu- sée en 2005 par l’agence européenne de santé et
sion sur les seuils, les choix méthodologiques pour l’évalua- sécurité au travail de Bilbao, dont le point d’orgue a été
tion des risques et la prise en compte de l’atténuation des la série de conférences organisées au cours de la « se-
protecteurs individuels contre le bruit peuvent être pressen- maine européenne de la santé et la sécurité au travail »
tis comme les principales difficultés d’application à anticiper. sur le thème de la prévention des risques concernant le
bruit au travail [3]. De nombreuses demandes d’infor-
mation, par les acteurs de prévention, souvent issus de
services de santé au travail, concernent des éclaircisse-
ments sur la nouvelle directive, le rôle des protecteurs
individuels contre le bruit (PICB) dans son application
Pourquoi une nouvelle et la recherche de solutions de réduction du bruit.
réglementation sur le bruit ?
UNE ÉVOLUTION DES TEXTES RÉGLEMENTAIRES
LE BRUIT AU TRAVAIL : SUR LA PRÉVENTION
UNE QUESTION D’ACTUALITÉ
Une réglementation européenne sur le sujet a été
Le sujet de l’exposition au bruit sur le lieu de travail édictée dès 1986, avec la première directive « Bruit »
est l’objet d’une attention toute particulière en 2006. 86/188/CEE [4] et transposée en droit français par le
De nombreuses données statistiques sont parues ré- décret 88-405 du 21 avril 1988 [5]. Les enquêtes sta-
cemment qui confirment l’acuité du problème : l’en- tistiques mettant en évidence la persistance, voire Documents
pour le Médecin
quête SUMER 2003 évalue à 7 % le nombre de l’augmentation, du bruit au travail justifient en elles- du Travail
N° 107
travailleurs déclarant être exposés à un bruit supérieur mêmes l’adaptation de la réglementation sur ce sujet. 3e trimestre 2006
297
Cependant, cette évolution réglementaire était pro- risques physiques. C’est ainsi que sont nées en 2002 la
grammée dès la directive initiale. En effet il était prévu directive « Vibrations » 2002/44/CE [7] et en 2003 la
qu’en 1994, la situation résultant de son application et nouvelle directive « Bruit » [8] puis les directives
son adaptation aux progrès techniques et scientifiques « Champs électromagnétiques » 2004/40/CE en 2004
serait analysée pour déterminer les évolutions souhai- et « Rayonnements optiques » 2006/25/CE en 2006.
tables et en particulier la révision des seuils d’exposi- Ces textes suivent une trame homogène basée sur la
tion. directive cadre. La directive « Bruit » a ainsi une forme
La santé et la sécurité au travail est un domaine nouvelle qui la rend plus lisible et facilement compa-
dont l’Europe se préoccupe depuis longtemps (des rable à la directive « Vibrations » (annexe 1), et s’intègre
textes ont été écrits sur ce sujet dès 1974). Il fait l’ob- dans un ensemble cohérent de directives sur la santé et
jet d’une politique globale et volontariste qui s’est ma- la sécurité au travail (figure 1).
nifestée en 1989 par la directive « cadre » 89/391/CEE Par ailleurs, le contenu des directives est revu depuis
[6] ; celle-ci pose les bases générales de cette politique la politique dite de « la nouvelle approche », initiée en
et édicte en particulier les fameux principes généraux 1985 : dans un souci de simplification et de facilité de
de prévention. Ce nouvel élan s’est confirmé avec une mise à jour, les directives ne contiennent plus que les
résolution du Parlement européen qui invitait la Com- exigences essentielles ; la description des moyens mis
mission à élaborer des directives spécifiques aux en œuvre pour respecter ces exigences est assurée par
Documents
pour le Médecin Fig. 1 : La nouvelle directive « Bruit » s’intègre dans un ensemble de textes réorganisé et cohérent
du Travail sur la santé et sécurité au travail.
N° 107
3e trimestre 2006 (1) n’est pas une directive particulière de la directive cadre mais s’intègre dans le même champ.
298
Évolutions de la directive 2003/10/CE par rapport à la directive 86/188/CEE ENCADRÉ 1
Dans les « Considérant » ■ énumération d’actions de réduction aux niveaux technique
■ la priorité aux actions collectives est explicitement citée et organisationnel
■ l’adaptation aux progrès techniques est explicitement citée ■ limitation du bruit dans les locaux de repos à un niveau
Paramètres de mesure (art. 2) compatible avec leur utilisation
■ la pression acoustique de crête doit désormais être pon- ■ adaptation des mesures aux groupes sensibles
dérée C Protection individuelle (art. 6)
■ la définition des paramètres est renvoyée à la norme ISO
■ l’utilisation
des PICB* est une action de dernier recours * Protecteurs individuels
1999 : 1990 contre le bruit.
Information et formation des travailleurs (art. 8)
Critères (art. 3) :
■ information complète dès la VAI** ** Valeur d’action
■ introduction de la VLE, valeur limite d’exposition inférieure.
■ ajout d’un point sur les pratiques professionnelles dimi-
■ abaissement des valeurs d’action inférieure et supérieure
(voir tableau I) nuant l’exposition sonore
Évaluation des risques (art. 4) Consultation et participation des travailleurs (art. 9)
■ énumération de cas où l’évaluation des risques doit être ■ ajout de la participation aux actions de réduction de l’ex-
refaite en dehors des périodicités prévues position sonore
■ prise en compte : Surveillance de la santé (art. 10)
• de l’incertitude de mesures dans les résultats, ■ droit au contrôle toujours à partir d’une exposition de
• des groupes à risque, 85 dB(A) (anciennement VAI, désormais VAS***) *** Valeur d’action
• de l’interaction avec les produits ototoxiques et supérieure.
■ contrôle offert à partir de la VAI (80 dB(A))
les vibrations, ■ mesures spécifiques si une altération de l’ouie est détectée
• de la perception des signaux d’alarme en relation avec l’exposition au bruit au travail : réévaluation
■ suppression du descriptif de la méthodologie à utiliser
du risque et action sur sa réduction ; surveillance des autres
Dispositions visant à réduire l’exposition (art. 5) travailleurs exposés
■ valorisationdes actions à la source ■ suppression du descriptif de la méthodologie à utiliser
les textes normatifs, rédigés par des spécialistes, et
Précisions de la réglementation ENCADRÉ 2
dont l’évolution est permanente en fonction des pro-
grès techniques. Les normes concernées peuvent être française par rapport
citées en référence directement dans la directive ou à la directive 2003/10/CE
être « officialisées » par leur insertion dans la liste des
normes dites « harmonisées » [9]. L’application de ces Évaluation du risque :
normes n’est pas obligatoire mais confère alors une ■ périodicité de 1 an pour l’évaluation du risque, maximale
présomption de conformité à la directive. Cette évolu- de 5 ans pour le mesurage de bruit,
tion est manifeste dans la nouvelle directive « Bruit » ■ archivage des résulats de mesurage de bruit sur un mini-
qui fait référence à la norme ISO 1999 : 1990 [10] et mum de 10 ans,
qui « abandonne » les descriptions techniques des an- ■ spécification des femmes enceintes dans les populations
nexes de l’ancienne directive « Bruit ». à risque,
■ référence à la norme NF S 31-084 [11] en cas de mesu-
rage,
■ possibilité donnée à l’inspection du travail de faire procé-
der à une évaluation du risque par mesurage.
Contenu et nouveautés PICB :
■ conservation des références et type des PICB* choisis, * Protecteurs individuels
de la réglementation ■ référence à la norme NF EN ISO 4869-2 [12] pour la contre le bruit.
prise en compte des PICB dans l’exposition comparée à la
(encadré 1) valeur limite.
Surveillance médicale :
Le contenu de la nouvelle directive est fidèlement ■ « renforcée » au dessus de la VAS**, ** Valeur d’action
■ recommandation et instructions techniques sur la nature inférieure.
retranscrit en droit français. Toutefois, la réglementa-
et la périodicité des examens (arrêté à paraître).
tion française apporte quelques précisions (encadré 2).
Par ailleurs l’arrêté spécifique à la réglementation française
du 30 août 1990 [13] sur la correction acoustique des
LES SEUILS D’EXPOSITION locaux de travail définit les caractéristiques acoustiques
minimales des locaux de travail en fonction de leur surface Documents
et leur encombrement. pour le Médecin
Les exigences de la réglementation sont graduées en du Travail
N° 107
fonction de la position du niveau d’exposition sonore 3e trimestre 2006
299
du travailleur par rapport à des seuils qu’elle définit ; seuils d’exposition ont fortement diminué : par
selon que l’exposition dépasse ou non ces seuils, cer- exemple ceux sur le niveau d’exposition quotidienne
taines actions de prévention, sont requises. Les para- ont été « baissés » de 5 dB(A) (tableau I). Cette évolu-
mètres quantifiant l’exposition sonore n’ont pas changé ; tion est importante quand on sait que lorsque deux
leurs définitions sont renvoyées à la norme ISO 1999 : sources de bruit ont un niveau identique, la suppres-
1990 [10] : sion de l’une d’elles ne diminue le niveau résultant que
■ l’exposition quotidienne Lex,8h exprimée en dB(A) de 3 dB(A)… Elle correspond à une division de l’in-
représente la « dose journalière » de bruit reçu ; elle tensité acoustique par 3.
peut être étendue à une exposition hebdomadaire ; La « valeur limite d’exposition », notée « VLE », est
■ la pression acoustique de crête ?crête exprimée en pour sa part un niveau à ne pas dépasser. Cette notion
Pascal (Pa) caractérise les niveaux impulsionnels de est nouvelle par rapport à l’ancienne directive ; le pa-
bruit ; il est désormais spécifié qu’elle doit être mesu- rallèle peut être fait avec les valeurs limites d’exposition
rée en pondération C ; l’usage en mesure lui préfère le aux agents chimiques (tableau I). Le dépassement de la
paramètre Lp,c, niveau de pression acoustique de crête, VLE implique un risque important de détérioration de
quantifié en dB(C). la santé et n’est par conséquent pas acceptable. Cet as-
Ces deux paramètres sont confrontés à des seuils pect « santé » amène implicitement à comparer ce seuil
dont il faut bien comprendre qu’ils sont de nature très à l’exposition « dans l’oreille » du travailleur, puisque
différente. c’est le lieu des effets traumatiques du bruit. Ainsi,
Les « valeurs d’exposition déclenchant l’action » contrairement aux VAI et VAS, la VLE prend en
sont des niveaux d’exposition ambiante, c’est-à-dire compte l’atténuation apportée par le protecteur indivi-
mesurés à l’emplacement du travailleur et indépen- duel contre le bruit (PICB) lorsqu’il est porté par le tra-
dants de son équipement de protection individuel ; ce vailleur. La différence de nature entre ces seuils est
ne sont pas des valeurs « à ne pas dépasser » mais des d’autant plus importante à souligner que l’usage abusif
seuils à partir desquels une liste d’actions donnée doit faisait souvent appeler jusqu’à présent « valeurs limites »
être entreprise. Deux seuils sont donnés : la valeur d’ac- les anciens seuils d’action.
tion inférieure et la valeur d’action supérieure, notées
respectivement « VAI » et « VAS » dans la suite de l’ar-
ticle. La distinction de ces deux valeurs permet de mo-
CLASSIFICATION DES EXIGENCES
duler le niveau des actions à entreprendre en fonction À METTRE EN ŒUVRE
de la gravité de la situation : elles sont plus « contrai-
gnantes » à partir de la VAS.
Ces seuils sont de nature identique à ceux de l’an- Les exigences sont classées dans différents articles
cienne réglementation, même si alors ils n’étaient pas de la directive en fonction de leur nature ; chacune
nommés ainsi. De ce fait, la comparaison des an- peut ensuite avoir deux niveaux de contrainte, en fonc-
ciennes et des nouvelles valeurs amène à dire que les tion du dépassement de la VAI ou de la VAS (figure 2).
TABLEAU I Évolution des seuils dans la nouvelle réglementation
Seuils Paramètre Ancienne Nouvelle
réglementation réglementation
EXPOSITION QUOTIDIENNE
Valeur d’exposition Lex,8h 85 dB(A) 80 dB(A)
inférieure déclenchant l’action
Valeur d’exposition Lex,8h 90 dB(A) 85 dB(A)
supérieure déclenchant l’action
PRESSION ACOUSTIQUE DE CRÊTE
Valeur d’exposition Lp,c (*) 135 dB(C) 135 dB(C)
inférieure déclenchant l’action
Valeur d’exposition Lp,c (*) 140 dB(C) 137 dB(C)
supérieure déclenchant l’action
VALEUR LIMITE D’EXPOSITION (**)
Exposition quotidienne Lex,8h Aucune 87 dB(A)
Documents Valeur limite de crête Lp,c (*) Aucune 140 dB(C)
pour le Médecin
du Travail (*) niveau de pression équivalent au critère donné sur ρcrête
N° 107
3e trimestre 2006 (**) compte tenu de l’atténuation du PICB
300
Ces exigences sont détaillées ci-dessous. Il n’en reste
pas moins que, dans tous les cas, quelque soit le niveau
sonore, la directive exige en préalable :
■ l’évaluation du risque;
■ la suppression ou la réduction au minimum du
risque, en particulier à la source;
■ la consultation et participation des travailleurs
pour l’évaluation des risques, les mesures de réduction,
le choix des PICB;
■ la réduction du bruit dans les locaux de repos à un
niveau compatible avec leur destination.
L’évaluation des risques
L’évaluation des risques se rattache aux principes
généraux de la directive cadre. Le principe reste d’éva-
luer les paramètres d’exposition et de les comparer aux
seuils.
La directive indique que cette évaluation doit se
faire dès le départ puis « à intervalles appropriés ».
Cette périodicité est fixée par la réglementation fran-
çaise : en premier lieu l’article R. 230-1 du Code du tra-
vail impose une évaluation annuelle du risque dans le
cadre de la mise à jour du « document unique ». En ce
qui concerne le mesurage du bruit, le décret indique
une périodicité maximale de 5 ans. Il est désormais ex-
plicitement spécifié qu’elle est réalisée « par des ser-
vices compétents ».
Les conditions particulières de son déclenchement
sont mieux précisées :
■ en cas de changement important de conditions de
fonctionnement de l’entreprise ;
■ ou en cas de nécessité mise en évidence par la sur-
veillance de la santé.
Sont retrouvées les exigences de conservation, diffu-
sion et accès aux résultats. La durée minimale de
conservation est de dix ans dans la réglementation fran-
çaise. Si la porte reste ouverte à la possibilité de ne pas
faire de mesure (« l’employeur évalue et si nécessaire me-
sure les niveaux de bruit »), les exigences de rigueur sur
le résultat imposent implicitement des mesures en cas
de doute.
Les principaux éléments nouveaux sont la prise en
compte :
■ de l’incertitude de mesure dans le résultat ;
■ des groupes à risque : ceux-ci ne sont pas précisés
dans la directive mais le décret français cite spécifique-
ment les femmes enceintes ;
■ de la multi-exposition et en particulier de la pré-
sence de produits ototoxiques et de l’exposition com-
binée bruit / vibrations ;
■ des obstacles à la perception des signaux d’alarme.
Documents
pour le Médecin
Tous ces points sont bien sûr pertinents et les citer Fig. 2 : Les actions à entreprendre en fonction du Travail
N° 107
est une aide pour l’employeur ; cependant, conformé- des niveaux d’exposition. 3e trimestre 2006
301
ment à l’esprit de restriction de la directive aux seules bruit »). Les exigences n’ont pas changé : les protec-
exigences essentielles, elle donne peu ou pas d’élé- teurs individuels contre le bruit (PICB) doivent être
ments qui permettent de traiter ces questions : elles mis à disposition à partir de la VAI, ils doivent être por-
sont « à l’appréciation » de l’employeur. tés à partir de la VAS. Le décret souligne la responsa-
L’article R. 231-129 du Code du travail précise que bilité de l’employeur à ce niveau. Il demande à ce que
l’inspection du travail peut mettre en demeure l’em- les références des protecteurs choisis soient conservées
ployeur de faire procéder à un mesurage de l’exposition pour les identifier en cas de remplacement.
au bruit. Ce mesurage est alors effectué par un orga-
nisme accrédité ; la procédure d’accréditation sera in-
diquée dans un arrêté à venir. Information et formation des travailleurs,
consultation et participation des travailleurs
Dispositions visant à réduire l’exposition L’accroissement de l’importance de la prise en
compte des travailleurs est à relier à la directive cadre.
Le principe général d’action à la source, conforme à Si les exigences sont analogues, elles sont désormais
la directive cadre, est accentué (« les risques résultant de applicables dès la VAI : une information doit être don-
l'exposition au bruit sont supprimés à leur source ou réduits née sur la nature des risques, les mesures de réduction
au minimum »). du risque, les seuils, les résultats de l’évaluation des
L’article R. 231-130 du Code du travail est proba- risques, l’utilisation des PICB, la surveillance de la
blement celui qui est le plus enrichi et aussi celui qui santé, les pratiques professionnelles permettant de ré-
apporte le plus d’éléments susceptibles d’aider à la mise duire l’exposition. La participation des travailleurs à
en place d’une politique de prévention. En effet, l’évaluation des risques et au choix des PICB est éten-
nombre d’actions de réduction du bruit sont évoquées, due aux mesures de réduction de l’exposition.
qui vont de l’organisation (autres méthodes de travail,
conception et agencement des lieux et postes de tra-
vail, choix d’équipements moins bruyants, formation Surveillance de la santé
des travailleurs pour l’utilisation moins bruyante des
équipements, organisation du travail et de ses horaires) Des évolutions subtiles peuvent être remarquées dans la
aux solutions techniques (écrans, capotages, absorp- définition des objectifs de la surveillance de la santé : les
tion du local, « bruit de structure », maintenance des contrôles ont désormais « pour objectif le diagnostic précoce de
équipements). Si l’éventail de solutions possibles est toute perte auditive ». La précocité du diagnostic est mise en
présenté, les éléments techniques relatifs à leur mise en exergue, mais surtout le lien avec l’exposition au bruit est
œuvre et les critères favorisant l’une ou l’autre ne sont maintenant traité à part : le diagnostic identifie la perte au-
(1) Peu de documents pas abordés(1). Les exigences relatives à la réduction de ditive dans un premier temps, le lien avec le travail est éta-
techniques existent sur ce
sujet ; l’INRS éditera en l’exposition sont analogues à celles de la précédente di- bli ensuite et les causes en sont recherchées. En effet,
2006 une brochure inti- rective : lorsque l’exposition dépasse la VAS, un pro- l’apparition du problème met en évidence les lacunes de
tulée « Techniques de
réduction du bruit en gramme de mesures (organisationnelles et techniques) l’analyse des risques ; l’analyse du problème permet d’orga-
entreprise : quelles solu- doit être mis en œuvre, les endroits bruyants partici- niser une nouvelle évaluation du risque et de rechercher des
tions, comment choisir »
(réf. ED 962) pant à l’exposition élevée doivent être signalés et leur solutions de réduction de l’exposition sonore aux endroits
accès limité. qui ont contribué à l’atteinte auditive. De même, la sur-
Il peut être regretté que la prise en compte de la ré- veillance des autres travailleurs exposés à des conditions
duction du bruit au stade de la conception, si elle est analogues à celles du malade doit être entreprise. Dans tous
abordée, soit moins mise en évidence que précédem- les cas, le travailleur doit être informé de sa situation.
ment. Le rôle et la responsabilité du médecin sont confir-
Les locaux de repos sont évoqués, en précisant que més : la surveillance est effectuée par « le médecin du
leur niveau sonore doit être compatible avec leur desti- travail », ce qui est une restriction française par rapport
nation. à la directive. Son rôle est élargi : il pilote la recherche
dans l’activité professionnelle du travailleur des causes
du problème de santé détecté et il est associé à la mise
Protection individuelle en œuvre des mesures de réduction de l’exposition au
bruit qui en découlent. Le décret français demande son
Le principe général de prévention selon lequel la implication dans le choix des protecteurs individuels
protection individuelle ne doit être envisagée qu’en (en y associant le travailleur concerné et éventuelle-
Documents
pour le Médecin
dernier recours est rappelé (« [les protecteurs indivi- ment les services de prévention de la Sécurité sociale).
du Travail duels ne sont considérés que] si d'autres moyens ne Les exigences de contrôle de l’ouie sont toujours ex-
N° 107
3e trimestre 2006 permettent pas d'éviter les risques dus à l'exposition au primées dans la directive en des termes assez vagues,
302
mais elles diffèrent selon que l’on dépasse la VAI (« Un prendre en compte, ainsi que de traiter des multi-ex-
examen audiométrique préventif est […] offert aux tra- positions. Certaines « libertés » laissées par la directive
vailleurs ») ou la VAS (« [le travailleur] a le droit de béné- sont néanmoins cadrées dans la réglementation fran-
ficier d'un contrôle de son ouïe »). çaise : définition de la méthodologie de surveillance de
La réglementation française est plus précise et de- la santé, choix de la méthodologie à suivre pour l’éva-
mande une « surveillance médicale renforcée » au delà luation des risques.
de la VAS. À partir de la VAI, le contrôle de l’ouie est Il reste à l’employeur une certaine liberté qui lui per-
réalisé à la demande du travailleur ou du médecin du met, dans une certaine mesure, d’adapter ses moyens à
travail. Compte tenu de l’abaissement des seuils, on sa situation – dès lors qu’il respecte les exigences régle-
peut dire que l’exigence de surveillance reste valable à mentaires. Cette « souplesse » est probablement favo-
partir d’une exposition quotidienne de 85 dB(A), alors rable aux petites et moyennes entreprises. Il y a
que l’offre de ce droit à partir d’une exposition de cependant des points particuliers qui, très probable-
80 dB(A) élargit le nombre de travailleurs concernés. ment, sont susceptibles de revenir de manière récur-
Les modalités de la surveillance médicale (périodicité rente et sur lesquels il est préférable de se préparer.
et nature des examens) sont toujours régies par l’arrêté
du 31 janvier 1989 [14] en vigueur jusqu’à présent.
Comme précédemment, un dossier médical est établi
LA CONFUSION ENTRE LES DIFFÉRENTS SEUILS
et tenu à jour ; il est consultable par le travailleur et par
les autorités compétentes, dans le respect du secret
médical. Ce point est déjà celui qui ressort systématiquement
dans la plupart des demandes d’information sur la di-
rective ; il est aussi le plus simple à traiter car il ne de-
Autres points mande qu’à être expliqué.
Le domaine du bruit a pour caractéristique de se
Le secteur de la musique et du divertissement est un prêter à beaucoup de confusions : les paramètres de
cas particulier : en effet, la génération de bruit est in- nature différente (pression, puissance) sont quantifiés
trinsèque à son activité… Il est pris en compte par la avec une « unité » commune (le décibel) qui se décline
fixation, dans la directive, d’une période transitoire qui en dB(A), dB(C) ou dBLin en fonction de considéra-
aboutit à une date limite d’application en droit français tions parfois obscures pour les non spécialistes. Des
à février 2008. notions aussi fondamentalement différentes que
La directive prévoit également une période transi- l’émission et l’exposition par exemple sont parfois
toire pour les personnels des navires de mer qui s’étend confondues… De plus, les anciens seuils d’action
jusqu’à 2011. Cette disposition est reprise dans les n’étant pas dénommés comme tels dans l’ancienne di-
textes réglementaires français spécifiques à ce secteur rective, l’usage du vocabulaire courant de la prévention
d’activité. les a souvent fait appeler abusivement « limites d’expo-
sition » jusqu’à aujourd’hui. Un travail « pédagogique »
est donc nécessaire pour présenter avec rigueur les
seuils actuels et leur nature.
Difficultés d’application
pressenties L’ÉVALUATION DE L’EXPOSITION
LES MARGES D’ACTION… L’évaluation du risque est le préliminaire clé de
toute politique de prévention et son résultat doit être
fiable. Le recours à la mesure n’est pas obligatoire ; il
Comme pour toute évolution réglementaire, l’appli- reste cependant que les méthodes alternatives (réfé-
cation des nouveaux textes va rencontrer des difficultés rences documentaires, calcul prévisionnel…) n’appor-
de plusieurs natures : confusion avec l’ancien texte, re- tent pas une précision suffisante en cas de doute.
mise en cause de pratiques établies et compréhension La mesure restant la méthode de référence, il n’en
de nouveaux concepts. Au niveau européen, ces diffi- persiste pas moins que les modalités de sa mise en
cultés sont accentuées par le parti-pris (justifié) évo- œuvre soulève des débats. Ceux sur le choix du maté-
qué plus haut, qui consiste à « alléger » les directives riel de mesure, qui conditionne en partie la méthodo-
des descriptions de moyens à mettre en œuvre pour logie, sont connus : exposimètre fidèle à la journée Documents
pour le Médecin
son application. Par exemple, il est « à la main » de réelle de travail, mais faisant une mesure « aveugle », du Travail
N° 107
l’employeur de repérer les groupes à risques et de les ou sonomètre qui permet de maîtriser la mesure mais 3e trimestre 2006
303
demande plus de moyens et implique souvent un tion « de laboratoire » est toujours supérieure à ce
échantillonnage plus court. qu’elle est réellement sur site, et ce, dans des propor-
Mais la question de base reste statistique, entre la tions qui peuvent être très importantes [16] ; sa prise
représentativité des périodes de mesure et celle des tra- en compte sans réserve amène donc à nettement sous-
vailleurs pris en compte. Quelle est la meilleure mé- estimer l’exposition du travailleur. Les raisons sont
thodologie d’évaluation de l’exposition au bruit ? Il n’y multiples. Certaines sont d’ordre « humain » : mau-
a pas de réponse absolue. En l’occurrence, l’idéal n’est vaise mise en place du PICB, port non continu, mau-
pas atteignable : l’exposition sonore varie avec chaque vais entretien… Mais il y a aussi des raisons physiques.
travailleur et fluctue dans le temps d’un jour ou d’une Les conditions d’essai de laboratoire, pour des raisons
semaine à l’autre. Les méthodes préconisées se basent méthodologiques et pour assurer la comparaison entre
sur des échantillonnages statistiques à partir de PICB, sont très différentes de celles du poste de tra-
groupes d’exposition homogènes, et l’accroissement de vail : niveau beaucoup plus faible, répartition fréquen-
la fiabilité va de pair avec un alourdissement significa- tielle différente, directivité du champ acoustique… La
tif des moyens en termes de durée et de moyens de me- dispersion statistique des caractéristiques des PICB
sure. L’employeur doit s’appuyer sur des spécialistes et de même type due à leur fabrication et leur vieillisse-
choisir une référence parmi plusieurs méthodes exis- ment sont autant d’autres facteurs physiques.
tantes. La norme internationale ISO 1999 : 1990 [10] Conscients de ces problèmes, certains États ont
à laquelle la directive fait référence, si elle définit les pa- déjà édicté des règles pour appliquer une « pondéra-
ramètres utilisés pour l’évaluation, ne donne aucun élé- tion » à l’atténuation de laboratoire des PICB. La plu-
ment méthodologique pour sa mise en œuvre. La part de ces règles se basent sur des principes différents
norme internationale ISO 9612 : 1997 [15], plus : les différentiations entre types de PICB sont plus ou
proche du sujet, est en cours de révision. La norme moins prises en compte, les quantités de décibels à
française NF S 31-084 a pour sa part été révisée ré- soustraire sont disparates, la répartition fréquentielle
cemment [11] ; basée sur la constitution de « groupes du bruit est parfois négligée… L’État français se réfère
d’exposition homogènes », elle est la référence dans la pour sa part aux prescriptions de la norme NF-EN
réglementation française. ISO 4869-2 [12] qui utilise les valeurs d’atténuation «
En dehors de ces textes normatifs, sont retrouvées de laboratoire » des PICB et prend en compte la ré-
dans la littérature des méthodes simplifiées qui peu- partition fréquentielle du bruit par la mesure simulta-
vent être utilisées en première approche ; le Health and née du niveau global d’exposition en dB(A) et dB(C) –
Safety Executive britannique propose une méthode ce que peu d’appareils peuvent faire aujourd’hui.
originale basée sur un comptage de « points d’exposi- Certes, l’établissement d’une règle simple et absolue
tion ». comporte forcément une part d’arbitraire : il y aura
toujours des cas de types de PICB ou de situations
réelles qui ne sont pas fidèlement pris en compte par
elle. Il est cependant à espérer que l’Europe parviendra
L’ATTÉNUATION RÉELLE DES PICB
à un consensus équilibré entre cet arbitraire inévitable
et une justification physique argumentée.
Le point le plus crucial, et sans doute le plus polé-
mique à ce jour, est la prise en compte de l’atténuation
des PICB dans l’établissement de l’exposition à com-
parer à la valeur limite.
Le principe est simple : il « suffit » de retrancher l’at-
ténuation du PICB à l’exposition mesurée pour obtenir
Conclusion
la valeur recherchée. Cette opération peut être effec-
tuée de différentes manières et les méthodes normali- La nouvelle réglementation sur le bruit au travail
sées utilisent selon le cas la répartition spectrale du bruit correspond à une avancée significative ; elle permet
d’exposition, son niveau global pondéré A et/ou C, et les d’intégrer cette préoccupation dans l’ensemble plus
caractéristiques d’atténuation des PICB par octave ou vaste du domaine de la prévention et elle est un pas en
donnés par les méthodes précisées dans la norme. avant dans l’homogénéisation des textes. Sa parution
Mais quelle est l’atténuation effective du PICB dans donne un élan dans la politique de réduction des expo-
la situation réelle du travailleur ? sitions sonores au travail, dont les statistiques montrent
Dès lors que le PICB a répondu aux exigences du qu’elle reste une préoccupation d’actualité. Dans le
« marquage CE », son atténuation a été mesurée dans nouveau texte très orienté « prévention », l’accent mis
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pour le Médecin
un laboratoire « notifié » et elle est indiquée sur son sur les solutions de réduction du bruit illustrent un dis-
du Travail emballage. Cependant, il est communément établi – y cours de progrès sur le sujet qui va au delà d’une poli-
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3e trimestre 2006 compris dans les textes normatifs - que cette atténua- tique de « contrôle ». Le rôle du médecin du travail est
304
confirmé et même élargi par son implication dans la re- sance de ce texte et de ses nouvelles exigences, et leur
cherche de solutions de réduction du bruit et la possi- permettre de surmonter les difficultés d’application qui
bilité d’examens auditifs à partir de niveaux peuvent déjà être pressenties.
d’expositions inférieurs. La Commission européenne, consciente de ces dif-
Un effort de communication doit être entrepris ficultés, éditera un guide de bonnes pratiques à cet ef-
pour aider les entreprises, les acteurs de la prévention fet(2). Mais c’est à tous les acteurs concernés d’apporter (2) Un projet d’édition
d’un « guide de bonne
et les services de santé au travail à prendre connais- leur contribution. pratique à caractère non
contraignant en vue de
la mise en œuvre de la
directive 2003/10/CE
concernant les prescrip-
tions minimales de sécu-
rité et de santé relatives à
l'exposition des tra-
vailleurs aux risques dus
aux agents physiques
(bruit) » est en cours de
réalisation à la
Commission européenne.
L’équipe d’auteurs est
pilotée par l’INRS qui
s’est adjoint des experts
d’organismes homologues
allemand (Bundesanstalt
für Arbeitsschutz und
Arbeitsmedizin- BAuA),
britannique (Health and
Points à retenir Safety Laboratory-
HSL) et polonais
(Centralnego Instytutu
La nouvelle réglementation sur l’exposition des travailleurs au bruit maintient ou Ochrony Pracy- CIOP).
accentue les exigences de la réglementation antérieure. Les évolutions principales
sont :
■ la diminution des seuils d’exposition, aujourd’hui clairement considérés comme des
seuils à partir desquels certaines actions doivent être entreprises, graduées selon que le
niveau d’exposition dépasse le seuil bas ou le seuil haut. Par exemple, les seuils relatifs à
l’exposition quotidienne passent à 80 dB(A) (seuil bas) et 85 dB(A) (seuil haut) ;
■ l’introduction d’un nouveau seuil dit « valeur limite d’exposition » qui ne doit être
dépassé en aucun cas et qui prend en compte l’effet des protecteurs individuels. Il est
fixé à 87 dB(A) pour l’exposition quotidienne ;
■ l’évaluation des risques prend en compte l’incertitude de mesure, les groupes « à
risque » (en particulier les femmes enceintes) et l’exposition combinée aux vibrations
et aux produits chimiques ototoxiques.
Le rôle du médecin est confirmé et élargi : contrôles de l’audition proposés à partir de
80 dB(A) et implication du médecin dans la recherche de solutions de réduction de
l’exposition.
On peut pressentir certaines difficultés d’application de la directive : la définition d’une
méthodologie d’évaluation des risques adaptée à l’entreprise et la prise en compte de
l’atténuation effective des protecteurs individuels dans la comparaison des niveaux
d’exposition à la valeur limite.
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du Travail
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3e trimestre 2006
305
Bibliographie
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ANNEXE 1
LES EXIGENCES GÉNÉRALES DE PRÉVENTION
DE LA DIRECTIVE « CADRE » DE 1989
SERVANT DE TRAME AUX NOUVELLES DIRECTIVES
EXIGENCES DIRECTIVE « CADRE » 89/391/CEE EXIGENCE DIRECTIVE « BRUIT » 2003/10/CE
Les principes généraux de prévention
(article 6 § 2)
a) éviter les risques Art. 7 limitation de l’exposition
b) évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités Art. 3 valeurs limites et seuils d’action
Art. 4 détermination et évaluation des risques ;
Art. 7 limitation de l’exposition
c) combattre les risques à la source Art. 5 § 1 suppression des bruits à la source :
5 § 1.a autres méthodes de travail ; § 1.b choix
d’équipements émettant le moins de bruit
possible ; § 1.c conception et aménagement
des lieux de travail ; § 1.e moyens techniques
pour réduire le bruit
d) adapter le travail à l'homme Art. 5 § 1.a autres méthodes de travail ;
§ 1. c conception et agencement des lieux de
travail
e) tenir compte de l'état d'évolution de la technique Art. 1 dispositions « en tenant compte
du progrès technique »
f) remplacer ce qui est dangereux Art. 1 § b choix d’équipements appropriés
par ce qui n'est pas dangereux ou
par ce qui est moins dangereux
g) planifier la prévention en visant un ensemble Art.5 § 2 programme de mesures lorsque la
cohérent […] valeur d’action supérieure est dépassée
h) prendre des mesures de protection collective Art.6 § 1 mise à disposition des PICB
par priorité à des mesures de protection individuelle en dernier recours
i) donner les instructions appropriées aux travailleurs Art. 5 § 1.d
Autres exigences de la directive
Art. 6 […] seuls les travailleurs qui ont reçu Art.5 §3 signalisation des lieux dépassant seuil
des instructions adéquates [peuvent] accéder supérieur et limitation d’accès
aux zones de risque grave et spécifique
Art. 7 [désignation, moyens et compétences Art. 4 évaluation des risques effectuée
des personnels de prévention] par des services compétents
Art. 10 information des travailleurs Art. 8 information et formation des travailleurs
Art. 11 consultation et participation des travailleurs Art. 9 consultation et participation
des travailleurs
Art. 12 formation des travailleurs Art. 8 information et formation des travailleurs
Art. 14 surveillance de santé Art. 10 surveillance de la santé
Art. 15 groupes à risque [à traiter spécifiquement ] Art. 5 § 5 groupes à risque
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