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Dosage Conductimétrique : Principes et Méthodes

Ce document décrit un dosage conductimétrique d'un mélange de sulfate de magnésium et d'acide sulfurique. Il présente les notions théoriques de conductimétrie et le protocole expérimental pour déterminer les concentrations ioniques à partir des mesures de conductance.

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Dosage Conductimétrique : Principes et Méthodes

Ce document décrit un dosage conductimétrique d'un mélange de sulfate de magnésium et d'acide sulfurique. Il présente les notions théoriques de conductimétrie et le protocole expérimental pour déterminer les concentrations ioniques à partir des mesures de conductance.

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Université de Carthage

Institut National
des Sciences Appliquées et de Technologie
Département de Génie Biologique et Chimie
Année Universitaire 2023-2024
MIQ 2

Dosage Conductimétrique (TP 2)

Mots clés: Conductivité, conductance, conductimètre, dosage.

Objectifs : L’objectif de cette manipulation est d’introduire les bases de la conductimétrie et de


montrer son intérêt pour le suivi de diverses réactions de dosage.

I. Rappels Théoriques :

Les titrages conductimétriques sont basés sur les variations des conductivités, se produisant
au cours de l’addition d’un réactif à l’autre. A l’aide d’un conductimètre, on mesure la
conductance (G) de la solution qui est proportionnelle à sa conductivité (). Les courbes de
titrage sont formées de segments qui se coupent au point d’équivalence.

I.1. Définitions des Grandeurs Mises en Jeu

Avant de montrer comment on mesure la conductivité d’une solution, il est utile de rappeler
quelques définitions et relations de base permettant d’exprimer la conductivité en fonction des
paramètres physico-chimiques de la solution.

I.1.1. Conductivité Molaire d’un Ion

La mobilité électrique (ui) est définie comme la vitesse limite que l’espèce (i) acquiert sous
l’effet d’un champ électrique unitaire. La conductivité molaire d’un ion notée est définie comme
le produit du Faraday (F=96487 C.mol-1) par sa mobilité électrique (ui) et la valeur absolue de
son nombre de charge (Zi) :

La mobilité électrique de l’ion dépend de la viscosité du solvant, du rayon de l’ion et de sa


concentration ainsi que celle des autres ions présents dans le milieu.

1
I.1.2. Conductivité Ionique d’une Solution :

Pour toute solution électrolytique contenant des ions (i), de nombre de charge (Z i), de
mobilité (ui) et à la concentration (Ci), la conductivité ionique correspondante a pour expression :
σ i=F Zi C i ui

C’est cette grandeur qui est directement proportionnelle à la conductance de la solution:


G = K.

Dans les tables on trouve souvent les conductivités molaires ioniques à dilution infinie,
obtenues par extrapolation. Dans les solutions réelles, il existe des interactions complexes entre
les ions dont on ne peut pas tenir compte ici et qui sont susceptibles de modifier les valeurs des
conductivités.

I.2. Principe de fonctionnement d’un conductimètre

Un conductimètre est un ohmmètre alimenté en courant alternatif. Il permet de mesurer la


conductance ou la résistance de la solution contenue dans la cellule de mesure. Celle-ci est
constituée d’un corps en verre, de forme géométrique fixe, supportant deux plaques parallèles et
de même surface (S), distantes d’une longueur (l). Ces deux plaques sont des électrodes de
platine platinées (recouvertes de noir de platine).

La conductance ainsi mesurée (G) est proportionnelle à la conductivité de la solution () :

S σ
G=σ =
l k

l
k = : Est appelée constante de la cellule et s’exprime en (m-1).
S

Afin de réduire les phénomènes de polarisation des électrodes et d’éviter toute réaction
susceptible de modifier la composition de la solution, on utilise un générateur de tension
alternative dont la fréquence peut varier de 50 à 4000 Hz.. Certains appareils permettent de
choisir cete fréquence pour réaliser le meilleur compromis entre la polarisation des électrodes
(qui est d’autant plus grande que la solution est plus conductrice) et l’effet capacitif des cordons
et de la cellule (qui varie en sens inverse).

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Pour les solutions pe conductrices (G < 10 mS), il faut utiliser une faible fréquence
(50 à 80 Hz). Par contre, il est conseillé d’utiliser une haute fréquence (4000 Hz) pour les
solutions très conductrices (G> 100 mS)

Les mesures de conductances sont très sensibles et il est nécessaire de travailler dans des
conditions d’équilibre thermique et de bien veiller à ne pas emprisonner de bulle d’air lorsqu’on
plonge la cellule dans la solution. Ces précautions sont absolument nécessaires pour avoir des
mesures fiables et reproductibles.

I.3. Suivi de Réactions par Conductimétrie

Toute réaction faisant apparaître ou échanger des ions, peut être suivie par conductimétrie.
La variation de la conductance (G) est directement proportionnelle à la variation de la
conductivité ionique de la solution () qui elle même dépend des concentrations des différents
ions participants à la réaction.

Il est ainsi possible de suivre différents processus de dosages (acido-basique, rédox ou


complexométrique faisant intervenir ou non un phénomène de précipitation) et d’étudier la
cinétique de certaines réactions.

Le principe de la méthode conductimétrique consiste à étudier les courbes de variation de la


conductance (G) en fonction du volume de réactif versé. Si la dilution est négligeable, ces
courbes se présentent, en général, comme une succession de segments de droites qui se coupent
au point d’équivalence pour former un point anguleux facile à repérer. Pour limiter les
phénomènes de dilution, on préfère souvent utiliser un réactif de dosage beaucoup plus concentré
10 fois) que la solution à doser. Cependant, le volume d’équivalence ainsi obtenu est très petit, et
il est préférable pour que sa mesure reste précise, d’utiliser une micro burette ou de doser un
grand volume de la solution (50 à 100 ml). Si malgré tout l’effet de dilution n’est pas
négligeable, il faut, pour retrouver des portions de courbes linéaires, étudier les variations de la
conductance corrigés (G ‘) est définie comme la conductance qu’aurait eu la solution s’il n’y
avait pas de dilution. Elle est liée à la conductance mesurée (G) par la relation suivante :

G=G ×
( V +V 0
V0 ),

V 0: Volume initial de la solution à doser. V : volume de réactif ajouté.

Exemple : Dosage d’un acide fort par une base forte

3
Considérons à titre d’exemple le dosage de l’acide chlorhydrique HCl par une solution de
soude NaOH:

(H+, Cl-) + (Na+, OH-)  H2O + (Na+, Cl-1)

Soit C0 et V0 la concentration initiale et le volume de l’acide à doser. C et V sont respectivement,


la concentration et le volume versé de la solution de soude. L’allure de la courbe donnant
l’évolution de la conductance de la solution dosée en fonction du volume de soude ajoutée est
représentée sur la figure 2.
G)S(

Figure 2 : Allure de la courbe du dosage d’un acide fort par une base forte.

On remarque tout d’abord une décroissance de la conductance en raison d’une diminution


de la concentration des protons. En effet, l’ajout de la soude conduit à la neutralisation des ions
hydroniums (H3O+) et à une augmentation de la concentration des ions (Na +) (voir tableau 1).
Ensuite lorsque le point d’équivalence est atteint, toute addition de soude induit une
augmentation de la concentration ionique de la solution se traduisant par une augmentation de la
conductance.

Avant équivalence :

Après équivalence :

Tableau 1: Conductivités molaires ioniques à dilution infinie de quelques ions (à 25°C)

Ion H3O+ Ba2+ Ca2+ Cu2+ Mg2+ Zn2+ K+ NH4+ Ag+ Na+

i(S.cm2.mol-1) 349.8 127.2 119 108 106.1 105.2 73.5 73.4 61.6 50.1

4
Ion PO43- OH- CO32- SO42- HPO42- Br- Cl- NO3- HSO4- HCO3-

i(S.cm2.mol-1) 278.4 197.56 138.6 159.6 114 78.3 76.3 71.4 52.1 138.6

Dosage Conductimétrique d’un Mélange MgSO4 + H2SO4

Objectif: Dans cette manipulation, on se propose de déterminer la concentration en ions


libres (Mg2+, SO42- et H3O+) d’une solution de sulfate de magnésium acidifiée par l’ajout de
H2SO4, à partir des mesures de conductance.

I- Mode Opératoire

On dispose d’un litre d’une solution aqueuse (S 1) de sulfate de magnésium obtenue par
dissolution d’une masse (m) de sulfate de magnésium hydraté (MgSO 4, 2H2O) et l’ajout d’un
volume (V) d’acide sulfurique concentré. Détermination de la constante de la cellule.

La cellule de mesure conductimétrique se détériore facilement et la valeur de la constante


de cellule indiquée par le constructeur n’est pratiquement utilisable que lorsque la cellule est
neuve. Il est donc nécessaire de procéder à une vérification de la valeur réelle de (K) avant
chaque série de mesures. Pour cela, on mesure la conductance d’un électrolyte étalon dont on
connaît la conductivité avec précision. Il s’agit en général d’une solution de chlorure de
potassium (KCl, 0,1 M ou 0,01 M). Les valeurs des conductivités d’une solution de KCl 0,1 M,
mesurées à différentes températures, sont indiquées sur le tableau 2.

Tableau 2: Conductivité  en fonction de la température pour une solution de KCl 0.1 M.

T (°C) 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

(S,m-1) 1.048 1.072 1.095 1.119 1.143 1.167 1.191 1.215 1.239 1.264 1.288

a- Mesurer la conductance d’une solution étalon de KCl 0.1 M et noter la température de


b- la solution.
c- En déduire la constante de la cellule. La comparer à celle donnée par le constructeur.
d- Rincer la cellule à l’eau distillée et l’essuyer très délicatement avec du papier filtre en
évitant tout contact avec les surfaces des électrodes de platine (risque de détérioration de
la couche de noir de platine).

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e- Préparer, à partir de (S1), 100 ml d’une solution dix fois plus diluée (S2).
f- Verser les 100 ml de (S 2) dans un bécher de 250 ml. Remplir la burette avec une solution
de NaOH (1M) et ajuster le zéro.
g- Mesurer la valeur initiale de la conductance, puis doser les 100 ml de (S 2) par la soude (1
M) en procédant par ajout de fractions de 0.25 ml et en suivant l’évolution de la
conductance de la solution.
h- Après la fin du dosage, rincer soigneusement la cellule conductimétrique et la placer dans
de l’eau distillée (pour éviter le dessèchement).

Remarques

La précision sur la mesure de (G) varie suivant le calibre utilisé. Si au cours d’une expérience,
le calibre doit être modifié, on obtient jusqu’à 5 à 6% de variation relative sur les valeurs de la
conductance. Les valeurs de la conductance sont très sensibles à la température. Il est donc
nécessaire lorsqu’on présente des résultats de conductimétrie, d’indiquer la température à
laquelle les mesures ont été réalisées.

II. Exploitation des Résultats

1- Tracer la courbe d’évolution de la conductance (G) en fonction du volume de soude


ajoutée (VNaOH). Commenter et justifier l’allure de cette courbe.
2- Déterminer à partir de la courbe de titrage conductimétrique, la concentration de la
solution S1 en acide sulfurique et en sulfate de magnésium.
3- Donner l’expression de la conductance de la solution (S 2) en fonction des conductivités
molaires ioniques des différentes espèces présentes et de leurs concentrations (avant et
après chaque point d’équivalence).
4- En utilisant les concentrations déterminées précédemment, faites un calcul numérique des
valeurs de la conductance aux points d’équivalence. Comparer avec les valeurs
expérimentales. A quoi sont dus les écarts observés? (S’ils existent). Les données utiles
pour répondre à cette question sont indiquées sur le tableau 1.

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