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LL 15 Le Mal

Le poème décrit la guerre de manière apocalyptique dans les premiers vers, puis fait une parenthèse lyrique évoquant les victimes de la guerre. Il dénonce ensuite l'hypocrisie religieuse, comparant l'indifférence de Dieu face à la guerre et à la souffrance des hommes à sa réception d'argent des fidèles.

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LL 15 Le Mal

Le poème décrit la guerre de manière apocalyptique dans les premiers vers, puis fait une parenthèse lyrique évoquant les victimes de la guerre. Il dénonce ensuite l'hypocrisie religieuse, comparant l'indifférence de Dieu face à la guerre et à la souffrance des hommes à sa réception d'argent des fidèles.

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Les cahiers de Douai – Le Mal

Arthur Rimbaud

Présentation de l’auteur et de l’œuvre (15/20 secondes)

“L’homme aux semelles de vent” est le surnom donné par Paul Verlaine à
Arthur Rimbaud, qui incarne la figure du poète maudit. Adolescent révolté, ce poète
enfant a composé son premier poème à l’âge de 15 ans, sous le titre “Les étrennes
des orphelins” publié en 1870 et rédige ensuite les poèmes qui composeront le
recueil des Cahiers de Douai qu’il a souhaité voir publié dans le Parnass
contemporain. Précurseur de la modernité poétique, ce poète voyant se situe au
carrefour de plusieurs mouvements littéraires et artistiques européens entre
l’héritage romantique, la tentation du parnass, il test surtout considéré comme un
précurseur du symbolisme. Le mythe Rimbaldien renonce subitement à l’écriture à
l’âge de 20 ans. Ses idées marginales anti bourgeoises et libertaire, le pousse à
choisir une vie aventureuse et à rompre avec l’écriture.

Présentation de l’extrait

« Le Mal » : sonnet à chute qui ne respecte pas les règles classiques et s’attaque à
deux autorités : militaire (et politique) et religieuse. Construit en dyptique, ce sonnet
permet à Rimbaud de faire un double réquisitoire contre la violence guerrière et
l’hypocrisie religieuse.

Bref et général, le titre du poème reste cependant énigmatique. La composition


en deux blocs du poème suggère que le Mal a ici deux visages : la guerre et la religion.
Alors qu’on pensait lire un sonnet sur la guerre et ses horreurs, le poème finit sur une
sévère critique de l’hypocrisie du clergé, et de sa vénalité.

Lecture de l’extrait à voix haute

Tandis que les crachats rouges de la mitraille


Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable broie


Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… –

Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées


Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ;
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées


Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

-Pour ce qui est de notre projet de lecture nous nous demanderons


-Comment , ce tableau de la misère nous dévoile une dénonciation de la politique
du second empire de la barbarie guerrière et de l’hypocrisie religieuse ?

Nous allons étudier ce poème en trois mouvements

1er Mouvement I (v. 1 à 6) : scène de guerre apocalyptique

Mouvement II (v. 7 et 8) : parenthèse lyrique et pathétique


3ème Mouvement la dénonciation de l' hypocrisie religieuse v9 au V14

ANALYSE LINÉAIRE
1er Mouvement I (v. 1 à 6) : scène de guerre apocalyptique
-Tout d’ abord et avant l ‘analyse lineaire nous devons remarquer que Le poème
s’organise en phrase complexe reposant sur une structure d’opposition : les deux
quatrains constituent trois propositions circonstancielles d’opposition, introduites par
la locution « tandis que » qui démarre le poème, reprise au vers 3 et au vers 5. Ces
propositions circonstancielles montrent l’horreur de la guerre. La proposition
principale avec ses subordonnées , se développent sur les deux tercets, et montre
par opposition l’indifférence de Dieu. Les deux groupes de propositions sont séparés
par deux vers (7 et 8)détachées entre tirets qui constituent, en incise, une invocation
à la Nature.

Tandis que les crachats rouges de la mitraille


Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Le premier quatrain du sonnet ne laisse aucun doute au lecteurs, sur le « Mal » dont
il est question : il s'agit de la guerre développée dans un champ lexical militaire «
mitraille » v1 ou « bataillons. »v4 qui ancre fermement ce thème dans le
poème,ainsi que la description des uniformes « écarlates ou verts»v3.

- La guerre est sale, bruyante et violente: "les crachats rouges de la mitraille /Sifflent
tout le jour par l'infini du ciel bleu" v 1/2. Cette personnification insiste sur l'aspect
écœurant et horrible des corps qui recouvrent les champs de bataille, comme le
montre la couleur « rouge » v1, métonymie qui rappelle le sang versé. Avec les
crachats, vient le bruits des canons qui« sifflent»v2. La guerre est sonore, avec
l'allitération en [f] du vers 2 et la récurrence des [r] : « Crachats rouges de la
mitraille»v1, interminable semble-t-il avec le complément circonstanciel de temps«
tout le jour» v2 ou de lieu« par l'infini du ciel bleu » v2.L'horreur de la guerre faite par
les hommes «rouges» v1, «écarlates»v3, «feu" v4 tranche sur la couleur "du ciel
bleu"v2n

L’espace et le temps semblent illimité : reprise de la conjonction de subordination «


tandis que » v5 qui traduit une notion de durée aussi bien que d’opposition ; « tous
les jours » v2; rythme qui marque la durée, particulièrement dans les deux premiers
vers qui enjambent et qu’il est impossible de couper : il n’y a pas d’arrêt dans cette
bataille. d ou l hyperbole « L’infini du ciel bleu »v2 marque l’espace énorme.

-La guerre est un monstre qui dévore les hommes. La guerre est le sujet unique des
verbes d'action, ce qui l'assimile à une machine impitoyable : elle « broie »v5 les
hommes, en « fait[ ... ] un tas fumant»v6, réduisant les être humains à une matière
sans forme. On note le registre épique majoritairement présent dans les six premiers
vers, dans une abondance de formules hyperboliques. On note ainsi les pluriels, «
cent milliers d'hommes»v6, et l'opposition systématique entre la masse indéterminée
des soldats ( « bataillons »v4, « en masse »v4, tas fumant»v6) et le singulier qui
désigne la guerre ( « la mitraille»v1, « une folie»v5). Devant l'horreur, le pouvoir
politique est inhumain, méprisant: il y avait les " crachats" v1 des armes au ~ers l" et
le Roi « raille » v3 ses propres soldats, en train de se faire tuer pour lui.

-Loin d’être reconnu, d’être admirés comme des héros, ils sont méprisés « le
Roi[...]les railles ».v3 Il y’a une sorte de sadisme cruel du pouvoir, pour qui ces
hommes ne sont que des éléments déshumanisés de la machine de guerre.
Rimbaud met sur le même plan de sa critique les différents camps ennemis, les
représentants du pouvoir, quel qu’il soit « écarlates ou verts » v3; « près du Roi qui
les raille » ( remarquer l’imprécision). Il n’y a donc pas de chauvinisme. C’est un
conflit qui déshumanise. Les hommes sont assimilés à des choses : emploi du verbe
« crouler » vers 4 qui s’emploie plutôt pour une chose. Identification des« hommes »
à « un tas » v6, ces deux mots étant placés l’un à côté de l’autre, ce qui frappe
davantage. La guerre est assimilé par métaphore à une machine qui « broie »v5
(remarquer l’emploi absolu de ce verbe, son COD non exprimé étant les cent milliers
d’hommes du vert suivant).Les hommes sont donc victime d’une gigantesque
absurdité, broyés comme du blé dans un moulin. Par contraste, les machines de
guerre sont personnifiées ; elles crachent. Pour nous faire sentir toute l'horreur du
conflit l'auteur parle à nos sens. En effet il fait sentir la présence de la guerre par la
vue: "crachats rouges" v1(remarquer l'enjambement sur la césure), "ciel bleu"v2,
"écarlates ou verts"v3 (les uniformes des soldats étaient rouges du côté des
Français et verts chez les Prussiens), "le feu"v4, tas "fumant"v6. Il me fait également
par l’ouïe: sonorités imitatives suggérant le bruit des machines de guerre, ‘’crachats"
(remarquer aussi les connotations de mépris et de dégoût de ce mot qui fait
métaphore: on se crache dessus, mais avec de la mitraille et du feu), "sifflent"v2,
"mitraille" v1(décharge d'artillerie); par l'odorat: "tas fumant"v6, "mitraille"v1; par le
toucher: "crachat" v1, "feu"v4, "broie"v5. Rimbaud crée donc l'impression d'une
énorme mêlée épique.

L'opposition à la rime des mots raille »v3 et « mitraille »v1 souligne l'indécence de
celui qui gouverne , en même temps que son ironie: la vie n'a pas de prix. Grand
nombre des soldats : « en masse » (vers 4), « cent milliers d’hommes »(vers 6);
remarquer l’emploi inhabituel du mot« milliers » qui crée un effet d’insistance. Les
vers sont déconstruits et rendent le vaste désordre (v1-2/5-6).

Les soldats n’ont aucun contrôle sur leur destin. Ils sont manipulés par une énorme
machine qu’ils ne comprennent même pas « folie épouvantable »v5 qui renvoie à la
folie des décideurs, de ceux qui déclarent les guerres ( Napoléon III).

Rimbaud utilise donc le registre épique à contre-sens, non pour louer la grandeur de
la bataille, mais pour dire l'horreur de la mort avant de s'en prendre aux pouvoirs
politique et religieux.

TRANSITION

la présentation de la guerre de manière apocalyptique est suivie


d’une parenthèse lyrique et pathétique permettant au poète de
sensibiliser le lecteur sur les dégâts humains comme c'est le cas
du dormeur Duval

Mouvement II (v. 7 et 8) : parenthèse lyrique et pathétique

- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,


Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !… –

Le poète fait référence dans un registre pathétique aux premiers victimes de la


guerre à savoir les soldats Pauvres morts !et leurs familles. En effet les soldats
qui constituent l’infanterie sont essentiellement originaires de familles défavorisées,
en témoigne le second tercet l .
-Ce sont ces soldats qui constituent la chair à canons car c’est vraiment un
développement de cette expression populaire que Rimbaud donne ici quand il
affirme , déja dans la première strophe avec le verbe “broyer” v5 .
Rimbaud s’étend à tous les soldats opprimés, quel que soit leur camp.
ces victimes sont à la vue de La Nature qui les accueille -Il adopte pour lui parler le ton
que l'on adopte pour parler à la divinité: tutoiement, personnification par l'absence de
déterminant "Nature", "ô" (interjection servant à l’ invoquer), ton et rythme d'un
hymne dans l'énumération symbolisant vie et chaleur "dans l'été, dans l'herbe, dans
ta joie,/ Nature!" On peut remarquer les connotations religieuses du mot "joie", et
enfin l'idée que la Nature est créatrice: "O toi qui fis ces hommes saintement'. La
nature est aussi le seul élément paisible du tableau de bataille : « l'infini du ciel bleu
»V2. Il y a en filigrane l'idée que l'homme s'est écarté de la nature en
s'industrialisant, en inventant des machines de guerre meurtrières ; que la Nature est
une mère, une divinité protectrice qu'il ne faut pas abandonner. Elle est consolatrice,
le recours dans le désespoir. Ce rôle de la nature est caractéristique du romantisme
(influence d'Hugo sur Rimbaud); mais il correspond aussi à un amour vrai de
Rimbaud pour la nature par ses escapades et son vagabondages .
,nous pouvons noter l' emploi du contre rejet dans un rythme
ternaire dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,/mere nature d ou le
lyrisme exprimé à travers tout un champs lexical approprié +le O
vocatif dans une interpellation par le pronom réfléchi ô toi , une
adresse à la mère nature , mais qui pourrait également etre une
adresse au créateur en témoigne la subordonnée relative qui suit
qui fis ces hommes saintement !… sacralisant ainsi ces soldats
martyrs La déploration « Pauvres mort ! »V7 rend aux soldats la part d'humanité
que la guerre leur avait ôtée comme le registre pathétique qui se détache grâce aux
trois exclamatives successives: ''Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta
joie, Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !V7/8 .. et le rythme ternaire "dans
l'été, dans l'herbe, dans ta joie" V7,et l'anaphore de la préposition " dans"V7 sont
également pathétiques. le poète implore la nature et non un dieu éloigné et
ignorante du sort des hommes. Celui qui s'en préoccupe est peut -être autre ou
ailleurs: s'il y en a« un», alors peut-être y en a-t-il d'autres. Le Dieu en question est
pourtant le dieu chrétien, comme le prouvent ses attributs : « autels », « calices », «
hosannah »

TRANSITION
cette pause pathétique cet lyrique ne fait que préparer la visée satirique de
ce poème

3ème Mouvement la dénonciation de l' hypocrisie religieuse v9 au V14

Notons que le poète s’attaque également à la religion, la critique de la religion catholique


se construit de manière parallèle à celle du « Roi »."Il est un Dieu qui rit aux
nappes damassées/Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or" (vers 7 et
8) répond au "Roi qui raille" et est une transition vers la deuxième critique de ce
sonnet qui concerne la religion.
Le mépris se retrouve dans le verbe« rit» v9: "Il est un Dieu qui rit"v9 • La
construction grammaticale montre que ce dieu se moque de tous les éléments de
son propre culte "aux nappes damassées Des autels, à l'encens, aux grands calices
d'or"v9/10 comme le dénonce la longue énumération des vers 9 et 10. il est
totalement indifférent aux malheurs des hommes.
-Les verbes d'action ne concernent en effet que des plaisirs: il« rit»v9, «s'endort»v11
dans un« bercement» v11. Dieu est passif, attentif à son confort et à la
contemplation de ses richesses.

-Les soldats, des victimes, sont présentés comme des enfants à travers le deuxième
tercet: il est question de leurs « mères »v12 plutôt que de leurs épouses.

De plius le vocabulaire du luxe est omniprésent, dans les détails comme«


damassées»v9, les« calices d'or»v10, que la rime avec« s'endort»v11 accentue par
la répétition du son [or], ou encore« l'encens»v10 , autre matière précieuse. Le Dieu
de la religion catholique (car il est présenté dans un cadre qui suggère le
catholicisme) est présenté par opposition avec le tableau de la guerre qui précède,
et ceci constitue la proposition principale de la phrase. Il est caractérisé par sa
richesse: "nappes damassées"V9, "encens"V10, "grands calices d'or"V10 qui
s'oppose à la misère du peuple suggérée dans le deuxième tercet d’ou le choix des
rimes richesse (v1/V3;9/12)/pauvreté (V2/V4 ). Il est caractérisé par son
indifférence: "il rit aux nappes damassées des autels"V9 qu'il ne quitte pas car il
semble étrangement absent de "l'infini du ciel bleu" V2qui domine la bataille. Ce rire
satisfait et béat paraît particulièrement intolérable après la description des horreurs
de la guerre (car il est ainsi « tandis que » ces horreurs se passent) et mis en
opposition avec les mères "ramassées/dans l'angoisse"V12/13 et "pleurant"V13. Il
apparaît un peu comme une idole, un veau d'or.

- Cette indifférence se double de passivité: "dans le bercement des hosannah


s'endort"V11. Les prières l'appelant à sauver son peuple (hosannah en Hébreu
signifie "sauve-nous de grâce") restent lettres mortes. C'est un dieu corrompu, que
seul l'argent intéresse : il reste indifférent aux Hosannah, mais il "se réveille" au son
du "gros sou" donné par les mères, précieusement "lié dans leur mouchoir"V14,
faible économie dont les mères pleines d'espoir se démunissent, sans comprendre
que ce don n'aura aucun effet. Ce Dieu chrétien de la religion catholique est donc
présenté sous un jour particulièrement désagréable. Il est de plus minimisé par
l'emploi d'un déterminant qui le relativise: "il est un Dieu"V9 (soit un Dieu
indéterminé, soit un Dieu parmi d'autres).

. L'image de l'endormissement, la référence aux chants et à leur« bercement»V11


font naître l'image d'un dieu presque nourrisson, image appuyée par l'évocation
maternelle des« mères, ramassées”V12 qui au tercet suivant; ces mères affligées «
lui donnent un gros sou » qui le réveille. La dénonciation est ici extrêmement
violente . Les « mères» sont celles des « pauvres morts » D’ailleurs, les mères du
dernier tercet sont confondues dans la même couleur de bonnet « sous leur vieux
bonnet noir » et la même pauvreté. Le poète ne peut que plaindre ces pauvres
victimes. L’exclamation « Pauvres morts! », soulignée par un tiret, en plein milieu du
poème, marque son émotion
Tout le sonnet est tendu vers la pointe, par la construction grammaticale : une seule
phrase le compose, construite avec trois compléments circonstanciels de temps
dans les deux quatrains ( « Tandis que», reprise par le « qu’» au vers 3 , puis à
nouveau « tandis que » au vers 5). Le vers 9 donne enfin la proposition principale« Il
est un Dieu», et à nouveau déroule deux propositions relatives, qui insistent sur le
dernier verbe« Et se réveille». Les femmes sont repliées sur elles-mêmes," mère
ramassées/ Dans l'angoisse»V12/13, centrées uniquement sur leur douleur. Comme
les soldats étaient indifférenciés dans la mort, les mères sont indifférenciées dans
leur souffrance : telle une masse, ce que suggèrent le pluriel du déterminant indéfini
“des”V12. Elles aussi, elles ont toutes le même "vieux bonnet noir"V13, couleur de
leur deuil. Leur pauvreté est soulignée subtilement par l'adjectif « vieux »V13 et par
le GN « gros sou »V14 qui reste au singulier: ces femmes n'ont pas d'argent, ce qui
est également lisible dans le détail du« mouchoir»V14 qui l'enveloppe : il est si
précieux qu'il faut le protéger, mais elles sont si pauvres qu'elles n'ont que ce linge
pour le conserver. Ce « mouchoir » permet de lier l'offrande à Dieu à la souffrance, à
la douleur de ces femmes « pleurant ».Face à ce Dieu inutile, la puissance que
Rimbaud invoque, en plein centre du poème (6 vers avant 6 vers après), c'est la
Nature héritage des Lumières(qui ont opposé la nature à la culture) ou encore
héritage du Romantisme( theme clé ) à laquelle il s'adresse au discours direct.

Conclusion
Sonnet dont la forme est assez torturée, comme pour mieux correspondre à l’aspect brutal du
propos

Un double réquisitoire : contre la guerre et ses dirigeants irresponsables (Nap III en


particulier), contre la religion, ses prélats cupides et son Dieu indifférent

Argumentation indirecte : deux minuscules saynètes permettent une mise en scène


dénonciatrice

Ouverture : « Le Dormeur du Val », Les cahiers de Douai, poème qui ménage une chute
surprenante, dénonçant la mort de jeunes hommes innocents au nom d’une guerre
absurde

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